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Thème: Entre Le Mythe Et La Réalité de HIZYA Dans HIZYA de Maissa Bey

Mémoire sur le livre de Hizya

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Thème: Entre Le Mythe Et La Réalité de HIZYA Dans HIZYA de Maissa Bey

Mémoire sur le livre de Hizya

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0N.

‫شع‬F' 0N‫'ط‬7‫مق‬N‫د‬F' 0N7‫'ئ‬9‫ج‬F' 0N7IG‫جم‬F'


République Algérienne Démocratique et Populaire
Ministère de l’enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique

N‫م‬F‫ع‬F' ‫حث‬.F'H NF'‫ع‬F' ‫م‬NF‫تع‬F' /7'8H

UNIVERSITE IBN KHALDOUN –TIARET


FACULTE DES LETTRES ET DES LANGUES
DEPARTEMENT DES LETTRES ET DES LANGUES ETRANGERE

Mémoire de Master en
Littérature générale et comparée
Thème
Entre le mythe et la réalité de HIZYA dans «
HIZYA » de « Maissa Bey »

Présenté par :
- KACEM Lamia
- KOUIDER Sarah
Sous la direction de:
Dr. MOKHTARI Fatima

Membres du jury:
Président : MIHOUB Kheira Université de Tiaret
Examinateur : DIB Fethi Université de Tiaret

Année Universitaire: 2019 - 2020


Remerciements

Tout d’abord, nous remercions le Dieu, notre créateur de nous avoir donné la
force, la volonté et le courage afin d’accomplir ce modeste travail.

Nous adressons un grand remerciement à notre directrice de recherche Mlle


MOKHTARI Fatima pour l’intérêt qu’elle a accordé à notre travail, pour sa patience,
sa disponibilité et surtout ses judicieux conseils.

Nos remerciements vont également aux membres du jury, qui nous ont fait le
grand honneur de lire et d’évaluer notre travail.

3
Dédicace

À ma chère mère

À mon homme

À tous mes proches

À mes frères

À ma sœur

À mes chers amis

À mes camarades

4
Dédicace

À ma mère

À mon père

À mes sœurs

À mon frère

À toute ma famille

À tous ce qui m’ont soutenu de près et de loin

5
Sommaire

Introduction

Chapitre I

Présentation du corpus&&&&&&&&&&&&&&&&&.11

Chapitre II

Etude du roman&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&19

Chapitre III

Entre le mythe et la réalité de Hizya &&&&&&&&&&&..45

Conclusion&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..55

Bibliographie&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..58

6
Introduction

7
Introduction

Introduction

La littérature maghrébine d’expression française est en grande partie cette


littérature occidentale englobant la culture des trois pays du grand Maghreb, tel un
miroir qu’on ne cesse de briser et de reconstituer, pour mieux souligner la quête
d’amour et de revendication d’une reconnaissance éperdue, toujours repentante.

Cette littérature a ouvert la voix aux hommes autant qu’aux femmes.

L’émancipation des femmes a commencé avec la parole et l’expression libre


des écrivaines par leurs écritures, il y a aussi des noms qui viennent s’ajouter à cette
aire géographique et culturelle telles que : Assia Djebar, Aicha Belbari, Leila Sebbar,
Maissa Bey, connues et reconnues par leurs engagements littéraires.

Dés l’âge primitif, le mythe était le noyau du réel et du rayonnement de la


culture. Le mythe gérait dans l’antiquité l’action de l’homme et orientait son esprit
mythique.

Les historiens, les théologiens définissent le mythe comme un récit sacré,


vecteur de symboles et d’idées divines, initiant l’homme à la vérité de sa naissance et à
la vérité de la création de l’univers. Ces récits apportent des réponses aux intrigues et
aux questions qui se renouvellent continuellement.

Maissa Bey s’inspire du mythe de Hizya, une légende apparentée au patrimoine


algérien populaire, l’amour bédouin pur et éternel.

Hizya une jeune fille âgée de vingt trois ans. Elle vit avec ses parents sous l’œil
attentif de ses frères, elle travaille dans un salon de coiffure après avoir obtenu son
diplôme comme traductrice de la fac, mais qu’elle n’a pas trouvé du travail
correspondant à ses études, une fille comme toutes les filles de son âge, elle rêve d’une
grande histoire d’amour comme celle de la légende Hizya, la fille d’Ahmed Bent El
Bey, une jeune bédouine du XIX siècle que le destin a pris à la fleur de l’âge, son

8
Introduction

histoire d’amour avec Sayad, grand cavalier. Ce couple a vécu une belle histoire
d’amour couronnée par un mariage. Malheureusement, la jeune fille Hizya est morte à
l’âge de vingt trois ans dans les bras de son amoureux, sa mort restera jusqu'à nos jour
une énigme et une mort mystérieuse.

Le roman de Maissa Bey Hizya raconte une histoire qui représente les filles
Algériennes de cette époque, des filles qui rencontrent des obstacles de société,
chômage, coutumes et les yeux de leurs entourage, Maissa Bey nous a montré une
image d’une fille qui s’est revolé contre les tabous de sa société et qui a réussi à
trouver l’amour qui a toujours rêvé qui reprend cette ancienne légende du XIX siècle.

9
Introduction

Nous avons choisi de travailler sur ce corpus parce que nous étions motivés par
la légende écrite par Mohamed Ben Guitton, la superbe histoire d’amour malgré les
coutumes de cette époque et son influence sur le personnage principal du roman de
Maissa Bey. Et aussi parce que Maissa Bey a sa propre vision sur la place que doit
tenir la femme dans la société Algérienne.

L’histoire légendaire de Hizya avait un grand reflet sur la vie de Hizya actuelle
celle du récit de Maissa Bey, est ce que sera le cas pour d’autres filles qui ont des
difficultés pareilles à celles deHizya ?

Ces raisons nous ont poussés à nous poser la problématique suivante :

 Comment l’actuelle société voit elle la transgression d’un personnage


féminin maghrébin dans une société conservatrice à travers une trame
narrative ?

Pour commencer notre travail nous proposons quelques hypothèses :

o La première est peut-être que la société algérienne va adopter ce


genre de révolution et de liberté en surmontant des coutumes qui
font pour la femme des obstacles.
o La deuxième l’écrivaine a peut-être faisait allusion par son
roman à la femme algérienne au sein d’une société
conservatrice.

10
Chapitre I : Présentation du corpus

Sommaire

I.1 Ouvrages de l’auteur


I.2 Présentation du roman « HIZYA »
I.3 Présentation du poème « HIZYA »

11
Chapitre I

Présentation du corpus

I.1. Ouvrages de Maissa Bey

 Au commencement était la mer (Roman, édition Marsa, 1996)


 Nouvelles d’Algérie (nouvelles, édition Grasset 1998, prix de la nouvelle de la
société des gens de lettre 1998)
 Cette fille-là (Roman éditions de l’Aube, 2001, prix de Marguerite Audoux)
 Entendez-vous dans les montagnes (Roman, édition de l’Aube, 2002)
 Sous le jasmin la nuit (Nouvelles, édition de l’Aube et Barzakh, 2004)
 Surtout ne te retourne pas (Roman, édition de l’Aube et Barzakh 2005,
prix cybèle 2005)
 Bleu, Blanc, Vert (Roman, édition de l’Aube, 2007)
 Pierre, sang, papier ou cendre (Roman, édition de l’Aube, 2008, Grand Prix du
Roman Francophone Sila 2008).
 Puisque mon cœur est mort (Roman, édition de l’Aube, 2010, prix de l’Afrique
méditerranée/Maghreb, 2010)
 Tu vois c’que j’veux dire ? (Théâtre, chèvrefeuille étoilée, 2013)
 On dirait qu’elle danse (théâtre, chèvrefeuille étoilée, 2014)
 Chaque pas que fait le soleil, (Théâtre, chèvrefeuille étoilée, 2015)
 Hizya, (édition Barzakh, 2015)

12
Chapitre I

Présentation du corpus

I.2. Présentation du roman « HIZYA »


Hizya est l’avant dernier roman de Maissa Bey, qui était un centre d’attention
dés sa parution de nombreuses critiques notamment celle de Nadjet Khedda qui n’a
pas hésité de montrer son appréciation lors de la conférence donné à la faveur du 20e
du Sila.

« L’entrée en écriture de Maissa Bey, dit-elle, s’est réalisée à un moment


crucial de notre histoire. Ce point départ qui a été impulsé par une sorte d’urgence
historique.

