CNDH et Protection des Migrants au Niger
CNDH et Protection des Migrants au Niger
REPUBLIQUE DU NIGER
UNIVERSITE DE TAHOUA
FACULTE DE DROIT, D’ECONOMIE ET DE GESTION
(FADEG)
Département de Droit
3eme Promotion
Lieu de stage : Commission Nationale des Droits Humains
Durée du stage : DU 20 Aout au 20 Octobre 2018
Rédigé et Soutenu par : ABDOULAYE HAMA Sadou
Encadreur Pédagogique : Encadreur
Professionnel :
Dr ISSIFOU Habsatou,
Enseignante chercheur à l’UTA M. ALMOUSTAPHA
MOUSSA Idé, commissaire à
la lutte contre la torture, à la
CNDH de Niamey.
Promotion : 2017-2018
PAGE de GARDE
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Décharge
ii
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Dédicace
iii
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Remerciements
Nous remercions ALLAH le tout puissant, le très miséricordieux qui nous a permis de
finaliser ce travail.
Nous remercions aussi tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réussite de ce
travail en particulier :
Nous avons apprécié ses aides, ses conseils, ses corrections si précieux ainsi que ses qualités
pédagogiques qui nous ont guidé tout au long de la réalisation de ce travail ;
iv
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Sigle et Abréviations
v
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
UE : Union Européenne
vi
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
SOMMAIRE
INTRODUCTION ................................................................................................................ 17
Chapitre II : la contribution de la CNDH sur le pacte mondial pour des migrations sûres,
ordonnées et régulières (PPM) et l’apport du pacte dans la protection des migrants ........... 34
Section I : la contribution de la CNDH sur le Pacte mondiale pour des migrations sûres,
ordonnées et régulières ......................................................................................................... 34
CONCLUSION .................................................................................................................... 43
vi
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Chapitre Préliminaire
Créée par la loi n°2012-44 du 24 août 2012 qui détermine sa composition, ses attributions et
son fonctionnement, la CNDH est une autorité administrative indépendante jouissant d’une
autonomie administrative et financière. Elle a son siège à Niamey, au quartier gamkalley à
quelques mètres de la cour de cassation sur la route de l’aéroport. Ancienne Commission
Nationale des Droits Humains et des Libertés Fondamentales (CNDH/LF), la CNDH a pour
mission principale de promouvoir et protéger les droits humains sur l’ensemble du territoire
national à travers la réception des plaintes et l’organisation d’enquêtes sur les cas de violation
des droits humains1.
Notre stage a débuté le lundi 20 août 2018 par la direction de lutte contre les détentions
arbitraires et les traitements cruels, inhumains et dégradants qui constitue la première étape de
notre stage. Ce dernier est intervenu dans un contexte marqué par la crise sécuritaire
notamment, les actes de terrorisme2 qui concentrent des multiples violations des droits
1
Article 44 de la constitution nigérienne du 25 novembre 2010 qui dispose qu’ «une commission nationale veille
à la promotion et à l’effectivité des droits et des libertés… »
2
Selon un rapport de la CNDH sur les droits de l’homme au Niger, les atteintes aux droits de l’homme les plus
significatives comprennent les attaques des groupes armés qui ont entrainé la mort, les disparitions et les abus ;
les arrestations arbitraires et les détentions des personnes présumées terroristes, les conditions de vie pénibles et
1
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
humains et menacent le pays sur trois fronts : Diffa avec Boko Haram, Tahoua et Tillabéry
avec le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) et Al-Qaïda au
Maghreb Islamique (AQMI). Ensuite, s’ajoute, les multiples mesures des autorités
administratives et politiques3. Enfin, le problème des détenus terroristes4 qui remplissent les
prisons de kollo et Koutoukallé ainsi que tout ce qui précède constituent une menace grave
aux droits et libertés fondamentaux.
Aucours de notre stage, nous avons assisté à diverses activités organisées par la CNDH..
Nous essayerons de rapporter cela à travers une présentation de notre institution d’accueil
notamment, la CNDH (section 1), avant de présenter le déroulement de notre stage dans une
deuxième partie (section 2).
La création d’une institution nationale de défense des droits humains au Niger remonte
à la IVème République notamment, avec l’adoption de la loi n° 98-55 du 29 décembre 1998
qui détermine sesattributions, sa composition et son fonctionnement. Plus loin, cette volonté
potentiellement mortelles dans les prisons et les centres de détention , les violences contre les femmes et les
enfants, la traite des personnes, l’esclavage basé sur l’appartenance à une caste sociale et le travail forcé.
3
Les restrictions des libertés avec l’instauration de l’état d’urgence dans les régions de Diffa, Tahoua et
Tillabéry. Les libertés faisant l’objet de restriction sont : la liberté de circulation, la liberté de réunion, la liberté
de manifestation etc…
4
Selon un rapport de l’UNESCO sur les prisons au sahel, la présence des détenus terroristes dans les prisons
soulève un certains nombres de préoccupations en matière de sécurité et en matière des droits humains dont, le
risque que les prisons servent d’incubateur pour l’extrémisme violent par l’établissement des réseaux au sein des
prisons, la radicalisation d’autres prisonniers, l’accès à un large éventail de recrues potentielles pour coordonner
des crimes violent à l’extérieur des prisons. Ce risque de propagation de l’idéologie extrémiste entre détenus
constitue également une menace en raison notamment, de leurs faibles perspectives de réinsertion
socioprofessionnelle à leur sortie. Enfin, les initiatives financières du terrorisme peuvent être très attrayantes
pour les personnes dont les conditions de vie sont médiocres.
2
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
de création d’Institution Nationale relative aux Droits Humains (INDH) remonte aux
principes de Paris5 auxquels cette institution est tenue de se conformer.
5
Les principes de Paris désignent l’ensemble des principes approuvés par la commission des Droits de l’homme
de l’ONU en 1992 puis, par l’Assemblée Générale de l’ONU en 1993. Ces principes responsabilisent les
Institutions Nationales relative aux Droits Humains (INDH) à promouvoir et protéger les Droits de l’Homme. Ils
exposent les lignes directrices pour la création des INDH et souligne les caractéristiques fondamentales pour
leurs indépendance à savoir :
- un texte fondateur constitutionnel ou législatif
Leurs responsabilités est de fournir au gouvernement des rapports et recommandations sur les Droits de
l’Homme, promouvoir les Droits de l’Homme et coopérer avec les organismes des Droits de l’Homme
nationaux, régionaux et ceux de l’ONU.
3
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
I : la composition de la CNDH
La composition de la CNDH est prévue par la loi n°2012-44 du 24 août 2012. Selon cette loi,
la commission est composée de neuf(9) membres permanents6 portant le titre de commissaires
dont :
Le mandat des commissaires est de quatre (4) ans renouvelable une fois.
Enfin, la commission dispose des conseillers techniques qui sont nommés par le président de
la commission après avis du bureau exécutif et le personnel qui est composé des agents
recrutés selon la procédure d’appel à candidature.
II : l’Organisation de la CNDH
L’organisation de la commission est prévue par la loi n°2012-44 août 2012 portant
composition, organisation et attribution de la CNDH. Selon cette loi, la commission est
composée de :
6
Article 3 de la loi n°2012-44 qui dispose que « la commission est composée de 9 membres permanents… ».
