Cours Pollution Final
Cours Pollution Final
Cours du module
L’eau est la matière première la plus importante sur notre planète, pour les êtres humains,
les animaux, les plantes et les microorganismes. Pratiquement, tous les phénomènes vitaux
de la biosphère sont liés à la disponibilité de l’eau. C’est une substance unique parce qu’elle
se renouvelle et se nettoie naturellement en permettant aux polluants de s’infiltrer ou de se
détruire, en diluant les polluants au point qu’ils aient des concentrations qui ne sont pas
nuisibles. Cependant, ce processus naturel prend du temps et devient très difficile lorsqu’il
y a une quantité importante de polluants qui sont ajoutés à l’eau.
La pollution de l’eau est due essentiellement aux activités humaines ainsi qu’aux
phénomènes naturels. Elle a des effets multiples qui touchent aussi bien la santé publique
que les organismes aquatiques, ainsi que la flore et la faune terrestre.
La pollution de l’eau qui affecte les rivières, les mers, les nappes phréatiques et les lacs,
est le résultat du rejet des eaux usées sans traitement ou avec un niveau de traitement
insuffisant. Le problème est encore plus grave dans le cas des effluents industriels qui
présentent un caractère toxique beaucoup plus prononcé.
Le présent cours est destiné aux étudiants de deuxième année Master hydraulique et qui a
pour objectif de donner un état de connaissances dans le domaine de la pollution, en
particulier la pollution des eaux.
Ce cours a pour objectifs de donner aux étudiants en Master un aperçu sur :
1- La pollution des eaux en milieu urbain ;
2- Les normes algériennes de rejet ;
3- Les moyens et procédés de mesure de la pollution.
Bouchemal Fattoum,
Juillet 2020
Introduction générale
L’eau est une ressource vitale pour l’homme, sa survie et son alimentation. Elle est
également indispensable pour ses activités agricoles, industrielles, touristiques et la qualité
de son environnement. Lorsque l’homme utilise l’eau, il ne fait pas que la consommer,
mais il en rejette une partie dans l’environnement.
La pollution est une dégradation de l'environnement par l'introduction dans l'air, l'eau ou
le sol de matières n'étant pas présentes naturellement dans le milieu.
La pollution d’un milieu est le fait d’introduire une substance ou de la matière
susceptibles de porter atteinte à son fonctionnement, à la biodiversité qui s’y déploie ou à
la santé des êtres humains. Elle entraine une perturbation de l'écosystème dont les
conséquences peuvent aller jusqu'à la migration ou l'extinction de certaines espèces
incapables de s'adapter au changement. En revanche, tous les rejets ne sont pas synonymes
de pollution : lorsque les substances sont éliminées par les capacités naturelles
d’autoépuration du milieu, elles n’ont pas de conséquence sur l’environnement ou la santé.
La pollution n'est pas toujours visible. L'eau d'une rivière ou d'un lac peut sembler propre,
même si elle est encore polluée. Dans les eaux souterraines, sur lesquelles la population
compte pour s'approvisionner, les polluants sont particulièrement difficiles à détecter. En
outre, les effets de la pollution ne sont pas nécessairement immédiats ; ils peuvent prendre
des années à se manifester.
Il est parfois difficile de déterminer si une pollution est ponctuelle ou diffuse, mais il est
utile de les catégoriser ainsi, car les manières d’y remédier ne sont pas les mêmes. Certaines
sources de pollution peuvent être localisées dans l’espace, lorsque les rejets de substance
ou de matière sont générés directement dans l’eau ou les milieux :
C’est le cas par exemple des rejets directs d’une usine dans un cours d’eau, mais aussi lors
d’un déversement accidentel et involontaire. La pollution générée par ces rejets est
qualifiée de pollution ponctuelle. À l’inverse, certaines sources de pollution ne peuvent
pas être localisées précisément : ce sont les pollutions diffuses. C’est notamment le cas
des pollutions provoquées par les traitements appliqués sur les sols et la végétation. Mais
toutes les substances contenues dans les matériaux au contact de l’eau (peintures,
revêtements, etc.) sont susceptibles de se répandre lentement dans l’eau et contaminer ainsi
les ressources en eau.
A- Le phosphore ………………………………………………………………… 27
B- L’Azote ……………………………………………………………………… 27
II.3.3. La biodégradabilité ………………………………………………………. 28
I.4. Conclusion …………………………………………………………………... 28
Chapitre III : Méthodes de quantification et normes de rejets
III.1. Introduction ……………………………………………………………….. 29
III.2. Quantification (moyens et méthodes) ……………………………………... 29
III.2.1. Détermination de la conductivité électrique …………………………….. 29
III.2.2. Détermination du Potentiel d’Hydrogène pH …………………………... 30
III.2.3. Détermination de l’oxygène dissous …………………………………… 30
III.2.4. Détermination de la température ……………………………………….. 31
III.2.5. Détermination des matières en suspension (MES) …………………….. 31
III.2.6. Mesure de la demande chimique en Oxygène DCO …………………… 33
III.2.7. Mesure de la demande Biochimique en Oxygène DBO5 ……………….. 34
III.2.8. Relation entre la DCO et la DBO pour la détermination de la quantité
d’eau à analyser en faveur de la DBO5 ………………………………………….. 35
III.2.9. Mesure des paramètres NH4+ et NO2- et NO3- …………………………... 36
III.2.9.1. Ammoniac NH4+……………………………………………………….. 36
III.2.9.2. Nitrate NO3- …………………………………………………………… 37
III.2.9.3. Nitrite NO2- ……………………………………………………………. 38
III.2.9.4. Phosphate PO43- ……………………………………………………….. 39
III.2.10. Azote total …………………………………………………………….. 40
III.3. Normes de rejets ………………………………………………………….. 41
III.3.1. Norme de rejet des effluents urbains ……………………………………. 41
III.3.2. Norme de rejet des effluents industriels ………………………………… 42
III.4. Conclusion ………………………………………………………………… 43
Partie II : Eaux pluviales
Chapitre I : Pollution des eaux pluviales
I.1. Introduction ….……………………………………………………………… 44
I.2. Caractérisation des eaux pluviales ………………………………………….. 47
I.3. Méthodes utilisables pour la réduction de la pollution …………………….. 50
I.3.1. Les principes d’une gestion intégrée de l’eau ……………………………. 50