Cette réflexion qui s’est engagée à ce moment conjoncturel ne faisait que


confirmer Maissa Bey dans un désir d’écriture qui, j’en suis sure, l’habitait bien avant
le moment ou elle a commencé à publier, peut-être, de tout temps s’étai-telle sentie
écrivaine et n’a-t-elle eu l’opportunité de le devenir que dans ce moment tragique et de
l’urgence. »¹

Le livre de Maissa Bey « Hizya » est le reflet de la femme algérienne et de quoi


elle est constituée. L’auteur a parfaitement dévoilé les obstacles et les difficultés
auquel n’importe algérienne peut faire face à travers sa vie Hizya la femme algérienne
se découvre s’admire et surtout se fait connaitre à la fois de la maison à la rue on suit
les journées de Hizya avec pleinement de curiosité à savoir ce que le destin lui réserve.

1. KHEDDA Nadjet, conférence d’Oran un hymne à l’amour éternel

13
Chapitre I
Présentation du corpus

« La légende de Hizya n’est qu’un prétexte comme son héroïne éponyme de


cette élégie du 19éme siècle écrite par le poète algérien Mohammed Benguitoun,
Hizya rêve d’amour, de liberté et d’infinie, habitant dans un quartier médique et
chargé d’histoire de la Casbah d’Alger, Hizya n’a jamais connu l’amour, travaillant
dans un salon de coiffure malgré son diplôme d’interprétariat d’université de
traduction ».²

Hizya est une passion, dans ce roman visité par le magnifique poème du Hizya,
Maissa Bey dresse avec justesse le portrait de la jeune fille d’aujourd’hui, qui
s’interroge sur sa capacité à écouter ses désirs et à se transcender son quotidien, son
cesse rattrapé par ses doutes et son milieu, une mère conformiste, un père qui s’est
rattaché ses valeurs traditionnels, maudissant ce qu’est devenu le monde
d’aujourd’hui.

Sous l’œil attentif de ses frères Abd El Kader et Boumedien, Hizya adapte et
réécrit le scénario de sa vie au fil des jours, tourmentée par une voix intérieure qui la
pousse dans ses retranchements. Hizya aussi entre fantasme et réalité transgressée ou
se réaliser, rentrer dans les rangs ou se révolter, comment concilier envie de liberté et
réalité du quotidien.

2. Reportage. La chaine télévision nationale

14
Chapitre I

Présentation du corpus

I.3. Présentation du poème

Hizya une jeune fille issue de la famille dominante des Bouakkaz de la


puissante tribu des Dhouaouda, selon certains, des tribus des Beni Hilal qui avaient
envahi le Maghreb vers le XIe siècle après J.C. venant d’Arabi, qui régnait a cette
époque sur toute la région du Zabet dont les terres de parcours et de transhumance
s’étendaient des riches plaines de Sétif en Algérie au nord jusqu’à l’oasis de Ouled
Djellal au sud Algérien, et bien plus loin encore si l’on jugeait par l’influence de son
Cheikh et Arabe, c’est un titre donné à son chef qui signifie littéralement: chef des
Arabes à l’époque.

«Il s’agit d’une Histoire d’amour passionnelle imaginée, mais basée sur des
faits supposés réels, entre la jeune Hizya et son cousin, recueilli tout jeune orphelin par
son père. Dans son invention, l’éditeur a rappelé la singularité de cette fresque
littéraire »¹.

Hizya, fille d’Ahmed Ben el Bey était amoureuse de son cousin Sayed, orphelin
accueilli dés sa tendre enfance par son oncle, puissant notable de la tribu et père de
Hizya.

Benguitoun, dans son poème, fixe la date de la mort de Hizya à 1295 de


l’Hégire, soit 1878 de l’ère chrétienne. Elle avait alors 23 ans, nous dit-il Hizya serait
donc née en 1855.

La cause de son décès fut et reste encore une énigme. Le poème ne nous révèle
rien sinon qu’elle fut subite. Un mal soudain entre deux haltes, à Oued Tell au retour
de la tribu de son séjour saisonnier dans le Nord.

¹-[Link]>culture>print

15
Chapitre I

Présentation du corpus

La vérité, bien sur, on ne la saura jamais ! Sayed eut recours, trois jours après la
mort de Hizya, aux services du poète Benguitoun pour écrire un poème à la mémoire
de son bien aimé.

Plus tard, d’après certains dires, le malheureux cousin s’exilera loin de sa tribu
et vivra en solitaire dans l’immensité du désert des Ziban jusqu’à sa mort.

Quoiqu’il en soit, le poème est là pour témoigner de cet amour fou qu’avait
porté un jeune homme pour une jeune femme qui valait, à ses yeux, tout ce qu’il y
avait de précieux en ce monde et que le poète a chanté avec les paroles du bédouin,
langue pure de vécu, langue vivante de tous les jours.

A travers les yeux de Sayed, le poète Benguitoun a chanté de cette femme et


décret les merveilles de son corps, osant lever le voile sur des jardins secrets et nous
offrir, à travers les âges, un hymne à l’amour, un hymne de beauté, un hymne à la
femme.

« Lazhari Labter pour sa part, a tenu à nous exposer sa propre version dans son
roman: J’aime à penser pou ma part que Sayed et Hizya se sont aimés d’amour fou,
j’aime à croire qu’ils ont défié tous les tabous et les interdits de leur société bédouine
conservatrice, j’aime à imaginer qu’ils se sont aimés en secret, inventant à chaque fois
un stratagème pour amants aux amours interdites. Avec la complicité et fidèle de
Hizya.

Et qu’ils finirent par consentir aux liens du mariage pour éviter le déshonneur à
la famille»²

²-[Link]/hizya-ou-l’amour-interdit-de-lazhari-labter

16
Chapitre I

Présentation du corpus
Voilà ce qui, en dernier lieu, pourrait rester de Hizya jusqu’à l’éternité, tant
qu’il y aura des poètes pour chanter ce nomadisme existentiel propre au commun des
mortels.

Poète de HIZYA :

Mohamed Ben Guitoun de la tribu des Ouled Sidi Bouzid, né probablement en


1843 à Sidi Khaled, une oasis connue pour ses poètes, à une certaine de kilomètres
environ au sud-ouest de Biskra Algérie.

Sidi Khaled fait partie du Zab el Gherbi, connu pour sa résistance à la


pénétration coloniale française. L’insurrection de l’oasis des Zàatcha en 1840 en est le
meilleur exemple celle de BenAyache (de la tribu du poète Benguitoun) en 1871 en est
une autre et fut chantée d’ailleurs par ce même poète dans un merveilleux poème
populaire. Les oasis de Sidi Khaled et Ouled Djellal furent conquises par les Français
en 1847 après de violents combats et une âpre résistance.

Benguitoun étudia à la zaouïa Rahmania de Sidi Khaled, dirigée à cette époque


par le cheikh Sidi Ali El-Djirouniqui, vite, remarqua les qualités exceptionnelles de
son jeune disciple et exigea de ses proches que Benguitoun dirigeât la zaouïa après sa
mort.

Le jeune poète écrivit plusieurs poèmes louant son vieux maitre et s’acquitta au
mieux de la direction de la zaouïa.

«Il a écrit son élégie à Hizya en 1878, date de sa mort, dans une langue arabe
dialecte foisonnante»³.

Benguitoun était aussi paysan et poète à ses moments perdus. Il vivait du fruit
de son labeur ou du peu d’argent que lui procuraient ses poèmes dits en de grandes
occasions.

³-[Link]/index

17
Chapitre I

Présentation du corpus

Il est à penser qu’il fut sollicité par Sayed, le cousin amoureux de Hizya, pour
sa belle cousine. Il n’existe pas de date exacte de la mort de Mohamed Benguitoun
mais, selon les dires des anciens et de ses proches, il serait décédé en 1907, à l’âge de
soixante quatre ans environ.

D’autres illustrés poètes sont également natifs de Sidi Khaled, tels : Cheikh
Benyoussef (1822-1944), Cheikh Ben-Azouz El Khaldi (1897-1944).

18
Chapitre II : Etude du roman

Sommaire

II.1 Etude du roman


II.2 Structure du roman
II.3 Personnages du roman
II.4 Analyse du titre

19
Chapitre II

Etude du roman

II.1. Etude du roman

Hizya un roman réalisé par l’écrivaine Maissa Bey, un ouvrage qui a connu un
énorme succès, il traite la question de la femme, précisément la jeune femme
algérienne, sa capacité à écouter ses désirs et à transcender son quotidien.

