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Écoulement de Couette et Poiseuille en Mécanique des Fluides

TD Méca 3

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◊ Exercice 7 : Ecoulement de Couette

Considérons un liquide visqueux, de viscosité η et de masse volumique ρ , entre deux


plaques solide parallèles et distantes de L .
Soit a la dimension des plaques suivant Ox et b suivant Oy , telles que b >> a .
La plaque à l’altitude z = 0 est fixe, et la plaque à l’altitude z = L est en translation à la
uur
vitesse constante v0 suivant Ox .
Par effet de viscosité la plaque en mouvement entraine la particule fluide à son contact, et de
proche en proche, toutes les particules fluides sont mises en mouvement.
On étudie le régime permanent, après le régime transitoire, lorsque toutes les particules fluide
sont en mouvement depuis longtemps.
z uur
v0
L uur
v0
r r
v=0
x
0 a
r ur
On étudie un écoulement très visqueux tel que η∆v >> ρ g , on néglige alors les effets du
champ de pesanteur.
r
→ on cherche à déterminer le champ de pression P et le champ de vitesse v .
r uur
1. Dans cet écoulement le champ des vitesses prend la forme générale v = v( x, y, z , t )u x ,
r uur
montrer que l’on peut réduire l’étude à v = v ( z )u x .
r
 r uuuur r ∂ v  uuuur ur r
( )
2. En déduire que l’équation de Navier-Stokes ρ  v ⋅ grad v +  = −gradP + ρ g + η∆v se
∂t 

uuuur r
réduit à l’équation de stokes gradP = η∆ v .
3. Résoudre l’équation de stokes et en déduire le champ de pression P et le champ de vitesse
r
v en fonction de v0 , L et z .
4. Tracer les vecteurs vitesse des particules fluides appartenant à une section droite de
l’écoulement et qualifier le profil des vitesses.

Solution
r
∂v r r r uur
1. Le est régime stationnaire = 0 , v ne dépend pas du temps, d’où v = v( x, y, z )u x .
∂t
Puisque b >> a , on a invariance par translation suivant Oy , v ne dépend pas de y , d’où
r uur
v = v ( x , z )u x .
r ∂v
L’incompressibilité du liquide se traduit par divv = 0 , soit = 0 , on en déduit que v ne
∂x
r uur
dépend pas de x , on peut alors écrire v = v ( z )u x .
r
r uuuur r r ∂v r ur
( )
2. De l’expression précédente on déduit v ⋅ grad v = 0 . De plus
∂t
= 0 et on néglige ρ g
r
devant η∆v .

- 21 -
uuuur r
L’équation de Navier-Stokes se réduit donc à gradP = η∆ v (équation de Stokes).
uuuur d 2 v uur
3. On doit donc résoudre gradP = η 2 u x .
dz
 ∂P d 2v
 = η
 ∂x ∂z 2
uuuur ∂P uur ∂P uur ∂P uur  ∂P
Or gradP = ux + uy + u z , on en déduit  =0 .
∂x ∂y ∂z  ∂ y
 ∂P
 =0
 ∂z
La pression ne dépend a priori que de x .
Or l’écoulement est provoqué par le déplacement de la plaque supérieure, et non par
∂P
l’application d’une pression en amont du liquide, de sorte que = 0 . Finalement P ne
∂x
dépend pas pas de x , y et z : la pression P est uniforme dans tout le liquide.
d 2v
On a alors =0.
dz 2
En intégrant deux fois on obtient : v ( z ) = Az + B .
Pour déterminer A et B on utilise les conditions aux limites : v (0) = 0 et v( L) = v0 , on en
v r v uur
déduit B = 0 et A = 0 . Finalement : v = 0 zu x .
L L
4. On dit que le profil des vitesses est linéaire : les flèches des vecteurs vitesse des particules
fluides appartenant à une section droite de l’écoulement sont alignés sur un segment de
droite :
vecteur
vitesse uur
v0

segment
de droite

- 22 -
◊ Exercice 8 : Ecoulement de Poiseuille

On considère l’écoulement stationnaire et incompressible d’un liquide visqueux, de viscosité


η et de masse volumique ρ , dans une conduite horizontale cylindrique, de rayon a , de
longueur l et d’axe Oz .
On repère un point M du fluide par ses coordonnées cylindriques ( r , θ , z ) .