4
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un bureau exécutif
La commission dispose d’un bureau exécutif composé de quatre (4) membres dont :
un secrétariat général
5
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Dans le cadre de la protection et la défense des droits humains la commission a pour mission
de7 :
- recevoir les plaintes et diligenter des enquêtes sur les cas de violation des droits
humains ;
- effectuer des visites régulières notifiées ou inopinées dans les lieux de détention et
formuler des recommandations à l’endroit des autorités compétentes ;
- lutter contre la torture, les actes de sévices et autres peines ou traitements cruels
inhumains ou dégradants conformément aux normes universelles régionales ou
nationales des droits humains ;
- lutter contre les viols et violencesbasées sur le genre dans la vie publique et privée ;
- apporter ou faciliter l’assistance judiciaire aux victimes des violations des droits
humains en particulier les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes en
situation d’handicape ainsi que toutes autres personnes vulnérables ;
- porter à la connaissance du gouvernement tous les cas de violation des droits
humains ;
- lutter contre les pratiques esclavagistes, les pires formes de travail des enfants et les
pratiques analogues.
Dans le cadre de la promotion des droits humains, la commission a pour mission d’8 :
7
Article 19 la loi n°2012-44 qui dispose que « dans le cadre de la protection des droits humains, la commission
a pour mission de recevoir des plaintes… ».
6
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- assurer sur toute l’étendue du territoire national la promotion des droits humains en
général et en particulier les droits de la femme de l’enfant des personnes en situation
de handicap ainsi que toute autre personne vulnérable à travers notamment,
l’information, l’éducation et la communication ;
- effectuer des campagnes d’information et de sensibilisation sur les droits humains sur
tout le territoire national ;
- encourager et contribuer à la traduction des instruments nationaux, régionaux et
internationaux dans les langues nationales ;
- donner des avis et recommandations aux pouvoirs publics sur les questions touchant
les droits humains ;
- sensibiliser les citoyens sur leurs droits ;
- sensibiliser les acteurs étatiques notamment, les autorités administratives et les
responsables des forces de défenses et de sécurité sur le respect des droits des
citoyens ;
- assurer la tenue des séminaires et ateliers de formations sur les droits humains.
8
Article 20 et de la loi n°2012-44 qui cite les missions de la commission dans le cadre de la promotion de des
droits humains.
9
Article 21 de la loi n°2012-44 qui dispose « la commission a également pour mission de fournir gouvernement,
à l’assemblée nationale, soit à la demande des autorités concernées, soit en utilisant sa faculté d’auto-saisine, des
avis, recommandations et proposition sur toute question relative aux droits humains ».
7
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Le 20 août avait débuté notre stage au siège de la Commission Nationale des Droits
Humains de Niamey. Au cours de notrestage nous avons visité les services au sein de la
CNDH (paragraphe I) et avons suivi des activités dans ces divers services (paragraphe II).
La CNDH est composée de cinq (5) directions. Nous n’avons pas eu l’opportunité de
les visiter toutes (I). Cela est dû surtout à des difficultés auxquelles nous nous sommes
confrontés au cours de notre stage (II).
Durant les deux mois de stage passés au sein de la CNDH, nous avons eu le plaisir de
séjourner danscertains services de la commission afin de nous familiariser avec tout ce qui se
fait à ce niveau et pour une intégration réussie dans notre institution d’accueil. Ainsi :
Comme toute œuvre humaine,nous avons rencontré des difficultésau cours de notre
stage. D’une part, certaines difficultés sont arrivées pendant notre stage à la CNDH. Il s’agit
del’indisponibilité du secrétaire général de la CNDH avec son emploi de temps chargé, ce qui
ne nous permet pas d’être directement et personnellement suivit par lui durant ce temps de
stage.
D’autre part, nous avons rencontré d’autres difficultés au cours de l’élaboration de notre
mémoire de stagenotamment, dans la recherche d’informationsetde documentation qui ne
nous sont pas du tout accessible.
8
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Dans le cadre de notre stage, plusieurs activités ont été réalisées auxquelles nous avons
participé (I). Ces dernières nous ont permisd’acquérir des connaissances nouvelles sur les
droits de l’Homme notamment, en pratique(II).
9
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
détention arbitraire, la torture et les traitements cruels, inhumains et dégradants »,a entrepris
le mercredi 5 Septembre 2018 aux environs de 12 heures, une visite d’investigation à la
Clinique Gamkalley. Cette visite intervient à la suite d’une affaire peu claire dont est saisie la
CNDH. En effet, selon les informations reçues, il s’agit d’un enfant originaire du Nord
Tillabéry, victime des agissements de l’opération Barkhane et ayant perdu l’usage de sa
jambe. Le but de cette mission était donc de savoir les circonstances dans lesquelles s’est
produit un acte d’une telle gravité contre un mineur et d’établir les faits tel que rapportés par
la victime et ses parents. Malheureusement, la CNDH a rencontré des difficultés dans la
réalisation de cette activité. En effet, les investigations n’ont pas été effectuées au mépris des
dispositions de la loi n° 2012-44 notamment à son article 19, donnant droit à la CNDH
d’effectuer des visites inopinées dans les prisons et hôpitaux pour les besoins de sa mission.
Ces difficultés sont dues aux raisons suivantes :
Le mercredi 10 octobre 2018 la CNDH a organisée une journée abolitionniste contre la peine
de mort. Cette journée a été instituée par la coalition mondiale10 contre la peine de mort et elle
est officiellement soutenue par le conseil de l’Europe et l’Union Européenne. Elle s’adresse à
la fois à l’opinion publique mondiale et aux dirigeants des pays qui n’ont pas encore aboli la
peine de mort ainsi qu’à ceux qui l’ont déjà aboli pour qu’ils contribuent tous à l’abolition de
10
La coalition mondiale contre la peine de mort est un collectif international d’ONG, de barreaux d’avocats, de collectivités
locales et de syndicats dont le but est de renforcer la dimension internationale du combat contre la peine de mort. Elle facilite
la constitution et le développement de coalitions nationales et régionales contre la peine de mort. Fondée en 2002 à Rome,
elle compte 75 organisations membres y compris Amnesty international et Human Rights Watch.
10
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
la peine de mort au niveau international. Il faut noter que le Niger est partie aux principales
conventions internationales11 de protection des droits de l’homme des Nations Unies. La
constitution de la 7eme République en son article 12 qui dispose que « chacun a droit à la vie,
a la santé, à l’intégrité physique et morale… »garantit le droit à la vie. Le code pénal nigérien
à son article 5 prévoit la peine de mort en ces termes « les peines afflictives et infamantes
sont : 1) la mort ; 2) l’emprisonnement à vie… » . Il convient de noter aussi que depuis 2016
le Niger a commué toutes les peines de mort à des condamnations à vie12. C’est dans ce cadre
et conformément aux recommandations faites au Niger lors de son examen périodique
universel par les organes des traités en date du 18 janvier 2016, que la CNDH entend
parrainer la commémoration de la 16eme journée pour l’abolition de la peine de mort dont le
thème est formulé en ces termes : « les conditions de vie dans les couloirs de la mort ». La
CNDH a commémoré cette journée avec la société civile nigérienne œuvrant pour l’abolition
de la peine de mort à travers le Réseau Progrès et Développement Humanitaire du Niger
(REPRODEVH) et le club des étudiants de l’université Abdou Moumouni de Niamey.
