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Cours de Demographie 2021

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Année académique : 2020-2021

INITIATION A LA DEMOGRAPHIE
ECONOMIQUE

"Il n’est de force et de richesse que d’hommes". Cette formule très humaniste mais également
très réaliste de Jean Bodin (1576) montre l’intérêt accordé à la notion de population dès le
16e siècle, et plus généralement aux sujets touchant la démographie.

Chargé du Cours : Dr N’CHO B.


Enseignant-Chercheur
Université Jean Lorougnon GUEDE de Daloa
Avant-Propos

Ce cours est une introduction aux outils de l’analyse démographique, appliqués aux problèmes
économiques. Il a pour objet d’initier les étudiants à l'apprentissage de l'analyse
démographique par l'étude des manifestations annuelles des phénomènes démographiques
et l'analyse des structures de population.

De manière plus précise, les objectifs visés par ce cours sont les suivants:

 Faire connaître les principes de base de l'analyse démographique;


 Faire connaître les outils de l'analyse démographique (pyramide des âges, graphique
de lexis ; taux de natalité de fécondité ; etc.
 Initier les étudiants à une utilisation judicieuse des principaux indicateurs
démographiques concernant la natalité, la mortalité, la fécondité, la nuptialité, la
divortialité et la migration
 Familiariser les étudiants à l'application des méthodes d'analyse aux différents
phénomènes démographiques: mortalité, fécondité, nuptialité, divortialité, migration;
 Permettre aux étudiants de bien distinguer: les effets d'âge et de génération de l'étude
d'une population comme ensemble renouvelé et comme le résultat de la coexistence
de plusieurs cohortes;
 Sensibiliser les étudiants à l'utilité des modèles de population;
 Initier les étudiants aux perspectives de population.

Dans ce cours les concepts de base en démographie tels que natalité, fécondité, mortalité et
nuptialité ainsi que les différents schémas en démographie notamment la pyramide des âges
et diagramme de Lexis seront abordés.

Les différents thèmes se base sur plusieurs méthodes sont présentés en classe, sous forme
de cours magistraux. De plus, la présentation s’appuie sur un support de cours distribué aux
étudiants. Afin d'en tirer largement profit et optimiser le temps, les étudiants devront lire à
l'avance le support et bien d’autres documents relatifs à la démographie. Pour permettre aux
étudiants de consolider leurs acquis, les exercices et travaux pratiques (séance de travaux
pratiques, exercices supplémentaires) leur seront proposés

1
CHAPITRE 1 : INTRODUCTION A LA DEMOGRAPHIE

"Il n’est de force et de richesse que d’hommes". Cette formule très humaniste mais également
très réaliste de Jean Bodin (1576) montre l’intérêt accordé à la notion de population dès le 16e
siècle, et plus généralement aux sujets touchant la démographie. Dans ce chapitre, l’objectif
poursuivi consiste à définir les concepts de base, l’origine et le champ d’application de la
démographie d’une part, et d’aborder les grands problèmes de démographie contemporains
d’autre part.

1. Définitions de concepts, origines et champ d’application


1.1 Définitions de concepts

Dans cette partie nous allons définir la démographie et les concepts de bases qui se rattachent
à cette notion.

a. Démographie

De l’ancien grec, (Demos : peuple et graphein : écrire), la démographie est définie par le
dictionnaire multilingue des Nations Unies comme une science ayant pour objet l’étude des
populations humaines en ce qui concerne leur dimension, leurs structures, leur évolution ainsi
que de certains de leurs caractères généraux. Cette étude est envisagée d’un point de vue
principalement quantitatif.

b. Population

Deux définitions sont proposées au concept de population : la population présente et la


population résidente.

La population présente (ou de fait) est définie comme l’ensemble des personnes humaines
se trouvant à un instant donné dans un territoire bien délimité (reconnu internationalement).

Quant à la population résidente (ou de droit), elle est définie comme l’ensemble de
personnes humaines résidant (habituellement) à un instant donné dans un territoire bien
délimité (reconnu internationalement).

On note que les deux définitions s’accordent quant à la référence spatiale et temporelle d’une
population. En revanche, les deux définitions se distinguent quant à la nature de la relation
liant les personnes concernées avec le territoire spécifié. Alors que la première définition exige
une présence physique sur ce territoire des personnes composant la population, la deuxième
impose que ces personnes disposent d’une résidence légale dans le territoire en question.

C’est ainsi, par exemple, que les touristes venant passer le réveillon de l’année 2015 dans un
hôtel à Bingerville font partie de la population de la Côte d’Ivoire en cette date selon la première
définition mais y sont exclus en suivant la seconde définition et inversement.

Officiellement on retient la deuxième définition. C’est en particulier cette définition qui est
appliquée lors des recensements généraux réalisés par les instituts gouvernementaux de
statistique. Le caractère légal d’une part, et le fait qu’elle induit une évolution de la population
peu sensible aux fluctuations conjoncturelles d’autre part, sont les principales raisons qui ont
conduit les praticiens à adopter la seconde définition.

2
c. Génération et cohorte

Une génération est définie comme l’ensemble de personnes nées au cours d’une même
année civile (du premier Janvier au 31 Décembre). Ainsi, la génération 2000 par exemple est
définie par l’ensemble de personnes nées entre le premier Janvier 2000 au 31 Décembre
2000. Quant à une cohorte, elle est définie par l’ensemble de personnes ayant vécu un même
événement (démographique) au cours d’une année (cohorte des mariages de 1980).

On note qu’une génération est en fait une cohorte particulière. En analyse démographique, on
s’intéresse souvent aux générations et cohortes du fait qu’elles constituent des ensembles
assez homogènes de personnes. Les analyses conduites notamment en termes de
comportement démographiques trouvent alors toute leur signification.

d. Age révolu et âge exact

Il y a deux façons d'exprimer l'âge : en années révolues et sous forme exacte.

L'âge en années révolues est le nombre d'années entièrement écoulées depuis la naissance
d'un individu. Exemple : Monsieur X à 21 ans. On ne précise pas le nombre de mois, ni de
jours.

L'âge exact est la durée écoulée depuis la naissance, durée exprimée le plus précisément
possible. C'est l'âge révolu, plus le nombre de mois, de jours et d'heures (voire de minutes,
etc.) écoulés depuis le dernier anniversaire.

Âge exact = âge révolu + temps écoulé entre le dernier anniversaire et la date actuelle

Cette distinction est d’un grand intérêt pratique. En effet, en cherchant à étudier le
comportement démographique d’un ensemble de personnes ayant le même âge exact, on
risque de tomber sur un ensemble numériquement négligeable. En revanche, l’ensemble de
personnes ayant le même âge révolu constitue en général une partie assez importante de la
population.

