Thème: Entre Le Mythe Et La Réalité de HIZYA Dans HIZYA de Maissa Bey
Thème: Entre Le Mythe Et La Réalité de HIZYA Dans HIZYA de Maissa Bey
Mémoire de Master en
Littérature générale et comparée
Thème
Entre le mythe et la réalité de HIZYA dans «
HIZYA » de « Maissa Bey »
Présenté par :
- KACEM Lamia
- KOUIDER Sarah
Sous la direction de:
Dr. MOKHTARI Fatima
Membres du jury:
Président : MIHOUB Kheira Université de Tiaret
Examinateur : DIB Fethi Université de Tiaret
Tout d’abord, nous remercions le Dieu, notre créateur de nous avoir donné la
force, la volonté et le courage afin d’accomplir ce modeste travail.
Nos remerciements vont également aux membres du jury, qui nous ont fait le
grand honneur de lire et d’évaluer notre travail.
3
Dédicace
À ma chère mère
À mon homme
À mes frères
À ma sœur
À mes camarades
4
Dédicace
À ma mère
À mon père
À mes sœurs
À mon frère
À toute ma famille
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Sommaire
Introduction
Chapitre I
Présentation du corpus&&&&&&&&&&&&&&&&&.11
Chapitre II
Etude du roman&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&19
Chapitre III
Conclusion&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..55
Bibliographie&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..58
6
Introduction
7
Introduction
Introduction
Hizya une jeune fille âgée de vingt trois ans. Elle vit avec ses parents sous l’œil
attentif de ses frères, elle travaille dans un salon de coiffure après avoir obtenu son
diplôme comme traductrice de la fac, mais qu’elle n’a pas trouvé du travail
correspondant à ses études, une fille comme toutes les filles de son âge, elle rêve d’une
grande histoire d’amour comme celle de la légende Hizya, la fille d’Ahmed Bent El
Bey, une jeune bédouine du XIX siècle que le destin a pris à la fleur de l’âge, son
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Introduction
histoire d’amour avec Sayad, grand cavalier. Ce couple a vécu une belle histoire
d’amour couronnée par un mariage. Malheureusement, la jeune fille Hizya est morte à
l’âge de vingt trois ans dans les bras de son amoureux, sa mort restera jusqu'à nos jour
une énigme et une mort mystérieuse.
Le roman de Maissa Bey Hizya raconte une histoire qui représente les filles
Algériennes de cette époque, des filles qui rencontrent des obstacles de société,
chômage, coutumes et les yeux de leurs entourage, Maissa Bey nous a montré une
image d’une fille qui s’est revolé contre les tabous de sa société et qui a réussi à
trouver l’amour qui a toujours rêvé qui reprend cette ancienne légende du XIX siècle.
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Introduction
Nous avons choisi de travailler sur ce corpus parce que nous étions motivés par
la légende écrite par Mohamed Ben Guitton, la superbe histoire d’amour malgré les
coutumes de cette époque et son influence sur le personnage principal du roman de
Maissa Bey. Et aussi parce que Maissa Bey a sa propre vision sur la place que doit
tenir la femme dans la société Algérienne.
L’histoire légendaire de Hizya avait un grand reflet sur la vie de Hizya actuelle
celle du récit de Maissa Bey, est ce que sera le cas pour d’autres filles qui ont des
difficultés pareilles à celles deHizya ?
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Chapitre I : Présentation du corpus
Sommaire
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Chapitre I
Présentation du corpus
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Chapitre I
Présentation du corpus
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Chapitre I
Présentation du corpus
Hizya est une passion, dans ce roman visité par le magnifique poème du Hizya,
Maissa Bey dresse avec justesse le portrait de la jeune fille d’aujourd’hui, qui
s’interroge sur sa capacité à écouter ses désirs et à se transcender son quotidien, son
cesse rattrapé par ses doutes et son milieu, une mère conformiste, un père qui s’est
rattaché ses valeurs traditionnels, maudissant ce qu’est devenu le monde
d’aujourd’hui.
