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Organisation judiciaire marocaine expliquée

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ORGANISATION JUDICIAIRE

1ère Séance (23/02/2022)

LE PLAN :
➢ CHAPITRE I-PRINCIPES FONDAMENTAUX ➢ CHAPITRE V-PERSONNELS JUDICIAIRES : MAGISTRATS-MINISTĖRE
PUBLIC
➢ CHAPITRE II-JURIDICTIONS DE DROIT COMMUN
➢ CHAPITRE VI-AUXILIAIRES DE JUSTICE : AVOCATS-NOTAIRES-
➢ CHAPITRE III-JURIDICTIONS SPECIALISĖES ADOULS
➢ CHAPITRE IV-JURIDICTIONS D’EXEPTIONS ➢ CHAPITRE VII - LES FRAIS DE JUSTICE – ASSISTANCE JUDICIAIRE

❖ INTRODUCTION :
- Comment est organisée la justice ? => En TPI, cour d’appel, la cour de cassation (ou
cour suprême), juridictions spécialisées.
❖ EVOLUTION :
➢ Avant le protectorat :
- La justice de charia : traitement (par le Cadi) des affaires qui ont trait au droit musulman
(statut personnel, affaires immobilières).
- La justice du makhzen : s’intéressait aux affaires pénales, civiles et commerciales,
représentée par le Caïd et le Pacha.
- La justice coutumière : dans les régions berbères, où on refusait la justice de la charia ou du
makhzen.
- Tribunaux hébraïques : pour la communauté juive.
- Tribunaux consulaires : pour les étrangers.
➢ L’époque avant le protectorat :
Avant 1913 le système judiciaire marocain s’organisait selon plusieurs formes de justice. Tout
d’abord il se distinguait par l’application de la Charia (qui l’ensemble de règles qui constitue
le droit musulman, ainsi le Cadi juge de droit commun nommé par le Sultan s’occupait
seulement des affaires immobilières et le statut personnel). A coté de la justice de la Charia,
existe aussi la justice du makhzen, qui avait progressivement réduit le domaine de la Charia
(le Pacha ou le Caïd représentaient le pouvoir central, s’occupaient des domaines pénal, civil
et commercial), sans oublier la justice prédominante dans les régions berbères qui avait un
caractère coutumier et arbitraire. En fin, il y avait des tribunaux consulaires qui
s’intéressaient aux affaires des étrangers et les tribunaux hébraïques qui s’intéressaient aux
affaires des juifs marocains.
➢ Pendant le protectorat : – Fin de la justice consulaire – Réorganisation des juridictions
chérifiennes.
➢ Après l’indépendance :
– Institution des tribunaux – Naissance de la cour suprême 1957
– Arabisation et unification du système judiciaire (1965)
– Le dahir (portant loi N° 1-74-338) du 15 juillet 1974 fixant l'organisation judiciaire
– Le dahir portant loi no 1-93-205 du 10 septembre 1993 modifiant le dahir de 1974
– Institution des tribunaux administratifs par la loi n° 41-90 du 12/07/1991, promulguée par le
Dahir de 1993, des tribunaux commerciaux en 1996, les cours d’appel administratives en 2006,
les tribunaux de la famille en 2004.

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2ème séance (01.03.2022)

➢ CHAPITRE I-PRINCIPES FONDAMENTAUX

❖ La justice et le service public


1- La justice :
• Avant le protectorat : principe de collégialité
• Réforme de 1974 : le principe de l’unicité
• Réforme de 1993 : collégialité.

• La collégialité :
Avantages : la collégialité permet au magistrat de se former et d’enrichir sa réflexion au
contact de ses collègues. Il lui assure en outre une protection qui garantit la sérénité des
délibérés et l’indépendance de la décision rendue. D’autre part, la collégialité assure au
justiciable une décision mesurée et équilibrée, peu susceptible d’avoir été influencée par la
non loyauté d’un juge doté d’une plus grande autorité.
✓ Il n’y a pas mieux que trois avis pour donner un bon verdict.
2- Le service public :
• La continuité :
Caractérisé par la continuité, la permanence (affaires urgentes) : L’article 7 du décret n°2-74-
498 du 16 juillet 1974 : « L’année judiciaire commence le 1er Janvier et s’achève au 31 décembre,
les juridictions siégeant sans interruption, les congés des personnels tant magistrats que
greffiers devant être organisés de telle sorte que les audiences ne subissent ni interruption, ni
retard ».
• L’inspection : pour assurer le bon fonctionnement de l’administration, le respect de la loi,
s’assurer que les magistrats font correctement leur travail, appliquent bien les règles de droit
et ne touchent pas à la corruption.
➢ Inspection centrale :
• Le bureau d’inspection au ministère de la justice : sa mission est l’investigation
et le contrôle. Il est amené à établir des rapports.
➢ Inspection hiérarchisée : 1er président de la cour de cassation exerce du contrôle sur
le 1er président de la cour d’appel qui à son tour exerce le contrôle sur le président du
TPI.
L’inspection est établie par les inspecteurs du ministère public qui ont pour rôle de surveiller,
de contrôler le travail effectué par les juges : respect des délais de procédures, s’ils n’ont pas
été corrompus. Un rapport objectif sera directement transmis au ministre de la justice qui
s’occupera des sanctions (disciplinaires, dégradation, mutation, suspension).
- LA GARANTIE D’UNE BONNE JUSTICE :
➢ La légalité : tous les justiciable sont égaux devant la loi.
N.B : Procédure pour déposer une requête : le demandeur se présente au secrétariat greffe
pour déposer un écrit ou fait une déclaration verbale. Le greffier constate par PV tous les
éléments de la requête (noms, prénoms du demandeur (‫ (الداعي‬et du défendeur (‫(المدعى عليه‬,
cause de litige…) et délivre après l’enregistrement de la requête un récépissé (comportant une
date pour son classement) au demandeur qui doit payer la taxe judiciaire.

