Cours de Demographie 2021
Cours de Demographie 2021
INITIATION A LA DEMOGRAPHIE
ECONOMIQUE
"Il n’est de force et de richesse que d’hommes". Cette formule très humaniste mais également
très réaliste de Jean Bodin (1576) montre l’intérêt accordé à la notion de population dès le
16e siècle, et plus généralement aux sujets touchant la démographie.
Ce cours est une introduction aux outils de l’analyse démographique, appliqués aux problèmes
économiques. Il a pour objet d’initier les étudiants à l'apprentissage de l'analyse
démographique par l'étude des manifestations annuelles des phénomènes démographiques
et l'analyse des structures de population.
De manière plus précise, les objectifs visés par ce cours sont les suivants:
Dans ce cours les concepts de base en démographie tels que natalité, fécondité, mortalité et
nuptialité ainsi que les différents schémas en démographie notamment la pyramide des âges
et diagramme de Lexis seront abordés.
Les différents thèmes se base sur plusieurs méthodes sont présentés en classe, sous forme
de cours magistraux. De plus, la présentation s’appuie sur un support de cours distribué aux
étudiants. Afin d'en tirer largement profit et optimiser le temps, les étudiants devront lire à
l'avance le support et bien d’autres documents relatifs à la démographie. Pour permettre aux
étudiants de consolider leurs acquis, les exercices et travaux pratiques (séance de travaux
pratiques, exercices supplémentaires) leur seront proposés
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CHAPITRE 1 : INTRODUCTION A LA DEMOGRAPHIE
"Il n’est de force et de richesse que d’hommes". Cette formule très humaniste mais également
très réaliste de Jean Bodin (1576) montre l’intérêt accordé à la notion de population dès le 16e
siècle, et plus généralement aux sujets touchant la démographie. Dans ce chapitre, l’objectif
poursuivi consiste à définir les concepts de base, l’origine et le champ d’application de la
démographie d’une part, et d’aborder les grands problèmes de démographie contemporains
d’autre part.
Dans cette partie nous allons définir la démographie et les concepts de bases qui se rattachent
à cette notion.
a. Démographie
De l’ancien grec, (Demos : peuple et graphein : écrire), la démographie est définie par le
dictionnaire multilingue des Nations Unies comme une science ayant pour objet l’étude des
populations humaines en ce qui concerne leur dimension, leurs structures, leur évolution ainsi
que de certains de leurs caractères généraux. Cette étude est envisagée d’un point de vue
principalement quantitatif.
b. Population
La population présente (ou de fait) est définie comme l’ensemble des personnes humaines
se trouvant à un instant donné dans un territoire bien délimité (reconnu internationalement).
Quant à la population résidente (ou de droit), elle est définie comme l’ensemble de
personnes humaines résidant (habituellement) à un instant donné dans un territoire bien
délimité (reconnu internationalement).
On note que les deux définitions s’accordent quant à la référence spatiale et temporelle d’une
population. En revanche, les deux définitions se distinguent quant à la nature de la relation
liant les personnes concernées avec le territoire spécifié. Alors que la première définition exige
une présence physique sur ce territoire des personnes composant la population, la deuxième
impose que ces personnes disposent d’une résidence légale dans le territoire en question.
C’est ainsi, par exemple, que les touristes venant passer le réveillon de l’année 2015 dans un
hôtel à Bingerville font partie de la population de la Côte d’Ivoire en cette date selon la première
définition mais y sont exclus en suivant la seconde définition et inversement.
Officiellement on retient la deuxième définition. C’est en particulier cette définition qui est
appliquée lors des recensements généraux réalisés par les instituts gouvernementaux de
statistique. Le caractère légal d’une part, et le fait qu’elle induit une évolution de la population
peu sensible aux fluctuations conjoncturelles d’autre part, sont les principales raisons qui ont
conduit les praticiens à adopter la seconde définition.
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c. Génération et cohorte
Une génération est définie comme l’ensemble de personnes nées au cours d’une même
année civile (du premier Janvier au 31 Décembre). Ainsi, la génération 2000 par exemple est
définie par l’ensemble de personnes nées entre le premier Janvier 2000 au 31 Décembre
2000. Quant à une cohorte, elle est définie par l’ensemble de personnes ayant vécu un même
événement (démographique) au cours d’une année (cohorte des mariages de 1980).
