0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
65 vues9 pages

Réduction

Transféré par

Zakaria Asraoui
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
65 vues9 pages

Réduction

Transféré par

Zakaria Asraoui
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

C HAPITRE : R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 1

si, et seulement si M, lamatrice de  base β = ∪βk ”adaptée” à cette


u dans une
Table des matières A1 0 ... 0
 0 A2 ... 0 
1 Sous espaces stables par un endomorphisme 1 somme est de la forme :  . . .
 
 .. ..
0 . .. 
2 Polynôme d’endomorphisme ou de matrice 1
2.1 Polynôme d’endomorphisme . . . . . . . . . . . . . 1 0 0 . . . An
Dans ces conditions, si on note uk la restriction de u à Ek , alors Ak est la matrice
2.2 Polynôme de matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . 2 n
3 Valeurs propres, vecteurs propres 3 de uk dans βk et det M = ∏ det Ak .
3.1 Valeurs propres, vecteurs propres d’un endomorphisme 3 1

3.2 Valeurs propres, vecteurs propres d’une matrice. . . . 4 Exercice 2. p un projecteur de rang r d’un espace vectoriel E de dimension finie
3.3 Polynôme caractéristique . . . . . . . . . . . . . . . 4 égale à n.
4 Diagonalisation 5 f ∈ L (E), montrer que f commute à p si, et seulement si Imp et Kerp sont stables
5 Applications de la diagonalisation 7 par f .
6 Trigonalisation 7 En déduire la dimension de l’espace vectoriel commutant de p :
7 Classiques de chez les classiques 8
7.1 Endomorphismes cycliques . . . . . . . . . . . . . . 8 C (p) = { f ∈ L (E)/ f ◦ p = p ◦ f }
7.2 Le commutant et la décomposition de dunford d’un
endomorphisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
7.3 Matrices circulantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 2 Polynôme d’endomorphisme ou de matrice

2.1 Polynôme d’endomorphisme


K désigne R ou C, E un K-espace vectoriel .

Définition 3 :
1 Sous espaces stables par un endomorphisme Soit u un endomorphisme de E.
p
Soit P = a0 + a1 X + . . . a p X p = ∑ ak X k .
k=0
Définition 1 : On note
p
Soit u ∈ L (E), un sous espace vectoriel F de E est dit stable par u (ou u- P(u) = a0 IdE + a1 u + a2 u2 + . . . a p u p = ∑ ak uk
stable) si k=0
u(F) ⊂ F où u0 = IdE et u p = u ◦ u ◦ . . . ◦ u (p fois).
On dit que : P(u) est un polynôme de l’endomorphisme u.
Par exemple, si P = X p , alors P(u) = u p . En particulier
Définition 2 : si P = 1 alors P(u) = IdE .
Si F est un sous espace vectoriel de E qui
 u-stable,a alors on définit un en-
F −→ F
domorphisme sur F en considérant uF : , appelé l’endo-
x → u(x)
morphisme induit par u sur F. L (E) est une K-algèbre l’application :

ϕ : K[X] → L (E)
Proposition 1 : n p

Si f ◦ g = g ◦ f alors Kerg et Img sont stables par f . P = ∑ ak X k → P(u) = ∑ ak uk


k=0 k=0
est un morphisme d’algèbre.
Preuve – 1(u) = IE
x ∈ Kerg, g( f (x)) = f (g(x)) = f (0) = 0, donc f (x) ∈ Kerg. – ∀α, β ∈ K, ∀P, Q ∈ K[X], (αP + β Q)(u) = αP(u) + β Q(u).
y ∈ Img, il existe x ∈ E, g(x) = y, dans ce cas – ∀P, Q ∈ K[X], (PQ)(u) = P(u) ◦ Q(u). et donc les endomorphismes P(u) et
f (y) = f (g(x)) = g( f (x)) ∈ Img. Q(u) commutent.
Proposition 3 :
Exercice 1. H = Kerϕ un hyperplan de E. Si P divise Q, alors KerP(u) ⊂ KerQ(u).
Montrer H est stable par f si, et seulement si il existe α ∈ K, ϕ ◦ f = αϕ
Proposition 2 : Preuve
On suppose que E est de dimension finie et que E = F ⊕ G, P/Q, il existe R ∈ K[X] tel que : Q = RP et donc Q(u) = R(u) ◦ P(u), ainsi :
dim F = p, dim G = q soit β une base de E adaptée à cette décomposition.
Si M la matrice de u dans cette base alors :   P(u)(x) = 0 =⇒ Q(u)(x) = R(u)(P(u)(x)) = R(u)(0) = 0
A B
F est stable par u si, et seulement si M s’écrit de la forme : , où
0 C
A ∈ M p (K), C ∈ Mq (K).
Dans ce cas : det M = (det A) (detC). Proposition 4 :
u ∈ L (E), ∀P ∈ K[X], KerP(u) et ImP(u) sont stables par u.
Preuve
Une telle base β s’ecrit β = (e1 , .., e p , .., en ) avec F = vect(e1 , .., ep ). Preuve
F est stable par u si et seulement si ∀ j ∈ |[1, p]|, u(e j) ∈ vect(e1 , .., ep ), ce que Vient du fait P(u) commute à u.
traduit exactement la forme de la matrice.

Proposition 5 :
Si F est un sous espace vectoriel de E stable par F, alors ∀P ∈ K[X], F est
n
Généralisation : On suppose que E = ⊕ Ek , alors chaque Ek est stable par u stable par P(u) et l’endomorphisme (P(u))F induit par P(u) sur F est P(uF ).
k=1

c [Link]@[Link]
C HAPITRE : R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 2

Propriété 1 :
Preuve
Si M = QBQ−1 , alors ∀P ∈ K[X] : P(M) = QP(B)Q−1 , et si en plus
Si x ∈ F, alors par récurrence ∀k ∈ N, uk (x) ∈ F et par combinaison linéaire,  
λ1 0 . . . 0
on obtient P(u)(x) ∈ F, ∀P ∈ K[X]. .
p p p  0 λ2 . . . .. 

