Les Jardins Disparus Du Château Royal À Blois
Les Jardins Disparus Du Château Royal À Blois
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les savoirs
LES JARDINS DISPARUS DU CHÂTEAU ROYAL DE BLOIS : PROBLÉMATIQUE ET ENJEU
de médiation capables de transmettre la être fortement ancrée dans le paysage urbain. De cette originalité, ENJEU :
les urbanistes et paysagistes constatent un château souvent mal CONCILIER HISTORIQUE ET CONTEMPORAIN
connaissance au plus grand nombre. Ainsi, relié à sa ville aussi bien visuellement que physiquement. L’étude
la mémoire de la ville devient une source de de son histoire permet de comprendre pourquoi : au IXe siècle, la Au fil du temps, en suivant l’évolution des représentations sociales de Comment redonner lisibilité et cohérence à des sites dont le
forteresse des comtes est bâtie sur un éperon rocheux, permettant la nature, les pratiques et les attentes des usagers ont changé, ainsi jardin n’était que l’un des éléments – certes le plus important,
croissance durable et innovante pour bâtir ainsi au seigneur d’affirmer sa domination sur le fief. Par la suite, que les contextes territoriaux ou urbains dans lesquels les jardins du mais en constante interrelation avec tous les autres (une grande
l’avenir. l’édification des fortifications castrales renforce la séparation passé ont été aménagés. perspective, des bois, des bâtiments...), alors que ceux-ci ont fait
visuelle entre le château et la ville. Le seul accès de communication Comment sauvegarder l’identité d’un site, qui témoigne d’une époque l’objet d’aménagements nouveaux, de plan de lotissement ou de
La collection « Focus sur ma ville » a été entre les deux entités est alors la porte des Jacobins (simple passage et d’un imaginaire de la nature révolus, tout en continuant son transformation radicale ?
histoire ? Comment adapter un jardin historique aux transformations
conçue pour répondre à ces besoins et pour en degrés creusé dans la roche). L’entrée principale du château se
et aux enjeux contemporains (attractivité touristique, contraintes Autant de questions auxquelles les équipes de spécialistes qui
situe en dehors de la ville, côté nord, aujourd’hui rue de la Voûte.
garantir la transmission d’une mémoire Les aménagements successifs des abords du château ont brouillé économiques, développement durable des territoires, mise en place s’attachent à la réhabilitation de ces espaces doivent se confronter.
des infrastructures) ? Et jusqu’à quel point est-il nécessaire, dans une Pour ces raisons, les recherches sur le site, sur son histoire, permettent
collective aux générations futures. la lecture homogène du site. L’exemple le plus flagrant est celui
démarche de projet de restauration ou de réhabilitation, de prendre d’adopter une démarche de projet qui justifie les choix.
des jardins royaux. Aujourd’hui réduits, ils sont un espace difficile à
appréhender et à s’approprier. en compte ces enjeux ?
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1498 1515 1547
“Tout avait été fait en forçant la nature, puisqu’on avait aplani une colline pour créer ce jardin” Stazio Gadio
Plan des jardins au XVIe siècle
En 1499, Louis XII entreprend la création des jardins pour son château de Blois. Il charge Pacello Mercagliano XIIe XIIIe XVe Début XVIe
de le concevoir à partir de terrains accidentés situés en dehors de l’enceinte. Pour contourner le problème
du dénivellement, le jardinier prévoit des plates-formes de grandes dimensions maintenues par des murs 1 Galerie des Cerfs
2 Fontaine
de soutènement. L’espace se divise en trois parties : le jardin de la Bretonnerie (dit de la Reine), le jardin
3 L’Orangerie
bas (dit du Roi) et le jardin haut (connu sous le nom de jardin des Lices au XIXe siècle). Ce dernier ne fait
4 Le Pavillon Anne de Bretagne
pas partie du projet initial et devient seulement en 1576 un parc dédié à la chasse. Vue du château fin XVIe siècle 5
Jacques Androuet du Cerceau 5 Les jeux de paume
2 5
LES JARDINS, ENTRE TRADITION directement le jardin bas au château. Elle vaux où la fontaine tient un rôle important. majeur des jardins. Loin d’être un pavillon A
4 3
MÉDIÉVALE ET INNOVATIONS enjambe le fossé et rejoint une galerie de Si l’eau est essentielle pour la production d’agrément, sa destination cultuelle est
DE LA RENAISSANCE charpente, située à mi-pente, qui tourne à de fruits et de légumes auxquels une grande évidente et son rôle bien plus important
Les jardins du château de Blois s’inscrivent angle droit pour aboutir à un pavillon carré, partie du jardin est encore consacrée dans la qu’une simple fabrique. Malgré son B C
dans la tradition des jardins médiévaux au sud du jardin bas. La galerie des Cerfs joue tradition médiévale, la fontaine devient à la originalité, il n’est pas une création issue de
monastiques dits d’Hortus Conclusus. Ces un rôle essentiel en établissant un accès privé Renaissance un objet de luxe. la Renaissance italienne, mais relève encore L’Ar
rou
clôtures internes divisent l’espace en du logis aux jardins. de la conception médiévale.