I.3.1.1. Vous pouvez restreindre la collecte des eaux pluviales... ………………. 50
I.3.1.2. Vous pouvez limiter le ruissellement à la source ……………………….. 50
I.3.1.3. Vous devez réguler les flux collectés 51
I.3.1.4. Pour piéger la pollution à la source, la décantation et la filtration
constituent le traitement le plus efficace ………………………………………... 51
I.3.2. Principes pour limiter la pollution des eaux pluviales et leur impact sur les
milieux aquatiques ………………………………………………………………. 51
I.3.2.1. Agir à la source …………………………………………………………. 53
I.3.2.2. Favoriser la décantation et la filtration ………………………………….. 53
I.3.2.3. Limiter la concentration des polluants aux points de rejets ……………. 54
I.3.2.4. Préférer les solutions faciles à contrôler et à entretenir ………………… 54
I.4. Principes généraux pour la gestion des eaux pluviales ……………………... 55
I.4.1. Généralités ………………………………………………………………… 55
Sommaire
I.1. Introduction
La pollution peut être définie de plusieurs façons : La pollution de l’eau survient lorsque
des matières sont déversées dans l’eau qui en dégrade la qualité. La pollution dans l’eau
inclut toutes les matières superflues qui ne peuvent être détruites par l’eau
naturellement. Autrement dit, n’importe quelles matières ajoutées à l’eau qui est au –
delà de sa capacité à le détruire est considérée comme de la pollution. La pollution peut,
dans certaines circonstances, être causée par la nature elle-même, comme lorsque l’eau
coule par des sols qui a un taux élevé d’acidité. Par contre, la plupart du temps se sont
les actions humaines qui polluent l’eau.
La pollution est une dégradation d’un milieu naturel par des substances chimiques et des
déchets industriels ou naturels (à l’exemple des ordures ménagères).
La pollution est une modification défavorable du milieu naturel qui apparaît en totalité ou
en partie comme le sous-produit de l’action humaine, au travers d’effets directs ou indirects
altérant les modalités de répartition des flux d’énergie, des niveaux de radiation, de la
constitution physico-chimique du milieu naturel et de l’abondance des espèces vivantes.
Ces modifications peuvent affecter l’homme directement ou au travers des ressources en
produits agricoles, en eau, et autres produits biologiques.
Elles peuvent aussi l’affecter en altérant les objets physiques qu’il détient, les possibilités
régénératrices du milieu ou encore en enlaidissant la nature.
Lorsqu’une eau usée est récupérée dans un réseau de tuyau par exemple, elles sont
disponibles pour être traitées en un point précis. C’est ce que l’on appelle la pollution
localisée, c’est une pollution provenant d’un site facile à localisé, et peut être par exemple
le point de rejet d’un effluent ou une zone contaminée. C’est une source fixe et
généralement d’émission polluantes importantes (voir figure 1).
Par contre quand des produits chimiques sont répartit dans les champs (comme les engrais,
ou des produits phytosanitaires), seulement une partie de ce qui a été répandu sera absorbés
par les plantes ou transformés par les micro-organismes du sol.
Les restes qui ne seront pas consommés peuvent être « polluants » car ils seront emportés
par les pluies et vont modifier l’équilibre de l’écosystème naturel en d’autres endroits.
L’homme ne peut à posteriori rien faire pour éliminer cette pollution, parce qu’elle est
répartie sur de grandes surfaces (ou dans de grands volumes d’eau). On la qualifiera de
pollution diffuse (voir figure 2), cette pollution due non pas à des rejets ponctuels et
identifiables, mais à des rejets issus de toute la surface d’un territoire et transmis à
l’environnement de façon directe.
Les sources diffuses se caractérisent par des apports de substances émises par des sources
mobiles, des sources couvrant de larges étendues ou un grand nombre de sources de
pollution d’émission faible.
Les pollutions par des sources ponctuelles sont souvent plus faciles à traiter (en installant
par exemple un filtre au niveau du tuyau par lequel les produits polluants sont rejetés dans
le milieu naturel), alors que les émissions polluantes provenant de sources diffuses sont
difficiles à recenser, à mesurer et donc à contrôler.
Le tableau suivant récapitule les différences entre les deux types de pollution
On conclusion, La pollution de l'eau est une altération qui rend son utilisation
dangereuse et perturbe l'écosystème aquatique. Elle peut concerner les eaux
superficielles (rivières, plans d'eau) et/ou les eaux souterraines.
Il existe plusieurs manières de classer la pollution. Selon le type de polluant, on peut classer
la pollution en trois catégories : pollution physique, pollution chimique et pollution
biologique.
Il s'agit d'une pollution qui se traduit par la présence des particules de taille et de matière
très variés dans l’eau, qui lui confèrent un caractère trouble. On distingue aussi les matières
décantées (plus lourdes que l’eau), les matières flottables (plus légères que l'eau) et les
matières non séparables (de même densité que l'eau).
On parle de ce type de pollution quand le milieu pollué est modifié dans sa structure
physique par divers facteurs. Elle regroupe la pollution mécanique (effluents solides), la
pollution thermique (réchauffement de l’eau par des usines) et la pollution nucléaire
(retombées de radioéléments issus des explosions d’armes nucléaires, résidus des usines
atomiques et accidents nucléaires).
Elle est due au déversement des rejets industriels apportant de grandes quantités de
substances chimiques dont certaines sont non dégradables.
L’enrichissement des sols pour intensifier l’agriculture par diverses catégories d’engrais et
de pesticides est également à l’origine de la pollution chimique des sources et des nappes
souterraines. Ces substances exercent un effet toxique sur les matières organiques et les
rendent plus dangereuse. (Les polluants chimiques sont classés en cinq catégories.
Les polluants chimiques dits indésirables (nitrate, les composés phosphorés et les
sels ammoniacaux).
Les polluants chimiques toxiques.
Les pesticides et produits apparentés.
Les hydrocarbures.
Les détergents.
