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Polynômes scindés et trigonalisabilité

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Chapitre: Espaces vectoriels normés 1

1 Trigonalisation

Définition 1 :
Un endomorphisme f est dit trigonalisable s’il existe une base β de E telle que MatB f soit triangulaire supérieure.

Remarque 1 :
Si f ∈ L(E) est trigonalisable et β = (e1 , ..., en ) une base telle que MatB f est triangulaire supérieure alors si on
pose β 0 = (en , ..., e1 ), la matrice de f dans β 0 est triangulaire inférieure.

Définition 2 :
Une matrice M ∈ Mn (K) est dite trigonalisable si elle est semblable à une matrice triangulaire supérieure.

Remarque 2 :
M est trigonalisable si et seulement si tout endomorphisme f d’un K-espace vectoriel E de dimension n dont la
matrice est M dans une base β de E est trigonalisable, et en particulier l’endomorphisme de Kn de matrice M
dans la base canonique.

Théorème 1 :
Soit u ∈ L(E). les psse :
1. u trigonalisable.
2. χu est scindé
3. Il existe un polynôme scindé annulateur u.
Preuve  
a11 ∗ ∗
1) =⇒ 2) : Si M =  0 . ∗ , alors on a :
0 0 ann

χu (X) = χM (X) = Πni=1 (aii − X)

Donc χu est scindé.


2) =⇒ 1) Par récurrence sur n . Il n’y a rien à démontrer si n = 1. Supposons la propriété vraie pour n − 1, soient E un
espace vectoriel de dimension n et u un endomorphisme de E tel que χu scindé.
Soit λ une racine de χu . Soit e1 un vecteur propre associé à λ, que l’on complète en β = (e1 , .., en ) base de E. Soit
F = V ect(e2 , .., en  sur F parallèlement à Ke1 et v : F → F défini par v(x) = p(u(x)) si x ∈ F . Alors
), p la projection
λ ∗ ∗ ∗
0 
M = MatB (u) =  .
 avec A = M ate ,..,en (v). On en déduit que χu (X) = (X − λ)χv (X). Donc χv est aussi
2
A 
0
scindé. Par hypothèse de récurrence, il existe une base (ε2 , .., εn ) de F telle que M at(ε2 ,..,εn ) v soit triangulaire supérieure
 
λ ∗ ∗ ∗
0 
et alors M at(e1 ,ε2 ,..,εn ) u = 
.
 est triangulaire supérieure.
M at(ε2 ,..,εn ) v 
0
2) =⇒ 3) Il suffit de prendre le polynôme caractéristique lui même.
3) =⇒ 2) Supposons qu’il existe un polynôme P scindé annulateur de u, β une base quelconque de E et M = MatB (u),
on injecte M dans Mn (C), aussi bien que χu = χM qu’on peut considérer comme un polynôme de C[X], si λ est une
racine complexe de χM , alors c’est une valeur propre de M et comme P est aussi annulateur de M donc λ est une racine
de P et par suite λ est dans K, ainsi toutes les racines complexes de χu sont dans K, ce qui veut dire que χu est bien

[Link]@[Link]
Chapitre: Espaces vectoriels normés 2

scindé dans K[X].

Remarque 3 :
1. u est trigonalisable si et seulement si πu est scindé.
2. Ces propositions passent immédiatement aux matrices.
3. La démonstration du théorème constitue un algorithme de trigonalisation d’une matrice.
 
2 2 −3
Exemple :  5 1 −5 .
−3 4 0
– χM = (1 − X)3 , M n’est donc pas diagonalisable.
– Le sous espace propre associé à la valeur propre 1 est la droite engendée par : e1 = (1, 1, 1), notons C = (c1 , c2 , c3 )
la base canonique et posons e02 = c2 = (0, 1, 0), e03 = c3 , déterminons la matrice N de f (canoniquement associé à
M ) dans cette nouvelle base : (e1 , e02 , e03 ).
f (e1 ) = e1 , f (e02 ) = 2c1 + e02 + 4e03 , f (e03 ) = −3c1 − 5e02 .
c1 = e1 − e02 − e03  =⇒ f (e02 ) = 2e1− e02 + 2e03 , f (e03 ) = −3e1 − 2e02 + 3e03 .
1 2 −3
Finalement N =  0 −1 −2 .
0 2 3
– On pose G = vect(e02 ,  e03 ), p désigne
 la projection sur G parallélement à vect(e1 ).
−1 −2
C = MatB (p ◦ f/G ) = , χC = (1 − X)2 .
2 3
x = αe02 + βe03 est un vecteur propre de C associé à 1 ⇐⇒ α + β = 0, par exemple
e2 = e02 − e03 = (0, 1, −1).
– En complétant (e1 , e2 ) par e3 = c3 (par exemple) pour obtenir une base β de E, et en calculant la matrice de f dans
β, on trouve : 
1 5 −3
MatB f =  0 1 −2 .
0 0 1

Propriété 1 :
Tout endomorphisme sur un C-espace vectoriel est trigonalisable.

Proposition 1 :
Soit F un sous espace vectoriel stable par f et posons g = f/F .
f trigonalisable =⇒ g trigonalisablale.
Preuve
Vient du fait que χg divise χf .

Proposition 2 :
E de dimension n.
Un endomorphisme u de E est nilpotent si et seulement χu = (−1)n X n .
Preuve
=⇒) Si u est nilpotent d’indice p, alors πu = X p qui est scindé donc la seule valeur propre de u est 0, u est trigonalisable,
par suite χu est scindé avec 0 comme la seule racine et donc χu = (−1)n X n .

[Link]@[Link]
Chapitre: Espaces vectoriels normés 3

⇐=) Si χu = (−1)n X n , alors d’après le théorème de Cayley-Hamilton, on aura un = 0, et donc u nilpotent.

Remarque 4 :
1. Soit M ∈ Mn (K) une matrice trigonalisable.
Soit λ1 , ..., λp les valeurs propres distinctes de M , une conséquence de la trigonlalisation est que les valeurs
propres de M k sont λk1 , ..., λkp .
Xp
et en particuliers si M ∈ Mn (K) qui est trigonalisable sur C alors tr(M) = m(λk )λk , où λ1 , ..., λp sont les
k=1
valeurs propres complexes distinctes de M
2. Si M est une matrice trigonalisable et non diagonalisable, alors on peut se servir du polynôme caractéristiques
pour calculer les grandes puissances de M .
En effet pour k ∈ N effectuons la division euclidienne de X k par χM , ∃Q, R ∈ K[X] :
X k = QχM + R avec deg R < n ou R = 0, par le théorème de cayley Hamilton on obtient :
M k = R(M ).
Par conséquent le calcul de M k pour k assez grand se ramène à celui des M p , p = 0, ..., n − 1

Exemples d’application 1 :
1. Si K = C, alors Dn (K) des matrices diagonalisables est dense dans Mn (K).
Le résultat subsciste t-il si K = R.
2. Si K = C, alors GLn (K) connexe par arcs.
Le résultat subsciste t-il si K = R.
3. Une matrice M ∈ Mn (K) est nilpotente si, et seulement si 0 est dans l’adhérence de la classe de similitude
de M :
CM = {P M P −1 , P ∈ Gln (K)}

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