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LE PRÉ-BARREAU

GRAND ORAL CRFPA

FIL D’ACTUALITES

DES LIBERTÉS ET DES DROITS


FONDAMENTAUX

N°1

2020

Toute reproduction de ce document ou communication à des personnes autres que les étudiants du
Pré-Barreau – sauf autorisation expresse et écrite de notre établissement – expose son auteur à des
poursuites judiciaires.

1
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Table des matières

PARTIE 1 : COUR EUROPENNE DES DROITS DE L’HOMME


Document 1 : CEDH, arrêt du 7 septembre 2020, Kotilainen et autres c. Finlande, n° 62439/12 (**) ............... 3
Document 2 : CEDH, arrêt du 15 septembre 2020, Aggerholm c. Danemark, n° 45439/18 (*) .......................... 3
Document 3 : CEDH, arrêt du 10 septembre 2020, G.L. c. Italie, n° 59751/15 (*) .............................................. 4
Document 4 : CEDH, arrêt du 10 septembre 2020, B.G. et autres c. France, n° 63141/13 (*)............................ 4
Document 5 : CEDH, arrêt du 3 septembre 2020, Levchuk c. Ukraine, n° 17496/19 (*) ..................................... 5
Document 6 : CEDH, décision du 3 septembre 2020, Mahi c. Belgique, n° 57462/19 (**) ................................. 5

PARTIE 2 : CONSEIL CONSTITUTIONNEL


Document 7 : Cons. constit., 18 septembre 2020, décision n° 2020-856 QPC (*) .............................................. 6
Document 8 : Cons. constit., 7 août 2020, décision n° 2020-805 DC (***) ......................................................... 7

PARTIE 3 : CONSEIL D’ETAT


Document 9 : CE, 22 septembre 2020, Fédération nationale des chasseurs, n° 443.851 (*).............................. 8
Document 10 : CE, 11 septembre 2020, Ligue pour la protection des oiseaux, n° 443.482 (*) .......................... 8
Document 11 : CE, 9 septembre 2020, M. et Mme D., n° 439.520 (**) .............................................................. 9
Document 12 : CE, 6 septembre 2020, Ministre des solidarités et de la santé c. Association « Les Essentialistes
– région Auvergne-Rhône-Alpes », n° 443.750 (***) .......................................................................................... 9

PARTIE 4 : COUR DE CASSATION


Document 13 : Civ. 1ère, 16 septembre 2020, n° 18-50.080 et 19-11.251 (***) ............................................... 10
Document 14 : Crim. 8 septembre 2020, n° 19-85.995 et 19-85.004 (**) ........................................................ 10

PARTIE 5 : TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES


Document 15 : Décret n° 2020-1143 du 16 septembre 2020 mettant fin à l’état d’urgence sanitaire à
Mayotte et en Guyane ...................................................................................................................................... 11
Document 16 : Décret n° 2020-1096 du 28 août 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour
faire face à l’épidémie de covid-19 dans les territoires sortis de l’état d’urgence sanitaire et dans ceux où il a
été prorogé ....................................................................................................................................................... 11

PARTIE 6 : EVENEMENTS RECENTS


Document 17 : Port du voile pour les personnes auditionnées en commission à l’Assemblée nationale ........ 12
Document 18 : Port du crop top dans les établissements scolaires .................................................................. 13
Document 19 : Ouverture d’une enquête par le Parquet de Paris relative au rappeur Freeze Corleone ........ 14
Document 20 : Condamnation pour harcèlement par le Tribunal de Versailles du youtuber Marvel Fitness . 15
Document 21 : Rapport onusien mettant en cause Nicolas Maduro, Président de la République bolivarienne
du Venezuela, pour « crime contre l’humanité » .............................................................................................. 16
Document 22 : Allongement du congé de paternité à 28 jours ........................................................................ 17
Document 23 : Proposition de loi n° 3256 pour faire de la publicité un levier au service de la transition
écologique et de la sobriété et pour réduire les incitations à la surconsommation ......................................... 17
Document 24 : Encadrement de l’usage de la grenade et du LBD par le Schéma national de du maintien de
l’ordre ................................................................................................................................................................ 18
Document 25 : Enregistrement audiovisuel du procès des attentats de Charlie Hebdo .................................. 19

* décision d'espèce ou solution purement confirmative.


** décision confirmative qui apporte une précision ou qui marque une inflexion.
*** décision de revirement ou d'une importance remarquable.

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PARTIE 1 – COUR EUROPENNE DES DROITS DE L’HOMME
Document 1 : CEDH, arrêt du 7 septembre 2020, Kotilainen et autres c. Finlande, n° 62439/12
(**)

Lien : https://hudoc.echr.coe.int/eng#{%22itemid%22:[%22001-204603%22]}

Fiches du Bréviaire concernées : 28, 29, 39.

Notions connexes : mort, fusillade, protection, police, armes à feu, enquête, confiscation, diligence, précaution.

EN FAIT EN DROIT

Les requérants sont les familles d’étudiants et du La Cour européenne des droits de l’Homme conclut
professeur décédés lors d’une fusillade perpétrée à la violation de l’article 2 de la Convention EDH.
dans un lycée en Norvège, par un étudiant qui s’était Elle admet que les autorités ne pouvaient pas savoir
ensuite donné la mort. Ce dernier avait été interrogé qu’un risque réel et immédiat pesait sur la vie des
la veille par les forces de police, qui avaient pris proches des requérants. Cependant, elle estime que
connaissance des messages publiés sur internet, la confiscation de l’arme aurait été une précaution
pour déterminer s’il convenait de lui confisquer son raisonnable. En s’abstenant de recourir à cette
arme. Elles ne le jugèrent pas nécessaire ; la fusillade mesure, les autorités ont manqué à leur devoir de
eut bien lieu le lendemain. diligence particulière découlant du risque élevé
inhérent à tout fait impliquant l’usage d’armes à feu.

Document 2 : CEDH, arrêt du 15 septembre 2020, Aggerholm c. Danemark, n° 45439/18 (*)

Lien : https://hudoc.echr.coe.int/eng#{%22itemid%22:[%22001-204602%22]}

Fiches du Bréviaire concernées : 24, 28, 29, 30.

Notions connexes : hôpital, contention, psychiatrie, décision, durée, recours effectif, indemnisation.