Comme nous savons Maissa Bey, est considérée parmi les premières féministes
algériennes qui ont fait une explosion de l’écriture féminine à partir des années 1990.

« Dans notre société, mais pas seulement dans la notre, l’acte d’écriture
apparait essentiellement non pas comme un acte de création mais surtout comme un
acte délibéré de transgression, d’insubordination. Je veux, bien entendu, parler de
l’écriture au féminin. C’est pour cela que je pourrais me présenter comme une faiseuse
d’histoire, dans les deux sens du terme ! Rupture du silence imposé, désir de se défaire
du poids d’une identité elle aussi imposée par toutes sortes de contraintes morales et
religieuses, car cela est étroitement imbriqué chez nous. On pourrait dire qu’il y a
double transgression : oser dire, mais aussi, et cela est encore plus grave dans notre
société, surtout pour une femme, oser se dire, se dévoiler. »¹

Maissa Bey dans son roman Hizya, elle a évoqué un phénomène socio-culturel,
basant sur les traditions et les interdits dans la société algérienne.

« Pour Maissa Bey il était essentiel de restituer ces voix de femmes


d’aujourd’hui avec toutes leurs aspirations, interdits et ambitions peut-être. Des voix
de femmes qui sont souvent agitées par moult contradictions liées à notre société et ses
tabous, poids des traditions, voisinage, moralité etc.

1. Tabti, B.M. 2007, Maissa Bey l’écriture des silences, Algérie, Edition du Tell p.21.

20
Chapitre II

Etude du poème

Tout comme la maman de Hizya qui est décrite comm eune femme hyper
pieuse, farouchement attachée aux traditions et aux qu’en dira-t-on. Car souligne
Maissa Bey « nous sommes dans une société dominée par le regard de l’Autre et le
poids de son jugement. » Et puis, Maissa de se reprendre et de préciser que Hizya ne
constitue cependant, nullement l’archétype de la femme algérienne tout en soulignant
sa méfiance à l’égard des généralités qui figent les gens dans un seul carcan. »²

Notamment, la mère de Hizya ressemble souvent à l’image que l’on s’imagine


de la mère algérienne, une maman laquelle sa fille Hizya ne voulait jamais ressembler
ou être comme elle.

« Une mère pour qui je ne peux pas m’empêcher d’éprouver des sentiments
contradictoires. <Jamais, non jamais je ne serai comme elle=, m’étais-je juré déjà toute
petite. »³

2. 20éme salon international du livre d’Alger : Laure Adler rencontre Maissa Bey.

3. Ibid. p.29.

21
Chapitre II

Etude du roman
Ainsi, un père dominant, refugié dans le passé glorieux et héroïque de l’Algérie
qui refuse d’accepter la réalité de l’Algérie d’aujourd’hui. Aussi, la souffrance de
Hizya à cause de chômage qui est le cas de la majorité des jeunes diplômés
aujourd’hui.

Maissa Bey utilise un pseudonyme pour qu’elle s’exprime plus librement, aussi
le pseudonyme sert à dissimuler pour éviter tout un engagement de la famille, ses
œuvres étaient toujours pour un but de quête identitaire, un phénomène social,
politique et sexuel, auxquels l’auteur met l’accent sur les femmes à travers des récits
semi-autobiographiques, autobiographiques et des protagonistes féminins.

« La femme selon une certaine manière de voir, devrait rester à sa place, ne pas
exposer son intimité au grand public. Sa confession, dans l’autobiographie romanesque
particulièrement, est difficilement tolérable pour certains, car il s’agit de démesure. Il
en vade même quand la femme investit l’espace masculin dans le travail salarié
(bureau, usine etc.), comme l’a montré Fatima Mernissi. C’est pour les hommes n’est
plus tranquille.

L’écriture fait partie de ces espaces que l’homme se réservait. »¹

L’écriture d’après Maissa bey lui a permet d’exploser et d’ouvrir un champ


vaste à voir autrement le monde de féminin, un monde ou elle a pu découvrir et
dévoiler un univers souvent défiguré par des représentations, l’image de la femme
arabe obéissante, exploitée pour des besoins d’un lectorat en quête d’exotisme où ils
sentent confortables en lisant, même si elle correspond parfois à une triste réalité.

1. « La littérature féminine de la langue française au Maghreb », sur.


[Link](consulté le 8juin 2020).

22
Chapitre II

Etude du roman

« La réalité d’aujourd’hui est tout autre, même sil est vrai que des lois inscrites
dans un code de la famille rétrograde encore en vigueur voudraient maintenir les
citoyennes de ce pays en état de minorité à vie. Quant au terme féministe, je ne me
reconnais pas dans cette classification et je ne veux pas non plus de cette
catégorisation. En vérité, je n’aime pas les étiquettes qui font beaucoup de tort et ont
été très dommageables pour l’humanité. Certains vont jusqu’à dire que je serais porte-
parole des femmes ! De quel droit ? J’ai une vie, une voix et c’est l’essentiel pour
moi. »²

Il est évident que l’auteur s’est inspiré de la fameuse fulgurant élégie du poète
algérien Mohamed Benguittoun, nous remarquons même les ressemblances (le
prénom, l’âge, les tabous, la société algérienne, la société patriarcale etc.), mais nous
ne renions pas le fait que Hizya du roman de Maissa Bey a laissé sa propre originalité
et modernité.

2. TV5MONDE, « Maissa Bey : je me suis libérée au moment où j’ai commencé à écrire »


(consulté le 20mai 2020). »

23
Chapitre II

Etude du roman
En effet, Malgré que le fait que Hizya du roman essaye de s’évader, s’imaginer,
se comparer et de rêver à travers la légende Hizya, mais, elle est profondément
consciente qu’elles sont certainement différentes.

« Hizya, la reine des belles !

Admire ce cou plus blanc que le cœur du palmier.

Ton corps a la blancheur et le poli du papier, du coton

Ou de la fine toile de lien

Ou encore de la neige tombant par une nuit obscure. »¹

« & On ne dit jamais de moi : « elle est belle. », On dit : « Elle a de beaux
yeux. »²

D’autre part, on été attiré dés notre deuxième lecture par le commencement du
récit, précisément dans le deuxième paragraphe, Hizya le personnage principal du
roman au lieu de se présenter elle a justement entamé à manifester la ressemblance de
son prénom à celui de la légende Hizya du poème de Mohamed Benguittoun en faisant
figurer un petit résumé sur l’histoire de la légende, ce fait là nous fait allusion que
Hizya de roman est très attachée et influencée par ce personnage légendaire du poème.

« C’est aussi mon prénom.

Ce prénom est celui d’une femme qui fut follement, éperdument aimée.
Fauchée par la mort dans la fleur de l’âge, précocement arrachée à l’homme dont elle
avait ravi le cœur et l’esprit. Un homme dont la douleur fut si grande qu’il voulut
l’inscrire pour l’éternité dans un chant élégiaque parvenu jusqu’à nous.

1. Bey Maissa, Hizya p.9.

24
Chapitre II

Etude du poème

Un chant qu’il fit écrire par un poète. »²

Puis, elle commence à raconter son quotidien avec sa famille, en narrant des
détails minutieux sur leur mode de vie, ce qui a permet aux lectorats de s’approcher
pour sentir et de vivre les scènes.

La narratrice du récit, a laissé une touche historique à travers le père qui n’a
jamais oublié de remémorer le passé glorieux et malheureux de l’Algérie « Cette
guerre est celle de tout le peuple algérien ! Nul n’a le droit de ricaner ou de bouger un
cil quand il assène... »³

2. Ibid. P.54

3. Ibid. P.68.

25
Chapitre II

Etude du roman
II.2 Structure du roman :

Tout d’abord, comme nous l’avons déjà mentionné ce roman traite une histoire
vécue par une jeune fille de la Casbah qui rêve d’une grande histoire d’amour, ce qui
est bien évident que le roman est un mélange entre le réalisme et le romantisme.

II.2.1 L’épigraphe :

L’épigraphe est une citation ou un texte placé généralement aux premières


pages d’un livre ou d’un roman, précisément dans la tête du texte, elle donne des
indications aux lecteurs advenus sur le contenu du corps, parfois une moralité.

Selon Gérard Genette il existe quatre fonctions principales de l’épigraphe :

« • Le commentaire du titre

• Le commentaire du texte

• La caution. Plus que le contenu de la citation, c’est souvent le nom de l’auteur


cité qui importe : il représente une caution indirecte de la valeur de l’œuvre et du talent
de l’auteur, qui s’inscrit dans son héritage sans avoir besoin de demander sa
permission.