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➢ La gratuité :
Le principe est qu’on ne paie rien. Cependant, le justiciable paye indirectement à travers : les
taxes judiciaires, les honoraires des avocats, le paiement de l’expertise (devant l’incompétence
du juge, on fait appel à un expert ou un médecin assermenté, les frais de cette expertise est
supportés généralement par la personne lésée selon l’adage : celui qui se prévaut du dommage
doit en prouver l’existence. En cas de gain du procès, c’est l’autre partie qui doit payer).
➢ L’impartialité (loyauté, la neutralité, objectivisme) : garantie par la formation
collégiale.
➢ La règle du double degré de juridiction : le recours en appel pour une réforme ou
modification du jugement.

CHAPITRE II : LES JURIDICIONS DU DROIT COMMUN


Les juridictions du droit commun ont une compétence générale pour statuer sur tout type de
litige dans toutes les matières, sauf lorsqu’une compétence spéciale est expressément
attribuée à une autre juridiction (TPI, cour d’appel, cour suprême).
- I-COMPĖTENCE TERRITORIALE (art 27, 28, 29 C.P.C)
A-PRINCIPES
D’après l’article 27 du C.P.C, le demandeur intente une action devant le tribunal du
défendeur. Si, le défendeur n’a ni domicile, il pourra être traduit devant le tribunal du
domicile ou de la résidence du demandeur.
B- EXCEPTIONS (13 exceptions voir pages : 16-17-18 du cours)
- Le Tribunal de 1ère Instance (70 au Maroc).
- Les juridictions communales et d’arrondissement (abolies en 2011).
- Les juridictions de proximité.
❖ Abolition des juridictions communales et d’arrondissement et substitution par les
juridictions de proximité :
La loi 41-10 du 17/08/2011 : les juridictions communales et d’arrondissement ont été abolies et
a pris leur place les juridictions de proximité qui sont installées aux TPI et aux centres de
proximité (‫)مراكز القضاة المقيمين‬.
En effet, la création de sections aux affaires de proximité constitue un pas important pour
résoudre les litiges ne dépassant pas 5000 dhs, procédure qui facilite la phase de notification
et d’exécution. Les débats ont lieu en la présence d’un juge unique et sans la présence du
ministère public. C’est une procédure orale, simple et se caractérise par la gratuité et
l’exonération du paiement de la taxe judiciaire.
Les matières concernées sont celles qui ont trait aux affaires personnelles )‫ (النزاعات الشخصية‬et
mobilières, à l’exception des affaires relatives à l’immobilier, à la famille, aux affaires sociales
et l’expulsion.
Les jugements sont définitifs et ne sont susceptibles d’aucun appel. En cas de vise de forme, il
y a possibilité d’annuler le jugement dans un délai de 8 jours. Le président du TPI dispose
d’un délai de 15 jours pour statuer sur la demande en annulation de jugement.
La philosophie de la création des juges de proximité est de rapprocher la justice aux
justiciables éloignés des tribunaux.
La durée entre le dépôt de la demande ou de la requête et la fin du procès ne peut excéder 2
mois. Les sections de la justice de proximité sont étendues sur 145 TPI et centres de
proximité.

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3ème séance (08.03.2022)
➢ LE TRIBUNAL DE 1ERE INSTANCE

• Juridiction de 1er degré, de 1er recours, préliminaire – 66 tribunaux répartis sur le


Royaume – il statut en collégialité – formé de magistrats professionnels
• Composition : Président, juges ou juges suppléants, le ministère public, le greffe, le
secrétariat du parquet.
• La valeur du litige : 3000 dhs.
• La présence du ministère public n’est pas obligatoire, sauf s’il est partie principale et
en cas des affaires pénales.
• Le président du tribunal : sa mission est focalisée sur la direction et le contrôle de tous
les services et en raison de ses taches il ne siège que dans certains cas où il rend des
ordonnances sur une requête et des ordonnances sur référé comme il peut déléguer ses
pouvoir à l’un des magistrats les plus anciens.
NB : les ordonnances sont des jugements provisoires, rendues d’une manière rapide dans des
situations d’urgence, des jugements en référé. Exp : la pension alimentaire. Elles ne sont pas
définitives et sont susceptibles de recours en appel (réexamen).

➢ LA COUR D’APPEL :
• Juridiction de 2ème degré – 1er président – la présence du ministère public est
obligatoire représenté par le procureur général du Roi.
• 21 cours d’appel réparties sur le royaume – composées de magistrats répartis en
chambres – jugement en collégialité.
• Missions : réexamen sur les points de fait et les points de droits (de fond). L’article 24
du Code de procédure civile : « Sauf dispositions légales contraires, les Cours d’appel
connaissent des jugements des tribunaux de première instance ainsi que des appels
des ordonnances rendues par leurs présidents »
* l’Evocation (page 24 ne fait pas partie de l’examen).
• Le Premier Président de la Cour : peut dans tous les cas d’urgence, ordonner en référé
au cours de l’instance d’appel, toutes les mesures qui justifie l’existence d’un litige. Il
peut également ordonner l’exécution provisoire (art 149, al 3 C.P.C), surtout dans les
affaires relatives à la pension alimentaire, où il n’y a pas lieu d’attente.

