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Terminologie Toponymique du Gabon

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GROUPE D’EXPERTS DES NATIONS UNIES Working Paper

POUR LES NOMS GEOGRAPHIQUES No. 43

Vingt-troisième Session
Vienne, 28 Mars-4 Avril 2006

Point 9 de l’ordre du jour provisoire:


Activités relevant du Groupe de Travail de
la Terminologie To ponymique

La Terminologie Toponymique du Gabon

Preparé par Groupe de Travail de la Terminologie To ponymique , Gabon.

1
La Terminologie Toponymique du Gabon

« La toponymie primitive exogène qui se répand dès le XVè siècle le long des escales et des routes maritimes est
d’abord portugaise1. Elle a engendré dans plusieurs cas des statonymes modernes » et le Gabon n’échappe pas à
la règle.

« Rio do Gabao », hydronyme attribué à l’espace estuarien que les portugais avaient identifié. Les portugais
découvrirent l’estuaire du GABON et lui donnèrent ce nom, parce qu’il avait vaguement la forme d’un manteau
de marin ou caban. Dès ses origines le comptoir du Gabon fut une enclave aux frontières fixées par des traités
signés entre la France et les chefs M’Pongoué propriétaires coutumiers des rives de l’Estuaire. C’est vers 1840
que l’une des puissances maritimes, la France, décida de fonder un établissement au Gabon. En 1843 naquit
modestement le comptoir du Gabon, premier site d’installation des français et embryon de la future Libreville.
Dès 1849 au sud du Fort d’Aumale fut établi un lieu dit « Plateau », le village Libreville, destiné a accueillir des
esclaves libérés.

TOPONYMES ET HYDRONYMES DES CHEFS LIEUX DE PROVINCES

FRANCEVILLE (à completer)

KOULAMOUTOU soulève des controverses dans les deux grands groupes linguistique qui peuplent cette ville
car chacune des collectivités s’attribue la paternité de ce nom. Toutefois, la racine à partir de laquelle ce nom
s’est formé, que ce soit chez les Pouvi (kôlô môtô) ou les Nzembi (ngou mutu), le sens demeure exactement le
même : un homme sage.

LAMBARENE. L’origine de ce nom est anecdotique. C’est l’histoire de deux groupes (les Fang, et les Galwa )
ethniques qui s’affrontèrent. Les Galwa, installé à l’actuel emplacement de l’hopital Schweitzer, furent attaqués
par les Fang, peuple belliqueux venus de l’île voisine. Les premiers se préparèrent en conséquence pour une
nouvelle incursion armée éventuelle. Mieux aguerris, ils osèrent en guise d’avertissement crier à leurs
adversaires Fang : « lembaréni » qui en substance peut être traduit par « essayer encore de nous attaquer » !

LIBREVILLE. En 1849, un frégate, Pénélope, capturait un bateau négrier l’Elizia. Les quarante six esclaves
originaire du Congo furent libérés et débarqués au comptoir. Le village d’accueil, établi à 2kilomètres en amont
du fort d’Aumale fut appelé LIBREVILLE : ce village n’a pas de nom autochtone proprement dit. Cependant,
dans le langage courant, il est de tradition de dire : « je vais chez les M’Pongoué » pour signifier qu’on se rend à
Libreville. Le nom que les autochtones donnent à ce nouveau village serait donc assimilé actuellement au groupe
ethnique M’Pongoué.

MAKOKOU (à completer)

MOUILA est un hydronyme issu du terme punu «muil » qui signifie corde. Ce nom correspond aussi à
l’appellation que l’on peut attribuer à un fleuve, au fleuve (la N’Gounié, qui a donné son nom à toute la
province) qui traverse la contrée.

1
Les portugais furent les pionniers de l’expansion ultramaritime de la civilisation européenne.

2
OYEM. C’est la deuxième partie du cri de ralliement d’une frange du peuple fang. Un guerrier fang qu’on
appelait Akam Ayong (le protecteur de la nation) planta Nkoum Ekiegn (littéralement souche de fer qui peut être
traduit par barre de fer ) au milieu de son village. Les sages de ce dernier identifièrent alors le terroir à cet objet
érectile. Les villageois à leur tour s’identifièrent à la barre de fer pour représenter l’union et la force de leur
tribu. De fait, un cri de ralliement à partir de ce symbole fut naturellement son apparition : Nkoum Ekiegn, ye
oyem ? « Homme de fer, comment allez-vous ».

PORT-GENTIL dont le nom autochtone est Mandji est un arbre aux multiples vertus thérapeutiques (il embellit
la peau des albinos, soulage les malades qui souffre de l’onchocercoses, soulage les douleurs abdominales…)
que l’on trouvait en abondance au Cap -Lopez. Cet arbre a donné son nom à la ville qui deviendra, pour les
européens, Port-Gentil. C’est à partir du patronyme Emile Gentil, administrateur européen de la ville de Mandji,
que fut baptisé le port.

