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Texto ! Textes et cultures, vol.

XVI-2, 2011

Séquence didactique à partir de Un hivernage dans les glaces de J. Verne

Thierry Mézaille & Carine Duteil-Mougel1


Collège de Bizanos ; Université de Limoges, ENSIL, CeReS

1. Lexique

Piste d’étude, à partir du dictionnaire extrait du roman : repérer identifier suffixes / terminaisons pour
regrouper en mots de même famille. Extrait des premières lettres alphabétiques :

abri acharnement agonie ami


abris achevait agrandissait amis
abrita achevée agrandit amitié
abritait achevés agrès amollir
abrité acquérait ah amoncelée
abritée acquis ai amoncelés
abriter action aidant amour
abrupte actions aide ancre
absence active aidé ancré
absolue activé ailleurs ange
absolument activité aimaient angoisse
absoudre adhérence aimait animal
accablé adjudication aime animaux
accent admit aimez animée
acceptez adoration ainsi animés
accidents adossée air année
acclamations adroit aisé années
acclimatés adversaire aisément annonça
accommoderait adversaires ait annonçant
accompagné aérer ajouta annoncer
accompagnerait affadissement ajoutait ans
accompagnés affaiblis alimentaire anxiété
accompli affaire aliments août
accomplir affecta alla apercevait
accoster affectés allaient apercevant
accostés affreuse allait apercevoir
accourir affreuses aller apercevrons
accourut affreux allez aperçois
accoutrement affronter allons aperçu
accoutumaient afin allumé aperçurent
accoutumé âge allumée aperçus
accoutumée agenouillée allumer aperçut
accroupir agenouillèrent allumés apparaissaient
accroupis agenouillés alors appareilla
accueillait agi altérait appareillait
acculait agir amassé appareillerons
acculé agissait âme appartiendra
accumulée agit aménagements apparurent

1 Contribution à la partie 3. Grammaire et Conjugaison : Réconcilier narration et emploi d’un mode inusité

1
Texto ! Textes et cultures, vol. XVI-2, 2011

apparut articuler aussitôt bastingages


appel asile autant bâtiment
appelait assaut autel bâton
appeler assembla auteurs battait
appelle assentiment autorité battre
apportaient assez autorités bavard
apporter assistaient autour beau
apportèrent assistants autre beaucoup
apprendrait assister autrefois belle
apprendre assombrit autres bénédiction
apprêtait assouvir aux bénédictions
appris assura avaient béni
apprises assurait avais bénir
apprit assurer avait bénissaient
approcha atlantique avança besoin
approchaient atmosphère avançait bêtes
approchait atroces avançant bien
approchant attachement avance bientôt
approche attachèrent avancent bienvenu
approché attaque avancer biscuits
approchons attaqués avancèrent biseau
approvisionnée atteignait avant blanc
approvisionnements atteignirent avarie blanchâtre
appui atteignit avec blanchâtres
appuierait atteindrait avenir blanche
appuya atteindre avertir blanches
appuyant atteint avez blancheur
appuyé attelage avidement blancs
après attelés avides blessé
aquatiques attenante avis blessure
arcboutèrent attendait avisons bloc
arcboutez attendirent avoir blocs
arctique attendit avoisinante blottir
arctiques attendît avoisinent bois
ardents attendre avons boisson
ardeur attendrons avril boissons
arma attention ayant bon
armateur attentivement ayez bond
arme attiré ayons bonheur
armé attirée baie bonne
armement attirer bain bonnets
armes attirèrent baiser bord
armés attirés baissé bordés
arracha au balancer borner
arrachant aucun balbutiant bottes
arracher aucune baleine bouche
arrêta aucunement baleiniers bouché
arrêtait augmenta balle boue
arrêtât augmentait banc bouger
arrêté augmentât bancs bouillante
arrêter augmentées bande bourrasque
arrière augmenter bandes bourré
arriva aujourd'hui bans boussole
arrivait auparavant baptisé bout
arrivant auprès baril bouteille
arrivants auquel barils bouts
arrive aura barrait bras
arrivé aurai barre brave
arrivée auraient barres bravement
arrivent aurait bas braver
arriver auras base braves
arriverait aurez basse breton
arrivèrent aurions bassine brigantine
arrivons aussi bastingage brilla

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Texto ! Textes et cultures, vol. XVI-2, 2011

brillaient briquet brise brisées


brillant brisa brisé briser
briller brisait brisée brisé

2. Exemple de contrôle de grammaire – classe de 5ème

Répartissez ces 56 mots extraits du dictionnaire du roman de J. Verne dans le tableau suivant,
d’après leur suffixe ou terminaison (attention, un même mot peut se retrouver dans plusieurs cases
différentes) :

est, étaient, étais, était, étant, état, été, êtes, être, être, fûmes, furent, peut, pourrait, pourrons, pouvaient,
pouvait, pouvez, pouvoir, pouvoir, pouvons, pu, purent, put, soit, sommes, sont, soyons, suis, suite,
suivait, suivant, suivi, suivit, suivre, venaient, venait, venue, venue, vient, vigie, vinrent, vint, violence,
violent, violents, visible, vit, voir, vois, voyait, voyant, voyez, voyons, vu, vue.