Sous l’œil attentif de ses frères Abd El Kader et Boumedien, Hizya adapte et
réécrit le scénario de sa vie au fil des jours, tourmentée par une voix intérieure qui la
pousse dans ses retranchements. Hizya aussi entre fantasme et réalité transgressée ou
se réaliser, rentrer dans les rangs ou se révolter, comment concilier envie de liberté et
réalité du quotidien.
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Chapitre I
Présentation du corpus
«Il s’agit d’une Histoire d’amour passionnelle imaginée, mais basée sur des
faits supposés réels, entre la jeune Hizya et son cousin, recueilli tout jeune orphelin par
son père. Dans son invention, l’éditeur a rappelé la singularité de cette fresque
littéraire »¹.
Hizya, fille d’Ahmed Ben el Bey était amoureuse de son cousin Sayed, orphelin
accueilli dés sa tendre enfance par son oncle, puissant notable de la tribu et père de
Hizya.
La cause de son décès fut et reste encore une énigme. Le poème ne nous révèle
rien sinon qu’elle fut subite. Un mal soudain entre deux haltes, à Oued Tell au retour
de la tribu de son séjour saisonnier dans le Nord.
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Chapitre I
Présentation du corpus
La vérité, bien sur, on ne la saura jamais ! Sayed eut recours, trois jours après la
mort de Hizya, aux services du poète Benguitoun pour écrire un poème à la mémoire
de son bien aimé.
Plus tard, d’après certains dires, le malheureux cousin s’exilera loin de sa tribu
et vivra en solitaire dans l’immensité du désert des Ziban jusqu’à sa mort.
Quoiqu’il en soit, le poème est là pour témoigner de cet amour fou qu’avait
porté un jeune homme pour une jeune femme qui valait, à ses yeux, tout ce qu’il y
avait de précieux en ce monde et que le poète a chanté avec les paroles du bédouin,
langue pure de vécu, langue vivante de tous les jours.
« Lazhari Labter pour sa part, a tenu à nous exposer sa propre version dans son
roman: J’aime à penser pou ma part que Sayed et Hizya se sont aimés d’amour fou,
j’aime à croire qu’ils ont défié tous les tabous et les interdits de leur société bédouine
conservatrice, j’aime à imaginer qu’ils se sont aimés en secret, inventant à chaque fois
un stratagème pour amants aux amours interdites. Avec la complicité et fidèle de
Hizya.
Et qu’ils finirent par consentir aux liens du mariage pour éviter le déshonneur à
la famille»²
²-[Link]/hizya-ou-l’amour-interdit-de-lazhari-labter
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Chapitre I
Présentation du corpus
Voilà ce qui, en dernier lieu, pourrait rester de Hizya jusqu’à l’éternité, tant
qu’il y aura des poètes pour chanter ce nomadisme existentiel propre au commun des
mortels.
Poète de HIZYA :
Le jeune poète écrivit plusieurs poèmes louant son vieux maitre et s’acquitta au
mieux de la direction de la zaouïa.
«Il a écrit son élégie à Hizya en 1878, date de sa mort, dans une langue arabe
dialecte foisonnante»³.
Benguitoun était aussi paysan et poète à ses moments perdus. Il vivait du fruit
de son labeur ou du peu d’argent que lui procuraient ses poèmes dits en de grandes
occasions.
³-[Link]/index
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Chapitre I
Présentation du corpus
Il est à penser qu’il fut sollicité par Sayed, le cousin amoureux de Hizya, pour
sa belle cousine. Il n’existe pas de date exacte de la mort de Mohamed Benguitoun
mais, selon les dires des anciens et de ses proches, il serait décédé en 1907, à l’âge de
soixante quatre ans environ.
D’autres illustrés poètes sont également natifs de Sidi Khaled, tels : Cheikh
Benyoussef (1822-1944), Cheikh Ben-Azouz El Khaldi (1897-1944).
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Chapitre II : Etude du roman
Sommaire
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Chapitre II
Etude du roman
Hizya un roman réalisé par l’écrivaine Maissa Bey, un ouvrage qui a connu un
énorme succès, il traite la question de la femme, précisément la jeune femme
algérienne, sa capacité à écouter ses désirs et à transcender son quotidien.