EN FAIT EN DROIT

Le requérant est un ressortissant danois souffrant de La Cour européenne des droits de l’Homme conclut
schizophrénie paranoïde. Il a été interné en hôpital à la violation de l’article 3 de la Convention EDH.
psychiatrique en 2005. Après y avoir passé huit ans,
le médecin-chef de l’hôpital a pris la décision de le Premièrement, elle estime que, si la décision d’avoir
faire sangler sur un lit de contention, en raison des recours aux mesures de contention était strictement
menaces qu’il avait proférées à son encontre et aux proportionnée, la durée pour laquelle le requérant y
agressions du personnel et d’autres patients dont il fut soumis ne l’était pas, ce qui fut considéré comme
s’était rendu coupable. constitutif de traitements inhumains ou dégradants
contraires à l’article 3 de la Convention EDH pris
Le requérant a été sanglé sur un lit équipé d’un dans son volet matériel.
système de contention pendant près de 23 heures. Il
a alors introduit plusieurs recours administratifs et Deuxièmement, elle estime que les recours
judiciaires. Les juges ont rejeté ses recours. Ils introduits par le requérant ne lui ont pas permis
estimèrent que les autorités hospitalières avaient d’obtenir réparation pour la violation de son droit
bel et bien cherché à déterminer de manière conventionnel à ne pas subir de tels traitements. Elle
suffisante si les mesures de contention devaient être conclut ainsi également à la violation de l’article 3 de
maintenues. la Convention EDH pris en son volet procédural.

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PARTIE 1 – COUR EUROPENNE DES DROITS DE L’HOMME

Document 3 : CEDH, arrêt du 10 septembre 2020, G.L. c. Italie, n° 59751/15 (*)

Lien : https://hudoc.echr.coe.int/eng#{%22itemid%22:[%22001-204322%22]}

Fiches du Bréviaire concernées : 31, 32, 39.

Notions connexes : instruction, école, accès, égalité, non-discrimination, handicap, soutien scolaire.

EN FAIT EN DROIT

La requérante est une ressortissante italienne La Cour européenne des droits de l’Homme conclut
souffrant d’autisme non verbal. En application de la à la violation de l’article 14 de la Convention EDH,
loi italienne, elle a bénéficié d’un accompagnement combiné avec l’article 2 du Premier Protocole
scolaire, en raison de son handicap, une fois entrée additionnel. Elle estime que l’absence de mise en
à l’école maternelle. Cette assistance prit fin une place de mesures de soutien scolaire, au bénéfice de
fois la requérante entrée à l’école primaire. Ses la requérante, a fait obstacle à ce qu’elle puisse
parents ont alors saisi le juge administratif, se fréquenter l’école primaire dans des conditions
plaignant de l’impossibilité pour leur fille de équivalentes - dans la mesure du possible - à celles
bénéficier de l’assistance spécialisée à laquelle elle dont bénéficiaient les autres enfants, alors que ces
avait droit en vertu de la loi italienne. Leur recours mesures n’auraient pas imposé à l’administration
fut rejeté par les juridictions du fond et de cassation. une charge disproportionnée ou indue.

Document 4 : CEDH, arrêt du 10 septembre 2020, B.G. et autres c. France, n° 63141/13 (*)

Lien : https://hudoc.echr.coe.int/eng#{%22itemid%22:[%22001-204321%22]}

Fiches du Bréviaire concernées : 30, 39, 55, 56, 57.

Notions connexes : demandeurs d’asile, accueil, condition matériel, logement, hébergement, santé, instruction,
éducation, soins, prise en charge, OFPRA, CNDA.

EN FAIT EN DROIT

Les requérants sont des familles de demandeurs La Cour européenne des droits de l’Homme conclut
d’asile ayant été hébergés pendant plusieurs mois à la non-violation de l’article 3 de la Convention
dans un campement de tentes sur un parking. Les EDH. D’une part, elle constate l’absence d’éléments
enfants reçurent les vaccinations recommandées et précis au dossier permettant d’apprécier
furent scolarisés. Une aide alimentaire, sous la concrètement les conditions de vie des requérants
forme de tickets-service, fut apportée aux familles dans le campement de tentes sur le parking.
qui furent, en outre, orientées vers la permanence D’autre part, elle observe que les autorités
d’accès aux soins, avant d’être affiliées à la françaises ont adopté des mesures de prise en
couverture maladie universelle. Les parents charge qui ont permis d’améliorer efficacement les
bénéficièrent également de l’allocation temporaire conditions matérielles d’accueil des requérants.
d’attente. La Cour européenne ne retient donc pas de
traitements inhumains et dégradants.

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PARTIE 1 – COUR EUROPENNE DES DROITS DE L’HOMME

Document 5 : CEDH, arrêt du 3 septembre 2020, Levchuk c. Ukraine, n° 17496/19 (*)

Lien : https://hudoc.echr.coe.int/eng#{%22itemid%22:[%22001-203931%22]}

Fiches du Bréviaire concernées : 24, 30, 31, 32, 46, 47.

Notions connexes : vie privée et familiale, domicile, logement, violence domestique, mariage, divorce, égalité
hommes femmes, protection juridictionnelle effectif, recours effectif.

EN FAIT EN DROIT

La requérante est une ressortissante ukrainienne. De La Cour européenne des droits de l’Homme conclut
son union avec son ex-époux sont nés trois enfants. à la violation de l’article 8 de la Convention EDH.
Alcoolique et querelleur, l’homme avait pris pour Elle estime que, si la décision des juridictions de ne
habitude de harceler et de menacer la femme et pas faire droit à la demande des requérants était, en
leurs enfants, allant parfois jusqu’à la violence droit, cohérente avec le texte de loi applicable, elle
physique. Le mariage fut dissout et la requérante n’était pas pour autant le résultat d’une analyse
obtint la garde des enfants. Mais les intimidations et complète, en fait, de la situation et du risque de
les violences se poursuivirent, l’ex-époux se rendant violence physique et psychologique futur auquel la
régulièrement au domicile familial. La police dut requérante et ses enfants seraient confrontés. Il en
intervenir à plusieurs reprises et les services sociaux résulte que le juste équilibre entre les intérêts en
établirent un rapport dans lequel ils constatèrent présence n’a pas été atteint. Les juridictions
une grave perturbation des enfants. La requérante a ukrainiennes ont donc méconnu leur obligation
alors saisi les juridictions nationales pour demander positive d’assurer la protection effective de la
l’expulsion de son ex-époux du domicile familial requérante contre la violence domestique.
pour mauvaise conduite. Sa demande fut rejetée.

