Exposé : L’orientalisme
Cours donné par Fred Constant : Edward Said une critique arabe
du regard occidental sur l’Orient
1991 -> publication son essai autobiographique Out of place (il a écrit cet ouvrage
sur son lit d’hôpital alors qu’il souffrait d’une leucémie) -> dans ce dernier l’auteur
entreprend une plongée dans son moi profond en même temps qu’il propose une
analyse sans concessions de son roman familial (rapports avec ses parents,
contexte familial)
Il est né sujet « colonial » britannique (Palestine colonie assimilée britannique à ce
moment-là) il dit qu’il n’a cessé de s’interroger sur la signification de l’association de
son prénom « royal » britannique et de son nom de famille arabe
Né d’une famille assez favorisée -> père palestinien mais a nationalité américaine de
religion protestant
Il se définit comme « un arabe éduqué à l’occidentale »
En 1948 : vu qu’il y a la Nahkba la famille choisit (choix contraint) de partir pour le
Caire
L’auteur va au collège anglais de la ville -> éducation british coloniale
Puis fini ses études aux US -> devient prof d’anglais et de littérature
1967 : guerre des Six jours -> le conduit à se plonger dans la cause palestinienne ->
se rapproche d’autres intellectuels arabes vivant aux US notamment Ibrahim
Abu-Lughod
Publie beaucoup d’articles dans le New York Times pour introduire la question de la
cause palestinienne dans l’opinion américaine
Devient membre indépendant du conseil national palestinien -> relations avec
Yasser Arafat « compliquées » car il a critiqué à plusieurs reprises les positions de
ce dernier
Il distingue des « territoires superposés et des histoires enchevêtrées » et ce en
partie à cause de l’impérialisme -> les cultures s’interpénètrent et s’hybrident
« Il est temps de dénoncer l’impérialisme qui hiérarchise les critiques en masquant
les rapports de domination. Les rapports entre les cultures sont inégaux quand ils
sont marqués par des rapports de force »
Leurs rapports sont inégaux -> « on africanise l’africain, on orientalise l’oriental, on
occidentalise l’occidental et on américanise l’américain »
Les rapports de domination induisent à des identités erronées
L’auteur cherche à réunir pour que les cultures se rencontrent dans un horizon de
multiculturalité
Son ouvrage emblématique : Orientalism, l’Orient créé par l’Occident
Comment l’occident a inventé l’orient au point que même les orientaux ont
intériorisés les représentations occidentales d’eux-mêmes qu’ils leurs ont été imposé
-> orientalisme : entreprise de déconstruction de l’identité orientale -> l’orient
construit par l’occident
Ouvrage fondateur des études post-coloniales
Les mots-clés de l’ouvrage :
Orientalisme : un savoir à prétention scientifique concernant le Proche-Orient, l’islam
et les arabes qui a été converti en doctrine politique pour justifier l’expansion
coloniale de l’occident en orient où elle a été un instrument de domination de l’Autre.
L’Orientalisme est devenu un savoir : pouvoir saturé en ethno stéréotypes
dépréciatifs (sensualité, fainéantisme, cruauté…) qui vont être intériorisés par les
arabes
Quelques propositions centrales de l’ouvrage :
a) De la fin du 18ème siècle à nos jours la tradition orientaliste occidentale a produit
une vision de l’orient qui a servi à le dominer et à justifier cette domination
b) Par orientalisme Saïd entend une pensée fondée sur une distinction ontologique
et scientifique entre l’orient et l’occident qui se trouvent séparés par une
différence irréductible
c) L’orientalisme est l’expression d’un discours occidental multiséculaire sur l’orient
qui a pour objet de parler de et pour l’Orient -> c’est un discours qui se substitue
aux discours des orientaux sur eux-mêmes + ces discours de substitution
véhiculent une vision des orientaux qui est essentialisée et atemporelle de l’orient
et des orientaux
d) Said met à jour plusieurs topos orientalistes :
La sensualité orientale, la violence bestiale, l’indigence intellectuelle
(l’inculture des arabes), le dénuement moral des arabes qui sont mauvais
etc…
Cela donne lieu au racisme et aux stéréotypes culturels que nous
connaissons aujourd’hui
e) L’orientalisme offre une réflexion sur ce que la représentation implique d’autorité
et de soumission du sujet représenté par celui qui le représente -> ex des grands
auteurs européens classiques qui ont représenté l’Autre par le silence : ces
personnages n’avaient pas la parole dans l’ouvrage
-> K. Daoud -> but de son livre : donne voix aux personnages muets de l’Étranger de
Camus -> leur donne une histoire et la parole
E. Said -> l'hérault critique de la cause palestinienne :
Intellectuel engagé sur la scène publique
Il a pris position à plusieurs reprises notamment sur l’accord d’Oslo car selon lui pour
celui-ci les Palestiniens faisaient trop de concessions
Il a critiqué les positions des pays arabes au moment des premières décolonisation
Il défendait la position d’un seul Etat mais binational donc avec le peuple israélien
d’un côté et le peuple palestinien, un Etat laïque et avec dans le préambule de la
constitution de cet Etat la reconnaissance du traumatisme historique qu’Israël a
causé aux palestiniens
L’influence de Said a été considérable, il a inspiré plusieurs générations
d’intellectuels des pays des Suds y compris en Asie et en Inde et c’est l’un des
premiers qui a élevé la voix après les Versets Sataniques pour sauver la vie de son
auteur (Salman Rushdie) car victime d’une Fatwa
notes articles :
1960’s -> l’orientalisme en crise ? (-> article d’Anouar Abd-el-Malek) -> idée de
décolonisation scientifique dans les études arabes
Lakhdar Souami (?)
