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Rimbaud : Dénonciation de la guerre et de l'Église

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SEQ - 1 EL3- Le Mal

Objet d’étude : poésie


Parcours associé : Emancipations créatrices

INTRODUCTION
Contextualisation rapide de l’extrait : quelques éléments sur l’auteur, la période, le mouvement

Les Cahiers de Douai est un ensemble de vingt-deux poèmes qui contient les tout premiers écrits de Rimbaud (1854-1891).A l’automne
1870, après des fugues successives, Rimbaud a trouvé refuge à Douai chez son professeur Georges Izambard. Il fait la connaissance du poète
et éditeur Paul Demeny et lui remet un ensemble de poèmes composés les mois précédents. Ce dernier, au lieu de les brûler comme le lui
demande Rimbaud en 1871, les conserve. Ils seront publiés après la mort du poète.

Éclairages sur l’extrait lui-même : résumé du thème, sujet du texte, forme

L’adolescence de Rimbaud est marquée par la Guerre de 1870 entre la France et la Prusse, qui se termine par la défaite de la France et la
chute du Second Empire (Napoléon III). Rimbaud exprime son indignation face à la guerre dans 4 sonnets des Cahiers de Douai, “l'Éclatante
Victoire de Sarrebrück”, “Rages de Césars”, “Le Dormeur du Val”, et “”le Mal. Si les deux premiers poèmes expriment clairement l’hostilité
du poète à l’Empereur, “le Dormeur du Val” et “le Mal” nous invitent plutôt à regarder les victimes du conflit et à nous indigner de leur
sort. Le Mal, un poème à forte charge satirique antimilitariste et anticléricale, présente dans une série de trois tableaux rapides et
efficaces le conflit de 1870, où la misère du front (les morts du champ de bataille) et de l’arrière (les femmes à l’église) est le produit de
l’alliance coupable du sabre et du goupillon.

LECTURE : attention, le sonnet = une seule phrase

MOUVEMENTS DU TEXTE : Le sonnet est constitué d’une seule phrase, construite sur une opposition entre le champ de bataille (évoqué
dans les quatrains) et l’Église que Rimbaud nous donne à voir dans les deux tercets.

1er mvt : v 1 à 6
2e mvt v 7 et 8 …………………………………………..
3e mvt : Premier tercet …………………………………………………
4e mvt : Second tercet ………………………………………………………

Problématique : Nous verrons comment, en partant de l’évocation de la guerre, Rimbaud dénonce le fonctionnement de la société de
son temps.

le titre - Le Mal : fait partie du vocabulaire de l’Eglise pour désigner le péché/diable .


Paradoxe : l’église est dans le péché.
Premier mouvement du texte : la folie guerrière

Texte Procédés Interprétations

Tandis que les crachats rouges de la Proposition subordonnée d’opposition,


Un massacre
mitraille développée v1-2, et reprise par la conjonction
“que”au début du v3 ● lier le son et l’image (les couleurs ,
Sifflent tout le jour surtout le rouge,les
les crachats rouges de la mitraille= métaphore. allitérations/effets sonores)
● déshumaniser les hommes(un tas
tout le jour : complément circonstanciel de fumant)
temps = hyperbole(un peu) ● le crachat évoque la maladie
● contraste avec le ciel bleu ( rouge
par l'infini du ciel bleu
l’infini = hyperbole sur bleu , une sorte de pollution)
● un massacre démesuré(“cent milliers
d’hommes , le pluriel )

disposition centrale du monarque dans le vers

CCL : près du Roi qui les raille

Qu’écarlates ou verts, près du Roi L’attitude du roi


qui les raille adjectifs de couleurs : une palette complète
● le roi est moqueur(“raille” , qui rime
“rouges + écarlates bleu, verts” + la connotation
avec mitraille) et méprisant
du GN prép. “dans le feu”
● singularisé par la majuscule , il
repérez les allitérations en s , f , r ,q ,cr ,t .. apparaît donc isolé , blasé.
Croulent les bataillons en masse
usage du verbe “crouler” qui dénote la
dans le feu;
saturation + pluriel de “bataillons” (un collectif
déjà pluriel par définition) + GN prép. “en Ce tableau est une dénonciation
masse”
● insiste sur la déshumanisation des
CCL : “dans le feu” = violence de la bataille soldats , qui deviennent une masse
● écarlates ou verts , utilisation des
usage du présent ( de narration , ou de couleurs pour la décomposition des
continuité) corps
mitraille (A) / bleu (B) ; raille (A)/ feu (B) Le propos est généralisé
● les déterminants sont géneralisés (
le roi , le mal)
● présent de vérité génerale
Tandis qu’une folie épouvantable Reprise de la même tournure : proposition Reprise du tableau, la guerre est assimilée a
broie subordonnée d’opposition une machine infernale
● “folie”;”broie”, le verbe “broie” rime
Et fait de cent milliers d’hommes un choix de termes forts : folie, vb broyer, adj de façon provocatrice avec “joie”.
tas fumant ; “épouvantable” ● pluriel à singulier ( “cent miliers” , à
“un tas”); vision plus lointaine.
place du verbe broie ………………………………………….
……………………………………………………………

cent milliers d’hommes - un tas fumant =


attribut du complément d’objet

Bilan R. a désacralisé la guerre et rendu absurde l’idée de sacrifice pour la patrie en en faisant un spectacle dérisoire et scandaleux pour
un monarque blasé.