NOMS ADJECTIFS et part. VERBES à VERBES au VERBES aux


passés l’imparfait passé simple autres temps
mots 1ère fam.
mots 2ème fam.
mots 3ème fam.
mots 4ème fam.
mots 5ème fam.
mots 6ème fam.

Corrigé :

venue venue venaient vinrent, vint vient


venait
vigie voyant visible, voyait vit voir, vois,
vu, vue voyant, voyez
voyons
violence violent(s)
état, être été étaient, étais, furent, fûmes suis, est,
était, étant, soit,
être sommes,
sont, soyons,
êtes
suite suivant suivi suivait suivit suis, suivant,
suivre
pouvoir pu pouvaient put, purent pourrait,
pouvait pourrons,
pouvez
pouvoir,
pouvons, peut

3. Grammaire et Conjugaison : Réconcilier narration et emploi d’un mode inusité

Protocole de recherche avec Hyperbase Codes : on fait rechercher les subj. impft. /+que pft. et, devant la
liste de concordances (50 occurrences) fournie sur support papier, on demande de les classer en les
répartissant dans 3 catégories (Concessive // Volonté, but, crainte // Hypothèse, éventualité). On
montre en contexte la proximité de ce mode avec le conditionnel2 en précisant que cette proximité se

2 On précise enfin que le « conditionnel passé deuxième forme » n’est autre que le subjonctif plus que parfait appelé ainsi
lorsqu’il a un sens conditionnel.

3
Texto ! Textes et cultures, vol. XVI-2, 2011

justifie également sur le plan historique puisque l’introduction du conditionnel dans le mode indicatif3 a
rendu le conditionnel passé et le subjonctif plus que parfait interchangeables dans certains contextes
(phrases hypothétiques, expression d’une condition).
Exemple de la co-présence d’un subjonctif plus que parfait et d’un conditionnel passé dans le corpus
Verne :
"Sans cette nécessité de réparer ses chaudières4, le Carnatic fût parti à la date du 5 novembre, et les
voyageurs pour le Japon auraient dû attendre pendant huit jours le départ du paquebot suivant."
(Verne, Le Tour du monde en 80 jours)

On souligne les corrélations justifiant l’emploi de ce mode avec un objectif narratologique qui fasse
quitter la localité des phrases pour la globalité textuelle (car le texte n’est pas que prétexte, réservoir
d’attestations, mais objet d’étude). Il s’agit de montrer leur implication dans la dramatisation du
récit. En sorte que la constante thématique d’opérations de sauvetage dans les glaces apparaît comme
pouvant justifier l’emploi de ce mode peu naturel pour le collégien.

Corrigé : Relevé et classement des occurrences selon 3 catégories

BIEN QUE/QUOIQUE (concessive) :

1) Bien qu'il fût de grand matin, pas un ne manqua à l'appel.


2) André Vasling n'avait peut-être pas fait toutes les recherches possibles pour retrouver les naufragés,
bien qu'il fût excusé par la responsabilité qui pesait sur lui comme capitaine.
3) Jean Cornbutte n'était pas chez lui, bien que la porte de sa maison fût ouverte.
4) Bien que la mer ne fût pas entièrement libre, quoiqu'il ne pût pas encore bouger, il reposait
5) Penellan les engagea à ne point s'habituer aux vêtements de laine, quoique la température fût déjà
basse sous ces latitudes, situées au-dessus du cercle polaire.
6) Cependant, quoique le retour eût été décidé, le repos était devenu nécessaire.

VOLONTE/BUT/CRAINTE :

VOLONTE
7) Une fameuse idée que j'ai eue là, de vouloir que la noce se fît le jour même de l'arrivée, et que
mon fils Louis ne quittât son brick que pour se rendre à l'église !
8) Louis Cornbutte exigea que la caisse de viande salée lui fût rendue sur-le-champ.

CRAINTE
9) Le timonier ne craignait qu'une chose, c'était qu'André Vasling ne parvînt à jeter quelque
germe de dissension dans l'équipage.
10) Il était à craindre qu'une crevasse ne s'ouvrît sous les pieds même des malheureux matelots !
11) De crainte que ce malheur ne se renouvelât, on résolut de ne plus déposer de provisions à terre.

BUT
Conséquence recherchée
12) Le tracé des coupures fut fait de telle sorte que le courant pût emporter les glaçons détachés du
banc.
13) Les précautions étaient prises, cette fois, de façon que le voyage pût se prolonger longtemps, s'il
le fallait.

3 Le conditionnel n’existait pas en latin et le subjonctif permettait alors à lui seul, l’expression des faits irréels et,la possibilité.
4 Equivaut à la forme en SI : S’il n’avait pas été nécessaire de réparer ses chaudières

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Texto ! Textes et cultures, vol. XVI-2, 2011

BUT
14) Le 9 octobre, Jean Cornbutte tint conseil pour dresser le plan de ses opérations, et, afin que la
solidarité augmentât le zèle et le courage de chacun.
15) La jeune fille avait dû descendre de son traîneau pour empêcher que l'engourdissement
n'arrêtât chez elle la circulation du sang.

