Électronique Numérique : Numérisation et Échantillonnage
Électronique Numérique : Numérisation et Échantillonnage
Électronique numérique
BLAISE PASCAL
PT 2023-2024
Plan du cours
I Numérisation d’un signal 2
I.A Notion de signal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.B Intérêt de la numérisation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.C Structure d’une chaîne d’acquisition et de numérisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
II Échantillonnage 4
II.A Premières observations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
II.B Spectre d’un signal échantillonné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
II.C Critère de Nyquist-Shannon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
II.D Durée d’acquisition et fenêtre de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
III Quantification et résolution 10
IV Conclusion : comment choisir les paramètres d’acquisition ? 11
Au programme
Extrait du programme officiel : partie 2 « Électronique », bloc 4 « Électronique numérique ».
Cette partie est exclusivement étudié de manière expérimentale et aborde la question du traitement numérique
du signal dans le prolongement du programme de première année. Le phénomène de repliement de spectre est
expliqué qualitativement par exemple à l’aide d’une analogie stroboscopique, l’objectif étant de mettre en place
la condition de Nyquist-Shannon et de réaliser convenablement une acquisition numérique en vue d’une analyse
spectrale. Afin de mettre en évidence d’autres effets associés à l’échantillonnage, on réalise de manière comparative
un filtre analogique passe-bas et un filtre numérique remplissant la même fonction. Ce dernier est réalisé à l’aide d’une
chaîne de traitement : CAN, algorithme numérique, CNA. On étudie expérimentalement l’influence de la fréquence
d’échantillonnage.
Tout chaîne de transmission d’information passe aujourd’hui par un traitement numérique des signaux. Ce chapitre
vise à comprendre les conditions requises pour numériser un signal sans perdre d’information.
Remarque : Mathématiquement, un signal analogique est une fonction d’une variable réelle (le temps)
à valeurs dans R alors qu’un signal numérique est une suite à valeurs dans un ensemble fini.
▷ pour le transmettre : comme un signal numérisé varie « par paliers », il est moins sensible au bruit lors d’une
transmission car même en présence de perturbations aléatoires il sera possible de distinguer les différents
paliers.
Exemple : c’est pour cette raison que la télévision hertzienne a été remplacée par la TNT,
télévision numérique terrestre.
Q
011001011
Convertisseur
Échantillonneur analogique Stockage
Transducteur
bloqueur numérique
Principe de la numérisation : .
X
signal analogique
Bloc 1 : transducteur
Le signal analogique d’intérêt (tempéra-
ture, vitesse, position, etc.) est converti en
tension analogique.
Te t
NUMÉRISATION
blocage
II - Échantillonnage
Échantillonner un signal analogique revient à « prélever » sa valeur à certains instant tn séparés d’un intervalle
de temps régulier Te appelé période d’échantillonnage : on a donc tn = nTe . On nomme fréquence d’échan-
tillonnage fe = 1/Te . Le nombre total d’échantillons Ne est bien sûr relié à la durée totale d’acquisition Ta = Ne Te .
⇝ objectif de ce paragraphe : établir des critères sur les paramètres d’échantillonnage pour que la numérisation
ait lieu sans perte d’information sur le signal.
1 1
signaux
signaux
0 0
−1 −1
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
t (ms) t (ms)
Figure 1 – Différents échantillonnage d’un même signal sinusoïdal. Le signal a pour fréquence f0 = 10,0 kHz. La
fréquence d’échantillonnage correspondant aux deux figures vaut respectivement 14,5 et 52,5 kHz.
Observations :
Il faut que la fréquence d’échantillonnage soit suffisamment élevée pour que le signal échantillonné soit raisonna-
blement fidèle au signal analogique.
Contrairement à une première intuition, choisir fe > f0 n’est pas suffisant et ne permet même pas de rendre correc-
tement la période du signal.
Il faut que la fréquence d’échantillonnage soit suffisamment élevée pour que le signal échantillonné soit raisonnable-
ment fidèle au signal analogique.
Contrairement à une première intuition, choisir fe > f0 n’est pas suffisant et ne permet même pas de rendre correc-
tement la période du signal.
Il faut que la fréquence d’échantillonnage soit suffisamment élevée pour que le signal échantillonné soit raisonnable-
ment fidèle au signal analogique.
Contrairement à une première intuition, choisir fe > f0 n’est pas suffisant et ne permet même pas de rendre correc-
tement la période du signal.
toto Espace 1
⇝ voir figure 2.
1 1
signaux
signaux
0 0
−1 −1
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
t (ms) t (ms)
1 1
signaux
signaux
0 0
−1 −1
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
t (ms) t (ms)
fe 2fe 3fe
amplitude
f0 = 1 kHz 1
f (kHz)
2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30
fe 2fe 3fe
amplitude
f0 = 2 kHz 1
f (kHz)
2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30
fe 2fe 3fe
amplitude
f0 = 4 kHz 1
f (kHz)
2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30
Observation :
Le spectre d’un signal sinusoïdal échantillonné fait apparaître des pics à la fréquence du signal (logique), mais
aussi aux fréquences des autres signaux sinusoïdaux qui auraient donné les mêmes échantillons. Ces fréquences sont
de la forme kfe ± f0 avec k un entier.
