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Fiscalite Des Particulers Irpp

Cours de fiscalité des particuliers au Cameroun

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MODULE I : LES GENERALITES

Partir de la médiocrité à l’excellence est le leitmotiv de tout apprenant volontaire.

I- QUELQUES DEFINITIONS

L’Impôt est une prestation pécuniaire directe requise par voie d’autorité, à titre
définitif, et sans contre- partie en vue de la couverture des charges publiques ou pour
permettre l’intervention économique et sociale de l’Etat. (Gaston Jeze, Disle
Emmanuel et Jacques SARAF, Droit Fiscal Dunod Paris, 2001)

Selon cette définition il y a trois notions fondamentales à retenir :

1 Les impôts sont des prélèvements forcés et définitifs, imposés par l’Etat au moyen
de son pouvoir de contrainte.

2 Les impôts sont des prélèvements obligatoires : Les contribuables sont tenus à
l’obligation de s’acquitter de l’impôt sous peine des sanctions prévues en cas de retard,
dissimulation ou de fraude.

3 Les impôts ne comportent pas de contre- partie et ne sont pas affectés. Cela les
distingue des redevances et des taxes.

-La redevance rémunère un service rendu généralement à niveau proportionnel


(RAV)

- La taxe rémunère un service rendu sans lien de proportionnalité. (Taxe


d’enlèvement sur les ordures ménagères). Elles sont aussi obligatoires et définies par le
législateur.

On distingue les impôts directs et les impôts indirects. Les impôts directs sont
supportés « à titre définitif » par le contribuable. Les impôts indirects peuvent être
répercutés sur d’autres contribuables (souvent par l’intermédiaire du prix) De là survient les
notions de redevable légal et du redevable réel.

II -QUELQUES NOTIONS A RETENIR

1
Pour l’application des impôts et taxes, il faut définir les notions de champ
d’application, de l’assiette, du fait générateur, de l’exigibilité, des règles de calcul et des
modalités de recouvrement.

1- Le champ d’application

Ici il convient de préciser les personnes imposables, les opérations imposables et les
règles de territorialités.

a) Les personnes imposables


Ce sont celles qui sont désignés comme contribuables ou assujettis par la loi ; Une
personne physique ou morale est imposable en fonction des opérations qu’elle
réalise ;

b) Les opérations imposables


Ce sont les actes ou les évènements relatifs au revenu, à la consommation ou au
capital devant être soumis à l’impôt ;

c) Les règles de territorialité


Elles précisent les limites du territoire auquel s’applique la législation fiscale
camerounaise, ainsi que les règles applicables lors qu’interviennent des personnes ou
des opérations mettant en jeu des pays autres que le Cameroun.

On peut être dans le champ d’application sans subir l’impôt par une disposition
expresse de la loi. C’est ce qu’on appelle exonération.

L’exemption veut dire qu’on n’est pas dans le champ d’application, donc pas d’impôt
à payer

2- L’assiette de l’impôt

La détermination de l’assiette des impôts et taxes consiste à cerner la matière


imposable et à fixer les règles d’évaluation correspondante.

La matière imposable est l’élément qui est à la source de l’impôt. (Exemple : être
propriétaire d’un immeuble bâti ou non, être salarié, commerçant, industriel
prestataire de service etc…). C’est à partir de là qu’on établit la base imposable, c'est-
à-dire le montant auquel s’applique le taux de l’impôt.

L’évaluation de la matière imposable permet de définir la base imposable et de


l’évaluer. On distingue l’évaluation réelle (comptabilité) l’évaluation indiciaire
(approximative, critères extérieurs)

2
3- Le fait générateur

C’est l’évènement qui fait naître l’impôt.

4- L’exigibilité

C’est la date qui donne le pouvoir à l’administration d’exiger le paiement de l’impôt


auprès du redevable.

5- Les règles de calcul.

Une fois la base imposable évaluée, l’impôt est liquidé. Liquider un impôt c’est
calculer le montant exigible en appliquant un barème ou un taux à la base imposable

Un contribuable défaillant est un celui qui n’a pas souscrit sa déclaration d’impôt au
quel il est soumis ou assujetti.

Un contribuable reliquataire est celui qui a souscrit sa déclaration sans la faire suivre
avec le paiement.

III- UTILISATION ET POLITIQUE DES IMPOTS

Les impôts servent d’une part à alimenter le budget de fonctionnement des


institutions, à payer les personnes qu’elles emploient (fonctionnaires), à assurer les
fonctions régaliennes (police justice, défense…), des missions de service public
(éducation, soutien à la culture, infrastructures de transport, énergie…) et d’autre
part à en redistribuer une partie sous forme d’aides diverses aux plus défavorisés et à
ceux que le régime veut favoriser. Il s’agit donc d’un outil de redistribution des
richesses et d’orientation politique.

IV-ILLUSTRATION PRATIQUE DU CODE GENERAL DES IMPOTS

Le but essentiel de ce fascicule est de rendre très vite l’étudiant opérationnel c'est-à-
dire mettre en pratique les connaissances acquises. Pour la plupart des communs des
mortels, le Code Général des Impôts reste hermétique malgré la clarté avec laquelle il

3
est rédigé. L’on doit lire le CGI avec beaucoup d’attentions c’est-à-dire avec des
interlignes qui cachent les exceptions considérées à raison ou à tort comme des
pièges. Nous allons essayer autant que faire se peut de répondre aux soucis de
certains contribuables qui veulent savoir comment on liquide les impôts au regard
des différents articles du CGI.

MODULE II

LES REGIMES D’IMPOSITION OU UN PARTICULIER PEUT ETRE SOUMIS

I - REGIME DE L’IMPÖT LIBERATOIRE


Il y a quatre régimes d’imposition au Cameroun à compter du 1 er janvier 2022 contre trois
connus avant cette date et les contribuables y sont classés en fonction du chiffre d’affaires
déclaré, réalisé ou reconstitué par l’administration fiscale qui est la seule compétente pour
classer les contribuables, personnes physiques ou personnes morales. En plus des trois
régimes connus par le passé (IL, RSI, RR), s’est ajoutée le Régime des organismes à but non
lucratif.

(Voir articles C 45,46 et 47du CGI)

I1-PRINCIPE

Ce régime est prévu pour les personnes physiques réalisant un CA inférieur à dix millions de
francs (10.000.000FCFA). Il y a 4 catégories de l’impôt libératoire (A, B, C et D).

1- Ce contribuable doit se faire immatriculé, c’est-à-dire obtenir auprès des


services compétents une carte de contribuable qui porte son numéro
identifiant unique (NIU).
2- L’impôt Libératoire se paie par trimestre mais le contribuable peut
également le payer pour toute l’année. L’impôt libératoire dû pour un
trimestre se paie au plus tard le 15 du 1er mois du trimestre suivant.
3- Ce contribuable est soumis à l’obligation de payer la taxe foncière s’il est
propriétaire ou d’enregistrer son contrat de bail à 10% s’il est locataire .Il
est exempt du paiement de la patente, de l’IRRP et de la déclaration de la
TVA.
4- Si les services des impôts ne sont pas représentés dans votre localité vous
vous adressez à l’autorité administrative ou municipale du coin.
5-Ceux qui entreprennent au cours de l’année une activité sujette à l’impôt
libératoire ne doivent cet impôt qu’à compter du 1 er jour du trimestre au
cours duquel ils ont commencé d’exercer. Le produit de l’Impôt libératoire
appartient à la mairie du lieu où le contribuable exerce son activité. Les taux
sont fixés par une délibération du Conseil municipal qui est ensuite
communiquée au Chef de Centre des impôts des lieux qui seul a la
compétence pour classer les contribuables dans les différents régimes
d’imposition.
4
Exemple : Mme KAMGA a débuté ses activités de vente des sucettes le18 mai
2022.En supposant qu’elle est classée à la catégorie C de l’I.L dont le montant
annuel est fixé à 50.000FCFA, calculer l’IL à payer par cette dame.

PERIODE MONTANT/TRIM MONTANT DU OBSERVATIONS

Janvier, février mars 12.500 0 Non activité

Avril Mai Juin 12.500 12.500 Pas de demi


trimestre
Juillet Août 12.500 12.500
septembre
12.500 12.500
Oct., nov.décembre

Total 50.000 37.500FCFA

6-Le défaut de présentation de la fiche de paiement entraîne la fermeture de l’établissement

NB Le reclassement est possible en cas d’accroissement du CA. Celui qui relève de l’IL ne
peut pas opter pour le RSI, mais pourra se voir reclasser à ce régime après reconstitution du
CA. Dans ce cas l’IL devient un acompte à valoir sur le principal de la contribution des
patentes. Le commerçant ambulant ne paie l’Impôt Libératoire qu’au siège de sa résidence
déclarée. Toute activité menée à but lucratif est sujette au paiement d’un impôt donné,
même si l’activité est illicite. Les assujettis à l’Impôt Libératoire ne peuvent ni facturer la TVA
ni la récupérer alors qu’on leurs facture la TVA.

I2- OBLIGATIONS FISCALES

Ceux qui relèvent de l’Impôt Libératoire sont dispensés du paiement de l’IRPP, l’IS, la TVA.
Ils ne subissent pas la retenue à la source de TVA ou d’IRPP. Cependant lors des achats ou
dédouanement, ils se verront retenir 5% sur le montant de leurs achats locaux et 10% sur
leurs importations. Lors du règlement de leurs factures de prestations de services
(occasionnels ou non) effectués par l’Etat, les CTD, les entreprises privées, les assujettis à
l’Impôt Libératoire subiront la retenue à la source de 5,5%.

5
I3- OBLIGATIONS COMPTABLES

Le fisc n’impose ni la tenue d’une comptabilité ni le respect d’un système comptable.


Cependant le Droit comptable OHADA par contre impose la tenue d’une comptabilité selon
le système Minimal de Trésorerie.

II- LE REGIME SIMPLIFIE D’IMPOSITION

Les entreprises individuelles et les personnes morales qui réalisent un CA annuel HT supérieur à
10 millions et inférieur à 50 millions de francs à l’exception des transporteurs et les entreprises
de jeux de hasard et divertissement qui sont imposés selon le nombre de véhicules ou de
machines exploités. Ceux-ci sont soumis à une imposition spécifique.

Ces contribuables subissent la Taxe sur la valeur Ajoutée (TVA), mais ne la déduise. Ils sont
astreints à la tenue d’une comptabilité selon les normes OHADA. Ils doivent souscrire les
déclarations mensuelles au plus tard le 15 de chaque mois pour le CA réalisé au mois n-1 et payer
un acompte de 5,5 % du CA réalisé qui constitue une avance de l’Impôt annuel dû, dont le
Montant définitif ne sera connu qu’en fin d’exercice. La déclaration statistique et fiscale (DSF)
monté par les spécialistes en la matière est déposée au Centre des impôts de rattachement au
plus tard le 15 mars de l’exercice n+1. C’est régime pénalisant puisque la loi ne permet pas la
récupération de la TVA subie en amont.

III- LE REGIME DU REEL

Ce régime est prévu pour ceux qui réalisent un CA supérieur à 50 millions et les
obligations citées pour ceux du RSI sont plus accentués et respectent les mêmes délais
sauf que l’acompte ici est de 2,2% du CA réalisé chaque mois. Les contribuables du RR
facturent la TVA et la déduise également. La TVA supportée en Amont se déduit de la
TVA facturée en aval. La TVA nette peut être positive ou négative.

Tous les documents comptables sont obligatoirement tenus selon les normes OHADA.

MODULE III- LES DIFFERENTS REVENUS DES PERSONNES PHYSIQUES


IMPOSABLES A L’IRPP

INTRODUCTION GENERALE

L’IRPP est entré en application depuis le 1 er janvier 2004. C’est la loi de finances pour
l’exercice 2003 qui a consacré la réforme de l’IRPP au Cameroun.

Cette loi établit un impôt annuel unique sur le revenu des personnes physiques. L’innovation
majeure est qu’elle remplace le système de taxation antérieure qui était caractérisé à la fois

6
par l’imposition cédulaire du revenu et l’application de la surtaxe progressive à l’ensemble
des revenus nets catégoriels et ceci à la charge du chef de famille. Maintenant, il y a
remplacement du système d’imposition mixte du revenu et la suppression de la règle de
l’imposition par foyer. On adopte l’imposition unitaire de chaque revenu.

Le revenu d’un contribuable peut être soumis à une imposition de type cédulaire, soit
à une imposition de type unitaire, soit à une imposition mixte combinant les caractères des
deux premières.

L’imposition cédulaire consiste à soumettre chaque catégorie de revenu (ou cédule)


à un impôt propre dont les règles d’assiette et le taux sont adaptés à la nature du revenu.
C’est le système en vigueur au Cameroun.

Exemple : Un contribuable qui a les revenus locatifs, les bénéfices commerciaux, les
bénéfices agricoles, les revenus provenant de ses actions dans les sociétés anonymes (RCM)
détient plusieurs sources de revenus et peut être imposé à des taux différents et par
catégorie de revenu qui correspond à une cédule.

1) Revenu Locatif : 1000.000FCFA


Base d’imposition= 1000.000- 30%x 1000.0000= 700.000FCFA

Taux d’imposition= 33%

Impôt cédulaire = 33%x 700.000 = 231.000FCFA.

2) Bénéfices Commerciaux = 1000.000FCFA


Base BIC= 1000.000

Taux d’imposition= 33%

Impôt cédulaire= 33% x 1000.000 = 330.000FCFA

3) RCM = 1000.000
Base d’imposition = 1000.000

Taux d’imposition =16,5%

Impôt cédulaire = 16,5% x 1000.000 = 165.000FCFA

Ces taux contiennent les centimes additionnels communaux.

L’imposition unitaire vise, au contraire, à atteindre l’ensemble de revenus imposables d’un


contribuable sans distinguer leur origine et le soumettant à un taux de taxation uniforme.

Exemple : Les trois revenus ci -dessus peuvent être cumulés et imposés à un taux unique :

Base = 3000.0000

Taux= 10%
7
Impôt unitaire = 10% x 3000.000 = 300.0000F CFA.

Le système d’imposition mixte consiste à superposer à des impôts de type cédulaire,


qui frappe séparément chaque catégorie de revenu du contribuable, un impôt unitaire sur
l’ensemble du revenu.

Exemple : En plus des impôts payés pour chaque cédule on paie aussi l’impôt unitaire. Dans
notre hypothèse il s’agit de faire payer à ce même contribuable :

- Revenu Locatif= 140.000


- BIC = 220.000
- RCM = 150.000
- IU = 300.000
___________

Total 810.000FCFA

L’imposition mixte est abandonnée. L’IRPP supprime l’imposition par foyer et ne


considère plus le statut matrimonial.

I- LES CARACTERISTIQUES GENERALES DE L’IRPP.


L’impôt sur le revenu des personnes physiques est un Impôt :

- Annuel. Il est dû au titre de chaque année civile. Sauf exception, l’imposition est
établie au cours de l’année suivante. Les revenus imposables de l’exercice 2022 sont
imposés au cours de l’exercice 2023.
- Déclaratif. Les contribuables sont tenus de souscrire des déclarations d’ensemble des
revenus et éventuellement des déclarations annexes et des déclarations spéciales.
- Net catégoriel : Au Cameroun le revenu imposable est le revenu net catégoriel c’est-
à-dire après déductions des charges admises par le fisc. Chaque catégorie de revenu est
imposée séparément.
- Individuel : La LF 2003 a supprimé la notion de foyer fiscal. Chaque individu dans le
foyer est imposé séparément. Le Cameroun a supprimé la notion de quotient familial.
- Disponible : un revenu est disponible dès lors que sa perception ne dépend que de la
seule volonté du bénéficiaire.

II- NOTION DE REVENU IMPOSABLE

8
La loi fiscale ne donne aucune définition du revenu imposable. Toutefois, il existe
pour chacune des catégories des revenus soit une définition des gains qui en relèvent,
soit une liste énumérant les produits taxables.

Le revenu net global correspond à la somme des revenus nets catégoriels ci-après :

- les traitements, salaires, pensions, et rentes viagères ;


- les revenus de capitaux mobiliers ;
- les revenus fonciers ;
- les bénéfices des activités artisanales, industrielles et commerciales ;
- les bénéfices des exploitations agricoles ;
- les bénéfices des professions non commerciales et assimilées ;
- les bénéfices des exploitations forestières ;
- les bénéfices des exploitations minières.
Au sens de la loi, il faut entendre par revenu imposable tous les produits susceptibles
d’être renouvelés y compris les bénéfices de toutes opérations lucratives auxquelles se
livre un assujetti. Dans cette perspective, l’impôt sur le revenu des personnes physiques
est dû chaque année, à raison des bénéfices que le contribuable réalise ou dont il a
disposé au cours de la même année.