Si on pose P = ∑ ak X k , pour x ∈ F, P(u)(x) = ∑ ak uk (x) = ∑ ak (uF )k (x), on 1. B = 
 .. . . . .
 est diagonale, alors :

k=0 k=0 k=0 . . . 0
déduit que (P(u))F = P(uF ) 0 . . . 0 λn
 
P(λ1 ) 0 ... 0
. .. 
P(λ2 ) . .

Proposition 6 :  0 . 
P(B) =  .. .. ..


Kerϕ : ensemble des polynômes annulateurs de u est un idéal de K[X].  . . . 0 
Imϕ = K[u] est une sous algèbre de L (E). 0 ... 0 P(λn )
Si E est de dimension finie alors u admet un polynôme minimal.  
λ1
 0 λ2 ∗ 
2. B =  . .  est triangulaire supérieure, alors :
 
 .. .. ...
Preuve 
E est de dimension finie, il en est de même pour L (E), K[u] qui est une sous 0 . . . 0 λn
 
algèbre de L (E), donc K[u] est de dimension finie, d’où l’existence de πu . P(λ1 )
 0 P(λ2 ) ∗ 
P(B) =  .  est triangulaire supérieure.
 
. . . . .
 . . . 
Proposition 7 : 0 ... 0 P(λn )
E un K-ev, u ∈ L (E) admettant un pomi πu , si F est un sous espace vectoriel
de E u-stable, v = u/F, alors πv /πu .
Propriété 2 :
Preuve πM = πt M et si A et B sont semblables alors πA = πB .
Vient du fait que πu sera aussi un polynôme annulateur de v.
Proposition 8 :
 
A C
Si M = est une matrice triangulaire par blocs, alors πA , πB divisent
0 B
πM et πM divise πA πB .
2.2 Polynôme de matrice
C’est à dire :
ppcm(πA , πB )/πM /πA πB
De même, on définit polynôme de matrice comme suit

Preuve
n n
P = ∑ ak X k , P(M) = ∑ ak M k Par une petite récurrence on montre que M k à la forme suivante :
k=0 k=0  k 
A Ck
Mk = k
0 B
Mn (K) est une K-algèbre l’application :
Par combinaison linéaire, on aura pour tout P ∈ K[X] il existe une matrice C(P)
de type (p, n − p) tel que :
ϕM : K[X] → Mn (K)
 
P(A) C(P)
P(M) =
0 P(B)
n p
P = ∑ ak X k → P(M) = ∑ ak M k
k=0 k=0 Par conséquent, en écrivant le fait que πM (M) = 0, on aura : πM (A) = πM (B) = 0,
le fait que πA , πB divisent πM en sera une
 conséquence
  immédiate. 
est un morphisme d’algèbre. 0 C(πA ) πB (A) C(πB )
En plus (πA πB )(M) = πA (M)πB (M) = = 0, d’où le
0 πA (B) 0 0
– 1(M) = In résultat.
– ∀α, β ∈ K, ∀P, Q ∈ K[X], (αP + β Q)(M) = αP(M) + β Q(M).
– ∀P, Q ∈ K[X], (PQ)(M) = P(M)Q(M), et par suite deux polynôme de la même
matrice commutent. Théorème 1 : Théorème de décomposition des noyaux
Si P = QR avec Q et R deux polynômes premiers entre eux alors :

KerP(u) = KerQ(u) ⊕ KerR(u)


Remarque 1 :
β une base de E supposé de dimension fini. En plus si P est un polynôme annulateur de u alors :

φ : L (E) → Mn (K) E = KerQ(u) ⊕ KerR(u)

u → M atB (u)
Preuve
est un isomorphisme d’algèbre.
n n Soient U et V tels que UQ +V R = 1 (Bezout). On a déjà KerQ(u) ⊂ KerP(u) et
M = M atB (u), P = ∑ ak X k , P(u) = ∑ ak uk KerR(u) ⊂ KerP(u). De plus on a : U(u)Q(u) +V (u)R(u) = IE .
k=0 k=0 Soit x ∈ KerQ(u) ∩ KerR(u). On a
M atB P(u) = P(M) et donc P(u) = 0 si, et seulement si P(M) = 0 ainsi
x = U(u)Q(u)(x) + V (u)P(u)(x) = 0 + 0 = 0, donc KerQ(u) ∩ KerR(u) = 0. Soit
πu = πM
x ∈ KerP(u). On a encore x = x1 + x2 , avec x1 = V (u)R(u)(x) et
x2 = U(u)Q(u)(x). Mais alors

c [Link]@[Link]
C HAPITRE : R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 3

Q(u)(x1 ) = Q(u)V (u)R(u)(x) = V (u)(QR)(u)(x) = V (u)P(u)(x) = 0.


donc x1 ∈ KerQ(u). De même x2 ∈ KerR(u) et d’où le résultat.
Exemple 3 :
Exemples 1 :
Déterminer les éléments propres de l’endomorphisme :
 ∞
1. Si p est un projecteur, alors : E = Kerp ⊕ Ker(IE − p) = Kerp ⊕ Imp C (R, R) −→ C∞ (R, R)
φ:
2. Si s est une symétrie, alors : E = Ker(s − IE ) ⊕ Ker(s + IE ) f → f 00
 
1 2 Soit λ ∈ R. On cherche les fonctions non nulles f ∈ C∞ (R, R) telles que f 00 =
3. u ∈ L (R2 ) tel que M atB = , montrer que :
2 1 λ f.
E = Ker(u + I) ⊕ Ker(u − 3I) 1. Si λ > 0, Eλ (φ ) = vect(t → cosh(λ t), t → sinh(λ t)).
2. Si λ < 0, Eλ (φ ) = vect(t → sin(λ t), t → cos(λ t)).
Théorème 2 : Généralisation 3. Si λ = 0, Eλ (φ ) = vect(t → 1, t → t).
Si (Pk )1≤k≤p est une famille de polynômes premiers entres eux deux à deux
Donc Sp(φ ) = R.
alors :
p p
M
Ker( ∏ Pk )(u) = KerPk (u)
k=1 k=1
Proposition 9 :
p
Et si en plus ∏ Pk est un polynôme annulateur de u, alors :
k=1
1. Eλ (u) est un sous espace vectoriel de E stable par u, et les droites
stables sont exactements les droites portées par des vecteurs propres.
p
M 2. Si λ1 , ..., λ p sont des valeurs propres distincts de u, alors la ∑ Eλi est
E= KerPk (u)
k=1
directe.
De manière équivalente si e1 , .., e p sont des vecteurs propres associés à
des valeurs propres distincts λ1 , ..., λ p . alors (e1 , ..., e p ) est libre.
Preuve
3. Si f et g sont deux endomorphismes qui commutent alors tout sous es-
Pour p = 2, le résultat est vrai.
pace propre de l’un est stable par l’autre.
Supposons que le résultat vrai pour p − 1. Comme Pp et P1 ...Pp−1 sont premiers
entre eux, le cas p = 2 nous donne : 4. Si λ est une valeur propre de u alors ∀P ∈ K[X], P(λ ) est une valeur
propre de P(u).
KerP(u) = KerP1 ...Pp−1 (u) ⊕ KerPp (u)
5. Si λ est une valeur propre de u et P un polynôme annulateur de u alors
puis grâce à l’hypothèse de récurrence KerP(u) = KerP1 (u) ⊕ ... ⊕ KerPp (u). λ est une racine de P.