TCHIBANGA est un toponyme qui tire son nom d’une colline située à proximité de la ville que les autochtones
punu ont appelé « Yibang ».

TOPONYMIE DES NOMS DES QUARTIERS DE LIBREVILLE

La structuration « urbaine » de Libreville a évoluée comme toutes les villes coloniales d’avant l’indépendance :
quartiers européens mitoyens des structures villageoises 2c’est dans ce contexte que le plan d’urbanisation de la
capitale s’est organisé. Le résultat de cette croissance inorganisée n’a pas obéi dès le départ à un plan
systématique d’urbanisation 3.

Libreville est située sur une topographie moutonnée interrompue par des zones marécageuses. Les quartiers de
Libreville se disposent sur les quatre grands ensembles de collines préservés des inondations et occupant l’aval
des principales vallées : marais de l ‘Awondo et de l’Arambo, marais de la Loubila-M’Batavéa, mangrove de la
rivière Ogombié :

- entre les rivières Gué-Gué et les terrasses de l’Awondo, les collines portent les quartiers Gué-Gué et de
Louis ;
- au-delà des marais de l’Awondo et de l’Arambo s’élève le Plateau de Libreville qui s’arrête aux marais
de la Loubila-M’Batavéa. Sur le Plateau s’étale la ville européenne ceinturée de faubourgs africains ;
- entre M’Batavéa et les terrains à palétuviers de la rivière Ogombié, on trouve Glass, London, Toulon,
Naïdja, Oloumi ;
- à l’amont, au delà du cirque d’Oloumi et de la mangrove de l’Ogombié, le quartier africain, Lalala.

Libreville a donc modelé son plan sur celui des croupes et éperons que séparent les ravins et marais. D’où
l’aspect anarchique et complexe du tracé de la ville.

Les caractère de la villes s’expliquent aussi par l’histoire :


- la croissance spontanée et anarchique des villes noirs qui sont immédiatement accolés à la ville
blanche ;
- l’implantation des villages s’est faite sans plan préétabli4.
Libreville est en fait un ensemble de village absorbé par la ville.

La toponymie des quartiers du groupe de villages qui ceinturent Libreville révèle un curieux mélange de noms
M’Pongoué, français (Toulon) et anglais (London). Les noms français (Toulon) ou anglais (London, Glass)
avoisinent les noms M’Pongoué (Lalala, Oloumi, Naïdja).

S’il est aisé d’obtenir l’étymologie des noms M’Pongoué, il est plus difficile de retrouver l’origine des noms
européens des quartiers.

2
Il n’y a pas de séparation entre la ville blanche et les villages noires.
3
Le plan d’urbanisation de la ville de Libreville qui date de 1939 prévoyait déjà une zone non aedificandi.
4
Quelques cases s’installaient sur les terres encore vide et peu à peu naissait un nouveau quartier, d’où le peuplement cosmopolite.

3
AKEMINDJOGONI, œuf de poules en langue Omiéné, est l’un des quartiers qui forme le groupe Montagne
Sainte.

ANGONDJE hydronyme situé dans la partie nord de la ville de Libreville. C’est aujourd’hui le nom d’un
quartier en plein expansion.

ATONG ABE : signifie « deux ruisseaux » , en langue Fang.

AVENUE DE COINTET tire son nom de la terminologie européenne.

BARAKA de « barracâo » que l’on traduit par camp d’esclaves. Ce site a été choisi et utilisé comme lieu par ce
marché d’esclaves.

COCOTIERS quartier situé à l’ancien emplacement des plantations de cocotiers et d’arbres fruitiers des jardins
de la mission catholique Sainte Marie.

DERRIER -HOPITAL faubourg situé à l’arrière plan du quartier «sanitaire » tire son nom de la terminologie
européenne.

GLASS situé à l’amont du Plateau, le groupe de GLASS est constitué par cinq quartiers de LONDON,
TOULON, NAÏDJA, OLOUMI, et LALALA. Ce territoire appartenait aux M’Pongoué du clan Aguekaza. Le
nom autochtone de cet ensemble de quartiers est Olamba5. Mais il est couramment désigné sous le nom GLASS,
nom anglais du chef M’Pongoué Will GLASS ou Prince GLASS qui recommanda l’explorateur du Chaillu à ses
amis Nkomi du Fernan-Vaz. Glass a été le siège des premières factoreries étrangè res et celui d’une mission
évangélique américaine.

GROS BOUQUET : bosquet de manguiers sur l’emplacement d’un ancien village M’Pongoué. Ce quartier fait
parti du groupe des quartiers qui constituent LOUIS.