En règle générale, le revenu imposable de chaque catégorie d’activités présente des


caractéristiques distinctes et fait l’objet d’une évaluation séparée. Il est obtenu en
déduisant du produit brut les dépenses effectuées en vue de l’acquisition et de la
conservation du revenu.

L’IRPP ainsi calculé est arrondi au millier de franc inférieur et majoré de 10% au titre des
centimes additionnels communaux. Le Problème est de savoir comment déterminer le
revenu net de chaque catégorie.

III- LES PERSONNES IMPOSABLES.

L’IRPP frappe individuellement les personnes physiques bénéficiaires de revenus. On


rappelle que la règle d’imposition par foyer est supprimée.

S’agissant des enfants mineurs, leurs revenus sont imposés entre les mains de l’un des deux
parents, ou à défaut du tuteur reconnu.

L’IRPP s’applique essentiellement aux catégories des personnes ci-après :

- celles qui ont un domicile fiscal au Cameroun ;


- celles qui reçoivent des revenus de sources camerounaises ;

9
- celles dont la compétence d’imposition est attribuée à la République du Cameroun
par une convention fiscale internationale ;
- celles qui sont soumises à l’IRPP camerounais du fait de leur statut
.

A- NOTION DE DOMICILE FISCAL


Le législateur a innové en remplaçant la notion de « résidence habituelle » par celle
de « domicile fiscal ». Ainsi, sous réserve des conventions fiscales internationales, les
personnes physiques ressortissantes du Cameroun ou tout autre Etat sont passibles de
l’IRPP camerounais dès lors qu’elles ont leur domicile fiscal au Cameroun.

Sur le plan pratique, le champ d’application de l’IRPP est désormais fixé par référence
aux seules notions de domicile ou de source de revenu dont les contours sont précisés
ainsi qu’il suit :

1- Critère d’ordre personnel


- les personnes qui ont au Cameroun leur foyer ou le lieu de leur séjour principal. Le
contribuable est réputé avoir son lieu de séjour principal au Cameroun, et partant son
domicile fiscal, dès lors qu’il est personnellement et effectivement présent, quels que soient
les conditions et le lieu de son séjour et de celui de sa famille. C’est le lieu de rappeler que la
doctrine fiscale pose comme principe que toute personne ayant séjourné plus de six mois
(183 jours) au Cameroun doit être considéré comme y ayant son lieu de séjour principal, et
par conséquent, son domicile fiscal.
- Cas particulier des fonctionnaires et agents de l’Etat en service à l’étranger.
Par dérogation au principe de domiciliation, les personnes physiques statutairement ou
contractuellement liées à l’Etat du Cameroun, qui exercent leurs fonctions dans un pays
étranger et n’y sont pas soumises à un impôt personnel sur l’ensemble de leurs revenus,
sont imposables à l’IRPP camerounais dans la mesure où elles sont considérées comme
ayant leur domicile fiscal au Cameroun. Dans ces conditions, le fisc tiendra compte de
l’indice de correction en ramenant la base d’imposition comme si le salarié était au
Cameroun.

2- Critère d’ordre professionnel.


Les personnes qui exercent au Cameroun une activité professionnelle salariée ou
non, à moins qu’elles ne justifient que cette activité y est exercé à titre accessoire. Pour
être imposable sur ces revenus au Cameroun, le contribuable doit exercer une activité
professionnelle salariée ou non. S’agissant des salariés, le domicile fiscal à retenir sera le
lieu où ils exercent effectivement et régulièrement leur activité professionnelle.

En ce qui concerne les non-salariés, il conviendra de s’assurer de ce qu’ils ont au


Cameroun une installation fixe, un établissement stable ou une exploitation. L’exercice
au Cameroun de l’activité professionnelle ne doit pas être accessoire.

Lorsque le contribuable exerce simultanément plusieurs activités ou une activité dans


plusieurs Etats, il sera imposé au Cameroun s’il y exerce son activité principale. L’activité

10
principale s’entend de celle à laquelle le contribuable consacre le plus de temps effectif,
même si elle ne dégage pas l’essentiel de ses revenus.

3- Critère d’ordre économique.


Les personnes qui ont au Cameroun le centre de leurs intérêts économiques.

Il est à noter que pour être imposable sur ses revenus au Cameroun, le contribuable doit
y avoir le lieu de son principal établissement. Ce critère est réalisé lorsque l’assujetti se
trouve dans l’une ou l’autre des situations suivantes :

- il y a effectué ses principaux investissements ;


- il y possède le siège de ses affaires ;
- il y a le centre de ses activités professionnelles ;
- il administre ses biens à partir du Cameroun ;
- il y tire la plus grande partie de ses revenus.

B- NOTION DE REVENUS DE SOURCE CAMEROUNAISE.


Sont considérés comme revenus de source camerounaise :

- les revenus des immeubles sis au Cameroun ou de droits relatifs à ces immeubles ;
- les revenus de capitaux mobiliers et de valeurs mobilières camerounaises placées au
Cameroun ;
- les revenus d’activités professionnelles exercées au Cameroun ;
- les plus- values réalisées sur cessions d’immeubles, de fonds de commerce, droits
incorporels, et droits sociaux, exploités au Cameroun ;
- les pensions et rentes viagères sont également considérées comme revenus de
source camerounaise, à condition que le débiteur ait son domicile fiscal ou soit établi au
Cameroun.

C- L’INCIDENCE DES CONVENTIONS FISCALES INTERNATIONALES.


Les personnes physiques qui ont leur domicile fiscal hors du Cameroun sont passibles
de l’IRPP à raison de leurs seuls revenus de source camerounaise, sous réserve des
conventions fiscales internationales. Les personnes ressortissant des pays liés au
Cameroun par une convention fiscale régulièrement ratifiée sont soumises à l’IRPP sur
les revenus dont la compétence d’imposition est attribuée au Cameroun par lesdites
conventions.

D- L’INCIDENCE DU STATUT DE LA PERSONNE.


En vertu de la règle de transparence fiscale, les associés des sociétés en nom collectif,
les commandités des sociétés en commandite simple et les membres des sociétés civiles
(personnes physiques), des sociétés en participation et des sociétés de fait non passibles

11
de l’Impôt sur les Sociétés ou n’ayant pas opté pour cet impôt sont personnellement
soumis à l’IRPP pour la part des bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la
société.

IV- EXEMPTIONS

Sous réserve des réciprocités, les immunités fiscales sont accordées aux personnels
diplomatiques et consulaires de nationalité étrangère pour les activités exercées dans le
cadre de leur mission officielle. Pour l’application de cette disposition légale, il est précisé
que les exonérations prévues à l’article 27 du CGI ne concernent pas les autres revenus
de source Camerounaise dont ils pourraient disposer ainsi que les membres de leur
famille.

Le législateur précise que les personnes soumises à l’Impôt Libératoire sont également
exemptées de l’IRPP pour leurs seules activités relevant de l’Impôt Libératoire.

L’on dénombre sept (7) catégories de revenus imposables à l’IRPP :

 Les traitements salaires, pensions et rentes viagères (TS) ;


 Les bénéfices artisanaux, industriels et commerciaux (BIC ;
 Les bénéfices agricoles (BA) ;
 Les bénéfices des professions non commerciales et assimilées (BNC) ;
 Les revenus fonciers (RF) ;
 Les revenus des capitaux mobiliers (RCM).
 Les Revenus Non commerciaux (RNC).
La détermination de revenus nets imposables varie selon la catégorie. Ainsi chaque catégorie
de revenu est expliquée dans les chapitres qui suivent.

MODULE VI- METHODE D’IMPOSITION DE CHAQUE REVENU DES


PERSONNES PHYSIQUES

12
CHAPITRE I : TRAITEMENT DES SALAIRES, PENSIONS ET RENTES VIAGERES.

L’IRPP du salarié est payé par son employeur par le mécanisme des retenues à la source.
L’impôt ainsi payé est un acompte de l’IRPP définitivement dû par l’employé qui sera calculé
en fin d’exercice lorsqu’il déclarera l’ensemble de ses revenus disponibles. Si l’employé n’a
que son revenu salarial, il est exempt de déclaration. Il revient alors à l’employeur de bien
fixer la base d’imposition de chaque salarié car en cas de redressement c’est l’employeur qui
supportera le complément à payer. Le système fiscal camerounais étant déclaratif, le
corollaire est le pouvoir de contrôle que détient l’Etat.

Le fisc a pour rôle de s’assurer que la base qui a servi à la liquidation et au paiement de
l’impôt est la bonne. C’est pour cette raison qu’il faut bien savoir ce qui entre dans la base
d’imposition afin d’éviter des redressements qui sont automatiquement suivis des pénalités.
L’Administration met à la disposition des employeurs le barème des retenues mensuelles qui
sont d’une lisibilité simple, une fois la base arrêtée.

I-LES DIFFERENTS ELEMENTS DU SALAIRE BRUT

Le salaire brut se compose : du salaire principal, des accessoires de salaires, des charges
patronales additionnelles.

1) la partie principale du salaire est le salaire de base plus les heures supplémentaires.
2) Les accessoires du salaire sont les primes et autres avantages en espèces, (primes
d’ancienneté, primes de rendement, primes de bilan etc…), les remboursements de frais
(dépenses engagées par l’employé pour le compte de l’employeur : indemnité de transport,
de salissure, d’habillement etc…)
Les avantages en nature sont aussi les accessoires de salaire (eau, électricité, logement,
voiture, nourriture, domestique…) mais entrent dans la base taxable des autres retenues
pour un forfait de :

-logement 15% du salaire de base

-par domestique 5% du salaire de base

-éclairage 4% du salaire de base

-eau 2% du salaire de base

-par voiture 10% du salaire de base

13
- nourriture 10% du salaire de base

Le montant net du revenu imposable est déterminé en déduisant du montant brut des
sommes payées et des avantages en nature ou en espèces accordés, les frais
professionnels calculés forfaitairement au taux de 30% ainsi que les cotisations versées
à l’Etat, à la CNPS au titre de la retraite obligatoire. (Art 34 du CGI)

NB : Les avantages non prévus par le fisc et versés à un employé en espèces rentrent
dans la base taxable pour son montant réel.

A RETENIR

Les primes entrent dans la base taxable cotisations patronales et les retenues sur
salaires.

Les avantages en nature entrent dans la base taxable pour leur montant réel en ce qui
concerne la contribution au CF et le FNE.

L’indemnité de représentation, l’indemnité de déplacement plus les remboursements de


frais sont incluses dans la base patronale du CF et du FNE mais ne sont pas dans la base
des retenues salariales.

Les allocations à caractère familial n’entrent dans aucune base taxable.

Pour l’Administration, lorsqu’une Entreprise verse à un salarié une indemnité en espèces


pour compenser un avantage en nature, il faudrait retenir cette indemnité dans la base
des taux ci-dessus.

Exemple

Pour un salarié qui a 100000frs de salaire de base et 70000frs d’indemnité de logement,


son salaire taxable sera de 100000+100000x15%=115000 et non 170000.
Si l’indemnité en question est de 11OOOfrs c’est-à-dire inférieur au montant résultant du
taux (15000) c’est le montant en espèces qu’on retient soit 111000 et non 115000.

Les salaires inférieurs à 62000 francs par mois ne subissent pas de retenues à l’IRPP/RS.
Cette dispense de retenue de l’IRPP emporte également dispense de retenue de la RAV
et de la Contribution au Crédit foncier pour les salaires inférieur au seuil indiqué. Ils
entrent dans la base des contributions patronales (CF, FNE, PV) conformément à la loi N°
90/050 du 19 décembre 1990.

Les salaires inférieurs à 62.000francs supportent la TDL (retenue salariale)

14
Seul le chef de famille paie la TDL. La femme mariée dont le mari est salarié ne paie pas
la TDL.

II- LES RETENUES SALARIALES


1- Les diverses retenues fiscales
-IRPP (remplace la TP/S et la SP) voir barème officiel

-CFC 1% au profit du Crédit Foncier du Cameroun

-RAV voir barème

-TC au profit des communes voir barème issu des délibérations de chaque commune

2- Retenues salariales sociales.


PV : il est prévu d’opérer sur les salaires plafonnés à 750000 francs une retenue de
4 ,2 % pour vieillesse, décès, maladie versées à la CNPS.

III- CHARGES PATRONALES ADDITIONNELLES AU SALAIRE

1- Fiscales
a) CFC 1,5%
b) FNE 1%
La base est la masse salariale globale y compris les avantages en nature et
accessoires évaluées pour leur montant réel.

2- Sociales
L’employeur supporte les charges sociales suivantes :

a) 4,2% du salaire plafonné (vieillesses)


b) Autres contributions CNPS
- 7% du salaire plafonné (allocations familiales)
- 1,75% du salaire plafonné (risque faible accident de travail)
- 2,50% # (risque moyen # )
- 5,00% # (risque élevé # )

Nous avons ainsi examiné le traitement fiscal des salaires pensions et rentes viagères.

Après avoir obtenue le revenu net un abattement forfaitaire de 500.000 francs est fait et

la base ainsi obtenue supporte le barème ci-après pour la détermination l’impôt

définitivement dû.

15
BAREME DE L’IRPP

De 0 à 2.000.000…………………..10%

DE 2000.001 à 3000.000…………..15%

DE 3000.000 à 5000.000…………...25%

PLUS de 5000.000…..………………..35%

L’impôt ainsi calculé est majoré de 10% au titre des centimes additionnels
communaux.

IV- Modalités de liquidation de l’IRPP dû sur les revenus salariaux couvrant une
période inférieur à un an.
L’imposition des salaires servis sur une période inférieure à 12 mois doit suivre les étapes
ci-après :

- on devra d’abord reconstituer le revenu théorique dont le contribuable aurait pu


disposer au titre d’une année par la multiplication du revenu mensuel par 12 ;
- déterminer ensuite l’impôt susceptible d’être prélevé sur ce revenu théorique ;
- l’impôt dû sur le nombre de mois de perception effective du revenu est obtenu en
divisant l’impôt théorique par douze et en multipliant par le nombre de mois de
perception du revenu salarial.
-
V- REVENUS SALARIAUX EXCEPTIONNELS

L’article 65 bis du CGI dispose que :

Lorsque , au cours d’une année fiscale, un contribuable a réalisé un revenu qui, par
sa nature n’est pas susceptible d’être mis à sa disposition annuellement et que le
montant de ce revenu exceptionnel dépasse la moyenne des revenus nets sur la
base desquels ce contribuable a été soumis à l’IRPP au titre des trois dernières
années, l’impôt dû par l’intéressé est calculé en ajoutant le quart du revenu
exceptionnel net à son revenu net global imposable et en multipliant par 4 la
cotisation supplémentaire ainsi obtenue.

Cette problématique est étudiée avec plus de précision au Module dédié à l’audit
et l’optimisation fiscale.

A- TRAITEMENT FISCAL DU REVENU EXCEPTIONNEL

I- La notion de revenu exceptionnel


Le caractère du revenu exceptionnel s’apprécie à la fois par sa nature et son montant.

16
a) Par sa nature, le revenu exceptionnel n’est pas susceptible d’être recueilli
annuellement. Sont considérés comme revenu exceptionnels par nature, les
indemnités d’éviction, de préavis du pour congés, une gratification
supplémentaire perçue par un salarié pour services exceptionnels, les primes de
départ volontaire perçues par les salariés lorsqu’ils quittent l’entreprise sans
faire l’objet d’une mesure de licenciement, de mise à la retraite.

b) Par son montant, le revenu exceptionnel est supérieur à la moyenne nette des
revenus dont a disposé le contribuable au titre des trois (3) dernières années.

Est également considéré comme revenu exceptionnel sous réserve de la satisfaction du critère
ci-dessus rappelé, le revenu différé : Il s’agit du revenu dont le contribuable, par suite de
circonstances indépendantes de sa volonté, a eu la disposition au cours d’une année, mais qui,
par sa date normale d’échéance se rapporte à une ou plusieurs années antérieures. C’est le cas
de rappels de salaires, de traitements ou pensions, des arriérés d’indemnités de logement.

II- Les modalités de calcul de l’IRPP du revenu exceptionnel

Etape 1 : calculer l’impôt par application du barème progressif sur le revenu net ordinaire

Exemple du raisonnement : Monsieur DOUMBE a un revenu mensuel brut de 255.000 FCFA marqué
sur son bulletin de paie de janvier 2022.