1.2 Origines de l’analyse démographique

De tout temps, l’on s’est intéressé au « chiffrage » des populations. L’objet de cette pratique
était tant économique que militaire. Nous verrons dans cette partie les origines et les premiers
démographes.

a. Des origines anciennes

Il y a plus de 5 000 ans : la Chine, l'Égypte ou l'Assyrie réalisaient des recensements. Ces
recensements étaient effectués pour des raisons fiscales et pour des raisons militaires car une
population nombreuse signifiait une puissance militaire. Il est très significatif de noter par
exemple que c'est le deuxième recensement de l'Empire romain, ordonné par l'empereur
Auguste, qui a permis de connaître les circonstances de la naissance de Jésus-Christ.

Les données et résultats démographiques intéressent également la recherche scientifique


notamment en économie, sociologie, etc.

b. Les premiers démographes

L'anglais John GRAUNT (1620-1674) est le premier auteur qui a réellement fait de l'analyse
démographique au sens moderne sans toutefois en employer le mot. Son étude des bulletins
de mortalité de la ville de Londres est demeurée célèbre. C’est afin d'essayer de mettre au
3
point un système pour prévenir l'apparition de la peste dans Londres qu’il analysa ses bulletins
et se livra aux premières estimations de la population d'une ville sur des bases statistiques.
Ce travail lui valut d'être élu à la Royal Society en 16646.

Un siècle plus tard, c'est le pasteur et démographe prussien Johann Peter SÜSSMILCH
(1707-1767) qui publie en 1741 un ouvrage révélateur des préoccupations des premiers
démographes : "L'ordre divin dans les changements de l'espèce humaine, démontré par la
naissance, la mort et la propagation de celle-ci". Il essaye en fait de trouver la preuve de
l'existence de Dieu dans les méandres de la démographie.

Avec Antoine DEPARCIEUX (1703-1768), mathématicien français, la démographie devient


probabiliste. C'est en effet en 1746 qu'il publie un ouvrage intitulé « Essai sur les probabilités
de la durée de vie humaine ». Dans cet ouvrage, il emploie pour la première fois la notion
d'espérance de vie.

Thomas Robert MALTHUS (1766-1834) publie en 1798 l' « Essai sur le principe de population
». C'est à compter de la publication de ce livre que les préoccupations de démographie
économique vont constituer un champ de réflexion à part entière. Question typiquement
économique posée dans cet ouvrage : l'augmentation de population est-elle bénéfique ou non
pour la société et l'économie ? MALTHUS répond par la négative : pour lui, la reproduction
naturelle des animaux et des plantes n'a pas de limites. En revanche, la progression des
ressources est quant à elle beaucoup moins rapide. Pour résumer, la population croît comme
une progression géométrique, alors que les subsistances croissent de façon arithmétique : tel
est l'essentiel du message de MALTHUS.

1.3 Champs d’application

Cette discipline qui s’appuie va essayer de produire des analyses qualitatives dans des
domaines très variés (qui dépassent même les sujets économiques, historiques et sociaux).
Voyons quelques exemples.

a. La démographie des entreprises

La démographie des entreprises utilise certaines des concepts traditionnels de la démographie


et c’est un domaine en pleine évolution. L’INS fait de nombreuses études concernant la
démographie d’entreprises. Voir le site internet de l’INS sur la démographie des entreprises.

b. L’écologie des populations animales

La démographie des espèces animales ou « démocologie » étudie l’évolution des effectifs de


chaque population d'êtres vivants dans leur espace de vie.

 Elle permet de comprendre l’évolution de la biodiversité.


 Elle a des applications directes pour l’économie (connaître l’évolution des populations
de poisson est vital pour l’avenir de la pêche et donc pour l’alimentation mondiale).
 Mais toutes les espèces menacées d’extinction sont également concernées.
 La démocologie permet aussi de mieux comprendre les phénomènes migratoires pour
certaines espèces d’oiseaux.
 Elle a aussi des liens avec l’épidémiologie (étude des épidémies ou des
pandémies) comme l’illustre la lutte contre la propagation des virus transmis par
les animaux (grippe aviaire)

4
En conclusion, tout ce qui naît et évolue dans le temps (sans nécessairement mourir,
contrairement aux populations humaines) peut faire l’objet d’une étude démographique.
2. Les grands problèmes de démographie contemporains

Les grands problèmes démographiques contemporains s’apprécieront dans ce cours au


travers de l’évolution de la population, l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance et
du vieillissement de la population.

2.1 L’évolution de la population humaine

Depuis la révolution industrielle la population mondiale a considérablement augmenté (voir


graphique ci-après). Cela a eu une série d’incidences sur l'évolution des sociétés et des
nations dans le monde.

La conséquence la plus connue est le fait que l’accroissement de la population mondiale a pu


constituer frein au développement économique dans de nombreux pays. Ces pays se sont
ainsi préoccupé de définir avec plus ou moins de succès des politiques en matière de natalité.
L’exemple le plus connu est celui de la Chine, pays le plus peuplé du monde avec plus de 1,4
milliards d’habitants en 2020, qui a adopté la politique dite de « l’enfant unique »

Source : Wikipedia et projections de la division de la population des Nations-Unies.

2.2 L’augmentation de l’espérance de vie à la naissance

Un progrès spectaculaire de l’histoire de l’humanité est l’augmentation de l’espérance de vie


à la naissance (EDVN). Le tableau ci-après illustre une reconstitution historique qui donne les
espérances de vie des hommes à diverses périodes de l’histoire en terminant par l’EDVN
actuelle au niveau mondial. Ainsi, au cours du 20ème siècle au niveau mondial a plus que
doublé. Le phénomène de l’augmentation de l’espérance de vie est encore plus frappant pour
des pays qui ont été à l’origine des progrès techniques.

5
Source : Wikipedia et projections de la division de la population des Nations-Unies.

2.3 Le vieillissement de la population

Plus récemment, le phénomène de l’augmentation de l’espérance de vie a engendré toute une


série de problèmes dont les deux plus importants sont :

 Le financement des systèmes de santé, sachant que le poids des dépenses de santé
augmente avec l’âge. Dans tous les pays développés, on constate une forte
augmentation des dépenses de santé. Cette augmentation est due en partie au
vieillissement des populations.
 La prise en charge des inactifs par les actifs par l’intermédiaire des systèmes de retraite
par répartition (système dans lesquels ce sont les actifs qui financent les retraites des
inactifs). Avec l’allongement de la durée de la vie, le financement des retraites est
menacé surtout dans les pays où les retraites sont financées par un système dit « de
répartition », c’est-à-dire un système dans lequel ce sont les actifs qui paient les
retraites des retraités.

Le tableau ci-dessous, extrait d'un rapport de l'ONU, donne l'âge médian mondial et par région,
ainsi que son évolution dans le temps.

