LEÇON 4
16 – 22 juillet
JUSTICE ET MISÉRICORDE DANS L’ANCIEN
TESTAMENT : 2ÈME PARTIE
SABBAT APRÈS-MIDI
Étude de la semaine
Ez 37.1-14 ; Ep 2.10 ; Ez 47.1-8 ; Mt 5.16 ; Ap 22.1, 2; Es 61.1-11
Verset à mémoriser :
« Partout où le torrent arrivera, tous les êtres vivants qui grenouillent vivront ; il y
aura une grande quantité de poissons, car cette eau arrivera là-bas et les eaux deviendront
saines, et il y aura de la vie partout où arrivera le torrent. »
(Ézéchiel 47.9.)
Un quartier qui avait été prospère dans les années 1950 et 1960 était devenu pareil à une zone
de guerre à la fin des années 1960 - début des années 1970. La majorité des familles avaient déménagé,
laissant derrière elles des immeubles abandonnés, délabrés et brûlés. Les commerces avaient changé
d’adresse, et le crime et la drogue s’y étaient installés, rendant ce quartier encore plus indésirable.
En 1986, une famille chrétienne quitta sa confortable maison de banlieue pour s’installer dans
ce secteur urbain défavorisé. Un pasteur d’une autre ville s’y installa aussi. Ils rafraîchirent deux
bâtiments calcinés et y habitèrent. Les deux familles passaient du temps dans la rue, à rencontrer les
habitants, et à se mêler à ceux qui habitaient encore là. Ces deux familles furent le catalyseur dont Dieu
se servit pour démarrer une église qui apporta guérison et transformation à ce quartier moribond. Leur
travail et leur impact perdurent encore aujourd’hui, car ils ont fait une grande différence dans beaucoup
de vies là-bas.
Dieu a quelque chose à dire sur le rôle de son église dans des situations « désespérées » comme
celle-ci. Dans la leçon de cette semaine, nous continuerons à « écouter » le chœur des voix de l’Ancien
Testament qui appellent le peuple de Dieu à révéler son caractère de bienveillance au monde.
Etudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 23 juillet.
DIMANCHE 17 juillet
Vivant en Christ
La grâce de Dieu qui réveille ceux qui sont morts dans la transgression et le péché est révélée
de manière très imagée dans Ezéchiel 37. En vision, le prophète Ezéchiel est transporté par l’Esprit dans
une vallée pleine d’ossements morts, desséchés et éparpillés. Ces ossements représentent toute la
maison d’Israël. Dieu demande : « Fils de l’homme, ces os pourront-ils revivre ? » (Ez 37.3).
La réponse à cette question se dévoile alors que le prophète prophétise aux ossements.
Lisez Ézéchiel 37.1-14. Qu’est-ce que Dieu allait faire pour son peuple ?
Le message délivré aux ossements desséchés a les conséquences suivantes :
(1) Ils reprirent vie et se tinrent debout sur leurs jambes : C’était une très grande armée, une armée
immense » (Ez 37.10) ;
(2) Dieu va établir son peuple sur leur propre terre (Ez 37.14) ;
(3) et ils « sauront que c’est Dieu qui a accompli cela (Ez 37.14).
Mais revenir à la vie ne suffit pas. Le peuple de Dieu revint à la vie pour une mission, dans un but précis.
Israël devait être une lumière pour les nations.
Lisez Ephésiens 2.10. Pourquoi devenons-nous vivants, spirituellement recréés in Christ ?
« Nous n’avons la certitude de notre acceptation par Dieu qu’à travers son Fils bien-aimé ; nos bonnes
œuvres ne sont que la conséquence de l’action de son amour qui pardonne. Elles ne constituent pas un
crédit à notre actif ; elles ne nous permettent pas de prétendre accomplir une partie de notre salut.
Celui-ci est un don que Dieu accorde au nom du Christ. L’âme troublée peut trouver la paix par le moyen
de la foi en Christ, et sa paix sera proportionnée à sa foi et à sa confiance. Personne ne peut présenter
ses bonnes œuvres comme prix de son salut.