MOYEN DE FAIRE
16) Il s'occupa d'abord de trouver une crique dont la position mît son navire à l'abri des coups de
vent et des grandes débâcles.
17) Penellan s'occupa de chercher un glaçon qui pût les abriter du vent.
18) Penellan attendit que, par suite du va-et-vient des glaçons flottants et de leur adhérence, elle eût
atteint une vingtaine de pieds d'épaisseur.
19) Le navire fut en conséquence solidement étayé, et il parut convenable d'attendre que les glaces
fussent brisées par la débâcle.
20) Jean Cornbutte chercha, tout le long de la route, quelque passe qui fût praticable, ou au moins
quelque fissure qui permît de creuser un canal à travers la plaine de glace, mais en vain.
21) On s'était procuré, sur la côte de Norwége, un traîneau fait à la manière des Esquimaux, construit
en planches recourbées à l'avant et à l'arrière, et qui fût propre à glisser sur la neige et sur la glace.
22) Chaque matin, il fallait déblayer les abords du navire et tailler de nouveau dans la glace un
escalier qui permît de descendre sur la plaine.
23) Il fallut donc imaginer un moyen plus rapide et qui fût moins susceptible d'ébranler la maison.
24) Bientôt la paroi du fond fut élevée à cinq pieds de hauteur avec une épaisseur à peu près égale, car
les matériaux ne manquaient pas, et il importait que l'ouvrage fût assez solide pour durer
quelques jours.

CAUSE
25) Il fallait que André Vasling eût bien de la haine pour ne pas tendre la main.

NECESSITE
26) Il était donc temps que cet hivernage finît.

HYPOTHESE/EVENTUALITE :

27) On augmenta, sur une grande proportion, les approvisionnements d'esprit-de-vin et de charbon de
terre, car il était possible que l'on fût forcé d'hiverner sur quelque point de la côte groënlandaise.
28) Par des froids de trente degrés au-dessous de zéro, il pouvait arriver que quelque partie du
corps se gelât subitement.
29) Il devint nécessaire de carguer les voiles hautes, car le navire menaçait de toucher, et, dans ce cas, il
eût été perdu.
30) Les marins étaient si affaiblis, qu'ils n'osèrent pas se précipiter sur ces quatre misérables, car, en cas
d'échec, ils eussent été perdus.
31) Penellan, Aupic, Misonne, à l'aide de leurs couteaux, découpèrent de vastes blocs de glace qu'ils
portèrent au lieu désigné, et ils les dressèrent, comme des maçons eussent fait de murailles en
pierre.
32) Tous se précipitèrent en avant, et si imprudemment, que Turquiette glissa dans une fissure et eût
infailliblement péri, si Jean Cornbutte ne l'eût rattrapé par son capuchon.
33) Seulement, si ce bloc se fût retourné deux minutes plus tard, il se précipitait sur le brick et
l'effondrait dans sa chute. (+ impft ind. dans principale)

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Texto ! Textes et cultures, vol. XVI-2, 2011

34) Si les nuages n'eussent pas été amoncelés sur la tête des navigateurs, ils auraient pu jouir de la
lumière de la lune. (+ cond. passé dans principale)
35) Il n'y aurait pas de mal, répondit Penellan, si notre traîneau nous eût accompagnés ! (+ cond.
présent dans principale)
36) Si donc le navire norvégien, suivant toutes les probabilités, avait été entraîné dans cette direction,
en supposant qu'il n'eût pu atteindre l'île Shannon, c'était là que Louis Cornbutte et les
naufragés avaient dû chercher asile pour l'hiver.
37) Rien ne parut lui faire supposer que ce danger fût connu à l'intérieur du navire, et une terrible
angoisse lui serra le cœur.
38) Pour la première fois, on établit un poêle à charbon dans ce magasin, car tout travail y eût été
impossible sans cela.
39) Chacun portait des provisions pour deux jours, car il n'était pas probable que leur excursion se
prolongeât au delà.
40) Ce dégel empêcherait forcément toute exploration. D'un autre côté, si Louis Cornbutte et ses
compagnons existaient encore, il n'était pas probable qu'ils pussent résister aux rigueurs d'un
hiver arctique.
41) Penellan eut beaucoup de peine à se prouver à lui-même que, dans cette conjecture, tout fût
pour le mieux.
42) Tous les quatre jours de marche, il avait laissé de semblables dépôts le long de sa route, ce qui lui
assurait des vivres pour le retour, sans qu'il eût la peine de les transporter sur son traîneau. (irréel)
43) Soudain, sans qu'il pût s'en rendre compte, une odeur de graisse brûlée saisit son odorat.
44) Mais, ne fût-ce que pour ne pas décourager nos compagnons, nous devons continuer à percer le
mur dans le même sens.
45) Une immense quantité de neige était tombée pendant toute la durée de la tempête, et le vent l'avait
accumulée contre la seule élévation que présentât la plaine.
46) C'étaient Jocki et Herming, les deux seuls matelots norwégiens qui restassent de l'équipage du
Froöern.
47) On eût dit que quelqu'un appelait au secours.
48) Il semblait qu'il attendît l'occasion d'accomplir ses odieux projets.
49) Ils seraient inévitablement mis en pièces, et rien n'indiquait qu'ils eussent connaissance de ce
nouveau danger.
50) Louis Cornbutte tira, mais il ne parut pas que l'ours eût été touché!