Revenu brut annuel= 255.000 x 12 = 3.060.000

Les déductions légales

Frais professionnel 30 % x 3.060.000 = - 918.000

Pension vieillesse CNPS 4,2 % x 3.060.000 = - 128.520

Abattement forfaitaire = - 500.000

___________

Total des déductions légales = -1.546.520

Revenu Net Annuel = Revenu Brut annuel – total des déductions (3.060.000- 1.543520) = 1.513.480
= BASE D'AP’LICATION DU BAREME OFFICIEL

De 0 ………à 2.000.000 (10%)

IRPP en principal = 1.513.480 x 10% = 151.348

CAC 10% x 151.348 = 15.134 IRPP annuel dû = 166.482

IRPP mensuel dû =1/12 x 166.482 = 13.873

Etape 2 : effectuer le même calcul sur le revenu ordinaire majoré du quart (1/4) du revenu
exceptionnel.

17
Exemple suite : si M. DOUMBE a eu un revenu exceptionnel de 6.000.000 FCFA en janvier 2022, le
quart de ce revenu est de ¼ x 6000.000 = 1.500.000. La base de cal cul à cette étape est la somme
du revenu brut annuel et le ¼ du revenu exceptionnel = 3.060.000 +1.500.000 = 4.560.000.

Revenu brut = 4.560.000

Les déductions

- Frais professionnel 30% x 4.560.000 = -1.368.000


- PV CNPS 4,2% x 4.560.000 = - 191.520
- Abattement forfaitaire = - 500.000
___________
Total déductions = 2.059.520

Base net imposable = 4.560.000-2.059.520 = 2.500.480

Application du barème

0………………2.000.0000 (10%) = 200.000

2.000.001 à 3000.000 (15%) 500 480 x 15% = 75.072

IRPP dû en principal = 275.072

CAC 10% = 27.507

IRPP dû = 302.579

Etape 3 : détermination de la cotisation supplémentaire

IRPP sur le revenu ordinaire majoré du revenu exceptionnel diminué de l’IRPP annuel ordinaire
multiplié par quatre (4), soit (302.579- 166.483) x 4 = 544.384

Etape 4 : détermination du montant total de l’IRPP dû au titre du mois servant de base à


l’imposition ;

IRPP revenu exceptionnel : 544.384

IRPP du mois : 13.874

Etape 5 : IRPP à reverser : 558.258

B- APPLICATION CONCRETE : CAS DE MME NGONTI

Les conditions de nature et du montant du revenu exceptionnel évoquées tout au début , les
dispositions de l’articles 65 bis du CGI peuvent être appliquées à Mme GONTI.

Etape1

18
Salaire Brut mensuel = 242.172

- Prime ancienneté = 85.474


- Indemnité transport = 25.000
- Ind. Log 15% x SBT = 36.325
- Prime de caisse = 30.000
_________
Salaire brut total mensuel = 418.971

Salaire brut total annuel = 418.971 x 12 = 5.027.652


Les déductions

- Frais professionnel (30% x 5.027.652) = - 1.508.295


- PV CNPS (4,2% x 5.027.652) = -211.161
- Abattement forfaitaire = - 500.000
_____________
Total des déductions = 2.219.456

Base d’application du barème = revenu net imposable = 5.027.652 – 2.219.456 = 2.808.196

Application du barème

De 0 ………………………………. 2000.000 (10%) = 200.000

De 2.000.000 à 2.808.196 = 808.196 x 15 % = 121.229

___________

IRPP en principal = 321.229

CAC = 10% = 32.122

_____________

Total IRPP dû sur le revenu ordinaire = 353.351

IRPP mensuel de janvier 2023 =353.351/12 = 29.446

Etape 2

Revenu exceptionnel brut = 11.521.621

Détermination du revenu exceptionnel net

Déductions légales

- Frais professionnel 30% x 11.521.621 = - 3.456.486


- PV CNPS 4,2% x 9.000.000 = - 378.000
- Abattement forfaitaire = - 500.000
_______________
4.334.486
Revenu exceptionnel net = 11.521.621- 4.334.486 = 7.487.135

19
Le quart du revenu exceptionnel net = 7.487.135/4 = 1.796.783

Base de liquidation = Revenu brut ordinaire +1/4 du revenu exceptionnel net

5.027.652 + 1.796.783 = 6.824.435

Les déductions légales

- Frais professionnel 30% x 6.824.435 = - 2.047.330


- PV CNPS 4,2% x 6.824.435 = - 286.626
- Abattement forfaitaire = - 500.000
______________
2.833.956

Base application du barème = 6.824.435-2.833.956 = 3.990.479

Application du barème article 69 du CGI

De 0 à 2.000.0000………………….. 10% = 200.000

De 2000.001 à 3000.000 ……….15% = 150.000

990.479 x 25% = 247.619

_______________

IRPP en principal = 597.619

CAC 10% = 59.761

_____________

IRPP dû sur le revenu exceptionnel= 657.380

Etape 3

Détermination de la cotisation supplémentaire

(657.380-353.351) x 4 = 1.216.116

Etape 4

Détermination du montant total de l’IRPP dû au titre du mois de janvier 2023

1.2016.116 + 29.445 = 1.245.561

COMPARAISON DU DROIT COMMUN ET LES DISPOSITIONS DE L’ARTICLE 65 bis du CGI

Les revenus disponibles

- Salaire brut : 418.975


- Revenu exceptionnel : 11.521.621

20
___________
Total brut = 11.940.596

Les déductions légales


- Frais prof 30% = - 3582.178
- PV 4,2% x 9000.000= - 378.000 (plafond CNPS)
- Abattement forfait = - 500.000
__________
Total des déductions = 4.460.178

Base barème = 11.940.596 – 4.460.178 = 7.480.418

Application du barème

De 0 à 2.000.000 10%= 200.000

De 2000.000 à 3.000.000 15% = 150.000

De 3000.000 à 5000.000 25% = 500.000

Le surplus de 5.000.000 = 2.480.418 x 35% = 868.146

_____________

IRPP en principal = 1.718.148

CAC 10% = 171814

___________

IRPP dû au droit commun = 1.889.962

IRPP dû en application de l’article 65 bis = 1.245.561

Gain avantageux pour le salarié = 644.401

En conclusion, la société SANLAM LIFE INSURANCE peut appliquer les dispositions de l’article 65 bis
du Code Générale des Impôts pour le cas exceptionnel de Mme NGONTI.

CHAPITRE BONUS : OPTIMISATION PAR EXPLOITATION CONJOINTE DE LA LOI ET DE LA STRUCTURE


SALARIALE

Le salaire est constitué des éléments imposables et des éléments exonérés. La facilité consisterait à
ne s’attarder que sur les éléments exonérés, pourtant les éléments totalement imposables sont
aussi exploitables.

A- LISTE NON EXHAUSTIVE DES ACCESSOIRES TOTALEMENT


IMPOSABLES DU SALAIRE BRUT
21
- La prime d’ancienneté
- La prime de caisse
- La prime de magasin
- La prime d’assiduité ou de rendement
- La prime de sujétion- de gestion
- Les gratifications
- Les rappels de salaire, prime de bilan
- Le bonus de performance
- La prime de remplacement /encouragement

La remarque est que certaines entreprises confondent les primes et les indemnités. Malgré cette
confusion, on devrait se référer au caractère de la rémunération. S’il s’agit d’un complément de
salaire sans caractère de compensation, le revenu est totalement imposable. Par contre lorsqu’il
s’agit d’un remboursement de frais ou une réparation de dommages, l’imposition pourrait être
partiellement ou même, pourrait ne pas frapper la somme en question.

B- LISTE DES ELEMENTS TOTALEMENT EXONERES DU SALAIRE BRUT

Un élément du salaire est totalement exonéré lorsqu’il n’entre dans aucune base
imposable au titre et taxes supporté par le salarié.
5- Les allocations spéciales destinées à couvrir les frais inhérents à la fonction
ou à l’emploi, dans la mesure où elles sont effectivement utilisées
conformément à leur objet et ne sont pas exagérées ;
6- Les allocations ou avantages à caractère familial.

Il faut noter que les allocations à caractère familial ne font pas partie du salaire brut.

Les allocations spéciales sont :

- L’indemnité de représentation : elle n’est prévue par aucune convention ; elle est
généralement attribuée aux cadres et est totalement exonérée (art 31 du CGI). Une
société X l’attribue avec parcimonie, par contre la société Z l’accorde à tous les cadres
de la 10è catégorie mais à des proportions différentes.
- La prime de salissure
- La prime de risque
- L’indemnité d’usage de véhicule ou autre engin personnel
- Prime de caisse individuelle d’outillage
- L’indemnité de déplacement
- Prime de panier
Cette liste n’est pas exhaustive. On pourrait avoir d’autres éléments totalement
exonérés créés par les entreprises selon leur secteur d’activité. Il revient donc à
l’auditeur de les analyser afin de déterminer leur sort fiscal.

C- ELEMENTS PARTIELLEMENT EXONERES DU SALAIRE BRUT

22
- La prime de transport : elle est taxable mais pas cotisable. Il ne faut pas la confondre
avec l’indemnité de déplacement. En effet cette dernière est attribuée au salarié qui ne
travaille pas dans son lieu de recrutement. La prime de transport rémunère plutôt le
salarié travaillant dans son lieu de recrutement pour le déplacement de son domicile
pour le lieu de travail et vice versa. Les conventions collectives les fixent à
10.000FCFA/mois.
- Les indemnités représentatives des avantages en nature : lorsque l’employeur ne peut
pas assurer des avantages en nature au salarié, il doit les remplacer par des indemnités
compensatrices. Ces indemnités suivent le régime fiscal des avantages en nature, à
savoir la limitation de l’imposition à un pourcentage fixé par le CGI. Ces pourcentages
sont appliqués au salaire brut mensuel et varient selon le type d’avantage considéré :
Logement : 15%
Par véhicule : 10%
Nourriture : 10%
Eclairage : 4%
Eau : 2%
Par domestique : 5%
L’imposition de ces AN ne doit pas dépasser les taux ci-dessus.
Il faut toujours commencer par déterminer le montant brut de salaire en dehors de ces
AN.

D- TRAITEMENT FISCAL DES DERNIERS DROITS DU SALARIE

1- L’indemnité de fin de carrière : elle est due lorsque le salarié a atteint l’âge limite
de départ à la retraite, ou en retraite. Elle est taxable mais pas cotisable.
2- La prime de bonne séparation : Cette prime n’est pas obligatoire. La convention
collective du commerce précise qu’elle est fixée d’accord parties. Dans la société
X elle est égale au salaire brut moyen des douze derniers mois, multiplié par le
nombre d’années de service. La prime de bonne séparation est taxable mais pas
cotisable.
3- Prestation lors du décès d’un salarié : la convention collective prévoit que
lorsqu’un employé réussissait douze mois d’ancienneté à la date de son décès, il
est versé aux ayants droits une indemnité de décès égale à l’indemnité de fin de
carrière fixée selon une grille conventionnelle. En outre l’employeur fournit un
cercueil, l’habillement, et assure les frais de transport funéraires. Toutes les
prestations au titre du décès d’un salarié sont totalement exonérées.
4- L’indemnité de licenciement : Elle est versée au salarié libéré sans avoir commis
une faute grave, alors qu’il compte une certaine ancienneté. Elle est calculée en
fonction de cette ancienneté. Elle est totalement exonérée, car elle répare un
préjudice.
5- L’indemnité de préavis : elle est due lorsque l’employeur choisit de ne pas faire
effectuer le préavis au salarié lors de son licenciement. Cette indemnité suit le
régime du salaire. Elle est totalement taxable et cotis able.

E- LES PRESTATIONS DIVERSES

23
Il y a des prestations taxables de des prestations exonérées.
Au rang des prestations taxables, nous avons :
1- Les gratifications : les conventions collectives recommandent l’attribution d’une
gratification de fin d’année dans le cas où aucune mesure particulière n’est
accordée au personnel en fin d’année sous quelque forme que ce soit. Les sommes
ainsi allouées sont totalement imposables.
2- Treizième mois : La convention collective recommande la généralisation du 13è
mois. Il s’agit d’une rémunération exceptionnelle qui peut être allouée en fin
d’année ou répartie sur les douze salaires annuels. D’autres accordent même le 14è
mois. Ces sommes sont totalement imposables.
3- La prime d’installation est taxable.
4- La prime de fonction est taxable.

Au rang des prestations exonérées, nous avons des avantages servis aux salariés ayant un
caractère social. C’est ainsi que les sommes versées aux salariés à l’occasion de la médaille
d’honneur de travail, l’arbre de noël, les facilités de crédits (équipement, scolaire, prêt
d’urgence) sont exonérées.

F- TRAITEMENT FISCAL DU REVENU EXCEPTIONNEL

III- La notion de revenu exceptionnel


Le caractère du revenu exceptionnel s’apprécie à la fois par sa nature et son montant.

c) Par sa nature, le revenu exceptionnel n’est pas susceptible d’être recueilli


annuellement. Sont considérés comme revenu exceptionnels par nature, les indemnités
d’éviction, de préavis du pour congés, une gratification supplémentaire perçue par un
salarié pour services exceptionnels, les primes de départ volontaire perçues par les
salariés lorsqu’ils quittent l’entreprise sans sans faire l’objet d’une mesure de
licenciement, de mise à la retraite.
d) Par son montant, le revenu exceptionnel est supérieur à la moyenne nette des revenus
dont a disposé le contribuable au titre des trois (3) dernières années.
Est également considéré comme revenu exceptionnel sous réserve de la satisfaction du critère ci-
dessus rappelé, le revenu différé : Il s’agit du revenu dont le contribuable, par suite de
circonstances indépendantes de sa volonté, a eu la disposition au cours d’une année, mais qui,
par sa date normale d’échéance se rapporte à une ou plusieurs années antérieures. C’est la cas
de rappels de salaires, de traitements ou pensions, des arriérés d’indemnités de logement.

IV- Les modalités de calcul de l’IRPP du revenu exceptionnel

Etape 1 : calculer l’impôt par application du barème progressif sur le revenu net ordinaire

Exemple du raisonnement : Monsieur DOUMBE a un revenu mensuel brut de 255.000 FCFA marqué
sur son bulletin de paie de janvier 2022.

Revenu brut annuel= 255.000 x 12 = 3.060.000

Les déductions

24
Frais professionnel 30 % x 3.060.000 = - 918.000

Pension vieillesse CNPS 4,2 % x 3.060.000 = - 128.520

Abattement forfaitaire = - 500.000

___________

Total des déductions légales = -1.546.520

Revenu Net Annuel = Revenu Brut annuel – total des déductions (3.060.000- 1.543520) = 1.513.480 =
BASE D'AP’LICATION DU BAREME OFFICIEL

De 0 ………à 2.000.000 (10%)

IRPP en principal = 1.513.480 x 10% = 151.348

CAC 10% x 151.348 = 15.134

IRPP annuel dû = 166.482

IRPP mensuel dû =1/12 x 166.482 = 13.873

Etape 2 : effectuer le même calcul sur le revenu ordinaire majoré du quart (1/4) du revenu
exceptionnel.

Exemple suite : si M. DOUMBE a eu un revenu exceptionnel de 6.000.000 FCFA en janvier 2022, le


quart de ce revenu est de ¼ x 6000.000 = 1.500.000. La base de cal cul à cette étape est la somme du
revenu brut annuel et le ¼ du revenu exceptionnel = 3.060.000 +1.500.000 = 4.560.000.

Revenu brut = 4.560.000

Les déductions

- Frais professionnel 30% x 4.560.000 = -1.368.000


- PV CNPS 4,2% x 4.560.000 = - 191.520
- Abattement forfaitaire = - 500.000
___________
Total déductions = 2.059.520

Base net imposable = 4.560.000-2.059.520 = 2.500.480

Application du barème

0………………2.000.0000 (10%) = 200.000

2.000.001 à 3000.000 (15%) 500 480 x 15% = 75.072

IRPP dû en principal = 275.072

25
CAC 10% = 27.507

IRPP dû = 302.579

Etape 3 : détermination de la cotisation supplémentaire

IRPP sur le revenu ordinaire majoré du revenu exceptionnel diminué de l’IRPP annuel ordinaire
multiplié par quatre (4), soit (302.579- 166.483) x 4 = 544.384

Etape 4 : détermination du montant total de l’IRPP dû au titre du mois servant de base à


l’imposition ;

IRPP revenu exceptionnel : 544.384

IRPP du mois : 13.874

_____________

Etape 5 IRPP à reverser : 558.258

V- OPTIMISATION FISCALE DES SALAIRES

Il n’y a pas de guide légal pour l’optimisation comme c’est le cas de l’audit. C’est la recherche des
possibilités d’allègement des impôts sur salaire qui varie d’une entreprise à l’autre. Tout comme
l’audit, une mesure d’optimisation ne devrait pas être susceptible de redressement fiscal par
l’administration. Elle ne doit pas être contraire à la loi.