Comme nous savons Maissa Bey, est considérée parmi les premières féministes
algériennes qui ont fait une explosion de l’écriture féminine à partir des années 1990.
« Dans notre société, mais pas seulement dans la notre, l’acte d’écriture
apparait essentiellement non pas comme un acte de création mais surtout comme un
acte délibéré de transgression, d’insubordination. Je veux, bien entendu, parler de
l’écriture au féminin. C’est pour cela que je pourrais me présenter comme une faiseuse
d’histoire, dans les deux sens du terme ! Rupture du silence imposé, désir de se défaire
du poids d’une identité elle aussi imposée par toutes sortes de contraintes morales et
religieuses, car cela est étroitement imbriqué chez nous. On pourrait dire qu’il y a
double transgression : oser dire, mais aussi, et cela est encore plus grave dans notre
société, surtout pour une femme, oser se dire, se dévoiler. »¹
Maissa Bey dans son roman Hizya, elle a évoqué un phénomène socio-culturel,
basant sur les traditions et les interdits dans la société algérienne.
1. Tabti, B.M. 2007, Maissa Bey l’écriture des silences, Algérie, Edition du Tell p.21.
20
Chapitre II
Etude du poème
Tout comme la maman de Hizya qui est décrite comm eune femme hyper
pieuse, farouchement attachée aux traditions et aux qu’en dira-t-on. Car souligne
Maissa Bey « nous sommes dans une société dominée par le regard de l’Autre et le
poids de son jugement. » Et puis, Maissa de se reprendre et de préciser que Hizya ne
constitue cependant, nullement l’archétype de la femme algérienne tout en soulignant
sa méfiance à l’égard des généralités qui figent les gens dans un seul carcan. »²
« Une mère pour qui je ne peux pas m’empêcher d’éprouver des sentiments
contradictoires. <Jamais, non jamais je ne serai comme elle=, m’étais-je juré déjà toute
petite. »³
2. 20éme salon international du livre d’Alger : Laure Adler rencontre Maissa Bey.
3. Ibid. p.29.
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Chapitre II
Etude du roman
Ainsi, un père dominant, refugié dans le passé glorieux et héroïque de l’Algérie
qui refuse d’accepter la réalité de l’Algérie d’aujourd’hui. Aussi, la souffrance de
Hizya à cause de chômage qui est le cas de la majorité des jeunes diplômés
aujourd’hui.
Maissa Bey utilise un pseudonyme pour qu’elle s’exprime plus librement, aussi
le pseudonyme sert à dissimuler pour éviter tout un engagement de la famille, ses
œuvres étaient toujours pour un but de quête identitaire, un phénomène social,
politique et sexuel, auxquels l’auteur met l’accent sur les femmes à travers des récits
semi-autobiographiques, autobiographiques et des protagonistes féminins.
« La femme selon une certaine manière de voir, devrait rester à sa place, ne pas
exposer son intimité au grand public. Sa confession, dans l’autobiographie romanesque
particulièrement, est difficilement tolérable pour certains, car il s’agit de démesure. Il
en vade même quand la femme investit l’espace masculin dans le travail salarié
(bureau, usine etc.), comme l’a montré Fatima Mernissi. C’est pour les hommes n’est
plus tranquille.
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Chapitre II
Etude du roman
« La réalité d’aujourd’hui est tout autre, même sil est vrai que des lois inscrites
dans un code de la famille rétrograde encore en vigueur voudraient maintenir les
citoyennes de ce pays en état de minorité à vie. Quant au terme féministe, je ne me
reconnais pas dans cette classification et je ne veux pas non plus de cette
catégorisation. En vérité, je n’aime pas les étiquettes qui font beaucoup de tort et ont
été très dommageables pour l’humanité. Certains vont jusqu’à dire que je serais porte-
parole des femmes ! De quel droit ? J’ai une vie, une voix et c’est l’essentiel pour
moi. »²
Il est évident que l’auteur s’est inspiré de la fameuse fulgurant élégie du poète
algérien Mohamed Benguittoun, nous remarquons même les ressemblances (le
prénom, l’âge, les tabous, la société algérienne, la société patriarcale etc.), mais nous
ne renions pas le fait que Hizya du roman de Maissa Bey a laissé sa propre originalité
et modernité.
