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Corrigé CCP MP 2016 - Math I

PROBLÈME : Fonction Digamma.


Partie préliminaire
III.1.
a. Soit x > 0. La fonction hx : t 7→ e−t tx−1 est continue sur ]0, +∞[ par produit de fonctions
continues, les fonctions exponentielle et puissances étant bien continues sur ]0, +∞[.
On a hx (t) ∼ tx−1 = t1−x 1
avec 1 − x < 1 et t2 e−t tx−1 = tx+1 e−t −→ 0 par croissance
t→0+ t→+∞
1

comparée, d’où hx (t) = o t2
.
t→+∞
Ainsi, par comparaison de fonctions positives et critère de Riemann en 0 et en +∞,
hx : t 7→ e−t tx−1 est intégrable sur ]0, +∞[.
Z +∞
On peut ainsi définir la fameuse fonction Gamma d’Euler Γ : x 7→ e−t tx−1 dt,
0
sur ]0, +∞[.
b. Soit x > 0. La fonction hx définie dans la question précédente est Rcontinue et stricte-
+∞
ment positive sur ]0, +∞[. La positivité de l’intégrale nous donne 0 hx (t)dt ≥ 0 et
R +∞
la continuité de hx implique qu’on ne pourrait avoir 0 hx (t)dt = 0 que si hx était
identiquementR nulle sur ]0, +∞[, ce qui n’est pas le cas.
+∞
Ainsi Γ(x) = 0 hx (t)dt > 0, et ce pour tout x > 0.
 ∗
R+ × R∗+ −→ R
c. On définit h : .
(x, t) 7−→ hx (t) = e−t tx−1
– Pour tout t > 0, x 7→ h(x, t) est de classe C 1 (et même C ∞ en fait) sur R∗+ . On a donc
∂h ∂h
l’existence de sur tout (R∗+ )2 et, pour tout t > 0, la continuité de x 7→ (x, t) sur

∂x ∂x
R+ .
∂h
Notons d’ailleurs qu’on a, pour tout (x, t) ∈ (R∗+ )2 , (x, t) = ln(t)e−t tx−1 .
∂x
∂h
– Pour tout x > 0, t 7→ (x, t) est continue (donc continue par morceaux) sur R∗+ .
∂x ∗
– Soit [a, b] un segment de R+ . On a donc 0 < a ≤ b.
| ln(t)|e−t ta−1 si t ≤ 1

∗ ∂h
∀(x, t) ∈ [a, b] × R+ , (x, t) ≤ .
∂x ln(t)e−t tb−1 si t > 1
| ln(t)|e−t ta−1 si t ≤ 1


Notons donc ϕ la fonction définie sur R+ par ϕ(t) = . Cette
ln(t)e−t tb−1 si t > 1
fonction est continue par morceaux (et même continue en fait).
De plus, pour t > 1, on a t2 ϕ(t) = t1+b ln(t)e−t , donc t2 ϕ(t) −→ 0 par croissance
t→+∞
1− a2 a
1
= t 2 | ln(t)|e−t −→

comparée, d’où ϕ(t) = o t2 . Et, pour t ∈]0, 1], on a t ϕ(t)
t→+∞   t→0+
1
0 (toujours par croissance comparée, car a > 0), donc ϕ(t) = o 1− a , avec 1 − a2 <
t→0+ t 2

Nicolas Basbois & Damien Broizat Institut Stanislas, Cannes - Lycée Jules Ferry
Corrigé CCP MP 2016 - Math I

1.
Donc ϕ est intégrable sur ]0, +∞[.
On en déduit l’hypothèse de domination sur tous les segments de ]0, +∞[.
Cela prouve finalement que Γ est de classe C 1 sur ]0, +∞[, donc dérivable, avec :
Z +∞ Z +∞
0 ∂h
∀x > 0, Γ (x) = (x, t)dt = ln(t)e−t tx−1 dt.
0 ∂x 0
Z n
1 1
III.2. Pour tout entier n ≥ 2, on pose un = dt − .
n−1 t n