Elles proviennent des différents usages domestiques de l'eau. Elles sont essentiellement
porteuses de pollution organique. Elles se répartissent en eaux ménagères, qui ont pour
origine les salles de bains et les cuisines, et sont généralement chargées de détergents, de
graisses, de solvants, de débris organiques, etc. et en eaux "vannes" ; il s'agit des rejets des
toilettes, chargés de diverses matières organiques azotées et de germes fécaux.
La pollution journalière produite par une personne utilisant de 150 à 200 litres d'eau est
évaluée à :
De 70 à 90 grammes de matières en suspension ;
De 60 à 70 grammes de matières organiques ;
De 15 à 17 grammes de matières azotées 4 grammes de phosphore ;
Plusieurs milliards de germes pour 100 ml.
Ce sont les eaux des habitations et des commerces qui entrainent la pollution urbaine de
l’eau. Les polluants urbains sont représentés par les rejets domestiques, les eaux de lavage
collectif et de tous les produits dont se débarrassent les habitants d’une agglomération
notamment des rejets industriels rejetés par les entreprises en quantités variables selon
l’importance de l’agglomération et son activité.
Le « tout –à- l’égout » est une expression significative ; elle exprime cette diversité.
On trouve les excréments, les restes d’aliments, les déversements d’abattoirs, les
déversements hospitaliers, les lessives, les détergents, les insecticides, les hydrocarbures,
les déchets de la petite industrie et divers produits toxiques.
Il est évident que les effluents déversés sans traitement approprié entraînent des
changements indésirables dans le milieu récepteur et des pollutions très néfastes.
A ce propos, parmi les grandes industries polluantes, l’industrie textile occupe une place
suffisamment importante pour être prise en compte.
La pollution organique constitue souvent la fraction la plus importante d’autant plus que
dans son acceptation la plus large, cette forme de pollution peut être considérée comme
résultant de diverses activités (urbaines, industrielles, artisanales et rurales) chaque activité
rejette des composées spécifiques biodégradables ou pas. On distingue pour les eaux usées
urbaines les matières organiques banales (protides, lipides, glucides), les détergents
(anioniques, cationiques, non ioniques), les huiles et goudrons. Il est à noter l’existence
d'autres substances organiques utilisées ou fabriquées industriellement, c'est le cas des
phénols, des aldéhydes et des composés azotés.
I.4.2. Pollution microbiologique
Cette pollution est due à la présence d’une multitude d’organismes vivants dans les eaux
Usées apportés par les excréments d’origines humaine ou animale.
Ces bactéries jouent le rôle de témoins de pollution.
I.4.3. Pollution minérale
Dans l’eau d’un lac, il y a des algues, des végétaux aquatiques des insectes, du plancton,
des micro-organismes, de petits et de gros poissons… et des gaz dissous dans l’eau
(comme le gaz carbonique et l’oxygène). Ce petit monde s’organise pour vivre
tranquillement (figure 11). Cela signifie que :
L’effet de ces pollutions conduit à la modification, voir plus souvent, à une réduction
importante de la bio-diversité.
Un produit naturel, composé de matière facilement consommable par les microorganismes
(comme le sucre par exemple) peut donc devenir un polluant si elle est rejetée en grande
quantité dans le milieu naturel.
I.5.2.1. Définition
L'eutrophisation (du grec eu : « bien, vrai » et trophein : « nourrir ») est le processus par
lequel des nutriments s'accumulent dans un milieu ou un habitat (terrestre ou aquatique).
Les causes sont multiples et peuvent donner lieu à des situations d'interaction complexes
entre les différents facteurs. Les nutriments concernés sont principalement l'azote
(provenant surtout des nitrates agricoles et des eaux usées, et secondairement de la
pollution automobile), et du phosphore (provenant surtout des phosphates agricoles et des
eaux usées). L'ensoleillement ou la température de l’eau (qui tend à augmenter avec le
dérèglement climatique) peuvent exacerber l'eutrophisation.
azote, sa déposition sur terre se présente en deux formes liquides comme en pluie
ou de la neige et gazeuse causé par la pollution, l'acidité de la pluie peut aussi
influencer la concentration de nutriments dans l'eau. Principalement issue d'une
« pollution diffuse » introduit dans le milieu terrestres ou aquatique sous trois
formes minérales qui sont l’ammonium (ou azote ammoniacal, le plus directement
et rapidement toxique pour les organismes aquatiques), les nitrites (ou azote
nitreux) et les nitrates (ou azote nitrique), chacune de ces formes ayant une
écotoxicité et une toxicité différente,
carbone (carbonates, hydrogénocarbonates, matières organiques…)
phosphore, qui est généralement le facteur limitant dans les milieux naturels d'eau
douce tandis que l'azote est limitant en milieu marin (loi de Liebig). Ce sont souvent
les phosphates (orthophosphates, polyphosphates) qui permettent l'emballement du
processus, mais le taux de saturation en phosphore n'est pas à lui seul un bon
indicateur de risque.
Le débit du renouvellement d'eau joue un rôle important dans l'eutrophisation, l'eau
stagné a plus de potentiel à collecter des nutriments qu'une eau renouvelée, il a déjà
aussi été prouvé que les terres humides qui ont tendance à sécher entraînent une
augmentation concentrée de nutriments qui ultérieurement causera ce phénomène.
Ce milieu déséquilibré est dit dystrophe et peut devenir hypertrophe. Pour les trois
nutriments évoqués ci-dessus, des variations de conditions du milieu abiotique (oxydo-
réduction) ou biotique (sous l'influence de l'activité bactérienne et des racines, ainsi que du
métabolisme végétal, fongique et animal) peuvent faire passer l'azote, le carbone et le
phosphore de l'une de leurs formes à une autre. Or ces formes sont plus ou moins toxiques
ou écotoxiques.
Dans l'acception courante, l'eutrophisation est donc souvent synonyme de pollution, bien
que cette dernière puisse revêtir bien d'autres aspects : contamination biologique (bactéries,
parasites…), chimique (pesticides, métaux, solvants…) ou physique (chaleur,
radionucléides…).
