LEÇON 5
23 – 29 juillet
JÉSUS ATTEINT LA POPULATION
SABBAT APRÈS-MIDI
Étude de la semaine:
Lc 4.16–19; Lc 10.25–37; Mt 5.13; Es 2.8; Jn 4.35–38; Mt 13.3–9.
Verset à mémoriser :
« Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne
nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité́ parmi le peuple. »
(Matthieu 4.23.)
Le célèbre auteur du roman d’aventures L’Ile au trésor, Robert Louis Stevenson, était un enfant trop
malade pour aller à l’école de manière régulière. Ses parents firent donc appel à un précepteur ainsi
qu’à une bonne d’enfants pour l’aider au quotidien. Un soir au moment du coucher, alors que sa nounou
venait vérifier si tout allait bien, elle le trouva debout, le nez et les mains collés à la fenêtre. Craignant
qu’il ne prenne froid, elle lui ordonna de retourner dans son lit. Robert lui répondit :
« Viens voir ce que je vois.
La bonne s’approcha. En bas, dans la rue, il y avait un allumeur de réverbères qui faisait son travail.
— Regarde ! dit Robert. Il y a un homme qui fait des trous dans la nuit !
— N’aie pas peur ! N’y a-t-il rien de trop difficile pour Dieu ? le rassura Margaret Davis » 17.
Nous avons en partie étudié ce que dit l’Ancien Testament sur le fait d’aider ceux qui en ont besoin.
Nous allons à présent examiner de plus près ce qu’en dit le Nouveau Testament, et nous commencerons
par Jésus. Parmi les enseignements bien connus de Jésus, il y a celui qui dit que nous devons être la
lumière du monde » (Mt 5.14). Ainsi, nous reflétons Jésus, la véritable Lumière du monde
(Jn 8.12).
Les enseignements de Jésus, qu’il a révélés dans son propre ministère terrestre, nous donnent la marche
à suivre pour pouvoir, à travers lui, faire des trous dans la nuit. Étudiez la leçon de cette semaine pour
le sabbat 30 juillet.
17 Aspect books, p.332.
DIMANCHE 24 juillet
La déclaration de mission de Jésus
Jésus, le jeune rabbin de Nazareth, avait gagné une grande popularité dans la région de Galilée (Lc
4.15). Quand il parlait, « les foules étaient ébahies de son enseignement, car il les instruisait comme
quelqu’un qui a de l’autorité, et non pas comme leurs scribes » (Mt 7.28. 29). Un sabbat, alors qu’on lui
tendait le rouleau d’Ésaïe, Jésus lut les deux premiers versets d’Ésaïe 61, en s’arrêtant en plein milieu
d’une phrase juste avant l’expression « et pour notre Dieu un jour de vengeance » (Es 61.2).
Lisez Luc 4.16-19. Où avons-nous déjà entendu ces paroles ? Voir Esaïe 61.1, 2.
Que proclamait Jésus en lisant ces textes ?
Comme nous l’avons déjà vu, l’expression « une année de faveur pour le Seigneur » correspond à
l’année du jubilé (voir Lévitique 25). Lors de sa visite à Nazareth, Jésus cite un passage messianique
des Ecritures et assure à ses auditeurs : « aujourd’hui, cette Ecriture, que vous venez d’entendre,
est accomplie » (Lc 4.21). Dans son sermon, il se révèle comme l’Oint qui prêche la bonne nouvelle
aux pauvres, la liberté aux prisonniers, la vue aux aveugles, la libération aux opprimés, et la restauration
du jubilé. Cette liste décrit bien son ministère terrestre, qui était centré sur l’enseignement, la guérison,
et le soulagement de ceux qui en avaient besoin.
Pourquoi Jésus s’est-il arrêté avant d’avoir terminé de lire la phrase d’Ésaïe 61.2 ?
Jésus s’est peut-être arrêté avant l’expression « et pour notre Dieu un jour de vengeance » parce
qu’il ne voulait pas que son ministère soit associé à cette idée dominante que le Messie viendrait à la
tête d’armées pour vaincre et dominer les oppresseurs d’Israël. C’était une fausse conception qui,
malheureusement, allait empêcher bon nombre de ses compatriotes de le voir, lui et son ministère, pour
ce qu’ils étaient vraiment. Il s’est focalisé sur ce qu’il ferait pour ceux qui avaient besoin de ce qu’il avait
à offrir tout de suite, là, sans tenir compte de la situation politique de l’époque.
