Philosophie
1. La conscience
La conscience spontanée : être présent, en éveil.
La conscience réfléchie : la personne a conscience d’elle-même, d’être consciente. Pouvoir se voir soit
même comme dans un miroir qui réfléchit mon image -> pour cela il faut que je puisse créer une
certaine distance avec moi-même
Ex : l’animal ou l’enfant en bas âge n’a pas cette distance avec lui-même et obéit à ses pulsions
immédiates sans s’introspecter
SARTRE : cette distance permet la liberté : si j’obéis à tous mes instincts sans jamais s’introspecter
alors je ne suis pas vraiment libre, je suis un animal
La conscience morale : ce qui permet de distinguer, juger le bien du mal
Quelle valeur faut-il donner à la conscience ?
- Une valeur de vérité (véritable connaissance de soi ?)
- Une valeur morale et existentielle (au bonheur, à la morale ou à la liberté ?)
DESCARTES : la conscience est la seule chose que je ne peux pas remettre en question, qui ne peut
pas être une illusion -> seule source indubitable
« Je pense, donc je suis » = la seule chose qui ne peut pas être une illusion c’est que des idées
traversent mon esprit à l’instant où on parle
FREUD : s’oppose à SARTRE et à DESCARTES : la conscience n’est que la partie émergée de notre
esprit car nous avons un inconscient qui possède ses propres désirs et parasite notre conscience en
permanence. =/ liberté, certitude
2. Inconscient
1er sens : fonction qui ne demande pas notre contrôle (digérer, respirer)
FREUD « Le moi n’est pas maitre dans sa maison » la conscience ne maitrise pas tout ce qu’il se passe
dans notre esprit car nous avons des désirs qui sont refoulés dans notre inconscient et qui parfois
ressurgissent (rêves, lapsus)
Ça = inconscient nous détermine, enfance
Moi = conscience
Surmoi = censure nos désirs en les refoulant dans notre inconscient (ex le traumatisme se transforme
en symptôme), protège contre nos pulsions sexuelles ou violentes qui pourraient être asociales ou en
refoulant les traumatismes mais c’est cette protection qui nous rend malades mais permet de rester
moral
Il vaut mieux affronter nos monstres en face et dialoguer avec eux au lieu de les refouler
Se libérer du passé en libérant notre parole
3. Le devoir
1er sens : Nécessité de faire quelque chose
Obligation morale : je suis libre de faire un choix /= contrainte
La morale est proprement humaine, seul l’humain possède une conscience morale qui lui permet de
choisir librement entre le bien et le mal
La morale est-elle relative ?
SARTRE pense que chaque individu est fondamentalement libre, aucune morale ne pourrait s’imposer
à moi de l’extérieur
Ex : même lorsque je me soumets à une loi religieuse, c’est toujours moi qui décide de me soumettre
Je ne peux jamais me libérer de ma liberté !
SARTRE : même quand Dieu demande à Abraham de sacrifier son fils Isaac, il peut toujours refuser
La morale permet justement d’assumer cette liberté et à ne pas raconter d’histoire
Ex : torture des algériens par les soldats français n’étaient pas obligé de le faire : ils nient leur propre
liberté d’agir et de penser
KANT : impératif catégorique universel -> selon lui la morale est universelle car elle est rationnelle
La morale permet de mettre ses pulsions et ses affects de côté (ses inclinations) pour se soumettre à
la raison : un acte moral doit être désintéressé, volonté bonne, intention bonne
« Agir de telle sorte que mon action puisse devenir une loi universelle »
Ex : si tout le monde mentait il n’y aurait plus aucune relation de confiance et retour à l’état de nature
(encore pire même), même le menteur tient à la vérité puisse qu’il a envie qu’on le croit
FREUD critique le devoir moral : le projet de KANT de rendre la morale entièrement rationnelle n’est
pas souhaitable car cela revient à mettre de côté nos sentiments = morale inhumaine
Selon lui, nous n’aimons pas les gens de manière universelle : préférences amis, famille
4. Liberté
Est-ce que le devoir moral s’oppose à la liberté ?
