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Les trésors
de la ruche
Prix public 5 € *
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UNAE} HORS SERIE
SPECIALSommaire
Edito 3
Les produits de la ruche
sont naturellement écologiques ! 4
Le miel, perle écologique ‘
Etiquetage : ce qu'il faut savoir "
France, terre de miels ! Rao.
13 Dix miels & découvrir
15 Comment déguster un mel ?
Le miel en cuisine “
Nos recettes au miel
18 Tagine d'agneau aux abricots et au miel
19 Magrets de canard au mie!
20 Pain d'épices
A découwrir : deux produits dérivés du miel 21
La gelée royale 22
Le pollen 24
La propolis 6
lacire 28
Le venin Niners 30 g
Bibliographie , a a ie
Alpes et Fleurs - Hors série « Les trésorste la ruche »- Mai 2013es fleurs, des dizaines
de fleuss, des milliers
de fleurs. Non. Des
milliards de fleurs offertes
‘0u enfouies au coeur de nos
montagnes, de nos plaines,
de nos landes, de nos vallées.
Grandes, petites, minuscules,
dressées vers le ciel, courbées
vers le sol. Jaunes, bleues,
rouges, blanches, orangées... Visitées laborieusement
par des miliards d'abeilles discrétes qui y butinent assi-
ment pollens et nectars, lorsque le temps le permet.
Des milliers dtheures de vol pour quelques kilos de
rmiel, quelques grammes de gelée royale, de pollen, ou
encore de propolis.
Cela laisse songeur..
‘Aucun étre vivant sur Terre ne nous offre une telle di-
versité de produits. Et quels produits ! Sans le travail
des abeilles, ces substances seraient irémédiablement
ignorées et perdues. Ainsi récompensés du soin quils
apportent & leurs ruches tout au long de l'année, les
apiculteurs récoltent et conditionnent ces « trésors »,
Henri CLEMENT
Rédacteur en chef
Abeilles et Fleurs
mais sans rien leur 4
\
ajouter ni leur retire. “Se
Veritable quintessence _ >
de la nature, ceux-ci
demeurent ainsi purs “2
et authentiques. hi
Siles miels, doux
04 corsés,clairs ou foncés, r
fontle bonheur des gourmets,
tous les produits de la ruche contiennent
des oigo-éléments, des polyphénols, des antioxydants,
des vitamines, des acides aminés... Autant de subs-
tances rares et bénéfiques enfin reconnues aujourd hui
par le monde scientifique pour leurs bienfaits et leur
potentiel thérapeutique.
Crest done avec toute la passion qu caractérise les api-
culteurs que nous vous invitons & mieux conneftre ces
substances précieuses et de plus en plus rares, pour
mieux les choisir et mieux les
employer.
Pour votre plaisir.
Pour votre bien-étre.
Pour votre santéLes produits de la ruche
sont naturellement
écologiques !
A pratique de l'apiculture @ considérablement
évolué au cours du si8cle dernier. Plus ration.
nelle aujourd'hui, elle n’en reste pas moins une
activité de cueillette ~ certes dirigée ~ menant
2 une production de miel, de gelée royale, de pro-
polis ou de pollen par nature écologique. Les pro-
duits de la ruche sont en effet la quintessence des
végétaux présents dans nos paysages. Mais seule la
présence des abeilles permet de prélever ces subs-
tances offertes. Sans elles, sans leur inlassable buti-
nage des fleurs, ni le nectar ni le miellat ni le pollen
ne seraient récoltés.
Il faut savoir qu’aucune culture, assortie de son cor
tage de mécanisation, d’épandage d’engrais, de
traitements phytosanitaires de toutes sortes, n/a
pour finalité la production apicole.
Certes, l'abeille peut bénéficier de ces larges es-
paces cultivés, sils sont melliféres et sans danger.
Mais elle vit aussi trés bien dans les régions les plus
isolées, encore préservées, dépourvues de toute
intervention humaine
Parallélement, le matériel nécessaire 8 la pratique de
Vapiqulture est modeste, y compris pour un apicul-
teur professionnel : un véhicule plus ou moins lourd
selon le format de l'exploitation, une remorque,
quelques machines pour la miellerie, des ruches, des
vétements de protection, un enfumoir... La consom-
mation d’énergie est donc plus que limitée, et l'em-
preinte écologique quasiment nulle, tout comme legrand bien de la biodiver
Sur ce plan aussi, comme sur
autres, |
jonc de
« trésors » |Le miel,
perle écologique
4
Le miel est le seul produit au monde participant a I'alimentation humaine qui
soit élaboré par un insecte, Apis mellifera, notre abeille domestique, partir des
seules ressources prélevées dans son environnement immédiat. Rare, de couleurs
et de saveurs variées, paré de mille vertus, il parvient sur votre table tel que les
infatigables ouvrigres
authentique. Brut !
L’origine du miel
LE NECTAR
Pour produire le miel, les abeilles disposent d'une
source principale, le nectar floral. Produite par les
nectaires des fleurs, cette solution aqueuse recéle
une grande proportion de sucres, dont le type dé-
pend de l'espace végétale. Si certaines plantes ne
produisent en effet qu'un mélange ou dominent le
fructose et le glucose, d'autres peuvent sécréter du
saccharose. Sont également présents, mais en tres
faible quantité, des sucres comme le mélézitose, le
maltose ou encore lisomaltose.
‘ont élaboré. Sans ajout, sans transformation. Naturel et
La vitesse de cistallisation des miels est largement
influencée par la composition du nectar.
