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Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université Echahid Hamma Lakhdar El Oued


Faculté de la Technologie
Département d’Hydraulique et de Génie Civil

Cours du module

Pollution des eaux

Par Bouchemal Fattoum


Maître de Conférences -B-
A l’Université Echahid Hamm Lakhdar -El Oued-

Année Universitaire 2020/2021


Avant-propos

L’eau est la matière première la plus importante sur notre planète, pour les êtres humains,
les animaux, les plantes et les microorganismes. Pratiquement, tous les phénomènes vitaux
de la biosphère sont liés à la disponibilité de l’eau. C’est une substance unique parce qu’elle
se renouvelle et se nettoie naturellement en permettant aux polluants de s’infiltrer ou de se
détruire, en diluant les polluants au point qu’ils aient des concentrations qui ne sont pas
nuisibles. Cependant, ce processus naturel prend du temps et devient très difficile lorsqu’il
y a une quantité importante de polluants qui sont ajoutés à l’eau.
La pollution de l’eau est due essentiellement aux activités humaines ainsi qu’aux
phénomènes naturels. Elle a des effets multiples qui touchent aussi bien la santé publique
que les organismes aquatiques, ainsi que la flore et la faune terrestre.
La pollution de l’eau qui affecte les rivières, les mers, les nappes phréatiques et les lacs,
est le résultat du rejet des eaux usées sans traitement ou avec un niveau de traitement
insuffisant. Le problème est encore plus grave dans le cas des effluents industriels qui
présentent un caractère toxique beaucoup plus prononcé.

Le présent cours est destiné aux étudiants de deuxième année Master hydraulique et qui a
pour objectif de donner un état de connaissances dans le domaine de la pollution, en
particulier la pollution des eaux.
Ce cours a pour objectifs de donner aux étudiants en Master un aperçu sur :
1- La pollution des eaux en milieu urbain ;
2- Les normes algériennes de rejet ;
3- Les moyens et procédés de mesure de la pollution.

Bouchemal Fattoum,
Juillet 2020
Introduction générale

L’eau est une ressource vitale pour l’homme, sa survie et son alimentation. Elle est
également indispensable pour ses activités agricoles, industrielles, touristiques et la qualité
de son environnement. Lorsque l’homme utilise l’eau, il ne fait pas que la consommer,
mais il en rejette une partie dans l’environnement.

La pollution est une dégradation de l'environnement par l'introduction dans l'air, l'eau ou
le sol de matières n'étant pas présentes naturellement dans le milieu.
La pollution d’un milieu est le fait d’introduire une substance ou de la matière
susceptibles de porter atteinte à son fonctionnement, à la biodiversité qui s’y déploie ou à
la santé des êtres humains. Elle entraine une perturbation de l'écosystème dont les
conséquences peuvent aller jusqu'à la migration ou l'extinction de certaines espèces
incapables de s'adapter au changement. En revanche, tous les rejets ne sont pas synonymes
de pollution : lorsque les substances sont éliminées par les capacités naturelles
d’autoépuration du milieu, elles n’ont pas de conséquence sur l’environnement ou la santé.

On appelle pollution de l'eau toute modification chimique, physique ou biologique de la


qualité de l'eau qui a un effet nocif sur les êtres vivants la consommant. Quand les êtres
humains consomment de l'eau polluée, il y a en général des conséquences sérieuses pour
leur santé. La pollution de l'eau peut aussi rendre l'eau inutilisable pour l'usage désiré.

La pollution n'est pas toujours visible. L'eau d'une rivière ou d'un lac peut sembler propre,
même si elle est encore polluée. Dans les eaux souterraines, sur lesquelles la population
compte pour s'approvisionner, les polluants sont particulièrement difficiles à détecter. En
outre, les effets de la pollution ne sont pas nécessairement immédiats ; ils peuvent prendre
des années à se manifester.

Il est parfois difficile de déterminer si une pollution est ponctuelle ou diffuse, mais il est
utile de les catégoriser ainsi, car les manières d’y remédier ne sont pas les mêmes. Certaines
sources de pollution peuvent être localisées dans l’espace, lorsque les rejets de substance
ou de matière sont générés directement dans l’eau ou les milieux :
C’est le cas par exemple des rejets directs d’une usine dans un cours d’eau, mais aussi lors
d’un déversement accidentel et involontaire. La pollution générée par ces rejets est
qualifiée de pollution ponctuelle. À l’inverse, certaines sources de pollution ne peuvent
pas être localisées précisément : ce sont les pollutions diffuses. C’est notamment le cas
des pollutions provoquées par les traitements appliqués sur les sols et la végétation. Mais
toutes les substances contenues dans les matériaux au contact de l’eau (peintures,
revêtements, etc.) sont susceptibles de se répandre lentement dans l’eau et contaminer ainsi
les ressources en eau.

Le présent document permet de donner un aperçu sur le phénomène de la pollution des


eaux et son effet sur la vie aquatique. Cette pollution affecte la faune et la flore, et perturbe
l’écosystème aquatique. Cette pollution se manifeste à partir de plusieurs sources :
domestiques, urbaines, agricoles et industrielles.
La pollution par les eaux usées urbaines constitue un danger pour la vie des êtres vivants
et surtout sur la santé humaine. A cet effet, la réglementation impose des normes de rejet,
dans les eaux superficielles comme dans le sol et le sous-sol suivant différents types de
dispositifs d’épuration et de rejets.
Par contre, dans le cas de la pollution des eaux pluviales, plusieurs paramètres entrent en
jeu, la restauration de la qualité des eaux par les méthodes de réduction de la pollution en
utilisant plusieurs méthodes, essentiellement la gestion intégrée des eaux.
Sommaire

Partie I : Eaux usées urbaines


Chapitre I : Pollution et vie aquatique
I.1. Introduction ………………………………………………………………..... 01
I.2. Définition de la pollution …………………………………………………… 01
I.3. Classification des termes concernant la pollution ……………………........... 05
I.3.1. Classification selon le type de polluant …………………………………… 06
I.3.1.1. Pollution physique ……………………………………………………..... 06
I.3.1.2. Pollution chimique ……………………………………………………… 06
I.3.1.3. Pollution biologique …………………………………………………….. 07
I.3.2. Classification selon l’origine de la pollution ……………………………... 08
I.3.2.1. Pollution domestique ……………………………………………………. 08
I.3.2.2. Pollution urbaine ……………………………………………………….. 09
I.3.2.3. Pollution agricole ……………………………………………………….. 10
I.3.2.4. Pollution industrielle ……………………………………………………. 10
I.4. Nature de la pollution ……………………………………………………… 12
I.4.1. Pollution organique ……………………………………………………….. 13
I.4.2. Pollution microbiologique ………………………………………………… 13
I.4.3. Pollution minérale ………………………………………………………… 13
I.5. Degré de la pollution ………………………………………………………... 13
I.5.1. Influence de la pollution sur la vie aquatique …………………………….. 13
I.5.2. Phénomène d’Eutrophisation ……………………………………………... 16
I.5.2.1. Définition ………………………………………………………………... 16
I.5.2.2. Les cause d’Eutrophisation ……………………………………………... 18
I.6. Conclusion …………………………………………………………………... 21
Chapitre II : Conséquences et paramètres de la pollution
II.1. Introduction ………………………………………………………………… 22
II.2. Conséquences de la pollution ……………………………………………… 22
II.2.1. Conséquences sanitaires ………………………………………………… 22
II.2.2. Conséquences écologiques ………………………………………………. 22
II.2.3. Conséquences esthétiques ………………………………………………... 23
II.2.4. Conséquences agricoles ………………………………………………….. 23
II.2.5. Conséquences industrielles ………………………………………………. 23
II.3. Paramètres de la pollution ………………………………………………….. 24
II.3.1. Paramètres physiques …………………………………………………….. 25
II.3.1.1. Matières en suspension (MES) ………………………………………… 25
II.3.1.2. Température ……………………………………………………………. 25
II.3.1.3. Conductivité ……………………………………………………………. 25
II.3.1.4. Les matières volatiles en suspension (MVS) 25
II.3.2. Paramètres chimiques 25
II.3.2.1. Demande Biochimique en Oxygène (DBO) 25
II.3.2.2. Demande Chimique en Oxygène (DCO) ……………………………… 26
II.3.2.3. Matières oxydables (MO) ……………………………………………… 26
II.3.2.4. Le pH …………………………………………………………………... 26
II.3.2.5. Le carbone organique total (COT) …………………………………….. 26
II.3.2.6. Les sels nutritifs ………………………………………………………... 26
Sommaire

A- Le phosphore ………………………………………………………………… 27
B- L’Azote ……………………………………………………………………… 27
II.3.3. La biodégradabilité ………………………………………………………. 28
I.4. Conclusion …………………………………………………………………... 28
Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets
III.1. Introduction ……………………………………………………………….. 29
III.2. Quantification (moyens et méthodes) ……………………………………... 29
III.2.1. Détermination de la conductivité électrique …………………………….. 29
III.2.2. Détermination du Potentiel d’Hydrogène pH …………………………... 30
III.2.3. Détermination de l’oxygène dissous …………………………………… 30
III.2.4. Détermination de la température ……………………………………….. 31
III.2.5. Détermination des matières en suspension (MES) …………………….. 31
III.2.6. Mesure de la demande chimique en Oxygène DCO …………………… 33
III.2.7. Mesure de la demande Biochimique en Oxygène DBO5 ……………….. 34
III.2.8. Relation entre la DCO et la DBO pour la détermination de la quantité
d’eau à analyser en faveur de la DBO5 ………………………………………….. 35
III.2.9. Mesure des paramètres NH4+ et NO2- et NO3- …………………………... 36
III.2.9.1. Ammoniac NH4+……………………………………………………….. 36
III.2.9.2. Nitrate NO3- …………………………………………………………… 37
III.2.9.3. Nitrite NO2- ……………………………………………………………. 38
III.2.9.4. Phosphate PO43- ……………………………………………………….. 39
III.2.10. Azote total …………………………………………………………….. 40
III.3. Normes de rejets ………………………………………………………….. 41
III.3.1. Norme de rejet des effluents urbains ……………………………………. 41
III.3.2. Norme de rejet des effluents industriels ………………………………… 42
III.4. Conclusion ………………………………………………………………… 43
Partie II : Eaux pluviales
Chapitre I : Pollution des eaux pluviales
I.1. Introduction ….……………………………………………………………… 44
I.2. Caractérisation des eaux pluviales ………………………………………….. 47
I.3. Méthodes utilisables pour la réduction de la pollution …………………….. 50
I.3.1. Les principes d’une gestion intégrée de l’eau ……………………………. 50
I.3.1.1. Vous pouvez restreindre la collecte des eaux pluviales... ………………. 50
I.3.1.2. Vous pouvez limiter le ruissellement à la source ……………………….. 50
I.3.1.3. Vous devez réguler les flux collectés 51
I.3.1.4. Pour piéger la pollution à la source, la décantation et la filtration
constituent le traitement le plus efficace ………………………………………... 51
I.3.2. Principes pour limiter la pollution des eaux pluviales et leur impact sur les
milieux aquatiques ………………………………………………………………. 51
I.3.2.1. Agir à la source …………………………………………………………. 53
I.3.2.2. Favoriser la décantation et la filtration ………………………………….. 53
I.3.2.3. Limiter la concentration des polluants aux points de rejets ……………. 54
I.3.2.4. Préférer les solutions faciles à contrôler et à entretenir ………………… 54
I.4. Principes généraux pour la gestion des eaux pluviales ……………………... 55
I.4.1. Généralités ………………………………………………………………… 55
Sommaire

I.4.2. Critères de qualité pour la protection de la vie aquatique et des milieux 56


récepteurs ………………………………………………………………………...
I.4.3. Critères de qualité pour la protection de la faune terrestre piscivore ……... 56
I.4.4. Critères de qualité pour la protection des activités récréatives et des
aspects esthétiques ………………………………………………………………. 57
I.4.5. Résumé des critères et sélection d’un plan de gestion des eaux pluviales ... 57
I.5. Conclusion …………………………………………………………………... 59
Bibliographie …………………………………………………………………… 60
Partie I :
Eaux usées urbaines
Cours Pollution des eaux
ème
2 année Master Hydraulique Dirigé par Dr : BOUCHEMAL F

Partie 1 : Eaux usées urbaines

Chapitre I : Pollution et vie aquatique

I.1. Introduction

La pollution peut être définie de plusieurs façons : La pollution de l’eau survient lorsque
des matières sont déversées dans l’eau qui en dégrade la qualité. La pollution dans l’eau
inclut toutes les matières superflues qui ne peuvent être détruites par l’eau
naturellement. Autrement dit, n’importe quelles matières ajoutées à l’eau qui est au –
delà de sa capacité à le détruire est considérée comme de la pollution. La pollution peut,
dans certaines circonstances, être causée par la nature elle-même, comme lorsque l’eau
coule par des sols qui a un taux élevé d’acidité. Par contre, la plupart du temps se sont
les actions humaines qui polluent l’eau.

