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Cours Mecanique Rupture RMP

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Ecole Universitaire de Physique et d’Ingénierie

Master Génie Civil / Mécanique

COURS DE MECANIQUE DE LA RUPTURE

Rostand MOUTOU PITTI

MCF- HDR
Université Clermont Auvergne
Institut Pascal
PLAN DE COURS DE MECANIQUE DE LA RUPTURE

CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE


I.1 Introduction
I.2 Modes élémentaires et zones de fissuration
I.3 Champs de contrainte et de déformation
I.4 Conclusion

CHAPITRE II : CRITERES DE FISSURATION


II.1 Introduction
II.2 Critère de propagation de fissure
II.3 Critères de bifurcation
II.4 Séparation des modes mixte de rupture
II.5 Conclusion

CHAPITRE III : METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE


III.1 Introduction
III.2 Méthodes expérimentales de la rupture par fissuration
III.3 Méthodes numériques par éléments finis
III.4 Conclusion

COMPLEMENTS : NOTION DE FISSURATION PAR FATIGUE


Présentation PowerPoint

TRAVAUX DIRIGES (au choix)


TD1 : Contraintes principales en pointe de fissure en mode I
TD2 : Calcul des facteurs d’intensité de contrainte par la méthode de Green
TD3 : Calcul des ténacités apparentes d’un matériau isotrope
TD4 : Calcul du taux de restitution d’énergie du matériau bois par la méthode de la complaisance

EXAMENS
1 Contrôle écrit

i
ii
CHAPITRE I. GENERALITE SUR LA RUPTURE

I.1. Introduction ............................................................................................................................. 4


I.1.1. Rappel du comportement mécanique du matériau homogènes .......................................... 5
I.1.2. Rappel du comportement mécanique du matériau bois ...................................................... 5
I.1.2.1. Hétérogénéité et anisotropie ........................................................................................ 5
I.1.2.2. Orthotropie................................................................................................................... 5
I.2. Modes élémentaires et zones de fissuration .......................................................................... 6
I.2.1. Zones de fissuration ............................................................................................................ 6
I.2.2. Modes de fissuration........................................................................................................... 7
I.3. Champs de contrainte et de déformation .............................................................................. 8
I.3.1. Champ mécaniques isotropes ............................................................................................. 9
I.3.1.1. Facteurs d’intensité de contrainte ................................................................................ 9
I.3.1.2. Facteurs d’intensité de déformation ............................................................................ 9
I.3.1.3. Facteurs d’intensité d’ouverture de fissure ................................................................ 10
I.3.2. Champ mécaniques orthotropes........................................................................................ 11
I.3.2.1. Facteurs d’intensité de contrainte .............................................................................. 11
I.3.2.2. Facteurs d’intensité d’ouverture de fissure ................................................................ 12
I.3.3. Comportement dégradé en zone d’élaboration ................................................................. 13
I.3.3.1. Zone d’élaboration dite viscoélastique ...................................................................... 13
I.3.3.2. Comportement mécanique en zone dégradée ........................................................... 14
I.3.3.3. Généralisation à des configurations mixtes ............................................................... 15
I.4. Conclusion .............................................................................................................................. 16
I.5. Références .............................................................................................................................. 16

3
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

I.1. Introduction
La mécanique de la rupture a été introduite par Griffith vers 1920. Son objectif est de caractériser
le comportement à la fissuration des structures à l’aide des paramètres quantifiables au sens de
l’ingénieur, notamment le champ de contraintes, la taille de la fissure et la résistance à la fissuration
du matériau. Les premiers développements théoriques d’analyse des champs de déplacements,
déformations et contraintes au voisinage d’une fissure ont été entrepris par Westergaard vers 1940.
L’extension de la discipline a été amorcée par Irwin [IRW 57]. Depuis cette date, le développement
de la mécanique de la rupture s’étend aux problèmes non linéaires matériellement et
géométriquement, aux problèmes de bifurcation des fissures en modes mixtes et plus récemment
aux composites, aux techniques numériques de résolution et à l’état de l’art relatif au
dimensionnement de diverses structures complexes.

La rupture par fissuration est la création d’une surface de discontinuité. Elle est le terme ultime
d’un essai de traction et quelquefois la seule réaction à un essai de déformation. La mécanique des
solides aborde les problèmes de calcul de structures où l’on parle d’un élément de volume dont les
dimensions sont de 1 mm et de structure pour 10 à 103 mm. Dans ce domaine, on traite du
problème de la ‘rupture par fissuration.

Lorsqu’il s’agit de la mécanique de la rupture fragile, la rupture se produit par clivage sans
prévenir, le plus souvent sans déformation plastique, et les morceaux peuvent se réassembler
parfaitement. Elle est soit intercristalline, soit intra-cristalline.

Le mécanisme de rupture par fissuration peut intervenir selon deux types de fissuration :

• La fissuration brutale : pour les solides, ou pour les matériaux à très haute résistance, les
contraintes de travail sont très élevées, une énergie potentielle considérable est ainsi créée ;
la présence de petites fissures peut alors conduire à une rupture brutale qui souvent ne
s’accompagne pas de déformations plastiques macroscopiques par suite de la très faible
ductilité.

• La fissuration successive : il s’agit ici, d’une succession de mécanismes (fragile - ductile)


qui, sous contraintes répétées, entraîne la fissuration successive, appelée la rupture par
fatigue. Les facteurs qui influencent le comportement à la rupture par fissuration des
matériaux sont de deux natures : métallurgique et mécanique. Les facteurs mécaniques
concernent l’état de déplacements, déformations et contraintes, ainsi que les conditions
d’environnement telle que la température ou le taux d’humidité relative.

4
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

I.1.1. Rappel du comportement mécanique du matériau homogènes


Dans ce cours, nous admettons que certains matériaux (acier) obéissent à un comportement
élastique isotrope et homogène. En particularité, que toutes les caractéristiques (densité, humidité,
température, résistance…) sont les mêmes pour tout élément de volume [GAU 80].

I.1.2. Rappel du comportement mécanique du matériau bois

I.1.2.1. Hétérogénéité et anisotropie


Nous admettons que le bois est hétérogène et anisotrope, en particularité, que toutes les
caractéristiques citées précédemment sont différentes selon les directions privilégiées du bois,
Figure I.1.1 [MOU 08]. Cette définition peut être viabilisée dans le cas particulier d’une isotropie
transverse afin de simplifier les modèles éléments finis. Il faudra nécessairement tenir compte de la
présence des nœuds, de l’alternance du bois d’été et du bois de printemps. Toutefois, les conditions
expérimentales seront choisies pour répondre le mieux possible à l’hypothèse d’homogénéité.

I.1.2.2. Orthotropie
La coupe d’un tronc, selon une direction perpendiculaire à la direction longitudinale, révèle une
section transversale où les cernes annuels sont nettement visibles. Une seconde coupe, selon la
direction perpendiculaire à ces cernes et la direction radiale, montre un plan appelé plan radial.
Enfin une troisième coupe est tangentielle aux cernes. On note ainsi les trois directions du bois :
longitudinale L, radiale R et tangentielle T [MOU 08], Figure I.1.1. Un matériau est orthotrope
lorsqu’il existe, localement, deux plans de symétrie matérielle orthogonaux. C’est
approximativement le cas du bois, pour lequel les plans radial (RL) et transverse (RT) constituent
des symétries locales. Lorsqu’un matériau est orthotrope, son élasticité se décrit simplement à
condition de se placer dans le repère d’orthotropie, par exemple (R, T, L), pour le bois.

L
R

Coupe transversale

T Coupe radiale

Coupe tangentielle

Figure I.1.1. Orthotropie locale : deux plans de symétrie matérielle.

5
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

I.2. Modes élémentaires et zones de fissuration


Cette partie propose les outils généralement utilisés pour évaluer les paramètres de rupture dans
le cas des matériaux purement viscoélastiques. On suppose, pour cela, que les concepts utilisés sont
appliqués dans le cas d’une rupture fragile, c’est-à-dire que celle-ci se produit sous déformations
permanentes appréciables avec une zone plastique de taille réduite. Les différentes zones et les trois
modes de fissuration seront, pour la circonstance, rappelés. Ensuite, les méthodes d’évaluation des
champs mécaniques en pointe fissure seront introduites par l’analyse d’Irwin [IRW 57] pour les
matériaux isotropes et les formes singulières de Sih [SIH 81] pour les matériaux orthotropes. De
plus, les conditions d’amorçage et de propagation de fissure, via les méthodes énergétiques, sont
rappelées et étendues pour l’ensemble des modes mixtes de sollicitation.

I.2.1. Zones de fissuration

En accord avec la théorie de la fissuration ductile, nous distinguons trois zones dans un solide
fissuré [DUB 97], Figure I.2.1:

Zone 2
Zone 1

Zone 3

Figure I.2.1. Zones de fissuration

Zone 1 ou zone d’élaboration : c’est la zone la plus proche de la fissure. Son étude est très
complexe à cause des contraintes importantes qui provoquent un endommagement irréversible de la
matière. Une taille importante de zone entraîne une fissuration ductile, l’inverse, une fissuration
fragile. Nielsen [NIE 85] suppose un comportement viscoélastique linéaire dans cette zone. Le
modèle utilisé est celui de Dugdale [DUG 92] qui maximise le champ de contrainte en pointe de
fissure par la limite élastique en traction perpendiculaire de la contrainte normale dans le cas du
mode I. Récemment, dans le cas d’un chargement en mode mixte, certains auteurs [ZHA 07] ont
évalué les champs mécaniques en modes I et II dans la zone de cohésion par la même méthode. Ce
modèle, assimilable à une zone plastique localisée, traduit une cohésion des lèvres de la fissure. Par
contre, l’approche de Schapery [SCH 75a] [SCH 75b], basée sur le modèle de Barenblatt [BAR 62]

6
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

considère une zone d’élaboration dégradée pouvant induire un comportement mécanique non
linéaire.

Zone 2 ou zone singulière : elle englobe la zone d’élaboration. Le matériau obéit à un


comportement viscoélastique linéaire. La forme singulière des champs mécaniques est indépendante
de la géométrie étudiée. L’interface, commune avec la zone d’élaboration, est supposée continue en
contrainte et en déplacement.

Zone 3 ou zone lointaine : c’est la zone la plus éloignée de la fissure. Elle raccorde la zone
singulière avec les conditions limites de chargement et de déplacement.

I.2.2. Modes de fissuration


Pour un solide fissuré, on distingue trois cinématiques distinctes de fissuration. Un mode
d’ouverture de fissure ou mode I, pour lequel les déplacements aux lèvres de la fissure sont
perpendiculaires à la direction de propagation ; un mode de cisaillement ou mode II, où les
déplacements aux lèvres de la fissure sont parallèles à la direction de propagation ; et un mode hors

x2

x1
x3

Mode I Mode II Mode III

Figure I.2.2. Mode de sollicitation dans le plan

plan ou mode III pour lequel les déplacements aux lèvres sont parallèles au fond de fissure, Figure
I.2.2

Dans cette étude, nous allons nous intéresser essentiellement à des configurations planes
!
représentées par les deux premiers types de sollicitations. Sur la Figure I.2.2, L’axe x1 est orienté
!
selon la direction longitudinale L des fibres. Les observations expérimentales ont montré que la
fissure se propage principalement dans cette direction qui se trouve être celle de forte orthotropie.
Le paragraphe suivant sert à préciser les conditions de propagation, ou non, d’une fissure soumise à
ces différents modes de sollicitation.

7
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

I.3. Champs de contrainte et de déformation


Dans les paragraphes qui suivent, nous nous proposons de rappeler les différentes définitions des
champs mécaniques en pointe de fissure pour des symétries isotropes et orthotropes.

Dans un repère (r,q ), Irwin [IRW 57] a montré que le premier terme du développement donnant
le champ des contraintes au voisinage du fond de fissure, pour des matériaux isotropes plans, est de
la forme :

Kb
s ij = × f ij (q ) b = {1,2} (I.3.1)
2 ×p × r

Le coefficient K b est le facteur d’intensité de contrainte en mode b (mode I et mode II) et est

indépendant du point M, Figure I.3.1.

r
q

Figure I.3.1. Notation en pointe de fissure

Le champ de déplacements s’écrit de manière suivante :

r
ui = K b × × f i (q ) b = {1,2} (I.3.2)
2 ×p
On remarque que les contraintes présentent une singularité en 1/ r , et sont, par conséquent,
infinies en pointe de fissure. Les relations pour un matériau orthotrope, sont données dans les
paragraphes suivants.

8
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

I.3.1. Champ mécaniques isotropes

I.3.1.1. Facteurs d’intensité de contrainte


Dans un matériau élastique ou viscoélastique isotrope, la singularité du champ de contrainte, au
voisinage de la pointe de fissure, peut être exprimée via deux facteurs d’intensité de contrainte
K b(s ) avec b Î {1;2}, équation (I.3.2), liés au mode de sollicitation [IRW 57].

K 1(s ) é q 3 ×q ù q K 2(s ) é q 3 ×q ù q
s 11 = × ê1 - sin × sin × cos + × ê2 + cos × cos × sin
2 ×p × r ë 2 2 úû 2 2 ×p × r ë 2 2 úû 2

K 1(s ) é q 3 ×q ù q K 2(s ) q 3 ×q q
s 22 = × ê1 + sin × sin ú × cos - × cos × cos × sin (I.3.3)
2 ×p × r ë 2 2 û 2 2 ×p × r 2 2 2

K 1(s ) q 3 ×q q K 2(s ) é q 3 ×q ù q
s 12 = × cos × cos × sin - × ê1 - sin × sin ú × cos
2 ×p × r 2 2 2 2 ×p × r ë 2 2 û 2
r et q coordonnées polaires du point M centré sur la pointe de fissure, Figure I.3.1.