LE MIELLAT
Lautre source de miel est le miellat. II provient des
excrétions laissées par des insectes suceurs sur les
vegétaux.
Plus dense en suere que le nectar, plus riche en azote,
en acides organiques, en minéraux et en sucres plus
complexes comme le mélézitose ou les maltoses, il
ressemble davantage a la séve végétaie qu'au nec-
tar. Le miellat constitue la base du miel de sapin ou,
de forét.
Abeiles et Fleurs - Hors série « Les tréscs de a ruche »- Mai 2013Uélaboration du miel :
un travail Fastidieux...
Lors de son vol de butinage, l'abeille visite des mil-
liers de fleurs de la méme espéce afin de remplir son
jabot avec des quantités microscopiques (de ordre
de 40 & 70 milligrammes) de ces substances sucrées,
Lorsque la densité en sucres est trop grande, elle
les diiue avec de la salive et dautres sécrétions
glandulaires.
Une fois 'abeille de retour la ruche, fe butin est pris
cen charge par les autres ouvriéres, qui se I’échangent
8 plusieurs reprises. Elles I'enrichissent par la méme
‘occasion en enzymes. Ces enzymes permettent de
modifier les sueres du nectar en les divisant et en
les recombinant de maniére a créer des sucres plus
complexes : les di- et trisaccharides.
Lorsqu’elle arrive dans la ruche, cette substance su-
crée est t8s humide. Pour qu'elle devienne du miel,
les ouvriétes doivent impérativement la déshydrater.
Crestau prix 'un travail fastidieux et répétitifqu’elles
y paniennent : & plusieurs reprises, elles régurgitent
de leur jabot une fine goutte qu’elles étalent en
couche mince sur leur langue afin que l'at mosphere
sche de la ruche la déshydrate.
Ensuite les ouvrigres entreposent ce « miel » dans les
alvéoles des rayons.
Pour parachever la déshydratation du miel, les ven-
tileuses vont faire entrer dans la ruche de lair exté-
rieur qui sera chauffé a 30 °C.
Cet air chargé de I'humidité encore excessive du
miel sera refoulé vers l'extérieur. Et c'est ainsi qu’en
moins de cing jours le miel contiendra moins de
18 % d'eau,
En fin de processus, une fois 'alvéole rempli de miel,
les ouvriéres le cachettent avec une fine pellicule de
cire, Yopercule, qui en le protegeant lui permettra
de se conserver durablement.
La composition du miel
Sucres' 80%
ents mineurs? 3,1 %
(1) Soi 38 % de fucose, 32 6 a glucose, 1.3% de sacchorose, 7,3 % de
(Moles e 1.5% de scchander
[Bi Dont des cigendrents ares leu, magnésium, bor, slésum,
yu. ei) des sedes aconiques des protons a der dee
rings ds Gnrymes ot obs wore.Liaire de butinage
Les abeilles exploitent les ressources dans un rayon
de 3 km autour de le ruche, ce qui représente des
millers d'hectares. Sila majeure partie du pollen et
du nectar est prélevée au plus pres du rucher, les
butineuses peuvent aussi s'éloigner jusqu’a prés
de 10 kilométres. Mais ces vols sont stériles dans la
mesure ou, pour assurer le vol de retour, les abeilles
consomment ce qu’elles ont butiné
Au cours du printemps, dés que les cadres des corps
de ruches blanchissent, que les rayons débordent
d'abeilles et que le miel frais commence a étre em-
magasiné, l'apiculteur pose les hausses garnies de
cadres vides oui le miel va trouver place. Sila miellée
est généreuse, plusieurs hausses peuvent se super-
poser sans probléme.
De quelques jours @ quelques semaines plus tard,
lorsque la mieliée s'achave et que les cadres sont
bien pleins et largement operculés, 'apiculteur pro-
cade a la récolte. Vidées de leurs abeilles, les hausses
sont emportées & la miellerie. extraction peut alors
commencer. Les cadres sont désoperculés - on re-
tire le fin opercule de cire qui obstrue les alvéoles
pleines de miel - puis placés dans I'extracteur, 08 la
force centrifuge fait jar le miel des rayons. Le miel
est ensuite filtré pour que soient éliminés les rési-
dus de cire. Puis il est stocké plusieurs jours dans un
maturateur, oi il finit de décanter. Une fine écumie se
dépose alors en surface. Aprés l'avoir retirée, l'api-
culteur pourra conditionner le miel & sa convenance.
Le processus est simple !
Les stratégies de I'apiculteur
Uapiculteur peut choisir l'environnement botanique
dans lequel ses abeilles vont butiner. S'il souhaite
produire des miels toutes fleurs, il peut installer ses
ruches de maniére sédentaire, et les récoltes seront
plus ou moins abondantes. Il peut alors soit récol-
ter son miel apres chaque miellée - si elles sont
suffisamment généreuses — afin de récolter un miel
monofloral, soit attendre la fin de la saison pour ne
procéder qu’a une seule extraction et ainsi produire
ln mie! polyfloral issu de l'ensemble des nectars et
miellats butinés tout au long de la saison.
S'i souhaite en revanche produire des miels spé-
cifiques, monofloraux pour la plupart, et que son
environnement ne le lui permet pas, il peut choisir
de transhumer ses colonies (autrement dit, de les
déplacer) dans des zones oii la flore recherchée (le
romarin, la lavande, l'scacia, le chataignier, le sapin,
Abeiles et Fleurs - Hors série « Les trésdrs de la ruche » - Mai 2013