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Problèmes Corrigés Prof. Mamouni
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Simulation Devoir Surveillé N◦ 5
Fonctions Réelles
Fonctions Usuelles
Équations Différentielles
I Pour démarrer
Exercice 1 (Intégrale de Wallis) Pour tout n ∈ N, on définit l’intégrale de Wallis d’ordre
n par π Z
2
Wn = sinn t dt.
0
Z π
2
1. Démontrer à l’aide d’un changement de variable affine que l’on a aussi Wn = cosn t dt
0
(cette expression n’est pas utile pour la suite).
2. Formule explicite
(a) Donner la valeur de W0 et W1 .
(b) Démontrer que pour n > 1, on a
n
Wn+1 = Wn−1 .
n+1
(c) En déduire par récurrence que pour p ∈ N,
(2p)! π
W2p = .
(2p p!)2 2
(d) Déterminer une formule similaire pour W2p+1 .
1/3
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II Problème : approximation de π par combinaison li-
néaire d’arctangentes
On établit une approximation de π faisant intervenir le développement en série entière de la
fonction arctan. On établira notamment une formule de type «John Machin». 1
1 Ecriture de π comme une combinaison linéaire d’arctangentes
On désire montrer la formule suivante de type «John Machin»
1 1
π = 4 arctan + 4 arctan .
2 3
On rappelle la formule d’addition de la tangente :
tan a + tan b
tan(a + b) = .
1 − tan a tan b
On pose α = arctan 2 + arctan 3.
1. Justifier que α ∈ [ π2 , π].
2. Calculer tan( 3π
4
) et tan(α). En déduire que arctan 1 + arctan 2 + arctan 3 = π.
3. En déduire que :
1 1
π = 4 arctan + 4 arctan .
2 3
2 Développement en série entière de arctan
Soit x un réel de [0, 1] et n un entier naturel. On pose
n
X (−1)k x2k+1 n+1
Z x
t2n+2
Sn (x) = et Rn (x) = (−1) dt.
k=0 2k + 1 0 1 + t2
4. Démontrer que que pour tout t ∈ [0, x], on a
n
1 X
2 k (−1)n+1 t2n+2
= (−t ) + .
1 + t2 k=0 1 + t2
5. En déduire que arctan x = Sn (x) + Rn (x).
x2n+3
6. Démontrer que |Rn (x)| 6 . En déduire que la suite (Sn (x))n∈N converge, préciser sa
2n + 3
limite.
On a donc établi :
n +∞
X (−1)k x2k+1 X (−1)k x2k+1
∀x ∈ [0, 1], arctan x = lim = .
n→+∞
k=0 2k + 1 notation
|{z}
k=0 2k + 1
Cette formule constitue le développement en série entière de la fonction arctan.
1. John Machin (1680-1752) mathématicien anglais calcula «à la main» 100 décimales de π en 1706 à l’aide
de la formule qui porte son nom. Les approximations de π à l’aide de formules du type «Machin» permirent
d’obtenir à l’aide d’ordinateurs un million de décimales en 1974 (J. Guilloud et M.Bouyer).
2/3
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3 Approximation de π
7. Déduire des deux sections précédentes, quatre réels positifs λ1 , λ2 , a1 , a2 tels que la suite v
de terme général vn = λ1 Sn (a1 ) + λ2 Sn (a2 ) converge vers π.
1
8. Démontrer que pour tout n ∈ N, |π − vn | ≤ .
22n
En déduire un entier N2 tel que pour n > N2 , vn est une valeur approchée de π à 10−6 près.
III Pour finir
Exercice 2 (Étude d’une fonction) On considère la fonction f définie sur R+ par f (0) = 1
et
1 x 1
∀x > 0, f (x) = 1 + = exp x ln 1 + .
x x
1. Justifier que f est dérivable sur ]0, +∞[ et que :
1 1
∀x > 0, f 0 (x) = f (x)g(x) avec g(x) = ln 1 + − .
x x+1
2. Démontrer que
1 1
∀x > 0, 6 ln(x + 1) − ln(x) 6
x+1 x
(on pourrra écrire ln(x + 1) − ln(x) à l’aide d’une intégrale). En déduire la monotonie de f .
3. Déterminer la limite de f en +∞.
4. Démontrer que ln(t + 1) est équivalent à ln(t) au voisinage de +∞. En déduire que f est
continue en 0.
5. La fonction f est-elle dérivable en 0 ?
6. Démontrer que f admet un point fixe dans R+ .
i
F
nn
3/3
CORRIGE
I Pour démarrer
Exercice 1 (Intégrale de Wallis) Pour tout n ∈ N, on définit l’intégrale de Wallis d’ordre
n par π Z
2
Wn = sinn t dt.