r
P1 a v •M (r ,θ , z ) P2
z
O

l
La cause de l’écoulement est la différence de pression ∆ P = P1 − P2 entre l’entrée et la sortie
de la conduite. C’est ce qui se passe pour un robinet d’eau. Le fournisseur qui amène l’eau à
l’entrée d’une habitation l’apporte « sous pression », c’est-à-dire à une pression supérieure (
≈ 1,5 ⋅105 Pa ) à la pression atmosphérique qui règne à la sortie du robinet.
r ur
On étudie un écoulement très visqueux tel que η∆v >> ρ g , on néglige alors les effets du
champ de pesanteur.
r
→ on cherche à déterminer le champ de pression P et le champ de vitesse v .
r uur
1. Dans cet écoulement le champ des vitesses prend la forme générale v = v ( r , θ , z , t )u z ,
r uur
montrer que l’on peut réduire l’étude à v = v (r )u z .
r
 r uuuur r ∂ v  uuuur ur r
( )
2. En déduire que l’équation de Navier-Stokes ρ  v ⋅ grad v +  = −gradP + ρ g + η∆v se
∂t 

uuuur r
réduit à l’équation de stokes gradP = η∆ v .
3. Résoudre l’équation de stokes et en déduire le champ de pression P en fonction ∆ P , z , l
r
et P1 de et le champ de vitesse v en fonction de ∆ P , η , l , r et a .
4. Tracer les vecteurs vitesse des particules fluides appartenant à une section droite de
l’écoulement et qualifier le profil des vitesses.
π d 4∆P
5. Montrer que le débit volumique s’exprime Dv = (c’est la loi de Poiseuille) où
128η l
d = 2a est le diamètre de la conduite.
uurr
6. Calculer rotv . L’écoulement est-il irrotationnel ? Ce résultat est-il surprenant ? Pourquoi ?
Proposer une explication physique.

Solution
r
∂v r
1. En régime stationnaire = 0 , v ne dépend pas du temps.
∂t
Le problème possède l’invariance par rotation d’axe Oz , v ne dépend pas de θ .
r ∂v
De plus le fluide est incompressible, ce qui se traduit par divv = 0 , soit = 0 , on en déduit
∂z
que v ne dépend pas de z .
r uur
On en déduit que v = v (r )u z .

- 23 -
r
r uuuur r r ∂v r ur
( )
2. De l’expression précédente on déduit v ⋅ grad v = 0 . De plus
∂t
= 0 et on néglige ρ g
r
devant η∆v .
uuuur r
L’équation de Navier-Stokes se réduit donc à gradP = η∆ v (équation de Stokes).
 ∂P
 ∂r = 0
r uur 
 1 ∂P
3. Or ∆ v = ∆v( r )u z , on en déduit, en projetant sur les axes cylindriques, que :  =0 .
 r ∂θ
 ∂P
 ∂z = η∆v(r )

On en déduit que la pression ne dépend que de z .
r 1 ∂  ∂v  uur
Or en coordonnées cylindriques ∆ v = r
z
 u z , la troisième équation s’écrit
r ∂r  ∂r 
dP 1 d  dv 
=η ⋅ r .
dz r dr  dr 
dP
On remarque que dans cette équation, le membre de gauche ne dépend que de z , et que
dz
1 d  dv 
le membre de droite η ⋅  r  ne dépend que de r , ces deux membres sont donc
r dr  dr 
dP
constants. On en déduit que est constant.
dz
En appelant ∆ P la différence de pression le long de la canalisation de longueur l , on peut
dP P2 − P1 ∆P
écrire = =− .
dz l l
dP
Puisque est constant on a P( z ) = Az + B .
dz
∆P
Les conditions aux limites : P(0) = P1 et P(l) = P2 impliquent B = P1 et A = − .
l
∆P
Finalement : P( z ) = − z + P1 : la pression décroit linéairement au cours de l’écoulement.
l
Ce phénomène est caractéristique de la « perte de charge » dans un fluide visqueux, d’une
v2
manière générale la charge fluide P + ρ gz + ρ diminue au cours d’un écoulement
2
visqueux.
dP 1 d  dv  d  dv  ∆P
L’équation =η ⋅  r  s’écrit r  = − r.
dz r dr  dr  dr  dr  lη
dv ∆P r 2 dv ∆ P r C1
En intégrant r =− + C1 , où C1 est une constante, ou bien =− + .
dr lη 2 dr lη 2 r
∆P 2 r
En intégrant une nouvelle fois on obtient v(r ) = − r + C1 ln   + C2 , où C2 est une
4η l  r0 
constante et où r0 une constante homogène à une longueur.