Exercice 3. Soient P et Q deux polynômes de KX]. Soit f un endomorphisme du Preuve


K-espace vectoriel E. On pose D = P ∧ Q ; M = P ∨ Q. Montrer que
KerM( f ) = KerP( f ) + KerQ( f ), KerD( f ) = KerP( f ) ∩ KerQ( f )
1. Eλ (u) = Ker(u − λ IE ), est stable par u car u − λ IE commute à u.
ImD( f ) = ImP( f ) + ImQ( f ), ImM( f ) = ImP( f ) ∩ ImQ( f )
2. Eλi (u) = Ker(u − λi IE ) = Ker(Qi (u)), les Qi étant premiers entre eux, d’après
le lemme des noyaux la ∑ Eλi est directe.
3 Valeurs propres, vecteurs propres
3. f et g commutent, il en sera de même pour g − λ IE et f , et d’où le résultat.

3.1 Valeurs propres, vecteurs propres d’un endomorphisme 4. Soit λ une valeur propre de u et x un vecteur propre associé. On a
∀k ∈ N, uk (x) = λ k x et par combinaison linéaire on obtient :
Définition 4 : ∀P ∈ K[X], P(u)(x) = P(λ )x, d’où le résultat.
Soient u un endomorphisme de E et λ un élément de K, λ est dite valeur
5. Si λ est une valeur propre de u et P un polynôme annulateur de u alors P(λ )
propre de u si Ker(u − λ Id) n’est pas réduit au singleton {0}, et dans ce cas
est une valeur propre de P(u) = 0, d’où P(λ ) = 0.
Eλ = Ker(u−λ Id) s’appelle le sous espace propre associé à la valeur propre
λ et les éléments non nuls de Ker(u − λ Id) s’appellent les vecteurs propres
de u associés à la valeur propre λ .

Remarque 3 :
Remarque 2 : Il résulte de la propriété que si E est de dimension finie alors Sp(u) est fini.
λ est une valeur propre de u si, et seulement si u − λ Id n’est pas injective et
en dimension finie c’est équivalent à det(u − λ Id) = 0.

Proposition 10 :
Exemple 2 : Si E est de dimension finie, alors Sp(u) est exactement l’ensemble des racines
du polynôme minimal.

I un intervalle non trivial de R, soit ϕ : C∞ (I, C) → C∞ (I, C); f → f 0 .


Déterminer les valeurs et vecteurs propres de f . Preuve
Soit λ ∈ C une valeur propre de ϕ, il existe f ∈ C1 (I, C) non nulle telle que
On sait déja que si λ est une valeur propre de u, alors λ est racine de tout
f0 = λ f.
polynôme annulateur de u et en particulier de πu .
f 0 = λ f ⇐⇒ ∃c ∈ C, ∀t ∈ R : f (t) = c exp(tλ ).
Inversement soit λ une racine de πu et écrivons πu (X) = (X − λ )Q(X). Supposons
Par conséquent Sp( f ) = C et pour tout λ ∈ C :
que λ n’est pas valeur propre de u. On a 0 = πu (u) = (u−λ IE )◦Q(u). Mais comme
Eλ (ϕ) = C fλ ; fλ : t → exp(tλ ).
λ n’est pas valeur propre de u, u − λ IE est injectif et donc Q(u) = 0. Ceci impose

c [Link]@[Link]
C HAPITRE : R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 4

que πu divise Q ce qui est impossible pour une question de minimalité.

det(M − XIn ) = ∑ ε(σ )Πbσ (i)i


σ ∈Sn
Exemples 4 :
= Πni=1 bii + ∑ ε(σ )Πbσ (i)i
σ ∈Sn \{Id}
1. Soit p un projecteur non trivial, x2 − x et un polynôme annulateur de p, = Πni=1 (aii − X) + ∑ ε(σ )Πbσ (i)i
donc Sp(p) ⊂ {0, 1}. σ ∈Sn \{Id}
Ker(p) 6= {0}, Ker(p − Id ) = Im(p) 6= {0}, donc Sp(p) = {0, 1}, et les
sous espaces propres sont respectivement Ker(p) et Im(p) Si σ 6= Id, soit alors i0 tel que σ (i0 ) 6= i0 , posons j0 = σ (i0 ), on a aussi par injec-
tivité de σ ; σ ( j0 ) 6= j0 , et donc Πni=1 bσ (i)i est un polynôme de degré ≤ n − 2.
2. Soit s une symétrie non triviale, en passant par le projecteur associé (ou
s + Id Πni=1 (bii − X) est un polynôme de degré exactement n, son coeffcient dominant est
un polynôme annulateur) p = , Sp(s) = {1, −1}. n
2 (−1)n , et le coefficient de X n−1 est (−1)n−1 ∑ bii = (−1)n−1 tr(M) et le coeffcient
i=1
Proposition 11 : constant de χM est χM (0) = det M.
Si u est un endomorphisme d’un K-ev de dimension finie, alors u admet une
droite ou un plan stable, et si K = C, alors u admet toujours une droite stable. Remarque 5 :
En particulier pour n = 2, χM = X 2 − tr(M)X + det M