Tableau : âge médian par région du monde en 1950, 2000 et 2050

1950 2000 2050


Total Mondial 23,6 26,4 36,8
Afrique 19,0 18,3 27,5
Asie 22,0 26,1 38,7
Amérique Latine et Caraïbes 20,1 24,2 39,8
Europe 29,2 37,7 47,7
Amérique du Nord 29,8 35,4 40,2
Océanie 27,8 30,7 39,9

Source : ONU, World Population prospect, 2002

3. Démarche et analyse démographique

Dans ce qui précède en parlant de la démarche méthodologique en démographie, l’on a


signalé que celle-ci puise dans d’autres disciplines scientifiques pour expliquer certains faits
démographiques. En fait, toutes ces disciplines dont la démographie sont interdépendantes
en ce qu’elles ont un même centre d’intérêt qui est l’être humain. Il est donc tout à fait

6
compréhensible que ces sciences s’échangent entre elles des données et des résultats selon
l’optique démographique

3.1 La démarche démographique

La démographie ressort la démarche méthodologique générale suivie par les démographes.


Comme toute science, la démographie se base sur l’observation des faits en utilisant l’outil
statistique. C’est le point de départ de toute recherche démographique. Celle-ci passe en fait
par trois niveaux d’analyses :

 Analyse descriptive des faits démographiques observés


 Analyse explicative de type interne où il s’agit d’expliquer certains faits
démographiques par d’autres faits démographiques
 Analyse explicative de type externe ou on cherche des explications aux faits
démographiques par des faits d’ordre économique, sociologique, etc.

Dans le cadre de ce cours, on se limite à l’analyse descriptive des faits démographiques


observés. Les démographes ainsi que les statisticiens ont développé à cet effet un certain
nombre de méthodes et d’outils d’analyse permettant de décrire d’une manière quantitative
les populations humaines

3.2 L’analyse démographique

.L’analyse démographique qui nous intéresse dans ce cours consiste en une description
quantifiée des faits démographiques. Ces faits sont observables dans le temps. L’unité du
temps est généralement l’année. Pour réaliser une analyse démographique, l’on a besoin de
données et d’outils.
Ces deux composantes de l’analyse démographique sont examinées dans ce qui suit. Au
préalable, une distinction courante dans les sciences sociales entre deux types d’analyse est
présentée.
3.2.1 Les deux types d’analyse démographique

Les faits humains sont repérables dans le temps et dans l’espace. Des faits de même nature
peuvent être observés à un temps donné sur plusieurs espaces comme ils peuvent être
également observés sur plusieurs temps dans un seule espace. La dimension espace est à
prendre dans son sens le plus général et non pas seulement au sens géographique du terme.

a. L’analyse transversale

En démographie, on utilise une analyse transversale ou du moment lorsqu’on effectue une


coupe dans le temps en considérant une année ou un groupe d’années donné, au cours
desquelles on étudie plusieurs générations.

b. L’analyse longitudinale

On procède à une analyse longitudinale lorsqu’on observe dans le temps les différents
événements auxquels est soumise une génération déterminée.

7
c. Illustration

Afin d’illustrer ces deux types d’analyse, considérons l’exemple suivant : Supposons que l’on
cherche à estimer le nombre moyen d’années passées par un étudiant dans une école
d’ingénieur. Supposons que selon la réglementation en vigueur, le nombre d’années passées
dans une école d’ingénieur varie entre 3 et 5 (2 ans maximum de redoublement). Pour calculer
ce nombre moyen d’années, on peut procéder selon deux méthodes :

 La première méthode consiste à se placer à la fin du mois de Juin d’une année


donnée et relever auprès des élèves ayant obtenu le diplôme d’ingénieurs le nombre d’années
qu’ils ont passées à l’école. On obtient ainsi une série d’observations dont la moyenne
arithmétique simple définit précisément le nombre moyen d’années passées dans l’école
considérée. Il s’agit là d’une analyse transversale. L’on a en effet fixé l’année d’analyse et
considéré (sauf exception) plusieurs « générations » d’élèves (élèves entrant à l’école la même
année).
 La deuxième méthode procède ainsi : On considère un groupe d’élèves entrant à
l’école la même année. Ces élèves forment une même « génération ». On observe par la suite
dans le temps chacun d’eux pour relever le nombre d’années qu’il a passées à l’école. On
obtient ainsi à la fin une série d’observations dont la moyenne arithmétique simple définit
également le nombre moyen d’années passées dans l’école considérée. En procédant ainsi,
on dit qu’on a effectué une analyse longitudinale. Les observations sont en effet relevées sur
plusieurs années mais auprès d’une seule génération.

Dans la pratique, les deux types d’analyses se complètent. L’analyse longitudinale est à priori
plus pertinente parce que du fait qu’elle concerne qu’une seule génération elle a plus de
chance de relever les rapports cachés entre les phénomènes observés. Elle est cependant
difficile à mettre en œuvre du fait qu’elle demande souvent beaucoup de temps. Quant à
l’analyse transversale, elle présente au contraire l’avantage d’être facile à réaliser puisqu’elle
n’exige qu’une ou quelques années d’observations. En revanche, en considérant plusieurs
générations à la fois et donc plusieurs comportements à la fois, elle risque d’aboutir à des
résultats insignifiants.

3.2.2 Les types de données

La démographie étant une étude quantitative, elle procède ainsi à un traitement approprié des
données préalablement collectées. Les types de données traitées et les sources auprès des
quelles ces données sont collectées sont examinés dans ce qui suit.

8
 Les données relatives à l’état d’une population : Ces données ont trait à la taille de
la population ainsi que de celle d’un certain nombre de sous populations significatives
(population féminine et population masculine, population urbaine et population rurale, jeunes,
adultes et vieillards, etc.). Elles sont ainsi observables à un instant donné.
 Les données relatives au mouvement d’une population : Il s’agit de données
quantifiant l’ampleur des faits démographiques ayant une incidence directe sur le mouvement
de la population. Les données concernant le nombre de naissances et le nombre de décès
enregistrés au cours d’une certaine année sont des exemples de données concernant le
mouvement d’une population. Ce sont des données de type flux en ce qu’elles sont enregistrés
sur une période en l’occurrence l’année.

3.2.3 Les sources des données

En Côte d’Ivoire, c’est l’Institut National de Statistique (INS) qui est chargé du traitement des
données de base et leur publication sous forme de données directement utilisables par les
démographes. Les données de base sont habituellement puisées dans plusieurs sources dont
notamment les recensements généraux de la population, les registres administratifs de l’état
civil et de la migration.