A- EXPLOITATION DES AVANTAGES DE LA LEGISLATION FISCALE

Par législation fiscale, il est question de l’entendre au sens le plus large en exploitant
au maximum, les décrets, les arrêtés, et les circulaires à caractère fiscal. Il est très
important d’avoir une parfaite maîtrise de la législation fiscale.
1- Avantages légaux en matière de charges fiscales
o Les salaires planchers : en ce qui concerne l’IRPP, le salaire plancher est
passé de 52.000 à 62.000F. Nous savons que les salaires inférieurs à 62.000 F
ne supporte ni l’IRPP, ni le CFC. Les salaires inférieurs à 50.000F/mois ne
supportent pas de RAV. Il faut savoir que c’est après évaluation de tous les
éléments de salaire qu’on est fixé sur le salaire plancher. Un salarié peut donc
avoir un salaire total supérieur au plancher mais un salaire imposable inférieur
à celui-ci et ce salarié ne sera pas imposé.

26
Exemple : Un salaire total de 70.000 F dont 11.000 F d’indemnité de déplacement. Le salaire
imposable est de 70.000 - 11.000 = 59.000, Inférieur à 62.000 F qui est un montant exempt
de l’IRPP.

- L’IRPP : la base de l’IRPP est obtenue après deux déductions et un abattement global.
La déduction des frais professionnels est passée de 20% à 30%, mais certaines
entreprises continuent à pratiquer l’ancien taux de 20% au détriment du salarié.
Il y a également la déduction de la PV de 4,2% pour la CNPS et enfin l’abattement
forfaitaire de 500.00FCFA /an dont 41.667 FCFA/mois
- CFC : Si le salarié occupe un immeuble complètement amorti appartenant à la société,
l’avantage correspondant sera évalué à 1% du salaire de base pour constituer la base
CFC part salariale (et non 1,5%). Il sera évalué à zéro pour l’employeur, ce qui réduit
considérablement le CFC à payer. Il faut savoir que les domestiques et les travailleurs
d’une exploitation agricole ou pastorale ne supportent pas la contribution au CFC. Il
en est de même pour la RAV.
- TDL : Seul le mari paie la TDL. Dans un ménage où les époux sont tous des salariés,
les femmes ne paient pas la TDL. Contrairement à l’IRPP le quotient familial est
encore en vigueur ici.
Tous ces détails subtils sont très importants, pour le salarié qui aura un
allègement considérable de sa charge fiscale et par conséquent une substantielle
augmentation de son salaire net.

B- AVANTAGES LEGAUX EN MATIERE DE CHARGES SOCIALES

- Salaires planchers : le salaire minimum retenu pour le calcul des charges sociales est
celui de la 1ère catégorie échelon A du secteur d’activité concerné.
-

Secteur salaire Secteur salaire


Agriculture 26.910 Industrie 31.317
Banque 41.107 Manut. Portuaire 31.322
Commerce 37.800 Pharmacie 36.480
Forestier - assurance 38.452
- Primaire 27.685 - transport maritime 32.462
- secondaire 32.745

Tous les salaires inférieurs à ces planchers dans le secteur d’activité considéré ne sont
pas soumis aux retenues sociales sur salaires.
- Le plafond des retenues pour PV et Allocations familiales est de 750.00F/mois.

C- EXPLOITATION DES ELEMENTS TOTALEMENT IMPOSABLES

Les éléments totalement imposables du salaire sont ceux qui pénalisent le plus le
contribuable. Il est recommandé de ne pas trop gonfler ce volet. Si les conventions
collectives fixent les salaires minimums par secteur, elles n’empêchent pas aux
entreprises d’aller au-delà. Cette rémunération supplémentaire bien qu’alléchant ne
bénéficie pas entièrement au salarié car elle sera diminuée des charges fiscales et
sociales.

27
Exemple : la convention du commerce fixe le salaire de base minimum de la catégorie
6A à 123.750F alors que la société X octroie à la même catégorie un salaire de base de
147.575, soit une différence en plus de 23.825 F. Ce surplus supportera l’IRPP, la
RAV, la TDL, le CFC, la PV pour le salarié, le CFC, le FNE, la PV, les Allocations
familiales et l’accident de travail pour l’employeur. Or on peut éviter que ce surplus
soit autant frappé par tous ces impôts. Il suffit de l’incorporer dans les éléments
exonérés du salaire pour qu’il échappe légalement aux impôts.

VI- OPTIMISATION PAR EXPLOITATION DES ELEMENTS


EXONERES DU SALAIRE.

La grande majorité des éléments de salaire est fixée d’accord parties entre l’employé et l’employeur.
Les seules exigences du fisc sont que ces salaires ne soient pas excessifs et qu’ils correspondent à un
travail effectif. L’excessivité est une notion imprécise en matière de salaire puisqu’aucun texte légal
ne fixe les plafonds salariaux par catégorie. Cependant le salaire manifestement excessif sera
apprécié par le fisc et c’est un risque pour l’entreprise puisqu’elle va les porter sur ces charges
déductibles ; L’entreprise devra s’y mouvoir avec beaucoup de prudence. Elle pourra ainsi revaloriser
et créer des indemnités totalement exonérées, revaloriser les indemnités représentatives des
avantages en nature, et réfléchir au financement de ces différentes revalorisations.

A- REVALORISATION DES ELEMENTS TOTALEMENT EXONERES

L’employeur peut étendre l’indemnité de représentation à tous les cadres. On sait également que le
CGI exonère totalement les allocations familiales, mais très peu d’entreprise valorise cette rubrique
du salaire. Il y a pourtant un gain supplémentaire pour le salarié qui en bénéficie. On peut également
revaloriser la prime de panier et la prime de salissure. Tous les éléments totalement exonérés
peuvent être revalorisés et ce sont des gains galvanisant pour les employés.

B- CREATION DE NOUVELLES INDEMNITES TOTALEMENT


EXONERES

L’employeur peut créer de nouvelles indemnités exonérées. Il suffit que celles-ci remplissent les
conditions d’exonération prévues par la législation en vigueur, à savoir qu’elles aient soit le caractère
de remboursement de frais, soit le caractère de réparation de dommage, soit encore le caractère
d’allocation familiale, et qu’elles ne soient pas exagérées. Les entreprises en générale et les
entreprises industrielles en particulier, présentent à des degrés divers, des risques pour la santé des
employés, liés aux bruits, à la mécanique et aux produits toxiques. Les pistes sont donc nombreuses
pour créer des indemnités exonérées. D’autres éléments de salaire taxables déjà existant dans
l’entreprise peuvent être transformés en indemnités exonérées. Par exemple, la prime de transport
cadre est taxable, mais transformée en indemnité entretien véhicule pour les cadres qui possèdent
leur propre véhicule serait exonérée. La création d’une indemnité de téléphone serait exonérée au
cas où elle représenterait le remboursement forfaitaire des frais de téléphone supportés par l’agent
pour les besoins professionnels. Ne figurant pas dans la liste des AN cités dans l’article 33 du CGI,
l’indemnité de téléphone s’intègre dans le remboursement des frais inhérents à la fonction et devrait
être exonérée conformément aux dispositions de l’article 31 alinéas 1 du CGI.

28
C- REVALORISATION DES INDEMNITES REPRESENTATIVES DES
AVANTAGES EN NATURE.

Les AN ne sont pas totalement imposables. L’imposition se limite à un pourcentage du salaire brut
selon la nature de l’avantage consenti ou compensé. La fraction excédentaire revient entièrement au
salarié. L’employé a donc intérêt à ce que ses indemnités représentatives des AN soient revalorisées,
mais l’employeur devra le faire dans des proportions raisonnables pour éviter le risque de
redressement par l’administration fiscale.

Cas pratique : Dans la société X l’employé OLINGA a un salaire brut de 280.000F, une indemnité
véhicule de 50.000F, une indemnité de logement de 37.000 F et une indemnité nourriture de 38.500
F.

Déterminer la fraction imposable :


Véhicule 280.000x 10% = 28.000
Logement 280.000x 15% =42.000
Nourriture 280.000x 10% =28.000
Total indemnité imposable = 98.000

Fraction exempt d’imposition = indemnités accordées – fraction imposable

Net d’impôt : (50.000 + 37.000 +38.500) – 98.000 = 27.500F

Cette fraction de 27.500 revient en totalité au salarié. Elle peut être plus importante si l’employeur
consent à revaloriser les indemnités représentatives des AN car les fractions imposables ne
changeront pas dans ce cas quel que soit les montants alloués pour ces indemnités.

CONCLUSION

Avec l’IRPP, la notion du quotient familial a disparu. A revenu égal on paie le même montant
d’impôt sans distinction des charges familiales (enfants ou parents à charge). Le salarié est
exempt de déclaration si le salaire est l’unique source de revenu pour lui. Les taux
d’impositions sont harmonisés quel que soit la qualification du revenu. Ce taux est plafonné
à 35% soit 38,5% y compris les CAC. Nous avouons que de tous les cédules de l’IRPP, le
traitement des salaires est le plus complexe. En cas d’hésitation il faut saisir un Conseil fiscal
de votre choix pour obtenir la bonne réponse. Vous pouvez également saisir la Direction
générale des Impôts pour tout sujet fiscal dont la solution n’est pas évidente. Nous espérons
ainsi avoir répondu aux préoccupations des employeurs et des employés tout au moins en ce
qui concerne l’Administration fiscale.

29
CHAPITRE II- LES REVENUS FONCIERS

I- REVENUS IMPOSABLES

Conformément aux dispositions de l’article 46 du Code Général des Impôts, sont compris
dans la catégorie des revenus fonciers, lorsqu’ils ne sont pas inclus dans les bénéfices d’une
entreprise industrielle, commerciale ou artisanale, d’une exploitation agricole ou d’une
profession non commerciale :

1- les revenus provenant de la location des immeubles bâtis et non bâtis au


Cameroun ;
2- les plus-values réalisées par les personnes physiques sur les immeubles bâtis ou
non bâtis acquis à titre onéreux ou gratuit ;
3- les parts d’intérêts des membres des sociétés civiles immobilières n’ayant pas
opté pour l’impôt sur les sociétés.

Les revenus des immeubles appartenant à l’Etat et aux collectivités territoriales


décentralisées sont exonérés de l’IRPP.

II- DETERMINATION DE LA BASE D’IMPOSITION

Le revenu net imposable est égal à la différence entre le montant du revenu brut
effectivement encaissé et le total des charges de la propriété, admises en déduction. Ceci est
valable dans le cas d’une tenue de comptabilité claire. Dans le cas contraire, il est fait un
abattement de 30% sur le montant brut encaissé.

Exemple : M Kamga a un immeuble loué à un particulier au quartier Bastos à un prix de


500.000FCFA par mois.

1er cas.

M Kamga comptabilise les revenus de cet immeuble dans sa société de fabrication des
appareils électroménagers qui est au régime de réel simplifié.

Réponse : Ce revenu n’entre pas dans la catégorie des revenus fonciers mais dans les BIC car
l’immeuble en question étant inscrit au bilan de la société, les revenus y afférents sont
comptabilisés comme tels.

2ème cas

30
L’immeuble n’est pas inscrit au bilan de la société de fabrication des appareils
électroménagers.

Réponse :

Dans ce cas les revenus de l’immeuble relèvent de la catégorie des revenus fonciers. M
Kamga n’ayant pas présenté les frais réels découlant de l’entretient de son immeuble, la
base d’imposition sera de :

500.000x12 – 30%x500.000x12=4.200.000FCFA. C’est ce montant qui entre dans la base de


l’IRPP de l’année.

3èmé cas

Au cours de l’année M Kamga tient une comptabilité réelle pour son immeuble et présente
lors de sa déclaration en fin d’exercice les factures pour 2.800.000FCFA dont 400.000FCFA
de réparation des installations sanitaires abîmées par le locataire.

Réponse :

Il s’agit toujours des revenus fonciers mais avec déductions des frais réels possibles.
Cependant on n’acceptera que les frais réels incombant au propriétaire. Les réparations
intérieures revenant au locataire, le fisc ne saurait accepter ce genre de charge. Les charges
déductibles seront de 2.800.000- 400.000= 2.400.000FCFA.

La base imposable à l’IRPP sera de 500.000x12- 2.400.000= 3.600.000FCFA

NB : les contribuables ont la possibilité d’opter pour les frais réels ou l’abattement forfaitaire
de 30%.

La plus-value imposable visée ci-dessus est égale à la différence entre le prix déclaré par les
parties et la valeur du bien à la dernière mutation. La valeur du bien à la dernière mutation
comprend, le cas échéant, les frais de construction et/ou de transformation de l’immeuble
dûment justifiés.

Les plus-values nettes globales visées à l’article 42 du CGI ayant une valeur inférieure ou
égale à 500.000F CFA sont exonérées de l’IRPP ;

Pour la détermination de la base imposable de la plus-value, il est tenu compte des charges
déductibles :

- des frais réels afférents à la dernière mutation, lorsque celle-ci avait été faite à titre
onéreux ;

31
- des frais réels afférents à la dernière mutation, non compris les droits
d’enregistrements, lorsque cette mutation a été faite à titre gratuit.
Exemple :

Pour relancer les activités de sa société M Kamga veut approvisionner son compte courant
avec une somme importante. N’ayant pas d’autres issus il opte pour la vente de son
immeuble. Il le vend alors à 55.000.000FCFA à M. Nzoukou. Déterminer la plus-value
imposable à l’IRPP.

1ère hypothèse.

M Kamga avait construit son immeuble lui-même il y a de cela 5 ans. La valeur du terrain et
les coûts de construction s’élevaient à 47.000.000FCFA.

La plus-value qui entre dans la base de l’IRPP est de 55.000.000- 47.000.000=8.000.000FCFA.

2ème hypothèse.

M Kamga avait acquis l’immeuble auprès d’un tiers au prix de 45.000.000FCFA en dehors des
frais de notaire et des frais d’enregistrement d’un montant de9.000.000FCFA. Le coût de
revient de l’immeuble est alors de 54.000.000FCFA. La plus-value à imposer à l’IRPP n’est
que de 55.000.000- 54.000.000= 1.000.000FCFA.

3ème hypothèse :

M Kamga avait acquis l’immeuble en question à titre gratuit de son père. La valeur de
l’immeuble avait été évaluée à 45.000.000FCFA. Le Notaire instrumentaire de l’acte de
donation avait liquidé les droits supportés par M Kamga comme suit :

- honoraire 2%x 45.000.000= 900.000FCFA

- Droit d’Enregistrement= 5%x 45.000.000= 2.250.000FCFA

Total à payer =3.150.000FCFA

Base imposable à l’IRPP

L’immeuble ayant été acquis à titre gratuit les droits d’enregistrement ne sont pas
déductibles : Le coût de revient accepté du bien cédé est de 45.000.000+900.000=
45.900.000FCFA.

La plus-value imposable est de 55.000.000- 45.900.000= 9.100.000FCFA

Dans l’hypothèse où la détermination de la base imposable aboutit à la constatation d’un


déficit, celui-ci est imputable sur les revenus fonciers des quatre exercices suivants.

32
III- MODALITES DE PERCEPTION

Le précompte sur loyer est désormais remplacé par un acompte d’impôt dont
le taux est de 15% des loyers perçus, retenu à la source par la personne qui paie le
loyer. L’acompte d’IRPP sur les RF doit être obligatoirement retenu à la source et
reversé au plus tard le 15 du mois qui suit le paiement effectif par l’Etat et ses
démembrements, les personnes morales et les entreprises individuelles soumises au
régime du réel et à celui du réel simplifié.

Toutefois, les loyers versés aux entreprises qui relèvent du régime du réel,
quel que soit la forme desdites entreprises, échappent à la retenue à la source. Il en
est de même des sociétés civiles immobilières ayant opté pour l’IS.

S’agissant des loyers perçus par des particuliers et qui ne subissent pas par
conséquent pas la retenue à la source, ces contribuables sont soumis à l’impôt sur
les RF au taux libératoire de 10% majoré de 10% au titre des CAC soit (11%). Cet
impôt est déclaré et payé au plus tard le 15 du mois qui suit la fi RALS n de chaque
trimestre.

Les loyers versés par les contribuables relevant de l’impôt libératoire et qui
conformément aux dispositions de l’article 87 du CGI ne font pas l’objet des feront
l’objet d’une déclaration trimestrielle, le 15 du mois suivant la fin du trimestre
concerné. Il s’agit dans ce cas des loyers perçus par les bailleurs ne relevant ni du
régime du réel, ni du régime simplifié.