La pêche en milieux fermés ou cours d'eau très lents (canaux notamment) est une cause
d'eutrophisation voire d'anoxie (eau) lorsque les rempoissonnements sont excessifs ou que
des boules d'amorce riches en nutriments sont jetées dans des étangs fermés, canaux ou
cours d'eau à courant lent (cause de turbidité). Une étude récente a montré que la pêche en
mer est aussi à l'origine d'un impact important sur le cycle marin de l'azote.
Toutefois, les principaux facteurs de maîtrise sont connus : réduire les apports du bassin
versant en phosphore (pour les cours d'eau, lacs et lagunes littorales) et en nitrates
(impactant pour les lagunes littorales), améliorer la qualité physique du milieu (lutter contre
l'érosion des sols, contre la diminution des zones humides périphériques des plans d'eau et
lagunes, etc.).
-Simulation de la production
végétale (eutrophisation) et
accumulation de boues
-Faiblement biodégradable
Azote (nitrates, - Eutrophisation des milieux - Nitrates : empoisonnement
nitrite), phosphore aquatiques par excès de matières du sang chez les nourrissons
nutritives pour les végétaux par blocage de l’hémoglobine
(algues) et conduisant à l’asphyxie interdisant le transport de
des milieux l’oxygène (maladie bleue)
I.6. Conclusion
Si la qualité des milieux aquatiques s’est nettement améliorée au cours des dernières années
dans les pays développés, des défis majeurs restent à relever dans le futur pour traiter les
pollutions qui y persistent. Concernant les pays émergents, la tâche est encore plus lourde
pour faire face à la croissance générale et rapide de leur niveau de pollution. Les nuisances
de la pollution azotée et phosphorée sont nombreuses et variées comme l'eutrophisation du
milieu récepteur. Dans un souci de protéger les milieux récepteurs d’épuration.
II.1. Introduction
La pollution de l’eau peut être non seulement visible - c’est le cas des bouteilles, des sacs
plastiques ou de tout autre détritus solide - mais elle peut aussi être invisible comme la
pollution par les nitrates (liée aux excréments des animaux concentrés dans des élevages
extensifs) ou les métaux lourds (déversés par les industries).
Ce type de pollution est souvent bien plus dangereux.
Les conséquences d’une pollution peuvent être classées en cinq catégories principales :
sanitaires, écologiques, esthétiques, agricoles, industrielles.
II.2.1. Conséquences sanitaires
Les conséquences sanitaires sont celles à prendre en compte en priorité. Elles peuvent être
liées à l’ingestion d’eau, de poissons intoxiqués…etc., mais aussi, au simple contact avec
le milieu aquatique (cas de nombreux parasites). On peut noter qu’il ne s’agit pas toujours
de problèmes de toxicité immédiate, les conséquences sanitaires pouvant intervenir au
travers de phénomènes complexes, que nous ne développerons pas ici.
La conséquence sanitaire d’une pollution est variable dans le temps en fonction de l’usage
de l’eau : par exemple, la pollution d’une nappe non exploitée n’a aucune conséquence
sanitaire immédiate, mais peut en avoir longtemps après, si on utilise cette eau pour
l’alimentation en eau potable (A. E. P.)
II.2.2. Conséquences écologiques
Les conséquences écologiques se mesurent en comparant l’état du milieu pollué par rapport
à ce qu’il aurait été sans pollution. Ceci n’a rien d’évident, la pollution se traduisant parfois
uniquement par l’accentuation d’un phénomène naturel. D’une manière générale, les
conséquences écologiques sont à considérer au travers de la réduction des potentialités
d’exploitation du milieu (pêche, aquaculture, tourisme, …)
L’industrie est un gros consommateur d’eau : il faut par exemple 1m3 d’eau pour produire
1kg d’aluminium. La qualité requise pour les utilisations industrielles est souvent très
élevée, tant sur le plan chimique (pour limiter la minéralisation, corrosion, entartrage), que
biologique (problème de biofouling, c’est-à-dire d’encrassement des canalisations par des
organismes). Le développement industriel peut donc être stoppé ou retardé par la pollution.
Généralement, les différents types de pollution sont mélangés et agissent les uns sur les
autres. En effet, un rejet n’est jamais une source unique et un égout rejette des déchets de
différentes natures, en plus des déjections domestiques et animales.
L’organisation mondiale de la santé (OMS) considère que 80% des maladies qui affectent
la population mondiale sont directement véhiculées par l’eau : des dizaines, voire des
centaines de millions de personnes sont atteintes en permanence de gastro-entérites, 160
millions de paludisme et 30 millions d’onchocercose. Malgré les apparences, la
transmission des maladies par une eau polluée n’est pas l’apanage des pays en voie de
développement et l’élaboration de normes sur les eaux de consommation vise à fournir aux
consommateurs une eau qui ne constitue pas un risque pour la santé.
En définitive la pollution des eaux par les matières organiques est un problème mondial
dont les aspects et la portée sont évidemment différents selon le niveau de développement
des pays. Il importe que les concentrations des produits polluants soient les plus faibles
possible.
La prévention est donc essentielle et repose sur les trois aspects suivants :
L’aspect réglementaire qui consiste à fixer des normes ;
L’aspect sanitaire qui comporte en particulier le contrôle technique des installations ; Les
aspects scientifique et technologique qui correspondent à l’amélioration des procédés de
dépollution.
On peut résumer les conséquences de la pollution dans les points suivants :
Les matières organiques solubles abaissent la teneur en Oxygène dans les cours
d'eau, ce qui conduit à la réduction et à la mort de la faune aquatique.
Les matières en suspension, s'accumulent au fond des cours d'eau, lacs et étangs et
causent l'augmentation de la turbidité.
Les acides sont toxiques à la vie aquatique et détériorent les réseaux d'égaux.
Les huiles et les graisses flottants conduisent au colmatage des conduites et donnent
un aspect esthétique indésirable.
Les matières toxiques et métaux lourds sont toxiques à la vie aquatique.
Le phosphore et l'azote conduit à l'eutrophisation des cours d'eau.
Les coliformes fécaux et pathogènes participent à la contamination bactériologique
des cours d'eau.
