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[Link] POLYTECHNIQUE D’ORAN
DEPARTEMENT DE GENIE CIVIL
MODULE : TOPOGRAPHIE
CHAPITRE 7 : NIVELLEMENT DIRECT ORDINAIRE
7.1. PRINCIPE :
Le nivellement direct, encore appelé nivellement géométrique, consiste à déterminer la dénivelée
ΔHAB entre les deux points A et B (figure 7.1) à l’aide d’un niveau, instrument définissant un plan
horizontal de visée (optique de visée tournant autour d’un axe verticale, il définit donc un plan de
visée horizontale), et d’une mire placée successivement sur chaque point.
Figure 7.1. Égalité des portées.
Les lectures directes LA et LB donnent la mesure directe de la dénivelée : ΔHAB= mA – mB.
mA : La lecture sur la mire posée sur le point A
mB. : La lecture sur la mire posée sur le point B
La portée, distance horizontale du niveau à la mire, varie suivant la pente mais n’excède guère 60
m ; dans la mesure du possible l’opérateur place le niveau à peu près à égale distance de A et B,
cette égalité des portées n’impliquant pas du tout l’alignement en plan sur le segment AB mais
seulement le positionnement sur sa médiatrice.
Cette dénivelée est une valeur algébrique dont le signe indique si B est plus haut ou plus bas que
A (si ΔHAB est négative alors B est plus bas que A).
L’altitude HA d’un point A est la distance comptée suivant la verticale qui le sépare du
géoïde (surface de niveau 0). Si l’altitude du point A est connue, on peut en déduire celle du point
B par :
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Si la configuration du terrain interdit la station de niveau entre A et B, cours d’eau par exemple,
stationner à quelques mètres derrière A dans le prolongement de BA (figure 7.2), puis derrière B
et opérer par visées réciproques :
– visée directe : ΔHAB = mA1 – mB1;
– visée inverse : ΔHAB = mA2 – mB2.
Figure 7.2. Visées réciproques en nivellement direct.
7.2. Niveaux et mires
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Figure 7.3. Niveau-
Le niveau est schématiquement constitué d’une optique de visée (lunette d’axe optique (O))
tournant autour d’un axe vertical (appelé axe principal (P)) qui lui est perpendiculaire (fig. 7.3.).
Le réglage de la verticalité de l’axe principal est fait au moyen d’une nivelle sphérique. L’axe
optique tournant autour de l’axe principal décrit donc un plan
horizontal passant par le centre optique du niveau qui est l’intersection des axes (P) et (O).
L’emploi du niveau est simple :
– mettre le trépied en station en estimant l’horizontalité de sa tête, puis caler le
pivot vertical à l’aide de la nivelle sphérique et du dispositif de calage (Le calage
de la nivelle sphérique se fait au moyen des vis calantes, comme indiqué sur
la figure 7.4.) ;
– pointer le trait vertical du réticule sur l’axe de la mire avec le pivotement et la vis
de fin pointé ;
– caler la bulle de la nivelle torique ;
– faire la lecture sur la mire, estimée au millimètre.
Un niveau-cercle est muni d’un goniomètre horizontal simplifié qui permet de
mesurer des angles horizontaux avec une précision réduite.
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Fig.7.4. : Calage de la nivelle sphérique
***Lectures sur mire :
La mire est une échelle linéaire qui doit être tenue verticalement (elle comporte une nivelle
sphérique). La précision de sa graduation et de son maintien en position verticale influent
fortement sur la précision de la dénivelée mesurée.
Le réticule d’un niveau est généralement constitué de quatre fils (figure7.5):
---le fil stadimétrique supérieur (s´), qui donne une lecture m1 sur la mire ;
--- le fil stadimétrique inférieur (s), qui donne la lecture m2 sur la mire ;
--- le fil niveleur (n), qui donne la lecture m sur la mire ;
--- le fil vertical (v), qui permet le pointé de la mire ou d’un objet.