0
1. Le changement de variable u = π
2
− t avec du = − dt montre que l’on a aussi Wn =
Z π
2
cosn t dt
0
2. Formule explicite
π
(a) On a W0 = et W1 = 1.
2
(b) ,Soit n > 1. On pose u(t) = sinn t donc u′ (t) = n sinn−1 t cos t et v ′ (t) = sin t donc
v(t) = − cos t. Une intégration par parties donne alors
Z π
π
Z π
2 2
sin n+1 n
t dt = [− cos t sin t]0 +n 2
sinn−1 t(1 − sin2 t) dt,
0 | {z } 0
0
d’où Wn+1 = nWn−1 − nWn+1 ce qui donne bien
n
Wn+1 = Wn−1 .
n+1
(c) Soit p ∈ N, démontrons la propriété demandée notée HR(p) par récurrence sur p.
⊲ HR(0) est vraie car W0 = π2 et (2(0)! π π
0 0!)2 2 = 2 .
⊲ Supposons que HR(p) est vraie. En utilisant la relation de récurrence puis HR(p),
on a
2p + 1 2p + 1 (2p)! π (2p + 2) (2p + 1) (2p)! π
W2(p+1) = W2p+2 = W2p = × p 2 =
2p + 2 2p + 2 (2 p!) 2 (2p + 2) (2p + 2) (2p p!)2 2
(2p + 2)! π (2p + 2)! π
= 2 2 2
= p+1 .
p
2 (p + 1) (2 p!) 2 (2 (p + 1)!)2 2
HR(p + 1) est donc vraie.
1/7
(d) Soit p ∈ N. Une récurrence immédiate montre que
2p 2p − 2 4 2
W2p+1 = × × · · · × × × W1
2p + 1 2p − 1 5 3
2 × 4 × 6 × · · · × 2p
=
3 × 5 × 7 × · · · × (2p + 1)
(2 × 4 × 6 × · · · × 2p)
= 2 × 4 × 6 × · · · × 2p ×
(2 × 4 × 6 × · · · × 2p) × 3 × 5 × 7 × · · · × (2p + 1)
(2 × 4 × 6 × · · · × 2p)
= 2 × 4 × 6 × · · · × 2p ×
(2 × 3 × 4 × · · · × 2p × 2p + 1)
2
(2 × 4 × 6 × · · · × 2p)
=
(2p + 1)!
(2 (1 × 2 × 3 × · · · × p))2
p
=
(2p + 1)!
2p 2
2 (p!)
=
(2p + 1)!
On vient de prouver que
22p (p!)2
W2p+1 = .
(2p + 1)!
II Problème : approximation de π par combinaison li-
néaire d’arctangentes
On établit une approximation de π faisant intervenir le développement en série entière de la
fonction arctan. On établira notamment une formule de type «John Machin». 1
1 Ecriture de π comme une combinaison linéaire d’arctangentes
On rappelle la formule d’addition de la tangente :
tan a + tan b
tan(a + b) = .
1 − tan a tan b
On désire montrer que arctan 1 + arctan 2 + arctan 3 = π. On pose α = arctan 2 + arctan 3.
1. Justifier que α ∈ [ π2 , π]. Comme arctan est croissante sur R, les nombres arctan 2 et arctan 3
sont supérieurs à arctan 1 = π4 . Donc leur somme est supérieure à π2 . Enfin la fonction arctan
est majorée par π2 , donc les nombres arctan 2 et arctan 3 sont inférieurs à π2 . Donc leur somme
est inférieure à π.
1. John Machin (1680-1752) mathématicien anglais calcula «à la main» 100 décimales de π en 1706 à l’aide
de la formule qui porte son nom. Les approximations de π à l’aide de formules du type «Machin» permirent
d’obtenir à l’aide d’ordinateurs un million de décimales en 1974 (J. Guilloud et M.Bouyer).
2/7
2. Calculer tan( 3π
4
) et tan(α). En appliquant la formule d’addition de la tangente, on obtient
que tan(α) = −1 = tan( 3π 4
). Les nombres α et 3π
4
ont donc la même tangente et sont donc
3π
égaux modulo π. Ainsi α = 4 + kπ avec k ∈ Z à déterminer. Mais comme α ∈ [ π2 , π], la
seule possibilité est que α = 3π4
.
3. En déduire que :
1 1
π = 4 arctan + 4 arctan .
