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Plantes Medicinales Utilisees Dans La Prise en Charge Des Lithiases Urinaires Au Mali

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Plantes Medicinales Utilisees Dans La Prise en Charge Des Lithiases Urinaires Au Mali

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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT REPUBLIQUE DU MALI

SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE Un Peuple - Un But - Une Foi


SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE DES SCIENCES, DES TECHNIQUES ET


DES TECHNOLOGIES DE BAMAKO

FACULTE DE PHARMACIE

ANNEE UNIVERSITAIRE 2019-2020

N°_________/

THESE :

PLANTES MEDICINALES UTILISEES DANS LA PRISE EN


CHARGE DES LITHIASES URINAIRES AU MALI

Présentée et soutenue publiquement le 05/01/2023 devant la Faculté de Pharmacie


Par M. Sékou DIABY
Pour obtenir le grade de Docteur en Pharmacie
(Diplôme d’Etat)

JURY

Président : Pr Mahamadou DIAKITE (FAPH).


Membres : Dr Djibril M. COULIBALY (FAPH).
Dr Seydou SY (FMOS).
Codirecteur : Dr Daouda Lassine DEMBELE (FAPH).
Directrice : Pr Rokia SANOGO (FAPH).
i
ii
iii
iv
v
vi
DEDICACE
Je dédie ce travail à la mémoire de mon père Feu Mody DIABY
Papa, j’ai toujours trouvé auprès de toi la quiétude, la compréhension et le soutien. Tes prières
et tes conseils ne m’ont jamais fait défaut et m’ont accompagné tout au long de mes études.
Trouve à travers ce modeste travail, la récompense de ton affection, de tes sacrifices et de ta
patience.
Que le Tout Puissant t’accepte dans son paradis éternel. « Amen ».

vii
REMERCIEMENTS

➢ A Allah le Tout Puissant, le très Miséricordieux, l’omnipotent, l’omniprésent et


l’omniscient, pour m’avoir facilité la formation de pharmacien et d’effectuer ce travail dans
la santé avec courage et abnégation.
Puisse Allah, nous guider davantage pour le bien de notre existence. Amen !

➢ Au corps professoral de la Faculté de Pharmacie, pour la qualité de la formation reçue.

➢ A mes enseignants de l’école primaire, secondaire et du lycée, pour l’éducation


prodiguée.

➢ Au Dr Amadou DJIGUIBA et famille, pour l’accueil chaleureux, les conseils fructueux et


la considération à mon égard.

➢ Au personnel de la pharmacie ALWAR, pour les efforts et les précieux conseils.

➢A tout le personnel du Département de Médecine traditionnelle, pour


l’accompagnement, les efforts et sacrifices multiples consentis.

➢ A tout le personnel de la Direction de la Pharmacie et du Médicament, pour l’accueil,


l’hospitalité et l’amour partagé durant mes séances de travail avec mon co-directeur de
thèse.

➢ A tous les camarades de la promotion "Professeur Elimane MARIKO", pour les


soutiens multiformes.

➢ A mes camarades internes du DMT : Matilebou SANOGO, Diakalia SANOGO, Seydou


DEMBELE, Idrissa BOUARE, Neissa COULIBALY, Danaya KONE, Moussa
FOFANA, Abdoulaye DABO, Bintou F THIERO, Djeneba TRAORE, Awa
COULIBALY, Abraham POUDIOUGOU et Lassina DIAKITE, pour les moments
amicaux agréables et inoubliables passés ensemble. Bonne carrière professionnelle à tous !

viii
➢ A ma chère épouse DIABY Djita DIABY, pour le soutien, la compréhension et
l’accompagnement de tous les jours.

Enfin, je tiens à remercier celles et ceux qui de près ou de loin ont contribué à la réalisation de
ce travail. Recevez par ces mots, l’expression de mes sentiments de profonde reconnaissance.

ix
PROFONDE GRATITUDE

➢ Au Professeur Dapa DIALLO, pour les conseils techniques, les soutiens moraux et
financiers. Veillez accepter cher Maître, ce travail comme le fruit de votre apport
inestimable tout au long de sa réalisation.

➢ Au Professeur Rokia SANOGO, pour l’encadrement, la confiance, la disponibilité,


l’écoute et l’accompagnement tout au long de ce travail.

➢ Au Docteur Daouda Lassine DEMBELE


Votre souci majeur a été l’aboutissement de ce travail qui a nécessité votre concours
sous toutes les formes. Grâce à vous, nous avons appris la rigueur scientifique et
l’amour du travail bien fait. Puisse le Tout Puissant vous aider à réaliser vos projets les
plus chers et vous accorder longue vie. « Amen ».

➢ A monsieur Seydou COULIBALY, secrétaire principal de la faculté de pharmacie, pour


le soutien tout au long de ce travail. Veillez recevoir en retour nos sentiments de profonde
gratitude.

x
HOMMAGES AUX HONRABLES MEMBRES DU JURY

A NOTRE MAITRE ET PRESIDENT DU JURY


PROFESSEUR MAHAMADOU DIAKITE
➢ Professeur titulaire d’immunologie génétique ;
➢ Vice-recteur de l’USTTB ;
➢ Responsable du laboratoire d’immunogénétique et d’hémoglobinopathie de
parasitologie au MRTC ;
➢ Directeur scientifique adjoint du centre universitaire de recherche clinique de
l’USTTB ;
➢ Secrétaire permanent du comité d’éthique FMOS/FAPH

Cher Maître,
Nous vous remercions de l’honneur que vous nous faites en acceptant de présider ce jury de
thèse.

L’opportunité nous est ainsi donnée de vous faire part de l’estime et de l’admiration que nous
portons à votre égard.

Vos qualités d’homme de science éclairé, de praticien infatigable, de pédagogue averti font de
vous un enseignant aimé et admiré de tous.

Soyez rassuré cher maître de notre sincère reconnaissance et de notre profond respect.

xi
A NOTRE MAÎTRE ET JUGE

DOCTEUR SEYDOU SY
➢ Maitre de conférences en néphrologie à la FMOS ;
➢ Praticien hospitalier au CHU du Point G ;
➢ Ancien interne des hôpitaux du Mali ;
➢ Membre et secrétaire général de la commission chargée des activités scientifiques et
culturelles de la société de néphrologie du Mali (SONEMA) ;
➢ Membre titulaire de la Société Française de Néphrologie, Dialyse et Transplantation
(SFNDT) ;
➢ Membre de la Société Africaine de Néphrologie (AFRAN) ;
➢ Diplômé en techniques d’épuration extra-rénale à l’Université de Strasbourg, France
;
➢ Diplômé en lithiase urinaire : du diagnostic au traitement à l’Université Pierre et
Marie-Curie, Sorbonne, Université de Paris, France ;
➢ Diplômé en néphrogériatrie à l’Université Paris-Diderot, Paris 7, France ;
➢ Détenteur du Diplôme de formation médicale spécialisée et approfondie en
néphrologie à la faculté de médecine Paris Descartes, France ;

Cher maître,
Vous nous faites un honneur inestimable en acceptant de juger ce travail.

Votre disponibilité, votre sympathie ont conquis notre esprit.

Vos qualités intellectuelles et votre don d'écoute font de vous un exemple.

Permettez-nous de vous exprimer ici, cher Maître, le témoignage de notre profonde gratitude.

Que Dieu vous donne une longue vie pleine de santé et de succès dans tous vos projets.
« Amen ».

xii
A NOTRE MAÎTRE ET JUGE

DOCTEUR DJIBRIL MAMADOU COULIBALY


➢ Enseignant chercheur ;
➢ Pharmacien Biologiste formé à l’Université Cheick Anta DIOP de Dakar ;
➢ Maitre de Conférences des Universités en biochimie clinique et biologie moléculaire à
la FAPH ;
➢ Praticien hospitalier au CHU du Point G ;
➢ Membre fondateur du collège panafricain des jeunes Médecins et Pharmaciens
Biologistes ;
➢ Titulaire d’un Master en pédagogie en science de la santé ;
➢ Chargé de cours de biochimie clinique à FMOS ;
➢ Point focal biologie de la Covid-19 au CHU du Point G.

Cher Maître,
C’est un grand honneur que vous nous faites en acceptant de juger ce travail.

Nous avons eu le privilège de bénéficier de vos conseils précieux, de votre écoute permanent
et surtout de votre patience.

Nous sommes intarissables reconnaissants à votre égard et nous tenons à vous assurer toute
notre admiration et notre respect.

xiii
A NOTRE MAÎTRE ET CO-DIRECTEUR DE THÈSE

DOCTEUR DAOUDA LASSINE DEMBELE


➢ Enseignant chercheur ;
➢ Pharmacien, Assistant en Pharmacognosie à la FAPH/USTTB ;
➢ Détendeur d’un DIU certifié sur les dispositifs médicaux à l’Université Joseph Ki-
Zerbo, Burkina Faso ;
➢ Détenteur d’un Master en Chimie Organique et Substances Naturelles à la
FST/USTTB ;
➢ Toastmasters Distingué (DTM) du mouvement Toastmasters International ;

Cher Maître,
C’est avec un grand plaisir que nous avons bénéficié de votre enseignement.

Vous avez accepté de co-diriger ce travail avec abnégations malgré vos multiples occupations.
Vos qualités scientifiques, votre disponibilité, votre modestie, votre sympathie vous font
admirer par tous.

Veuillez accepter l’expression de notre profonde gratitude.

xiv
A NOTRE MAÎTRE ET DIRECTRICE DE THÈSE

PROFESSEUR ROKIA SANOGO


➢ Docteure en Pharmacie, PhD en Pharmacognosie ;
➢ Professeur Titulaire des Universités du CAMES ;
➢ Enseignante chercheure de Pharmacognosie, Phytothérapie et Médecine
Traditionnelle ;
➢ Coordinatrice de formation doctorale de l’Ecole Doctorale de l’USTTB ;
➢ Chargée de l’enseignement de la Pharmacognosie à l’Université Abdou Moumouni de
Niamey (Niger) depuis 2016 ;
➢ Chef de DER des Sciences Pharmaceutiques de la Faculté de Pharmacie ;
➢ Chef du Département Médecine Traditionnelle ;
➢ Experte de l’Organisation Ouest Africaine de Santé (OOAS), espace CEDEAO depuis
2009 ;
➢ Présidente du comité scientifique interne et membre du comité scientifique et
technique de l’INSP de 2013 à 2019 ;
➢ Lauréate du tableau d’honneur de l’Ordre National des Pharmaciens (CNOP) du Mali
et lauréate du Caducée de la Recherche du SYNAPPO en 2009 et Membre de la
commission scientifique de l’ordre des Pharmaciens du Mali ;
➢ Membre du comité technique spécialisé de Médecine et Pharmacie du CAMES pour
l’évaluation des dossiers des enseignants chercheurs du CAMES depuis 2015 ;
➢ Lauréate du Prix Scientifique Kwame Nkrumah de l’Union Africaine pour les femmes
scientifiques, édition 2016 ;
➢ Tableau d’honneur au 08 mars 2017 et SADIO 2017 pour la Science par le Ministère
de la promotion de la femme et partenaires ;
➢ Membre du Comité de Pilotage du Réseau Francophone en Conseil Scientifique, 2017 ;
➢ Membre titulaire de l’Académie des Sciences du Mali, avril 2018 ;
➢ Membre du jury du concours d’agrégation du CAMES pour la Pharmacie en 2018 ;
➢ Chargée de l’enseignement de la Médecine Traditionnelle en Médecine et Pharmacie
au niveau de FMOS et Faculté de Pharmacie, USTTB ;
➢ Experte du programme régional d’Afrique subsaharienne Oréal-UNESCO Pour les
Femmes et la Science en 2019 ;
➢ Lauréate du Prix Next Einstein Forum (NEF) pour la meilleure femme en recherche
en Pharmacie, Médecine et santé, édition 2019 ;

xv
➢ Coordinatrice du PTR Pharmacopée et Médecine Traditionnelle Africaines du
CAMES, 2019 ;
➢ Membre de la commission scientifique d’évaluation des projets soumis dans le cadre
de la lutte contre la maladie à coronavirus (COVID-19), 21 mai 2020, Ministère en
charge de recherche ;
➢ Membre du comité régional d'experts de l'OMS sur la médecine traditionnelle dans la
riposte contre la covid-19, juillet 2020 ;
➢ Lauréate du Prix Galien Afrique pour le meilleur produit issu de la pharmacopée
africaine Dakar, Décembre 2021.
➢ Lauréate du PRIX MACKY SALL pour la Recherche, Edition 2022, dans le cadre de
l’appel à candidature sur le thème de « la résilience des économies des pays de l’espace
CAMES face aux crises internationales ».

Honorable Maître,
Nous ne saurions jamais trouver assez de mots pour témoigner notre reconnaissance, non
seulement pour l’intérêt que vous portez à ce travail mais aussi pour l’enseignement de qualité
et pour la disponibilité dont vous avez fait preuve tout le long de notre formation.

Votre amour pour le travail bien fait, votre ponctualité, votre rigueur dans la démarche
scientifique, ainsi que vos qualités intellectuelles font de vous une éminente professeur.

Recevez ici chère Maître, l’expression de notre profonde reconnaissance et de nos sincères
remerciements.

xvi
Table des matières
1. INTRODUCTION ...........................................................................................................1
2. OBJECTIFS ....................................................................................................................3
2.1. OBJECTIF GENERAL ............................................................................................3
2.2. OBJECTIFS SPECIFIQUES ....................................................................................3
3. GENERALITES SUR LES LITHIASES URINAIRES....................................................4
3.1. Définition (Khaled, 2011 ; Moulin et al., 2021) ........................................................4
3.2. Classification et facteurs de risque des lithiases urinaires ..........................................4
3.3. Données épidémiologiques ..................................................................................... 10
3.4. Causes .................................................................................................................... 13
3.5. Quelques données physiopathologiques (Moulin et al., 2021) ................................. 14
3.6. Signes cliniques (Moulin et al., 2021).....................................................................24
3.7. Diagnostic (Moulin et al., 2021) ............................................................................. 24
3.8. Prévention (Moulin et al., 2021) ............................................................................. 27
3.9. Traitement médical (Moulin et al., 2021) ................................................................ 27
3.10. Phytothérapie (Khaled, 2011 ; Elhassan et al., 2019) ...........................................30
3.11. Méthode d’analyse des calculs urinaires (Khaled, 2011) .....................................31
4. METHODOLOGIE .......................................................................................................35
4.1. Cadre de l’étude .........................................................................................................35
4.2. Méthodes ................................................................................................................... 36
4.3.1. Recensement des plantes utilisées dans la prise en charge des calculs urinaires ...36
4.3.2. Collecte de données sur les principales plantes utilisées dans la prise en charge des
calculs urinaires ................................................................................................................ 37
4.3.3. Organisation et analyses des données ..................................................................37
5. RESULTATS ................................................................................................................ 39
5.1. Plantes médicinales recensées pour la prise en charge des calculs urinaires............. 39
5.1.1. Plantes citées dans les travaux antérieurs ......................................................... 39
5.1.2. Plantes citées par les praticiens de santé, partenaires du DMT ......................... 48
5.1.3. Principales plantes locales retenues ................................................................. 49
5.2. Monographies des principales plantes locales pour la prise en charge des lithiases
urinaires ............................................................................................................................ 50
5.2.1. Chrysanthellum americanum (L.) Vatke, Asteraceae ...........................................50
5.2.2. Combretum glutinosum Perr. Ex DC, Combretaceae ..........................................58
5.2.3. Zea mays L, Poaceae .......................................................................................... 67

xvii
6. COMMENTAIRES ET DISCUSSION ..........................................................................75
7. CONCLUSION ............................................................................................................. 78
8. RECOMMANDATIONS .............................................................................................. 79
9. REFERENCES.............................................................................................................. 80
10. ANNEXES ............................................................................................................ xxiii
RESUME ......................................................................................................................... xxiii

xviii
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Images de quelques types de calculs (Khaled, 2011) ..............................................5
Figure 2 : Schéma des états de saturation d'une solution (Khaled, 2011) .............................. 16
Figure 3 : Schéma de la nucléation homogène (Khaled, 2011) ............................................. 17
Figure 4 : Schéma de la nucléation hétérogène (Khaled, 2011)............................................. 17
Figure 5 : Promoteurs de la cristallisation (Khaled, 2011) .................................................... 19
Figure 6 : Lithogenèse des calculs d’oxalate de calcium (Moulin et al., 2021) ..................... 23
Figure 7 : Schéma de fonctionnement d’un spectrophotomètre IRTF (Khaled, 2011). ..........34
Figure 8 : Photo de Chrysanthellum americanum ([Link]). ............................ 51
Figure 9 : Structures et formules de quelques groupes de composés isolés de Chrysanthellum
americanum (Ferrara, 2013).................................................................................................. 55
Figure 10 : Photo de Combretum glotinosum ([Link])............59
Figure 11 : Structures et formules chimiques de quelques composés isolés de Combretum
glutinosum (Marquet et Jansen, 2005 ; Sore et al., 2012 ; Toklo et al., 2021). ....................... 65
Figure 12 : Photo de Zea mays ([Link]). .......................................................... 68
Figure 13 : Structure de β -D-glucoside de β -sitostérol, isolé de la soie de maïs (Singh et al.,
2009). ...................................................................................................................................71

xix
LISTE DES TABLEAUX
Tableau I : Facteurs de risque selon le type de lithiase (Weber et al., 2017). ..........................9
Tableau II : Inhibiteurs de la cristallisation (Khaled, 2011) ................................................. 19
Tableau III : Principales indications et complications des techniques urologiques (Moulin et
al., 2021) .............................................................................................................................. 29
Tableau IV : Liste de plantes citées dans la littérature pour la prise en charge des lithiases
urinaires (Pousset, 1989 ; Guillot, 1989 ; Singh et al. 2009 ; Khaled, 2011 ; Okuyama et al.,
2005 ; Marquet et Jansen, 2005 ; Meiouet et al., 2011 ; George et al., 2013 ; Khouchlaa et al.,
2017 ; Ghețe et al., 2018 ; Elhassan et al., 2019 ; Cissé et al., 2019 ; Udobang et al., 2019). . 39
Tableau V : Plantes étudiées dans un système in vivo (Khaled, 2011). ................................. 46
Tableau VI : Liste de plantes citées par les partenaires pour la prise en charge des lithiases
urinaires. .............................................................................................................................. 48

xx
ABREVIATIONS, SIGLES, ACRONYMES

AFRAN : Société Africaine de Néphrologie.


AINS : Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens.
ARI : Atteinte Rénale Aiguë.
ASP : Abdomen Sans Préparation.
ATD : Analyse Thermique Différentielle.
ATG : Analyse Thermique Gravimétrique.
CAMES : Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur.
CEDEAO : Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.
CHU : Centre Hospilier Universitaire.
CI : Concentration Inhibitrice.
CN : Colique Néphrétique.
CNOP : Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens.
CRMT : Centre Régional de Médecine Traditionnelle.
CRP : Protéine C-Réactive.
DEA : Diplôme d’Etude Approfondie.
DER : Département d’Enseignements et de Recherches.
DL : Dose létale.
DMT : Département de Médecine Traditionnelle.
ECBU : Examen Cytobactériologique des Urines.
FAPH : Faculté de Pharmacie.
FMOS : Faculté de Médecine et d’Odonto-Stomatologie.
FRCV : Facteurs de Risque Cardiovasculaires.
FST : Faculté des Sciences et Techniques.
FT : Transformée de Fourier.
FTN : Formulaire Thérapeutique National.
HCG : Hormone Chorionique Gonadotrope.
I.M : Intramusculaire.
I.V : Intraveineuse.
IMC : Indice de Masse Corporelle.
INRSP : Institut National de Recherche en Santé Publique.
INSP : Institut National de Santé Publique.
IRC : Insuffisance Rénale chronique.

xxi
IRO : Insuffisance Rénale Obstructive.
IRT : Insuffisance Rénale terminale.
IRTF : Infrarouge à Transformée de Fourier.
Kf : Constante de saturation.
Ks : Constante de solubilité.
LEC : Lithotritie Extra-Corporelle.
LNME : Liste Nationale des Médicaments Essentiels.
MRTC : Malaria Research and Training Center (Centre de Recherche et de Formation sur le
Paludisme).
MT : Médecine Traditionnelle.
MTA : Médicament Traditionnel Amélioré.
NFS : Numération Formule Sanguine.
NLPC : Néphrolithotomie Percutanée.
OOAS : Organisation Ouest Africaine de Santé.
PA : Pression artérielle.
pH : potentiel Hydrogène.
PIO : Pression Intraoculaire.
PTH : Hormone Parathyroïdienne.
PTR : Programme Thématique de Recherche.
SFNDT : Société Française de Néphrologie, Dialyse et Transplantation.
SONEMA : Société de Néphrologie du Mali.
SYNAPPO : Syndicat Autonome des Pharmaciens d’Officine Privée.
UNESCO : United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (Organisation
des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture).
USTTB : Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako.
UV : Ultraviolet.

xxii
1. INTRODUCTION
La lithiase urinaire ou « maladie de la pierre » (« lithos » signifiant en grec « pierre ») est une
affection très répandue qui touche entre 2 et 20 % de la population mondiale et affecte 4 à 12 %
dans les pays industrialisés (Walid et al. 2016). Elle s’accompagne parfois de douleurs
extrêmement violentes, les coliques néphrétiques, provoquées par l'augmentation de la pression
des urines dans le rein suite à l'obstruction de l'uretère par le calcul (Hannache, 2014).
La lithiase urinaire se caractérise par la formation de concrétions cristallines appelées calculs
se développant dans le bassinet et/ou les calices d’un rein et pouvant mettre en jeu le pronostic
vital des reins en jeu (Daudon et al., 2008 ; Walid et al., 2016 ; Kassogué et al., 2020).

La lithiase urinaire constitue un problème majeur de santé publique dans le monde auquel les
néphrologues et les urologues sont régulièrement confrontés en raison du caractère récurrent de
la maladie (Khaled, 2011 ; Sy et al., 2022).
Elle est le troisième trouble le plus fréquent des voies urinaires après les infections et les
troubles pathologiques de la prostate (Kassogué et al., 2020). C’est une affection qui est en
constante augmentation aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en
développement (Kassogué et al., 2020). La formation de calculs urinaires affecte 10 à 12% de
la population des pays industrialisés (Elhassan et al., 2019). Elle touche près de 10% des
hommes et 5% des femmes au moins une fois dans leur vie (Sy et al., 2022).

Aux Etats-Unis et en Europe occidentale, sa prévalence annuelle a presque triplé en quarante


ans (Hannache, 2014).

En France, la lithiase urinaire touche 10 à 12 % de la population et est responsable de 2 à 3 %


des causes d'insuffisance rénale terminale (IRT) (Türk et al., 2016).

Dans la région africaine, la lithiase urinaire est fréquente dans les services d’urologies et de
néphrologies (Dembélé, 2005 ; Hamdi et al., 2012 ; Kaboré et al., 2013 ; Natchagandé et al.,
2015 ; Diangienda et al., 2019 ; Kassogué et al., 2020 ; Sy et al., 2022).

En Côte d’Ivoire, les obstructions des voies urinaires supérieures ont été responsables d'une
insuffisance rénale fatale dans 29,23 % des cas au centre hospitalier universitaire de Treichville
(Hamdi et al., 2012).

1
Au Bénin, les lithiases urinaires ont entrainé des insuffisances rénales obstructives (IRO) dont
la prévalence était de 10,32% en 2017 à Cotonou (Natchagandé et al., 2015).

Au Burkina Faso, la prévalence de la lithiase urinaire était de 12,52 % en 2011 (Kaboré et al.,
2013).

Au Mali, dans le service de Néphrologie du CHU du Point G, la lithiase urinaire représentait


43,40 % des étiologies de l'insuffisance rénale obstructive chez des patients âgés entre 20 et 65
ans en 2018 (Sy et al., 2020). La fréquence d’insuffisance rénale d’origine lithiasique était de
1,7%. La lithiase s'est compliquée d'une atteinte rénale aiguë dans 17 cas (53,1 %), contre 15
cas (46,9 %) d'insuffisance rénale chronique (Sy et al., 2022).