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Chapitre II
Etude du roman
En effet, Malgré que le fait que Hizya du roman essaye de s’évader, s’imaginer,
se comparer et de rêver à travers la légende Hizya, mais, elle est profondément
consciente qu’elles sont certainement différentes.
« & On ne dit jamais de moi : « elle est belle. », On dit : « Elle a de beaux
yeux. »²
D’autre part, on été attiré dés notre deuxième lecture par le commencement du
récit, précisément dans le deuxième paragraphe, Hizya le personnage principal du
roman au lieu de se présenter elle a justement entamé à manifester la ressemblance de
son prénom à celui de la légende Hizya du poème de Mohamed Benguittoun en faisant
figurer un petit résumé sur l’histoire de la légende, ce fait là nous fait allusion que
Hizya de roman est très attachée et influencée par ce personnage légendaire du poème.
Ce prénom est celui d’une femme qui fut follement, éperdument aimée.
Fauchée par la mort dans la fleur de l’âge, précocement arrachée à l’homme dont elle
avait ravi le cœur et l’esprit. Un homme dont la douleur fut si grande qu’il voulut
l’inscrire pour l’éternité dans un chant élégiaque parvenu jusqu’à nous.
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Chapitre II
Etude du poème
Puis, elle commence à raconter son quotidien avec sa famille, en narrant des
détails minutieux sur leur mode de vie, ce qui a permet aux lectorats de s’approcher
pour sentir et de vivre les scènes.
La narratrice du récit, a laissé une touche historique à travers le père qui n’a
jamais oublié de remémorer le passé glorieux et malheureux de l’Algérie « Cette
guerre est celle de tout le peuple algérien ! Nul n’a le droit de ricaner ou de bouger un
cil quand il assène... »³
2. Ibid. P.54
3. Ibid. P.68.
25
Chapitre II
Etude du roman
II.2 Structure du roman :
Tout d’abord, comme nous l’avons déjà mentionné ce roman traite une histoire
vécue par une jeune fille de la Casbah qui rêve d’une grande histoire d’amour, ce qui
est bien évident que le roman est un mélange entre le réalisme et le romantisme.
II.2.1 L’épigraphe :
« • Le commentaire du titre
• Le commentaire du texte
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Chapitre II
Etude du roman
« Les choix d’auteurs sont plus significatifs que les textes d’épigraphes par eux-
mêmes, apparemment distribués sans grand souci de rapport avec les contenus
respectifs des chapitres. »²
2. G. Genette, p.137.
27
Chapitre II
Etude du roman
D’après notre première lecture moi et mon binôme, on a remarqué que le roman
ne commence pas par une simple introduction, mais par une épigraphe :
Cette façon d’écriture inventée par Drancesco Friffo en 1499, pour raison de
réduire la taille des livres, pour faciliter l’accès aux étudiants. « Ces caractères penchés
furent à l’origine appelés <lettres vénitiennes=, et ensuite nommés <italique=, car ils
venaient effectivement d’Italie. »³
2. Idem.
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Chapitre II
Etude du roman
Lorsque l’auteur écrit, il admire souvent mettre en valeur un passage de son
écriture.
C’est le cas de l’écriture en caractère italique, elle est surtout appliquée pour
attirer l’attention, parfois, pour introduire une citation, elle s’applique aussi aux
passages en langue étrangère à la langue principale du texte.
II.2.3 La lettrine :
C’est une lettre en majuscule placée dans la tête d’un texte au début d’un
paragraphe, d’un chapitre, d’un manuscrit médiéval ou d’un imprimé elle occupe un
large espace de plusieurs lignes à cause de son corps supérieur à celui de caractère
employé pour le texte.
« La miniature de la lettrine est une certaine finesse, dit-il. Sainte Agathe, n’est-
ce pas ?