2e mvt un élan sincère

-Pauvres morts ! dans l’été, dans Deux apostrophes : placées en début de vers + Changement de registre
l’herbe, dans ta joie, point d’exclamation. ● hommage lyrique
● une déploration
Nature ! ô toi qui fis ces hommes ô toi qui : invocation solennelle. ● une prière adressée à la nature , ayant
saintement un rôle sacré ( “ saintement”)
rythme ternaire + répétition de dans
● mère nature : “toi” - fait
3 compléments de lieu à quoi se rapportent-ils ?

………………………………………………………………

………………………………………………………………
………………………………………………………………

reprise du verbe “faire” ici dans une opposition


évidente aux méfaits de la guerre.

adverbe “saintement” placé à la rime

Bilan : A la folie des hommes, R. oppose la sainteté , la bienveillance de la nature. La place centrale de l’hommage qu’il lui rend nous
renseigne sur la spiritualité du poète , qui trouve sa source dans la nature.

3e mouvement : tercet 1 – l’indifférence de Dieu

Une figure distante qui vit dans le luxe


-Il est un Dieu, qui rit aux nappes début de la proposition principale présentation
damassées impersonnelle : il est un Dieu = il y a un Dieu - ● “un” dieu , pas “le “ dieu”
usage de la majuscule, mais pas d’invocation à la ● Accumulation de compléments
Des autels, à l’encens, aux grands deuxième personne d’objets , accumulation de tous les
calices d’or; objets luxueux.
un Dieu :=.............................................. ● Dieu est dans le luxe pendant que tous
Qui dans le bercement des hosannah ,soldats, meurent;
s’endort Nappes damassées, grands calices d’or, encens
Une figure irresponsable

2 propositions relatives caractérisent ce Dieu, ● Caractérisation de dieu : “il rit” ,; “Il


elles contiennent chacune un verbe : “rit” et s’endort” : Une figure irresponsable ,
“s’endort” champ lexical de …………………………… presque un enfant = un enfant qui
s’endort.
● la vie de Dieu : la richesse et le repos
“qui rit aux nappes … calices d’or”: ● assonance en “o” et en “a” , rappelant
enjambement les chants religieux.
● champ lexical du confort , bien-être.

Sens de la rime d’or /s’endort

le bercement des hosannah : périphrase qui


désigne les actions de grâce du dimanche des
Rameaux, ou plus largement les hymnes chantés
à la gloire de Dieu

repérer les sonorités imitatives des chants ……….

……………………………………………………………...

Le premier tercet brosse un tableau caricatural de l’église , avec un dieu matérialiste et distant.

4emvt : Second tercet - la détresse des fidèles


Et se réveille, enjambement de strophe : le choix de la place Dieu réagit … a quoi ?
du verbe est remarquable et permet un jeu
d’opposition avec “s’endort”, placé à la fin du ● le bruit de l'argent , des dons , cela
1ere tercet prouve sa cupidité.
● effet de chute et de surprise :
proposition subordonnée circonstancielle de changement d’attitude ( et se réveille)
quand des mères, temps (à valeur aussi causale), développée
jusqu’à la fin du poème.
“des mères” Un tableau pathétique

● les mères sont présentées en groupe


indéfini , comme les soldats.
● “ramassées” = les mères sont repliées
sur elles-mêmes.
“ramassées” = un choix étymologiquement ● “ramassées” rime avec “damassées” :
ramassées intéressant, radical “amas” = tas opposition luxe / souffrance
● ramassées dans l’angoisse : misère
morale. , de plus c’est en tête de vers
● “pelurant sous leur vieux bonnet noir”
“ramassées” rime avec “damassées” , qu”un seul bonnet , comme si elles
Dans l’angoisse, étaient toutes en deuil(noir)
● “vieux bonnet” : vêtements usés.
“dans l’angoisse” le complément de l’adjectif
est mis en valeur…………………………………

le participe présent coordonné “pleurant sous


leur vieux bonnet noir”
le scandale de la chute
et pleurant sous leur vieux bonnet pleurer
noir, ● Scandale : ces femmes qui n’ont rien
sont généreuses envers l’église , et
verbe donner : l’église profite de leur misère.
● “Un gros sou” : leur don est démesuré
par rapport à leur moyens.
gros : l'adjectif
Lui donnent un gros sou lié dans leur
mouchoir.
ccl : dans leur mouchoir
Bilan Une critique de grande ampleur :L’église se moque du malheur des hommes et profitent du désespoir et de la naïveté des mères.

CONCLUSION : Nous nous sommes demandé comment, en partant de l’évocation de la guerre, Rimbaud dénonçait le fonctionnement de la
société de son temps.
Rimbaud crée des oppositions syntaxiques , et deux tableaux saisissants ( celui de la bataille , et celui des mères ° qui dénoncent le cynisme
de la société..

Ouvertures possibles :

-l’antimilitarisme et l’anticléricalisme de Prévert dans Paroles.


Notre Père qui êtes aux cieux
Restez-y
Et nous, nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie (...)
Avec les épouvantables malheurs du monde.
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Avec leurs tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde
Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres ( = guerrier brutal)

-Relier aux autres poèmes de dénonciation de la guerre

FYI Goupillon
Petit bâton garni d'une boule de métal creuse et percée de trous, dont
on se sert pour asperger d'eau bénite.

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