COMMANDE GRAPHIQUE

Mais pourquoi cette irrégulière répartition des subj. impft. et plus que parfait dans le roman, et ce
rassemblement dans les chap. 6 à 9 ? L’épreuve qualitative des contextes est incontournable.

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Texto ! Textes et cultures, vol. XVI-2, 2011

Réponse : le narrateur fait partager les intentions et réflexions de l’équipage qui débute son hivernage.
Il n’y a d’ailleurs recoupement qu’avec le conditionnel :

Notons que le chapitre XIV recourt aussi au subj. Imparfait et au conditionnel. Le narrateur nous livre
dans ce chapitre les réflexions de Louis, parti seul à la chasse, et qui voit arriver les ours sur le navire. Le
questionnement de Louis est mis en scène (série d’interrogations5), et le chapitre s’achève sur cette
précision : « Louis Cornbutte fit en un instant ces réflexions. ».

5 Rien ne parut lui faire supposer que ce danger fût connu à l’intérieur du navire, et une terrible angoisse lui serra le cœur.
Comment s’opposer à ces ennemis redoutables ? André Vasling et ses compagnons se réuniraient-ils à tous les hommes du
bord dans ce danger commun ? Penellan et les autres, à demi privés de nourriture, engourdis par le froid, pourraient-ils
résister à ces bêtes redoutables, qu’excitait une faim inassouvie ? Ne seraient-ils pas surpris, d’ailleurs, par une attaque
imprévue ?

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Texto ! Textes et cultures, vol. XVI-2, 2011

Analyse des réflexions des personnages


1. Réflexion technique
La réflexion technique porte sur la recherche des moyens et des actions à mener pour permettre
l’hivernage. On trouve notamment les verbes « chercher », « imaginer », « trouver » associés aux verbes
« pouvoir » et « permettre » :

*Penellan s'occupa de chercher un glaçon qui pût les abriter du vent.

*Jean Cornbutte chercha, tout le long de la route, quelque passe qui fût praticable, ou au moins
quelque fissure qui permît de creuser un canal à travers la plaine de glace, mais en vain.

*Il fallut donc imaginer un moyen plus rapide et qui fût moins susceptible d'ébranler la maison.

*Il s'occupa d'abord de trouver une crique dont la position mît son navire à l'abri des coups de vent
et des grandes débâcles.

*Chaque matin, il fallait déblayer les abords du navire et tailler de nouveau dans la glace un escalier
qui permît de descendre sur la plaine.

*Et on repère clairement l’expression de la conséquence recherchée (« de telle sorte que » ; « de façon
que ») :

*Le tracé des coupures fut fait de telle sorte que le courant pût emporter les glaçons détachés du
banc.

*Les précautions étaient prises, cette fois, de façon que le voyage pût se prolonger longtemps, s'il le
fallait.

*L’attente fait également partie du calcul :

*Penellan attendit que, par suite du va-et-vient des glaçons flottants et de leur adhérence, elle eût
atteint une vingtaine de pieds d'épaisseur.

*Le navire fut en conséquence solidement étayé, et il parut convenable d'attendre que les glaces
fussent brisées par la débâcle.

2. Hypothèses, réflexions, certitudes des personnages

*On augmenta, sur une grande proportion, les approvisionnements d'esprit-de-vin et de charbon de
terre, car il était possible que l'on fût forcé d'hiverner sur quelque point de la côte groënlandaise.

*Chacun portait des provisions pour deux jours, car il n'était pas probable que leur excursion se
prolongeât au delà.

*Ce dégel empêcherait forcément toute exploration. D'un autre côté, si Louis Cornbutte et ses
compagnons existaient encore, il n'était pas probable qu'ils pussent résister aux rigueurs d'un hiver
arctique.

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Texto ! Textes et cultures, vol. XVI-2, 2011

*Si donc le navire norvégien, suivant toutes les probabilités, avait été entraîné dans cette direction, en
supposant qu'il n'eût pu atteindre l'île Shannon, c'était là que Louis Cornbutte et les naufragés
avaient dû chercher asile pour l'hiver.

3. Réflexions et sensations de Louis Cornbutte au chapitre XIV

*Il semblait qu'il attendît l'occasion d'accomplir ses odieux projets.

*Ils seraient inévitablement mis en pièces, et rien n'indiquait qu'ils eussent connaissance de ce
nouveau danger.

*Louis Cornbutte tira, mais il ne parut pas que l'ours eût été touché!

4. Vulgarisation éducative
On soulignera également que le subjonctif sert à introduire des éléments de vulgarisation éducative. Le
narrateur explique les risques évités et fournit des explications.