Preuve
On raisonne sur le polynôme minimal, s’il admet une racine λ dans K, qui sera Exemple d’application 5 :
par la suite une valeur propre de u, et donc une droite portée par un vecteur propre
u un endomorphisme non homothétie d’un K espace vectoriel de dimension
associé à λ est une droite stable.
2, montrer qu’il existe une base β de E, tel la matrice de u dans β soit de la
Supposons maintenant que πu n’admet pas de racines dans K, soit Q un facteur forme :
irréductible de π, il sera par conséquent de degré deux, soit R tel que π = QR, on 
0 − det u

aura : 0 = Q(u) ◦ R(u), si Q(u) est injectif, alors R(u) = 0, ce qui contredirait la M=
1 tr(u)
minimalité πu , et par conséquent KerQ(u) 6= {0}, soit alors e ∈ KerQ(u)\{0} en
ecrivant Q = X 2 + aX + b, on aura que : u2 (e) ∈ vect(e, u(e)) et par conséquent En déduire que deux matrices non scalaires sont semblables si, et seulement
F = vect(e, u(e)) est un plan ou une droite stable par u. En fait c’est un plan, parce si elles ont le même polynôme caractéristique.
que u n’admet pas dans ce cas de droites stables.

Exercice 4. Matrice compagnon :


n
Si P = X n + ∑ ak X k , on appelle matrice compagnon de P, la matrice
k=0
3.2 Valeurs propres, vecteurs propres d’une matrice.  
0 0 . . . 0 −a0
 . . .. 

 1 0 . . −a1 

Définition 5 : . . . ..
C(P) =  0 . . . . ..
 
. 
Soient M ∈ Mn (K) et λ ∈ K. .. . . . .
 
 
 . . . 0 −an−1 
λ est dite valeur propre de M s’il existe un vecteur colonne V non nul de
0 . . . 0 1 −an
Mn,1 (K) tel que MV = λV .
Un tel vecteur V est appelé vecteur propre de M pour la valeur propre λ .
Montrer que χC(P) = (−1)n P
L’ensemble des valeurs propres éventuelles de M dans K s’appelle spectre
de M dans K et se note SpK (M). Proposition 12 :
1. Si deux matrices sont semblables alors elles auront le même polynôme
caractéristique.
Remarque 4 :
2. Le spectre de M dans K est exactement l’ensemble des racines dans K
1. si u est un endomorphisme associé à M dans n’importe quelle base β de de χM , et par conséquent SpK (M) est fini et son cardinal est plus petit
E alors les valeurs propres de M sont exactement les valeurs propres de que n
u et les vecteurs propres de M sont les vecteurs colonnes composantes
des vecteurs propres de u dans β .
Corollaire 1 :
2. λ est valeur propre de M ssi det(M − λ In ) = 0.
Le spectre d’une matrice triangulaire ou diagonale est exactement l’en-
semble des éléments diagonaux de la matrice.

3.3 Polynôme caractéristique Remarque 6 :


Le polynôme caractéristique et minimal d’une matrice ont les mêmes racines
dans K, et different dans C par la multiplicité des racines.
Théorème définition 3 :
Soit M ∈ Mn (K), si on pose :
χM = det(M − XIn ), alors χM est polynôme de degré n et on a Exercice 5. Montrer que χM et πM ont les même facteurs irréductibles dans K[X].

χM = (−1)n X n + (−1)n−1 trMXn−1 + ... + det M Théorème définition 4 :


Soit E un espace vectoriel de dim n et u ∈ L (E).
Preuve Pour toute base β de E, det(M atB (u − XIn )) est indépendant de la base β
choisie et s’appelle le polynôme caractéristique de u et se note χu .
Posons M = (ai j ) et M − XIn = B = (bi j ), on a
bi j = ai j si i 6= j et bii = aii − X

c [Link]@[Link]
C HAPITRE : R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 5

Remarque 7 : Exercice 6. Soit E un K espace vectoriel de dimension finie, n > 0 et


u ∈ L (E).
1. Si λ ∈ K alors χu (λ ) = det(u − λ IE ) et 1. On suppose qu’il existe x0 ∈ E tel que (ui (x0 ))i=0...n soit une base de E. on
λ valeur propre de u ssi χu (λ ) = 0 n−1
pose : un (x0 ) = ∑ ak uk (x0 ). Calculer χu en fonction des ak , en déduire que
2. χu est un polynôme de degré égal à n et k=0
χu (u) = 0.
χu = (−1)n X n + (−1)n−1 truXn−1 + . . . + det u
2. pour x ∈ E\{0}, on pose Eu (x) = vect{uk (x), k ∈ N}.
Montrer que Eu (x) a une base de la forme (x, u(x), ..., u p−1 (x)) en déduire que
χu (u)(x) = 0.
Exemples 6 :
3. Retrouver le théorème de cayley hamilton.
1. Si p est un projecteur en dimension n, alors :

χ p = (1 − X)q (−X)n−q 4 Diagonalisation


avec q = rg(p). Dans tout ce paragraphe E est un K espace vectoriel de dimension finie égale à
2. Si f est un endomorphisme en dimension n de rang 1, alors : n.
Définition 7 :
χ f = (−1)n X n−1 (X − tr(f))
Un endomorphisme u est dit diagonalisable s’il existe une base β de E telle
Proposition 13 : que M atB u soit diagonale.
Soient E un espace vectoriel de dimension finie et v ∈ L (E).
Si F est un sous espace vectoriel de E stable par u et v = u/F alors :
Proposition 14 :
χv /χu u est diagonalisable si et seulement si il admet une base de vecteurs propres.