11
Le Niger est partie à la quasi-totalité des instruments juridiques de protection des droits de l’homme dont la
déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 et la charte africaine des droits de l’homme et des peuples
de 1981.
12
Le Niger n’a pas encore aboli la peine de mort mais applique depuis 1976 un moratoire. Le gouvernement a
préparé en 2014 un projet de loi autorisant la ratification du deuxième Protocol facultatif additionnel au pacte
international relatif aux droits civils et politiques sur l’abolition de la peine de mort. Cette ratification n’a pas
encore eu lieu. En 1987, une politique de commutation des peines de mort à des peines d’emprisonnement à vie a
été adoptée par le Niger. Cependant, actuellement, aucun rapport n’indique si cette politique est toujours en
vigueur. En mars 2019, la cour d’assise de Zinder a prononcé la peine de mort qui reste toujours en vigueur au
Niger.
13
Le lien entre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée est établit par la résolution 1373 du conseil
de sécurité de l’ONU. En effet, le blanchiment d’argent, le trafic de stupéfiants et d’armes, le transport de
matières potentiellement dangereuses constituent aussi bien des sources de financement du terrorisme que des
11
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Ces visites de terrain ont été entreprises suite à une plainte déposée à la CNDH par les parents
des jeunes peulhs du nord Tillabéry, interpellés sur le territoire du Niger14 par le Mouvement
du Salut de l’Azawad15 (MSA), puis remis à nos forces de défenses et de sécurité. Selon ces
plaignants, sur une vingtaine de ces peulh, seulement trois sont mis à la disposition de la
cellule antiterroriste et les autres sont actuellement portés disparus.
L’objectif de cette mission d’investigation était donc de s’enquérir des conditions de détention
de ces personnes détenues à Kollo, et à la cellule antiterroriste de Niamey, ainsi que des
circonstances de leur interpellation par le MSA.
La prison civile de kollo a constitué la première étape de cette mission. A l’issue de nos
entretiens avec le régisseur dudit établissement, nous avons découvert que les trois peulh sont
à la cellule antiterroriste de Niamey.
la cohabitation des mineurs avec des condamnés qui peut avoir un impact sur leurs
insertion future voire leur radicalisation ;
des détentions abusives sans aucune forme de dédommagements après le jugement
ce qui constitue une injustice;
la lenteur dans le traitement des dossiers des détenus qui occasionne une
prolongation sans raison de leur séjour en prison et concours au surpeuplement de
la prison ;
moyens de perpétrer des actes de terrorisme. Selon l’ordonnance n°2011-12 du 27 janvier 2011, le service de
lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée est constitué de plusieurs unités spécialisées
chacune dans une tâche spécifique (enquête, sécurisation et secours….). Il est placé sous l’autorité du procureur
général et est doté d’un pouvoir de perquisition, de garde à vue, de détention préventive etc…
Enfin, le service de lutte contre le terrorisme recherche et démantèle les réseaux terroristes ou de trafics illicites
sur toute l’étendue du territoire national.
14
Le gouvernent nigérien comme ses partenaires internationaux, en particulier la France, sont tentés de
collaborer avec des groupes armés maliens qui connaissent bien le terrain, en l’occurrence le Mouvement pour
le Salut de l’Azawad (MSA) et le Groupe Armé Touareg Imghad et Alliés (GATIA) pour venir à bout de cette
crise sécuritaire dans nord- Tillabéry. Cette collaboration repose sur la signature d’une Plateforme entre le
Niger, la force Barkhane et ces deux groupes armés.
15
Le Mouvement pour le Salut de l’Azawad (MSA) est un mouvement politique et militaire touareg. Il est formé
par MOUSSA AG ACHARATOUMANE ancien porte-parole du MNLA, le 2 septembre 2016 lors de la guerre
du Mali. Son but est de représenter et défendre toute la population de l’Azawad et il est partie à l’accord d’Alger.
12
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
la récurrence des problèmes d’électricité depuis le 27 juin 2018 qui peut toucher
au fonctionnement de l’administration pénitentiaire et occasionner des évasions ;
la présence de deux détenus malades mentaux agressifs et violant constitue une
menace à la sécurité des gardiens de prison;
la présence des détenus terroristes comporte un risque de radicalisation pour les
autres prisonniers.
Monsieur Ousmane oumarou, né à Abaré au Niger, âgé de 40 ans, mariés sans enfant ;
Monsieur Tambaya konido, né à méhan au Niger, âgé de 40 ans, mariés sans enfant ;
Monsieur Altiné Abdoua, né à Abaré au Niger âgé de 30 ans, marié et père d’un enfant.
S’agissant de M Ousmane Oumarou et Altiné Abdoua, chacun d’eux avec son frère, leur
interpellation a eu lieu à Abaré. Selon les déclarations des deux premiers, ils étaient en train
d’abreuver leurs animaux quand tout à coups ils voient venir des touaregs à bord des voitures
et des motos qui leur ordonnèrent à l’aide des signes, de rentrer dans les voitures. Oumarou et
Altiné ont été transportés dans le même véhicule et leurs frères respectifs dont ils ignorent
encore le sort, étaient dans un autre véhicule, pour une autre direction. En cours de route, ils
auraient été bastonnés, attachés, les yeux bandés, les oreilles fermées. En cours de route un
changement de véhicule est intervenu ; ils étaient remis à un autre groupe qui les achemina à
Abala (Tillabéry) dans les mêmes conditions de violence.
En ce qui concerne M Tambaya Konido, il a été arrêté chez lui. D’après sa déposition, il était
en famille ; quand ils ont vu des Touaregs à bord de plusieurs véhicules rentrés dans leur
campement. Dans la fuite, il prit la même direction que son frère qui a réussi à s’échapper.
13
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Dans le véhicule qui le transportait, il a été attaché et bastonné jusqu’à perdre connaissance. Il
passa la première nuit attaché à côtédu véhicule des assaillants.
Tout au long du trajet, c'est-à-dire du lieu de leur arrestation à leur arrivée à Abala où ils ont
pu bénéficier d’une petite quantité d’eau contenue dans des sachets au deuxième jour, les trois
détenus ont déclaré qu’ils n’ont rien mangé. Cependant, ils ont avoué qu’ils sont bien traités
au niveau de la cellule antiterroriste
D’après le procès-verbal de détention établie par la cellule, les chefs d’accusation retenues
contre eux sont les suivants :
Notre stage a été d’un apport considérable sur la suite de notre formation. En effet, il
nous a permis d’apprendre certaines tâches16 et dedécouvrirconcrètement la manière dont
intervient sur le terrain la promotion puis la protection de tous ces droits reconnus et protégés
dans les instruments nationaux, régionaux et internationaux à l’homme pour sa seule qualité
d’êtrehumain.
Toutefois, nous aurions aimé que ce stage dure plus longtemps car nous n’avons pas eu le
temps de séjourner dans toutes les directionsetde bien approfondir nos connaissances
pratiques. Ainsi, nous avons passé le maximum de notre temps17 à la direction de lutte contre
lesdétentions arbitraires, la torture et les traitements cruels, inhumains et dégradants et
l’essentiel des activités que nous avons menées se trouvent dans le ressort de cette direction.