Que nous indique le fait que Jésus annonce son ministère de cette façon ? Autrement dit, que
doit-on en retirer du fait qu’il mette l’accent sur l’œuvre concrète qu’il restait à accomplir ?
LUNDI 25 juillet
Aimer son prochain
« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta
force et de toute ton intelligence, et ton prochain, comme toi-même. » (Lv 10.27.)
Lisez Luc 10.25-37. Quel est le message ici concernant l’aide à apporter à ceux qui sont
dans le besoin ?
Le spécialiste de la loi comprenait que tous les commandements tournent autour du fait d’aimer
Dieu avec tout ce qu’on a, et d’aimer son prochain comme soi-même. Mais une question demeurait sans
réponse : « Qui est mon prochain ? ».
Étant donné que du temps de Christ, l’idée dominante était de privilégier ses compatriotes en
considérant tous les autres comme des étrangers, ce spécialiste de la loi voulait que Jésus clarifie cette
question. La parabole que Jésus raconte révèle une perspective totalement différente. Notre prochain,
c’est toute personne que nous croisons et qui est dans le besoin. Le prêtre et le Lévite s’inquiétaient
davantage de préserver leur personne et leurs devoirs sacrés de la souillure. Ou comment se servir de
la religion comme excuse, pour ne pas mourir à soi-même en aidant quelqu’un qui, vraisemblablement,
ne pourrait jamais s’acquitter de sa dette.
À contrario, le Samaritain a vu cet « étranger » et cet « ennemi » comme son prochain, en
pourvoyant avec miséricorde à ses besoins au lieu de penser aux siens. En réalité, l’idée c’est qu’au lieu
de demander : « Qui est mon prochain ? », nous devons nous demander : « Qui sera un prochain pour
les opprimés ? ». Peu importe qui est la personne concernée : celui qui est dans le besoin, voilà celui-
là même que nous devons aider, point.
« Dieu ne connait pas les distinctions de nationalité, de race ou de rang social, car il est le
Créateur de l’humanité entière. Par voie de création, tous les hommes font partie de la même famille,
et tous sont aussi unis par le fait de la rédemption. Jésus-Christ est venu abattre toutes les murailles
de séparation ; il a ouvert les différents compartiments du temple, afin que chacun accède librement
auprès de Dieu. Son amour est si vaste, si complet, si profond qu’il pénètre partout. »18
Quels préjugés vous empêchent peut-être d’être le prochain que vous devez être ?
18 Ellen G. White, Les Paraboles de Jésus, p. 339.
MARDI 26 juillet
Toute la recette
« Vous êtes le sel de la terre. » (Mt 5.13.) Dans ce passage, Jésus appelle ses disciples à être
du sel, qui est un agent de transformation. L’Église est une « salière » qui contient « le sel de la terre ».
Avec quoi, ou avec qui, nous, ce sel, devons-nous nous mélanger ? Avec nous-mêmes, ou bien avec des
ingrédients différents de nous ?
Faisons une petite expérience remplissez un moule à pain avec seulement du sel et un autre
moule de pâte à pain contenant du sel parmi ses ingrédients. Dans le premier moule, le sel est l’unique
ingrédient de la recette. Après cuisson, le résultat ne sera pas très savoureux, encore moins mangeable.
Dans le deuxième moule, le sel fait partie de la recette et il est mélangé à d’autres ingrédients. Ainsi, il
peut transformer un pain fade en un pain délicieux. Le sel fait plus de bien quand il se mélange à des
ingrédients différents de lui. C’est la même chose pour les chrétiens. Il ne se passera rien si nous restons
bien à l’abri dans la « salière » qu’est l’église. Ne passons pas à côté de l’essentiel. On peut parfaitement
être moral, c’est-à-dire ne pas fumer, ni boire, ni se saouler, ni jouer à des jeux d’argent, ou se lancer
dans la criminalité. Tout cela est important. Mais il ne s’agit pas simplement de ce que nous ne faisons
pas. Il s’agit plutôt de savoir : Que faisons-nous ? C’est-à-dire que faisons-nous pour aider la population
et ceux qui ont besoin de nous ?
Relisez Matthieu 11.12. Que nous disent les textes suivants sur la réalité du grand conflit ?
« Mais si le sel a perdu sa saveur, s’il n’y a qu’une simple profession de piété sans l’amour du Christ,
cela n’est utile à rien. Aucune influence salutaire n’est exercée sur le monde. »19 Revenons à l’image
de la recette. Nous l’avons vu, si tout ce qu’on a, c’est du sel, cc n’est pas bon. En fait, un excès de sel
dans l’alimentation peut être toxique. Le sel doit être mélangé avec des ingrédients différents. De sorte
que si nous ressemblons au monde, ou même si nous sommes un peu trop comme le monde, nous ne
ferons aucune différence dans ce monde. Nous n’aurons rien à offrir. Le sel n’est alors bon à rien. Et
que dit Jésus sur ce sel-là ?