*La plaine de glace se brisa tout entière, et les matelots durent se cramponner au bloc qui oscillait
auprès d’eux. En dépit des paroles du timonier, ils se trouvaient dans une position excessivement
périlleuse, car un tremblement venait de se produire. Les glaçons venaient « de lever l’ancre », suivant
l’expression des marins. Ce mouvement dura près de deux minutes, et il était à craindre qu’une
crevasse ne s’ouvrît sous les pieds même des malheureux matelots ! Aussi attendirent-ils le jour
au milieu de transes continuelles, car ils ne pouvaient, sous peine de périr, se hasarder à faire un pas, et
ils demeurèrent étendus tout de leur long pour éviter d’être engloutis.
*Chacun dut prendre aussi, tous les jours, un exercice salutaire, et ne pas s’exposer sans mouvement à
la température, car, par des froids de trente degrés au-dessous de zéro, il pouvait arriver que quelque
partie du corps se gelât subitement. Il fallait, dans ce cas, avoir recours aux frictions de neige, qui
seules pouvaient sauver la partie malade.

*Un phénomène, très commun dans ces parages, venait de se produire. Lorsque ces masses flottantes
se détachent les unes des autres à l’époque du dégel, elles voguent dans un équilibre parfait ; mais en
arrivant dans l’Océan, où l’eau est relativement plus chaude, elles ne tardent pas à se miner à leur base,
qui se fond peu à peu et qui d’ailleurs est ébranlée par le choc des autres glaçons. Il vient donc un
moment où le centre de gravité de ces masses se trouve déplacé, et alors elles culbutent entièrement.
Seulement, si ce bloc se fût retourné deux minutes plus tard, il se précipitait sur le brick et l'effondrait
dans sa chute. (+ impft ind. dans principale)

*Si les nuages n'eussent pas été amoncelés sur la tête des navigateurs, ils auraient pu jouir de la
lumière de la lune, qui allait devenir véritablement leur soleil pendant cette longue nuit des pôles ; mais,
avec ces vents d’ouest, la neige ne cessa pas de tomber. (+ cond. passé dans principale)

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Texto ! Textes et cultures, vol. XVI-2, 2011

Etude thématique autour du mot « hivernage »

Corrélats statistiques de HIVERN- (19 occ.) (sans outils gramm.) :


baie 6, degré, Shannon, eurent, ouvert, moyenne, Gaël-Hamkes, conduire, vingt,
île, saison, route, septembre, seize 7, précoce, praticable, germe, flottaient,
encâblures, écart, dissension, disposer, chasseurs, cale, ancré, tremblement,
ouest, furent, savoir, dangers, milles, venu, seule, entrée, arrivait, donc,
vivres, troupe, mieux, partie, brick, terre, dès, souffrances, restait,
premiers, occupa, latitude, grandes, diriger, difficile, courants, préparatifs,
naufragés.

Surprise : on ne trouve aucun corrélat de glace, neige, gelure, ni le thème du blocage. Il est
question de la navigation (conduire au lieu d’hivernage) et des péripéties des aventuriers
(dangers affrontés, mutinerie, souffrances).
On notera tout de même que les deux seules fois où les aventuriers sont dénommés
« hiverneurs », c’est lorsque sont évoquées leurs souffrances dues au froid glacial : « Ces froids
commencèrent au solstice, le 22 décembre, jour auquel le thermomètre tomba à trente-cinq
6 Dans le segment répété 5 fois « la baie d'hivernage ». Et la dernière occurrence de HIVERN- apparaît sous cette forme :
« Le 21 mai, après une dernière visite au tombeau de son père, Louis Cornbutte abandonna enfin la baie d’hivernage. »
7 2 occurrences dans le syntagme « seize degrés au-dessous de zéro ». On soulignera que ces deux occurrences encadrent le
début et la fin de la période d’hivernage : « La température se maintenait, en moyenne, à seize degrés au-dessous de zéro. Le
moment de l’hivernage était donc venu, et la saison d’hiver arrivait avec ses souffrances et ses dangers. » (chap. VI) ;
« Heureusement, la moyenne de mars ne fut pas de plus de seize degrés au-dessous de zéro. Marie s’occupa de préparer de
nouveaux vêtements pour cette précoce saison de l’été. » (chap. XVI Conclusion).

10
Texto ! Textes et cultures, vol. XVI-2, 2011

degrés au-dessous de zéro. Les hiverneurs éprouvèrent des douleurs dans les oreilles, dans le
nez, dans toutes les extrémités du corps ; ils furent pris d’une torpeur mortelle, mêlée de maux
de tête, et leur respiration devint de plus en plus difficile. » ; « Le mois de février fût signalé par
de violentes tempêtes et des neiges abondantes. La température moyenne fut encore de vingt-
cinq degrés au-dessous de zéro, mais les hiverneurs n’en souffrirent pas, par comparaison. »

De ce point de vue, on gagnera à faire comparer les corrélats statistiques de HIVERN- avec les 40
premiers vocables spécifiques du roman (toujours par ordre hiérarchique décroissant) :

brick, André, Hardie, navire, traîneau, glaçons, dégel, Jean, glaces, Louis, hutte, équipage, marins,
matelots, naufragés, zéro, réchaud, latitudes, Marie, coutelas, neige, glace, thermomètre, phoque,
parages, compagnons, ours, provisions, marin, ferré, température, Dunkerque 8, buffle, passes, milles,
nord, exploration, bloc, promontoire, préparatifs.