compartiments que sont les terrasses. Le L’ORANGERIE 3 1 Porte Côté
dispositif contribue largement à interrompre LES PARTERRES De l’Italie, les Français ont rapporté LES JEUX DE PAUME 5
les perspectives, l’un des principes Au XVIe siècle, on parle plutôt de “quarreaux” et l’ambiance exotique des agrumes. Pour ce Le jeu de paume est généralement considéré
fondamentaux des jardins de la Renaissance. non de “parterres”. Il s’agit de compartiments faire, on construit à Blois une orangerie. comme l’ancêtre de tous les sports de
De même, si des allées sous berceaux relient en rectangle ou en carré, aux dessins réguliers Particulièrement novatrice, l’orangerie de raquette. Initialement joué à mains nues
les différents espaces du jardin, elles ne sont typiques du modèle italien. Le terme de Blois est la plus ancienne attestée en France. ou gantées de cuir, c’est au XVIe siècle que
pas conçues pour offrir des perspectives sur parterre apparaît plus tard en France à la fin l’utilisation de la raquette se généralise.
le château. En revanche, pour la première fois du XVIe siècle. Il désigne un dessin particulier LE PAVILLON ANNE DE BRETAGNE 4 L’époque correspond également à l’âge d’or
en France, la construction de la façade des des jardins, notamment les broderies et La fonction du pavillon dit d’Anne de Bretagne, du jeu de paume en France.
Loges par François Ier en 1515 permet de jouir ornements imitant par leurs enroulements principal vestige des jardins du château, n’a Les jeux de paume de Blois ont été construits A Jardin Haut
d’une belle vue sur les jardins. des feuillages à l’antique. pas révélé aujourd’hui tous ses mystères. en même temps que les jardins. L’un d’eux
Porte des Jacobins N
Depuis le XVIIe siècle, de rares études n’ont fut considéré comme le plus grand de B Jardin Bas
LA GALERIE DES CERFS 1 L’USAGE DE L’EAU 2 pu lui attribuer un rôle précis, soulignant France. Ses dimensions sont estimées à une
C Jardin de la Bretonnerie 0 30 m
La galerie doit son nom aux trophées de Le réseau hydraulique dans les jardins de principalement son rôle décoratif. Il est cinquantaine de mètres de longueur et à une
chasse qui ornent ses parois. Elle relie Blois est conforme à celui des jardins médié- cependant certain qu’il est un élément vingtaine de mètres pour la largeur.
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FRANÇOIS II
1547 1559 1574 1589 1610 1643 1715
LES JARDINS
À LA FIN DU XVIe SIÈCLE RÈGNE DE HENRI II RÈGNE DE CHARLES IX RÈGNE DE HENRI III RÈGNE DE HENRI IV RÈGNE DE LOUIS XIII RÈGNE DE LOUIS XIV
hydraulique et construction d’un logis neuf un parc dédié à la chasse mur de soutènement du jardin haut
“Près du château est le jardin, séparé en deux parties haute et basse. Monsieur, frère du roi l’a enrichi de plusieurs simples rares [...] et a logé les antiques de marbre, bronze et autres de la galerie de l’aile droite, longue de 300 pas
et bâtie par Henri IV, avec plusieurs tableaux et pièces curieuses, recouvrées des pays plus éloignés. Hors du jardin se voient plusieurs allées et rang d’arbres jusqu’à la forêt qui est à demi-lieue de là.” Claude de Varennes, 1639
terminée. Néanmoins, les aménagements se poursuivent sous les règnes suivants. Les grands projets XIIe XIIIe XVe Début XVIe
disparaissent avec la mort du roi Henri IV en 1610 et les jardins sont progressivement abandonnés. Ils Fin XVIe XVIIe
retrouvent de leur éclat avec l’arrivée de Gaston d’Orléans, frère du roi Louis XIII et héritier du trône.
