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Aristote et la Métaphysique de Platon

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Anthony Bonnemaison – Aristote lecteur de Platon – La métaphysique (1)

1. Métaphysique, Γ, 1 : la nécessité d’une science de l’être en tant qu’être


Il y a une science qui étudie l'être, en tant qu'être, et les propriétés qui appartiennent à cet être
par soi. Cette science n'est identique à aucune de celles qu'on appelle partielles, car aucune des autres
n'examine en totalité l'être, en tant qu'être, mais elles en découpent une partie et étudient à son sujet
le coïncident par soi, comme font les sciences mathématiques.

2. Métaphysique, A, 6 : la genèse de la théorie platonicienne des Formes selon Aristote


Après les philosophies qu'on a dites [les physiciens et les pythagoriciens] survint la doctrine
de Platon, en accord à bien des égards avec eux, mais avec des particularités en comparaison de la
philosophie italique. Dès sa jeunesse en effet, familier d'abord de Cratyle et des opinions d'Héraclite
selon lesquelles tous les sensibles s'écoulent sans cesse et ne sont pas objets de science, il a gardé
aussi plus tard ces conceptions. Mais, comme Socrate s'occupait de questions éthiques et non de la
nature dans son ensemble, que pourtant, dans ce domaine, il cherchait l'universel et qu'il a, le
premier, arrêté sa réflexion sur les définitions, Platon l'approuva et, à cause de la nature de cette
recherche, pensa qu'elle a lieu d'être pour des objets autres que les sensibles et non pour les
sensibles : la définition commune de l'un quelconque des sensibles est, en effet, impossible, du moins
s'ils sont en perpétuel changement. Il appela donc Idées de telles définitions des êtres et affirma que
les sensibles sont à part de ces Idées et tous nommés d'après elles, car, par participation, la plupart
des choses qui ont même signification ont le même nom que les formes.

3. Métaphysique, M, 5 : l’inutilité des Idées platoniciennes


De toutes les difficultés, la plus grande serait de dire enfin en quoi les formes sont utiles aux
sensibles, qu'ils soient éternels ou soumis à la génération et à la corruption, car elles ne sont, pour
eux, causes d'aucun mouvement ni d'aucun changement. […]
Mais il n'est pas vrai non plus que les autres choses proviennent des formes, en aucun des
sens habituels de « provenir ». Quant à dire qu'elles sont des modèles et que les autres choses
participent d'elles, c'est parler pour ne rien dire et faire des métaphores poétiques.

4. Métaphysique, Γ, 2 : l’être se dit en un sens éminent


L'être se dit en plusieurs sens, mais relativement à une unité et à une seule nature, sans
homonymie, mais de la manière dont tout ce qui est sain se dit relativement à la santé (parce qu'il la
conserve, ou parce qu'il la produit, ou parce qu'il est le signe de la santé, ou parce qu'il peut la
recevoir) et de la manière dont ce qui est médical se dit relativement à la médecine (car on parle de «
médical » soit parce qu'il y a possession de l'art médical, soit parce qu'il y a un don naturel pour lui,
soit parce qu'il y a œuvre de l'art médical et nous trouverons aussi d'autres manières de dire
semblables à celles-là), de la même manière aussi l'être se dit en plusieurs sens, mais à chaque fois
relativement à un seul principe. En effet, certaines choses sont dites des êtres parce qu'elles sont des
substances, d'autres parce qu'elles sont des affections d'une substance, d'autres parce qu'elles sont une
route vers une substance, ou des corruptions, ou des privations, ou des qualités, ou sont productrices
ou génératrices d'une substance ou de ce qui se dit relativement à la substance, ou des négations de
l'une de ces choses ou d'une substance ; c'est pourquoi nous affirmons que même le non-être est non-
être. Donc, de même que de tout ce qui est sain il y a une seule science, de même en est-il aussi des
autres cas.
En effet, non seulement l'étude de ce qui se dit selon un seul sens relève d'une seule science,
mais aussi l'étude de ce qui se dit en relation avec une seule nature, car d'une certaine façon cela
aussi se dit selon l'un. Donc, à l'évidence, l'étude des êtres, en tant qu'êtres, relève, elle aussi, d'une
seule science. Or, partout la science est proprement science de ce qui est premier, dont dépend tout le
reste et par quoi il se dit. Donc, si c'est la substance, il faudra que le philosophe possède les principes
et les causes des substances.