• La catégorisation, ou l’effet-épigraphe : par sa présence ou son absence, par


ses caractéristiques (choix de l’auteur, longueur, mise en page) il marque
l’appartenance à une époque, à un genre littéraire, voire à un mouvement littéraire.

1. L’épigraphe et l’épigraphie ([Link])

26
Chapitre II

Etude du roman

L’épigraphe romanesque passe en France au début du XIXe siècle, via Nodier


et autres tenants du genre noir « frénétique » ou fantaisiste, dont témoigne assez bien
Hand ’Islande (1823) de Victor Hugo, avec ses cinquante et un chapitre dument bardés
d’au moins une épigraphe (le record est de quatre), toutes fort caractéristiques par le
choix des auteurs. Ainsi, à première analyse, Sarmiento s’insérerait dans une tradition
de l’épigraphe, qu’il semble rénover, ou compléter, d’une certaine manière. En effet,
pour reprendre le cas de Victor Hugo cité par Genette.

« Les choix d’auteurs sont plus significatifs que les textes d’épigraphes par eux-
mêmes, apparemment distribués sans grand souci de rapport avec les contenus
respectifs des chapitres. »²

2. G. Genette, p.137.

27
Chapitre II

Etude du roman
D’après notre première lecture moi et mon binôme, on a remarqué que le roman
ne commence pas par une simple introduction, mais par une épigraphe :

« Silence dans les fondations

Ou grouille le regard de ces villes

Qui pourrissent au soleil. »¹

Malek Alloula, Villes et autres lieux

« Pourquoi veux-je faire de moi une héroïne ?

Moi, en réalité, je suis antihéroïque(&).

Je dois, oui, je dois inventer mon futur

Et inventer mon chemin. »²

Clarice Lispector, Un souffle de vie.

II.2.2 Le caractère italique :

Selon le dictionnaire français, C’est une manière d’écriture de façon inclinée


vers la droite, il s’applique même comme nom masculin.

Cette façon d’écriture inventée par Drancesco Friffo en 1499, pour raison de
réduire la taille des livres, pour faciliter l’accès aux étudiants. « Ces caractères penchés
furent à l’origine appelés <lettres vénitiennes=, et ensuite nommés <italique=, car ils
venaient effectivement d’Italie. »³

1. BEY Maissa, Hizya Ed. Barzakh, p.5.

2. Idem.

3. Henri Fournier, Traité de la typographie, Paris 1825, p.5

28
Chapitre II

Etude du roman
Lorsque l’auteur écrit, il admire souvent mettre en valeur un passage de son
écriture.

C’est le cas de l’écriture en caractère italique, elle est surtout appliquée pour
attirer l’attention, parfois, pour introduire une citation, elle s’applique aussi aux
passages en langue étrangère à la langue principale du texte.

D’après notre recherche sur ce caractère, Dominique Maingueneau a bien


précisé que la manière de choisir une graphie n’est soumise a aucune règle donc,
l’auteur librement peut suivre des normes variables pour essayer de les adapter par
rapport à son époque. Il est ainsi clairement remarquable que les modernes auteurs
inventent des critères propres à eux.

Cependant, dans le roman Hizya nous remarquons que la narratrice a utilisé ce


caractère italique dans quelques chapitres, dont le cas était spécifique lors de
l’utilisation de deux types graphiques tantôt en italique, et tantôt droite, ce procédé a
aidé le narrateur à démontrer ce qu’elle voulait.

II.2.3 La lettrine :

C’est une lettre en majuscule placée dans la tête d’un texte au début d’un
paragraphe, d’un chapitre, d’un manuscrit médiéval ou d’un imprimé elle occupe un
large espace de plusieurs lignes à cause de son corps supérieur à celui de caractère
employé pour le texte.

« La miniature de la lettrine est une certaine finesse, dit-il. Sainte Agathe, n’est-
ce pas ?

Le martyre de sainte Agathe, dit M. Guiltrelative On voit les bourreaux tenaillant les
mamelles de la sainte. »¹

1. France, Orme, 1897, p.39

29
Chapitre II

Etude du roman
II.2.4 Le pronom personnel « je » :

Tout d’abord, on va parler sur le choix du narrateur de l’écriture à la première


personne qui est pratiquement authentique, cela dit, que l’écrivaine voulait donner au
récit une vision simple aux choses et de façon pragmatique. Aussi, Maissa Bey dans
son roman Hizya, elle s’est met dans la peau du personnage principal « Hizya »,
comme s’il était double imaginaire d’elle-même.

Lorsque un lecteur lit ce récit il peut sentir les émotions partagés par la
narratrice, par la description de la vie social, les détails du quotidien, des expériences
de cette microsociété, Hizya nous fait partager ce qu’elle pense, ses rêves, même ses
bêtises, ses désespoirs, ainsi son impression envers des faits légendaire.

« Je sais de mon for intérieur, je sais que la légende Hizya n’est qu’un prétexte
et alors je me demande pourquoi elle me hante&&..je n’ai d’autre réponse que qui me
force à voir l’étendu du vide qui m’entoure. »¹

En outre, la narratrice du roman, dés le début du récit commence à s’identifier,


elle se présente en comparant à l’autre fameuse Hizya.

« Je m’appelle Hizya. J’aurai bientôt vingt-trois ans ? L’âge auquel, Selon le


poète et les témoins qui on rapporté son histoire, Hizya la princesse des sables.
L’antilope du désert, s’est éteinte dans les bras de son aimé& »²

Au fil de la lecture le lecteur va remarquer le courage et le changement tenus


par Hizya, elle a décidé de sortir de son image traditionnelle, cela lui a permis à être
proche de vivre une histoire d’amour telle l’histoire de la légende après son rencontre
avec Ryad.

1. Maissa Bey, Hizya, p54.

2. Ibid, p12.

30
Chapitre II

Etude du roman

« Avant de sortir du salon, je m’étais coiffée (brushing express) et légèrement


maquillée. Pour la première fois depuis que je suis au salon. J’ai demandé à Sonia et à
Nedj de me prêter du mascara et du fard à joues. Elles n’ont pas caché leur
étonnement. Elles ont bien tenté une ou deux questions. Je me suis contentée de
sourire.

Nous en sommes restées aux plaisanteries. J’avais mis mon long manteau noir,
si pratique pour dissimuler les vêtements que l’on porte en dessous une fois les
boutons fermés »³

3. Ibid, p116.

31
Chapitre II

Etude du roman
Cela avait un effet sur le changement en ce qui concerne la structure du récit,
dont la narratrice admet et remplace parfois le pronom personnel de la première
personne du singulier « je » par le pronom personnel de la première personne du
pluriel « nous », lorsque Hizya rêve ou parle de son avenir avec Riadh. Vous allez voir
ça dans ce passage :

« Nous vivrons dans une maison avec des murs blancs »

« Nous admirons ensemble, nous nous aimerons dans un grand lit.»

« Nous aurons des intérêts communs, des soucis communs, des avis partagés »

« Nous sortirons le vendredi après-midi pour des balades à Riadh el Fath, au


jardin d’Essai, à Tipasa, pour les enfants, nous les amènerons au musée des Beau Arts.
Nous irons chaque année au salon de livre. »¹

Ce passage imaginé par le protagoniste nous montre bien le désir de Hizya ce


qu’elle veut vivre loin de la réalité qu’elle se trouve dedans, une réalité indésirable
pour elle.

Par ailleurs, dans ce roman et durant la lecture on était attiré par une voix
intérieure, une voix de la conscience, cette voix est celle du second narrateur, il est
certes que Hizya rêve tout au long de l’histoire mais il y avait toujours une conscience
de sa part, formée sous cette voix qui n’arrêtait pas de lui rappeler que ce n’est que des
rêves, il est pas mauvais le fait de rêver mais il faut toujours ouvrir les yeux sur ce
qu’on vit réellement, c’est ça l’objectif de cette voix étrange. Par cela, les rêves de
Hizya étaient proches de la réalité et son inspiration par une histoire déjà vécu par une
légende auparavant, pour cette raison Hizya décide d’arrêter de rêver et de vivre selon
ce dicte la volonté de son destin.

1. Maissa Bey, Hizya, p296.

32
Chapitre II

Etude du roman

Enfin, la voix intérieure qu’on vient de signaler se manifeste dans le récit, écrite
en italique et à travers le pronom personnel « tu ».

II.2.5 Le pronom personnel « tu » :

Comme nous avons cité l’existence d’une seconde voix dans l’histoire, ici on va
détailler un peu. Donc ce deuxième narrateur est Intradiégétique-hétérodiégétique.