Mais lorsqu’en 1638 le dauphin, futur Louis XIV, voit le jour, les prétentions royales de Gaston d’Orléans
s’évanouissent et avec elles son grand dessein pour Blois. 2 1 Le logis neuf
2 Les Allées
L’AMÉNAGEMENT DU JARDIN HAUT A jardins avec un parc. Il fait aménager la forêt château et donc à la ville. L’élément fortifié DES NOUVEAUX JARDINS 3 L’Éperon
Sous les règnes de Louis XII et François Ier, le de Blois en y traçant des routes et pense la serait construit entre 1570 et 1597. POUR UN NOUVEAU CHÂTEAU 5 A 4
4 La Galerie Henri IV
jardin haut a pour fonction d’être une zone réunir au château par une longue allée. Gaston d’Orléans n’est point intéressé par
5 Nouveaux jardins
tampon entre le monde sauvage de la forêt Le chemin créé, connu dès le XVIIe siècle LA GALERIE HENRI IV 4 les anciens jardins. Il souhaite d’ailleurs, à la
et celui de la nature domestiquée des jardins. sous le nom des “allées”, s’étend en droite Le roi Henri IV projette un grand dessein place du château, édifier un nouveau palais B C
De fait, les derniers Valois profitent de cet ligne de l’entrée de la forêt jusqu’à l’angle architectural à Blois, semblable à celui qu’il dans le goût du classicisme. L’architecte
espace vierge pour entreprendre des projets. ouest du jardin haut. Un tel positionnement entreprend pour son palais du Louvre. Il François Mansart propose, en accord avec
1 L’Ar
Henri II aménage des allées couvertes et du bâtiment permet d’introduire un jeu de commande, entre autres, un nouveau logis son projet architectural, une grande terrasse rou
tente l’installation d’un réseau hydraulique. symétrie et de miroirs entre architecture au fond de la cour du château. Celui-ci aurait devant la nouvelle façade ouest. Pour cela, 3
Porte Côté
La construction d’un “logis neuf” 1 e s t et jardin, cher au principes paysagers du été raccordé à une galerie enjambant le fossé, il envisage une sorte de jardin suspendu à
lancée mais on ne connaît pas avec XVIIe siècle. elle-même reliée à une autre galerie située à la la française franchissant les anciens fossés
exactitude la date de réalisation ni même jonction des jardins hauts et bas. Mais en 1598, du château. Les travaux commencent par la 5
son commanditaire (Charles IX ou Catherine L’ÉPERON 3 Henri IV ordonne uniquement la construction destruction en partie de la Galerie des Cerfs
de Médicis ?). Néanmoins, l’existence de ce Les dernières années du règne d’Henri III de la galerie adossée au mur de soutènement et de quelques hôtels particuliers ainsi que
logis est attestée par la seule représentation sont marquées à Blois par des préoccupa- du jardin haut. Les contemporains de l’époque de l’aménagement de nouvelles terrasses sur
qu’en donne Androuet du Cerceau et par des tions défensives, visant à protéger le châ- vantent la qualité architecturale de l’édifice. l’éperon bâti par Henri III. Mais la naissance
sondages archéologiques effectués en 1924 teau. Les attaques des Huguenots sur la ville Les historiens de l’art supposent l’intervention du dauphin en 1638, le futur Louis XIV, met A Jardin Haut
et en 1986. furent aisées grâce à la brèche dans le dispo- d’un artiste de l’entourage royal, mais le nom un terme aux financements et donc aux N
sitif militaire que constituent les jardins. de l’architecte nous est inconnu. chantiers. Cependant, Gaston d’Orléans B Jardin Bas Porte des Jacobins
LES ALLÉES 2 Un éperon de plan bastionné est donc édifié Plus tard, Gaston d’Orléans use de la galerie poursuit l’embellissement du jardin haut
C Jardin de la Bretonnerie
François II, malgré la courte durée de son à l’angle sud-est des jardins bas, devant la d’Henri IV comme lieu d’expositions pour sa avec l’installation d’un exceptionnel jardin 0 30 m
règne (1 an), souhaite compléter l’œuvre des galerie des cerfs afin de protéger l’accès au collection d’antiques. botanique rivalisant avec celui de Paris.
