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CHM 322 Cours

Cours sur les diagrammes binaires

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Thèmes abordés

  • solidification,
  • diagramme à solubilité mutuell…,
  • alliages de tungstène,
  • alliages de niobium,
  • alliages de carbone,
  • alliages de cuivre,
  • diagramme syntectique,
  • règle des phases,
  • constituants,
  • diagrammes binaires
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Cours sur les diagrammes binaires

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  • diagramme syntectique,
  • règle des phases,
  • constituants,
  • diagrammes binaires

DIAGRAMMES BINAIRES DANS LES SYSTEMES

SOLIDE-LIQUIDE

Prof. Koffi JONDO


INTRODUCTION
La connaissance des équilibres entre phases dans le systèmes binaires,
ternaire,… constitue un élément de base et un outil pour détermination
de la composition d’un matériau (alliage, …) et de ses traitements
thermiques.
Ces diagrammes permettent de suivre l’évolution des transformations
solide-liquide (élaboration) et des transformations qui se produisent dans
l’état solide quand il y a changement de phases ou de structure cristalline.

Ces transformations obéissent à des lois élémentaires de la


thermodynamique (règle des phases, règle des mélanges) à condition que
le système étudié soit en équilibre ou voisin de l’état d’équilibre.
Tout point d’un diagramme correspond toujours à un état stable. Il ne
tient ni compte des cinétiques de transformation ni des modes de
chauffages ou de refroidissement. On est ici obligé de supposer que tout
changement de température se fait à une vitesse excessivement lente.
Ceci laisse à croire que les diagrammes sont très éloignés des problèmes
industriels (trempe, revenu, etc.). Mais la connaissance des phases en
équilibre à une température donnée constitue le point de référence à
partir duquel on doit suivre l’évolution des écarts à l’équilibre, c’est-à-dire
les états métastables qui forment la majorité des cas pratiques.
RAPPELS
1-Définitions

a- Système : c’est une portion de l’univers ou de l’espace délimitée


par une surface réelle ou arbitraire qui peut être isolée ou non,
simple ou réciproque.

b- Phase : Partie homogène physiquement d’un système en


équilibre. Un système peut être composé de un ou plusieurs phases.
Les phases solides se distinguent souvent par leurs caractéristiques
physiques, comme densité, structure cristalline, propriétés
optiques. Les gaz, dans les conditions normales, sont miscible donc
forment une seule phase.
c- Constituants : C’est des entités à l’intérieur d’un système en
équilibre. Il existe des constituants simples ou indépendants. Les
constituants indépendants du système sont appelés composants.

Exemple : CaCO3 → CaO + CO2

CaCO3, CaO et CO2 sont des constituants alors que CO2 est CaO sont
des constituants indépendants donc des composants.

d- Equilibre : Pas d’évolution au cours du temps. Mais souvent cet


équilibre est difficile à atteindre.
2- La variance : Règle des phases ou règles de Gibbs

La variance est le nombre de variables intensives (Température,


pression,…) que l’on peut faire varier sans faire sortir le système de son
état d’équilibre. Un système est dit invariant, monovariant, bivariant
etc. s’il possède 0,1,2,… degré de liberté. On peut aussi ajouter à ces
variables intensives les paramètres électrostatique ; magnétique et
gravitationnels s’ils ont des effets sur le système.

La règle phase, appelée règle de Gibbs, sert à définir les conditions


d’équilibre, à savoir les relations qui existent entre le nombre de phases
et les constituants indépendants (composants) du système.
La variance est définie par l’expression :

V=c+2-Ø

Ø : nombre de phases

V : variance ou nombre de degrés de liberté

C : nombre de composants

2 : température et pression
Dans le cas de l’élaboration et des traitements thermiques en
phase solide, on peut négliger le rôle de pression car les alliages
sont étudiés à la pression atmosphérique quasi constante.
L’expression de la variance devient :

V=c+1–Ø
DIAGRAMME À SOLUBILITÉ MUTUELLE COMPLÈTE
I- Géométrie du diagramme

Liquidus

Si l’un des constituants disparaît,



V = c+1-Ø = 0, le passage liquide
solide d’un métal pur s’effectuant à
Température

+
température constante.
Solidus
Le liquidus et le solidus du diagramme

binaire auront au moins deux points
communs qui correspondent à la
Solution solide de 0 à 100% solidification des métaux purs.

