TPE DIH
Etude de cas : La guerre du Golfe
I- La guerre du golfe de 1990 un conflit armé international
A) L’invasion du Koweït par l’Irak :
B) L’intervention de la coalition internationale
II- La guerre du golfe au regard du droit
A) La violation de la limitation du conflit par l’usage d’armes non conventionnelles
L’utilisation d’arme chimique
Contamination de nombreux soldats
B) La violation de la limitation du conflit par le massacre de personnes non participantes
au conflit (civils, combattants blessés…)
INTRODUCTION
Présentation du conflit
Acteurs : Irak contre Koweït (puis intervention de la coalition internationale de 34 Etats)
Questions …
DEVELOPPEMENT
Causes (lointaines et immédiates)
Déroulement ou étapes du conflit
Les impacts du conflit au regard du droit humanitaire
Conclusion
INTRODUCTION
Les rapports qu’entretiennent les Etats sur la scène internationale sont souvent marqués par
l’emploi de la force armée qui est fondamentalement prohibée dans les relations
internationales contemporaines. Cette règle constitue l’un des principes essentiels de la Charte
des Nations Unies et s’impose aux Etats membres aussi bien qu’à l’Organisation mondiale
elle-même. L’article 2 paragraphe 4 qui cristallise ce principe dispose : « Les membres de
l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à
l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout
l’Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. » Et
pourtant, cet emploi de la force armée sévit de manière récurrente sur la scène internationale
aboutissant à des cas d’agression et ainsi à la guerre. L’exemple typique de ces cas de conflits
est la guerre du Golfe de 1990.
Présentation : espace géographique, acteurs.
La guerre du golfe de 1990 est le conflit qui a surgi en août 1990 entre l’Irak et le Koweït,
deux Etats frontaliers, membres de l’ONU, se situant dans le golfe Persique en Asie entre
l’Iran et l’Arabie Saoudite. La guerre du Golfe c’est aussi le conflit opposant l'Iraq qui a
envahi et annexé le Koweït en août 1990 à une coalition d'une trentaine de pays conduite par
les États-Unis. L'O.N.U. ayant condamné l'annexion du Koweït, puis autorisé l'emploi de
tous les moyens nécessaires pour libérer cet État, une force multinationale à prépondérance
américaine, déployée dans le Golfe et en Arabie saoudite, intervient contre l'Irak 17 janv.
1991 et libère le Koweït le 28 février.
Comme n’importe quelle guerre, celle-ci a certainement été occasionnée par des faits et
évènements soit de manière lointaine soit de manière immédiate. Il va s’en dire que cette
guerre s’est déroulée en différentes étapes de son début jusqu’à son terme avec des situations
changeantes et l’intervention des nouveaux acteurs. Ce conflit ne sera pas sans impact,
impacts qui peuvent être analysés de manière multidimensionnelle mais surtout au regard du
droit international humanitaire. Il convient alors de réfléchir sur les causes, lointaines et
immédiates, de la guerre du Golfe de 1990, des diverses étapes de son déroulement, de
multiples conséquences vis-à-vis du droit international humanitaire.
LES IMPACTS DE LA GUERRE DU GOLFE AU REGARD DU DROIT
INTERNATIONAL HUMANITAIRE
La guerre du golfe de 1990 a eu des impacts lourds vue les pertes humaines et matérielles qui
en découlent. Cela nous invite à voir le déroulement des opérations des deux parties aux
conflits face au respect des normes et principes du droit international humanitaire qui est le
droit qui détermine les opérations militaires, les tactiques et les armes qui sont admises dans
la conduite des hostilités. Car cette guerre revêt par nature le caractère d’un conflit armé
international puisqu’elle met en confrontation deux antagonistes constitués d’entités étatiques
souveraines. Mais avant d’aller plus loin, il faut préciser que les sources principales sur
lesquelles s’appuie le droit international humanitaire sont, hormis le droit international
coutumier, les Conventions de Genève de 1949 ratifiées par l’ensemble de la communauté
internationale, et leurs deux Protocoles additionnels de 1977, le règlement de La Haye de
1907 concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre ainsi que plusieurs conventions
limitant ou interdisant l’emploi d’armes spécifiques. Et par conséquent le 1er Protocole
additionnel ne s'applique pas au conflit, car n’ayant pas été ratifié par l’Irak partie au conflit.
Mais ses principes pourraient, dans ce cas particulier, être considérés comme reflétant
l'opinion de l'ensemble de la communauté internationale.
La guerre du golfe de 1991 a eu de lourds impacts notables en ce qui concerne les pertes
civiles. En Irak seulement on estime en général le bilan de 50 000 à 130 000 morts chez les
civils. Ces morts reliées aux fameux « dégâts collatéraux » sont dues soit directement aux
bombardements avec un largage de 88000 tonnes de bombes en 43 jours, soit causées par la
destruction d'infrastructures civiles comme les installations électriques, les services de
distribution d'eau potable, etc. La destruction des usines hydroélectriques et autres
installations électriques, ayant réduit les capacités de commande et de contrôle de l'armée
irakienne, a provoqué l'explosion d'épidémies de gastroentérites, de typhoïde et de choléra, en
empêchant le fonctionnement des centres de traitement d’eau potable et d'eau usagée.