Face à cette situation préoccupante, plusieurs schémas de prise en charge quelle soit médicale
ou chirurgicale ont été mis en place (Moulin et al., 2021).
En cas d’absence d’évacuation naturelle du calcul, différents types d’interventions médicales
peuvent être proposés pour libérer les voies urinaires : lithotritie extracorporelle par ondes de
choc, urétéroscopie, chirurgie percutanée, chirurgie laparoscopique, chirurgie ouverte, voire
néphrectomie lorsque le rein a été détruit par infection en amont de l’obstacle lithiasique
(Hannache, 2014).
Le traitement médicamenteux est symptomatique et repose sur l’utilisation d’antalgiques
(niveau 1 et 3), d’anti-inflammatoires et de spasmodiques (Moulin et al., 2021).

Malgré ces progrès considérables, il n’existe aucun médicament satisfaisant pour traiter les
calculs rénaux. En plus du coût élevé de la prise en charge (chirurgicale, médicamenteuse) y
compris les divers effets secondaires tels que les infections des voies urinaires, la maladie
récidive dans 50% des cas dans les 5 ans en l’absence de traitement préventif (Hannache, 2014 ;
Kaulanjan et al., 2018, Elhassan et al., 2019).

Face à ce défi, il est impératif de penser à d’autres alternatives comme les plantes médicinales
qui constituent une source potentielle de nouveaux composés bioactifs (Elhassan et al., 2019).
Au Mali, comme dans de nombreux pays, la plupart des patients utilisent des plantes
médicinales comme thérapie alternative pour de nombreuses maladies, y compris la lithiase
urinaire. C’est ainsi que le présent travail vise à explorer la flore locale en vue de relever des
espèces locales pouvant être utiles dans la prise en charge des lithiases urinaires au Mali.

2
2. OBJECTIFS
2.1. OBJECTIF GENERAL
Contribuer à la valorisation de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle par la mise
au point de Médicaments Traditionnels Améliorés (MTA) pour la prise en charge des
lithiases urinaires au Mali.

2.2. OBJECTIFS SPECIFIQUES


➢ Recenser des plantes médicinales utilisées dans la prise en charge des calculs
urinaires.
➢ Rédiger les monographies des principales plantes.
➢ Identifier deux recettes pour la prise en charge de lithiases urinaires au Mali.

3
3. GENERALITES SUR LES LITHIASES URINAIRES
3.1. Définition (Khaled, 2011 ; Moulin et al., 2021)
La lithiase urinaire est définie comme la présence d'une ou plusieurs masses minérales
appelés « calculs » dans l'arbre urinaire (uretères, vessie, urètre, calices et/ou bassinet). Elle
consiste en une précipitation de cristaux conglomérés de taille et de formes variées dans les
cavités du rein.

Les calculs urinaires sont des calcifications pathologiques, celles-ci se définissant comme
toutes formes de dépôts minéraux anormaux, calciques ou non, dans un tissu, un organe ou
sur un dispositif médical

Une lithiase se forme lorsqu'un composé, présent normalement à l'état soluble dans l'urine, se
transforme en un solide cristallin. Les calculs urinaires sont composés de cristallins minéraux
(oxalate de calcium, phosphate de calcium) ou de cristallins organiques (acide urique).
Elle se caractérise généralement par :
• une douleur de colique néphrétique résultant de l'obstruction plus ou moins complète
de la voie excrétrice par engagement d’un calcul dans le bassinet ou l’uretère (douleur
violente, spasmodique, au niveau de la fosse lombaire irradiant vers les organes
génitaux externes), évoluant par "crise" ;
• des signes digestifs tels que les nausées, les vomissements, la constipation ;
• des signes urinaires comme la pollakiurie, les impériosités, la dysurie, l’hématurie ;
l’anurie, l’hyperthermie (signes de gravité).

3.2. Classification et facteurs de risque des lithiases urinaires


D’une façon générale, le type de calcul permet de classer les lithiases urinaires. On distingue
des calculs calciques composés d’oxalate de calcium, de phosphate de calcium et
d’hydroxyapatite ; des calculs non calciques constitué d’acide urique, de struvite (phospho-
ammoniaco-magnésien) ou de composés rares comme la cystine, la xanthine, certains
médicaments etc. Ainsi, les lithiases se catégorisent en lithiases calciques et non calciques.

Les lithiases calciques sont les plus fréquentes avec 90% des cas (Moulin et al., 2021).
La figure 1 montre les images de quelques types de calculs.

4
Figure 1b : Apatite ou hydroxylapatite

Figure 1a : Struvite ou Phosphate (Ca10(PO4) . 6H2O)

d’ammonium et de magnésium hexahydratés


(MgNH4PO4 . 6H2O)

Figure 1d : Oxalate de calcium monohydrate


Figure 1c : Oxalate de calcium déshydraté
ou Oxacalcite (Whewellite) (CaC2O4 . H2O)
(Weddellite) (CaC2O4 . 2H2O)

Figure 1e : Hydrogénophosphate de
Figure 1f : Hydrogénophosphate de calcium
magnésium tri hydraté (Newberyite)
dihydraté (Brushite)
(MgHPO4 . 3H2O)
CaHPO4 . 2H2O

Figure 1 : Images de quelques types de calculs (Khaled, 2011)

5
3.2.1. Lithiases calciques (Weber et al., 2017)
[Link]. Hypercalciurie
La plupart des lithiases calciques sont dues à une hypercalciurie. Elle peut être de débit (>0.1
mmoL/kg/j) ou de concentration. Cette hypercalciurie peut être secondaire ou idiopathique.

L’hypercalciurie peut être secondaire à plusieurs étiologies comme l’hyperparathyroidisme


primaire (5%), la sarcoïdose, l’excès de vitamine D, la corticothérapie, la maladie de Cushing,
l’acidose tubulaire rénale, l’hyperthyroïdie, néoplasie.

L’hypercalciurie idiopathique est la cause la plus fréquente de lithiase calcique, liée à une
augmentation de l’absorption intestinale de calcium, associée à un trait mendélien dominant
présent chez 50 à 75% des patients avec lithiases (seulement 5% chez le normal).
Ces patients absorbent et excrètent dans l’urine une plus grande part de calcium alimentaire que
les sujets normaux ; La parathormone (PTH) est normale à basse.

[Link]. Hypocitraturie
Elle est responsable 30% des lithiases. Dans ce cas, le citrate forme un sel soluble avec le
calcium et l’empêche de précipiter.

L’excrétion de citrate urinaire est principalement déterminée par la réabsorption tubulaire


proximale qui est augmentée lorsque l’urine est acide et diminuée lorsqu'elle est alcaline.

L’hypocitraturie est favorisée par l’acidose métabolique induite par des maladies intestinales
inflammatoires, une malabsorption intestinale, l‘acidose tubulaire rénale ou une diète riche en
protéines. Dans la majorité des cas cependant, l’origine de l’hypocitraturie ne peut être
déterminée.

[Link]. Acidose tubulaire rénale distale (type I)


L’acidose tubulaire rénale distale de type I peut être évoquée en cas d’acidose
hyperchlorémique avec trou anionique plasmatique normal, hypokaliémie et pH urinaire >5,3.

Le rein perd son pouvoir d’acidifier l’urine et le pH urinaire élevé favorise la précipitation du
phosphate avec le calcium. De plus, en cas d’acidémie, le citrate est réabsorbé proximalement,

6
augmentant les pertes urinaires calciques. Ce sont surtout des lithiases phosphocalciques qui
sont formées.

[Link]. Hyperoxalurie
Elle est responsable de 20-30% des lithiases et se définit par une oxalurie > 400 µmol/ 24
heures.

En effet, 90% de l’oxalate ingéré se lie au calcium alimentaire et est éliminé dans les selles,
10% de l’oxalate alimentaire est absorbé dans le colon puis excrété dans l’urine.

L’hyperoxalurie peut résulter d’un excès d’apport d’oxalate alimentaire, d’un manque d’apport
en calcium, d’un excès de vitamine C ou d’une malabsorption des graisse (p. ex. : Maladie de
Crohn, résection iléale, by-pass gastrique), car en cas de malabsorption, l’excès de graisse
entérique se lie au calcium alimentaire, favorisant une absorption excessive d’oxalates libres au
niveau colique. L’hyperoxalurie primaire est une maladie génétique rare (<1%).

3.2.2. Lithiases non calciques


[Link]. Acide urique
Les lithiases d’acide urique sont favorisées par l’hyperuricosurie et un pH urinaire acide.
L’ingestion excessive de purines (viande, poisson), riches en acides aminés sulfurés, apporte
une charge d’acide diminuant le pH urinaire et favorisant la formation de cristaux d’acide
urique. Des pathologies myéloprolifératives et des médicaments uricosuriques peuvent aussi
agir comme facteurs favorisants.

Une augmentation récente des lithiases d’acide urique est liée à l’augmentation de la prévalence
de l’obésité avec syndrome métabolique et nécessite le dépistage des Facteurs de Risque
Cardiovasculaires (FRCV).

Une diminution de sécrétion d’ammoniac par le rein résulterait d’une résistance à l’insuline.
L’hyperuricosurie peut induire la formation de lithiase calcique autour d’un « nid » d’acide
urique.

7
[Link]. Struvite
La formation de lithiases de struvite (phospho-amoniaco-magnésien) est associée à la présence
de bactéries (Proteus ou Klebsiella avec uréase) dans les voies urinaires, car l’uréase est une
enzyme hydrolysant l’urée en ammonium augmentant le pH urinaire à >7,5 et entraînant la
précipitation de la struvite. Ces calculs ne résultent donc pas d’un trouble métabolique mais
d’une infection urinaire (plus fréquent chez la femme).

[Link]. Cystine
La cystinurie est une maladie lithiasique rare à fort potentiel de récidive, caractérisée par une
altération du transport rénal de 4 acides aminés dibasiques, la cystine, la lysine, l’arginine et
l’ornithine. La cystine est insoluble lorsque le pH urinaire est inférieur à 7.

Le traitement vise à rendre soluble la cystine par la dilution et l’alcalisation des urines.

[Link]. Médicaments
Certains médicaments ont été incriminés dans la survenue de certaines lithiases. Il s’agit entre
autres de : amoxicilline, sulfonamides, acétazolamide, indinavir, triamtérène, sulfamides,
ciprofloxacine etc.
Pour chaque type de lithiase, certains facteurs de risque sont établis (tableau I).

8
Tableau I : Facteurs de risque selon le type de lithiase (Weber et al., 2017).
Type de lithiase urinaire Facteurs de risque
Pour tous les calculs Faible volume urinaire
Oxalate de calcium (76%) Hypercalciurie
Hyperoxalurie
Hypocitraturie
Hyperparathyroïdisme primaire
Rein médullaire en éponge
Diarrhées chroniques
Phosphate de calcium (12%) Hypercalciurie Urine alcaline (pH >7)
Acidose tubulaire rénale distale type I
Acide urique (7%) Urine acide (pH <5.5)
Goutte Obésité / diabète / syndrome métabolique
Hyperuricosurie
Ingestion excessive de purines (abats,
charcuterie)
Struvite (2%) Colonisation des voies urinaires
Cystine (2%) Cystinurie Urine acide (pH<5.5)
Médicaments (1%) Ex : amoxicilline, sulfonamides, acétazolamide,
indinavir, triamtérène, Sulfamides, indinavir,
ciprofloxacine etc.

9
3.3. Données épidémiologiques
La lithiase des voies urinaires est devenue un problème de santé publique majeur dans tous les
pays du monde du faite qu’elle conduise à une immobilisation prolongée et peut conduire à la
perte de la fonction rénale dans certain cas. Le recueil de données épidémiologiques de cette
maladie se heurte à de multiples difficultés, qui tiennent à la diversité des critères retenues pour
apprécier la prévalence et l’incidence de cette affection (Khaled, 2011).

L’incidence de la lithiase urinaire ne cesse de croître dans les pays industrialisés avec le
changement de régime alimentaire. La prévalence et le type de calculs varient en fonction du
sexe, de l’âge de la localisation géographique, du niveau socioéconomique mais aussi de
l’origine ethnique (Kaulanjan et al., 2018).

La lithiase urinaire est une affection très fréquente puisque sa prévalence est d’environ 5% à
10% dans les pays industrialisés. La lithiase calcique représente plus de 80% des lithiases
urinaires. Les autres lithiases urinaires sont constituées d’acide urique (10%), de struvite
(lithiase d’infection, 5 %) ou de composés rares (cystine, xanthine, médicamenteuses etc.) qui
concernent entre 1 à 2 % des cas (Moulin et al., 2021). Actuellement, elle est la maladie des
voies urinaires la plus fréquente touchant près de 10% des hommes et 5% des femmes (Sy et
al., 2022).

Aux États-Unis, une étude cohorte entre 1988 et 1994 concernant 33 994 sujets, a montré une
progression de la prévalence de la lithiase urinaire de 3,2 % dans la première période à 5,2 %
pour la seconde, soit une augmentation de 62 %.
La prévalence de la lithiase avait même doublé chez les sujets de 70 ans et plus, passant de 6,7
à 13,3 % chez l’homme et de 3,7 à 6,9 % chez les femmes entre les deux périodes. Des disparités
géographiques importantes étaient notées selon les régions, le sud étant deux fois plus affecté
que l’ouest du pays (Daudon et al., 2008).
Certains états américains, en particulier les Etats du sud-est où le Tennessee semblent
significativement plus exposés que d’autres à la lithiase urinaire, celle-ci affectant, par exemple,
jusqu’à 18 % de la population dans le Tennessee.
Les études américaines récentes mettent en évidence un autre phénomène, la diminution du
rapport Homme/Femme (H/F), qui est passé de 3,1 à 1,3 dans la région de Rochester entre 1960
et 2000 et de 1,7 à 1,3 entre 1997 et 2002 (Daudon et al., 2008).

10
Des observations similaires ont été faites au Japon où le rapport H/F est passé de 2,8 en 1965 à
1,8 en 1995. Parallèlement, la prévalence de la lithiase doublait au cours de la même période,
passant de 4,3 à 9 % chez l’homme et de 1,8 à 3,8 % chez la femme (Daudon et al., 2008).

En Europe, les premières enquêtes de population ont été effectuées en Scandinavie dans les
années 1970-1980. Elles ont rapporté que 19 % des hommes de plus de 60 ans avaient des
antécédents de lithiase urinaire (Daudon et al., 2008).

En Allemagne, une progression de 17 % de la prévalence de la lithiase a été observée entre


1980 et 2000 (Daudon et al., 2008).

En Italie, plusieurs études publiées au cours des 15 dernières années confirment aussi une
progression de la lithiase, qui affecte aujourd’hui au moins 10 % de la population avec des
différences régionales significatives, la prévalence étant presque deux fois plus élevée dans le
sud que dans le nord du pays (Daudon et al., 2008).

En Espagne, une étude publiée en 2001 a rapporté une incidence annuelle de 2,66 épisodes
lithiasiques pour 1000 habitants et par an, ce qui équivaut à une prévalence supérieure à 10 %
chez les sujets de plus de 60 ans (Daudon et al., 2008).

En France, une étude débutée en 1994, précédée d’une enquête sur les antécédents médicaux
des volontaires a montré que 9,8 % de la population âgée de plus de 40 ans (35 ans pour les
femmes, 45 ans pour les hommes) avait eu au moins un antécédent lithiasique au moment de
l’enquête. Les hommes étaient environ deux fois plus touchés que les femmes (13,6 % contre
7,6 %). L’âge au premier calcul était en moyenne de 30 ans chez la femme et de 35 ans chez
l’homme. Le taux de récidive était de 53 % et le nombre moyen de calculs était de trois par
patient sans différence entre les sexes. Le délai entre deux récidives était en moyenne de 3,5
ans (Daudon et al., 2008).
Le rapport H/F est pratiquement stable depuis une vingtaine d’année, se situant autour de 2,1
pour les patients ayant connu un seul calcul. Ce rapport est significativement plus élevé chez
les patients récidivants (H/F = 2,6), traduisant le fait que la lithiase récidive plus souvent chez
l’homme que chez la femme (Daudon et al., 2008).

11
En Guadeloupe, une étude rétrospective monocentrique concernant un total de 165 patients a
montré que le sex-ratio était de 1,61 en faveur des hommes avec un indice de masse corporelle
(IMC) médian de 26,5 kg/m2 ; les calculs les plus fréquemment étaient composés d’oxalate de
calcium (64,70 %), secondés par les calculs mixtes (24,70 %), les calculs d’acide urique
représentaient 3,5 % de l’échantillon. Les calculs oxalocalciques étaient en majorité
monohydratés. Les calculs d’oxalate de calcium étaient significativement plus fréquents chez
l’homme (80 % versus 47,5 %, p = 0,01) et chez les patients de plus de 50 ans (72,2 % versus
51,6 %, p = 0,04). Il n’y avait pas d’association entre le type de calcul et l’IMC (Kaulanjan et
al., 2018).

Dans la région africaine, le rapportage des données est trop timide à cause du manque de suivi
de l’évolution de la maladie durant une période donnée (Dembélé, 2005 ; Kassogué et al.,
2020).

Au Maroc, 21% des cas d'insuffisance rénale étaient d'origine lithiasique (Zahra, 2010).

En Afrique centrale, la lithiase urinaire est la troisième cause d’hospitalisation aux cliniques
universitaires de Kinshasa avec une fréquence globale de 14%. Le sexe masculin était
prépondérant (59% avec sexe ratio H/F de 1,4). La fréquence globale augmentait avec l’âge
jusqu’à la tranche d’âge de 40-59 ans (Diangienda et al., 2019).

Au Burkina Faso, une étude rétrospective a démontré que la prévalence de la lithiase urinaire
était de 12,52 % en 2011 (Kaboré et al., 2013).

En Côte d’Ivoire, au centre hospitalier universitaire de Treichville, les obstructions des voies
urinaires supérieures ont été responsables d'une insuffisance rénale fatale dans 29,23 % des cas
(Hamdi et al., 2015).

Au Benin, les lithiases urinaires ont été responsables d'insuffisance rénale obstructive (IRO)
dont la prévalence était de 10,32% à Cotonou en 2017 (Natchagandé et al., 2015).

Au Mali, la lithiase urinaire représentait 7,57 % de l’ensemble des affections urologiques


chirurgicales dans le service d’urologie du CHU du Point G en 2005. Les régions les plus
concernées étaient : le District de Bamako (44,45 %) et la région de Kayes (13,90 %). L’âge

12
moyen des patients était de 37 ans avec des limites d’âge allant d’un an à 90 ans (Dembélé,
2005).
Une étude documentaire et descriptive menée dans le service d’urologie du CHU de Kati, entre
2016 et 2018 a montré que la lithiase urinaire était une pathologie fréquente. Elle a montré que
la lithiase urinaire concernait 74 % de patients de sexe masculin, d’âge moyen de 34 ans et une
fréquence de 20,3% (Kassogué et al., 2020).
Dans une autre étude descriptive, rétrospective concernant 1133 patients hospitalisés dans le
Néphrologie du CHU du Point G entre 2017 et 2018, la lithiase représentait 43,40 % des
étiologies de l'insuffisance rénale obstructive (Sy et al., 2020). La fréquence d’insuffisance
rénale d’origine lithiasique était de 1,7% entre 2018 et 2020. La lithiase s'est compliquée d'une
atteinte rénale aiguë dans 17 cas (53,1 %) contre 15 cas (46,9 %) d'insuffisance rénale chronique
(Sy et al., 2022).

3.4. Causes
La lithiase urinaire est l’une des principales causes d’insuffisance rénale obstructive (Sy et al.,
2020). Sa genèse est multifactorielle (Kassogué et al., 2020). Trois principaux types de facteurs
de risque ont été identifiés (Moulin et al., 2021) :
• les facteurs génétiques (fréquence des cas familiaux de la maladie) ;
• les facteurs urologiques (stagnation des urines) au premier rang en particulier l’ectasie
canaliculaire précalicielle, les infections urinaires, les anomalies du pH urinaire, les
anomalies anatomiques de l’arbre urinaire ;
• les facteurs diététiques et métaboliques : volume de diurèse insuffisant, hypercalciurie,
hyperoxalurie, hyperuricurie et hypocitraturie.

En outre, d’autres facteurs ont été incriminés tels que :


• l’hypercalciurie (> 0,1 mmoL/kg/j) peut être secondaire à une hypercalcémie
(hyperparathyroïdie primaire etc.) ou avoir une cause connue (diurétiques de l’anse etc.)
mais le plus souvent elle est idiopathique. L’hypercalciurie idiopathique est favorisée
par des apports alimentaires trop élevés de calcium et/ou de NaCl et/ou de protéine ;
• l’hyperoxalurie est le plus souvent idiopathique ;
• l’hyperuricurie favorise la lithiase de calcium en diminuant la solubilité de l’oxalate de
calcium ;

13
• l’hypocitraturie favorise la lithiase car le citrate est un inhibiteur de la lithiase calcique
(Moulin et al., 2021).
• certaines habitudes alimentaires comme la consommation excessive de produits laitiers
et de protéines animales ainsi que certains médicaments (rare) (Kassogué et al., 2020).

3.5. Quelques données physiopathologiques (Moulin et al., 2021)


La formation d’un calcul dans l’appareil urinaire est toujours la conséquence d’une
augmentation de la concentration des composés (sels de calcium, acide urique, cystine etc.) au-
dessus du seuil de solubilité du sel dans l’urine (on parle de sursaturation).

La lithiase calcique est idiopathique dans 90% des cas. Un bilan biologique sanguin et urinaire
simple permet d’éliminer les causes secondaires (hyperparathyroïdisme, acidoses tubulaires,
hyperoxalurie primaire etc.).

La connaissance de la lithogénèse urinaire est indissociable au processus pathologique de la


lithiase urinaire.

3.5.1. Lithogénèse urinaire (Khaled, 2011)


La lithogenèse regroupe l’ensemble des processus qui conduisent à la formation d’un calcul
dans les voies urinaires. Le calcul étant une agglomération de cristaux liés par une matrice
organique.

La lithogenèse comporte plusieurs phases qui s’expriment successivement ou simultanément.


Les premières étapes sont désignées sous le terme de cristallogenèse. Elles correspondent à la
formation de cristaux à partir de substances initialement dissoutes dans les urines et ne
constituent pas en soi un processus pathologique. Il est en effet bien connu que la cristallisation
s’observe dans de nombreuses urines normales, traduisant l’état de sursaturation de celles-ci
vis-à-vis de plusieurs solutés urinaires.

La lithogenèse se traduit par une cascade d’événements parfois très espacés dans le temps,
parfois au contraire très rapprochés, et souvent d’expression intermittente, ce qui peut rendre
difficile la compréhension des processus lithiasiques observés.

14
[Link]. Etapes de la lithogenèse
Le processus de la lithogenèse peut être décomposé en 07 étapes qui se succèdent ou
s’entremêlent au cours de la formation d’un calcul. Ces étapes sont les suivantes :
• la sursaturation des urines ;
• la germination cristalline ;
• la croissance des cristaux ;
• l’agrégation des cristaux ;
• l’agglomération cristalline ;
• la rétention des particules cristallisées ;
• la croissance du calcul.

[Link].1. Sursaturation des urines


La sursaturation traduit un excès de concentration d’une substance dissoute dans l’urine par
rapport aux capacités solvantes de celle-ci.

Dans des conditions physicochimiques définies (température, pression, pH), une substance peut
être dissoute dans un solvant, en l’occurrence l’eau, jusqu’à une certaine concentration qui
représente le produit de solubilité de cette substance dans le solvant.

Dans les urines où la pression et la température peuvent être considérées comme constantes, le
pH est le principal modificateur de la solubilité des substances qui y sont sensibles.
Le produit de solubilité (Ks) est une caractéristique physique de la substance considérée.
Lorsque la concentration de la substance égale son produit de solubilité, on dit que la solution
est saturée vis-à-vis de cette substance. Lorsqu’elle excède son produit de solubilité, la solution
est sursaturée vis-à-vis de cette substance et des cristaux de celle-ci peuvent en principe se
former. Cependant, si l’excès de concentration par rapport au produit de solubilité est modéré,
la cinétique de cristallisation est très lente, ce qui n’entraine aucun risque de formation des
cristaux dans les voies urinaires.

