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Introduction au calcul intégral

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Introduction au calcul intégral

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1

Chapitre 1 : Calcul intégral

Chapitre 1. Le calcul intégral

I) Introduction: L’un des principaux problèmes du calcul différentiel est la


recherche de la dérivée d’une fonction donnée. De nombreux problèmes
d’analyse mathématique et les innombrables applications de cette dernière à la
géométrie, la mécanique, la physique et la technique conduisent au problème
inverse, c’est-à dire à la détermination d’une fonction F (x) dont la dérivée est
égale à une fonction f (x) donnée. Autrement dit étant donné une une fonction
f (x) , trouver une fonction F (x) telle que sa dérivée soit égale à f (x) , c’est-à
dire F ( x) = f ( x) .

I) La primitive d’une fonction

On dit qu’une fonction F (x) est une primitive d’une fonction f (x) sur un
intervalle a, b, si F ( x) = f ( x) pour tout x  a, b. F (x) veut dire la
dérivée de f (x) .

Si F (x) est une primitive d’une fonction f (x) sur a, b, alors toute autre
primitive de f (x) peut être mise sous la forme F ( x) + C oû C est une
constante, c’est-à-dire si F (x) est une primitive d’une fonction f (x) , alors
F ( x) + C est aussi une primitive de f (x)
2

1 2
Exemples : 1) Si f ( x) = x , alors F ( x) = x + C , 2) Si f ( x) = sin x , alors
2
1
F ( x) = − cos x + C , 3) si f ( x) = , alors F ( x) = ln x + C
x
III) L’intégrale indéfinie d’une fonction: L’ensemble des primitives d’une
fonction f (x) sur un intervalle est appelé l’intégrale indéfinie de f (x) sur cet
intervalle. L’intégrale de f (x) se note  f ( x)dx oû  est appelé le signe de
l’intégration ou signe « somme », la fonction f (x) est appelée l’intégrant ou la
fonction à intégrer, x est appelée la variable d’intégration.

Ainsi on a  f ( x)dx = F ( x) + C .
L’intégration est l’opération inverse de la dérivation.

A) Propriétés fondamentales de l’intégrale indéfinie

1) ( f ( x)dx) = f ( x) , d  f ( x)dx = f ( x)dx ,


2)  dF ( x) = F ( x) + C ,

3)  kf ( x)dx = k  f ( x)dx ,

4)  ( f ( x)  g ( x)))dx =  f ( x)dx   g ( x)dx ,


1
5)  f (ax + b)dx = a F (ax + b) + C .
B) La table des intégrales des fonctions usuelles

n 1 n +1
1)  x dx = n +1
x + C , n  −1

1 u
2) x dx = ln x + C ,  u du = ln u + C
3

1
3)  sin xdx = − cos x + C ,  sin axdx = − cos ax + C
a
1
4)  cos xdx = sin x + C ,  cos axdx = sin ax + C
a
5)  tgxdx = − ln cos x + C

6)  ctgxdx = ln sin x + C

1
7)  cos 2 xdx = tgx + C
1
8)  sin 2 xdx = −ctgx + C
9)  e dx = e + C
x x

ax
10)  a dx = +C
x
ln a
1
11)  1 + x 2 dx = arctgx + C
1 1 x
12)  x2 + a2 dx =
a
arctg
a
+C

1
13)  dx = arcsin x + C
1− x 2

1 x x
14)  dx = arcsin + C = − arccos + C
a2 − x2 a a

1
15)  dx = ln x + x 2  a 2 + C
x2  a2
4

1 1 x−a
16)  x2 − a2 dx = ln
2a x + a
+C

C) Les principales méthodes d’intégration

1) l’intégration directe: elle consiste à calculer les intégrales en utilisant


directement la table des intégrales élémentaires et les propriétés fondamentales
des intégrales.

Exemples:
1)
1 4
 (5 cos x + 2 − 3x + − 2 )dx = 5 sin x + 2 x − x 3 + ln x − 4arctgx + C
2
x x +1
3
1 4 10 2
2)  (2 x − 3 sin x + 5 x ) = x + 3 cos x + x +C
3
2 3
2) Méthode d’intégration par substitution: en posant x =  (t ) oû t est une
nouvelle variable et  une fonction continue dérivable on a:

 f ( x)dx x = (t ) =  f  (t ) (t )dt = F  (t ) + C . On a ainsi la formule de


changement de la variable d’intégration.