 Les recensements généraux de la population : Il s’agit d’opérations de collecte de


données démographiques de base auprès de tous les individus d’une population. Les données
concernent l’état de la population à un instant donné. En les traitant, on disposera ainsi
d’informations concernant la taille de la population et ses structures selon le genre, l’âge, l’état
matrimonial, le milieu, la région, etc. Du fait de son caractère exhaustif, un recensement
s’avère une opération lourde et couteuse. C’est pourquoi, on le réalise en Côte d’Ivoire qu’une
fois tous les 10 ans en se limitant à quelques données de base.
 Les enquêtes démographiques : C’est une opération de collecte de données
démographiques auprès des individus d’un échantillon de la population. Du fait, que seule une
fraction de la population est concernée, l’on se permet de recueillir des données plus variées
et plus fines que les recensements. Les résultats obtenus à l’issue des données d’enquêtes
sont moins fiables que ceux résultant du traitement des données d’un recensement.
Néanmoins, les techniques statistiques d’échantillonnage permettent de limiter et contrôler les
éventuelles erreurs commises.
 Les registres de l’état civil : Comme dans la plupart des pays, la loi oblige les
personnes concernées de procéder à la déclaration auprès des officiers de l’état civil
(présidents de communes, gouverneurs, délégués, etc.) des naissances, des mariages, des
divorces et des décès. Les officiers de l’état civil tiennent à cet effet, un registre de l’état civil
pour enregistrer les actes de l’état civil déclarés.
 Les autres sources : En matière démographique, l’INS reçoit également des données
de base d’autres sources administratives telles les ministères de l’Intérieur ou des affaires
étrangères. Ces données concernent notamment les flux migratoires entrant ou sortant du
pays. Ces données restent cependant peu exhaustives notamment au niveau des effectifs des
émigrants.

4. Utilité de la démographie

L'avenir des peuples est conditionné par leur démographie, on fera donc ressortir ici le rôle de
la démographie dans 2 domaines : celui de la connaissance des sociétés et celui processus
de décision économique et les choix de société.

9
4.1 la connaissance des sociétés

Sans données démographiques globales :

 la connaissance des sociétés serait réduite à des spéculations basées au mieux sur
l’extrapolation de données locales, nécessairement fausses.
 Le niveau de la croissance démographique mondiale actuelle serait peut-être
surestimée et nourrirait davantage encore les fantasmes totalitaires.
 Le problème du vieillissement démographique, relativement nouveau mais très
préoccupant, passerait sans doute inaperçu, tout comme ses conséquences sur les
politiques de l’emploi et l’avenir des systèmes de retraite par capitalisation.
 Enfin, comme nous allons le voir, la démographie est-elle une science au service des
autres sciences sociales qu’elle nourrit par les chiffres qu’elle leur fournit.

La démographie apporte des statistiques et des faits, indispensables à l'approfondissement


de leur objet propre des autres sciences.

4.2 la décision économique

De nos jours, la plupart des instituts étatiques de statistique réservent une place de choix pour
les données démographiques. C’est parce que ce type de données et leur exploitation
présentent un outil d’aide à la décision très précieux pour les responsables gouvernementaux.
Ceux-ci ont en particulier une politique économique et une politique sociale à conduire les
quelles politiques ne puissent se définir sans une connaissance précise de l’état et de
l’évolution prévisible de la population.

10
CHAPITRE 2 : LES OUTILS DE L'ANALYSE DEMOGRAPHIQUE
« Analyser, c’est décomposer un tout en ses parties ». L’observation des faits fournit des
données brutes qui sont le résultat de nombreux facteurs. En traitant les données numériques
d‘observation, l’analyse permet de comprendre comment les phénomènes se déroulent et
s’enchaînent. Dans ce chapitre, il sera question d’exposer les outils nous permettant
d’apprécier les phénomènes démographiques.
1 - L'accroissement démographique
La croissance démographique résulte du jeu des facteurs suivants : naissances, décès et
mobilité géographique (solde migratoire). Ces trois facteurs sont donc responsables de
l'évolution du nombre et de la composition d'une population.

Il n'est cependant pas toujours nécessaire ou possible d'effectuer cette décomposition et l'on
se contente souvent, d'étudier l'évolution globale d'une population sur une ou plusieurs
périodes. Pour cela, l’on est amené à calculer les grandeurs suivantes :

a. L'accroissement global de la population sur un an ou sur plus d'un an

L'accroissement total (ou variation totale) de population est la variation de l'effectif d'une
population au cours de l'année, qu'il s'agisse d'une augmentation ou d'une diminution. C'est la
somme de la population en début d’année, l'accroissement naturel et du solde migratoire.
Exemple :
Population en début d’année 2007 + (Naissances en 2007 – Décès en 2007) + solde migratoire
évalué en 2007 = Population en début 2008.
C’est-à-dire : 63 392 000 + (816 500 – 526 500) + 71 000 = 63 753 000
Ce qui fait un accroissement global de : 63 753 000 - 63 392 000 = 361 000

b. Le taux d'accroissement de la population sur un an ou sur plus d'un an

Le taux d’accroissement de la population est égal à la variation (sur un an ou plus), divisée


par la population en milieu d'année, multiplié par 100.
Exemple : La population en milieu d’année de la L2 de UICI est égale à : (Pop début 2007 +
pop début 2008)/2 = (63 392 000 + 63 753 000)/2= 63 572 500. Rappelons que ce chiffre avait
été arrondi 63 573 000.
On a donc un taux d’accroissement égale à : (361 000/63 572 500) * 100 = 0,5678%

c. Le taux de croissance annuel moyen de la population sur un nombre donné


d'années
𝟏 𝑷
Ce taux se calcule ainsi : n = 𝒕 𝐥𝐧 (𝑷 𝒕 ) où
𝒐

11
Où Pt est la population considérée à l'année t (au premier janvier de l'année) et P0 la
population considérée à l'année 0. "Ln" est le logarithme naturel. Le chiffre n est le taux de
croissance annuel moyen sur la période. On exprime parfois la formule différemment sous la
forme :
𝑷𝒕 = 𝑷𝒐 𝒆𝒏𝒕 , où le "e" vaut approximativement 2,71828.
𝟏
𝑷 𝒕
Il est également possible d’utiliser la formule suivante n = 𝐥𝐧 (𝑷 𝒕 ) -1
𝒐
La formule peut s’écrire aussi : 𝑷𝒕 = 𝑷𝒐 (𝟏 + 𝒏)𝒕
Exercice :
Comparons les résultats donnés par les deux formules dans le cas de la population mondiale,
où l'on a P2005 = 6 464 747 000 et P2000 = 6 085 572 000, avec t=0 pour P2000 et t = 5 pour P2005.

2 - La composition par âge et par sexe


a. La pyramide des âges

La pyramide des âges est un outil de l'analyse démographique plus célèbre encore que le
graphique de LEXIS (et surtout plus populaire !). C'est en fait un double histogramme qui
indique la composition d’une population par classes d’âges et par sexe, à un moment donné.
Ce « cliché instantané » que fournit la pyramide des âges d’une population donne des
indications précieuses sur le poids relatif des jeunes et des vieux, des hommes et des femmes.
La pyramide des âges est à la fois un condensé de l'histoire des générations présentes et
passées et une base pour anticiper les évolutions à venir. La structure du moment reflète en
effet les tendances séculaires de la natalité, de la mortalité aux différents âges et de la
longévité, les accidents de l'histoire, les inégalités devant la mort, les conséquences
migratoires de la conjoncture économique, etc.
L'analyse d'une pyramide des âges doit être menée avec prudence.

b. Construction d’une pyramide des âges


Il s’agit en fait d’un graphique qui représente TROIS dimensions : l’âge, le sexe et les
effectifs associés à ces deux catégories.
L'axe vertical correspond aux différents âges de la population. Le chiffre « 0 » correspond à
l’année de référence de la pyramide: c’est la ligne qui contient soit tous les individus qui
viennent de naître, donc les plus jeunes (par exemple si on fait la pyramide des âges d'une
maison de retraite, l'âge le plus bas pourra être en fait assez élevé). À partir de l'axe vertical,
on peut retrouver les années de naissance, de plus en plus éloignées à mesure que l’on
s’élève sur cet axe.
L'axe horizontal indique l’effectif de la population contenu dans chaque tranche d’âge. Il est
exprimé en millions. Les formes types de la pyramide des âges.