A at % B
Il peut exister aussi un troisième point commun si la courbe du liquidus
présente un extrémum (mini ou maxi) à une concentration
intermédiaire des deux métaux purs.
II. Règle des moments inverses ( règle du bras de levier)

a- Enoncé
Le rapport des masses de deux phases conjuguées est inversement
proportionnel au rapport des segments limités par les points figuratifs du
mélange d’une part et par la courbe limitant chaque même phase
d’autre part.
b- Démonstration

Soit un système binaire pour lequel les deux phases α solide et L liquide
sont équilibres à la température T.

Liquide L
c1 et c2 sont
T0 respectivement les
S0 M P N
concentrations en B
Température

TM
TF
m
p
n
des phases α et L ; et
Solution Solide 
m et n leur masses
respectives
C0 C1 X at % C2 CF
A B
Si p est la masse du mélange représentée par le point P et de
concentration x, nous avons :
p=m+n (1)
En écrivant bilan matière du constituant B nous avons :

px = mc1 + nc2 (2)

La combinaison de la relation (1) et (2) établit que P est le barycentre


des points M et N affectés des poids m et n.

𝒎 𝒄2 − 𝒙 𝑷𝑵
= =
𝒏 𝒙 − 𝒄1 𝑴𝑷
III- Etude de la solidification d’après les données du diagramme
théorique.

Pour la conc. X d’un alliage AB, le


Liquide L
liquidus et le solidus donnent
T0 respectivement à chaque T la
S0 M P N
composition des deux phases
Température

TM
TF
m n liquide et solide en présence à
p
cette T. Au cours du refroidissent
Solution Solide  les premiers cristaux
apparaissent à To
C0 C1 X at % C2 CF
A B
Entre To et TF, les teneurs
respectives en A et B des deux
Liquide L phases sont données par la
T0 règle du Bras de Levier)
S0 M P N
Température

TM
A TM la proportion de solide
TF
m n et du liquide en présence
p
est :
Solution Solide 

% 𝑺𝒐𝒍𝒊𝒅𝒆 𝑷𝑵
=
% 𝑳𝒊𝒒𝒖𝒊𝒅𝒆 𝑷𝑴
C0 C1 X at % C2 CF
A B
Ceci suppose cependant qu’à chaque température toute la masse
de solide cristallisée entre To et TM ait adopté, par diffusion, les
teneurs en A et B correspondant à chaque point S du solidus, ceci
revient à supposer que la solidification est assez lente.

- La solidification de l’alliage est terminée lorsque le point S a


atteint la température TF associée à la concentration X.

- Avec les mêmes hypothèses ci-dessus, toute la phase solide doit


être homogénéisée à la concentration X%.
Conclusion

Le diagramme tel que nous l’avons représenté est un cas idéal avec

une vitesse très lente. En pratique, la vitesse de solidification est très

rapide, ce qui favorise une ségrégation au niveau de la composition.


IV- Croissance des germes et des cristaux

Lors de la cristallisation, les premiers


germes de solidification ont une
morphologie imposée par la
structure cristalline.
Pour les métaux cubiques, ces
germes croissent suivant les axes
principaux du réseau cristallins :
[100], [010] et [001].
V- Etude de la solidification en fonction des cinétiques
de diffusion à l’état solide

• - A To, l’alliage liquide de comp. nominale X conduit


à la formation de germes de conc. Co.
• - A T1, la conc. des couches périphériques des
dendrites est Cs, mais celle du cœur de la dendrite
est devenue C1 par suite d’une diffusion partielle
entre le cœur et la périphérique. La conc. Moy. de la
dendrite est Cm.
V- Etude de la solidification en fonction des cinétiques
de diffusion à l’état solide

- A To, l’alliage liquide de comp.


nominale X conduit à la formation
de germes de conc. Co.
- A T1, la conc. des couches
périphériques des dendrites est Cs,
mais celle du cœur de la dendrite
est devenue C1 par suite d’une
diffusion partielle entre le cœur et
la périphérique. La conc Moy. de la
dendrite est Cm.
- Enfin de solidification (TF'') le dernier solide déposé à une conc C's, mais
le cœur de la dendrite à une comp. C'1. La conc. Moy. du solide sera bien X.