Concernant la thématique de HIVERN-, on relève un corrélat grammatical9 : le mode subj.


impft/+que pft. que l’on a souligné dans les extraits suivants. On relève plusieurs faisceaux
d’isotopies qui caractérisent HIVERN-.

1. Hiverner : /passer l'hiver/ ; /isolement/ ; /privation/ (‘être forcé d’hiverner’)


Hiverner nécessite de faire des provisions. L’isotopie /provisions/ :
Par les soins de Penellan, qui avait déjà fait la pêche de la baleine dans les mers arctiques10, des
couvertures de laine, des vêtements fourrés, de nombreux mocassins en peau de phoque et le bois
nécessaire à la fabrication de traîneaux destinés à courir sur les plaines de glaces, furent embarqués à
bord. On augmenta, sur une grande proportion, les approvisionnements d'esprit-de-vin et de charbon
de terre, car il était possible que l'on fût forcé 11 d'hiverner sur quelque point de la côte groënlandaise.

2. Hivernage : /période/ ; /température/ ; /blocage/ ; /abri/


Les conditions sont réunies pour hiverner.
Le 12 septembre, la mer n'offrit plus qu'une plaine solide, sans issue, sans passe, qui entourait le navire
de tous côtés, de sorte qu'il ne pouvait ni avancer ni reculer. La température se maintenait, en moyenne,
à seize degrés au-dessous de zéro. Le moment de l'hivernage était donc venu, et la saison d'hiver arrivait
avec ses souffrances et ses dangers. La Jeune-Hardie se trouvait alors à peu près par le vingt et unième
degré de longitude ouest et le soixante-seizième degré de latitude nord, à l'entrée de la baie de Gaël-
Hamkes. Jean Cornbutte fit ses premiers préparatifs d'hivernage. Il s'occupa d'abord de trouver une
crique dont la position mît son navire à l'abri des coups de vent et des grandes débâcles. La terre, qui
devait être à une dizaine de milles dans l'ouest, pouvait seule lui offrir de sûrs abris, qu'il résolut d'aller
reconnaître.

3. Hivernage : /localisation/ ; /abri/ ; /mouvement/


Ses compagnons le suivirent, et tous rejoignirent bientôt Penellan. Le marin avait dit vrai. Une pointe
de terre assez élevée s’avançait comme un promontoire, et, en se recourbant vers la côte, elle formait
une petite baie d’un mille de profondeur au plus. Quelques glaces mouvantes, brisées par cette pointe,

8 Retour en France vs « la baie de Gaël-Hamkes » (3 occ.), groënlandaise.


9 Notons qu’hivernage et subj. Imparfait sont réunis au dernier chapitre de la nouvelle : « Il était donc temps que cet
hivernage finît. »
10 Le personnage est qualifié pour la mission, son expérience le rend compétent.
11 Le on inclusif (75 occ. du pronom indéfini, ce qui n’est pas négligeable) fait du narrateur l’un des membres de la troupe

d’aventuriers.

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Texto ! Textes et cultures, vol. XVI-2, 2011

flottaient au milieu, et la mer, abritée contre les vents les plus froids, ne se trouvait pas encore
entièrement prise.
Ce lieu d'hivernage était excellent. Restait à y conduire le navire. Or, Jean Cornbutte remarqua que la
plaine de glace avoisinante était d'une grande épaisseur, et il paraissait fort difficile, dès lors, de creuser
un canal pour conduire le brick à sa destination. Il fallait donc chercher quelque autre crique, mais ce
fut en vain que Jean Cornbutte s'avança vers le nord. La côte restait droite et abrupte sur une grande
longueur, et, au-delà de la pointe, elle se trouvait directement exposée aux coups de vent de l'est. Cette
circonstance déconcerta le capitaine, d'autant plus qu'André Vasling fit valoir combien la situation était
mauvaise en s'appuyant sur des raisons péremptoires. Penellan eut beaucoup de peine à se prouver à
lui-même que, dans cette conjecture, tout fût pour le mieux. Le brick n'avait donc plus que la chance de
trouver un lieu d'hivernage sur la partie méridionale de la côte. C'était revenir sur ses pas, mais il n'y
avait pas à hésiter.

4. Hivernage : /repos/ ; /navire/


La pensée de son brick se présenta à l'esprit de Jean Cornbutte. "Mon pauvre navire ! s'écria-t-il. Il doit
être perdu !" Le plus sombre désespoir commença à se peindre sur la figure de ses compagnons. La
perte du navire entraînait inévitablement leur mort prochaine. "Courage ! mes amis, reprit Penellan.
Songez donc que le tremblement de cette nuit, nous a ouvert un chemin à travers les glaces, qui
permettra de conduire notre brick à la baie d'hivernage ! Eh ! tenez, je ne me trompe pas ! la Jeune-
Hardie, la voilà, plus rapprochée de nous d'un mille !" Tous se précipitèrent en avant, et si
imprudemment, que Turquiette glissa dans une fissure et eût infailliblement péri, si Jean Cornbutte ne
l'eût rattrapé par son capuchon. Il en fut quitte pour un bain un peu froid. Effectivement, le brick
flottait à deux milles au vent. Après des peines infinies, la petite troupe l'atteignit. Le brick était en bon
état ; mais son gouvernail, que l'on avait négligé d'enlever, avait été brisé par les glaces.