Par ailleurs, l’urine est un milieu complexe de composition très fluctuante qui contient des
molécules ou des ions (électrolytes, acides organiques, macromolécules etc.) susceptibles
d’interagir avec les composantes de la substance cristallisable. A cause de cela, le risque de
faire des cristaux ne devient réel que pour des niveaux de sursaturation (S) élevés (compris

15
entre 2 et 20) selon la substance et son environnement. Ainsi, au-delà d’un certain niveau de
sursaturation, la plupart des urines, sinon toutes, contiennent des cristaux d’oxalate de calcium.
Pour des sursaturations moyennes, par exemple entre 7 et 8, environ 85 % des urines sont encore
exemptes de cristaux.

Figure 2 : Schéma des états de saturation d'une solution (Khaled, 2011)

[Link].2. Germination cristalline


Le niveau de sursaturation à partir duquel les cristaux se forment rapidement, c’est-à-dire
pendant le temps de transit de l’urine au travers du rein, définit un seuil de risque désigné sous
le terme de produit de formation (figure 1).

A partir de ce seuil peuvent se manifester toutes les conséquences de la cristallisation, y compris


la rétention cristalline, donc la lithogenèse. Le produit de formation dépend de la composition
de l’urine et varie d’un individu à l’autre et, dans de moindres proportions, chez un même
individu, d’un prélèvement à l’autre. Ce seuil est propre à chaque substance cristalline. Il diffère
donc pour les oxalates de calcium, les phosphates de calcium, les acides uriques ou les urates.

[Link].2.1. Nucléation homogène et nucléation hétérogène


Lorsque le produit de formation Kf d’une espèce est atteint, des germes cristallins de cette
espèce se forment à partir des ions de la substance en solution dans l’urine. Dans ce cas, la
cristallurie se compose uniquement de l’espèce considérée. On parle alors de germination
cristalline par un processus de nucléation homogène (figure 2).

16
En fait, la réalité biologique est souvent différente parce que les urines humaines sont
fréquemment sursaturées simultanément vis-à-vis de plusieurs substances cristallisables, par
exemple oxalate de calcium et phosphate de calcium, oxalate de calcium et acide urique ou
encore oxalate de calcium et urate de sodium. C’est particulièrement le cas chez les patients
lithiasiques. Dans ce cas, si le produit de formation de l’une des substances est atteint, entrainant
sa cristallisation dans l’urine, la présence de ces cristaux peut induire la cristallisation d’une
seconde espèce pour laquelle le produit de formation n’est pas encore atteint en raison d’une
moindre sursaturation. On parle alors de cristallisation par nucléation hétérogène (figure 3). Ce
phénomène, qui entraine la présence simultanée d’au moins deux espèces cristallines dans
l’urine, est très courant puisque près de 40 % des urines contenant des cristaux ont une
cristallurie spontanément mixte. Ce mécanisme est responsable de la majorité des pathologies
lithiasiques observées aujourd’hui, pour lesquelles des facteurs métaboliques, mais aussi des
facteurs diététiques et des prédispositions génétiques sont souvent impliqués. Bien entendu,
l’une des conséquences de la nucléation hétérogène est la formation de calculs de composition
mixte.

Figure 3 : Schéma de la nucléation homogène (Khaled, 2011)

Figure 4 : Schéma de la nucléation hétérogène (Khaled, 2011)

17
[Link].2.2. Promoteurs et inhibiteurs
Les ions qui participent à la formation des espèces insolubles sont appelés promoteurs de la
cristallisation. Au nombre d’une dizaine, ils s’associent très souvent par deux ou par trois pour
former une substance cristallisable qui, elle-même, peut se présenter sous plusieurs espèces
cristallines (figure 4). Ces dernières se forment dans des environnements biologiques différents
dont elles témoignent, d’où l’intérêt de les prendre en considération pour identifier les facteurs
étiologiques d’une maladie lithiasique.

Dans le cas de l’oxalate de calcium, la whewellite (oxalate de calcium monohydraté) est avant
tout oxalate-dépendante, donc le marqueur d’états hyperoxaluriques, alors que la weddellite
(oxalate de calcium dihydraté) est plutôt calcium-dépendante et observée préférentiellement
dans des contextes hypercalciuries.

En ce qui concerne les phosphates calciques, des distinctions méritent d’être faites selon la
nature de l’espèce cristalline identifiée. Ainsi, la brushite est, comme la weddellite, une forme
cristalline calcium-dépendante, contrairement à la whitlockite que l’on rencontre plutôt dans
des contextes infectieux.

Pour s’opposer aux effets des promoteurs, différentes substances de l’urine, également ionisées,
sont capables de former des espèces chimiques solubles qui vont réduire le risque de
cristallisation ou vont se fixer à la surface des germes cristallins pour les empêcher de grossir
ou de s’agréger. Certaines molécules possèdent parfois plusieurs de ces propriétés.

Les substances à même de réduire le risque de cristallisation, notamment en élevant le produit


de formation, sont essentiellement des complexants. A cette catégorie appartient notamment le
citrate qui forme des complexes solubles avec le calcium et soustrait ainsi celui-ci aux ions
oxalates ou phosphates. Le citrate est aussi capable de perturber la croissance et l’agrégation
cristalline et/ou l’adhésion à l’épithélium. Ces substances complexantes ou s’opposant à
l’évolution des germes cristallins formés, sont désignées sous le terme d’inhibiteurs de la
cristallisation.

On peut les subdiviser en deux groupes : d’une part, les ions de faible poids moléculaire et,
d’autre part, les macromolécules, qu’elles soient de nature protéique ou polysaccharidique.

18
Figure 5 : Promoteurs de la cristallisation (Khaled, 2011)

Les principaux inhibiteurs urinaires connus à ce jour sont indiqués dans le tableau II.
Tableau II : Inhibiteurs de la cristallisation (Khaled, 2011)
Germination Croissance Agrégation
Cristalline Cristalline Cristalline
Oxalate de Calcium Citrate Citrate Pyrophosphate
Macromolécules Glycosaminoglycane Citrate
Magnésium Magnésium Glycosaminoglycane
Glycosaminoglycane Pyrophosphate Protéine de Tamm-
Fitate Fitate horsfall
Phosphate De Calcium Pyrophosphate Pyrophosphate Pyrophosphate
Citrate Citrate Citrate
Fluorure Fluorure Glycosaminoglycane
Magnésium Magnésium
Fitate
Acide Urique et Urates Variabilité du pH Sulfate de
Chondroätine

19
[Link].3. Croissance cristalline
Les cristaux engendrés par une sursaturation élevée des urines sont initialement très petits et ne
constituent donc pas une menace de lithiase. Ils vont ensuite grossir plus ou moins rapidement
par captation de nouvelles molécules de la substance sursaturée présentes dans l’urine et former
des particules plus grosses, comprises, selon les espèces cristallines et la composition urinaire,
entre 1 et 100 mm. Cette croissance nécessite du temps et celui-ci est souvent supérieur à celui
du transit de l’urine au travers du néphron, ce qui fait que le risque de rétention cristalline
intrarénale par la taille des cristaux est très faible.

En revanche, les urines peuvent rester de nombreuses heures dans la vessie. Pendant cette
période, de temps, la croissance des cristaux peut y générer la formation de particules parfois
assez grosses comme les cristaux d’acide urique dihydraté qui pourront s’agréger et engendrer
un processus lithiasique. Un exemple assez représentatif de ce phénomène est la lithiase urique
de l’homme âgé qui présente une hypertrophie de la prostate.

[Link].4. Agrégation des cristaux


Contrairement à la croissance, l’agrégation cristalline, qui met en jeu des phénomènes
d’attraction électrostatique en fonction de la charge superficielle des cristaux, est un processus
rapide. Elle peut, de ce fait, engendrer des particules volumineuses dans un délai très court,
inférieur au temps de transit de l’urine à travers le rein.

A cause de leur taille, mais aussi de leur forme très irrégulière et de la présence de nombreuses
aspérités (cristaux anguleux), les agrégats ainsi formés sont susceptibles d’être retenus dans les
segments terminaux des néphrons, sur l’épithélium papillaire ou dans les cavités excrétrices du
rein. L’agrégation cristalline est considérée aujourd’hui comme une Étape importante de la
lithogenèse et plusieurs travaux ont montré que les urines de sujets lithiasiques avaient une
moindre aptitude à réduire l’agrégation des cristaux que les urines de sujets normaux.

Parfois, l’accumulation de cristaux plus petits en amont d’un agrégat retenu dans le tube
collecteur en raison de sa grande taille peut entrainer une obstruction qui peut, lui aussi, être le
point de départ d’un processus lithiasique.

20
[Link].5. Agglomération cristalline
L’agglomération des cristaux implique des macromolécules urinaires qui, par leurs nombreuses
charges négatives, peuvent se fixer à la surface des cristaux et favoriser secondairement la
fixation de nouveaux cristaux sur les premiers en les organisant les uns par rapport aux autres,
contribuant ainsi à l’architecture du calcul. Il s’agit d’un aspect fondamental des processus
lithiasiques s’exprimant aussi bien au niveau des étapes initiales de la lithogenèse, qui
aboutissent à la rétention de particules dans les voies urinaires, que dans les phases ultérieures
de croissance du calcul initié. Les macromolécules impliquées dans ces processus sont
essentiellement des protéines.

Les interactions entre macromolécules et cristaux sont complexes et dépendent de plusieurs


facteurs : pH, force ionique, concentration en inhibiteurs de faible masse molaire comme le
citrate, concentration en promoteurs comme le calcium ou en électrolytes, en particulier le
sodium, tous facteurs susceptibles de modifier la conformation de ces macromolécules, leur
affinité pour les cristaux et leur efficacité à exercer leur action inhibitrice.

[Link].6. Rétention des particules cristallines


Cette étape peut être considérée comme la première étape du processus lithogène proprement
dit, à partir de laquelle des particules cristallines formées au cours des différentes phases de la
cristallogenèse vont être retenues dans le rein ou les voies urinaires et vont croitre pour former
un calcul.

Quatre situations différentes peuvent être envisagées :


• l’adhésion d’un cristal ou d’un agrégat cristallin à la surface de l’épithélium tubulaire,
avant son Évacuation avec les urines hors du néphron ;
• la rétention d’un agrégat cristallin du fait de sa taille ou/et de sa forme, à l’intérieur du
néphron, notamment dans le tube collecteur ;
• l’accrochage direct à l’épithélium papillaire ou par l’intermédiaire d’un support minéral
préexistant, de cristaux ou d’agrégats formés dans le néphron puis éliminés au niveau
des cavités excrétrices par le tube collecteur ou générés dans l’environnement de la
papille ;
• Le blocage ou la sédimentation dans un repli muqueux, une cavité déclive (diverticule)
ou un calice rénal, des cristaux excrétés par le néphron.

21
[Link].6.1. Adhésion des cristaux à l’épithélium tubulaire
Lorsque des cristaux s’accrochent à la membrane apicale des cellules, ils sont internalisés par
des vésicules d’endocytose puis soumis à une lyse intracellulaire par les équipements
biochimiques et enzymatiques des lysosomes, les composants des cristaux étant alors recyclés
dans le métabolisme. Si le processus d’endocytose est un phénomène relativement rapide,
nécessitant quelques heures, celui de la dissolution lysosomiale des cristaux est beaucoup plus
long. De ce fait, le tube rénal peut corriger les effets potentiellement délétères d’une
cristallisation occasionnelle et peu abondante, mais pas ceux d’une cristallisation massive ou
fréquente qui peut conduire ö une accumulation de particules cristallines dans l’espace
intracellulaire.

[Link].6.2. Rétention cristalline sans adhésion à l’épithélium


Un autre mode de cristallisation et de rétention cristalline est la stagnation de l’urine, même
modérément sursaturée, dans une cavité rénale déclive ou un diverticule caliciel ou dans la
vessie en amont d’un obstacle prostatique.

La rétention locale d’urine peut entrainer une cristallisation et les cristaux ainsi formés peuvent
avoir des difficultés, pour des raisons anatomiques, à s’évacuer, ce qui entraine une lithogenèse
régulière et répétée aboutissant progressivement à la formation de multiples calculs sur le même
site anatomique.

[Link].7. Croissance du calcul


La vitesse de croissance du calcul initié par la rétention cristalline est ensuite très variable,
dépendant du niveau de sursaturation des urines et donc de la nature des anomalies
métaboliques présentes.

Lorsque la lithogenèse résulte de fautes diététiques, son expression est intermittente et la


croissance du calcul se fait par poussées au gré des sursaturations urinaires.

Lorsque la cause est une maladie génétique, le calcul se développe de manière plus régulière et
de nouvelles particules retenues dans le rein sont le point de départ de nouveaux calculs qui
grossissent généralement au même rythme que les premiers, ce qui explique la différence de
taille observée entre les calculs les plus anciens, généralement les plus volumineux, et les
calculs plus récents.

22
Parfois, pour des raisons anatomiques ou de flux urinaire, certains calculs ont la possibilité de
capter de nouvelles molécules plus facilement que d’autres et vont alors croitre plus rapidement.
La lithogénèse de calcul d’oxalate de calcium peut être résumée selon la figure 5.

Figure 6 : Lithogenèse des calculs d’oxalate de calcium (Moulin et al., 2021)

23
3.6. Signes cliniques (Moulin et al., 2021)
La lithiase urinaire se manifeste cliniquement par :
• la douleur de colique néphrétique est le signe d’alarme de la lithiase urinaire. il s’agit
d’une douleur violente, spasmodique, au niveau de la fosse lombaire irradiant vers les
organes génitaux externes ;
La douleur évolue par « crise ». Elle traduit l'obstruction de la voie excrétrice supérieure.
• des nausées et/ou vomissements ;
• des signes urinaires comme la pollakiurie, l’hématurie etc.
Les signes de gravité sont entre autres : anurie, l’hyperthermie.

3.7. Diagnostic (Moulin et al., 2021)


3.7.1. Diagnostic clinique
Le diagnostic clinique diffère selon que la lithiase soit compliquée ou non compliquée.

[Link]. Manifestation clinique d’une lithiase urinaire compliquée


La principale manifestation clinique d’une lithiase urinaire compliquée est la colique
néphrétique.
[Link].1. Colique néphrétique (CN)
La CN résulte de l’obstruction aiguë plus ou moins complète de la voie excrétrice par
engagement d’un calcul dans le bassinet ou l’uretère. Certains facteurs favorisent la survenue
d’une CN comme le voyage de longue durée, une immobilisation, la chaleur, les boissons
insuffisantes, etc.

La douleur de la CN a les caractéristiques suivantes :


• à type de torsion,
• de début brutal, souvent très intense,
• paroxystique,
• de siège lombaire ou à l’angle costo-vertical avec une irradiation vers la racine de la
cuisse et les organes génitaux externes.

Les signes associés sont :


• agitation du fait de l’impossibilité pour le malade de trouver une position antalgique,
• digestifs : nausées, vomissements, constipation du fait de l’iléus réflexe,

24
• urinaires : pollakiurie, impériosités, dysurie.
Il n’y a pas de fièvre et l’examen clinique est négatif avec un abdomen souple et des touchers
pelviens anormaux.

Les signes de gravité à rechercher sont :


• fièvre supérieure à 38 °C, qui traduit une rétention d’urine purulente au-dessus de l’obstacle.
Les risques sont l’abcès du rein et la septicémie d’origine urinaire.
• anurie, qui traduit un obstacle bilatéral ou le plus souvent unilatéral chez un patient
ayant un rein unique anatomique ou fonctionnel. Il s’agit d’une insuffisance rénale aiguë
obstructive.
• terrains particuliers : grossesse, transplantation rénale, insuffisance rénale.
Ces signes de gravité nécessitent une prise en charge urologique avec dérivation en urgence.

Le diagnostic différentiel de la CN en rapport avec un calcul urinaire comporte des affections


rénales et extrarénales.
Les affections rénales peuvent être obstructives (syndrome de la jonction pyélo-urétérale,
fibrose rétropéritonéale) et non obstructives (infarctus rénal, pyélonéphrite aiguë, etc.).

Parmi les affections extrarénales, nous avons :


➢ les affections génitales : torsion du cordon spermatique, torsion ovarienne, grossesse
extra-utérine et salpingite ;
➢ les affections digestives : appendicite aiguë, occlusion digestive, colite, pancréatique
aiguë, colique hépatique) ;
➢ les affections neurologiques : sciatalgie, névralgie lombaire, zona.

En cas de doute diagnostique, les examens radiologiques (scanner abdomino-pelvien)


permettront d’affirmer le diagnostic.

[Link].2. Autres manifestations de la lithiase urinaire compliquée


• Infections des urinaires.
• Insuffisance rénale chronique par néphropathie interstitielle chronique. Il s’agit d’une
complication rare de la maladie lithiasique en rapport avec une obstruction prolongée et

25
souvent silencieuse de la voie excrétrice associée à une infection plus ou moins
permanente des urines.

[Link]. Manifestations cliniques la lithiase urinaire non compliquée


La lithiase urinaire peut être asymptomatique et découverte fortuitement sur des examens
radiologiques (échographie, scanner) demandés pour une autre cause. Cette latence clinique
peut être accompagnée de l’émission spontanée de calculs. Le calcul peut être responsable de
signes minimes, tels douleurs ou hématurie microscopique ou leucocyturie.

3.7.2. Diagnostic radiologique


Le diagnostic radiologique de la lithiase repose sur l’ASP (radiographie de l'abdomen sans
préparation) (calculs radio-opaques), l’échographie et la tomodensitométrie urinaire sans
injection (calculs radio-opaques ou radio-clairs). Les calculs radio-opaques sont constitués de
calcium (oxalate et phosphate de calcium, struvite) ou de cystine (même si moins radio-
opaques). Les calculs radio-transparents sont de nature urique.

Dans certaines situations une exploration biologique est nécessaire. Notamment lors d’un
épisode de colique néphrétique, notamment en urgence et le bilan étiologique de lithiase
nécessaire à la prise en charge thérapeutique, systématique en cas de colique néphrétique
récidivante.
• Devant une colique néphrétique :
– Sang : NFS, CRP, urée, créatinine, ionogramme sanguin, calcium, phosphore, acide
urique, réserve alcaline, ß-HCG chez la femme ;
– Urines : bandelette urinaire, ECBU si BU positive ;
• Schéma d’explorations approfondies des lithiases récidivantes
– Sang : glycémie, magnésium, PTH (hormone parathyroïdienne), dosage de la vitamine
D (25-OH-D3, 1-25 (OH)2-vit D3).
– Urines des 24 heures : volume total, créatinine, urée, calcium, phosphore, acide urique,
sodium, potassium, Oxalate*, citrates*, protéine, albumine.
– Urines au réveil : cristallurie, pH, densité.
– ECBU.
– Enquête diététique (par diététicienne spécialisée).

26
3.8. Prévention (Moulin et al., 2021)
Le but du traitement préventif est de prévenir la récidive.

Le principal traitement médical préventif de la lithiase calcique idiopathique est l’hyperdiurèse.


Cette dernière doit être adaptée à l’intensité de la maladie lithiasique (diurèse et régime en
priorité puis traitement médicamenteux des troubles métaboliques et de malformations
urinaires).
A ce traitement peut être associé selon les cas :
• une cure de diurèse avec boissons réparties sur le nycthémère ;
• en cas d’hypercalciurie : régime apportant 1 g/j de calcium, restreint en NaCl et en
protéines ; diurétiques thiazidiques si la maladie est évolutive et l’hypercalciurie est
résistante ;
• en cas d’hyperoxalurie : régime pauvre en oxalate ;
• en cas d’hyperuricurie : régime pauvre en purine ; allopurinol en cas d’échec ;
• en cas d’hypocitraturie : régime riche en alcalins (fruits et légumes), citrate médicinal
en cas d’échec.

3.9. Traitement médical (Moulin et al., 2021)


Le traitement vise principalement la colique néphrétique et les calculs urinaires en place.
3.9.1. Pour la colique néphrétique
Les Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et certains antalgiques (niveau 1 et 3) sont le
traitement de référence de la colique néphrétique.
• Les AINS par voie parentérale (par exemple kétoprofène, Profénid® 1 à 3 ampoules par
jour en IM ou IV) avec relais per os après sédation ;
• Restriction hydrique. Elle doit être poursuivie tant que le calcul n’a pas été éliminé,
même si les douleurs ont cédé ;
• Antalgiques de niveau 1 et de niveau 3 avec ou sans antispasmodiques (absence de
recommandation particulière pour ces derniers) sont indiqués en cas de contre-
indication ou en complément aux AINS.
Il faut surveiller la diurèse et la température. Les urines sont tamisées pour récupérer le calcul
en cas d’émission. L’ASP face couché et l’échographie rénale et rétro-vésicale permettent de
visualiser le calcul et de suivre sa migration.

27
3.9.2. Pour les calculs urinaires
Le traitement curatif d’un calcul urinaire fait appel à différentes techniques urologiques.
[Link]. Lithotritie extra-corporelle (LEC)
Elle utilise des ondes de choc créées par un générateur extracorporel pour fragmenter le calcul.
Le repérage du calcul se fait par échographie.

[Link]. Techniques endoscopiques


• L’urétéroscopie est l’introduction dans l’uretère par les voies naturelles d’un
urétéroscope. Elle est réalisée par voie rétrograde après intubation du méat urétéral vésical.
L’urétéroscope permet l’emploi de matériels pour fragmenter les calculs.

• La néphrolithotomie percutanée (NLPC) : elle permet par voie endoscopique


l’extraction des calculs des cavités rénales. Elle est réalisée au bloc opératoire. L’intervention
consiste, après ponction des cavités rénales par voie lombaire, à extraire les calculs sous
contrôle de la vue, à dilater le trajet de ponction pour permettre l’introduction du matériel de
chirurgie endoscopique. Les calculs sont alors extraits sous contrôle de la vue.

• La chirurgie conventionnelle est de moins en moins utilisée. Les calculs rénaux sont
extraits après ouverture du bassinet (pyélotomie) ou du parenchyme rénal (néphrotomie). Les
calculs urétéraux sont extraits par incision urétérale (urétérotomie).

D’autres traitements endo-urologiques peuvent être adaptés. Il s’agit de traitements


complémentaires qui peuvent optimiser les résultats du traitement urologique des calculs
urinaires :
• Les sondes double JJ sont des sondes urétérales qui s’arriment dans l’uretère. Elles
sont mises en place et enlevées par voie endoscopique.
• La néphrostomie percutanée est un drainage antérograde des cavités rénales. Elle
consiste en la mise en place d’un drain de petit diamètre en salle de radiologie sous anesthésie
locale et sous contrôle échographique après ponction percutanée des cavités rénales. Elle
permet le drainage des urines dans certaines situations (échec de montée de sonde JJ, infection
sur obstacle). Elle permet également l’instillation de produits pour dissoudre in situ certains
calculs (alcalinisation des calculs d’acide urique par exemple).
Les calculs d’acide urique peuvent être traités par alcalinisation.

28
Les principales indications et complications des techniques urologiques peuvent être résumées
selon le tableau III.
Tableau III : Principales indications et complications des techniques urologiques (Moulin et
al., 2021)
Techniques urologiques Indications Complications
LEC • Calculs rénaux < 10 mm. • Colique néphrétique (migration
• Urétéraux < 10 mm. de fragments).
Hématurie macroscopique.
Urétéroscopie • Calculs urétéraux et rénaux de taille • Traumatismes urétéraux (plaies,
moyenne (˂ 15 mm). sténoses).
• Infections urinaires.
NLPC • Calculs rénaux volumineux (> 20 • Hémorragie.
mm). • Infection.
• Plaie d’un organe de voisinage.
Chirurgie conventionnelle • Calculs coralliformes du rein. Pariétales (infection, hématome). •
• Calculs volumineux enclavés dans Thrombo-emboliques.
l’uretère. • Urologiques (sténoses
• Échecs des autres techniques. urétérales).
• Cas pédiatriques souvent.
Néphrostomie • Échec de drainage par voie
endoscopique
• Rétention d’urines infectées
Montée de sonde JJ • Drainage en cas de calcul urétéral
obstructif .
• Avant LEC pour faciliter
l’élimination des fragments de calcul.

Les indications du traitement urologique dépendent du nombre, de la taille, de la localisation et


surtout de la nature chimique (connue ou supposée) du ou des calculs, des manifestations
cliniques (patient asymptomatique, douleur etc.), des caractéristiques du patient (âge,
comorbidités, activité professionnelle etc.).