- Au cours du refroid, et tant que les phénomènes de diffusion restent


notables, le cœur continue à s’enrichir en élément B, tandis qu’il se produit
le phénomène inverse pour les couches corticales (courbe WW').
-
Les courbes UU' et WW' doivent être asymptotiques à la verticale MSVX.
A la temp. ordinaire, l’hétérogénéité de comp. sera représentée par l’écart
ΔC.
VI- Exemples pratiques de diagrammes à solubilité mutuelle
complète

Colonne Eléments Structure Paramètres Emploi


(Å)
1 Cu C.F.C 3,608
Condensateur
8 Ni C.F.C 3,516 de chaudière

6 Cr C.C 2,878
Dépôt réfractaire
6 Mo C.C 3,140

4 Tiβ C.C 3,32 à 900°C


Aéronautique
4 Zrβ C.C 3,61 à 870°C énergie nucléaire
B- DIAGRAMME AVEC RÉACTION EUTECTIQUE
I-Géométrie du diagramme
• Le liquidus se compose de 2 lignes courbes partant respectivement
des températures de fusion des deux métaux purs venant se couper
en point E appelé point d’eutexie.

Le solidus forme avec les courbes précédentes deux faisceaux


orientés vers le bas s’arrêtant sur un palier horizontal appelé palier
eutectique qui correspond à la température du point E.

Le diagramme est à compléter par les courbes de solubilité


GM et G'N respectivement de B dans α et de A dans β.
II- Etude de la solidification en relation avec la structure
micrographique

- Pour T'o<T<TF , l’alliage est homogène. La phase α est


polycristalline dont l’apparence est analogue à celle du métal pur
(fig. a).
- Pour T<T'o, nous avons la même structure mais la phase β apparaît
aux joints de grains de α. (fig. b).
Nous aurons des situations analogues lorsque C est située à droite
de Cβ.
Quand la précipitation devient très importante, par le rapport des
segments inverses, elle gagne alors la masse des grains. (fig. c).
Cas Cα<C<CE

• Début de la solidification, apparition de cristaux α. A la température


TE (composition Cα), la proportion des deux phases en présence sont:

𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒅𝒆 𝒍𝒊𝒒𝒖𝒊𝒅𝒆 𝑷𝑴 𝑿𝟏 − 𝑪α
= =
𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒅𝒆 𝒔𝒐𝒍𝒊𝒅𝒆 𝑷𝑬 𝑪𝑬 − 𝑿𝟏

Au dessous de TE , il ne doit exister que les deux phases solides α et β. C’est


donc à cette température que doit disparaître le liquide résiduel représenté
en composition par CE et en quantité par le segment (X1 – Cα).
La disparition de ce liquide constitue la réaction eutectique (étymologie qui
fond bien)
Cette réaction s’effectue suivant le schéma :

Liquide CE ↔ Cristaux α + Cristaux β

La réaction se passe à température constante comme un corps pur


(V = 2+1-3 = 0). Les cristaux α et β qui apparaissent simultanément
ont les concentrations Cα et Cβ .
Le pourcentage des phases en présence sera:

𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒆𝒖𝒕𝒆𝒄𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆 𝑷𝑴 𝑿𝟏 − 𝑪α
= =
𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒕𝒐𝒕𝒂𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝒍′ 𝒂𝒍𝒍𝒊𝒂𝒈𝒆 𝑴𝑬 𝑪𝑬 − 𝑪𝜶

𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒅𝒆 α 𝑬𝑵 𝑪β − 𝑪E
= =
𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒅𝒆 β 𝑬𝑴 𝑪𝑬 − 𝑪𝜶

𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒅𝒆 α 𝑬𝑵 𝑪β − 𝑪E
= =
𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒆𝒖𝒕𝒆𝒄𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆 𝑴𝑵 𝑪β − 𝑪𝜶
Remarque : Si l’alliage au départ a exactement la composition CE de
l’eutectique, ce dernier se solidifie à la température TE sous forme d’un
mélange microscopique des phase α et β, mais apparemment à la manière
d’un métal pur et à des température plus basses que A ou B pur, ce qui justifie
l’étymologie du terme eutexie
Lors de la première solidification, de gros cristaux α et des dendrites
« primaires » noyés dans le liquide. A TE on obtient un mélange de α et β
sous forme de bandes alternées de grains α et β (fig. a)
Si l’alliage possède exactement la composition CE, on obtient une structure
lamellaire alternée de α et β. (fig. b).
NB. Les propriétés physiques d’un tel matériaux sont intéressantes :
elles combinent à la fois celles de β à une échelle très fine (Sur
quelques 10 microns). Exemple : acier au carbone correspond à
l’eutectique à 0,8% pds de C formé de lamelles de phase α et de
carbure Fe3C.
III- Etats hors d’équilibre
a- Cas d’un alliage de concentration voisine de Cα
a- Cas d’un alliage de composition comprise entre Cα et C β
Lorsque la vitesse de refroidissement est grande, on peut déplacer le
palier eutectique vers le bas (T'E).
Au lieu d’obtenir pour la concentration CE une structure régulière
d’eutectique, on observe, en outre, quelques cristaux noyés dans la masse
eutectique.
DIAGRAMME AVEC RÉACTION PÉRITECTIQUE
I- Géométrie du diagramme
II- Etude de la solidification

a- 1er cas A < Xo < Cα


L’évolution est celle décrite pour des concentrations similaires dans le
diagramme eutectique.
Le maximum de B en solution solide dans A correspond au point o
d’abscisse Cα

b- 2ème Cas : Cα < X1 < C1


La solidification commence à T'o et se poursuit en fonction de la
température jusqu’à ce que les cristaux atteignent la composition Cα. La
proportion des deux phases sont alors:

𝑳𝒊𝒒𝒖𝒊𝒅𝒆 𝑫𝑼 𝑿𝟏 −𝑪𝜶
= =
𝒔𝒐𝒍𝒊𝒅𝒆 𝑫𝑳 𝑪𝑳 −𝑪𝟏
A la température du palier péritectique, il doit se produire une réaction
faisant apparaître des cristaux β. La transformation aura lieu soit aux
dépends du liquide, soit aux dépends de la solution solide α déjà formée.
Le point P est appelé point péritectique (Cp).

La température Tp doit rester constante tant que la réaction n’est pas


terminée, c’est à dire tant que les 3 restent en présence.
b-1) Cα < X1 < Cp
À Tp, il se produit la réaction péritectique

Liquide (CL) + Cristaux primaire (Cα) ↔ Cristaux (Cβ)


La réaction se poursuit jusqu’à la disparition du liquide . La proportion
de cristaux β formés est évidemment la même que celle du liquide qui
leur a donné naissance, lorsque la réaction est complètement
terminée. On a donc :

𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒅𝒆 𝜷 𝑫𝑼
=
𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒕𝒐𝒕𝒂𝒍𝒆 𝒅′ 𝒂𝒍𝒍𝒊𝒂𝒈𝒆 𝑼𝑳

Les deux solutions solides α et β sont alors dans les proportions :

𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒅𝒆 𝜷 𝑫𝑷
=
𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒅𝒆 α 𝑫𝑼
b-2) Cp < X2 < CL

La réaction péritectique, qui a toujours lieu à la température Tp,


reste :

Liquide (CL) + Cristaux primaire (Cα) ↔ Cristaux (Cβ)

Comme en dessous du palier, il n’y a plus de phase α, c’est ce dermier


qui va disparaître. A la fin de réaction on péritectique, on :

𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒅𝒆 𝜷 𝑶𝑳
=
𝑸𝒖𝒂𝒏𝒕𝒊𝒕é 𝒍𝒊𝒒𝒖𝒊𝒅𝒆 𝒓é𝒔𝒊𝒅𝒖𝒆𝒍 𝑶𝑷
Pour un alliage de composition globale X2, une diminution de la
température tend à favoriser la formation en quantité croissante de β
jusqu’à la température de solidification finale TF2 en dessous de
laquelle on obtient uniquement β.
Remarque importante
Nous venons de voir que la relation classique définissant la réaction
péritectique n’est en faite une expression simple ne rendant compte
aucunement des phénomènes observés expérimentalement. Elle suppose
en effet qu’il y a constamment contact entre les cristaux α et le liquide,
contact qui n’existe plus si la phase β formée vient entourer
complètement les dendrites primaires α, la relation : Liquide + α → β
devrait donc s’arrêter avant même avant que tout le liquide ait disparu
(Cas où Cα < C < Cp).
Diagrammes comportant des solutions solides
secondaires et des composés intermétalliques
I- Généralités

On dit que deux éléments forment une solution solide secondaire

ou intermédiaire lorsque cette phase possède une structure

différente de celle des deux éléments de bas pris à l’état pur. Le

terme solution solide intermédiaire correspond justement à la

place occupée par ces phases dans le diagramme d’état.