[Link]
notes sur le texte : La critique arabe de l’orientalisme en France et aux Etats-Unis, lieux,
temporalités et modalités d’une relecture, par Thomas Brisson (2008)
comparaison de la critique de l’orientalisme faite par Saïd (palestinien) -> influencé par les
universités américaines où il a étudié et enseigné
et de la critique de l’orientalisme faite par Anouar Abd-el-Malek -> intellectuel
égyptien/français
I- Abd-el-Malek -> “L’orientalisme en crise” 1963 :
relation directe entre le développement de l’orientalisme européen au XIXè et la colonisation
-> “l’orientalisme aurait fonctionné comme auxiliaire de la colonisation, la
connaissance qu’il offrait des peuples colonisés donnant au colonisateur les moyens
“de mieux assurer l’asservissement de ces peuples aux puissances européennes”
(citation d’Abd-el-Malek)
pour Malek il y a une équivalence entre l’origine culturelle des savants et la nature du savoir
qu’ils produisent -> les chercheurs européens pendant la colonisation ont produit un savoir
sur l’orient en adéquation avec l’image que les sociétés occidentales se faisaient de peuples
qu’ils dominaient → ils ont en premier lieu figé ces peuples dans une altérité + conception
arriérée -> les nations orientales sont restées en marge de la modernité (occidentale)
“essentialisme, ‘historicisme’ et textualisme sont, on le voit, les trois défauts qui grèvent,
selon Abd-el-Malek, le savoir orientaliste”
avec la décolonisation -> commence à y avoir une étude des sociétés orientales par les
orientaux eux-mêmes -> “Depuis 1945 ce n’est pas seulement le terrain qui échappe à
l’orientalisme, mais aussi les hommes, hier encore “objets” d’étude, et, désormais, “sujets”
souverains” (citation d’Abd-el-Malek)
-> avec ces nouvelles études une attention nouvelle est désormais portée aux
déterminations matérielles des sociétés décolonisées ainsi qu’à leur présent → reste flou en
essayant d’envisager le futur
reconnaît que (certains) savants européens peuvent continuer à contribuer -> ex : Jacques
Berque ??
diff de conception entre Saïd et Malek sur la notion/terme d’orientalisme
Malek -> orientalisme = synonyme strict d’orientalisme scientifique à l’exclusion de tout autre
sens (exclut l’orientalisme littéraire etc…) -> il vise uniquement une tradition scientifique :
l’étude philologique classique et historique du monde arabe qui s’est développée en Europe
fin XVIII/début XIX → il critique la manière d’étudier le monde arabe fait en France ->
focalisation sur le passé des nations et cultures orientales + importance exclusive donnée à
la langue et la religion + manuscrits arabes
→ critique orientée/située dans le champ académique des études arabes françaises car il
“fait partie” de ce milieu mais distance critique → surtout de l’Institut d’Etudes Islamiques qui
a la place centrale dans les études arabes françaises 1950/60
→ l’orientalisme philologique n’est remis en question que dans les années 1970 avec une
recherche nouvelle du monde arabe contemporain (sociologie, économie, sciences po..)
depuis fin 1950’s -> début décolonisation -> pays en pleine recomposition
((((wikipédia -> Abd-el-Malek -> notions de nationalisme et de civilisation. affinités entre les
vieilles civilisations sédentaires et centralisées de la Chine et de l’Egypte, et remet en
contexte l’émergence de l’Occident, où la pensée renaissante et moderne se serait
développée essentiellement par la confrontation et l’échange avec le monde moyen-oriental
))))
les 2 auteurs ne sont pas pour que seuls les savants arabes aient le droit d’étudier le monde
arabe -> ou plus généralement que l’étude des sociétés humaines soit réservé aux savant
qui en sont originaires
II- Edward Saïd, livre “L’orientalisme” (1978)
s’expliquerait par le regard critique d’un intellectuel arabe palestinien sur la tradition
occidentale d’étude du monde arabe
selon Saïd c’est la guerre des six jours (1967) qui a marqué le tournant de sa carrière
académique -> serait devenu un intellectuel engagé (+ porte parole de la cause
palestinienne) à partir de ce moment-là (avant il était un “simple” prof de littérature
comparée à Columbia)
-> 1967 : 1ère publication sur le monde arabe sur la guerre des six jours
dans la réalité moins net et radical que ça
prendre en compte qu’il publie son ouvrage critique (et polémique) qui va faire polémique à
une période où il accède à des positions reconnues au sein de l'Université américaine ->
peut se “permettre de la faire” car il a dorénavant une crédibilité institutionnelle et donc peut
parler publiquement et défendre une cause qui n’était pas populaire aux US
années 1970 : aggiornamento théorique au sein du monde universitaire américain ->
apparitions de théories nouvelles et d’un discours radical
-> les études littéraires américaines constituent une sorte de pôle radical dans bcp
d’universités + changement significatif de leurs programmes -> ce renouveau a beaucoup
joué dans la réorientation des analyses de Saïd
Saïd embrasse un corpus bcp + large (que Malek) -> place importante de l’orientalisme
littéraire
-> Saïd défend une conception critique et autonome de l’intellectuel -> conception
fortement reprise par les Postcolonial studies (années 1980) → Saïd précurseur ->
l’auteur Brisson qualifie en effet Saïd de père fondateur des postcolonial studies
area studies : inverse des postcolonial studies ??? -> à regarder
“L’orientalisme est bien + qu’une relecture critique arabe des textes occidentaux écrits
pendant la colonisation, la différence avec Abd-el-Malek étant ici d’autant plus importante
que presque vingt années se sont écoulées depuis la fin des décolonisations, et que les US,
contrairement à la France, n’ont pas été un pays colonial”
une large partie de l’oeuvre de Saïd se place dans l’optique d’une critique de l’impérialisme
mais d’après l’auteur Thomas Brisson c’est l’espace universitaire précis qui constitue
l’ancrage méthodologique et la visée propre de l’oeuvre
III- Abd-el-Malek, Saïd et l’orientalisme : une ressemblance en trompe-l’œil ?