Cependant, imprégnés de la saveur de l’amour de Christ, nous désirerons devenir des
« compatriotes » avec les « étrangers », en nous mêlant aux autres afin d’être des agents de
transformation, faire une différence positive dans leurs vies, ce qui aura pour effet d’en entraîner
d’autres vers ce qui compte vraiment dans la vie : le salut en Jésus.
Lisez Deutéronome 12.30 ; 31.20 ; Esaïe 2.8.
Contre quel danger ces textes nous mettent-ils en garde, et comment veiller à ne pas tomber
dans ce piège ?
19 Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 436
MERCREDI 27 juillet
Le travail du fermier
Lisez Jean 4.35-38. Que nous dit Jésus ici sur les différentes étapes nécessaires pour
atteindre des âmes ?
Le travail d’un fermier est très varié. D’autres types de travail agricole doivent être accomplis
avant qu’une récolte ne soit abondante (Mt 9.35-38). La moisson du Seigneur n’a pas seulement besoin
d’ouvriers. Vous imaginez un fermier au moment de la moisson qui dit à ses ouvriers agricoles : « Bon,
c’est le moment de la récolte, alors plantons des graines » ? C’est mieux de procéder à la récolte après
avoir fait tout un travail.
La préparation du sol est l’une des tâches du fermier, car tous les sols ne sont pas bons dès le
départ.
Lisez Mt 13.3-9. Que peut faire votre église dans votre quartier pour ameublir les « sols
durs » et se débarrasser des « cailloux » et des « épines » ?
Certains ouvriers font tout ce qu’il faut avant la récolte, et d’autres ouvriers récoltent les
bénéfices de leur travail. Parfois, les stratégies des programmes d’évangélisation mettent davantage
l’accent sur la récolte que sur le travail préparatoire. Ce n’est pas ainsi que l’on doit procéder. Le sol
doit être préparé bien avant que l’évangéliste ne vienne et commence à prêcher, s’il veut pouvoir récolter
quoi que ce soit. Il faut considérer le travail agricole dans le champ comme un processus : analyser le
sol, préparer le sol, planter, arroser, ajouter de l’engrais, combattre les maladies, attendre, récolter, et
stocker la récolte. Récolter n’est qu’une partie du processus. Dans l’église, le processus « agricole »
peut comprendre des activités d’analyse du sol, comme des sondages, des statistiques et des interviews
pour évaluer les besoins de la population ; des activités de plantation, comme des séminaires, des
études bibliques, et des petits groupes ; et des prières pour la pluie - le Saint-Esprit. Peu de gens sont
gagnés à Christ avec un seul de ces éléments. Nous devons les nourrir, grâce à un déroulement fait de
multiples éléments, en augmentant ainsi la probabilité pour qu’ils soient prêts pour la récolte. Si nous
comptons uniquement sur des événements ponctuels, il est peu probable que les nouveaux plants
survivent Jusqu’à la moisson.
Quel rôle vous reste-t-il à jouer dans toute cette démarche pour gagner des âmes, par rapport
au rôle que vous jouez aujourd’hui ?
JEUDI 28 juillet
Plantation d’église
Lisez Matthieu 10.5-10. Pourquoi Jésus a-t-il envoyé ses disciples dans les villes et les villages
des environs sans aucune ressource ?
De prime abord, cela peut paraitre étrange que les disciples de Jésus aient reçu l’ordre de
commencer leur ministère missionnaire avec si peu de choses pour subvenir à leurs besoins.
Apparemment, Jésus a mis ses disciples dans cette situation pour leur apprendre à dépendre de Dieu,
et à créer des amitiés en servant la population. Les gens devaient apprécier ce service au point de
soutenir financièrement leur ministère.
La fédération du Pasteur Frank lui demanda de planter une église dans un quartier d’une grande
ville qui ne comptait quasiment aucune présence adventiste. Au départ, il ne disposait d’aucun budget.