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SECONDE MONARCHIE SECONDE 1934
1re RÉPUBLIQUE DIRECTOIRE CONSULAT RESTAURATION DE JUILLET RÉPUBLIQUE La Diane chasseresse d’Anna Huntington
1715 1774 1792 1795 1799 1804 1815 1830 1848 1851 1870 à l’enclos des Lices 1945
LES JARDINS RÈGNE DE LOUIS XV RÈGNE DE LOUIS XVI SECOND EMPIRE TROISIÈME RÉPUBLIQUE
DU XVIIIe SIÈCLE
JUSQU’ AU XXe SIÈCLE 1789
Révolution française
1793
Division
1800
Début des
travaux de
1er EMPIRE 1840
Raccordement entre la
1850
Création du square
1889
Début de la restauration
1908
Construction de la gare de
des jardins place Victor-Hugo et Victor-Hugo du pavillon Anne de Bretagne tramway - Jardin des Lices
l’actuelle avenue l’avenue Jean-Laigret
Jean-Laigret
“Le jardin de Blois mérite l’attention des amateurs de l’histoire naturelle, non à cause de son agrément actuel, car il est déplorablement dévasté [...]” Aubin-Louis Millin, 1808
Blois bénéficie pour la dernière fois d’une présence royale en 1668 avec le court séjour de Louis XIV. L’adminis-
Plan des jardins au XVIIIe siècle
tration du château et des jardins est confiée à des gouverneurs, qui bien souvent n’y résident pas. Les jardins ne
tardent pas à décliner. Les jardiniers usent de leur privilège et exploitent la terre pour leur propre compte. De plus, LES PROJETS DU JARDIN DES LICES 4 XIIe XIIIe XVe Début XVIe
Avec l’extension de la ville et la construction
l’administration des Bâtiments dispose de très peu de budget pour maintenir en état les bâtiments et réalise de la gare sur le plateau, le jardin haut perd
Fin XVIe XVIIe
uniquement de petits travaux d’entretien. Après 1789, les jardins deviennent biens nationaux et sont loués à des son rôle de frontière entre les deux mondes
particuliers. À partir de 1793, la municipalité exprime son souhait d’acquérir ces terrains vierges de construction de la nature sauvage et celle domestiquée.
La redéfinition de cet espace, qui fonctionne Av 1 Pavillon Anne de Bretagne
et à proximité immédiate de la ville. Mais les jardins sont parcelés et vendus séparément. Les différents projets en principe dans un ensemble, paraît difficile
en
ue
Je 2 Avenue Jean-Laigret
d’aménagement voient le jour au XIXe siècle et gomment définitivement l’aspect originel des jardins royaux. dès le XIXe siècle. an
-La
5 ig 3 Place Victor-Hugo
Tout d’abord perçu comme un terrain vierge re
C’est seulement en 1889 que la Ville obtient la constituaient les allées. Le chantier commence qu’il faut combler, différents projets se Rte de Château-Renault t 6
LES MONUMENTS DISPARUS 2 4 Jardin des Lices
De manière générale, tous les berceaux restitution du Pavillon Anne-de-Bretagne et en 1800. Cette nouvelle avenue coupe en succèdent pour finalement, en 1908, choisir 1 8 5 Square Pasteur
de charpente disparaissent dès la fin décide sa restauration. Celle-ci fut conduite diagonale les jardins du château, dans l’axe la construction de la gare de tramway. Le
du XVIIe siècle. Seule la galerie couverte, sous la responsabilité de l’architecte Anatole des allées à la future place Victor-Hugo. Ce classement du site en 1910 participe à la
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menant du Pavillon Anne-de-Bretagne vers de Baudot. Si les travaux effectués ont le raccordement ne fut effectif qu’en 1840. prise de conscience de la part des architectes
ce qui reste de la Galerie des Cerfs, subsiste mérite de donner un nouveau souffle au de la dimension historique de l’espace. 3
jusqu’au XIXe siècle. bâtiment, ils ont également l’inconvénient DE PART ET D’AUTRE Par exemple, Arsène Lafargue propose
aujourd’hui de rendre difficile la DE L’AVENUE JEAN-LAIGRET d’installer une scène de spectacle et de L’Ar
Le pavillon de charpente, situé au centre du rou
Porte Côté
jardin bas, s’effondre et brise dans sa chute la compréhension de l’architecture originelle Au nord de l’avenue, sur la partie haute, les par- concert au milieu des jardins reconstitués.
magnifique fontaine du XVIe siècle. Quelques du pavillon. Anatole de Baudot modifie celles sont affectées à des particuliers tandis La construction de la gare sur le plateau
bâtiments sont également totalement plusieurs ouvertures, supprime des axes de que la partie basse est réservée à l’implantation déplace la porte d’entrée de la ville des
démantelés : le logis neuf dans le jardin haut, circulation et fait parfois des interprétations de l’usine de chaussures Rousset 6 . Au sud bords de Loire vers cette partie haute de
la galerie Henri IV et le jeu de paume pour dans les restitutions du décor ornemental. de l’avenue, on note l’installation en 1819 de la ville auparavant occupée par les allées
le jardin bas. Le réseau hydraulique, non l’école des Frères de la doctrine chrétienne et donnant sur les jardins. L’architecte Renou
entretenu, devient obsolète et ne fonctionne LE PERCEMENT DE L’AVENUE en 1906 de l’école Victor-Hugo 7 . soumet, en 1908, la création d’un jardin
plus. L’esthétisme des allées décline : la VICTOR-HUGO, AUJOURD’HUI public afin d’embellir l’entrée de Blois pour
moitié des arbres sont morts et les buissons AVENUE JEAN-LAIGRET 2 LA PLACE VICTOR-HUGO 3 les touristes. Mais il ne fut jamais réalisé 4
6 Usine Rousset
Si les jardins sont parcelés et vendus à des La place Victor-Hugo correspond à un terrain dans son ensemble.