I.2. Définition de la pollution

La pollution est l’introduction ou la présence d’un altéragène dans un milieu et le résultat


de son action. Cette pollution est essentiellement attribuée aux activités humaines, mais
quand on analyse les différentes pollutions produites, on s’aperçoit qu’en dehors de
l’homme qui est au centre de cette responsabilité, il y a aussi des causes naturelles (les
volcans, les orages, les tremblements de terre, etc.).
La distinction entre eau polluée et eau non polluée est souvent relative et dépend des
exigences d’utilisation.
Les experts assimilaient la pollution à “une composition ou à un état directement ou
indirectement modifiés du fait de l’activité de l’homme de telle façon que cela se traduit
par une moindre utilisation de l’eau”.
Plusieurs définitions ont été proposées pour le terme « pollution » parmi lesquelles :
Définition selon le dictionnaire Larousse

La pollution est une dégradation d’un milieu naturel par des substances chimiques et des
déchets industriels ou naturels (à l’exemple des ordures ménagères).

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 1


Cours Pollution des eaux
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2 année Master Hydraulique Dirigé par Dr : BOUCHEMAL F

Définition admise par le comité scientifique officiel de la Maison-Blanche


pour la protection de l’environnement en 1965

La pollution est une modification défavorable du milieu naturel qui apparaît en totalité ou
en partie comme le sous-produit de l’action humaine, au travers d’effets directs ou indirects
altérant les modalités de répartition des flux d’énergie, des niveaux de radiation, de la
constitution physico-chimique du milieu naturel et de l’abondance des espèces vivantes.
Ces modifications peuvent affecter l’homme directement ou au travers des ressources en
produits agricoles, en eau, et autres produits biologiques.
Elles peuvent aussi l’affecter en altérant les objets physiques qu’il détient, les possibilités
régénératrices du milieu ou encore en enlaidissant la nature.

La pollution est la conséquence de l’introduction de matières, en quantité suffisamment


importante pour perturber son fonctionnement habituel à cours, moyen, ou long terme. La
plus part du temps elle est due à l’activité de l’homme mais pas toujours.
Pour cerner correctement la notion de pollution par un effluent, il faut intégrer plusieurs
facteurs qui caractérisent l’eau usée et le site ou elle est rejetée :
 La nature des produits incriminés,
 Leurs concentrations (leurs quantités) dans l’eau usée,
 La durée pendant laquelle elle est rejetée,
La sensibilité du milieu récepteur, c’est à dire, de l’écosystème qui recevra ces produits !
A quantité égale tous les produits n’ont pas le même impact polluant. Il peut être plus ou
moins important en fonction de leur nature.
Ceux qui ont un impact important à faible concentration sont dits « toxiques » parce que,
présents en faible quantité, ils vont modifier de manière importante et dans un sens négatif,
l’équilibre de l’écosystème. Cela peut être le cas de métaux lourds, de cyanures, d’arsenic
ou des molécules qui sont utilisées pour les traitements phytosanitaires.
L’introduction d’un polluant dans un écosystème peut modifier l’équilibre d’une
communauté microbienne et permettre le développement de bactéries pathogènes qui
peuvent être à l’origine de maladies chez l’homme, les animaux ou les plantes…

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 2


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Lorsqu’une eau usée est récupérée dans un réseau de tuyau par exemple, elles sont
disponibles pour être traitées en un point précis. C’est ce que l’on appelle la pollution
localisée, c’est une pollution provenant d’un site facile à localisé, et peut être par exemple
le point de rejet d’un effluent ou une zone contaminée. C’est une source fixe et
généralement d’émission polluantes importantes (voir figure 1).

Figure 1 : La pollution localisée (ponctuelle)

Par contre quand des produits chimiques sont répartit dans les champs (comme les engrais,
ou des produits phytosanitaires), seulement une partie de ce qui a été répandu sera absorbés
par les plantes ou transformés par les micro-organismes du sol.
Les restes qui ne seront pas consommés peuvent être « polluants » car ils seront emportés
par les pluies et vont modifier l’équilibre de l’écosystème naturel en d’autres endroits.
L’homme ne peut à posteriori rien faire pour éliminer cette pollution, parce qu’elle est
répartie sur de grandes surfaces (ou dans de grands volumes d’eau). On la qualifiera de
pollution diffuse (voir figure 2), cette pollution due non pas à des rejets ponctuels et
identifiables, mais à des rejets issus de toute la surface d’un territoire et transmis à
l’environnement de façon directe.

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 3


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Les sources diffuses se caractérisent par des apports de substances émises par des sources
mobiles, des sources couvrant de larges étendues ou un grand nombre de sources de
pollution d’émission faible.
Les pollutions par des sources ponctuelles sont souvent plus faciles à traiter (en installant
par exemple un filtre au niveau du tuyau par lequel les produits polluants sont rejetés dans
le milieu naturel), alors que les émissions polluantes provenant de sources diffuses sont
difficiles à recenser, à mesurer et donc à contrôler.

Figure 2 : La pollution diffuse

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 4


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Le tableau suivant récapitule les différences entre les deux types de pollution

Tableau 01 : Les différences entre la pollution diffuse et la pollution ponctuelle


Pollution diffuse Pollution ponctuelle
 Concentrations faibles  Concentrations très élevées
 Surfaces élevées  Surfaces affectées faibles
 Origine mal définie  Origine bien définie
 Risque à court et long terme  Risques à court terme
Exemple Exemple
 Nitrates  Accident industriel
 Métaux lourds  Pollution chronique
 Pesticides

On conclusion, La pollution de l'eau est une altération qui rend son utilisation
dangereuse et perturbe l'écosystème aquatique. Elle peut concerner les eaux
superficielles (rivières, plans d'eau) et/ou les eaux souterraines.

I.3. Classification des termes concernant la pollution

On appelle pollution de l’eau toute modification de la composition de l’eau ayant un


caractère gênant ou nuisible pour les usages humains. Cette modification peut être causée
par l'ensemble des rejets de composés toxiques que l'homme libère dans l’écosphère. On
peut utiliser divers critères de classification, reposant sur l’origine, la nature des polluants,
la nature des nuisances créées (répercussions sur la santé publique, sur l’équilibre
écologique en rivière ou en lac…), ou selon d’autres critères.

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 5


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I.3.1. Classification selon le type de polluant

Il existe plusieurs manières de classer la pollution. Selon le type de polluant, on peut classer
la pollution en trois catégories : pollution physique, pollution chimique et pollution
biologique.

I.3.1.1. Pollution physique

Il s'agit d'une pollution qui se traduit par la présence des particules de taille et de matière
très variés dans l’eau, qui lui confèrent un caractère trouble. On distingue aussi les matières
décantées (plus lourdes que l’eau), les matières flottables (plus légères que l'eau) et les
matières non séparables (de même densité que l'eau).
On parle de ce type de pollution quand le milieu pollué est modifié dans sa structure
physique par divers facteurs. Elle regroupe la pollution mécanique (effluents solides), la
pollution thermique (réchauffement de l’eau par des usines) et la pollution nucléaire
(retombées de radioéléments issus des explosions d’armes nucléaires, résidus des usines
atomiques et accidents nucléaires).

Figure 3 : Pollution thermique


I.3.1.2. Pollution chimique

Elle est due au déversement des rejets industriels apportant de grandes quantités de
substances chimiques dont certaines sont non dégradables.

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 6


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L’enrichissement des sols pour intensifier l’agriculture par diverses catégories d’engrais et
de pesticides est également à l’origine de la pollution chimique des sources et des nappes
souterraines. Ces substances exercent un effet toxique sur les matières organiques et les
rendent plus dangereuse. (Les polluants chimiques sont classés en cinq catégories.
 Les polluants chimiques dits indésirables (nitrate, les composés phosphorés et les
sels ammoniacaux).
 Les polluants chimiques toxiques.
 Les pesticides et produits apparentés.
 Les hydrocarbures.
 Les détergents.

Figure 4 : Pollution chimique


I.3.1.3. Pollution biologique

Il s’agit de la pollution par les micro-organismes (bactéries, virus, parasites, champignons,


efflorescences planctoniques, etc.).
L’importance de la pollution dépend également des conditions d’hygiène des populations,
mais aussi des caractéristiques écologiques et épidémiologiques.
Les principaux organismes pathogènes qui se multiplient ou qui sont transportés dans l’eau
sont : les bactéries, les virus, les parasites et les champignons. On parle ainsi de pollution
bactérienne, virale ou parasitaire.

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 7


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Figure 5 : Pollution bactériologique

I.3.2. Classification selon l’origine de la pollution

Selon l’origine de la pollution, on distingue quatre catégories : pollution domestique,


urbaine, agricole et pollution industrielle.
I.3.2.1. Pollution domestique

Elles proviennent des différents usages domestiques de l'eau. Elles sont essentiellement
porteuses de pollution organique. Elles se répartissent en eaux ménagères, qui ont pour
origine les salles de bains et les cuisines, et sont généralement chargées de détergents, de
graisses, de solvants, de débris organiques, etc. et en eaux "vannes" ; il s'agit des rejets des
toilettes, chargés de diverses matières organiques azotées et de germes fécaux.
La pollution journalière produite par une personne utilisant de 150 à 200 litres d'eau est
évaluée à :
 De 70 à 90 grammes de matières en suspension ;
 De 60 à 70 grammes de matières organiques ;
 De 15 à 17 grammes de matières azotées 4 grammes de phosphore ;
 Plusieurs milliards de germes pour 100 ml.

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 8


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Figure 6 : Pollution domestique

I.3.2.2. Pollution urbaine

Ce sont les eaux des habitations et des commerces qui entrainent la pollution urbaine de
l’eau. Les polluants urbains sont représentés par les rejets domestiques, les eaux de lavage
collectif et de tous les produits dont se débarrassent les habitants d’une agglomération
notamment des rejets industriels rejetés par les entreprises en quantités variables selon
l’importance de l’agglomération et son activité.
Le « tout –à- l’égout » est une expression significative ; elle exprime cette diversité.
On trouve les excréments, les restes d’aliments, les déversements d’abattoirs, les
déversements hospitaliers, les lessives, les détergents, les insecticides, les hydrocarbures,
les déchets de la petite industrie et divers produits toxiques.

Figure 7 : Pollution urbaine

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 9


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I.3.2.3. Pollution agricole

L’agriculture, l’élevage, l’aquaculture et l’aviculture sont responsables du rejet de


nombreux polluants organiques et inorganiques dans les eaux de surface et souterraines.
Ces contaminants comprennent à la fois des sédiments provenant de l’érosion des terres
agricoles, des composés phosphorés ou azotés issus des déchets animaux et des engrais
commerciaux, notamment des nitrates.
Utilisation des engrais en agriculture : La modernisation de l’agriculture et son
intensification ont été généralement accompagnées d’une utilisation abusive et non
rationnelle des engrais azotés, notamment.
Utilisation des pesticides en agriculture : Les pesticides sont utilisés en agriculture pour
protéger les cultures et les récoltes contre les insectes prédateurs afin d’augmenter les
rendements. Le lessivage de ces produits phytosanitaires utilisés en agriculture entraine la
contamination des eaux par des substances toxiques (pesticides). Par ailleurs, les pesticides
ne sont pas biodégradables.