C’est au vu des activités menées dans cette direction et de sa mission qui consiste à lutter
16
Enregistrement des plaintes, détermination du budget d’une activité et les préparatifs de son organisation,
rédaction de rapport après une visite sur le terrain etc….
17
Un mois et une journée ; du 20 août au 21 septembre.
14
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
contre la torture, que nous nous sommes intéressés à une catégorie de personnes vulnérable
que constituent les migrants. Ces derniers sont en effet, victimes de traitements cruels tout au
long de leurs cycles migratoires. D’où le choix du thème : « Contribution de la Commission
Nationale des Droits Humains dans la protection des migrants au Niger ».
Par ailleurs, face aux multiples problèmes rencontrés durant ce stage, nos recommandations à
la CNDH sont les suivantes :
15
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
16
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
INTRODUCTION
18
Les contents touchés par la migration sont : l’Afrique, l’Europe, l’Asie et l’Amérique.
19
Ces violations mettent à la fois en cause les droits de l’homme et la sécurité collective et individuelle des
Etats.
20
Le Niger est touché au même titre que les autres pays de la sous-région par cette crise migratoire.
17
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Toutefois, la notion de migrant ne doit pas être confondue avec celle de réfugié qui n’est
qu’un sous-ensemble des personnes déplacées en générale. En effet, selon l’Agence des
Nations Unies pour les Réfugiés(UNHCR), « les réfugiés sont des personnes qui fuient des
conflits armés ou la persécution. Les migrants quant à eux choisissent de quitter leurs pays
non pas en raison d’une menace directe de persécution ou de mort, mais surtout, pour
améliorer leurs vies en trouvant du travail et dans certains cas pour des motifs d’éducation, de
regroupement familial ou pour d’autres raisons comme la pauvreté, la famine etc... » .
Situé entre l’Afrique subsaharienne et le Maghreb, le Niger est un pays d’origine (émigration
des nigériens vers les pays de la sous-région et vers le Maghreb), de transit (en provenance
surtout de l’Afrique de l’Ouest et vers les pays du Maghreb et l’Europe) et de destination des
migrants (ressortissants de la zone CEDEAO). Le Niger a connu ces dernières années un flux
migratoire important dû à des multiples facteurs en dépit des risques élevés dus à la traversée
du Sahara et aux multiples cas de décès enregistrés dont la plupart des victimes sont des
femmes et des enfants (92 en 201322, plus de 200 en 2016-2017). A titre illustratif, entre fin
mai et début juin 2017, les corps de 44 migrants ont été découverts par une patrouille
militaire et 6 ont été secourus parmi lesquels 5 ghanéens et un nigérian. Pour lutter contre
cette migration dite irrégulière23, le pays durci son cadre juridique et institutionnel à travers
des mesures draconiennes et collabore avec d’autres pays de la sous-région (Bénin,
Mauritanie, Burkina Faso etc…) et de l’Europe pour une gestion à la fois bilatérale et
multilatérale du phénomène migratoire. C’est au vu de cette situation et au regard des effets
de la crise migratoire de 2015-2016 en Europe24 que l’ONU a décidé de se saisir activement
du sujet. Ainsi, les premiers travaux conduisent à l’adoption par l’assemblée générale des
Nations Unies de la « Déclaration de New-York pour les Réfugiés et Migrants » du 19
Septembre 2016. Deux ans plus tard, les discussions aboutirent le 11 Juillet 2018 à l’adoption
21
Le demandeur d’asile est toute personne sollicitant la protection internationale. Toutefois, tout demandeur
d’asile n’est pas un réfugié, mais tout réfugié a dans un premier temps été demandeur d’asile.
22
Sur les 92 victimes, on compte 7 hommes et les 85 sont des femmes et des enfants.
23
La migration irrégulière implique, l’entrée et ou le séjour d’une personne dans un pays dont il n’est pas
originaire, sans avoir d’autorisation officielle au préalable.
24
La crise migratoire en Europe est l’augmentation, dans les années 2010, du nombre de migrants arrivant dans
l’Union Européenne via la mer Méditerranée et les Balkans, depuis l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du sud
et qui en fait l’une des plus grandes crises migratoire de son histoire contemporaine.
18
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
par la même assemblée générale du « Pacte Mondial pour des Migrations sûres, ordonnées et
régulières » signé à Marrakech au Maroc. Ce texte, structuré autour de vingt-trois objectifs
établit un cadre de coopération juridique non contraignant qui repose sur les engagements
convenus par les Etats dans la déclaration de New-York. Il facilite par ailleurs, une
coopération internationale en matière de migration, tout en respectant la souveraineté des
Etats de définir leur politique migratoire dans le respect du droit international (préambule,
paragraphe 7 et 15). Ce texte a vu la participation des INDH Africaines dans le processus de
son élaboration et le début sa mise en œuvre.
Cette question trouve toute sa pertinence d’autant plus qu’elle nous permet de mesurer
l’effectivité de la protection apportée par la CNDH aux migrants, mais également de
comprendre à quoi cette protection consiste concrètement.
19
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Le mandat de la CNDH en général, tel que cela ressort des termes de la loi n°2012-44
du 24 août 2012, portant organisation, attributions et fonctionnement de la commission,
consiste à promouvoir les droitshumains reconnus au plan national et international (section I),
à protéger et à contrôler l’effectivité de ces droits (section II).
La consécrationdes droits de tous les migrants est garantie par des instruments de
proclamation (paragraphe I) auxquels s’ajoutent des mécanismes de promotion de ces droits
(paragraphe II).
Ces instruments sont composés des règles internationales (I), des règles régionales et
des règles nationales de consécration des droits des migrants(II).
20
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Outre la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs
migrants, Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) a servi d’inspiration pour
de nombreuses conventions qui ont été élaborées dans des domaines très divers (politique,
social, économique et culturel) et visant l’affirmation des droits humains.
Les principaux instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme qui s’inspirent des
dispositions de la DUDH et dont la ratification exige la présentation de rapport sont au
nombre de neuf(9) dont :
21
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Il faut noter ici que des règles de consécrationexistent sur les deux plans :
La reconnaissance régionale des droits des migrants repose en premier lieu sur la charte
Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, appelée aussi charte de Banjul, adoptée en
1981. Ce texte garantie la promotion des droits et libertés fondamentaux de toutes les
personnes ressortissants des pays membres. Ses idées sont développées à travers :
25
La constitution nigérienne du 25 novembre 2010 à son article 11 qui dispose « La personne humaine est
sacrée et l’Etat a le devoir de la respecter et de la protéger ».
22
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Bien évidemment, il ne suffit pas de consacrer des droits, encore faut-il garantir leur
respect à travers des activités permettant aux titulaires de droit de les connaitre et aux
titulaires d’obligation de comprendre le sens de leurs obligations. D’où la nécessité des
activités de sensibilisations aux populations.
En ce sens, s’exprimant lors du forum de Bermo26 sur les droits humains le professeur
KHALID IKHIRI président de la CNDH déclare que malgré la protection des droits
consacrés par les instruments internationaux, régionaux et nationaux, « force est de constater
que ces instruments sont souvent méconnus, voire ignorés par de nombreux citoyens au plan
national. Une telle situation constitue un obstacle pour la promotion, la défense et la
jouissance de ces droits et dévient une source potentielle de leur violation »
Ainsi, l’objectif général de ces activités d’échanges et de partages (forum, séminaire, panel
etc…) est de sensibiliser les populations sur leurs droits. Il s’agira alors pour les participants
de faire un diagnostic des problèmes, avec des pistes de solutions. En fin, au cours de ces
activités, des traductions en langue peuvent intervenir pour permettre des échanges
enrichissants avec les participants.