Quand on dit un narrateur intradiégétique cela dit que le personnage se parle


intérieurement à lui-même, un discours ni entendu ni adresser à autre personne.

33
Chapitre II

Etude du roman
« Lorsque les niveaux se multiplient, la perte de repères ressenti par le lecteur
l’oblige à s’impliquer dans sa lecture. Cette technique est également utilisée dans les
récits modernes pour remettre en cause la fiction même du roman en amenant le
lecteur à adopter une attitude de méfiance vis-à-vis d’elle. ¹»

Le narrateur dans notre corpus a adopté sa position étant narrateur


hétérodiégétique parce qu’il n’apparait pas comme personnage, il raconte une histoire
n’a pas vécu.

Cette deuxième voix accompagne la première voix pour la surveiller, la


conseiller et pour la critique. Voici un passage qui montre cette remarque :

« Ainsi donc, tu as décidé de tout mettre en œuvre pour vivre& vivre quoi ?
Répète un peu ! Tu es sérieuse ? Une histoire d’amour ! Rien que ca. [&] Tu veux
donc te fabriquer un destin sur mesure. [&] Et puis, Hizya& ton homonyme. Celle
dont tu veux faire un modèle.

Que tu sais vraiment d’elle ? [&] Tu cherches désespérément un prétexte pour


te donner, à peu de frais, une autre image de toi.

Tu n’es qu’une jeune fille ordinaire, vivant dans une famille ordinaire, promise
à un destin ordinaire. Mais-toi bien ca dans la Tête. »²

1. La grande Ecole des métiers de la communication (Bac Pro Français 2009).

2. Maissa Bey, Hizya, pp18.19.

34
Chapitre II

Etude du roman
II.3 Personnages du roman :

Le terme « personnage » est utilisé en français pour la première fois au 15eme


siècle, par son étymologie, le mot personnage est dérivé du mot latin persona qui
signifie le masque que les acteurs portaient sur scène : « Le personnage de roman
comme la personne fictive qui remplit un rôle dans le développement de l’action
romanesque »¹

Le personnage se présente comme un des supports essentiels de tout roman.

En effet, il est obligatoire que chaque roman contienne au moins un personnage


comme toute situation narrative, cette ubiquité conduit souvent à le percevoir comme
un être naturel, ce qui crée et renforce l’illusion réaliste, en lui attribuant un état
naturel, une psychologie, une activité sociale. Le roman donne l’impression qu’il s’agit
d’un être qui existe et vit réellement, cette phase de la réalité et de vie que donne le
personnage romanesque ne signifie pas que le romancier réaliste confond le
personnage avec une personne réelle, mais il est le résultat d’un art, mûrement réfléchi
selon Balzac.

« Les héros des grands romanciers, même quand l’auteur ne prétend rien ni rien
démontrer, détiennent une vérité qui peut n’être pas la même pour chacun de nous,
mais qu’il appartient à chacun de nous de découvrir et de s’appliquer. Et c’est sans
doute notre raison d’être, c’est ce qui légitime notre absurde et étrange métier que cette
création d’un monde idéal grâce auquel les hommes vivants voient plus clair dans leur
propre cœuret peuvent témoigner les uns aux autres plus de compréhension et plus de
pitié. »²

1. Goldenstein, Jean_Pierre, Pour lire le roman, Duculot, Paris, 1986.P.44

2. Texte de France Mauriac ([Link]).

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Chapitre II

Etude du roman

L’analyse du personnage dans un roman généralement inclut l’identification de


son identité de ce qui concerne l’âge, le nom, le passé, l’origine sociale&etc. sous
forme d’un portrait ou bien disséminées tout au long du récit. Donc, nous allons
distinguer deux catégories de personnages dans notre recherche, d’abord :

2.3.1 Personnage principal :

Le personnage principal est l’élément sur lequel sont fondés presque tous les
événements marqués dans une histoire, ils sont souvent appelés « héros », les vrais
héros de romans vivent de multiples aventures racontées dans de nombreux ouvrages,
ils ont déjà des pouvoirs ou des facultés particuliers qui permettent ces aventures.
Néanmoins il est possible parfois que le personnage principal soi un « anti-héro », car
l’évolution historique a changé les mœurs et le roman s’en est trouvé, par certains
aspects, totalement bouleversé, cependant des auteurs ont eu tendance à changer la
figure chevaleresque du héro pour donner une version opposée à celle du départ.

Dans notre corpus, Maissa Bey a su créer des situations qui mettaient à
l’épreuve notre protagoniste Hizya et aussi pouvait donner une vraie image de la
femme algérienne actuelle.

À travers ce personnage, l’auteur a pu toucher de nombreuses femmes qui


vivent une situation pareille à celle de Hizya et qui continuent à combattre jusqu’à
maintenant contre les difficultés et l’enfermement. C’est ce qu’a voulu nous faire
sentir l’écrivaine.

« Le romancier authentique crée ses personnage avec les directions infinies de


sa vie possible, le romancier factice les crée avec la ligne unique de sa vie réelle. Le
vrai roman est comme une autobiographie de possible, & le génie du roman nous fait
vivre le possible, il ne fait pas revivre le réel. »¹

1. Thibaudet Albert, Réflexions sur le roman.

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Chapitre II

Etude du roman

Ce roman traite l’histoire de la vie quotidienne de Hizya, nous avons


l’impression que ce personnage a une ligne bien tracée réel, qui traduit son existence, à
travers ses pensées et ses actions, Donc nous sommes devant une sorte de biographie
du personnage, sa description morale et physique, ses études, sa famille, c’est une
possibilité de l’existence de ce personnage qui prend beaucoup de densités, il se
rapproche de la réalité, malgré qu’il a été inventé par Maissa Bey.

Le cadre spatial et temporel avaient un rôle très important pour nous rapprocher
au personnage et vivre les scènes, lorsque Maissa Bey parle de terrasse, quartier, et de
salon de coiffure, Ainsi pour le cadre temporel lorsqu’elle désigne une journée ou un
moment.

« Théoriquement, le vendredi est un jour de repos, Mais y a-t-il un seul jour de


repos pour les femmes ? Chez nous c’est un jour de couscous et de lessive & parce
que les hommes sont tous à la mosquée le prêche et la prière (environ deux heures de
répit) et que cela nous permet d’occuper les lieux en toute liberté. »2

2. Maissa Bey, p1

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Chapitre II

Etude du roman

II.3.2 Personnages secondaires :

Tout un personnage dans un roman est un acteur de l’intrigue à laquelle il


participe, ils aident les héros dans leur quête et les soutenir, leur rôle ainsi que donner
la réplique au héros et qui vont équilibrer leur trait de caractère. Ils méritent d’être
étudiés.

« Le roman en devenant au XIXème siècle le genre dominant, a redéfini ce


concept apparu à la Renaissance et qu’on réservait au théâtre : c’est à travers l’écriture
romanesque en effet que peut le mieux se dissiper une confusion encore entretenue
dans le public entre la réalité et la fiction, et que le cinéma a contribué à fortifier. Carle
personnage est une création concertée par le romancier, dans la logique de l’univers
qu’il fait naître et du regard qu’il est décidé à porter sur le monde. Avec lui se vérifie
l’avertissement d’Albert Thibaudet : « Le romancier authentique crée ses personnages
avec les directions infinies de sa vie possible, le romancier factice les crée avec la
ligne unique de sa vie réelle, [&] le génie du roman nous fait vivre le possible, il ne
fait pas revivre le réel. »¹

Dans notre corpus, Maissa Bey donne une vision générale sur différents types
de femmes dans la société algérienne. Au fil de la lecture nous avons pris en
considération la place de chaque femme présente dans l’histoire de Hizya, donc nous
allons mettre l’accent précisément sur cinq types :

1. Etude sur Le roman et le récit du Moyen Age au XXIème siècle (site-


[Link]).

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Chapitre II

Etude du roman

• Nedjma : « la femme persécutée par son mari », en bonne relation avec Hizya,
elle a ainsi un master en science économique.

• Leila : « la femme divorcée qui a élevé toute seule ses deux enfants dans
l’absence de leurs père », collègue de Hizya dans le salon de coiffure.

• La maman de Ryad : « abandonnée par son mari, elle a travaillé comme


femme de ménage pour prendre soin de ses enfants »

• Salima : « une femme libre qui vit sa vie comme elle l’entend », la patronne
de Hizya elle est dans les soixantaines environs, sympathique.