12
3 – le taux de masculinité
3.1 Définition
C'est le rapport, à une certaine date, entre le nombre d'hommes et le nombre de femmes dans
une population donnée. Il peut se calculer globalement ou par groupe d'âges. La formule de
calcul est :
𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑′ ℎ𝑜𝑚𝑚𝑒𝑠
𝑇𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑀𝑎𝑠𝑐𝑢𝑙𝑖𝑛𝑖𝑡é = 𝑥 100
𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒𝑠
Pour être précis, il faut distinguer :
• le taux de masculinité à la conception,
• le taux de masculinité à la naissance
• le taux de masculinité global (tous âges confondus)
• Les taux de masculinité aux différents âges.
Le taux de masculinité à la conception, appelé taux de masculinité primaire, est environ
105 pour l’espèce humaine. Le taux de masculinité à la naissance, appelé taux de
masculinité secondaire, varie selon les pays, principalement en raison de la pratique de
l’infanticide à l’égard des filles dans certains pays comme la Chine et l’Inde. En France, il est
de 105. En Chine, ce taux est de 120.

3.1 Evolution du taux de masculinité dans le monde

La liste des pays par taux de masculinité présente le nombre d'hommes pour cent femmes
dans la population de chaque pays du monde. L'écart du sex-ratio suivant les pays peut
s'expliquer par de multiples facteurs, comme la différence d'espérance de vie selon les sexes,
les migrations, les guerres ainsi que les avortements sélectifs et les infanticides,
principalement féminins. La figure ci-après nous donne l'évolution du taux de masculinité dans
le monde en 2015.

Source : Wikipedia

13
4-Les ratios de dépendance

Le ratio de dépendance démographique est fonction de la structure par âge de la population.


C'est le rapport du nombre d'individus supposés « dépendre » des autres pour leur vie
quotidienne – jeunes et personnes âgées – et le nombre d'individus capables d'assumer cette
charge.

4.1 Remarques générales


Le calcul des ratios de dépendance offre un bon exemple de statistique démographique (on
fait des rapports entre des populations d'âges différents), mais dont les implications
économiques sont flagrantes. Il s'agit en effet de mesurer le poids de la dépendance d'une
classe d'âge dans la population totale. On distingue trois grands ratios de dépendance, chacun
pouvant ensuite varier dans la définition des classes d'âge.

4.2 Le ratio de dépendance des jeunes


Le ratio de dépendance des jeunes se mesure par le rapport entre la population des 15 ans et
la population des personnes âgées de 15 à 64 ans, ou bien l'inverse. Si on multiplie ce ratio
par 100, on obtient un "taux" de dépendance. On a donc en fait deux possibilités d'exprimer le
calcul.

a. Soit on veut connaître la proportion des jeunes dépendants. Dans ce cas on


calcule le rapport des 0 à moins de 15 au 15-64 ans :
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑚𝑜𝑖𝑛𝑠 𝑑𝑒 15 𝑎𝑛𝑠
𝑟=
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 15 𝑒𝑡 64 𝑎𝑛𝑠
Exemple :
Structure de la population fictive du pays avec 62 500 000 habitants. il y a 7 500 000 jeunes
de moins de 15 ans et 25 000 000 de personnes d'âge actif et les personnes âgées de plus
de 65 ans sont 30 000 000.
Le ratio de dépendance est donc : (7 500 000/ 25 000 000) = 0,3
En multipliant par 100, cela nous donne un taux de dépendance « jeunes » égal à 0,3 x 100,
soit 30%.

b. Soit on veut savoir combien il y a de personnes d'âge actif par personne jeune
et on calcule le rapport inverse:

𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 15 𝑎𝑛𝑠 𝑒𝑡 65 𝑎𝑛𝑠


𝑟=
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑚𝑜𝑖𝑛𝑠 𝑑𝑒 15
Dans notre exemple, cela revient à calculer le rapport : (25 000 000/7 500 000) = 3,33 Il y a
3,33 personnes actives par jeune de moins de 15 ans.

4.3 Le ratio de dépendance des personnes âgées

Le ratio de dépendance des personnes âgées se mesure par le rapport entre la population
des 65 ans et plus et la population des personnes âgées de 25 à 64 ans, ou bien l'inverse. Si
on multiplie ce ratio par 100, on obtient un "taux" de dépendance de personnes âgées. On a
donc en fait deux possibilités d'exprimer le calcul.

14
a. Soit on veut connaître la proportion des personnes âgées et on calcule le rapport
des 65 ans et plus au 15-64 ans :

𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑑𝑒 65 𝑎𝑛𝑠


𝑟=
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 15 𝑒𝑡 64 𝑎𝑛𝑠

Le ratio est égal : (30 000 000 / 25 000 000)=1,2


Autrement dit, il y a 1,2 personne âgée par actif. Si l'on multiplie par 100, cela fait 120
personnes âgées pour 100 actifs.

b. Soit on veut savoir combien il y a de personnes d'âge actif par personne âgée et
on calcule le rapport inverse
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 15 𝑒𝑡 64 𝑎𝑛𝑠
𝑟=
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑑𝑒 65 𝑎𝑛𝑠
Dans le cas de notre population de 62 500 000 habitants, cela fait : (25 000 000 / 30 000
000)=0,83. Autrement dit, si l'on multiplie par 100, cela fait 83 actifs pour 100 personnes âgées.

D - Le ratio de dépendance global


C'est un ratio qui prend en compte les moins de 15 ans et les plus de 65 ans. Il se mesure par
le rapport entre la population des 65 ans et plus et la population des personnes âgées de 15
à 64 ans, ou bien l'inverse. Si on multiplie ce ratio par 100, on obtient un "taux" de dépendance
de personnes âgées. On a donc en fait deux possibilités d'exprimer le calcul.

a. Soit on veut connaître la proportion des personnes dépendantes et on calcule le


rapport :

𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑑𝑒 65 𝑎𝑛𝑠 + 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑚𝑜𝑖𝑛𝑠 𝑑𝑒 15 𝑎𝑛𝑠
𝑟=
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 15 𝑒𝑡 64 𝑎𝑛𝑠

(7 500 000 + 30 000 000) / 25 000 000)= (37,5/25)= 1,5


Autrement dit, il y a 1,5 inactif (jeunes + personnes âgées) par actif. Si l'on multiplie par 100,
cela fait 120 inactifs pour 100 actifs.

b. Soit on veut savoir combien il y a de personnes d'âge actif par personne


dépendante et on calcule le rapport inverse

𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 15 𝑒𝑡 64 𝑎𝑛𝑠


𝑟=
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑑𝑒 65 𝑎𝑛𝑠 + 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑚𝑜𝑖𝑛𝑠 𝑑𝑒 15 𝑎𝑛𝑠

Dans le cas de notre population fictive de 62 500 000 habitants, cela fait : (25 000 000 / (7 500
000 + 30 000 000)= (25/37,5)=0,666
Autrement dit, si l'on multiplie par 100, cela fait 67 actifs pour 100 inactifs.