I.3.1.2. Facteurs d’intensité de déformation


Pour un matériau élastique, le champ de déplacement se définit de la manière qui suit :

K 1(s ) r é q 3 × q ù K 2(s ) r é q 3 ×q ù
u1 = × × ê(2 × k - 1) × cos - cos ú - × × ê(2 × k + 3) × sin + sin
4 ×p 2 ×p ë 2 2 û 4 ×p 2 ×p ë 2 2 úû
(I.3.4)
K 1(s ) r é q 3 × q ù K 2(s ) r é q 3 ×q ù
u2 = × × ê(2 × k + 1) × sin - sin ú + × × ê(2 × k + 3) × cos + cos
4 ×p 2 ×p ë 2 2 û 4 ×p 2 ×p ë 2 2 úû
k est un coefficient défini tel que :

3 -u
k = 3 - 4 × u en déformations planes ; k = en contraintes planes (I.3.5)
1+u
Afin d’établir la relation qui lie le tenseur de contrainte au tenseur de déformation viscoélastique,
Brinker [BRI 92] propose de modifier la relation (I.3.4) par :

r é 1 k ù
ua (r , q ) = ×ê × g ab × K b(s ) + × hab × K b(s ) ú avec (a , b ) Î {1;2} (I.3.6)
2.p ë 2.µ 2.µ û
µ représente le module de cisaillement défini part :

E
µ= (I.3.7)
2 × (1 + u )

9
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

E et u désignent respectivement le module d’Young et le coefficient de Poisson. g ab et hab

sont des fonctions angulaires [DUB 97]. Par application du principe de correspondance, dans
l’espace de Laplace Carson [MOU 08], équation, la relation (I.3.6) se généralise à un comportement
viscoélastique linéaire :

r é ù
* *
æ 1 ö æ k ö
ua (r ,q , p ) = × ê g ab (q ) × çç ÷÷ ( p ) × K b ( p ) + hab (q ) × çç
(s ) *
÷÷ ( p ) × K b(s ) ( p )ú
* *
(I.3.8)
2.p ëê è 2.µ ø è 2.µ ø ûú
Si on introduit les facteurs d’intensité de déformation C b et Db (b Î (1;2 )) dans (I.3.8) on a :

r é æ 1 ö
*
k
* ù
ua (r ,q , p ) = × ê g ab (q ) × çç ÷÷ ( p ) × C b ( p ) + hab (q ) × ( p ) × Db * ( p )ú
* *
(I.3.9)
2.p êë è 2.µ ø 2.µ úû
* *
æ 1 ö æ k ö
avec C b ( p ) = çç ÷÷ ( p ) × K b(s ) ( p ) et Db ( p ) = çç ÷÷ ( p ) × K b(s ) ( p )
* * * *
(I.3.10)
è 2.µ ø è 2.µ ø
Les champs de déplacement viscoélastiques sont obtenus par application de la transformation
inverse de Laplace Carson :

ua (r ,q , t ) =
r
2.p
[
× gab (q ) × C b (t ) + hab (q ) × Db (t ) ] (I.3.11)

Enfin, exprimés dans l’espace temporel, les facteurs (I.3.10) se définissent ainsi :

æ k (t - t ) ö ¶K b
(s ) (s )
t
æ 1 ö ¶K b t
C b (t ) = ò çç ÷÷ × dt et Db (t ) = ò çç ÷× dt (I.3.12)
- ¥è
2.µ (t - t ) ø ¶t - ¥è
2.µ (t - t ) ÷ø ¶t

I.3.1.3. Facteurs d’intensité d’ouverture de fissure


L’ouverture de fissure se définit comme le déplacement relatif de deux points symétriques placés
(
conjointement sur les lèvres supérieures U M S et inférieures U M I ) ( ) de la fissure, Figure I.3.2, tel
que :

[u!](r, t ) = u!(r, t,q = +p ) - u!(r, t,q = -p ) (I.3.13)

UMS
q
M UMI

Figure I.3.2. Ouverture des lèvres de la fissure

10
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

En introduisant (I.3.12) dans l’expression (I.3.13) l’ouverture de fissure dans chaque mode
devient :
1 1

[u1 ](r, t ) = 2 × [C2 (t ) + D2 (t )]× æç r ö÷ et [u2 ](r, t ) = 2 × [C1 (t ) + D1 (t )]× æç r ö÷


2 2
(I.3.14)
è 2 ×p ø è 2 ×p ø
En introduisant les facteurs d’intensité d’ouverture de fissure K b(e ) [DUB 97], la relation (I.3.14)

devient :
1 1

[u1 ](r , t ) = æç r ö÷ × K 2(e ) (t ) et [u 2 ](r , t ) = æç r ö÷ × K1(e ) (t )


2 2

è 2 ×p ø è 2 ×p ø (I.3.15)
avec K b(e ) (t ) = 2 × [C b (t ) + Db (t )]
La combinaison des équations (I.3.2) et (I.3.15) donnent, dans l’espace temporel, les facteurs
d’intensité d’ouverture :
t
¶K b(s ) æ k +1ö
K b (t ) = ò C b (t - t ) ×
(e )
dt avec C b (t ) = çç ÷÷(t ) (I.3.16)

¶t è µ ø
Les fonctions C b désignent les complaisances viscoélastiques réduites en mode I et mode II.

I.3.2. Champ mécaniques orthotropes

I.3.2.1. Facteurs d’intensité de contrainte


Le champ de contrainte élastique singulier, au voisinage de la fissure, s’exprime à l’aide des
formes singulières de Sih [SIH 81]. Ce champ est dépendant des caractéristiques du matériau et
s’exprime comme suit :

K 1(s ) é s ×s æ s s öù K 2(s ) é 1 æ s 2 s öù
2

s 11 = × Âe ê 1 2 × ç 2 - 1 ÷ú + × Âe ê × ç 2 - 1 ÷ú
2 ×p × r êë s1 - s 2 ç r r1 ÷øúû 2 ×p × r êë s1 - s 2 ç r r1 ÷øúû
è 2 è 2

K 1(s ) é 1 æ s s öù K 2(s ) é 1 æ 1 1 ö÷ù


s 22 = × Âe ê × ç 1 - 2 ÷ú + × Âe ê ×ç - ú (I.3.17)
2 ×p × r êë s1 - s 2 ç r r1 ÷øúû 2 ×p × r êë s1 - s 2 ç r r ÷ú
è 2 è 2 1 øû

K 1(s ) é s ×s æ 1 1 ö÷ù K 2(s ) é 1 æ s s öù


s 12 = × Âe ê 1 2 ×ç - ú+ × Âe ê × ç 1 - 2 ÷ú
2 ×p × r êë s1 - s 2 ç r r 2 ÷øúû 2 ×p × r êë s1 - s 2 ç r r1 ÷øúû
è 1 è 2

Pour un comportement purement élastique, le champ de déplacement est de la forme :

11
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

u1 = 2 × K 1(s ) ×
r
2 ×p
é 1
× Âe ê ( ù
× p 2 × s1 × r 2 - p1 × s 2 × r1 ú )
ë s1 - s 2 û

+ 2 × K 2(s ) ×
r
2 ×p
é 1
× Âe ê ( ù
× p 2 × r 2 - p1 × r1 ú )
ë s1 - s 2 û
(I.3.18)

u 2 = 2 × K 1(s ) ×
r
2 ×p
é 1
× Âe ê ( ù
× q 2 × s1 × r 2 - q1 × s 2 × r1 ú )
ë s1 - s 2 û

+ 2 × K 2(s ) ×
r
2 ×p
é 1
× Âe ê (
× q 2 × r 2 - q1 × r1 ú
ù
)
ë s1 - s 2 û
avec r j = cos(q ) + i × s j × sin (q ) avec j Î {1;2} (I.3.19)

2 S 22
et p j = S11 × s j + S12 et q j = + S12 (I.3.20)
sj

s j désignent les racines du polynôme caractéristique suivant :

S11 × s b + (2 × S12 + S 33 ) × s b + S 22 = 0
4 2
(I.3.21)

S11 , S12 , S 22 , et S 33 indiquent les composantes du tenseur de rigidité pour une symétrie orthotrope.

I.3.2.2. Facteurs d’intensité d’ouverture de fissure


Pour un comportement viscoélastique, l’ouverture de fissure s’exprime, dans l’espace de Laplace
Carson, de la façon suivante [DUB 97] :

é i × ( p 2 - p1 )ù
*

[ ]
u (r , p ) = 4 × Âe ê
*
1 ú ( p)× K 2 ( p)×
(s ) r
2 ×p
ë s1 - s 2 û
(I.3.22)
é i × (q 2 × s1 - q1 × s 2 )ù
*

[ ]
u (r , p ) = 4 × Âe ê
*
2
s1 - s 2
ú ( p ) × K1 ( p ) ×
(s ) r
2 ×p
ë û
On peut introduire les facteurs d’intensité d’ouverture de fissures, [DUB 96.1] :

( p ) = 4 × Âeê i × (q2 × s1 - q1 × s 2 )ú ( p ) × K1(s ) * ( p )


*
(e )* é ù
K 1
ë s1 - s 2 û
(I.3.23)
é i × ( p 2 - p1 )ù
*

K 2(e ) ( p ) = 4 × Âe ê ú ( p)× K 2 ( p)
(s ) *
*

ë s1 - s 2 û
L’application de la transformé inverse de Laplace Carson à l’équation (I.3.23), nous donne, dans
l’espace temporel, la relation entre les facteurs d’intensité de contrainte et d’ouverture de fissure :

12
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

t
¶K b(s )
K b(e ) = ò C b (t - t ) × dt (I.3.24)
0
¶t

é i × (q 2 × s1 - q1 × s 2 )ù é i × ( p 2 - p1 )ù
avec C1 (t ) = 4 × Âeê ú(t ) et C 2 (t ) = 4 × Âeê ú(t ) (I.3.25)
ë s1 - s 2 û ë s1 - s 2 û
C1 et C2 sont les complaisances viscoélastiques réduites orthotropes en mode I et II [VAL 84].

I.3.3. Comportement dégradé en zone d’élaboration

I.3.3.1. Zone d’élaboration dite viscoélastique


Si on suppose un matériau viscoélastique en pointe de fissure, la singularité des champs
mécaniques engendre un milieu dans lequel les contraintes sont physiquement majorées [DUB 97].
Dans ce cas, Dugdale [DUG 60] propose une majoration des contraintes normales perpendiculaires
s ab ((a , b ) Î {1,2}) par une valeur correspondant à la limite élastique en traction s m( b ) , dans la zone
d’élaboration dont la taille ou process zone est caractérisée par a b propre à chaque mode de

sollicitation, Figure I.3.3.

Zone d’élaboration Majoration des contraintes


viscoélastique selon Dugdale
s ab s ab

s mb s mb

S b1 S b2

r r
a ab
1
a ab

Figure I.3.3. Taille de la zone d’élaboration

Supposons que nous avons un mode I et un mode II de fissuration, dont la taille de la zone
d’élaboration est a b ( b Î (1;2 )), les contraintes normales perpendiculaires et de cisaillement
peuvent s’écrire de la manière suivante :

s 22 (q = 0, r £ a ) = s m(1) (I.3.26)

13
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

s 12 (q = 0, r £ a ) = s m( 2) (I.3.27)

s m(1) et s m( 2 ) sont respectivement les limites élastiques en traction perpendiculaire et cisaillement.


En accord avec la théorie d’Irwin [IRW 57], à l’extérieur de la zone d’élaboration les contraintes
admettent, pour chaque mode de sollicitation, les valeurs suivantes :

K b(s )
s ab (q = 0, r ) = avec (a , b ) = {1,2} (I.3.28)
2 ×p × r
Dans la zone viscoélastique nous pouvons écrire, entre r = 0 et r = a ' :

a 1b
2
S b = ò s ab (q = 0, r )dr =
1
× K b(s ) × a b1 (I.3.29)
0
p

a b1 est défini tel que : s ab (q = 0, r ) = s m( b ) , avec :

1 æ K b(s ) ö
ab =
1
× ç (b ) ÷ (I.3.30)
2 ×p çs ÷
è m ø
En supposant que le modèle de Dugdale propose une majoration des contraintes à l’intérieur de
la zone d’élaboration, nous obtenons :

S b2 = s m( b ) × a b et S b1 = 2 × s m( b ) × a b1 (I.3.31)

Afin d’éviter une majoration numérique des contraintes dans la zone d’élaboration, on se
rapproche du cas réel en doublant la valeur de a b1 , avec S b1 = S b2 . On défini ainsi la longueur de la

zone d’élaboration suivante :

(s ) 2
1 æç K b ö
÷
a b = a b = × (b )
1
(I.3.32)
p çè s m ÷
ø
La majoration précédente défini un comportement plastique localisé. Or, l’ignorance de la forme
réelle des champs mécaniques en pointe de fissure nous incite à proposer, selon Schapery, un
modèle dégradé en pointe de fissure.

I.3.3.2. Comportement mécanique en zone dégradée


Dans un matériau viscoélastique, Schapery [SCH 75a] [SCH 75b] propose une superposition d’un
comportement viscoélastique et d’un champ de contrainte dit de cohésion limitant ainsi le niveau de
contrainte transversale à la fissure à une valeur dite moyenne s m( b ) , sur une distance a b du front de

fissure délimitant la process zone, Figure I.3.4.