En ce qui concerne les plus-values réalisées sur la vente des immeubles hors
bilan qui constituent des RF, elles restent soumises à un prélèvement obligatoire de
toutes autres impositions fiscales, fixé à 5% du montant de plus-value ; ce
prélèvement doit être retenu à la source par le notaire lors de la transaction, et
reversé lors de l’accomplissement de la formalité.

CHAPITRE III- REVENUS DE CAPITAUX MOBILIERS (RCM)

A- REVENUS IMPOSABLES (ART 35 du CGI)

33
Désormais les gains réalisés à l’occasion de la cession d’actions, d’obligations et
autres part du capital sont des RCM imposables à l’IRPP. S’agissant de ces gains, les plus-
values nettes globales réalisées par les particuliers à titre occasionnel ou habituel, soit
directement, soit par l’intermédiaire d’un établissement financier sont taxées à l’IRPP au
titre des RCM.

En plus des gains évoqués ci-dessus, les RCM concernent de manière générale :

- les produits des actions, parts du capital, et revenus assimilés ;


- les revenus des obligations ;
- les revenus des créances, dépôts, cautionnements et comptes courants.

Produits des actions, parts de capital, et revenus assimilés.

Les bénéfices qui ne demeurent pas investis dans l’entreprise sont considérés comme
revenus distribués.

Sont considérés comme désinvestissements et par conséquents taxés à l’IRPP au titre des
RCM :

- tous les produits ou bénéfices qui ne sont pas mises en réserve ou incorporés au
capital ;
- toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou
porteurs des parts et non prélevées sur les bénéfices, même en cas de déficit ;
- les rémunérations allouées aux membres du conseil d’administration des sociétés
anonymes à quelque titre que ce soit, à l’exclusion des salaires et des redevances de
propriété industrielle.
En conséquence, les sommes ou les valeurs attribuées en nature ou en espèce sous
forme statutaire et non apparente, c’est-à-dire les sommes ou valeurs qui, notamment du
fait de leur inscription comptable, ne peuvent être dissociées des dépenses sociales, mais ne
peuvent non plus être considérées comme telles (dépenses non engagée dans l’intérêt
social, soit par détermination de la loi) doivent systématiquement être taxées à l’IRPP au
titre des RCM

Il s’agit entre autre des :

- Prélèvements effectués à des fins personnels par des dirigeants ;

- Avantages en nature injustifiés ;

- Revenus considérés comme distribués à la suite de contrôle même en l’absence de


bénéfice ;

Dépenses somptuaires.

34
Sous réserve des conventions internationales, les bénéfices des sociétés n’ayant pas
leur siège au Cameroun sont réputés distribués au titre de chaque exercice à ces personnes.

Ne sont pas considérés comme revenus distribués et échappent à la I/RCM :

1-les répartitions présentant pour les associés ou actionnaires le caractère de


remboursement d’apport ou des primes d’émission. Toutefois, une répartition n’est réputée
présenter ce caractère que si tous les bénéfices et réserves autres que la réserve légale ont
été auparavant répartis.

Ne sont pas considérés comme des apports pour l’application de la disposition ci-dessus :

a) les réserves incorporées au capital ;


b) les sommes incorporées au capital ou aux réserves (primes de fusion) à l’occasion
d’une fusion de sociétés.
1- les amortissements de tout ou partie de leur capital, parts d’intérêts ou de
commandite effectués par les sociétés concessionnaires de l’Etat, des communes ou autres
collectivités publiques lorsque ces amortissements sont justifiés par la caducité de tout ou
partie de l’actif social notamment par dépérissement progressif ou par l’obligation de remise
de la concession à l’autorité concédante ;
2- les remboursements consécutifs à la liquidation de la société et portant sur le capital
amorti, à concurrence de la fraction ayant, lors de l’amortissement, supporté au Cameroun
l’IRPP ;
3- les sommes mises à la disposition des associés dès lors qu’elles constituent la
rémunération d’un prêt, d’un service ou d’une fonction et qu’elles sont valablement
comprises dans les charges déductibles pour l’assiette de l’Impôt sur les Sociétés ;
4- les sommes attribuées aux remboursements des actionnaires pour le rachat de leurs
titres par une société d’investissement ;

B- REVENUS DES OBLIGATIONS (article 40 du CGI)

Les produits, lots et primes de remboursement payés aux porteurs des obligations
émises au Cameroun sont considérés comme revenus des obligations pour la
détermination de l’IRPP au titre des RCM indépendamment de leur durée.

Dorénavant, sont imposables les intérêts rémunérant les obligations et autres effets publics
émis par l’Etat et ses démembrements divers, quel que soit leur statut juridique. Il est à
noter que ces revenus des obligations sont taxables aussi bien à l’IRPP que, le cas échéant à
l’IS.

4- Revenus de créances, dépôts et cautionnements

35
Les plus-values nettes globales réalisées à cette occasion par les particuliers, à titre
occasionnel ou habituel, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un établissement
financier sont dorénavant taxées à l’IRPP au titre de cette catégorie.

A- LES EXONERATIONS

Les intérêts de bon de caisse sont exonérés de l’impôt sans distinction du statut
juridique de la personne qui la souscrit. Les intérêts des comptes d’épargne pour les
placements ne dépassant pas 50.000.000F CFA sont exonérés de l’IRPP. Seule la fraction
excédant ce montant est imposable à l’IRPP au titre des RCM.

Pour l’appréciation du seuil de 50.000.000F CFA sus évoqué, il doit être tenu compte de
l’ensemble des comptes d’épargne détenus par une personne. LF 2021.

B- DETERMINATION DE LA BASE D’IMPOSITION

Le revenu imposable est déterminé :

- pour les produits des actions, parts de capital, et revenus assimilés, par le montant
brut des dividendes versés ;
- pour les obligations, effets publics et emprunts, par l’intérêt ou le revenu brut
distribué pendant l’exercice ;
- pour les primes de remboursement, par la différence entre les sommes remboursées
et le taux d ‘émission des emprunts ;
- pour les revenus de créances, dépôts et cautionnements, par le montant brut des
intérêts, arrérages et tous autres produits des valeurs désignées à l’article 41 du CGI ;
- pour les cessions d’actions, d’obligations et autres parts du capital, par la plus-value
nette globale résultant de la compensation effectuée entre les plus ou moins- values
réalisées au cours de l’exercice sur chaque catégorie de titres détenus par le contribuable.
La plus ou moins- value de chaque opération de cession effectuée au cours de l’exercice
s’obtient par la différence entre le prix de cession des titres concernés et leur prix
d’achat ou leur valeur d’attribution en cas d’acquisition de ces titres lors de la
constitution d’une société ou de l’augmentation de son capital.

En cas de moins- value net global constaté au cours d’un exercice, cette dernière est
reportable sur les plus-values nettes globales éventuelles des quatre exercices suivants.

Nous insistons sur le cas particulier des rémunérations et avantages occultes qui
s’entendent au sens de la loi, du montant global des sommes que, directement ou par
l’entremise d’un tiers, les sociétés ou personnes morales ont versé à des personnes dont

36
elles ne révèlent pas l’identité, au cours de la période retenue pour l’établissement de
l’impôt. Ceux-ci sont considérés comme revenus distribués, qu’ils soient ou non prélevés
sur les bénéfices et sont taxés au taux le plus élevé de 38,5%.

C- MODALITE DE PERCEPTION

L’IRPP dû au titre des RCM est retenu à la source par la personne qui effectue le
paiement, à charge pour elle de le reverser à son Centre des Impôts de rattachement dans
un délai de quinze (15) jours, à compter du paiement desdits RCM.

Dans l’hypothèse où les RCM sont de source étrangère et profite à un contribuable


domicilié au Cameroun, les établissements financiers et autres qui reçoivent les fonds et les
mettent à la disposition de la personne domiciliée au Cameroun sont soumis à l’obligation de
la retenue à la source. Il en est de même des RCM versés à des sociétés exonérées d’IS, dont
l’impôt doit également être retenu à la source par le payeur.

Lorsque les RCM sont payés et perçus à l’étranger par une personne dont il est établi que
le domicile fiscal est au Cameroun, celle-ci doit acquitter spontanément son impôt lors de la
déclaration annuelle qui doit intervenir au plus tard le 15 mars de chaque année. Il s’agit
d’un cas où le bénéficiaire des RCM reste soumis à l’obligation de déclaration.

CHAPITRE IV- LES BENEFICES ARTISANAUX, INDUSTRIELS ET COMMERCIAUX (BIC).

I- REVENUS IMPOSABLES

Sont considérés comme bénéfices industriels et commerciaux pour l’application de


l’IRPP, les bénéfices réalisés par des personnes physiques dans des entreprises exploitées au
Cameroun et provenant de l’exercice d’une profession commerciale, industrielle, artisanale
ou d’une exploitation minière ou forestière.

Sont considérées comme artisans, les personnes ci-après :

- les fabricants et ouvriers travaillant chez eux, avec ou sans force motrice, à façon ou
non, utilisant le concours de cinq employés, compagnons ou apprentis au maximum et ne
vendant que le produit de leur propre travail ;

37
- les mariniers, chauffeurs ou cochers n’ayant qu’un bateau ou véhicule qu’ils
conduisent eux-mêmes ;
- les pêcheurs se livrant personnellement à la pêche sans autre concours que celui de
deux aides.
Conformément aux dispositions de l’article 51 du CGI, sont considérés comme BIC, les
bénéfices réalisés par les personnes physiques ci-après :

- les personnes se livrant à des opérations d’intermédiaires pour l’achat ou la vente


des immeubles ou de fonds de commerce ou qui, habituellement, achètent en leur nom les
mêmes biens en vue de les revendre ;
- les personnes qui procèdent au lotissement et à la vente après exécution des travaux
d’aménagement et de viabilité, de terrains leur appartenant ;
- les personnes qui donnent en location un établissement commercial ou industriel
muni du mobilier et du matériel nécessaire à son exploitation, que la location comprenne ou
non tout ou partie des éléments incorporels du fonds de commerce ou d’industrie ;
- les personnes qui louent ou sous louent en meublé tout ou partie des immeubles leur
appartenant ;
- les personnes qui, à titre principal ou accessoire, exploitent les jeux de hasard et de
divertissement ;

II-DETERMINATION DE LA BASE D’IMPOSITION

Le bénéfice imposable des contribuables soumis au régime simplifié est constitué par
l’excédent brut des recettes sur les dépenses nécessaires à l’exploitation. L’application des
taux forfaitaires n’est envisageable que dans le cadre d’une procédure de redressement
contradictoire ou d’une taxation d’office. Les contribuables relevant de ce régime doivent
tenir une comptabilité simplifiée comportant un livre de recettes, un livre de dépenses, un
livre d’inventaire et un livre des immobilisations.

Pour la détermination du bénéfice imposable, il ne sera tenu compte que des dépenses
exposées pour les besoins d’exploitation ou se rattachant à la gestion normale de l’activité
de l’entreprise.

Exemples d’applications.

M. KOUAM est un vendeur d’huile de palme installé au marché central de Yaoundé. Il


a débuté ses activités le 2 janvier 2021 et a souscrit un impôt libératoire à la catégorie dont
le montant payé est de 50.000FCFA. Au mois de juillet 2022, l’Inspecteur Vérificateur des
Impôts procède à une vérification de comptabilité de M.KOUAM à partir des recoupements
faits auprès des tiers. Il se rend compte que M. KOUAM tient une comptabilité sommaire
constituée d’un livre d’achat et un livre de vente. Il a pu reconstituer le CA de ce
commerçant à 70.000.000FCFA pour l’exercice 2021.

38
TAF : liquider les impôts dus par M. KOUAM tout en sachant qu’il n’a souscrit aucune
déclaration au cours de l’exercice en dehors de L’IL payé en début d’exercice.

Réponse :

1- Le CA reconstitué pour l’exercice 2021 permet de reclasser M. KOUAM au Régime


du réel. En conséquence il devrait être soumis à la patente et non à l’impôt libératoire.
On devra liquider la patente sur la base d’un CA de 70.000.000 de FCFA et déduire
l’IL initialement payé.
2- En cas d’absence de comptabilité, l’assiette de l’impôt sera déterminée par application
au CA reconstitué par l’Administration selon les éléments réels en sa possession, au
taux fixé par décret n° 98/265/PM du 02 /08/ 98 comme suit :
 Commerçants non importateurs, agriculteurs, pêcheurs, éleveurs : 7,5%
 Commerçants importateurs, prestataires de services…. …………. : 20%
 Artisans ………………………………………………………… : 15%

III-MODALITES DE PERCEPTION

Les acomptes d’IRPP dus pour les BIC sont acquittés selon les régimes d’imposition
auxquels sont soumis les contribuables.

On rappelle que les contribuables assujettis à l’IRPP au titre des BIC et BA sont
également passibles du précompte sur achats sur leurs opérations d’importation et sur
leurs achats effectués auprès des grossistes et semi-grossistes. Comme en matière d’IS,
ledit précompte constitue un acompte d’impôt, et doit être considéré comme tel au titre
du mois ou du trimestre suivant.

CHAPITRE V : LES BENEFICES AGRICOLES

Au sens de la loi (ART 53 du CGI), les bénéfices agricoles s’entendent des bénéfices
provenant de la culture, de l’élevage, de la pisciculture ou du métayage.

NB : les agriculteurs ayant des installations commerciales permanentes ou utilisant des


méthodes industrielles relèvent des BIC.

La détermination de la base d’imposition est presque identique à celle des BIC. Il est en
outre tenu compte pour cette détermination d’une part, de la production stockée à la
clôture de l’exercice, et d’autre part, des amortissements des éléments de l’actif
immobilisé, dans les conditions fixées à l’article 7-D du CGI.

39
CHAPITRE VI : LES BENEFICES DES PROFESSIONS NON COMMERCIALES (BNC)

A- REVENUS IMPOSABLES (ART 56)

Les bénéfices non commerciaux sont les bénéfices des professions libérales
proprement dites, les émoluments des greffiers et les produits des autres titulaires de
charges et offices, les revenus non salariaux des sportifs et artistes, les bénéfices de toutes
opérations, exploitations lucratives et sources de profits ne relevant d’aucune autre
catégorie de bénéfices ou revenus.

Les professions libérales sont celles pour lesquelles l’activité intellectuelle est
prépondérante. Elles consistent en pratique professionnelle d’une science ou d’un art que
l’intéressé exerce en toute indépendance, sans aucun lien de subordination. Tel est le cas
de :

- professions juridiques (avocats, huissiers …) ;


- professions comptables (experts-comptables, comptables agréés, conseils fiscaux
agréés, commissaires aux comptes…) ;
- professions médicales (médecins, infirmiers, sages-femmes, pédicures, masseurs
kinésithérapeutes, vétérinaires…) ;
- professions artistiques (auteurs, compositeurs, artistes, artistes peintres,
sculpteurs…) ;
- professions techniques (Ingénieurs-conseils, inventeurs, architectes, géomètres,
concepteurs de logiciels et programmes informatiques…).
NB : les membres des professions libérales qui apportent leur collaboration à des
confrères, sans être placés vis-à-vis d’eux en état de subordination, exercent eux-mêmes
une profession relevant des BNC.

Toutefois, les rémunérations de ces personnes sont imposables comme des salaires
lorsque les conditions dans lesquelles elles exercent leur profession les placent dans un
état de subordination caractéristique du contrat de travail.

Lorsque les personnes physiques relevant de cette catégorie de bénéfices exercent


leur activité en groupe, avec notamment la mise en commun du matériel, du personnel
et des locaux professionnels, en l’absence de lien de subordination, chacun des
participants devra être considéré comme exerçant une profession non commerciale et
personnellement imposable à ce titre sur sa part de bénéfices.

B -DETERMINATION DE LA BASE D’IMPOSITION

40
Le bénéfice non commercial imposable est constitué en principe par l’excédent des
recettes totales sur les dépenses nécessitées par l’exercice de la profession. Les
notaires sont d’office au RR quel que soit leur CA.

Les recettes professionnelles dont il convient de faire état s’entendent, en principe, de


toutes les sommes effectivement encaissées au cours de l’année d’imposition, quel que
soit le mode de règlement, et à l’exclusion des créances acquises mais non encore
recouvrées.

S’agissant des dépenses, celles-ci ne peuvent être retranchées des recettes que si elles
sont nécessitées par l’exercice de la profession ou plus généralement par l’acquisition du
revenu. De manière générale, la déduction ne peut porter sur les dépenses à caractère
personnel. Les dépenses professionnelles doivent être retenues pour leur montant réel.

On rappelle que les rémunérations pour frais d’études de consultation ou d’assistance


payées aux personnes domiciliées à l’étranger ne sont déductibles que dans la limite de
5% du CA.