➢ LA COUR DE CASSATION :
• Mission : s’assurer que les droits ont été bien appliqués.
• La cour suprême est devenue cour de cassation conformément à la loi 58-11 du
26/10/2011 (dernier amendement de l’organisation judiciaire du dahir du 15/07/1974).
• Elle est placée au sommet de la hiérarchie – contient toutes les chambres (civile,
commerciale, administrative, sociale, pénal)
• Les arrêts sont rendus par cinq magistrats.
NB : On parle d’Arrêt de jurisprudence lorsqu’il y a absence de texte de loi, il vient combler un
vide juridique, en prononçant un jugement qui va faire foi d’un texte juridique ou une règle de
droit (exp : affaire de filouterie de 1800).
• La cour de cassation recueille tous les jugements des arrêts de jurisprudence qui
peuvent émaner des cours d’appel et des tribunaux.
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• MISSION :
✓ Veiller à l’exacte application (contrôler l’application des règles de droit) de la loi et d’assurer
l’unité de jurisprudence (recueillir tous les arrêts de toutes les juridictions). Elle ne juge pas les
faits du procès qui lui est soumis mais plutôt les questions de droit soulevées par ces
faits et vérifie par la même occasion si les tribunaux et Cours d’appel ont bien appliqué
la règle de droit et qu’ils n’ont pas violé la loi.
✓ Toute décision rendue en dernier ressort des TPI et des cours d’appel peut faire l’objet
de cassation.

CHAPITRE III : LES JURIDICTIONS SPECIALISEES

➢ LES JURIDICTIONS ADMINISTRATIVES :


✓ ont vu le jour en 1993 (la loi 41-90).
✓ les parties : l’Etat et les particuliers (exp :un hôpital public et une victime d’une erreur
médicale).
✓ compétences : Les litiges relatifs aux contrats administratifs et les litiges électoraux.

NB : La partie : "b-Compétence exclusive reconnue à la C.S et au tribunal

administratif de Rabat" page 29 du cours ===>> à supprimer.

 La cour d’appel administrative :


✓ Fonctionnement :
Le premier président à l’instar de son homologue des juridictions du deuxième degré
ordinaires statue en qualité de juge des référés suivant la procédure d’urgence, par
ordonnance lorsque la Cour est saisie du litige au fond (touchant le droit) par voie d’appel.
Toutefois, du fait que l’article 6 ne le précise pas, le premier président ne peut statuer en tant
que « juge sur requête », ce qui constitue une limitation de ces attributions en cas d’urgence.

➢ LE TRIBUNAL DE COMMERCE
✓ Les juridictions commerciales ont été créés par le Dahir n°1-97-65 du 12 février 1997 portant
promulgation de la loi n° 53-95 et entrées en vigueur en mai 1998.
✓ Au Maroc : 08 tribunaux de commerce – 03 cours d’appel de commerce.

CHAPITRE IV : LES JURIDICTIONS D’EXCEPTION


➢ Quatre juridictions d’exception :
• LE TRIBUNAL MILITAIRE PERMANENT DES FAR :
✓ La seule juridiction d’exception qui fonctionne depuis 2011). Cette juridiction
est régie par la loi du 06/10/1992 et dotée pour juger les crimes commis par les militaires
ainsi que la sûreté nationale.
✓ Composition : 04 juges militaires et 01 juge civil.

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✓ La réforme suite aux événements de GDIM IZIK de 2011 :
Vingt-cinq militants sahraouis avaient été condamnés, en février 2011, à des peines
allant de 02 ans à la perpétuité, par le tribunal militaire de Rabat. Ils étaient accusés de
meurtre de 11 membres des forces de l’ordre lors du démantèlement du camp de GDIM IZIK
en 2010. AMNESTY International et Human Rights Watch avaient durement critiqué le
procès. La loi est sortie stipulant que les civils, quelque soit leur qualité et la nature de
l’infraction commise par eux en temps de paix, ne peuvent nullement être déférés aux
juridictions militaires ou jugées par elles. Ainsi, il est interdit aux tribunaux militaires de
juger des civils et les militaires peuvent être jugés par des juridictions civiles pour des affaires
pénales. Cette réforme constitue l’une des réformes judiciaires les plus importantes depuis le
règne du Roi Mohammed VI.
• LES TRIBUNAUX MILITAIRES EN TEMPS DE GUERRE.
À la différence du Tribunal militaire permanent qui est une juridiction unique, les tribunaux
militaires en temps de guerre sont multiples.
- Composition : -Juges militaires -Officier de l’armée (présidence).
- Compétence : -Juger les militaires jusqu’au grade de lieutenant-colonel.
• LA HAUTE COUR ABOLIE.
Elle est instituée par la loi 63-00. La Haute Cour est composée de magistrats professionnels et
de magistrats parlementaires. Elle a pour attribution de juger les crimes commis par les
membres du gouvernement.
La Haute Cour qui avait auparavant compétence pour juger les crimes commis par les
membres du gouvernement n’existe plus depuis l’adoption de la Constitution du 29 juillet
2011. Désormais, les hauts fonctionnaires de l’État ainsi que les membres du gouvernement
sont poursuivis devant les juridictions de droit commun.
• LA COUR SPECIALE DE JUSTICE ABOLIE.
Il convient de signaler que la Cour Spéciale de Justice qui comptait parmi les juridictions
d’exception, instituée par Dahir portant loi n° 1-72-157 du 6 octobre 1972 tel qu'il a été modifié
et complété, pour réprimer les crimes de concussion, corruption, trafic d'influence et
détournement commis par des fonctionnaires de l’Etat, n’a plus d’existence ayant été abolie
par Dahir n°1-04-129 du 15 septembre 2004.

Séance du 05.04.2022

CHAPTRE V LE PERSONNEL JUDICIAIRE : MAGISTRATS ET


MINISTĖRE PUBLIC
❖ DÉFINITION : Un magistrat est au sens strict, une personne appartenant au corps
judiciaire, exerçant la profession de rendre la justice. Au Maroc, On parle de deux types de
magistratures :
➢ La magistrature du siège dite assise est composée de magistrats dont le Conseil
supérieur de la magistrature est censé garantir l'indépendance vis-à-vis des autres
pouvoirs publics.
C'est l'ensemble des magistrats chargés de rendre la justice et bénéficiant de l'inamovibilité ;
elle est appelée magistrature du siège parce que ces magistrats exercent leurs fonctions en
restant assis.