14
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

s 22

s f =sm

a0 a
x1 a

Figure I.3.4. Champ de contrainte transversale en pointe de fissure

Si nous supposons que cette zone répond à un critère de plasticité [DUB 97], la représentation de
Dugdale préconise que la contrainte s f soit constante sur a b , de telle sorte que :

1
æ 8 ö2
= ç ÷ × s m( b ) × (a b )2
1
K b(s ) (I.3.33)
èp ø
La taille de la zone d’élaboration augmente proportionnellement avec le carré du facteur
d’intensité de contrainte propre à chaque mode de rupture :

(s ) 2
p æç K b ö÷
a b = × (b ) (I.3.34)
8 çè s m ÷ø

I.3.3.3. Généralisation à des configurations mixtes


Ce paragraphe propose une généralisation de l’équation (I.3.34) et (I.3.28) à des configurations
mixtes. Le développement analytique repose sur la théorie de Schapery [SCH 75a] [SCH 75b] et de
Dugdale [DUD 60]. Conformément aux équations (I.3.34), désignons par s 22
( m)
et s 12( m) les
contraintes limites respectivement en mode I et en mode II. A partir de la relation Erreur ! La
liaison est incorrecte., les relations suivantes sont déduites :

(m) K I(σ ) K II(σ )


σ 22 = Α⋅ et σ 12(m) = Α ⋅ (I.3.35)
π ⋅α π ⋅α
Le critère de plasticité en mode mixte est défini de la manière suivante :

s 22 s 12
+ =1 (I.3.36)
s 22( m ) s 12( m )
En introduisant les expressions (I.3.3), on obtient :

15
CHAPITRE I. GENERALITES SUR LA MECANIQUE DE LA RUPTURE

1 æç K I(s ) K II(s ) ö
÷ =1
× ( m) + (I.3.37)
A çè s 22 × p × a s 12( m) × p × a ÷
ø
Finalement, après développement de l’expression (I.3.37), on obtient la longueur de la zone
d’élaboration en mode mixte suivante :
2
æ K I(s ) K II(s ) ö p
a = A × çç ( m) + ( m) ÷÷
'
avec A ' = (I.3.38)
è s 12 s 22 ø 8

I.4. Conclusion
Ce premier chapitre a consisté à résumer certains concepts de la mécanique de la rupture
appliqués aux matériaux du génie civil (acier, composites…) et à ceux obéissant à un comportement
dépendant du temps comme le bois. En outre, les outils rappelés et utilisés actuellement sont
généralement propres aux modes simples de sollicitation, excluant une évolution du front de fissure
dans le cas des chargements complexes induisant une combinaison d’un mode d’ouverture et de
cisaillement. Le chapitre qui suit va consister, sur les bases des approches décrites ici, à décrire les
critères de propagation et rappeler la problématique du découplage des modes mixtes aux matériaux
orthotropes, tout en se préoccupant de la complexité d’une propagation de la fissure responsable,
dans nombres de cas, de la ruine de la structure.

I.5. Références
[BAR 62] Barenblatt G.I « The mathematical theory of equilibrium cracks in brittle fracture »,
Advances in Applied Mechanics, Academic Press, Vol. 7, 1962, pp. 55-129.
[DUB 97] Dubois F. « Modélisation du comportement mécanique des milieux viscoélastiques
fissurés : Application au matériau bois », Thèse doctorale de l’Université de Limoges, 1997, 149 p
[DUB 02] Dubois F., Chazal C., Petit C. Viscoelastic crack growth process in wood timbers: An
approach by the finite element method for mode I fracture. International Journal of Fracture, Vol.
113, No 4, 2002, pp. 367-388.
[DUG 60] Dugdale D.F. « Yielding of steel sheets containing slits. Journal of Mechanics and
Physics and Solids, Vol. 8, 1960, pp. 100-104.
[GAU 80] Gautherin M.T. « Critère de contrainte limite du bois massif », Thèse doctorale de
l’Université Pierre et Marie Curie, Paris VI, 1980, 113 p.
[GRI 21] Griffith A.A. The phenomena of rupture and flow in solids. Philos. Trans. Roy. Soc.
London, Vol. 221, 1921, pp. 163-197.
[IRW 57] Irwin G.R. « Analysis of stresses and strains near the and of a crack traversing a plate »,
Journal Applied Mechanics, Vol. 24, 1957, pp. 361-385.
[MOU 08] Moutou Pitti R. Mixed mode fracture separation in viscoelastic orthotropic materials:
modelling and experimentation. [Link], Limoges University, 2008 [Link]
[Link]/theses/2008/sciences/2008limo4025/[Link]. Accessed 23 Jan 2009.

16
CHAPITRE II. CRITERES DE FISSURATION

II.1. Introduction.......................................................................................................................... 18
II.2. Critères de propagation de fissure ..................................................................................... 18
II.2.1. Equilibre thermodynamique ............................................................................................ 18
II.2.2. Energie dissipée et critères de fissuration stable ............................................................. 19
II.2.2.1. Approche locale........................................................................................................ 19
II.2.2.2. Approche globale ..................................................................................................... 20
II.3. Critères de bifurcation ........................................................................................................ 22
II.3.1. Critère de la contrainte normale maximale ..................................................................... 23
II.3.2. Critère de la densité d’énergie de déformation minimale ............................................... 24
II.3.3. Critère du Taux de restitution d’énergie maximal .......................................................... 24
II.4. Découplage des modes mixtes de rupture .......................................................................... 25
II.4.1. Intégrales de contours...................................................................................................... 25
II.4.2. Méthodes de découplage des modes ............................................................................... 25
II.4.2.1. Méthode de maillage symétrique ............................................................................. 25
II.4.2.2. Méthode de Chen ..................................................................................................... 26
II.5. Conclusion ............................................................................................................................ 27
II.6. Références ............................................................................................................................. 27

Cours MLR – MR2


R. MOUTOU PITTI
17
CHAPITRE II. CRITERES DE FISSURATION

II.1. Introduction
Les critères de fissuration définissent les conditions de propagation ou non de la fissure. On
retiendra les critères de propagation qui introduisent une stabilité ou non de la fissure pendant la
phase de propagation et les critères de bifurcations qui définissent les conditions de déviation d’une
fissure. Dans ce chapitre, les équilibres énergétiques dans un milieu dissipatif sont rappelés afin de
définir le taux de restitution d’énergie dont la valeur critique va piloter l’évolution de la fissure.

II.2. Critères de propagation de fissure

II.2.1. Equilibre thermodynamique


Dans une configuration quasi statique (Energie cinétique négligeable), si nous considérons un
milieu viscoélastique (ou dissipatif) fissuré, Figure II.2.1, l’équilibre thermodynamique s’écrit :

dW = dU e + dWvis + dWS (II.2.1)

dW représente le travail des efforts extérieurs. dU e la densité d’énergie de déformation, dWvis

l’énergie dissipée, dWS désigne la dissipation énergique due au processus de propagation de

fissure. La principale difficulté dans l’équilibre (II.2.1) réside dans le couplage de la propagation de
fissure (Variation de la surface de fissure dS ) et la variation temporelle dt [MOU 07]. Pour cela,
Dubois [DUB 05] a établi que l’énergie dissipée dWvis et l’énergie de fissuration sont

respectivement uniquement fonction du temps et de la longueur de fissure a telle que :

¶WS ¶Wvis
dW S = da et dWvis = dt (II.2.2)
¶a ¶t
Avec l’équation (II.2.2), et en considérant les dérivées partielles spatiales et temporelles,
l’équilibre (II.2.1) se subdivisent ainsi :

¶W ¶U e ¶Wvis ¶W ¶U e ¶WS
= + et = + (II.2.3)
¶t ¶t ¶t ¶a ¶a ¶a

Wvis
Ue
Ws
S

Figure II.2.1. Milieu viscoélastique fissuré [MOU 07]

18 Cours MLR – MR2


R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE II. CRITERES DE FISSURATION

On notera par ailleurs que :

¶WS ¶U e
G= =- (II.2.4)
¶a ¶a
La relation (II.2.4) est une conséquence du bilan thermodynamique précédent et traduit le fait
que le taux de restitution d’énergie G représente l’énergie dissipée dans le processus de fissuration.
Du reste, cette énergie dissipée ne peut être puisée que dans l’énergie libre U e stockée
temporairement au sein du matériau.

L’énergie libre restituable U e est l’intégration, sur le volume V de l’élément considéré, de la


densité d’énergie libre F, expression définie par [MOU 07b] :

t t
¶s ij ¶s kl
1
2 00
[ ]
U e = ò F × dV avec F = × ò ò 2 × J ijkl (t - t ) - J ijkl (2 × t - t - b )
¶t ¶b
dtdb (II.2.5)
V

II.2.2. Energie dissipée et critères de fissuration stable


Dans le cas du matériau bois, étant donné que la fissure se propage dans la direction de forte
orthotropie, les critères de bifurcation ne sont pas évoqués. Un critère sert généralement à définir la
condition de prédiction de l’évolution de la fissure existante dans une structure donnée. Il s’agit
souvent, au sens de Caumes [CAU 87], d’une relation de la forme F (Pi , Ei ) = 0 . Où les Pi sont des

paramètres caractéristiques de l’état mécanique en pointe de fissure, et Ei les caractéristiques

intrinsèques au matériau. Ces critères peuvent reposer sur deux approches différentes :

• Une approche dite statistique, analysant les champs de contraintes au voisinage du front de
fissure avant rupture ;

• Une approche dite énergétique, responsable d’un bilan énergétique des énergies disponibles
emmagasinées, dissipées, et restituées par le matériau.

L’énergie dissipée Wvis est, quant à elle, l’intégration sur le volume V de l’élément considéré, de

la puissance dissipée Y est telle que:

t t
¶e ij ¶e kl
Wvis = ò Y × dV avec Y =
1
2 00
[ ]
× ò ò Rijkl (2t - t - b )
¶t ¶b
dtdb (II.2.6)
V

II.2.2.1. Approche locale

Dans un repère (r,q ), Irwin [IRW 57] a montré que le premier terme du développement donnant
le champ des contraintes au voisinage du fond de fissure, pour des matériaux isotropes plans, est de
la forme :
Cours MLR – MR2 19
R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE II. CRITERES DE FISSURATION

Kb
s ij = × f ij (q ) b = {1,2} (II.2.7)
2 ×p × r

Le coefficient K b est le facteur d’intensité de contrainte en mode b (mode I et mode II) et est

indépendant du point M, Figure II.2.2.

r
q

Figure II.2.2. Notation en pointe de fissure

Le champ de déplacements s’écrit de manière suivante :

r
ui = K b × × f i (q ) b = {1,2} (II.2.8)
2 ×p
On remarque que les contraintes présentent une singularité en 1/ r , et sont, par conséquent,
infinies en pointe de fissure. Les relations pour un matériau orthotrope, sont données dans le
chapitre 1. Dans le cas des modes pures I ou II, on définit un seuil critique unique K bc tel que :

K b < K bc Þ pas de propagation ; K b = K bc Þ propagation de fissure (II.2.9)

K bc représente le facteur d’intensité de contrainte critique ou ténacité du matériau, qui est une
caractéristique intrinsèque du matériau.

II.2.2.2. Approche globale


La propagation de fissure est un phénomène dissipateur d’énergie. Dans la théorie de Griffith
[GRI 21], l’énergie consommée est la différence entre l’état énergétique du système avant et après
fissuration. Ainsi, l’équilibre thermodynamique (II.2.1) étant basé sur une approche énergétique, il
apparaît évident que les critères utilisés dans ce travail repose sur une terminologie énergétique.

Amorçage et propagation de la fissure


Considérons un milieu viscoélastique plan fissuré, Figure II.2.1, si nous précédons à l’extension
de l’équilibre énergétique (II.2.1) à un processus d’avancé du front de fissure, on écrit :

20 Cours MLR – MR2


R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE II. CRITERES DE FISSURATION

DW = DU e + DWvis + DWS + DK (II.2.10)


DK représente la variation d’énergie cinétique provoquée par le mouvement en pointe de
fissure. En fonction de l’accroissement de fissure Da , on peut redéfinir les énergies de l’équation
(II.2.10) de la manière suivante [DUB 04] :

DK
GW - Ge = Gvis + GS + (II.2.11)
Da
avec

ΔW ΔWvis ΔWe ΔWs


GW = ; Gvis = ; Ge = ; Gs = (II.2.12)
Δa Δa Δa Δa

GW est le taux de travail extérieur, Gvis le taux de dissipation d’énergie par viscosité, Ge le taux
de variation d’énergie par déformation élastique et Gs le taux de restitution d’énergie définie

précédemment. L’équation (II.2.12) peut donner lieu à la forme qui suit :

DK
Gv = R + (II.2.13)
Da
avec Gv = Gw - Ge et R = Gvis + GS (II.2.14)

R est la résistance du matériau à la fissuration.

Instabilité

Arrêt de
Stationnarité Propagation
fissure

Energie cinétique non nulle

tc temps

Figure II.2.3. Amorçage et propagation de la fissure [MOU 08]

Dans la phase d’amorçage de la fissure, l’augmentation de Gv est conditionnée par la croissance


du chargement extérieur et par le potentiel du matériau à stocker de l’énergie. Plus le matériau est

Cours MLR – MR2 21


R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE II. CRITERES DE FISSURATION

dissipatif (visqueux), moins la croissance de Gv est rapide. Dans cette phase, nous avons
l’inégalité :

Gv < R (II.2.15)
Juste à la limite de l’amorçage de fissuration, nous avons l’égalité :

Gv = R (II.2.16)

Au-delà du point critique d’amorçage de la propagation de fissure t c , le surplus du taux de

restitution d’énergie se traduit par l’apparition d’énergie cinétique générée par l’évolution de la
pointe de fissure, Figure II.2.3 :

DK
Gv > R avec Gv - R = (II.2.17)
Da

Critères de fissuration en mode mixte


Les critères énergétiques, employés dans une cinématique de mode mixte, font intervenir une
partition des modes de rupture en termes de GI (t ) (taux de restitution d’énergie en mode I), GII (t )

(taux de restitution d’énergie en mode II), et de leurs valeurs critiques respectives G Ic et G IIc [VAL
82] [MOU O8]de tel sorte que :

æ G (t ) G (t ) ö
Si f çç I c + II c ÷÷ = 1 Þ Propagation de fissure (II.2.18)
è GI G II ø

æ G (t ) G (t ) ö
Si f ç I c + II c ÷ < 1 Þ Fissuration stationnaire (II.2.19)
ç G G II ÷ø
è I
La fonctionnelle f peut être déterminée expérimentalement [VAL 88].