Exemples 1) x x − 1dx , posons t = x −1, ainsi on a

t 2 = x − 1  x = t 2 + 1, dx = 2tdt . En remplaçant on a:
2 4 2 3
 − =  +  =  + = t + t +C
2 4 2
x x 1dx (t 1)t 2tdt 2 (t t ) dt
5 3
2 2
 − = − + ( x − 1)3 + C ,
5
x x 1dx ( x 1)
5 3

x3
2)  dx , posons t = x − 1, x = t + 1  dx = dt . En remplaçant on a:
( x − 1) 2

x3 (t + 1)3 t 3 + 3t 2 + 3t + 1 3 1
 ( x − 1) 2 dx =  t2 dt =  t2
dt =  (t + 3 + + )dt
t t2
5

3) Méthode d’intégration par partie: cette méthode est basée sur la formule
de dérivation du produit de deux fonctions. Soient u et v deux fonctions
définies et dérivables sur un intervalle I. On a:

(uv) = uv + uv

 (uv) =  uv + uv uv =  uv +  uv 


 u( x)v( x)dx = u( x)v( x) −  u( x)v( x)dx ou

 u( x)v( x)dx = u( x)v( x) −  u( x)v( x)dx .


NB on peut appliquer la formule d’intégration par partie plusieurs fois

 xe dx posons u = x  du = dx , v = e  v = ex
x x
Exemples: 1)

 xe dx = xe −  e dx = xex − e x + C ,  x ln xdx ,
x x x
2) posons

dx x2
u = ln x  du = , v = x  v =
x 2

x2 x 2 dx x 2 1 x2 1 2
 x ln xdx = 2 ln x −  2 x = 2 ln x − 2  xdx = 2 ln x − 4 x + C

x
2
3) cos xdx

posons u = x  du = 2 xdx , v = cos x  v = sin x


2

x cos xdx = x 2 sin x −  2 x sin xdx , u = x  du = dx


2
posons ,
v = sin x  v = − cos x

x cos xdx = x 2 sin x −  2 x sin xdx = x 2 sin x + 2 x cos x − 2 sin x + C .


2

4) Les intégrales simples contenant un trinôme du second degré

Il s’agit des intégrales de la forme:

mx + n
 ax 2 + bx + c dx
6

La méthode générale de calcul consiste à écrire le trinôme du second degré sous


la forme:

ax 2 + bx + c = a( x + k ) 2 + l oû k et l sont des constantes.

dx
Exemples 1)  x2 + 2x + 5
x 2 + 2 x + 5 = x 2 + 2 x + 1 − 1 + 5 = x 2 + 2 x + 1 + 4 = ( x + 1) 2 + 4

Posons t = x + 1  dt = dx .
dx dt dt 1 t 1 x +1
 x 2 + 2 x + 5  ( x + 1)2 + 4  t 2 + 4 2
= = = arctg
2
+ C =
2
arctg
2
+C

3x − 2
2)  x 2 − 4 x + 5 dx ,

x 2 − 4 x + 5 = x 2 − 4 x + 4 − 4 + 5 = x 2 − 4 x + 4 + 1 = ( x − 2) 2 + 1.

Posons t = x − 2  x = t + 2  dx = dt .

3x − 2 3t + 6 − 2 3t 4t 3 2t 4dt
 x2 − 4x + 5 dx =  t2 +1 dt =  t2 +1  t2 +1 2 t2 +1  t2 +1 =
dt + dt = dt +

3 3
ln( t 2 + 1) + 4arctgt + C = ln( x 2 − 4 x + 5) + 4arctg ( x − 2) + C
2 2
5) L’intégration des fonctions rationnelles

L’intégration d’une fonction rationnelle après avoir apparaître sa partie entière


se ramène à l’intégration d’une fraction rationnelle régulière irréductible

P( x)
oû P(x) et Q(x) sont des polynômes, le degré du numérateur P(x)
Q( x)
étant inférieur au degré du dénominateur Q(x) .