• La grande mère paternelle : « la femme qui n’avait pas le droit de choisir son
future époux ». Plus de quatre décennies se sont écoulées, la femme algérienne n’avait
pas le droit de choisir, de réclamer, ni de voir son époux avant la nuit de leur mariage,
c’est le cas de la majorité des femmes.

Cependant, aujourd’hui de nombreuses études soulignent les profondes


transformations de la famille algérienne, parmi les :

« Le droit positif actuel, qui assimile la khitba aux fiançailles, en fait une
promesse de mariage à laquelle chacune des parties peut renoncer ce qui correspond
d’ailleurs à khitba à laquelle il a été répondu favorablement et qui a certains effets,
n’est pas pour autant un acte juridique qui engendre l’obligation de conclure le contrat
de mariage »¹

Des femmes courageuses d’après l’attribution de l’auteur, un courage et une


souffrance face à des obstacles dans une telle société et qui ont subvenu.

1. Dossier de recherche : Femmes, famille et droit au Maghreb ([Link])

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Chapitre II

Etude du roman

Comme nous avons déjà indiqué que Maissa bey dans ses romans évoque la
question de la femme, elle vise à mettre en évidence le rôle de la femme dans la
société algérienne en particulier et de voir son image comme miroir reflétant la vie
d’une société à travers la thématique de l’enfermement.

Ensuite, nous allons vous faire découvrir les autres personnages secondaires :

• Le père de Hizya : un père enfermé dans le passé glorieux, souvent inquiet de


ce qui se passe dans l’Algérie d’aujourd’hui, son présence dans le récit est rare même
dans la vie de sa fille Hizya.

• La mère : une maman algérienne traditionnelle, mystérieuse, enfermée n’aime


pas trop parler de ses émotions ni de son enfance et son passé, une maman froide en
désaccord avec Hizya.

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Chapitre II

Etude du roman
« Une mère pour qui je ne peux pas éprouver des sentiments contradictoires. »¹

« Jamais, non jamais je ne serai comme elle, m’étais-je jurer déjà toute petite. »²

• Boumediene : le frère ainé de Hizya, un jeune dynamique, serviable, pas


vraiment à sa sœur Hizya il préfère garder une certaine distance entre lui et Hizya.

• Abdelkader : le deuxième frère de Hizya, un garçon qui est loin d’être


accommodant, circonspect mais il est quand même proche à Hizya, ils discutent
parfois sur leurs désirs car il est aussi victime des stéréotypes de la société.

• Kahina : la petite sœur de Hizya âgée de dix-sept ans, célibataire, une belle
fille insouciante, complice parfois et parfois non de Hizya, quand elle ne partage pas sa
vision de la vie.

• Fatiha : collègue de Hizya dans le salon de coiffure, proche de Hizya, Fatiha


est celui qui a incité Hizya à se lancer dans les sites de rencontres pour trouver
l’amour, elle un diplôme d’informatique.

•Riyad : un jeune homme commerçant, responsable de sa famille après


l’abandonnement de leur père, au bon physique, âgé entre trente et trente-cinq ans, en
relation amoureuse avec Hizya, c’est avec lui son rêve de trouver l’amour commençait
à se réaliser.

« Riyad m’emmène au bord de la mer. La vraie. Pas celle que l’on devine du
haute des terrasses. »³

1. Maissa Bey, Hizya, p73

2. Ibid, p29

3. Ibid, p237

41
Chapitre II

Etude du roman
« Riyad et moi échangeons de longues conversations au téléphone. Tous les
soirs ou presque. Et lorsqu’il raccroche, je ne peux pas m’endormir tout de suite. »⁴

•Madame. M : Cliente habituée du salon de coiffure, elle a cinquantaine ou


même plus, elle à des yeux verts, porte des foulards de soie aux couleurs discrètes et
djellabas sur mesure, professeur en médecine.

•Djamel : Un ancien ami de Hizya, il porte des sentiments pour elle, mais elle
ne l’aimait pas, il lui envoie un message tous les deux jours puis des lettres, c’est un
amoureux de la poésie comme le fait Hizya, malgré ces points communs entre eux
mais elle a préféré être en relation avec Riyad.

4. Ibid, p238

42
Chapitre II

Etude du roman

II.4 Analyse du titre :

Le titre est un élément très important à l’hétérogénéité du texte, car c’est le


premier appât pour attirer le lecteur, le premier contact du lecteur et du roman, grâce à
lui le lecteur peut se décider à lire ou pas le roman, et une meilleure interprétation du
titre est une meilleure interprétation du texte, selon Barthes c’est un apéritif, son rôle
c’est l’ouverture au texte, c’est en quelque sorte un indexe qui dirige l’attention sur
l’objet du texte en donnant sur lui plus ou moins d’informations, le titre est à la fois :

« À la fois stimulation, et début d’un assouvissement. De la curiosité du


lecteur ; aussi réunit il les fonctions. De tout texte publicitaire, référentiel, conatif et
poétique »¹

Il joue un rôle important dans la lecture et englobe (selon le schéma de la


communication de Jakobson) plusieurs fonctions de communication parmi lesquelles :

- La fonction référentielle : il doit informer.

- la fonction conative : il doit indiquer.

- La fonction poétique : il doit susciter l’intérêt ou l’admiration.

Aussi c’est un énoncé qui désigne d’une manière claire le contenu d’une œuvre,
le titre est considéré comme une fiche publicitaire car c’est lui qui touche la curiosité
du lecteur. Ainsi ils se complètent l’un annonce le contenu, l’autre l’explique,
DUCHET Claude dit que : « Le titre facile à mémoriser, allusif, il oriente et
programme l’acte de lecture »

1. DUCHET, Claude. « Eléments de titrologie romanesque ». In Littérature. N°12. Décembre


1973.p.49-73.

43
Chapitre II

Etude du roman

Hizya est un titre facile à mémorisé, certes il n’est pas directe mais il ne fait pas
allusion à plusieurs choses, il n’est composé que d’un seul mot, un prénom, celui du
personnage principal du roman et celui de l’élégie d’un poème du XIXe siècle, et
idole de l’héroïne du roman, la romancière a surement utilisé ce prénom pour attirer
l’attention du lecteur, elle a utilisé le prénom de la Hizya mythique car elle s’est dit
que parallèlement à cette femme légendaire il y aurait une autre Hizya dans le monde
d’aujourd’hui qui ne demande qu’à s’exprimer et à aller de l’avant mais sans savoir
vers ou.

44
Chapitre III : Entre le mythe et la
réalité de HIZYA

Sommaire

III.1 « HIZYA » mythe ou réalité


III.2 La transgression de l’interdit

45
Chapitre III

Entre le mythe et la réalité de HIZYA

III.1. « HIZYA » mythe ou réalité

Dans le roman de Hizya le personnage passe du rêve et de l’illusion à la


réalité.

C’est ce cheminement que le récit trace l’itinéraire de la jeune Hizya aux


prises de ses rêves confrontés à une réalité désolante quant à sa condition de femme.
L’héroïne vit ainsi son rêve mais quel rêve ?

D’une manière générale, le rêve est l’ensemble des phénomènes psychiques


qu’on éprouve au cours du sommeil, celui-ci se distingue de l’hallucination et de la
rêverie qui sont vécues à l’état éveillé.

Par ailleurs, on fait recours au rêve lorsqu’on n’est pas satisfait ou que l’on
soit déçu par une réalité. Et le rêve peut avoir plusieurs connotations comme rêverie,
rêve lucide et illusion.

Rêverie :

La rêverie est le fait se détacher, pendant une courte durée, involontairement


de l’environnement qui nous entoure. Ainsi notre esprit se déconnecte-t-il du monde et
s’absorbe d’une activité qui n’a pas de relations avec le réel. La rêverie est liée à des
événements ordinaires et de tous les jours mais considérée comme un substitue de
l’ennui car elle permet d’extérioriser les problèmes. L’exemple le plus typique dans la
littérature est celui des rêveries romantiques et solitaires de Rousseau.¹

1. Les Rêveries du Promeneur Solitaire Rousseau

46
Chapitre III

Entre le mythe et la réalité de HIZYA

C’est le fait de rêvasser, se détacher pendant une courte durée,


involontairement de l’environnement qui nous entoure, notre esprit se déconnecte et
s’absorbe d’une activité qui n’a pas de lien avec le réel, la rêverie est liée à des
événements ordinaires et de tous les jours. C’est un substitue de l’ennuie, elle permet
d’extérioriser les problèmes.