Il consulta une carte, détermina les limites de cette zone de la ville et étudia les données statistiques
de la population concernée. Puis, il gara sa voiture dans le quartier le plus animé et alla de commerce
en commerce pour poser des questions sur la vie du quartier. Il rendit visite à des responsables
politiques, commerciaux, et sociaux, en leur demandant quels étaient les plus grands besoins du
quartier. Il se lia d’amitié avec des habitants, qui l’invitèrent à faire partie d’une association citoyenne
locale. Par ce biais, ii rencontra d’autres responsables grâce auxquels il put louer l’annexe d’une église
presbytérienne locale.
Les membres de l’association firent des dons pour acheter de la peinture et des produits
d’entretien, et on rénova l’annexe. Les entretiens avec les responsables locaux révélèrent que la santé
était un domaine où les besoins étaient importants. Le pasteur décida alors de mettre en place une
équipe de volontaires, qui s’occupèrent de différents programmes de dépistage et de réunions de suivi
dans l’annexe. Les gens qui en bénéficièrent ne payèrent qu’une contribution modeste, qui permit de
couvrir une partie des frais. Bientôt, on lança une section d’école du sabbat, et certains des habitants
commencèrent à venir.
Le pasteur se rendit vite compte que « l’un des meilleurs moyens de planter une église, c’est de
planter d’abord un ministère » qui pourvoit aux besoins des habitants, puis de faire pousser une église
à partir de ce ministère. Ce ministère a donné naissance à une église adventiste composée de plus de
cent quarante membres.
L’histoire du pasteur Frank illustre ce qui peut arriver quand nous mettons en pratique ce
qu’enseigne Jésus sur l’évangélisation de nos quartiers. Comment Jésus vivait-il ses propres
enseignements sur le ministère ?
La semaine prochaine, nous commencerons à explorer la méthode de Christ, qui est « la seule
qui réussisse »20.
20 Ellen G. White, Le ministère de la guérison, p. 118.
VENDREDI 29 juillet
Pour aller plus loin
Lisez dans la Bible d’autres enseignements de Jésus sur le rôle que nous avons à jouer
personnellement, ainsi que sur le rôle de l’église au sein de nos populations : Mt 7.12; 23.23; 25.31-
46; Mc 4.1-34 ; 6.1-13 ; Lc 6.36 ; 11.42 12.13-21;14.16-24 ; 16.13; 18.18-27 ; 19.1-10 ; Jn 10.10 ;
12.8; 17.13-18.
Lisez Ellen G. White « L’un de ces plus petits », p.639-644 dans Jésus-Christ ; « The Missionary
pattern », dans Signs of the Times, 19 mars 1894.
« Si l’église n’est pas la lumière du monde, elle est ténèbres. »21
Quelle idée saisissante Elle nous rappelle les paroles de Jésus : « Celui qui n’est pas moi est
contre moi, et celui qui ne rassemble pas disperse » (Mt 12.30). Jésus est clair : personne n’est
neutre dans le grand conflit. Soit nous sommes dans le camp de Christ, soit dans celui du diable. Avoir
reçu une grande lumière et ne rien en faire, c’est en réalité agir contre cette lumière. Nous avons été
appelés à devenir des lumières dans le monde. Si nous ne sommes pas la lumière, alors nous sommes
ténèbres.
Bien que le contexte immédiat soit différent, le principe est le même : « Si donc la lumière
qui est en toi est ténèbres, combien sont grandes les ténèbres ! » (Mt 6.23). On pourrait peut-
être résumer tout cela avec ces paroles : « À quiconque il sera beaucoup donné, il sera beaucoup
demandé ; de celui à qui on a beaucoup confié, on exigera davantage » (Lc 12.48).
À méditer
Échanger sur les manières de se mêler avec le monde afin d’atteindre les gens.
Comment parvenir à un juste équilibre ? C’est-à-dire, comment se mêler au monde de
manière à faire du bien aux autres, sans pour autant se laisser prendre par le monde
et devenir une partie du problème au lieu de la solution ?
Souvent, quand nous nous impliquons dans notre quartier, la question de la politique
est abordée. Après tout, une grande partie des questions qui demandent notre aide,
comme la pauvreté, l’éducation, la santé, etc., font partie du débat politique. Comment
ne pas laisser l’inévitable polarisation de la politique contaminer ce que nous voulons
accomplir ? Un certain engagement politique semble inévitable, alors comment se
positionner de manière à rester en dehors de la mêlée politique, autant que faire se
peut ?
D’un autre côté, y a-t-il des situations où nous devons être dans la sphère politique
afin de mieux répondre aux besoins de la population ? Le cas échéant, lesquelles ? Et
comment agir de manière à ne pas compromettre notre mandat évangélique ?
21 Ellen G. White, Signs of the Times, 11 Septembre 1893.