Le martyre de sainte Agathe, dit M. Guiltrelative On voit les bourreaux tenaillant les
mamelles de la sainte. »¹
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Chapitre II
Etude du roman
II.2.4 Le pronom personnel « je » :
Lorsque un lecteur lit ce récit il peut sentir les émotions partagés par la
narratrice, par la description de la vie social, les détails du quotidien, des expériences
de cette microsociété, Hizya nous fait partager ce qu’elle pense, ses rêves, même ses
bêtises, ses désespoirs, ainsi son impression envers des faits légendaire.
« Je sais de mon for intérieur, je sais que la légende Hizya n’est qu’un prétexte
et alors je me demande pourquoi elle me hante&&..je n’ai d’autre réponse que qui me
force à voir l’étendu du vide qui m’entoure. »¹
2. Ibid, p12.
30
Chapitre II
Etude du roman
Nous en sommes restées aux plaisanteries. J’avais mis mon long manteau noir,
si pratique pour dissimuler les vêtements que l’on porte en dessous une fois les
boutons fermés »³
3. Ibid, p116.
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Chapitre II
Etude du roman
Cela avait un effet sur le changement en ce qui concerne la structure du récit,
dont la narratrice admet et remplace parfois le pronom personnel de la première
personne du singulier « je » par le pronom personnel de la première personne du
pluriel « nous », lorsque Hizya rêve ou parle de son avenir avec Riadh. Vous allez voir
ça dans ce passage :
« Nous aurons des intérêts communs, des soucis communs, des avis partagés »
Par ailleurs, dans ce roman et durant la lecture on était attiré par une voix
intérieure, une voix de la conscience, cette voix est celle du second narrateur, il est
certes que Hizya rêve tout au long de l’histoire mais il y avait toujours une conscience
de sa part, formée sous cette voix qui n’arrêtait pas de lui rappeler que ce n’est que des
rêves, il est pas mauvais le fait de rêver mais il faut toujours ouvrir les yeux sur ce
qu’on vit réellement, c’est ça l’objectif de cette voix étrange. Par cela, les rêves de
Hizya étaient proches de la réalité et son inspiration par une histoire déjà vécu par une
légende auparavant, pour cette raison Hizya décide d’arrêter de rêver et de vivre selon
ce dicte la volonté de son destin.
32
Chapitre II
Etude du roman
Enfin, la voix intérieure qu’on vient de signaler se manifeste dans le récit, écrite
en italique et à travers le pronom personnel « tu ».
Comme nous avons cité l’existence d’une seconde voix dans l’histoire, ici on va
détailler un peu. Donc ce deuxième narrateur est Intradiégétique-hétérodiégétique.
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Chapitre II
Etude du roman
« Lorsque les niveaux se multiplient, la perte de repères ressenti par le lecteur
l’oblige à s’impliquer dans sa lecture. Cette technique est également utilisée dans les
récits modernes pour remettre en cause la fiction même du roman en amenant le
lecteur à adopter une attitude de méfiance vis-à-vis d’elle. ¹»
« Ainsi donc, tu as décidé de tout mettre en œuvre pour vivre& vivre quoi ?
Répète un peu ! Tu es sérieuse ? Une histoire d’amour ! Rien que ca. [&] Tu veux
donc te fabriquer un destin sur mesure. [&] Et puis, Hizya& ton homonyme. Celle
dont tu veux faire un modèle.
Tu n’es qu’une jeune fille ordinaire, vivant dans une famille ordinaire, promise
à un destin ordinaire. Mais-toi bien ca dans la Tête. »²
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Chapitre II
Etude du roman
II.3 Personnages du roman :
« Les héros des grands romanciers, même quand l’auteur ne prétend rien ni rien
démontrer, détiennent une vérité qui peut n’être pas la même pour chacun de nous,
mais qu’il appartient à chacun de nous de découvrir et de s’appliquer. Et c’est sans
doute notre raison d’être, c’est ce qui légitime notre absurde et étrange métier que cette
création d’un monde idéal grâce auquel les hommes vivants voient plus clair dans leur
propre cœuret peuvent témoigner les uns aux autres plus de compréhension et plus de
pitié. »²
35
Chapitre II
Etude du roman
Le personnage principal est l’élément sur lequel sont fondés presque tous les
événements marqués dans une histoire, ils sont souvent appelés « héros », les vrais
héros de romans vivent de multiples aventures racontées dans de nombreux ouvrages,
ils ont déjà des pouvoirs ou des facultés particuliers qui permettent ces aventures.