5 - Natalité et fécondité
5.1 Le taux de natalité
Le taux de natalité, parfois désigné sous l'appellation taux brut de natalité, est égal au nombre
des naissances vivantes de l'année N, divisé par la population en milieu d'année, multiplié par
1000 :

15
𝑛𝑎𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑐𝑒𝑠 𝑣𝑖𝑣𝑎𝑛𝑡𝑒𝑠 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙′𝑎𝑛𝑛é𝑒
Taux de natalité = 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑒𝑛 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑒𝑢 𝑑′𝑎𝑛𝑛é𝑒
x 1000

5.2 La fécondité

La fécondité se définit comme l’activité de reproduction (de procréation) au sein d’une


population. C’est un fait répétitif consistant à donner des enfants par des couples d’hommes
et de femmes. La fécondité devrait en principe être mesurée à partir des 3 facteurs qui
concourent à la naissance :
• l'aptitude des femmes à procréer,
• l'aptitude des hommes à procréer et
• la rencontre de ces deux aptitudes à travers la formation de couples mariés ou non mariés.
Mais la façon le plus simple de la mesurer est de s'en tenir à l'aptitude des femmes à procréer.
Les démographes préfèrent étudier la fécondité sous l'angle de l'activité reproductive des
femmes fécondes d'une population, et plus particulièrement celles ayant entre 20 et 35 ans,
qui sont majoritairement à l'origine des naissances. Cependant, l'âge de fécondité
habituellement considéré s'étend de 15 à 50 ans, avec quelques exceptions au-delà de ces
âges limites.

a. Le taux brut (ou général) de fécondité

Il se calcule en divisant les naissances vivantes d’une année donnée par la population en
milieu d’année des femmes en âge de procréer (âges de 15 à 50 ans, sachant qu'il peut y
avoir quelques exceptions) et en multipliant par 1000.

𝑛𝑎𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑐𝑒𝑠 𝑣𝑖𝑣𝑎𝑛𝑡𝑒𝑠 𝑑’𝑢𝑛𝑒 𝑎𝑛𝑛é𝑒


Taux brut de fécondité= x 1000
𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑒𝑛 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑒𝑢 𝑑’𝑎𝑛𝑛é𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑎𝑔é𝑒𝑠 𝑑𝑒 15 à 50 𝑎𝑛𝑠

b. Le taux de fécondité par âge

Pour obtenir le taux de fécondité par âge on divise le nombre de naissances issues de femmes
d’un âge donné par le nombre de femmes de cet âge.
Par exemple : Taux de fécondité des femmes de 20 ans Naissances issues des femmes de
20 ans / femmes de 20 ans Le taux de fécondité par âge est généralement exprimé en « pour
mille »

6. Élan démographique et recul de la mortalité

Bien que la reproduction à l'identique des populations ne soit plus assurée dans la majorité de
l'humanité, la population mondiale continue d'augmenter et devrait augmenter jusqu'en 2050.
Ce phénomène est appelé l'élan démographique. Il s'explique pour deux raisons :
 La première raison est liée à une fécondité antérieure élevée par l’intermédiaire d'un
effet de taille de niveau. En effet, la fécondité antérieure a été forte, puis que le nombre moyen
d'enfant par femme a chuté sous le seuil des 2,1. La population ne diminue pas
nécessairement tout de suite, les naissances peuvent en effet rester supérieures aux décès.
C'est l'effet de taille, que l'on désigne ici par l'expression "élan démographique"
La seconde raison est liée à un recul de la mortalité aux différents âges. Même si la baisse de
la fécondité se traduit une baisse des naissances, cette baisse des naissances peut être
compensée par une baisse plus grande encore de la mortalité, au moins pendant quelques
années.

16
6 .1 Longévité

"Mourir de vieillesse, c'est une mort rare, singulière et extraordinaire" (MONTAIGNE) La


longévité humaine s'est considérablement accrue au cours du 20ème siècle. C'est une grande
victoire de la "lutte incessante contre la mort" que mène l'humanité. Elle se mesure en gain
d'espérance de vie, cette dernière étant elle-même l'un des trois éléments essentiel du calcul
de l'indice du développement humain. Mais au préalable, il convient d'étudier précisément les
principaux indicateurs de la mortalité humaine.

6.2 Le taux de mortalité

L'indicateur le plus simple pour apprécier les progrès de la lutte pour la vie (ou contre la mort)
est le taux de mortalité. Il peut se calculer de plusieurs façons qui donnent des informations
complémentaires sur les différents fronts de la lutte contre la mort.

a. Taux brut de mortalité


Il se calcule en divisant le nombre des décès à l’année t par la population en milieu d’année
et en multipliant par 1000. On a donc :

𝐷é𝑐è𝑠 à 𝑙’𝑎𝑛𝑛é𝑒 𝑡
Taux brut de mortalité= 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑒𝑛 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑒𝑢 𝑑’𝑎𝑛𝑛é𝑒 𝑥1000

b. Taux moyen de mortalité

Les taux bruts précédents intègrent les éventuels "accidents" dont l'espèce humaine est
victime : guerres, épidémies, catastrophes naturelles. Les chiffres révèlent que ces accidents,
bien que trop nombreux, sont restés relativement limités dans la seconde moitié du 20ème
siècle. Les 50 millions de morts de la seconde guerre mondiale (chiffre énorme, à comparer
avec les 80 millions de personnes qui naissent annuellement dans le monde dans les années
2000), n'apparaissent pas directement dans le tableau, qui ne commence qu'en 1950-55.

7 -Table de mortalité d'une génération

Lorsqu'on peut étudier une cohorte de personnes depuis leur naissance la même année
jusqu'à l'extinction de la cohorte (autrefois 100 ans, aujourd'hui 120 et même plus), on
regroupe les données dans une table de mortalité de la génération. La table peut être
constituée au fur et à mesure des décès, mais elle ne sera complète qu'une fois que tous les
membres de la cohorte seront décédés. Cette table comprend 4 colonnes comme ci-dessous

Age x au moment du Survivants à l’âge x Décès à l’âge x Quotient de mortalité


décès (en années) (‰)
0 100 000 1100 11
1 98 900 500 5,1
2 98 400
--- --- --- ---
--- --- --- ---
120 1 1 1000
Total

17
La table de mortalité de la génération peut être mise sous forme d’un graphique de LEXIS. Par
exemple, s’il s’agit d’une cohorte de 100 000 enfants nés en 1996, le début de la cohorte
correspond au graphique suivant :

8 - L'espérance de vie

8.1 Définition

L'espérance de vie est un indicateur transversal, calculé à partir des données du


moment. Elle varie avec l'âge et le sexe (et éventuelle avec la zone géographique, la
profession, etc.). On a donc toujours une information du type "En 2007, l'espérance de vie à
la naissance, en Europe et pour les hommes est égale à 77,6 années".

