ÉPISTAXIS
1. Définition :
§ Une épistaxis est une hémorragie provenant des fosses nasales, des sinus paranasaux ou
du cavum.
§ Ce saignement est très fréquent et la plupart du temps, bénin. Dans certains cas par son
abondance et sa répétition il peut être considéré comme une véritable urgence médico-
chirurgicale.
2. Clinique :
§ Quoiqu’il en soit, devant une épistaxis quelle que soit son importance, l’interrogatoire,
l’examen ORL, mais aussi général et un bilan paraclinique sont indispensables pour
apprécier la gravité et préciser l’étiologie.
v L’interrogatoire du patient et de son entourage vont préciser :
§ L’âge, le sexe et la profession;
§ Les antécédents (HTA connue, antécédents hémorragiques) ;
§ La prise de médicaments (aspirine, anticoagulants) ;
§ La durée et l’abondance de l’épisode hémorragique actuelle.
v L’examen général permet d’évaluer le retentissement de la perte sanguine par :
§ La prise du pouls et de la pression artérielle ;
§ L’aspect du patient : anxiété, agitation, sueurs, pâleur.
v L’examen ORL : (rhinoscopie, examen de l’oropharynx), après évacuation des caillots
de sang par mouchage qui permet :
§ D’apprécier l’abondance de l’hémorragie ;
§ De préciser son siège qui peut être antérieur ou postérieur ;
§ Et son origine localisée ou diffuse.
v Les examens complémentaires :
§ Ils sont réalisés en fonction de l’abondance de l’hémorragie et en urgence : Groupage
sanguin et rhésus, hématocrite, étude simple de l’hémostase (TS, TC) et la Numération
Formule Sanguine (NFS) ;
§ D’autres examens plus spécialisés seront demandés en fonction de l’orientation
étiologique.
3. Diagnostics différentiels :
§ Hémoptysie : extériorisation de sang durant des efforts de toux ;
§ Hématémèse : extériorisation de sang durant des efforts de vomissement.
4. Étiologies : Les causes des épistaxis peuvent être générales ou locales :
§ Les causes générales :
• Les maladies hémorragiques : par perturbation du temps vasculaire, du temps
plaquettaire ou de la coagulation lors des thrombopathies, des thrombopénies,
hémophilie, insuffisance hépatique et lors des traitements anticoagulants ;
• Hypertension artérielle ;
• Infection générale : fièvre typhoïde, paludisme ;
• Causes hormonales : grossesse, puberté ;
• Morsure de serpent : syndrome de coagulation intravasculaire disséminé (CIVD)
§ Les causes locales :
• Les infections nasosinusiennes : lors des rhinosinusites aigues ou chroniques, des corps
étrangers du nez chez l’enfant surtout ;
• Les tumeurs nasosinusiennes : qui peuvent être bénignes comme le fibrome
nasopharyngien ou il peut s’agir d’une tumeur maligne dont l’épistaxis peut être le signe
révélateur ;
• Les traumatismes cranio-faciaux lors des accidents de la voie publique (AVP), lors des
rixes ou iatrogène. Elle peut s’accompagner souvent d’une rhinoliquorrhée;
• Quand aucune cause n’est retrouvée on parlera d’épistaxis essentielles ou
d’idiopathiques ou des causes suivantes ont été citées : exposition au soleil, grattage des
fosses nasales (allergie).
5. Traitement :
§ Traitement médical :
• Les hémostatiques administrés par voie générale. On peut prescrire : Adrenoxyl,
Dicynone, Vitamine K.
• Seuls les troubles particuliers de l’hémostase exigent l’apport de fraction sanguine
spécifique.
§ Traitement local nasal :
o Compression digitale sur l’aile du nez : pincer le nez entre l’index et la pouce pendant
10 à 15 minutes en continu (épistaxis de la tâche vasculaire) ;
o Cautérisation de la tâche vasculaire le plus souvent à distance du saignement :
• Chimique (nitrate d’argent en perle ou liquide) ;
• Electrique (pincette bipolaire).
§ Tamponnement antérieur :
• Malade assis ;
• Mouchage énergétique de chaque fosse nasale pour évacuer les caillots ;
• Anesthésie de contact et vasoconstricteurs locaux : Xylocaine Naphazolinée 5%;
• Introduction à l’aide d’une pince de Politzer d’une mèche grasse de 2 à 5 cm de large.
La pince saisit la mèche à 10 cm de son extrémité (pour éviter sa chute dans le pharynx
à travers la choane) et est enfoncée jusqu’à la partie postérieure de la fosse nasale. La
mèche est bien tassée en accordéon derrière en avant jusqu’à la narine et faire une
contention de l’extrémité antérieure et maintenu pendant 48 à 72 heures;
• Le patient est mis sous antibiothérapie ;
§ Tamponnement antéro-postérieur :
• En cas d’échec du tamponnement antérieur il faut faire le tamponnement antéro-
postérieur qui est réalisé sous anesthésie générale;
§ Autres méthodes :
• Mise en place d’un ballonnet ;
• Ligatures artérielles ;
• Embolisation sélective d’une ou plusieurs branches de la carotide externe.
v Conclusion
§ L’épistaxis est une urgence fréquente, quotidienne en ORL.
§ La prise en charge nécessite une collaboration multidisciplinaire.