Néanmoins il est possible parfois que le personnage principal soi un « anti-héro », car
l’évolution historique a changé les mœurs et le roman s’en est trouvé, par certains
aspects, totalement bouleversé, cependant des auteurs ont eu tendance à changer la
figure chevaleresque du héro pour donner une version opposée à celle du départ.
Dans notre corpus, Maissa Bey a su créer des situations qui mettaient à
l’épreuve notre protagoniste Hizya et aussi pouvait donner une vraie image de la
femme algérienne actuelle.
36
Chapitre II
Etude du roman
Le cadre spatial et temporel avaient un rôle très important pour nous rapprocher
au personnage et vivre les scènes, lorsque Maissa Bey parle de terrasse, quartier, et de
salon de coiffure, Ainsi pour le cadre temporel lorsqu’elle désigne une journée ou un
moment.
2. Maissa Bey, p1
37
Chapitre II
Etude du roman
Dans notre corpus, Maissa Bey donne une vision générale sur différents types
de femmes dans la société algérienne. Au fil de la lecture nous avons pris en
considération la place de chaque femme présente dans l’histoire de Hizya, donc nous
allons mettre l’accent précisément sur cinq types :
38
Chapitre II
Etude du roman
• Nedjma : « la femme persécutée par son mari », en bonne relation avec Hizya,
elle a ainsi un master en science économique.
• Leila : « la femme divorcée qui a élevé toute seule ses deux enfants dans
l’absence de leurs père », collègue de Hizya dans le salon de coiffure.
• Salima : « une femme libre qui vit sa vie comme elle l’entend », la patronne
de Hizya elle est dans les soixantaines environs, sympathique.
• La grande mère paternelle : « la femme qui n’avait pas le droit de choisir son
future époux ». Plus de quatre décennies se sont écoulées, la femme algérienne n’avait
pas le droit de choisir, de réclamer, ni de voir son époux avant la nuit de leur mariage,
c’est le cas de la majorité des femmes.
« Le droit positif actuel, qui assimile la khitba aux fiançailles, en fait une
promesse de mariage à laquelle chacune des parties peut renoncer ce qui correspond
d’ailleurs à khitba à laquelle il a été répondu favorablement et qui a certains effets,
n’est pas pour autant un acte juridique qui engendre l’obligation de conclure le contrat
de mariage »¹
39
Chapitre II
Etude du roman
Comme nous avons déjà indiqué que Maissa bey dans ses romans évoque la
question de la femme, elle vise à mettre en évidence le rôle de la femme dans la
société algérienne en particulier et de voir son image comme miroir reflétant la vie
d’une société à travers la thématique de l’enfermement.
Ensuite, nous allons vous faire découvrir les autres personnages secondaires :
40
Chapitre II
Etude du roman
« Une mère pour qui je ne peux pas éprouver des sentiments contradictoires. »¹
« Jamais, non jamais je ne serai comme elle, m’étais-je jurer déjà toute petite. »²
• Kahina : la petite sœur de Hizya âgée de dix-sept ans, célibataire, une belle
fille insouciante, complice parfois et parfois non de Hizya, quand elle ne partage pas sa
vision de la vie.
« Riyad m’emmène au bord de la mer. La vraie. Pas celle que l’on devine du
haute des terrasses. »³
2. Ibid, p29
3. Ibid, p237
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Chapitre II
Etude du roman
« Riyad et moi échangeons de longues conversations au téléphone. Tous les
soirs ou presque. Et lorsqu’il raccroche, je ne peux pas m’endormir tout de suite. »⁴
•Djamel : Un ancien ami de Hizya, il porte des sentiments pour elle, mais elle
ne l’aimait pas, il lui envoie un message tous les deux jours puis des lettres, c’est un
amoureux de la poésie comme le fait Hizya, malgré ces points communs entre eux
mais elle a préféré être en relation avec Riyad.