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Anthony Bonnemaison – Aristote lecteur de Platon – La métaphysique (1)

5. Métaphysique, Z, 17 : la forme informe la matière sans se réduire à elle


Puisqu'il faut avoir connaissance de la chose et qu'elle doit d'abord exister, on cherche bien
évidemment pourquoi la matière est quelque chose, par exemple pourquoi ces matériaux-ci sont-ils
une maison ? Parce qu'il leur appartient ce qui est l'être d'une maison. Et pourquoi ceci est-il un
humain, ou pourquoi ceci qui possède ce corps est-il un humain ? En conséquence, on cherche la
cause de la matière, c'est-à-dire la forme par laquelle quelque chose est, c'est-à-dire la substance.
Ainsi donc, il est évident que, des choses simples, il n'y a ni recherche ni enseignement, mais
que, pour de telles choses, le mode de recherche est différent. Cependant le composé de quelque
chose est formé de telle sorte que le tout soit un, non comme un tas, mais comme la syllabe ; les
lettres ne sont pas la syllabe, B et A ne sont pas la même chose que BA, ni la chair la même chose
que du feu et de la terre. En effet, après décomposition <en éléments>, les composés n'existent plus,
comme la chair et la syllabe, mais les lettres existent <encore>, ainsi que le feu et la terre. La syllabe
est donc quelque chose, non seulement ses lettres, voyelle et consonne, mais encore autre chose ; la
chair n'est pas seulement du feu et de la terre, ou du chaud et du froid, mais encore autre chose.
Donc, s'il est vrai que cette autre chose aussi est nécessairement soit un élément, soit formée
d'éléments, si c'est un élément, on reviendra au même raisonnement, car la chair sera formée de ce
feu et de cette terre et encore d'un autre élément, de sorte qu'on ira à l'infini ; or, si elle est formée
d'éléments, ce n'est évidemment pas d'un seul, mais de plusieurs, sans quoi cet élément sera la chose,
de sorte qu'à nouveau nous ferons dans ce cas le même raisonnement que sur la chair ou sur la
syllabe. Toutefois on pourrait penser que c'est quelque <autre> chose, non un élément, et la cause
précisément du fait que ceci est chair, cela syllabe, et ainsi de suite pour les autres composés. Or c'est
la substance de chaque chose, car c'est la première cause de l'être. Et puisque certaines choses ne sont
pas des substances, mais que toutes celles qui sont des substances sont constituées selon la nature et
par nature, cette nature qui n'est pas un élément, mais un principe, sera manifestement la substance.
Un élément est un constituant qui, comme matière, résulte de la division, par exemple le A et le B de
la syllabe.

6. Métaphysique, Θ, 8 : l’antériorité de l’acte sur la puissance


Puisque l'on a défini en combien de sens « antérieur » se dit, il est manifeste que l'acte est
antérieur à la puissance. […] L'acte est antérieur à toute puissance de cette sorte, par l'énoncé et la
substance ; par le temps, il l'est d'une certaine façon, mais non d'une autre. Donc, par l'énoncé, il est
évident que l'acte est antérieur, car ce qui a la puissance au sens premier a la puissance par sa
possibilité de passer à l'acte. Par exemple, j'appelle capable de bâtir ce qui a la puissance de bâtir,
capable de voir ce qui a la puissance de voir, visible ce qui a la puissance d'être vu. Le même
raisonnement vaut aussi pour le reste, si bien que, nécessairement, l'énoncé et la connaissance de
l'acte précèdent la connaissance de la puissance.
Par le temps, l'acte est antérieur de la manière que voici : l'être en acte, identique par la forme,
mais non par le nombre, est antérieur. Je veux dire qu'à cet humain-ci qui existe déjà en acte, à ce blé
et à cet être qui voit sont antérieurs par le temps la matière, la semence et ce qui est capable de voir,
choses qui sont en puissance, mais non encore en acte, un humain, le blé et ce qui voit ; mais,
antérieurs dans le temps à ces choses-là, il y a d'autres êtres en acte dont celles-là sont venues à être.
En effet, d'un être en puissance vient toujours l'être en acte du fait d'un être en acte, par exemple un
humain vient d'un humain, on devient musicien auprès d'un musicien, parce qu'il y a toujours un
moteur premier ; or le moteur existe déjà en acte. […]
Mais de plus, il l'est aussi assurément par la substance. D'abord, c'est parce que ce qui est
postérieur par la génération est antérieur par la forme et par la substance, par exemple l'homme est
antérieur à l'enfant et l'être humain à la semence, car l'un possède déjà la forme, l'autre non. Ensuite,
c'est parce que tout ce qui vient à être marche vers un principe, c'est-à-dire un accomplissement, car
la fin est un principe et la génération a pour fin l'accomplissement ; or l'acte est un accomplissement
et, en vue de cet accomplissement, on conçoit la puissance.

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