Mais les bonnes œuvres n’ont-elles vraiment aucune valeur ? Dieu accorde-t-il les mêmes
faveurs à celui qui pèche impunément chaque jour et à celui qui, par la foi en Christ, essaie de travailler
avec intégrité ? Les Ecritures répondent : « Nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ
pour de bonnes œuvres que Dieu a préparées que nous les pratiquions. Par le moyen de sa grâce
imméritée, l’Eternel a prévu et ordonné que nos bonnes œuvres soient récompensées. Nous sommes
acceptés par les seuls mérites du Christ ; nos actions miséricordieuses et charitables sont les fruits de
la foi. » 13
13 Ellen G. White, Puissance de la grâce, p. 332.
LUNDI 18 juillet
Le torrent du temple
Lisez Ézéchiel 47.1-8. Qu’arrive-t-il au temple qu’Ezéchiel a vu en vision ?
Le temple semble avoir une fuite. On peut se demander : une canalisation a cédé, bien ? Dans
ce cas, la fuite était une bonne chose.
Cette eau qui fuit du temple va vers l’est. À l’est de Jérusalem, il y a la mer Morte, l’étendue
d’eau la plus basse sur terre. Entre Jérusalem et la mer Morte, il y a environ trente-quatre kilomètres
de terre principalement désertique, dont l’Arabah, dépression du Jourdain et de la mer Morte. La mer
elle-même est tellement salée que rien ne peut y vivre.
Pourtant, quand l’eau du temple l’atteint, les eaux mortes de la mer sont « guéries ». Voici
l’interprétation symbolique que l’on peut donner : l’église de Dieu, le temple (1 P 2.4, 5), se tourne vers
les autres et devient source de guérison et de santé pour ceux qui sont morts dans leurs offenses et
dans le péché.
Lisez Matthieu 5.16. Que nous dit Jésus ici concernant la manière dont nous devons le
représenter au monde ?
Le fleuve Zambèze, en Zambie, est à sa source un petit ruisseau peu profond qui sort d’un arbre.
A mesure qu’il se dirige vers les chutes Victoria, il passe d’un ruisseau profond jusqu’à la cheville à
profond jusqu’au genou, jusqu’à la taille, puis devient un fleuve suffisamment profond pour qu’on puisse
y nager.
De la même manière, bien que petit au départ, le fleuve qui coule du temple voit sa vitesse et
son impact augmenter, jusqu’à devenir un fleuve « si profond qu’il fallait y nager. C’était un torrent
qu’on ne pouvait pas traverser » (Ez 47.5, Segond 21). L’influence de guérison de votre église peut
commencer modestement, mais elle peut grandir jusqu’à transformer votre quartier ! « Notre œuvre
m’a été présentée à ses débuts comme un petit, un tout petit ruisseau. »14
La lumière, l’eau, ces deux images sont employées pour décrire ce que Dieu peut faire à
travers nous pour venir en aide à d’autres.
Comment devenir de meilleurs canaux pour soulager les gens qui ont besoin d’aide ?
14 Ellen G. White, Testimonies for the church, vol. 7, p. 171
MARDI 19 juillet
L’église : une source de vie
« Partout où le torrent arrivera, tous les êtres vivants qui grouillent vivront ; il y aura
une grande quantité de poissons, [...] et il y aura de la vie partout où arrivera le torrent. »
(Ez 47.9.) La prophétie d’Ézéchiel illustre que là où arrive le torrent qui vient de l’église de Dieu, il y a
la vie. Ézéchiel 47.10 ajoute à l’étonnement de la scène. Quelle étrange vision cela a dû être : les rives
d’une étendue d’eau connue pour être dépourvue de poissons, car rien ne peut y vivre, deviennent tout
à coup un endroit très poissonneux où les pêcheurs lancent leurs filets.
Cette prophétie signifie que par la puissance de Dieu qui agit dans son peuple, la vie peut exister
là où, auparavant, il n’y en avait aucune. « Là où Dieu est à l’œuvre, Il n’a pas de situation désespérée,
pas de catégorie de gens qui sont au-delà de la rédemption, pas d’héritage d’un passé malheureux qui
nous condamne à un avenir livré au désespoir. »15
La grâce étonnante de Dieu fait des choses étonnantes, pour quiconque veut bien l’accepter. Â
nouveau, nous sommes face au message de l’évangile. Dieu, à travers nous, peut donner de l’espoir à
ceux qui sont découragés, abattus, desséchés, et mourants, physiquement et spirituellement.
Comparez Ézéchiel 47.12 et Apocalypse 22.1, 2. Que nous disent ces deux passages sur le destin ultime
de ceux qui sont guéris et ramenés à la vie par Jésus à travers son église ?