La figure correspond à l’accolement de deux diagrammes eutectiques. Au
centre du diagramme, il existe pour un certain intervalle de concentration
une nouvelle solution solide δ ayant une symétrie cristalline propre : on
dit que δ est une solution solide secondaire.

Dans le cas où le domaine d’existence de la solution solide est très étroit,


on obtient un composé défini, ayant une formule stœchiométrique simple
rappelant celle des composés chimiques (AxBy).
Les composés définis se distinguent très nettement des solutions solides
secondaires :
- Les liaisons entre les atomes qui les constituent n’ont pas un caractère
métallique propre.
- Ils possèdent une conductivité électrique mauvaise et une grande
fragilité. Leur dureté élevée est mise à profit pour renforcer les solutions
solides primaires.

Le composé défini AxBy fond à une température fixe comme un métal pur,
et la tangente à la courbe du liquidus et du solidus en ce point du
diagramme est horizontale. On dit que ce composé est à fusion
congruente.
Dans ce cas, le composé défini se décompose au chauffage, on dit que le
composé est à fusion non congruente (composé péritectique).
En conclusion, nous distinguerons deux grandes familles d’alliage.

1- Les véritables solutions solides secondaires c’est à dire celles dont le

domaine d’existence en composition est assez étendu

2- Les composés intermétalliques (ou défini) dont la composition reste

toujours très voisine d’un pourcentage stœchiométrique simple.


II- Les différents types de solutions solides secondaires :
Règles de HUME-ROTHERY

Les diagrammes d’équilibre comportant les exemples les plus typiques


de solution solide secondaire sont ceux obtenus en associant les
éléments monovalents (Cu, Ag, or) à des éléments des sous groupes B.
Exemple : Ag- Zn ; Ag-Cd ; Cu-Zn
Ces diagrammes présentent trois domaines d’existence de solutions
solides secondaires appelés traditionnellement β, δ et ε. Elles sont
toutes les trois issues de réactions péritectiques.
Il s’agit :
- β structure cubique centrée
- ε structure hexagonale
- δ maille cubique géante à motif cristallin très complexe constitué de 52
atomes/maille
Chacune de ces solutions solides existe dans un domaine de
concentration proche de teneurs caractéristiques :
- 50% at pour β
- 62,5% at pour δ
- 80% at pour ε

Pour cette raison, on les désigne par les formules AB, A5B8 et AB3
Exemple : Le laiton δ - Cu5 Zn8 et ε - CuZn3
Hume-Rothery définit la concentration électronique R qui est le rapport
du nombre total d’électron de valence mis en jeu, sur le nombre total
d’atomes en présence. Exemple du laiton :
phase β - CuZn R1 = 3/2
phase δ - Cu5 Zn8 R2 = 21/13
phase ε = CuZn3 R3 = 7/4
Ces valeurs R1, R2, R3 sont caractéristiques des trois types de solutions
solides observées. Ces alliages sont souvent appelés composés
électroniques ou encore composés de HUME-ROTHERY.
III- Les composés intermétalliques
- Les composés intermétalliques présentent tous les formules
stœchiométriques simples qui font penser à des liaisons ioniques
obéissant aux règles de valence. De ce fait, la liaison métallique n’est
plus respectée.
- Dans un diagramme, leur domaine d’existence en concentration reste
toujours très réduit, n’occupant qu’une bande très étroite autour de la
composition stœchiométrique du composé.
- La structure cristalline des composés intermétalliques est toujours
différente de celle des éléments qui les constituent.
Il existe trois classes principales :
Les composés à valence normale
Exemple : Mg2Si, MnS, AIN
Les composés interstitiels
Exemples : les carbures des aciers alliés : Fe3C, TiC, Vc, NbC
Les phases de laves sont formés d’atomes de rayons atomiques
voisins dans le rapport 1,2
Exemple : MgCu2, MgNi2, MgZn2
DIAGRAMME AVEC RÉACTION MONOTECTIQUE
I-Géométrie du diagramme