Environs 100 000 civils sont ainsi morts indirectement, tandis que le taux de mortalité
infantile doublait. On décompte en outre des milliers de civils tués ou blessés dans les autres
pays comme au Koweït, en Israël, en Jordanie et en Arabie Saoudite par les engins explosifs
des irakiens ou les tirs de leurs Scud.
Ceci représente une violation de normes issues de conventions internationales telles que
Règlement de La Haye en son article 25 qui interdit d'attaquer ou de bombarder, par quelque
moyen que ce soit, des villes, villages, habitations ou bâtiments qui ne sont pas défendus.
Cette situation est également en parfaite discordance avec les règles issues des Conventions
de Genève de 1949 interdisant des attaques directes dirigées contre la population civile ou
contre des objectifs civils, des attaques indiscriminées et posant l’obligation de prendre des
mesures de précaution pour éviter ou du moins réduire au minimum les pertes civiles, les
blessures chez les civils et les dommages aux biens à caractère civil. Ces bombardements
portent atteinte aussi au principe fondamental de droit international humanitaire relatif à la
distinction entre les combattants qui peuvent faire l’objet d’attaques et la population civile
contre laquelle aucune attaque intentionnelle ne peut être lancée, de même qu’entre les
objectifs militaires légitimes et biens de caractère civil, en vertu de l’article 48 du Protocole I
additionnel aux Conventions de Genève.
En guise d’autres traitements inhumains constatés dans cette guerre, on souligne le placement,
par le gouvernement irakien, des ressortissants occidentaux des « pays hostiles » comme
« boucliers humains » car forcés de rester en Irak et hébergés sur des sites stratégiques.
Dans un conflit armé, il y a des méthodes et moyens de guerre qui sont prohibés. En ce qui
concerne les moyens utilisés dans la conduite des hostilités entre l’Irak et la Coalition d’Etats,
les recherches ont démontré l’emploi par les troupes irakiennes d’armes chimiques. Ce sont
des armes qui contiennent des substances chimiques dangereuses pouvant provoquer la mort,
une incapacité temporaire ou des séquelles permanentes chez l’être humain et les animaux.
Elles peuvent également contaminer les aliments, les boissons et certains matériaux. En même
temps on note l'utilisation d'uranium appauvri par la Coalition portant à polémique sur la santé
des militaires des deux camps et de la population locale. Les impacts sanitaires causés par ces
armes sont accablants. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) enregistrait plus de 1 200
cas de choléra en 1991 et plus de 1 300 en 1994. La prévalence de la typhoïde était passée
d'environ 1 600 cas en 1990 à plus de 24 000 en 1994.
D’autres types de dégâts sont répertoriés comme découlant directement ou indirectement de
ce conflit. On ne peut occulter le désastre écologique régional dû à l'incendie de 732 puits de
pétroles koweïtiens par les forces irakiennes qui voulaient ainsi obscurcir le ciel dans l'idée de
gêner l'activité aérienne de la Coalition et de nuire à l'économie mondiale. Environ
20 millions de tonnes de pétrole furent déversées dans le sol. Il y a aussi la marée noire causée
par l’Irak qui répandit 800 000 tonnes de pétrole brut dans le golfe Persique et polluèrent les
côtes koweïtiennes, saoudiennes et iraniennes.
Il faut d'abord souligner que le droit des conflits armés s'applique de manière égale à tous les
Etats belligérants, quelle que soit la justice des causes défendues. Les parties au conflit sont
tenues de respecter le droit international humanitaire en toutes circonstances, quel que soit le
comportement de la partie adverse. Une partie ne peut donc pas invoquer le fait que l’autre
partie ne respecte pas le droit international humanitaire pour se soustraire à ses propres
obligations. Autrement dit, ce n'est pas parce que l’Irak a agressé le Koweït que les alliés
peuvent utiliser n'importe quel moyen pour le combattre et le forcer à évacuer ce territoire. Ils
ne peuvent employer que les armes et méthodes de combat non prohibées par le droit des
conflits armés. Précisons que les Etats sont aussi liés par les conventions si la partie adverse
n’y a pas adhéré.
Les règles de celui-ci doivent être identiquement respectées de part et d'autre. Dans cette
guerre, les deux parties toutes membres de l’ONU ont obligation de respecter les règles du
DIH dans la limitation du conflit, même si l’Irak n’a pas ratifié le Protocole Additionnel 1 de
1977. C'est tellement vrai que dans un certain nombre de cas, si ces règles sont violées par
l'une des parties belligérantes, 1'autre partie ne peut en tirer prétexte pour les ignorer à son
tour. Il y a eu des pratiques sur les prisonniers de guerre et les otages qui ne s’accordent pas
aux normes de droit humanitaire posées par les Conventions de Genève de 1949.
La destruction de biens civils comme des bâtiments sanitaires comme les hôpitaux, de
bâtiments culturels à l’image des monuments, d’infrastructure économiques comme l’incendie
des puits de pétrole a été noté dans la région, conséquences des bombardements et autres
pratiques des combattants.