29
3.10. Phytothérapie (Khaled, 2011 ; Elhassan et al., 2019)
La phytothérapie ou la médication par les plantes est l’une des thérapies non conventionnelles
très anciennes, remontant à la naissance de l’humanité.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, 75 % de la population globale des pays en


développement dépend dans leurs médications de la phytothérapie ; 80% de la population
mondiale fait confiance principalement à la médecine traditionnelle et la majeure partie des
thérapies traditionnelles impliquent l’utilisation d’extraits des principes actifs de plante.

Pendant longtemps, le monde scientifique dont les phytochimistes, les biologistes et les
pharmaciens ont été intéressés par l’étude de la composition en métabolites secondaires
biologiquement actifs des plantes médicinales.

Une de leurs activités biologiques est l’activité antilithiasique « diurétique » et/ou


« litholytique » (dissolution de calculs). Un grand nombre d'espèces végétales décrit dans des
pharmacopées de plusieurs pays sont utilisées comme remède pour la lithiase urinaire.

Des travaux ont permis de relever l’utilisation traditionnelle de tisanes (décoction ou infusion)
de certaines plantes dans les lithiases urinaires. Il s’agit entre autres de Punica granatum L
(Punicaceae), Cynodon dactylon (Poaceae) L et de Matricaria chamomilla L (Asteraceae) dans
le sud-ouest Algérien ; de Herniaria hirsuta (Caryophyllaceae), Anastatica hierochuntica
(Brassicaceae), Apium graveolens (Apiaceae), Ziziphus lotus (Rhamnaceae), Allium sativum
(Amaryllidaceae) et Ranunculus muricatus (Lamiaceae) dans la province de Tarfaya au Maroc.

30
3.11. Méthode d’analyse des calculs urinaires (Khaled, 2011)
En plus des méthodes optique (morphologie) et chimiques, d’autres méthodes permettent
d’analyser les calculs. Il s’agit de :

3.11.1. Méthodes chromatographiques


La chromatographie est une technique basée sur les différences dans les rapports de distribution
des composants d’un mélange entre une phase stationnaire (solide) et une phase mobile (non
miscible). Cette technique peut être appliquée dans l’analyse des calculs organiques (Acide
urique, Xanthine, etc.), elle présente quelques inconvénients comme l’inadéquation à l’analyse
des calculs minéraux, l’appareillage est coûteux et un protocole analytique long et délicat mais
elle peut être utilisée comme méthode complémentaire de l'analyse.

3.11.2. Méthodes thermiques


L'analyse thermique différentielle (A.T.D) et l'analyse thermique gravimétrique (A.T.G) sont
deux techniques utilisées pour l'analyse des calculs urinaires. Ces méthodes reposent sur la
propriété que possèdent les constituants lithiasiques à se décomposer sous l'effet d'un gradient
de température. La température monte progressivement de la température ambiante jusqu'à 850
°C, avec l'air (0,5 L/h) ou l'azote (2,5 l/h) comme gaz de baliage et le kaolin comme référence
thermique inerte. La masse de l'Échantillon a analysé doit être 10 mg.

Cette méthode présente quelques inconvénients comme :


• l’inadéquation à l'analyse des calculs moins de 10 mg ;
• l’analyse est longue et prend beaucoup de temps ;
• la méthode nécessite beaucoup de réactifs coûteux ;
• elle ne distingue pas entre les différentes formes hydratées (whewellite, weddellite).

3.11.3. Méthode cristallographique


Avec un microscope optique à polarisation, il est possible d’établir la présence du matériel
cristallin et d’obtenir les constantes optiques qui sont utiles dans son identification ; le
microscope à polarisation peut également être le seul moyen disponible pour observer et
identifier des cristaux.

31
Quelques propriétés optiques qui peuvent être déterminées sont le système cristallin, le signe
optique, l’indice de réfraction, l’angle de l’extinction, et la présence de la biréfringence. Ces
propriétés peuvent être comparées aux données connues, ainsi l’utilisation appropriée du
microscope à polarisation exige beaucoup de compétence, de patience et d’expérience. La
microscopie à polarisation n’est pas applicable à l’analyse des calculs qui contiennent
seulement les composés amorphes, tels que les phosphates amorphes de calcium et les
protéines, ce qui limite la validité de cette méthode.

3.11.4. Méthode radiographique


C’est une méthode reposant sur les caractéristiques radiographiques des calculs qui peuvent
nous orienter vers leur composition. La distinction entre les calculs calciques considérées
comme radio-opaque et les calculs non calciques considérés comme radio transparent doit être
prise en compte avec d’autres critères, parmi eux ; la forme du calcul (arrondi, irrégulier,
coralliforme) ; la taille du calcul et la répartition selon les zones à différentes densités.

3.11.5. Méthode par diffraction des rayons X


La diffraction des rayons X est une méthode d’identification des constituants d’un calcul par
leurs uniques diagrammes de diffraction appelés empreintes digitales produits par
bombardement monochromatique du système cristallin par rayon X. Ces rayons X sont
diffractés ou reflétés dans des modèles caractéristiques liés à la structure des cristaux.

L’inconvénient majeur de cette méthode est l’identification presque absolue des matériaux et
des mélanges cristallins. Quand des substances amorphes et cristallines sont mélangées, seuls
les composants cristallins du calcul urinaire qui sont identifiables et potentiellement mesurables
par cette méthode.

3.11.6. Méthodes spectroscopiques


[Link]. Spectroscopie UV-Visible
La spectrophotométrie UV-Visible est une méthode spécifique et avantageuse pour la
détermination des médicaments et/ou des métabolites des médicaments dans les calculs
urinaires. Leur intérêt se voie dans sa capacité de détecter et identifier les composants du calcul
qui sont solubles dans l’eau, des alcools, des acides minéraux dilués et d’autres solvants.

32
Les composés solubilisés peuvent être détecter et identifier avec des concentrations aussi
faibles que des microgrammes par millilitre, lui faisant une des plus sensibles de toutes les
méthodes spectroscopiques pour l’analyse des calculs urinaires.

[Link]. Spectroscopie de Raman


Cette méthode consiste à une excitation des molécules constitutives des calculs par un
rayonnement monochromatique. La source lumineuse la plus couramment employée est un
laser à Argon.
Cette méthode présente un problème lié à l'intervention inséparable de la fluorescence qui
survient dans le cas de la matrice organique du calcul urinaire quand elle est soumise à
l'excitation laser visible ou proche UV.

Cependant, l'innovation récente dans technologie Raman a mené au développement d'une


approche par laquelle les spectres sont excités avec radiation infrarouge proche à 1.06064µm.
La technique appelée spectroscopie FT-Raman, n'est pas largement utilisée dans l'analyse des
calculs mais elle semble utile comme méthode complémentaire de la spectroscopie IRTF.

[Link]. Spectroscopie infrarouge


La spectrométrie infrarouge est une technique couramment utilisée dans les laboratoires
d’analyse pour la caractérisation physicochimique de matériaux organiques.

Cette technique permet de reconstituer la nature chimique d’un produit par identification de
certaines bandes d’absorption présentes sur un spectre ; chaque bande d'absorption correspond
à un mode de vibration d'une liaison chimique entre deux atomes, et si une liaison chimique est
caractéristique d'un constituant, elle peut être considérée comme un traceur de celui-ci.

En pratique, les interprétations s’appuient essentiellement sur des bibliothèques de spectres qui
sont particulièrement bien fournies et actualisées dans le domaine des produits organiques.

Les progrès techniques qui ont progressivement permis de pallier l’ensemble des défauts
rencontrés dans l'analyse des minéraux, notamment la mauvaise qualité des spectres obtenus
(sensibilité et résolution médiocres, etc.) a mené les chercheurs à l'utilisation de la transformer
de Fourier dans la conception du détecteur.

33
L'analyse par IRTF est devenue de plus en plus appliquée à la caractérisation des produits
organiques (solides, liquides ou gazeux) à l'aide des accessoires appropries et des minéraux.

Plus récemment, l'analyse par IRTF semble être la plus utilisée pour bien caractériser la lithiase
urinaire et Étudier leurs différentes phases de cristallisation.

Figure 7 : Schéma de fonctionnement d’un spectrophotomètre IRTF (Khaled, 2011).

34
4. METHODOLOGIE
4.1. Cadre de l’étude
La présente étude a été menée au Département de Médecine Traditionnelle (DMT) de l’Institut
National de Santé Publique (INSP) de Bamako. Elle a concerné aussi certains praticiens de
santé, partenaires du DMT. Il s’agit notamment de la pharmacopée KAMARA de Monsieur
Dramane KAMARA et de la pharmacie de la maternité de Dr Abdoulaye DOLO.

[Link]. Présentation du DMT


Le DMT est la structure technique du ministère de la santé chargée de la valorisation des
ressources de la médecine traditionnelle (MT). Il est situé à Sotuba dans la commune I sur la
rive gauche du District de Bamako.

Il a essentiellement deux objectifs :


o organiser le système de médecine traditionnelle pour assurer sa complémentarité avec
la médecine conventionnelle ;
o fabriquer des Médicaments Traditionnels Améliorés efficaces ayant un coût
relativement bas et dont l’innocuité est assurée.

Le DMT est composé de trois services :


o Service de l’ethnobotanique et de matières premières :
Il est chargé de la conception de l’herbier et des droguiers, de l’élaboration et de l’entretien du
jardin botanique (1 hectare à Bamako) ;

o Service des sciences pharmaceutiques :


Il réalise les études phytochimiques, pharmacologiques, toxicologiques des plantes utilisées en
médicine traditionnelle, mais s’occupe aussi de la production des Médicaments Traditionnels
Améliorés (MTA) en vente au Mali et du contrôle de qualité de la matière première et du produit
fini ;

o Service des sciences médicales :


Il comprend une unité de consultation et de dispensation des MTA et d’un laboratoire d’analyse
biologique. Le DMT est représenté au niveau régional par le Centre Régional de Médecine
Traditionnelle (CRMT), situé à Bandiagara dans la région de Mopti.

35
De nos jours le DMT a mis sur le marché local sept (07) MTA, inscrits sur la Liste Nationale
des Médicaments Essentiels (LNME) et dans le Formulaire Thérapeutique National (FTN).

Les résultats d’autres travaux de recherches sont en cours de valorisation par la mise sur le
marché de nouveaux MTA, utilisés dans la prise en charge de certaines maladies fréquentes
comme le paludisme, les hépatites, le diabète, la drépanocytose, les infections urinaires.

[Link]. Présentation de la Pharmacopée KAMARA


La pharmacopée KAMARA, sise à Sotuba en commune I du District de Bamako est une unité
de vente et de conditionnement de produits à base de poudre de plantes locales. Elle a été mise
en place par Monsieur KAMARA, infirmier d’Etat de formation ayant servi au DMT.

La pharmacopée KAMARA utilise des plantes locales pour la prise en charge de certaines
affections dont les lithiases urinaires.

[Link]. Présentation de la Pharmacie de la maternité de Dr Abdoulaye DOLO


Docteur Abdoulaye DOLO est détenteur d’un DEA en Biologie végétal et Doctorant en
Pharmacognosie. Il est le promoteur de « la pharmacie de la maternité », implantée à
Hamdallaye en commune 4 du District de Bamako. Il s’intéresse surtout aux plantes utilisées
dans les maladies cancéreuses pour lesquelles il collabore avec certains médecins dans la prise
en charge.

La pharmacie de la maternité possède en son sein entre autres, un bureau de consultation


traditionnelle et une unité de conditionnement de produits à base de poudres de plantes.

4.2. Méthodes
4.3.1. Recensement des plantes utilisées dans la prise en charge des calculs urinaires
Une première recherche bibliographique a été réalisée afin d’identifier les espèces végétales
utilisées dans la prise en charge des problèmes urinaires tels que les lithiases urinaires, les
calculs urinaires et les infections urinaires. Un premier tri a été effectué au sein de ces références
afin de sélectionner les espèces locales, utilisées dans la prise en charge des problèmes urinaires.

Nous avons consulté des livres, des thèses et des mémoires disponibles dans la bibliothèque du
DMT ; des articles scientifiques, les moteurs de recherches google, google schoolar et PubMed.

36
Les mots clés utilisés sont : Plantes médicinales ; Calculs urinaires ; Lithiases urinaires ;
Infections urinaires.

4.3.2. Collecte de données sur les principales plantes utilisées dans la prise en charge des
calculs urinaires
[Link]. Données bibliographiques
Sur la base des plantes médicinales recensées, une recherche systématique bibliographique
approfondie a été faite dans un deuxième temps pour sélectionner les plantes locales les plus
citées pour la prise en charge des calculs urinaires en tenant compte de leurs propriétés
litholytiques (dissoudre les calculs) et/ou diurétiques.
Une fréquence de citation ≥ 4 a été considérée comme plus citée.

[Link]. Données auprès des praticiens de santé, partenaires du DMT


Des informations ont été collectées auprès des tradipraticiens de santé, partenaires du DMT afin
d’obtenir une liste de plantes locales ou des recettes utilisées dans la prise en charge des calculs
urinaires. Cette collecte a été effectuée à travers des entretiens individuels qui ont porté sur les
noms de plantes locales utilisées ou l’utilisation de recette par ces partenaires chez des patients
souffrant de calculs urinaires.

Les données obtenues sur terrain ont permis de compléter la liste des principales plantes locales
utilisées pour la prise en charge des calculs urinaires au Mali.

La sélection a été basée sur les utilisations des espèces végétales dans la pratique et leur citation
commune par les deux (02) partenaires.

4.3.3. Organisation et analyses des données


Les données collectées ont été organisées pour sélectionner les espèces locales utilisées dans la
prise en charge des calculs urinaires.

Les données ont été saisies et analysées avec le logiciel Microsoft Excel version 16.

Les plantes les plus citées par les deux partenaires et selon les données bibliographiques ont été
retenues comme principales plantes locales pour la prise en charge des lithiases urinaires au
Mali.

37
Les monographies de ces espèces médicinales ont été rédigées en faisant ressortir les données
de qualité botanique, phytochimique, d’efficacité, les données ethnomédicales,
pharmacologiques et de sécurité selon le plan suivant :
• Synonymes des plantes.
• Classification.
• Noms vernaculaires.
• Description botanique.
• Répartition géographique.
• Usages traditionnels et autres utilisations.
• Données chimiques.
• Données pharmacologiques.
• Données toxicologiques.

38
5. RESULTATS
Les résultats concernent les plantes utilisées dans la prise en charge des calculs urinaires.
Les données bibliographiques sur les principales plantes utilisées, notamment les
monographies et des propositions de MTA pour la prise en charge de la lithiase urinaire au
Mali.

5.1. Plantes médicinales recensées pour la prise en charge des calculs urinaires
5.1.1. Plantes citées dans les travaux antérieurs
Les principales plantes citées dans la littérature sont consignées dans le tableau IV.

Tableau IV : Liste de plantes citées dans la littérature pour la prise en charge des lithiases
urinaires (Pousset, 1989 ; Guillot, 1989 ; Singh et al. 2009 ; Khaled, 2011 ; Okuyama et al.,
2005 ; Marquet et Jansen, 2005 ; Meiouet et al., 2011 ; George et al., 2013 ; Khouchlaa et al.,
2017 ; Ghețe et al., 2018 ; Elhassan et al., 2019 ; Cissé et al., 2019 ; Udobang et al., 2019).

N° Plantes et organes Mode d’utilisation Indications et/ou Citation Quelques


propriétés Références

1 Zea Mays L. Infusion (2 g/100 mL Litholytique 13 Meiouet et al.,


(Stigmates). de NaCl (9 g/L) ou (dissolution complète 2011
Nom français : maïs. décoction. de calcul urinaire) et
diurétique.
2 Citrus limon L. Décoction, infusion, Litholytique 5 Khouchlaa et al.,
(Fruit + feuilles). macération, nature, (dissolution complète 2017
Nom français : citron. Jus. de calcul urinaire).
3 Petroselinum sativum Décoction, infusion, Diurétique. 4 Walid et al.,
H. (Tige feuillée et la macération, nature. 2016
graine).
Nom français : persil.
4 Apium graveolens L. Décoction, infusion, Diurétique 4 Ghourri et al.,
(Graine et tige feuillée). macération, nature. 2013
Nom français : céleri.
5 Chrysanthellum Décoction Lithiases urinaires 4 Cissé et al., 2019
americanum L. (litholytique),
(Plante entière). infections urinaires.

39
Nom français :
camomille d'or ou herbe
aux fleurs d'or.
6 Herniaria hirsuta L. Décoction. Litholytique 3 Meiouet et al.,
(Plante entière). (dissolution complète 2011
Nom français : herniaire de calcul urinaire).
7 Punica granatum L. Décoction, infusion, Diurétique 3 Khouchlaa et al.,
(Fruit/écorces de fruits). macération, nature. 2017
Nom français :
grenadier.
8 Allium sativum L. Décoction. Diurétique 3 Ghourri et al.,
(Bulbe). 2013
Nom français : ail.
9 Cynodon dactylon L. Décoction. Diurétique 3 Ghourri et al.,
Pers (Rhizome). 2013
Nom français :
chiendent.
10 Citrullus lanatus T. Décoction, infusion, Diurétique 2 Khouchlaa et al.,
(Graines) macération, nature. 2017
Nom Français :
pastèque.
11 Saccharum officinarum Décoction, infusion, Diurétique 2 Khouchlaa et al.,
L. macération, nature. 2017
(Plante entière, tige).
Nom français : canne à
sucre.
12 Zingiber officinale R. Décoction ou Diurétique. 2 Khouchlaa et al.,
(Rhizome). macération à l’eau. 2017
Nom français :
gingembre
13 Allium cepa L. (Bulbe) Décoction. Diurétique 2 Ghourri et al.,
2013
14 Foeniculum vulgare M. Infusion. Diurétique. 2 Ghourri et al.,
(Graine). 2013
Nom français : fenouil

40
15 Crocus sativus L. Décoction. Diurétique 2 Ghourri et al.,
(Stigmates). 2013
Nom français : safran.
16 Rosmarinus officinalis L Décoction. Diurétique 2 Ghourri et al.,
(Feuilles). 2013
Nom français : romarin
17 Cinnamomum verum J.P. Poudre. Diurétique 2 Ghourri et al.,
(Ecorce). 2013
Nom français : cannelle
18 Glycyrrhiza glabra L. Décoction. Diurétique 2 Elhassan et al.,
(Racine). 2019
Nom français : réglisse.
19 Linum usitatissimum L. Décoction. Diurétique 2 Ghourri et al.,
(Graine). 2013
Nom français : lin
20 Olea europaea L. Brute. Diurétique 2 Ghourri et al.,
(Fruit). 2013
Nom français : olivier.
21 Hordeum vulgare L. Décoction. Diurétique 2 Ghourri et al.,
(Graines). 2013
Nom français : orge.
22 Ziziphus lotus L. (fruit). Décoction ou Diurétique 2 Ghourri et al.,
Nom français : jujubier. l’infusion. 2013

23 Atriplex halimus L. Décoction. Diurétique 2 Ghourri et al.,


(Feuilles). 2013
Nom de
français : pourpier de
mer.
24 Anastatica Décoction. Diurétique 2 Ghourri et al.,
hierochuntica L. (Tige 2013
feuillée).
Nom français : rose de
Jéricho.
25 Ranunculus muricatus L. Décoction. Diurétique 2 Elhassan et al.,
(Racine). 2019

41
Nom français :
Renoncule muriquée.

26 Euphorbia falcata L. Décoction. Diurétique 2 Elhassan et al.,


(Plante entière). 2019
Nom français : euphorbe
en faux.
27 Petroselinum Décoction Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
crispum M.F. (Tige 2017
feuillée).
28 Prunus cerasus L. Décoction. Diurétique. 1 Khouchlaa et al.,
(fruit). 2017
Nom français : cerisier.
29 Aloe vera L. (gel). Gel mélangé avec du Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
Nom français : Aloe jus d’orange. 2017
vera.
30 Raphanus sativus L. Graine râpée, puis Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
(graine). mélangée avec un peu 2017
Nom français : radis. de jus de citron.
31 Taraxacum officinalis Infusion. Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
W. (feuilles). 2017
Nom français : pissenlit.
32 Anthemis nobilis L. (tige, Décoction Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
feuille, fleur). 2017
Nom français :
Camomille.
33 Coriandrum sativum L. décoction Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
(feuilles et tiges). 2017
Nom français :
coriandre.
34 Mentha longifolia Infusion. Diurétique 1 Khaled, 2011
(Plante entière).
Nom français : menthe.
35 Laurus nobilis L. Infusion. Diurétique. 1 Khouchlaa et al.,
(Feuilles). 2017
Nom français : laurier.

42
36 Allium porum L. (bulbe). Décoction. Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
Nom français : poireau. 2017
37 Pistacia atlantica D. Décoction. Diurétique 1 Elhassan et al.,
(Graine). 2019
Nom français :
Pistachier de l’Atlas.
38 Ammodaucus Décoction. Diurétique 1 Elhassan et al.,
leucotrichus C.D. 2019
(Graine).
Nom français : cumin
velu.
39 Daucus carota L. Décoction. Diurétique 1 Elhassan et al.,
(Graine). 2019
Nom français : carotte
sauvage.
40 Phoenix dactylifera L. Décoction. Diurétique 1 Elhassan et al.,
(Fruits). 2019
Nom français : palmier.
41 Lepidium sativum L. Brute. Diurétique 1 Elhassan et al.,
(Graine). 2019
Nom français : cresson
alénois.
42 Opuntia ficus-indica Poudre. Diurétique 1 Elhassan et al.,
L.M. (Fleurs). 2019
Nom français : figuier de
Barbarie.
43 Cistus populifolius L. Décoction. Diurétique 1 Elhassan et al.,
(Graine). 2019
Nom français : Ciste à
feuilles de peuplier.
44 Capparis spinosa L. Poudre. Diurétique 1 Elhassan et al.,
(Fruits). 2019
Nom français : câprier.
45 Asteriscus graveolens Décoction. Diurétique 1 Elhassan et al.,
F.L. (Fleurs). 2019

43
46 Cicer arietinum L. Décoction Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
(fruit). 2017
Nom français : pois
chiche.
47 Trigonella foenum- Macération à l’eau. Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
graecum L. (graine). 2017
Nom français : fenugrec.
48 Origanum compactum Décoction. Diurétique 1 Elhassan et al.,
B. (Feuilles). 2019
49 Ocimum basilicum L. Décoction. Diurétique 1 Elhassan et al.,
(Partie aérienne). 2019
nom français : basilic.
50 Medicago sativa L. Décoction. Diurétique 1 Elhassan et al.,
(Graine). 2019
Nom français : luzerne
ou Alfalfa.
51 Ononis natrix L. (Tige Décoction Diurétique 1 Elhassan et al.,
feuillée). 2019
Nom français : épithète
natrix.
52 Myristica fragrans H. Décoction. Diurétique 1 Elhassan et al.,
(Noix). 2019
Nom français : muscade.
53 Syzygium aromaticum Décoction. Diurétique 1 Elhassan et al.,
L.M. & L.M.P.L 2019
Nom français : giroflier
(clous).
54 Nigella sativa L. Poudre. Diurétique 1 Elhassan et al.,
(Graines). 2019
Nom français : nigelle.
55 Papaver rhoeas L. Décoction. Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
(feuilles). 2017
Nom français :
coquelicot.
56 Urtica urens L. (Plante Décoction Diurétique 1 Elhassan et al.,
entière). 2019

44
Nom français :
petite ortie.
57 Camellia sinensis L.K. Décoction Diurétique 1 Elhassan et al.,
(Feuilles). 2019
Nom français : théier.
58 Vitis vinifera L. (Fruit). Décoction Diurétique 1 Elhassan et al.,
Nom français : vigne. 2019
59 Caralluma europaea G. Suc dans du lait. Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
(suc). 2017
Nom français : carallum
d’Europe.
60 Artemisia herba-alba L. Décoction Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
(graine). 2017
Nom français : armoise
blanche.
61 Mercurialis annua L. (: Décoction. Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
feuilles et tiges). 2017
Nom français :
mercuriale annuelle.
62 Juncus acutus L. Décoction (en Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
(graines). association avec du 2017
Nom français : jonc. persil).
63 Malus pumila M. (écorce Décoction Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
du fruit). 2017
Nom français : pomme
domestique.
64 Thymeleae lythroides Décoction. Diurétique 1 Khouchlaa et al.,
B.M. (feuilles). 2017
Nom français :
passerine.
65 Triticum aestivum L. Infusion Inhibition de la 1 Khaled, 2011
(son). croissance des
Nom français : blé. cristaux
66 Matricaria chamomilla Macération Inhibition de la 1 Khaled, 2011
L. croissance des
(partie aérienne). cristaux.