tout incite à les inscrire dans une même lignée intellectuelle
(“intellectuel “entre deux mondes” à qui sa position ambivalente offre une acuité critique”)
“l’orientalisme critiqué/vu/décrit comme auxiliaire de l’impérialisme européen” ->
tradition scientifique occidentale réinscrite dans un rapport de domination + global
ces 2 critiques de l’orientalisme se ressemblent, leurs argumentaires sont relativement
semblables cependant ils prennent un sens différent selon les contextes dans lesquels ils
ont été produits
→ la visée de la polémique et son impact ont varié entre les 2 en fonction de la différence du
poids et de la structuration des études arabes entre les universités françaises (1960’s) et
américaines (1970’s)
d’après Brisson on peut faire l’hypothèse que Abd-el-Malek et Saïd ont en réalité des
positions opposées à l’égard de l’orientalisme purement scientifique
Abd-el-Malek -> appelle à une sorte de révolution dans les études arabes françaises +
demande un passage de la philologie à la linguistique et de passer à une historiographie
renouvelée
à l’inverse chez Saïd -> vision beaucoup + nuancée : il s’agit de “sauver” une partie de
l’orientalisme scientifique de l’appropriation qu’en faisaient les Area Studies à l’époque
moins radical -> il critique les grands orientalistes est surtout sur les présupposés
problématiques qu’ils emploient (+ limité)
il supporte la possibilité d’une position autonome du chercheur ou de l’intellectuel
→ c’est une réévaluation mais non une invalidation de la tradition orientaliste
les autres intellectuels arabes présents au sein de la recherche française dans ces années
ont adopté une attitude contraire à celle d’Abd-el-Malek -> ils ont plutôt contribué à faire
évoluer la vieille tradition orientaliste en renouvelant les perspectives, objets et méthodes
le succès du texte de Saïd s’explique car il a réussi à “se greffer sur les transformations d’un
champ académique dont il a symbolisé le renouveau”
[Link]
1
autre texte de Thomas Brisson : Décoloniser l’orientalisme ? Les études arabes françaises
face aux décolonisations (2011)
3ème partie du texte sur les écrits de Lakhdar Souami (-> à lire ?)
Cours de Fred Constant : Définir les études postcoloniales
Déf : ensemble d’enseignements de recherches et de publications autour du fait
colonial et de son héritage, constitué en domaine de spécialité dans les universités
anglophones dans les années 1980
Ces études sont apparues au tout début dans les départements d’études anglaises
Elles remettent en question les prémices des autres disciplines
Elles génèrent beaucoup de controverses et polémique -> aujourd’hui il faut
renoncer à toute exhaustivité -> on ne peut pas toutes les inclure/étudier car difficile
de mettre des « frontières » à cette discipline
Ce qui réunit toutes ces études diversifiées est un questionnement, une mise en
cause, une interrogation sur le leg colonial dans nos sociétés contemporaines,
l’impact de la colonisation dans nos sociétés en particulier sur la persistance d’une
centralité politique et intellectuelle de l’occident après 75 ans d’indépendance ->
persistance de l’occident comme référant intellectuel et politique
Pourquoi la décolonisation ne s’est pas accompagnée d’une décolonisation
scientifique, intellectuelle qui aurait pu contribuer à revitaliser le monde de la pensée
Le mot post-colonial lui-même traduit l’enchevêtrement des temporalités et aussi des
territoires
Le « post » ne renvoie pas à une séquence avant ou après la colonisation mais
englobe toutes les phases de la colonisation et de la décolonisation.
Le changement de statut politique des territoires n’a pas effacé le travail séculaire de
la colonisation.