Figure 8 : Pollution agricole


I.3.2.4. Pollution industrielle

Le développement accéléré des techniques industrielles modernes a engendré une pollution


très importante. En effet, celle-ci est devenue plus massive, plus variée et plus insidieuse.
Devant l’extrême diversité de ces rejets, une investigation propre à chaque type d’industrie
est nécessaire : il est donc primordial d’être parfaitement informé sur les procédés de
fabrication et le circuit des réactifs et des produits.

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 10


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Il est évident que les effluents déversés sans traitement approprié entraînent des
changements indésirables dans le milieu récepteur et des pollutions très néfastes.
A ce propos, parmi les grandes industries polluantes, l’industrie textile occupe une place
suffisamment importante pour être prise en compte.

Figure 9 : Pollution industrielle

Le tableau suivant récapitule les différents types de pollution

Tableau 02 : Les différents types de la pollution

Types de pollution Nature Sources


Physique
Pollution thermique rejets d’eau chaude centrales thermiques
Pollution radioactive radio-isotopes installations nucléaires
Matière organique glucides, lipides, protides Effluents domestiques,
agricoles…
ammoniac, nitrates élevages et piscicultures
Chimique
fertilisants nitrates, phosphates agriculture, lessives
métaux et métalloïdes Hg, Cd, Pb, Al, As… industrie, agriculture,
pluies acides
pesticides insecticides, herbicides agriculture, industrie
organochlorés PCB, solvants industrie
composés org de synthèse nombreuses molécules industrie
détersifs agents tensio-actifs effluents domestiques
hydrocarbures pétrole et dérivés industrie pétrolière,
transports
Microbiologique Bactéries, virus, effluents urbains et
champignons d’élevage

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 11


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I.4. Nature de la pollution

Diverses formes de pollution affectent les ressources en eau. La pollution « thermique »


(figure 10) est la conséquence du déversement dans le milieu aquatique « fleuves, eau
littorales) de quantités considérables d’eau utilisées pour le refroidissement, surtout lors de
la production d’énergie électrique par les centrales thermiques ou nucléaires. L’élévation
excessive de la température de l’eau fluviale, surtout en période d’étiage, peut modifier
l’équilibre biologique des eaux au regard des espèces piscicoles et faciliter le
développement d’amibes libres, pathogènes pour les baigneurs.

Figure 10 : Déversement des eaux chaudes dans le milieu aquatique


En entend par la pollution de l’eau, la modification néfaste de la composition des eaux par
l’ajout des substances susceptibles d’altérer leur qualité, leur aspect esthétique et
compromettre leur consommation. La pollution se manifeste généralement sous quatre
formes principales :
 Organique.
 Microbiologique.
 Minérale.
 Toxique (minérale et organique).
A chacune de ces formes de pollution correspond nécessairement une modification du
milieu récepteur qui se traduit indirectement et à plus ou moins long terme, par des
conséquences néfastes sur l’individu.

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 12


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I.4.1. Pollution organique

La pollution organique constitue souvent la fraction la plus importante d’autant plus que
dans son acceptation la plus large, cette forme de pollution peut être considérée comme
résultant de diverses activités (urbaines, industrielles, artisanales et rurales) chaque activité
rejette des composées spécifiques biodégradables ou pas. On distingue pour les eaux usées
urbaines les matières organiques banales (protides, lipides, glucides), les détergents
(anioniques, cationiques, non ioniques), les huiles et goudrons. Il est à noter l’existence
d'autres substances organiques utilisées ou fabriquées industriellement, c'est le cas des
phénols, des aldéhydes et des composés azotés.
I.4.2. Pollution microbiologique

Cette pollution est due à la présence d’une multitude d’organismes vivants dans les eaux
Usées apportés par les excréments d’origines humaine ou animale.
Ces bactéries jouent le rôle de témoins de pollution.
I.4.3. Pollution minérale

Il s’agit d’effluents constitués essentiellement de métaux lourds en provenance des


industries métallurgiques, de traitement de minerais. On peut citer quelques-uns, comme
le plomb, le cuivre, le fer, le zinc, le mercure. Il y'a aussi le cas de certains sels provenant
de l’agriculture.
Ces substances suscitées peuvent causer :
 Des problèmes sur l’organisme de l’individu.
 Perturbation de l’activité bactérienne en station d’épuration.
 Affectation des cultures agricoles.

I.5. Degré de la pollution

I.5.1. Influence de la pollution sur la vie aquatique

Dans l’eau d’un lac, il y a des algues, des végétaux aquatiques des insectes, du plancton,
des micro-organismes, de petits et de gros poissons… et des gaz dissous dans l’eau
(comme le gaz carbonique et l’oxygène). Ce petit monde s’organise pour vivre
tranquillement (figure 11). Cela signifie que :

Chapitre I : Pollution et vie aquatique 13


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L’oxygène diffuse à travers l’interface air-eau pour se dissoudre dans l’eau.


Les végétaux aquatiques, les algues, récupèrent le gaz carbonique, les sels minéraux de
l’eau, utilisent la lumière pour la photosynthèse et rejettent de l’oxygène dans l’eau.
Les poissons consomment l’oxygène qu’il y a dans l’eau et mangent les plantes, les
algues, les insectes, et les gros poissons … mangent les petits poissons.
Les micro-organismes (des bactéries, par exemple) utilisent la matière organique et
minérale et l’oxygène présent dans l’eau pour se développer et se multiplier.
Comme cette matière organique est présente en faible quantité, ils ne se multiplient que
très lentement et donc, ne consomment que peu d’oxygène … ce qui en laissera au poisson
pour respirer.
La lumière qui traverse le volume d’eau va servir aux algues, aux plantes aquatiques
pour produire de l’oxygène qui servira lui aussi, aux poissons, aux bactéries…
Et tout cela vit dans un certain équilibre et tout s’arrange tranquillement, et tout va pour le
mieux dans le meilleur des mondes…

Figure 11 : exemple de transfert de matière et d’énergie dans un écosystème


lacustre.

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Le problème va arriver quand on va introduire, en quantité significative, de la matière


organique ou minérale, dans ce lac. Elle va entraîner une modification des caractéristiques
de cet équilibre même si elle est d’origine naturelle. Pourquoi ?
Cette matière est polluante car elle devient un nouveau substrat pour les microorganismes
qui vont la consommer très rapidement (figure 12).
En même temps, ils vont, consommer plus d’oxygène (qui est dissous dans l’eau).
Ils peuvent consommer tellement d’oxygène qu’il n’y en aura plus assez pour les poissons.
Ils vont mourir par asphyxie.
La prolifération des micro-organismes va rendre l’eau plus opaque et va empêcher la
lumière d’atteindre les algues et diminuer ainsi la production d’oxygène dans l’eau ce qui
va amplifier l’asphyxie des poissons.
Alors quel sont les principaux facteurs introduits qui peuvent modifier l’équilibre d’un
écosystème ?
Les matières organiques ou minérales, d’origines naturelles ou non.
Des produits dit « toxiques » car de petites concentrations ont de grands impacts,
Des particules ou des colorants qui vont empêcher la lumière d’atteindre les algues,
Une température élevée ou très basse qui va détruire les êtres vivants qui ne sont pas
adapté.
L’introduction d’un organisme prédateur peut générer un nouvel écosystème (poisson
vorace par exemple, ou une algue qui s’installe à la place de toutes les autres).

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Figure 12 : Exemple d’impact de l’introduction d’un polluant dans un lac.

L’effet de ces pollutions conduit à la modification, voir plus souvent, à une réduction
importante de la bio-diversité.
Un produit naturel, composé de matière facilement consommable par les microorganismes
(comme le sucre par exemple) peut donc devenir un polluant si elle est rejetée en grande
quantité dans le milieu naturel.

I.5.2. Phénomène d’Eutrophisation

I.5.2.1. Définition

L'eutrophisation (du grec eu : « bien, vrai » et trophein : « nourrir ») est le processus par
lequel des nutriments s'accumulent dans un milieu ou un habitat (terrestre ou aquatique).
Les causes sont multiples et peuvent donner lieu à des situations d'interaction complexes
entre les différents facteurs. Les nutriments concernés sont principalement l'azote
(provenant surtout des nitrates agricoles et des eaux usées, et secondairement de la
pollution automobile), et du phosphore (provenant surtout des phosphates agricoles et des
eaux usées). L'ensoleillement ou la température de l’eau (qui tend à augmenter avec le
dérèglement climatique) peuvent exacerber l'eutrophisation.

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Figure 13 : exemple d’un milieu eutrophie

L’eutrophisation des milieux aquatiques est un déséquilibre du milieu provoqué par


l'augmentation de la concentration d’azote et de phosphore dans le milieu. Elle est
caractérisée par une croissance excessive des plantes et des algues due à la forte
disponibilité des nutriments. Les algues qui se développent grâce à ces substances
nutritives absorbent de grandes quantités d'oxygène, lorsqu'elles meurent et se
décomposent.

Leur prolifération provoque l'appauvrissement, puis la mort de l'écosystème aquatique


présent : il ne bénéficie plus de l'oxygène nécessaire pour vivre, ce phénomène est appelé
« asphyxie des écosystèmes aquatiques ».

Le degré d'eutrophisation décrit l'état trophique (agronomique ou écologique) d'un milieu


terrestre ou aquatique ou d'un agroenvironnement où des êtres vivants sont exposés à un
« excès » chronique de nutriments. Quand elle a une origine anthropique, depuis les
révolutions agricoles et industrielles, l'eutrophisation apparait généralement conjointement
à une acidification du milieu, qui peut aussi rendre les espèces plus vulnérables à certaines
pollutions et maladies. Dans les cas extrêmes, on parle de dystrophisation. L'eutrophisation
a des coûts sociaux-environnementaux et juridiques et financiers importants.

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I.5.2.2. Les cause d’Eutrophisation

L'eutrophisation devient un problème écologique et économique quand il y a déséquilibre


entre un apport excessif et la consommation naturelle de nutriments par l'écosystème :

 azote, sa déposition sur terre se présente en deux formes liquides comme en pluie
ou de la neige et gazeuse causé par la pollution, l'acidité de la pluie peut aussi
influencer la concentration de nutriments dans l'eau. Principalement issue d'une
« pollution diffuse » introduit dans le milieu terrestres ou aquatique sous trois
formes minérales qui sont l’ammonium (ou azote ammoniacal, le plus directement
et rapidement toxique pour les organismes aquatiques), les nitrites (ou azote
nitreux) et les nitrates (ou azote nitrique), chacune de ces formes ayant une
écotoxicité et une toxicité différente,
 carbone (carbonates, hydrogénocarbonates, matières organiques…)
 phosphore, qui est généralement le facteur limitant dans les milieux naturels d'eau
douce tandis que l'azote est limitant en milieu marin (loi de Liebig). Ce sont souvent
les phosphates (orthophosphates, polyphosphates) qui permettent l'emballement du
processus, mais le taux de saturation en phosphore n'est pas à lui seul un bon
indicateur de risque.
 Le débit du renouvellement d'eau joue un rôle important dans l'eutrophisation, l'eau
stagné a plus de potentiel à collecter des nutriments qu'une eau renouvelée, il a déjà
aussi été prouvé que les terres humides qui ont tendance à sécher entraînent une
augmentation concentrée de nutriments qui ultérieurement causera ce phénomène.

Ce milieu déséquilibré est dit dystrophe et peut devenir hypertrophe. Pour les trois
nutriments évoqués ci-dessus, des variations de conditions du milieu abiotique (oxydo-
réduction) ou biotique (sous l'influence de l'activité bactérienne et des racines, ainsi que du
métabolisme végétal, fongique et animal) peuvent faire passer l'azote, le carbone et le
phosphore de l'une de leurs formes à une autre. Or ces formes sont plus ou moins toxiques
ou écotoxiques.

Ce processus a comme principales origines :

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 des épandages agricoles de fumiers, lisiers ou engrais chimiques trop fréquents ou


trop concentrés (en azote et phosphore). Une carence en potassium peut parfois
aussi être en cause ;
 des rejets industriels ou urbains d'eaux usées ou de boues d'épuration trop riches en
nitrates, ammonium, phosphore et matières organiques incomplètement traitées ;
 l'adjonction de polyphosphates dans les lessives...