Preuve Théorème 6 :
 Vient dufait que dans une base β = β1 ∪ β2 adaptée à F, la matrice de u s’écrit : u ∈ L (E), les psse :
A B
, où A = Mat β1 v. 1. u est diagonalisable.
0 C
p
M
2. χu est scindé et E = Eλi (u)
Généralisation i=1
p
Sp(u) = {λi , i = 1..p}.
Soit u ∈ L (E), on suppose que E =
M
Fk où les Fk sont des sous espace vectoriels
p
k=1
de E stables et non réduits à {oE } et on note vk = u/Fk alors : 3. χu est scindé et dim E = ∑ dim Eλi (u)
i=1
p Sp(u) = {λi , i = 1..p}.
χu = ∏ χvk 4. χu est scindé et ∀λ ∈ SP(u), d(λ ) = m(λ ).
k=1
5. ∃P ∈ K[X] scindé à racines simples tel que : P(u) = 0.
Définition 6 :
u ∈ L (E) (resp M ∈ Mn (K)) soit λ une valeur propre de u (resp de M). Preuve
On appelle multiplicité de λ sa multiplicité comme étant une racine de χu 1) =⇒ 2) Supposons u diagonalisable et soit β une base de E telle que
(resp χM ).
M atB (u) = D = diag(λ1 , ..., λ1 , λ2 , .., λ2 , .., .., λ p , .., λ p )

Propriété 3 : avec λ1 , .., λ p deux à deux distincts, λi figurant mi fois. Alors


Soit u ∈ L (E). Soit λ une valeur propre de u. Si on note p
d(λ ) = dim Eλ et m(λ ) la multiplicité de λ alors : χu (X) = χD (X) = Πi=1 (X − λi )mi

1 ≤ d(λ ) ≤ m(λ ) ce qui montre déjà que χu est scindé et que les valeurs propres de u sont exactement
p
λ1 , .., λ p . et si on considère le polynôme Q = Πi=1 (X − λi ), il est annulateur de D
p
M
Preuve et donc de u, le lemme des noyaux donne E = Eλi .
Eλ (u) est stable par u et la restriction v de u à Eλ (u) est l’homothétie de rapport i=1
2) c’est équivalente à 3) du fait que la somme est directe.
λ dont le polynôme caractéristique est χv (X) = (λ − X)dimEλ (u) . La proposition
2) =⇒ 4)En calculant le polynôme caractéristique dans une base adaptée à
précédente implique donc que p
p
(λi − X)dimEλi (u) , et par unicité de la multipli-
M
d(λ ) ≤ m(λ ) E= Eλi , on obtient χu = Πi=1
i=1
De plus Eλ (u) 6= {0}, donc 1 ≤ dimEλ (u). cité d(λ ) = m(λ ).
4) =⇒ 2) supposons que χu est scindé et ∀λ ∈ Sp(u), d(λ ) = m(λ ). On a toujours
p p
Remarque 8 : n = deg χu = ∑ m(λi ) et donc n = ∑ dim Eλi .
i=1 i=1
Il en résulte que si λ est une valeur propre de u de multiplicité 1, alors la p
M
dimension de l’espace propre associé est toujours égale à 1. 2) =⇒ 5) Supposons que : χu est scindé et E = Eλi , Sp(u) = {λi , i = 1..p}.
i=1
Dans une base adaptée à cette décomposion la matrice est diagonale constituée
p
Théorème 5 : de Cayley hamilton des valeurs propres λi et dans ce cas le polynôme Q = Πi=1 (X − λi ) qui est scindé
Si u ∈ L (E), alors χu (u) = 0. à racines simples est annulateur de D et donc de u.
5) =⇒ 2) supposons qu’il existe P ∈ K[X] scindé à racines simples tel que :
P(u) = 0, alors le polynôme minimal est scindé à racines simples,

c [Link]@[Link]
C HAPITRE : R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 6

p
p
M
si πu = Πi=1 (X −λi ), alors par le lemme des noyaux E = ker(u − λi IE ) et en cal- Remarque 12 :
i=1
culant le polynôme caractéristique suivant cette décomposition il sera donc scindé. 1. Soit M un élément de Mn (R).
Si M est diagonalisable dans R alors M est diagonalisable dans C, avec
les mêmes valeurs et vecteurs propres et la même égalité M = PDP−1 ,
les matrices P et D étant à coefficients réels.
Remarque 9 :
En revanche, toujours avec M dans Mn (R), M peut être diagonalisable
u est diagonalisable ssi Πu est scindé à racines simples. dans C sans l’être dans R, si des valeurs propres sont complexes mais
non réelles.
Dans l’égalité M = PDP−1 , P et D sont alors à coefficients complexes.
Exercice 7. L’ensemble Dn (K) des matrices diagonalisables d’ordre n est un 2. Dans l’égalité M = PDP−1 , P est la matrice de passage de la base ca-
connexe par arcs. nonique de Kn à une base de vecteurs propres de M.

Proposition 15 :
Si F est un sous espace stable par u et v = u/F , alors la diagonalisabilité de
u entraine celle de v. Méthode et exemples :
Soit à diagonaliser une matrice M de Mn (K).

Preuve 1. On calcule le polynôme caractéristique χM de la matrice M puis les racines


dans K de ce polynôme.
u diagonalisable, il existe P scindé à racines simples tel que P(u) = 0, ce po-
lynôme sera aussi annulateur de v, d’où la diagonalisabilité de v. 2. Si χM nest pas scindé dans K, alors M n’est pas diagonalisable dans K.
3. Si χM est scindé alors pour chaque racine λ qui sera une des valeurs propres
Proposition 16 : de M on résoud le système homogène (M − λ In )X = 0, où X est une matrice
colonne de Kn .
Si le polynôme caractéristique est scindé à racines simples (c’est à dire que u
La résolution conduit à une base βλ de Eλ , donc à dim Eλ .
admet n valeurs propres distinctes) alors u est diagonalisable et la dimension
p
de chaque sous espace propre est égale à 1. 4. Si, ∑ dim(Eλ ) < n , alors M n’est pas diagonalisable.
i
i=1
p
Remarque 10 : 5. Sinon, c’est à dire ∑ dim(Eλ ) = n alors M est diagonalisable, et la juxtapo-
i
Bien sur la condition de la proposition n’est pas nécessaire, en considérant i=1
sition des bases βλi donne une base de Kn , formée de vecteurs propres.
par exemple l’identité de E.
 