26
Le forum de Bermo est organisé par la CNDH du 12 au 13 août 2017 sur les droits humains et changements
climatiques dans la zone pastorale de Bermo.
23
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
de protection et de promotion des droits des migrants et verra le jour avec l’appui du projet
Appui conseil à la politique migratoire financé par le GIZ27.
C’est ainsi que dans son rapport annuel sur l’état des droits humains au Niger pour la période
2015-2016 présenté devant l’assemblée nationale en 2017, plusieurs recommandations ont été
formulées au gouvernement. S’agissant du droit à la vie après avoir énuméré les atteintes qui
sont constituées des attaques terroristes, des affrontements inter communautaires et des
accidents de circulation, la CNDH recommande le retour à la paix, le respect des feux de
circulation et au gouvernement l’augmentation des feux et la prise d’autres mesures pour
réduire ces pertes en vie humaines estimées à 200 cas selon la direction de la police de la ville
de Niamey, rien que pour la circulation. Dans le même ordre d’idée, plusieurs autres
recommandations relatives à l’adoption des normes sur les droits humains en général et la
production de rapports ont été adressées au gouvernement. Enfin par rapport aux migrants la
CNDH recommande au gouvernement et aux partenaires, à la suite de son constat sur
l’application de la loi contre le trafic illicite des migrants (loi n° 2015-36 du 26 mai 2015
relative au trafic illicite des migrants), de créer des emplois pour remplacer cette activité
productrice de revenue pour les populations d’Agadez.
27
Le GIZ est l’agence de coopération Allemande pour le développement. Fondée le 1 er janvier 2011, elle est
particulièrement active en Amérique au sud et en Afrique.
28
Article 32 de la loi n°2012-44 portant organisation, attribution et fonctionnement de la CNDH qui dispose
« …Elle peut aussi se saisir d’office à la majorité simple de ses membres ».
24
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
La CNDH collabore avec les autres INDH de plusieurs façons 29 pour une meilleure
protection des droits humains cela à travers des organisations de coopération mises en place à
plusieurs niveaux. On peut citer à titre d’exemple, l’Association Francophone des
Commissions Nationales des droits Humains (CFCNDH) créée en mai 2002 avec le soutien
de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). L’AFCNDH représente un réseau
des CNDH de l’espace francophone. Il a pour objectif de valoriser et de renforcer le rôle des
CNDH dans la promotion et la protection des droits humains. Elle est dirigée actuellement par
le professeur Khalid Ikhiri, président de la CNDH du Niger en remplacement du président de
la CNDH du Maroc.
C’est aussi le cas de l’association des CNDH du G530 également dirigée par le président de la
CNDH du Niger. Les INDH du G5 collaborent dans les domaines des droits humains et
sécuritaires. En ce sens, la CNDH Niger a élaboré un guide de coopération qu’elle a partagé
avec les autres INDH membres du G5. Ces INDH mènent plusieurs activités en commun
notamment à travers des réseaux de collaboration tel que le RINADAH et la GANHIRI.
La promotion seule ne suffisant pas à garantir les droits des migrants, un contrôle de
leur effectivité (paragraphe I) et une protection élargie de ces droits s’imposent à la CNDH
(paragraphe II).
Elle se manifeste par la réception des plaintes (I) et l’assistance judiciaire aux migrants (II).
29
Selon l’article 21 de loi n° 2012-44 portant organisation, attributions et fonctionnement, « La commission a
également pour attribution, d’entretenir des relations de coopération avec les organisations nationales des droits
humains au niveau régionales et internationales, les organisations régionales et internationales s’intéressant à la
promotion et à la protection des droits humains ».
30
La création d’un Réseau des INDH du G5 sahel date d’avril 2014. L’objectif rechercher est de mettre en place
un réseau d’INDH en vue d’accompagner les différents gouvernements des pays membres, dans la prévention et
la lutte contre le terrorisme en lien avec le respect des droits humains. Mais aussi de concevoir et mettre en
œuvre un programme intégrateur en matière de droits humains pour les INDH. C’est le cas du Programme
Intégré de promotion et de protection des droits humains (PIPPDH), partagé avec les INDH du G5 sahel.
25
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
I : la réception des plaintes des migrants victimes de violation de leurs droits humains
L’intervention de la CNDH en matière de protection des droits des migrants dépend de deux
situations :
Chargée de veiller à la protection de tous les droits des citoyens sur l’ensemble du
territoire national, la CNDH accorde dans son plan stratégique 2019-2022 une place
prépondérante à la question migratoire qu’elle se propose d’inscrire comme axe d’intervention
majeure. Notamment, à travers son groupe de travail sur thématique de la migration. En effet,
ce groupe de travail est chargé d’effectuer des enquêtes31 sur les éventuels cas de violation des
droits des migrants dont est saisie la commission. Cependant, il faut noter que, malgré que sa
mise en place date de longtemps, jusqu’à nos jours aucune plainte dans ce sens n’a encore été
enregistréemalgré son caractère opérationnel.
31
Au terme de l’article 19 de la loi n°2012-44, portant organisation, attributions et fonctionnement, « Dans le
cadre de la protection des droits Humains, la commission a pour mission de recevoir les plaintes et diligenter des
enquêtes sur les cas de violation des droits Humains ».
32
Aux termes de l’article 32 de la loi n°2012-44, portant organisation, attributions et fonctionnement de la
CNDH, « …celle-ci peut aussi se saisir d’office à la majorité simple de ses membres ».
26
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
CNDH exhorte aussi instamment le sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de l’Union
Africaine à mettre fin sans délai à cette situation avilissante et intolérable ; enfind’assurer aux
migrants les indispensables mesures de protection de leur intégrité et de leur dignité
conformément aux agendas 2030 des Nations Unies et 2063 de l’Union Africaine et que
personne ne soit laissée pour compte.
27
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Le contrôle de l’effectivité des droits des migrants repose sur des organes de
contrôle(I) et des missions de contrôle de la jouissance des différents droits sur le terrain (II).
La lutte contre la traite étant une préoccupation nationale, l’agence mène plusieurs activités. A
titre illustratif, entre 2013 et 2017, l’agence a animé 20 sessions de renforcement des
33
La constitution nigérienne en son article 11 qui dispose « La personne humaine est sacrée. L’Etat a
l’obligation absolue de la respecter et de la protéger ».
28
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
capacités avec en moyenne 30 participants par session. Ces dernières interviennent au profit
des acteurs de la chaine pénale (magistrats et FDS), des acteurs de la société civile, les chefs
traditionnels, les transporteurs commerciaux et les journalistes. Pour rendre plus efficace ses
missions de terrain et dans la perspective de l’installation des bureaux régionaux, l’agence a
installée des points focaux au niveau des juridictions à Zinder, Tillabéry, Agadez, Niamey,
Arlit et Tahoua, sachant que ces régions sont les plus exposées à la migration irrégulière. En
plus la perspective de création des bureaux régionaux, il y’a les bureaux départementaux et
communaux qui seront installés ultérieurement pour permettre à l’agence de couvrir
l’ensemble du territoire et d’être disponible pour les juridictions.