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➢ La magistrature debout ou Ministère public ou encore parquet par opposition aux
magistrats du siège, est l'autorité principalement composée de magistrats, chargée de
défendre l'intérêt de la collectivité et l'application de la loi. Le ministère public exerce
l'action publique pour les infractions pénales causant un trouble à l'ordre public.
 Distinction entre les deux : Inamovibilité de la magistrature de siège vs movibilité de la
magistrature debout.
➢ Le ministère public

• La présence du procureur du roi ou ses substitues au niveau du TPI est facultative en


matière civile. Il n’est obligatoire que s’il est partie principale au dossier (en matière
pénale).

• La présence du Procureur général du roi ou ses substitues au niveau de la cour d’appel est
obligatoire et assez souvent les avocats généraux.

• Le ministère public au niveau de la cour suprême est composé du procureur général du


roi, du 1er avocat général est des avocats généraux.
❖ LES CARACTERISTIQUES
 Hiérarchie
- Les magistrats forment un corps organisé hiérarchiquement. Au sommet de la
pyramide, il y a le Ministre de la justice qui est le représentant du gouvernement.
Le Procureur général du Roi en tant que supérieur hiérarchique adresse les
instructions qu’il a reçu du Ministre de la justice au Procureur général près la Cour
d’appel, qui à son tour adresse des instructions au Procureur du Roi près le tribunal
de première instance.
- Le ministre de la justice contrôle tout ce qui se passe au niveau du ministère public.

- Les procureurs généraux nommés au niveau de la cour suprême ont un rôle important dans le
contrôle des autres procureurs, pour s’assurer du bon fonctionnement des procès.
- Cette hiérarchie permet de cadrer l’abus de pouvoir (contre les déviations).

- + Le rôle du président du ministère public dans le contrôle.

• [b1]Movibilité de la magistrature debout :

- Une fois nommés, les magistrats debout peuvent être mutés ou déplacés. Et cette
mutation n’est pas regardée comme une sanction.

- vs inamovibilité de la magistrature du siège.

• Indivisibilité :
- Chaque magistrat peut représenter le Ministère public. C’est un corps indivisible
et uni. Les membres du ministère peuvent se faire remplacer les uns les autres dans
les procès occupant plusieurs audiences.
 Ils peuvent être substitués lors des audiences dans une même affaire.
- vs la magistrature assise n’est pas un corps indivisible, le magistrat ne représente que sa personne
et ne peut être remplacé.
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• Indépendance : (=> la conséquence de la movibilité et l’indivisibilité)
- Vis-à-vis des magistrats : les magistrats debout sont indépendants de la magistrature assise et ne
sont pas influencés par elle, ils sont là pour défendre l’intérêt général et l’ordre public.
Bien que dépendant du gouvernement, le Ministère public reste indépendant à l’égard des
juridictions, en ce sens qu’il ne peut recevoir ni blâme ni injonction des magistrats du siège (=>
indépendance totale).

- Vis-à-vis des justiciables


Le ministère public est aussi indépendant à l’égard des justiciables. Ces derniers ne peuvent
récuser un substitut du Procureur du Roi comme ils peuvent le faire à l’égard des magistrats
assis.
- VS les magistrats assis peuvent être récusés s’il y a lieu d’un lien de parenté entre eux et l’un des
justiciables.

❖ MINISTERE PUBLIC PARTIE PRINCIPALE EN MATIÈRE CIVILE


1-Définition :
Il est exceptionnel en matière civile que le ministère public agisse comme partie principale.
Dans ce cas, il joue le même rôle qu’une partie, soit comme demandeur, soit plus rarement
comme défendeur (art 7 C.P.C).
2-Conséquence de l’action du ministère public comme partie principale
-Il ne peut être récusé ;
-Il prend la parole comme le fait un plaideur, le premier s’il est demandeur, le second s’il est
défendeur ;
-Il peut interjeter appel ou se pourvoir en cassation mais ne peut former opposition (art 7
C.P.C) ;
-S’il succombe, il est condamné aux frais, la partie gagnante supportant les siens.

CHAPITRE VI LES AUXILIAIRES DE JUSTICE


I- LES AVOCATS :
A-DÉFINITION
L’article 1er du Dahir du 10 septembre 1993 portant loi n°1-93-162 organisant l’exercice de la
profession d’avocat la définit : « étant une profession libérale et indépendante qui assiste l’administration
de la justice pour rendre la justice ; les avocats font dans ce sens partie de la famille judiciaire ».

Historique :
 La profession des robes noirs a connu une réforme qui a touché le statut des avocats. En effet,
cette réforme a été régie par la loi 28-08 du dahir N°1-08-101 du 20 octobre 2008 publie au
bulletin off N° 5680. Ce texte législatif édicte l’ensemble des règles relatives à l’organisation
de la profession d’avocat.

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Séance du 12.04.2022

➢ Les réformes de La profession d’avocat : Dahir de 18 mai 1959, le décret royal portant loi n° 816-
65 du 19 décembre 1968, le Dahir du 8 novembre 1979, le Dahir du 10 septembre 1993. Ce dernier
dahir a été abrogé par le dahir portant la loi 28-08 de 2008. Ce dernier régit actuellement la
profession d’avocat.
➢ Malgré son abrogation, on garde certaines conditions qui régissent la profession d’avocat :
- Age : entre 21 et 45 (l’ancienne loi n’a pas fixé l’âge minimum – 40 ans maximum).

