Psychanalyse et sexualité : normes et transgressions
Psychanalyse et sexualité : normes et transgressions
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
Emmanuel Gratton
Mots-clés Résumé
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
Normes, sexualité, Les discours psychanalytiques sur les normes en matière de sexualité ont
transgression, souvent conduit à une double opposition : une opposition entre l’approche
perversion, subversion, psychanalytique de la sexualité et d’autres discours : moral, religieux, poli-
psychanalyse. tique, social et culturel ; une opposition au sein même du champ psychanaly-
tique entre différents courants. Cet article propose l’étude de cette deuxième
controverse à partir de trois versions socio-historiques de cette question : la
transgression, la perversion et la subversion.
L’apparition de chacune d’entre elles fait apparaître des oppositions théo-
riques dans le champ de la psychanalyse qui conduisent parfois jusqu’à des
scissions. Ces oppositions ne seraient-elles pas parfois le reflet de positions
idéologiques et/ou traduiraient-elles la difficulté de composer avec d’autres
approches ?
1
L
a sexualité semble être, depuis longtemps, le domaine par excellence
pour lequel la question de la morale se trouve posée. L’interdit de
l’inceste et la loi d’exogamie sont au fondement même de l’humanité.
L’extension judéo-chrétienne de cette loi a posé comme règle la mono-
gamie et réduit la sexualité essentiellement à sa fonction procréatrice.
Bien que ces règles aient toujours fait l’objet de transgressions, un ordre
social s’est établi, ordre social remis en cause dans ses fondements depuis
cinquante ans environ avec la « libération sexuelle » et ses incidences
Emmanuel Gratton, maître de conférences, université d’Angers, l’unam Université, laboratoire lppl, upres ea 4638.
[Link]@[Link]
11
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
des perversions, des pathologies sexuelles. Tout comme les transgres-
sions sexuelles, elles évoluent avec les mœurs : bon nombre de « perver-
sions » d’antan sont tombées dans l’escarcelle de la normalité. D’autres
perversions sont apparues et font l’objet alors d’une grande médiatisation,
par la fascination qu’elles suscitent. Plus récemment, le terme de « subver-
sion » est apparu. Il a accompagné la « révolution » sexuelle par la mise
en cause des normes morales et médicales en matière de sexualité, mais
aussi plus largement à propos du système auquel ces normes sexuelles
appartiennent, à savoir les normes de genre qui maintiennent la domi-
nation masculine et patriarcale dont nous aurions hérité. La subversion
apparaît comme l’expression d’une nouvelle forme de transgression, se
situant non plus dans le registre individuel mais dans les domaines social,
culturel, artistique et scientifique. Les études féministes, les études sur
le genre ont déconstruit le modèle de référence en matière de sexualité.
Nous nous intéressons donc dans cet article aux trois versions – la trans-
gression, la perversion, la subversion – qui ont pris un sens particulier
en matière de sexualité dans le discours psychanalytique, souvent sujet à
controverses. Ces trois versions sont historiquement situées et interdépen-
dantes dans leur contenu, la troisième conduisant à redéfinir sans cesse
les deux autres.
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
Freud considère que « ce qui caractériserait la morale sexuelle civilisée
[…] serait […] la réprobation de toutes relations sexuelles sauf celles
qui sont conjugales et monogames » (ibid., p. 28-29). Cette réprobation,
cette répression des pulsions, à un niveau élevé, entraîne la maladie, car
peu d’individus sont enclins à la sublimation. Il invite donc en quelque
sorte à la transgression pour des raisons de santé psychique. La limita-
tion de la sexualité au mariage et qui plus est à la procréation au sein
du mariage ne compense pas les efforts de restriction avant le mariage.
Freud parle de « double » morale sexuelle chez les hommes pour indi-
quer la fréquence de leur infidélité et indique les sévères névroses dans
lesquelles les femmes tombent : « Rien ne protège aussi sûrement sa
vertu que la maladie » (ibid., p. 39). Freud conclut que la pleine absti-
nence durant la jeunesse n’est souvent pas la meilleure préparation au
mariage. Il indique en particulier les risques ultérieurs de frigidité. Il
montre aussi que l’abstinence sexuelle peut être en relation avec d’autres
formes d’inhibition, intellectuelle ou artistique, ou encore de régression
sexuelle à un stade antérieur.
Carl Gustav Jung s’est opposé à Freud sur son approche de la sexualité.
Il voit « la valeur réelle du concept de libido non pas dans sa défini-
tion sexuelle mais dans sa vue énergétique » (Donn, 1995, p. 189). Jung
élargit considérablement la question sexuelle à d’autres dimensions et
notamment celles de la culture et de la politique dans l’apparition de
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
fondamentale : plaisir et extension ou angoisse et contraction. Il oppose
le type de caractère génital caractérisé par l’expérience sexuelle plénière
et le type de caractère névrosé. Herbert Marcuse (1955) s’inscrit dans
le prolongement de Reich en dénonçant « la surrépression des pulsions
imposée pour perpétuer une situation irrationnelle » (Simon, 1982, p. 114).