2 3
Déjà arctan 1 = π4 , ensuite on utilise le fait que pour x > 0, on arctan x + arctan x1 = π
2
,
donc l’égalité précédente devient
π π 1 π 1
+ ( − arctan ) + ( − arctan ) = π
4 2 2 2 3
ce qui donne le résultat.
2 Développement en série entière de arctan
Soit x un réel de [0, 1] et n un entier naturel. On pose
n
X (−1)k x2k+1 Z x t2n+2
Sn (x) = et Rn (x) = (−1)n+1 dt.
k=0 2k + 1 0 1 + t2
4. Démontrer que que pour tout t ∈ [0, x], on a
n
1 X
2 k (−1)n+1 t2n+2
= (−t ) + .
1 + t2 k=0 1 + t2
Soit t ∈ [0, x], on reconnaît une somme géométrique de raison −t2 6= 1. On a donc
n
X 1 − (−t2 )n+1 1 (−1)n+1 t2n+2
(−t2 )k = = − .
k=0 1 + t2 1 + t2 1 + t2
5. En déduire que arctan x = Sn (x) + Rn (x).
Par suite,
n 2n+2
1 X
k 2k n+1 t
= (−1) t + (−1)
1 + t2 k=0 1 + t2
Z n Z x Z x 2n+2
x 1 X
k 2k n+1 t
dt = (−1) t dt + (−1) dt
0 1 + t2 k=0 0 0 1 + t2
n
" #x
X
k t2k+1 Z x t2n+2
arctan(x) − arctan(0) = (−1) + (−1)n+1 dt
k=0 2k + 1 0 0 1 + t2
n k 2k+1
X (−1) x Z x t2n+2
arctan(x) = + (−1)n+1 dt
k=0 2k + 1 0 1 + t2
3/7
x2n+3
6. Démontrer que |Rn (x)| 6 . En déduire que la suite (Sn (x))n∈N converge, préciser sa
2n + 3
limite.
1 t2n+2
Pour t ∈ [0, x], on a 1 + t2 > 0 donc 0 6 1+t2
6 1, puis 0 6 1+t2
6 t2n+2 , et donc
Z x t2n+2 Z x
2n+2 x2n+3
06 dt 6 t dt = .
0 1 + t2 0 2n + 3
x2n+3
Ceci montre que |Rn (x)| 6 .
2n + 3
On a :
1
|Sn (x) − arctan x| = |Rn (x)| 6 −→ 0.
2n + 3
On conclut donc Sn (x) − arctan x tend vers 0, et que Sn (x) tend vers arctan x.
On a donc établi :
n +∞
X (−1)k x2k+1 X (−1)k x2k+1
∀x ∈ [0, 1], arctan x = lim = .
n→+∞
k=0 2k + 1 |{z}
notation k=0
2k + 1
Cette formule constitue le développement en série entière de la fonction arctan.
3 Approximation de π
7. Déduire des deux sections précédentes, quatre réels positifs λ1 , λ2 , a1 , a2 tels que la suite v
de terme général vn = λ1 Sn (a1 ) + λ2 Sn (a2 ) converge vers π.
Comme
1 1
π = 4 arctan + 4 arctan .
2 3
1 1
On en déduit que la suite v de terme général vn = 4Sn ( ) + 4Sn ( ) converge vers π.
2 3
1
8. Démontrer que pour tout n ∈ N, |π − vn | ≤ .
4n
Pour tout n ∈ N,
1 1 1 1
|π − vn | = 4 arctan + 4 arctan − 4Sn ( ) + 4Sn ( )
2 3
2 3
1 1 1 1
= 4 arctan − Sn ( ) + arctan − Sn ( )
2 2 3 3
1 1
= 4 Rn ( ) + Rn ( )
2 3
1 1
6 4 Rn ( ) + Rn ( )
2 3 !
1 2n+3 1 2n+3
( ) ( )
6 4 2 + 3
2n + 3 2n + 3
1 2n+3 1 2n+3 1 1 1
6 4 ( ) +( ) car 6 1 et 2n+3
6 2n+3
2 2 2n + 3 3 2
1 1
= 8 × 2n+3 = 2n .
2 2
4/7
En déduire un entier N2 tel que pour n > N2 , vn est une valeur approchée de π à 10−6 près.
1
Il suffit de trouver un entier n tel que 22n 6 10−6 , donc tel que 22n > 106 . Or on sait que
210 = 1024 > 103 , donc (210 )2 > (103 )2 = 106 . Donc 220 > 106 . L’entier N2 = 10 convient
donc.
