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Psychanalyse et sexualité : normes et transgressions

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Discours psychanalytiques à propos de la sexualité -

Transgression, perversion et subversion


Emmanuel Gratton
Dans Dialogue 2016/2 (n° 212), pages 11 à 24
Éditions Érès
ISSN 0242-8962
ISBN 9782749251332
DOI 10.3917/dia.212.0011
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Discours psychanalytiques
à propos de la sexualité.
Transgression, perversion et subversion

Emmanuel Gratton

Mots-clés Résumé
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Normes, sexualité, Les discours psychanalytiques sur les normes en matière de sexualité ont
transgression, souvent conduit à une double opposition : une opposition entre l’approche
perversion, subversion, psychanalytique de la sexualité et d’autres discours : moral, religieux, poli-
psychanalyse. tique, social et culturel ; une opposition au sein même du champ psychanaly-
tique entre différents courants. Cet article propose l’étude de cette deuxième
controverse à partir de trois versions socio-historiques de cette question : la
transgression, la perversion et la subversion.
L’apparition de chacune d’entre elles fait apparaître des oppositions théo-
riques dans le champ de la psychanalyse qui conduisent parfois jusqu’à des
scissions. Ces oppositions ne seraient-elles pas parfois le reflet de positions
idéologiques et/ou traduiraient-elles la difficulté de composer avec d’autres
approches ?

1
L
a sexualité semble être, depuis longtemps, le domaine par excellence
pour lequel la question de la morale se trouve posée. L’interdit de
l’inceste et la loi d’exogamie sont au fondement même de l’humanité.
L’extension judéo-chrétienne de cette loi a posé comme règle la mono-
gamie et réduit la sexualité essentiellement à sa fonction procréatrice.
Bien que ces règles aient toujours fait l’objet de transgressions, un ordre
social s’est établi, ordre social remis en cause dans ses fondements depuis
cinquante ans environ avec la « libération sexuelle » et ses incidences

Emmanuel Gratton, maître de conférences, université d’Angers, l’unam Université, laboratoire lppl, upres ea 4638.
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démographiques : la montée des unions libres, des divorces, des sépara-
tions et des recompositions familiales, la reconnaissance des couples de
même sexe à travers le pacs (1999) puis aujourd’hui le mariage (2013).
La contraception « autorisée », puis généralisée, l’interruption volontaire
de grossesse légalisée (1975), les procréations médicalement assistées
(1972 : Cecos 1, 1982 : fécondation in vitro, naissance d’Amandine) ont
par ailleurs désacralisé « la sexualité » de sa fonction procréative. Elle est
devenue de plus en plus récréative, comme elle l’était sans doute à son
origine (Bottéro, 1999).
Le contrôle des normes morales en matière de sexualité a été essentielle-
ment assuré par l’Église, puis par l’État. Au xixe siècle, le discours médical
(Foucault, 1976) a pris en partie le relais du discours moral à travers le
dispositif de sexualité « fondé sur quatre figures ou ensembles stratégiques
(de pouvoir et de savoir) : hystérisation ou sexualisation du corps de la
femme, pédagogisation ou surveillance de la sexualité de l’enfant, sociali-
sation des conduites procréatrices et psychiatrisation des plaisirs pervers »
(p. 137-138). Certaines transgressions morales entrent alors dans le champ
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des perversions, des pathologies sexuelles. Tout comme les transgres-
sions sexuelles, elles évoluent avec les mœurs : bon nombre de « perver-
sions » d’antan sont tombées dans l’escarcelle de la normalité. D’autres
perversions sont apparues et font l’objet alors d’une grande médiatisation,
par la fascination qu’elles suscitent. Plus récemment, le terme de « subver-
sion » est apparu. Il a accompagné la « révolution » sexuelle par la mise
en cause des normes morales et médicales en matière de sexualité, mais
aussi plus largement à propos du système auquel ces normes sexuelles
appartiennent, à savoir les normes de genre qui maintiennent la domi-
nation masculine et patriarcale dont nous aurions hérité. La subversion
apparaît comme l’expression d’une nouvelle forme de transgression, se
situant non plus dans le registre individuel mais dans les domaines social,
culturel, artistique et scientifique. Les études féministes, les études sur
le genre ont déconstruit le modèle de référence en matière de sexualité.
Nous nous intéressons donc dans cet article aux trois versions – la trans-
gression, la perversion, la subversion – qui ont pris un sens particulier
en matière de sexualité dans le discours psychanalytique, souvent sujet à
controverses. Ces trois versions sont historiquement situées et interdépen-
dantes dans leur contenu, la troisième conduisant à redéfinir sans cesse
les deux autres.