5. Hivernage : /protection/ ; /installation/


Les installations de l'hivernage. Le 19 septembre, le brick fut enfin établi, à deux encâblures de terre,
dans sa baie d'hivernage, et solidement ancré sur un bon fond. Dès le jour suivant, la glace s'était déjà
formée autour de sa coque ; bientôt elle devint assez forte pour supporter le poids d'un homme, et la
communication put s'établir directement avec la terre. Suivant l'habitude des navigateurs arctiques, le
gréement resta tel qu'il était ; les voiles furent soigneusement repliées sur les vergues et garnies de leur
étui, et le nid de corneilles demeura en place, autant pour permettre d'observer au loin que pour attirer
l'attention sur le navire. Déjà le soleil s'élevait à peine au-dessus de l'horizon. Depuis le solstice de juin,
les spirales qu'il avait décrites s'étaient de plus en plus abaissées, et bientôt il devait disparaître tout à
fait. L'équipage se hâta de faire ses préparatifs. Penellan en fut le grand ordonnateur. La glace se fut
bientôt épaissie autour du navire, et il était à craindre que sa pression ne fût dangereuse.

6. Hivernage : /vie commune/ ; /discipline/ ; /organisation/ ; /entretien/ ; /santé/


Aussi le second détestait-il cordialement le timonier, qui le lui rendait avec du retour. Ce dernier ne
craignait qu'une chose, c'était qu'André Vasling ne parvînt à jeter quelque germe de dissension dans
l'équipage, et il engagea Jean Cornbutte à ne lui répondre qu'évasivement à la première occasion.
Lorsque les préparatifs d'hivernage furent terminés, le capitaine prit diverses mesures propres à
conserver la santé de son équipage. Tous les matins, les hommes eurent ordre d'aérer les logements et
d'essuyer soigneusement les parois intérieures, pour les débarrasser de l'humidité de la nuit. Ils reçurent,
matin et soir, du thé ou du café brûlant, ce qui est un des meilleurs cordiaux à employer contre le froid ;
puis ils furent divisés en quarts de chasseurs, qui devaient, autant que possible, procurer chaque jour
une nourriture fraîche à l’ordinaire du bord.
Chacun dut prendre aussi, tous les jours, un exercice salutaire, et ne pas s’exposer sans mouvement à la
température, car, par des froids de trente degrés au-dessous de zéro, il pouvait arriver que quelque

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partie du corps se gelât subitement. Il fallait, dans ce cas, avoir recours aux frictions de neige, qui seules
pouvaient sauver la partie malade.
Penellan recommanda fortement aussi l’usage des ablutions froides, chaque matin. Il fallait un certain
courage pour se plonger les mains et la figure dans la neige, que l’on faisait dégeler à l’intérieur. Mais
Penellan donna bravement l’exemple, et Marie ne fut pas la dernière à l’imiter.

7. Hiverner : /localisation/, /objectif/


La côte orientale du Groënland s'avance perpendiculairement vers le nord. Les découvertes des
navigateurs ont donné la limite exacte de ces parages. Dans cet espace de cinq cents lieues, qui sépare le
Groënland du Spitzberg, aucune terre n'avait été encore reconnue. Une seule île, l'île Shannon, se
trouvait à une centaine de milles dans le nord de la baie de Gaël-Hamkes, où la Jeune-Hardie allait
hiverner. Si donc le navire norvégien, suivant toutes les probabilités, avait été entraîné dans cette
direction, en supposant qu'il n'eût pu atteindre l'île Shannon, c'était là que Louis Cornbutte et les
naufragés avaient dû chercher asile pour l'hiver.

8. Hiverner : /survie/
Le Froöern avait été entraîné, en effet, à quarante milles de l'endroit où Louis Cornbutte hivernait. Là,
il fut brisé par les glaçons qui flottaient au dégel, et les naufragés furent emportés, avec une partie des
débris dont était construite leur cabane, sur le rivage méridional de l'île Shannon.
Les naufragés se trouvaient alors au nombre de cinq, Louis Cornbutte, Cortrois, Pierre Nouquet, Jocki
et Herming. Quant au reste de l’équipage norwégien, il avait été submergé avec la chaloupe au moment
du naufrage.

9. Baie d’hivernage : /localisation/


La petite troupe reprit sa route vers la baie d'hivernage. Les chiens furent attelés au traîneau, et aucun
incident ne signala l'expédition. Vers le 7 décembre, vingt jours après leur réunion, ils aperçurent la baie
où hivernait la Jeune-Hardie. Quel fut leur étonnement en apercevant le brick juché à près de quatre
mètres en l'air sur des blocs de glace ! Ils coururent, fort inquiets de leurs compagnons, et ils furent
reçus avec des cris de joie par Gervique ; Turquiette et Gradlin, Tous étaient en bonne santé, et
cependant ils avaient couru, eux aussi, les plus grands dangers.

