Amorce + Intro + Plan potentiel :
- Élève brillant, grand lecteur, Rimbaud est en apparence un enfant modèle.
Cependant, cette docilité de façade cache un esprit révolté. Élevé avec rigueur par
sa mère pieuse, le jeune adolescent ne supporte ni cet enfermement éducatif ni celui
géographique dans sa ville : “Charleville”. Ce poète est à l'image même de ‘“l'homme
au semelles de verts”, en effet pour lui le voyage est un espace d’émancipation.
C’est a ce propos que Sylvain Tesson affirme “ Rimbaud est un barbare. Son but :
détruire l’ordre classique et sur les ruines du temple, bâtir du nouveau.”, en effet son
recueil publié en 1870, Cahiers de Douai se retrouve au cœur de cet
affranchissement cependant Rimbaud n'effectue pas de rupture franche avec les
traditions. [Problématique] [Présentation des axes].
- Dans un premier temps, nous montrerons [...] . Pourtant, nous serons amenés dans
un deuxième temps, à envisager [...].
Émancipation politique :
- Dès l’été 1870, Arthur Rimbaud amorce un processus d’émancipation politique à
travers ses écrits. Il s’affranchit des discours dominants de son époque et forge une
pensée critique qui rejette les illusions patriotiques et la propagande impériale. Dans
une lettre à Georges Izambard (25 août 1870), il dénonce avec virulence le «
patrouillotisme », terme moqueur pour désigner le patriotisme aveugle, et critique
l’indigence de l’armement de la garde nationale républicaine. Cet acte marque une
rupture avec le consensus patriotique ambiant et témoigne d’un esprit contestataire
en pleine affirmation.
- Cette révolte prend une forme plus aboutie dans ses poèmes, où Rimbaud
déconstruit les discours officiels pour affirmer sa propre vision du monde. Par
exemple, L’Éclatante victoire de Sarrebrück illustre son rejet de la propagande
bonapartiste. Le titre annonce un triomphe, mais le sous-titre « Vive l’Empereur ! »,
que des critiques comme M. Ascione et J.-P. Chambon ont interprété dans son sens
argotique (« je m’en moque »), transforme la célébration en sarcasme. Ce rejet
ironique se poursuit au vers 11 avec une question désinvolte, « De quoi ? », qui
discrédite la prétendue grandeur impériale.
- Dans Morts de quatre-vingt-douze, Rimbaud s’émancipe davantage en confrontant
les contradictions des bonapartistes. En citant en épigraphe un appel au patriotisme
de Paul de Cassagnac publié dans Le Pays, il met en lumière l’hypocrisie d’un
régime impérial qui invoque les idéaux républicains de 1792 pour sa propre survie,
alors qu’il s’est historiquement opposé à ces valeurs. Rimbaud se distancie de ce
discours par une ironie mordante : « Ces Messieurs de Cassagnac nous reparlent de
vous ! ».
- Cette évolution témoigne d’une émancipation politique progressive : Rimbaud
s’affranchit des modèles patriotiques et impérialistes imposés pour forger un discours
autonome et engagé. Par sa poésie et ses écrits, il s’impose comme une voix
dissidente, dénonçant non seulement les abus du pouvoir, mais aussi les injustices
sociales dont les plus démunis sont les victimes sous le Second Empire.
Émancipation poétique / linguistique :
- L’écriture d’Arthur Rimbaud est avant tout marquée par une volonté d’émancipation
totale, aussi bien poétique que linguistique. Dès ses premiers poèmes, il brise les
normes littéraires établies, refusant les contraintes classiques et forgeant une langue
nouvelle, audacieuse et personnelle. Cette libération s’exprime par l’usage d’une
pluralité de registres rarement conciliés dans la poésie traditionnelle : régionalismes,
argot, familiarités, oralité, voire grossièretés, se mêlent à des références
mythologiques, des tournures archaïques et des élans lyriques. Ce mélange, qui
crée une impression d’hybridité, reflète une démarche consciente de rupture avec
l’héritage poétique. Jean-Baptiste Baronian parle d’ailleurs d’un effort pour «
démanteler et désacraliser l’art d’écrire ».
- Rimbaud s’affranchit également des unités de ton et de style imposées par les
conventions classiques. Dans Le Forgeron, il donne la parole au peuple de manière
brute et directe : « Le Peuple n’est plus une Putain. », « Merde à ces chiens-là ! ».
Ce rejet des normes académiques transparaît aussi dans sa syntaxe, qui se fait
volontairement dissonante, ou dans des apostrophes surprenantes telles que : «
Sire, tu sais bien… » et « Monsieur, nous chantions tra la la. » Ces choix traduisent
une volonté de créer une poésie ouverte à toutes les voix, une langue à la fois
universelle et subversive.
- Ces choix stylistiques anticonformistes constituent une véritable libération de la
langue poétique. Ils reflètent un refus de soumettre l’art à des règles figées, tout en
affirmant la volonté de Rimbaud de réinventer la poésie comme un espace de liberté
totale.
Émancipation personnelle :