1. Cecos : Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains.

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Le discours psychanalytique face aux normes sexuelles
et leur transgression
La psychanalyse, à la fin du xixe siècle, a redéfini complètement la sexua-
lité. La libido devient l’affaire du jeune enfant tout autant que de l’adulte
(Freud, 1905). La pulsion sexuelle selon Freud connaît un développe-
ment, un « destin » qui passe par différents stades : auto-érotique, oral,
anal, génital. La sexualité n’est donc plus limitée ici à un rapport (hétéro)
sexuel, mais se trouve élargie à toute recherche de satisfaction, qu’elle
soit narcissique ou objectale. Cette manière d’envisager la sexualité est
déjà en elle-même transgressive.
Elle a conduit secondairement Freud à considérer l’imposition des normes,
la répression des pulsions, ce qu’il nomme la morale sexuelle « civilisée »,
comme génératrice de la maladie nerveuse des temps modernes (Freud,
1908). Cette position freudienne a conduit d’autres psychanalystes, Jung,
Reich ou Lacan, à des positions plus nuancées ou plus radicales, ce qui a
valu certaines scissions au sein de la psychanalyse.
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Freud considère que « ce qui caractériserait la morale sexuelle civilisée
[…] serait […] la réprobation de toutes relations sexuelles sauf celles
qui sont conjugales et monogames » (ibid., p. 28-29). Cette réprobation,
cette répression des pulsions, à un niveau élevé, entraîne la maladie, car
peu d’individus sont enclins à la sublimation. Il invite donc en quelque
sorte à la transgression pour des raisons de santé psychique. La limita-
tion de la sexualité au mariage et qui plus est à la procréation au sein
du mariage ne compense pas les efforts de restriction avant le mariage.
Freud parle de « double » morale sexuelle chez les hommes pour indi-
quer la fréquence de leur infidélité et indique les sévères névroses dans
lesquelles les femmes tombent : « Rien ne protège aussi sûrement sa
vertu que la maladie » (ibid., p. 39). Freud conclut que la pleine absti-
nence durant la jeunesse n’est souvent pas la meilleure préparation au
mariage. Il indique en particulier les risques ultérieurs de frigidité. Il
montre aussi que l’abstinence sexuelle peut être en relation avec d’autres
formes d’inhibition, intellectuelle ou artistique, ou encore de régression
sexuelle à un stade antérieur.
Carl Gustav Jung s’est opposé à Freud sur son approche de la sexualité.
Il voit « la valeur réelle du concept de libido non pas dans sa défini-
tion sexuelle mais dans sa vue énergétique » (Donn, 1995, p. 189). Jung
élargit considérablement la question sexuelle à d’autres dimensions et
notamment celles de la culture et de la politique dans l’apparition de

Discours psychanalytiques à propos de la sexualité. Transgression, perversion et subversion 13