II.3. Paramètres de la pollution
Habituellement, le potentiel de pollution d’une eau est apprécié par une série d’analyse
physico-chimiques dont certaines tentent de reproduire les modifications que cette eau sera
susceptible d’apporter dans le milieu où elle sera rejetée. Ces mesures sont complétées par
des analyses plus spécifique et à l’origine de nuisances majeures, tel que le phosphore ou
l’azote.
Dans certains cas particuliers, des produits toxiques peuvent être recherchés.
Elles représentent les matières qui ne sont ni n’a l’état soluble ni a l’état colloïdal, donc
retenues par un filtre. Les MES, qui comportant des matières organiques et minérales,
constituent un paramètre important qui marque le degré de pollution d’un effluent urbain
ou même industriel.
II.3.1.2. Température
C’est un paramètre souvent négligé dans les collecteurs urbains, mais qui devrait être plus
souvent mesuré, surtout dans le cas de rejet industriel dans le réseau. Le fonctionnement
de certains ouvrages d’épuration, notamment les dégraisseurs, est sensible à des
températures trop élevées. Ainsi, tout rejet doit être inférieur à 30°c.
II.3.1.3. Conductivité
C’est une mesure simple, qui se pratique avec une électrode et fournit une indication
précise sur la concentration totale en sels dissous. Par comparaison avec la conductivité de
l’eau potable, il est possible de juger rapidement si des apports importants, en particulier
industriels, ont lieu dans le réseau d’assainissement. Le résultat est donc exprimé en micro
siemens par centimètre (μs/cm).
II.3.1.4. Les matières volatiles en suspension (MVS)
C’est la partie des matières en suspension susceptibles d'être volatilisées à 550° C. Les
MVS sont généralement assimilées aux matières organiques en suspension. Ils s’expriment
en mg/l.
II.3.2. Paramètres chimiques
Elle représente la teneur totale de l’eau en matières organiques, qu’elles soient ou non
biodégradables.
II.3.2.3. Matières oxydables (MO)
II.3.2.4. Le pH
Il ne représente que le carbone présent dans les composés organiques. La valeur de (COT),
contrairement à la DBO, détermine complètement les composés difficilement ou non
dégradables biochimiquement, qui sont d’une grande importance pour l’évaluation de la
pollution de l’eau et des effluents.
Les nutriments sont des éléments qui peuvent se présenter dans les eaux usées urbaines,
sous forme organique ou minérale. Ils sont responsables de l’eutrophisation des milieux
aquatiques.
La connaissance des quantités des nutriments contenus dans l’eau usée est donc
indispensable pour le contrôle de la qualité des nutriments dans les effluents épurés avant
de les rejeter dans le milieu récepteur
A- Le phosphore
Le phosphore se présente dans les eaux résiduaires brutes sous deux formes :
- Organique : d'origine industrielle ou biologique provenant des matières fécales.
- Minérales : les ortho et poly phosphates provenant de lessive, d'engrais phosphatés.
L'apport journalier de phosphore est d'environ 4 g par habitant par jour.
La connaissance de la quantité du phosphore dans les eaux résiduaires permet de savoir si
un traitement biologique est envisageable.
Dans les bassins biologiques, le phosphore organique et les poly phosphates sont
rapidement transformés par les micro-organismes en ortho-phosphates. Une partie de ces
derniers est utilisée pour la synthèse de nouvelles cellules.
Phosphore total (PT) C’est la somme des trois formes du phosphore (orthophosphates,
polyphosphates et le phosphore organique). A la sortie de la station d’épuration, le
phosphore est à 90% sous forme d’orthophosphates.
B- L’Azote
L'azote peut être présent dans les eaux usées sous plusieurs formes :
Forme réduite : Azote organique (N) et Azote ammoniacal (NH4+).
Forme moléculaire : Azote dissous (20 mg/1 à la température ambiante).
Forme oxydée : Azote nitreux (NO2) et Azote nitrique (NO3).
L'azote contenu dans les eaux résiduaires domestiques est essentiellement sous forme
Ammoniacale.
Représente les formes réduites de l’azote (organique et ammoniacal) dans l’eau. Mesure
en mg N/l.
II.3.3. La biodégradabilité
La biodégradabilité d’une substance exprime son aptitude à être décomposée par les
microorganismes.
Elle est influencée par plusieurs facteurs tels que : la concentration du produit à dégrader,
le nombre et la nature des micro-organismes, et enfin le pH et la température du milieu.
Coefficient de biodégradabilité
K= DCO / DBO5...……………………………………………………………………… (2)
Le rapport entre ces deux valeurs déterminé la possibilité et le rendement de dégradation
que l'on peut espérer par un traitement biologique, tableau 04.
I.4. Conclusion
La pollution de l’eau est causée par les activités humains. Elle est principalement liée au
rejet des déchets domestiques dans l’eau, à l’industrie et à l’agriculture.
Après avoir pris conscience de la gravité de la pollution des eaux et de ce que cela implique,
les hommes ont cherché et ont trouvé différentes manières de nettoyer les eaux. Ainsi ils
arrivent grâce aux nouvelles infrastructures à minimiser les risques liés à cette dégradation
de l’eau d’où l’eau polluée peut donc être un danger pour la santé.
A cet effet, plusieurs paramètres qui sont des indicateurs de la présence des polluants dans
l’eau et de leur quantité à déterminer, quatre sont très souvent utilisés : les MEST, DCO,
DBO5 et le pH.
III.1. Introduction
Dans le présent chapitre nous allons présenter les différentes méthodes de quantification
de différents paramètres de pollution ainsi que les normes de rejets.
Figure 1: Le Conductimètre
A / Mode opératoire
Allumer le conductimètre puis Rincer l’électrode avec de l’eau distillée. D’autre coté on
met une quantité d’eau à analyser dans un bécher. Ensuite on trempe l’électrode dans le
bécher et on laisse l’appareil quelque moment pour stabiliser jusqu'à l’affichage des
données de la conductivité et la salinité. On termine par un rinçage abondant de l’électrode
avec de l’eau distillée.