Pour la détermination du bénéfice imposable, on doit tenir compte également des


gains ou pertes (plus-values ou moins-values) provenant soit de la réalisation d’éléments
d’actifs affectés à l’exploitation, soit à la cession des charges et offices, ainsi que de
toutes les indemnités reçues en contrepartie de la cessation de l’exercice de la
profession ou du transfert d’une clientèle.

Au-delà des modalités d’imposition ci-dessus définies, les règles de détermination du


revenu imposable s’agissant des contribuables du régime simplifié relevant des BIC
s’appliquent mutatis mutandis aux BNC.

S’agissant de la production littéraire, scientifique ou artistique, le bénéfice imposable est


déterminé en retranchant de la moyenne des recettes de l’année d’imposition et des
deux années précédentes, la moyenne des dépenses de ces mêmes années. Pour le
bénéfice de ces dispositions, deux conditions doivent être réunies :

- les revenus ne doivent pas être perçus annuellement ;


- le contribuable doit demander par écrit l’application de ces dispositions.
Ce régime ne s’applique qu’aux bénéfices retirés par les contribuables de leur propre
activité ; les héritiers et légataires ne peuvent donc en bénéficier. L’option pour ce mode
d’évaluation est irrévocable. A cet égard, les contribuables qui optent pour ce régime
devront être obligatoirement soumis au régime du réel.

IL est appliqué un taux de 15% sur le revenu imposable pour les RCM

Ce taux est fixé à 10% pour les plus- values sur cessions des titres d’un montant net
global supérieur à 500.000FCFA

C-LES PRECOMPTES SUR ACHATS

41
1- Les précomptes sont dus sur :

- les importations effectués par les commerçants, y compris ceux relevant de l’IL ;
- les achats effectués auprès des industriels, importateurs, et exploitants forestiers ;
- les achats des produits pétroliers par les exploitants des stations-services et les achats
des produits de base par les exportateurs ;
- les opérations réalisées par les entreprises non détentrices de la carte de contribuable.
Le taux du précompte est de :
 14% sur la marge brute pour les achats des produits à prix administrés (pétrole,
gaz, minoterie, pharmacie…) ;
 10% du montant des opérations pour les contribuables ne relevant pas du
fichier d’un CDI ;
 10% du montant des opérations pour les contribuables relavant de l’IL ET
EFFECTUANT DES IMPORTATIONS.
 5% du montant des opérations effectuées, pour les commerçants relevant du
RSI et de l’IL ;
 2% du montant des opérations, pour les commerçants relevant de RR.
NB : Le précompte n’est pas récupérable sur le prix. Il n’y a pas de CAC. Pour les personnes
assujetties à l’IS ou à l’IRPP, les précomptes subis sont déductibles des acomptes. Les trop perçus
font l’objet d’une imputation sur les acomptes futurs. En cas de cessation d’activités, ils sont
remboursés.

2- Les précomptes ne sont pas dus sur :

 Les importations effectuées par les contribuables relevant des unités de gestion
spécialisées de la DGI (DGE, CIME, CSI…) ;
 Les achats effectués par l’ETAT, les Communes et les personnes domiciliées à
l’étranger auprès des industriels, agriculteurs, importateurs, grossistes, demi-
grossistes, exploitants forestiers ;
 Les achats effectués par les industriels immatriculés et soumis au RR pour les
besoins de leur exploitation ;
 Les achats locaux des produits pétroliers effectués par les marketers inscrits au
fichier des contribuables actifs de la DGE.
IRPP en résumé :

1- BIC, BNC, BA, RF le bénéfice fiscal est taxé au taux de 33% avec le minimum de
perception de 2,2% pour ceux qui relèvent du RR et 5,5% pour ceux qui relève
du RSI.
2- RCM est imposé au taux de 16,5%.
3- Revenus salariaux(TS) par application du barème après 2 abattements et un
abattement forfaitaire de 500.000 FCFA.
4- Primes et Rémunérations versées aux membres du conseil d’Administration, aux
membres de toutes les entités publiques, aux sportifs et artistes, mandataires et
agents commerciaux et ceux du secteur des assurances, aux vendeurs directs par
réseau : 11% libératoire. Ce taux de 11% s’applique au RNC.
Ne pas oublier de déduire de l’impôt ainsi calculé, les acomptes versés, les précomptes
sur achats et sur les factures de ventes en ce qui concerne les BIC, BNC, RF, BA.

42
EXERCICE PRATIQUE

Le couple OWONA réside à Douala et dispose des revenus émanant de plusieurs activités
qu’il exerce pour subvenir à leurs besoins. Ne voulant pas subir des redressements fiscaux,
ce couple sollicite votre expertise en la matière et met à votre disposition les informations ci-
après pour l’exercice 2022.

A- M. OWONA est chef de service commercial de la société ORANGE CAMEROUN. Les


éléments de son salaire mensuel sont :
- Salaire de base : 1.200.000 FCA
- Indemnité de suggestion : 50.000FCFA
- Indemnité de Représentation : 80.000FCFA
- Primes d’ancienneté : 45.000FCFA
- Allocations familiales : 28.500FCFA
- Indemnité de logement : 150.000FCFA
La société a mis à sa disposition une voiture de service et un domestique. Les acomptes
d’IRPP versés par ORANGE pour le compte de M. OWONA sont de 3.255.300FCFA.

M. OWONA dispose d’un immeuble bâti loué à 300.000FCFA /mois par la Communauté
Urbaine de Douala.

Il a également perçu une somme de 750.000FCFA à titre des dividendes de la Société


DAVUM CAMEROUN où il détient des actions.

B- Mme OWONA Gisèle, après ces études en Marketing a opté pour une activité
commerciale à titre personnel. Elle a un Supermarché à NKOLMONDO où l’on y trouve tout
le nécessaire y compris les boissons alcooliques et autres. Le local est loué à 80.000FCFA par
mois à M. MENGUE. Elle a débuté ses activités le 2 janvier 2019. Elle espère réaliser un
chiffre d’affaires de 75.000.000FCFA. HT. Au 31 décembre de la même année ses livres
comptables présentent les éléments suivants :
- patente 2019 : 48.500FCFA
- TOTAL achats marchandises : 51.250.000F HT
- TOTAL ventes des marchandises : 66.100.000F HT
- STOCK marchandises dans le magasin : 1.250.000F HT
- Pension d’un enfant au collège Liberman 250.000FCFA
- Salaire mensuel du gardien : 55.000FCFA par mois.
- Salaire de la servante : 70.000FCFA par mois.
- Prélèvement des produits pour la consommation dans le foyer : 750.000FCFA.
- Vous constatez qu’elle subit lors de ses achats de marchandises un prélèvement de
5,5%.
Le couple OWONA a 4 enfants mineurs et ils occupent une maison leur appartenant
située à Bonandjo. Cette maison a une valeur cadastrale de 55.000.000FCFA.

43
TAF :

I- Quelles sont les obligations fiscales du couple OWONA et autres contribuables ?

II- Liquider l’IRPP dû par M et Mme OWONA.

Correction :

I- les obligations fiscales.

1)- Pour M. OWONA

M. OWONA a plusieurs sources de revenus, et par conséquent il doit souscrire une


déclaration de tous ces revenus au plus tard le 15 mars 2023. En plus de son salaire, il a
les revenus locatifs de son immeuble loué à la Communauté Urbaine qui est un
démembrement de l’Etat. Il a également les RCM en provenance de la société DAVUM
où il est l’un des actionnaires. S’il n’avait que son salaire et les RCM de source
camerounaise, il serait exempt de déclaration

2) la société ORANGE doit opérer des retenues à la source sur les salaires des employés
lors des paiements chaque mois et reverser aux bénéficiaires qui sont l’Etat, la CNPS, le
CFC, le FNE au plus tard le 15 du mois suivant celui au cours duquel sont rattachés les
salaires. Cette retenue à la source se fait à partir d’un barème fourni par l’Administration.

3) la société DAVUM avant de verser les dividendes à M. OWONA doit avoir retenu à la
source l’impôt dû sur les RCM et le reverser pour le compte de ce dernier. Elle doit
déclarer et payer au fisc ce montant retenu dans les 15 jours qui suivent le paiement
desdites sommes.

4) Mme OWONA ayant un CA compris entre 50.000.000 F CFA et 100.000.000F CFA est
au régime du réel. Ses activités relèvent du BIC et doivent suivre les règles y afférentes.

Elle doit souscrire chaque mois au plus tard le 15 le CA réalisé le mois précédent et
payer un acompte de 2,2% sur ce CA et la TVA nette après avoir opéré les déductions
autorisées.

Elle doit opérer des retenues à la source sur le salaire des employés qu’elle utilise et
qui ont un salaire supérieur à 62.000F CFA conformément au barème reçu de
l’Administration. Les retenues sur salaire sont payées dans les mêmes délais que les
acomptes de BIC.

M ou Mme OWONA doit payer la Taxe Foncière au plus tard le 15 mars de chaque
année sur la valeur des immeubles dont ils sont propriétaires au taux actuel de 0,1%
majoré de 10% des centimes additionnels communaux.

44
Elle doit également souscrire une déclaration annuelle (DSF) sur les activités
commerciales qu’elle mène afin de payer l’IRPP définitivement dû par elle. Pour cela elle
doit tenir une comptabilité conforme aux dispositions du droit comptable. Elle doit la
déposer au Centre des impôts de son rattachement au plus tard le 15 mars 2020.

Etant au régime du réel, elle doit retenir 15% du montant des loyers bruts et le reverser
au trésor public pour le compte de son bailleur, soit 80.000x15%= 12000F CFA tous les
mois avant le 15 dès qu’il y a paiement.

5) La Communauté Urbaine de Douala doit retenir à la source 15% du


montant brut des loyers échus et le reverser au Trésor Public pour le compte de M. OWONA.
C’est un acompte de l’IRPP dû définitivement par ce dernier.

6) M. Mengue doit également souscrire une déclaration sur l’ensemble


de ses revenus et déduire les acomptes payés par les tiers pour son compte ou payés par lui-
même.

II- Liquidation des Impôts.

M. OWONA

1- Détermination du Revenu Global Net Taxable.

a) Traitement de salaire.

Libelle Montant Observations SBT = 1.295 000 FCFA

Salaire de base 1.200.000 Taxable (cotisable CNPS)

Indemnité de suggestion 50.000 Taxable

Indemnité de Représentatio (80.000) Non taxable

45
Primes d’ancienneté 45.000 Taxable

Allocations familiales (28.000) Non taxable

Indemnité de logement 150.000 Taxable, limite 15% SBT(194250)

A.N voiture 10% Sal.Base 162.975 Taxable, limité à 10% SBT(162.975)

A.N domestique 5% 64.750 Taxable, limité à 5% SBT (64750)

Total mensuel taxable 1.635.250


FCFA

Le Salaire Brut Annuel est de 1.635.250x12 = 19.623.000 FCFA

Abattement forfaitaire de 30% (frais professionnel) = - 5.886.900 FCFA

Charges sociales à déduire PV (4,2% x salaire cotisable dont la base est plafonné à
750.000 FCFA) donc à déduire 4,2 % x 750.000 x12 = - 378.000 FCFA

---------------------------------------------

Salaire Net Taxable = 13.361.100 F CFA

Abattement légale = - 500.000 FCFA

BASE DE LA LIQUIDATION = 12.861.100 FCFA

Application du barème officiel

Tranche de Montant Taux Impôt dû CUMUL OBSER


revenu
taxable
De o à 2000 2000.000 10% 200.000 200.000
000

De 2 M à 1 000 000 15% 150.000 350.000


3 000 000
De 3M à 2 000 000 25% 500.000 850.000
5 000 000
De 5M à 7.861.100 35% 2.751.385 3.601.385 Les tranches
12.861.100 de salaire
au-dessus
de 5 millions
sont taxées
à 35%

46
IRRP dû = 3.601.385 + 10% x 3.601.385 = 3.961.523 FCFA

Acomptes d’IRPP payés par l’employeur= -3.255.300 FCFA

Complément à payer = 706.223 FCFA à la charge de l’employeur en cas de contrôle.

b) Revenu Foncier

RF brut : 300.000x12= 3.600.000

Abat. 30% =-1.080.000

_____________

RF Net Taxable = 2.520.000F CFA

IRPP (RF) = 2.520.000 x 33% = 831.600

IRPP (RF) RALS par le bailleur (CUD) = -15% x 300.000 FCFA x 12 = 540.000

Complément RF à payer = 831.600-540.000 = 291.600 FCFA

c) RCM
M. OWONA a perçu 750.000F CFA de la société DAVUM à titre des dividendes pour l’exercice
2018. Cette somme n’entre plus dans la base taxable globale de l’IRPP parce qu’une retenue
légale a été faite pour son compte et cette retenue de 16,5% est libératoire de l’IRPP. M.
OWONA n’a perçu que le NET. L’IRPP versé à ce titre des RCM est de :

RCM net= RCM brut- 16,5%RCM brut

RCM brut= RCM net/83,5%= 898.204

I/RCM payé = 898.204x 16,5%= 148.203

Preuve= 898.204 – 148.203= 750.001F CFA

Mme OWONA

CA 2019 déclaré= 66.100.000f CFA

47
Les charges déductibles sont :

-stock vendu = stock initial + les achats- stock final

= 0 + 51.250.000- 1.250.000= 50.000.000

-masse salariale= (55.000+70.000) x12 = 1.500.000

- patente 2007 = 48.500

-loyer (80.000x12) = 960.000

- CFC part patronale= 1.500.000 x 1,5 % = 22.500

- FNE = 1.500.000 x1% = 15.000

- charge sociale (PV) CNPS= 4,2% x 1.500.000 = 63.000

- charge sociale (Risque prof) CNPS 1,75 % x 1.500.000 = 26250

____________

Total des charges = 52.597.450

Bénéfice Intermédiaire = 66.100.000-52.597.450= 13.502.550

Il y a lieu d’ajouter à ce montant les prélèvements faits pour les besoins non exposés dans
l’intérêt de l’entreprise à savoir :

- la pension de l’enfant prélevé sur les recettes de l’exploitation= 250.000


- prélèvement sur le stock de marchandises pour les consommations=750.000
Total des prélèvements = 1.000.000FCFA

Bénéfice à déclarer= 13.502.550+1.000.000= 14.502.550F CFA.

Base IRPP = 14.502..000

IRPP (BIC) dû = 14.502.000 x 33% = 4.785.660

Déductions

-précomptes sur achats= 5%x 51.250.000= - 2.562.500

-acomptes versés = 2,2 %x 66.100.000 = - 1.454.200

48
Total des avances faites à l’Etat= - 4.016.700

Complément IRPP à payer = 4.785.660- 4.016.700= 768.960 FCFA

Remarque : Le nombre d’enfants n’a aucune influence sur les impôts de M. ou Mme
OWONA. Les impositions sont séparées et la notion du quotient familial d’antan a
disparu avec l’avènement de l’IRPP au Cameroun.

MODULE V- FISCALITE DES TRANSPORTEURS PAR VOIE TERRESTRE

INTRODUCTION GENERALE

Le transport de personne et des marchandises est une activité à but lucratif. A ce titre il est
soumis à des obligations fiscales. Le transporteur allant d’un point à l’autre du territoire
camerounais ou hors de cette zone est souvent confronté à des difficultés inhérentes à ses
activités. Pour répondre aux soucis de celui-ci, nous nous proposons de récapituler
l’ensemble des textes de lois qui régissent ce vaste secteur du point de vue fiscal, d’apporter
des solutions fiscales à des cas qui se posent aujourd’hui et de soulever la problématique à
soumettre aux hautes instances nationales et internationales (CEMAC, OHADA, OMC…).
Nous pensons qu’ainsi nous pouvons apporter notre petite contribution à la politique de
bonne gouvernance qui milite pour la lutte contre l’ignorance, la corruption, la fraude, et le
grand banditisme transfrontalier, maux qui minent ce secteur en particulier avec des
conséquences néfastes sur l’économie de la sous-région en général. La libre circulation des
Hommes et des biens recherchée par les populations des pays de la CEMAC et des pays
voisins environnants ne peut être effectif que si les maux sus évoqués sont éradiqués ou tout
au moins réduits à sa plus simple expression. Les Etats désireux de voir aboutir cette libre
circulation devraient se pencher efficacement sur les activités des transporteurs routiers qui
assurent les 90% des échanges entre les opérateurs économiques de ces pays. Seul le cas du
Cameroun est abordé dans ce syllabus.