Document 6 : CEDH, décision du 3 septembre 2020, Mahi c. Belgique, n° 57462/19 (**)

Lien : https://hudoc.echr.coe.int/fre#{%22itemid%22:[%22001-204590%22]}

Fiches du Bréviaire concernées : 33, 37, 39.

Notions connexes : expression, attentats, religion, enseignant, sanction disciplinaire, devoir de réserve.

EN FAIT EN DROIT
La Cour européenne des droits de l’Homme estime
Le requérant est un professeur de religion islamique
que la requête fondée sur l’article 10 de la
dans des établissements de la Communauté
Convention EDH était manifestement mal fondée.
française de Belgique. Il publia une lettre ouverte
Elle relève que les propos tenus par le requérant
adressée à la presse dans laquelle il s’exprimait
étaient bel et bien incompatibles avec son devoir de
entre autres sur les attentats à Charlie Hebdo de
réserve, qui s’appliquait à lui en tant qu’enseignant.
novembre 2015. Il y dénonçait « les exactions faites
Plus encore, elle prend en note deux éléments.
au nom de l’islam » et « l’appel à une loi contre le
D’une part, il régnait dans son établissement scolaire
blasphème », tout en estimant que « toute dérision
un contexte de tension suite aux attentats.
qui ne prend pas en compte les sensibilités et les
D’autre part, la qualité d’enseignant du requérant en
règles de civilité, et qui a pour objet de froisser
faisait un « symbole d’autorité pour [ses] élèves ».
quiconque en le tournant en dérision, dans le seul
La Cour en conclut que, compte tenu de l’impact
souci de jouir du droit, […] fait de la liberté
potentiel desdits propos sur ses élèves, la sanction
d’expression un abus ». Le requérant fit l’objet d’une
de déplacement disciplinaire à seulement 50 km, et
sanction de déplacement disciplinaire vers un autre
pour un taux horaire équivalent, n’était pas
établissement pour avoir méconnu, entre autres,
disproportionnée. Il en résulte que la requête n’est
son devoir de réserve.
pas recevable.

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PARTIE 2 – CONSEIL CONSTITUTIONNEL
Document 7 : Cons. constit., 18 septembre 2020, décision n° 2020-856 QPC (*)

Lien : https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2020/2020856QPC.htm

Fiches du Bréviaire concernées : 30, 31, 32, 50, 51, 54.

Notions connexes : égalité, non-discrimination, grève, licenciement, indemnisation.

EN FAIT EN DROIT

L’article 100 de la loi du 29 décembre 2014 de Le Conseil constitutionnel relève deux éléments de
finances pour 2015 crée deux allocations au titre des ce dispositif indemnitaire contraires au principe
atteintes portées aux droits fondamentaux et aux d’égalité, sur le fondement de l’article 6 de la DDHC.
préjudices causés aux mineurs ayant participé aux Le législateur peut en effet déroger à l’égalité pour
grèves de 1948 et 1952 et ayant été licenciés en des raisons d’intérêt général, pourvu que, dans l’un
conséquence. Ces deux allocations ont chacune un et l’autre cas, la différence de traitement qui en
objet distinct. résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi
Premièrement, une allocation forfaitaire de 30 000 qu’il établit. Or, tel n’était pas le cas ici.
euros est prévue pour les mineurs grévistes ou, s’ils
sont décédés, pour leurs ayants droit. Premièrement, le Conseil constitutionnel relève une
Deuxièmement, une allocation forfaitaire de 5 000 différence de traitement entre les ayants droit
euros est allouée aux enfants des mineurs licenciés admis à venir en représentation du mineur ou de
pour fait de grève. son conjoint survivant, selon que ces derniers aient
pu solliciter ou non, de leur vivant, le bénéfice des
La question prioritaire de constitutionnalité portait prestations de chauffage et de logement.
sur les conditions au versement de ces allocations.
En effet, l’article 100 de la loi de finances de 2015 Deuxièmement, le Conseil constitutionnel relève une
prévoyait que le versement des allocations ne peut différence de traitement entre les enfants des
intervenir que si une demande de prestations de mineurs admis à bénéficier de l’allocation spécifique
chauffage et de logement avait été formée par le leur étant réservée, selon que ces mineurs ou leurs
mineur ou son conjoint survivant jusqu’au 1er juin conjoints survivants ont sollicité ou non pour eux-
2015 auprès de l’Agence nationale pour la garantie mêmes le bénéfice des prestations de chauffage et
des droits des mineurs. de logement de leur vivant.

Dans la mesure où ces différences de traitement


sont sans rapport avec l’objet de la loi, le Conseil
constitutionnel juge qu’elles méconnaissent le
principe d’égalité devant la loi.

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PARTIE 2 – CONSEIL CONSTITUTIONNEL
Document 8 : Cons. constit., 7 août 2020, décision n° 2020-805 DC (***)

Lien : https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2020/2020805DC.htm

Fiches du Bréviaire concernées : 27, 58.

Notions connexes : rétention de sûreté, terrorisme, peine, prison, réinsertion.

EN FAIT EN DROIT

L’article 1er de la proposition de loi sur la sûreté Le Conseil constitutionnel censure partiellement la
visait à créer un nouveau régime de mesures de proposition de loi, en raison de sa contrariété aux
sûreté, consistant en des obligations et interdictions articles 2, 4 et 9 de la DDHC, qui exigent que la
afin de prévenir la récidive des auteurs d’infractions liberté personnelle ne soit pas entravée par une
terroristes à l’issue de leur peine. rigueur qui n’est pas nécessaire.

Il admet dans un premier temps, en termes inédits,


que le terrorisme trouble gravement l’ordre public
par l’intimidation ou la terreur. Il rappelle ainsi que
l’objectif de lutte contre le terrorisme participe de
l’objectif de valeur constitutionnelle de prévention
des atteintes à l’ordre public.

Cela étant, si la mesure de sûreté ne découle pas de


la culpabilité du terroriste - et donc est dépourvue
de caractère punitif - elle doit tout de même
respecter le principe de nécessité et de
proportionnalité de l’atteinte à la liberté
personnelle. A cet égard, le Conseil constitutionnel
relève que la mesure ne peut être prononcée qu’en
raison de la dangerosité caractérisée de la personne,
notamment par la probabilité très élevée qu’elle
récidive. Ainsi, cette mesure n’est ni une peine ni
une sanction ayant le caractère d’une punition.