 
Si Q( x) = ( x − a) ....( x − l ) oû a,..., l sont les racines réelles différentes
du polynôme Q(x) et  ,...,  des nombres entiers(multiplicités des racines).
7

P( x)
On a alors la décomposition de la fraction en éléments simples.
Q( x)

P( x) A1 A2 A3 A L1 L2
= + + + ... + 
+ .... + +
Q( x) ( x − a) ( x − a ) 2 ( x − a)3 ( x − a) ( x − l ) (x − l) 2

L
... + .
( x −  )
Pour calculer les coefficients indéterminés A1 , A2 , …, A , L1 , L2 ,..., L on
réduit au même dénominateur les membres de l’identité précédente puis on
égalise les coefficients des mêmes puissances de la variable x .

xdx A B1 B2
Exemples 1)
 ( x − 1)( x + 1) 2
=
x − 1
+
x + 1
+
( x + 1) 2

x = A( x + 1) 2 + B1 ( x − 1)( x + 1) + B2 ( x − 1)

1
En développant et en égalisant les termes semblables on trouve A= ,
4
1 1
B1 = − , B2 = . Ainsi on a:
4 2
xdx 1 1 1
 ( x − 1)( x + 1) 2 =  ( 4( x − 1) − 4( x + 1) + 2( x + 1) 2 dx =
1 1 1 1
ln x − 1 − ln x + 1 − +C
4 4 2 ( x + 1)

dx dx dx
2)  x3 − 2 x 2 + x  x( x 2 − 2 x + 1)  x( x − 1) 2
= =

1 A B C
= + +
x( x − 1) 2 x x − 1 ( x − 1) 2

1 A B C
= + +  1 = A( x − 1) 2
+ Bx ( x − 1) + Cx .
x( x − 1) 2
x x − 1 ( x − 1) 2
8

En développant et en égalisant les termes semblables on trouve A = 1,


B = −1, C = 1. Ainsi on a:
dx 1 1 1 1
 x( x − 1)2 =  x dx −  x − 1 dx +  ( x − 1) 2 dx = ln x − ln x − 1 − x − 1 + C
2x −1 2x −1 A B
3)  x 2 − 5x + 6 dx = ( x − 3)( x − 2) dx =  x − 3 dx +  x − 2 dx
2x −1 A B
= +  2 x − 1 = A( x − 2) + B( x − 3)
x 2 − 5x + 6 x − 3 x − 2
En développant et en égalisant les termes semblables on trouve A = 5,
B = −3. Ainsi on a:
2x −1 5 −3
 ( x − 3)( x − 2) dx =  x − 3 dx +  x − 2 dx = 5 ln x − 3 − 3 ln x − 2 + C

2x −1 ( x − 3)5
 ( x − 3)( x − 2) dx = ln ( x − 2)3 + C .
IV) L’intégrale définie d’une fonction

1) Définition Soit F (x) une primitive de f (x) sur a, b. On appelle

intégrale définie de f (x) sur a, b, l’expression


b
a f ( x)dx .
2) Propriétés fondamentales de l’intégrale définie
b b

a ( f ( x)  g ( x))dx = f ( x)dx   g ( x)dx


b
a)
a a

a
b)  f ( x)dx = 0
a

b a
c)  f ( x)dx = − f ( x)dx
a b
9

b c b
d)  f ( x)dx =  f ( x)dx +  f ( x)dx : la formule de Chasle
a a c

b b
e)  kf ( x)dx = k  f ( x)dx .
a a

3) Estimations des intégrales, formule de la moyenne

A) Estimations des intégrales:


b
1) si f ( x)  0 sur un intervalle a, b, alors  f ( x)dx  0 ,
a

b b
2) si f ( x)  g ( x) sur un intervalle a, b, alors  f ( x)dx   g ( x)dx ,
a a

3) pour toute fonction f (x) définie sur a, b, alors on a:


b b

 f ( x)dx   f ( x) dx ,
a a

i) si m et M sont respectivement le minimum et le maximum d’une fonction


b
f (x) sur un intervalle a, b, alors on a: m(b − a)   f ( x)dx  M (b − a) .
a

B) Formule de la moyenne:

Théorème: (théorème de la moyenne) Si une fonction f (x) est continue sur un


intervalle a, b, alors il existe un point c de a, b tel que
b

 f ( x)dx = f (c)(b − a) .
a

1 b
(b − a) a
Ainsi on a: f (c) = f ( x)dx .
10

Cette formule est appelée formule de la moyenne et f (c) est la valeur moyenne
de la fonction f (x) sur a, b.