La conjonction de ces phénomènes a fait de l'eutrophisation un processus fréquent,


atteignant même les zones océaniques, pouvant provoquer l'extension de zones mortes), ou
le développement d'algues toxiques, telles Dynophysis, sur les littoraux, par exemple en
Bretagne (France). Dans certaines régions, comme en Bretagne, les marées vertes et
certaines algues toxiques semblent principalement dues au rejet du lisier provenant de
l'élevage porcin (densément implanté en Bretagne).

Dans l'acception courante, l'eutrophisation est donc souvent synonyme de pollution, bien
que cette dernière puisse revêtir bien d'autres aspects : contamination biologique (bactéries,
parasites…), chimique (pesticides, métaux, solvants…) ou physique (chaleur,
radionucléides…).

La pêche en milieux fermés ou cours d'eau très lents (canaux notamment) est une cause
d'eutrophisation voire d'anoxie (eau) lorsque les rempoissonnements sont excessifs ou que
des boules d'amorce riches en nutriments sont jetées dans des étangs fermés, canaux ou
cours d'eau à courant lent (cause de turbidité). Une étude récente a montré que la pêche en
mer est aussi à l'origine d'un impact important sur le cycle marin de l'azote.

Toutefois, les principaux facteurs de maîtrise sont connus : réduire les apports du bassin
versant en phosphore (pour les cours d'eau, lacs et lagunes littorales) et en nitrates
(impactant pour les lagunes littorales), améliorer la qualité physique du milieu (lutter contre
l'érosion des sols, contre la diminution des zones humides périphériques des plans d'eau et
lagunes, etc.).

On résume dans le tableau suivant les principaux effets des polluants.

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Tableau 03 : Impacts des polluants sur la santé et sur l’environnement

Polluants Effets environnementaux Effets sanitaires


Les matières en - Eaux plus troubles : perturbe la - Transportent des polluants ;
suspension photosynthèse, la respiration des ce qui augmente les risques
poissons et colmate les milieux d’absorption de substances
aquatiques toxiques par l’organisme
Pollution organique - Asphyxie du milieu par -Favorise le développement
consommation de l’oxygène d’organismes pathogènes pour
dissous, mort des poissons l’Homme

-Simulation de la production
végétale (eutrophisation) et
accumulation de boues

-Faiblement biodégradable
Azote (nitrates, - Eutrophisation des milieux - Nitrates : empoisonnement
nitrite), phosphore aquatiques par excès de matières du sang chez les nourrissons
nutritives pour les végétaux par blocage de l’hémoglobine
(algues) et conduisant à l’asphyxie interdisant le transport de
des milieux l’oxygène (maladie bleue)

- Toxicité de l’ammoniaque et des - Nitrites : cancers à long terme


nitrites pour la faune aquatique chez les adultes (même à faible
concentration si associés à
certains pesticides)
Métaux Non biodégradables, - Troubles respiratoires,
bioaccumulables digestifs, nerveux, ou cutanés

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- Arsenic, Nikel et chrome


sont également comme
cancérigènes

Pesticides - Substances très dangereuses pour - Les plus toxiques : les


les milieux aquatiques insecticides

- Polluants organiques persistantes - Effets reprotoxiques


(malformations, stérilité,
S’adsorbent et s’accumulent dans
troubles de la reproduction),
certains compartiments (sédiments,
mutagènes et cancérogènes.
matières organiques, chaine
alimentaire

I.6. Conclusion

Si la qualité des milieux aquatiques s’est nettement améliorée au cours des dernières années
dans les pays développés, des défis majeurs restent à relever dans le futur pour traiter les
pollutions qui y persistent. Concernant les pays émergents, la tâche est encore plus lourde
pour faire face à la croissance générale et rapide de leur niveau de pollution. Les nuisances
de la pollution azotée et phosphorée sont nombreuses et variées comme l'eutrophisation du
milieu récepteur. Dans un souci de protéger les milieux récepteurs d’épuration.

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Chapitre II : Conséquences et paramètres de la pollution

II.1. Introduction

La pollution de l’eau peut être non seulement visible - c’est le cas des bouteilles, des sacs
plastiques ou de tout autre détritus solide - mais elle peut aussi être invisible comme la
pollution par les nitrates (liée aux excréments des animaux concentrés dans des élevages
extensifs) ou les métaux lourds (déversés par les industries).
Ce type de pollution est souvent bien plus dangereux.

II.2. Conséquences de la pollution

Les conséquences d’une pollution peuvent être classées en cinq catégories principales :
sanitaires, écologiques, esthétiques, agricoles, industrielles.
II.2.1. Conséquences sanitaires
Les conséquences sanitaires sont celles à prendre en compte en priorité. Elles peuvent être
liées à l’ingestion d’eau, de poissons intoxiqués…etc., mais aussi, au simple contact avec
le milieu aquatique (cas de nombreux parasites). On peut noter qu’il ne s’agit pas toujours
de problèmes de toxicité immédiate, les conséquences sanitaires pouvant intervenir au
travers de phénomènes complexes, que nous ne développerons pas ici.
La conséquence sanitaire d’une pollution est variable dans le temps en fonction de l’usage
de l’eau : par exemple, la pollution d’une nappe non exploitée n’a aucune conséquence
sanitaire immédiate, mais peut en avoir longtemps après, si on utilise cette eau pour
l’alimentation en eau potable (A. E. P.)
II.2.2. Conséquences écologiques
Les conséquences écologiques se mesurent en comparant l’état du milieu pollué par rapport
à ce qu’il aurait été sans pollution. Ceci n’a rien d’évident, la pollution se traduisant parfois
uniquement par l’accentuation d’un phénomène naturel. D’une manière générale, les
conséquences écologiques sont à considérer au travers de la réduction des potentialités
d’exploitation du milieu (pêche, aquaculture, tourisme, …)

Conséquences et paramètres de pollution 22


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II.2.3. Conséquences esthétiques


Il s’agit de pollutions n’ayant pas de conséquences sanitaires ou écologiques importantes,
mais perturbant l’image d’un milieu (par exemple, par des bouteilles plastiques).
Les conséquences esthétiques sont, par définition, les plus perceptibles, et c’est donc celles
dont les riverains et le grand public auront, en premier, conscience. On peut également
distinguer deux autres conséquences liées à l’utilisation de l’eau comme produit.
II.2.4. Conséquences agricoles
L’eau est, dans certaines régions, largement utilisée pour l’arrosage ou l’irrigation sous
forme brute (non traitée). La texture du sol (complexe argilo humique), sa flore
bactérienne, les cultures et le bétail, sont sensibles à la qualité de l’eau. De même, les boues
issues du traitement des eaux usées pourront, si elles contiennent des toxiques (métaux
lourds) être à l’origine de la pollution des sols, en cas d’épandage.
II.2.5. Conséquences industrielles

L’industrie est un gros consommateur d’eau : il faut par exemple 1m3 d’eau pour produire
1kg d’aluminium. La qualité requise pour les utilisations industrielles est souvent très
élevée, tant sur le plan chimique (pour limiter la minéralisation, corrosion, entartrage), que
biologique (problème de biofouling, c’est-à-dire d’encrassement des canalisations par des
organismes). Le développement industriel peut donc être stoppé ou retardé par la pollution.
Généralement, les différents types de pollution sont mélangés et agissent les uns sur les
autres. En effet, un rejet n’est jamais une source unique et un égout rejette des déchets de
différentes natures, en plus des déjections domestiques et animales.
L’organisation mondiale de la santé (OMS) considère que 80% des maladies qui affectent
la population mondiale sont directement véhiculées par l’eau : des dizaines, voire des
centaines de millions de personnes sont atteintes en permanence de gastro-entérites, 160
millions de paludisme et 30 millions d’onchocercose. Malgré les apparences, la
transmission des maladies par une eau polluée n’est pas l’apanage des pays en voie de
développement et l’élaboration de normes sur les eaux de consommation vise à fournir aux
consommateurs une eau qui ne constitue pas un risque pour la santé.

Conséquences et paramètres de pollution 23


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En définitive la pollution des eaux par les matières organiques est un problème mondial
dont les aspects et la portée sont évidemment différents selon le niveau de développement
des pays. Il importe que les concentrations des produits polluants soient les plus faibles
possible.
La prévention est donc essentielle et repose sur les trois aspects suivants :
L’aspect réglementaire qui consiste à fixer des normes ;
L’aspect sanitaire qui comporte en particulier le contrôle technique des installations ; Les
aspects scientifique et technologique qui correspondent à l’amélioration des procédés de
dépollution.
On peut résumer les conséquences de la pollution dans les points suivants :
 Les matières organiques solubles abaissent la teneur en Oxygène dans les cours
d'eau, ce qui conduit à la réduction et à la mort de la faune aquatique.
 Les matières en suspension, s'accumulent au fond des cours d'eau, lacs et étangs et
causent l'augmentation de la turbidité.
 Les acides sont toxiques à la vie aquatique et détériorent les réseaux d'égaux.
 Les huiles et les graisses flottants conduisent au colmatage des conduites et donnent
un aspect esthétique indésirable.
 Les matières toxiques et métaux lourds sont toxiques à la vie aquatique.
 Le phosphore et l'azote conduit à l'eutrophisation des cours d'eau.
 Les coliformes fécaux et pathogènes participent à la contamination bactériologique
des cours d'eau.
II.3. Paramètres de la pollution
Habituellement, le potentiel de pollution d’une eau est apprécié par une série d’analyse
physico-chimiques dont certaines tentent de reproduire les modifications que cette eau sera
susceptible d’apporter dans le milieu où elle sera rejetée. Ces mesures sont complétées par
des analyses plus spécifique et à l’origine de nuisances majeures, tel que le phosphore ou
l’azote.
Dans certains cas particuliers, des produits toxiques peuvent être recherchés.

Conséquences et paramètres de pollution 24


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II.3.1. Paramètres physiques

II.3.1.1. Matières en suspension (MES)

Elles représentent les matières qui ne sont ni n’a l’état soluble ni a l’état colloïdal, donc
retenues par un filtre. Les MES, qui comportant des matières organiques et minérales,
constituent un paramètre important qui marque le degré de pollution d’un effluent urbain
ou même industriel.
II.3.1.2. Température

C’est un paramètre souvent négligé dans les collecteurs urbains, mais qui devrait être plus
souvent mesuré, surtout dans le cas de rejet industriel dans le réseau. Le fonctionnement
de certains ouvrages d’épuration, notamment les dégraisseurs, est sensible à des
températures trop élevées. Ainsi, tout rejet doit être inférieur à 30°c.
II.3.1.3. Conductivité

C’est une mesure simple, qui se pratique avec une électrode et fournit une indication
précise sur la concentration totale en sels dissous. Par comparaison avec la conductivité de
l’eau potable, il est possible de juger rapidement si des apports importants, en particulier
industriels, ont lieu dans le réseau d’assainissement. Le résultat est donc exprimé en micro
siemens par centimètre (μs/cm).
II.3.1.4. Les matières volatiles en suspension (MVS)

C’est la partie des matières en suspension susceptibles d'être volatilisées à 550° C. Les
MVS sont généralement assimilées aux matières organiques en suspension. Ils s’expriment
en mg/l.
II.3.2. Paramètres chimiques

II.3.2.1. Demande Biochimique en Oxygène (DBO)

Elle représente la quantité d’oxygène dépensée par les phénomènes d’oxydation


chimiques, d’une part, la dégradation des matières organiques pare voie aérobie, nécessaire
à la destruction des composés organiques, d’autre part. En effet, dans un effluent complexe,
ces deux types d’oxydation se superposent, d’où l’emploi du terme biochimique.

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Pour être complète, l’oxydation biologique nécessite un temps de 20 à 28 jours, on mesure


dans ce cas la DBO ultime ou DBO21 ou DBO28 ; cette période étant longue, on a choisi par
convention une mesure après 5 jours d’incubation appelée DBO 5.
La DBO représente seulement la pollution organique carbonée biodégradable.