10. Hivernage : /emprisonnement/


Le brick ne pouvait quitter la baie d'hivernage avant cette époque. C'était donc cinq mois d'hiver qu'il
fallait passer au milieu des glaces, pendant lesquels quatorze personnes devaient être nourries. Calculs et
comptes faits, Jean Cornbutte comprit qu'il atteindrait tout au plus le moment du départ, en mettant
tout le monde à la demi-ration. La chasse devint donc obligatoire pour procurer de la nourriture en plus
grande abondance. De crainte que ce malheur ne se renouvelât, on résolut de ne plus déposer de
provisions à terre.

11. Hiverneurs : /statut/ ; /pathologie/ ; /souffrance/ ; /dégradation/


Malgré cette déclaration de guerre, les repas se prirent aux mêmes heures et en commun. La chasse
fournit encore quelques ptarmigans et quelques lièvres blancs ; mais avec les grands froids qui
approchaient, cette ressource allait encore manquer. Ces froids commencèrent au solstice, le 22
décembre, jour auquel le thermomètre tomba à trente-cinq degrés au-dessous de zéro. Les hiverneurs
éprouvèrent des douleurs dans les oreilles, dans le nez, dans toutes les extrémités du corps ; ils furent
pris d'une torpeur mortelle, mêlée de maux de tête, et leur respiration devint de plus en plus difficile.

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12. Hivernage : /conditions extrêmes/


Le 1er janvier fut l'un des plus tristes jours de l'hivernage. Le vent était violent, et le froid insupportable.
On ne pouvait sortir sans s'exposer à être gelé. Les plus courageux devaient se borner à se promener
sur le pont abrité par la tente.

13. Hiverneurs : /statut/ ; /joie/ ; /délivrance/


Le mois de février fût signalé par de violentes tempêtes et des neiges abondantes. La température
moyenne fut encore de vingt-cinq degrés au-dessous de zéro, mais les hiverneurs n'en souffrirent pas,
par comparaison. D'ailleurs, la vue du soleil, qui s'élevait de plus en plus au-dessus de l'horizon, les
réjouissait, en leur annonçant la fin de leurs tourments. Il faut croire aussi que le Ciel eut pitié d'eux, car
la chaleur fut précoce cette année.

14. Hivernage : /fin hiver/


La température s'abaissait subitement, et les marins étaient forcés de recourir à leurs précautions les
plus grandes pour se prémunir contre elle.
Cependant, il ne fallait pas trop s’y fier, car, avec un changement de vent, ou dans les nouvelles ou
pleines lunes, la température s’abaissait subitement, et les marins étaient forcés de recourir à leurs
précautions les plus grandes pour se prémunir contre elle.
Ils avaient déjà brûlé tous les bastingages du navire pour se chauffer, les cloisons du rouffle qu'ils
n'habitaient pas, et une grande partie du faux pont. Il était donc temps que cet hivernage finît.
Heureusement, la moyenne de mars ne fut pas de plus de seize degrés au-dessous de zéro. Marie
s'occupa de préparer de nouveaux vêtements pour cette précoce saison de l'été.

15. Hivernage : /départ/, /séparation/ ; /mort/


Le 25 avril, le navire fut mis en état. Les voiles, tirées de leur étui, étaient dans un parfait état de
conservation, et ce fut une joie véritable pour les marins de les voir se balancer au souffle du vent. Le
navire tressaillit, car il avait retrouvé sa ligne de flottaison, et quoiqu'il ne pût pas encore bouger, il
reposait cependant dans son élément naturel. Au mois de mai, le dégel se fit rapidement. La neige qui
couvrait le rivage fondait de tous côtés et formait une boue épaisse, qui rendait la côte presque
inabordable. De petites bruyères, roses et pâles, se montraient timidement à travers les restes de neige
et semblaient sourire à ce peu de chaleur. Le thermomètre remonta enfin au-dessus de zéro. À vingt
milles du navire, au sud, les glaçons, complètement détachés, voguaient alors vers l'océan Atlantique.
Bien que la mer ne fût pas entièrement libre autour du navire, il s'établissait des passes dont Louis
Cornbutte voulut profiter. Le 21 mai, après une dernière visite au tombeau de son père, Louis
Cornbutte abandonna enfin la baie d'hivernage. Le cœur de ces braves marins se remplit en même
temps de joie et de tristesse, car on ne quitte pas sans regret les lieux où l'on a vu mourir un ami. Le
vent soufflait du nord et favorisait le départ du brick. Souvent il fut arrêté par des bancs de glace, que
l'on dut couper à la scie ; souvent des glaçons se dressèrent devant lui, et il fallut employer la mine pour
les faire sauter.

Remarques conclusives :

Systématiquement, on constate que les subjonctifs, émis par le narrateur omniscient, analysent
les sentiments des personnages (par ex. la certitude exprimée dans « chacun portait des
provisions pour deux jours, car il n'était pas probable que leur excursion se prolongeât au-
delà » ; ou encore l’intégration du mode à l’isotopie /objectif/, ci-dessus). Façon d’intérioriser,
de mentaliser les activités d’hivernage.
On passe de la nécessaire mise à l’abri (isolement) et aux préparatifs pour l’hiver (A), à
l’emprisonnement et aux souffrances des hiverneurs (B). La fin de l’hiver signe le départ et la
séparation (C).

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