Remarque: a) (l’intégrale définie à limite supérieure variable). Si la fonction


f (t ) est continue sur l’intervalle fermé a, b, alors la fonction
x
F ( x) =  f (t )dt est une primitive de la fonction f (x) , c’est-à-dire
a
F ( x) = f ( x) pour a  x  b .

b) Le changement de variable dans l’intégrale définie: Soit f (x) une


fonction continue sur un intervalle a, b. Si une fonction  (t ) :

1) admet une dérivée  (t ) continue sur un intervalle  ,  ,


2) prend ses valeurs sur l’intervalle s a, b,

b 
3)  ( ) = a ,  (  ) = b , alors on a:  f ( x)dx =  f  (t ) (t )dt
a 

4) Calcul des intégrales définies:

a f ( x)dx = F ( x)a = F (b) − F (a) : c’est la formule de Newton-Leibniz


b b

Exemples:

1)
2 2
1 3  23 1 7
 − + = − + = − +  − − + =
2 2 2
( x 2 x 3) dx  3 x x 3 x  ( 2 3 2) ( 1 3)
1 1
3 3 3
2

 x dx = ln x1 = ln 2 − ln 1 = ln 2 ,
dx 2
2)
1

1
  
3)
dx
 1 + x2 = arctgx  1
−1 = arctg1 − arctg − 1 = − ( − )= ,
−1
4 4 2
11

  = ln( 3 +
3 3
dx
4)  = ln x + 1 + x 2 0 10 ) .
0 1+ x 2

1
5)  1 − x 2 dx posons x = sin t  dx = cos tdt
0


Si x = 0 , alors t = 0 , x = 1 , alors t =
2

  
1 2 2 2
1 + cos 2t
 1 − x dx =  1 − sin t  cos tdt ==  cos tdt =  2 dt
2 2 2

0 0 0 0

On a: cos x + sin x = 1
2 2



1 + cos 2t 1 1 2 1    
2
 2 dt =
2
t
 2+ sin 2t  =
2
(
 2 + 0) − ( 0 + 0)  = 4 .
0 0

V) Les intégrales impropres: f (x) une fonction définie sur un


Soit
intervalle a, +  et intégrable sur tout intervalle a, R, c’est-à dire qu’il
R
existe l’intégrale définie  f ( x)dx pour tout R strictement supérieur à a . La
a
R
limite finie lim  f ( x)dx , si elle existe, s’appelle intégrale impropre et se
R → + a
+
note  f ( x)dx .
a
12

+ R
Ainsi par définition  f ( x)dx = Rlim
→ +
 f ( x)dx . Dans ce cas on dit que
a a
+ R
l’intégrale  f ( x)dx existe ou converge. Si la limite lim  f ( x)dx n’existe
R → + a
a
+
pas ou est infinie, alors on dit que l’intégrale  f ( x)dx n’existe pas ou
a
diverge.

Par analogie on envisage l’intégrale impropre sur l’intervalle − , b :

b b

 f ( x)dx = Rlim
→ −
 f ( x)dx .
− R

Enfin l’intégrale impropre à bornes infinies peut être définie de la manière


suivante:
+ c +

 f ( x)dx =  f ( x)dx +  f ( x)dx .


− − c

Exemples: 1)
+ R


dx
= lim 
dx
= lim arctgx 0 = lim ( arctgR − arctg 0) =
R

0 1+ x 2 R → +
0 1+ x
2 R → + R → +


= lim arctgR =
R → + 2
Cette intégrale est convergente
+ 0 +

e dx = e dx +  e x dx
x x
2)
− − 0

 
+ R
R
 e dx = lim  e dx = lim e = lim (e R − 1) = + , d’oû l’intégrale
x x x
0
R → + R → + R → +
0 0
13

+

e
x
dx diverge.
−

+
dx
3)  x
, oû  est un nombre.
1

a) Si   1 , on a pour tout R supérieur à zéro

+
 x1− 
R  −1
dx R
dx  , pour  supérieur à 1,
 = lim  = lim  
x R → + 1 x R → + 1 −  1 
= 1 − 
1
 pour  inférieur à 1.
b) Si  = 1, on a pour tout R supérieur à zéro,
+


dx

= lim ln x R
1 = lim ln x R
1 = lim ln R − ln 1 = + .
x R → + R → + R → +
1

+
dx
Ainsi  converge si  est supérieur à 1 et diverge si   1
1 x

Le critère de convergence des intégrales impropres: si des fonctions f (x) et


g (x) , sont continues et telles que 0  f ( x)  g ( x) , alors la convergence de
+ +
l’intégrale  g ( x)dx entraîne celle de l’intégrale  f ( x)dx et la divergence de
a a
+ +

 f ( x)dx entraîne celle de  g ( x)dx .


a a

+
dx
Exemples: 1) Etudier la convergence de l’intégrale  x 2 (1 + e − x )
.
1
14

+
On sait que
1
−x

1
1, + sur l’intervalle. Or l’intégrale 
dx
x (1 + e ) x
2 2
1 x2
converge, puisque  = 2 supérieur à 1 d’oû l’intégrale
+
dx
 x 2 (1 + e − x )
converge.
1

+
x
2) Etudier la convergence de l’intégrale  1 + xdx .
1

sur l’intervalle 1, +  . Or l’intégrale


1 x x x
On sait que = = 
2 x 2x x + x 1 + x
+ +
1 1 x
 2 x
dx diverge , puisque  = inférieur à 1, d’oû l’intégrale
2  1+ x
dx
1 1
diverge.