1er sens : Se soumettre au devoir moral, c’est une entrave à notre liberté et à nos désirs
KANT : satisfaire nos désirs c’est être esclave de nos pulsions, il faut au contraire exercer notre
volonté qui elle est plus rationnelle et qui nous permet d’agir librement
Ex : Dom Juan qui ment pour séduire toutes ses femmes n’est pas libre est esclave de ses pulsions
Problème métaphysique (causes profondes de ce qui existe) : quand j’agis est-ce que c’est moi qui
suis à l’origine de mes décisions ou suis-je déterminé par des causes extérieures à ma volonté ?
SARTRE existentialisme : l’homme est une créature à part dans l’univers qui est capable de prendre
conscience d’elle-même et de se libérer de ces déterminismes
Ex : contrairement à la fourmi ouvrière qui est condamnée dans une certaine fonction et qui ne
pourra jamais y échapper
L’homme est programmé dans aucune fonction, c’est à lui de choisir librement ce qu’il veut devenir
SARTRE « nous sommes condamnés à être libres » = nous devons faire des choix en permanence et
peut être angoissant telle que quelques fois on laisse les autres décider à notre place, la société, les
textes religieux… nous sommes parfois de mauvaise foi car nous n’assumons pas notre liberté
SPINOZA l’homme est déterminé par des lois de la Nature comme n’importe quel objet sur Terre :
tout ce qui existe est déterminé par une cause « la liberté n’est que l’ignorance des causes qui nous
déterminent »
On croit qu’on est libre car on ne connait pas toujours les causes qui nous ont amené à faire tel ou tel
choix mais si on connaissait toutes les causes, nous saurions que nous ne sommes pas libres
5. Le bonheur
1er sens : Distingué du plaisir ou de la joie car ils sont toujours très éphémères et engendrent un
manque
Le bonheur est un état de satisfaction durable où toutes nos aspirations les plus importantes sont
réalisées
Faut-il rechercher le plaisir à tout prix ?
EPICURE préconise une vie mesurée pour parvenir au bonheur du corps et de l’âme
- Plaisirs cinétiques (en mouvement) : liés à une forme d’excitation qui n’apportent pas de
véritable apaisement et nous éloignent de la plénitude (ex : drogue)
- Plaisirs catastématiques (stables) : apportent le plaisir stable, pour cela il faut trier nos désirs
= supprimer les désirs non naturels (ce serait vivre dans l’illusion) et se focaliser sur les désirs
naturels et nécessaires et apprendre à se passer le plus possible de ceux qui sont superflu
Il faut viser la tranquillité du corps = aponie (en se focalisant sur les désirs naturels et nécessaires) et
la tranquillité de l’âme = ataraxie (ex : l’amitié)
ARISTOTE affirme que le bonheur est le but de la vie car c’est la finalité de toutes nos actions = être
heureux
KANT est opposé à cette finalité car il existe un impératif moral en contradiction avec le bonheur
Ex : lorsqu’on risque sa vie pour aider quelqu’un
Le devoir moral n’est pas soumis à nos inclinations personnelles mais à notre raison, elle doit être
indépendante de la recherche du bonheur
Critique EPICURE : il dit qu’il faut limiter nos désirs car nos désirs créent un manque et un manque est
une frustration, souffrance
ROUSSEAU affirme l’inverse « malheur à qui n’a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il
possède » si la satisfaction met fin au désir, elle ne nous apporte pas pour autant le bonheur puisque
paradoxalement nous sommes heureux de désirer, nous espérons quelque chose de la vie dans le
désir, certes le désir nous fait souffrir car on est dans le manque mais c’est ce manque qui nous
donne envie de vivre des expériences, sans ce manque nous sommes morts
6. La religion
Religare = le lien, à la fois transcendant et immanent
Transcendance : ce qui est extérieur et supérieur à moi, le lien avec Dieu, un lien vertical
Immanent : un lien horizontal qui relie les hommes entre eux par une pratique et croyance
commune, à travers des rites
La religion est-elle nécessaire ? Quelle est la fonction de la religion dans la société ?