Le « post » exprime aussi une résistance à ce qui a été imposé comme
représentation et comme savoir aux peuples colonisés. Ça signifie au-delà de la
résistance à des représentations datées, la tentation ou le projet de repenser les
expériences historiques fondées sur la domination en en faisant des histoires
partagées, redonnant à chacun sa place, sa culture et sa dignité
L’approche post coloniale est une manière de poser les problèmes ; est une
démarche critique qui s’intéresse aux conditions de la production culturelle des
savoirs sur soi et sur l’autre et qui se penche sur la capacité d’initiatives et d’action
des opprimés dans un contexte de domination coloniale
Objets, enjeux et problématiques des études postcoloniales :
L’objet est la déconstruction du discours colonial, la déconstruction des
représentations, les imageries, processus de déshumanisation, de racisation …
La domination sous tous ses prismes est étudiée -> po, idéologique, culturelle,
scientifique, esthétique, sexuelle, raciale, ethnique …
Entreprises de domination ont combiné la violence physique avec des formes de
soumission des esprits -> toutes portaient en elles-mêmes des idéologies
d’infériorisation = des schèmes représentatifs dépréciatifs qui servaient à justifier le
traitement discriminatoire infligé à des groupes sociaux en raison de leur
appartenance raciale, ethnique ou culturelle
Kimberlé Crenshaw (1990’s) : l’intersectionnalité -> la situation de personnes
subissant simultanément plusieurs formes de domination ou de discrimination dans
une société. L’intersectionnalité permet d’intégrer les différences entre les femmes,
permettant d’aller au-delà de la notion même de féminisme
Héritages, filiations et dépassements :
Précurseurs :
E. W. Dubois
M. Garvey
E. W. Blyden
J. Kenyatta
A. Césaire
K. Nkrumah
F. Fanon
E. Glissant
Gayatri Spivak
a) La littérature comparée postcoloniale :
Ashcroft, Griffiths et Tiffin revendiquent la paternité du concept de postcolonial dans
The empire writes back
Leur définition : toute la production culturelle affectée par le processus de l’empire
depuis le moment de la colonisation jusqu’à aujourd’hui / toute prod culturelle qui
traite d’une façon ou d’une autre de la réalité persistante du pouvoir colonial y
compris dans ses manifestations les plus récentes
b) La déconstruction du discours colonial :
Écrivains établissent une claire connexion entre pouvoir et production d’un savoir sur
l’Autre essentialisé dans un statut d’infériorité -> construction fantasmatique d’un
Autre comme instrument de domination idéologie occidentale
c) Subaltern studies :
Viennent d’un collectif d’historiens indiens -> chefs de file : Guha, Chatterjee, Spicak,
Chakrabarty
A l’origine -> volonté de reconsidérer l’histoire de la colonisation et de
l’indépendance de l’Inde à partir du rôle joué par les opprimés, les dépossédés = les
subaltern
S’intéressent aux lieux, moments et moyens de l’action autonome des opprimés
Privilégient les moments de rébellion / ceux où s’exprime le + visiblement la
résistance à la domination
+ critique virulente des cadres analytiques européens -> l’Etat, la nation, la
citoyenneté etc… qui ne sont pas adaptés pour l’étude des trajectoires
non-occidentales nécessité de mettre au point de nouveaux concepts
Quête de récits alternatifs, aux histoires locales -> attention portée aux documents
non-officiels pour donner une voix à ceux qui n’en ont d’habitude pas
d) Cultural studies :
UK -> Hoggart, Thomson ont montré la force la culture des pauvres pour résister à
un ordre imposé par un capitalisme dérégulé
1970’s -> Stuart Hall -> met en évidence la stigmatisation par les autorités officielles
de certaines minorités en raison de leurs styles de vie et en retour leurs stratégies
de résistance, leur potentiel d’action autonome
e) Les relectures de la mondialisation :
Remise en cause 1970’s/1980’s du caractère universel de la modernité occidentale
-> il y a dorénavant une pluralité d’horizons politiques + des revendications
culturalistes et particularistes ont commencé à jouer un rôle important
Floraison d’œuvres sur le thème de l’espace, du mouvement, des diasporas, des
tensions entre société d’origine et société d’accueil etc…
Paul Gilroy, Black Atlantic
Profil sociologique des intellectuels postcoloniaux :
Les fondateurs et animateur des études postcoloniales sont des intellectuels
non-occidentaux excentrés de leurs pays d’origine et employés par des universités
nord-américaines qui symbolisent la domination intellectuelle occidentale
Mais occidentalisation et désoccidentalisation sont intimement liés nécessité de
maitriser les codes intellectuels occidentaux pour en démontrer les limites ou les
alternatives possibles
Ce déplacement géographique participe à une nouvelle manière de voir les choses
-> le fait d’être out of place fait ouvrir les yeux
Comment les études post-coloniales ont été accueillies en France -> accueil tardif
(fin 1990’s) et très réservé
Rejet massif car elles ont été importées en France par des militants assez radicaux
notamment par le groupe les indigènes de la République
+ elles ont été réduites aux usages militants
+ l’appel au décloisonnement disciplinaire a joué contre elles car pas normal en
France -> cloisonnements disciplinaires qui sont en fait aussi des cloisonnements
sociaux
+ ces études ne sont pas compatibles avec le primordialisme républicain (rejet des
différences)
+ le traumatisme colonial fr n’est pas géré fortement refoulé, ce passé ne passe pas
car il a longtemps été passé sous silence
+ peur que ces études attentent à la cohésion sociale en voulant dénoncer des
problèmes sociétaux importants
++ d’après Achille Mbembé ces études sont arrivées à un moment de tournant
autoritaire et néo-conservateur de la pensée française avec cette peur d’un
déclassement de l’Europe qui n’est plus le centre de gravité du monde
texte de Gilbert Achcar -> reprend la pensée de Sadik Jalal Al-Azm ->
l’orientalisme à rebours = “orientalism in reverse” → point de vue arabe sur
l’Occident (assez similaire au point de vue occidental sur l’orient) + dichotomie totale
entre l’occident et l’orient
Notes Beatriz :
The West and the Rest: Discourse and Power - Stuart Hall, 1992
Explore la construction et la représentation culturelle de l'occident en contraste avec
le "reste" (l’orient, le tiers monde). analyse comment ces catégories ont été formées
historiquement et leur rôle dans l’impérialisme, le colonialisme et le pouvoir mondial.