La CNDH effectue deux types de missions dans le cadre du contrôle de l’effectivité des droits
des migrants :
Préoccupée par le flux migratoire et les cas dramatiques d’atteinte aux droits à la vie et
à l’intégrité physique, la CNDH a mené (entre août et septembre 2016), une importante
34
Conformément à l’intégration dans la zone UEMOA, des postes de contrôle juxtaposés ont été créé. C’est le
cas du poste de contrôle juxtaposé de Malanville, à la frontière entre le Bénin et le Niger.
29
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Il ressort ainsi de cette mission qu’au nombre des principales violations des droits humains
vécues pendant le transit ou le séjour, la violence physique occupe la première place, suivie
des menaces, confiscation d’argent, rétention de salaire, privation ou restriction de liberté,
privation de nourriture et boisson, confiscation des documents, prostitution et violences
sexuelles. Au cours de cette même mission, le 24 août 2016, une délégation de la CNDH a
effectué une visite au niveau de deux « ghettos » abritant des migrants en transit à Agadez
pour l’Europe via la Libye. Il ressort de l’entretien avec ces migrants, les cas d’atteinte à la
liberté d’aller et venir ci-après :
A l’issu des investigations menées, un film documentaire a été conçu, réalisé et largement
diffusé par la CNDH-Niger pour alerter l’opinion et en particulier le gouvernement sur les cas
d’atteintes graves aux droits humains liés au phénomène migratoire.
30
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
35
Créé en 2009, le collectif Loujna Tounkaranké est un collectif pour la défense des droits des personnes
migrants au Maghreb et en Afrique de l’ouest. Il réunit des associations d’Algérie, de la Cote d’ivoire, du Mali,
du Maroc, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et de la Tunisie afin de combattre les violations des droits
humains des personnes migrantes.
36
Alternative Espace Citoyens (AEC) du Niger est le membre nigérien de la fédération Alternative International
(Alter Inter). C’est une société dont la mission est d’œuvrer à l’avènement d’une société fondée sur l’égalité des
droits humains et des sexes, soucieuse de la préservation de l’environnement et la promotion de la jeunesse, et
valorisant la solidarité entre les peuples.
37
L’Association Malienne des Expulsés (AME) est créée en 1996, elle rassemble des immigrés maliens
expulsés d’Angola, d’Arabie saoudite, de la France etc…
Son but est de favoriser l’entraide parmi les migrants et de pallier à l’absence d’aide institutionnelle et de soutien
politique de l’Etat malien vis-à-vis de ses ressortissants expulsés.
38
La maison des migrants est un espace de solidarité et de rencontre dédié à la question migratoire. Créée en
2006, par le père ANSELM (Tanzanien), la maison du migrant de Gao, essaie d’offrir quotidiennement un appui
de proximité aux migrants démunis en agissant comme médiateur auprès des pouvoirs publics. Elle constitue
aussi, en lien avec des partenaires d’autres régions du Mali, un vrai pôle de mise en réseau des acteurs
intervenants sur les migrations tant avec le sud maghrébin (Algérie, Maroc) qu’avec les pays subsahariens de la
sous-région (Niger, Mauritanie et Sénégal).
31
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
- documenter les violations dont font l’objet les migrants sur les routes de la CEDEAO
principalement sur l’axe Niamey-Gao ;
- recueillir le point de vu des autorités qui interviennent dans la mise en application du
protocole de la CEDEAO ;
- échanger avec les FDS et les migrants sur les facteurs qui entravent la libre
circulation.
- - contribuer à la mise au point d’une stratégie de plaidoyer à l’endroit des décideurs.
L’objet de l’enquête
Cette mission avait portée sur les tracasseries routières que subissent les migrants empruntant
le tronçon routier Niamey-Gao. Il s’était agi de recueillir et d’analyser les témoignages sur les
abus de pouvoirs en terme de tracasseries, arrestations, conditions de détestations et autres
formes de violences perpétrées par les forces de l’ordre et de sécurité sur ces migrants.
Le lieu de l’enquête
La zone géographique concernée par cette enquête avait été l’axe routier allant de Niamey à
Gao notamment le tronçonTillabéry- Gao via Yassane(Niger),Assongo(Mali) et Gaoqui est la
destination retenue, ce qui constitue deux postes frontaliers des deux côtés.
L’enquête s’est déroulée au niveau des postes frontaliers, dans les gares, au niveau des foyers
d’hébergement, des lieux dits « maison ou case du migrant ».
Les cibles directes sont les migrants et migrantes des villes de Gao et d’Ayorou relevant de
plusieurs nationalités notamment de l’espace communautaire CEDEAO. Les policiers et
douaniers qui sont les prétendus auteurs de ces tracasseries font également partie de la cible
directe.
Les cibles indirectes étaient constituées de personnes morales ou physiques qui peuvent
renseigner les enquêteurs sur les tracasseries dont les migrants sont victimes. Il s’agit des
responsables religieux et coutumiers, les membres des associations de défense des droits
32
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Cette enquête qui s’est déroulée du 17 au 27 juillet 2016 faisait suite à une formation dont
certains membres de la mission (CNDH) ont bénéficiée en mars de la même année à
Nouakchottsur la technique d’enquête.
33
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, en anglais global
compact on migration, dit pacte de Marrakech est un instrument international visant à
« couvrir toutes les dimensions de la migration internationale ». Il est formellement adopté le
11 décembre 2018 par l’assemblée générale des Nations Unies.
Appartenant à la catégorie du droit mou39 (soft low), ce pacte n’est pas juridiquement
contraignant mais, son apport n’est tout de même pas négligeable du fait même de la
formulation de ses principes directeurs, du caractère inclusif de son processus d’élaboration
qui a vu la vaste participation des INDH d’Afrique et de la CNDH du Niger en particulier
(section I) et de son apport pour la défense des droits des migrants (section II).
Section I : la contribution de la CNDH sur le Pacte mondiale pour des migrations sûres,
ordonnées et régulières
L’élaboration du pacte sur les migrations s’est faite selon un processus inclusif de
consultation et de négociation impliquant à la fois Etats, INDH et société civile, en plus des
communautés et les migrants eux-mêmes. A cet effet, en dehors du Conseil National des
Droits de l’Homme (INDH) du Maroc, qui a été choisi par le réseau des INDH d’Afrique pour
les représenter à Genève au processus d’adoption des deux pactes sur la migration et sur les
39
Le droit mou désigne les règles juridiques non contraignantes.
34
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
réfugiés, plusieurs autres rencontres ont été organisées entre les INDH entrant dans
l’élaboration du pacte.
A cet effet, une rencontre a été organisée à Niamey le 7 mai 2018 par le CNDH du Maroc en
collaboration avec le Réseau des Institutions Nationales Africaines des Droits de l’Homme
(RINADH). Cette rencontre a vue également la participation de plusieurs INDH et acteurs de
la société civile. Elle s’est tenue sous le thème « Rôle des INDH africaines dans le processus
de négociation menant à l’adoption du pacte mondial sur la migration ». Au cours de cet
événement, les discussions ont abordé entre autres les divers mécanismes africains pour traiter
de la question migratoire. Il s’agit notamment, des deux conventions africaines sur les
réfugiés et une autre sur les déplacés internes. Enfin, les participants estiment que ces
différentes dynamiques régionales doivent pouvoir s’articuler autour du processus du pacte
mondial.