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pathologies névrotiques : « Nous savons aujourd’hui que ce n’est point
toujours la nature instinctive, animale qui se heurte aux contraintes de
la civilisation, créant ainsi la désunion avec soi-même… On pourrait par
exemple aujourd’hui établir aisément une théorie politique de la névrose,
tant il est vrai que l’homme contemporain est essentiellement travaillé et
mû par des passions politiques, en face desquelles la “question sexuelle”
semble n’avoir été qu’un prélude assez insignifiant » (Jung, 1916, p. 48).
Freud mettra alors en place un cercle plus restreint chargé de définir et
défendre la position centrale de la sexualité dans la genèse des névroses.
Wilhem Reich en sera un des héritiers (Bercherie, 2004). Défenseur
acharné de l’émancipation vis-à-vis de la « morale sexuelle civilisée »,
il recommande une libération sexuelle, une révolution sexuelle, qui en
passe par une mise en cause rationnelle de l’éducation contraignante
provoquant des désirs secondaires antisociaux, s’opposant aux désirs
naturels de bonheur. Freud ne le suivra pas sur ce chemin. Reich propose
une « théorie de l’orgasme » qui souligne les rapports entre la physiologie
et la relation d’échange. Le raisonnement de Reich repose sur une dualité
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fondamentale : plaisir et extension ou angoisse et contraction. Il oppose
le type de caractère génital caractérisé par l’expérience sexuelle plénière
et le type de caractère névrosé. Herbert Marcuse (1955) s’inscrit dans
le prolongement de Reich en dénonçant « la surrépression des pulsions
imposée pour perpétuer une situation irrationnelle » (Simon, 1982, p. 114).
Les approches de Deleuze sur les « machines désirantes » et son Anti-
Œdipe (1972) co-écrit avec Guattari peuvent se rapprocher aussi de Reich
quant à la manière non « morale » d’aborder les questions de la sexualité.
Jung et Reich apparaissent donc comme deux pôles opposés à la position
freudienne, le premier en considérant que la sexualité est trop centrale
alors que le deuxième pousse la logique freudienne jusqu’à défendre
une révolution sexuelle qui est aussi, chez lui, une révolution poli-
tique et culturelle. Beaucoup d’autres psychanalystes se sont également
démarqués de la position freudienne de la sexualité. Ainsi, Lacan donne
primauté au langage plutôt qu’au sexe. La pulsion est du côté du désir
marqué par les traces des premiers objets d’amour. La sexualité n’est
qu’une tentative vaine et l’amour une illusion. Castrés, nous le sommes
définitivement. La sexualité est une sorte de masque de la mort, une forme
de réunion d’Éros et Thanatos. Dans ces conditions la libération sexuelle
paraît vaine. Lacan invite à distinguer répression sociale et refoulement
psychique. La répression n’est pas la cause, ni même la condition de la
névrose. Elle en serait davantage l’effet dans son raisonnement, la répres-
sion étant une traduction sociale du refoulement premier et indépassable.

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La transgression sexuelle est ce qui est précisément jouissif pour contrer
la morosité et l’ennui du sexe.
Aujourd’hui, la transgression existe toujours mais se déplace au fur et à
mesure que les normes se transforment. Celles-ci ne relèvent pas tant de
l’orientation sexuelle, de telle ou telle pratique sexuelle que de l’ajus-
tement de ces pratiques entre personnes consentantes, qui continuent
de suivre des codes et d’appliquer des scripts sexuels plus ou moins
conscients (Bozon, 2002).
Si l’analyse freudienne a constitué une approche radicalement nouvelle
de la sexualité, sa posture fait aussi débat dans les différents courants
psychanalytiques, débat que nous retrouvons aujourd’hui également à
propos des transgressions du système socio-anthropologique dans lequel
la sexualité s’inscrit. La psychanalyse, après avoir permis des ouvertures
dans l’appréhension de la sexualité, a contribué aussi à développer
un discours parfois ambigu, ambiguïté que le terme de « perversions
sexuelles » contient.
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Le discours psychanalytique sur les perversions
« Perversion » signifie originellement « dépravation » morale. Il ne s’agit
pas seulement d’un non-respect de la morale, mais d’une dégradation
de cette dernière, une action qui la fait chuter. Dans le domaine sexuel,
la perversion se définit comme la recherche de la satisfaction sexuelle
autrement que par l’acte sexuel « normal », ce dernier étant défini selon
le dictionnaire culturel d’Alain Rey comme « l’accouplement hétérosexuel
en vue d’obtenir l’orgasme par pénétration vaginale ou de manière plus
extensive selon la tolérance sociale » (Rey, 2005, p. 1600). Les variabilités
de la tolérance sociale rendent donc ténue la distinction entre transgres-
sion et perversion.
La perversion dans le champ de la psychanalyse a pris un autre sens, au
niveau psychopathologique, comme « définition, délimitation, description
des modes de défenses spécifiques » (Laplanche, 1973, p. VIII) aux côtés
de la névrose et de la psychose. Pour autant, elle n’a jamais eu tout à
fait le même statut que ces deux structures fondamentales. Freud oppose
explicitement dans leur rapport à la réalité la psychose et la névrose
(Freud, 1924, p. 299-303). De plus, elle ne s’est jamais tout à fait départie
de son sens moral chez certains psychanalystes, ce qui est une position
de plus en plus difficile à tenir compte tenu de l’évolution des pratiques
sexuelles (Jaspard, 2005).