VI) L’application des intégrales en économie

En économie, l’intégration peut notamment être utilisée pour trouver la fonction


de coût total lorsque la fonction de coût marginal est donnée ou encore pour
trouver la fonction de revenu total lorsque la fonction de revenu marginal est
donnée. D’autre part, l’intégration joue un rôle important dans le calcul de l’aire
comprise entre plusieurs courbes. Par exemple, le revenu total peut être
considéré comme l’aire comprise entre la courbe du revenu marginal et les axes,
le surplus du consommateur comme l’aire comprise entre la courbe de demande
et les axes et ainsi de suite.

Exemple: 1) le coût Si le coût total de production y pour produire x unités est


y f ( x)
fourni par la fonction y = f (x) , alors le coût moyen par unité est: =
x x
dy
et le coût marginal est: y = = f (x). C’est-à-dire que le coût marginal est
dx
la dérivée par rapport à x de la fonction du coût total y = f (x) . Donc le coût
total est l’intégrale par rapport à x de la fonction du coût marginal f (x) :
15

 f ( x)dx = f ( x) + C .
Pour obtenir une fonction du coût total unique en intégrant la fonction du coût
marginal correspondante, il faut remplir une condition initiale.

Fréquemment, il s’agit d’un coût fixe, c’est-à-dire le coût quand x = 0 .

Exercice le coût marginal y  est donné par y = 1,64 − 0,05x . Trouvons les
fonctions du coût total et du coût moyen quand le coût fixe est égal à 10,3 .

y =  (1,64 − 0,05x)dx = 1,64 x − 0,025 x 2 + C .

Si x = 0 , y = C = 10,3 . Ainsi y = 10,3 + 1,64 x − 0,025 x


2

y 10,3
Le coût moyen est: = + 1,64 − 0,025 x .
x x
2) Le revenu Pour n’importe quelle fonction de demande y = f (x) oû y est le
prix par unité et x le nombre d’unités, le revenu total R est le produit de x par
y , c’est-à-dire: R = xy = xf (x) . Le revenu marginal par rapport à la demande
dR
est la dérivée par rapport à x du revenu total: = R(x) .
dx
Par conséquent, la fonction du revenu total est l’intégrale par rapport à x de la
fonction du revenu marginal et puisque:  R( x)dx = R( x) + C .
Il faut donner une condition initiale pour obtenir une fonction du revenu total
unique en intégrant la fonction du revenu marginal correspondante. La condition
initiale stipulant que le revenu est nul quand la demande est nulle peut être
utilisée pour évaluer la constant d’intégration.

Remarque: Notons que le revenu moyen ou revenu par unité est le prix par
unité y et de ce fait la courbe du revenu moyen et la courbe de demande sont
identiques .

Exemple la fonction du revenu marginal est R( x) = 4 − 4 x + 6 x .


2

Déterminons les fonctions du revenu total et de demande


16

R( x) =  (4 − 4 x + 6 x 2 )dx = 4 x − 2 x 2 + 2 x3 + C .

Si x = 0, R(0) = 0 d’oû C = 0 . Le revenu total est donc


R
R( x) = 4 x − 2 x 2 + 2 x3 et la demande y = = 4 − 2 x + 2 x 2 .
x
3) Le profit total: l’intégrale peut être utilisée pour déterminer le profit total ou
le bénéfice net total dans différents contextes. En général , le profit est
maximum(en concurrence parfaite c’est-à-dire il y a un certain nombre de petits
producteurs ou acteurs qui ne peuvent pas influencer sur le prix) quand le revenu
marginal est égal au coût marginal. Le profit total est l’intégrale du revenu
marginal moins le coût marginal de la quantité zéro à la quantité pour laquelle le
profit est maximum.