II.3. Critères de bifurcation


Lorsque le chargement ou la géométrie d’une structure n’est pas symétrique par rapport à l’axe
de la fissure, la rupture se présente en mode mixte, et la fissure ne se propage pas de façon
rectiligne. Il est alors nécessaire d’utiliser des critères de bifurcation, afin de déterminer la nouvelle
direction de propagation.

22 Cours MLR – MR2


R. MOUTOU PITTI
bifurcation, afin de déterminer la nouvelle direction de

CHAPITRE II. CRITERES DE FISSURATION


ximale : Proposé par Erdogan et Sih [Erdogan et al. 1963],
ntes : y

σθθ
our laquelle
σrr
e σθθ est r

θ
uit lorsque x
O

Figure III. 1. Fond de fissure


Figure II.3.1. Amorçage et bifurcation de la fissure

sure est solution du système :


II.3.1. Critère de la contrainte normale maximale

K II sin (θ/ 2) < 0


Conformément à la Figure II.3.1, ce critère a été initialement proposé par Erdogan et Sih [ERD
∈ ]− et
onditions θ 63] [ basé sur les hypothèses suivantes :
π;πest
KI > 0
• la fissure se propage dans la direction pour laquelle la contrainte de traction circonférentielle
σ θθ est
u’il existe un angle limite, maximale. au cas du mode de
correspondant
e ne peut se propager : θ0=±70.54°. Cette technique a été
• etl’accroissement
uma et al. [Saouma al. 1987]. de fissure se produit lorsque 2πσ θθ = K IC

Finalement, l’angle de bifurcation de la fissure est solution du système :


basée sur la notion de facteurs d’intensité de contraintes, le
re discutable dans la mesure où le champ de contraintes # K sin θ
un champ approché. De plus, l’existence d’une zone non % I ( )
%
K I sin (θ ) + K II (3cos (θ ) −1) = 0
ement la répartition sous les
de contraintes. Sa précision est conditions
donc suivantes $ θ ∈ ] −π ; π [ (II.3.1)
%
en pointe de fissure, ainsi qu’à la plus ou moins bonne %& K I > 0

Ce critère permet également de montrer qu’il existe un angle limite, correspondant au cas du
mode de cisaillement pur, au-delà duquel la fissure ne peut se propager : !" = ∓70,54°. Cette
89
technique a été étendue aux matériaux anisotropes par Saouma et al. [SAO 87].

Sa facilité de mise en œuvre, entièrement basée sur la notion de facteurs d’intensité de


contraintes, le rend très utilisé. Il peut cependant paraître discutable dans la mesure où le champ de
contraintes locales en fond de fissure est seulement un champ approché. De plus, l’existence d’une
zone non élastique en fond de fissure modifie également la répartition de contraintes. Sa précision
est donc fortement liée à la finesse du maillage en pointe de fissure, ainsi qu’à la plus ou moins
bonne modélisation de la zone élastoplastique par le code. C’est pourquoi les critères énergétiques,
faisant intervenir des grandeurs globales au niveau de la structure, peuvent paraître plus appropriés.

Remarque : Il existe également un critère basé sur la déformation maximale. La propagation de


la fissure se manifeste lorsque la déformation +, atteint une valeur critique +,- (déterminée en
mode d’ouverture pure et reliée à ./- ).

Cours MLR – MR2 23


R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE II. CRITERES DE FISSURATION

II.3.2. Critère de la densité d’énergie de déformation minimale


Sih [SIH 74] a proposé le critère du minimum de densité d’énergie de déformation 0(2) basé
sur la densité d’énergie d’un élément du volume au voisinage de la pointe de fissure à une distance r
et un angle θ dans la zone du comportement asymptotique. Selon ce critère, la fissure se propage
5(6)
dans la direction le long de laquelle le facteur de la densité d’énergie de déformation 4 ! =
7

est minimum. S est écrit sous la forme suivante:

4 = 899 + ;9< + 89< ;9 ;< + 89< ;<< + 8== ;=< (II.3.2)

Où, 8>? représente des fonctions de l’angle polaire θ, du module d’Young E et du coefficient de
Poisson @. Les ;> sont définis comme suit :
AB
;> = (E = 1,2,3) (II.3.3)
C

La direction de propagation de fissure est définie alors comme suit:

IJ IK J
= 0 et >0 (II.3.4)
I, I, K

Figure 10. Densité d’énergie de déformation en fonction de l’angle θ [8]


Figure II.3.2. Evolution de G en fonction de l’angle !
Critère du taux de restitution d’énergie maximal
II.3.3. Critère du Taux de restitution d’énergie maximal
Ce critère reprend la notion de taux de restitution d’énergie G déjà utilisée par Griffith,
Parmi tous les accroissements virtuels et cinématiquement admissibles, l’accroissement réel est
mais il se place dans un cadre d’étude plus général, celui de la fissure présentant une
celui qui maximise le taux de restitution d’énergie G. En calculant G pour différentes directions de
bifurcation. La direction recherchée est celle qui rend maximale le taux de restitution
propagation
d’énergie pouréventuelles de fissure,
un accroissement ∆a. on détermine celle pour laquelle G est maximal. Ce critère
reprend la notion de taux de restitution d’énergie G déjà utilisée par Griffith, mais il se place dans
Selon ce critère, la fissure se propagera dans la direction qui maximisera le taux de
un cadre d’étude plus général, celui de la fissure présentant une bifurcation. La direction recherchée
restitution :
est celle qui rend maximale le taux de restitution d’énergie pour un accroissement ∆a.
 ∂G
 Selon
= 0 ce critère, la fissure se propagera dans la direction qui maximisera le taux de restitution :
∂θ
 ∂ 2G (12)
IM > 0 IM
 ∂=θ 20 et >0 (II.3.5)
I, I,

24 Cours MLR – MR2


R. MOUTOU PITTI
 ∂G
=0
 ∂θ
 ∂ 2G (12)CHAPITRE II. CRITERES DE FISSURATION
 >0
 ∂θ 2

Figure II.3.3.
Figure Evolution
11. Taux de d’énergie
de restitution G en fonction l’angle θ![8]
dedel’angle
en fonction

II.4. Découplage des modes mixtes de rupture


Le découplage des modes mixtes consiste à les séparer les différents modes identifiés de façon à
évaluer la contribution de chacun dans le processus de fissuration du matériau étudié.

II.4.1. Intégrales de contours


Les intégrales de contours découlent de l’application des lois de conservation énergétiques [NOE
18] et permettent de s’affranchir de la singularité en pointe de fissure même dans le cas d’un
chargement en mode mixte. Ces intégrales ont la particularité d’être équivalentes au taux de
restitution d’énergie, et d’être indépendantes du contour choisi. Parmi les plus connues, on citera
l’intégrale J de Rice [RIC 68], l’intégrale duale I de Bui [BUI 73], l’intégrale hybride s’appuyant
sur le super élément de Tong et Pian [ZHA 92] ou encore les intégrales T et A proposées par Bui et
Proix [BUI 85] et étendues à la propagation de fissure en milieux viscoélastiques fissurés par
Moutou Pitti [MOU 10]. Ces intégrales de contours seront rappelées au chapitre III car elles sont
utilisées pour le calcul par éléments finis des structures fissurées.

II.4.2. Méthodes de découplage des modes

II.4.2.1. Méthode de maillage symétrique


La méthode de découplage consiste, dans ce cas, à séparer les paramètres énergétiques en deux
termes, chacun d’eux étant reliés au facteur d’intensité de contrainte correspondant [BOU 00] :

ì K I2
ì J = J I + J II ïï J I = G I =
k (II.4.1)
í avec : í
îG = G I + G II
2
ï J = G = K II
ïî II II
k
Le coefficient k est donné par l’équation (I.3.5). N/ et N// sont respectivement les taux de
restitutions d’énergie en mode I et en mode II.

Cours MLR – MR2 25


R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE II. CRITERES DE FISSURATION

Il convient alors d’effectuer la décomposition du champ de déplacement en une partie


symétrique, et une partie antisymétrique, correspondant respectivement au mode I et au mode II, par
rapport à l’axe de la fissure. On considère, pour la circonstance, deux points M S et M I , Figure
(I.3.2), symétriques par rapport à l’axe de la fissure, dont les déplacements sont obtenus par
combinaison linéaire ; ce qui permet d’identifier la contribution des deux modes de rupture.
Numériquement, la difficulté de cette méthode réside dans le fait que les deux points M S et M I
soient géométriquement placés aux mêmes coordonnées mais sur chaque lèvre, ce qui exige un
maillage et un contour symétrique de part et d’autre de l’axe de la fissure.

Bui et Proix [BUI 85] ont également proposé une méthode de découplage qui consiste à
découpler les modes de rupture en introduisant des champs de déplacements symétriques et
antisymétriques en présence des champs thermiques.

II.4.2.2. Méthode de Chen


Dans une cinétique de mode mixte, Chen et Shield [CHE 77] ont développé une méthode de
découplage basée sur la forme bilinéaire de l’énergie libre suivante :

× l × d ij × u k ,k × vi , j + × µ × (u i , j + u j ,i ) × vi , j
1 1
F (u, v ) = (II.4.2)
2 2
l et µ désignent les coefficients de Lamé, alors que u i et v i sont respectivement les champs de
déplacement réels et virtuels cinématiquement admissibles. Grâce à la loi de Hooke, on écrit, pour
des petites déformations, la loi de comportement suivante :

s ij = l × e kk × d ij + 2 × µ × e ij = l × e kk × d ij + µ × (ui , j + u j ,i ) avec e ij = × µ × (u i , j + u j ,i )
1
(II.4.3)
2
En introduisant l’équation (II.4.3) dans la relation (II.4.2) on obtient :

1 1
F (u, v ) = × s ij × e ij = × l × e kk × d ij × e ij + µ × e ij × e ij avec d ij × e ij = d ij × ui , j (II.4.4)
2 2
Les différentes définitions des formes bilinéaires des tenseurs de déformation s’écrivent :

e ij (u ) = × (ui , j + u j ,i ) et e ij (v ) = × (vi , j + v j ,i )
1 1
(II.4.5)
2 2
Le produit tensoriel des formes réelles et virtuelles, introduites par (II.4.5), conduit à :

e ij (u ) × e ij (v ) = × [u i , j × vi , j + u j ,i × vi , j + ui , j × v j ,i + u j ,i × v j ,i ]
1
(II.4.6)
4
L’introduction des notations nous permettent d’écrire :

26 Cours MLR – MR2


R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE II. CRITERES DE FISSURATION

u i , j × vi , j = u j ,i × v j ,i et u i , j × v j ,i = u j ,i × vi , j (II.4.7)

L’introduction de la relation (II.4.7) dans l’expression (II.4.6) donne :

e ij (u ) × e ij (v ) = × (ui , j + ui , j ) × vi , j
1
(II.4.8)
2
En considérant que s ij (u ) désigne les composantes de la contrainte réelle, on démontre, en

insérant la loi de comportement (II.4.3) dans la forme (II.4.8) que :

× s ij (u ) × e ij (v ) = × l × d ij × u k ,k × vi , j + × µ × (u i , j + u j ,i ) × vi , j = F (u, v )
1 1 1
(II.4.9)
2 2 2
On remarque finalement que le pseudo potentiel F peut être généralisé à des symétries
anisotropes avec une bilinéarité, en termes de tenseur de déformation et de contrainte, résumée par
la relation suivante :

1 1
F (u, v ) = × s ij (u ) × e ij (v ) = × s ij (v ) × e ij (u ) (II.4.10)
2 2

II.5. Conclusion
Ce chapitre a permis de rappeler les critères de fissuration indispensables pour initier une
propagation nette de la fissure. Seuls les critères de propagation classiques, de stabilité et de
bifurcation ont été rappelés. Les équilibres énergétiques via les approches thermodynamiques ont
permis d’aboutir aux définitions de ses critères en configuration globale (énergétique) ou locale. Le
chapitre III va proposer les méthodes expérimentales et numériques permettant de calculer les
structures fissurées en supposant que les critères de fissuration rappelés ici sont respectés.

II.6. Références
[BUI 73] Bui H.D. « Dualité entre les intégrales de contour », Comptes Rendus de l’Académie des Sciences,
Paris, 1973, T. 276.
[BUI 85a] Bui H.D., Proix J.M. « Découplage des modes mixtes de rupture en thermoélectricité linéaire par
les intégrales indépendantes du contour », Actes du troisième colloque Tendances Actuelles en Calcul de
Structure, Bastia, 1985, pp. 631-643
[CAU 87] Caumes P. « Rupture d’un matériau anisotrope en conditions polymodales (le bois) », Thèse de
l’Université Bordeaux I, 1987, 128 p.
[CHE 77] Chen F.H.K., Shield R.T. « Conservation laws in elasticity of the J-integral type », Journal of
Applied Mechanics and Physics, Vol. 28, No 1, 1977, pp.1-22.
[DUB 05] Dubois F. Petit C. « Modelling of the crack growth initiation in viscoelastic media by the Gθv -
integral », Engineering Fracture Mechanics, Vol. 72, 2005, pp. 2821-2836.
[DUB 04] Dubois F. « Modélisation numérique des comportements viscoélastiques vieillissants des
matériaux du génie civil », Habilitation à Diriger les Recherches, Université de Limoges, Septembre 2004,
117 p.