Figure 2: Le pH mètre
A / Mode opératoire
Allumer le pH mètre puis Rincer l’électrode avec de l’eau distillée. D’autre coté on met
une quantité d’eau à analyser dans un bécher. En suite trempe l’électrode de pile dans le
bécher et en laisse l’appareil quelque moment pour stabiliser jusqu'à l’affichage des
données. On termine par un rinçage abondant de l’électrode avec de l’eau distillée.
III.2.3. Détermination de l’oxygène dissous
Pour déterminer l‘oxygène dissous on utilise les appareils suivants :
Oxymètre
Des béchers ou des fioles
Figure 3 : Oxymètre
A / Mode opératoire
Allumer l’Oxymètre puis Rincer l’électrode avec de l’eau distillée. D’autre coté on met
une quantité d’eau à analyser dans un bécher. En suite trempe l’électrode de pile dans le
bécher et en laisse l’appareil quelque moment pour stabiliser jusqu'à l’affichage des
données. On termine par un rinçage abondant de l’électrode avec de l’eau distillée.
III.2.4. Détermination de la température
A / Mode opératoire
Pour déterminer la température, après la stabilité des trois (03) appareils de la :
Conductimètre, pH mètre, Oxymètre. On prend la valeur maximum est marqué cette valeur.
III.2.5. Détermination des matières en suspension (MES)
Pour déterminer les MES on utilise les appareils suivants :
Etuve
Capsule
Balance
Papier filtre
Centrifugeuse
Entonnoir
Capsule
Entonnoir
Balance
Type: Rs 2620
A / Mode opératoire
La séparation des MES de l’eau se fait par centrifugation par apport à l’entrée du bassin.
L’échantillon est mis en rotation à grande vitesse. L’application de la force centrifuge sur
les particules solides permet de les rassembler dans le fond du tube sous forme d’un culot.
Ce culot sera levé puis récupéré et mis à sécher à 150 °C, le résidu sec est ensuite pesé. Il
correspond aux MES contenues dans l’échantillon.
La séparation des MES de l’eau se fait aussi par centrifugation et après par filtration (par
rapport la sortie du bassin). Cette technique est adaptée à des échantillons peu chargés. On
laisser le papier filtre pendant une journée pour le séchage, puis en peut calculer le facteur
des MES par la formule ci-dessous.
M1 M 0
100
V
(mg/l)
Avec
M0 = Masse de papier filtre avant l’utilisation en (mg)
M1 = Masse de papier filtre après l’utilisation en (mg)
V = Volume d’eau utilisé en (ml)
III.2.6. Mesure de la demande chimique en Oxygène DCO
Pour déterminer la DCO on utilise les appareils suivants :
Four
Poire à pipeter
Spectrophotomètre
Les tubes DCO
Pipette jaugée
Agitateur (réacteur)
Bécher
Pipette gaugée
Béchers
Réacteur
Type : BOX 389
Tube DCO
A / Mode opératoire
Dans un premier tube du réacteur de DCO on introduit 2 ml de l’échantillon à analyser
homogène et dans un autre tube 2 ml eau permutée (distillée). Aux 2 ml d’échantillon d’eau
à analyser, on ajoute 2 ml du réactif DCO pré dosé constitué de K2 Cr2O7, Hg2SO4, Ag2SO4,
HgSO3. Les deux tubes bouchés sont placés dans le réacteur de DCO. On porte à l’ébullition
sous reflux pendant deux heures (à 150 °C). Après refroidissement, les tubes sont transférés
dans un photomètre DCO de type photoflex. La lecture directe nous indique la valeur de
la DCO de l’échantillon en mg/l.
III.2.7. Mesure de la demande Biochimique en Oxygène DBO 5
Pour déterminer la DBO5 on utilise les appareils suivants :
Bouteille de DBO5
Barrou-magnétique
DBO mètre
NaOH
Bouteille
DBO Mètre
Chlorométrie
Type: DR 890
Ampoule Accuvac
Réacteur Spectrophotomètre
Les réactifs
Type : BOX
389
Dans le domaine de l’eau, on est tenu de respecter des normes très strictes car cela touche
au domaine de la santé publique, et le moindre écart peut s’avérer très dangereux pour la
santé de l’homme, la préservation des espèces aquatiques…etc.
Pour l’épuration, les normes concernent en grande partie la qualité de l’eau au rejet.
Les normes de rejet ont pour but de maintenir, où le cas échéant de restaurer, la qualité des
eaux superficielles qui reçoivent les effluents traites. Les systèmes d'épurations, ont donc
pour mission de réduire au maximum les paramètres caractérisant un effluent (DBO, DCO,
MES, NTK, PT).
La limite de pollution tolérée est fixée par l'intermédiaire de la réglementation sanitaire.
Les différents niveaux de rejet sont déterminés en fonction des paramètres suivants :
- L'objectif de qualité assigne au milieu récepteur.
- Les conditions locales de dilution, de renouvellement d'eau et d’autoépuration offerte par
le milieu naturel.
- Les caractéristiques de l'effluent avant épuration (débit, concentration et
biodégradabilité).
Les rejets en dehors des situations inhabituelles doivent respecter les valeurs soit en
concentration (tableau 06) soit en rendement (tableau 07).
Tableau 06 : Norme de rejet en termes de concentration
Paramètre Valeur
Température < 25
pH 6 <pH < 8,5
DBO5 ≤ 25 mg/l
DCO ≤ 125 mg/l
MES ≤ 35 mg/l
Remarque : les valeurs des tableaux se refirent aux méthodes normalisées, sur échantillon
homogénéisé, non filtré ni décante.
Les rejets d’effluents liquides industriels dans le milieu naturel sont réglementés en
Algérie par le décret exécutif n° 06-141 du 19 avril 2006.
Les valeurs limites maximales de rejet des installations de déversement industrielles sont
illustrées d’une manière détaillée dans le tableau 08.
III.4. Conclusion
Les eaux polluées après leurs traitements doivent respecter certaines normes avant leur
rejet dans la nature selon leur origine, eaux usées domestiques, eaux industrielles et même
les eaux de drainage dans le domaine agricole.
Comme le montre la figure 23, la pollution associée au ruissellement urbain est causée par
plusieurs phénomènes et processus, qui dépendent des apports externes et des activités
résultant de l’occupation du territoire.