Exemple: Trouvons la quantité qui maximise le profit et le profit total en ce


point, si les fonctions de revenu marginal et de coût marginal sont données par:

RMa = 25 − 5x − 2 x 2 , CMa = 15 − 2 x − x 2

RMa = CMa = 25 − 5 x − 2 x 2 = 15 − 2 x − 2 x 2  − x 2 − 3x + 10 = 0
Si
 ( x + 5)( − x + 2) = 0  x1 = −5, x2 = 2
Ici seul x2 a un sens économique parlant. La première dérivée de
( RMa − CMa) est la seconde dérivée du profit total ( PT ) et son signe nous
indique si le profit est un maximum ou un minimum pour une valeur
particulière de x .

d d 2 PT
( RMa − CMa) = 2
oû ( RMa − CMa) = ( PT ( x)) = −2 x − 3
dx dx
Si x = 2 on a: ( PT ( x)) x = 2 = −4 − 3 = −7 inférieur à zéro.
17

Le profit est bien un maximum pour x = 2 . Le profit total est


2 2 2

 ( RMa − CMa)dx =  (10 − 3x − x )dx =  (− x 2 − 3x + 10)dx =


2

0 0 0
2
 − x 3 3x 2  −8 34
 − + 10 x  = ( − 6 + 20) = .
 3 2 0 3 3

Chapitre 2 : Les équations différentielles linéaires du premier et second


ordre à coefficients constants
I) Introduction: Les équations différentielles occupent une place particulière en
mathématiques. L’étude des phénomènes naturels les plus divers conduit
souvent à la résolution de telles équations, car les lois qui régissent ces
phénomènes sont décrites par des équations différentielles.

Les équations différentielles sont des équations dans lesquelles la fonction


inconnue figure par sa ou ses dérivées. Le problème fondamental de la théorie
des équations différentielles est l’étude des fonctions qui sont solutions de ces
équations.
18

On appelle équation différentielle d’ordre n une équation de la forme


F ( x, y, y,..., y ( n) ) = 0 , oû x est la variable indépendante; y la fonction
inconnue; y sa dérivée première,… , y
(n )
sa dérivée n -ième .

Exemple: 3xyy
( 4)
− 5xy2 y − x 2 = 4 x ( équation différentielle d’ordre 4 ).
Dans ce chapitre, on va étudier la résolution des équations différentielles

linéaires du premier et second ordre à coefficients constants.

II) Les équations différentielles linéaires du premier ordre à coefficients


constants.

A) Les équations différentielles du premier ordre

D’une manière générale on appelle équation différentielle du premier ordre une


équation de la forme F ( x, y, y) = 0 , oû x est la variable indépendante; y la
fonction inconnue; y sa dérivée première.

B) Les équations différentielles linéaires du premier ordre(EDL1)

On appelle équation différentielle linéaire du premier ordre une équation


différentielle de la forme: a( x) y + b( x) y = f ( x) où a(x) , b(x) et f (x)
sont des fonctions connues; y est la fonction de x à déterminer.

Exemple1 : 3xy − ln( x) y = e


x
est une équation différentielle linéaire du
premier ordre.

Exemple2: 3xy − y − x = 4 x n’est pas une équation différentielle linéaire du


2 2

premier ordre.

C) Les équations différentielles linéaires du premier ordre à coefficients


constants(EDL1CC).

1) Définition: On appelle équation différentielle linéaire du premier ordre à


coefficients constants une équation différentielle de la forme: ay + by = f (x)
où a , b sont des constantes avec a  0 .

Exemple 1: 3 y + 4 y = 5 x − 4 .
2
19

2) Résolution d’une équation différentielle linéaire du premier ordre


à coefficients constants.

a) Résolution d’une équation différentielle linéaire du premier ordre


à coefficients constants sans second membre ou équation homogène

On appelle équation sans second membre associée à ay + by = f (x) avec


, l’équation : ay + by = 0 .

Résolution : La solution générale de l’équation différentielle linéaire du


−b
x
premier ordre à coefficients constants sans second membre est y = Ce a avec
CR
En effet on a:
y − b y −b −b
ay + by = 0  =  = dx  ln y = x + C1
y a y a a
−b −b
x x
=ea e = Ce a oû C = e 1 .
C1 C
A partir de là on a: y

−4
x
Exemples 1) 3 y + 4 y = 0 . Ici a = 3 et b = 4 . Ainsi on a: y = Ce 3 . Pour
vérifier que la solution est juste il suffit de dériver et remplacer y et y  par
leur valeur dans l’équation.