La religion répond à un besoin social : produire une loi que le sujet va intérioriser et renforcer sa
morale
KANT : nous n’avons pas besoin d’une religion pour fonder une morale car la morale est rationnelle, il
suffit de suivre sa raison au lieu de succomber à nos pulsions + il est impossible de démontrer
l’existence de Dieu
Ainsi la religion renforce notre morale, en admettant l’existence de Dieu, l’immortalité de
l’âme et la liberté humaine
La religion répond à un besoin individuel sur le plan existentiel
Donne donc un sens à notre vie car elle donne l’espoir qu’en obéissant à cette morale, nous puissions
un jour accéder au bonheur véritable que KANT appelle le Souverain Bien (dans l’au-delà)
FREUD est-ce que cet espoir est seulement une illusion ? la religion permet selon lui d’intérioriser une
forme de censure dans notre esprit et nous conduire à respecter des interdits sociaux
Le surmoi est né en grande partie grâce à la religion = si on ne respecte pas la loi du groupe,
Dieu nous punit (si on ne respecte pas, sentiment de culpabilité)
FREUD ne dit pas qu’il faut supprimer le surmoi (car sinon ce serait terrible pour l’ensemble de la
communauté) mais il pense que la religion renforce de manière excessive ce sentiment de culpabilité
à chaque fois qu’un individu éprouve un désir (particulièrement sur les désirs sexuels, sexualité libre)
Et ainsi la religion favorise les maladies mentales -> la religion est une illusion réconfortante mais finit
par produire de la névrose
7. Le langage
1er sens : Un système de signes utilisé pour établir une communication (les hommes mais aussi les
animaux)
Ex : les abeilles effectuent une danse pour indiquer où se situe le champ de pollen
Est-ce que les animaux possèdent-ils un langage au même titre que l’Homme ?
DESCARTES affirme une différence fondamentale : le langage animal n’est que l’expression de ses
besoins corporels (pour satisfaire son corps, ses besoins immédiats, pour se reproduire), un signal qui
déclenche une action
LESTEL « les animaux peuvent parler mais ils n’ont rien à dire » ils ne racontent pas d’histoire, ils ne
parlent pas de choses abstraites comme on peut le faire en philo ou en sciences
Le langage chez les animaux n’enclenche pas de dialogue, une discussion
DESCARTES : le langage humain est une expression de notre esprit // expression du corps chez les
animaux
Si le langage est une expression de l’esprit, puis-je avoir une réflexion sans le langage ? Est-ce qu’on
arriverait à développer une pensée ?
HEGEL « une pensée sans langage serait une pensée obscure » cette pensée serait prisonnière de
notre subjectivité, ce qu’on n’arrive pas forcément à communiquer aux autres, reste flou et
représente le degré le plus bas/obscure de la pensée = l’ineffable (qui ne peut être exprimé par des
paroles)
Le langage permet au contraire d’exposer cette pensée aux autres et la rendre objective, elle devient
réelle
FREUD le langage n’est pas seulement un moyen de communication mais permet aussi d’exprimer
son inconscient. Ex : thérapie psychanalyste permet de ne plus refouler nos traumatismes, nos
démons
8. L’art
La technè = art au sens large, un savoir-faire, une maitrise technique
Un objet technique peut être soit industriel (fabriqué en série) soit artisanal (fabriqué à la main)
1er sens : ensemble des activités visant à la création d’une œuvre esthétique = les Beaux-Arts
Point commun entre art et technique : maitriser un savoir-faire
KANT met en avant deux critères qui permet de les différencier :
- L’art n’est pas directement fonctionnel alors qu’un objet technique a une fonction =
différence entre le beau et l’agréable (ex : canapé de Dali en forme de bouche)
- Le génie créatif : l’artisan ne cherche pas forcément à créer une œuvre originale et créative, il
respecte des règles bien déterminées à l’avance alors que l’artiste cherche à bouleverser les
règles (ex : art moderne)
BERGSON : l’art permet d’exprimer l’ineffable, contrairement à HEGEL, pour BERGSON, l’ineffable est
une pensée tellement profonde qu’aucun mot ne parvient à l’exprimer car le problème avec le
langage c’est qu’il n’exprime que des généralités
L’art n’est jamais une généralité, c’est toujours l’expression de quelque chose de très singulier, plus