Toutefois, il n’en demeure pas moins que, en tant


que mesure privative de liberté personnelle, elle ne
saurait être le résultat d’une rigueur qui ne soit pas
nécessaire. A cet égard, le Conseil constitutionnel
pose de manière inédite le principe selon lequel une
personne ne peut être placée sous un régime de
sûreté après qu’elle a exécuté sa peine si elle n’a pas
« pendant l’exécution de cette peine, bénéfici[é] de
mesures de nature à favoriser sa réinsertion ».

Or, la proposition de loi ne prévoit pas de garantie


permettant d’assurer que, pendant l’exécution de
peine, la personne emprisonnée puisse bénéficier de
mesures à favoriser sa réinsertion. Le régime de
sûreté prévu est donc entaché d’une rigueur non
nécessaire. Il en résulte la censure de la proposition
de loi.

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PARTIE 3 – CONSEIL D’ETAT
Document 9 : CE, 22 septembre 2020, Fédération nationale des chasseurs, n° 443.851 (*)

Lien : https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/chasse-aux-oiseaux-decisions-en-refere-du-22-
septembre

Fiches du Bréviaire concernées : 31, 32.

Notions connexes : chasse, oiseaux, conservation de la faune et de la flore, environnement sain.

EN FAIT EN DROIT

La ministre de la transition écologique a annoncé Le juge des référés du Conseil d’Etat rejette la
prendre la décision d’interdire l’emploi des gluaux demande des fédérations de chasseurs. Il prend note
pour la capture des grives et des merles, destinés à du fait que la décision du ministre est justifiée par
servir d’« appelants » lors de la chasse, pour la les doutes qui existent sur la compatibilité de la
saison 2020-2021, dans plusieurs départements. La chasse à la glu avec la directive du Parlement
Fédération nationale des chasseurs et la Fédération européen et du Conseil du 30 novembre 2009
régionale des chasseurs de la région Provence-Alpes- concernant la conservation des oiseaux sauvages ;
Côte d’Azur ont saisi le juge des référés du Conseil
d’Etat, en premier et dernier ressort, à l’encontre de Ces doutes étaient d’autant plus fondés que le
cette décision afin d’en obtenir la suspension. Conseil d’Etat a transmis une question préjudicielle à
ce sujet à la Cour de justice de l’Union européenne
le 29 novembre 2019 (CE, 29 novembre 2019,
Association One Voice et Ligue pour la protection des
oiseaux, n° 425.519) et que cette question se
trouvant encore dans l’attente d’une réponse.
Il en résultait donc l’absence d’urgence de la
situation soumise au juge des référés.

Document 10 : CE, 11 septembre 2020, Ligue pour la protection des oiseaux, n° 443.482 (*)

Lien : https://www.conseil-etat.fr/ressources/decisions-contentieuses/dernieres-decisions-
importantes/conseil-d-etat-11-septembre-2020-chasse-de-la-tourterelle-des-bois

Fiches du Bréviaire concernées : 31, 32.

Notions connexes : chasse, oiseaux, conservation de la faune et de la flore, environnement sain.

EN FAIT EN DROIT

La ministre de la transition écologique a adopté un Le juge des référés du Conseil d’Etat a fait droit à la
arrêté en date du 27 août 2020 autorisant la chasse demande des associations requérantes. Il prend
de la tourterelle des bois en France métropolitaine note de la diminution du nombre de tourterelles en
pour la saison 2020-2021. L’arrêté prévoyait ainsi Europe et de l’engagement de la France pour faire
des quotas de prélèvement, afin à tout le moins de face à ce déclin dans le cadre du « plan d’action
limiter le nombre d’animaux pouvant être chassés. international pour la conservation de la tourterelle
des bois » élaboré en 2018. A cet égard, le juge des
L’Association One Voice et la Ligue pour la référés note que cette espèce ne fait pour l’heure
protection des oiseaux ont saisi le juge des référés l’objet d’aucune mesure de conservation spécifique
du Conseil d’Etat, en premier et en dernier ressort, en France. Le quota de prélèvements fixé par
à l’encontre de cet arrêté afin d’en obtenir la l’arrêté n’était donc pas de nature à permettre une
suspension. réalisation effective de ses engagements par la
France. Au contraire, le gouvernement aurait dû
interdire la chasse à la tourterelle des bois.

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Copyright © 2020 Pré-Barreau
PARTIE 3 – CONSEIL D’ETAT
Document 11 : CE, 9 septembre 2020, M. et Mme D., n° 439.520 (**)

Lien : https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2020-09-09/439520

Fiches du Bréviaire concernées : 5, 12, 15, 23, 24, 58.

Notions connexes : question prioritaire de constitutionnalité, Etat de droit, disposition législative, rapatriement,
terrorisme, djihadiste.

EN FAIT EN DROIT

Les requérants sont les parents d’une femme Le Conseil d’Etat rejeta leur demande de
française détenue en Syrie dans le camp d’Al Hol transmission de question prioritaire de
avec son enfant. Après s’être vus refuser le constitutionnalité, fondée sur l’article 16 DDHC.
rapatriement de leurs fille et petit-enfant par le
gouvernement français, ils saisirent les juridictions Il estime que les articles L. 211-1 et-2 du Code de
administratives françaises afin d’obtenir l’annulation justice administrative ne sont pas applicables au
de cette décision de refus. Le tribunal administratif litige. Il estime ainsi que l’incompétence des
refusa de faire droit à leur demande, en se fondant juridictions pour connaître des actes qui ne sont pas
sur la théorie de l’acte de gouvernement. Les détachables de la conduite des relations extérieures
requérants ont interjeté appel de cette ordonnance de la France ne procède pas des articles L. 211-1 et
de rejet devant le Conseil d’Etat et, en parallèle, -2 du Code de justice administrative.
l’ont saisi d’une demande de transmission d’une
question prioritaire de constitutionnalité au Conseil La théorie des actes de gouvernement serait donc
constitutionnel. Cette QPC était dirigée contre les une théorie purement prétorienne, ne se fondant
articles L. 211-1 et -2 du Code de justice sur aucune disposition législative au sens de
administrative qui étaient, selon eux, au fondement l’ordonnance de 1959 et étant, dès lors,
de l’incompétence juridictionnelle du juge parfaitement insusceptible de faire l’objet d’un
administratif en matière d’actes de gouvernement. contrôle de constitutionnalité.

Document 12 : CE, 6 septembre 2020, Ministre des solidarités et de la santé c. Association


« Les Essentialistes – région Auvergne-Rhône-Alpes », n° 443.750 (***)

Lien : https://www.conseil-etat.fr/ressources/decisions-contentieuses/dernieres-decisions-
importantes/conseil-d-etat-6-septembre-2020-port-obligatoire-du-masque-a-lyon-et-villeurbanne

Fiches du Bréviaire concernées : 18, 19.