2) y − 6 y = 0 . Ici a = 1 et b = −6 . Ainsi on a: y = Ce
6x

b) Résolution d’une équation différentielle linéaire du premier ordre à


coefficients constants avec second membre: ay + by = f (x)

La solution générale y de l’équation ay + by = f (x) se présente comme suit:


y = ys + y p où ys est la solution générale de l’équation ay + by = 0 .

- y p est la solution particulière de l’équation ay + by = f (x) . Par


conséquent, on a : ayp + by p = f (x) . Pour trouver la solution
particulière on a:
20

Second membre Solution particulière

- Si , une solution particulière sera

- Si , une solution particulière sera

où est un - Si , une solution particulière sera


polynôme de degré où est un polynôme de
degré et .
- Si , une solution particulière sera
où est un polynôme de
degré et .
où est un - Si , une solution particulière sera
polynôme de degré où est un polynôme de
et est un réel. degré et .
- Si , une solution particulière sera
où est un polynôme de degré
et .
On cherche une solution particulière

Où est un réel non nul.


Exercices d’application:

Résoudre les équations différentielles (EDL1CC) suivantes en tenant compte des


conditions initiales :

1) avec
2) avec
3)
4)

III) Les équations différentielles linéaire du second ordre à coefficients


constants

A) Les équations différentielles du second ordre


21

D’une manière générale on appelle équation différentielle du second ordre une


équation de la forme F ( x, y, y, y) = 0

Exemple : yy − y y − x = ln x
3 2
est une équation différentielle du second
ordre.

B) Les équations différentielles linéaires du second ordre (EDL2).

On appelle équation différentielle linéaire du second ordre une équation


différentielle de la forme : a( x) y + b( x) y + c( x) y = f ( x) oû a(x) , b(x) ,
c(x) et f (x) sont des fonctions connues de x et où y est la fonction de x à
déterminer.

Exemple 1 : est une équation différentielle linéaire


du second ordre.

Exemple 2 : est une équation différentielle


linéaire du second ordre.

Exemple 3: n’est pas une équation différentielle


linéaire du second ordre.

C) Les équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients


constants.

1) Définition On appelle équation différentielle linéaire du second ordre à


coefficients constants une équation différentielle linéaire du second degré
telle que a(x) , b(x) et c(x) soient des constantes :
ay + by + cy = f (x) avec a  0

Exemple 1 : 3 y − 2 y + 4 y = x − 2 est une équation différentielle linéaire du


second ordre à coefficients constants.

2) Résolution d’une équation différentielle linéaire du second ordre à


coefficients constants.

a) Résolution d’une équation différentielle linéaire du second ordre à


coefficients constants sans second membre
22

On appelle équation sans second membre associée à ay + by + cy = f (x) ,


l’équation : ay + by + cy = 0 .

Résolution: on forme l’équation caractéristique: ar + br + c = 0 .


2

les racines de l’équation caractéristique ar + br + c = 0 avec


2
Soient et

 = b2 − 4ac .

Note : La solution générale y s de l’équation ar + br + c = 0


2
dépend alors
de la valeur des racines et .

Signe de La solution générale

alors les racines et avec et des


sont réelles et distinctes réels

alors les racines et avec et des


sont réelles et confondues ( ) réels

alors les racines et


sont complexes et conjuguées avec
et avec et des réels

b) Résolution d’une équation différentielle linéaire du second ordre à


coefficients constants avec second membre

La solution générale de l’équation ay + by + cy = f (x) est la somme

- est la solution générale de l’équation


- est la solution particulière de l’équation
. Par conséquent, on a:
.
23

Note : La valuation (‘val’ en abrégé) d’un polynôme est le degré du


monôme de non-nul de plus bas degré. Ainsi, si , cela signifie
que le terme constant est nul. Par exemple, est de valuation
, est de valuation et est de
valuation .

Second membre Solution particulière

où est un - Si , une solution particulière sera


polynôme de degré où est un polynôme de
degré et .
- Si et , une solution
particulière sera
24

où est un polynôme de
degré et .
- Si et , une solution
particulière sera
où est un polynôme de
degré et .
où est un - Si n’est pas racine de l’équation
polynôme de degré caractéristique, alors où
et est un réel. est un polynôme de degré et
.
- Si est une racine simple de l’équation
caractéristique, alors où
est un polynôme de degré
et .
- Si est une racine double de l’équation
caractéristique, alors où
est un polynôme de degré et
.
- Si n’est pas une racine de l’équation
caractéristique, alors
Où est un réel non nul.
- Si est une racine de l’équation
caractéristique, alors

Exercice d’application :

Résoudre les équations différentielles (EDL2CC) suivantes en tenant compte


des conditions initiales :