La lecture sur chaque fil est estimée visuellement au millimètre près (6,64 dm sur la figure 7.5.,
fil niveleur). Les fils stadimétriques permettent d’obtenir une valeur approchée de la portée . Pour
chaque lecture, il est judicieux de lire les trois fils horizontaux de manière à éviter les fautes de
lecture: on vérifie en effet, directement sur
le terrain, que :
Par exemple, figure 7.5. : 6,64 dm (5,69 + 7,60)/2.
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Par exemple, figure 7.5. : 6,64 dm (5,69 + 7,60)/2.
7.3. NIVELLEMENT
Lorsque les points A et B sont situés de sorte qu’une seule station du niveau ne suffit pas à
déterminer leur dénivelée (éloignement, masque, dénivelée trop importante, etc.), il faut
décomposer la dénivelée totale en dénivelées élémentaires à l’aide de points intermédiaires
(I1, I2, ..., voir fig. 7.5.). L’ensemble de ces décompositions est appelé nivellement par
Cheminement
Un cheminement encadré part d’un « point origine » connu en altitude, passe par un
Certain nombre de points intermédiaires et se referme sur un « point extrémité » différent
du point d’origine et également connu en altitude. .( la forme géométrique du cheminement dans la
plan horizontale n’a aucune importance )
Lorsque l’on cherche à déterminer l’altitude d’un point extrémité B à partir de celle
connue d’un repère A, on effectue généralement un cheminement aller-retour de A vers
A en passant par B. Ceci permet de calculer l’altitude de B et de vérifier la validité des
mesures en retrouvant l’altitude de A.
Lorsqu’un cheminement constitue une boucle retournant à son point de départ A, on
l’appelle cheminement fermé. Il est très employé pour les raisons suivantes :
---il permet la détermination des altitudes même quand on ne connaît qu’un seul repère ;
---il est possible de calculer un tel cheminement en affectant une altitude arbitraire à un point de
départ fixe et durable ; une simple translation permettra de passer des altitudes de ce système
local aux altitudes vraies ;
---il permet un contrôle de fermeture qui est indépendant de la précision de connaissance De
l’altitude du point de référence.
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Fig.7-5. : Cheminement de nivellement
7-3-1- Pratique du nivellement par cheminement :
Un nivellement par cheminement s’effectue par les opérations suivantes :
la mire étant sur le point origine A, l’opérateur stationne le niveau en S1 dont il détermine
l’éloignement en comptant le nombre de pas séparant A de S1, de manière à ne pas
dépasser la portée maximale de 60 m. L’opérateur fait une lecture arrière, c’est-à-dire
dans le sens de parcours choisi, sur le point A, notée mar A ;
Le porte-mire se déplace pour venir sur le premier point intermédiaire I1 . il détermine
l’éloignement en comptant lui-même le nombre de pas séparant A de S1 afin de pouvoir
reproduire ce nombre de pas de S1 à I1 ;
Toujours stationné en S1, l’opérateur lit sur la mire la lecture avant sur Il notée mav I1 ; il
est alors possible de calculer la dénivelée de A à I1 de la manière suivante :
H1 = mar A– mav I1 = lecture arrière sur A – lecture avant sur I1.
L’opérateur doit lire les fils stadimétriques et vérifier que m= (m1 + m2)/2
L’opérateur se déplace pour choisir une station S2 et ainsi de suite ;
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La dénivelée totale HAB de A vers B est égale à la somme des lectures arrière diminuée de la
somme des lectures avant.
Remarque
7-3-2-Fermeture du cheminement :
Connaissant l’altitude de A, on peut calculer à nouveau à partir des mesures de terrain, l’altitude
de B : on appelle cette valeur de HB la valeur observée, notée HB obs. Elle est définie par :
Si les mesures étaient exemptes d’erreurs, on retrouverait exactement l’altitude connue HB. En
réalité, il existe un écart appelé erreur de fermeture du cheminement (ou plus simplement
fermeture) qui est soumis à tolérance. Cette fermeture notée fH vaut :
Si l’on appelle T la tolérance réglementaire de fermeture du cheminement, on doit donc vérifier
: | fH|< T . Si ce n’est pas le cas, les mesures doivent être refaites.