CHAPITRE I : FISCALITE INTERNE DES TRANSPORTEURS PAR ROUTE

49
A- LA PATENTE

La patente existe depuis toujours et constitue l’autorisation donnée aux personnes


physiques ou morales d’exercer une profession ou une activité à but lucratif au Cameroun,
qu’elles soient de nationalité étrangère ou camerounaise. La patente est en principe payée
annuellement. Exceptionnellement pour les transporteurs, elle est payée trimestriellement.
La contribution des patentes est établie par le Centre des Impôts de rattachement du
contribuable au nom de cette dernière qui exerce l’activité.

B- TARIF DES PAIEMENTS DU TRANSPORTEUR AU REGIME DU REEL


Les professionnels de transport routier qui sont au régime du réel paient la patente en
fonction du chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’activité.

C- LES TRANSPORTEURS PARTICULIERS ( Opep, Clandos, Mototaxi)


i- Tarifs
L’ordonnance N°2014/ du 7 juillet 2014, a modifié les articles C46(relatif à l’IL) et
611(relatif à la taxe à l’essieu) du CGI en diminuant de moitié les tarifs pour les
transporteurs à cause sans doute de la hausse du prix de carburant à la pompe
intervenue une semaine avant la prise de cette décision par le Chef de l’Etat.

Ainsi l’article C46 (nouveau) stipule que : Toutefois, les tarifs de l’impôt libératoire
pour les transporteurs sont arrêtés par les collectivités territoriales décentralisées,
bénéficiaires du produit de cet impôt à l’intérieur d’une fourchette ainsi qu’il suit :

Catégories :

- A : de 0FCFA à 10.000FCFA ;
- B : de 10.001 FCFA à 20.000FCFA ;
- C : de 20.001FCFA à 25.000FCFA
- D : de 25.001 FCFA à 50.000FCFA

50
Avec la prolifération du secteur informel au Cameroun le législateur a décidé de fiscaliser ce
secteur afin que ces contribuables sortent de la clandestinité. C’est ainsi que les
transporteurs de personnes par cyclomoteur (mototaxis) relèvent de la catégorie A de
l’impôt libératoire (0 à 10 000 F CFA) ainsi que les transporteurs de marchandises par
pousse-pousse.

- Le transporteur de personnes par véhicule à la périphérie des centres urbains


(clandos) relève de la catégorie B de l’impôt libératoire dont les montants varient
dans la fourchette de 10 001 F CFA à 20 000 F CFA selon les communes ;
- Le transport mixte de la marchandise et de personnes « OPEP » relève de la catégorie
C de l’impôt libératoire dont le montant par véhicule et par an varie entre 20. 001 F
CFA et 25. 000 F CFA selon les délibérations des communes ;
- L’Etat s’étant désengagé du transport urbain de masse, les particuliers ont développé
ce genre de transport dans nos grandes métropoles. C’est ainsi que le législateur a
classé à la catégorie D le transport urbain de masse dont le montant varie entre
25 001 F CFA et 50 000 F CFA par véhicule.

ii- IRPP des Transporteurs soumis au RSI.

L’impôt dû par les transporteurs soumis au régime simplifié, pour chaque véhicule, est
égal au quart du montant prévu à la limite supérieure de la catégorie C de l’impôt
libératoire multiplié par le nombre de places .L’impôt ainsi calculé est libératoire du
paiement de l’IRPP et de la TVA. Ces contribuables demeurent toutefois assujettis à la
contribution des patentes.

Exemple : Calculer l’IRPP d’un transporteur ayant 5 cars de transport de 30 places


chacune. La limite supérieure de la catégorie C de l’impôt libératoire est de 25.000CFA.

Réponse : IRPP= 1/4x25.000x30x5 = 937.500 FCFA à payer.

51
NB : L’impôt dû par les transporteurs est acquitté dans les quinze (15) jours qui suivent la
fin de chaque trimestre à l’aide d’une fiche comprenant les noms, prénoms, adresse du
contribuable.

Les dispositions de l’article 72 du CGI précisent que l’impôt dû par les transporteurs
soumis au Régime simplifié (RSI) pour chaque véhicule, est égal au quart du montant
prévu à la limite supérieure de la catégorie C de l’Impôt Libératoire multiplié par le
nombre de places. L’impôt ainsi calculé est libératoire du paiement de l’IRPP et de la
TVA. Ces contribuables demeurent toutefois assujettis à la contribution des patentes.

Exemple : Monsieur ATANGO possède 3 cars de 22 places et il déclare avoir fait un CA de


25.000.000 FCFA au cours de l’exercice 2019.

TAF : calculer l’IRPP dû par M. ATANGO.

Réponse.

Monsieur ATANGO est au RSI car il a un CA inférieur à 50 millions de francs et supérieur à


10 millions de francs. En consultant le tableau de l’IL, la limite supérieure de la catégorie
C est de 50.000 FCFA.

L’IRPP dû par ATANGO pour l’exercice 2019 est de : ¼ x 50.000 x 22 places x 3 cars =
825.000 FCFA.

ATANGO doit payer une patente correspondant à son CA et faire des photocopies pour le
dossier de chaque voiture à toutes fins utiles.

IRPP PARTICULIER DES TRANSPORTEURS DU RSI.

Les dispositions de l’article 72 du CGI précisent que l’impôt dû par les transporteurs
soumis au Régime simplifié (RSI) pour chaque véhicule, est égal au quart du montant
prévu à la limite supérieure de la catégorie C de l’Impôt Libératoire multiplié par le
nombre de places. L’impôt ainsi calculé est libératoire du paiement de l’IRPP et de la
TVA. Ces contribuables demeurent toutefois assujettis à la contribution des patentes.

Exemple : Monsieur ATANGO possède 3 cars de 22 places et il déclare avoir fait un CA de


25.000.000 FCFA au cours de l’exercice 2019.

TAF : calculer l’IRPP dû par M. ATANGO.

Réponse.

Monsieur ATANGO est au RSI car il a un CA inférieur à 50 millions de francs et supérieur à


10 millions de francs. En consultant le tableau de l’IL, la limite supérieure de la catégorie
C est de 50.000 FCFA.

52
L’IRPP dû par ATANGO pour l’exercice 2019 est de : ¼ x 50.000 x 22 places x 3 cars =
825.000 FCFA.

ATANGO doit payer une patente correspondant à son CA et faire des photocopies pour le
dossier de chaque voiture à toutes fins utiles.

D- TAXE A L’ESSIEU

Les propriétaires des camions ayant une charge utile au moins égale à trois (3) tonnes et
circulant sur le territoire Camerounais sont soumis à la taxe à l’ESSIEU payable
trimestriellement selon le barème ci-après :

- 4.500 FCFA /véhicule de CU égale ou supérieure à 3 tonnes et inférieure à 5 tonnes ;


- 9 750 FCFA/véhicule de CU égale ou supérieure à 5 tonnes et inférieure à 16 tonnes ;
- 16.875 FCFA/véhicule de CU égale ou supérieure à 16 tonnes et inférieure à 20
tonnes ;
- 28.125 FCFA/véhicule de CU égale ou supérieure à 20 tonnes et inférieure à 30
tonnes ;
- 37.500 FCFA/véhicule de CU supérieure à 30 tonnes.

Particularité

 Pour les Véhicules destinés au transport des grumes et des bois débités, la taxe à
l’ESSIEU est fixé à 112 500 FCFA /véhicule/trimestre ;

53
 Pour les véhicules immatriculés à l’étranger la taxe à l’ESSIEU est fixée
forfaitairement à 15 000 FCFA couvrant la période d’un mois ;
 L’Etat et les communes sont exonérés.

Modalité de déclaration et de paiement

La taxe à l’ESSIEU est déclarée et payée dans les 15 jours qui suivent la fin de chaque
trimestre pour les contribuables dont le siège est au Cameroun dans le centre des impôts de
rattachement. Elle est déclarée et payée dans les 5 jours pour les étrangers dès l’entrée dans
le territoire Camerounais au centre des impôts le plus proche du point d’entrée.

Sanctions et pénalités

a) En matière de patente

La non présentation de la patente de transport à l’autorité chargée du contrôle entraîne la


mise en fourrière du véhicule jusqu’au paiement de celle-ci avec une pénalité de 50% ou de
100% lorsque la bonne foi est ou non établie.

b) En matière de taxe à l’ESSIEU

Tout retard dans la déclaration de la taxe à l’ESSIEU est passible d’une pénalité égalité à un
droit en sus.

L’absence de déclaration est constatée par procès-verbal par les agents de la Direction
Générale des Impôts dûment commissionnés à cet effet et tous les agents habilités à

54
verbaliser en matière de police routière. Sanction = 10 000 FCFA/trimestre et 500 F
d’astreinte/jour.

E- DROIT DE TIMBRE SUR AUTOMOBILES


iii- Le tarif

Il est institué un droit de timbre sur les véhicules automobiles et sur les engins à
moteur à deux roues en circulation sur le territoire camerounais.

Sont exonérés du droit de timbre sur les automobiles appelé encore vignette :

- Les engins sans moteur à deux ou trois roues ;


- Les véhicules dont les propriétaires bénéficient du privilège diplomatique ou
consulaire ;
- Les véhicules d’essai immatriculés «WG » ou en transit immatriculés « WT ».
- Les véhicules des forces armées, de la gendarmerie, de la police ;
- Les ambulances.

Le droit de timbre est annuel. La période d’imposition va du 1 er janvier au 31


décembre d’une année.

Le taux de la « vignette » varie entre 2 000 francs pour les motocyclettes à 100 000
francs pour les véhicules de plus de 20 CV en passant par 15 000 francs pour les véhicules
ayant entre 2 et 7 CV et 25 000 francs pour les véhicules ayant entre 8 et 13 CV, et 50 000
francs pour ceux ayant entre 14 et 20 CV.

Le paiement du droit par la personne physique ou morale propriétaire du véhicule


donne droit à la délivrance d’une vignette.

Le non-paiement de la vignette donne droit au paiement d’une pénalité égale à un


droit en sus, et d’une amende pénale pour contravention de 3e classe.

55
Section 4 : Timbres des contrats de transport de marchandises

1- Transport maritime ou fluvial :


le contrat de transport maritime ou fluvial connu sous le nom de
« connaissement » est fixé à 15.000 francs CFA par connaissement quel que
soit le nombre d’exemplaires.
2- Transport par voie terrestre ou aérienne :
Le timbre sur le contrat de transport est fixé comme suit :
a) Contrats de transport de marchandises à l’intérieur du territoire : 1.000
francs CFA par lettre de voiture.
b) Contrats internationaux de transport de marchandises :
2. 000 francs CFA par lettre de voiture.
Ce droit est perçu sur état d’après le déclaration faite par les transporteurs dans le
premier mois de chaque trimestre pour les titres de transport utilisés au cours du
trimestre précédent.

En dehors des exonérations prévues à l’article 595 du Code Général des Impôts, il est
constitué un droit de timbre sur les véhicules automobiles et sur les engins d’après le
barème ci-après :

- Motocyclettes : 2 000 F CFA


- Véhicules de 02 à moins de 7 CV : 15 000 F CFA
- Véhicules de 08 CV à 13 CV : 25 000 F CFA
- Véhicules de 14 à 20 CV : 50 000 F CFA
- Véhicule de plus de 20CV : 100.000 FCFA.
La vignette automobile est collectée par les compagnies d’assurance au moment de la
souscription de la police d’assurance responsabilité civile.

Pour les véhicules importés sous le régime de la mise à la consommation, la vignette


automobile est acquittée en même temps que les droits de douane.

Le défaut de la vignette est sanctionné par un droit en sus (pénalités) du droit simple.

56
Lorsqu’une personne morale met à la disposition d’une personne physique un véhicule, le
redevable de la taxe est l’utilisateur du véhicule en cause (Etat, Collectivité Publique, Société
Privé S.A, SARL, …).

iv- Les exonérations


Conformément aux dispositions de l’article 595 du CGI, sont exonérés du droit de timbre sur
les automobiles :

- Les engins sans moteur à deux roues ;


- Les véhicules dont les propriétaires bénéficient du privilège diplomatique ou
consulaire ainsi que les véhicules en admission temporaire exclusivement dans le
cadre des projets de coopération internationale ;
- Les véhicules d’essai immatriculés « WT » ;
- Les véhicules concourant au maintien de l’ordre ayant les plaques minéralogiques
propres aux Forces Armées, à la Gendarmerie et à la Sûreté Nationale ;
- Les ambulances ;
- Les engins spéciaux immatriculés « CE » ;
- Les véhicules spéciaux utilisés par les infirmes et les mutilés ;
- Les véhicules immatriculés à l’étranger dont les propriétaires ont des passeports avec
un visa touristique pour une durée égale ou inférieure à trois mois ou d’une
autorisation de circuler sur le territoire camerounais pour une durée égale ou
inférieure à trois mois, délivrés par le service de la circulation routière.

v- Les sanctions

La non présentation de la vignette automobile obligatoire aux agents chargés du contrôle


constitue une infraction de deuxième classe et est punie par l’article 362 du Code Pénal.
Sont spécialement chargés de constater les infractions, outre les agents de la Direction

57
générale des Impôts dûment commissionnés à cet effet, tous les agents habilités à verbaliser
en matière de police de roulage.

En plus de l’amende pénale prévue à l’article sus visé, il est dû par le propriétaire du
véhicule, outre le montant du droit simple exigible, un droit en sus au titre des pénalités.

-
F-DROIT DE PEAGE ROUTIER
Il est de 500 FCFA pour tous les véhicules à 4 roues et plus.

Le péage routier a été institué au Cameroun sur certains axes routiers bitumés du réseau
routier national, par le Décret N°93/034/PM du 7 janvier 1993.

Le droit de péage qui est de 500FCFA est acquitté à chaque franchissement des postes de
contrôle établis par le Ministre des Transports. A chaque franchissement un agent indiqué
pour la cause vous délivre un ticket valant quittance.

G-LES AMENDES ROUTIERES AU PESAGE

L’amende de pesage routier est collectée conformément à la loi N°96/07 du 8 avril 1996
portant protection du patrimoine routier national. Elle est perçue sur les Régies de recettes
de pesage suite au constat de surcharge lors de la pesée par les agents assermentés du
MINTP et du MINT. Les infractions à la législation sur la protection et la sécurité routières
sont indiquées dans le tableau ci-après :

Infraction Amende Observations

Défaut d’homologation de 200.000 FCFA Retrait du véhicule de la circulation jusqu’à


véhicule homologation

Défaut de visite technique 50.000 FCFA Retrait du véhicule de la circulation jusqu’à


la visite technique

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Dépassement du poids total 25.000 FCFA Par tonne excédentaire pour surcharge
autorisé en charge et/ou de inférieure à 05 tonnes par station de
la Charge à l’essieu pesage

Par tonne excédentaire pour surcharge


50.0000FCFA comprise entre 05 et 10 tonnes par
station de pesage

Par tonnes excédentaire pour surcharge


excédant 10 tonnes par station de pesage
75.000 FCFA

Refus de conduire un 500.000FCFA Retrait du permis de conduire du


véhicule à la pesée conducteur

Dépassement de gabarit 500.000FCFA Retrait du véhicule jusqu’à correction aux


frais du propriétaire.

Franchissement non autorisé 250.000FCFA Retrait du permis de conduire du


d’une barrière de pluie ou conducteur
d’une barrière ponctuelle

Réalisation à titre privé 100.000FCFA En cas de destruction du patrimoine routier,


d’ouvrages sur l’emprise de réparation aux frais de l’auteur
la route sans autorisation

Réalisation à titre privé 1000.000FCFA Destruction aux frais de l’auteur


d’ouvrages sur l’emprise de
la route avec autorisation
sans respect des normes
techniques

59
I- STATIONNEMENT et VISITE TECHNIQUE
A- TAXE DE STATIONNEMENT
i- Du tarif
Conformément aux dispositions de l’article C95 (nouveau) du CGI, les tarifs trimestriels
de la taxe de stationnement sont fixés comme suit :

- Mototaxi : 1.500 FCFA ;


- Taxis : 5.000FCFA ;
- Autobus : 7.500 FCFA
Cette taxe est due par tout véhicule utilisé pour le transport urbain de personnes
exclusivement dans les villes et agglomérations où les municipalités ont mis à disposition des
aires de stationnement ou aménagé un plan de circulation. Les maires doivent en
contrepartie aménager des aires destinées au stationnement au voisinage des bureaux, des
usines ou des marchés. Ce qui améliorera leur recette statutaire.

ii- Du délai de paiement

Cette taxe est payée dans les 15 jours qui suivent la fin de chaque trimestre dans les caisses
du receveur Municipal de la localité du transporteur.

iii- Des sanctions

Le défaut de présentation de la vignette de la taxe de stationnement ou du document tenant


lieu, constaté par procès- verbal entraine la mise en fourrière du véhicule sans préjudice du
paiement du principal de la taxe. Conformément aux dispositions de l’article C 79 du CGI, les
taux de droits de fourrière par jour sont fixés dans les limites maximales ci-après :

- De 10.000FCFA à 50.000 FCFA pour les camions et engins lourds par unité;
- De 5.000FCFA à 15.000 FCFA par véhicule pour les autres véhicules ;

60
- De 1.000FCFA à 3.000 FCFA par motocyclette et par jour.
Les droits de fourrière sont recouvrés par le Receveur Municipal au vu d’un ordre de recette
émis par le maire compétent.

