CHAPITRE I : L’ENTREPRISE ET LA SOCIETE
1) Généralités
1.1 Domaine d’activité
Le domaine d’activité classe les entreprises selon les actions réalisées. On distingue six
domaines d’activité.
Entreprises agricoles : opérations liées à l’agriculture et à l’élevage (secteur primaire).
Entreprises industrielles (secteur secondaire).
Entreprises ou sociétés prestataires de services (secteur tertiaire).
Entreprises commerciales (secteur tertiaire).
Sociétés d’assurances (secteur tertiaire).
Sociétés & établissements de crédits et services bancaires (secteur tertiaire).
1.2 Secteurs d’activité
Il existe trois secteurs d’activité:
Secteur primaire: il concerne les activités relatives à l’agriculture, à l’élevage, aux mines
et à toute exploitation de matières premières.
Secteur secondaire: il correspond aux activités de transformation des matières
premières en produits finis. On trouve ces activités dans les firmes (entreprises
industrielles).
Secteur tertiaire: il correspond aux activités de production de services (banques,
assurances, garagiste…). De nos jours, on constate un déplacement de l’emploi à partir
du secteur primaire vers le secteur tertiaire.
Secteur quaternaire : actuellement suite au remarquable essor des Nouvelles Technologies de
l'Information et la Communication: N.T.I.C on parle du secteur quaternaire qui regroupe les
entreprises travaillant dans ce domaine.
2) L'entreprise
2.1 Définition de l’entreprise
Du point de vue économique :
L’entreprise est traditionnellement définie comme étant « une organisation
économique, de forme juridique déterminée, réunissant des moyens humains, matériels,
immatériels et financiers, pour produire des biens ou des services destinés à être vendus
sur un marché pour réaliser un profit »
l'entreprise est une unité de production des biens et services destinée aux marchés de
biens de consommation (grand public) et aux marchés de biens de productions
(les autres entreprises).
L’entreprise:«l’entreprise est une unité économique autonome disposant de moyens
humains et matériels qu’elle combine en vue de produire des biens et services destinés
à la vente.» ( G.BRESSY et C.KONKUYT,2000)
1
2.2 Objectifs de l’entreprise
Les objectifs de la firme selon CYERT et MARCH Selon Cyert et March l’entreprise est
avant tout une coalition d’intérêts qui peuvent être différents. Chaque individu ou chaque
groupe d’individus poursuit des buts dans l’entreprise et l’objectif global est la résultante de
toutes ces forces qui s’exercent en s’additionnant ou en s’opposant.
Les actionnaires sont surtout intéressés par les dividendes et les gains de capital;
Les dirigeants sont surtout intéressés par les avantages liés à leur position;
Les ingénieurs sont intéressés par la sophistication de la production ou par la recherche
et le développement;
Les ouvriers sont prioritairement préoccupés par leurs salaires, leur sécurité et leurs
conditions de travail.
Chacun des groupes obéit à sa propre logique, à son propre mode de fonctionnement, pourtant
ces attentes et ces ambitions finissent par se traduire par un comportement global de
l’entreprise.
Selon cette vision, les objectifs de la firme à un moment donné seront le résultat d’arbitrage
entre les objectifs des différentes composantes. Ces objectifs seront orientés dans un sens ou
dans un autre en fonction du pouvoir de négociation de chacun des groupes composants.
2.3 Classification des entreprises
Les entreprises peuvent être classifiées suivant plusieurs critères :
En fonction de leur activité :
_ Entreprise artisanale : Elle vend une activité manuelle.
_ Entreprise commerciale : Elle achète des biens qu’elle revend sans transformation.
_ Entreprise industrielle : Elle transforme la matière première et vend des produits finis (ou
semi-finis).
_ Société de services : Elle revend un travail sans fabrication d'objet physique.
En fonction de leur secteur économique (déterminé par leur activité principale) :
_ Secteur primaire (agriculture, pêche...)
_ Secteur secondaire (industrie).
_ Secteur tertiaire (services).
En fonction de leur taille et de leur impact économique:
_ TPE (Très Petite Entreprise) : 1 personne.
_ PME (Petites et Moyennes Entreprises) : 2 à 500 personnes.
_ Grande entreprise : plus de 500 personnes.
_ Groupe d'entreprises : comporte une société mère et des filiales
_ Entreprise étendue (ou en réseau, ou matricielle, ou virtuelle) : comprend une entreprise
pilote travaillant avec de nombreuses entreprises partenaires.
En fonction de la branche et du secteur d'activité:
_ Le secteur : Ensemble des entreprises ayant la même activité principale.
_ La branche : Ensemble d'unités de production fournissant un même produit ou service.