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L’approche freudienne des perversions

La position freudienne est double à l’égard de la sexualité : elle ne se


limite pas à la sexualité génitale mais elle doit aboutir à la sexualité géni-
tale, cette dernière étant la forme normale adulte de la sexualité. Freud
remet en cause les règles morales la définissant, mais continue de hiérar-
chiser les formes de sexualité en maintenant son but dans l’horizon de
la procréation. Il considère les « aberrations sexuelles » selon une double
détermination : soit comme une déviation relative à l’objet (différent du
sexe opposé) de la pulsion sexuelle, soit comme une déviation relative à
son but (différent de la procréation). La perversion fait partie du processus
normal du développement de la sexualité, l’enfant étant selon son expres-
sion un « pervers polymorphe », mais elle doit aboutir au primat de la
zone génitale. Les adultes conservent d’ailleurs une forme de perversion
normale à travers les plaisirs préliminaires. La perversion « pathologique »
s’installerait seulement chez certains et résulterait d’une régression à un
stade antérieur au stade génital de l’évolution libidinale du sujet.
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Concernant l’homosexualité, Freud a élaboré différentes théories qu’Hu-
bert Lisandre (1995) a tenté de repérer et qui ont conduit à une relecture
clinique de la question perverse. Dans une lettre adressée à une mère
inquiète, Freud résume sa pensée : « L’homosexualité n’est certainement
pas un avantage, mais elle n’est pas honteuse, perverse ou dégradante ; elle
ne peut être classifiée comme une maladie, nous la considérons comme
une variation de la fonction sexuelle, produite par un arrêt spécifique
dans le développement sexuel » (Freud, 1935). Il s’agirait donc, selon lui,
plus d’une inversion que d’une perversion. Comptent en revanche parmi
les perversions le sadisme, le masochisme, le fétichisme, le voyeurisme,
l’exhibitionnisme…
En 1908, considérant le stade où la pulsion sexuelle est limitée à la repro-
duction, Freud observait déjà que certains n’y parviennent pas : « Les divers
genres de pervers chez lesquels une fixation infantile à un but sexuel provi-
soire a empêché le primat de la fonction de reproduction et les homo-
sexuels ou invertis chez lesquels, d’une façon qui n’est pas encore tout à
fait élucidée, le but sexuel a été détourné du sexe opposé » (Freud, 1908,
p. 35). La névrose est une forme d’intériorisation du symptôme qui se mani-
feste extérieurement dans la perversion. Ainsi, selon Freud, la névrose est
plus commune chez la femme, la perversion chez l’homme.
En 1915, Freud reconsidérera les destins des pulsions selon un autre ordon-
nancement mettant en évidence la plasticité des plaisirs et satisfactions
sexuelles. Ces destins se traduisent selon les sujets par le refoulement, la

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sublimation, le renversement dans son contraire et le retournement sur
la personne propre. On reconnaît dans le retournement en son contraire,
par exemple, le couple sadomasochiste et le couple voyeurisme-exhi-
bitionnisme. Les perversions apparaissent comme les contreparties des
névroses. Elles actualiseraient dans la réalité des modes de satisfaction
sexuelle récusées dans les névroses. La sublimation constituerait aussi,
selon Freud, une forme privilégiée chez les personnes homosexuelles
comme Léonard de Vinci ou Michel-Ange.
Il n’y a donc pas lieu de confondre la perversion psychanalytique avec la
perversion morale, même si, comme nous pouvons le voir, elles consti-
tuent l’une et l’autre une forme d’écart, l’une avec le destin normal des
pulsions, l’autre avec les règles morales.