Rêve lucide :

C’est un rêve pendant lequel le rêveur est conscient d’être en train de rêver,
ces rêves ont lieu pendant la phase de sommeil paradoxal, ils surviennent rapidement.

Se savoir entrain de rêver peut aider à contrôler les événements qui se


produisent dans le rêve. Cette forme de rêve, on la rencontre surtout la littérature du
XIX e siècle avec le romantisme noir, et les récits poétiques et fantastiques.

47
Chapitre III

Entre le mythe et la réalité de HIZYA

Illusion :

Elle est souvent désignée comme la quête de lucidité ou le point aveugle de


l’entendement. L’illusion est définie par Freud dans son ouvrage L’avenir d’une
illusion, 1927 comme la croyance qui structure la perception par sa capacité à
produire des effets, ou encore comme une fausse apparence matérielle ou morale qui
nous fait voir les choses autrement qu’elles ne le sont. L’illusion semble jouir de nos
sens et de notre esprit et les débats philosophiques autour de ce phénomène et état
scandent régulièrement l’histoire de la pensée humaine.

Réalité :

L’idée que l’on se fait de la réalité est scellée entre une conception
exclusivement matérialiste réunissant l’ensemble des objets concrets conçus par le
sens et une autre renvoyant à toute chose existant dans l’univers sous une forme ou
une autre, perceptible par les sens ou par la pensée.

Le terme de réalité signifie aussi « caractère de ce qui est réel », « ce qui est
réel, qui a une existence effective (par opposition à ce qui est imaginé, rêvé) »,
renvoyant toutes à la réalité comme le propose le dictionnaire LAROUSSE.²

2. Dictionnaire de FRANÇAIS LAROUSSE. 2010.

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Chapitre III

Entre le mythe et la réalité de HIZYA

Dans Hizya, tout dans le texte nous fait valser entre l’imaginaire collectif et
la contemporanéité. L’héroïne passe du rêve et l’illusion à la réalité elle rêve de
rencontrer l’amour, elle rêve de liberté comme celle de son héroïne l’amoureuse de
Sayed, pieds nus dans le sable et cheveux au vent.

En effet, la Hizya des temps moderne veut ressentir cette sensation


d’indépendance en se réfugiant dans la légende d’un amour mythique. Si elle vit dans
une maison avec ses parents, ses frères et sœurs dans la ville, son héroïne légendaire
vit dans le Sahara où les dunes de sable s’étendent à perte de vue donnant plus
de charme à la gracieuse Hizya avec de beaux yeux.

« Au seuil de mes rêves, je la vois » ¹

« J’imagine ma vie, j’imagine ce qui m’attend ; le chemin est tout


tracé, la demande en mariage se fera de la même façon » ²

« Elle a les pieds nus. Ses pas légers ne laissent aune trace sur le sable. Pour
venir à lui, elle a ôté ses lourds khelkhals d’argent » ³

La Hizya légendaire était prisé pour sa beauté et son charme, elle a défié son
père, chef de la tribu pour vivre pleinement son amour, elle était courageuse ; mais
Hizya, la moderne ne l’est pas car elle a peur de tout et de rien, elle a peur de ne pas
trouver l’amour, peur de se faire surprendre, peur de dire ce qu’elle ressent. Elle est
toujours tourmentée par sa voix intérieure oscillant entre le fait d’aller au bout de ses
décisions et de se résigner dans ses choix afin de satisfaire une mère conformiste.

1. P:87

2. P:48

3. P:87
49
Chapitre III

Entre le mythe et la réalité du HIZYA

Les cheveux épars. Les yeux aussi brillants que des escarboucles au cœur
de la nuit. L’éclat de la lune, complice, se concentre sur son visage que le désir
enflamme [&] Portée par une joie sans fin, elle va vers lui comme va la source à la
mer&

On dit qu’elle fut convoitée et disputée par de nombreux prétendants

On dit qu’elle fut emportée par un mal mystérieux

On dit qu’elle mourut dans les bras de son aimée

D’aucuns disent qu’elle ne fut jamais à lui. ⁴

Hizya des temps modernes finit par se heurter à la réalité, elle ne vivra pas
son amour, elle quittera une mère sévère et conservatrice pour vivre avec une belle
mère autoritaire, elle se pliera aux ordres de son époux, aura des enfants avec
lui partageront des moments, se disputant, se réconciliant. Enfin, un mari certes
affectueux mais pas jusqu’à lui faire de la poésie. En dépit de tout, elle se contente de
ce qu’elle et finit par oublier le poème, l’amour mythique et la légendaire Hizya.

4. P:86

50
Chapitre III

Entre le mythe et la réalité de Hizya

III.2 La transgression de l’interdit :

La transgression est la désobéissance à une loi, des règles ou à un ordre.


Ainsi, elle désigne un dépassement de limites et des attitudes courantes, c’est le fait
d’aller contre ce qui semble naturel.

Cependant, le terme transgression a imposé sa présence dans la littérature au


fil des siècles, dont Gustave Flaubert a cité ce terme au sein de son œuvre « La
tentation de saint

Antoine »

« &crois me rappeler&Et il tombe dans une rêverie. SIMON. Innocente


comme le Christ, qui est mort pour les hommes, elle est dévouée pour les femmes. Car
l’impuissance de Jéhovah se démontre par la transgression d’Adam, et i faut secouer la
vielle loi, antipathique à l’ordre des choses. J’ai pêché le renouvellement dans Éphraïm
et dans Issachar, le long du torrent de Bizor, derrière le lac d’Houlech& »¹

La transgression dans notre corpus a joué un rôle très important, dont


l’histoire de notre protagoniste concentre beaucoup plus lorsque Hizya voulait et
imaginait une vie loin de ce qu’elle vit réellement et aux normes de sa société, car la
femme Algérienne ambitieuse se trouve désespérée face à des conditions qui l’oblige
la société et les traditions.

1. Citation, Gustave Flaubert (La Tentation de saint Antoine), ([Link])

51
Chapitre III

Entre le mythe et la réalité de Hizya


Transgression est la raison principale qui a mené Hizya à rêver et à se
libérer, plutôt à vivre une histoire d’amour dite interdite.

« Les interdits et le travail fondent notre monde. Pourtant, l’humain a en lui


une force, qu’il désigne par diverses expressions : vie, excès, désir, passion, pulsion,
instinct ou exubérance. C’est ce que Georges Bataille (1897-1962) appelait « la part
maudite ».²

« Alors comment rejoindre l’humain dans son intégralité ? Il faut


transgresser les interdits, mais sans les détruire. »³

Dans le monde il existe beaucoup de règles qu’on nous impose, mais


certaines ne s’appliquent pas à tous et méritent des fois d’être transgressées. Les
interdits sont importants pour limiter, mais la créativité et la liberté n’aiment pas les
limites.

Certaines règles sont juste des croyances, d’autres des limites imposées,
qu’elles soient mentales ou bien réelles.

2. Description de L’interdit, la transgression, Georges Bataille et nous([Link])

3. Idem

52
Chapitre III

Entre le mythe et la réalité de Hizya


III.2.1 Manifestation de la progression dans le roman :

Hizya depuis son enfance est reconnue par son obéissance, la petite fille
docile et taciturne la chose qui faisait peur à sa maman.

« &était souvent déconcertée par les réactions de cette enfant si taciturne.


Qu’elle était perturbée par ses silences. Par son gout, inquiétant et précoce de secret ».¹

Au fil des années après que la vision de Hizya et ses aspirations


commencent à s’amplifier, une nouvelle personnalité s’est apparue, une nouvelle
Hizya pas comme l’ancienne tout ça était par coïncidence avec sa rencontre de
l’amour.

Tout au long du roman, Hizya pense à l’autre Hizya l’héroïne du poème


romanesque de Mohamed Benguitoun espérant de tomber en amour idéal comme celui
de la fameuse Histoire mythique. Ce fait là est donc un acte contre les traditions et les
croyances de sa société, son sévère père et ses deux frères n’auraient jamais accepté
que Hizya sorte avec quelqu’un.

« Je connais un garçon. Quel exploit ! Le dire seulement me fait monter aux


lèvres un gout jusqu’alors inconnu. Sans doute le gout de la transgression. »²

Pour elle c’est une solution pour se débarrasser d’un mariage traditionnel.