Notions connexes : liberté de circulation, état d’urgence, crise sanitaire, port du masque, espace public.

EN FAIT EN DROIT

Le préfet du Bas-Rhin a rendu obligatoire le port du Le Conseil d’Etat juge que le port du masque peut
masque sur la voie publique et dans l’ensemble des être imposé dans l’espace public :
lieux ouverts au public dans les treize communes de • soit sur certaines zones seulement dans les
son département comptant plus de 10 000 communes à densité limitée,
habitants, par un arrêté du 28 août 2020. Le préfet • soit sur l’ensemble de la zone communale dans les
du Rhône a pris un arrêté similaire le 31 août 2020 communes densément peuplées,
pour les villes de Lyon et de Villeurbanne. à la double condition que cette obligation soit
cohérente et facile à appliquer pour le citoyen.

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PARTIE 4 – COUR DE CASSATION
Document 13 : Civ. 1ère, 16 septembre 2020, n° 18-50.080 et 19-11.251 (***)

Lien : https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/premiere_chambre_civile_568/519_16_45426.html

Fiches du Bréviaire concernées : 29, 46, 47.

Notions connexes : vie privée, transgenre, changement de sexe, état civil, filiation.

EN FAIT EN DROIT

Une femme transgenre, née homme, avait bénéficié La première chambre civile de la Cour de cassation
de la modification de la mention relative à son sexe juge qu’en l’état du droit positif, une personne
dans les actes de l’état civil la concernant (son acte transgenre homme devenu femme qui, après la
de naissance et son acte de mariage). La requérante modification de la mention de son sexe dans les
avait néanmoins conservé la fonctionnalité de ses actes de l’état civil, procrée avec son épouse au
organes sexuels masculins. moyen de ses gamètes mâles, n’est pas privée du
droit de faire reconnaître un lien de filiation
Quatre ans plus tard, naît de son union avec son biologique avec son enfant. Néanmoins, elle ne peut
épouse une enfant. L’enfant a été déclarée à l’état le faire qu’en ayant recours aux modes
civil avec pour mère l’épouse de la requérante. d’établissement de la filiation réservés au père.

La requérante, qui avait procédé à une Elle note d’ailleurs que l’ingérence dans le droit à la
reconnaissance de maternité anténatale, en a vie familiale de la requérante est proportionnée, dès
demandé la transcription sur l’acte de naissance de lors que l’état du droit positif tend à assurer la
l’enfant. sécurité juridique et à prévenir les conflits de
filiation, tout en étant conforme à l’intérêt
supérieur de l’enfant.

Document 14 : Crim. 8 septembre 2020, n° 19-85.995 et 19-85.004 (**)

Lien : https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/chambre_criminelle_578/1502_8_45319.html

Fiches du Bréviaire concernées : 24, 43.

Notions connexes : recours, plainte avec constitution de partie civile, préjudice propre, irrecevabilité, mise en
danger de la vie d’autrui, pollution atmosphérique, carence des autorités, protection de l’environnement.

EN FAIT EN DROIT

L’association Générations futures a déposé une La chambre criminelle de la Cour de cassation


plainte simple auprès du procureur de la confirme l’irrecevabilité de la plainte avec
République, du chef de mise en danger de la vie constitution de partie civile de l’association.
d’autrui, qui en substance visait les carences des
pouvoirs publics dans les actions susceptibles d’être Elle estime qu’à défaut d’être susceptible de subir
menées pour lutter contre l’exposition de la un dommage à une quelconque intégrité physique,
population aux polluants atmosphériques. La l’association ne présentait aucun préjudice propre
plainte a été classée sans suite. L’association a alors eu égard au chef de mise en danger de la vie
déposé une plainte et s’est constituée partie civile d’autrui. Elle ne pouvait donc se constituer partie
devant le doyen des juges d’instruction, lequel a civile dans cette affaire.
rendu une ordonnance de refus d’informer, pour
irrecevabilité de la plainte avec constitution de
partie civile.

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PARTIE 5 – TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
Document 15 : Décret n° 2020-1143 du 16 septembre 2020 mettant fin à l’état d’urgence
sanitaire à Mayotte et en Guyane

Lien : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042334569

Fiches du Bréviaire concernées : 18, 19.

Notions connexes : état d’urgence sanitaire, indivisibilité, territoire.

EN FAIT EN DROIT

Par décret du 16 septembre 2020, l’état d’urgence Un principe fondamental de la République est son
sanitaire cesse en Guyane et à Mayotte. indivisibilité. Il en résulte que tout le territoire
national est soumis aux mêmes lois et, a contrario,
L’état d’urgence y aura duré six mois, au lieu de que différentes parties du territoire national ne
quatre mois pour le reste de la France. peuvent pas être soumises à des lois différentes.

Ce principe fait néanmoins l’objet d’exceptions. Tel


est notamment le cas en Alsace-Moselle où il est
dérogé à l’application de la loi de 1905 de séparation
des Églises et de l’Etat (Cons. constit, 21 février
2013, décision n° 2012-297 QPC) ou pour des raisons
impérieuses d’intérêt général, telles celles résultant
de la pandémie mondiale de la covid-19.

Document 16 : Décret n° 2020-1096 du 28 août 2020 prescrivant les mesures générales


nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans les territoires sortis de l’état
d’urgence sanitaire et dans ceux où il a été prorogé

Lien : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042284102/#:~:text=Copier%20le%20texte-
,D%C3%A9cret%20n%C2%B0%202020%2D1096%20du%2028%20ao%C3%BBt%202020%20modifiant,o%C3%B9
%20il%20a%20%C3%A9t%C3%A9%20prorog%C3%A9

Fiches du Bréviaire concernées : 17, 18.

Notions connexes : port du masque, collège, lycée, université, zones de circulation active.