De la position reichienne à aujourd’hui

Reich, nous l’avons vu, indique le caractère génital comme l’expérience


sexuelle plénière. Il avance que cette dernière éviterait « les meurtres
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sexuels et les avortements criminels, l’agonie sexuelle des adolescents,
l’assassinat des forces vitales chez l’enfant », mais aussi « l’abondance des
perversions, les escadrons de la pornographie et du vice… » (Reich, 1952,
p. 182). On le voit, les perversions dont Reich souligne l’abondance sont
rangées ici aux côtés d’éléments relevant plutôt de la déviance ou de la
morale.
Pour lui, le refoulement et les mécanismes défensifs conduisent à des
caractères opposés, le sadisme refoulant l’amour, la passivité féminine
le sadisme, la protestation virile la passivité féminine, l’obséquiosité la
protestation virile, etc. Il s’agit, à travers la cure, d’enlever chaque couche
de cette cuirasse et ceci non seulement par la parole comme dans la
cure classique, mais aussi par une implication corporelle et émotion-
nelle, les traumatismes relevant de la prime enfance, avant même que
l’enfant dispose de la parole. La libération sexuelle, chez Reich, conserve
le primat de la génitalité.
La position lacanienne est encore autre. Elle tend à considérer la perver-
sion comme un élément fondamental de la sexualité adulte : « Le phallus
fait obstacle à ce qui pourrait se croire un rapport entre deux sujets
dans un acte copulatoire où seul le pénis serait en jeu ; ceci était déjà
présent dans l’œuvre de Freud. Dans cet acte il y manque ce qui, pour
chaque sujet, est visé par le biais du phallus, soit son rapport à la jouis-
sance. Nous devons constater que dès qu’il s’agit de jouissance phallique,
aussi bien pour l’homme que pour la femme, la perversion n’est jamais

Discours psychanalytiques à propos de la sexualité. Transgression, perversion et subversion 17

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bien loin… » (Emerich, 1996). La sexualité, par définition, met ici en jeu
quelque chose qui a trait à la perversion. Sa finalité ne peut se restreindre
et ne s’est jamais réduite à une fonction procréatrice et ses modalités
ne peuvent se limiter à la pénétration vaginale. La perversion refuse la
castration et ne veut rien savoir de la loi commune. « Qu’on veuille le
savoir ou non, la perversion est l’affaire de tous, au moins au nom de la
dynamique “normale” du désir qui s’y exprime et auquel nul n’échappe »
(Dor, 1993, p. 321).
Aujourd’hui, la perversion a du mal à trouver une assise structurelle aux
côtés de la névrose et de la psychose. Les normes concernant la sexua-
lité se sont déplacées. Toute sexualité peut mettre en jeu des dimen-
sions sadiques, masochistes, exhibitionnistes, fétichistes… La « liste » des
perversions sexuelles tient en fait aux formes spécifiques de dépravation
des mœurs de notre temps et à leur médiatisation, en particulier la pédo-
philie et le viol. Dans l’un et l’autre cas, c’est la question de l’absence
de consentement qui est en jeu, la question de l’abus d’un adulte sur un
mineur, de l’abus d’un homme sur une femme. Le libre consentement est
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devenu le critère majeur des sexualités permises. À d’autres époques et
ailleurs, la pédérastie comme le devoir conjugal traduisaient, à l’inverse
du consentement, l’affirmation d’un rapport de domination. Par ailleurs,
la perversion dans le champ psychanalytique s’est déplacée du registre
sexuel à d’autres registres, comme en témoigne la littérature actuelle
sur la perversion narcissique. Ce déplacement sémantique est peut-être
le meilleur indicateur de l’étendue et de l’universalité de la perversion
comme usage de l’autre aux fins de sa propre jouissance, ce qui ne saurait
se limiter à la sexualité.
La perversion (sexuelle) en tant que structure est de plus en plus difficile
à définir. On pourrait faire l’hypothèse qu’elle tend à disparaître comme
référence majeure de la psychanalyse avec l’affaiblissement de la « morale
sexuelle civilisée », se fondant en quelque sorte dans le paysage commun
et diversifié des sexualités. On peut penser, à l’inverse, qu’elle ressur-
gira sous de nouvelles formes, se déplacera en direction de nouveaux
comportements pour une part déjà visibles et, pour une autre part, encore
imprévisibles à ce jour.