8 0 9
Proposition 17 : Exemple 1 :M =  −3 −1 −3 
Soit u ∈ L (E), on suppose que u est diagonalisable de spectre −6 0 −7
Sp(u) = {λ1 , ..., λp }, et soit (pλ1 , ..pλ p ) la famille des projecteurs associée à χM = −(X − 2)(X + 1)2 .
p
M – Sous espace propre associé à la valeur propre -1. On résoud le système :
E= Eλi , alors :
i=1

p 9x + 9z = 0

IE = ∑ pλi (M + I)V = 0 ⇐⇒ −3x − 3z = 0 ⇐⇒ x + z = 0
i=1 
−6x − 6z = 0

p
∀k ∈ N∗ : uk = ∑ λik pλi    
i=1
1 0
Il s’agit du plan engendré par  0  et  1 
∀i ∈ |[1, p]| : pλi ∈ K[u] −1 0
On peut déja en déduire la diagonalisabilité de M.
– Sous espace propre associé à la valeur propre 2. On résoud le système :
Définition 8 :
3

(Matrices diagonalisables) 
x=− z
6x + 9z = 0

Soit M un élément de Mn (K).

 
 2
On dit que M est diagonalisable si M est semblable à une matrice diagonale (M − 2I)V = 0 ⇐⇒ −3x − 3y − 3z = 0 ⇐⇒ y = − 1 z
  2
D, c’est-à dire s’il existe une matrice inversible P telle que M = PDP−1 . On −6x − 9z = 0
 

z=z

dit alors que D est une réduite diagonale de M.
 
3
Il s’agit de la droite engendrée par  −1 
Remarque 11 : −2
Avec les notations ci-dessus, les coefficients de la diagonale de D sont les Conclusion : La somme des dimensions des sous espaces propres est 3, donc M est
valeurs propres de M, chacune figurant autant de fois que son ordre de diagonalisable.    
multiplicité. −1 0 0 1 0 3
Si on pose D =  0 −1 0  et P =  0 1 −1 , alors
0 0 2 −1 0 −2
M = PDP−1 .
Propriété 4 :
 
2 1 0
Soit M un élémnt de Mn (K). Exemple 2 : M =  −6 −3 −2  χM = −(X − 1)(X − 2)(X − 3).
M est diagonalisable si et seulement si tout endomorphisme u d’un K-espace 15 9 7
vectoriel E de dimension n dont la matrice est M dans une base β de E est Le polynôme caractéristique est scindé à racines simples, donc M est diagonali-
diagonalisable, et en particulier l’endomorphisme de Kn de matrice M dans sable.  
la base canonique. 7 −11 −2
Exemple 3 : M =  −3 −1 −6 . χM = −(X + 4)(X − 8)2 .
−1 1 6

c [Link]@[Link]
C HAPITRE : R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 7

Si on cherche le sous espace


 propre
 associé à la valeur propre 8, on trouve que c’est Remarque 14 :
2
M est trigonalisable si et seulement si tout endomorphisme f d’un K-espace
la droite engendrée par  0 , on conclut que M n’est pas diagonalisable.
vectoriel E de dimension n dont la matrice est M dans une base β de E est
−1
trigonalisable, et en particulier l’endomorphisme de Kn de matrice M dans
la base canonique.

5 Applications de la diagonalisation
Théorème 7 :
• Calcul des puissances d’une matrice. Soit u ∈ L (E). les psse :
Soit à calculer M k pour tout k ∈ N.
Si M est diagonalisable, soient alors P inversible et D diagonale tel que : M = 1. u trigonalisable.
PDP−1 . 2. χu est scindé
Dans ce cas on a M k = PDk P−1 , c’est à dire que le calcul de M k se ramène à celui 3. Il existe un polynôme scindé annulateur u.
de
Dk = diag (λ1k , ..., k
 λn ).
Preuve

8 0 9  
Exemple : M =  −3 −1 −3  a11 ∗ ∗
−6 0 −7 1) =⇒ 2) : Si M = 0 . ∗ , alors on a :

0 0 ann
χM = −(X − 2)(X + 1)2 .
Avec les mêmes notations que [Link] 1 on a :
χu (X) = χM (X) = Πni=1 (aii − X)
−1 k k −1
M = PDP =⇒ M = PD P
Donc χu est scindé.
 k 
(−1) 0 0 2) =⇒ 1) Par récurrence sur n . Il n’y a rien à démontrer si n = 1. Supposons la
k k
D = 0 (−1) 0 , finalement on obtient : propriété vraie pour n − 1, soient E un espace vectoriel de dimension n et u un
0 0 2k endomorphisme de E tel que χu scindé.
−2(−1)k + 3(2k ) −3(−1)k + 3(2k )
 
0 Soit λ une racine de χu . Soit e1 un vecteur propre associé à λ , que l’on complète
k k k k k k en β = (e1 , .., en ) base de E. Soit F = Vect(e2 , .., en ), p la projection sur F pa-
M =  (−1) − 2 (−1) (−1) − 2 
2(−1)k − 2(2k ) 0 3(−1)k − 2(2k ) rallèlement àKe1 et v : F  → F défini par v(x) = p(u(x)) si x ∈ F. Alors M =
• Systèmes de suites récurrentes de pas 1. λ ∗ ∗ ∗
(1) (p) 0
Soient (xn )n , ...(xn )n des suites d’éléments de K. On pose M atB (u) = 

 avec A = Mate ,..,e (v). On en déduit que χu (X) =
. 2 n
t (1) (p)
Xn = (xn , ..., xn ) et on suppose qu’il existe une matrice M telle que, pour tout n, A 
Xn+1 = MXn , Dans ce cas on aura : ∀n ∈ N : Xn = M n X0 , ce qui nécessite le calcul 0
des puissances successives de M : on est donc ramené au cas précédent... (X − λ )χv (X). Donc χv est aussi scindé. Par hypothèse de récurrence, il existe
une base (ε2 , .., εn ) de F telle que Mat(ε2 ,..,εn ) v soit triangulaire supérieure et alors
• Etude d’une récurrence linéaire de pas p.  
Soit à déterminer une suite (xn ) définie par une relation de récurrence du type : λ ∗ ∗ ∗
0
∀n ≥ 0 : xn+p + a p−1 xn+p−1 + ... + a1 xn+1 + a0 xn = 0.