Cours MLR – MR2 27


R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE II. CRITERES DE FISSURATION

[ERD 63] Erdogan F., Sih G.C. « On the crack extension in plates under plane loading and transverse shear
», J. of Basic Engineering, ASME, Vol. 85, 1963, 519-527.
[GRI 21] Griffith A.A. The phenomena of rupture and flow in solids. Philos. Trans. Roy. Soc. London, Vol.
221, 1921, pp. 163-197.
[IRW 57] Irwin G.R. « Analysis of stresses and strains near the and of a crack traversing a plate », Journal
Applied Mechanics, Vol. 24, 1957, pp. 361-385.
[MOU 07] Moutou Pitti R., Dubois F., Sauvat N., Petit C., « Mixed mode fracture separation in viscoelastic
orthotropic media: numerical and analytical approach by the Mθv-integral », International Journal of
Fracture, Vol. 125, No 3, 2007, pp. 181-193.
[MOU 10] Moutou Pitti R., Dubois F., Petit C. Generalization of T and A integrals to time dependent
materials: analytical formulations. Int J Fract. 161(2), 187-198, 2010
[SIH 81] Sih G.C., Chen E.P. Cracks in composite materials, Mech. of Fract., Martinus Nijhoff Publishers.
1981.
[RIC 68] Rice J.R. «A path independent integral and the approximate analysis of strain concentrations by
notches and cracks », Journal of Applied Mechanics, Vol. 35, 1968, pp. 379- 385.
[VAL 82] Valentin G., Morlier P. « A criterion of crack propagation in timber. Matériaux et constructions »,
Vol. 88, 1982, pp. 291-298.
[VAL 88] Valentin G., Caumes P. « Crack propagation in mixed mode in wood: a new specimen », Wood
Science and Technology, Vol. 23, No 1, 1989, pp. 43-53.

28 Cours MLR – MR2


R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE
DE LA RUPTURE

III.1. Quelques éprouvettes de fissuration ................................................................................. 30


III.1.1. Eprouvette SENT ........................................................................................................... 30
III.1.2. Eprouvette Cantilever .................................................................................................... 30
III.1.3. Eprouvette Double Cantilever Beam ............................................................................. 30
III.1.4. Eprouvette CTS .............................................................................................................. 31
III.1.5. Eprouvette 2MCG .......................................................................................................... 32
III.2. Méthodes expérimentales en mécanique de la rupture................................................... 33
III.2.1. Méthode destructives ..................................................................................................... 33
III.2.1.1. Méthode énergétique semi-expérimentale .............................................................. 33
III.2.1.2. Méthode de la complaisance ................................................................................... 34
III.2.2. Méthode de mesure de champ sans contact ................................................................... 34
III.2.2.1. Méthode de suivi de marqueurs .............................................................................. 34
III.2.2.2. Corrélation d’images ............................................................................................... 35
III.2.2.3. Méthode de granularité laser ................................................................................... 35
III.2.2.4. Méthode de la grille ................................................................................................ 36
III.3. Méthodes numériques par éléments finis ......................................................................... 36
III.3.1. Formulation analytique des intégrales invariantes ......................................................... 37
III.3.1.1. Intégrale de Rice ..................................................................................................... 37
III.3.1.2. Intégrale !" ............................................................................................................ 37
III.3.1.3. Intégrale M et #" ................................................................................................... 38
III.3.1.4. Intégrale T et A ....................................................................................................... 38
III.3.1.5. Modèles cohésifs ..................................................................................................... 40
III.3.2. Quelques validations numériques .................................................................................. 40
III.3.2.1. Validation en mode I pour les milieux isotropes .................................................... 40
III.3.2.2. Validation en mode mixte pour les milieux isotropes ............................................ 42
III.4. Conclusion ........................................................................................................................... 44
III.5. Références ........................................................................................................................... 44

Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
29
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

III.1. Quelques éprouvettes de fissuration

III.1.1. Eprouvette SENT


I.2.3. Eprouvettes de fissuration
Plusieurs éprouvettes de fissuration ont été utilisées pour déterminer le taux de restitution
Plusieurs éprouvettes de fissuration ont été utilisées pour déterminer le taux de restitution
d’énergie critique et la ténacité des matériaux en mode I. On peut citer par exemple : L’éprouvette
d’énergie critique et la ténacité des matériaux en mode I. On peut citer par exemple :
SENT (Single Edge Notch Tensile) généralement utilisée dans la mesure de ténacité. A cause de sa
L’éprouvette SENT (Single Edge Notch Tensile) généralement utilisée dans la mesure de
taille, elle ne présente pas une plage de propagation observable.
I.2.3. Eprouvettes de fissuration
ténacité. A cause de sa taille, elle ne présente pas une plage de propagation observable.
Plusieurs éprouvettes de fissuration ont été utilisées pour déterminer le taux de restitution
d’énergie critique et la ténacité des matériaux en mode I. On peut citer par exemple :

L’éprouvette SENT (Single Edge Notch Tensile) généralement utilisée dans la mesure de
ténacité. A cause de sa taille, elle ne présente pas une plage de propagation observable.

Figure III.1.1.
Figure Orthotropie
14. Eprouvette locale : deux plans de symétrie matérielle.
SENT [9]

L’éprouvette Cantilever à inertie variable, contrairement à l’éprouvette SENT, elle possède


III.1.2.
Figure [Link] Cantilever
Eprouvette SENT [9]
une plage de propagation stable et sa géométrie est adaptée aux essais de fissuration en mode
L’éprouvette
mixte. Cantilever
L’éprouvette Cantilever à contrairement
à inertie variable, inertie variable,
à l’éprouvettecontrairement
SENT, elle possède à l’éprouvette SENT, elle possède une
une plage de propagation stable et sa géométrie est adaptée aux essais de fissuration en mode
plage
mixte. de propagation stable et sa géométrie est adaptée aux essais de fissuration en mode mixte.

Figure 15. Eprouvette Cantilever à inertie variable [10]


Figure III.1.2.
Figure Eprouvette
15. Eprouvette Cantilever
Cantilever à inertie
à inertie variablevariable
[10]
L’éprouvette DCB (Double Cantilever Beam), généralement utilisée pour la détermination
L’éprouvette
du taux de restitution DCB (Double
d’énergie, ce typeCantilever
d’éprouvetteBeam),
présentegénéralement
un inconvénientutilisée pour
traduit par la détermination
III.1.3.
du taux Eprouvette
l’instabilité de
defissuration,
restitution Double
à effort
d’énergie, Cantilever
imposé, provoquant Beam
une rupture
ce type d’éprouvette brutale dès l’amorçage
présente de
un inconvénient traduit par
la fissure. Malgré cette instabilité, cette éprouvette est compatible à l’étude de la fissuration
l’instabilité de fissuration, à effort imposé, provoquant une rupture brutale dès l’amorçage de
L’éprouvette DCB (Double Cantilever Beam) a initialement été proposée par Chow [CHO 79]
du bois puisque son avancement est mené par les cernes.
la fissure. Malgré cette instabilité, cette éprouvette est compatible à l’étude de la fissuration
afindu de déterminer le mode d’ouverture de fissure. Cependant, cette éprouvette présente une
bois puisque son avancement est mené par les cernes.
fissuration instable induisant une rupture instantanée dès l’amorçage de fissure, dès lors que l’essai
est piloté en force. S’aidant des travaux précités, Dubois [DUB 97] a proposé l’éprouvette DCB à
inertie variable, Figure III.2.1 (a). L’objectif visé était d’observer et d’évaluer simultanément, sur le
même support géométrique, les propriétés viscoélastiques réduites et les paramètres de rupture lors
d’une propagation de fissure en mode d’ouverture due à un chargement en fluage.

30 Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
R

CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DET LA RUPTURE


(a) : éprouvette DCB

G (N/mm)
2.5

CHAPITRE III. STRATEGIE EXPERIMENTALE


2.0 Initiation de fissure

R 1.5
L

1.0
Stabilité Rupture par instabilité
0.5

R 0.0
30 40 50 60 70 80 90 100
T Longueur de fissure (mm)
(a) : éprouvette DCB (b) : Taux de restitution d’énergie

Figure III.1.3. Eprouvette DCB à inertie variable [DUB


G (N/mm) 02]
Figure III.2.1. Stabilité de l’éprouvette DCB [DUB 97] [DUB 02]
2.5
Cependant, cette éprouvette présente une fissuration instable induisant une rupture instantanée
De ce fait, la stabilité du taux de restitution d’énergie G est justifiée par l’observation d’une
2.0 Initiation de fissure dès l’amorçage de fissure, dès lors que l’essai est piloté en force. S’aidant des travaux précités,
plage de diminution de celui-ci en fonction Dubois
de la[DUB
longueur de02]fissure.
97] [DUB a proposé Dans uneDCB
l’éprouvette configuration
à inertie variable,en
Figure III.2.1 (a).
1.5 L’objectif visé était d’observer et d’évaluer simultanément, sur le même support géométrique, les
contrainte plane, Dubois [DUB 02] a montré que lors de la progression du front de fissure,
propriétés viscoélastiques réduites et les paramètres de rupture lors d’une propagation de fissure en
l’évolution
1.0 élastique de G pouvait être décritemode
par d’ouverture
trois zonesdue àdistinctes,
un chargementFigure
en [Link].2.1 (b):
De ce fait, la stabilité du taux de restitution
Stabilité Rupture par instabilité d’énergie G est justifiée par l’observation d’une plage de diminution de celui-ci en fonction de la
•0.5 Zone 1 : instabilité initiale qui correspondant à l’initiation de la propagation de la fissure.
longueur de fissure.

0.0 Une légère augmentation du taux de restitution d’énergie élastique est observée. Cette partie
30 40 50 60 70 80 90 100
permet de déterminer
Longueur dela valeur
fissure (mm) critique de G.
98 Thèse de Doctorat de Rostand MOUTOU PITTI
(b) : Taux de restitution d’énergie Soutenue le 15/10/2008

• Zone 2 : stabilité de la fissure ; une diminution du taux de restitution d’énergie élastique est
Figure III.2.1. Stabilité de l’éprouvette DCB [DUB 97] [DUB 02]
notée. Cette phase correspond à la stabilité de G durant le processus de propagation. Dans ce
$% instable induisant une rupture instantanée
Cependant, cette éprouvette présente une fissuration
cas, on note l’inéquation < 0. Pendant cette phase, seuls les effets du temps vont
dès l’amorçage de fissure, dès lors que l’essai est $&
piloté en force. S’aidant des travaux précités,
propager
Dubois [DUB 97] [DUB la
02]fissure
a proposélors d’uneDCB
l’éprouvette sollicitation en fluage.
à inertie variable, Les(a).caractéristiques
Figure III.2.1 viscoélastiques
L’objectif visé était d’observer et d’évaluer simultanément, sur le même support géométrique, les
seront ainsi clairement découplées des paramètres de fissuration.
propriétés viscoélastiques réduites et les paramètres de rupture lors d’une propagation de fissure en
mode d’ouverture due à un chargement en fluage. De ce fait, la stabilité du taux de restitution
• Zone 3 : instabilité de la propagation de fissure ; on assiste à une augmentation importante
d’énergie G est justifiée par l’observation d’une plage de diminution de celui-ci en fonction de la
longueur de de G conduisant
fissure. à la ruine du matériau.

III.1.4. Eprouvette CTS


98 L’éprouvette CTS (Compact SoutenueTension
le 15/10/2008 Shear) a initialement été développée par Richard [RIC 81]
Thèse de Doctorat de Rostand MOUTOU PITTI

dans le but d’obtenir une configuration polymodale dans les matériaux isotropes. Luo [LUO 03] l’a
utilisée pour déterminer l’évolution du front de fissure en mode mixte dans les polymères
(polymethyl methacrylate). Ma [MA 06] et Zhang [ZHA 92] ont utilisé cette géométrie pour
l’évaluation du mode mixte, respectivement dans les matériaux métalliques et ductiles. Caumes
[CAU 87] et Valentin [VAL 89] ont adapté cette géométrie aux matériaux à symétrie orthogonale
comme le bois, afin de générer une sollicitation en mode d’ouverture de fissure, en mode de

Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
31
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

cisaillement, ou une combinaison des deux (mode mixte), Figure III.2.2. L’éprouvette est contrainte
par deux bras en acier munis des trous de sollicitation où s’appliquent des forces symétriques
opposées P. La fissure est orientée dans le plan (R, L) et le taux de mixité est engendré par l’angle
β.CHAPITRE III. STRATEGIE EXPERIMENTALE

A proposed mixed-mode fracture specimen for wood under creep loadings 201

Fig. 8 Geometric definition


Figure III.2.2. Eprouvette CTS [VAL 89] [CAU 87]
Figure III.1.4. Eprouvette CTS.