Le discours psychanalytique sur la subversion


La subversion (latin subvertere : renverser) désigne un processus par
lequel les valeurs et principes d’un système en place sont contredits ou
renversés. En matière de sexualité, les principaux acteurs subversifs sont

18 DIALOGUE Familles & couples 212

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ceux qui ont longtemps été considérés comme déviants, transgresseurs,
voire pervers, mais qui sont relayés aussi par un mouvement plus général
de remise en cause de l’ordre établi, ordre patriarcal, domination mascu-
line, hétéronormativité… La sexualité, dans son expression générale ou
spécifique, n’est pas isolée du système idéologique qui la contraint. La
psychanalyse, à son origine, bien que subversive a posteriori, n’a pas tenu
de discours sur la subversion puisque cette notion n’existait pas. Cepen-
dant, celle-ci suscite, tout comme la transgression et la perversion, des
positions diverses dans le champ de la psychanalyse.

Mouvements subversifs et théorie du genre

Les textes du fhar (Front homosexuel d’action révolutionnaire) « Le


rapport contre la normalité » (1971), « Trois milliards de pervers » (1973),
les ouvrages comme Le désir homosexuel (1972) de Guy Hocquenghem, la
conférence « La pensée straight » (1978) de Monique Witting ont devancé la
« théorie queer » des années 1990 aux États-Unis. Eve Kosoksky Sedgwick,
dans Epistemology of the Closet (1990), questionne les fondements des caté-
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gories homosexuels/hétérosexuels. Elle définit l’identité sexuelle comme
un espace complexe dont les dimensions sont multiples, rarement cohé-
rentes entre elles. L’identité apparaît alors comme un vecteur de différence
et de différenciation plutôt qu’un lieu d’homogénéisation. Judith Butler,
dans Troubles dans le genre, pour un féminisme de la subversion, inter-
roge quant à elle le féminisme identitaire : le féminisme essentialiste peut
contraindre paradoxalement à de nouvelles normes alors que les femmes,
comme les hommes, sont fait de diversités identitaires. Elle analyse le
caractère « performatif » et répétitif du genre qui invite sans cesse le garçon
à jouer le garçon, la fille à jouer la fille… Elle procède à une déconstruc-
tion totale des identités en séparant plus radicalement encore sexe et
genre, le genre n’étant pas seulement binaire mais pouvant se déployer
à l’infini. Elle invite à se méfier des mots qui enferment les sujets dans
des identités et reconnaît au mouvement queer cette faculté de mettre au
travail les normes, de les subvertir. C’est ainsi que Michael Warner, dans
Fear of a Queer Planet (1993), définit, à partir des sexualités déviantes, le
queer comme « un écart ou une résistance au régime de la normativité »,
tout comme le feront bien d’autres auteurs à sa suite.
Cet ensemble défait le genre, défait le système à partir duquel ont été
pensés la sexualité, les rapports hommes-femmes, la hiérarchisation des
sexes, la pénétration vaginale comme l’aboutissement « normal » de la
sexualité, ayant pour finalité la procréation. La subversion a donc une
dimension sociale, là où la transgression et la perversion sont appréhendées

Discours psychanalytiques à propos de la sexualité. Transgression, perversion et subversion 19