[1, +∞[ −→ R
a. Notons f : . Comme la fonction f est continue (donc continue par
t 7−→ 1t
morceaux), décroissanteet à valeurs positives, un théorème du cours indique que la série
P R n P
n−1 f (t)dt − f (n) converge, c’est-à-dire que un converge.
n≥2 n≥2
n
 
P 1
b. Pour tout entier n ≥ 1, on pose Hn = k − ln(n).
k=1
n Rn n
P dt P 1
Pour n ≥ 2, on a uk = 1 t − k par relation de Chasles, d’où
k=2 k=2
n n
P P 1
uk = ln(n) + 1 − k = 1 − Hn .
k=2  n k=1 
P
Comme la suite uk converge par la question précédente, il s’ensuit que la suite
k=2 n≥2
(Hn )n≥1 converge.

On note dans la suite γ = lim Hn , et on définit la fonction Digamma ψ, pour x ∈


n→+∞
Γ0 (x)
]0, +∞[, par ψ(x) = Γ(x) .

Expression de la fonction Digamma à l’aide d’une série


III.3. Pour x ∈]0, +∞[ et pour tout entier n ≥ 1, on définit la fonction fn sur ]0, +∞[ par :
n
1 − nt tx−1 si t ∈]0, n]

fn : t 7→ .
0 si t > n
a. On peut établir l’inégalité souhaitée par simple étude de la fonction x 7→ ln(1 − x) + x sur
] − ∞, 1[, ou bien par un argument de convexité : en effet la fonction ln est notoirement
concave sur R∗+ , donc son graphe est au-dessous de chacune de ses tangentes. Comme la
tangente en x = 1 a pour équation y = x − 1, on en déduit : ∀x ∈ R∗+ , ln(x) ≤ x − 1. Il
vient ensuite, via deux changements de variable successifs : ∀x > −1, ln(1 + x) ≤ x, puis
∀x < 1, ln(1 − x) ≤ −x.

Ensuite, soit n ≥ 1 (et, normalement, x > 0 est déjà fixé aussi dès l’énoncé de la question
III.3.). La fonction fn est positive par définition.
t
De plus, pour tout t ∈]0, n[, fn (t) = en ln(1− n ) tx−1 , avec ln 1 − nt ≤ − nt par la question


précédente, vu qu’on a bien nt < 1 pour t ∈]0, n[. On en déduit, par croissance de l’expo-
t
nentielle et produit par une quantité positive : f (t) ≤ en×(− n ) tx−1 = e−t tx−1 . Enfin f
n n
est nulle sur [n, +∞[, tandis que la fonction t 7→ e−t tx−1 y est positive, d’où finalement
l’encadrement :
∀t > 0, 0 ≤ fn (t) ≤ e−t tx−1 .
b. Comme demandé, on applique le théorème de convergence dominée :
– Pour tout n ≥ 1, fn est continue par morceaux sur R∗+ .
Nicolas Basbois & Damien Broizat Institut Stanislas, Cannes - Lycée Jules Ferry
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– Soit t > 0. Il existe N ∈ N tel que N ≥ t, par exemple N = btc + 1. Alors, pour
n n t
tout n ≥ N , t ∈]0, n], et donc fn (t) = 1 − nt tx−1 . Or, 1 − nt = en ln(1− n ) , et
n t 1
ln 1 − nt = − nt + o n1 , donc 1 − nt = en(− n +o( n )) = e−t+o(1) −→ e−t par
 
n→+∞
continuité de l’exponentielle. Donc fn (t) −→ e−t tx−1 .
n→+∞
On a ainsi prouvé que (fn )n≥1 converge simplement sur R∗+ vers la fonction t 7→ e−t tx−1 .
– De plus, pour tout n ≥ 1 et pour tout t > 0, |fn (t)| ≤ e−t tx−1 par la question
précédente, et on a prouvé dans la première question du problème que la fonction
t 7→ e−t tx−1 est (continue bien sûr et) intégrable sur R∗+ .
Z +∞ Z +∞
Donc, par le théorème de convergence dominée, fn (t)dt −→ e−t tx−1 dt.
0 n→+∞ 0
Comme fn est nulle sur [n, +∞[, cela donne finalement :
t n x−1
Z n 
1− t dt −→ Γ(x),
0 n n→+∞

et ce raisonnement a bien été mené pour tout x > 0.