- 24 -
v (0) doit avoir une valeur finie (pour respecter le principe de conservation de l’énergie) et
r
ln    r →0
→ −∞ , on en déduit C1 = 0 .
 r0 
De plus au contact du tuyau, en r = a , les conditions aux limites imposent une vitesse nulle,
∆ Pa 2 ∆P 2 2
soit v( a ) = 0 , on en déduit C2 =
4η l
, et finalement v(r ) = − (
4η l
r −a . )
4. On dit que le profil des vitesses est parabolique : les flèches des vecteurs vitesse des
particules fluides appartenant à une section droite de l’écoulement sont alignés sur un arc de
parabole :
vecteur
vitesse arc de
parabole

r uur
5. Le débit volumique de la conduite est Dv = ∫∫ v ⋅ dS où Σ est la section de la conduite,
Σ
c’est un disque de rayon a .
r uur uur uur
Avec v = v (r )u z , dS = rdrdθ u z avec r ∈ [0, a] et θ ∈ [0, 2π ] le débit s’écrit
a 2π
Qp = ∫
r =0
v(r )rdr ∫
θ =0
dθ .
a
∆P 2 2 ∆P  r 4 a2r 2  π a 4∆P
Avec v(r ) = −
4η l
( r − a ) , on obtient Dv = − 
4η l  4

2 0
 ⋅ 2π =
8η l
.

π d 4∆P
On pose d = 2a : le diamètre de la conduite et on obtient : Dv = , c’est la loi de
128η l
Poiseuille.
uurr r uur uurr ∂v uur uurr ∆ P uur r
6. Calculons rotv , avec v = v (r )u z : rot v = − uθ , soit rot v = − ruθ ≠ 0 : l’écoulement
∂r 2η l
est rotationnel ou tourbillonaire (sauf sur l’axe r = 0 ).
uur
Ce résultat est surprenant puisque tous les vecteurs vitesses sont suivant u z .
Interprétation : en-dehors de l’axe, une particule fluide a une extension spatiale et ses parties
inférieure et supérieure ne vont pas à la même vitesse puisque v ( r ) donc elle tourne sur elle-
ême lors de son mouvement de translation.

- 25 -
◊ Remarques générales pour les bilans
dynamiques

☞ Conseils :

• Toujours définir une surface de contrôle Σ qui englobe une certaine partie du
fluide dont on étudie l’action.

• Définir un système fermé et système ouvert :


- système ouvert S le fluide contenu dans la surface de contrôle Σ .
- système fermé S*, à l’instant t , le fluide contenu dans la surface de contrôle Σ et
la masse d’eau qui va entrer dans Σ pendant dt . S* est aussi constitué, à l’instant
t + dt , du fluide contenu dans la surface de contrôle Σ et la masse d’eau qui est
sortie de Σ pendant dt .

 Méthodes :

• Pour effectuer un bilan de quantité de mouvement :


On calcule la variation de quantité de mouvement du système fermé
uuur uuur uuur
Dp = p *(t + dt ) − p *(t ) puis on décompose cahque terme suivant la construction des
deux systèmes fermé et ouvert, en considérant les masses entrante et sortante aux
instants t et t + dt .
Puis le théorème de la résultante dynamique permet d’accéder à la force cherchée.

• Pour effectuer un bilan de moment cinétique :


Même chose qu’avec la quantité de mouvement.
Puis le théorème du moment cinétique permet d’accéder à la vitesse de rotation
cherchée.

• Pour effectuer un bilan d’énergie cinétique :


Même chose.
Puis le théorème de la puissance cinétique permet d’accéder à la puissance cherchée.

 Erreur à éviter :

• Ne pas confondre la force exercée par un fluide sur un solide et la force exercée par
le solide sur le fluide, elles sont opposées (principe de l’action et de la réaction).

• Ne pas confondre système fermé et système ouvert.

 Indications :

dm
• Ecrire le débit massique sous deux formes : Dm = = ρ Sv .
dt

• En régime stationnaire, pour les systèmes ouverts, les grandeurs extensives quantité
de mouvement, moment cinétique et énergie cinétique, sont indépendantes du temps
ur ur ur ur
et on écrira : p (t + dt ) = p (t ) , σ (t + dt ) = σ (t ) et Ec (t + dt ) = Ec (t ) .