Concrètement, cette pollution est la résultante de deux processus : une accumulation des
polluants durant les périodes de temps sec et un lessivage de ces polluants lors des épisodes
pluvieux. Les sources de polluants peuvent être regroupées en 6 principales catégories :
Circulation automobile ;
Industries ;
Animaux ;
Déchets solides ;
Chantiers et érosion des sols ;
Végétation
Figure 23: Diagramme schématique des sources de pollution pour une zone
urbaine.
La pollution des eaux de ruissellement urbain est un concept qui a maintenant été bien
intégré. Cependant ce concept est souvent mal compris et différents éléments sont
confondus à tort. Il est ainsi important de bien distinguer :
Les différents paramètres jouant un rôle dans le processus de lessivage sont importants à
considérer puisqu’ils peuvent avoir un impact direct sur la caractérisation des polluants.
Ainsi, pour une intensité de pluie plus forte et des quantités totales plus grandes, les
concentrations en augmentées, ce qui est confirmé par les observations et mesures qui ont
été faites.
La gestion des eaux pluviales doit se faire à plusieurs échelles qui s’imbriquent l’une dans
l’autre, ce qui permet de bien établir les contraintes et les objectifs de contrôle qui sont
nécessaires à tous les niveaux.
Voire déconnecter les eaux de toiture quand le site s’y prête. Ces eaux sont généralement
peu polluées et peuvent être réutilisées avec la mise en place de cuves ou infiltrées sur
place. Soulager le réseau permet d’éviter la saturation de la station d’épuration, de limiter
les débordements et les rejets directs par temps de pluie, et donc de réduire la pollution des
milieux naturels.
C’est la solution la plus en amont et la plus efficace, puisqu’il s’agit de ne pas modifier le
cycle naturel de l’eau, donc ne pas imperméabiliser. Ce principe est notamment essentiel
pour toute nouvelle urbanisation, mais aussi pour les zones rurales en amont des zones
urbanisées. Il présente l’avantage de ne pas concentrer les flux d’eau, de ne pas concentrer
la pollution entraînée par le ruissellement et de maintenir l’alimentation naturelle des eaux
souterraines.
Si la collecte ne peut être évitée, les eaux doivent être ralenties ou stockées temporairement
avant d’être restituées, à débit contrôlé, dans le réseau d’assainissement. Là encore, la
saturation du réseau par temps de pluie est évitée et la capacité d’évacuation et de
traitement des eaux optimisée.
Pour un stockage temporaire des eaux pluviales, vous pouvez concevoir des espaces à
vocations multiples, particulièrement appréciés par les usagers, et permettant une
optimisation des aménagements publics : terrain de sport, cour d’école, parkings, parcs et
placettes… En effet, ces surfaces ne sont inondées que très occasionnellement. Le stockage
temporaire en toiture est également possible et permet des choix architecturaux différents
: toitures végétalisées, toitures-terrasses ou stockage en caissons sur des toits en pente.
En effet, la pollution pluviale est essentiellement transportée par les particules. Les
dispositifs de type cloisons siphoïdes, deshuileurs ou séparateurs à hydrocarbures,
supposés piéger les huiles à la surface de l’eau, sont donc d’une très faible efficacité.
La décantation peut être optimisée dans les ouvrages de stockage temporaire. La filtration,
simplement par le passage de l’eau dans une couche de sol suffisante, est favorisée dans
les ouvrages d’infiltration et de drainage.
I.3.2. Principes pour limiter la pollution des eaux pluviales et leur impact sur les
milieux aquatiques
Contrairement à la gestion dite « passive », la gestion dite « active » est un mode de gestion
qui limite la formation des phénomènes de ruissellement et leurs conséquences de façon
pérenne. Elle doit être privilégiée afin d’anticiper les dysfonctionnements et doit être mise
en œuvre en complément de la construction d’ouvrages structurants dans les cas où des
dysfonctionnements sont déjà constatés.
Cette gestion des eaux pluviales est dite alternative, dans le sens où elle constitue une
alternative à la gestion classique du « tout tuyau » qui assure une évacuation rapide des
eaux vers l’aval.
L’organisation et la structuration des villes sont très marquées par le relief et le réseau
hydrographique naturel. Les villes ont souvent été construites à proximité des cours d’eau,
ressource indispensable mais aussi source de risques. Le développement urbain a très vite
été associé à la nécessité de se protéger contre les inondations et d’évacuer les eaux usées,
puis les eaux pluviales. En zone rurale, le puits perdu était la technique la plus répandue,
mais la concentration urbaine a conduit à trouver de nouvelles solutions, plus hygiénistes.
C’est le concept du « tout-à-l’égout » ou du « tout au réseau »
En effet, elle repose sur une gestion « à la source » des eaux pluviales qui vise la régulation
et la dépollution des eaux pluviales au plus près de l’endroit où elles tombent.
Ce mode de gestion « à la source » permet de limiter la pollution des eaux pluviales et
d’éviter la concentration des flux (débits et charges) vers un point unique. Leur
fonctionnement s’appuie sur deux grands principes :
- l’infiltration de l’eau dans le sol lorsque celle-ci s’avère possible, pour réduire les volumes
rejetés vers l’aval, - le ralentissement et la rétention des écoulements pour limiter les débits
de ruissellement vers l’aval et favoriser la décantation des eaux.
Véritables plus-values environnementales, les systèmes d’infiltration contribuent à
recharger les nappes souterraines et participent au maintien de la ressource en eau.
Des systèmes de récupération peuvent être associés aux ouvrages de collecte et de
régulation afin de valoriser les eaux de pluie pour certains usages tels que l’arrosage.
La surface raccordée sur les ouvrages peut être plus ou moins grande. La gestion « à la
parcelle », autre terme fréquemment employé pour parler de la gestion « à la source », peut
concerner différentes échelles telles que par exemple, le bâtiment, la parcelle privée, les
espaces publics d’un lotissement ou d’un quartier.
Les ouvrages qui peuvent être mis en place pour assurer cette gestion « à la source » sont
diversifiés et permettent de gérer qualitativement et quantitativement les eaux pluviales de
façon intégrée et durable : citons par exemple les noues, les tranchées drainantes, les
bassins à ciel ouvert ou enterrés, les puits d’infiltration.