On note qu’une génération est en fait une cohorte particulière. En analyse démographique, on
s’intéresse souvent aux générations et cohortes du fait qu’elles constituent des ensembles
assez homogènes de personnes. Les analyses conduites notamment en termes de
comportement démographiques trouvent alors toute leur signification.
L'âge en années révolues est le nombre d'années entièrement écoulées depuis la naissance
d'un individu. Exemple : Monsieur X à 21 ans. On ne précise pas le nombre de mois, ni de
jours.
L'âge exact est la durée écoulée depuis la naissance, durée exprimée le plus précisément
possible. C'est l'âge révolu, plus le nombre de mois, de jours et d'heures (voire de minutes,
etc.) écoulés depuis le dernier anniversaire.
Âge exact = âge révolu + temps écoulé entre le dernier anniversaire et la date actuelle
Cette distinction est d’un grand intérêt pratique. En effet, en cherchant à étudier le
comportement démographique d’un ensemble de personnes ayant le même âge exact, on
risque de tomber sur un ensemble numériquement négligeable. En revanche, l’ensemble de
personnes ayant le même âge révolu constitue en général une partie assez importante de la
population.
De tout temps, l’on s’est intéressé au « chiffrage » des populations. L’objet de cette pratique
était tant économique que militaire. Nous verrons dans cette partie les origines et les premiers
démographes.
Il y a plus de 5 000 ans : la Chine, l'Égypte ou l'Assyrie réalisaient des recensements. Ces
recensements étaient effectués pour des raisons fiscales et pour des raisons militaires car une
population nombreuse signifiait une puissance militaire. Il est très significatif de noter par
exemple que c'est le deuxième recensement de l'Empire romain, ordonné par l'empereur
Auguste, qui a permis de connaître les circonstances de la naissance de Jésus-Christ.
L'anglais John GRAUNT (1620-1674) est le premier auteur qui a réellement fait de l'analyse
démographique au sens moderne sans toutefois en employer le mot. Son étude des bulletins
de mortalité de la ville de Londres est demeurée célèbre. C’est afin d'essayer de mettre au
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point un système pour prévenir l'apparition de la peste dans Londres qu’il analysa ses bulletins
et se livra aux premières estimations de la population d'une ville sur des bases statistiques.
Ce travail lui valut d'être élu à la Royal Society en 16646.
Un siècle plus tard, c'est le pasteur et démographe prussien Johann Peter SÜSSMILCH
(1707-1767) qui publie en 1741 un ouvrage révélateur des préoccupations des premiers
démographes : "L'ordre divin dans les changements de l'espèce humaine, démontré par la
naissance, la mort et la propagation de celle-ci". Il essaye en fait de trouver la preuve de
l'existence de Dieu dans les méandres de la démographie.
Thomas Robert MALTHUS (1766-1834) publie en 1798 l' « Essai sur le principe de population
». C'est à compter de la publication de ce livre que les préoccupations de démographie
économique vont constituer un champ de réflexion à part entière. Question typiquement
économique posée dans cet ouvrage : l'augmentation de population est-elle bénéfique ou non
pour la société et l'économie ? MALTHUS répond par la négative : pour lui, la reproduction
naturelle des animaux et des plantes n'a pas de limites. En revanche, la progression des
ressources est quant à elle beaucoup moins rapide. Pour résumer, la population croît comme
une progression géométrique, alors que les subsistances croissent de façon arithmétique : tel
est l'essentiel du message de MALTHUS.
Cette discipline qui s’appuie va essayer de produire des analyses qualitatives dans des
domaines très variés (qui dépassent même les sujets économiques, historiques et sociaux).
Voyons quelques exemples.
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En conclusion, tout ce qui naît et évolue dans le temps (sans nécessairement mourir,
contrairement aux populations humaines) peut faire l’objet d’une étude démographique.
2. Les grands problèmes de démographie contemporains
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Source : Wikipedia et projections de la division de la population des Nations-Unies.
Le financement des systèmes de santé, sachant que le poids des dépenses de santé
augmente avec l’âge. Dans tous les pays développés, on constate une forte
augmentation des dépenses de santé. Cette augmentation est due en partie au
vieillissement des populations.
La prise en charge des inactifs par les actifs par l’intermédiaire des systèmes de retraite
par répartition (système dans lesquels ce sont les actifs qui financent les retraites des
inactifs). Avec l’allongement de la durée de la vie, le financement des retraites est
menacé surtout dans les pays où les retraites sont financées par un système dit « de
répartition », c’est-à-dire un système dans lequel ce sont les actifs qui paient les
retraites des retraités.