Construction de l'occident et du "reste"
- l'occident est une construction culturelle qui a ses racines dans le
colonialisme et l’exploitation économique et militaire du "reste".
- le concept d'occident implique un ensemble de valeurs et d’attributs tels que
la rationalité, le progrès, la civilisation, tandis que le "reste" est caractérisé
comme irrationnel, primitif et arriéré.
- cette distinction ne reflète pas seulement une géographie, mais aussi une
structure de pouvoir où l’occident domine le discours global.
Discours et représentation
- le "discours" sur le "reste" a été fondamental pour la justification de la
colonisation et de l’exploitation. hall s’appuie sur les idées de michel foucault
sur le pouvoir et la connaissance, en affirmant que la façon dont "reste" a été
représenté a façonné les pratiques de domination.
- la représentation du "reste" n’était pas neutre ; elle servait les intérêts
économiques et politiques de l’Occident.
Le rôle de l’impérialisme et du colonialisme
- hall aborde le lien entre le discours occidental et l’impérialisme, montrant
comment le colonialisme a été justifié par la croyance en la supériorité
occidentale.
- L’exploitation des colonies a été rationalisée par une vision du "Reste" comme
inférieur, incapable de s’autogouverner et donc nécessitant une "civilisation"
occidentale.
L’économie du pouvoir mondial
- l’expansion du capitalisme mondial dépendait de l’exploitation des ressources
et de la main d’œuvre du reste, créant une hiérarchie économique entre le
Nord (pays développés) et le Sud (pays en développement).
- cette division reflétait également une inégalité culturelle, où l’Occident était
considéré comme la source du progrès et de la modernité.
Conséquences contemporaines
- hall relie ces récits historiques à la façon dont le monde globalisé reflète
encore ces inégalités entre l’Occident et le reste.
- il suggère que même après le colonialisme formel, les dynamiques de pouvoir
et les représentations culturelles demeurent, perpétuant une vision du "reste"
comme subalterne.
hall, dans l’occident et le reste, travaille avec une approche similaire a Said, en
discutant de la façon dont l’occident a construit sa propre identité en définissant le
rest. comme "l’orient" pour Said, le reste de Hall est une catégorie homogène et
essentialisée, marquée par des idées de retard, d’irrationalité et de primitivisme.
hall + said montrent que ces constructions ne sont pas neutres, mais qu’elles sont
liées à des pratiques de domination. dans le cas de l’orientalisme, l’idée d’un Orient
passif et soumis a aidé à légitimer le colonialisme européen en Asie et en Afrique du
Nord. pour Hall, le discours sur le "reste" a joué un rôle similaire dans le maintien de
la puissance occidentale sur une grande partie du monde.
le reste de Hall est un concept + large que l'Orient de Said, mais les deux suivent
une logique de construction culturelle et discursive où l’Occident projette ses propres
angoisses et justifications dans une altérité imaginée.
L'Orientalisme à rebours : de certaines tendances de l'orientalisme français
après 1979" - Gilbert Achcar
analyse critique du concept d’orientalisme à rebours et comment ce concept a
émergé en france après les événements révolutionnaires de 1978-1979, en
particulier la rév iranienne, l'invasion soviétique de l'afghanistan et la publication du
livre orientalism Said.
contexte historique et intellectuel:
trois événements majeurs ont influencé les études orientales et islamiques à partir
de 1978-1979 :
- révolution islamique iranienne (1978-1979), qui a instauré un gouvernement
islamique et renforcé l'islam comme force politique;
- l’invasion soviétique de l'Afghanistan (1979), qui a encouragé la montée de
l'islamisme comme résistance au communisme;
- publication d'orientalisme (1978) d’edward said, qui critique les
représentations occidentales de l'Orient comme étant essentialistes et
biaisées.
période de déclin du marxisme et de montée de nouveaux mouvements intellectuels
qui réévaluaient le rôle de l'islam, rejetant la vision de la modernité exclusivement
laïque.
orientalisme à rebours:
concept introduit par le penseur syrien Sadik Jalal Al-‘Azm, qui critique une nouvelle
forme d'orientalisme; contrairement à l'orientalisme classique qui dévalorise l'orient,
cet "orientalisme à rebours" idéalise l'islam et le perçoit comme supérieur à
l'occident. l’'orientalisme à rebours inverse les dichotomies traditionnelles, glorifiant
l'orient et l'islam comme solutions aux problèmes de la modernité occidentale.
Al-‘Azm identifie deux formes principales de cet orientalisme à rebours :
- une vision exaltant l'Orient : des intellectuels arabes, notamment les
nationalistes, considéraient que "l’intellect arabe" était supérieur à
l’occident.