La CTD peut procéder à la vente aux enchères des véhicules non réclamés après une mise en
demeure au terme de trente (30) jours de fourrière.

B- DROITS D’OCCUPATION DES PARCS DE STATIONNEMENT

Sont assujettis aux droits d’occupation des parcs de stationnement, les exploitant des
véhicules destinés aux transports des marchandises et des personnes de types cars,
camions, camionnettes et autobus.

Les taux maxima d’occupation des parcs de stationnement dans les espaces aménagés sont
fixés ainsi qu’il suit, suivant le type de véhicule au profit de la mairie du lieu de
stationnement :

- Car et camionnette : 1000 FCFA par jour ;


- Camions et autobus : 2000FCFA par jour.
Le défaut de paiement du droit de parc de stationnement ou le stationnement hors du
parc, lorsqu’ils sont constatés par procès-verbal, entraine la mise en fourrière du
véhicule sans préjudice du paiement du principal de la taxe.

C- DES DROITS D’OCCUPATION DES PARKINGS

Conformément aux dispositions des articles C 111 et C112 du CGI, les droits d’occupation
des parkings peuvent âtre votés au profit du budget communal pour l’occupation, par des
véhicules privés, des parkings aménagés ou matérialisés par la commune.

Les taux des droits de parkings sont de :

- 100 FCFA par heure et par véhicule pour les parkings réservés ;

61
- 500 FCFA par jour et par parking ;
- 15.000 FCFA par mois et par parking
Le non -paiement des droits de parkings est sanctionné, en plus du montant en principal,
d’une pénalité de :

- 1 000 FCFA pour les taux horaire de 1 00FCFA ;


- 5 000FCFA pour les taux journaliers de 5 00 FCFA ;
- 50 000FCFA pour les taux mensuels de 15 000FCFA.
Remarque : Le Magistrat municipal ne créant pas la loi, on se pose la question de
savoir sur quelle base légale se fondent les autorités municipales pour imposer un
taux forfaitaire de 25.000 FCFA aux propriétaires des véhicules qui ont commis la
maladresse de garer à des endroits « non autorisés » en ville ? En plus de ces
sanctions illégales, si le véhicule est emporté et mis en fourrière, le contrevenant
paie également les frais correspondants. C’est le phénomène qu’on vit dans la ville
de Yaoundé depuis plusieurs années sans une explication plausible. Il est temps que
le législatif, l’exécutif et le judiciaire se penchent sur la question car les désagréments
vécus sont légion.

Face à ces multitudes des taxes qui visent le secteur du transport routier, ne peut-
on pas les regrouper à défaut d’un impôt unique, à un groupe d’impôts sur un seul
titre payable à un guichet unique afin de diminuer les tracasseries et la corruption
qui minent d’une manière indélébile le secteur ?

MODULE VI : LA TAXE FONCIERE SUR LES PROPRIETES IMMOBOLIERES

I- DEFINITION, CHAMP D’APPLICATION ET LE DEBITEUR.

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La Taxe Foncière (TF) est un impôt direct, annuel et local. Elle est payée par tout
propriétaire (personne physique ou personne morale) d’immeuble (s) bâti(s) ou non bâti(s),
situés au Cameroun dans les chefs- lieux d’unités administratives et les agglomérations
bénéficiant d’infrastructures ou de services urbains tels que : les réseaux de voies
carrossables ou bitumées, l’adduction d’eau, l’électricité et/ou le téléphone. Parfois
dénommée « Impôt Foncier », la TF a été instituée au Cameroun par la loi des Finances N°88-
005 du 29 juin 1988.

II- EXONERATIONS
Sont exonérés de la TF, les propriétés appartenant :

- à l’Etat, aux collectivités territoriales décentralisées et aux établissements publics


n’ayant pas un caractère industriel et commercial ;
- aux organismes confessionnels et aux associations culturelles ou de bienfaisance
déclarées d’utilité publique, en ce qui concerne leurs immeubles affectés à un usages
non lucratif ;
- aux entreprises industrielles, agricoles, d’élevage et de pêche en ce qui concerne
leurs constructions à usage d’usine, de hangars ou de magasins de stockage, à
l’exception des constructions à usage de bureau qui y sont érigées ;
- aux organismes internationaux ayant signé un accord de siège avec le Cameroun ;
- aux représentations diplomatiques, sous réserve de réciprocité.
Sont également exonérés, les terrains exclusivement affectés à l’agriculture, à l’élevage
et/ou à la pêche.

III- LIEU D’IMPOSITION

La déclaration de la TF est souscrite et l’impôt payé auprès du Centre des Impôts du


lieu de situation de l’immeuble. Toutefois, pour les entreprises relevant d’une unité de
gestion spécialisée (Division des Grandes Entreprises, Centre des Impôts des Moyennes
Entreprises, Centres Spécialisés des Impôts des Professions Libérales) , la déclaration et
le paiement sont effectués auprès de celle-ci.

IV- FAIT GENERATEUR ET EXIGIBILITE

Le fait générateur de la TF est constitué par la propriété de droit ou de fait d’un


immeuble. Au début la TF était exigible chez les détenteurs d’un titre de propriété en
l’occurrence le Titre Foncier. Depuis l’exercice 1991/1992 le législateur a élargi le champ

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d’application et peu importe qu’on ait un titre de propriété ou pas. La TF est exigible dès
qu’on se déclare comme propriétaire d’un immeuble situé dans la zone ci-dessus
indiquée.

La Taxe Foncière est exigible le 1er janvier de l’année d’imposition. Elle doit être acquittée
spontanément au plus tard le 15 mars, sur déclaration du redevable ou de son
représentant.

V- BASE D’IMPOSITION

La Base d’Imposition est la valeur des terrains et des constructions telle que déclarée
par le propriétaire. A défaut de déclaration ou en cas de minoration, la valeur
administrative de l’immeuble sert de base à l’imposition.

L’Administration doit, pour la fixation de la valeur taxable, recourir à l’évaluation


administrative suivant des modalités fixées par voie réglementaire. En cas de désaccord
sur l’évaluation administrative, les parties peuvent recourir à l’expertise. La demande à
l’expertise est faite par simple requête au tribunal civil dans le ressort duquel les
immeubles sont situés. Le décret N°2006/2023/PM/ du 29 décembre 2006 fixe les
modalités d’évaluation administrative des immeubles en matière fiscale au Cameroun.

VI-TAUX D’IMPOSITION

Le taux d’imposition est fixé à 0,1%. Il est majoré de 10% au titre des Centimes
Additionnels Communaux, reversés directement à la Commune du lieu de situation de
l’immeuble.

VII- OBLIGATIONS SPECIFIQUES

Toutes les transactions relatives aux immeubles (hypothèque, mutation de propriété


ou de jouissance, immatriculation au registre de la conservation foncière…) ne peuvent
recevoir la formalité de l’enregistrement que sur justification du paiement régulier de la
taxe foncière sur la période non prescrite.

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Exemples pratiques

1er cas

Monsieur DEFFO Martin est propriétaire d’un terrain de 1000 m2 au quartier


Nkoabang à Yaoundé. Il avait acquis cet immeuble à titre onéreux de Monsieur ESSOMBA
Didier le 2 février 2017 au prix de 10.000.000FCFA selon l’acte notarié de Maître ASSENE
Gisèle BP 1232 Yaoundé.

En plus des honoraires du notaire M. DEFFO devra payer la Taxe Foncière qui est de :

Base= valeur de l’immeuble= 10.000.000

TF en principal= 0,1%x 10.000.000= 10.000FCFA

CAC au profit de commune du lieu de situation du terrain = 10.000x 10%= 1000FCA

Total à payer pour la TF= 11.000FCFA

Si M. Deffo avait obtenu ce terrain auprès d’un villageois par un acte sous seing privé, il
devra souscrire sa déclaration et payer la même somme au titre de la TF car il est
propriétaire de fait.

Après l’acquisition du terrain nu, M DEFFO entame les constructions de sa résidence et


déclare au 31 décembre 2077 qu’il a déjà investi une somme de 40.580.000FCFA et que
les travaux sont encore en cours.

Pour l’exercice 2018 sa base imposable à la TF est de :

10.000.000 (valeur du terrain) + 40.580.000 (valeur des constructions)= 50.580.000

La TF à payer est de : 50.580.000 x 0,1%= 50.580

CAC 50.580x10%= 5.058

Total à payer= 55.638FCFA

M.DEFFO étant un contribuable honnête, le fisc ne procèdera pas à une évaluation


administrative.

2ème cas

M. ATANGANA est propriétaire d’un terrain nu de 1000 m2 au quartier Bastos à Yaoundé


qu’il évalue à 20.000.000FCFA. Etant natif du coin il a hérité ce terrain de son père
décédé le 27 décembre 2017 de suite de maladie. M. Atangana veut payer la TF pour
l’exercice 2018 afin de sécuriser ce terrain non immatriculé et présente l’acte de

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mutation par décès au Centre Divisionnaire de Yaoundé3 pour les formalités
d’enregistrement.

Le Chef de Centre des Impôts demande à l’Agent Localisateur d’aller sur le terrain afin de
lui ramener les informations exactes

L’Agent se rend sur les lieux avec le propriétaire et constate que le terrain est situé sur
une zone dite zone1 où le m2 varie entre 12.000 et 300.000FCFA.

Ayant toutes ces informations, le Chef de Centre des Impôts remet en cause la valeur
déclarée par le propriétaire et évalue le m2 dans la zone à 50.000FCFA et exige le
paiement sur 4 exercices non prescrits ainsi qu’il suit :

Exercices 2017, 2018, 2019 et 2020.

La valeur administrative retenue par le CDI est de 50.000FCFAx1000m2= 50.000.000

Taxe Foncière = 50.000.000x 0,1%= 50.000

CAC = 50.000x10%= 5.000

Total à payer par exercice = 55.000FCFA

Au cas où il n’y aurait pas eu une évaluation la TF à payer serait de 20.000.000x 0,1%=
20.000 et les CAC de 20.000x10%= 2.000, soit un total à payer par exercice de
22.000FCFA.

Les droits à payer pour les exercices 2017,2018 et 2019 seront assortis des pénalités et
des intérêts de retard pour défaut de déclaration et paiement tardif.

III- CESSION D’ACTIONS ET DE TITRES

La cession de titres s’analyse comme une sortie d’éléments d’actif du patrimoine de


l’entreprise. Fiscalement, le prix de cession doit s’entendre du prix net : prix de vente des
titres diminué des frais, courtage et timbre. Le résultat de l’opération s’obtient par
comparaison entre le montant de la vente nette et la valeur d’achat. En comptabilité, les
frais sur vente de titres sont en principe, à comptabiliser au compte 6271 « frais sur titres

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(achat, vente, garde) ». Par simplification, il peut être envisagé de les déduire directement
du prix de cession afin que celui-ci soit identique en comptabilité et du point de vue fiscal.

Date de la cession : la cession des titres est à enregistrer lors du transfert de la propriété de
ceux-ci. En principe, le transfert de propriété intervient lors de l’accord des parties sur la
chose et sur le prix, c’est-à-dire lors de la signature de la convention de cession. Toutefois, il
convient de déroger à ces règles pour les titres admis en bourse, c’est-à –dire sur un marché
réglementé. Le transfert de propriété intervient, pour les cessions sur un marché
réglementé, lors de l’inscription des titres au compte en bourse de l’acheteur et non lors de
la convention de cession. Il en résulte notamment, pour les ventes à terme, que la plus-value
ne pourra être prise en compte à la clôture de l’exercice que dans l’hypothèse où la
liquidation de la cession est intervenue. En revanche toute moins-value probable doit être
provisionnée. Pour les cessions hors marché réglementé, le transfert intervient, si les titres
sont admis en bourse, après le dénouement de l’opération (règlement du prix). Dans les
autres cas, le transfert de propriété intervient lors de la convention de cession.

Evaluation des titres cédés

Principe : lorsqu’une partie d’un ensemble de titres de même nature est cédée, le choix est
laissé entre une évaluation au prix moyen pondéré et une évaluation selon la méthode PEPS
« premier entré, premier sorti » (ou FIFO » First in, First out »). En pratique, compte tenu des
règles fiscales, la règle FIFO sera le plus souvent utilisée. Pour faciliter le calcul de la plus ou
moins –value de cession, les frais inhérents à la cession sont comptabilisés :

- Au débit du compte 675 « valeurs comptables des éléments d’actif cédés » pour la
cession des immobilisations financières ;
- Au débit du compte 667 « charges nettes sur cession de valeurs mobilières de
placement » pour la cession des valeurs mobilière de placement » ou 767 «
produits nets sur cessions de valeurs mobilières de placement » pour la cession des
valeurs mobilières de placement. S’ils ne sont pas inhérents à la cession, les
charges sont à comptabiliser au compte 6271 » frais sur titres (achat, vente, garde).

Exemple d’application

Une entreprise individuelle avait en portefeuille de titres immobilisés, au 1 er janvier 2018,


3000 titres de même nature d’une société A :

- 800 titres acquis en novembre 2016 au prix unitaire de 150.000 FCFA


- 700 titres acquis en septembre 2017 au prix unitaire de 200.000 FCFA
- 500 titres acquis en mars 2018 au prix unitaire de 260.000 FCFA
- 1000 titres acquis en mai 2019 au prix unitaire de 300.000 FCFA ; soit au total
690.000.000 FCFA pour ces 3000 titres.

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Elle a cédé 1000 titres en juin 2020 au prix unitaire de 320.000 puis 1600 titres en
novembre 2022 au prix unitaire de 240.000. A la clôture de l’exercice 2020, les titres
sont évalués à 250.000 (valeur moyenne en décembre 2020)

Evaluation en FIFO

La cession de juin 2020 est réputée porter d’une part sur les 800 titres acquis en
novembre 2016 et d’autre part, sur 200 titres des 700 acquis en septembre 2017. La
valeur comptable des titres cédés est de

(800 titres x 150.000) + (200 titres x 200.000)= 160.000.000 FCFA

Pour la cession de novembre 2020, la vente est réputée porter sur 500 titres acquis
en septembre 2017, puis 500 titres acquis en mars 2017 et enfin 600 titres acquis en
mai 2019 ; la valeur comptable des titres cédés est de :

(500 titres x 200.000) + (500 titres x 260.000) + (600titres x300.000) = 410.000.000


FCFA

A la clôture de l’exercice 2020, la valeur comptable des titres restant au bilan est de :

690.000 000- 160.000.000- 410.000.000 = 120.000 FCFA, soit 400 titres à 300.000
FCFA (TITRES ACQUIS EN MAI 2009), valeur sur laquelle il conviendra de constituer
une provision pour dépréciation de (300.000-250.000) x 400 titres = 20.000.000
FCFA
La plus-value de cession est de :
Prix de cession (1000 titres x 320.000) + 1600 titres x 240.000) = 704.000.000
Prix d’acquisition des titres cédés (160.000.000 +410.000.000) = 570.000.000
Plus-value de cession des titres = 134.000.000 FCFA en supposant qu’il n’y a pas de
frais. C’’est un produit imposable à l’IRCM au taux de 16,5% y compris les CAC.
La LF 2015 clarifie les modalités d’imposition à l’IRCM des plus-values réalisées au
Cameroun ou à l’étranger à l’occasion de la cession, même indirecte , d’actions, parts
sociales ou d’obligations d’un particulier ou d’une personne morale, domiciliés au
Cameroun.
Par cessions indirectes, il faut entendre les cessions d’action, de parts et d’obligation
d’entreprises réalisées entre deux sociétés étrangères appartenant au même
périmètre de consolidation lorsque l’une des entités de ce périmètre possède,
entièrement ou partiellement, le capital d’une société de droit camerounais.

Au demeurant, que la cession ait lieu au Cameroun ou à l’étranger, dès lors qu’elle
porte directement ou indirectement sur les actions, parts ou obligations d’une
entreprise située au Cameroun, l’IRCM est dû.

L’assiette de cet impôt est la plus –value nette c’est-à-dire la différence entre le prix
de cession et la valeur d’acquisition de la participation en cause.

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