fine, plus subtile. Ex : accéder à une infinité de mélancolie toutes différentes
FREUD : l’art permet d’exprimer nos désirs refoulés et le traumatisme inconscient = la sublimation
9. La technique
1er sens : Un ensemble de moyens qui permet de réaliser un but
Technologie = technique combinée à la science
La technique à priori permet d’améliorer tout ce qu’on fait dans la vie
Travail sans la technique = labeur, souffrance
Grâce aux outils et aux machines, on s’est facilité le travail mais on l’a aussi rendu plus intéressant
L’homme n’est plus utilisé pour sa force brute mais pour son intelligence et habileté = expression de
l’intelligence humaine
ARISTOTE la main est la combinaison de l’intelligence et de la technique
Intelligent = capacité à résoudre des problèmes nouveaux donc besoin d’une grande polyvalence
La main est un outil qui permet de fabriquer de nouveaux outils contrairement à l’animal qui ne peut
pas inventer de nouvelles techniques, qui n’a pas de polyvalence et est prisonnier de son instinct
L’animal sait pratiquement tout faire dès la naissance, son savoir-faire est inné mais il a très peu de
polyvalence
MARX « ce qui distingue le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la
cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche » = la technique humaine n’est pas
comparable à la technique animale
En quoi la technique peut-elle être dangereuse ?
HEIDEGER la technique moderne a tendance à considérer la nature comme un stock de ressources
disponibles = l’arraisonnement de la nature (soumettre la nature par la raison humaine) -> outil de
domination dévastateur pour la nature et finalement pour l’humanité elle-même
10. Le travail
1er sens : Une activité professionnelle, un métier
Toute activité de transformation d’un matériau brut
Le travail est une activité nécessaire de l’homme :
- Transformer la nature qui ne nous donne pas assez de fruits spontanément
- Se travailler soi-même : transformer sa nature animale pour devenir un homme « c’est à la
sueur de ton front que tu mangeras du pain »
Travail est depuis toujours associé à la souffrance
Mais il est aussi source d’épanouissement (dialectique du maitre et de l’esclave) qui nous humanisme
HEGEL ce qui permet de dépasser l’animal car l’animal vit dans un rapport immédiat avec la nature, il
est en symbiose avec elle
L’esprit de l’homme est plus fort que la nature car à partir d’une idée qu’il forge dans son esprit, il
peut dominer la nature et la transformer (comme si notre esprit s’extériorise dans la matière, je
reconnais mon esprit dans l’objet que j’ai transformé)
L’objectivation de mon esprit dans la matière
Ex : la vache mange immédiatement l’herbe tandis que l’homme doit cultiver, labourer, moudre
Pourquoi le travail peut-il devenir horrible pour certaines personnes ?
Quand on ne peut plus se reconnaitre dans le produit de son travail
Ex : technique moderne augmente la productivité mais crée une forme de travail abrutissante
MARX aliénation de l’ouvrier : l’individu est soumis à quelque chose d’autre que lui-même, il est
privé de sa liberté, la machine à pris le contrôle sur nous et déshumanise l’homme
Cette aliénation est double : le capitaliste s’approprie de la valeur crée par l’ouvrier = la plus-value
L’ouvrier est payé juste de quoi survivre et la valeur qui crée est empochée par le patron capitaliste
11. La justice
Le droit positif = le droit tel qu’il a été posé par des codes de lois, c’est la justice au sens de la légalité,
ce qui est conforme à la loi
Ex : les lois de Nuremberg étaient légales sous le IIIe Reich mais elles ne sont pas légitimes d’un pdv
moral, Antigone et Créon
Légitime = ce qui est conforme à la morale
Ainsi le droit positif n’est pas suffisant pour déterminer si une loi est juste ou pas
Il faudrait alors trouver une autre forme de justice qui serait supérieur au droit positif
Le droit naturel = n’est écrit nulle part, un droit universel que tous les humains possèdent même si
aucun code loi n’est là pour le faire respecter, une norme morale indépendante des textes de loi
PASCAL le droit positif est relatif à chaque pays et à chaque époque
Il ne suffit pas de chercher dans les codes de loi pour trouver la justice
Quels sont les véritables critères de la justice ?