III.2.2. Eprouvette à propagation stabilisée en mode mixte


III.1.5. Eprouvette 2MCG
En s’inspirant des géométries précédentes, l’objectif de ce paragraphe est de proposer une
nouvelle éprouvette appelée Mixed Mode Crack Growth (2MCG) garantissant la stabilité de la
L’objectif ici est de développer une éprouvette de propagation stable en mode mixte. Cette
fissure, donc une diminution de 1G et 2 G pour une plage de propagation donnée, dans une
géométrie
configuration deest
modeutilisée
mixte [MOUpour des08dessais
08c] [MOU ] [MOU 08de
h].
fissuration en fluage afin de séparer les effets de la
fissuration et du temps et quantifier de façon précise l’effet du temps seul sur la ruine des structures
III.2.2.1. Concept de l’éprouvette 2MGC
bois.
Afin La conception
de fixer numérique
les bras, cette fois-ci en PVC, unde l’éprouvette
talon est àbasée
inférieur a été ajouté surDCB
l’éprouvette la réponse instantanée stable de G,
initiale, Figure III.2.3. En effectuant un calcul éléments finis en mode simple d’ouverture de fissure,
c’est-à-dire sa diminution au cours de la propagation de fissure avant rupture totale. L’optimisation
les contraintes en traction perpendiculaire aux fibres (ou à l’axe d’orientation de la fissure) ont été
de l’éprouvette
représentées à la Figure
A proposed est effectuée
III.2.4.
mixed-mode specimen forconjointement
L’optimisation
fracture consiste,
wood under creepd’une par
loadingspart, éléments
à définir finis du
l’inertie variable (via l’intégrale
201 invariante M) et par
corps de l’éprouvette et à renforcer son raccordement avec les talons afin de concentrer les
les essais de fissuration par analyse d’image [MOU
Fig. 8 Geometric definition
roposed mixed-mode fracture specimen for wood under creep loadings 201
08].
contraintes de rupture, tant en mode I qu’en mode II, en pointe de fissure. La conception
. 8 Geometric definition géométrique est donc réalisée par éléments finis. Dans le processus élément finis, l’hypothèse des
contraintes planes a été retenue, avec une force unitaire de 1 N . Les constantes(c)élastiques du pinFdu ( β = 60° )
II + I

nord suivantes ont été utilisées : E L = 15000 MPa ; E R = 600 MPa ; G LR = 700 MPa . On remarque
FI ( β = 0° )
nettement que la concentration des contraintes varient entre 0,44 MPa et 0,55 MPa .FII ( β = 90° )
initial crack length

tightness t

FI ( β = 0° )
10mm
Thèse de Doctorat de Rostand MOUTOU PITTI
100
Fig. 9 Reducing of the crack growthSoutenue
path tightness
le 15/10/2008
FII ( β = 90° )
PVC Arcan
(a)
FII + I ( β = 60° )
G 1 and G 2 are energy release rate part for open and II + I F ( β = 60° )
shear modes, (b) respectively. G s1 and G s2 designate sepa- Fig. 10 MMCG specimen
I F ( β = 0° )
and its fixation
ration work rates for each fractureF mode. ( β = 60° )
κ is a phe- II F ( β = 90° )
II + I
nomenological coupling parameter. If we considerβ =G s initial crack length
3.3 Normalize energy release rate
F ( 0° )1
s
and G 2 as intrinsic material parameters, expressions
I
F ( β =tightness
II 90° ) t

(1)–(4) can be rewritten as follow initial crack length


I F ( β = 0° ) The optimized design of the geometry is based on the
10mm
tightness t
respect of crack growth stability, Eqs. (3) or (18), in
Fig. 9 Reducing of the crack growth path tightness
Phase of crack growth initiation:
F ( β = 0° ) f < 1 (16) an exploitable zone onF the ( β = 90crack
°) growth path. In this
Figure III.1.5. Eprouvette MMCG (c) ; dimensions (a) ; épaisseur pour la stabilité (b)
rate[MOU 15].
II
I PVC Arcan
10mm
case, evolutions of
F ( β = 60° )
the energy release or threshold
II + I
. 9 Reducing of the crack growth path tightness
Phase
G 1 of crack
and G 2 are propagation: f ≥ 1
energy release rate part for open and (17)F ( β = 90°) function can be interpreted as relative. In this case, let
G s1 and G s2 designate sepa-
II
shear modes, respectively. Fig. 10 MMCG specimen and its fixation
us consider the normalize energy release rate G̃ such as
PVC Arcan

ration work rates for each fracture mode. κ is a phe- F ( β = 60° )


∂f II + I

32
and G 2 are energy release
s
rateCrack
part
ear modes, respectively. G 1 and G 2 ands
forgrowth
open andcoupling
nomenological
designates
stability:
Fig.
f = 1Ifand
parameter.
10 MMCG
we consider
specimen and
< G0Cours
its
s
1
fixation
Mécanique
3.3(18)Normalize de
R. MOUTOU
la Rupture
energy release – MR2
G 1rate
G̃ 1 =PITTI 2 and G̃ 2 =
G2
(20)
G 2 assepa-
intrinsic material parameters, expressions ∂a 2
ion work rates for each fracture mode. (1)–(4) κ iscan
a phe-
be rewritten as follow (F/t)
The optimized design of the geometry is based on the (F/t)
menological coupling parameter. If we consider G s1 3.3 Normalize energy release ∂ f rate respect of crackThis growth stability, Eqs. (3)canor (18), in
Crack growth normalize form be generalized for the thresh-
d G s2 as intrinsic material parameters, Phase of crackinstability:
expressions growth initiation: f >f <1 1and (16) > 0 an(19) exploitable zone on the crack growth path. In this
∂a old function as follow
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

L’éprouvette MMCG (Mixed Mode Crack Growth) est un compromis entre les éprouvettes DCB
et CTS afin d'obtenir différents taux de mixité pour une propagation stable de la fissure. La
conception de la géométrie est assurée par la méthode des éléments finis en recherchant une
diminution du taux de restitution d’énergie G pendant la propagation via l’équation (III.3.2). Après
plusieurs essais expérimentaux, il a été constaté que pour des taux de mixités supérieures à 60°, il
survenait systématiquement une rupture brutale au niveau des congés de raccordements. Dans ce
cas, l’épaisseur de l’éprouvette a été réduite conformément à la Figure III.1.5 (b). Finalement,
l’éprouvette MMCG incorporant son système Arcan est présentée à la Figure III.1.5 (c).

III.2. Méthodes expérimentales en mécanique de la rupture


Cette partie propose les outils généralement utilisés pour évaluer les paramètres de rupture. On
suppose, pour cela, que les concepts utilisés sont appliqués dans le cas d’une rupture fragile, c’est-à-
dire que celle-ci se produit sous déformations permanentes appréciables avec une zone plastique de
taille réduite [MOU 15] [MOU 08].

III.2.1. Méthode destructives

III.2.1.1. Méthode énergétique semi-expérimentale


Il est également possible de relier G à la variation totale de l’énergie totale du système en
utilisant cette expression :
* & +*(&+-&)
!= (III.2.1)
/∆&

Figure III.2.1. Relation entre G e la variation de l’énergie

Sur la courbe force-déplacement ci-contre, OA correspond à l’énergie 1 2 produisant une


fissure de longueur 2, et OC à l’énergie W a + da engendrant une fissure de longueur 2 + 72.
!72 représente l’aire située dans le triangle OAC pour un essai effectué à déplacement imposée ou
dans le triangle OAB pour un pilotage en charge imposé. Le terme 872 représente l’épaisseur de
l’éprouvette multipliée par la longueur de la fissure.

Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
33
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

III.2.1.2. Méthode de la complaisance


Le taux de restitution d’énergie critique !9 est obtenu par la méthode de la complaisance en
L’éprouvette 2MGC (Mixed Mode Crack Growth) : c’est l’éprouvette utilisée lors de
déplacement imposé de la manière suivante :
l’essai de fissuration. Elle a été proposée par Moutou [5] et elle sera détaillée dans le chapitre
: ;
suivant. :
!9 = < (III.2.2)
;/ 9 ;/ -
Au niveau expérimental, la localisation de la pointe de fissure, la répartition des champs de
Avec <9 la force critique induisant la longueur de fissure 2, b l’épaisseur de l’éprouvette et = =
déplacement et de déformation peuvent être caractérisées au moyen des techniques de mesure
>
ladecomplaisance obtenue
champs sans contact qui sontendevenues
déplacement
de plus enimposé, avec
plus fiables vu leUdéveloppement
le déplacement
du imposé. Cette dernière
?
matériel optique. Ces méthodes de mesure sont décrites au cours de la prochaine partie.
représente le déplacement des points d’application de la charge divisée par la force appliquée.
I.3. Méthodes de mesure de champs sans contact
III.2.2. Méthode de mesure de champ sans contact
Plusieurs techniques de mesure de champs sans contact on été utilisées. Le tableau ci-
Plusieurs techniques de mesure de champs sans contact on été utilisées. Le tableau ci- dessous
dessous résume les principales méthodes optiques développées.
résume les principales méthodes optiques développées.

Mesure de Mesure de Mesure de Mesure de Mesure de


déplacements déformations déplacements déplacements et contraintes
surfaciques surfaciques hors plan : déformations
tridimensionnelles
Suivi de Suivi de Moiré Corrélation Photoélasticimétrie
marqueurs marqueurs d’ombre d’mages 3D bidimensionnelle
Corrélation Corrélation Moiré de
d’image d’image projection Photoélasticimétrie
tridimensionnelle
Grille Grille Interférométrie

Granularité
laser

Méthodes optiques de mesure de champs


Figure III.2.2. Méthodes optiques de mesure de champs
I.3.1. Méthode de suivi de marqueurs
III.2.2.1. Méthode de suivi de marqueurs
Cette méthode consiste à suivre n marqueurs, situés en surface de la pièce étudiée, au
Cette
donne laméthode consiste
déformation dans laàdirection
suivre ndesmarqueurs, situés en
taches. L’analyse de surface
n taches de la pièce
permet
cours du chargement. L’acquisition des images se fait par caméra vidéo. Le calcul est réalisé
étudiée,
d’obtenir un au cours du
champ de déformations.
chargement. L’acquisition
automatiquement des images
par un ordinateur. Le suivise
defait par caméra
4 taches vidéo. le
permet d’obtenir tenseur des
déformations surfaciques (xx, yy, xy) et le tenseur des déformations principales (1, 2) en
considérant que les déformations sont homogènes sur la base de mesure. L’étude de 2 taches

Figure III.2.3. Méthode de suivi de marqueurs


Figure 18. Méthode de suivi de marqueurs [11]

I.3.2. Méthode de corrélation d’imagesCours Mécanique de la Rupture – MR2


34 R. MOUTOU PITTI

Le principe de cette méthode repose sur le principe de suivre une série de motifs aléatoires
champ de déformations.

CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

Le calcul est réalisé automatiquement par un ordinateur. Le suivi de 4 taches permet d’obtenir le
tenseur des déformations surfaciques (xx, yy, xy) et le tenseur des déformations principales (1,2) en
considérant que les déformations sont homogènes sur la base de mesure. L’étude de 2 taches donne
la déformation dans la direction des taches. L’analyse de n taches permet d’obtenir un champ de
déformations.

III.2.2.2. Corrélation d’images


La technique de corrélation d'images est une méthode optique sans contact de mesure de champs
Figure 18. Méthode de suivi de marqueurs [11]
cinématiques. Cette méthode offre la possibilité de déterminer les champs de déplacements et de
déformations ende
I.3.2. Méthode tout point de la
corrélation surface des objets, basée sur la comparaison de deux images prises
d’images
à différents pas de chargement, l'une dite de référence, l'autre correspond à l'état déformé. De façon
Le principe de cette méthode repose sur le principe de suivre une série de motifs aléatoires
explicite, la corrélation consiste à rechercher le degré de ressemblance entre les deux images. Elle
(champ de granularité) grâce à des corrélations numériques d’images. Ces images sont
doit donc « reconnaître » un même motif d'une image à l'autre et de l’utiliser comme un « marqueur
enregistrées, au cours du chargement, par une caméra. L’aspect de champ de granularité en
» d’un sous ensemble de cette image. Les principes avantages de la corrélation d’images
surface de la pièce étudiée est obtenu, si ce n’est pas naturellement, en projetant avec une
numériques sont les suivants : préparation rapide de l’éprouvette ; luminosité blanche ; précision de
bombe de peinture des gouttes noires ou blanches en surface par exemple.
la mesure ; rapidité et sensibilité.

Figure III.2.4. Prince de la méthode de corrélation d’images


Figure 19. Principe de la méthode de corrélation d’images [11]
III.2.2.3. Méthode de granularité laser
Lorsqu’un faisceau Laser éclaire une surface rugueuse, chaque point de la surface diffuse la
lumière et devient une source lumineuse. La méthode consiste à enregistrer sur un même film
photographique de haute densité les taches de granularité avant et après sollicitation de la pièce.
L’analyse de ce cliché par diffraction d’un faisceau laser donne une série de franges parallèles dont
le pas et l’inclinaison permettent d’accéder aux composantes dans le plan du déplacement.

Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
35
La méthode consiste à enregistrer sur un même film photographique de haute densité les
taches de granularité avant et après sollicitation de la pièce. L’analyse de ce cliché par
diffraction
CHAPITRE d’un
III. M faisceau
ETHODES laser donne EN
DE RESOLUTION uneMECANIQUE
série de franges
DE LA parallèles
RUPTURE dont le pas et l’inclinaison

permettent d’accéder aux composantes dans le plan du déplacement.

Figure III.2.5. Granularité


(a) laser : dispositifs d’enregistrement (a) et de (b)
dépouillement (b).

III.2.2.4.
Figure Méthode de ladegrille
20. Méthode granularité laser ; dispositif d’enregistrement (a) et dispositif de
dépouillement
La méthode de (b)la[11]
grille repose sur un codage périodique de la surface étudiée. Ce codage est plus
souvent composédedela lignes
I.3.4. Méthode grille unidirectionnelles ou croisées, Figure III.2.6. Elle consiste à suivre le
déplacement des lignes de la grille qui est solidaire de l’éprouvette testée ce suivi s’effectue en
La méthode des grilles permet de mesurer des déplacements dans le plan de l’objet. Elle
pratique avec une caméra numérique. La grille est supposée parfaitement collée à la surface ce qui
repose sur un motif périodique transféré sur la surface de l’objet à étudier. Ce motif est le plus
nous permet de supposer que la grille suive fidèlement les déplacements et les déformations du
souvent composé de lignes unidirectionnelles ou croisées. C'est une technique en lumière
substrat sur lequel elle est déposée. Sauf que dans le cas du bois, la procédure de collage de la grille
blanche.
sur l’éprouvette à contrôler est difficile à réaliser donc cette méthode n’est pas adaptée à notre
matériau, c’estl’objet
Lorsque pour secela que c’est
déforme, nécessaire
on suppose que de
la faire
grille appel
suit la àmême
une autre méthode
déformation quedelamesure pour
surface. La
poursuivre lesméthode consiste de
déplacements à suivre le déplacement
la surface des lignes
de la rondelle de laau
en bois grille
coursquide
estson
solidaire de [BAD 09].
séchage
l'éprouvette testée. Ce suivi s'effectue en pratique avec une caméra numérique.