4. Ibid, p238
42
Chapitre II
Etude du roman
Aussi c’est un énoncé qui désigne d’une manière claire le contenu d’une œuvre,
le titre est considéré comme une fiche publicitaire car c’est lui qui touche la curiosité
du lecteur. Ainsi ils se complètent l’un annonce le contenu, l’autre l’explique,
DUCHET Claude dit que : « Le titre facile à mémoriser, allusif, il oriente et
programme l’acte de lecture »
43
Chapitre II
Etude du roman
Hizya est un titre facile à mémorisé, certes il n’est pas directe mais il ne fait pas
allusion à plusieurs choses, il n’est composé que d’un seul mot, un prénom, celui du
personnage principal du roman et celui de l’élégie d’un poème du XIXe siècle, et
idole de l’héroïne du roman, la romancière a surement utilisé ce prénom pour attirer
l’attention du lecteur, elle a utilisé le prénom de la Hizya mythique car elle s’est dit
que parallèlement à cette femme légendaire il y aurait une autre Hizya dans le monde
d’aujourd’hui qui ne demande qu’à s’exprimer et à aller de l’avant mais sans savoir
vers ou.
44
Chapitre III : Entre le mythe et la
réalité de HIZYA
Sommaire
45
Chapitre III
Par ailleurs, on fait recours au rêve lorsqu’on n’est pas satisfait ou que l’on
soit déçu par une réalité. Et le rêve peut avoir plusieurs connotations comme rêverie,
rêve lucide et illusion.
Rêverie :
46
Chapitre III
Rêve lucide :
C’est un rêve pendant lequel le rêveur est conscient d’être en train de rêver,
ces rêves ont lieu pendant la phase de sommeil paradoxal, ils surviennent rapidement.
47
Chapitre III
Illusion :
Réalité :
L’idée que l’on se fait de la réalité est scellée entre une conception
exclusivement matérialiste réunissant l’ensemble des objets concrets conçus par le
sens et une autre renvoyant à toute chose existant dans l’univers sous une forme ou
une autre, perceptible par les sens ou par la pensée.
Le terme de réalité signifie aussi « caractère de ce qui est réel », « ce qui est
réel, qui a une existence effective (par opposition à ce qui est imaginé, rêvé) »,
renvoyant toutes à la réalité comme le propose le dictionnaire LAROUSSE.²
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Chapitre III
Dans Hizya, tout dans le texte nous fait valser entre l’imaginaire collectif et
la contemporanéité. L’héroïne passe du rêve et l’illusion à la réalité elle rêve de
rencontrer l’amour, elle rêve de liberté comme celle de son héroïne l’amoureuse de
Sayed, pieds nus dans le sable et cheveux au vent.
« Elle a les pieds nus. Ses pas légers ne laissent aune trace sur le sable. Pour
venir à lui, elle a ôté ses lourds khelkhals d’argent » ³
La Hizya légendaire était prisé pour sa beauté et son charme, elle a défié son
père, chef de la tribu pour vivre pleinement son amour, elle était courageuse ; mais
Hizya, la moderne ne l’est pas car elle a peur de tout et de rien, elle a peur de ne pas
trouver l’amour, peur de se faire surprendre, peur de dire ce qu’elle ressent. Elle est
toujours tourmentée par sa voix intérieure oscillant entre le fait d’aller au bout de ses
décisions et de se résigner dans ses choix afin de satisfaire une mère conformiste.