• Les conditions : Selon l’article 5 du Dahir du 10 septembre 1993 :


1- Être marocain ou ressortissant d'un Etat lié au Royaume par une convention de réciprocité :
=> Exigence de la nationalité marocaine pour l’exercice de la profession, exception faite pour les pays liés au
Maroc par une convention de réciprocité (la réciprocité est acceptable en profession des robes noires mais
prohibée en magistrature).
2- Être majeur et jouir de ses droits civiques et civils ;
3- Être titulaire de la licence en droit délivrée par une faculté marocaine de droit ou d'un
diplôme reconnu équivalent d'une faculté étrangère de droit.
4- Être titulaire du certificat d'aptitude à l'exercice de la profession d'avocat depuis moins de
deux ans ;
5- N'avoir pas été condamné à une peine judiciaire, disciplinaire ou administrative pour faits
contraires à l'honneur, à la probité ou aux bonnes mœurs ;
6- N'avoir pas été déclaré en état de faillite sauf s'il a fait l'objet d'une réhabilitation ;
7- Être en position régulière à l'égard du service militaire et du service civil et avoir rempli
tout engagement valablement contracté avec une administration ou un établissement public
pour y servir pendant une durée déterminée ;
8- Être en mesure d'exercer effectivement la profession avec toutes ses charges ;
9- N'avoir pas dépassé quarante ans pour ceux qui ne sont pas dispensés du stage (45 ans selon
la nouvelle loi).

L’ACCES A L’EXERCICE DE LA PROFESSION D’AVOCAT

• Nul ne peut exercer la profession d’avocat s’il n’est pas inscrit au tableau de l’un des
barreaux au Maroc, ou s’il n’est stagiaire avocat inscrit dans une liste d’avocats
stagiaires relevant d’un barreau marocain. La profession est organisée par le biais des
barreaux dans le ressort des cours d’appel. Le concours d’accès au stage est
actuellement organisé par le ministère de la justice jusqu’à la création d’un organisme
de formation spécialisé. En plus, le certificat d’aptitude à l’exerce de la profession
d’avocat est toujours délivré par le ministère de la justice.
 Un concours – un stage auprès d’un avocat – titularisation (acquisition du titre d’avocat) au sein des cours
d’appel en présence du bâtonnier, après avoir été inscrit dans un barreau (adhésion avec une somme
d’argent fixée selon les régions, non réglementée par la loi mais par la coutume).

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- LES INCOMPATIBILITES : prévues par l’article 7 de la loi précitée (cet article est maintenu).
- Toute activité de nature à porter atteinte à l'indépendance de l'avocat et au caractère
libéral de la profession, notamment :
✓ Toute espèce de négoce pratiqué par l'avocat directement ou indirectement ;
✓ Les fonctions d'administrateur unique, d'administrateur délégué ou de gérant d'une
société commerciale ;
✓ La profession d'homme d'affaire et de négociant exercée par l'avocat directement
ou indirectement ;
✓ La fonction de comptable et toutes les fonctions salariées ;
✓ Toutes les fonctions administratives et judiciaires et toute mission confiée par la
justice ».
➢ Toutefois, la profession d’avocat n’est pas incompatible comme le souligne l’article 9 avec :
- La qualité de membre du conseil constitutionnel et de membre de la Haute cour ;
- La qualité de membre du conseil d'administration d'une société, mais il ne doit être ni
administrateur, ni gérant, ni président de la société.

❖ Les reformes
➢ Par rapport au stage :
Amendements du dahir portant la loi 28-08 : l’inscription sur la liste de stagiaire et
l’inscription sur le tableau de l’ordre.
- Selon l’art 11 du dahir : La demande de candidature à l'inscription sur la liste des avocats stagiaires est
adressée pendant le mois d'octobre de chaque année, au bâtonnier de l'ordre auprès duquel le postulant souhaite
passer la période du stage. => Selon la nouvelle loi : soit au mois de mars soit en mois d’octobre de chaque année
(deux fois par an).

✓ L’inscription sur la liste de stage :

• Si le candidat est de nationalité étrangère, son admission à l’examen dépend du fait


que son pays d’origine respecte le principe de réciprocité (convention bilatérale entre
deux pays). La nouvelle loi a fixé l’âge minimum de candidature à 21 ans alors que
l’ancien texte ne comportait pas cette condition. D’autre part, l’âge maximum à été
porté à 45 ans au jour de la présentation de la demande aux barreaux. Les candidats
au stage ont le droit de déposer les demandes d’inscription soit au mois de mars soit
au mois d’octobre de chaque année, alors que l’ancien loi prévoyait le dépôt de la
demande une fois par an (octobre).

• Le maitre de stage doit produire une autorisation préalable écrite au bâtonnier,


l’autorisant à superviser le stage, cette condition a été rajoutée par la nouvelle loi 28-
08 (l’avocat ne peut prendre quelqu’un en stage qu’après avoir obtenu une autorisation du
bâtonnier).

✓ L’inscription sur le tableau de l’ordre :

• Les anciens magistrats et les anciens professeurs universitaires en droit ne peuvent


s’inscrire au tableau de l’ordre que si leur démission ou leur retraite est intervenu (le
cumul entre les deux professions était possible à l’ancienne loi, alors qu’à la nouvelle non).

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• Les avocats étrangers doivent justifier leur démission du barreau étranger afin d’être
admis au barreau marocain. Si ces avocats (étrangers) n’ont pas obtenu le CAPA (le
concours d’aptitude à la profession d’avocat) au Maroc ils sont soumis à un test de
connaissances en langue arabe et en droit marocain.

• L’ancien professeur ne peut ouvrir son cabinet qu’après avoir passé un stage de six
mois chez un avocat. Le cabinet est désigné par un bâtonnier, alors que dans l’ancien texte
(loi de 93) ledit professeur était autorisé à exercer pour son propre compte et à ouvrir son cabinet dès
son inscription sur le tableau de l’ordre.

• L’avocat stagiaire doit produire sa demande de titularisation dans un délai de 03 mois


à compter de la date de la fin de stage. Le délai était prévu par l’ancien texte est d’un mois.
Cependant, la nouvelle loi prévoit la possibilité de radiation de la liste de stage dans le
cas où l’avocat stagiaire n’aurait pas respecté le délai de dépôt de la demande.