Le tableau ci-dessous, extrait d'un rapport de l'ONU, donne l'âge médian mondial et par région,
ainsi que son évolution dans le temps.
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compréhensible que ces sciences s’échangent entre elles des données et des résultats selon
l’optique démographique
.L’analyse démographique qui nous intéresse dans ce cours consiste en une description
quantifiée des faits démographiques. Ces faits sont observables dans le temps. L’unité du
temps est généralement l’année. Pour réaliser une analyse démographique, l’on a besoin de
données et d’outils.
Ces deux composantes de l’analyse démographique sont examinées dans ce qui suit. Au
préalable, une distinction courante dans les sciences sociales entre deux types d’analyse est
présentée.
3.2.1 Les deux types d’analyse démographique
Les faits humains sont repérables dans le temps et dans l’espace. Des faits de même nature
peuvent être observés à un temps donné sur plusieurs espaces comme ils peuvent être
également observés sur plusieurs temps dans un seule espace. La dimension espace est à
prendre dans son sens le plus général et non pas seulement au sens géographique du terme.
a. L’analyse transversale
b. L’analyse longitudinale
On procède à une analyse longitudinale lorsqu’on observe dans le temps les différents
événements auxquels est soumise une génération déterminée.
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c. Illustration
Afin d’illustrer ces deux types d’analyse, considérons l’exemple suivant : Supposons que l’on
cherche à estimer le nombre moyen d’années passées par un étudiant dans une école
d’ingénieur. Supposons que selon la réglementation en vigueur, le nombre d’années passées
dans une école d’ingénieur varie entre 3 et 5 (2 ans maximum de redoublement). Pour calculer
ce nombre moyen d’années, on peut procéder selon deux méthodes :
Dans la pratique, les deux types d’analyses se complètent. L’analyse longitudinale est à priori
plus pertinente parce que du fait qu’elle concerne qu’une seule génération elle a plus de
chance de relever les rapports cachés entre les phénomènes observés. Elle est cependant
difficile à mettre en œuvre du fait qu’elle demande souvent beaucoup de temps. Quant à
l’analyse transversale, elle présente au contraire l’avantage d’être facile à réaliser puisqu’elle
n’exige qu’une ou quelques années d’observations. En revanche, en considérant plusieurs
générations à la fois et donc plusieurs comportements à la fois, elle risque d’aboutir à des
résultats insignifiants.
La démographie étant une étude quantitative, elle procède ainsi à un traitement approprié des
données préalablement collectées. Les types de données traitées et les sources auprès des
quelles ces données sont collectées sont examinés dans ce qui suit.
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Les données relatives à l’état d’une population : Ces données ont trait à la taille de
la population ainsi que de celle d’un certain nombre de sous populations significatives
(population féminine et population masculine, population urbaine et population rurale, jeunes,
adultes et vieillards, etc.). Elles sont ainsi observables à un instant donné.
Les données relatives au mouvement d’une population : Il s’agit de données
quantifiant l’ampleur des faits démographiques ayant une incidence directe sur le mouvement
de la population. Les données concernant le nombre de naissances et le nombre de décès
enregistrés au cours d’une certaine année sont des exemples de données concernant le
mouvement d’une population. Ce sont des données de type flux en ce qu’elles sont enregistrés
sur une période en l’occurrence l’année.
En Côte d’Ivoire, c’est l’Institut National de Statistique (INS) qui est chargé du traitement des
données de base et leur publication sous forme de données directement utilisables par les
démographes. Les données de base sont habituellement puisées dans plusieurs sources dont
notamment les recensements généraux de la population, les registres administratifs de l’état
civil et de la migration.
4. Utilité de la démographie
L'avenir des peuples est conditionné par leur démographie, on fera donc ressortir ici le rôle de
la démographie dans 2 domaines : celui de la connaissance des sociétés et celui processus
de décision économique et les choix de société.
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4.1 la connaissance des sociétés
la connaissance des sociétés serait réduite à des spéculations basées au mieux sur
l’extrapolation de données locales, nécessairement fausses.
Le niveau de la croissance démographique mondiale actuelle serait peut-être
surestimée et nourrirait davantage encore les fantasmes totalitaires.