EN FAIT EN DROIT

Le décret du 28 août 2020 prévoit deux mesures. Les mesures portant atteinte aux libertés
fondamentales adoptées par les autorités
Premièrement, le port du masque est généralisé administratives sont légales si et seulement si,
notamment aux établissements d’enseignement premièrement, elles ont été adoptées en vertu des
supérieur, collèges et lycées, et ce même lorsque la pouvoirs lui étant attribués (légalité externe) et,
distanciation « d’au moins un mètre » est possible. deuxièmement, elles ne portent pas une atteinte
manifestement illégale aux libertés fondamentales
Deuxièmement, la liste des « zones de circulation (légalité interne).
active du virus » passe de 2 à 23 départements et Les différentes mesures adoptées par ce décret
territoires. Les pouvoirs du préfet pour interdire les portent atteinte aux libertés de circulation,
déplacements, rassemblements et activités ou d’entreprendre et de s’instruire. La proportionnalité
fermer des lieux y sont ainsi fortement accrus. devra en être appréciée au cas par cas.

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PARTIE 6 – EVENEMENTS RECENTS
Document 17 : Port du voile pour les personnes auditionnées en commission à l’Assemblée
nationale

Lien : https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/09/19/voile-a-l-assemblee-nationale-la-presidente-de-
la-commission-refuse-la-polemique_6052847_823448.html

Fiches du Bréviaire concernées : 31, 38, 46,

Notions connexes : liberté de se vêtir, vie privée, religion, port de signes religieux ostentatoires, laïcité.

EN FAIT EN DROIT

Le 18 septembre 2020, plusieurs députés ont quitté La question est de savoir si une personne
une commission d’enquête à laquelle ils devaient auditionnée par une commission d’enquête à
participer, du fait que la vice-présidente de l’UNEF l’Assemblée nationale a l’obligation de ne pas porter
qui était entendue portant un voile. de signes religieux ostentatoires.

Une commission d’enquête s’inscrit dans la mission La loi de 1905 sur la séparation des Églises et de
de l’Assemblée nationale, parallèle à celle du vote de l’Etat pose le principe de laïcité. Il en découle une
la loi, de contrôle de l’action du Gouvernement et obligation de neutralité pour les agents du service
d’évaluation des politiques publiques. La création public et les représentants de l’Etat, dans l’exercice
de commissions d’enquête permet dans ce cadre de leurs fonctions respectives. A contrario, toute
d’auditionner un certain nombre de personnes afin autre personne n’est pas tenue par cette obligation :
de recueillir des éléments d’information. la vice-présidente du syndicat n’y était pas tenue.

En l’occurrence, une commission d’enquête « pour S’agissant du Règlement de l’Assemblée nationale,


mesurer et prévenir les effets de la crise du covid-19 l’instruction générale du Bureau de l’Assemblée
sur les enfants et la jeunesse » a été créée et a nationalité prévoit une obligation de « porter une
procédé dans le cadre de ses missions à l’audition tenue correcte » et d’être « découvert » pour être
du syndicat étudiant UNEF. « admis dans les tribunes » - c’est-à-dire pour
assister à une séance à l’Assemblée nationale.

Rien n’interdit donc le port du voile par les


personnes auditionnées en commission d’enquête à
l’Assemblée nationale.

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PARTIE 6 – EVENEMENTS RECENTS
Document 18 : Port du crop top dans les établissements scolaires

Lien : https://www.franceinter.fr/emissions/le-moment-meurice/le-moment-meurice-21-septembre-2020

Fiches du Bréviaire concernées : 39, 46.

Notions connexes : liberté de se vêtir, vie privée, instruction, enseignement, école.

EN FAIT EN DROIT

Dans une interview du 21 septembre 2020, le Cette restriction porte atteinte au droit à
ministre de l’Éduction nationale, Jean-Michel l’instruction à défaut pour les élèves concernés de
Blanquer, a déclaré qu’« il était important d’arriver à pouvoir accéder à l’établissement, et au droit à la
l’école dans une tenue correcte. Chacun peut vie privée en ce qu’il inclut la liberté de se vêtir.
comprendre qu’on vient à l’école habillée d’une
façon républicaine ». Il a ensuite expliqué son L’obligation de se vêtir convenablement pourrait
propos du fait que « l’école n’est pas un lieu comme être justifiée par l’objectif de garantir l’intérêt
les autres, ce n’est pas comme si vous allez à la place supérieur de l’enfant.
ou en boîte de nuit ».
La justification de cette restriction pourrait certes
Plusieurs établissements ont pris la décision de ne être envisagée du fait du cadre scolaire particulier
pas admettre en leur sein les élèves portant « un dans lequel elle s’inscrit. Néanmoins, cette
haut trop court », visant donc le port du crop-top. justification paraît peu adéquate.
D’une part, l’exigence de « tenue républicaine » est
Plusieurs manifestations ont eu lieu au début du dépourvue de base légale.
mois de septembre, sur les marches des lycées de D’autre part, il est difficile de voir en quoi l’exercice
Boulogne-sur-Mer, pour revendiquer le droit de de la liberté vestimentaire viendrait ici contrarier le
porter le crop top. bon fonctionnement du service public de
l’éducation nationale.

Enfin, la proportionnalité stricto sensu serait


également contestable. Il n’est, en effet, pas certain
qu’aucune mesure autre, et moins restrictive de
libertés, que l’interdiction d’accès à l’établissement
ait pu être adoptée. Il aurait en effet pu être prévu le
port d’une blouse blanche pour couvrir la personne
arrivant peu vêtue. Il n’apparaît donc aucunement
nécessaire d’aller jusqu’à interdire l’entrée dans
l’établissement et la participation aux cours.

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PARTIE 6 – EVENEMENTS RECENTS
Document 19 : Ouverture d’une enquête par le Parquet de Paris relative au rappeur Freeze
Corleone

Lien : https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/09/17/le-gouvernement-saisit-la-justice-contre-le-
rappeur-freeze-corleone_6052608_823448.html

Fiches du Bréviaire concernées : 33, 34

Notions connexes : présomption d’innocence, liberté d’expression, liberté artistique, rap, antisémitisme,
provocation à la haine raciale, injure à caractère raciste, enquête.

EN FAIT EN DROIT

Une enquête a été ouverte par le Parquet de Paris le Le principe est la liberté d’expression. Néanmoins,
17 septembre 2020 pour provocation à la haine des exceptions à ce principe existent en cas d’abus :
raciale et injures à caractère raciste visant des clips • le négationnisme, tels les faits de contestation de
et chansons du rappeur Freeze Corleone. la Shoah comme recevant la qualification de crime
contre l’humanité (Cons. constit., 8 janvier 2016,
L’ouverture de cette enquête fait suite à un tweet Délit de contestation de certains crimes contre
du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et à un l’humanité) ;
communiqué de presse de l’Assemblée nationale. • la diffamation (loi du 29 juillet 1881 sur la liberté
de presse, art. 29, al. 1er) ;
• l’injure (loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de
presse, art. 29, al. 2) ;
• le dénigrement (Code civil, art. 1240 et 1241).