Séance du 19.04.2022

➢ Par rapport aux incompatibilités :


• La loi prévoit expressément l’incompatibilité avec :
- L’association à une société en nom collectif (une société de personne, d’où la qualité de
commerçant de ses associés qui est incompatible avec la profession d’agent d’affaire détenu
par l’avocat).
- Elle écarte expressément l’incompatibilité avec la signature des effets de commerce
(chèques billets à ordre, lettres de change) pour des fins civils ou l’exercice des activités
d’arbitrage et de médiation.
- L’incompatibilité n’est plus sanctionnée par la radiation au tableau. La sanction est
soumise à l’appréciation des organes disciplinaires (bâtonnier, conseil de l’ordre).

➢ L’exercice de la profession d’avocat :


- La loi a institué la possibilité d’exercer dans le cadre d’une société civile professionnelle. Le
cadre juridique de ces sociétés est déterminé par la loi 29-09 publié dans le même bulletin
officiel. L’association ou la collaboration (entre 2 avocats ou plus) sont désormais
soumises à l’autorisation du Conseil de l’ordre. Ce dernier doit statuer sur la demande
d’autorisation dans un délai de 3 mois à défaut, il est réputé avoir accepté.
- Les litiges professionnels entre avocats associés sont soumis à l’arbitrage d’une instance
comprenant un arbitre désigné par chacune des parties est présidé par le bâtonnier.
- La sentence arbitrale n’est susceptible d’aucun recours.

❖ LA MISSION D’AVOCAT :
L’avocat assume plusieurs rôles :
- Un rôle d’assistance qui se traduit par le fait d’accorder des consultations juridiques
ou de rédiger des contrats.
- Un rôle de plaidoirie appelé « défense » qu’il assume devant le tribunal pour exposer et
défendre les arguments de son client ;
- Un rôle de représentation en sa qualité de mandataire ad litem c'est-à-dire qu’il est
mandaté pour accomplir les actes de procédure.25 La compétence de l’avocat est
générale et s’étend à l’ensemble des tribunaux du Royaume.
 L’avocat est tenu envers son client à une obligation de moyen.

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❖ L’EXERCICE DE LA PROFESSION
L'avocat peut exercer sa profession soit à titre individuel, soit avec d'autres avocats dans le
cadre d'une association ou en qualité d'assistant (art 25). L'avocat exerce ses fonctions sur
l'ensemble du territoire national, sans présentation de mandat (art29). L'avocat peut rédiger
tout acte sous seing privé de quelque nature qu'il soit (art 30).
NB : - Les actes sous seings privés sont rédigés par les parties elles-mêmes ou par un écrivain public. De ce
fait, leur force probante est fragile.
- Les actes authentiques sont rédigés par des professionnels de droit comme les notaires et les avocats.
Ils ont le mérite d’avoir une force probante jusqu’à preuve de contraire.

❖ OBLIGATIONS DE L’AVOCAT :

-L’avocat doit mentionner sur ses documents de travail ou sur la plaque de son cabinet, son
nom son prénom, sa qualité d’avocat ou avocat agréé près de la Cour suprême, d’ancien
bâtonnier ou de titulaire de doctorat en droit.
• a-De l'obligation de réserve et du secret professionnel
-Conformément à l’article 36 : « L’avocat, en toute matière, ne doit commettre aucune
divulgation contrevenant au secret professionnel.
Il doit notamment, respecter le secret de l'instruction en matière pénale et s'abstenir de
communiquer tout renseignement pris des dossiers ou de publier des pièces, documents ou
lettres intéressant une information en cours ».
• b-Des rapports avec les juridictions (Port de la robe professionnelle)
-L'avocat est contraint de se présenter devant les institutions judiciaires ou disciplinaires
qu'en portant la robe professionnelle (art 37).
• c- Des rapports avec les clients :
-L’avocat donne ses consultations dans son cabinet. Toutefois, lorsqu’il est en consultation, il
peut recevoir ses clients au cabinet d'un collègue (art 38).
-L’avocat doit conduire l’affaire jusqu’au bout. Le mandat de l’avocat peut être révoqué par le
client à tout moment de la procédure à condition de payer à l’avocat ses honoraires.
Les honoraires de consultation et de plaidoirie sont fixés d’un commun accord entre les
parties (l’avocat et son client), sans oublier la provision qui est versée préalablement au
moment de l'acceptation du mandat (art 43).

 Nouveautés apportées par le nouveau texte 28-08 relatives aux obligations de


l’avocat vis-à-vis des clients :

- Le nouveau texte oblige l’avocat de conseiller son client quant aux voies de recours
possibles et de le sensibiliser aux délais de ces recours.
- L’avocat est tenu de conserver les documents de ses clients pour une durée de cinq
ans, à partir de la fin de la procédure ou à compter de l’archivage du dossier et le
règlement final de ses honoraires.

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Séance du 26.04.2022
II- NOTAIRES ET ADOULS
NOTAIRES :
La loi 32-09 régit l’organisation de la profession de notaire moderne et qui a abrogé le dahir
du 04 mai 1925, cette loi est entrée pleinement en vigueur 24 novembre 2012.
A travers cette loi, la profession de notaire bénéficie d’une réglementation qui se veut plus
actuelle, dans la mesure que les notaires qui étaient par le passé considérés comme des
officiers publics sont désormais définis comme effectuant une profession libérale. L’article 1er
de la loi stipule que « le notariat est une profession libérale qui s’exerce conformément aux
conditions et attributions prévues par la présente loi et par les textes particuliers ».
- Cette loi tient en compte l’évolution sociologique et économique.

