La dénotation et la connotation
Objectif : faire la différence entre le sens premier d'un terme, compréhensible par tous, et les idées que ce même terme véhicule.
1- La dénotation :
En linguistique, la dénotation constitue l'ensemble des significations immédiatement compréhensibles d'un mot. Sa dénotation est sa
signification non subjective : elle vaut pour tout le monde. Ainsi s'oppose-t-elle à la connotation d'un mot.
Ex. : Le nom « arbre » dénote un « élément végétal assez haut composé de bois et de feuilles ».
2- La connotation :
La connotation est une idée contenue dans l'emploi d'un mot précis. Sa connotation est un sens particulier, subjectif et déterminé par
son contexte (l'implicite) qui vient s'ajouter à la signification propre de ce mot. Chaque mot est porteur d'idées sous-entendues, qui
sont regroupées sous ce terme de connotations. Il ne faut pas confondre les connotations et le sens figuré d'un mot. Les connotations
sont reliées à un terme par une association d'idées.
Ex. : Le nom « destrier » dénote le « cheval » mais connote la fierté, le courage, le tournoi médiéval...
Les différents domaines de connotations :
Le domaine culturel : Les connotations sont transmises par une culture commune. Cette culture prend en compte, entre
autres, les fondements de l'enseignement, les fonds de culture générale... Elles permettent à chacun de reconnaître l'imitation de
certains codes (publicité), l'emploi d'un style (style journalistique). Le jeu sur les connotations culturelles réduit le public d'un
message à une certaine cible, capable de comprendre l'allusion culturelle.
Ex. : La couleur verte représente l'espoir.
L'histoire personnelle : Certains termes ne sont pas particulièrement connotés mais ils le deviennent par le rapprochement
que chacun crée avec un événement de son histoire personnelle. Au niveau du lecteur, l'analyse de ce type de connotations
présente peu d'intérêt. Cependant, il est possible de le transférer au niveau d'un personnage de fiction : un personnage s'adresse
au discours direct à un autre en employant un terme qui prend une nouvelle signification d'après le passé de l'interlocuteur.
Le contexte : Une œuvre doit toujours être étudiée en rapport avec le contexte – historique, politique, culturel... – qui l'a vue
naître. De même, un extrait doit être étudié en fonction de sa place dans l'œuvre intégrale. Un terme peut ainsi se charger de
connotations par un environnement spécifique.
Ex. : Au début du texte « Le Puits et le Pendule » d'Edgar Poe, Nouvelles Histoires extraordinaires (1845), on lit : « le son des voix
des inquisiteurs ». Le personnage principal apprend sa condamnation à mort par l'Inquisition (déduit du terme « inquisiteurs »).
Le lecteur crée donc le lien vers un tribunal religieux réputé pour sa sévérité et pour la cruauté de ses châtiments.
L'essentiel Dans un écrit littéraire, chaque terme employé a fait l'objet d'un choix. Ce choix peut porter sur la dénotation d'un mot (hyperonyme ou
hyponyme) ou sur sa sonorité, mais il porte souvent, aussi, sur ses connotations (choix entre synonymes).
Exercices :
1- Complétez chaque phrase en indiquant ce que connote chaque élément en gras.
a. La colombe évoque ………………………………………………………………….
b. Le loup évoque ………………………………………………………………….
c. Le chrysanthème évoque ………………………………………………………………….
d. L’aigle évoque ………………………………………………………………….
e. Le sablier évoque ………………………………………………………………….
f. Le tracteur évoque ………………………………………………………………….
g. Le rose évoque ………………………………………………………………….
2- Pour chacun de ces mots, donnez une connotation méliorative puis une connotation péjorative.
Ex. : L’été : vacances ; sécheresse
a. Les pantoufles : ………………………………… ; ………………………………….
b. Les parents : ………………………………….; ………………………………….
c. La campagne : …………………………………; ………………………………….
d. Le train : ………………………………….; ………………………………….
e. La cheminée : ………………………………….; ………………………………….
f. L’hiver : …………………………………. ; ………………………………….
g. Le noir : ………………………………….; ………………………………….
h. Le rouge : ………………………………….; ………………………………….