Le problème du vieillissement démographique, relativement nouveau mais très
préoccupant, passerait sans doute inaperçu, tout comme ses conséquences sur les
politiques de l’emploi et l’avenir des systèmes de retraite par capitalisation.
Enfin, comme nous allons le voir, la démographie est-elle une science au service des
autres sciences sociales qu’elle nourrit par les chiffres qu’elle leur fournit.
De nos jours, la plupart des instituts étatiques de statistique réservent une place de choix pour
les données démographiques. C’est parce que ce type de données et leur exploitation
présentent un outil d’aide à la décision très précieux pour les responsables gouvernementaux.
Ceux-ci ont en particulier une politique économique et une politique sociale à conduire les
quelles politiques ne puissent se définir sans une connaissance précise de l’état et de
l’évolution prévisible de la population.
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CHAPITRE 2 : LES OUTILS DE L'ANALYSE DEMOGRAPHIQUE
« Analyser, c’est décomposer un tout en ses parties ». L’observation des faits fournit des
données brutes qui sont le résultat de nombreux facteurs. En traitant les données numériques
d‘observation, l’analyse permet de comprendre comment les phénomènes se déroulent et
s’enchaînent. Dans ce chapitre, il sera question d’exposer les outils nous permettant
d’apprécier les phénomènes démographiques.
1 - L'accroissement démographique
La croissance démographique résulte du jeu des facteurs suivants : naissances, décès et
mobilité géographique (solde migratoire). Ces trois facteurs sont donc responsables de
l'évolution du nombre et de la composition d'une population.
Il n'est cependant pas toujours nécessaire ou possible d'effectuer cette décomposition et l'on
se contente souvent, d'étudier l'évolution globale d'une population sur une ou plusieurs
périodes. Pour cela, l’on est amené à calculer les grandeurs suivantes :
L'accroissement total (ou variation totale) de population est la variation de l'effectif d'une
population au cours de l'année, qu'il s'agisse d'une augmentation ou d'une diminution. C'est la
somme de la population en début d’année, l'accroissement naturel et du solde migratoire.
Exemple :
Population en début d’année 2007 + (Naissances en 2007 – Décès en 2007) + solde migratoire
évalué en 2007 = Population en début 2008.
C’est-à-dire : 63 392 000 + (816 500 – 526 500) + 71 000 = 63 753 000
Ce qui fait un accroissement global de : 63 753 000 - 63 392 000 = 361 000
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Où Pt est la population considérée à l'année t (au premier janvier de l'année) et P0 la
population considérée à l'année 0. "Ln" est le logarithme naturel. Le chiffre n est le taux de
croissance annuel moyen sur la période. On exprime parfois la formule différemment sous la
forme :
𝑷𝒕 = 𝑷𝒐 𝒆𝒏𝒕 , où le "e" vaut approximativement 2,71828.
𝟏
𝑷 𝒕
Il est également possible d’utiliser la formule suivante n = 𝐥𝐧 (𝑷 𝒕 ) -1
𝒐
La formule peut s’écrire aussi : 𝑷𝒕 = 𝑷𝒐 (𝟏 + 𝒏)𝒕
Exercice :
Comparons les résultats donnés par les deux formules dans le cas de la population mondiale,
où l'on a P2005 = 6 464 747 000 et P2000 = 6 085 572 000, avec t=0 pour P2000 et t = 5 pour P2005.
La pyramide des âges est un outil de l'analyse démographique plus célèbre encore que le
graphique de LEXIS (et surtout plus populaire !). C'est en fait un double histogramme qui
indique la composition d’une population par classes d’âges et par sexe, à un moment donné.
Ce « cliché instantané » que fournit la pyramide des âges d’une population donne des
indications précieuses sur le poids relatif des jeunes et des vieux, des hommes et des femmes.
La pyramide des âges est à la fois un condensé de l'histoire des générations présentes et
passées et une base pour anticiper les évolutions à venir. La structure du moment reflète en
effet les tendances séculaires de la natalité, de la mortalité aux différents âges et de la
longévité, les accidents de l'histoire, les inégalités devant la mort, les conséquences
migratoires de la conjoncture économique, etc.
L'analyse d'une pyramide des âges doit être menée avec prudence.