• Les amendements :
- Depuis 2012 l’acte est rédigé en langue arabe (ce n’est plus la langue française), sauf si les
parties optent pour une autre langue.
- Les notaires exercent une profession libérale (ne sont plus des officiers publics).
- L’obligation de s’inscrire à une assurance : « assurance responsabilité civile
professionnelle » versement d’une somme d’argent pour permettre l’indemnisation du
client en cas de négligence ou de fautes professionnelles de sa part ou de la part de ses
stagiaires.
- Le 1er clerc dans l’ancienne loi peut conclure et rédiger des actes et des contrats et a
droit en contrepartie à une rémunération, la nouvelle loi 32-09 a supprimé cette
rémunération et le clerc de notaire ne peut plus se faire substituer à son maitre de
stage.
➢ Conditions d’accès à la profession notariale :
- Être marocain (pareil pour les magistrats VS les avocats peuvent être des étrangers).
- Être âgé de 23 ans grégoriennes révolues, à condition de ne pas dépasser 45 ans (entre 21 et 45
pour les avocats, être âgé de 21 ans pour les magistrats).
- Être titulaire d’une licence en droit délivrée par une faculté de droit marocaine ou d’un
diplôme équivalent ;
- Jouir de ces droits civiques et civils ;
- Être de bonne moralité et avoir de bonnes mœurs ;
- Jouir de l’aptitude requise pour exercer la profession de notaire attesté par un certificat
médical délivré par les services de santé relevant du secteur public ;
- N’avoir pas été condamné à l’une des peines prévues par le Code de commerce à l’encontre des dirigeants de
l’entreprise, même en cas de réhabilitation ;
- Avoir été admis au concours d’accès à la profession de notaire (art 3, loi 32-09).

➢ Les interdictions :
Il est interdit au notaire selon la loi 32-09 et conformément à l’Art 33 :
« de conserver les sommes qu’il détient pour le compte d’autrui, à quelque titre que ce soit, il
est tenu de les déposer à la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) dans un délai qui ne
dépasser 1 mois à compter de leur réception ». => pour lutter contre le détournement.

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➢ Associations entre notaires
Selon l’article 59 de la nouvelle loi, il est maintenu possible que 2 ou plusieurs notaires
s’associent pour l’administration et la gestion de l’étude lorsqu’ils sont nommés au ressort de
la même Cour d’appel. À noter que le notaire ne peut constituer une société commerciale.
➢ Les incompatibilités
La profession de notaire est incompatible avec toute activité susceptible de porter atteinte à
sa nature, en particulier :
- toutes les fonctions administratives et judiciaires ;
- les professions d'avocat, d'adoul, d'expert-comptable, d'huissier de justice, d'agent d'affaires
et d'agent immobilier ;
- tout genre de négoce qu'il soit exercé par le notaire directement ou indirectement ;
Toutefois, le notaire peut signer tous papiers commerciaux à des fins civiles ;
- les fonctions de directeur unique ou d'administrateur d'une société commerciale, de membre
délégué de son conseil d'administration ou associé dans une société en nom collectif ;
- tout emploi salarié, à l'exception des activités scientifiques, littéraires et artistiques. Est
passible de sanctions disciplinaires tout notaire qui exerce sa profession, tout en étant dans
un cas d'incompatibilité (article 4, loi 32-09).
Le notaire ne peut exercer sa profession s'il est investi d'une fonction publique ou d'une
mission avec ou sans rémunération, telle que membre du cabinet royal, ministre,
ambassadeur, directeur d'un établissement public, membre d'un cabinet ministériel ou toute
autre fonction de même nature, à l'exception des fonctions électives aux niveaux local,
provincial, régional ou national (article 5, loi 32-09).
➢ Concours d’accès à la profession notariale :
Le candidat admis au concours prévu à l'article 3 ci-dessus effectue un stage de quatre années
(art 6, loi 32-09).
La première année du stage est effectuée à l'Institut de formation professionnelle de notariat
dont la création et le fonctionnement sont fixés par voie réglementaire et trois années au sein
d'une étude de notaire.
Le stagiaire subit des épreuves et un examen professionnel en vue de sa nomination.
Le régime du concours, l'organisation et le déroulement du stage ainsi que le régime des
épreuves et le régime de l'examen professionnel sont fixés par voie réglementaire.
En cas d'échec à l'examen professionnel, le stage ne peut être prorogé que pour quatre
périodes d'une année chacune. A l'issue de chaque année, le stagiaire subit l'examen
professionnel (art 7, loi 32-09).
Sont dispensés du concours :
- les conservateurs de la propriété foncière, titulaires d'une licence en droit et ayant exercé en
cette qualité pendant une durée de cinq années au moins, après acceptation de leur
démission ou leur départ à la retraite, sauf pour motif disciplinaire ;
- les inspecteurs des impôts chargés de l'enregistrement, titulaires d'une licence en droit et
ayant exercé en cette qualité pendant une durée de dix années au moins, après acceptation de
leur démission ou leur départ à la retraite, sauf pour motif disciplinaire ;
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- les anciens magistrats de premier grade au moins, titulaires d'une licence en droit après
acceptation de leur démission ou leur départ à la retraite, sauf pour motif disciplinaire ;
- les anciens avocats agréés près la Cour de cassation titulaires d'une licence en droit, après
acceptation de leur démission ;
- les professeurs de l'enseignement supérieur, titulaires d'un doctorat en droit, ayant exercé
en cette qualité pendant une durée de 15 années au moins, après acceptation de leur
démission ou leur départ à la retraite, sauf pour motif disciplinaire.
Tous les candidats appartenant aux catégories ci-dessus ne doivent pas avoir plus de 55 ans à
la date de présentation de leur demande.
Tous ces derniers effectuent un stage pratique d'une année dans une étude de notaire, après
avoir subi avec succès une épreuve dont les modalités sont fixées par voie réglementaire (art
8, loi 32-09).
Sont dispensés du concours, du stage, des épreuves et de l'examen professionnel les notaires
ayant cessé leur activité pendant une période ne dépassant pas dix années, pour un motif
autre que l'atteinte à l'honorabilité de la profession, telle la maladie ou l'accomplissement
d'un service public.
Si la durée de cessation de l'activité dépasse dix années, il faut effectuer un stage d'une année
dans une étude de notaire (art 9, loi 32-09).
➢ Les caractères de l’acte rédigé par le notaire :