Dialogue [Link] 19 23/05/16 11:00


comme des conduites individuelles. Mais la subversion connaît aussi ses
propres limites, elle doit davantage être entendue comme un processus
que comme un produit. Une fois les normes sexuelles subverties, d’autres
normes apparaissent sous des formes plus subtiles, comme si la sexualité
avait toujours besoin de contraintes pour être transgressée. Ayant béné-
ficié de la levée de certains interdits par les générations précédentes, la
société d’aujourd’hui aborde la question de la sexualité sous un angle
plus réaliste et parfois plus égalitaire. Mais la sexualité n’est pas seule-
ment soumise à la pression sociale, elle est soumise aussi à des forces
psychiques, plus inconscientes. La nudité toujours plus crue telle qu’elle
s’affiche dans la littérature, au cinéma ou à la télévision tend à repousser
certaines limites normatives mais peut aussi être une impasse en termes
de subversion, renforçant parfois la dimension consumériste de la sexua-
lité et maintenant la femme dans une position d’objet. Les normes tendent
insidieusement à se déplacer vers des formes plus invisibles et diffuses.
La sexualité doit trouver d’autres appuis pour parvenir à renouveler sa
définition et la subvertir en des formes créatives.
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Les positions dans le champ de la psychanalyse
à propos de la subversion

Aujourd’hui, le paysage psychanalytique des positions à l’égard des


« normes » sexuelles est particulièrement controversé. Même si la psycha-
nalyse a pu apparaître subversive dans le milieu bourgeois viennois du
début du xxe siècle, il existe une frange conservatrice de psychanalystes
qui semblent hostiles à reconsidérer la question de la différence des sexes
et de la sexualité à l’aune des débats dans notre société. Pierre Legendre,
Jean-Pierre Winter, Christian Flavigny, Paul Denis adoptent des positions
très normées à l’égard des questions de genre et de sexualité. Certains
avancent un ordre symbolique structurel que Lacan aurait présenté
comme indépassable et à partir duquel nous ne pourrions déroger sans
envisager l’apocalypse.
À l’inverse, Michel Tort, Sabine Prokoris, Thamy Ayouch avancent des
théories plus audacieuses et critiques. Ils relativisent l’essentialisme struc-
turel de la différence des sexes pour à la fois montrer la différenciation
relative des sexes et mettre en cause le socle de cette différence. Michel
Tort conteste le poids que semble conserver le père – et ses dérivés – dans
la psychanalyse lacanienne et chez ceux qui s’en réclament. Il invite ainsi
à la « fin du dogme paternel » (Tort, 2005). Thamy Ayouch prône une hété-
rotopie théorique de la psychanalyse qui dépend « de sa capacité d’hybri-
dation par d’autres approches, de son accueil du discours foucaldien et

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des analyses des gender, queer et transgender studies » (Ayouch, 2005,
p. 309). Cette perspective remet en cause l’édifice psychanalytique lui-
même sur l’approche binaire du sexe et donc des formes d’agencements
sexuels à caractère hétéro ou homo.
La question que posent finalement la transgression, la perversion et
aujourd’hui la subversion est le rapport qu’entretient la psychanalyse avec
les évolutions sociales. Son modèle théorique a partie liée avec la culture
et derrière des arguments théoriques se cachent parfois des positions
idéologiques. C’est déjà ce qu’Emmanuel Gratton (2008) avait constaté à
propos de l’homoparentalité, l’ordre symbolique n’étant finalement que
le masque de l’ordre social. Nous interrogeons sa capacité à tenir compte
d’autres approches comme le fait Judith Butler. Elle est sans doute celle
qui a le plus mis en cause l’approche psychanalytique traditionnelle de la
sexualité parce qu’elle possède une légitimité dans ce champ. La question
de la transgression (des normes) s’y présente non pas comme une perver-
sion mais comme une subversion (1990), c’est-à-dire une remise en cause
fondamentale des normes et une nouvelle manière de penser le monde,
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une forme de désassujettissement.