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3 – le taux de masculinité
3.1 Définition
C'est le rapport, à une certaine date, entre le nombre d'hommes et le nombre de femmes dans
une population donnée. Il peut se calculer globalement ou par groupe d'âges. La formule de
calcul est :
𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑′ ℎ𝑜𝑚𝑚𝑒𝑠
𝑇𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑀𝑎𝑠𝑐𝑢𝑙𝑖𝑛𝑖𝑡é = 𝑥 100
𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒𝑠
Pour être précis, il faut distinguer :
• le taux de masculinité à la conception,
• le taux de masculinité à la naissance
• le taux de masculinité global (tous âges confondus)
• Les taux de masculinité aux différents âges.
Le taux de masculinité à la conception, appelé taux de masculinité primaire, est environ
105 pour l’espèce humaine. Le taux de masculinité à la naissance, appelé taux de
masculinité secondaire, varie selon les pays, principalement en raison de la pratique de
l’infanticide à l’égard des filles dans certains pays comme la Chine et l’Inde. En France, il est
de 105. En Chine, ce taux est de 120.
La liste des pays par taux de masculinité présente le nombre d'hommes pour cent femmes
dans la population de chaque pays du monde. L'écart du sex-ratio suivant les pays peut
s'expliquer par de multiples facteurs, comme la différence d'espérance de vie selon les sexes,
les migrations, les guerres ainsi que les avortements sélectifs et les infanticides,
principalement féminins. La figure ci-après nous donne l'évolution du taux de masculinité dans
le monde en 2015.
Source : Wikipedia
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4-Les ratios de dépendance
b. Soit on veut savoir combien il y a de personnes d'âge actif par personne jeune
et on calcule le rapport inverse:
Le ratio de dépendance des personnes âgées se mesure par le rapport entre la population
des 65 ans et plus et la population des personnes âgées de 25 à 64 ans, ou bien l'inverse. Si
on multiplie ce ratio par 100, on obtient un "taux" de dépendance de personnes âgées. On a
donc en fait deux possibilités d'exprimer le calcul.
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a. Soit on veut connaître la proportion des personnes âgées et on calcule le rapport
des 65 ans et plus au 15-64 ans :
b. Soit on veut savoir combien il y a de personnes d'âge actif par personne âgée et
on calcule le rapport inverse
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 15 𝑒𝑡 64 𝑎𝑛𝑠
𝑟=
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑑𝑒 65 𝑎𝑛𝑠
Dans le cas de notre population de 62 500 000 habitants, cela fait : (25 000 000 / 30 000
000)=0,83. Autrement dit, si l'on multiplie par 100, cela fait 83 actifs pour 100 personnes âgées.
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑑𝑒 65 𝑎𝑛𝑠 + 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑚𝑜𝑖𝑛𝑠 𝑑𝑒 15 𝑎𝑛𝑠
𝑟=
𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑎𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 15 𝑒𝑡 64 𝑎𝑛𝑠
Dans le cas de notre population fictive de 62 500 000 habitants, cela fait : (25 000 000 / (7 500
000 + 30 000 000)= (25/37,5)=0,666
Autrement dit, si l'on multiplie par 100, cela fait 67 actifs pour 100 inactifs.
5 - Natalité et fécondité
5.1 Le taux de natalité
Le taux de natalité, parfois désigné sous l'appellation taux brut de natalité, est égal au nombre
des naissances vivantes de l'année N, divisé par la population en milieu d'année, multiplié par
1000 :
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𝑛𝑎𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑐𝑒𝑠 𝑣𝑖𝑣𝑎𝑛𝑡𝑒𝑠 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙′𝑎𝑛𝑛é𝑒
Taux de natalité = 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑒𝑛 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑒𝑢 𝑑′𝑎𝑛𝑛é𝑒
x 1000
5.2 La fécondité
Il se calcule en divisant les naissances vivantes d’une année donnée par la population en
milieu d’année des femmes en âge de procréer (âges de 15 à 50 ans, sachant qu'il peut y
avoir quelques exceptions) et en multipliant par 1000.
Pour obtenir le taux de fécondité par âge on divise le nombre de naissances issues de femmes
d’un âge donné par le nombre de femmes de cet âge.
Par exemple : Taux de fécondité des femmes de 20 ans Naissances issues des femmes de
20 ans / femmes de 20 ans Le taux de fécondité par âge est généralement exprimé en « pour
mille »
Bien que la reproduction à l'identique des populations ne soit plus assurée dans la majorité de
l'humanité, la population mondiale continue d'augmenter et devrait augmenter jusqu'en 2050.