• Acte authentique, garanti par :


-La qualité de juriste qui rédige et signe l’acte (le notaire est nommé par un Arrêté Ministériel)
- La protection accordée par l’Etat à l’acte authentique par l’apposition du sceau.
- Il est caractérisé par : une date certaine, une force probante (il est opposable aux tiers, un
instrument de preuve), force exécutoire, un formalisme (l’enregistrement et l’inscription).
B. ADOULS :
Ce sont les auxiliaires de la justice du chrâa. Ils sont les notaires traditionnelles, ils
s’intéressent aux affaires relatives au statut personnel, successoral et immobilier des
marocains musulmans.
Les adouls exercent leurs fonctions près de chaque tribunal du cadi (chrâa). Ils sont nommés
par décision du ministre de la justice sur proposition du Cadi.
L’honorabilité de sa personne répond suffisamment du crédit qu’on peut apporter à son
témoignage. On requiert de lui deux choses, d’abord être musulman et ensuite être un homme
honnête et de confiance.
À défaut d’adel, seul le témoignage du nombre peut offrir les mêmes garanties que l’adel lui-
même. Il s’agit du LAFIF qui est la déposition de 12 ou 24 témoins.
L’acte adoulaire est un acte dressé par deux adouls auxquels le cadi attache un crédit tout
particulier. Cet acte qui a la force probante et la force exécutoire. Les adouls sont des notaires
traditionnels qui agissent toujours par deux.
L’acte écrit comprend toujours leur paraphe suivi de la signature du cadi qui confère à l’acte
son authenticité.

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Séance du 29.04.2022

CHAPITRE VII : LES FRAIS DE JUSTICE – ASSISTANCE JUDICIAIRE

❖ LES FRAIS DE JUSTICE


- Ils sont supposés être gratuits.
- Le justiciable paie d’une manière indirecte : les impôts, des taxes judiciaires, des frais
d’expertises, les droits de plaidoirie (les honoraires des avocats), les émoluments des
officiers ministériels (le greffier, l’huissier, le notaire)

• Les dépenses
- Les frais de justices sont supportés par la partie qui a perdu le procès (à la fin de procès la
partie perdante rembourse les frais à l’autre partie).

❖ ASSISTANCE JUDICIAIRE
- Les bénéficiaires : Les couches sociales défavorisés, démunis tels les travailleurs, (art 273
C.P.C) peuvent valablement bénéficier d’une assistance judiciaire.
- Ils peuvent être des personnes morales (établissement publics, associations privées…), des
personnes civiles de nationalité marocaine (ou étranger le cas d’une convention bilatérale).
- Justification par un certificat d’indigence ou le RAMED.
- Ils peuvent bénéficier de l’assistance devant toutes les juridictions.
- Cette assistance comporte l’exonération du paiement de la taxe judiciaire et des
honoraires de l’avocat.

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• La procédure :
- Dans chaque tribunal il y a un bureau de l’assistance judiciaire où se fait l’admission de la
demande.
- Dans les cas d’urgence, le président du tribunal qui va accorder provisoirement l’assistance.
- Dans les situations normales, le demandeur adresse une lettre au procureur du Roi + une
déclaration sur l’honneur + certificat d’indigence.
- Le procureur transmet la lettre au bureau de l’assistance judiciaire, composé de membres,
dont du ministère des finances, qui va étudier le dossier et accorder ou non l’assistance.
- En cas d’accord, le secrétariat du bureau adresse dans les 3 jours de la décision d’admission
au président de la juridiction compétente un extrait de la décision.
- Le président va inviter le bâtonnier pour désigner un avocat, sinon (s’il n’y a pas un conseil de
l’ordre) il désignera lui-même un avocat.
- Le défenseur doit donc prêter ses services gratuitement.
- En cas de rejet, le demandeur peut interjeter appel dans un délai de 15 jours.
• Le retrait de l’assistance :
- Changement dans la situation du demandeur.

• Cas d’admission et dispense provisoire des frais


➢ Lorsque l’assistance judiciaire est accordée, l’assisté est dispensé de tout paiement de
taxe, ces frais sont avancés par le trésor public.
➢ Cette dispense est provisoire : 2 situations à distingués :
- Au cas où l’assisté gagne le procès, la condamnation aux dépens est prononcée au
profit de l’administration des finances, qui ont poursuit le recouvrement sur la partie
succombante.
- Au cas où l’assisté perd son procès, l’administration des finances a le droit de
récupérer les sommes avancées si le plaideur venait ultérieurement de posséder des
ressources.

• Cas de retrait de l’assistance judiciaire


➢ Il est possible dans les cas suivants :
- Lorsqu’il survient à l’assisté des ressources suffisantes.
- S’il y a une transaction est intervenue entre les parties (un arrangement).
- Si l’inaction prolongé de l’assisté fait comprendre qu’il se désintéresse à la suite de
l’instance.
➢ Le retrait peut être demandé soit par le ministère public (le procureur), soit représentant du
ministère des finances qui est dans le bureau, soit par la partie adverse. Le retrait ne peut être
prononcé qu’après avoir écouté l’intéressé, ceci dit la décision de retrait peut faire l’objet de
recours en appel dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision. Lorsque
le retrait est prononcé définitivement, l’assisté à qui des ressources suffisantes sont
survenues, doit rembourser immédiatement tous les frais et les honoraires dont il a été
dispensés.

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