Plus précisément, lorsque la personne concernée


produit une œuvre de l’esprit, elle est protégée par
la liberté artistique. L’articulation entre le principe
de la liberté et l’exception de l’abus demeure.

Néanmoins, s’agissant du rap, les juridictions


reconnaissent une liberté d’expression accrue,
réduisant ainsi les cas d’abus à une portion congrue.
Le rap est, en effet, considéré comme « un mode
d’expression par nature brutal, provocateur,
vulgaire voire violent puisqu’il se veut le reflet d’une
génération désabusée et révoltée » (CA Versailles,
Affaire Orelsan, 18 février 2016). L’abus sera alors
seulement caractérisé si le rappeur revendique « à
titre personnel la légitimité de [son] discours » (Ibid).

En tout état de cause, à défaut d’avoir été déclaré


coupable, le rappeur Freeze Corleone bénéficie de la
présomption d’innocence.

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PARTIE 6 – EVENEMENTS RECENTS
Document 20 : Condamnation pour harcèlement par le Tribunal de Versailles du youtuber
Marvel Fitness

Lien : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/09/22/haine-en-ligne-le-youtubeur-marvel-fitness-
condamne-a-un-an-de-prison-ferme-pour-harcelement-moral_6053149_4408996.html

Fiches du Bréviaire concernées : 27, 33.

Notions connexes : harcèlement moral, condamnation, réseaux sociaux, interdiction de création et d’animation
sur les réseaux sociaux, légalité, peine.

EN FAIT EN DROIT

Le 21 septembre 2020, le youtuber Marvel Fitness a La question qui se pose est celle de savoir si la peine
été condamné par la chambre correctionnelle du était proportionnée aux agissements reprochés.
tribunal judiciaire de Versailles à deux ans L’article 8 de la DDHC prévoit que la loi établit des
d’emprisonnement, dont un an ferme avec mandat peines strictement et évidemment nécessaires.
de dépôt, assortis d’un sursis probatoire de trois ans,
et 10 000 € d’amende pour harcèlement moral. La « loi » ne s’entend pas des seules dispositions
législatives et inclut aussi leurs interprétations
Son sursis a été assorti d’une interdiction de jurisprudentielles. Ainsi le Conseil constitutionnel
création et d’animation sur les réseaux sociaux. estime que ne méconnaît pas le principe de légalité
des délits et des peines la jurisprudence de la Cour
Il lui a également été imposée une obligation de de cassation portant création du délit de recel
suivi psychologique. d’apologie d’actes de terrorisme sur le fondement
de l’article 421-2-5 du code pénal (Cons. constit., 19
juin 2020, n° 2020-845 QPC).

Néanmoins, lorsque les faits de harcèlement ont été


commis par l’utilisation d’un service de
communication au public en ligne, l’article 222-33-
2-2 du code pénal ne prévoit qu’une peine « de deux
ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende ». A
contrario, il ne prévoit pas la possibilité pour le juge
d’y ajouter une peine d’une autre nature.

L’interdiction de création et d’animation sur les


réseaux sociaux prononcée à l’encontre de Marvel
Fitness, en ce qu’elle est le résultat direct de sa
culpabilité, est donc bel et bien une peine. A défaut
de fondement dans le Code pénal, elle n’est que le
résultat de l’œuvre créatrice du juge et non de sa
fonction interprétatrice. Il pourrait donc être
caractérisé la méconnaissance du principe de
légalité de la peine, dont découlerait la
méconnaissance de l’exigence de sa stricte
proportionnalité prévue par l’article 8 de la DDHC.

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PARTIE 6 – EVENEMENTS RECENTS
Document 21 : Rapport onusien mettant en cause Nicolas Maduro, Président de la
République bolivarienne du Venezuela, pour « crime contre l’humanité »

Lien : https://www.ohchr.org/EN/HRBodies/HRC/Pages/NewsDetail.aspx?NewsID=26247&LangID=E

Fiches du Bréviaire concernées : 25, 28, 29, 30.

Notions connexes : crime contre l’humanité, massacre, torture, politique d’élimination, Nations Unies, Cour
pénale internationale, présomption d’innocence.

EN FAIT EN DROIT

Le 16 septembre 2020, la Mission internationale Les commissions d’enquête et les missions


indépendante d’établissement des faits sur la d’établissement des faits sont des procédures mises
République bolivarienne du Venezuela a rendu son en place par différents organes de l’Organisation des
rapport, dans le cadre de son mandat. Nations Unies (dont le Conseil de Sécurité,
l’Assemblée général, le Conseil des droits de
Elle relève un « usage systématique de la torture » l’homme, le Secrétaire général et le Haut-
par les forces de l’ordre vénézuéliennes et précise Commissariat aux droits de l’homme) et mandatées
que ces actes semblent bel et bien « entrer dans le pour répondre aux situations graves du droit
cadre d’une politique d’élimination de membres humanitaire international et du droit international
indésirables de la société sous couvert de combattre relatif aux droits de l’Homme.
la criminalité ».
Le 27 septembre 2019, le Conseil des droits de
La Mission internationale indépendante conclut au l’Homme des Nations Unies a établi la Mission
fait que le Président de la République bolivarienne internationale indépendante d’établissement des
du Venezuela, Nicolas Maduro, et ses ministres faits sur la République bolivarienne du Venezuela
pourraient être à l’origine de « possibles crimes (Résolution 42/25) pour une période d’un an, afin
contre l’humanité ». Elle estime ainsi que, entre d’évaluer les violations présumées des droits de
autres, la Cour pénale internationale « devrai[t] l’Homme commises dans le pays depuis 2014.
aussi considérer des actions judiciaires contre les
individus responsables de ces violations et crimes Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits
identifiés par la mission ». de l’Homme, dans le cadre de ses missions, apporte
expertise et soutien aux commissions et missions.

En tout état de cause, à défaut d’avoir été déclaré


coupable, le Président de la République bolivarienne
du Venezuela, Nicolas Maduro, bénéficie de la
présomption d’innocence (Statut de Rome du 17
juillet 1998, article 66).

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PARTIE 6 – EVENEMENTS RECENTS
Document 22 : Allongement du congé de paternité à 28 jours

Lien : https://www.lesechos.fr/economie-france/social/le-conge-paternite-va-etre-porte-a-28-jours-1247920

Fiches du Bréviaire concernées : 31, 32, 46.