Mat(e1 ,ε2 ,..,εn ) u = 
.
 est triangulaire supérieure.
En posant pour tout n ∈ N, Xn =t (xn , ..., xn+p−1 ) on obtient la formule de Mat(ε2 ,..,εn ) v 
récurence : 0
 
0 1 0 ... ... 0 2) =⇒ 3) Il suffit de prendre le polynôme caractéristique lui même.
 0 0 1 0 ... 0  3) =⇒ 2) Supposons qu’il existe un polynôme P scindé annulateur de u, β une
base quelconque de E et M = M atB (u), on injecte M dans Mn (C), aussi bien que
 
 .. .. 
 0 0 0 . . 0 
Xn+1 = MXn , avec M =  . 
. .
 χu = χM qu’on peut considérer comme un polynôme de C[X], si λ est une racine
. . . . . 
 . . . 0 . 0  complexe de χM , alors c’est une valeur propre de M et comme P est aussi annu-
 
 0 0 0 0 1  lateur de M donc λ est une racine de P et par suite λ est dans K, ainsi toutes les
−a0 −a1 . . . . . . . . . −a p−1 racines complexes de χu sont dans K, ce qui veut dire que χu est bien scindé dans
Le polynôme caractéristique de M est χM = (−1) p [X p + a p−1 X p−1 + ... + a1 X + K[X].
a0 ].
(d’où la nomination ”équation caractéristique”). Remarque 15 :
On est donc encore ramené au problème précédent.
1. u est trigonalisable si et seulement si πu est scindé.
2. Ces propositions passent immédiatement aux matrices.
6 Trigonalisation 3. La démonstration du théorème constitue un algorithme de trigonalisa-
tion d’une matrice.

Définition 9 : 
2 2 −3

Un endomorphisme f est dit trigonalisable s’il existe une base β de E telle Exemple :  5 1 −5 .
que M atB f soit triangulaire supérieure. −3 4 0
– χM = (1 − X)3 , M n’est donc pas diagonalisable.
Remarque 13 : – Le sous espace propre associé à la valeur propre 1 est la droite engendée par :
Si f ∈ L (E) est trigonalisable et β = (e1 , ..., en ) une base telle que M atB f e1 = (1, 1, 1), notons C = (c1 , c2 , c3 ) la base canonique et posons e02 = c2 =
est triangulaire supérieure alors si on pose β 0 = (en , ..., e1 ), la matrice de f (0, 1, 0), e03 = c3 , déterminons la matrice N de f (canoniquement associé à M)
dans β 0 est triangulaire inférieure. dans cette nouvelle base : (e1 , e02 , e03 ).
f (e1 ) = e1 , f (e02 ) = 2c1 + e02 + 4e03 , f (e03 ) = −3c1 − 5e02 .
c1 = e1 − e02 − e03 =⇒ f (e02 ) = 2e1− e02 + 2e03 , f (e03 ) = −3e1 − 2e02 + 3e03 .
Définition 10 : 1 2 −3
Finalement N =  0 −1 −2 .
Une matrice M ∈ Mn (K) est dite trigonalisable si elle est semblable à une
0 2 3
matrice triangulaire supérieure.
– On pose G = vect(e02 , e03 ), p désigne la projection sur G parallélement à
vect(e1 ).

c [Link]@[Link]
C HAPITRE : R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 8

 
−1 −2
C = M atB (p ◦ f/G ) = , χC = (1 − X)2 . 7 Classiques de chez les classiques
2 3
x = αe02 + β e03 est un vecteur propre de C associé à 1 ⇐⇒ α + β = 0, par
exemple
e2 = e02 − e03 = (0, 1, −1). 7.1 Endomorphismes cycliques
– En complétant (e1 , e2 ) par e3 = c3 (par exemple) pour obtenir une base β de
E, et en calculant la matrice Dans tout le problème E un espace vectoriel sur K de dimension n, et u ∈ L(E)
  de f dans β , on trouve :
1 5 −3
M atB f =  0 1 −2 .
0 0 1
Partie I
Propriété 5 :
Tout endomorphisme sur un C-espace vectoriel est trigonalisable. 1. Pour x ∈ E, on pose :

Zx = K[u](x) = vect{uk (x), k ∈ N}, et Ix = {P ∈ K[X], P(u)(x) = 0}


Proposition 18 :
a) Montrer qu’il existe un unique polynome unitaire noté Πx tel que :
Soit F un sous espace vectoriel stable par f et posons g = f/F . Ix = {QΠx ; Q ∈ K[X]}.
f trigonalisable =⇒ g trigonalisablale. Πx s’appelle le polynome minimal de x.
b) Montrer que deg Πx = dim Zx
Preuve 2. Soit (e1 , ..., en ) une base de E, montrer que Πu = ppcm(Πei , i = 1, ..n)
Vient du fait que χg divise χ f . 3. Soient x, y ∈ E tels que Πx et Πy soit premiers entre eux, montrer que

Πx+y = ppcm(Πx , Πy ) = Πx Πy
Proposition 19 :
E de dimension n. p
Un endomorphisme u de E est nilpotent si et seulement χu = (−1)n X n . 4. Soit Πu = Π Qαi i sa décomposition primaire, montrer que :
i=1
pour tout i ∈ |[1, p]|, ∃xi ∈ E, Qαi i = Πxi

Preuve 5. En déduire qu’il existe x ∈ E tel que Πu = Πx


=⇒) Si u est nilpotent d’indice p, alors πu = X p qui est scindé donc la seule valeur
propre de u est 0, u est trigonalisable, par suite χu est scindé avec 0 comme la seule
racine et donc χu = (−1)n X n .
Partie II
⇐=) Si χu = (−1)n X n , alors d’après le théorème de Cayley-Hamilton, on aura
un = 0, et donc u nilpotent.
dimE = n, u ∈ L(E) est dit cyclique s’il existe x ∈ E tel que (x, u(x), ..., un−1 (x))
soit une base de E.
Remarque 16 :
1. Montrer que si u ∈ L(E) a n valeurs propres distinctes il est cyclique. (
1. Soit M ∈ Mn (K) une matrice trigonalisable. considérer une somme de vecteurs propres)
Soit λ1 , ..., λ p les valeurs propres distinctes de M, une conséquence de 2. Montrer que u est 
cyclique ssi sa matrice dans une base est de la forme :
la trigonlalisation est que les valeurs propres de M k sont λ1k , ..., λ pk .