- 26 -
◊ Exercice 9 : Force exercée sur une canalisation coudée

Considérons une canalisation horizontale et coudée, de section s constante, dans laquelle


s’écoule de l’eau (liquide parfait) de masse volumique ρ , avec un débit massique Dm
constant, cet écoulement est stationnaire.
ur uur
Loin du coude en amont la pression vaut P1 et la vitesse v1 = v1 ux .
uur uur
Loin du coude en aval la pression vaut P2 et la vitesse v2 = v2 u y .
ur
On s’intéresse à la force F qu’exerce l’eau sur la canalisation.
uur
v2
y
P2
x

P1
ur
v1

1. Montrer que v1 = v2 que l’on notera v et que P1 = P2 .


uuur
Dp uur ur
2. Effectuer un bilan de quantité de mouvement et montrer que
dt
( )
= Dm v2 − v1 (théorème
d’Euler).
ur
3. Appliquer le théorème de la résultante dynamique et en déduire l’expression de F en
fonction de ρ , s , v et P1 .
4. Ordre de grandeur pour de l’eau ρ = 103 kg ⋅ m −3 , P1 = 1,5 bar , v = 5 m ⋅ s −1 , diamètre de la
ur
canalisation d = 2 cm . Calculer F et donner son équivalent masse.

Solution

1. On choisit une surface de contrôle Σ (en pointillés sur le schéma de l’énoncé) qui contient
le coude.
On note dme et dms la masse d’eau entrante et la masse d’eau sortante de Σ pendant une
durée infinitésimale dt , telles que dme = ρ sv1dt et dms = ρ sv2 dt .
L’écoulement étant stationnaire dme = dms , et donc v1 = v2 = v : la présence du coude n’influe
pas sur la valeur de la vitesse de l’eau, seulement sur sa direction.
La relation de Bernoulli sur une ligne de courant s’écrit, puisque l’écoulement est horizontal :
v12 v22
P1 + ρ = P2 + ρ , on en déduit P1 = P2 : la présence du coude n’influe pas sur la pression.
2 2
ur
2. On cherche à déterminer la force F exercée par l’eau sur la canalisation, il s’agit de la
résultante des forces de pression sur la paroi de la canalisation. La force exercée par la
ur
canalisation sur le liquide est donc − F .
Choisissons comme système ouvert S l’eau contenue dans la surface de contrôle Σ .
Choisissons comme système fermé S*, à l’instant t , l’eau contenue dans la surface de
contrôle Σ et la masse d’eau qui va entrer dans Σ pendant dt .

- 27 -
S* est aussi constitué, à l’instant t + dt , de l’eau contenue dans la surface de contrôle Σ et la
masse d’eau qui est sortie de Σ pendant dt .
Evaluons la variation de la quantité de mouvement de ce système pendant une durée
infinitésimale dt :
ur uuur
Soit p la quantité de mouvement de S, et p * la quantité de mouvement de S*.
On note dm = ρ svdt .
On a alors :
uuur uuur uuur ur uur ur ur ur ur uur ur
( ) ( ) ( )
Dp = p *(t + dt ) − p *(t ) = p (t + dt ) + dmv2 − p (t ) + dmv1 = p (t + dt ) − p (t ) + ρ svdt v2 − v1
En régime stationnaire la quantité de mouvement de l’eau contenue dans Σ ne dépend pas du
ur ur uuur uuur uuur uur ur
( )
temps, d’où p (t + dt ) = p (t ) , d’où Dp = p *(t + dt ) − p *(t ) = ρ svdt v2 − v1 , ou bien :
uuur uuur
Dp uur ur Dp uur ur
dt
( )
= ρ sv v2 − v1 , soit
dt
( )
= Dm v2 − v1 (théorème d’Euler).
ur ur
3. Le système liquide étudié est soumis à son poids P vertical, à la force − F , aux forces de
uur uur ur
pression Psu 1 x en amont et − P2 su y en aval (avec P1 = P2 ), aux réactions de support R

verticale.
uuur
Dp ur ur uur uur ur
Le théorème de la résultante dynamique s’écrit : = P − F + Psu
1 x − Psu
1 y +R .
dt
ur uur uur uur uur ur uur uur
On en déduit F = Psu
1 x − Psu
1 ( )
y − ρ sv v2 u y − v1 u x , soit ( )( )
F = s P1 + ρ v 2 u x − u y .
Cette force est dirigée perpendiculairement au coude :

ur
F

ur ur
( )
4. F = 2 s P1 + ρ v 2 , application numérique : F = 80 N .
Equivalent massique 8 kg, on dit qu’il y a 8 kilos de pression.