Les approches de Deleuze sur les « machines désirantes » et son Anti-
Œdipe (1972) co-écrit avec Guattari peuvent se rapprocher aussi de Reich
quant à la manière non « morale » d’aborder les questions de la sexualité.
Jung et Reich apparaissent donc comme deux pôles opposés à la position
freudienne, le premier en considérant que la sexualité est trop centrale
alors que le deuxième pousse la logique freudienne jusqu’à défendre
une révolution sexuelle qui est aussi, chez lui, une révolution poli-
tique et culturelle. Beaucoup d’autres psychanalystes se sont également
démarqués de la position freudienne de la sexualité. Ainsi, Lacan donne
primauté au langage plutôt qu’au sexe. La pulsion est du côté du désir
marqué par les traces des premiers objets d’amour. La sexualité n’est
qu’une tentative vaine et l’amour une illusion. Castrés, nous le sommes
définitivement. La sexualité est une sorte de masque de la mort, une forme
de réunion d’Éros et Thanatos. Dans ces conditions la libération sexuelle
paraît vaine. Lacan invite à distinguer répression sociale et refoulement
psychique. La répression n’est pas la cause, ni même la condition de la
névrose. Elle en serait davantage l’effet dans son raisonnement, la répres-
sion étant une traduction sociale du refoulement premier et indépassable.
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
Le discours psychanalytique sur les perversions
« Perversion » signifie originellement « dépravation » morale. Il ne s’agit
pas seulement d’un non-respect de la morale, mais d’une dégradation
de cette dernière, une action qui la fait chuter. Dans le domaine sexuel,
la perversion se définit comme la recherche de la satisfaction sexuelle
autrement que par l’acte sexuel « normal », ce dernier étant défini selon
le dictionnaire culturel d’Alain Rey comme « l’accouplement hétérosexuel
en vue d’obtenir l’orgasme par pénétration vaginale ou de manière plus
extensive selon la tolérance sociale » (Rey, 2005, p. 1600). Les variabilités
de la tolérance sociale rendent donc ténue la distinction entre transgres-
sion et perversion.
La perversion dans le champ de la psychanalyse a pris un autre sens, au
niveau psychopathologique, comme « définition, délimitation, description
des modes de défenses spécifiques » (Laplanche, 1973, p. VIII) aux côtés
de la névrose et de la psychose. Pour autant, elle n’a jamais eu tout à
fait le même statut que ces deux structures fondamentales. Freud oppose
explicitement dans leur rapport à la réalité la psychose et la névrose
(Freud, 1924, p. 299-303). De plus, elle ne s’est jamais tout à fait départie
de son sens moral chez certains psychanalystes, ce qui est une position
de plus en plus difficile à tenir compte tenu de l’évolution des pratiques
sexuelles (Jaspard, 2005).
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
Concernant l’homosexualité, Freud a élaboré différentes théories qu’Hu-
bert Lisandre (1995) a tenté de repérer et qui ont conduit à une relecture
clinique de la question perverse. Dans une lettre adressée à une mère
inquiète, Freud résume sa pensée : « L’homosexualité n’est certainement
pas un avantage, mais elle n’est pas honteuse, perverse ou dégradante ; elle
ne peut être classifiée comme une maladie, nous la considérons comme
une variation de la fonction sexuelle, produite par un arrêt spécifique
dans le développement sexuel » (Freud, 1935). Il s’agirait donc, selon lui,
plus d’une inversion que d’une perversion. Comptent en revanche parmi
les perversions le sadisme, le masochisme, le fétichisme, le voyeurisme,
l’exhibitionnisme…
En 1908, considérant le stade où la pulsion sexuelle est limitée à la repro-
duction, Freud observait déjà que certains n’y parviennent pas : « Les divers
genres de pervers chez lesquels une fixation infantile à un but sexuel provi-
soire a empêché le primat de la fonction de reproduction et les homo-
sexuels ou invertis chez lesquels, d’une façon qui n’est pas encore tout à
fait élucidée, le but sexuel a été détourné du sexe opposé » (Freud, 1908,
p. 35). La névrose est une forme d’intériorisation du symptôme qui se mani-
feste extérieurement dans la perversion. Ainsi, selon Freud, la névrose est
plus commune chez la femme, la perversion chez l’homme.