Conclusion
La transgression, la perversion, la subversion se présentent dans des
versions différentes du rapport à la norme, la transgression en franchis-
sant les limites posées par une société (une religion, une culture, une
loi…), la perversion comme destin particulier des pulsions – par lequel
nous serions finalement tous concernés du fait même de la jouissance
sexuelle –, la subversion comme renversement de l’ordre social établi.
Les normes sexuelles apparaissent comme plus ou moins contraignantes
dans notre société, mais elles appartiennent à un système complexe dont
nous avons hérité et que nous avons intériorisé. Aujourd’hui, nous tendons
à considérer que la « libération sexuelle » a eu lieu, notamment grâce à
l’affaiblissement des contraintes religieuses et à la mise en cause de l’ap-
proche médicale de certaines sexualités « minoritaires » (l’homosexualité,
la bisexualité) ou de certaines identités sexuées comme la transsexualité.
Ces termes disparaissent progressivement du champ psychopathologique
et se présentent sous des formes plus complexes, comme en témoigne
l’expression « transgenre » qui marque une rupture avec l’idée d’une
simple inversion de sexe. Transgenre, nous le serions tous d’une certaine
manière, en écho à la bisexualité psychique que Freud avançait déjà.

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La psychanalyse a joué un rôle particulier dans cette évolution. Elle a
permis une prise en considération plus grande de la sexualité qu’elle a
appréhendée notamment à travers le développement de l’enfant. Elle a
combattu la morale sexuelle dite « civilisée » qui a progressivement réduit
la sexualité à sa seule fonction procréatrice et provoqué, selon Freud,
aussi bien des névroses que des perversions. Elle a cependant maintenu
l’idée que la génitalité était l’aboutissement normal de ce développement
et catalogué certaines pratiques dans le registre des perversions. Reich a
promu une véritable révolution sexuelle tout en maintenant le caractère
génital comme idéal.
Cette révolution a, en fait, vu le jour deux décennies plus tard, à partir de la
fin des années 1960, à travers la « libération sexuelle ». Certaines conduites
sexuelles jugées initialement amorales, voire pathologiques, sont finale-
ment entrées progressivement dans la sphère de la normalité. C’est au
socle, au système que s’attaquent aujourd’hui certains auteurs référencés
aux théories straight et queer – « théorie du genre » pour d’autres. Ces
approches refondent non seulement les normes en matière de sexualité,
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mais redéfinissent plus globalement les identités sexuées et sexuelles, les
identités de genre. Cette mise en cause de la binarité sexuée et des assi-
gnations de genre a nécessairement des incidences sur la définition de la
sexualité comme rencontre des sexes ayant pour fin la procréation. C’est
la raison principale pour laquelle ces approches rencontrent de fortes
oppositions et résistances soit sur la plan idéologique, soit sur le plan
théorique, le deuxième plan n’étant parfois que le masque du premier.
La psychanalyse semble s’être toujours divisée finalement sur ce qui l’a
pourtant fondée, la subversion des manières de penser la sexualité.
La subversion des normes sexuelles connaît donc des limites liées aux
résistances socio-politiques, mais on peut considérer que des avancées
sociales et juridiques sont significatives ces dernières années. Elle conduit
à des formes d’opposition et de radicalisation des positions conformistes
qui se manifestent à travers des contre-mouvements ou par le repli iden-
titaire. La subversion doit toujours se renouveler pour rester subversive
et de nouvelles contraintes sociales ou psychiques nous laissent penser
que l’on n’en a jamais fini avec la libération sexuelle, ni dans la société,
ni dans le champ analytique.

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Psychoanalytical discourses on sexuality - transgression, perversion and
subversion

Keywords Abstract
Norms, sexuality, Psychoanalytical discourses on norms in matters of sexuality have often led to
transgression, a dual opposition, that is between the psychoanalytical approach to sexuality
perversion, subversion, and other discourses (moral, religious, political, social and cultural) on the
psychoanalysis one hand and that within the psychoanalytical field itself between different
currents of thought on the other. The present article proposes to study this
second controversy working from three socio-historical versions as to the
issue: transgression, perversion and subversion.
The emergence of each of these versions highlights theoretical oppositions
in the field of psychoanalysis that sometimes lead to scissions. Should we
then rather consider these oppositions to be the reflection of ideological posi-
tions and/or an expression of the difficulties inherent in reconciling with other
approaches?
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