II.3.2.2. Demande Chimique en Oxygène (DCO)

Elle représente la teneur totale de l’eau en matières organiques, qu’elles soient ou non
biodégradables.
II.3.2.3. Matières oxydables (MO)

Ce paramètre est utilisé pour caractériser la pollution organique de l’eau. Il se définit à


partir de la DBO5 et de la DCO selon la formule suivante :
MO = (2 DBO5 + DCO) / 3…………………………………………………………… (1)

II.3.2.4. Le pH

Le pH mesure la concentration des ions H+ dans l’eau. Il caractérise un grand nombre


d’équilibre physico-chimiques. La valeur du pH influe la croissance des micro-organismes
présents dans l’eau, la plupart des bactéries par exemple peuvent croitre dans une gamme
de pH comprise entre 5 et 9, l’optimum étant situ entre 6,5 et 8,5. Des valeurs inférieures
à 5 ou supérieures à 9 affectent la survie des micro-organismes aquatiques selon l’OMS.
II.3.2.5. Le carbone organique total (COT)

Il ne représente que le carbone présent dans les composés organiques. La valeur de (COT),
contrairement à la DBO, détermine complètement les composés difficilement ou non
dégradables biochimiquement, qui sont d’une grande importance pour l’évaluation de la
pollution de l’eau et des effluents.

II.3.2.6. Les sels nutritifs

Les nutriments sont des éléments qui peuvent se présenter dans les eaux usées urbaines,
sous forme organique ou minérale. Ils sont responsables de l’eutrophisation des milieux
aquatiques.

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La connaissance des quantités des nutriments contenus dans l’eau usée est donc
indispensable pour le contrôle de la qualité des nutriments dans les effluents épurés avant
de les rejeter dans le milieu récepteur
A- Le phosphore

Le phosphore se présente dans les eaux résiduaires brutes sous deux formes :
- Organique : d'origine industrielle ou biologique provenant des matières fécales.
- Minérales : les ortho et poly phosphates provenant de lessive, d'engrais phosphatés.
L'apport journalier de phosphore est d'environ 4 g par habitant par jour.
La connaissance de la quantité du phosphore dans les eaux résiduaires permet de savoir si
un traitement biologique est envisageable.
Dans les bassins biologiques, le phosphore organique et les poly phosphates sont
rapidement transformés par les micro-organismes en ortho-phosphates. Une partie de ces
derniers est utilisée pour la synthèse de nouvelles cellules.
Phosphore total (PT) C’est la somme des trois formes du phosphore (orthophosphates,
polyphosphates et le phosphore organique). A la sortie de la station d’épuration, le
phosphore est à 90% sous forme d’orthophosphates.

B- L’Azote

L'azote peut être présent dans les eaux usées sous plusieurs formes :
Forme réduite : Azote organique (N) et Azote ammoniacal (NH4+).
Forme moléculaire : Azote dissous (20 mg/1 à la température ambiante).
Forme oxydée : Azote nitreux (NO2) et Azote nitrique (NO3).
L'azote contenu dans les eaux résiduaires domestiques est essentiellement sous forme
Ammoniacale.

Azote total Kjeldahl (NTK)

Représente les formes réduites de l’azote (organique et ammoniacal) dans l’eau. Mesure
en mg N/l.

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II.3.3. La biodégradabilité

La biodégradabilité d’une substance exprime son aptitude à être décomposée par les
microorganismes.
Elle est influencée par plusieurs facteurs tels que : la concentration du produit à dégrader,
le nombre et la nature des micro-organismes, et enfin le pH et la température du milieu.
 Coefficient de biodégradabilité
K= DCO / DBO5...……………………………………………………………………… (2)
Le rapport entre ces deux valeurs déterminé la possibilité et le rendement de dégradation
que l'on peut espérer par un traitement biologique, tableau 04.

Tableau 04 : Coefficient de biodégradabilité

K : rapport Mode de traitement


(DCO/DBO5)
K=1 Pollution totalement biodégradable
1<K<1.6 Epuration biologique très possible
1.6<K<3.2 Traitement biologique associe à un traitement physico-chimique
K>3.2 Traitement biologique impossible

I.4. Conclusion

La pollution de l’eau est causée par les activités humains. Elle est principalement liée au
rejet des déchets domestiques dans l’eau, à l’industrie et à l’agriculture.

Après avoir pris conscience de la gravité de la pollution des eaux et de ce que cela implique,
les hommes ont cherché et ont trouvé différentes manières de nettoyer les eaux. Ainsi ils
arrivent grâce aux nouvelles infrastructures à minimiser les risques liés à cette dégradation
de l’eau d’où l’eau polluée peut donc être un danger pour la santé.

A cet effet, plusieurs paramètres qui sont des indicateurs de la présence des polluants dans
l’eau et de leur quantité à déterminer, quatre sont très souvent utilisés : les MEST, DCO,
DBO5 et le pH.

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Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets

III.1. Introduction

Dans le présent chapitre nous allons présenter les différentes méthodes de quantification
de différents paramètres de pollution ainsi que les normes de rejets.

III.2. Quantification (moyens et méthodes)

III.2.1. Détermination de la conductivité électrique


Pour déterminer la conductivité électrique on utilise les appareils suivants :
 Conductimètre
 Béchers ou fioles

Type : coud 315i


/SET Conductimètre

Figure 1: Le Conductimètre

A / Mode opératoire
Allumer le conductimètre puis Rincer l’électrode avec de l’eau distillée. D’autre coté on
met une quantité d’eau à analyser dans un bécher. Ensuite on trempe l’électrode dans le
bécher et on laisse l’appareil quelque moment pour stabiliser jusqu'à l’affichage des
données de la conductivité et la salinité. On termine par un rinçage abondant de l’électrode
avec de l’eau distillée.

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 29


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III.2.2. Détermination du Potentiel d’Hydrogène pH


Pour déterminer le pH on utilise les appareils suivants :
 pH Mètre
 Des béchers ou des fioles

Type : pH 315i ; SET


pH mètre

Figure 2: Le pH mètre

A / Mode opératoire
Allumer le pH mètre puis Rincer l’électrode avec de l’eau distillée. D’autre coté on met
une quantité d’eau à analyser dans un bécher. En suite trempe l’électrode de pile dans le
bécher et en laisse l’appareil quelque moment pour stabiliser jusqu'à l’affichage des
données. On termine par un rinçage abondant de l’électrode avec de l’eau distillée.
III.2.3. Détermination de l’oxygène dissous
Pour déterminer l‘oxygène dissous on utilise les appareils suivants :
 Oxymètre
 Des béchers ou des fioles

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 30


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Oxymètre Type: RS 232

Figure 3 : Oxymètre

A / Mode opératoire
Allumer l’Oxymètre puis Rincer l’électrode avec de l’eau distillée. D’autre coté on met
une quantité d’eau à analyser dans un bécher. En suite trempe l’électrode de pile dans le
bécher et en laisse l’appareil quelque moment pour stabiliser jusqu'à l’affichage des
données. On termine par un rinçage abondant de l’électrode avec de l’eau distillée.
III.2.4. Détermination de la température
A / Mode opératoire
Pour déterminer la température, après la stabilité des trois (03) appareils de la :
Conductimètre, pH mètre, Oxymètre. On prend la valeur maximum est marqué cette valeur.
III.2.5. Détermination des matières en suspension (MES)
Pour déterminer les MES on utilise les appareils suivants :
 Etuve
 Capsule
 Balance
 Papier filtre
 Centrifugeuse

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 31


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 Entonnoir

Capsule
Entonnoir
Balance
Type: Rs 2620

Figure 4: Matériel utilisé pour la détermination des MES

A / Mode opératoire
La séparation des MES de l’eau se fait par centrifugation par apport à l’entrée du bassin.
L’échantillon est mis en rotation à grande vitesse. L’application de la force centrifuge sur
les particules solides permet de les rassembler dans le fond du tube sous forme d’un culot.
Ce culot sera levé puis récupéré et mis à sécher à 150 °C, le résidu sec est ensuite pesé. Il
correspond aux MES contenues dans l’échantillon.
La séparation des MES de l’eau se fait aussi par centrifugation et après par filtration (par
rapport la sortie du bassin). Cette technique est adaptée à des échantillons peu chargés. On
laisser le papier filtre pendant une journée pour le séchage, puis en peut calculer le facteur
des MES par la formule ci-dessous.

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 32


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Expression des résultats


La teneur de l’eau en matière en suspension (mg/l) est donnée par l’expression suivante :

M1  M 0
 100
V
(mg/l)

Avec
M0 = Masse de papier filtre avant l’utilisation en (mg)
M1 = Masse de papier filtre après l’utilisation en (mg)
V = Volume d’eau utilisé en (ml)
III.2.6. Mesure de la demande chimique en Oxygène DCO
Pour déterminer la DCO on utilise les appareils suivants :
 Four
 Poire à pipeter
 Spectrophotomètre
 Les tubes DCO
 Pipette jaugée
 Agitateur (réacteur)
 Bécher

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 33


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Pipette gaugée
Béchers

Réacteur
Type : BOX 389

Tube DCO

Figure 5: Matériel utilisé pour la détermination de la DCO

A / Mode opératoire
Dans un premier tube du réacteur de DCO on introduit 2 ml de l’échantillon à analyser
homogène et dans un autre tube 2 ml eau permutée (distillée). Aux 2 ml d’échantillon d’eau
à analyser, on ajoute 2 ml du réactif DCO pré dosé constitué de K2 Cr2O7, Hg2SO4, Ag2SO4,
HgSO3. Les deux tubes bouchés sont placés dans le réacteur de DCO. On porte à l’ébullition
sous reflux pendant deux heures (à 150 °C). Après refroidissement, les tubes sont transférés
dans un photomètre DCO de type photoflex. La lecture directe nous indique la valeur de
la DCO de l’échantillon en mg/l.
III.2.7. Mesure de la demande Biochimique en Oxygène DBO 5
Pour déterminer la DBO5 on utilise les appareils suivants :
 Bouteille de DBO5
 Barrou-magnétique
 DBO mètre
 NaOH

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 34


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Bouteille

DBO Mètre

Figure 6: Matériel utilisé pour la détermination de la DBO


A / Mode opératoire
Ce test est réalisé à l’aide d’un appareil DBO 5 de type MF 120, mais il concerne
directement la valeur DCO autrement dit, en connaissant la valeur DCO, il est possible de
déterminer la quantité d’eau à analyser et ce conformément au tableau N° 05.
III.2.8. Relation entre la DCO et la DBO pour la détermination de la quantité d’eau
à analyser en faveur de la DBO5
La relation entre la DCO et la DBO pour la détermination de la quantité d’eau à analyser
en faveur de la DBO5 est récapitulée dans le tableau ci-dessous.

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 35


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Tableau 05: Quantité d’eau à analyser en faveur de la DBO5.