0 0 0 a0
et en particuliers si M ∈ Mn (K) qui est trigonalisable sur C alors  .. .. 
p 1
 . . a1   et donner dans ce cas l’expression de χu .
tr(M) = ∑ m(λk )λk , où λ1 , ..., λ p sont les valeurs propres complexes  .. 
 . 0 an−2 
k=1
distinctes de M 0 1 an−1
2. Si M est une matrice trigonalisable et non diagonalisable, alors on peut 3. Montrer que u est cyclique ssi Πu = (−1)n χu .
se servir du polynôme caractéristiques pour calculer les grandes puis- 4. On suppose que u est nilpotent, Montrer que les psse :
sances de M. a) u est cyclique
En effet pour k ∈ N effectuons la division euclidienne de X k par χM ,
∃Q, R ∈ K[X] : b) L’indice de nilpotence est n.
X k = QχM + R avec deg R < n ou R = 0, par le théorème de cayley Ha- c) rg(u) = n − 1
milton on obtient : 5. Soit u un endomorphisme cyclique de E = Cn . Quelles valeurs peut prendre le
M k = R(M). rang de u. Donner un exemple pour chacune de ces valeurs.
Par conséquent le calcul de M k pour k assez grand se ramène à celui
6. u étant cyclique, donner une CNS pour que u soit diagonalisable
des M p , p = 0, ..., n − 1
7. Soit M la matrice canoniquement associée à u cyclique.
Montrer qu’il existe un polynome P tel que t com(M) = P(M).
Exemples d’application 7 :
1. Si K = C, alors Dn (K) des matrices diagonalisables est dense dans 7.2 Le commutant et la décomposition de dunford d’un endo-
Mn (K). morphisme
Le résultat subsciste t-il si K = R.
2. Si K = C, alors GLn (K) connexe par arcs.
Le résultat subsciste t-il si K = R.
E désigne un K ev de dim n ≥ 2 et u un endomorphisme de E dont on suppose le
3. Une matrice M ∈ Mn (K) est nilpotente si, et seulement si 0 est dans polynôme caractéristique χu scindé sur K, on pose :
l’adhérence de la classe de similitude de M :
p
CM = {PMP−1 , P ∈ Gln (K)} χu = ∏(λi − X)mi
i=1

E(λi ) = Ker(u − λi I), E 0 (λi ) = Ker(u − λi I)mi

c [Link]@[Link]
C HAPITRE : R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES 9

 
1. Montrer que E 0 (λi ) est un sous espace vectoriel stable par u, et que : 2 −1 0 0 . . . 0 −1
p −1 2 −1 0 . . . 0 0
E = ⊕ E 0 (λi ).  
i=1 0
 −1 2 −1 . . . 0 0 
2. a) on pose vi = u/E0 (λi ) .  . .. .. .. .. .. .. 
 . . . . . .
0 b) Soit ∆ =  . . 
.
Monter que : χvi = (λi − X)dim E (λi ) .  .. .. .. .. .. .. .. 
0
 . . . . . . . 
b) En déduire que dim E (λi )(= mi .  
 .. .. .. 
L(E) → L(E) 0 . . . −1 2 −1
Dans la suite on considère Γu : −1 0 . . . . . . 0 −1 2
v 7→ vou − uov
Vérifier que la matrice ∆ est diagonalisable et identifier ses valeurs
3. Montrer que Γu ∈ L(L(E)). propres.
On note alors C (u) = Ker(Γu )
4. a) Montrer que vect(id, u, u2 , ..., un−l ) ; le sous espace vectoriel de L(E) en-
gendré par les vecteurs uk , k ∈ {0, 1, 2, ..., n − 1}, est inclus dans C (u)
et que dim (C (u)) ≥ 2.
b) Montrer que si v ∈ C (u), alors ∀i ∈ {1, 2, ..., p}, v(E(λi )) ⊂ E(λi ).
5. Dans cette question on suppose u diagonalisable.
a) Montrer que mi = dim E(λi ), ∀i ∈ |[1, p]|.
b) Montrer que :
C (u) = {v ∈ L(E)/∀i ∈ {1, 2, ..., p}}, v(E(λi )) ⊂ E(λi )}.
c) En déduire que
C (u) est isomorphe à L(E(λ1 )) × L(E(λ2 )) × ... × L(E(λ p )), et donner
la dimension de C (u).
6. Dans cette question, on Suppose que : ∀i ∈ [|1, p|], mi = 1. Montrer que :
C (u) = Vect(id, u, u2 , ..., un−l )
7. Soit k ∈ N* et v ∈ L(E).
a) Calculer (Γu)k (v).
b) En déduire que si u est nilpotent, alors Γu est nilpotent.
8. a) Montrer que si v ∈ C (u) alors :
∀i ∈ {1, 2, ..., p}, v(E 0 (λi )) ⊂ E 0 (λi ).
p
Dans la suite de la question on utilisera le fait que E = ⊕ E 0 (λi ).
i=1
b) Montrer qu’ il existe δ ∈ L(E) diagonalisable et ω ∈ L(E) nilpotent tels
que :
u = δ + ω, δ ◦ ω = ω ◦ δ
et
C (u) = C (δ ) ∩ C (ω)
c) Exemple
Donner la décomposition δ + ω (matricielle) de l’endomorphisme u ca-
noniquement
 associé
à la matrice .
2 1 −1
A =  2 1 −2  calculer alors An , pour tout n ∈ N
3 1 −2

7.3 Matrices circulantes

1. P ∈ C[X], A ∈ Mn (C) diagonalisable, montrer que P(A) est diagonalisable.


 
0 1 O
 .. .. 
0 . .  (matrice de Frobenius), calculer J k , k = 1...n, étudier

2. J =   .. .. 
 . . 1
1 0 0
la diagonalisabilté et déterminer les éléments propres de J.
 
a0 a1 . . . an−1
 an−1 . . . a1
 

3. a0 , ..., an−1 des complexes et M =  . .
, écrire M

 .. .. 

a1 an−1 a0
sous forme d’un polynome en J et en déduire la diagonalisabilité et les
éléments propres de M.
4. Application :
a) Soit (x, y, z) ∈ C3 . A l’aide de ce qui précède, expliciter une méthode
simple permettant de calculer un développement du produit
(x + y + z)(x + jy + j2 z)(x + j2 y + jz)

1 3
dans lequel n’intervient plus le nombre complexe j = − + i (il ne
2 2
reste finalement que 4 monômes).

c [Link]@[Link]

Vous aimerez peut-être aussi