Un jour le peuple de Dieu, y compris des habitants du quartier que Dieu aura guéris et ramenés
à la vie par l’intermédiaire du désintéressement de membres d’église, sera sur la nouvelle terre, là où
se trouve un autre torrent, mais qui coule cette fois du trône de Dieu. Il n’y aura pas de déserts, de
sécheresse, ni de mort là-bas. Entretemps, tandis que nous attendons cette réalité bénie, Dieu veut que
ses églises soient des lieux d’où coulent guérison et vie en abondance pour la population. Il veut agir à
travers nous pour rafraîchir et transformer nos déserts, et les « mers Mortes » de notre secteur, en leur
apportant une vie abondante en Jésus (Jn 10.10), ce qui est le message adventiste.
Le prophète Amos dresse un tableau similaire à Ézéchiel 47.
Lisez Amos 5.24. Quel est le rapport entre cette description et le rôle de votre église parmi la
population ? Comment votre église peut-elle concrètement devenir un torrent de vie là ou vous êtes ?
15 The Interpreter’s Bible, Nashville: Abingdon Press, 1956, vol. 6, p. 328.
MERCREDI 20 juillet
Promesses de jubilé
L’Ancien Testament avance à maintes reprises cette idée scion laquelle ceux qui ont été bénis
matériellement et spirituellement doivent se tourner vers ceux qui ne le sont pas.
Lisez Esaïe 61.1-11. Que dit Dieu à son peuple ici, et comment appliquer ce qui est dit ici à
nous-mêmes et à notre vocation devant le Seigneur ? Voir également Lc 4.18. Esaïe 61
commence par une déclaration : « l’Esprit du Seigneur est à l’œuvre à travers son Oint pour
prêcher la bonne nouvelle aux pauvres, panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer la liberté
aux captifs, et libérer de l’obscurité et du désespoir les prisonniers » (Es 61.1). Tous les
éléments de cette promesse ont trouvé leur accomplissement dans « une année de faveur pour le
Seigneur ». « Cette année de faveur pour le Seigneur » est une référence à l’année du jubile, qui,
comme nous l’avons déjà vu, impliquait de soulager les défavorisés.
Ainsi, ceux qui sont dans le deuil et qui sont réconfortés, ceux qui pleurent en Sion et qui sont
nourris, ceux qui reçoivent « une parure splendide au lieu de la cendre et une huile de gaîté au lieu du
deuil ». Ainsi ceux qui portent « un vêtement de louange au lieu d’un esprit qui vacille » (Es 61.3)
sont ceux- là mêmes qui vont rebâtir les anciennes ruines et restaurer les endroits depuis longtemps
dévastés. Ceux qui sont bénis par le jubilé messianique deviennent à leur tour des agents de
transformation de la société, remplaçant les cités en ruine (Es 61.4). Les serviteurs de Dieu sont appelés
des prêtres et des serviteurs, et ils bénéficient de la richesse des nations alentours (Es 61.5, 6).
Les images que l’on trouve dans Es 61 sur l’Oint de Dieu qui transforme les peuples à travers la
postérité de ceux qui ont conclu une alliance avec lui (Es 61.8, 9) s’appliquent à ceux qui, aujourd’hui,
ont été appelés à devenir des prêtres et des serviteurs dans tous les quartiers du monde. Cette même
influence transformatrice de la prophétie ne devrait-elle pas être palpable quand nous faisons nos délices
de l’Eternel, que nous nous réjouissons en Dieu, et que nous portions le manteau du salut et de la justice
au sein de nos populations (Es 61.10, 11) ?
Lisez Es 61.9.
Quel puissant témoignage de ce que Dieu pouvait faire chez son peuple ! Peut-on en dire
autant de nous aujourd’hui ? Pourquoi ?
JEUDI 21 juillet
L’église : un agent de changement
Lisez Michée 6. Contre qui Dieu élevé-t-il la voix ici ?
Michée fait partie des prophètes de l’Ancien Testament qui mettaient l’accent sur la même
chose : les formes extérieures de religion qui sont dépourvues de justice et de miséricorde ne sont
jamais acceptables pour un Dieu juste et miséricordieux.
Quel est le message central de Michée 6.8 ?
« La véritable religion est pratique. Certainement, elle comprend les rites et les cérémonies
de l’église, mais […] ce n’est pas tant une question de s’abstenir de nourriture que de
partager de la nourriture avec les affamés. La piété pratique est le seul type de religion
reconnue à la barre du jugement de Dieu (Mt 25.34-46) »16
Aujourd’hui, Dieu continue à rejeter l’apostasie d’une religion extérieure qui exclut la piété
pratique exprimée dans Michée 6.8. Nos formes religieuses ne sont pas une fin en soi. Elles sont un
moyen en vue d’une fin, et cette fin, c’est Christ, qui doit être révélé en nous.