Dans les ouvrages de filtration, on fait passer l’eau à travers un filtre constitué de matériaux
rapportés (sables ou autres) ou du sol en place et garni ou non de végétation. Là aussi, la
lenteur du processus d'infiltration contribue à l'efficacité du filtre.
Le sol et la végétation jouent un rôle de barrière physique ou de filtre qui sera très efficace
pour les pollutions particulaires.
Pour les polluants dissous, nous ne disposons pas aujourd’hui de résultats probants sur la
capacité de ces filtres à les stopper. Les expérimentations faites par l'IRSTEA sur les filtres
plantés de roseaux à écoulement vertical mettent en évidence le bon rendement de ces
techniques sur les polluants habituels des eaux de ruissellement urbaines. La pollution par
les pesticides reste par contre non traitée.
I.3.2.3. Limiter la concentration des polluants aux points de rejets
Rejet dans les ruisseaux
Les rejets avec de forts débits peuvent avoir des conséquences sur le lit des ruisseaux et
entrainer des incisions importantes. Ces modifications du lit des ruisseaux entrainent leur
déstabilisation et la perturbation des peuplements (de la biodiversité) en place. Il est donc
important de bien répartir les flux de rejet dans les ruisseaux pour ne pas porter atteinte à
leur bon état géomorphologique. La valeur de rejet limité à 5 l/s/ha a été historiquement
fixée de façon empirique avec la police de l'eau pour limiter les conséquences des à-coups
hydrauliques des rejets dans le lit des ruisseaux.
Eaux de drainage et eaux de source : leur renvoi vers les ruisseaux doit être une priorité
pour les projets. Ces sources permettent de garder des débits d’étiages permanents dans les
ruisseaux, indispensable au maintien d’une vie aquatique de bonne qualité.
Rejet par infiltration
Les ouvrages d’infiltration les plus extensifs (avec une surface de bassin versant/surface
d'infiltration comprise entre 1 et 5) sont non seulement les moins impactant pour la nappe
mais également ceux qui sont le moins soumis aux risques de colmatage.
I.3.2.4. Préférer les solutions faciles à contrôler et à entretenir
Les techniques « douces » de gestion des eaux pluviales sont particulièrement efficaces et
facilement contrôlables.
I.4.4. Critères de qualité pour la protection des activités récréatives et des aspects
esthétiques
Les critères de qualité pour la protection des activités récréatives visent principalement à
prévenir les dangers pour la santé liés au contact direct ou indirect avec l’eau mais ils
couvrent aussi les aspects esthétiques de la ressource. Les critères associés aux activités
récréatives à contact primaire visent à protéger les activités où tout le corps est
régulièrement en contact avec l’eau, comme chez les baigneurs et les véliplanchistes. Sous
la même rubrique apparaissent les critères d’activités à contact secondaire qui visent à
protéger les autres activités comme la navigation de plaisance, le canotage, la pêche, etc.,
au cours desquelles le corps est en contact moins fréquent avec l’eau. Une note
accompagnant le critère indique alors s’il s’applique aux activités à contact secondaire.
Finalement, le critère pour les aspects esthétiques vise à protéger les aménagements
riverains tels les parcs, haltes routières, lieux de séjour et campings de tout impact visuel
négatif.
I.4.5. Résumé des critères et sélection d’un plan de gestion des eaux pluviales
De façon générale, l’objectif de base qui doit être visé par une planification pour la gestion
des eaux pluviales est de préserver le cycle hydrologique naturel, en tenant compte des
quatre aspects (contrôle quantitatif, contrôle de l’érosion, contrôle qualitatif et contrôle
pour la recharge ou le maintien du cycle hydrologique de base). Le niveau idéal de
planification pour définir adéquatement les différents ouvrages et pratiques de gestion
optimales qui permettront d’atteindre ces objectifs est évidemment à l’échelle du bassin
versant ou du sous-bassin.
Prévention de la pollution
Principes d’aménagement
Contrôle à la source
I.5. Conclusion
Une gestion efficace des eaux pluviales consiste donc à recréer les conditions naturelles
d’écoulement des eaux en :
Limitant l’imperméabilisation des sols ;
Favorisant l’infiltration ou la restitution lente des eaux au milieu récepteur ;
Limitant les rejets polluants directement vers les milieux.
Daloz, A., Gaertner-Mazouni, N., Barral, M., Malet, N., Moragues, L., Fiandrino, A., &
Munaron, D. (2009, Décembre). Le Réseau de Suivi Lagunaire: un outil de diagnostic et
d’aide à l’action pour la lutte contre l’eutrophisation des lagunes [archive]. Une stratégie
d’information et de transfert aux acteurs. In 4 th European Conference on coastal lagoon
Research (résumé [archive])
MOHAND- SAID OUALI, cours de procèdes unitaires biologique et traitement des eaux
office des publications universitaire, ben-aknoun (Alger) ,2001.
Renneson, M., Vandenberghe, C., Marcoen, J. M., Bock, L., & Colinet, G. (2009)
Évaluation de la pertinence du taux de saturation en phosphore en tant qu'indicateur de
bonnes pratiques en matière de fertilisation phosphorée dans les sols agricoles en Région
wallonne (Belgique) [archive]. Actes des 10èmes journées d'étude des sols.
Saunier B & Le Saout M (1985) Bilan des substances nutritives dans les retenues d'eau.
Contrôle de l'eutrophisation. Techniques et sciences municipales (1971), (6), 276-288.
Rodier, J., 1996. L'analyse de l'eau : eaux naturelles, eaux résiduaires, eaux de mer. Paris
: Dunod ; 8e édition
Timstit C., 1997, Le traitement du phosphore constitue-t-il une bonne réponse aux risques
d’eutrophisation ? ENGREF, Montpellier, 9 p.
T Seyen J (1986) Élimination du phosphore des eaux résiduaires par voie biologiques :
activité de la polyphosphate-kinas : utilisation d'une phase acidogène en amont d'un
système de type" Phoredox modifié" (Doctoral dissertation, Metz).
[Link]