GUE-GUE :du nom d’un génie des croyances M’Pongoué qui habite le cours d’eau du même nom. Ce quartier
complète le groupe qui constitue LOUIS.

LALALA situé à l’emplacement d’un ancien village, M’Pongoué dont le nom autochtone est «Olamba –
Oloungou » (le vieil Olamba), depuis longtemps abandonné. Lalala, quartier surtout peuplé de l’ethnie Fang, est
une déformation de l’adverbe loin (« loin, loin, loin »).

LONDON nom anglais attribué à une portion de terre. Cependant sous les noms «officiels » des quartiers
subsistent les vieilles appellations M’Pongoué : le centre de TOULON est le village Ogouaroué, nom autochtone
du Prince GLASS.

MONT-BOUËT , INDOKU en M’Pongoué, est constitué des quartiers Mont-Bouët (stricto sensu), NKEMBO,
COCOTIERS, et ATOG ABE.

Soudé au groupe précédent celui de :

NOMBAKELE, colline des Bakélé du nom des premiers occupants, chassés de Donguila (village situé plus au
nord) par les envahisseurs Fang et que les M’Pongoué autorisèrent à s’installer près du rivage. C’est un quartier
cosmopolite où affluent les nouveaux arrivants quelque soit l’ethnie auquel ils appartiennent. Dans ce groupe
figurent les deux seuls chefs « étrangers » : un chef haoussa et un chef représentant la population sénégalaise.
Tous les autres chefs de Libreville sont à la tête de quartiers ou de groupes et non de collectivités ethniques. Le
groupe NOMBAKELE comprend Nombakélé (stricto sensu), Derrière-Hopital et Avenue de Cointet,
Watermann, Saint-Benoît qui forment une zone urbaine continue.

OKALA, arbre utilisé comme pendant les rituels traditionnels. Les feuille de cet arbre sont l’une des
composante des décoctions médicinales ( ?)

5
Tour d’adresse.

4
OLOUMI, nom d’un arbre fétiche (copaïfera religiosa) est situé à l’emplacement de l’ancien village
M’Pongoué de Nkagaré (village central) et de Nkatiga (village de RETIGA : roi ou chef TIGA6 ).

ORETY, ancien village de LOUIS était installé autrefois à Okolo (oseille), sur l’emplacement de l’actuelle
mission catholique Sainte Marie. A la suite du traité signé entre le roi LOUIS DOWE et BOUËT-
WILLAUMEZ, le village fut déplacé à ORETY (la vérité) en 1844 sur la rive droite de l’Awondo. ORETY et la
plaine d’ORETY forment encore aujourd’hui l’un des quartiers de LOUIS.

OWENDO est arbre thérapeutique qui rente dans certaine composition médicinales.

QUABENS et KRINGER noms européens des chefs M’Pongoué. Ces villages constituent Deux autres quartiers
près du rivage.

QUABENS nom européen d’un roi M’Pongoué qui signa un traité (1 Août 1846) et concéda à la France un
élargissement de la propriété par le traité de 1842. Ce dernier donnait en toute propriété à la France les terres de
l’ancien village de LOUIS, situé entre les village de QUABENS et de GLASS, lesquels relevaient toujours de la
souveraineté des rois traditionnels M’Pongoué.

SAINT-BENOIT a été donné par les missionnaires à un ancien poste de catéchistes comme ceux de SAINTE
ANNE, SAINT JEAN, SAINT MICHEL, NAZARETH, MONTAGNE SAINTE que l’on rencontre dans
d’autres quartiers de la ville africaine.

TOULON. La plaine Azoua a été baptisée « Toulon » par un M’Pongoué qui y m enait une joyeuse vie et y
trouvait l’existence aussi gaie qu’à TOULON (France). A TOULON se trouvent les villages Azoua (Nka-
Azouwa : village du clan Azoua) et Akoulounamenga :étymologiquement où l’on change de manière sous
l’influence des européens.

WAT ERMANN dérive probablement du nom d’un sujet britannique de la Gold Coast ou de la Sierra Leone
installé dans ce faubourg.

Si LOUIS et GLASS sont installés hors de la zone concédée aux français par le traité de 1842, par contre tous les
autres quartiers sont élevés sur les terres cédées à la France par le rois LOUIS entre les rivières Arambo et
M’Batavéa.

Dans certains vieux quartiers M’Pongoué, il est de tradition d’appeler du nom d’un ancien village, telle ou telle
portion d’un quartier.

ANNEXE : PLANS DE QUARTIERS DE LIBREVILLE (figure3, Figure7, MNT)

6
La particule RE signifiant roi ou chef selon le contexte.

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