Charge de DCO Volume d'eau en ml Coefficient de conversion


Conversion
0 - 40 432 1
40 - 80 365 2
80 - 200 250 5
200 - 400 164 10
400 - 800 97 20
800 - 2000 43.5 50
2000 - 4000 22.7 100

III.2.9. Mesure des paramètres NH4+ et NO2- et NO3-


III.2.9.1. Ammoniac NH4+
Pochettes de réactif
Méthode 8155
Préparation de l’échantillon
Remplir une cuve carrée du 1 jusqu’au trait de 10 ml avec l’échantillon.
Préparation du blanc
Remplir une autre cuve carrée de 1 jusqu’au trait de 10 ml avec l’eau désionisée transférer
le contenu d’une pochette de réactif au salicylate d’ammoniaque dans chaque cuve,
boucher et agiter jusqu'à dissolution du réactif en poudre. Appuyer sur l’icône représentant
la minuterie. Appuyer sur OK.
Une période de réaction de 3 min va commencer. Lorsque la minuterie retentit, transférer
le contenu d’une pochette de réactif au cyanurâtes d’ammoniaque dans chaque cuve.
Boucher et agiter jusqu'à dissolution du réactif en poudre. Appuyer sur l’icône représentant
la minuterie. Appuyer sur OK. Une période de réaction de 15 min va commencer. Une
coloration verte apparaitra en cas de présence d’azote ammoniacal.
Lorsque la minuterie retentit essuyer l’extérieur du blanc et l’introduire dans le
compartiment de cuve :

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 36


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- Sélectionner sur l’écran : Zéro


- Indication à l’écran : 0.00 ml/l de NH3 –N
- Essuyer l’extérieur de la cuve contenant l’échantillon préparé et l’introduire dans
le compartiment de la cuve
- Sélectionner sur l’écran : Mesure les résultats sont indiqués en mg/l NH3-N

La solution préparée Spectrophotomètre

Figure 7: l’Appareil de Spectrophotomètre


III.2.9.2. Nitrate NO3-
Pochette de réactif
Méthode 8039
Remplir une cuve carrée de 1 jusqu'au trait de 10 ml avec l’échantillon.
Préparation de l’échantillon
Transférer le contenu d’une pochette du réactif pour nitrate Nitra Ver 5 dans la cuve.
Boucher.
Appuyer sur l’écran représentant la minuterie. Appuyer sur OK une période de réaction de
1 min va commencer. Agiter énergiquement la cuve jusqu'à ce que la minuterie retentie.
Lorsque la minuterie retentit, appuyer de nouveau sur l’icône représentant la minuterie.
Appuyer sur OK, une période de réaction de 5 min va commencer.

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 37


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Une coloration ambre apparaître en présence de nitrate.


Préparation du blanc
Lorsque la minuterie retentit, remplir une autre cuve carrée de 1 jusqu’au trait 10 ml avec
l’échantillon.
 Essuyer l’extérieur du blanc et l’introduire dans le compartiment de la cuve
 Sélectionner sur l’écran : Zéro
 Indication à l’écran : 0.0 mg/l NO -3-N
Dans la minute suivant dans retentissement de la minuterie, essuyer l’extérieur de la cuve
contenant l’échantillon préparé et l’introduire dans le compartiment de cuve.
Sélectionner sur l’écran : Mesure des résultats sont indiqués en mg/l NO -3-N
III.2.9.3. Nitrite NO2-
Pochette de réactif
Méthode 8507
Remplir une cuve carrée de 1 jusqu’au trait 10 ml avec l’échantillon
Préparation de l’échantillon
Transférer le contenu d’une pochette de réactif pour nitrite Nitri Vers 3 dans la cuve ronde.
Agiter pour homogénéiser jusqu'à dissolution de la poudre, une coloration rose se
développera en présence de nitrite. Appuyer sur l’icône représentant la minuterie. Appuyer
sur OK. Une période de réaction de 20 min va commencer.
Préparation du blanc
Remplir une autre cuve carrée de 10 ml avec l’échantillon. Essuyer l’extérieur du blanc et
l’introduire dans le compartiment de la cuve.
-Sélectionner sur l’écran : Zéro
-Indication à l’écran : 0.000 mg/l NO-2-N
Essuyer l’extérieur de la cuve contenant l’échantillon préparé et l’introduire dans le
compartiment de la cuve.
Sélectionner sur l’écran : Mesure les résultats sont indiqués en mg/l NO -2-N

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 38


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III.2.9.4. Phosphate PO43-


Mode opératoire :
 Entrer le numéro de programme mémorisé pour l’orthophosphore, méthode acide
ascorbique.
 Presser : 79 entrer. L’affichage indique mg/l, PO43- et le symbole ZERO.
 Remplir une cuvette avec au moins 10 ml d’échantillon (le blanc), prélever au
moins 40 ml d’échantillon dans un bicher de 50 ml.
 Remplir une ampoule Accuvac phosphate avec l’échantillon (échantillon préparé).
 Enfoncer un bouchon sur la pointe de l’ampoule. Agiter pendant environ 30
secondes, puis essayer tout liquide ou trace de doigts.
 Presser : TIMER ENTRER
 Une période de réaction de 5 minutes commence.
 Placer le blanc dans le puits de mesure. Ajuster le capot de l’appareil pour couvrir
la cuvette. Presser EXIT.
 Presser : ZERO. Le cureur se déplace vers la droite puis l’affichage indique : 0.00
ml/l PO43-
 Lorsque le minuteur sonne, placer l’ampoule Accuvac dans le puis de mesure.
Ajuster le capot de l’appareil pour couvrir l’ampoule.
 Presser : READ. Le curseur se déplace vers la droite puis le résultat en mg/l de
PO43- s’affiche.

Chlorométrie
Type: DR 890

Ampoule Accuvac

Figure 8: l’Appareil de Chlorométrie

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 39


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III.2.10. Azote total


Doser à la suite, consécutivement dans une éprouvette de réaction sèche :
1.3 ml d’échantillon, 1.3 ml de solution A, 1 tablette B, fermer immédiatement. Ne pas
mélanger.
Chauffer directement pendant HT 200 S : 15 min avec le programme standard HT
Thermostat : 60 min à 100 °C
Refroidir et ajouter 1 MicroCap C.
Fermer l’éprouvette de réaction et mélanger jusqu’à ce que le lyopHilisat se soit
complètement dissous du MicroCap C et qu’il n’y ait aucune particule restante.
Pipeter lentement dans le test en cuve : 0.5 ml d’échantillon désagrégé.
Pipeter lentement 0.2 ml de solution D.
Fermer immédiatement la cuve et mélanger le contenu en la retournant plusieurs fois de
suite jusqu’à qu’aucun dépôt ou agrégat ne soit observable.
Attendre 15 min, bien nettoyer l’extérieur de la cuve et mesurer.

Réacteur Spectrophotomètre
Les réactifs
Type : BOX
389

Figure 9: Matériel utilisé pour la détermination de l’Azote total

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 40


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III.3. Normes de rejets


Les eaux usées, si elles étaient rejetées dans le milieu sans traitement, pollueraient
gravement l’environnement et la ressource en eau.
En effet, certaines eaux usées contiennent une charge polluante importante. C’est pourquoi
la réglementation impose des normes de rejet, dans les eaux superficielles comme dans le
sol et le sous-sol suivant différents types de dispositifs d’épuration et de rejets.
III.3.1. Norme de rejet des effluents urbains

Dans le domaine de l’eau, on est tenu de respecter des normes très strictes car cela touche
au domaine de la santé publique, et le moindre écart peut s’avérer très dangereux pour la
santé de l’homme, la préservation des espèces aquatiques…etc.
Pour l’épuration, les normes concernent en grande partie la qualité de l’eau au rejet.
Les normes de rejet ont pour but de maintenir, où le cas échéant de restaurer, la qualité des
eaux superficielles qui reçoivent les effluents traites. Les systèmes d'épurations, ont donc
pour mission de réduire au maximum les paramètres caractérisant un effluent (DBO, DCO,
MES, NTK, PT).
La limite de pollution tolérée est fixée par l'intermédiaire de la réglementation sanitaire.
Les différents niveaux de rejet sont déterminés en fonction des paramètres suivants :
- L'objectif de qualité assigne au milieu récepteur.
- Les conditions locales de dilution, de renouvellement d'eau et d’autoépuration offerte par
le milieu naturel.
- Les caractéristiques de l'effluent avant épuration (débit, concentration et
biodégradabilité).
Les rejets en dehors des situations inhabituelles doivent respecter les valeurs soit en
concentration (tableau 06) soit en rendement (tableau 07).
Tableau 06 : Norme de rejet en termes de concentration
Paramètre Valeur
Température < 25
pH 6 <pH < 8,5
DBO5 ≤ 25 mg/l
DCO ≤ 125 mg/l
MES ≤ 35 mg/l

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 41


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Tableau 07 : normes de rejet en termes de rendement

Paramètres Charge brute de Rendement minimum à


pollution atteindre
en Kg/j de DBO5
DBO5 120 < DBO5 ≤ 600 70 %
> 600 80 %
DCO Toutes charges 75 %
MES Toutes charges 90 %

Remarque : les valeurs des tableaux se refirent aux méthodes normalisées, sur échantillon
homogénéisé, non filtré ni décante.

III.3.2. Norme de rejet des effluents industriels

Les rejets d’effluents liquides industriels dans le milieu naturel sont réglementés en
Algérie par le décret exécutif n° 06-141 du 19 avril 2006.
Les valeurs limites maximales de rejet des installations de déversement industrielles sont
illustrées d’une manière détaillée dans le tableau 08.

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 42


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Tableau 08 : Valeurs limites des paramètres de rejets d’effluents liquides industriels

N° Paramètres Unité Valeurs maximales


1 Température °C 30
2 pH - 6,5-8,5
3 MES mg/l 35
4 Azote Kjeldahl mg/l 30
5 Phosphore total mg/l 10
6 DCO mg/l 120
7 DBO5 mg/l 35
8 Aluminium mg/l 3
9 Substances toxiques bioaccumulables mg/l 0,005
10 Cyanures (CN) mg/l 0,1
11 Fluor et composés mg/l 15
12 Indice de Phénols mg/l 0,3
13 Hydrocarbures totaux mg/l 10
14 Huiles et graisses mg/l 20
15 Cadmium (Cd) mg/l 0,2
16 Cuivre total (Cu) mg/l 0,5
17 Mercure total (Hg) mg/l 0,01
18 Plomb total (Pb) mg/l 0,5
19 Etain total mg/l 2
20 Chrome total mg/l 0,5
21 Manganèse (Mn) mg/l 1
22 Nikel total (Ni) mg/l 0,5
23 Zinc total (Zn) mg/l 3
24 Fer (Fr) mg/l 3
25 Composés organiques chlorés mg/l 5

III.4. Conclusion

Les eaux polluées après leurs traitements doivent respecter certaines normes avant leur
rejet dans la nature selon leur origine, eaux usées domestiques, eaux industrielles et même
les eaux de drainage dans le domaine agricole.

Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets 43


Partie II :
Eaux pluviales
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Partie 2 : Eaux pluviales


Chapitre I : Pollution des eaux pluviales
I.1. Introduction
Les eaux pluviales peuvent être polluées. Par le phénomène du lessivage des sols, la pluie
et les ruissellements entraînent les polluants.
Ceux-ci peuvent s’accumuler sur la chaussée, les parcs de stationnement, les stations-
service, les aéroports ou encore les aires de lavage. Les principales causes de cette pollution
en milieu urbain proviennent des hydrocarbures, en raison de la circulation importante des
véhicules.
La pollution pluviale est celle qui correspond aux lessivages des sols :
Sur les zones imperméabilisées (rejet d’hydrocarbures et métaux lourds), mais aussi les
terrains cultivés (rejet de nitrates, phosphates et pesticides).

Chapitre I : Pollution des eaux pluviales 44


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Comme le montre la figure 23, la pollution associée au ruissellement urbain est causée par
plusieurs phénomènes et processus, qui dépendent des apports externes et des activités
résultant de l’occupation du territoire.
Concrètement, cette pollution est la résultante de deux processus : une accumulation des
polluants durant les périodes de temps sec et un lessivage de ces polluants lors des épisodes
pluvieux. Les sources de polluants peuvent être regroupées en 6 principales catégories :
 Circulation automobile ;
 Industries ;
 Animaux ;
 Déchets solides ;
 Chantiers et érosion des sols ;
 Végétation

Figure 23: Diagramme schématique des sources de pollution pour une zone
urbaine.