- une révision islamique post-1979 : une partie de la gauche arabe,
autrefois laïque, commençait à voir l’islam politique comme la solution
aux défis rencontrés par les Arabes, abandonnant les idéaux marxistes
et libéraux.
caractéristiques de l'orientalisme à rebours
- l’orient islamique et l'occident sont considérés comme des opposés
antithétiques, et l'islam est vu comme la clé de l'émancipation des peuples
arabes.
- les valeurs occidentales telles que la démocratie, la laïcité et l’émancipation
des femmes sont jugées inadéquates pour évaluer le progrès de l’orient.
- les sciences sociales occidentales ne peuvent pas appréhender le monde
musulman, qui ne peut être compris que d'une perspective religieuse et
culturelle.
- l'islam est perçu comme la force motrice de l’histoire dans le monde
islamique, surpassant les facteurs économiques et sociaux.
- les mouvements islamiques ne sont pas perçus comme réactionnaires, mais
comme progressistes, s’opposant à la domination occidentale.
le rôle des intellectuels français:
- foucault: dans un premier temps, a soutenu la révolution iranienne -> révisé
sa position.
- post-1979: olivier roy et françois burgat, influencés par ces transformations
politiques et idéologiques dans le monde islamique oont commencé à
considérer l’islamisme non comme une force réactionnaire, mais comme un
mouvement modernisateur, légitimant ainsi l’islam politique comme une forme
alternative de modernité.
achcar conclut que l’orientalisme à rebours partage un noyau commun avec
l’orientalisme traditionnel : une vision essentialiste du monde islamique; les deux
tendances voient l’islam comme un phénomène fixe et immuable, déterminant
l’histoire des sociétés musulmanes; toutefois, il met en garde contre les dangers
d’idéaliser l’islamisme en tant que solution progressiste à la modernité, car cela peut
conduire à une mauvaise interprétation des réalités politiques et sociales complexes
des mouvements islamiques.
“Que faire des postcolonial studies? Vertus et déraisons de l'accueil critique
des postcolonial studies en France" - Nicolas Bancel (
- postcolonial studies ont provoqué d'importants débats en France, surtout à
partir de 2006, avec des colloques et publications comme "la situation
postcoloniale" et des articles dans la revue hérodote, suscitant des
polémiques sur la pertinence de ces théories dans le contexte français.
- l'orientalisme de said, a eu un impact initial -> postcolonial studies ont eu une
réception limitée en france comparée aux EUA et RU.
- l’'approche des postcolonial studies a été perçue comme polémique par des
intellectuels français qui critiquent ce qu'ils voyaient comme une tendance à
l'essentialisme et à la surestimation de l'importance de la période coloniale;
jean-françois bayart et yves lacoste ont argué que ce courant tendait à tracer
des liens trop déterministes entre l'ère coloniale et le monde contemporain,
limitant ainsi les perspectives historiques plus larges.
- le préfixe "post" a également été sujet à débat. certains critiques estiment que
ce terme implique une rupture nette entre les périodes coloniale et
postcoloniale, occultant ainsi des continuités importantes.
- une question centrale des postcolonial studies est l'accent mis sur la "longue
durée". achille mbembe a insisté sur l'importance d'étudier les effets du
colonialisme sur plusieurs siècles, et non seulement pendant les périodes de
domination coloniale directe; cette perspective temporelle a été critiquée en
france, où des historiens soulignent que la longue durée fait déjà partie de la
tradition historiographique depuis fernand braudel et l'école des annales
- les postcolonial studies affirment que le colonialisme est un facteur clé pour
comprendre la modernité, tant dans les anciennes colonies que dans les
métropoles coloniales; le colonialisme aurait façonné les structures de pouvoir
et les inégalités raciales qui persistent aujourd'hui.
- cette position a été vivement débattue, certains critiques français refusant de
voir le colonialisme comme central dans l'explication de la modernité
occidentale, préférant des approches plus globales.
la question raciale :
- Le concept de race dans les postcolonial studies a été rejeté en france, où le
républicanisme universaliste évite les références à la race comme catégorie
d'analyse.
- les postcolonial studies sont accusées de risquer de ré-essentialiser la race,
en favorisant des identités basées sur des différences ethniques et culturelles
au lieu de se concentrer sur les conditions matérielles.
épistémologie et culture :
- les postcolonial studies ne se contentent pas d'étudier empiriquement la
domination coloniale, mais cherchent aussi à déconstruire les épistémologies
occidentales et les formes de connaissance utilisées pour justifier le
colonialisme.
- Said: montre que la construction de l'Orient dans l'imaginaire occidental a
servi à légitimer des pratiques de domination -> inspire des réflexions plus
larges sur la manière dont la rationalité occidentale a été forgée et maintenue.
hybridisme et créolisation :
- les postcolonial studies ont introduit des concepts comme le hybridisme et la
créolisation pour explorer les complexités culturelles et identitaires découlant
des interactions entre colonisateurs et colonisés; ces concepts ont été
critiqués en France par des chercheurs qui estiment qu'ils diluent les classes
sociales et les identités politiques, affaiblissant ainsi les luttes sociales
fondées sur des conditions matérielles.
- les postcolonial studies n'ont pas réussi à s'imposer largement dans les
sciences sociales françaises, en raison d'une forte résistance académique et
d'un attachement aux catégories d'analyse traditionnelles comme la classe
sociale et les conditions matérielles.