En fonction de leur statut juridique :
_ Les entreprises privées (individuelles et sociétaires).
_ Les entreprises publiques, gérées par l'État.
_ Les associations à but non lucratif, entreprises privées dont les bénéfices doivent être
intégralement réinvestis.
2
2.4 Différentes formes d’entreprise
Un entrepreneur qui lance son activité pourra, au choix :
exercer en nom propre sous la forme d’une entreprise individuelle ;
créer une EIRL ;
créer une société unipersonnelle : Une EURL ou une SASU.
Ensuite, plusieurs critères devront être retenus pour choisir entre l’exercice en nom propre ou la
création d’une société unipersonnelle : Le régime fiscal, le statut social
Lorsque le projet réuni plusieurs entrepreneurs, ces derniers devront adopter une forme
juridique qui permet de réunir au moins deux associés ou actionnaires.
Une société devra obligatoirement être constituée dans ce cas : SARL, SAS, SA, société civile,
SNC, SCA, SCS.
Il est également très courant, lors de la réflexion sur la forme juridique à adopter pour exercer
son activité, de prendre en considération le risque couru par l’entrepreneur dans le cadre de
son projet.
Deux catégories de formes juridiques peuvent donc être distinguées :
Celles pour lesquelles l’entrepreneur va courir un risque élevé, avec une responsabilité
illimitée : C’est le cas pour les entreprises individuelles, les SNC, les sociétés civiles et
les sociétés en commandite simple ;
Et au contraire, les formes juridiques permettant de limiter sa responsabilité au montant
de ses apports. On se dirigera alors vers les SARL/EURL, les SA, les SAS/SASU, les
EIRL et les sociétés en commandite par actions.
3
Tableau 1 : Comparatif des principales formes juridiques
4
2.5 Structure de l’entreprise
La structure organisationnelle d une entreprise définit le mode d organisation entre les
différentes unités qui composent l entreprise et le choix de répartition des moyens humains et
matériels mis en œuvre entre ces différentes unités. En conséquence, définir la structure
organisationnelle d une entreprise revient à répondre aux questions suivantes : comment sont
mis en relation les différents éléments qui composent l entreprise? comment sont répartis les
facteurs de production utilisés par l entreprise? Il faut alors définir les tâches qui doivent être
accomplies dans l entreprise et concevoir une structure organisationnelle permettant la
coordination de ces tâches entre les différents membres.
Les entreprises peuvent adopter différents types de structures selon la manière dont elles
organisent la division interne du travail (degré de départementalisation).
2.6 Personnel et partenaire de l’entreprise
Pour fonctionner et atteindre ses objectifs, l’entreprise entreprend des relations avec plusieurs
parties qui elles aussi s’intéressent au fonctionnement de l’entreprise et à son efficacité.
Clients : le marché de l’entreprise dépend des ventes qu’elle réalise donc des achats de
ses clients (ménages, administrations, autres entreprises, banques…). P Drucker qualifie
le client de « pilier de l’affaire dans la mesure ou il est le seul à donner du travail à
l’entreprise ». il considèrent que le seul but de l’entreprise est de satisfaire les besoins du
client et à travers lui les besoins de la sociétés toute entière.
Les autres entreprises : peuvent être fournisseurs dont le prix d’achats des matières
premières , prix d’énergie fournie, installations, services conditionnent le prix de vente
des produits de l’entreprise, ou bien concurrents que l’entreprise prend en compte( prix
appliqués par les concurrents, caractéristiques de leurs produits).
Les salariés ( syndicats) : la charge salariale représente un élément important du prix
de revient du produit de l’entreprise mais aussi la qualité du travail et la productivité de
ses salariés. Les salariés et leurs syndicats suivent de près le développement de
l’entreprise et les décisions prises par cette dernière. L’entreprise doit concilier exigences
des salariés et coût qui permet d’être compétitive.
5
Banques et institutions de crédit : l’entreprise obtiennent des crédits auprès des
banques et verse des intérêts qui représentent un éléments de coût.
Administrations : Etat et les collectivités locales qui lui réclament des impots et des
taxes ainsi que les organismes sociaux à qui elle doit verser des cotisations sociales.
Mais elle s’adresse à ces administrations pour obtenir des aides ou utiliser des biens et
services collectifs que ces administrations créent et entretiennent.
Autres acteurs : investisseurs, public, associations (protection de l’environnement,
associations culturelles …)
2.7 Différents types d’entreprise (TPE, PME, PMI, ETI, GE)
─ La Grande Entreprise
Une entreprise est dite GE quand elle dispose de plus de 5000 salariés. La présence de cette
catégorie permet aux PME d’avoir lieu d’être. En effet, une grande entreprise est souvent
source du système de sous-traitance, alimentant souvent les PME.
