Dissertation philosophique
corrigée
Sujet :La philosophie s’oppose-t-elle à la
religion ?
Fondée sur la fois, la religion est une pratique
essentiellement centrée sur le dogme. A la différence
de celle-ci, la philosophie est une discipline
intellectuelle qui remet en question toute les
certitudes. C’est sans doute, la raison pour laquelle on
se demande si la philosophie s’oppose à la religion. En
quoi la philosophie est-elle contre la religion ? Ne
peuvent-elles pas être complémentaires ? Pour une
bonne analyse du problème du sujet, nous
montrerons d’abord que la philosophie peut
entrer en conflit avec la religion et, ensuite nous
montrerons qu’elles peuvent, dans certaines
conditions, se compléter.
On peut penser que la philosophie et la religion
s’opposent. Autrement dit, il est bien possible de
considérer que la philosophie et la religion
peuvent entrer en conflit. C’est d’ailleurs, ce qui
pousse certains à penser que la réflexion
philosophique est incompatible avec la croyance
religieuse ou la foi en Dieu. Plusieurs raisons
peuvent justifier une telle opinion. Parmi ces
derniers on a les principes et la démarche de
chacune de ces deux domaines.
Du point de vu de leurs principes ou de leurs
fondements la réflexion philosophique et la
religion s’opposent parce que la religion considère
que l’esprit humain est borné et sous ce rapport là
vérité doit lui être donnée par la révélation
surnaturelle. Or, « l’idée d’une vérité inaccessible
naturellement à l’esprit humain est absolument
inconcevable par la philosophie qui repose sur le
principe diamétralement opposé selon lequel la
pensée ne doit rien admettre comme vrai qui n’ait
été saisi comme tel par la pensée.» Ce propos de
Marcien Towa, illustre à bien des égards l’idée
que la philosophie s’oppose à la religion.
En effet, cette opposition liée à leurs principes
s’expliquent essentiellement par le fait que la
religion n’admet que l’autorité des dogmes issus
de la révélation surnaturelle et de la tradition là
où la pensée philosophique n’admet que l’autorité
de la raison. Donc, du point de vu de leurs
fondements, la philosophie et la religion semblent
bien opposer. Du point de vu de leurs démarches
aussi, la philosophie et la religion semblent
s’opposer l’une à l’autre. Car dans le cadre du
culte, la religion s’oppose à l’exercice du doute qui
semble éloigner l’homme de la religion, de la
vérité et de la foi. C’est d’ailleurs ce pourquoi
Pierre Joseph Proudhon affirmait que : «Douter
ou philosopher aux yeux de la religion, c’est être
dans la disposition prochaine de ne plus croire.»
Ceci pour dire l’exercice philosophique du doute
est une cause potentielle de l’incrédulité et de
l’athéisme philosophique. Or, dans le cadre de la
pratique philosophique, le doute radical et
l’examen critique approfondie constituent la
condition sans laquelle l’esprit humain ne peut
découvrir la vérité. Sous ce rapport, la vérité de la
révélation surnaturelle semble également
s’opposer à la vérité de la raison. Au regard de
toute ces considérations liées aux fondements et à
la démarche de la philosophie et de la religion, il
ressort que les deux domaines ne s’accordent pas.
Mais reconnaître que dans leurs principes et dans
leurs démarches ces deux domaines s’opposent
doit-il conduire à penser que l’une est réellement
l’ennemi de l’autre ? Parfois, la religion n’a-t-elle
pas besoin du soutien de la philosophie ? La
philosophie n’a-t-elle pas des fois une base
religieuse ? La philosophie et la religion peuvent
entretenir une complémentarité. Et dire que les
deux domaines sont complémentaires, c'est
accepter l'idée que la philosophie et la religion
peuvent collaborer et s'aider mutuellement. Or,
concevoir que celles-ci peuvent collaborer, c'est
admettre que l'idée d'une opposition radicale est
absolue entre la philosophie et la religion et à
relativiser car la philosophie peut-être une aide
indispensable à la religion. Pour mieux
appréhender la complémentarité possible entre
philosophie et religion, il convient de recourir à
l'histoire de l'évolution des religions révélées par
exemple, d'une part, mais aussi examiner le
contenu doctrinal de certaines philosophies
d'autres part.