N
envahissent le terrain. 7 École Victor-Hugo Porte des Jacobins
particuliers, la commune souhaite dès 1794 vague situé entre le château, l’église des C’est seulement en 1932 qu’une petite 8 Église Saint-Vincent
LE PAVILLON ANNE-DE-BRETAGNE 1 engager des travaux pour créer un nouvel axe Jésuites (actuelle Saint-Vincent) et la Porte- portion de cet espace est aménagée et
0 30 m
Suite à la Révolution, L’orangerie et le de communication vers la forêt permettant Côté. En 1845, son périmètre est fixé et en reçoit en 1934 la Diane chasseresse d’Anna Axes routiers actuels
pavillon deviennent des magasins militaires. ainsi de remplacer la promenade perdue que 1850, un square y est créé. Huntington Hyatt.
8 9
1945 1958 AUJOURD’HUI
“Un jardin historique est une composition architecturale et végétale qui, du point de vue de l’histoire ou de l’art, présente un intérêt public. Comme tel, il est considéré comme un monument”
Définition de la charte des jardins historiques, Florence, 1981
Tout au long des XIXe et le XXe siècles, la restitution des jardins royaux est très peu évoquée. Après 1950, à
la place de la gare de tramway, les serres municipales sont installées sur le jardin des Lices. Les années
90 sont marquées par l’aménagement d’un parking souterrain sous le jardin des Lices mais également
par le projet du paysagiste Gilles Clément. Celui-ci pose la question de la restitution du jardin historique
dans un espace où il ne reste plus rien. Au fur et à mesure de son travail, il prend conscience de la nécessité
de la mise en place d’un projet prenant en compte la totalité de l’espace. En effet, les aléas de l’histoire
ont profondément modifié la structure des jardins et ont pour conséquence une appréhension difficile
des aménagements urbains qui parfois se juxtaposent et en brouillent la lecture. Le projet est réalisé
en partie et le jardin de Gilles Clément se limite à l’emprise du parking sous-terrain et est mitoyen de
l’ancienne école Victor-Hugo.
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BLOIS APPARTIENT AU RÉSEAU NATIONAL
DES VILLES ET PAYS D’ART ET D’HISTOIRE
Le ministère de la Culture et de la Communication, direction générale des patrimoines,
attribue l’appellation Ville et Pays d’art et d’histoire aux collectivités locales qui animent
leur patrimoine. Il garantit la compétence des guides-conférenciers et des animateurs du
patrimoine et la qualité de leurs actions. Des vestiges antiques à l’architecture du XXIe siècle,
les villes et les pays mettent en scène le patrimoine dans sa diversité. Aujourd’hui, un
réseau de 183 Villes et Pays d’art et d’histoire vous offre son savoir-faire en métropole et
outre-mer.
À PROXIMITÉ
Vendôme, Bourges, Chinon, Loches, Tours, Orléans, le Pays Loire Val d’Aubois, le Pays Loire
Touraine et le Pays de la Vallée du Cher et du Romorantinais bénéficient de l’appellation
Ville et Pays d’art et d’histoire.
RÉDACTION et CONCEPTION : Emmanuelle Plumet, responsable du service Ville d’art et d’histoire de Blois.
REMERCIEMENTS à Bruno Guignard, Élisabeth Latremolière, Noëlle Lizé et Bruno Marmiroli pour leurs relectures
et leur partage des connaissances sur le sujet ; à François Lafabrié et Élodie Taupin pour leur aide dans la
recherche des sources documentaires.
Copyright : Collection Musée des Beaux-arts du Château royal de Blois, Jean-Philippe Thilbault, Daniel Lépissier
Plans réalisés par l’agence creaxis d’après les plans du service de l’Inventaire général du Patrimoine de la région
Centre-Val de Loire et ceux établis par Frédéric Lesueur.
MISE EN PAGE : creaxis d’après la charte graphique de Des Signes
IMPRESSION : Numeri’scann 37