Dans l’introduction de la leçon de cette semaine, nous avons rencontré deux familles qui ont déménagé
dans un quartier « désespéré » afin de répondre aux besoins de ses habitants. Ces deux familles ont
constitué un petit groupe dans l’un de leurs salons avec de nouveaux amis du voisinage. Les membres
de ce petit group en pleine croissance ont prié Dieu avec ferveur pour qu’il leur montre comment
restaurer la population. Ils ont fait équipe avec une agence de développement chrétienne et se sont mis
à recruter des volontaires pour se joindre à eux dans leur reconstruction des immeubles délabrés du
secteur.
Si vous visitez ce quartier aujourd’hui, vous verrez un nouveau quartier prospère qui va
beaucoup mieux qu’avant. Tout cela grâce à une petite église déterminée à démontrer l’amour de Jésus
de manière pratique. Cette œuvre révèle des moyens très concrets et parlants dont Christ a pu agir à
travers son peuple pour atteindre d’autres personnes et les soulager.
Bien que Dieu s’adressait à son peuple dans son ensemble, au verset 8, il est question de la
deuxième personne du singulier, un « tu ».
Dans quelle mesure révélons-nous personnellement ce que le Seigneur qualifie ici de ce qui
est bon ?
16 Ellen G. White, The SDA Bible Commentary, vol. 4, p. 306.
VENDREDI 22 juillet
Pour aller plus loin
Lisez Jr 22.1-16 ; Ex 16.49; Za 7.9, 10. Lisez les commentaires d’Ellen G. White en anglais dans
SDA Bible Commentary, vol. 4, p. 1165,1166 ; « Le dessein de Dieu à l’égard de nos
sanatoriums », p. 556-557, dans Témoignages pour l’église, vol.2.
« Il t’a fait connaitre, ô humain, ce qui est bon ; et qu’est-ce que le Seigneur réclame
de toi, si ce n’est que tu agisses selon l’équité, que tu aimes la fidélité, et que tu marches
modestement avec ton Dieu ? » (Mi 6.8.) Difficile d’être plus clair. Dieu a fait connaître à son peuple
ce qui est bon, et ce bon est le même terme utilisé à maintes reprises dans Genèse 1, en référence à la
Création. Ainsi, le verset nous rappelle implicitement l’idéal, ce que Dieu avait en tête pour nous à
l’origine, et ce qu’il nous redonnera après le retour de Jésus. On pourrait également traduire, et sans
doute de manière plus exacte, l’expression « réclame de toi » par « cherche de toi ». Qu’est-ce que
Dieu « cherche » de nous, son peuple racheté par la grâce de Christ ? La réponse se trouve dans la
manière dont nous agissons avec les autres et avec Dieu. D’abord, nous devons agir selon l’équité. C’est
tout à fait approprié étant donné le thème de ce trimestre, qui aborde la manière dont nous pouvons
aider ceux qui sont souvent d’innocentes victimes d’injustice. Deuxièmement, nous devons « aimer la
fidélité ». Nous vivons dans un monde qui, parfois, peut être impitoyable. Quels puissants témoins nous
ferions si nous aimions la fidélité et si nous montrions cet amour en faisant preuve de miséricorde envers
autrui Troisièmement, nous devons « marcher modestement avec Dieu ». Si, dans Michée 6.4, le
Seigneur a rappelé au peuple que leur délivrance du pays d’Egypte était une raison d’être humbles et
fidèles devant lui, à combien plus forte raison cela devrait-il s’appliquer à nous, qui avons été rachetés
par le sang de Jésus ! La réalité de la croix, et ce qu’elle a coûté pour nous racheter, devrait toujours
nous garder humbles devant notre Dieu.
À méditer
Quels autres passages de l’Ancien Testament évoquent notre devoir envers les
nécessiteux ?
Amos 5, en particulier les versets 21 à 24, a des mots très durs pour les religieux de
son temps, sur le fait que Dieu s’intéresse davantage à la façon dont les autres sont
traités qu’aux rituels religieux qu’il a lui-même institués. D’après ce passage, quelle
doit être notre priorité ?
Comment éviter le danger qui consiste à être tellement absorbé par les besoins
matériels des gens qu’on en néglige leurs besoins spirituels ? Comment trouver le
juste équilibre dans notre souhait de soulager les moins chanceux d’entre nous ?