III Pour finir
Exercice 2 (Étude d’une fonction) On considère la fonction f définie sur R+ par f (0) = 1
et
1 x
1
∀x > 0, f (x) = 1 + = exp x ln 1 + .
x x
1. Justifier que f est dérivable sur ]0, +∞[ et que :
′ 1 1
∀x > 0, f (x) = f (x)g(x) avec g(x) = ln 1 + − .
x x+1
La fonction f est dérivable sur ]0, +∞[ comme composée de fonctions dérivables.
Pour x ∈]0, +∞[, on a :
!
′ 1 1 1 −1
f (x) = exp(x ln(1 + )) × ln(1 + ) + x × 1 × 2
x x 1+ x
x
1 1 1
= exp(x ln(1 + )) × ln(1 + ) −
x x x+1
2. Démontrer que
1 1
∀x > 0, 6 ln(x + 1) − ln(x) 6
x+1 x
(on pourrra écrire ln(x + 1) − ln(x) à l’aide d’une intégrale).
On a Z x+1 dt
ln(x + 1) − ln x = .
x t
1 1
Or la fonction inverse étant décroissante sur ]0, +∞[, on a pour t ∈ [x, x + 1], x+1
6 t
6 x1 ,
d’où en intégrant Z x+1
1 dt 1
6 6 .
x+1 x t x
En déduire la monotonie de f .
On en déduit que pour x > 0, g(x) > 0 car :
x+1 1 1
g(x) = ln − = (ln(x + 1) − ln x) − .
x x+1 x+1
En particulier f ′ (x) > 0 et donc f est croissante sur ]0, +∞[.
5/7
3. Déterminer la limite de f en +∞.
Pour x au voisinage de ∞, x1 est au voisinage de 0, donc on a x ln(1 + x1 ) ∼ x × x1 = 1. Ainsi
par composée de limites, on a
lim
∞
f = exp(1) = e.
4. Démontrer que ln(X + 1) est équivalent à ln(X) au voisinage de +∞. En déduire que f est
continue en 0.
Soit X au voisinage de +∞. Morale : « Pour X grand, le terme prépondérant de 1 + X est
X qu’on met en évidence».
1 1
On a ln(1 + X) = ln(X(1 + ) = ln X + ln(1 + ). Donc
X X
ln(1 + X) ln(1 + X1 )
=1+ .
ln X ln X
Or
ln(1 + X1 ) 1/X 1
∼ = → 0.
ln X ln X X ln X
Ceci montre que
ln(1 + X)
lim = 1,
X→+∞ ln X
donc pour X au voisinage de +∞, on a ln(1 + X) ∼ ln X.
Pour x > 0 au voisinage de 0, on a X = x1 au voisinage de +∞. Donc d’après la question
précédente,
1 1
x ln(1 + ) ∼ x ln( ) = −x ln x.
x x
Or par croissance comparée, limx→0 x ln x = 0 donc par composée de limites,
1
lim exp(x ln(1 + )) = exp(0) = 1.
x→0 x
Puisque f (0) = 1, la limite de f en 0 vaut f (0), ce qui prouve que f est continue en 0.
5. La fonction f est-elle dérivable en 0 ?
Soit x > 0, on a
1
f (x) − f (0) exp x ln 1 + x
−1
= .
x−0 x
On a dèjà vu à la question précédente que h = x ln(1 + x1 ) ∼ x ln( x1 ) = −x ln x tend vers
x→0
0 lorsque x tend vers 0. Or on sait que exp(h) − 1 ∼ h. Donc
h→0
1 1
f (x) − f (0) exp x ln 1 + x
−1 x ln 1 + x
= ∼ ∼ − ln x → −∞.
x−0 x x→0 x x→0 x→0
On en déduit que f n’est pas dérivable en 0, sa courbe présente une tangente verticale en 0.
6. Démontrer que f admet un point fixe.
Remarquons déjà que f est majorée par le nombre e. Plusieurs preuves sont possibles :
6/7
• on peut utiliser le fait que f est croissante et que sa limite en +∞ vaut e. Soit x ∈ R+
fixé. On prend x′ > x. Par croissance, f (x) 6 f (x′ ). D’où en faisant tendre x′ vers +∞,
on a f (x) 6 e.
• on peut aussi utiliser l’inégalité de concavité de ln : on a ln(1+ x1 ) 6 x1 , donc x ln(1+ x1 ) 6
x x1 = 1 car x > 0. On conclut en composant par exp qui est croissante.
On pose pour x ∈ R+ , g(x) = f (x) − x. On a g(0) = f (0) = 1 > 0 et g(e) = f (e) − e 6 0
puisque f est majorée par e. La fonction continue g change de signe sur R+ , donc elle
s’annule, ce qui prouve que f admet un point fixe.
7/7