Ce phénomène est appelé l'élan démographique. Il s'explique pour deux raisons :
La première raison est liée à une fécondité antérieure élevée par l’intermédiaire d'un
effet de taille de niveau. En effet, la fécondité antérieure a été forte, puis que le nombre moyen
d'enfant par femme a chuté sous le seuil des 2,1. La population ne diminue pas
nécessairement tout de suite, les naissances peuvent en effet rester supérieures aux décès.
C'est l'effet de taille, que l'on désigne ici par l'expression "élan démographique"
La seconde raison est liée à un recul de la mortalité aux différents âges. Même si la baisse de
la fécondité se traduit une baisse des naissances, cette baisse des naissances peut être
compensée par une baisse plus grande encore de la mortalité, au moins pendant quelques
années.
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6 .1 Longévité
L'indicateur le plus simple pour apprécier les progrès de la lutte pour la vie (ou contre la mort)
est le taux de mortalité. Il peut se calculer de plusieurs façons qui donnent des informations
complémentaires sur les différents fronts de la lutte contre la mort.
𝐷é𝑐è𝑠 à 𝑙’𝑎𝑛𝑛é𝑒 𝑡
Taux brut de mortalité= 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑒𝑛 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑒𝑢 𝑑’𝑎𝑛𝑛é𝑒 𝑥1000
Les taux bruts précédents intègrent les éventuels "accidents" dont l'espèce humaine est
victime : guerres, épidémies, catastrophes naturelles. Les chiffres révèlent que ces accidents,
bien que trop nombreux, sont restés relativement limités dans la seconde moitié du 20ème
siècle. Les 50 millions de morts de la seconde guerre mondiale (chiffre énorme, à comparer
avec les 80 millions de personnes qui naissent annuellement dans le monde dans les années
2000), n'apparaissent pas directement dans le tableau, qui ne commence qu'en 1950-55.
Lorsqu'on peut étudier une cohorte de personnes depuis leur naissance la même année
jusqu'à l'extinction de la cohorte (autrefois 100 ans, aujourd'hui 120 et même plus), on
regroupe les données dans une table de mortalité de la génération. La table peut être
constituée au fur et à mesure des décès, mais elle ne sera complète qu'une fois que tous les
membres de la cohorte seront décédés. Cette table comprend 4 colonnes comme ci-dessous
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La table de mortalité de la génération peut être mise sous forme d’un graphique de LEXIS. Par
exemple, s’il s’agit d’une cohorte de 100 000 enfants nés en 1996, le début de la cohorte
correspond au graphique suivant :
8 - L'espérance de vie
8.1 Définition
Exemple de calcul
Pour calculer l'espérance de vie à la naissance ou à n'importe quel âge, il suffit de connaître
la répartition par âge (et par sexe) des décès. Il faut donc avoir accès à la table de mortalité
du moment.
Il suffit de calculer la moyenne des âges au décès. Comme les décès ont lieu tout a long de
chaque âge les 1100 décédés à l'âge 0 se répartissent sur un intervalle d'un an. On fait donc
l'hypothèse (fausse) que les 1100 décédés se répartissent uniformément sur l'intervalle d'un
an. Ceci nous amène à définir des centres de classe
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Age x au moment du Centre de classe Nombre de décès à
x*. ni
décès (en années) d’âge x (x*) l’age x (ni)
0 0,5 1100 550
1 1,5 500 750
2 2,5
---
---
120 120,5 1 120,5
Total Total 100 000
On fait ensuite la somme des x* . ni et l'on divise par l'ensemble des décès de l'année. On
obtient alors un nombre moyen d'années vécues. Pour calculer l'EDV à différents âges, il suffit
de refaire le calcul en ne considérant que les décès à partir d'un certain âge.
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CHAPITRE 3 : LE DIAGRAMME DE LEXIS
Le diagramme de LEXIS est un graphique qui permet de caractériser une cohorte à partir de
3 variables démographiques sur un plan à deux dimensions : ces trois dimensions sont
l'âge, le moment de naissance et une date quelconque, par exemple la date de décès ou
celle du mariage. Dans ce chapitre, il sera question d’indiquer les origines de ce graphique
d’une part, et d’exposer la technique de son élaboration d’autre part.
2. L'élaboration du graphique
2.1 Signification des axes et localisation d'événements
Il s’agit d’un diagramme en plan dont, le plus habituellement, les axes des abscisses et des
ordonnées supportent respectivement le temps et l’âge.