Toutes ces rencontres visent pour les INDH à échanger sur les bonnes pratiques en matière
migratoire, à formuler des recommandations à l’endroit des Etats et de l’Union Africaine
(UA).Enfin, elles visent à développer une réflexion africaine et une position africaine40
commune sur la migration.
40
La position africaine commune dans l’élaboration du pacte vise à construire une nouvelle architecture sur la
gouvernance mondiale des migrations qui permet de régir décisivement, de gérer collectivement les questions
migratoires de manière globale et responsable sur la base du principe de la solidarité internationale. C’est dans ce
cadre que l’agenda africain sur la migration a été adopté pour articuler une vision des voies et moyens de traiter
la question de la migration sur le continent Africain.
35
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Ensuite, s’est tenue une deuxième réunion sur le suivi du pacte regroupant, toutes les INDH
du monde présentent à Marrakech. La CNDH du Niger a été représentée à ces évènements par
Monsieur MAMADOU BRAH Ali commissaire à la migration de la CNDH. A titre illustratif,
le rôle des INDH dans la mise en œuvre du pacteest énoncé à son objectif 17. Selon cet
objectif, les efforts pour la mise œuvre du pacte seront conduit par les Etats, en collaboration
avec la société civile et d’autres acteurs tel que les INDH, qui peuvent amener à élargissement
des possibilités de migrations sures, ordonnées et régulières. Ainsi, davantage de personnes
auront recours à des voies de migration officielles plutôt qu’à des méthodes clandestines et
dangereuse. La facilitation des migrations régulièresest un objectif fondamental du pacte.
Enfin, la résolution 70/ 163 adoptée par l’assemblée générale des nations unies en 2015 sur le
rôle des INDH dans les initiatives onusiennes, reconnait aux INDH une participation à toutes
les initiatives internationales les intéressant. Cette résolution souligne le rôle essentiel des
INDH dans le système onusien en général.
L’agenda africain pour la migration est un document qui vient mettre fin à la « fausse
perception » qui fait de l’Afrique, le synonyme de migration. En effet, selon ce document, les
africains ne représentent que 14% des 258 millions de migrants enregistrés dans le monde en
2017. De plus, les migrations africaines sont à 80% intra-africaines.
Ce document a été dirigé dans son élaboration par le Roi du Maroc à qui l’UA a confié cette
mission et le conseil marocain des droits de l’homme qui ont fournis les principes
36
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Créé par l’agenda africain pour la migration qui a été adopté lors du 32eme sommet de
l’UA, l’observatoire africain des migrations est une institution de l’UA. Son siège se trouve
au Maroc et sa création vise la maitrise des données statistiques en matière de migration en
Afrique. Il a aussi pour mission de fédérer les stratégies nationales des Etats africains et de
mieux interagir avec leurs partenaires étrangers.
Selon Nasser Bourita ministre marocain des affaires étrangères, l’observatoire se veut le début
même de la mise en œuvre du PMM. Il souligne par ailleurs, qu’une meilleure connaissance
de ce phénomène permettra une meilleure gestion de la migration. Enfin, il déclare que « cet
observatoire est d’une importance particulière parce que, toute la déformation de la migration
africaine vient du fait que l’Afrique ne maitrise pas encore ses statistiques sur la migration ni
ses études sur ce phénomène ». Ainsi, toutes les solutions à la migration viennent d’ailleurs et
viennent déformer et exagérer la réalité sur le terrain.
37
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
jours vise aussi à trouver des réponses pertinentes aux piliers essentiels des politiques
migratoires qui permettront de garantir le respect des droits des migrants au Niger.
Selon la vice-présidente de la CNDH, le choix de Maradi se justifie par le fait que la capitale
économique du Niger est reconnue de tout temps comme un centre de départ, de transit et
d’accueil des migrants. Cet atelier permet d’enrichir le débat et d’avoir un outil conséquent
qui permettra la prise en compte des droits humains dans la politique nationale de migration
au Niger.
Enfin, la tenue d’un troisième et dernier atelier à Niamey vient marquer la fin du processus
d’élaboration de ce document. Ce dernier contribuera dans la mise en œuvre du PMM et
garantira une meilleure protection des droits des migrants au Niger.
L’apport du pacte consiste en une protection indéniable énoncée dans ses principes
directeurs (Paragraphe I) mais aussi, dans la protection de tous les migrants y compris
clandestins (Paragraphe II).
38
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Les principes directeurs du pacte mettent l’accent sur deux aspects essentiels des
migrations. Premièrement, sur la considération des migrations comme une richesse pour
toutes les nations(I) et deuxièmement, sur la souveraineté nationale dans la gestion du
phénomène migratoire (II).
Dans ses idées maitresses ou encore ses principes directeurs, le texte indique qu’il
faut « créer des conditions favorables qui permettent à tous les migrants d’enrichir nos
sociétés grâce à leurs capacités humaines, économiques et sociales ». Par ce principe, le pacte
vise à promouvoir et à protéger l’image des migrants qui est mal perçue aux yeux du monde
et à faire de la migration un vecteur de développement.
« Les immigrés se tournent souvent dans les pays d’accueil vers les taches plus difficiles et
routinières que les natifs ne souhaitent pas exécuter », confirme El MouhoubMouhoub,
professeur à l’université Paris-Dauphine dans l’enquête annuelle des « besoins en main-
d’œuvre ». L’étude mobilise 1.6 million d’établissements interrogés sur les besoins en
recrutement et pointe des difficultés à embaucher dans des métiers tels qu’agents d’entretien
des locaux, aides à domicile ou ménagère, employés polyvalent de la restauration ou encore
ouvriers non qualifiés de l’emballage et manutentionnaires . Autant de secteurs d’activités et
de professions dans lesquels les immigrés sont surreprésentés. Natifs et immigrés ne sont
39
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
donc pas en concurrence « mais en complémentarité sur les types de postes et tâches
exécutées » conclut El Mouhoub Mouhoub.
La cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a rappelé à plusieurs reprises que ni sa
convention ni son protocole n°4 ne garantissent en soi un droit pour un étranger d’entrer ou de
résider dans un pays déterminé. Chaque arrêt de cette cour pose comme prémisse la
souveraineté de l’Etat, indiquant que « les Etats contractant ont le droit indéniable de
contrôler souverainement l’entrée et le séjour des étrangers sur leur territoire »41. Ce principe
est donc présenté comme une norme supérieure aux droits de l’homme et joue même lorsque
se trouve en cause le droit d’asile, rien n’oblige un Etat à accorder sa protection à un non
ressortissant de cet Etat. Toutefois, même si aucun texte international n’oblige les Etats à
laisser entrer et résider sur leur territoire quiconque n’est pas leur ressortissant, les restrictions
apportées à la liberté de circulation transfrontalière ne doivent pas aboutir à priver d’effet les
droits fondamentaux. Sauf, à violer les principes du droit international.