─ La Petite et Moyenne Entreprise
Selon l’Union Européenne, une PME est un établissement constitué d’un effectif de salariés
allant de 50 à 250 personnes. Quant aux chiffres d’affaires, ils varient d’une somme qui ne va
pas au-delà de 50 millions d’euros.
L’Union Européenne énonce également que pour des chiffres d’affaires de moins de 10
millions d’euros et pour un effectif de salariés en dessous de 50, une société est catégorisée
comme petite entreprise.
La France considère un établissement de PME quand il répond aux critères suivants :
un nombre de salariés de moins de 250 personnes
un chiffre d’affaires de moins de 50 millions d’euros par an
─ La Très Petite Entreprise
En se référant à la définition de l’Union Européenne, les principaux critères d’une TPE sont un
effectif de moins de 10 personnes ainsi qu’un chiffre d’affaires en dessous de 2 millions
d’euros.
─ L’Entreprise de Taille Intermédiaire
Pour être classée dans la catégorie des ETI ou Entreprise de Taille Intermédiaire, l’effectif des
salariés ne doit pas aller au-delà de 5 000 personnes. Il faut par ailleurs que l’entreprise ait un
chiffre d’affaires maximum de 1,5 milliard d’euros ainsi qu’un bilan annuel ne dépassant pas
les 2 milliards d’euros. En tout cas, une ETI n’appartient pas à la catégorie des Petites et
Moyennes Entreprises.
Ce sont donc le chiffre d’affaires réalisés en un an, le bilan annuel ainsi que l’effectif du
personnel qui constituent la différence entre une ETI et une TPE.
3) La Société
Une société peut être définie comme un contrat entre deux personnes (sauf dans le cas d’une
EURL) pouvant nécessiter des apports exigés (en numéraire, en nature, ou en industrie),
pouvant donner naissance à une personne morale après immatriculation au RCS (Registre du
Commerce et des Sociétés). Avec la nouvelle loi, on peut commencer ses activités sans avoir
été préalablement inscrit au registre.
- Entreprises unipersonnelles à responsabilité limitée (EURL)
l’EURL ou Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée rentre dans la catégorie des
SARL. À la seule différence, qu’elle se compose d’un unique associé-actionnaire. En effet,
EURL est bien une société et non une entreprise individuelle. Ce dispositif permet donc aux
personnes débutant dans les affaires de monter seules leur société tout en limitant leurs
responsabilités quant aux créances de l’entreprise.
6
- Sociétés De Personnes : Les SNC (Société En Nom Collectif)
Les associés de la SNC sont solidairement et indéfiniment responsables proportionnellement
sur leurs biens propres de la totalité des dettes de l’entreprise. Les associés sont imposés sur
le revenu La personnalité des associés est déterminante et en particulier leur solvabilité. C’est
donc une société qui est marquée par l’emprunte de l’intuitu personae. Ceci se voit par le
régime des parts sociales (règles très contraignantes), le décès ou l’incapacité d’un associé
entraîne normalement la dissolution de la société.
L’aspect est une forme sociale très peu réglementée. Cette formule est très protectrice des
créanciers, la loi n’a donc pas à les protéger. Ainsi, l’essentiel des questions est réglé par les
statuts. Elle a un caractère contractuel qui est très marqué tandis que les autres sont plutôt très
institutionnalisées.
- Sociétés de capitaux
SARL (Société à responsabilités limitées)
Pour créer une SARL, il faut un minimum de 2 personnes et un maximum de 100 personnes.
Cette création nécessite un apport minimum exigé de 5500€ (possibilité de création à 1€ en un
jour). Lorsqu’on accepte un 101e associé, la SARL doit changer son statut en SA (Société
Anonyme). L’acceptation d’un associé dépend de l’accord des associés de la SARL.
- SA (Société anonyme)
Pour créer une SA, il faut uniquement un minimum de 5 personnes (pas de maximum requis).
Cette création nécessite un apport minimum exigé de 35000€. Cet apport minimum exigé passe
à 225000€ lorsqu’on fait appel à l’épargne publique (lorsqu’on s’adresse à une société
financière pour récolter les fonds).
4) Différence entre entreprise et société
Plusieurs conséquences résultent de ces différences :
Une entreprise peut prendre la forme d'une société (une SARL par exemple) mais peut
aussi être créée sans forcément adopter ce statut juridique (entrepreneur individuel, auto-
entrepreneur, micro-entreprise...) ;
à l'inverse, la notion de société ne recouvre pas nécessairement la notion d'entreprise
puisque des sociétés peuvent être crées sans pour autant être considérées comme des
entreprises (voir le cas de la société civile immobilière par exemple) ;