En 1915, Freud reconsidérera les destins des pulsions selon un autre ordon-
nancement mettant en évidence la plasticité des plaisirs et satisfactions
sexuelles. Ces destins se traduisent selon les sujets par le refoulement, la
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
sexuels et les avortements criminels, l’agonie sexuelle des adolescents,
l’assassinat des forces vitales chez l’enfant », mais aussi « l’abondance des
perversions, les escadrons de la pornographie et du vice… » (Reich, 1952,
p. 182). On le voit, les perversions dont Reich souligne l’abondance sont
rangées ici aux côtés d’éléments relevant plutôt de la déviance ou de la
morale.
Pour lui, le refoulement et les mécanismes défensifs conduisent à des
caractères opposés, le sadisme refoulant l’amour, la passivité féminine
le sadisme, la protestation virile la passivité féminine, l’obséquiosité la
protestation virile, etc. Il s’agit, à travers la cure, d’enlever chaque couche
de cette cuirasse et ceci non seulement par la parole comme dans la
cure classique, mais aussi par une implication corporelle et émotion-
nelle, les traumatismes relevant de la prime enfance, avant même que
l’enfant dispose de la parole. La libération sexuelle, chez Reich, conserve
le primat de la génitalité.
La position lacanienne est encore autre. Elle tend à considérer la perver-
sion comme un élément fondamental de la sexualité adulte : « Le phallus
fait obstacle à ce qui pourrait se croire un rapport entre deux sujets
dans un acte copulatoire où seul le pénis serait en jeu ; ceci était déjà
présent dans l’œuvre de Freud. Dans cet acte il y manque ce qui, pour
chaque sujet, est visé par le biais du phallus, soit son rapport à la jouis-
sance. Nous devons constater que dès qu’il s’agit de jouissance phallique,
aussi bien pour l’homme que pour la femme, la perversion n’est jamais
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
devenu le critère majeur des sexualités permises. À d’autres époques et
ailleurs, la pédérastie comme le devoir conjugal traduisaient, à l’inverse
du consentement, l’affirmation d’un rapport de domination. Par ailleurs,
la perversion dans le champ psychanalytique s’est déplacée du registre
sexuel à d’autres registres, comme en témoigne la littérature actuelle
sur la perversion narcissique. Ce déplacement sémantique est peut-être
le meilleur indicateur de l’étendue et de l’universalité de la perversion
comme usage de l’autre aux fins de sa propre jouissance, ce qui ne saurait
se limiter à la sexualité.
La perversion (sexuelle) en tant que structure est de plus en plus difficile
à définir. On pourrait faire l’hypothèse qu’elle tend à disparaître comme
référence majeure de la psychanalyse avec l’affaiblissement de la « morale
sexuelle civilisée », se fondant en quelque sorte dans le paysage commun
et diversifié des sexualités. On peut penser, à l’inverse, qu’elle ressur-
gira sous de nouvelles formes, se déplacera en direction de nouveaux
comportements pour une part déjà visibles et, pour une autre part, encore
imprévisibles à ce jour.
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
gories homosexuels/hétérosexuels. Elle définit l’identité sexuelle comme
un espace complexe dont les dimensions sont multiples, rarement cohé-
rentes entre elles. L’identité apparaît alors comme un vecteur de différence
et de différenciation plutôt qu’un lieu d’homogénéisation. Judith Butler,
dans Troubles dans le genre, pour un féminisme de la subversion, inter-
roge quant à elle le féminisme identitaire : le féminisme essentialiste peut
contraindre paradoxalement à de nouvelles normes alors que les femmes,
comme les hommes, sont fait de diversités identitaires. Elle analyse le
caractère « performatif » et répétitif du genre qui invite sans cesse le garçon
à jouer le garçon, la fille à jouer la fille… Elle procède à une déconstruc-
tion totale des identités en séparant plus radicalement encore sexe et
genre, le genre n’étant pas seulement binaire mais pouvant se déployer
à l’infini. Elle invite à se méfier des mots qui enferment les sujets dans
des identités et reconnaît au mouvement queer cette faculté de mettre au
travail les normes, de les subvertir. C’est ainsi que Michael Warner, dans
Fear of a Queer Planet (1993), définit, à partir des sexualités déviantes, le
queer comme « un écart ou une résistance au régime de la normativité »,
tout comme le feront bien d’autres auteurs à sa suite.
Cet ensemble défait le genre, défait le système à partir duquel ont été
pensés la sexualité, les rapports hommes-femmes, la hiérarchisation des
sexes, la pénétration vaginale comme l’aboutissement « normal » de la
sexualité, ayant pour finalité la procréation. La subversion a donc une
dimension sociale, là où la transgression et la perversion sont appréhendées
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
Les positions dans le champ de la psychanalyse
à propos de la subversion
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
une forme de désassujettissement.
Conclusion
La transgression, la perversion, la subversion se présentent dans des
versions différentes du rapport à la norme, la transgression en franchis-
sant les limites posées par une société (une religion, une culture, une
loi…), la perversion comme destin particulier des pulsions – par lequel
nous serions finalement tous concernés du fait même de la jouissance
sexuelle –, la subversion comme renversement de l’ordre social établi.