1. P:87
2. P:48
3. P:87
49
Chapitre III
Les cheveux épars. Les yeux aussi brillants que des escarboucles au cœur
de la nuit. L’éclat de la lune, complice, se concentre sur son visage que le désir
enflamme [&] Portée par une joie sans fin, elle va vers lui comme va la source à la
mer&
Hizya des temps modernes finit par se heurter à la réalité, elle ne vivra pas
son amour, elle quittera une mère sévère et conservatrice pour vivre avec une belle
mère autoritaire, elle se pliera aux ordres de son époux, aura des enfants avec
lui partageront des moments, se disputant, se réconciliant. Enfin, un mari certes
affectueux mais pas jusqu’à lui faire de la poésie. En dépit de tout, elle se contente de
ce qu’elle et finit par oublier le poème, l’amour mythique et la légendaire Hizya.
4. P:86
50
Chapitre III
Antoine »
51
Chapitre III
Certaines règles sont juste des croyances, d’autres des limites imposées,
qu’elles soient mentales ou bien réelles.
3. Idem
52
Chapitre III
Hizya depuis son enfance est reconnue par son obéissance, la petite fille
docile et taciturne la chose qui faisait peur à sa maman.
Pour elle c’est une solution pour se débarrasser d’un mariage traditionnel.
2. Ibid, p 144.
3. Ibid, p111.
53
Chapitre III
4. Ibid, p112.
54
Conclusion :
55
Au terme de ce travail sur le roman de Maissa Bey Hizya, intitulé : entre
mythe et réalité de Hizya dans le roman Hizya de Maissa Bey, la recherche se base sur
le but de rendre clair la quête de la femme ancienne et contemporaine, lorsque elle
soumet et obéit aux lois ainsi quand elle désobéit et se libère.
Donc nous avons cité les personnages secondaires, ainsi que le personnage
principal Hizya, sa bataille contre les interdits de la société et contre elle-même.
Ensuite nous avons évoqué l’analyse de titre.
56
Le troisième chapitre prend en charge l’étude du thème transgression : cette
étude nous a permis d’expliquer bien notre intitulé Hizya, cette dernière elle veut
transgresser la réalité et les règles de la société pour celle elle va au rêve.
Maissa Bey a mis en relief une dichotomie entre la réalité amère qui est
cette société conservatrice et le rêve qui est le poème de Benguittoun.
57
Bibliographie
58
1. Corpus
2. Ouvrages théoriques :
· BEY, Maissa, Tabti, B.M. 2007, l’écriture des silences, Algérie, Edition du
Tell p.21
Dictionnaires :
Autres sources :
•20éme salon international du livre d’Alger : Laure Adler rencontre Maissa Bey
•L’épigraphie et l’épigraphe
59
•La grande Ecole des métiers de la communication (Bac Pro Français 2009)
Sitographie :
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Consulté le 12-04-2020.
•[Link]
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%20%C3%A9l%C3%A9gie,son%20oncle%2C%20p%C3%A8re%20de%20Hiziya.
Consulté le 12-06-2020.
2020.
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definition-et-fonctions. Consulté le 20-04-2020.
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ositif%
•[Link]
Consulté le 02-07-2020.
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•[Link] Consulté le 05-07-
2020.
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Tables des matières
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Tables des matières :
Introduction&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&...07
1. Ouvrages de l’auteur&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&12
2. Présentation du roman HIZYA &&&&&&&&&&&&&&&&..13
3. Présentation du poème&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&15
1. Etude du roman............................................................................................20
2. Structure du roman&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..26
1.2.1 L’épigraphe&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.26
1.2.3 La lettrine&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&29
3. Personnages du roman&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.35
4. Analyse du titre&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.43
1.1 Rêverie&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&...46
1.3 Illusion&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&...48
1.4 Réalité&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&48
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2. La transgression de l’interdit&&&&&&&&&&&&&&&&&..51
Conclusion&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..55
Bibliographie&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&......58
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Résumé :
Notre recherche porte sur le personnage Hizya de Maïssa Bey entre le mythe et
la réalité de Hizya, un roman paru en 2015 aux éditions barzakh.
À travers ces trois chapitres, nous avons pu confirmer que Maïssa Bey
commence par un projet à ré1aliser et se termine par un autre; le premier est
irréalisable il n’est que le résultat de son imagination, quant au second il est une
possibilité logique, mais son rêve reste une voix muette dans son immense
imagination.
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