Figure III.2.6. Méthode de la grille


Figure[BAD 09]
21. Méthode de la grille [11]

III.3. Méthodes numériques par éléments finis


Conclusion
Dans ce paragraphe, nousCe chapitre
allons introductif
rappeler a consisté à numériques
les formulations synthétiser trois
despoints essentiels
intégrales : La structure et le
invariantes
comportement bois, qui est un matériau viscoélastique linéaire orthotrope. Dans tout ce qui
permettant de calculer les paramètres (facteur d’intensité de contrainte et taux de restitution
suit, on négligera l’effet visqueux et assimilera le comportement du bois à un comportement
d’énergie en mode mixte ou non) de fissuration loin de la perturbation introduite par la singularité
élastique linéaire orthotrope car notre échantillon est en bois sec, la formulation de la
en pointe de fissure. Les expressions analytiques des intégrales J, G, Gθ, M, Mθ, T et A vont être
mécanique de la rupture et des concepts de prédiction de l’évolution de l’avancement de la
fissure et la description des différentes méthodes optiques qui existent dans la littérature
36 permettantCours Mécaniqueles
de mesurer de lachamps
Rupture –de
R. MOUTOU PITTI
MR2
déplacement.
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

rappelées en vue d’une implémentation dans un code par élément finis. Quelques résultats
numériques seront rappelés.

III.3.1. Formulation analytique des intégrales invariantes


Plusieurs formulations analytiques permettant de résoudre les problèmes de fissuration existes
dans la littérature. On peut citer la résolution de Westergaard, la résolution par l’expansion de
Williams at la résolution par l’analyse de Mushkelishvili. Ces méthodes sont largement exposées
dans les ouvrages de Mécanique de la rupture classique. Toutefois, afin de proposer des exemples
de résolutions numériques par éléments finis, les méthodes proposées dans ce cours repose sur des
lois de conservations énergétiques [MOU 15] et des intégrales indépendantes.

III.3.1.1. Intégrale de Rice

Considérons un contour curviligne Γ incluant la pointe de fissure orientée par la normale A de


composante AB , Figure III.3.1 (b). Dans ce cas, en élasticité linéaire, pour des configurations planes
et des fissures statiques, l’énergie susceptible de créer de nouvelles surfaces de fissures en pointe
fissure est définie par l’intégrale de Rice [RIC 68] suivante

$HI
C= L
< ∙ A: − FGB ∙ AB ∙ dΓ (III.3.1)
$JK

(a) (b) (c)

Figure III.3.1. (a) : Domaine d’intégration S et champ θ. (b) : Pression sur les lèvres et chargements
extérieurs. (c) : contour linéique et vecteur normal

III.3.1.2. Intégrale !"


L’intégrale J est définie sur un contour curviligne qui englobe la pointe de fissure. Or, pour les
besoins d’implémentation dans un code de calcul et afin d’assurer la continuité du domaine, il est
préférable de définir cette expression sur un contour surfacique évitant ainsi des projections de
champ, sources d’erreurs numériques. Destunyder et al. [DES 81] ont défini un champ ", continu et
dérivable à l’intérieur (": = 1) et à l’extérieur (": = 0) du domaine, Figure III.3.1 (a). Ce champ

Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
37
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

doit respecter certaines propriétés rappelées par Moutou Pitti [MOU 08] ; ainsi, le taux de
restitution d’énergie peut être exprimé de la manière suivante :

!" = T
< ∙ "O,O − FGB RG,O ∙ "O dS avec X ∈ 1,2 (III.3.2)
Si les intégrales J et !" permettent de déterminer un invariant aboutissant à l’état mécanique au
voisinage de la fissure, elles opèrent un calcul énergétique global indépendant de la mixité des
modes de rupture. C’est pour cette raison que ces intégrales sont employées uniquement pour des
cinétiques d’ouverture de fissure ou de cisaillement « pure ».

III.3.1.3. Intégrale M et #"


Afin de séparer les modes mixtes de rupture, Chen et Shield [CHE 77] ont proposé une intégrale
indépendante du domaine considéré appelée M :

: ([) (H)
#= FGB,: ∙ RG − FGB \G,: AB dΓ avec (III.3.3)
; L

(H) ([)
FGB et FGB sont respectivement les contraintes induites par les déplacements réels R et virtuels ou
auxiliaires \. La particularité de l’intégrale M réside dans la combinaison conjointe des champs de
déplacements R et virtuels \ cinématiquement admissibles. Comme pour l’intégrale J, M est définie
sur un contour curviligne, on lui préfère, comme au paragraphe précédent, l’intégrale #" [DES 83],
définit sur un contour surfacique contenant la pointe de fissure, de la forme suivante

:
#" = FGBH ∙ \G,O − FGB[ ∙ RG ∙ "O,B dS (III.3.4)
; T

III.3.1.4. Intégrale T et A

Intégrale T et A en configuration statique


Dans une configuration tridimensionnelle, supposons un domaine Ω muni d’une fissure rectiligne
de longueur initiale 2, soumis à des charges normales σ_ et tangentielles τ_ appliquées loin de la
pointe de fissure afin d’obéir à la définition des méthodes énergétiques. En plus, on suppose que les
lèvres de la fissure sont soumises à des forces F: et F; , Figure III.3.1 (b). Selon les hypothèses de
configuration Eulérienne, Lagrangienne couplées aux lois de conservations énergétiques, l’intégrale
T prend la forme suivante [MOU 10]

: [ : :
b= L ;
FGB,O RG − FGBH \G,O AB 7Γ − L ;
cG dGB \G,BO ∆b,B AB 7Γ + h ;
e \:,: − f \;,: 7g: (III.3.5)

La première intégrale de l’équation (III.3.5) définie la forme classique de l’intégrale M, équation


(III.3.3), pour des fissures supposées statiques ; la seconde intégrale représente les effets de

38 Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

variation de la température (ou de l’humidité) ∆b. Le troisième terme traduit l’effet de la pression
sur les lèvres de la fissure introduite par les paramètres e et f appliqués perpendiculairement aux
lèvres de la fissure de longueur totale i = jk: + jl: conformément à la Figure III.3.1 (a).

Pour des facilitées d’implémentations numériques, il est préférable de définir l’intégral T sur un
contour surfacique et non curviligne comme pour l’intégrale M. Pour résoudre ce problème, le
contour curviligne introduit par Γ dans l’équation (III.3.5) est remplacé par un domaine surfacique
représenté par le vecteur " obéissant à certaines règles mathématiques rappelées à la Figure III.3.1
(a). Ainsi, en appliquant le théorème Gauss-Ostrogradsky à l’équation (III.3.5) on obtient la forme
analytique de l’intégrale A définie sur un contour surfacique.

: [ : :
k= n ;
FGB,O RG − FGBH \G,O "O,B 7S − n ;
opG dGB \G,BO ∆b,B "O,B 7S + <
h ; G
\G,B "B 7g: (III.3.6)

Dans l’expression précédente, <: = e et <; = f sont les valeurs appliquées sur la lèvre supérieure,
<: = −e et <; = −f sur la lèvre inférieure.

Intégrale A en propagation de fissure

Pour une propagation unitaire de la fissure, après application du théorème de Green à l’équation
(III.3.6) et en se référant aux mêmes définitions que précédemment pour un domaine surfacique,
l’intégrale A prend la forme suivante

: [ :
kq = r
− FGB,O RG − FGBH \G,O AB 7Γ − L ;
cG dGB \G,BO ∆b,B AB 7Γ
;
:
+ h ;
e \:,: − f \;,: 7g:
[
− r
FGB,O RG,B + FGBH \G,B + cG dGB RG,BO + cG dGB \G,BO "O 7V (III.3.7)

L’équation précédente se distingue de l’équation (III.3.6) par le dernier terme de l’intégrale qui
introduit une propagation de la fissure lors d’une variation unitaire de celle-ci.

Interprétation physique de l’intégrale A


En élasticité linéaire, en considérant des champs de déplacements réels u et virtuels v,
cinématiquement admissibles, on s’accorde sur l’interprétation suivante, si les champs virtuels sont
nuls dans un cas isotherme

#" = # R, \ = C = ! = k (III.3.8)

k représente le pseudo potentiel d’énergie dissipée lors du pas d’avancement de la pointe de fissure
en présence de champs thermiques ou hydriques. Grâce au principe de superposition, on écrit la
relation suivante

Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
39
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

tuv ∙tuw v w
tuu ∙tuu | tuw }:, tuu
w
}~ | tuw }~, tuu
w
}:
k = =: + =; et yzH = 8 ; yzzH = 8 (III.3.9)
x x 9K 9Ä

=: et =; sont les complaisances élastiques réduites en mode I et en mode II. Pour des symétries
orthotropes, leurs expressions sont données par [MOU 07] [MOU 15]. Ainsi, le parfait découpage
des modes mixtes de rupture est obtenu en effectuant deux calculs distincts des FIC réels yzH et yzzH
via le choix des valeurs particulières des FIC virtuels yz[ et yzz[ . Les taux de restitution d’énergie en
mode I et II, notés !z et !zz , sont finalement obtenus grâce aux expressions suivantes
Ä Ä
tuv v
tuu
!z + !zz = =: + =; (III.3.10)
x x

III.3.1.5. Modèles cohésifs


L’ambition des modèles cohésifs est de représenter l’évolution des surfaces d’endommagement
et/ou de rupture d’un solide en 2D ou 3D, initialement sain ou déjà̀ partiellement fissuré, soumis à
une gamme de sollicitations très large (mode mixte, chargements cycliques, thermiques...) en
régime quasi-statique ou dynamique pour un matériau présentant ou non des non linéarités dans son
comportement (élasticité́ , plasticité́ , viscosité́ , ...). Cette ambition est toutefois limitée, pour
l’instant, à une évolution des surfaces dont la direction est connue a priori. Cette approche,
largement développée dans la littérature ces dernières années, est attractive pour décrire les
phénomènes de fissuration [COU 13]. Elle est intermédiaire entre les critères d’amorçage (taux de
restitution d’énergie ou critères en contrainte) et la mécanique continue de l’endommagement.
Lorsque la localisation géométrique des fissures potentielles est connue, elle fournit un cadre sûr et
robuste pour prédire la cinétique de propagation.

III.3.2. Quelques validations numériques


L’expression analytique de l’intégrale M (ou A) est implémentée dans le logiciel Cast3m. Afin
d'illustrer la précision des résultats numériques, il a d'abord été décidé de traiter les cas de matériau
isotrope avec un module d’Young Å = 20000 72Ç ÉÉ; , un coefficient de Poisson Ñ = 0,3 et un
coefficient de dilation thermique Ü = 5.10âä °= â: . Ce choix est justifié par la nécessité de valider
chaque terme de l’intégrale M. Afin de valider les résultats obtenus dans l'étude actuelle, les FIC et
les taux de restitution d’énergie, sont comparés aux solutions analytiques tirées de la littérature.

III.3.2.1. Validation en mode I pour les milieux isotropes

La première validation est effectuée sur une plaque rectangulaire en acier (2i = 400 ÉÉ, 2å =
1200 ÉÉ) munie d’une fissure centrale (22 = 200 ÉÉ) soumise à une contrainte de traction
infinie d’intensité F = 1 72Ç ÉÉ; comme décrit à la Figure III.3.2 (a). L’objectif de ce problème

40 Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

simple est d'étudier l'exactitude du premier terme de l'intégrale M ou A et son indépendance vis-à-
vis du domaine d’intégration numérique introduit par le champ ". Pour des raisons de la symétrie,
seulement une moitié de la plaque est modélisée. Les Figure III.3.2 (b) et (c) illustrent
respectivement le maillage éléments finis et la déformation de la plaque suite à la charge appliquée.
En outre, afin d'avoir une bonne précision sur le calcul des champs mécaniques, un maillage raffiné
est adopté au voisinage de la pointe de fissure.

Les analyses numériques ont été réalisées avec l’hypothèse de contrainte plane. Les conditions
limites en déplacements sont introduites de tel sorte que R; = 0 pour le point A localisé sur le
milieu du bord gauche de la plaque rectangulaire, et R: = R; = 0 pour le point B au milieu du côté
droit, Figure III.3.2 (a). Compte tenu des conditions limites et du chargement imposé, seul le mode
d’ouverture de fissure est prédominant tel que confirmé par la déformation de la plaque représentée
à la Figure III.3.2 (c).

Comme résultats, nous nous intéressons à la convergence du taux de restitution d'énergie !z


exprimé par les équations (III.3.11) en configuration isotrope.

Figure III.3.2. Plaque rectangulaire avec fissure centrale soumise à une contrainte de traction infinie (a) -
Géométrie et charges, (b) – Maillage éléments finis, (c) – Maillage déformé

La Figure III.3.3 (a) présente l’évolution !z en fonction de la taille du domaine intégration définie à
la Figure III.3.1.

Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
41
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

Figure III.3.3. (a) - Indépendance du domaine d’intégration. (b) - K: analytique et numérique

Comme on peut l’observer, l’indépendance du domaine est assurée puisque la stabilité est vérifiée à
partir de la troisième couronne. Les perturbations observées entre les couronnes 1 ou 3 sont dues à
la singularité introduite par la pointe de fissure. Ce résultat vérifie et valide l’indépendance du
domaine d’intégration et la véracité du modèle numérique proposé quant à l’évaluation des modes
mixtes de rupture en configuration statique. En effet, comme le montre la Figure III.3.3 (b), la
valeur numérique du FIC, est en concordance avec la solution de référence définie par l'équation
(III.3.11) au regard de la faible erreur relative qui n’excède pas 3,4%.

è è Ä
:â~.é +~.ë;ä
ê ê
yz = F è
í2 (III.3.11)

ê

III.3.2.2. Validation en mode mixte pour les milieux isotropes

Le second exemple propose la plaque rectangulaire précédente (2L = 50 mm, 2H = 100 mm)
avec une fissure centrale inclinée (2a = 200 mm), soumise à une contrainte de traction d’intensité
F = 1 MPa, Figure III.3.4 (a). Le but de ce problème est d'évaluer la capacité de l'intégral A à
séparer la contribution de chaque mode de rupture, à savoir le mode d’ouverture et de cisaillement
dans le cas d'une configuration bidimensionnelle.