41
Au Niger, l’entrée et le séjour des étrangers sont réglementés par le décret n°87-076/PCMS/MI/MAE/C du 18
juin 1987 portant réglementation de l’entrée et du séjour des étrangers au Niger. Selon son article 2, tout étranger
doit pour pénétrer au Niger, être porteur d’un passeport national, d’un visa nigérien et également être porteur
d’un certificat de vaccination internationale. Pour le séjour, un permis de séjour est exigé.
40
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
La protection de tous les migrants sans distinction consacrée par le pacte sur les
migrations repose sur le principe de non régression (I) et les droits importants reconnus à tous
les migrants (II).
Quant ‘au principe de non-discrimination, il repose sur l’article 2 de la charte des Nations
Unis qui énonce le principe essentiel d’égalité et de non-discrimination auquel viennent
s’ajouter les disposition pertinence de la convention sur l’élimination de toutes les formes de
discriminations à l’égard de la femme notamment en son article 3 .
42
Objectif 4 du pacte sur les migrations qui dispose « Munir tous les migrants d’une preuve d’identité légale et
de papiers adéquats ».
41
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
notamment, les actes de mariage et de décès, afin de leur donner les moyens d’exercer
véritablement leurs droits de l’homme
Centré sur les droits de la personne, le pacte incite à respecter les droits fondamentaux
de chacun indépendamment, de son statut migratoire. C’est là un aspect soulevé par le
représentant de la Costa Rica à la conférence internationale pourl’adoption du pacte,
l’importance de « mettre un visage humain ». Ainsi, comme tout être humain, les migrants
bénéficient de tous les droits et libertés fondamentaux et inhérents à la nature humaine et font
l’objet de protection contre les pratiques tendant à porter atteinte à ces droits. Comme le
souligne le grand panafricaniste, Nelson Mandela « privé les migrants de leurs droits humains
revient à contester leur humanité » Ce sont donc tous les droits (économiques, sociaux et
culturels et les droits civils et politiques) reconnus à tous les êtres humains sans distinction.
La charte de l’ONU a pour sa part posé comme objectif aux Nations Unies de favoriser « le
respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous ».
Ainsi, le principe qui ressort du PMM est que « la jouissance des droits de l’homme,
puisqu’ils sont universels, doit être reconnue aux étrangers comme aux nationaux ».
Parmi les droits fondamentaux, on peut citer les droits qui ont le caractère le plus absolu
comme le droit de quitter son pays, le droit d’asile, la liberté individuelle, ainsi que les droits
théoriquement indérogeables que sont le droit de ne pas être soumis à des traitements
inhumains ou dégradants et le droit à la vie.
42
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
CONCLUSION
La migration est un phénomène aussi ancien que l’humanité. A titre de rappel, les
statistiques officielles évaluent le nombre total de migrants internationaux d’environ 150
millions de personnes en 2000 à 258 millions aujourd’hui, soit 3% de la population mondial,
dont 48% de femmes. La migration africaine représente quantà elle 14% du nombre total de
migrants dans le monde, dont 80% sont intra-africaines. Quant-au nombre de personnes
passant par le Niger, il était de 5500 à 7000 migrants par mois en 2013. Toutefois, ce chiffre a
connu une baisse dû à l’application de la loi n°2015-36 du 26 mai 2015 relative au trafic
illicite des migrants ; de l’ordonnance n°2010-86 du 16 décembre 2010 relative à la lutte
contre la traite des personnes et d’autre mesures prises par le gouvernement ainsi que les
partenaires au développement (politique de retour volontaire de l’OIM).
Au vu de ce qui précède, le rôle de la CNDH, tout au long de cette crise sociale, consiste
d’une part, à la promotion des droits des migrants à travers la participation à l’élaboration des
textes et la sensibilisation pour la connaissance de ces textes ainsi que leur respect. A titre
d’exemple il faut rappeler, la participation de la CNDH à l’élaboration du PMM et la
sensibilisation des Forces des Défense et de Sécurité lors de la journée commémorative pour
le respect du DIH. D’autre part, la protection des droit qui consiste à la réception des plaintes
ou à s’autosaisir en cas de violation grave et répétée des droits humains (exemple de la
déclaration pour dénoncer la vente aux enchères des migrants en Libye).
Enfin, il y’a le contrôle de l’effectivité qui se manifeste par des enquêtes et visites sur le
terrain qui peuvent être, sur le territoire national ou hors du territoire.
Cependant, le manque de ressources humaines, financières et logistiques est un défi auquel est
confronté la CNDH. Cette situation limite fortement ses capacités à s’acquitter de sa mission.
Afin de remplir efficacement sa mission, elle s’appuie sur des partenaires tels que, le
Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Union Européenne (UE),
l’Institut Danois des Droits Humains (IDDH) etc…., pour un besoin d’expertise, de fonds, ou
toute autre aide nécessaire à la réalisation de sa mission.
43
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
La CNDH, en tant que défenseur des droits des migrants est appeler à élargir son travail dans
le futur à fin, d’adopter une approche globale de la prévention des violations des droits des
migrants.
44
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
BIBLIOGRAPHIE
Article
Rapport
Rapport annuel de la CNDH sur l’état des droits humains au Niger, 2015-2016, page 26.
Cours
Mémoire
- CHAIBOU YACOUBA Falmata, « La protection des Droits des détenus dans les
prisons ; cas de la maison d’arrêt de Niamey », promotion 2016-2017, pages 1 et 9.
Textes
45
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
- La Convention sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des
membres de leurs familles du 22 janvier 1952 ;
- La Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) du 27 juin
1981 ;
- Le Traité de la CEDEAO signé en juillet 1993 ;
- Le Traité de l’UEMOA du 10 janvier 1994.
- La convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée signé
en décembre 2000 ;
- Le protocole additionnel contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer, adopté
par l’Assemblée générale de l’ONU et entré en vigueur le 28 janvier 2004 ;
- La Déclaration de New York pour les réfugiés et migrants du 19 septembre 2016 ;
- Le Pacte Mondial pour des Migrations sûres, ordonnées et régulières (PMM) de
décembre 2018.
Journal
Webographie
[Link]/fr, consulté le 29 juillet 2019 à 9h5 mn ; recherche sur les textes et initiatives
des Nations Unies sur les migrations.
[Link], consulté le 19 juin 2019 à 17h30 mn ; recherche sur les forums et activités
sur la migration au Niger.
46
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Décharge .................................................................................................................................. i
Remerciements ...................................................................................................................... iv
viii
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
INTRODUCTION ................................................................................................................ 17
Section I : la consécration et les mécanismes de promotion des droits des migrants ........... 20
II : les règles régionales et nationales de consécration des droits des migrants ................... 22
I : la réception des plaintes des migrants victimes de violation de leurs droits humains ..... 26
II : les missions de contrôle et d’évaluation de l’effectivité des droits des migrants ........... 29
Chapitre II : la contribution de la CNDH sur le pacte mondial pour des migrations sûres,
ordonnées et régulières (PPM) et l’apport du pacte dans la protection des migrants ........... 34
ix
Mémoire LP : DHAH 2017-2018
Section I : la contribution de la CNDH sur le Pacte mondiale pour des migrations sûres,
ordonnées et régulières ......................................................................................................... 34
Paragraphe II : la protection des droits des migrants prévue par le pacte ............................ 41
CONCLUSION .................................................................................................................... 43