- 28 -
◊ Exercice 10 : Tourniquet hydraulique

Considérons un tourniquet hydraulique destiné à l’arrosage des jardins. L’eau, de masse


volumique ρ , est amenée suivant l’axe vertical Oz ascendant, puis s’écoule par deux bras
horizontaux identiques, de longueur R , munis de deux becs d’éjection, de section s ,
perpendiculaires aux bras et de longueur l négligeable devant R .
z uθ
ω s
ω
l O A
B• • • ur
R • A'

Vue de dessus

Ce tourniquet est alimenté en eau avec un débit volumique Dv constant, on se place en régime
stationnaire et on note ω la vitesse angulaire de rotation du tourniquet autour de Oz , ω est
constante en régime stationnaire.
On suppose que le tourniquet est soumis à des actions de contact de la part de son support de
moment Γ par rapport à Oz .
On cherche à exprimer ω en fonction de Dv .
uur  D  uur
1. Montrer que la vitesse d’éjection de l’eau en A s’écrit : vA =  Rω − v  uθ .
 2s 
 D 
*
Dσ z
2. Effectuer un bilan de moment cinétique et montrer que = ρ Dv R  Rω − v  .
Dt  2s 
3. Appliquer le théorème du moment cinétique en déduire l’expression de ω en fonction de
Dv , R , s et Γ .
4. Commenter l’expression obtenue en l’absence de frottement ( Γ = 0 ). Qui tourne le plus
vite : un petit ou un grand tourniquet ? Quel est l’intérêt d’augmenter ω ?

Solution

1. La vitesse de l’eau en A (dans le référentiel terrestre fixe) s’écrit, en négligeant la longueur


uur ur uur
des becs devant celle des bras, via la loi de composition des vitesses : vA = ve + vr . La vitesse
ur uur
d’entrainement est celle du tourniquet : ve = Rω uθ .
uur uur
La vitesse relative de l’eau dans le référentiel tournant lié au tourniquet : vr = −vr uθ avec
D
vr > 0 telle que v = svr .
2
uur uur uur  D  uur
On a donc vA = ( Rω − vr ) uθ , soit vA =  Rω − v  uθ .
 2s 
2. Soit S le système ouvert constitué à chaque instant de l’eau contenue dans le tourniquet
(l’axe, les 2 bras et les 2 becs), soit σ z son moment cinétique par rapport à Oz , σ z est
indépendant du temps car le régime est stationnaire.

- 29 -
Soit S* le système fermé constitué à l’instant t du système S et de la masse dm d’eau qui
entre à la base du tourniquet pendant une durée dt . A l’instant t + dt , S* est constitué de S et
des masses dmA et dmB qui ont été éjectées en A et B entre les instants t et t + dt .
dV 1 dm
Par définition Dv = et m = ρV , soit Dv = et dm = ρ Dv dt .
dt ρ dt
La conservation de la masse s’écrit dm = dmA + dmB .
dm
Le système est symétrique : dmA = dmB . On a alors dmA = dmB = .
2
Considérons la variation de moment cinétique de S* pendant dt : Dσ = σ z* (t + dt ) − σ z* (t ) .
Le moment cinétique de la masse dm d’eau qui entre dans le tourniquet est nul car sa vitesse
est parallèle à Oz .
Le poids du tourniquet est de moment nul par rapport à Oz et ne contribue pas à la mise en
rotation du tourniquet.
La contribution de la masse dmA d’eau au moment cinétique à l’instant t + dt est alors :
uuur uur uur 1  uur  D  uur  uur 1  D 
( )
dmA OA ∧ vA ⋅ u z = ρ Dv dt  Rur ∧  Rω − v  uθ  ⋅ u z = ρ Dv R  Rω − v  dt
2   2s   2  2s 
 D 
On a la même contribution en B, d’où σ z* (t + dt ) − σ z* (t ) = ρ Dv R  Rω − v  dt .
 2s 
 D 
* *
Dσ z Dσ z
Or σ z* (t + dt ) − σ z* (t ) = dt , et finalement = ρ Dv R  Rω − v  .
Dt Dt  2s 
3. En appliquant le théorème du moment cinétique au tourniquet on obtient
 D  D Γ
Γ = ρ Dv R  Rω − v  , soit ω = v + .
 2s  2 sR ρ Dv R 2
D
4. En l’absence de frottement : ω = v proportionnelle au débit volumique Dv et
2 sR
inversement proportionnelle à R et s .
D
ωexp < v , les frottements ne sont pas négligeables (en particulier les frottements solides au
2 sR
niveau de l’axe de rotation) et Γ < 0 .
1
ω est proportionnelle à : un petit tourniquet tourne plus vite qu’un grand (à débit et
R
section égaux).
L’intérêt d’augmenter ω est d’augmenter vA et de couvrir une surface arrosée plus
importante.

- 30 -

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