Chapitre I : Pollution des eaux pluviales 45


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La pollution des eaux de ruissellement urbain est un concept qui a maintenant été bien
intégré. Cependant ce concept est souvent mal compris et différents éléments sont
confondus à tort. Il est ainsi important de bien distinguer :

 Pollution de l’eau de pluie


L’eau de pluie n’est pas totalement pure. En effet les gouttes d’eau ne peuvent atteindre
une taille suffisante pour tomber vers le sol que s’il existe des particules solides dans
l’atmosphère permettant d’initier le processus de nucléation. Une partie des polluants
atmosphériques urbains sont donc entraînés vers le sol lors des périodes pluvieuses. Les
concentrations en polluants sont cependant extrêmement faibles, et, dans la plupart des
situations, l’eau de pluie est de qualité potable lorsqu’elle arrive au niveau du sol. Le
facteur limitant le plus fréquent est le pH (pluies acides), mais cette acidité est très
rapidement tamponnée par les matériaux sur lesquels elle ruisselle où qu’elle traverse.
 Pollution des eaux de ruissellement pluvial
En arrivant au sol, l’eau de pluie va d’une part lessiver les surfaces sur lesquelles elle
s’écoule et d’autre part éroder les matériaux de surface. Les contaminants peuvent soit être
dissous, soit être fixés sur les particules entraînées par l’eau. L’augmentation de la
concentration en polluants dépend de facteurs multiples : intensité de la pluie, importance
des ruissellements, nature du matériau de surface, nature des activités sur ou à proximité
de la surface, etc.
Ceci explique la très grande variabilité des concentrations trouvées dans la littérature.
Notons cependant que les eaux de ruissellement respectent presque toujours la qualité «
eau de baignade ».
En pratique, le facteur le plus important reste la distance parcourue par l’écoulement. De
façon assez basique, si la goutte d’eau parcourt plusieurs dizaines de mètres pour rejoindre
un avaloir, elle se chargera beaucoup plus en polluants que si elle s’infiltre exactement là
où elle est tombée et ne traverse que quelques centimètres de matériaux potentiellement
pollués ou érodables.

Chapitre I : Pollution des eaux pluviales 46


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 Pollution des rejets pluviaux stricts


Dans un système d’assainissement séparatif classique, les eaux de ruissellement sont
recueillies dans un réseau de surface (caniveaux), puis introduites dans un réseau souterrain
de conduites et acheminées le plus directement possible vers un exutoire (ruisseau ou
ouvrage d’infiltration). La pollution des rejets pluviaux stricts correspond à la pollution
mesurée à cet exutoire.
La qualité des rejets pluviaux stricts est beaucoup plus mauvaise que celle des eaux de
ruissellement. En effet l’eau se charge en polluants tout au long de son parcours :
 Dans les caniveaux, où, du fait des pratiques de nettoyage des rues et des modes de
vie des citadins, s'accumulent les polluants,
 Et surtout, dans le réseau de conduites, qui reçoit, pendant les périodes de temps
sec, de multiples résidus, en particulier le produit du nettoyage des rues et des
places de marché et les rejets divers de citadins qui utilisent les avaloirs de rues
comme des poubelles.
 Pollution des rejets urbains de temps de pluie
Dans les villes françaises les réseaux séparatifs ne sont pas généralisés, et lorsqu’ils
existent, la séparation des eaux usées et des eaux pluviales est rarement réalisée de
façon parfaite. Ceci signifie que les rejets urbains de temps de pluie (RUTP) ne sont
généralement pas des rejets pluviaux stricts, mais des mélanges d’eau usée et d’eau
pluviale par des déversoirs d’orage, voire parfois, par des exutoires réputés strictement
pluviaux. Les chiffres les plus souvent cités pour indiquer le fort degré de pollution
des eaux rejetées par temps de pluie sont souvent ceux des effluents de réseau unitaire,
ce qui explique d’une part leur très forte variabilité et d’autre part leurs fortes
concentrations moyennes.
I.2. Caractérisation des eaux pluviales
La caractérisation de la qualité des eaux pluviales dépend fortement de la durée des
périodes de temps sec antérieures durant lesquelles les polluants s’accumulent sur les
surfaces avant d’être entraînés par le ruissellement urbain dans les réseaux d’égouts
pluviaux lors de la prochaine pluie.

Chapitre I : Pollution des eaux pluviales 47


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La quantité de contaminants présents dans les eaux de ruissellement a un impact majeur


sur la qualité des eaux du milieu récepteur et engendre des problèmes au niveau de la
gestion des eaux sur le bassin versant, soit pour l’approvisionnement en eau potable, pour
la conservation des habitats aquatiques, des aspects esthétiques et des activités récréatives.
Il n’est pas évident de juger de la qualité d’une eau puisqu’elle a tendance à être jugée selon
l’usage qu’on lui confère.
Par exemple, les paramètres de qualité des eaux seront différents si on autorise la baignade,
si on veut la consommer, s’il y a présence d’une prise d’eau ou s’il existe un écosystème
fragile à protéger.
Apres l’accumulation et le dépôt des polluants en période sèche, l’érosion et la mobilisation
des polluants entrent en jeu lors de pluies suffisamment importantes pour générer du
ruissellement (la quantité de pluie nécessaire pour générer du ruissellement sur les surfaces
imperméables étant plus faible (1 à 1,5 mm) que pour les surfaces perméables). Les deux
paramètres pluviométriques importants pour caractériser l’ampleur et l’intensité du
lessivage sont la hauteur totale de pluie durant l’événement et l’intensité maximale sur une
durée courte.
La génération de pollution par le ruissellement urbain est souvent décrite et modélisée en
utilisant les concepts d’accumulation et de lessivage.
Il est tout d’abord important de distinguer entre le dépôt, l’accumulation et le lessivage des
polluants. Le dépôt est le processus par lequel les polluants atteignent le sol ;
l’accumulation comprend les polluants qui demeurent ou ils se sont déposes ; finalement
le lessivage se produit lors d’un évènement pluvieux. L’accumulation est moindre que le
dépôt sur les surfaces imperméables parce que la turbulence des véhicules et le vent
entrainent les particules déposées vers les surfaces gazonnées ou elles sont subséquemment
retenues.
On peut par ailleurs distinguer deux composantes pour l’accumulation : une composante
dynamique par laquelle l’accumulation et les taux d’enlèvement sont dans un état
d’équilibre dynamique et une composante « permanente » de stockage, qui est fonction du
type de surface et des conditions locales.

Chapitre I : Pollution des eaux pluviales 48


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L’accumulation totale est la somme du stockage permanent et de la quantité de particules


accumulée depuis la dernière pluie ou le dernier nettoyage mécanique.
Le lessivage est le processus par lequel les particules accumulées sont lessivées par le
ruissellement et entrainées par les débits génères.
Les caractéristiques observées pour le lessivage dépendent des caractéristiques de
l’évènement pluvieux, des caractéristiques du bassin versant et de la nature des sédiments
accumulés. Concernant l’événement pluvieux, quatre variables hydrologiques ont une
influence.
L’intensité de la pluie et la quantité totale tombée, le débit ainsi que le volume de
ruissellement. Pour les caractéristiques du bassin versant, elles peuvent être spécifiées
selon l’occupation du sol (par exemple résidentiel, industriel/commercial et non
développé) ou selon le matériau de la surface ou de fonction (comme des rues ou des toits).
Les activités de construction et le remaniement des sols en place peuvent avoir un impact
important sur la quantité et la qualité des eaux lessivées.
Plusieurs études ont mis en évidence le fait que les sols remanies étaient de loin le type
d’occupation du sol ayant le plus d’influence sur la quantité de particules lessivées lors
d’un événement pluvieux et c’est pourquoi le contrôle des sédiments durant les activités de
construction devrait être un élément inclus dans les plans de gestion de la qualité des eaux
de ruissellement.
Le lessivage a souvent été représenté par des relations de forme exponentielle tendant vers
une valeur maximale pour laquelle il y a un équilibre entre l’accumulation et l’enlèvement
a un site en particulier.
Dans une revue détaillant les différentes approches utilisées pour décrire le lessivage, c’est
un processus de surface contrôlé par l’énergie de la pluie (intensités instantanées
maximum) et des débits génèrent (capacité de transport). Lorsque la pluie commence, une
certaine portion des particules est délogée de la surface et mise en suspension dans la
couche fine de ruissellement par l’énergie des gouttes de pluie. Au fur et à mesure que le
film d’eau augmente et commence à couler, l’énergie de cet écoulement maintient les
particules en suspension et les transporte.

Chapitre I : Pollution des eaux pluviales 49


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Les différents paramètres jouant un rôle dans le processus de lessivage sont importants à
considérer puisqu’ils peuvent avoir un impact direct sur la caractérisation des polluants.
Ainsi, pour une intensité de pluie plus forte et des quantités totales plus grandes, les
concentrations en augmentées, ce qui est confirmé par les observations et mesures qui ont
été faites.

I.3. Méthodes utilisables pour la réduction de la pollution

I.3.1. Les principes d’une gestion intégrée de l’eau

La gestion des eaux pluviales doit se faire à plusieurs échelles qui s’imbriquent l’une dans
l’autre, ce qui permet de bien établir les contraintes et les objectifs de contrôle qui sont
nécessaires à tous les niveaux.

I.3.1.1. Vous pouvez restreindre la collecte des eaux pluviales...

Voire déconnecter les eaux de toiture quand le site s’y prête. Ces eaux sont généralement
peu polluées et peuvent être réutilisées avec la mise en place de cuves ou infiltrées sur
place. Soulager le réseau permet d’éviter la saturation de la station d’épuration, de limiter
les débordements et les rejets directs par temps de pluie, et donc de réduire la pollution des
milieux naturels.

I.3.1.2. Vous pouvez limiter le ruissellement à la source

C’est la solution la plus en amont et la plus efficace, puisqu’il s’agit de ne pas modifier le
cycle naturel de l’eau, donc ne pas imperméabiliser. Ce principe est notamment essentiel
pour toute nouvelle urbanisation, mais aussi pour les zones rurales en amont des zones
urbanisées. Il présente l’avantage de ne pas concentrer les flux d’eau, de ne pas concentrer
la pollution entraînée par le ruissellement et de maintenir l’alimentation naturelle des eaux
souterraines.

Chapitre I : Pollution des eaux pluviales 50


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I.3.1.3. Vous devez réguler les flux collectés

Si la collecte ne peut être évitée, les eaux doivent être ralenties ou stockées temporairement
avant d’être restituées, à débit contrôlé, dans le réseau d’assainissement. Là encore, la
saturation du réseau par temps de pluie est évitée et la capacité d’évacuation et de
traitement des eaux optimisée.
Pour un stockage temporaire des eaux pluviales, vous pouvez concevoir des espaces à
vocations multiples, particulièrement appréciés par les usagers, et permettant une
optimisation des aménagements publics : terrain de sport, cour d’école, parkings, parcs et
placettes… En effet, ces surfaces ne sont inondées que très occasionnellement. Le stockage
temporaire en toiture est également possible et permet des choix architecturaux différents
: toitures végétalisées, toitures-terrasses ou stockage en caissons sur des toits en pente.

I.3.1.4. Pour piéger la pollution à la source, la décantation et la filtration constituent


le traitement le plus efficace

En effet, la pollution pluviale est essentiellement transportée par les particules. Les
dispositifs de type cloisons siphoïdes, deshuileurs ou séparateurs à hydrocarbures,
supposés piéger les huiles à la surface de l’eau, sont donc d’une très faible efficacité.
La décantation peut être optimisée dans les ouvrages de stockage temporaire. La filtration,
simplement par le passage de l’eau dans une couche de sol suffisante, est favorisée dans
les ouvrages d’infiltration et de drainage.

I.3.2. Principes pour limiter la pollution des eaux pluviales et leur impact sur les
milieux aquatiques

Contrairement à la gestion dite « passive », la gestion dite « active » est un mode de gestion
qui limite la formation des phénomènes de ruissellement et leurs conséquences de façon
pérenne. Elle doit être privilégiée afin d’anticiper les dysfonctionnements et doit être mise
en œuvre en complément de la construction d’ouvrages structurants dans les cas où des
dysfonctionnements sont déjà constatés.