MARX égalité entre les hommes, selon lui toute la violence de l’histoire est la conséquence des
rapports de domination entre les classes sociales
Ex : après la Révolution française la classe dominante est la bourgeoisie qui détient les moyens de
production et le prolétariat n’a que sa force de travail à vendre pour subsister
Pour MARX il faut faire la révolution pour mettre fin aux rapports de domination entre les hommes
dans une société sans classes
NOZICK ce qui compte le plus c’est la liberté individuelle de chacun, tant qu’un ouvrier a signé
librement un contrat même s’il est exploité par le capitaliste. Il est inconcevable de répartir les
richesses puisque chacun est libre de s’enrichir autant qu’il le souhaite tant qu’il ne force personne à
travailler pour lui
12. L’Etat
Ensemble des éléments qui organisent une société (administrations politiques, juridiques,
administratives qui exercent une autorité sur les individus)
Nécessité de l’Etat ? L’Etat fait-il le bonheur des citoyens ? Pourquoi avons-nous renoncé à nos
libertés individuelles pour nous soumettre à un Etat tout puissant ?
HOBBES les hommes vivaient au départ à l’état de Nature (= en dehors de toute autorité politique)
dans ces conditions, confrontations perpétuelles, déchainement des violences -> loi du plus fort
(sophistes) le plus fort détient le pouvoir
Ex : le film American Nightmare par DeMonaco
L’Etat est nécessaire pour permettre la vie en société car il met fin à la guerre de tous contre tous
ainsi les individus concluent un contrat pour éviter le déchainement de violence
Dans ce contrat les individus transfèrent leur droit et leur pouvoir à un individu ou groupe de
personne qui détient l’autorité
Ex : monarchie avec le pouvoir absolu
Seulement si l’Etat possède un pouvoir absolu sur la société, l’Etat n’est plus au service du peuple
mais le peuple devient son serviteur (ROUSSEAU « l’homme est né libre et partout il est dans les
fers » c’est-à-dire qu’il est enchainé, régime politique où les hommes ne sont pas libres)
ROUSSEAU Il faut donc réinventer le contrat social pour éviter le rapport de domination entre l’Etat et
le peuple et rejeter le contrat de soumission préconisé par HOBBES
Ce n’est plus le roi qui est souverain mais le peuple lui-même -> le peuple doit se soumettre à la
volonté générale c’est-à-dire le Bien commun
Ainsi en se soumettant au Bien commun je me soumets à la raison et non à mes pulsions
« l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté » si je respecte une loi que ma raison m’impose
je ne suis pas soumis au contraire je suis libre
Société sans Etat ? Ex : CLASTRES société des Natifs : pas d’inégalité sociale, le chef a aucun pouvoir il
est présent comme médiateur pour faire la paix, pas de vice entre les individus, pas de privilèges
Lois inscrites sur le corps par des rites initiatiques
13. La nature
Ensemble des choses physiques et vivantes qui existent indépendamment de l’homme (non
fabriqué par l’homme)
Natura = la naissance, puissance créatrice qui produit la vie.