Z 1
III.4. Pour tout entier naturel n et tout x > 0, on pose In (x) = (1 − u)n ux−1 du.
0
a. Soient n ∈ N∗ et x > 0.
La fonction α : u 7→ (1 − u)n ux−1 est bien définie et continue sur ]0, 1].
1
De plus, α(u) ∼ ux−1 = u1−x , avec 1 − x < 1, donc α est intégrable sur ]0, 1] par
u→0+
comparaison de fonctions positives et critère de Riemann.
Cela assure la bonne définition de In (x).
x
On définit maintenant sur ]0, 1] les fonctions α1 : u 7→ (1 − u)n et α2 : u 7→ ux . Ces
fonctions sont de classe C 1 , et on a α1 (u)α2 (u) qui admet une limite finie pour u −→ 0+ ,
en l’occurrence 0. On en déduit, par intégration par parties :
Z 1 Z 1
0
In (x) = α1 (u)α2 (u)du = α1 (1)α2 (1) − lim α1 (u)α2 (u) − α10 (u)α2 (u)du
0 u→0+ 0
Z 1
n n
=0−0+ (1 − u)n−1 ux du = In−1 (x + 1).
x 0 x
b. Soit x > 0. R  x 1
1
On a I0 (x) = 0 ux−1 du = ux 0 = x1 .
Soit n ≥ 1. On a, par une récurrence immédiate,
In (x) = nx In−1 (x + 1) = nx × n−1 n!
x+1 In−2 (x + 2) = x(x+1)···(x+n−1) I0 (x + n) =
n!
x(x+1)···(x+n) .

c. La fonction t 7→ nt réalise une bijection strictement croissante et de classe C 1 de ]0, n] sur


]0, 1]. Via le changement de variable u = nt , on obtient donc :
t n x−1
Z n  Z 1 Z 1
1− t dt = (1 − u)n (nu)x−1 ndu = nx (1 − u)n ux−1 du = nx In (x).
0 n 0 0
Le résultat de la question 3.b. se réécrit ainsi : Γ(x) = lim nx In (x). Et le calcul de la
n→+∞
question précédente permet de conclure :
n! n!nx
Γ(x) = lim nx × = lim n .
n→+∞ x(x + 1) · · · (x + n) n→+∞ Q
(x + k)
k=0

Cette relation est appelée formule de Gauss (selon l’énoncé, mais n’est-ce pas plutôt la
formule dite d’Euler dans la littérature ?).
III.5. Soient n ∈ N∗ et x > 0.
L’indication donnée (fallait-il la prouver ?) est immédiate en remarquant qu’on a
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Dérivant cette relation sur R∗+ , on obtient :


Γ0 (x) 1
g 0 (x) = − − − γ,
Γ(x) x
0
c’est-à-dire, vu que ψ = ΓΓ , ψ(x) = −g 0 (x) − x1 − γ.
+∞
P 1  +∞P 1 
Comme −g 0 (x) = − k+x − 1
k = − k+x + 1
k , on a finalement établi :
k=1 k=1
+∞  
1 X 1 1
∀x > 0, ψ(x) = − − γ + − .
x k k+x
k=1

III.7.
+∞
P 
1 1
a. Posant x = 1 dans la formule précédente, on trouve : ψ(1) = −1 − γ + k − k+1 ,
k=1
R +∞ψ(1) = −1 − γ + 1 = −γ.
d’où, par télescopage,
De plus Γ(1) = 0 e−t dt = lim [−e−t ]X 0 = lim 1 − e−X = 1 donc, vu que
X→+∞ X→+∞
0
ψ(1) = ΓΓ(1)
(1)
, on obtient Γ0 (1) = −γ.
Mais
R +∞ en reprenant l’expression obtenue à la question 1.c., on constate que Γ0 (1) =
−t
e ln(t)dt, d’où finalement :
0
Z +∞
e−t ln(t)dt = −γ.
0

b. D’après la formule de la question 6.c., on a, pour tout x > 0,


+∞   X +∞  
1 1 X 1 1 1 1
ψ(x + 1) − ψ(x) = − + + − − −
x+1 x k k+x+1 k k+x
k=1 k=1