- les discussions ont eu un impact dans des domaines comme l'anthropologie
et la littérature comparée, mais l'influence dans les champs de l'histoire et des
sciences politiques est restée limitée.
Manon : Introduction :
Problématique :
Comment l'orientalisme, en tant que construction occidentale de l'Orient, a-t-il influencé les
dynamiques de pouvoir entre l'Occident et l'Orient, et dans quelle mesure les postcolonial
studies proposent-elles une réévaluation critique de cet héritage, en particulier dans
des contextes académiques comme la France, où ces théories rencontrent des résistances
?
INTRO :
Accroche :
Citation d’Edward Saïd : « L’un des ressorts de mon livre ‘L’orientalisme’ est là : j’ai
essayé de montrer que des disciplines culturelles qui paraissent neutres et
apolitiques reposent sur une histoire tout à fait sordide d’idéologie impérialiste
et de pratique colonialiste »
Présentation d’Edward Saïd -> palestinien (a vécu la Nahkba), né sujet « colonial »
britannique -> cette double appartenance ; ce tiraillement se voit dans l’hybridation
de son prénom Edward et de son nom de famille Saïd résolument arabe en parle
dans son essai autobiographique Out of Place titre + qu’équivoque
Il se définit lui-même comme un « arabe éduqué à l’occidentale » -> est allé au
collège britannique du Caire
Il a passé sa carrière en tant que professeur de littérature anglaise et de littérature
comparée à l’Université Columbia de New York
A partir de la guerre des Six Jours en 1967 il devient un porte-parole de la cause
palestinienne aux Etats-Unis dans un milieu où la défense d’Israël était et est
toujours majoritaire
Beaucoup d’essais et d’articles dans les journaux et des ouvrages plus conséquents
A été membre indépendant du conseil national palestinien -> il représente une
figure engagée et critique de cette lutte puisqu’il a souvent été en opposition avec
les positions des pays arabes et de Yasser Arafat
Ainsi, Edward Saïd définit cette notion d’orientalisme comme : un savoir à prétention
scientifique concernant le Proche-Orient, l’Islam et les arabes qui a été converti en
doctrine politique pour justifier l’expansion coloniale de l’Occident en Orient où elle a
été un instrument de domination de l’Autre.
C’est ainsi une définition déjà très critique et orientée de l’orientalisme sur laquelle
Béatriz reviendra ultérieurement durant l’exposé
De manière moins politisée (si je puis dire) l’orientalisme désigne le domaine d’étude
qui s’intéresse à la culture, la langue, la religion et à l’histoire des pays et des
peuples de l’Orient.
Aussi, toujours bon de rappeler la définition de colonialisme à laquelle nous ferons
référence durant cet exposé = doctrine visant à légitimer la domination politique,
l’occupation et l’exploitation économique de territoires par certains Etats -> définition
du Dictionnaire Le Robert
Problématique :
Dans quelle mesure l’orientalisme de Saïd, qui a mis en lumière les dynamiques de
domination impérialistes de l’Occident, a servi de fondation/base/modèle/tremplin au
développement des postcolonial studies ?
Annoncer le déroulement de l’exposé :
I- L’orientalisme : construction et critique du discours occidental
A. La construction de l’Orient par l’Occident
Définition -> qu’est-ce que l’orientalisme ? -> revenir dessus
point sur Abd-el-Malek -> sa pensée, son texte -> + révolutionnaire
Parler de sa portée + limitée
Avant Saïd
Etc…
B. La critique de l’orientalisme par Edward Saïd
L’œuvre emblématique d’Edward Saïd est son ouvrage : Orientalisme, l’Orient créé
par l’Occident paru en 1978
Dans ce texte l’auteur développe que l’orientalisme est une entreprise de
déconstruction de l’identité orientale -> l’occident reconstruit ensuite une identité
orientale et l’a imposé à ces populations -> dorénavant ces représentations sont
même intériorisées par les populations du monde arabe
C’est un ouvrage assez conséquent donc je vais essayer de vous distinguer les
propositions principales :
- Premièrement donc, la tradition orientaliste occidentale (des universitaires) a
produit une vision de l’Orient qui a servi à le dominer et à justifier cette
domination
- Par orientalisme Said entend une pensée fondée sur une distinction
ontologique et scientifique entre l’orient et l’occident qui se trouvent séparés
par une différence irréductible
- L’orientalisme est l’expression d’un discours occidental multiséculaire sur
l’orient qui a pour objet de parler de et pour l’Orient -> c’est un discours qui se
substitue aux discours des orientaux sur eux-mêmes + ces discours de
substitution véhiculent une vision des orientaux qui est essentialisée et
atemporelle de l’orient et des orientaux
- Said met à jour plusieurs topos orientalistes :
La sensualité orientale, la violence bestiale, l’indigence intellectuelle (l’inculture des
arabes), le dénuement moral des arabes qui sont mauvais etc…
Cela donne lieu au racisme et aux stéréotypes culturels que nous connaissons
aujourd’hui
- L’orientalisme offre une réflexion sur ce que la représentation implique
d’autorité et de soumission du sujet représenté par celui qui le représente ->
ex des grands auteurs européens classiques qui ont représenté l’Autre par le