8.2 Mode de calcul de l'espérance de vie.

L'espérance de vie à la naissance (EDVN), calculée à un moment donné (par exemple en


2008), est le nombre moyen d'années que vivrait une personne si elle connaissait, tout au long
de sa vie, les conditions de mortalité observées en 2007. Ainsi, si les jeunes enfants de sexe
masculin nés en 2008 connaissent à chaque âge les mêmes conditions de mortalité que celles
observées en 2007, alors, leur espérance de vie est égale à 77,6 années. On peut aussi
calculer l'espérance de vie à 20 ans, à 40 ans, à 60 ans. Par exemple, l'espérance de vie à 60
ans est le nombre moyen d'années que vivrait une personne si elle connaissait, à partir de 60
ans, les conditions de mortalité observées au cours de cette période. L'équivalent longitudinal
de l'espérance de vie est la durée moyenne de vie.

Exemple de calcul

Pour calculer l'espérance de vie à la naissance ou à n'importe quel âge, il suffit de connaître
la répartition par âge (et par sexe) des décès. Il faut donc avoir accès à la table de mortalité
du moment.

Il suffit de calculer la moyenne des âges au décès. Comme les décès ont lieu tout a long de
chaque âge les 1100 décédés à l'âge 0 se répartissent sur un intervalle d'un an. On fait donc
l'hypothèse (fausse) que les 1100 décédés se répartissent uniformément sur l'intervalle d'un
an. Ceci nous amène à définir des centres de classe

18
Age x au moment du Centre de classe Nombre de décès à
x*. ni
décès (en années) d’âge x (x*) l’age x (ni)
0 0,5 1100 550
1 1,5 500 750
2 2,5
---
---
120 120,5 1 120,5
Total Total 100 000

On fait ensuite la somme des x* . ni et l'on divise par l'ensemble des décès de l'année. On
obtient alors un nombre moyen d'années vécues. Pour calculer l'EDV à différents âges, il suffit
de refaire le calcul en ne considérant que les décès à partir d'un certain âge.

19
CHAPITRE 3 : LE DIAGRAMME DE LEXIS

Le diagramme de LEXIS est un graphique qui permet de caractériser une cohorte à partir de
3 variables démographiques sur un plan à deux dimensions : ces trois dimensions sont
l'âge, le moment de naissance et une date quelconque, par exemple la date de décès ou
celle du mariage. Dans ce chapitre, il sera question d’indiquer les origines de ce graphique
d’une part, et d’exposer la technique de son élaboration d’autre part.

1. Origines et définition du graphique

Sur un plan historique, rappelons en quelques mots l'origine de ce graphique. Avant


l'apparition des ordinateurs et l'amélioration de leurs possibilités graphiques et de leur
puissance de calcul, la représentation des graphiques en 3 dimensions était un travail colossal.
Le premier démographe à proposer un graphique de la dynamique d’une population ne fut pas
LEXIS, mais Georg KNAPP (1842-1926) en 1868. C'est cependant en 1875 que le statisticien
allemand Wilhelm LEXIS a utilisé ces différents graphiques et les a fait connaître, de sorte que
l'on appelle aujourd'hui "graphique de LEXIS", le graphique initialement développé par
KNAPP.
L'objectif de LEXIS était de disposer d'un graphique à deux dimensions permettant de repérer
pour chaque observation (ou groupe d'observation) la date du décès, l'âge du décédé au
moment du décès et sa date de naissance. Donc trois informations et deux dimensions.

2. L'élaboration du graphique
2.1 Signification des axes et localisation d'événements

Il s’agit d’un diagramme en plan dont, le plus habituellement, les axes des abscisses et des
ordonnées supportent respectivement le temps et l’âge.

Sur ce diagramme, il est évidemment possible de repérer des évènements en fonction des
deux coordonnées figurant sur les axes (comme c’est le cas dans n’importe quel type de
diagramme cartésien), mais aussi, en plus, en fonction d’une troisième coordonnée, le moment
de naissance (cf figure 1.a). Un âge exact et une date se traduisent respectivement par une
horizontale et une verticale et une date de naissance, par une oblique.

20
2.2 Repérage des effectifs d’une cohorte

Exemple 1 : Génération

Exemple 2 : Survivants à l’âge exact :

21
Exemple 2 : Population dite « moyenne » ou plus exactement la population
en milieu d’une période :

Exemple 3 : Population du moment où une population recensée

22
CHAPITRE 4 : DEMOGRAPHIE, MARCHE DU TRAVAIL ET DEVELOPPEMENT

Introduction

Les perspectives d’évolution de la population totale, de la population active et de leurs


structures par âge sont alternativement sources d’inquiétude ou d’optimisme : craintes pour le
financement des retraites, crainte d’effets négatifs sur le dynamisme de l’économie, ou, à
l’inverse, espoir d’une forte amélioration des perspectives d’emploi. Parmi ces questions, celle
de l’équilibre des retraites est bien connue : le vieillissement de la population pose un problème
d’arbitrage entre niveau des cotisations, pouvoir d’achat relatif des retraités, et âge de la
retraite.
Mais les autres conséquences des changements démographiques sont moins souvent
explorées, notamment celles qui portent sur la relation entre évolutions démographiques et
déséquilibres du marché du travail. Cette relation est complexe. Il fait peu de doutes que le
retournement de tendance de la population active, au milieu de la décennie, va constituer une
rupture majeure. Mais le sens des changements qui vont l’accompagner reste très incertain, à
la fois parce que la démographie n’est qu’un déterminant parmi d’autres des comportements
ou agrégats macro-économiques, et parce que les canaux par lesquels agissent ces variables
démographiques sont multiples et parfois contradictoires.

1. Démographie et marché du travail


1.1 La classification de l’activité et de l’emploi
a. La population en âge de travailler

Cette catégorie varie selon la définition de la scolarité obligatoire et l’âge du départ à la retraite
(celui-ci varie dans le temps et d’un pays à l’autre selon les statuts et les professions). Dans
les comparaisons internationales, c’est généralement la plage 15-64 ans qui est retenue. Le
nombre de ces personnes dépend directement de la démographie et, c’est sur cette catégorie
de la population que repose principalement la charge d’entretenir la population totale (ceux de
moins de 15 ans) et ceux de plus de 64 ans).

b. La population active

La population active comprend les personnes :

 qui déclarent exercer une activité professionnelle : ce sont les actifs occupés. Quand
on emploi l’expression « emploi », c’est à cette catégorie que l’on se réfère.
 qui déclarent chercher à exercer une activité professionnelle Ce sont les chômeurs.

c. La population inactive

Si l’on soustrait la population active de la population totale, on obtient la catégorie des


inactifs. Il s’agit d’une catégorie « fourre-tout » où l’on retrouve :

 Les moins de 15 ans


 Les plus de 65 ans
 Les personnes de 15 à 64 ans exerçant des activités non professionnelles (activités
bénévoles, activités domestiques, études).