+∞  
1 1 X 1 1 1 1
= − + − − +
x x+1 k k+x+1 k k+x
k=1
par somme de séries convergentes. Et donc :
+∞   X+∞  
1 1 X 1 1 1 1 1
ψ(x + 1) − ψ(x) = − + − = − = .
x x+1 k+x k+x+1 k+x k+x+1 x
k=1 k=0

Remarque. On aurait aussi pu procéder ainsi :


Γ0 (x + 1) Γ0 (x)
  
d Γ(x + 1)
ψ(x + 1) − ψ(x) = − = ln .
Γ(x + 1) Γ(x) dx Γ(x)
Or, il est bien connu que Γ(x + 1) = xΓ(x) (il suffit d’intégrer par parties), donc
d 1
ψ(x + 1) − ψ(x) = (ln(x)) = .
dx x
En particulier, pour tout k ∈ N∗ , ψ(k + 1) − ψ(k) = k1 .
Il s’ensuit, pour tout entier n ≥ 2,
n−1
X n−1
X1

ψ(n) = ψ(1) + ψ(k + 1) − ψ(k) = −γ + .
k
k=1 k=1

R∗+ −→

R
c. Soit x > 0 fixé. Pour tout k ∈ N, on définit jk : 1 1 .
y 7−→ k+y+1 − k+y+x
Cette notation est discutable : il aurait peut-être été préférable de noter jk,x , pour insister
sur le fait que l’on travaille à x > 0 fixé, et que la convergence uniforme étudiée ici ne
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porte que sur la variable y.


k+y+x−k−y−1 x−1
On peut réécrire jk (y) = (k+y+1)(k+y+x) = (k+y+1)(k+y+x) donc,

|x − 1|
∀y > 0, |jk (y)| ≤ .
(k + 1)(k + x)
P |x−1| |x−1| |x−1|
Comme est une série convergente, vu que (k+1)(k+x)
(k+1)(k+x) ∼ 2 , on a la
k≥0 k→+∞ k
P
convergence normale, donc uniforme, de jk sur ]0, +∞[.
k≥0
Ensuite, reprenant la formule de 6.c., on a, pour tout n ∈ N∗ ,
+∞   X +∞  
1 1 X 1 1 1 1
ψ(x + n) − ψ(1 + n) = − + + − − − ,
x+n n k k+x+n k k+1+n
k=1 k=1

et selon le même principe de calcul qu’à la question précédente, on aboutit à :


+∞   X +∞
X 1 1
ψ(x + n) − ψ(1 + n) = − = jk (n).
k+1+n k+x+n
k=0 k=0

Or, pour tout k ∈ N, jk (n) −→ 0 donc, par le théorème de la double limite (qui
n→+∞
s’applique ici car la série de fonctions étudiée converge uniformément sur un voisinage de
+∞),
+∞
 X
lim ψ(x + n) − ψ(1 + n) = lim jk (n) = 0.
n→+∞ n→+∞
k=0

III.8. Par analyse-synthèse :


– Analyse : Soit f solution. On va montrer que f vérifie la formule de ψ établie en 6.c.,
à savoir :
+∞  
1 X 1 1
∀x > 0, f (x) = − − γ + −
x k k+x
k=1
1
Puisque t = f (t + 1) − f (t) pour tout t > 0, on a
+∞   +∞
X 1 1 X 
− = f (k + 1) − f (k) − f (k + x + 1) + f (k + x)
k k+x
k=1 k=1

n n
!
X  X 
= lim f (k + 1) − f (k) + f (k + x) − f (k + x + 1)
n→+∞
k=1 k=1
 

= lim f (n + 1) − f (1) +f (1 + x) − f (n + x + 1)


 
n→+∞ |{z}
=−γ

 1
= f (x + 1) + γ − lim f (x + 1 + n) − f (1 + n) = f (x) + + γ,
n→+∞
| {z } x
=0

ce qui montre bien la relation voulue, et donc f = ψ.


– Synthèse : La seule solution éventuelle au problème est donc ψ. Mais on a prouvé
en 7.a., 7.b. et 7.c. que ψ satisfait les trois conditions voulues, donc finalement ψ est
solution, et c’est la seule.

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Fin extrait

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