45
Nom français :
Chamomile.
67 Juniperus phoeniceae L. Infusion Lithiase urinaire 1 Khaled, 2011
(feuilles).
Nom français : genévrier
de Phénicie.
68 Combretum glutinosum Décoction ou Diurétique 1 Pousset, 1989
P. ex. DC. (feuilles, l'infusion
écorces, fruits).
Nom français : Bois
d'éléphant, chigommier.

Sur soixante-huit (68) plantes citées dans la littérature, cinq (05) espèces végétales locales sont
les plus citées. Il s’agit de Zea mays (maïs) citée 13 fois, Citrus limon (citron) 5 fois et
Petroselinum sativum (persil), Apium graveolens (céleri), Chrysanthellum americanum L (camomille
d'or) citées chacune 4 fois.

Des données d’études expérimentales in vivo d’activité antilithiasique de certaines plantes


médicinales ont été rapportées (Khaled, 2011).
Les différentes espèces végétales concernées sont consignées dans le tableau V.

Tableau V : Plantes étudiées dans un système in vivo (Khaled, 2011).


N° Plante utilisée Famille Partie Type Modèle
utilisée d’extrait animal
expérimental
1 Eysenhardtia polystachya Leguminosae Ecorce Aqueux Rats de Wistar
2 Ammi visnga L. Apiaceae Fruits Aqueux Sprague-
Graines Dawley Rats
mâles Wistar
albinos.
3 Hibiscus sabdariffa L. Malvaceae Calice Aqueux Humain
4 Paronychia argentea L. Illecebraceae Partie Aqueux Rats Wistar
aérienne Butanolique

46
5 Plectranthus amboinicus L. Lamiaceae Feuilles Aqueux Rats d’albinos
Wistar mâles
adultes
6 Phyllanthus niruri L. Euphorbiaceae Plante Aqueux Rats de wistar
entière mâles adulte
7 Costus spiralis J. zingiberaceae Plante Aqueux Rats femelles
entière
8 Aerva lanata L. Amarantaceae Feuilles Aqueux Rats mâles
d’albinos
9 Moringa oleifera L. Moringaceae Racines Aqueux Souris wistar
Alcoolique albinos
10 Herniaria hirsuta Caryophylaceae Rhizome Aqueux Rats mâles
wistar
11 Agropyron repens L. Gramineae Rhizome Aqueux Rats males
wistar
12 Quercus salicina Blume L. Fagaceae Feuilles Aqueux Rats sprague-
dawly
masculins
13 Quercus stenophylla Makino L. Fagaceae Feuilles Aqueux Rats sprague-
dawly
masculins
14 Sesbania grandiflora Leguminosae Feuilles Aqueux Rats mâles
d’albino
wistar.

Quatorze (14) espèces végétales dont deux (02) locales (Hibiscus sabdariffa, Moringa oleifera)
ont été testées in vivo pour leurs activités antilithiasiques.

Au total quatre-vingt-deux (81) espèces végétales ont été recensées à partir des données
bibliographiques pour la prise en charge des lithiases urinaires. Parmi celles-ci cinq (05) locales
sont les plus citées et deux (02) autres locales ont été étudiées in vivo d’activité antilithiasique.

47
5.1.2. Plantes citées par les praticiens de santé, partenaires du DMT
Monsieur CAMARA et Docteur DOLO, ont chacun donné des informations sur certaines
plantes qu’ils utilisent chez leurs patients souffrant de lithiase urinaire (tableau VI).

Tableau VI : Liste de plantes citées par les partenaires pour la prise en charge des lithiases
urinaires.

Partenaires Noms scientifiques Drogues Noms vernaculaires Numéros


(Bambara) d’herbier/DMT
Docteur Combretum glutinosum P. Feuilles Thiangradjè 2465/DMT
DOLO Ex. DC.
Chrysanthelum Plante entière Toritégué 806/DMT
americanum L.
Zea mays L. Barbe, fruit Kabadachi
Fluggea virosa R ex. W. Feuilles, racine Colonidjé 2215/DMT
Phyllantus amarus S.T. Plante entière Dendakola 2517/DMT
Adasonia digitata L. Fruit, écorces et Siraba 0133/DMT
racines
Monsieur Combretum glutinosum P. Feuilles Thiangradjè 2465/DMT
KAMARA Ex. DC.
Chrysanthelum Plante entière Toritégué 806/DMT
americanum L.
Zea mays L. Barbe, fruit Kabadachi
Citrus medica L. Fruit, jus Lomouroukoumouni
Stercula setigera D. Écorce Konkozira 2329/DMT

Sur huit (08) plantes locales citées par les partenaires du DMT, trois (03) sont communs. Il
s’agit de : Zea mays, Chysanthelum americanum, Combretum glutinosum.

48
5.1.3. Principales plantes locales retenues
Au regard des plantes citées par les partenaires du DMT et au vu des plantes retrouvées dans la
littérature (tableaux IV et VI), trois (03) espèces locales ont été sélectionnées. Il s’agit de :
Combretum glutinosum (diurétique), Chysanthelum americanum (litholytique), Zea mays
(litholytique) comme principales plantes locales pour la prise en charge des lithiases urinaires
au Mali. L’action diurétique nécessite des études approfondies notamment sur le mécanisme
d’action surtout thiazidique, bénéfique sur l’hypercalciurie.
L’utilisation de ces espèces dans les lithiases urinaires sont aussi rapportées dans la littérature
(Pousset, 1989 ; Guillot, 1989 ; Khaled, 2011 ; Marquet et Jansen, 2005 ; Khouchlaa et al.,
2017 ; Elhassan et al., 2019 ; Cissé et al., 2019).

➢ Forme d’utilisation des principales plantes retenues


Selon les données de la littérature, les différents organes des principales plantes retenues sont
pulvérisées en poudre grossière et utilisées sous forme de tisane (infusion ou décoction)
(Pousset, 1989 ; Marquet et Jansen, 2005 ; Cissé et al., 2019).

Les monographies des trois (03) espèces locales retenues pour la prise en charge des lithiases
urinaires ont été rédigées pour relever les données de qualité, d’efficacité et de sécurité selon
les travaux antérieurs.

49
5.2. Monographies des principales plantes locales pour la prise en charge des lithiases
urinaires

5.2.1. Chrysanthellum americanum (L.) Vatke, Asteraceae

[Link]. Synonymes ([Link] ; Pousset, 1989 ; Cissé et al., 2019) :


o Chrysanthellum indicum DC.
o Chrysanthellum afroamericanum B.L. Turner.

[Link]. Classification botanique ([Link])


o Règne : Plantae.
o Division : Magnoliophyta.
o Classe : Magnoliopsida.
o Ordre : Asterales.
o Famille : Asteraceae.
o Genre : Chrysanthellum.
o Espèce : americanum.

[Link]. Noms courants


Noms vernaculaires ([Link])
o Burkina Faso : Mooré : wan tugdo/kaan-nao/sileg-nagnessé.
o Mali : Bambara : toritèguè.
Noms Français ([Link])
o Camomille d'or, herbe aux fleurs d'or.

[Link]. Description botanique


Chrysanthellum vient du grec "chrysos" qui signifie "or" et "anthos", "fleur". C’est une plante
herbacée et aromatique plus ou moins dressée, atteignant jusqu’à 30 cm de hauteur, à tiges
grêles, de section ronde, portant des feuilles, alternes, généralement pennatilobées. Le contour
général du limbe est triangulaire, de 3 cm à 5 cm de long et d'une largeur équivalente. Les lobes
sont mucronés au sommet et chacun porte une nervure médiane. Le pétiole varie de 2 cm à plus
de 4 cm. Les inflorescences sont des capitules jaune vif, axillaires et terminaux, de 3 mm à 5
mm de diamètre à la floraison et pouvant atteindre 8 mm à 10 mm à maturité. Les fleurs
tubuleuses, nombreuses, possèdent 5 lobes égaux ; les fleurs (8 à 12) sont des capitules jaunes

50
disposés au sommet des tiges ou à l’aisselle des feuilles avec un long pédoncule, les étamines
(5) sont insérées sur le tube de la corolle. Le fruit est un akène aplati, élargis en leur sommet et
entourés d’une aile verdâtre. (Ferrara, 2013 ; Cissé et al., 2019 ; [Link] ;
[Link] ; [Link]).

[Link]. Répartition géographique


Originaire du Pérou et de la Bolivie, Chrysanthellum americanum a été introduite en Afrique
dans un passé récent. L’espèce est largement répandue dans toute l’Afrique tropicale (Sénégal
au Nigéria), bien que peu fréquente en bordure de mer. On la rencontre le long des chemins et
des points d’eau généralement peu profonds (Pousset, 1989 ; Ferrara, 2013).

Au Mali, c’est une plante saisonnière (rare), qui pousse notamment au niveau des points d’eau.
Elle est retrouvée notamment dans la partie sud (Sikasso) et au centre (Koulikoro) du pays
(Cissé et al., 2019).
La figure 8 montre une image de la plante.

Figure 8 : Photo de Chrysanthellum americanum ([Link]).

51
[Link]. Usages traditionnels
En médecine traditionnelle, Chrysanthellum africanum est employée dans divers troubles
gastro-intestinaux et en décoction, bains de bouche pour calmer les maux de dents et en lavage
de tête en cas de migraine (Pousset, 1989).

Dans certaines régions du monde (Asie, Amérique, Afrique), Chrysanthellum americanum est
une plante médicinale, largement utilisée en médecine traditionnelle dans la prise en charge de
nombreuses affections comme la lithiase biliaire, les pathologies hépatiques (ictère, cirrhose),
la chimiothérapie, éthylisme (cure de désintoxication alcoolique), les affections vasculaires
artérielles et veineuses (artérite des membres inférieurs, maladie de Raynaud, lourdeur des
membres inférieurs, varices, hémorroïdes, les troubles oculaires d'origine vasculaire comme les
rétinopathies, surcharge métabolique, hypertriglycéridémie, hyper-cholestérolémie, lithiase
salivaire) ([Link]).
Les indiens des Andes l'utilisaient dans le traitement des troubles gastro-duodénaux, les fièvres
et les migraines ([Link]).
Dans la médecine traditionnelle cubaine, la plante est utilisée dans la prise en charge des
douleurs gastro-intestinales, le rhumatisme, les affections rénales (difficultés et infections
urinaires) ; pour renforcer et augmenter la croissance des cheveux et comme fortifiant (Ferrara,
2013).

En Afrique, la plante est connue comme cicatrisante et pour traiter les entérocolites, la fièvre,
les calculs rénaux (Cameroun, Burkina Faso), les hépatites (Nigeria), les jaunisses (Congo) et
pour les problèmes de cœur au Ghana où elle est appelée « feuille pour le cœur » ([Link]-
[Link] ; [Link]).
Dans la région de Bulamogi, en Ouganda, l’infusion de la plante entière est préconisée dans le
soin des jaunisses, la poudre pour les douleurs de l’utérus et la syphilis (Tabuti et al., 2003).
Au Burkina Faso, une étude ethnobotanique a montré l’utilisation de la décoction de tiges
feuillées pour soigner les varices et les œdèmes chez la femme enceinte et le paludisme
([Link]).

Au Mali, Chrysanthellum americanum est notamment utilisée contre les hémorroïdes, les
inflammations des jambes et les difficultés urinaires (Cissé et al., 2019).

52
Recette traditionnelle
Dans le livre « Plantes médicinales africaines : « Utilisation pratique » du Professeur Pousset
(1989), il existe une recette :
Indications : calculs biliaires et rénaux ; varices, hémorroïdes.
Mode d’utilisation : Faire une décoction de 12 grammes de plante sèche dans un demi-litre
d’eau et boire par verres dans une journée.

[Link]. Données précliniques


[Link].1. Données phytochimiques
Chrysanthellum americanum a fait l’objet de nombreux travaux de criblage phytochimiques
qui ont permis de caractériser et isoler ses principaux constituants chimiques. La drogue est
constituée de la plante entière. Deux sortes de dérivés majeurs ont été isolés, des saponosides
et des flavonoïdes (Pousset, 1989).

Les équipes de Brasseur (1987) et de Darimont (1989) ont identifié la rutine et la


flavonomaréine.

L’analyse chimique de l’extrait de la plante entière en milieu polaire (éthanol), suivi d’un lavage
avec un solvant non polaire (chloroforme) a permis d’isoler des saponosides triterpéniques
(chrysanthelline A, chrysanthelline B), tanins ; alcaloïdes, flavonoïdes rares (maritimétine,
maréine, dérivés d'aurone, de chalcone et de flavonone), dérivés de l’acide échinocystique et de
la caulophyllogénine, la glucosyl-7-isookanine, le glucosyl-7-ériodictyol, la maréine,
maritiméine, apigénine, les acides caféique, chlorogéniques et isochlorogéniques (Ferrara,
2013).

Des triterpènes et des stéroïdes ont été isolés des extraits hexanique et méthanolique de la plante
entière. L’extrait hexanique était riche en stigmastérol et en acide oléanique (Adelakun, 1997).
L’analyse phytochimique d’un extrait aqueux de la plante entière a révélé la présence, en plus
de flavonoïdes, de glucosides, tanins, alcaloïdes (Amos et al., 2002).

Des données analytiques ont révélé dans des extraits totaux de la plante entière une teneur en
protéines suffisamment élevée et la présence de pas moins de quinze acides aminés dont valine,
leucine et isoleucine à chaîne ramifiée de haute valeur biologique (Ferrata, 2013).

53
Des échantillons de plante entière, récoltées au Mali (Koulikoro) étaient riches en flavonoïdes,
tanins, saponosides, sucres réducteurs, mucilages, stéroïdes, triterpènes et certains minéraux :
Na (4,135 ; 3,884 mg/L) ; K (17,622 mg/L), Mg (7,530 mg/L), Ca (13,319 ; 43,065 mg/L), Fe
(8,582 ; 6,029 mg/L) (Cissé et al., 2019).
Les structures et formules chimiques de quelques composés sont représentées par la figure 9.

OH
H OH

HO

HO

Figure 9a : Acide 3 beta, 16 alpha, 23-trihydroxy-olean-12-en-28-oique ou


Calophyllogénine
(partie aglycone de la Chrysantelline B, un triterpène)

HO

OH
HO

O
Figure 9b : Acide caféique

54
O
OH

HO
O OH

HO OH O OH

Figure 9c : Acide 3-[[3-(3,4-dihydroxyphenyl)-1-oxo-2-propenyl]oxy]-


1,4,5trihydroxycyclohexane carboxylique (Acide chlorogénique)

Figure 9 : Structures et formules de quelques groupes de composés isolés de Chrysanthellum


americanum (Ferrara, 2013).

55
[Link].2. Données pharmacologiques
L'étude pharmacologique porte essentiellement sur trois pôles d'action : l'activité hépatotrope,
l'action hypolipémiante et les propriétés vasculotropes de la plante (Pousset, 1989).
Chrysanthellum americanum est reconnu pour les propriétés pharmacologiques suivantes :
hépato-protectrice, anti-lithiasique biliaire, salivaire, rénal, cholérétique, hypolipémiante
comme hypocholestérolémiante et hypo-triglycéridémiante, protectrice pancréatique, anti-
inflammatoire, anti-œdémateuse, vitaminique p (améliore la microcirculation), angioprotecteur,
antioxydant ([Link]).

Au Mali, une enquête ethnobotanique a montré que l’espèce locale est utilisée pour ses
propriétés veinoprotecteurs, antianémiques, et antibactériennes (Cissé et al., 2019).
Ces propriétés pourraient être dues aux principaux constituants bioactifs de la plante (Amos et
al., 2002).

Chrysanthellum americanum a fait l’objet de nombreuses investigations pharmacologiques qui


ont permis de relever des données précliniques (in vitro) et cliniques (in vivo).

Chrysanthellum indicum a fait l’objet de Brevet Américain. En effet, une préparation


cosmétique à base d’extrait de la plante à faible concentration (entre 0,0001 % à 0,1 % d’extrait
sec) est préconisée dans la prévention et le traitement de la cellulite (Vacher et al., 1998).
Un extrait de la plante entière pilée et traitée avec un solvant polaire (éthanol), soumis à un
lavage avec un solvant non polaire (CH2Cl2) a donné un produit présentant une activité dans le
traitement des lithiases, des artérites et insuffisances veineuses des membres inférieurs (Guillot,
1989).

L’analyse phytochimique dans les extraits de la plante entière de flavonoïdes, de tanins,


d’alcaloïdes biologiquement actives peuvent être bénéfiques dans la prise en charge de douleurs
et d’inflammations ; la richesse en constituants triterpéniques, dont le principal est une saponine
triterpénique dérivée de l’acide échinocystique sont en faveur des propriétés analgésiques, anti-
inflammatoires, antiulcéreuses et vasculotrope ; l’extrait aqueux de la plante entière a présenté
une importante activité anti-inflammatoire dose dépendante chez des souris (Amos et al., 2002).
Une étude menée sur un modèle expérimental de rat a montré que l’extrait aqueux provoque
une contraction musculaire sur la veine portale par mobilisation du calcium extracellulaire
(Amos et al., 2003).

56
Des données obtenues dans la colibacillose chronique, les cirrhoses, les pancréatites chroniques
et les intoxications alcooliques ont démontré des propriétés hépatoprotectrices (Honore-Thorez,
1985).

La maréine, maritiméine et flavonomaréine, flavonoïdes extraits de la plante, inhibent la


peroxydation lipidique par compétition avec les lipides (Darimont et al., 1989). L’effet
antiradicalaire de différents extraits est proportionnel au taux de flavonoïdes dont la rutine, la
7-glucosyl-lutéoline, le 7-glucosyl-ériodictyol, la 7-glucosyl-isookanine, la maréine et la
maritiméine (Brasseur et al., 1987).

Au Burkina Faso, l’équipe de Guenné (2019) a démontré une réduction du nombre de cellules
nécrotiques induites par le CCl4. Cette action bénéfique a été confirmée par la réduction des
transaminases sériques et du malondialdéhyde (22.68 ±0,68 mmoL/ g de poids du foie).

[Link].3. Données toxicologiques


La DL50 intra péritonéale chez la souris a été évaluée à 282,2 mg/kg (Amos et al., 2002).
Une étude préliminaire auprès des phytothérapeutes de la région centrale du Burkina Faso a
montré que l'extrait brut aqueux de Chrysanthellum americanum avait une très faible toxicité
aiguë par voie orale mais, a donné une toxicité élevée en voie intrapéritonéale avec un DL50 de
175 mg / kg de poids corporel (Guenné et al., 2019).

[Link]. Données cliniques


Une étude clinique a été menée sur les effets d’un extrait de la plante entière (extrait à l’éthanol
soumis à un lavage au chloroforme) sur le taux de cholestérol sanguin. Chez les patients traités
par 300 mg de l’extrait par jour, le niveau de cholestérol a diminué en moyenne de 17 % et les
triglycérides de 56 % (Guillot, 1989).

L’effet de 1,5 à 2 g d’extrait aqueux de la plante entière sur la diminution du taux d’alcool
sanguin est démontré. Une étude clinique portant sur 246 patients a démontré l’efficacité et la
bonne tolérance d’une préparation topique à base d’extrait de plante entière dans l’amélioration
de la rosacée et de ses symptômes (érythème). Son action a été attribuée à la combinaison des
acides phénylpropénoïques, des flavonoïdes et des saponosides, réputés agir sur la perméabilité
vasculaire et augmenter les résistances capillaires (Rigopoulos et al., 2005).

57
5.2.2. Combretum glutinosum Perr. Ex DC, Combretaceae

[Link]. Synonymes (Arbonnier, 2004)


o Combretum hypopilinum. Diels
o Combretum passargei Engl. Et Diels.
o Combretum leonense Engl. Et Diels.

[Link]. Classification (Arbonnier, 2004)


o Règne : Végétal.
o Embranchement : Spermatophytes.
o Classe : Dicotylédones.
o Ordre : Myrtales.
o Famille : Combretaceae.
o Genre : Combretum.
o Espèce : glutinosum.

[Link]. Noms courants


Noms vernaculaires (Pousset, 1989)
o Niger : Haoussa (Taramnia) ; Djerma (Kokorbé) ; Peulh (Buski, Dooki) ; Tamashek
(Akalafa).
o Sénégal : Wolof (Rat).
o Mali : Bambara (Tiangara) ; Peulh (Dokï) ; Buwan (Intianon) ; Mamaalan (Kogolo,
Kagala), Soninké (Tahé).
Noms français (Marquet et Jansen, 2005)
o Bois d'éléphant, chigommier.

[Link]. Description botanique (Pousset, 1989 ; Arbonnier, 2009)


Combretum glutinosum est un arbre ou arbuste buissonnant, à fût généralement tortueux et bas
bronchu, de 8-10(-12) m de haut, à cime arrondie et ouverte. L’écorce est rugueuse, fissurée en
surface, à tranche rouge à orange. Le Rameau est velouté à tomenteux, grisâtre. Les jeunes
feuilles sont collantes dans l’ouest de son aire. Les feuilles sont opposées, verticillées par trois
ou parfois subopposées, de forme et dimensions variables, coriaces, glauques à grisâtres et plus
ou moins densément pubescents dessous (pubescence toujours visible à la loupe). Le limbe est
elliptique, ovale ou obovale, à bords parfois ondulés, à sommet plus ou moins pointu ou apiculé,

58
parfois échancré, mucroné, à base arrondie, en coin ou parfois échancrée, de 9-18 x 4-8 cm. le
pétiole est tomenteux, de 5-10 cm de long. La nervation est pennée, saillante sur les deux faces,
à (7-)8-12(-15) paires de nervures secondaires pubescents se raccordant vers le sommet. Les
nervilles sont réticulées et tomenteuses. L’inflorescence est un racème spiciforme, axillaire,
généralement plus ou moins tomenteux, d'environ 4-5 cm de long. La fleur est jaune verdâtre à
jaune pâle, de 2,5-3 mm de diamètre, à 4 pétales. Le fruit est une samare elliptique à 4 ailes
jaunâtres devenant brunes à maturité, échancrée à la base et au sommet, de 2,5-4 x 1,5-3 cm,
glabre ou courtement pubescente, plus ou moins collante (surtout au centre), rougeâtre devenant
beige ou jaunâtre à maturité. La floraison se passe en saison sèche et dépend des feux de
brousse. Plus les feux sont précoces plus la floraison est précoce.

Figure 10 : Photo de Combretum glotinosum ([Link]).

59
[Link]. Répartition géographique et habitat (Pousset, 1989 ; Arbonnier, 2009 ;
Marquet et Jansen, 2005)
Combretum glutinosum est une plante des zones sahéliennes, savanes et forêts claires
soudaniennes et guinéennes, sur tous types de sol et résistante à la sécheresse.
Dans certaines régions du monde, elle est répandue, souvent abondante et grégaire.
Dans la région ouest-africaine, elle s’étend du Sénégal au Cameroun, jusqu’au Soudan.

[Link]. Usages traditionnels


Combretum glutinosum est une des espèces les plus prescrites en médecine traditionnelle. Elle
est utilisée sous forme de tisane dans la prise en charge de nombreuses affections et certaines
ont reçues une validation scientifique. Elle est notamment utilisée contre l’anémie, la gastrite
infantile, la conjonctivite, les hémorroïdes, les affections hépato-biliaires, l’hématurie, les
vomissements, la toux, la bronchite, le coryza (rhume), la constipation, les coliques, l’anorexie,
le paludisme, la céphalée, les plaies et blessures (Arbonnier, 2009).
Les feuilles sont utilisées pour leurs propriétés diurétiques, dépuratives et cholagogues,
expetorantes et laxatives (Pousset, 1989 ; Arbonnier, 2009). Les feuilles vertes sont utilisées
pour traiter la syphilis et les plaies ; les racines en association pour soigner la blennorragie, les
maux de ventre et seules contre les vers intestinaux, la toux, la syncope ; les racines et les
rameaux comme antihelminthiques et contre les coliques ; les écorces comme asthénie
sexuelle et les rameaux sont des aphrodisiaques (Arbonnier, 2009).