23
La connaissance de ces catégories : population totale, population active, chômage et
population en âge de travailler permet de calculer des taux qui reviennent sans cesse dans le
discours économique, social et politique.

1.2 Les taux


a. Le rapport emploi sur population en âge de travailler

C’est le rapport entre ceux qui déclarent exercer une activité professionnelle emploi (actifs
occupés) et ceux qui sont en âge de travailler (15-64), exprimé en pourcentage. Il n’inclut pas
les chômeurs.

b. Le taux d’activité

C’est le rapport entre les actifs (qui déclarent exercer une activité professionnelle ou chercher
à en exercer une) et ceux qui sont en âge de travailler (15-64), exprimé en pourcentage. Ce
taux inclut donc les chômeurs.

c. Le taux de chômage

C’est le rapport entre les actifs qui déclarent chercher à exercer une activité et la population
active, exprimé en pourcentage.

2. Démographie et Développement

L’évolution démographique des économies du monde soulève de nombreuses interrogations.


Le ralentissement de la croissance de la population s’accompagnera-t-il d’une moindre
croissance économique ? Le vieillissement de la population conduira-t-il à l’émergence de
conflits entre les générations, notamment sur la question des retraites et des systèmes
d’assurance maladie ?

De son côté, le ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler


contribuera-t-il à réduire le chômage ? Le vieillissement des travailleurs entraînera-t-il une
modification de la formation des salaires selon la qualification et l’ancienneté ?

Autant de questions qui méritent d’être explorées dans le processus de développement


harmonieux des nations.

2.1 La Notion du développement


a. Définition

Le développement économique et social fait référence à l'ensemble des mutations positives


— techniques, démographiques, sociales, sanitaires — que peut connaître une zone
géographique (monde, continent, pays, région).

b. La mesure

Le développement d’une nation est apprécié par l’indice de développement humain (IDH). Il
prend en compte trois dimensions du développement à savoir:

 la longévité et de la santé,
 l'instruction et l'accès au savoir,
 le niveau de vie.

24
2.2 Le lien entre démographie et développement
2.2.1 L’approche traditionnelle

Le lien entre la démographie et le développement oppose deux visions : Premièrement, la


vision malthusienne dans sa version moderne, dite néo-malthusienne, qui insiste sur la
capacité limitée de la terre à accueillir des êtres humains, à travers la notion de capacité de
charge. Deuxièmement, la vision populationniste, de plus en plus contestée, mais qui reste
au cœur de l'approche contemporaine de la croissance économique.

a. La vision malthusienne

Selon les théories malthusiennes et néo-malthusiennes, c’est l’excès de la croissance de la


population par rapport aux ressources disponibles qui empêche chaque individu de la planète
d’avoir un niveau de vie décent et en augmentation. À l’époque où MALTHUS publiait la
première édition de l’Essai sur le principe de population (1798), la terre comptait un peu plus
de 1 milliard d’habitants dont les deux tiers, déjà, étaient en Asie. Deux siècles plus tard, il y a
6,5 fois plus d’habitants sur la planète. La préoccupation de MALTHUS concernant la
surpopulation est plus que jamais d’actualité : à savoir la crainte de la surpopulation mondiale.
Les théories modernes qui expriment cette crainte et qui prônent le contrôle des naissances
pour éviter de voir la planète courir à sa perte sont nombreuses et nous allons maintenant en
étudier les variantes les plus connues.

b. La vision populationniste

Un siècle avant MALTHUS, Jean BODIN (1530-1596), avait incarné l’optimisme


populationniste des mercantilistes en écrivant la phrase célèbre : « Il n'est de richesse ni de
force que d'hommes ».

Pour les économistes non malthusiens, la croissance démographique est avec le progrès
technique les deux sources de croissance économique. Ceci est illustré par le modèle le
plus connu de la théorie de la croissance économique, aussi appelé « Modèle de SOLOW-
SWAN ». C’est dans un article publié en 1956, intitulé « A Contribution to the Theory of
Economic Growth » (Contribution à la théorie de a croissance) que Robert SOLOW a montré
que la croissance à long terme était conditionnée par deux facteurs : la croissance de la
population et la croissance du progrès technique.

2.2.2 L’analyse contemporaine

L’évolution de la population peut dans certains cas entrainer un déséquilibre global entre offre
et demande :le cas d’un chômage keynésien. Dans un autres cas de figure, elle peut se
traduire par un déséquilibre dans les mécanismes de formation des salaires : le type classique.

Toutefois, quel que soit le cas de figure, ces déséquilibres engendrés ont une incidence sur le
niveau de développement économique des nations.

a. Déséquilibre global entre offre et demande :le cas d’un chômage keynésien

Examiner l’impact des changements démographiques sur le niveau de chômage, c’est


examiner l’impact relatif des changements démographiques sur l’offre et sur la
demande de travail. On ne reviendra que brièvement sur le premier, qu’on supposera
relativement mécanique. On sait bien sûr que le rapport peut être relativement élastique entre
évolution démographique de la population en âge de travailler et évolution de la population
active, sous l’effet de variations des taux d’activité. Mais E. Nauze-Fichet insiste sur le fait que

25
cette élasticité ne suffit pas à elle seule à remettre durablement en cause la rupture de
croissance prévue pour les années à venir, qui peut résulter essentiellement du basculement
vers la retraite des générations du type du baby-boom.

Pour elle, Ce sont au plus, le moment ou l’ampleur de ce retournement qui peuvent être
modifiés, mais il est certain que la longue période de croissance régulière de l’offre de travail
à laquelle on a assisté depuis les années 1960 va progressivement prendre fin, et céder, au
mieux, la place à une situation de stabilité ou de faible décroissance.

Examiner l’incidence de ce même retournement démographique sur la demande de


travail des entreprises est plus complexe. En première approximation, la démographie a
un impact simple sur la demande de biens et services. Si chaque individu a la même
consommation, alors on doit s’attendre à un ralentissement des dépenses totales de
consommation proportionnel au ralentissement de la croissance de la population totale. Si ce
dernier est moins rapide que le ralentissement de la croissance de la population active, ce qui
sera le cas au cours des décennies à venir, alors cela signifie que la demande adressée à
chaque actif est croissante.

Sauf accélération de la productivité, ce différentiel de croissance entre demande de


biens et offre de travail est favorable à la résorption du chômage.

b. Déséquilibre de type classique : le rôle des mécanismes de formation des salaires

Dans le cadre de ce cours, cette partie est réservée pour un exposé par groupe de 3
personnes.

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