Notions connexes : vie privée et familiale, filiation, égalité hommes femmes.

EN FAIT EN DROIT

Le 16 septembre 2020, le Président de la République L’allongement du congé de paternité viendra en


a annoncé le doublement de la durée du congé renfort d’une protection effective de deux droits
accordé aux pères à compter du 1er juillet 2021. des pères : premièrement, le droit à la vie privée et
La durée de congé de paternité passerait alors de 14 familiale et, deuxièmement, le droit à l’égalité entre
jours à 28 jours. les hommes et les femmes dans le couple.

Document 23 : Proposition de loi n° 3256 pour faire de la publicité un levier au service de la


transition écologique et de la sobriété et pour réduire les incitations à la surconsommation

Lien : http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3256_proposition-loi

Fiches du Bréviaire concernées : 43.

Notions connexes : environnement sain, polluants, publicité, liberté d’entreprendre.

EN FAIT EN DROIT

Les députés du groupe Écologie, Démocratie, La proposition de loi n° 3256 pose le problème de la
Solidarité (EDS) ont déposé une proposition de loi conciliation entre la protection de l’environnement,
reprenant les principales propositions de la par l’interdiction de la promotion des produits
Convention citoyenne pour le climat. polluants, et la liberté d’entreprendre, en
restreignant la publicité en la matière.
Elle vise à « faire de la publicité un levier au service
de la transition écologique et de la sobriété », en La protection de l’environnement, en plus d’être
interdisant la promotion des produits les plus l’objet d’un droit à l’environnement sain, serait donc
polluants et en formant davantage le secteur aux ici l’objet d’un objectif légitime justifiant une limite
enjeux écologiques. à la liberté d’entreprendre.

Eu égard au caractère pressant de la lutte contre la


pollution atmosphérique (ex. : condamnation de la
France par la CJUE le 24 octobre 2019 ; identification
de la pression humaine sur le milieu naturel comme
un facteur de développement de la pandémie de
covid-19 par le Conseil économique et social de
l’ONU), la proportionnalité de cette mesure pourrait
être retenue.

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PARTIE 6 – EVENEMENTS RECENTS
Document 24 : Encadrement de l’usage de la grenade et du LBD par le Schéma national de du
maintien de l’ordre

Lien : https://www.interieur.gouv.fr/Le-ministre/Actualites/Schema-national-du-maintien-de-l-ordre

Fiches du Bréviaire concernées : 50, 51.

Notions connexes : grenade, LBD, violences policières, droit à la vie, liberté de manifestation, liberté de réunion,
traitements inhumains et dégradants, droit à la vie.

EN FAIT EN DROIT

Dans le cadre du Schéma national du maintien de Premièrement, le droit à la vie et la prohibition des
l’ordre, dévoilé le 17 septembre 2020 par le ministre traitements inhumains et dégradants impliquent
de l’Intérieur, Gérald Darmanin, le Gouvernement l’obligation pour l’Etat de prévoir un cadre juridique
envisage de prendre « des mesures pour diminuer le pour que les interventions des forces de police ne
nombre de blessés au cours des manifestations », portent pas atteinte à la vie et à l’intégrité
dont le fait de reconsidérer l’usage de « certains physiques des personnes.
matériels (grenades GLI-F4, GMD) ou de leurs
conditions d’emploi (LBD) ». Deuxièmement, le risque d’atteintes aux droits à la
vie et à l’intégrité physique peut être à l’origine d’un
Néanmoins, ce nouveau Schéma national du effet dissuasif à la participation aux réunions et aux
maintien de l’ordre souligne que les ordres de manifestations. L’encadrement de l’usage de la
dispersions de manifestations ne connaissent nulle grenade et des conditions d’emploi du LBD
exception, même au risque d’empêcher la presse de contribue donc à la protection effective de la liberté
témoigner d’éventuelles violences. de réunion et de la liberté de manifestation.

L’impossibilité pour les journalistes de maintenir leur


position, lorsque l’ordre de dispersion est lancé, fait
toutefois obstacle à l’exercice de leur rôle de
« chien de garde » de la démocratie. L’effet dissuasif
ne serait donc pas totalement anéanti. La protection
du droit de réunion et de manifestation ne serait
donc pas parfaitement effective.

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PARTIE 6 – EVENEMENTS RECENTS
Document 25 : Enregistrement audiovisuel du procès des attentats de Charlie Hebdo

Lien : https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/07/09/le-proces-des-attentats-contre-charlie-
hebdo-et-l-hyper-cacher-sera-filme_6045750_1653578.html

Fiches du Bréviaire concernées : 25.

Notions connexes : publicité, procès équitable, enregistrement, vie privée, fait historique.

EN FAIT EN DROIT

La cour d’appel de Paris a décidé que le procès des D’une part, un principe fondamental du procès
atteintes contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, se équitable est la publicité des audiences.
tenant du 2 septembre au 10 novembre 2020, sera
filmé. Elle a, en effet, autorisé le 30 juin 2020 D’autre part, les parties au procès bénéficient de
« l’enregistrement audiovisuel de l’intégrité des leur droit au respect de la vie privée, incluant un
audiences ». droit à l’image, même pendant les audiences.

Elle le justifie par le fait que « ce procès présente de La conciliation de ces deux impératifs résultait donc
toute évidence un intérêt pour la constitution des en l’interdiction de l’enregistrement audiovisuel
archives historiques de la justice » et que « cet des audiences, tout en garantissant le libre accès à
enregistrement ne peut être considéré comme la salle d’audience à toute personne du public.
portant, en lui-même, atteinte à la présomption
d’innocence ». Cette balance aurait néanmoins matière à être
modulée en raison de l’intérêt pour l’Histoire que
représente un procès. A cet égard, la loi « Badinter »
sur la constitution d’archives audiovisuelles de la
justice a été promulguée le 11 juillet 1985. Elle
autorise l’enregistrement audiovisuel ou sonore de
l’intégralité des débats à partir de points fixes dans
la salle d’audience « lorsque cet enregistrement
présente un intérêt pour la constitution d’archives
historiques de la justice » (Code du patrimoine, art.
L. 221-1 et s.).

Une fois l’enregistrement réalité, sa diffusion est


subordonnée à l’autorisation du président du
tribunal de grande instance de Paris.

En France, le procès de Klaus Barbie aurait été le


premier procès filmé. Ce fut également le cas des
procès de Paul Touvier, Maurice Papon et Robert
Faurisson.

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