En Afrique, la décoction ou l'infusion de feuilles, d'écorces ou de fruits est très appréciée,


principalement pour traiter les affections urinaires, hépatiques et rénales, mais aussi toutes
sortes de problèmes respiratoires, fièvres, affections intestinales et pour nettoyer plaies ; les
feuilles ou l'écorce broyées ou séchées en poudre sont utilisées comme pansement sur les plaies
(Marquet et Jansen, 2005). La plante est utilisée dans le traitement de la malaria,
la dysenterie, la diarrhée, la bronchite et l'hypertension (Toklo et al., 2021).
En Namibie, les peuples Mububu et Muzwili utilisent les feuilles sous forme de décoction ou
en fumigation contre la diarrhée et le paludisme (Hedimb et Chinsembu, 2010).

Au Soudan, les feuilles de Combretum glutinosum sont utilisées traditionnellement depuis de


nombreuses années dans le traitement de la malaria, des maux de tête, hémorragies, et utilisées
comme diurétique (Awad, 2015).

60
Dans la médecine traditionnelle guinéenne, Combretum glutinosum est largement utilisée dans
le traitement de diverses maladies telles que le diabète et le cancer (Balde et al., 2019).
Au Sénégal, la gomme de l'écorce est utilisée pour remplir la cavité d'une dent cariée ; les jeunes
rameaux et les racines sont utilisés comme des aphrodisiaques.
Au Nigeria, la fumée du bois est utilisée pour la fumigation.

Au Mali, le peuple mamaala utilise la décoction de feuilles dans les bains et contre la fatigue
générale (Marquet et Jansen, 2005). Certains tradipraticiens de santé, utilisent les feuilles dans
des recettes pour soigner les problèmes de calculs urinaires.

Autres utilisations
Les feuilles rentrent dans l’alimentation des ruminants ; les racines sont utilisées pour soigner
la bronchite, la toux et pneumonie du bétail ; les fleurs sont utilisées dans l’apiculture ; les
feuilles, les écorces et surtout la racine sont utilisées sous forme de cendres pour la teinture
artisanale (Pousset, 1989).

En Afrique de l'Ouest, notamment du Sénégal à la Côte d'Ivoire, les feuilles, les tiges et l’écorce
des racines de Combretum glutinosum, récoltées dans la nature, sont des sources importantes
de colorants jaunes à jaune brunâtre pour les textiles en coton.
Au Burkina Faso, Bénin et au Nigeria, ces teintures sont également utilisées pour teindre le cuir
et les nattes en fibres végétales diverses.
Du Sénégal au Nigéria, Combretum glutinosum est également utilisée dans la teinture à
l'indigo ; la cendre de bois est particulièrement appréciée pour maintenir la cuve à indigo au pH
alcalin optimal.

Au Mali, Combretum glutinosum est principalement utilisée dans la préparation des textiles de
renommée internationale « bogolan » (tissu de boue) en association avec d'autres plantes riches
en tanins (Marquet et Jansen, 2005).

61
Recette traditionnelle (Pousset, 1989)
Dans le livre « Plantes médicinales africaines : « Utilisation pratique » du Professeur Pousset
(1989), il existe une recette :
Indications :
Diurétique – Hypotenseur
Boire une décoction de 30 grammes par litre et par jour de feuilles. Vérifier la diminution du
poids et de la tension.
Toux
Boire le même décocté après y avoir ajouté du sucre par cuillérée à soupe pour calmer la toux.

[Link]. Données précliniques


[Link].1. Données physicochimiques (Amani et al., 2014)
La valeur moyenne de la teneur en humidité était de 7,96 %, la teneur en cendres de 4,51 %, le
pH de 4,5, la teneur en azote de 0,37 %, la teneur en protéines était de 2,43%, le poids équivalent
en acide était de 1524,15, l'acide uronique 15,53 %, la viscosité intrinsèque était de 11,2 mL/g.
L’analyse spectrophotométrique d’absorption atomique a montré que les cations les plus
abondants présents sont représentés par le calcium, potassium et magnésium avec des valeurs
moyennes respectives de 46,73 ; 35,97 et 17,36 ppm.
L’hydrolyse acide a montré que la teneur en monosccharides de la gomme était de 56,1 % pour
l’arabinose, 33 % de galactose et 10,9% de rhamnose.

[Link].2. Données phytochimiques


La composition phytochimique de la plante est dominée par les flavonoïdes et les acides
organiques (Pousset, 1989).

Une étude chimique de l’extrait hydro-éthanolique des feuilles de Combretum glutinosum


récoltées au Bénin a permis d’isoler neuf (09) composés, dont la 5-déméthylsinensétine,
l’umuhengerine, la (20S,24R)-ocotillone, le lupéol, le sitostérol, l’acide oléanolique, l’acide
bétulinique, la corymbosine et le sitostérol glucoside (Toklo et al., 2021).

L’acide gallique, l’acide ellagique, les glycosides flavonoïdes et 4 tanins (2,3-(S)-


hexahydroxydiphénoyl-D-glucose, punicaline, punicalagine et combréglutinine) ont été isolés
dans des extraits apolaires de feuilles de Combretum glutinosum tanins (Marquet et Jansen,
2005).

62
Un fractionnement bio-guidé a permis d’isoler dans des extraits apolaires de feuilles de C.
glutinosum des flavonoïdes de type 5 hydroxy-7-4-diméthoxy flavone et des triterpénoïdes de
type lupénone et lupéol (Balde et al., 2019).

Dans les feuilles de l’espèce sénégalaise, ont été décelés la présence des flavonoïdes, des tanins,
des polyphénols et des saponosides, (Yahaya, 2012 ; Sore et al., 2012 ; Albougari, 2014 ; Sall
et al., 2017). Yahaya (2012) et Albougari (2014) ont identifiés des alcaloïdes.

A partir des feuilles de Combretum glutinosum ; des métabolites secondaires de type tanins et
polysaccharides ont été isolés et identifiés (Silje et al., 2011 ; Abdoulaye et al., 2008).

Les extraits méthanoliques des feuilles de Combretum glutinosum ont montré la présence de
tanins, de coumarines, de flavonoïdes, de saponosides et de stérols et triterpènes (Sore et al.,
2012). La combreglutinine est un tanin hydrolysable isolé de l’extrait méthanolique des feuilles
de l’espèce sénégalaise. Trois autres tanins ont été isolés de cet extrait. Il s’agit du : 2,3 – (S)
hexahydroxydiphénoyl - D - Glucose, de la punicaline et de la punicalgine (Alowanou et al.,
2015).

Les structures et formules chimiques de quelques composés sont représentées par la figure 11.

63
OH

O
OH
H
H

HO
H

Figure 11a : (3 S ,5 R ,8 R ,9 R ,10 R ,12 R ,13 R ,14 R ,17 S )-17-[(2 R ,5 R )-


5-(2-hydroxypropan-2-yle )-2-méthyloxolan-2-yl]-4,4,8,10,14-pentaméthyl-
2,3,5,6,7,9,11,12,13,15,16,17-dodécahydro-1 H -cyclopenta[a]phénanthrène-
3,12-diol (20S,24R)-ocotillone)

HO

Figure 11b : 17-(5-éthyl-6-méthylheptan-2-yl)-10,13-diméthyl-


2,3,4,7,8,9,11,12,14,15,16,17-dodécahydro-1H-cyclopenta[a]phénanthrén-3-ol (Sitostérol)

64
HO

HO O

O OH

HO O O
O

HO

OH

HO OH

OH

Figure 11c : 3,4,5,11,14,20,21,22-octahydroxy-13-(hydroxyméthyl)-9,12,16-


trioxatétracyclo[[Link] 2,7 .0 10,15 ]docosa-1(22) ,2,4,6,18,20-hexaène-8,17-dione ou 2,3-
(S)-hexahydroxydiphénoyl-D-glucose

Figure 11 : Structures et formules chimiques de quelques composés isolés de Combretum


glutinosum (Marquet et Jansen, 2005 ; Sore et al., 2012 ; Toklo et al., 2021).

65
[Link].3. Données pharmacologiques
L'expérimentation sur l’animal a vérifié l'action antitussive et antispasmodique (Pousset, 1989).
Les extraits polaires de C. glutinosum ont normalisé le niveau de glycémie 2H après injection
intra-péritonéale de glucose chez le rat Wistar. Aussi, des extraits apolaires (dichlorométhane)
ont été cytotoxique contre les lignées cellulaires cancéreuses (Balde et al., 2019).

Les utilisations traditionnelles de Combretum glutinosum ont conduit à de nombreuses études


pharmacologiques dont des propriétés antibactériennes, antifongiques, anthelmintiques,
antipaludiques et antidrepanositaires (Toklo et al., 2021). Les extraits d’écorces ont montré la
plus grande activité. La fraction aqueuse de l’extrait méthanolique a été la plus active sur
Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa et Enterococcus faecalis (Niass et al., 2015).
Les flavonoïdes (5 hydroxy-7-4’-diméthoxy flavone) et les acides organiques collaborent avec
la propriété diurétique de la plante (Pousset, 1989 ; Balde et al., 2019). D’autres flavonoïdes
isolés comme le 5-demethylsinensetine, umuhengerine et corymbosine ont montré une activité
anti-helminthique significative sur des larves et des verres adultes (Toklo et al., 2021).
L’isolement de triterpénoïdes (lupénone et lupéol) des extraits apolaires de C. glutinosum sont
en faveur des propriétés anti-cancéreuses (Balde et al., 2019). L'extrait apolaire de C.
glutinosum a été cytotoxique contre les lignées cellulaires cancéreuses avec un CI 50 ≤
10µg/mL (Balde et al., 2019).
Ces données pourraient donc être étudiées pour de nouveaux médicaments antidiabétiques ou
anticancéreux.

[Link].4. Données toxicologiques


Une étude toxicologique utilisant des méthodes cytotoxiques in vitro sur différents types de
lignées cellulaires humaines normales et cancéreuses, a montré que la CI50 était inférieure à 100
µg/mL dans la majorité des échantillons de gomme étudiés (Amani et al., 2014 ; Balde et al.,
2019).
La prédiction des doses de départ DL50 a été estimée à partir des valeurs de la CI50 s'est avérée
être dans la gamme de 0,03 à 0,02 g/kg de poids corporel sur les lignées cellulaires normales et
cancéreuses (Amani et al., 2014).

[Link]. Données cliniques


Une expérimentation clinique effectuée à Dakar a permis de vérifier l'action diurétique et
hypotensive d'un décocté de la plante de même que son action dans les ictères (Pousset, 1989).

66
5.2.3. Zea mays L, Poaceae

[Link]. Synonymes (Ghețe et al., 2018)


o Zea mays subsp. Mexicana (Schrader) Iltis.
o Zea mays subsp mays ssp. Parviglumis (Iltis & Doebley).
o Zea mays subsp. Huehuetenangensis (Iltis & Doebley).

[Link]. Classification (Ghețe et al., 2018)


o Règne : Plantae.
o Division : Magnoliophyta.
o Classe : Magnoliopsida.
o Ordre : Poales.
o Famille : Poaceae (Gramineae).
o Genre : Zea.
o Espèce : mays.

[Link]. Noms courants


Noms vernaculaires.
o Mali : Bambara (Kaba) ; Soninké (Makka) ; Minianka (bèeyé, maagnon).
Nom français : maïs.

[Link]. Description botanique


Le maïs (Zea mays L.) est une plante herbacée monoïque, annuelle de la famille des Poacées
(Zohoungbogbo et al., 2018). La plante est haute avec un système racinaire fibreux et possède
des feuilles longues et étroites sur les côtés opposés de la tige ((Udobang et al., 2019). Les
feuilles sont longues et étroites, espacées alternativement sur les côtés opposés de la tige et
porte des épis qui sont enfermés dans des feuilles modifiées appelées enveloppes (Okokon et
al., 2017). Zea mays L. porte deux types d'inflorescences : les fleurs mâles, groupées sur la
panicule terminale ramifiée, et les fleurs femelles, associées sur un ou quelques épis insérés à
l'aisselle des feuilles. Les soies (styles ou stigmates) sont de fils fins souples de 10 à 20 cm de
long, que l'on trouve couramment sur le maïs. Lorsqu'elles sont fraîches, elles ressemblent à
des fils de soie d'une couleur vert clair ou jaune (George et al., 2013).

67
Figure 12 : Photo de Zea mays ([Link]).

68
[Link]. Répartition géographique
Zea mays est originaire d’Amérique centrale et aujourd’hui présent sur tous les continents
(Zohoungbogbo et al., 2018). Il est retrouvé dans les pays tropicaux et subtropicaux du monde
entier, notamment d'Asie, d'Amérique du Nord et du Sud et d’Afrique (Singh et al, 2009).

[Link]. Culture
Zea mays est une plante héliophile, la température optimale pour son développement est
comprise entre 22 et 35°C avec un régime pluvial annuel compris entre 600 et 1000 mm d’eau
bien réparti. L’espèce préfère les sols meubles, profonds, riches en matières organiques,
humides et bien drainés. Les sols de pH voisin de 7 sont propices à son développement et sa
croissance (Zohoungbogbo et al., 2018).

[Link]. Usages traditionnels


Zea mays représente environ 75% de la production céréalière mondiale. Il est très apprécié pour
ses multiples valeurs nutritives (Zohoungbogbo et al., 2018). En outre, diverses parties de la
plante sont également utilisées en médecine traditionnelle pour le traitement de plusieurs
affections. La soie de maïs est utilisée depuis très longtemps pour ses propriétés
médicinales comme antidiabétique ou diurétique (Ghețe et al., 2018).
En Corée, la soie de maïs est utilisée pour traiter les gonflements pathologiques et l'asthme,
contre l'hydropisie et de l'hypertension dans la médecine traditionnelle chinoise (Singh et al.
2009). Il est utilisé dans la médecine populaire Chinoise et Japonaise en décoction pour le
traitement diurétique (Okuyama et al., 2005) ; pour le traitement des troubles et infections
urinaires, des calculs biliaires, pour éliminer les calculs des reins et de la vessie, contre
l'hyperplasie bénigne de la prostate, la cystite, la goutte, la néphrite chronique et autres
affections similaires (Singh et al. 2009 ; Udobang et al., 2019).

Dans de nombreuses régions du monde, les soies de maïs ont été utilisées pour le traitement des
œdèmes, des cystites, des calculs rénaux, des néphrites et des prostatites, comme antioxydant
et hypoglycémiant ; réduire la pression sanguine du corps et la pression intraoculaire (George
et al., 2013).

Au Nigéria, la médecine traditionnelle Ibibio du sud utilise l'extrait de l’enveloppe de maïs pour
le traiter le paludisme, les ulcères d'estomac, les douleurs, les maladies inflammatoires et les
troubles du système nerveux central, comme antidote ; la cendre de l'épi est utilisée pour la toux

69
ainsi que des maladies inflammatoires, de la dépression et de l'arthrite ; le thé chaud des coques
est utilisé pour la malaria et le diabète (Okokon et al., 2016).

[Link]. Données précliniques


[Link].1. Données phytochimiques
Le criblage phytochimique de Zea mays a permis de mettre en évidence divers constituants
chimiques. L’étude phytochimique de l'extrait méthanolique de la soie de maïs a permis de
révéler la présence de phytostérols, de glycosides, de terpénoïdes, de flavonoïdes et de
composés phénoliques ; isoler quelques phytostérols comme le β- glycoside sitostérol et des
terpénoïdes (Singh et al., 2009).

Les principaux composés phytochimiques de l'extrait éthanolique de l'enveloppe étaient des


composés phénoliques comme flavan-3-ol, les flavanones, les proanthocyanines, le resvératrol
et les stéroïdes (Duru, 2020). L'arabinoxylane, qui a des effets immunologiques, a été isolé de
l'extrait d'enveloppe, tandis que huit (08) composés phénoliques (acide gallique, acide
protocatéchique, acide chlorogénique, acide caféique, rutine, resvératrol et kaempférol) ont
également été détectés dans l’extrait éthanolique (Okonko et al., 2016). Les stigmates (style ou
soies) contiennent des flavonoïdes (0,1-6,3%), des saponines (3%), des huiles volatiles (0,2%),
des sels de potassium et de calcium, des vitamines C, E, K, des hydrates de carbone et de
l'allantoïne (Ghețe et al., 2018). De nouveaux flavones C-glycosides ont été isolées (Okuyama
et al., 2005).

La coque de maïs est également riche en anthocyanes (Udobang et al., 2019). Les éléments
minéraux les plus abondants dans la coque de Z. mays ont été le calcium, le soufre et le
potassium (Duru, 2020).

La graine est riche en éléments nutritifs comme les protéines, glucides, lipides, fibres ;
vitamines A et E ; minéraux : phosphore, potassium, calcium, magnésium, sodium, fer, cuivre,
manganèse, zinc (Zohoungbogbo et al., 2018).

La structure et nom chimique de l’unité « glucoside sitostérol », isolée de la soie de maïs sont
indiquées par la figure 13 ci-après.

70
CH3

H3C CH3

CH3
CH3

OH CH3 H

O
HO H H
O
HO
OH

ß -D-glucoside de ß -sitostérol

Figure 13 : Structure de β -D-glucoside de β -sitostérol, isolé de la soie de maïs (Singh et


al., 2009).

71
[Link].2. Données pharmacologiques
Zea mays a fait l’objet d’études scientifiques in vitro qui ont permis de démontrer quelques
propriétés pharmacologiques des extraits qui incluent des antalgiques, anti-inflammatoires et
anti-oxydantes, antidépressives, hépatoprotectrices, néphroprotectrices, antidiabétiques et
hypolipidémiques (Udobang et al., 2019).

• Effet hépatoprotecteur
L’extrait de l’enveloppe a été utilisé pour traiter les lésions hépatiques induites
expérimentalement (Udobang et al., 2019).
L'extrait méthanolique des stigmates a montré une activité hépatoprotectrice contre la toxicité
induite par le CCl4 (Singh et al., 2009).

• Effet diurétique
Des extraits de stigmates ont montré une action diurétique, apaisante dans les cas de cystite
avec augmentation de la sécrétion biliaire (Ghețe et al., 2018).

• Effets antioxydants, analgésiques, anti-inflammatoires et anti-obésité


L'effet antioxydant est une caractéristique très importante de la soie de maïs. Zhang Yan et al.
(2011) ont extrait des flavonoïdes totaux comme des antioxydants alimentaires naturels. Cet
effet est attribué à la teneur élevée en phénols et en flavonoïdes (Ebrahimzadeh et al., 2007 ;
Nurhanan et Wan Rosli, 2012). Une étude, menée par Qing-lan Hu (2011) sur des souris a
donné des résultats significatifs contre le stress oxydatif dus à des flavonoïdes (Singh et al.,
2009).

Des activités analgésiques, anti-inflammatoires et antioxydantes de l'extrait de la coque ont été


rapportées par l’équipe de Okokon et al., (2016).

En Romanie, l’équipe de Rungsiri Chaiittianan a étudié la relation entre les composants


chimiques de la soie de maïs et leur potentiel anti-obésité. Elle a obtenu des corrélations
positives entre les composants phytochimiques et leurs effets biologiques respectivement
antioxydants et anti-obésité, effets principalement dus aux flavonoïdes et phénols (Rungsiri et
al., 2016).

72
• Effet antidiabétique
L'effet antidiabétique des polysaccharides isolés de maïs a été démontré in vivo chez des rats
diabétiques dans une étude de Wenzhu Zhao, (2012). Des effets antidiabétiques ont été
également rapportés par Yuxiang Pan (2017), confirmant que les polysaccharides de maïs
entrainaient une perte de poids corporel et une diminution des taux de glucose sanguin. Il en est
de même pour Darius Arthur Farsi et al. (2008), qui ont également proposé un effet anti-âge.
L'efficacité de l'extrait aqueux du style de Zea mays sur la néphropathie diabétique a été étudiée
chez des rats dans le cadre du développement de nouvelles sources de médicaments naturelles.
Les résultats ont montré que le style de Z. mays prévient l'hyperfiltration glomérulaire (Suzuki
et al., 2005).

• Effet antidépresseur
L'extrait d'enveloppe de Z. mays a montré une activité antidépressive importante attribuée aux
composés phénoliques (Okokon et al, 2016). Des phénols et de flavonoïdes contenus dans la
soie de maïs a montré un effet antidépresseur chez des souris Swiss (Ghețe et al., 2018).

• Effet antitumoral
49 polysaccharides extraits de la soie de maïs ont inhibé significativement la croissance des
tumeurs, en prolongeant la survie des souris dans l'étude réalisée par l’équipe de Yang (2014).
La Maysine, un important flavonoïde contenu dans la soie de maïs a suivi l'évaluation de
l'activité antinéoplasique potentielle. Les résultats obtenus suggèrent que la maysine obtenue à
partir de la soie de maïs pourrait avoir le potentiel de prévenir le cancer de la prostate (Ghețe et
al., 2018). Les composés phénoliques, les flavanones et le resvératrol mis en évidence dans
l’enveloppe de Z. mays possèdent des activités anticancéreuses (Duru, 2020).

[Link].3. Données toxicologiques


L’Étude de toxicité aiguë des extraits méthanoliques de soie de maïs n'ont montré aucun signe
et symptôme de toxicité et de mortalité jusqu'à une dose de 2000 mg/kg (Singh et al., 2009).
La dose létale médiane (DL50) de l'extrait d'enveloppe éthanolique a été déterminée comme
étant de 1874,83 mg/kg (Udobang et al., 2019).

73
[Link]. Données cliniques
• Effet litholytique
Une infusion de 2 g/100 mL de NaCl (9 g/L) a entrainé en 4 semaines une dissolution complète
de calculs de cystine ; ce qui présenterait un intérêt potentiel pour le traitement des patients
cystiniques (Meiouet et al., 2011).

• Effet hypotenseur
Le stigmate ou style de Zea mays L. a été documenté pour avoir un effet hypotenseur sur la
pression sanguine et pour soulager les œdèmes. Au Nigéria, des extrait aqueux de soie de maïs
(60 mg/kg, 130 mg/kg, 192,5 mg/kg et 260 mg/kg de poids corporel) ont réduit la pression
intraoculaire (PIO) et la pression artérielle (PA) de manière significative dose-dépendante dans
les huit heures suivant l'administration chez des sujets humains hypertendus (George et al.,
2013).

74
6. COMMENTAIRES ET DISCUSSION
Cette étude descriptive nous a permis de retenir trois (03) espèces de plantes locales aussi citées
dans la littérature que par des praticiens de santé, partenaires du DMT.
Chrysanthellum americanum L. Vatke, Asteraceae, Combretum glutinosum Perr. Ex DC,
Combretaceae et Zea mays L. Poaceae ont été les espèces locales plus citées par les deux
partenaires du DMT et les données de la littérature consultées (Pousset, 1989 ; Guillot, 1989 ;
Singh et al. 2009 ; Khaled, 2011 ; Okuyama et al., 2005 ; Marquet et Jansen, 2005 ; George et
al., 2013 ; Khouchlaa et al., 2017 ; Ghețe et al., 2018 ; Elhassan et al., 2019 ; Cissé et al.,
2019 ; Udobang et al., 2019). Les trois (03) plantes sélectionnées sont utilisées par la
pharmacopée et la médecine traditionnelle africaine pour la prise en charge de nombreuses
affections dont les problèmes urinaires. En effet, Combretum glutinosum Perr. Ex DC,
Combretaceae et Chrysanthellum americanum L. Vatke, Asteraceae sont inscrites dans la
pharmacopée de l’Afrique de l’Ouest. Ce qui permet de relever leurs données de qualité,
d’efficacité et de sécurité (PAO, 2020). Aussi, Zea mays a fait l’objet de nombreuses études qui
ont permis de mettre en évidence ses principaux constituants phytochimiques, son activité
litholytique et ses données toxicologiques (Meiouet et al., 2011 ; Udobang et al., 2019 ; Duru,
2020).

6.1. Selon les utilisations traditionnelles


La littérature rapporte que les trois plantes sont utilisées en médecine traditionnelle pour la prise
en charge de diverses affections dont les lithiases urinaires.
Chrysanthellum americanum est utilisée au Cameroun et au Burkina Faso dans les calculs
rénaux ([Link]).