silence : ces personnages n’avaient pas la parole dans l’ouvrage
-> K. Daoud -> but de son livre : donne voix aux personnages muets de l’Étranger de
Camus -> leur donne une histoire et la parole
L’ouvrage d’Edward Saïd a suscité une polémique forte et ce aussi bien en bien
qu’en mal -> beaucoup d’effet mais aussi beaucoup de critiques : de nombreux
intellectuels ont dit qu’il était trop radical
D’après Thomas Brisson -> le succès de l’œuvre de Saïd s’explique en partie par le
fait qu’il a publié son texte à un moment de réorganisation et de transformations du
champ universitaire américain et il en a ainsi symbolisé le renouveau
Gilbert Achcar dit ainsi dans son ouvrage que la publication de ce texte fait partie
des 3 évènements majeurs qui ont influencé les études orientales et islamiques à la
fin des années 70 pour beaucoup l’ouvrage de Saïd est vu comme un coup de
tonnerre
C. L’orientalisme de Saïd comme cadre théorique repris et réutilisé
l’orientalisme à rebours Orientalism in reverse -> point de vue arabe sur l’Occident
à partir du texte de Gilbert Achcar
Apparaît en France après la révolution islamique iranienne de 1978-1979 et
l’invasion soviétique de l’Afghanistan de 1979
Sadik Jalal Al-Azm -> penseur syrien -> critique cette nouvelle forme d’orientalisme
d’orientalisme -> qui idéalise l’islam et le perçoit comme supérieur à l’occident
Reprend et se réapproprie cette idée qu’il y a une dichotomie totale entre l’Occident
et l’Orient mais l’inverse : glorifiant l’orient et l’intellect arabe, et l’islam comme
solutions aux problèmes de la modernité occidentale
Les grandes caractéristiques :
- Les valeurs occidentales telles que la démocratie, la laïcité et l’émancipation des
femmes sont jugées inadéquates pour évaluer le progrès de l’orient
- Les sciences sociales occidentales ne peuvent pas appréhender le monde
musulman, qui ne peut être compris que d’une perspective religieuse et culturelle
- L’Islam est perçu comme la force motrice de l’histoire dans le monde arabe,
surpassant les facteurs économiques et sociaux
- Les mouvements islamiques ne sont pas perçus comme réactionnaires mais
comme progressistes puisqu’ils s’opposent à la domination occidentale
Ainsi Sadik Jalal Al-Azm, et Gilbert Achcar qui le reprend, dans leur critique de
l’orientalisme à rebours reprennent la critique de Saïd comme cadre théorique pour
mettre en avant les ressemblances de ces deux mouvances
TRANSITION : on peut clairement voir l’influence de Saïd -> précurseur des
critiques des dynamiques de domination de l’occident impérialiste -> lui s’est
concentré sur l’orient
Sa pensée constitue la base/fondation nécessaire pour l’élargissement et la
continuation de cette critique du colonialisme de l’occident s’exprime dans les
postcolonial studies
II- Un héritage en expansion : les postcolonial studies
A. Les postcolonial studies et la déconstruction du discours colonial
Définition -> les postcolonial studies désigne l’ensemble des enseignements, des
recherches et des publications autour du fait colonial et de son héritage et qui s’est
constitué en domaine de spécialité dans les universités anglophones dans les
années 1980
Ces études sont apparues au tout début dans les départements d’études anglaises
et ont généré beaucoup de controverses et de polémiques à l’image de la parution
du texte de Saïd
Aujourd’hui ce terme englobe énormément de recherches et de disciplines -> on
peut notamment cité les travaux de Dipesh Chakrabarty et les subalterne studies,
bell hooks et son féminisme critique, décolonial et intersectionnel ou encore les
travaux sur le privilège blanc et la blanchité pour n’en citer que quelques-uns
Ce qui réunit toutes ces études diversifiées est une mise en cause du leg colonial
dans nos sociétés contemporaines, l’impact de la colonisation et surtout sur la
persistance d’une centralité politique et intellectuelle de l’occident après + de 75 ans
d’indépendance c’est vraiment un questionnement et une mise en lumière de la
persistance de l’occident comme référant intellectuel et politique dans le monde
→ L’approche post colonial est donc une démarche critique qui s’intéresse aux
conditions de la production culturelle des savoirs sur soi et sur l’autre et qui se
penche sur la capacité d’initiatives et d’action des opprimés dans un contexte de
domination coloniale
→ L’objet est donc de déconstruire le discours colonial et ses représentations et
d’étudier la domination sous tous ses prismes -> qu’elle soit politique, culturelle,
scientifique, sexuelle, raciale etc et j’en passe
De plus, le mot postcolonial lui-même traduit l’enchevêtrement des temporalités et
des territoires étudiés et concernés le « post » englobe ainsi toutes les phases de la
colonisation et de la décolonisation
B. Stuart Hall -> exemple parfait du prolongement de l’orientalisme
C. Résistances et limites dans le contexte français
Quelle réception : mauvaise -> expliquer pourquoi
Le débat sur le post colonial
d’après Achille Mbembé ces études sont arrivées à un moment de tournant
autoritaire et néo-conservateur de la pensée française avec cette peur d’un
déclassement de l’Europe qui n’est plus le centre de gravité du monde
conclusion : (Béa)
Bibliographie : (à remplir)