On a tendance à valoriser tout ce qui est naturel par rapport à l’artificiel = cosmos/kosmos : le bon
ordre, l’harmonie
On a parfois l’impression que l’humain vient dérègler cet ordre cosmique, mais la force et la valeur de
l’être humain ne vient-elle pas justement de sa capacité à dépasser la nature en la transformant et en
l’améliorant ? N’est-ce pas en dominant la nature que l’homme a réussi à échapper de la loi de la
jungle ? -> en transformant la nature autour de lui et en se transformant lui-même
Ce qui est naturel dans la vie de l’homme c’est ce qui est inné, instinctif (manger, digérer, se
reproduire). La culture au contraire c’est ce qui a été acquis par la transmission d’un savoir (la
langue, la technique, le travail, l’art)
L’homme est un être de culture : il ne se contente pas de son instinct mais il est capable d’évoluer par
la transmission d’un savoir
Les animaux peuvent transmettre un savoir comme les macaques japonais sur l’ile de Koshima qui
ont transmis le lavage des patates douces dans l’eau salé sur plusieurs générations
TOMASELLO explique que ce n’est pourtant jamais un savoir cumulatif -> chez l’humain le savoir
s’accumule et progresse à tel point que personne ne serait capable de réinventer le moindre objet
technique que nous utilisons chaque jour (résultats d’une multitude d’invention qui se sont
accumulées au fil des générations) on utilise chaque jour un savoir qui nous dépasse et qu’on ne
maitrise pas
Non seulement l’homme transforme la nature par la culture mais se transforme aussi sa propre
nature en maitrisant ses pulsions animales (FREUD) grâce à son surmoi
Devenir un homme civilisé, c’est apprendre à maitriser ses instincts naturels. Cependant d’après
FREUD si l’homme censure ses pulsions naturelles de façon trop excessive il y a un risque pour la
civilisation -> la 1GM est le résultat d’une violence qui s’est emmagasinée et a fini par exploser et
produire un déferlement de violences meurtrières
Il faudrait alors trouver un équilibre entre nature et culture
Si l’homme domine excessivement la nature extérieure alors cela aboutit aux catastrophes
écologiques
Si l’homme censure de manière excessive ses désirs naturels comme la sexualité par ex alors il risque
de produire une explosion de violence
14. La raison
1er sens : Le principe explicatif : pour quelle raison ceci, cela ? j’attends une explication
Mais la raison a un sens plus précis qui s’oppose à l’imagination : la rationalité = on fait appel à un
raisonnement logique (chercher la vérité)
La raison s’oppose aussi à d’autres parties de notre esprit, nos désirs par exemple : conflit entre désir
et volonté
On dit alors que quelqu’un est raisonnable s’il ne succombe pas à tous ses désirs = plan moral
Avons-nous raison de donner autant d’importance à notre rationalité ?
Ex : Les Lumières ont combattu l’irrationalité et l’obscurantisme, l’ignorance
KANT : l’homme des Lumières parvient à sortir de l’enfance « sapere aude » = ose penser par toi-
même, il constate que les gens autour de lui par paresse ou par lâcheté ont rarement le courage de
sortir de l’obscurantisme (caverne de PLATON) et préfèrent se soumettre à des autorités
intellectuelles morales ou religieuses qui pensent à leur place
Lorsqu’on a le courage de suivre sa raison, on devient vraiment libres (rationalité logique et raison
morale)
La raison est-elle infaillible ? Limites ?
DESCARTES pensait pouvoir démontrer l’existence de Dieu par un raisonnement : Dieu est un être
parfait or un être parfait qui n’existe pas ne serait pas parfait donc Dieu existe nécessairement
KANT n’est pas d’accord et montre que c’est un sophisme (=raisonnement faux malgré une apparence
de vérité) même un raisonnement logique ne peut pas démontrer l’existence d’une chose
Pour savoir si une chose existe, il faut pouvoir en faire l’expérience avec mes cinq sens (mode
empirique) et comme je ne pourrais jamais faire l’expérience de Dieu avec mes cinq sens je ne
pourrais jamais démontrer son existence
La métaphysique ne pourra alors jamais rien démontrer puisque lorsque la raison se détache de
l’expérience elle est condamnée à produire des êtres imaginaires
On cherche la cause première de tout, on revient au Big Bang et on suppose que Dieu est la cause du
Big Bang mais alors il faudrait que quelque chose représente la cause de Dieu donc ici la rationalité
est en échec
15. La science
Antiquité : la science est un savoir démonstratif qui se distingue d’une simple opinion
Pour un grec de l’Antiquité, la science permet seulement de faire des raisonnements (un savoir)
Science moderne est focalisée sur l’expérience
A partir de GALILEE (XVIIe) non seulement l’expérience devient systématique mais elle est couplée à
la technique = la technoscience
Ex : lunette astronomique de GALILEE qui lui permet de démontrer l’héliocentrisme
+ Mathématisation de la réalité
3 choses font exploser le progrès scientifique en Europe : l’expérience, le couplage science et
technique et la mathématisation du réel
Mieux comprendre le monde qui nous entoure et nous améliorer la vie grâce à la technologie
Est-ce que les technosciences représentent un danger pour l’humanité ?