Sur ce diagramme, il est évidemment possible de repérer des évènements en fonction des
deux coordonnées figurant sur les axes (comme c’est le cas dans n’importe quel type de
diagramme cartésien), mais aussi, en plus, en fonction d’une troisième coordonnée, le moment
de naissance (cf figure 1.a). Un âge exact et une date se traduisent respectivement par une
horizontale et une verticale et une date de naissance, par une oblique.
20
2.2 Repérage des effectifs d’une cohorte
Exemple 1 : Génération
21
Exemple 2 : Population dite « moyenne » ou plus exactement la population
en milieu d’une période :
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CHAPITRE 4 : DEMOGRAPHIE, MARCHE DU TRAVAIL ET DEVELOPPEMENT
Introduction
Cette catégorie varie selon la définition de la scolarité obligatoire et l’âge du départ à la retraite
(celui-ci varie dans le temps et d’un pays à l’autre selon les statuts et les professions). Dans
les comparaisons internationales, c’est généralement la plage 15-64 ans qui est retenue. Le
nombre de ces personnes dépend directement de la démographie et, c’est sur cette catégorie
de la population que repose principalement la charge d’entretenir la population totale (ceux de
moins de 15 ans) et ceux de plus de 64 ans).
b. La population active
qui déclarent exercer une activité professionnelle : ce sont les actifs occupés. Quand
on emploi l’expression « emploi », c’est à cette catégorie que l’on se réfère.
qui déclarent chercher à exercer une activité professionnelle Ce sont les chômeurs.
c. La population inactive
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La connaissance de ces catégories : population totale, population active, chômage et
population en âge de travailler permet de calculer des taux qui reviennent sans cesse dans le
discours économique, social et politique.
C’est le rapport entre ceux qui déclarent exercer une activité professionnelle emploi (actifs
occupés) et ceux qui sont en âge de travailler (15-64), exprimé en pourcentage. Il n’inclut pas
les chômeurs.
b. Le taux d’activité
C’est le rapport entre les actifs (qui déclarent exercer une activité professionnelle ou chercher
à en exercer une) et ceux qui sont en âge de travailler (15-64), exprimé en pourcentage. Ce
taux inclut donc les chômeurs.
c. Le taux de chômage
C’est le rapport entre les actifs qui déclarent chercher à exercer une activité et la population
active, exprimé en pourcentage.
2. Démographie et Développement
b. La mesure
Le développement d’une nation est apprécié par l’indice de développement humain (IDH). Il
prend en compte trois dimensions du développement à savoir:
la longévité et de la santé,
l'instruction et l'accès au savoir,
le niveau de vie.
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2.2 Le lien entre démographie et développement
2.2.1 L’approche traditionnelle
a. La vision malthusienne
b. La vision populationniste
Pour les économistes non malthusiens, la croissance démographique est avec le progrès
technique les deux sources de croissance économique. Ceci est illustré par le modèle le
plus connu de la théorie de la croissance économique, aussi appelé « Modèle de SOLOW-
SWAN ». C’est dans un article publié en 1956, intitulé « A Contribution to the Theory of
Economic Growth » (Contribution à la théorie de a croissance) que Robert SOLOW a montré
que la croissance à long terme était conditionnée par deux facteurs : la croissance de la
population et la croissance du progrès technique.
L’évolution de la population peut dans certains cas entrainer un déséquilibre global entre offre
et demande :le cas d’un chômage keynésien. Dans un autres cas de figure, elle peut se
traduire par un déséquilibre dans les mécanismes de formation des salaires : le type classique.
Toutefois, quel que soit le cas de figure, ces déséquilibres engendrés ont une incidence sur le
niveau de développement économique des nations.
a. Déséquilibre global entre offre et demande :le cas d’un chômage keynésien
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cette élasticité ne suffit pas à elle seule à remettre durablement en cause la rupture de
croissance prévue pour les années à venir, qui peut résulter essentiellement du basculement
vers la retraite des générations du type du baby-boom.
Pour elle, Ce sont au plus, le moment ou l’ampleur de ce retournement qui peuvent être
modifiés, mais il est certain que la longue période de croissance régulière de l’offre de travail
à laquelle on a assisté depuis les années 1960 va progressivement prendre fin, et céder, au
mieux, la place à une situation de stabilité ou de faible décroissance.
Dans le cadre de ce cours, cette partie est réservée pour un exposé par groupe de 3
personnes.
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