La relation de Hizya et Riyad a commencé sous le nom de la connaissance,


après en dépassant l’étape de la connaissance vers une autre ; celle de devenir un
couple « Riyad et moi formons ce qu’il convenu d’appeler un couple. Un couple ? Jai
tellement de préventions à l’égard de ce mot que je dois me forcer pour en admettre la
justesse dans notre cas »3

1. Maissa Bey, Hizya, p 218.

2. Ibid, p 144.

3. Ibid, p111.

53
Chapitre III

Entre le mythe et la réalité de Hizya


Elle mène des changements que ses collègues ont remarqués mais elle
n’arrive pas encore à conclure est-ce cela de l’amour, elle prouve un sentiment de désir
et une imagination sexuelle

« J’imagine seulement, j’imagine parfois, dans la chaude obscurité de la


nuit, des baisers langoureux et des caresses, des corps qui se cherchent, de folles
étreints, corps à corps, peau à peau, soupirs, gémissement, paroxysmes, et l’arc tendu,
oui, l’arc, au plus vif de la cible. [&] est-ce cela l’amour ? Je ne connais personne de
mon entourage qui puisse répondre à cette question. »4

Le passage ci de-dessus, montre bien des termes sexuel (baisers,


caresses&), ce qui est bien évident que la sexualité représente un sujet tabou dans la
société algérienne.

4. Ibid, p112.

54
Conclusion :

55
Au terme de ce travail sur le roman de Maissa Bey Hizya, intitulé : entre
mythe et réalité de Hizya dans le roman Hizya de Maissa Bey, la recherche se base sur
le but de rendre clair la quête de la femme ancienne et contemporaine, lorsque elle
soumet et obéit aux lois ainsi quand elle désobéit et se libère.

Notre travail se devise en trois chapitres :

Nous avons choisis de consacrer le premier chapitre à une étude


biographique de l’écrivaine du roman Maissa Bey, cela nous a permis de mieux
connaître le narrateur du récit de ce fait, cela nous a aidé à constater le rapport entre
Maissa Bey et l’histoire de Hizya, dont elles partageaient la même société ou elles ont
grandi. Nous avons aussi jeté un coup d’œil sur le poème Hizya et la biographie de son
écrivain Mohamed Benguittoun.

En effet, nous avons concentré dans le deuxième chapitre de notre recherche


sur des éléments paratextuels et stylistiques, comment Maissa Bey voulait transmettre
ses idées sa manière d’écriture, là où nous avons cité la structure du roman, nous avons
relevé de différents procédés stylistiques et référentielles usitées dans le roman.

Après, dans le même chapitre notre lecture de Hizya nous a menée à se


rendre évident que chaque personnage dans le récit joue un rôle très influent surtout
lorsqu’il concerne de personnage féminin (mais pas exclusivement) cette étude nous a
permis de comprendre de quelle manière le roman rendre compte de l’ampleur de la
révolte de quelques personnages féminins, une révolte entre tenue par la colère, la rage
la typologie des personnages : Hizya, Nedjma, Leila, Salima, Sonia, ces dernières elles
vont au rêve pour fuir de cette société, par contre la mère et la grand-mère paternelle
sont des exemples de la femme traditionnelle soumise aux règles de la société
patriarcale. La force de la femme algérienne contre les interdits, parfois gardienne de
la tradition par peur ou par volonté.

Donc nous avons cité les personnages secondaires, ainsi que le personnage
principal Hizya, sa bataille contre les interdits de la société et contre elle-même.
Ensuite nous avons évoqué l’analyse de titre.

56
Le troisième chapitre prend en charge l’étude du thème transgression : cette
étude nous a permis d’expliquer bien notre intitulé Hizya, cette dernière elle veut
transgresser la réalité et les règles de la société pour celle elle va au rêve.

L’écrivaine a traité deux problèmes, la peur de la transgression de l’interdit,


les préjugés, ainsi que les contraintes sociales, et le rêve reste un rêve d’un monde à
part conservatrice, il ne conduira à rien.

Maissa Bey a mis en relief une dichotomie entre la réalité amère qui est
cette société conservatrice et le rêve qui est le poème de Benguittoun.

La lecture de l’œuvre de Maissa Bey dont résulte la présente étude s’est


déroulé sur l’écoute d’un dire qui renferme un champ inédit et largement exploitable et
notamment sur un autre angle que le nôtre, qui ouvre les portes d’éventuelles
recherches plus approfondie.

57
Bibliographie

58
1. Corpus

·BEY, Maïssa. Hizya. Alger: Barzakh. 2015.

2. Ouvrages théoriques :

· BEY, Maissa, Tabti, B.M. 2007, l’écriture des silences, Algérie, Edition du

Tell p.21

•GENETTE, Gérard. Palimpseste. Paris : Seuil. 1982

•Henri Fournier, Traité de la typographie, Paris 1825, p.5

•France, Orme, 1897, p.39

•Goldenstein, Jean_Pierre, Pour lire le roman, Duculot, Paris, 1986. P.44

•THIBAUDET, Albert, Réflexions sur le roman.

•ROUSSEAU, Jean-Jacques, Les Rêveries du Promeneur Solitaire

•BATAILLE, Georges, Description de l’interdit, la transgression, Georges Bataille et


nous

•DUCHET, Claude, Elément de titrologie romanesque. In Littérature. N’12.

Décembre 1973. P.49-73.

Dictionnaires :

•Dictionnaire de FRANÇAIS « LAROUSSE ». 2010

Autres sources :

•20éme salon international du livre d’Alger : Laure Adler rencontre Maissa Bey

•La littérature féminine de la langue française au Maghreb

•L’épigraphie et l’épigraphe

59
•La grande Ecole des métiers de la communication (Bac Pro Français 2009)

•Texte de France Mauriac

•Etude sur le roman et le récit du Moyen Age au XXIème siécle

•Dossier de recherche : Femmes, famille et droit au Maghreb

Sitographie :

•[Link]

Consulté le 12-04-2020.

•[Link]

Labter/. Consulté le 03-05-2020.

•[Link]
%20son

%20%C3%A9l%C3%A9gie,son%20oncle%2C%20p%C3%A8re%20de%20Hiziya.
Consulté le 12-06-2020.

•[Link] Consulté le 15-06-

2020.

•[Link]
definition-et-fonctions. Consulté le 20-04-2020.

•[Link] Consulté le 11-08-2020.

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ositif%

20actuel%2C%20qui,effets39%2C%20n&#39;est%20pas. Consulté le 13-06-2020.

•[Link]
Consulté le 02-07-2020.

60
•[Link] Consulté le 05-07-

2020.

61
Tables des matières

62
Tables des matières :

Introduction&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&...07

Chapitre I : Présentation du corpus&&&&&&&&&&&&&&&&11

1. Ouvrages de l’auteur&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&12
2. Présentation du roman HIZYA &&&&&&&&&&&&&&&&..13
3. Présentation du poème&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&15

3.1 Poète de HIZYA&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&17

Chapitre II : Etude du roman&&&&&&&&&&&&&&&&&&..19

1. Etude du roman............................................................................................20

2. Structure du roman&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..26

1.2.1 L’épigraphe&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.26

1.2.2 Le caractère italique&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&...28

1.2.3 La lettrine&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&29

1.2.4 Le pronom personnel « je »&&&&&&&&&&&&&&&&&...30

1.2.5 Le pronom personnel « tu »&&&&&&&&&&&&&&&&&&33

3. Personnages du roman&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.35

3.1 Personnage principale&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&36

3.2 Personnages secondaires&&&&&&&&&&&&&&&&&&&...38

4. Analyse du titre&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.43

Chapitre III : Entre le mythe et la réalité de HIZYA&&&&&&&&&45

1. HIZYA mythe ou réalité&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..46

1.1 Rêverie&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&...46

1.2 Rêve lucide&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&....47

1.3 Illusion&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&...48

1.4 Réalité&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&48

63
2. La transgression de l’interdit&&&&&&&&&&&&&&&&&..51

2.1 Manifestation de la progression dans le roman&&&&&&&&&&&.53

Conclusion&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..55

Bibliographie&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&......58

64
Résumé :

Notre recherche porte sur le personnage Hizya de Maïssa Bey entre le mythe et
la réalité de Hizya, un roman paru en 2015 aux éditions barzakh.

Ce mémoire est réparti en trois chapitres: nous avons commencé par la


présentation du corpus, une recherche sur le roman et la présentation du poème, puis
l’étude du personnage principal, à la fin nous avons parlé sur la différence entre le
mythe et la réalité de Hizya .

À travers ces trois chapitres, nous avons pu confirmer que Maïssa Bey
commence par un projet à ré1aliser et se termine par un autre; le premier est
irréalisable il n’est que le résultat de son imagination, quant au second il est une
possibilité logique, mais son rêve reste une voix muette dans son immense
imagination.

65
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66

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