Au Mali, une étude ethnobotanique a montré l’utilisation de la décoction de la plante entière


dans les infections et lithiases urinaires (Cissé et al., 2019). Combretum glutinosum est l’une
des espèces les plus prescrites en médecine traditionnelle. Marquet et Jansen ainsi que
Arbonnier, rapportent que la décoction ou l'infusion de feuilles est très appréciée en Afrique,
principalement pour traiter les affections urinaires (syphilis) et rénales (Arbonnier, 2004 ;
Marquet et Jansen, 2005). Au soudan, les feuilles sont utilisées traditionnellement depuis de
nombreuses années comme diurétique (Awad, 2015).

Dans le livre « Plantes médicinales africaines : Utilisation pratique » du Professeur Pousset, il


existe des recettes à base de décoction de la plante entière de Chrysanthellum americanum

75
contre les calculs rénaux ; des feuilles de Combretum glutinosum comme diurétique (Pousset,
1989). Selon Moulin, Naturopathe et Nutritionniste, la décoction de la plante entière de
Chrysanthellum americanum dissout les lithiases urinaires d’origine oxalique (Moulin, 2015).

Dans de nombreuses régions du monde, les soies de maïs ont été utilisées pour le traitement des
œdèmes, des cystites, des calculs rénaux, des néphrites et des prostatites, comme antioxydant
(George et al., 2013). La décoction des soies de maïs est connue dans la médecine populaire
Chinoise et Japonaise comme diurétique (Okuyama et al., 2005), pour traiter des troubles et
infections urinaires comme l'hyperplasie bénigne de la prostate, la cystite, éliminer les calculs
des reins et de la vessie (Singh et al. 2009 ; Udobang et al., 2019).

Aussi, les deux partenaires du DMT ont notifié leur recours aux trois plantes dans des recettes
(non identifiées) en tisane (décoction ou infusion) pour traiter les problèmes de calculs
urinaires.

6.2. Selon les données de sécurité, d’efficacité et de qualité des trois plantes
Les données de criblage phytochimique ont permis de mettre en évidence des flavonoïdes, des
tanins, des polyphénols et des saponosides comme principaux constituants bioactifs dans les
trois plantes. Cela pourrait justifier les diverses utilisations traditionnelles et effets
pharmacologiques des extraits des trois plantes pour traiter les lithiases urinaires. Les
flavonoïdes et les tanins à activité antiradicalaire, seraient des marqueurs de qualité et
d’activités diurétiques, antioxydantes et de prévention de certaines maladies dont les cancers
(Haïdara et al., 2022) ; les saponines sont en faveur des activités antimicrobiennes, antalgiques
et anti-inflammatoires (Bruneton, 2016).

Les trois (03) plantes sélectionnées ont fait l’objet de certaines expérimentations précliniques
et cliniques. Guillot, (1989) a rapporté l’activité litholytique (dissolution complète) d’’un extrait
de la plante entière de Chrysanthellum americanum ; une infusion de 2 g/100 mL de NaCl (9
g/L) des soies de maïs a entrainé en 4 semaines un effet litholytique des calculs de cystine
(Meiouet et al., 2011). Une étude clinique a permis de vérifier l'action diurétique d'un décocté
de Combretum glutinosum (Pousset, 1989).

76
Ces données d’activités diurétiques, anti-oxydantes et litholytiques des extraits des trois plantes
seraient des potentialités pouvant être exploitées pour la prise en charge des infections et calculs
urinaires.

Les données de sécurité rapportent la faible toxicité des trois plantes par voie orale. C’est ainsi
qu’une étude a montré une très faible toxicité aiguë par voie de l'extrait brut aqueux de
Chrysanthellum americanum (Guenné et al., 2019) ; la doses de départ DL50 de Combretum
glutinosum a été estimée 0,02 g/kg de poids corporel (Amani et al., 2014) ; des extraits
méthanoliques de soie de maïs n'ont montré aucun signe et symptôme de toxicité et de mortalité
jusqu'à une dose de 2000 mg/kg (Singh et al., 2009).

En outre Chrysanthellum americanum et Combretum glutinosum sont deux espèces dont les
monographies sont décrites dans la Pharmacopée de l’Afrique de l’Ouest (PAO, 2020).

Ces données de sécurité associée aux effets litholytiques de Chrysanthellum americanum et de


Zea mays et à l’activité diurétique de Combretum glutinosum rapportés dans la littérature et
dans la pharmacopée de l’Afrique de l’Ouest, les utilisations traditionnelles rapportées par les
partenaires du DMT pourraient être exploitées pour mettre au point deux (02) Médicaments
Traditionnels Améliorés de catégorie 2 en tisane (dont les principes actifs sont les parties des
plantes).

Premier MTA : Combretum glutinosum (feuilles) + Zea mays (soies).


Deuxième MTA : Chrysanthellum americanum (plante entière) + Combretum glutinosum
(feuilles).
Ces MTA pourraient être prise sous forme de tisane (décoction ou infusion) comme rapporté
dans la littérature et les partenaires interviewés.

Notre travail est, cependant, limité par les données clinico-biologiques sur les deux (02) MTA
proposés afin d’évaluer leur efficacité et leur sécurité d’emploi. Ces données pourraient
compléter celles existantes sur les plantes entrant dans la composition des MTA et utiliser pour
l’élaboration des dossiers d’autorisation de Mise sur le Marché (AMM) de MTA de catégorie
2 (tisane).

77
7. CONCLUSION
Ce travail a permis de sélectionner Combretum glutinosum, Chrysanthellum americanum et Zea
mays comme principales plantes utilisées dans la prise en charge des problèmes de lithiases
urinaires au Mali. Les données obtenues, associées à celles de qualité, d’efficacité et de sécurité
rapportées dans la littérature et dans la Pharmacopée de l’Afrique de l’Ouest pourraient être
exploitées pour mettre au point deux (02) Médicaments Traditionnels Améliorés (MTA) de
catégorie 2 en forme de tisane, dans lesquels Combretum glutinosum est associé soit au
Chrysanthellum americanum ou à Zea mays.

78
8. RECOMMANDATIONS
Au terme de ce travail et vu nos résultats, nous formulons les recommandations suivantes :
➢ Au Département de Médecine Traditionnelle
• Poursuivre les investigations sur les deux MTA de catégorie 2 (tisane) par des essais
cliniques et biologiques.

➢ Aux autorités sanitaires


• Accompagner le DMT pour la mise au point des deux (02) nouveaux MTA.

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[Link]. Consulté le 25 mai 2022.

89
10. ANNEXES
Fiche signalétique

Prénom Sékou.
Nom DIABY.
Titre Plantes médicinales utilisées dans la prise en charge de la
lithiase urinaire au Mali.
Année Universitaire 2019-2020.
Pays d’origine Mali.
Lieu d’étude Département Médecine Traditionnelle (DMT).
Ville de soutenance Bamako (République du Mali).
Lieu de dépôt Bibliothèque de la Faculté Pharmacie de l’Université de
Sciences des Techniques et des Technologies de Bamako.
Secteur d’intérêt Médecine Traditionnelle, Pharmacognosie, Uro-néphrologie.
Email [Link]@[Link]

RESUME
La lithiase urinaire est l’une des pathologies les plus fréquentes des voies urinaires et constitue
un problème majeur de santé publique dans le monde.
Le présent travail vise à contribuer à la prise en charge de cette affection par la mise au point
de Médicaments Traditionnels Améliorés (MTA) à base de plantes médicinales locales.
Une revue bibliographique et des entretiens individuels ont été effectués pour sélectionner les
principales espèces végétales utilisées dans les calculs urinaires.
Les données bibliographiques ont permis de recenser 81 espèces végétales dont 05 locales les
plus citées ; 08 espèces ont été obtenus à partir des interviews. L’analyse de ces données a
permis de sélectionner 03 espèces locales dont Combretum glutinosum Perr. Ex DC,
Combretaceae (diurétique), Chysanthelum americanum L. Vatke, Asteraceae (litholytique) et
Zea mays L. Poaceae (litholytique). La monographie des 03 plantes retenues a été rédigée pour
relever leurs données de qualité, d’efficacité et de sécurité. Ces données ont été exploitées pour
proposer 02 MTA de catégorie 2 pour la prise en charge de lithiases urinaires au Mali dont :
MTA 1 : Combretum glutinosum (feuilles) + Zea mays (soies).
MTA 2 : Chrysanthellum americanum (plante entière) + Combretum glutinosum (feuilles).
Ces MTA pourraient être utilisés sous forme de tisane (décoction ou infusion).
Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer leur efficacité clinique et leur sécurité
d’emploi.

Mots clés : Lithiase urinaire, Calculs urinaires, Plantes médicinales, Médicaments


Traditionnels Améliorés, Mali.

xxiii
Abstract
Urinary lithiasis is one of the most frequent pathologies of the urinary tract and constitutes a
major public health problem in the world.
The present work aims to contribute to the management of this condition through the
development of Improved Traditional Medicines (ITM) based on local medicinal plants.
A bibliographic review and individual interviews were carried out to select the main plant
species used in urinary stones.
The bibliographic data allowed us to identify 81 plant species, of which 05 were the most cited
local species; 08 species were obtained from the interviews. The analysis of these data allowed
to select 03 local species of which Combretum glutinosum Perr. Ex DC, Combretaceae
(diuretic), Chysanthelum americanum L. Vatke, Asteraceae (litholytic) and Zea mays L.
Poaceae (litholytic). The monograph of the 03 selected plants was written to record their quality,
efficacy and safety data. These data were used to propose 02 ITMs of category 2 for the
management of urinary lithiasis in Mali, including :
MTA 1 : Combretum glutinosum (leaves) + Zea mays (silks).
MTA 2 : Chrysanthellum americanum (whole plant) + Combretum glutinosum (leaves).
These ITMs could be used as a tea (decoction or infusion).
Further studies are needed to evaluate their clinical efficacy and safety.

Key words: Urinary lithiasis, Urinary calculi, Medicinal plants, Improved Traditional
Medicines, Mali.

xxiv
Monographie de Combretum glutinosum Perr. ex DC et de Chrysanthellum indicum DC
dans la Pharmacopée de l’Afrique de l’Ouest (PAO, 2020)

Combretum glutinosum Perr. ex DC


Famille
Combretaceae.

Synonymes
Combretum leonense Engl. & Diels, Combretum passargei Engl. & Diels, Combretum relictum
(Aubrév.) (Hutch. & Dalziel, 1927; The plant list, 2013).

Noms communs
Elephant wood (anglais), Bois d’éléphant, chigommier (français).
Noms en langues locales
Bénin : Fon – Doso ; Yoruba- Bodomi ; Dendi– Bwagosa
Burkina Faso : Dioula – Katakidum ; Fulfuldé - Dooki; Morée - koèguenga
Côte d’Ivoire : Malinké – Naniaragbwé ; Manding- Naniaragbwé
Gambie : Pulaar – Buki ; Manding – jambakataŋ ; Wolof – rat
Ghana : Grusi-Kasena - Vakogu, vọkoŋ ; Nankanni - urinperiga
Guinée : Malinké– Tiangara ; Peuhl – Doki ; Manding– demba
Mali : Bambara – Tiangara, Cangwèrèbilen; Dogon- Andanga; Peulh- Dooki
Niger : Beriberi – Kedagav ; Hausa – dalo ; Songhai - dèelì-ñá’
Nigeria : Fula-Fulfulde – Boodi ; Hausa – dageera ; Yoruba - daguro
Sénégal : Wolof – rat ; Diola – kalâkudun ; Manding – d́ âbakatâ
Togo : Ewé – Atisêsê ; Yanga – Makpiob ; Yoruba- bodomi.

Description de la plante
Petit arbre ou arbuste buissonnant, plus ou moins sempervirent, en général de 8-10 (-12) m de
haut, à cime arrondie et ouverte. Ecorce, rugueuse, fissurée en surface, à tranche rouge à
orangée. Rameau velouté à tomenteux, grisâtre. Feuilles, opposées, verticillées par trois ou
parfois subopposées, de forme et dimensions variables, coriaces, glauques à grisâtres et plus ou
moins densément pubescentes dessous (pubescence toujours visible à la loupe) (Arbonnier,
2004). Limbe elliptique, ovale ou obovale, à bords parfois ondulés, à sommet plus ou moins
pointu ou apiculé, parfois échancré ou mucroné, à base arrondie, en coin ou parfois échancrée,

xxv
de 9-18 x 4-8 cm. Pétiole, tomenteux, de 5-10 (-15) de long. Nervation pennée, saillante sur
les deux faces, à (7-) 8-12(-15) paires de nervures secondaires pubescentes se raccordant vers
le sommet. Nervilles réticulées et tomenteuses. Les feuilles apparaissent de novembre à février,
les fleurs de décembre à avril et les fruits à partir de fin décembre (Malgras, 1992).
Inflorescence, racème spiciforme, axillaire, généralement plus ou moins tomenteux, d’environ
4-5 cm de long. Fleur jaune verdâtre à jaune pâle, de 2,5-3 mm de diamètre, à 4 pétales. Fruit,
samare elliptique à 4 ailes, échancrée à la base et au sommet, de 2,5-4 x 1,5-3 cm, glabre ou
courtement pubescente, plus ou moins collante (surtout au centre), rougeâtre devenant beige ou
jaunâtre. Le tronc est souvent tordu et recouvert d’une écorce rugueuse. Les feuilles sont très
polymorphes sur le même arbre. Elles sont collantes et très profondément réticulées sur la face
inférieure avec une pubescence blanchâtre ou parfois presque glabre. Le revêtement tomenteux
de brindilles, toujours visible à la loupe, est une caractéristique de l’espèce (Burkill, 1985,
2000).

A - Combretum glutinosum Guill. et Perr. plante entière, B - feuilles, C - feuilles et fruit


immature, D - fruits et fleurs, E - fruits

xxvi
Numéro du spécimen de l’herbier
Côte d’Ivoire : CNF 6127.
Mali : 760/DMT (Mali).
Nigeria : KASU/PCG/096.
Sénégal : IFAN 83.
Togo : TG 00461.

Habitat et répartition géographique


La plante originaire d’Afrique tropicale dans les régions soudano-guinéennes, du Sénégal au
Soudan ; trouvée dans les savanes boisées. La plante est présente de la Mauritanie en Ouganda,
très répandue, souvent abondante et grégaire (Marquet and Jansen, 2005).

Parties utilisées de la plante Feuille fraîche ou séchée.


Autres parties utilisées
Tige et racine.

Caractéristiques botaniques de la drogue


Combretum glutinosum est constitué des feuilles fraîches ou séchées de Combretum glutinosum
Perr. ex DC.

Utilisations ethnomédicales
La plante est utilisée pour le traitement des affections courantes (Kerharo et Adam, 1974)
notamment des affections hépato-biliaires, les affections urinaires, les œdèmes, l’hypertension
artérielle, la toux, le paludisme, les gastrites infantiles, la protéinurie (Fortin et al, 1990). Les
feuilles sont utilisées pour leurs propriétés diurétique, cholagogue, dépurative et fébrifuge, sous
forme de décocté ou d’infusé, à raison de 5 feuilles pour un litre d’eau. Les bourgeons de feuilles
sont pilés, mélangés à la bouillie de mil rouge refroidie, puis administrés pour le traitement de
la dysenterie (Fortin et al, 1990). Les feuilles vertes pilées sont appliquées sur les plaies. Une
infusion de feuilles peut aussi être utilisée pour le lavage des plaies. Elles sont également
administrées en cas de bronchite, de malaria, d’anémie, de migraine, d’épanchements sanguins,
ainsi qu’en cas de rhume (Maydell, 1980). Les feuilles tendres en décoction, sont utilisées pour
traiter la toux, la fièvre des enfants et dans les soins des plaies en bain et lotion. Le décocté est
aussi utilisé en bain et fumigation comme défatiguant et dans les maux de poitrine. Les rameaux
feuillés en décoction, sont utilisés pour le traitement de l’ictère, du paludisme, de la gastrite

xxvii
infantile et des conjonctivites (Malgras, 1992). Le macéré de 24 heures des feuilles pulvérisées,
ajouté de sel gemme, pris par voie orale, traite la fièvre bilieuse hémoglobinurique. Les feuilles
tendres mâchées et la salive avalée pour le traitement de l’amibiase dysentérique. Le macéré
des feuilles pilées est administré à jeun en cas de constipation. Chez les femmes sujettes à des
avortements répétés, l’infusé des feuilles est régulièrement pris en boisson et bain au cours de
la grossesse et quelques temps avant celle-ci. En cas de morsure de serpent, les tendres feuilles
sont mâchées et le jus avalé, puis le résidu est appliqué sur la blessure (Traoré, 1999). Au
Sénégal, les feuilles ont une haute réputation pour le traitement des maladies de la poitrine, les
coliques, les maladies de l’estomac (Marquet & Jansen, 2005). En Gambie et au Nigeria, le
macéré des feuilles est pris comme purgatif (Marquet & Jansen, 2005). En Côte d’Ivoire, les
Maninka prennent le décocté des feuilles en bain et courant d’air, contre la fatigue générale.
Les feuilles séchées et concassées sont utilisées dans les hémorragies post-circoncision (Burkill,
1985). Le décocté des feuilles est aussi utilisé comme diurétique – hypotenseur à la posologie
de 30 g de feuilles dans un litre d’eau (Pousset, 2004). Les écorces de tige, de tige et de racines
sont utilisées comme antihelminthique et aphrodisiaque. L’infusé des écorces est utilisé au
Sénégal pour arrêter les vomissements et comme revigorant sexuel (Fortin et al, 1990). Les
écorces broyées donnent une sorte de peluche utilisée avec succès sur les blessures. Les peuhls
du Nigeria utilisent l’infusé des écorces pour se baigner en cas de grippe et de rhumatisme
(Fortin et al, 1990). Les extraits de racines sont utilisés contre les maladies de l’estomac ainsi
que la toux (Fortin et al, 1990). Le décocté de racines est utilisé contre les douleurs rénales
d’origine diverse, ainsi que contre la blennorragie (Maydell, 1980). Les fruits immatures séchés
et pilés, sont actifs sur les chancres syphilitiques (Fortin et al, 1990). Les graines vertes écrasées
pour le traitement des blessures, la syphilis et médecine vétérinaire (Maydell, 1980). La gomme
est utilisée comme laxatif et antidiarrhéique (Sanogo, 1999). La plante est souvent aussi utilisée
en association avec d’autres plantes pour le traitement de la bilharziose, de la lèpre, de
l’impuissance sexuelle, pour le traitement des maladies mentales (Maydell, 1980).

Activités biologiques et pharmacologiques


Les propriétés ont été démontrées contre la lithiase rénale et d’hépatite (Kerharo et Adam,
1974). Les extraits chloroformiques et méthanoliques des feuilles et des tiges ont inhibé la
croissance de Bacillus substilis, Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa,
Escherichia coli et l’extrait aqueux a été inactif (Yahaya et al., 2012). Les extraits ont
démontré une activité antitussive et antispasmodique (Pousset, 2004). Les extraits
méthanolique et hydro-méthanolique des feuilles ont démontré une activité nantiplasmodiale

xxviii
in vitro sur la souche W2 de Plasmodium falciparum chloroquino-resistant, avec
respectivement CI50 de 53±0.01 et CI50 de 43.6±3.33 µg/ml (Ouattara et al. 2006). Les
extraits ont présenté une activité antibactérienne contre Staphylococcus aureus TCC 6538,
avec concentration minimale inhibitrice est de 1.41 mg/ml (Sore et al., 2012). Les extraits
éthanoliques des tiges feuillées et racines ont présenté une activité cercaricide contre
Shistosoma mansoni, avec une concentration létale 90% de 3.71 ppm après 3 heures
d’exposition pour l’extrait de la tige et respectivement de 5 et 23,64 ppm après 6 heures
d’exposition pour les feuilles et racines (Albagouri et al., 2014). Des extraits polaires de de la
plante ont présenté une activité antitrypanosomiale sur Trypanosoma brucei brucei (Traoré et
al., 2014). Les extraits aqueux des feuilles ont présenté activité anti diarrhéique dose
dépendante chez les rats albinos, avec 80.4% d’inhibition à la dose de 600mg/kg (Garba and
Mota’a 2015).

Constituants chimiques
Tanins : combreglutinine, 2,3-hexahydroxydiphénoyl-D-glucose, tannins hydrolysables
(punicaline et punicaline), acide gallique, acide ellagique, acide férulique, leucocyanidines et
leucodélphinidols (Traoré 1999; Hilou et al, 2014) .

xxix
xxx
Test d’identité et de pureté
Teneur en humidité : séchée à l’air une poudre grossière ne perd pas plus de 06,5% à 105 oC.
Cendre totale : pas plus de 08,8%.
Cendre insoluble dans l’acide : pas plus de 0,3%.
Substances extractibles par l’eau : pas moins de 14,0%.
Substances extractibles par l’éthanol (70%) : pas moins de 04,0%.

Empreintes chromatographiques
Chromatographie sur couche mince
Préparation : environ 5 g de feuilles en poudre ont été extraits avec de l’acétate d’éthyle par
macération à froid, filtrés et le filtrat concentré à un petit volume. Une petite tache a ensuite
été appliquée sur la plaque CCM pour analyse.

Conditions chromatographiques : CCM analytique sur gel de silice G60 F254, couche de
0,25 mm dans de l’hexane / acétate d’éthyle (7: 3) en tant que phase mobile.

Détection : visualisée en plein jour après pulvérisation avec des réactifs acide anisaldéhyde-
acide sulfurique (ligne 1) et vanilline-acide sulfurique (ligne 2) (Stahl, 1969), en chauffant à
110 ° C pendant 10 minutes.
Le chromatogramme CCM a montré trois points saillants avec des Rfs de 0,49 (rose), 0,65
(violet) et 0,35 (violet), apparaissant dans le chromatogramme pulvérisé à la fois
d’anisaldéhyde et de vanilline.

Chromatographie en phase liquide à haute performance

xxxi
Préparation de l’échantillon : environ 10 mg d’extrait hydroéthanolique de feuilles de
Combretum glutinosum ont été reconstitués dans 3 ml d’acétonitrile dans une fiole jaugée de
10 ml avec sonication pendant 17 minutes. Il a ensuite été dilué au volume avec la phase mobile
dans des conditions chromatographiques. Il a été centrifugé pour obtenir une solution de test
limpide qui a ensuite été filtrée à travers un filtre de 0,45 µm dans un flacon de CLHP et
analysée.

Système chromatographique
Conditions chromatographiques optimisées
Mode : LC
Colonne : YMC ODS, 4.6 x 150mm, 5µm
Température de la colonne : ambiante - 30°C
Phase mobile : Acétonitrile : eau (60:40 v / v)
Mode d’élution : Isocratique
Volume d’injection : 20 μL
Débit : 0,5 ml / minute
Longueurs de détection : 230 nm, 254 nm et 278 nm.
Paramètres de compatibilité du système
Nombre de pics : 230 nm (2), 254 nm (2), 278 nm (2)
Temps de rétention : 230nm (rt1-2.29min, rt2-3.00min), 254 nm (rt1-2.15min, rt2-2.38min),
278nm (rt1 2.10min, rt2-2.35min)
Facteur asymétrique : 230nm (af1-1.818, rt2-1.274), 254 nm (af1-1.830, af2-0.587), 278nm
(af1-1.495, af2-1.513)
Facteur de queue : NMT 2.0
Efficacité : 230 nm (E1-106.35, E2-573.66), 254 nm (E1-320.61, E2-304.74), 278 nm (E1-
369.80, E2123.75)
Critères d’acceptation : Solution échantillon de l’extrait brut hydroéthanolique de C.
glutinosum Guill. & Perr. (Feuilles) est conforme aux paramètres d’aptitude du système

xxxii
IR-TF

Une petite quantité d’extrait hydro-éthanolique séché (70%) a été placée sur la zone
d’échantillon du spectromètre infrarouge à transformée de Fourier UATR Perkin Elmer et
analysée entre 4000 et 400 cm-1 avec un pouvoir de résolution de 4 cm. -1 et une limite
d’analyse cumulative de 24 fois. Les pics principaux sont apparus aux longueurs d’ondes
3350.89 (très larges) et 1614.41 cm-1.