- La science moderne est neutre, c’est un moyen qui peut servir pour le meilleur comme pour
le pire, tout dépend de la finalité recherchée
- HEIDEGER explique que les technosciences ne sont pas neutres et ont tendances à produire
une nouvelle vision du monde
La science moderne permettrait alors comme le dit DESCARTES de « nous rendre comme maitres et
possesseurs de la nature »
Par les équations, il est facile d’exploiter et de transformer la nature et même parfois de la détruire
L’agriculture moderne se distingue de l’élevage traditionnel : les animaux sont perçus comme de
simples objets de consommation (élevage intensif) = monde qui se transforme en usine de
production et de déchets
HEIDEGER insiste sur le rôle de l’artiste qui nous réapprend à contempler la nature pour ce qu’elle est.
Ex : le champ de blé aux corbeaux de Van Gogh (post-impressioniste)
L’artiste nous incite donc à voir une vérité différente que celle des technosciences, un dévoilement
Là où l’homme moderne est obnubilé par la transformation de la nature et sa décomposition, l’artiste
nous la donne à contempler, elle la dévoile.
16. La vérité
La vérité formelle, de cohérence = un énoncé est vrai s’il ne se contredit pas
Ex : vérités logiques et mathématiques
Mais ce n’est pas parce qu’un discours est cohérent qu’il correspond à la réalité
La vérité adéquation, matérielle = un énoncé est vrai s’il correspond à la réalité
La vérité évidence = une vérité qui ne peut pas être démontrée mais qui est évidente (ex :
démonstrations en maths, axiomes = principes évidents qu’on ne peut pas démontrer)
Ces trois vérités sont liées
Ex : lorsque GALILEE découvre l’héliocentrisme mais pour cela il n’a pas suffi de faire des calculs et
équations, il a aussi utilisé sa lunette pour observer
Comment distinguer les sciences des pseudosciences (discipline qui prétend être scientifique alors
qu’elle ne l’est pas)
POPPER le discours scientifique se démarque par son courage car il s’expose à une réfutation et
accepte d’être réfutée lorsqu’elle se trompe c’est pourquoi elle progresse vers la vérité
Ex : la religion n’accepte pas d’être réfutée
Théorie de POPPER : la réfutabilité ou la falsifiabilité pour distinguer les théories scientifiques de
celles qui ne le sont pas
17. Le temps
St AUGUSTIN « qu’est-ce que le temps ? Si personne ne m’interroge, je le sais ; si je veux répondre à
cette demande, je l’ignore » comment définir le mot temps sans utiliser temps ?
Si le passé n’existe plus et que le futur n’existe pas encore, qu’est-ce qui existe vraiment ?
Faudrait-il vivre seulement dans le présent ? car celui qui reste prisonnier du passé, ne peut pas être
heureux, il est rongé par les remords ou la nostalgie et celui qui est angoissé par l’avenir ne
parviendra jamais à prendre du plaisir dans ce qu’il fait
AURELE : il faut vivre l’instant présent et ne jamais se laisser déborder par le présent ou le futur
La seule chose que nous possédons c’est l’instant présent : et c’est la raison pour laquelle je ne dois
pas craindre la mort puisque le futur ne m’atteint pas, il n’existe pas
Et la crainte de perdre mon passé est toute aussi vide de sens puisque je ne le possède pas
Mais n’est-ce pas renoncer à notre humanité finalement ? le propre de l’homme n’est-il pas
justement de se laisser déborder par le futur/passé, ne faut-il pas être un animal pour vivre
seulement l’instant présent ?
SARTRE : la liberté c’est justement la capacité à se projeter dans le futur, l’être humain n’a pas de
fonction déterminée, il doit se trouver une fonction dans l’existence « l’existence précède l’essence »
L’être humain est d’abord jeté dans l’existence puis il s’invente librement une fonction car elle
ne lui est pas attribuée dès la naissance
L’être humain n’a pas d’identité déterminée
L’être humain est toujours en projet : me projeter dans quelque chose que je ne suis pas (futur
imaginaire) dans le moment présent me rend libre de tout identité déterminée
Exister = ex-sistere en latin = se tenir en dehors de soi-même
Essence = ce qui définit une chose, sa fonction