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Cette gestion des eaux pluviales est dite alternative, dans le sens où elle constitue une
alternative à la gestion classique du « tout tuyau » qui assure une évacuation rapide des
eaux vers l’aval.
L’organisation et la structuration des villes sont très marquées par le relief et le réseau
hydrographique naturel. Les villes ont souvent été construites à proximité des cours d’eau,
ressource indispensable mais aussi source de risques. Le développement urbain a très vite
été associé à la nécessité de se protéger contre les inondations et d’évacuer les eaux usées,
puis les eaux pluviales. En zone rurale, le puits perdu était la technique la plus répandue,
mais la concentration urbaine a conduit à trouver de nouvelles solutions, plus hygiénistes.
C’est le concept du « tout-à-l’égout » ou du « tout au réseau »
En effet, elle repose sur une gestion « à la source » des eaux pluviales qui vise la régulation
et la dépollution des eaux pluviales au plus près de l’endroit où elles tombent.
Ce mode de gestion « à la source » permet de limiter la pollution des eaux pluviales et
d’éviter la concentration des flux (débits et charges) vers un point unique. Leur
fonctionnement s’appuie sur deux grands principes :
- l’infiltration de l’eau dans le sol lorsque celle-ci s’avère possible, pour réduire les volumes
rejetés vers l’aval, - le ralentissement et la rétention des écoulements pour limiter les débits
de ruissellement vers l’aval et favoriser la décantation des eaux.
Véritables plus-values environnementales, les systèmes d’infiltration contribuent à
recharger les nappes souterraines et participent au maintien de la ressource en eau.
Des systèmes de récupération peuvent être associés aux ouvrages de collecte et de
régulation afin de valoriser les eaux de pluie pour certains usages tels que l’arrosage.
La surface raccordée sur les ouvrages peut être plus ou moins grande. La gestion « à la
parcelle », autre terme fréquemment employé pour parler de la gestion « à la source », peut
concerner différentes échelles telles que par exemple, le bâtiment, la parcelle privée, les
espaces publics d’un lotissement ou d’un quartier.
Les ouvrages qui peuvent être mis en place pour assurer cette gestion « à la source » sont
diversifiés et permettent de gérer qualitativement et quantitativement les eaux pluviales de
façon intégrée et durable : citons par exemple les noues, les tranchées drainantes, les
bassins à ciel ouvert ou enterrés, les puits d’infiltration.

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I.3.2.1. Agir à la source


Pour les pollutions dissoutes ou particulaires la gestion à la source est la plus efficace. Pour
abattre au mieux cette pollution, trois principales actions doivent être conduites :
 Limiter l’imperméabilisation des sols et donc les ruissellements. Si
l’artificialisation des sols est parfois difficile à contenir elle peut être compensée
par la création de toitures végétalisées stockantes ou l'utilisation de revêtement
poreux pour les parkings ou les terrasses.
 Favoriser, dès la conception des aménagements, l’utilisation de matériaux peu ou
pas toxiques de manière à produire un environnement sain (proscrire notamment
les toitures et les façades complètement en zinc ou en cuivre). De la même
manière, il s’agit également de limiter les apports en polluants provenant de
l’entretien des surfaces (proscrire l’utilisation de pesticides).
Cette action est de loin la plus efficace. Elle permet de plus d’éviter la mise en œuvre
d’ouvrages de traitement pour les pollutions particulaires.
 Traiter la pollution particulaire au plus près de la source. Le stockage des eaux
pluviales à la parcelle permet de réguler les rejets d’eaux pluviales vers les
milieux récepteurs mais aussi de favoriser les phénomènes de décantation. Les
volumes de ruissellement étant mieux maîtrisés à l’amont qu’à l’aval, le risque de
relargages de polluants y est plus faible.

I.3.2.2. Favoriser la décantation et la filtration


Les dispositifs de traitement de la pollution des eaux pluviales dans des systèmes séparatifs
font le plus souvent appel à deux principes mécaniques qui peuvent se combiner : la
décantation et la filtration.
Dans les ouvrages de décantation, on cherche à maintenir les eaux sans vitesse le plus
longtemps possible pour que les particules en suspension dans l’eau tombent sous leur
propre poids au fond de l'ouvrage. C’est la sédimentation qui sera donc recherchée en
premier lieu.

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Dans les ouvrages de filtration, on fait passer l’eau à travers un filtre constitué de matériaux
rapportés (sables ou autres) ou du sol en place et garni ou non de végétation. Là aussi, la
lenteur du processus d'infiltration contribue à l'efficacité du filtre.
Le sol et la végétation jouent un rôle de barrière physique ou de filtre qui sera très efficace
pour les pollutions particulaires.
Pour les polluants dissous, nous ne disposons pas aujourd’hui de résultats probants sur la
capacité de ces filtres à les stopper. Les expérimentations faites par l'IRSTEA sur les filtres
plantés de roseaux à écoulement vertical mettent en évidence le bon rendement de ces
techniques sur les polluants habituels des eaux de ruissellement urbaines. La pollution par
les pesticides reste par contre non traitée.
I.3.2.3. Limiter la concentration des polluants aux points de rejets
Rejet dans les ruisseaux
Les rejets avec de forts débits peuvent avoir des conséquences sur le lit des ruisseaux et
entrainer des incisions importantes. Ces modifications du lit des ruisseaux entrainent leur
déstabilisation et la perturbation des peuplements (de la biodiversité) en place. Il est donc
important de bien répartir les flux de rejet dans les ruisseaux pour ne pas porter atteinte à
leur bon état géomorphologique. La valeur de rejet limité à 5 l/s/ha a été historiquement
fixée de façon empirique avec la police de l'eau pour limiter les conséquences des à-coups
hydrauliques des rejets dans le lit des ruisseaux.
Eaux de drainage et eaux de source : leur renvoi vers les ruisseaux doit être une priorité
pour les projets. Ces sources permettent de garder des débits d’étiages permanents dans les
ruisseaux, indispensable au maintien d’une vie aquatique de bonne qualité.
Rejet par infiltration
Les ouvrages d’infiltration les plus extensifs (avec une surface de bassin versant/surface
d'infiltration comprise entre 1 et 5) sont non seulement les moins impactant pour la nappe
mais également ceux qui sont le moins soumis aux risques de colmatage.
I.3.2.4. Préférer les solutions faciles à contrôler et à entretenir
Les techniques « douces » de gestion des eaux pluviales sont particulièrement efficaces et
facilement contrôlables.

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A contrario, les techniques de stockage enterrées présentent l’inconvénient d’être


difficilement contrôlables et plus onéreuses. Pour ces techniques, il conviendra également
de proscrire l’utilisation de matériaux présentant des risques de relargage de toxiques
(pneus par exemple).
Enfin, il est précisé que, sauf activités spécifiques de stockage, distribution ou manipulation
d’hydrocarbures, les séparateurs d’hydrocarbures ne sont pas susceptibles de répondre à
des objectifs de réduction des apports d’hydrocarbures par les ruissellements de temps de
pluie sur des surfaces urbaines. En effet, contrairement aux idées préconçues, les
hydrocarbures véhiculés par les eaux de ruissellement sont essentiellement sous forme
particulaire, c'est-à-dire fixés sur des matières en suspension. Par ailleurs les niveaux de
contamination des eaux de ruissellement atteignent rarement 5 mg/l.
L’usage des séparateurs à hydrocarbure doit donc être strictement limité aux zones sur
lesquelles les risques de pollution accidentelle par les hydrocarbures est important comme
par exemple les aires de distribution d’essence.
Le moyen le plus efficace de piéger les hydrocarbures des eaux pluviales reste, là encore,
de créer des conditions favorables à leur décantation.
I.4. Principes généraux pour la gestion des eaux pluviales
I.4.1. Généralités
Certaines caractéristiques différencient la planification de la gestion intégrée des eaux
pluviales de l’approche traditionnelle : Dans une perspective de gestion intégrée, les eaux
pluviales sont perçues comme une ressource à protéger parce qu’elles sont importantes
pour :
 La recharge de la nappe souterraine en vue de maintenir le débit de base dans les
cours d’eau ;
 L’alimentation en eau ;
 La vie aquatique (poissons et autres espèces) et la faune ;
 L’esthétique et l’utilisation à des fins récréatives des cours d’eau ;
Pour une planification efficace qui tient compte de ces préoccupations, il faut faire
intervenir dans la conception des projets les disciplines du génie, des sciences de
l’environnement et de l’urbanisme ;

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La conception doit tenir compte du spectre complet des événements pluvieux et


non seulement des orages importants, qui sont rares. Il est entendu que l’écologie
naturelle est le produit des conditions moyennes plus que des conditions extrêmes,
et qu’elle en dépend. Il faut donc examiner la distribution annuelle des pluies sur
un territoire ou un bassin versant, et maintenir le plus possible les débits de pointe,
les volumes de ruissellement et les autres caractéristiques hydrologiques dans leur
état proche des conditions naturelles ;
On reconnaît l’importance de maintenir le débit de base dans les rivières et les cours
d’eau ;
On reconnaît l’importance de tenir compte de la capacité des cours d’eau récepteurs
d’assimiler les débits prévus.
I.4.2. Critères de qualité pour la protection de la vie aquatique et des milieux
récepteurs
La vie aquatique, tant celle qui est présente dans un plan d’eau que celle qui devrait s’y
retrouver si le plan d’eau n’était pas déjà affecté, doit être protégée contre toute agression
provenant des effets directs des substances toxiques, ou des effets indirects liés, par
exemple, à une baisse en oxygène dissous ou au dépôt de matières en suspension.
I.4.3. Critères de qualité pour la protection de la faune terrestre piscivore
La faune terrestre piscivore est définie ici par les espèces non domestiques des classes
taxonomiques aves et mammalia (oiseaux et mammifères). Les critères de qualité pour la
faune terrestre piscivore (CFTP) correspondent à la concentration d’une substance dans
l’eau qui ne causera pas, sur plusieurs générations, de réduction significative de la viabilité
ou de l’utilité (au sens commercial ou récréatif) d’une population animale exposée par sa
consommation d’eau ou son alimentation. Le critère final pour la faune terrestre piscivore
est la valeur la plus basse entre celle calculée pour protéger les espèces aviennes et celle
calculée pour protéger les mammifères.

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I.4.4. Critères de qualité pour la protection des activités récréatives et des aspects
esthétiques
Les critères de qualité pour la protection des activités récréatives visent principalement à
prévenir les dangers pour la santé liés au contact direct ou indirect avec l’eau mais ils
couvrent aussi les aspects esthétiques de la ressource. Les critères associés aux activités
récréatives à contact primaire visent à protéger les activités où tout le corps est
régulièrement en contact avec l’eau, comme chez les baigneurs et les véliplanchistes. Sous
la même rubrique apparaissent les critères d’activités à contact secondaire qui visent à
protéger les autres activités comme la navigation de plaisance, le canotage, la pêche, etc.,
au cours desquelles le corps est en contact moins fréquent avec l’eau. Une note
accompagnant le critère indique alors s’il s’applique aux activités à contact secondaire.
Finalement, le critère pour les aspects esthétiques vise à protéger les aménagements
riverains tels les parcs, haltes routières, lieux de séjour et campings de tout impact visuel
négatif.
I.4.5. Résumé des critères et sélection d’un plan de gestion des eaux pluviales
De façon générale, l’objectif de base qui doit être visé par une planification pour la gestion
des eaux pluviales est de préserver le cycle hydrologique naturel, en tenant compte des
quatre aspects (contrôle quantitatif, contrôle de l’érosion, contrôle qualitatif et contrôle
pour la recharge ou le maintien du cycle hydrologique de base). Le niveau idéal de
planification pour définir adéquatement les différents ouvrages et pratiques de gestion
optimales qui permettront d’atteindre ces objectifs est évidemment à l’échelle du bassin
versant ou du sous-bassin.

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Ruissellement des eaux pluviales

Prévention de la pollution

Principes d’aménagement

Contrôle à la source

Contrôle sur le terrain (sur les lots)

Contrôle dans le réseau de drainage

Contrôle à la sortie de l’émissaire

Contrôle à la sortie de l’émissaire

Source : Tiré et adapté de l’UDFCD (1992), Urbonas et Roesner (1993),


MOE (2003) ; InfraGuide (2003).

Figure 24 : Chaîne de traitement relative au contrôle du ruissellement.

Chapitre I : Pollution des eaux pluviales 58


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I.5. Conclusion
Une gestion efficace des eaux pluviales consiste donc à recréer les conditions naturelles
d’écoulement des eaux en :
Limitant l’imperméabilisation des sols ;
Favorisant l’infiltration ou la restitution lente des eaux au milieu récepteur ;
Limitant les rejets polluants directement vers les milieux.

Chapitre I : Pollution des eaux pluviales 59


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