Macroscopie
Feuilles, opposées, verticillées par trois ou parfois subopposées, de forme et dimensions
variables. Elles sont coriaces, glauques à grisâtres et plus ou moins densément pubescentes
dessous. Limbe elliptique, ovale ou obovale, à bords parfois ondulés, à sommet plus ou moins
pointu ou apiculé, parfois échancré ou mucroné, à base arrondie,

Microscopie
Les sections transversales de la nervure médiane présentent, sur la partie supérieure et autour
de la nervure, de nombreux trichomes courbés, unicellulaires et parfois entrelacés. Au-
dessous de l’épiderme supérieur se trouve une section claire de cellules de collenchyme. Le
système vasculaire est en forme de coupe. Les fibres du phloème forment une couche externe
qui entoure complètement le phloème et le xylème. Il y a une autre partie du phloème dans le
xylème divisé au milieu par des cellules de parenchyme. Le système vasculaire est entouré de
cellules de collenchyme qui sont plus grandes dans la section proche du système vasculaire et
dont la taille diminue vers l’épiderme. La partie laminaire ne montre que la palissade
supérieure et est constituée de cellules en forme de colonne bien ajustées.
Les cellules du parenchyme spongieux ont une forme ovale à irrégulière et sont très serrées.
Il existe des trichomes provenant de l’épiderme des deux surfaces.
xxxiii
Matériel végétal en poudre
La poudre de feuilles présente de nombreux fragments de la surface inférieure de la feuille de
l’épiderme avec de longs trichomes unicellulaires distincts ; trichomes cassés ; fibres brisées ;
fragments de surface épidermique supérieure avec cellules polygonales à parois épaisses;
fragments de faisceaux vasculaires montrant des vaisseaux spiralés et annulaires de xylème.

Actions thérapeutiques
Antitussive, diurétique, hypotensive ; hépatoprotecteur, antihelminthique, antiblenorragiques,
antiémétique, cholagogue, expectorante, laxative, dépurative et fébrifuge.

Indications thérapeutiques
Affections hépato-biliaires, affections urinaires, œdèmes, hypertension artérielle, toux et
spasmes, paludisme, gastrites infantiles, diarrhée et dysenterie, constipation, fièvre.

Données de sécurité
La DL50 de l’extrait aqueux de feuille par voie orale a été estimée à plus de 3000 mg / kg chez
le rat. Le SNC et le SNA n’ont pas été affectés aux doses de 0 à 1 000 mg / kg. Aucun
changement significatif n’a été noté avec le foie, les reins, le cœur et les poumons. Les poids
relatifs de la rate et du thymus n’ont pas changé. L’extrait de C. glutinosum n’a pas eu
d’incidence significative sur le nombre de globules rouges ni sur les indices. Il n’a pas affecté
le nombre de globules blancs et de plaquettes chez les rats traités. L’extrait de Combretum
n’avait aucun effet sur les enzymes marqueurs des dommages au foie, des protéines sériques et
de la bilirubine. Il a un effet marginal sur le temps de sommeil induit par le pentobarbital. Il n’y
avait aucune preuve de dommages aux organes cibles dans le corps, y compris le foie et les
reins. Combretum est un soi-disant heamatinic. Notre étude n’a toutefois pas montré de
changements significatifs dans les comptes et les indices de globules rouges. L’absence de
toxicité constatée dans cette étude corrobore bien d’autres constatées par Alowanou et al.
(2015).

Précautions d’emploi
Être prudent dans l’utilisation des extraits qui peuvent provoquer une hypoglycémie et
hypotension.

xxxiv
Effets indésirables
Constipation, hypotension et hypoglycémie.

Contre-indications
Non connues.

Forme galénique
Décoction, infusion, teinture.

Dosage
Décoction : 30 g de matière végétale séchée dans 900 ml d’eau ; laisser mijoter jusqu’à
réduction à 600 ml ; 1 à 3 cuillères à soupe par jour
Infusion : 30 g de partie aérienne séchée dans 600 ml d’eau ; 3-4 tasses de thé par jour.
Teinture : 1:5 45 % d’alcool frais, prendre 5 ml trois fois par jour.

Conservation
A conserver dans un endroit frais et sec, à l’abri de la lumière.

xxxv
Chrysanthellum indicum DC
Famille
Asteraceae.

Synonymes
Chrysanthellum americanum (L.) Vatke; Chrysanthellum americanum auct., Hinterhubera
kotschyi Sch. Bip. ex Hochst.

Noms communs
Chrysanthellum, Grass with golden flowers, golden chamomile (anglais)
Noms en langues locales
Bénin : Fon - guvↄ desa; Yoruba – Oyigi; Dendi - Kparoko natara
Burkina Faso : Bambara – Furakuna; Moré - Kaan-nao; Dioula - Timitimi
Ghana : Moore - Niba
Mali : Bambara : Tôri tèkè
Niger : Haoussa - Goshin ba’ana ; Yorouba - Abilere
Nigeria: Yoruba – Abilere; Igbo - Agadi-isi-awo; Hausa - Zazargiwa mai yad’o
Sénégal : Manding- fura kuna

Description de la plante
Plante annuelle, glabre, à tiges ramifiées dressées prostrées, légèrement aromatique, 30 cm
environ de hauteur. Feuilles alternes, bi ou tri pennatiséquées, 3 à 5cm de longueur sur 2,5 à
4cm de largeur. Le contour général du limbe est triangulaire, de 3 cm à 5 cm de long et d’une
largeur équivalente. Les lobes sont mucronés au sommet et chacun porte une nervure médiane.
Le pétiole varie de 2 cm à plus de 4 cm. Les inflorescences sont jaune vif, axillaires et
terminales, les capitules sont portés par des pédoncules de 0,5 à 6 cm de long; bractées
involucrales en 1 ou 2 séries; 8 à 12 fleurons périphériques jaunes ou jaune orangé, à ligule
bidentée; fleurs jaunes internes. Akènes ailés, de 2 à 5 mm de long. Cette plante annuelle a une
tige mince d’environ 15 cm et des feuilles en petit nombre, coupées et alternées (Chapano et
Mugarisanwa, 2003).

xxxvi
A, B, C : partie aérienne de Chrysanthellum indicum

xxxvii
Numéro du spécimen de l’herbier
Bénin : 2349 (AP).
Burkina Faso : BUR-285 (OUA); 785 (OUA), CNSF-645.
Côte d’Ivoire : 19483 (CNF).
Mali : 806/DMT.
Nigeria : KASU/PCG.091.
Sénégal : IFAN 187.

Habitat et répartition géographique


Originaire d’Amérique tropicale, Chrysanthellum pousse à l’état sauvage en Afrique et en
Amérique du Sud. Espèce pantropicale rudérale, représentée en Afrique tropicale et australe, à
Madagascar, en particulier dans la région soudano-guinéenne. On le trouve dans les basses
terres de la zone soudanienne. L’espèce est révélatrice de sols bien structurés et fertiles; préfère
généralement les sols avec des horizons supérieurs sableux (Le Bourgeois & Merlier, 1995). C.
indicum se multiplie facilement par graines. Les graines sont récoltées entre septembre et
octobre. Elles sont conservées dans des pots et semés à la volée au début de la saison hivernale.
L’espèce préfère les sols sableux.

Parties utilisées de la plante : Plante entière.


Autres parties utilisées : Fleur.

Caractéristiques botaniques
Chrysanthellum indicum se compose de la plante entière fraîche ou séchée de Chrysanthenum
indicum DC (Asteraceae), récoltée après la floraison.

Utilisations ethnomédicales
Chrysanthellum est un très bon hépatoprotecteur et est utile en cas d’intoxication alimentaire
ou alcoolique. Il aide aussi à soigner les cirrhoses et les hépatites virales. Chorélétique, cette
plante favorise la sécrétion de la bile, stimule le système digestif et joue un rôle détoxifiant.
Elle est antilithiasique et est particulièrement efficace contre les calculs rénaux et biliaires, dont
elle réduit la taille et facilite l’évacuation. Elle est aussi efficace contre les affections vasculaires
telles que les jambes lourdes, la couperose, l’artérite, les varices et les hémorroïdes. C’est un
hypolipémiant puissant, qui en association avec un régime alimentaire adapté, fait baisser le
taux de cholestérol.

xxxviii
Activités biologiques et pharmacologiques
Pratiquement inconnu il y a quelques décennies, C. indicum pourrait être un important remède
hépatovasculaire, doté d’importantes propriétés anti-lithiase, hypoglycémiante et anti-
inflammatoire. Il a également été démontré que C. indicum était hypolipidémique par rapport
au clofibrate utilisé comme médicament de référence, mais avec des résultats plus
spectaculaires sur les triglycérides que sur le cholestérol (Lievre et al., 1984).
Selon Nacoulma-Ouédraogo, (1996), la décoction de tiges feuillées est utilisée pour traiter la
gonorrhée, la fièvre jaune, la jaunisse hématurique, la dystonie, l’alcoolisme, l’anurie, le
paludisme, les calculs biliaires, les coliques rénales, la lithiase urinaire, la dyspepsie et les
fermentations intestinales. Le chrysanthelle agit sur la microcirculation des capillaires et traite
ainsi les jambes lourdes, la rosacée et les troubles rétiniens. Une étude des propriétés
vasculotropes de la plante a été montré qu’elle n’était que légèrement active, chez le rat, bien
que supérieure à la rutine et à ses dérivés, les résultats chez l’homme étaient significativement
meilleurs (Glawe, et al. 1979; Lievre et Guillot, 1983).. L’action de C. indicum est similaire à
celle de la vitamine P, associée à une activité vasodilatatrice, agissant directement sur la paroi
vasculaire (Ghédira and Goetz, 2017). L’activité antiœdémateuse, évaluée chez le rat, était
plutôt faible lorsque le médicament était administré par voie orale, mais elle s’est avérée
supérieure à celle de la phénylbutazone et de l’aspirine administrées par voie péritonéale
(Glawe et al, 1979) .L’activité anti-émétique est assez faible lorsque le médicament est
administré par voie orale (Lievre et Guillot, 1983; Glawe et al., 1979, Combier et al., 1977).
L’administration de C. americanum par voie intraveineuse a produit des effets hypoténiques
et bradycardiques (Lievre et Guillot, 1983). Une contraction dépendante de la concentration
du jéjunum de lapin, de l’iléon de cobaye et du duodénum de rat a été produite par un extrait
aqueux de C. indicum DC. (sous-espèce Afroamericanum B.L. Turner). La contraction
évoquée par l’extrait a été supprimée par l’atropine mais n’a pas été atténuée par la
mépyramine et la pirenzépine. Ces actions suggèrent la présence de constituants dans l’extrait
dont l’action est médiée par les récepteurs muscariniques. La DL50 intrapéritonéale de
l’extrait chez la souris était de 282,2 ± 5,2 mg / kg (Amos et al, 2000). L’extrait aqueux de C.
indicum (CI) a été étudié sur l’activation et la mobilisation du calcium en utilisant la veine
porte de rat. L’extrait a montré une contraction dépendante de la concentration de la veine
porte. Le KCl, la norépinéphrine et la chloride (CI) ont provoqué une contraction prolongée
de la veine porte. Les contractions évoquées par ces agents ont été réduites de manière
significative en milieu sans Ca (avec EDTA). Les temps jusqu’au pic de KCl, de NA et de CI
étaient similaires dans le PSS normal, mais dans le milieu sans Ca, les temps jusqu’au pic de

xxxix
KCl et de CI ont été considérablement augmentés. Les contractions induites par CI ont été
bloquées par le vérapamil, mais non inhibées par le chlorpropamide et la prazosine. Il a été
suggéré que l’extrait aqueux de CI utilise des pools de calcium extracellulaires pour
provoquer une réponse contractile qui pourrait être médiée par l’activation de canaux
sensibles au potentiel (Amos et al., 2003). L’extrait méthanolique de C. indicum Linn. a été
étudié pour ses effets comportementaux sur l’activité motrice spontanée, l’activité stéréotypée
induite par l’amphétamine et l’apomorphine, l’hypnose induite par le pentobarbital, l’activité
exploratoire et la catalepsie induite par l’halopéridol chez la souris et le rat. En fonction de la
dose et du temps, l’extrait diminuait de manière significative l’activité motrice spontanée
(AMS) et le comportement stéréotypé induit par l’apomorphine et l’amphétamine
antagonistes. Le sommeil induit par le pentibarbitone n’a pas eu d’effet, mais il a
significativement prolongé la durée du sommeil induit par le pentobarbitone et augmenté la
dose et le temps de catalepsie induite par l’halopéridol. L’activité exploratoire a diminué chez
la souris et n’a eu aucun effet sur la coordination motrice. Les résultats ont montré que
l’extrait au méthanol de C. indicum contient une ou plusieurs substances psychoactives ayant
des propriétés antipsychotiques potentielles. La Dl50 chez la souris, les valeurs de toxicité
aiguë intra-péritonéale et orale s’élevaient respectivement à 288,5 et 2154 mg / kg de poids
corporel (Yaro et al., 2007). L’effet de l’extrait méthanolique sur les niveaux de glucose dans
le sang des rats Wistar rendus diabétiques par l’alloxane a été étudié aux doses 100, 200 et
400 mg / kg administrées par voie intrapéritonéale. Il n’y avait pas de différence significative
à 1 jour par rapport au contrôle négatif. Cependant, après 3, 5,7 et 9 jours d’administration de
l’extrait, il y avait une diminution significative (p <0,05) du taux de glucose pour les trois
doses par rapport au contrôle négatif (solution saline normale). Trois doses d’extraits
administrés ont montré des effets hypoglycémiants et antihyerglycémiants (P <0,05) chez le
rat Wistar (Tanko et al., 2011).

Données cliniques
Une étude chez l’homme sur l’effet hépatoprotecteur de C. indicum a montré une amélioration
significative de la fonction hépatique (Lievre et Guillot, 1983). Lorsque plusieurs patients
atteints de lithiase (lithiase de cystine) étaient traités avec des extraits de Chrysanthellum, les
patients chroniques ne présentaient aucune rechute après huit (8) mois de traitement (Becchi et
al., 1979). C. indicum a un effet bien documenté sur la perméabilité de la paroi vasculaire et
une augmentation de la résistance mécanique des capillaires. L’efficacité et la sécurité d’une
crème contenant l’extrait d’Index 1% de C. indicum aux propriétés de la vitamine P pour le

xl
traitement de l’acné rosacée a été étudié. L’étude a inclus 246 patients présentant une rosacée
modérée diagnostiquée cliniquement. Les patients ont été répartis au hasard en groupes de
crème à base d’extrait de C. indicum (n = 125) et de groupe placebo (n = 121). Les patients ont
appliqué la crème sur leur visage pendant 12 semaines deux fois par jour. Les patients ont été
examinés à la fin de chaque période de 4 semaines. Aux jours 0, 28, 56 et 84, les scores de
gravité globale de l’érythème, de la surface de l’érythème et de la rosacée ont été enregistrés.
Le traitement avec la crème à base d’extrait de C. indicum a entraîné une amélioration
significative (P <0,05) de la gravité de l’érythème. Les scores de l’évaluation de l’efficacité
globale par l’investigateur et le patient étaient suggestifs (P = 0,046 et P = 0,001,
respectivement) par rapport aux scores placebo. Les réactions indésirables n’étaient pas
différentes de celles observées avec le groupe placebo. Il a été conclu que la crème à base
d’extrait de [Link] est un agent topique efficace et bien toléré pour le traitement de la
rosacée modérée. Le mode d’action de l’extrait suggère qu’une efficacité supplémentaire
pourrait être attendue de la combinaison avec d’autres traitements topiques (Rigopoulos et al.,
2005).

Constituants chimiques
Flavonoïdes : apigénine, acacétine-7-O-bêta-D-glucopyranoside et apigneine-7-O-bêta-
Dglucopyranoside (Lu et autres, 2009), chrysanthellins A et B, maritimétine, marin, chrysenol
(Momoh et Idris, 2014), ériodictyol et flavonomarine,saponosides, acide caféique tels que acide
chlorogénique, acide caféique et acide quinique, huile essentielle (chrysanthénone) ; alcaloïdes,
stéroïdes (Van Der Ploeg et Heuvelink 2006).
CH 3 OH

HO O
CH 3

CH 3 CH 3 CH 3

OH O

HO
H 3C CH 3

Apigenine Chrysenol

xli
OCH 3

H 3 CO O O
O
OH

HO OH
O
OH OH O Chrysanthenone
Acacetin-7-O-beta- D-glucopyranoside

Test d’identité et de pureté


Teneur en humidité : séchée à l’air une poudre grossière ne perd pas plus de 7,3% (feuilles) à
105oC.
Cendre totale : pas plus de 05,4% (feuilles), de
Cendre insoluble dans l’acide : pas plus de 0,5% (feuilles),
Substances extractibles par l’eau : pas moins de 08,0% (feuilles),
Substances extractibles par l’éthanol (70%) : pas moins de 08,0% (feuilles).

Empreintes chromatographiques
Chromatographie sur couche mince
Préparation : environ 5 g de la partie aérienne en poudre ont été extraits à l’acétate d’éthyle
par macération à froid, filtrés et le filtrat concentré à un petit volume. Une petite tache a ensuite
été appliquée sur la plaque CCM pour analyse.
Conditions chromatographiques : CCM analytique sur gel de silice G60 F254, couche de
0,25 mm dans de l’hexane / acétate d’éthyle (7: 3) en tant que phase mobile.

Détection : visualisée en plein jour après pulvérisation avec des réactifs acide anisaldéhyde-
acide sulfurique (ligne 1) et vanilline-acide sulfurique (ligne 2) (Stahl, 1969), en chauffant à
110 ° C pendant 10 minutes.
Le chromatogramme CCM a montré cinq points saillants avec des Rfs de 0,83 (rose), 0,80
(violet), 0,70 (violet), 0,65 (jaune) et 0,59 (rose) lorsqu’on a pulvérisé à la fois de l’anisaldéhyde
et de la vanilline.

xlii
Chromatographie en phase liquide à haute performance

Préparation de l’échantillon
Environ 10 mg d’extrait hydroéthanolique de la partie aérienne de [Link] ont été
reconstitués dans 3 ml d’acétonitrile dans une fiole jaugée de 10 ml avec sonication pendant 17
minutes. Il a ensuite été dilué au volume avec la phase mobile dans des conditions
chromatographiques. Il a été centrifugé pour obtenir une solution de test limpide qui a ensuite
été filtrée à travers un filtre de 0,45 µm dans un flacon de CLHP et analysée.

Système chromatographique
Conditions chromatographiques optimisées
Mode : LC
Colonne : YMC ODS, 4.6 x 150mm, 5µm
Température de la colonne : ambiante - 30°C
Phase mobile : Acétonitrile : eau (60:40 v / v)
Mode d’élution : Isocratique
Volume d’injection : 20 μL
Débit : 0,5 ml / minute
Longueurs de détection : 230 nm, 254 nm et 278 nm.
Paramètres de compatibilité du système
Nombre de pics : 230 nm (1), 254 nm (2), 278 nm (2)
Temps de rétention : 230nm (rt1-2.20min), 254 nm (rt1-2.18min, rt2-2.44min), 278nm (rt1-
2.27min, rt2-2.54min)

xliii
Facteur asymétrique
230nm (af1-1.372), 254 nm (af1-1.426, af2-1.919), 278nm (af1-0.616, af2-1.440)
Facteur de queue : NMT 2.0
Efficacité : 230 nm (E1-67.16), 254 nm (E1-182.54, E2-366.21), 278nm (E1-420.54, E2-
1234.30)
Critères d’acceptation : Solution échantillon de l’extrait brut hydroéthanolique de C. indicum
DC.

La partie aérienne est conforme aux paramètres d’adéquation du système.

Chromatogramme CLHP IR-TF

Une petite quantité d’extrait hydro-éthanolique séché (70%) a été placée sur la zone
d’échantillon du spectromètre infrarouge à transformée de Fourier UATR Perkin Elmer et
analysée entre 4000 et 400 cm-1 avec un pouvoir de résolution de 4 cm. -1 et une limite
d’analyse cumulative de 24 fois. Les pics principaux sont apparus aux longueurs d’ondes
3279.29, 2927.86, 1567.13 et 1370.80 cm-1.

xliv
Microscopie
Matériel végétal en poudre
Le matériau en poudre est de couleur marron, avec une odeur caractéristique des [Link]
poudre est caractérisée par de nombreux fragments de pétales de la fleur présentant des cellules
épidermiques hexagonales avec de nombreux prismes d’oxalate de calcium de forme
irrégulière, d’autres fragments montrant des rangées de canaux ressemblant à des tubes contenu
entrecoupé de rangées de cellules claires; fragments de filaments d’étamines à grosses cellules
rectangulaires à parois sombres. De nombreux fragments de pétiole de feuilles et de fleurs
montrant des groupes de fibres et des vaisseaux annulaires et spiralés ; fragments de trichomes
montrant des trichomes appariés unisériés avec un sommet aigu; les fibres sont isolées et
groupées, elles sont unicellulaires et ont un sommet aigu; fragments de la tige herbacée
montrant un faisceau vasculaire central en coupe longitudinale entouré de cellules
parenchymateuses rectangulaires

Actions thérapeutiques
Antipsychotique, antithénique, hypolipidémique, hépatoprotecteur.

Indications thérapeutiques
Insuffisance de la sécrétion biliaire ; intoxications hépatiques d’origines diverses ; troubles
digestifs dus aux excès alimentaires ou alcooliques ; pré-cirrhose, cirrhose compensée ; lithiases
; affections rétiniennes ou choroïdiennes d’origine vasculaire ; fragilité et perméabilité
vasculaires ; entéro-colites ; rosacée ; problèmes circulatoires ; maladies neuropsychiatriques

Données de sécurité
La DL50 par voie orale a été estimée à plus de 3000 mg / kg chez le rat. Le traitement avec
l’extrait aqueux n’a pas affecté les systèmes nerveux central et autonome. Il n’ya eu aucun signe
de lésion du foie, des reins, du cœur, des poumons, de la rate, du thymus et des surrénales après
le traitement de doses de 0 à 1 000 mg / kg. L’extrait de C. indicum n’a pas eu d’incidence
significative sur le nombre de globules rouges ni sur les indices. Il n’a pas affecté le nombre
total de globules blancs mais la proportion de cellules MID dans le nombre de globules blancs
semblait avoir été augmentée. La numération plaquettaire chez les rats traités n’a pas changé.
Les marqueurs enzymatiques des lésions hépatiques, des protéines sériques et des taux de
bilirubine n’ont pas changé. Le temps de sommeil au pentobarbital n’a pas changé chez les
animaux traités à des doses allant jusqu’à 1000 mg / kg. Ce produit végétal semble être

xlv
relativement sûr à des doses normales. Les doses recommandées ne sont pas susceptibles
d’affecter les systèmes organiques de l’organisme.

Précautions d’emploi
En raison des lactones sesquiterpéniques, le Chrysanthellum est déconseillé aux personnes
allergiques aux plantes de la famille des astéracées (Honore-Thorez, 1985, Jung, 2005).

Effets indésirables
Nausées, vomissements, céphalées ou douleurs gastriques et colite biliaire bénigne.

Contre-indications
Chrysanthellum contre indiqué chez les enfants de moins de 6 ans, les femmes enceintes ainsi
que les personnes souffrant de dyspepsie biliaire.

Forme galénique
Poudre, décoction, infusions, teintures, crèmes.

Dosage
Décoction : 30 g de matière végétale séchée dans 900 ml d’eau ; laisser mijoter jusqu’à
réduction à 600 ml ; 1 à 3 cuillères à soupe par jour
Infusion : 30 g de partie aérienne séchée dans 600 ml d’eau ; 3-4 tasses de thé par jour Teinture
: 1:5 45 % d’alcool frais, prendre 5 ml trois fois par jour.

Conservation
A conserver dans un endroit frais et sec, à l’abri de la lumière.

xlvi
SERMENT DE GALIEN

Je jure, en présence des maîtres de la faculté, des conseillers de l’ordre des pharmaciens et de

mes condisciples ;

D’honorer ceux qui m’ont instruit dans les préceptes de mon art et de leur témoigner ma

reconnaissance en restant fidèle à leur enseignement ;

D’exercer dans l’intérêt de la santé publique ma profession, avec conscience et de respecter non

seulement la législation en vigueur mais aussi les règles de l’honneur, de la probité et du

désintéressement ;

De ne jamais oublier ma responsabilité et mes devoirs envers le malade et sa dignité humaine.

En aucun cas, je ne consentirai à utiliser mes connaissances et mon état pour corrompre les

mœurs et favoriser les actes criminels ;

Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.

Que je sois couvert d’opprobre et méprisé de mes confrères si j’y manque.

Je le jure !!!

xlvii

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