Les normes sexuelles apparaissent comme plus ou moins contraignantes
dans notre société, mais elles appartiennent à un système complexe dont
nous avons hérité et que nous avons intériorisé. Aujourd’hui, nous tendons
à considérer que la « libération sexuelle » a eu lieu, notamment grâce à
l’affaiblissement des contraintes religieuses et à la mise en cause de l’ap-
proche médicale de certaines sexualités « minoritaires » (l’homosexualité,
la bisexualité) ou de certaines identités sexuées comme la transsexualité.
Ces termes disparaissent progressivement du champ psychopathologique
et se présentent sous des formes plus complexes, comme en témoigne
l’expression « transgenre » qui marque une rupture avec l’idée d’une
simple inversion de sexe. Transgenre, nous le serions tous d’une certaine
manière, en écho à la bisexualité psychique que Freud avançait déjà.
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
mais redéfinissent plus globalement les identités sexuées et sexuelles, les
identités de genre. Cette mise en cause de la binarité sexuée et des assi-
gnations de genre a nécessairement des incidences sur la définition de la
sexualité comme rencontre des sexes ayant pour fin la procréation. C’est
la raison principale pour laquelle ces approches rencontrent de fortes
oppositions et résistances soit sur la plan idéologique, soit sur le plan
théorique, le deuxième plan n’étant parfois que le masque du premier.
La psychanalyse semble s’être toujours divisée finalement sur ce qui l’a
pourtant fondée, la subversion des manières de penser la sexualité.
La subversion des normes sexuelles connaît donc des limites liées aux
résistances socio-politiques, mais on peut considérer que des avancées
sociales et juridiques sont significatives ces dernières années. Elle conduit
à des formes d’opposition et de radicalisation des positions conformistes
qui se manifestent à travers des contre-mouvements ou par le repli iden-
titaire. La subversion doit toujours se renouveler pour rester subversive
et de nouvelles contraintes sociales ou psychiques nous laissent penser
que l’on n’en a jamais fini avec la libération sexuelle, ni dans la société,
ni dans le champ analytique.
Bibliographie
Ayouch, T. 2015. « Psychanalyse et transidentités : hétérotopies », L’évolution psychiatrique, vol. 80, 2.
Bercherie, P. 2004. Wilhem Reich et l’orthodoxie freudienne, Paris, L’Harmattan.
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
Hocquenghem, G. 1972. Le désir homosexuel, Paris, Fayard, 2000.
Jaspard, M. 2005. Sociologie des comportements sexuels, Paris, La Découverte.
Jung, C.G. 1916. Psychologie de l’inconscient, Genève, Georg, 1993.
Kosofsky Sedgwick, E. 1990. Epistemology of the Closet, Los Angeles, University of California Press.
Laplanche, J. 1973. « Introduction », dans Névrose, psychose et perversion, Paris, Puf, V-VIII.
Lisandre, H. 1995. Freud et l’homosexualité : de l’inversion à la métaphore, Thèse sous la direction de Paul-Laurent
Assoun, Paris 7 Diderot.
Marcuse, H. 1955. Éros et civilisation, Paris, Minuit, 1963.
Prokhoris, S. 2000. Le sexe prescrit, la différence sexuelle en question, Paris, Aubier.
Reich, W. 1952. La fonction de l’orgasme, Paris, L’Arche, 1970.
Rey, A. (sous la direction de). 2005. Dictionnaire culturel en langue française, Paris, Le Robert.
Simon, M. 1982. Comprendre la sexualité aujourd’hui, la sexualité aux regards des sciences pour une sexualité à
visage humain, Lyon, Chronique sociale.
Tort, M. 2005. La fin du dogme paternel, Paris, Flammarion.
Warner, M. 1993. Fear of a Queer Planet : Queer Politics and Social Theory, Minneapolis, University of Minnesota
Press.
Keywords Abstract
Norms, sexuality, Psychoanalytical discourses on norms in matters of sexuality have often led to
transgression, a dual opposition, that is between the psychoanalytical approach to sexuality
perversion, subversion, and other discourses (moral, religious, political, social and cultural) on the
psychoanalysis one hand and that within the psychoanalytical field itself between different
currents of thought on the other. The present article proposes to study this
second controversy working from three socio-historical versions as to the
issue: transgression, perversion and subversion.
The emergence of each of these versions highlights theoretical oppositions
in the field of psychoanalysis that sometimes lead to scissions. Should we
then rather consider these oppositions to be the reflection of ideological posi-
tions and/or an expression of the difficulties inherent in reconciling with other
approaches?
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])
© Érès | Téléchargé le 20/02/2024 sur [Link] via Université Paris - Cité (IP: [Link])