1) avec et
2) avec et
3) avec et
4) avec et
5) avec et .
25

Chapitre 3. L’espace vectoriel l’application linéaire

I) L’espace vectoriel

1. Définition Soit E un ensemble non vide. On dit que E est un espace vectoriel
lorsque sont définies deux fonctions, à savoir une loi de composition
interne(l’addition vectorielle):

EE → E
(u, v) → u + v ,
26

vérifiant les conditions suivantes :

a) l’associativité c’est-à-dire  u, v, w  E on a u + ( v + w) = (u + v) + w ,

b) possède un élément neutre c’est-à-dire  0  E, u  E on a u + 0 = u ,

c) chaque élément possède un symétrique ou opposé c’est-à-dire  u  E,


u  E et on a u + u = 0 ;
d) la commutativité c’est-à-dire  u, v  E on a u + v = v + u ,

et une loi de composition externe(la multiplication par un scalaire) :

E  → E
(u,  ) → u ,
vérifiant les conditions suivantes:

a) l’associativité c’est-à-dire  u  E,  ,    on a  (u) = ( )u ,


b) possède un élément neutre c’est-à-dire u  E on a 1u = u ,

c) la distributivité c’est-à-dire  u  E,  ,    on a ( +  )u = u + u
et    ,  u, v  E on a  (u + v) = u + v .
Remarque: les éléments d’un espace vectoriel sont appelés des vecteurs et
( E, +) est un groupe commutatif.

2. Le sous-espace vectoriel Soit E un espace vectoriel. On appelle sous-


espace vectoriel de E tout sous-ensemble non vide F de E qui est lui-même
un espace vectoriel pour les lois de composition de E . Autrement dit soit E
un espace vectoriel et F  E un sous-ensemble de E . F est un sous-espace
vectoriel de E si et seulement si :

- F n’est pas vide c’est-à-dire F   ,


-  u, v  F , u + v  F ,

 u  F ,    , u  F .
27

3. la combinaison linéaire soient v1, v2 ,...vn , n vecteurs d’un espace


vectoriel E . On appelle combinaison linéaire de v1 , v2 ,...vn tout vecteur v
n
s’écrivant: v =  i vi = 1v1 + 2v2 + ... + n vn oû 1, 2 ,..., n sont des
i =1
réels.

4. Dépendance et indépendance linéaire Soit un espace vectoriel E .

a) Indépendance linéaire : Les vecteurs v1, v2 ,...vn sont dits linéairement


indépendants si 1v1 + 2v2 + ... + nvn = 0  1 = 2 = ... = n = 0

b) Dépendance linéaire: Les vecteurs v1, v2 ,...vn sont dits linéairement


dépendants si 1v1 + 2v2 + ... + nvn = 0   au moins un i  0 ( i = 1,..., n)
c’est-à-dire tous les i ne sont pas tous nuls.

5. Base d’un espace vectoriel on appelle partie génératrice de l’espace


vectoriel E tout sous ensemble fini de vecteurs v1 , v2 ,...vn  de E tel que
tout élément de E s’exprime comme combinaison linéaire de v1 , v2 ,...vn . On
appelle base de E toute partie génératrice de E constituée de vecteurs
linéairement indépendants. Autrement dit les éléments v1 , v2 ,...vn de l’espace
vectoriel E forment une base si et seulement si tout vecteur de E s’exprime de
manière unique comme combinaison linéaire de v1 , v2 ,...vn .

6. Dimension d’un espace vectoriel on appelle dimension d’un espace vectoriel


E et on la note dim( E ) le nombre de vecteurs de la base.
II) L’application linéaire

1. Définition considérons deux espaces vectoriels E et E  . On dit qu’une


application f de E dans E  est une application linéaire si :

-  u, v  E , f (u + v) = f (u) + f (v) ,

-  u  E ,     , f (u ) = f (u) .

2. Propriétés: si f est une application linéaire, alors on a


28

a) f (0) = 0 ,

b) f (−u ) = − f (u ) ,

n n
c) f ( i ui ) =  i f (ui )
i =1 i =1

3. Image et noyau: considérons une application linéaire f de E dans E  . On


appelle image de E par f le sous-ensemble de E  : imf =  f (u ) : u  E. On
définit le noyau de l’application, qu’on note ker f , par
ker f = u  E : f (u) = 0.
Remarque: si l’espace vectoriel E est de dimension finie, alors on a:
dim( E ) = dim(ker f ) + dim( imf ) .

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