Si nous tenons compte de l'évolution historique
des religions révélées telle que le Christianisme et
l'Islam, on peut s'apercevoir que la philosophie
n'est pas l'ennemie jurée de la religion. En effet,
dans le moyen âge Chrétiens, les pères d'Église
avaient utilisés la philosophie pour combattre
l'obscurantisme religieux et communiquer les
vérités de l'évangile. Ainsi, la réflexion
philosophique servait à éclairer, par le
discernement réfléchi, le sens profond des textes
religieux. C'est peut-être dans cette perspective
que Saint Thomas D’Aquin considérait que: «La
philosophie est la servante de la religion .» Ceci
pour dire que, aux yeux des pères de l'Église, la
philosophie est un instrument au service de la
théologie. Cette opinion apparaît, d'ailleurs, dans
le propos de Jean-Paul II où il affirmait: «L'église
voit dans la philosophie les moyens de connaître
des vérités fondamentales concernant à
l'existence l'homme en même temps, elle
considère à la philosophie comme une quête
indispensable pour approfondir l'intelligence de la
foi et pour communiquer la vérité de l'évangile.»
De ces considérations, il suit clairement que
philosophie et religion ne s'oppose pas. La
collaboration entre philosophie et religion
apparaît aussi dans la religion Islamique où Ibn
Rush montre clairement dans quelle condition la
collaboration entre philosophie et religion est
possible en affirmant que :«Si l'acte de
philosopher ne consiste à rien d'autre que dans
l'examen rationnelle des étants et dans le fait de
réfléchir sur eux en tant qu'ils constituent la
preuve de l'existence de l'Artisan [Dieu] (...), alors
il est évident que l'activité designer sous ce nom (
philosophie) est en vertu de la Loi Révélé, soit
obligatoire, soit recommandée.»
De même, Imam Al Ghazali considère que la
philosophie doit aider la religion dans sa quête du
sens divin. A ce propos, il affirme :« La quête du
sens divin n’exclue pas la raison. La raison peut et
doit aider à rendre intelligible le sens caché des
textes saints, à déchiffrer l’énigme de la parole et
à neutraliser les attaques portées contre la
religion.» Ceci pour dire que la philosophie fait
clairement comprendre les vérités sublimes de la
religion, mais aussi pour signifier que l’autorité de
la théologie emprunte toute sa clarté à la lumière
naturelle de la raison.
Du Point de vue de son contenu, il est très
fréquent que le discours philosophique baigne
dans une atmosphère religieuse. C’est en tout cas
ce qui apparaît dans la philosophie Platonicienne
qui manque de neutralité théologique, on ne peut
séparer ce qui relève de la philosophie de ce qui
relève de la religion sans détruire le contenu
doctrinal de sa pensée. On ne peut, par exemple
séparer l’idée philosophie de Platon d’un monde
intelligible de l’idée de croyance en l’immortalité
de l’âme.
Tenant compte de ces différentes considérations
liées à l’histoire des religions révélées et au fond
théologique du contenu doctrinal de certaines
philosophies, nous pouvons dire que philosophie
et religion sont des fois complémentaires.
En Somme, nous pouvons retenir, au terme de
notre analyse du rapport philosophie et religion
que les deux domaines s’opposent par leurs
principes et leurs démarches. Mais il reste évident
que par leurs histoires et leurs contenus, le
discours philosophique et le discours religieux se
sont complétés. En définitive, on peut dire que la
philosophie et la religion ne s’opposent pas à tout
point de vue.