Il existe dans certain cas rare, des alliages ne formant pas une phase
unique à l’état fondu, c’est à dire qu’il existe une lacune de miscibilité
à l’état liquide. Ces alliages sont constitués de deux phases liquides
distinctes qui se séparent par gravité. Les compositions de chaque
liquide dépendent de la température et la miscibilité ne devient
totale qu’au dessus d’une certaine température critique.
Tant que l’alliage fondu est représenté par un point situé au
dessus de la courbe NRM, il n’y a qu’une seule phase liquide. Si
on refroidit un alliage de composition X, à To il apparaît une
seconde phase Lo1.
Quand la température diminue et à toutes températures on peut
appliquer la règle des phases :
V=2+1–2 =1
Cette relation montre que, si la température varie, la
composition des deux phases doit également varier.
Les quantités respectives des deux phases liquides en équilibre
sont dans le rapport.
𝒍𝒊𝒒𝒖𝒊𝒅𝒆 𝑳𝟏 𝑷𝑴𝟐
=
𝒍𝒊𝒒𝒖𝒊𝒅𝒆 𝑳𝟐 𝑷𝑴𝟏
A TM, une invariante réaction, dite monotectique à lieu et s’écrit :

Liquide L1 (CM) ↔ Liquide L2 (CN) + cristaux β (Cβ) V=0

A la température TE, une deuxième réaction invariante peut


avoir lieu, soit eutectique si la température du palier est
inférieur à la température de fusion de l’élément A, soit
péritectique si la température est supérieure à la Tfusion de A.

Dans le cas de notre diagramme, la réaction s’écrit :

Liquide CE ↔ Cristaux α + Cristaux β


- Cas d’une réaction péritectique

Liquide L2 (CL) + Cristaux β (C’β) ↔ Cristaux α (Cα)

Application : Décantation de certains métaux: Pb -Zn


DIAGRAMME AVEC RÉACTION SYNTECTIQUE
I-Géométrie du diagramme

Les diagrammes à réaction syntectique présentent une lacune de


miscibilité à l’état liquide comme dans le cas d’une réaction
monotectique, mais le palier horizontal limitant ce domaine liquide
biphasé vers les basses températures, fait intervenir ici une réaction
analogue à une réaction péritectique.
Pour une concentration X comprise entre celles des points M et N,
extrémités du palier TS, il y a au refroidissement, et à la température
de ce palier, la réaction suivante :
Liquide L1 + Liquide L2 ↔ solution solide β

La différence essentielle entre réaction syntectique et réaction


péritectique est que, dans le premier cas, deux phases liquides
réagissent pour donner une phase solide, tandis qu’ici, ce sont une
phase liquide et une phase solide qui réagissent pour former une autre
phase solide.
Suivant que l’alliage considéré correspond à une concentration située à
grand ou à droite du point O, et pour les températures inférieures à TS,
la solidification finale des liquides L1 ou L2 s’opère souvent une réaction
eutectique. Exemple : UPb et UBi
REGLES RELATIVES A LA CONSTRUCTION
D’UN DIAGRAMME BINAIRE
L’équilibre des phases à l’intérieur d’un diagramme binaire et la vérification
de la construction correcte de chaque domaine obéissent à quelques règles :
a- Un domaine biphasé doit obligatoirement être adjacent à deux domaines
monophasés
b- Deux domaines monophasés ou biphasés ne peuvent pas être contigus
sauf si la zone de séparation est une droite (palier eutectique par exemple)
c- Les différents domaines mono et biphasés sont nécessairement séparés
par des lignes ou, à la limite, par des points (points eutectiques par
exemple).
Ces règles peuvent être retrouvées de façon rigoureuse par la topologie
comme l’ont fait PALATINIK et LANDAV.

Gf = D – φ- - φ+ ≥ 0
φ- : nombre de phases qui disparaissent d’un domaine à l’autre
φ+ : nombre de phases qui apparaissent au cours de cette traversée
D : Dimension géométrique du diagramme binaire(D = 2)
Gf : La nature géométrique de la frontière séparant les deux domaines
(Gf = 0 pour un point, Gf = 1 pour une courbe, Gf = 2 pour une surface.

Notons que cette règle reste un échec dans le cas des changements
d’état ou pour les réactions invariantes.

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