7.3.3. Compensation du cheminement :
La compensation est l’opération qui consiste à répartir la fermeture sur toutes les mesures. La
compensation, notée CH , est donc l’opposée de la fermeture, c’est-à-dire :
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Cet ajustement consiste à modifier les dénivelées partielles en répartissant la compensation totale
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CH sur chacune d’elle. Cette répartition peut être effectuée par la manière svt :
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Dans le cas où la fermeture est comprise entre écart type et tolérance, on peut
choisir
Entre les deux méthodes de répartition suivantes :
2-proportionnellement à la portée : on considère que plus la portée est importante et plus la
dénivelée peut être entachée d’erreur. Ceci oblige à connaître un ordre de grandeur de la portée,
qui est obtenu par stadimétrie. La compensation sur chaque dénivelée est alors :
3-proportionnellement à la valeur absolue de la dénivelée : la compensation à appliquer à chaque
dénivelée partielle du cheminement vaut donc :
Exemple :
Soit à trouver les altitudes pour un cheminement encadré entre deux points A et B
L’altitude du point de départ et de l’arrivé sont
HA= 196.251 m
HB=198,232 m
Avec précision 2.5 mm
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Station Lecture sur mire Portées Dénivelée Altitude Valeurs des
altitudes
LAR LAV Arrière (m) H compensées
m m Avant m
S1 2.149 1.307 34.1 196.251 196.251
1.979 1.143
1.808 0.979 32.8 +0.836 197.087 197,088
S2 1.484 1.761 28.6 +1mm
1.341 1.608 -0.267
1.198 1.456 30.5 +1mm 196.82 196,822
S3 0.648 1.353 17.3
0.562 1.261 196.121 196,124
-0.699
0.475 1.169 18.4
+1mm
S4 1.454 0.908 22.8
1.340 0.796 196.665 196,669
+0.544
1.226 0.684 22.4
+1mm
S5 2.130 1.418 27.5
1.992 1.291 +0.701 197.366 197,371
1.855 1.165 25.3 +1mm
S6 1.710 1.061 33.8
1.541 0.904 198.003 198,009
1.372 0.746 31.5 +0.637
S7 1.465 1.807 13.4 +1mm
1.398 1.743 197.658 197,664
-0.345
1.331 1.680 12.7
S8 1.427 0.856 7.8
1.388 0.820 198.226 198,232
0.568
1.349 0.784 7.2
∑ ∑LAR=11.541 ∑LAV=9.566 ∑=366.1 ∑1.975
∑LAR=11.541-∑LAV=9.566=∑1.975
*Exemple pour Calcul des distances (arrière et avant ):
L1=(m2-m1)*100=(2.149-1.808)*100=34.1 m.
*exemple pour calcule de dénivelée :
H m AR m AV = 1.979-1.143=+0.836 m
Fermeture du cheminement :Δaltitude(B) = la dernière valeur de B – la première valeur de B
FH=198,226-198,232=-0.006m
Compensation du cheminement
CH=-(198,226-198,232)=0.006 =+6 mm
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Exemple pour calcule de compensation la fermeture est comprise entre écart type et
tolérance nous choisissons
L1 =34.4+32.8=66.9 m
C1=(66.9/336.1) *6 =1.19 1mm (0.001m)
Valeur de l’altitude compenser
HComp=196.251+0.836+0.001=197,088 m
Remarque :
Cheminement mixte :
Depuis une station quelconque du niveau dans un cheminement, et après avoir enregistré
la lecture arrière sur le point de cheminement précédent, l’opérateur vise plusieurs points
de détail et effectue sur chacun d’eux une lecture unique qui est donc une lecture avant.
Ensuite, il termine la station par la lecture avant sur le point de cheminement suivant . Par
exemple, sur la fig. 5.17., les points 1, 2 et 3 sont rayonnés depuis la station S1 dont le
point arrière est la référence (R) et le point avant A. L'opération en S1 est appelée
rayonnement. Lorsqu’un cheminement comprend des points rayonnés et des points
cheminés, on dit que c’est un cheminement mixte.
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