42 Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

Figure III.3.4. Plaque rectangulaire avec une fissure centrale inclinée soumise à une contrainte de traction
(a) – Géométrie et chargement, (b) – Maillage éléments finis, (c) – Maillage déformé.

En effet, en raison de l'inclinaison de la fissure par rapport à la direction de la charge appliquée,


la fissure se propage en mode mixte au regard de la forme de la déformation de la plaque
représentée à la Figure III.3.4 (c). Dans cette étude, les FIC mixtes sont évalués. Ainsi, un modèle
est implanté dans le logiciel par éléments finis Cast3m. Comme on peut le voir sur la Figure III.3.4
(b), le maillage éléments finis exige 4554 nœuds et 2106 éléments quadratiques à 6 nœuds.

Figure III.3.5. Effet de l’angle θ sur : (a) - la part du mode I K ò ; (b) et la part du mode II K òò

L'analyse numérique est réalisée suivant l’hypothèse de contrainte plane, avec les conditions
limites en déplacements suivantes : u; = 0 pour le point A, et u: = u; = 0 pour le point B. On
s’intéresse à l'étude de l'effet de l'angle d'inclinaison θ sur les FIC mixtes yz et yzz . Ainsi, les
Figures III.3.5 (a) et (b) comparent les estimations numériques de yò et yòò à la solution analytique
donnée par Kitagawa et al. [KIT 77]. On remarque que les résultats numériques sont en accord avec
la solution de référence, ce qui confirme une fois de plus la précision de l'approche proposée dans le
cas d’une configuration en mode mixte de rupture en milieu isotrope.

Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
43
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

III.4. Conclusion
Ce chapitre a présenté quelques méthodes de calcul des structures fissurées par les méthodes
expérimentales et numériques. Les méthodes énergiques introduites par les intégrales invariantes
ont été rappelées. Quelques résultats numériques de calcul du taux de restitution d’énergie et des
facteurs d’intensité de contrainte par éléments finis sont présentés pour des structure isotropes
comme l’acier. Il conviendra de rappeler que des exemples et des applications numériques existes
pour les matériaux orthotropes comme le bois [MOU 16a] [MOU 16b].

III.5. Références
[BAD 09] Badulescu C., Grédiac M. and Mathias J.-D. Investigation of the grid method for accurate in-plane
strain measurement. Measurement Science and Technology, Vol. 20, N° 9, 2009, article number 095102
[CAU 87] Caumes P. « Rupture d’un matériau anisotrope en conditions polymodales (le bois) », Thèse de
l’Université Bordeaux I, 1987, 128 p.
[CHE 77] Chen F.H.K., Shield R.T. « Conservation laws in elasticity of the J-integral type », Journal of
Applied Mechanics and Physics, Vol. 28, No 1, 1977, pp.1-22.
[CHO 79] Chow C.L., Woo C.W. Orthotropic and mixed mode fracture in wood. In: Proceed.
1stInternational Conference of Wood Fracture, Vancouver: 39-52, 1979.
[COU 13] Coureau JL, Morel S, Dourado [Link] zone model and quasibrittle failure of wood: A new
light on the adapted specimen geometries for fracture tests. Engineering Fracture Mechanics, Vol. 109, 2013,
pp. 328-340.
[DES 81] Destuynder PH., Djaoua M. Sur une interprétation mathématique de l’intégrale de Rice en théorie
de la rupture fragile. Mathematical Methods in the Applied Sciences, Vol. 3, 1981, pp. 70-87.
[DUB 97] Dubois F. « Modélisation du comportement mécanique des milieux viscoélastiques fissurés :
Application au matériau bois », Thèse doctorale de l’Université de Limoges, 1997, 149 p.
[DUB 02] Dubois F., Chazal C., Petit C. « Viscoelastic crack growth process in wood timbers: An approach
by the finite element method for mode I fracture », International Journal of Fracture, Vol. 113, No 4, 2002,
pp. 367-388.
[KIT 77] Kitagawa H, Yuuki R. Analysis of arbitrary shaped crack in a finite plate using conformal
mapping, 1st report – construction of analysis procedure and its applicability. Trans. Japan Soc. Mech.
Engrs. Vol. 43, N°376, 1977, pp. 4354-4362.
[LUO 03] Luo P-F., Huang FC. «An experimental study on the mixed-mode crack tip deformation fields in
polymethyl methacrylate », J. Strain Analysis, Vol. 38, No. 4, 2003.
[MA 06] Ma S., Zhang X.B., Recho N., Li J. « The mixed-mode investigation of the fatigue crack in CTS
metallic specimen », International Journal of Fatigue, Vol. 28, 2006, pp. 1780-1790.
[MOU 15] Moutou Pitti R., Dubois F., Sauvat N., Petit C., « Fissurataion et comportement mécanique
couplé : application au bois et aux composites », Habilitation à diriger des Recherches, Clermont-Ferrand,15
juillet 2015
[MOU 10] Moutou Pitti R., Dubois F., Petit C. Generalization of T and A integrals to time dependent
materials: analytical formulations. Int J Fract. 161(2), 187-198, 2010.
[MOU 16a] Hassen R., Moutou Pitti R., Dubois F., Chateauneuf A. Mixed-mode fracture analysis combining
mechanical, thermal and hydrological effects in an isotropic and orthotropic material by means of invariant
integrals. Theoretical and Applied Fracture Mechanics, Vol. 85,Part B, pp. 424-434.
[MOU 16b] Eddine Hamdi S.E., Moutou Pitti R., Dubois F., Temperature variation effect on crack growth in

44 Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
CHAPITRE III. METHODES DE RESOLUTION EN MECANIQUE DE LA RUPTURE

orthotropic medium: Finite element formulation for the viscoelastic behavior in thermal cracked wood-based
materials. International Journal of Solids and Structures. In Press. 2016.
[Link]
[RIC 81] Richard HA. « A new compact shear specimen », International Journal of Fracture, Vol. 17, No 5,
1981, pp. R105-R107.
[RIC 68] Rice J.R. «A path independent integral and the approximate analysis of strain concentrations by
notches and cracks », Journal of Applied Mechanics, Vol. 35, 1968, pp. 379- 385.
[ROO 76] Rooke D.P, Cartwright D.J. Compendium of Stress Intensity Factors. 1976, HMSO
[ZHA 92] Zhang X. « Etude numérique de la propagation des fissures par la mécanique de la rupture »,
Thèse de l’université Blaise Pascal, Clermont-Fd, 1992, DU. 447.

Cours Mécanique de la Rupture – MR2


R. MOUTOU PITTI
45
MR2

TRAVAUX DIRIGES DE MECANIQUE DE RUPTURE LINEAIRE

Exercice 1. Contraintes principales en pointe de fissure en mode I

La distribution des contraintes à la pointe d’une fissure en mode I est donnée par les relations
suivantes (voire figure 1):
$% , , 3,
!"" = )*+ 1 + +/0 +/0
2'( 2 2 2

$% , , 3,
!22 = )*+ 1 − +/0 +/0
2'( 2 2 2
$% , , 3,
42" = )*+ +/0 )*+
2'( 2 2 2

r
q

Figure 1 : Notations polaires en pointes de fissure

Il existe en outre, les conditions particulières suivantes (avec 5 = 0,3 le coefficient de Poisson) :

• En déformations planes : !88 = 5(!22 + !"" )


• En contraintes planes : 4"8 = 482 = ;88 = 0 et !88 = !< = 0
Les contraintes principales sont données par :

!= ?@@ A?BB ?@@ D?BB > >


• Contraintes principales : ! = ± + 42"
> > >

Calculer les contraintes principales != , !> , !< pour les quatre directions suivantes : , =
0°, 30°, 45° et 90° à la fois en déformation plane et en contrainte plane. Représenter dans un repère
l’évolution des contraintes (!= et !> ) et !< en fonction des directions choisies.

Rappels : il existe des conditions sur !< en fonction de l’état de contraintes

1
Exercice 2 : Facteurs d’intensité de contraintes par la méthode de Green

2.1 Mode I : cas d’une poutre soumise à une fissure centrale

On considère une fissure de longueur 2L située symétriquement de part et d’autre de l’axe neutre
d’une poutre en flexion, Figure 2. Celle-ci est soumise à une flexion circulaire sous l’effet d’un
moment fléchissant M.

Le matériau a un comportement mécanique linéaire élastique et la hauteur de la poutre est grande vis-
à-vis de la taille de la fissure.

On demande de calculer le facteur d’intensité de contrainte en mode I à l’aide de la formule de Green.


Représenter graphiquement l’évolution du facteur d’intensité de contrainte en mode I en fonction de la
longueur de fissure, $% = N(L).

Rappel :

• Formule de Green en mode I :

= P PA2
$% = ∙ !
DP ""
RS
OP PD2

• Contrainte de flexion :
MS
!"" (S) = 12 ∙
T ∙ ℎ<
M est le moment fléchissant et x la distance à l’axe neutre.

Données du problème :

• Longueur de fissure 2L = 0,08 WW


• Moment fléchissant M = 1 X. W
• Epaisseur de la poutre T = 0,05 W
• Hauteur de la poutre ℎ = 0,2 W

Figure 2 : structure en flexion-traction avec charges reparties :

2
2.2 Mode 2 : cas d’une poutre en I fissurée en porte à faux

On considère une poutre encastrée à une extrémité et soumise à l’autre extrémité libre à une charge P,
Figure 3.

En utilisant la formule de Green, calculer le facteur d’intensité de contraintes en mode II d’une fissure
de longueur 2L située au centre. Représenter graphiquement l’évolution du facteur d’intensité de
contrainte en mode II en fonction de la longueur de fissure, $%% = N(L).

Données du problème :

• épaisseur de la poutre Z = 0,05 W


• longueur de fissure 2L = Z
• longueur de la poutre [ = 24 Z
• largeur des ailes \ = [/2
• hauteur de la poutre ℎ = 20 Z
• épaisseur des ailes Z^ = [/6

Rappel :

• Formule de Green en mode II :


= P PA2
$%% = ∙ 4
DP 2"
(S) RS
OP PD2

• Formule de la cission dans une poutre en flexion


`. a
4=
b. T
` = c : effort tranchant,
a = 402 Z < : moment statique de la section
b = 6416 Z d : moment d’inertie
T = Z : épaisseur de la poutre

Figure 3 : Poutre encastrée fissurée soumise à une charge ponctuelle

3
Exercice 3. Calcul des ténacités apparentes d’un matériau

On réalise sur une plaque en acier à fissure centrale une traction jusqu’à rupture. La géométrie de cette
plaque est donnée dans la figure 4 :

Figure 4 : Plaque en acier fissurée soumise à la traction

On enregistre au cours de l’essai le diagramme charge déplacement reporté dans la figure 5. Ce


diagramme peut être représenté par une équation de la forme :

R = e. c + $ f . e. c gf

Figure 5: Diagramme charge-déplacement

On détermine alors la charge critique ch . La complaisance de cette éprouvette varie avec le rapport
L/\ selon la relation suivante :

L L L > L <
e = 4,930. 10D=i − 1,770. 10Dk + 8,930. 10D== + 6,092. 10Dk
\ \ \ \
Cette évolution est représentée dans la figure 6 :

4
Figure 6 : Complaisance en fonction du rapport a/W

On demande de :

1. Calculer la ténacité apparente selon les méthodes de :


Allen, la norme AFNOR, Jones, Irwin, Dugdale, Heald, Spink et Worthington. Il faudra
rechercher l’ensemble de ces formules dans la littérature.
2. Comparer ces valeurs entre-elles et conclure ?
Données du problème :

• hauteur de la plaque 2ℎ = 0,4 W


• épaisseur de la plaque T = 0,005 W
• largeur des ailes 2\ = 0,4 W
• longueur de la fissure 2L = 0,2 W
• limite d’élasticité lm = 518 McL
• module de Young n = 210 ocL
• Coefficient k’ $′ = 4,3. 10q
• Coefficient n’ 0′ = 3
• Complaisance initiale e = 3,9. 10D=i W/X
• Charge critique ch = 3,6. 10r X
P
• Correction de géométrie s? ( ) = 1,26
t

Formules recherchées :

5
Exercice 4. Calcul du taux de restitution d’énergie par la méthode de la complaisance

On réalise des essais de détermination de la ténacité du bois sur des éprouvettes DCB à inertie
constante de bois d’épicéa dont la géométrie et les dimensions sont données dans la figure 7.

Figure 7 : Courbe Force-déplacement du bois d’épicéa

Pour cela on mesure la courbe charge déplacement sur plusieurs éprouvettes possédant des entailles de
longueurs différentes. On détermine la variation de la complaisance en fonction de cette longueur
d’entaille que l’on lisse ensuite par une fonction polynomiale de degré 3 de la forme suivante :

e = N L = ui + u= L + u> L > + u< L <

On réalise un essai jusqu’à la rupture totale et on enregistre alors la courbe charge déplacement de la
figure 8 suivante :

Figure 8 : Courbe Force-déplacement du bois d’épicéa

On demande de calculer le taux de restitution d’énergie critique ou la ténacité notée o%h du bois
d’épicéa pour une fissure initiale L = 0,03 WW.
vw
Tracer sur le même graphique, l’évolution de la complaisance et du rapport pour L = 0; 0,09
vP
évoluant par incrément ∆L = 0,1 WW. Qu’en déduisez-vous ?

6
Rappel :

• Relation entre la ténacité et la variation de la complaisance :


z{| vw
o%h = ∙
>} vP

Données du problème :

• Bois épicéa
• Epaisseur T = 0,019 W
• Charge critique ch = 580 X
• Longueur d’entaille L = 0,03 WW
• hauteur de la poutre ℎ = 20 Z
• Coefficients polynomiaux ui = 8,01. 10Dr
u= = 3,70. 10Dr
u> = −2,31. 10Dd
u< = 2,13. 10D<

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