Le spectre d’un signal sinusoïdal échantillonné fait apparaître des pics à la fréquence du signal (logique), mais aussi
aux fréquences des autres signaux sinusoïdaux qui auraient donné les mêmes échantillons. Ces fréquences sont de la
forme kfe ± f0 avec k un entier.
Le spectre d’un signal sinusoïdal échantillonné fait apparaître des pics à la fréquence du signal (logique), mais aussi
aux fréquences des autres signaux sinusoïdaux qui auraient donné les mêmes échantillons. Ces fréquences sont de la
forme kfe ± f0 avec k un entier.
toto Espace 2
• Cas général
D’après le théorème de Fourier, n’importe quel signal périodique peut s’écrire comme une somme de signaux
sinusoïdaux,
+∞
X
s(t) = A0 + An cos(2πnf0 t + φn ) .
n=1
Par linéarité de l’échantillonnage, chacune des composantes harmoniques subit le même phénomène de réplication
lors du processus d’échantillonnage, et il se retrouve donc sur le spectre du signal complet comme représenté figure 3.
Figure 3 – Spectre d’un signal quelconque échantillonné. Le signal possède un spectre compris entre 1 et 3,5 kHz
et il est échantillonné avec la fréquence fe = 10 kHz. La figure de gauche représente le spectre du signal analogique,
celle de droite le spectre du signal échantillonné, présentant des répliques du spectre.
Remarque subtile : On raisonne ici comme si le spectre du signal échantillonné était parfaitement
continu, donc analogique ... mais comme il ne peut en pratique qu’être calculé numériquement, il n’en
est rien : il est forcément discrétisé. Ceci peut faire apparaître d’autres phénomènes, en particulier des
« fuites spectrales », qui seront discutées au paragraphe II.D.
Une première difficulté posée par ces répliques du spectre se rencontre lors de la reconstruction du signal à partir
Q du signal échantillonné : en raison de la réplication du spectre, le signal reconstruit diffère fortement du signal
analogique.
⇝ solution simple : filtrer le signal reconstruit avec un passe bas de fréquence de coupure fe /2
filtrer le signal reconstruit avec un passe bas de fréquence de coupure fe /2
filtrer le signal reconstruit avec un passe bas de fréquence de coupure fe /2
toto Espace 3
Si le filtre est idéal, le spectre en sortie du passe-bas est identique à celui du signal analogique, et le signal reconstitué
est fidèle à l’original.
• Repliement spectral
Une seconde difficulté, beaucoup plus embarrassante, intervient lorsque les spectres du signal et de ses répliques
se recouvrent, si bien qu’ils ne peuvent plus être distingués : c’est le cas de la figure 4. R
⇝ le spectre et ses répliques sont impossibles à séparer.
Figure 4 – Spectre d’un signal quelconque échantillonné en présence de recouvrement spectral. Le signal possède
un spectre compris entre 1 et 7 kHz et il est échantillonné avec la fréquence fe = 10 kHz. La figure de gauche représente
le spectre du signal analogique. La figure de droite représente la construction du spectre du signal échantillonné, en
tenant compte du recouvrement spectral.
amplitude
f
2 4 6 8 10 12 14 16
Critère de Nyquist-Shannon :
R
Pour éviter le repliement spectral, la fréquence d’échantillonnage doit être telle que fe > 2fmax .
Cependant, les limites intrinsèques des composants (ou des outils de traitement numérique) font qu’il n’est pas
toujours possible de respecter le critère de Shannon.
Inconvénient : ce n’est pas directement le signal analogique qui est numérisé, et la perte des hautes fréquences du
spectre peut entraîner une perte d’information.
R
Un spectre calculé numériquement ne contient que Ne fréquences comprises entre 0 et fe .
R La résolution d’un spectre calculé numériquement est gouvernée par la durée d’acquisition,
fe 1
∆f = =
Ne Ta
fe 1
∆f = =
Ne Ta
toto Espace 6
Pour obtenir un spectre précis, l’acquisition doit être longue et contenir un grand nombre de périodes.
Considérons un signal échantillonné à 100 kHz pendant 500 µs. Combien d’échantillons auront été enregistrés ?
Quelles seront les fréquences présentes dans le spectre du signal échantillonné ?
Ce paragraphe ne figure pas au programme et n’est donc officiellement pas à retenir. Il n’est discuté
que pour expliquer une « recette » bien connue et bien utile !
On simule numériquement l’échantillonnage à la fréquence fe = 100 kHz d’un signal harmonique de fréquence f0 =
5 kHz pendant diverses durées Ta . Les figures ci-dessous représentent les spectres obtenus numériquement.
1.00
spectre normalisé
f (kHz)
Interprétation du phénomène :
5 kHz ne correspond à aucune fréquence présente dans le spectre numérique, qui sont toutes des multiples de ∆f ,
et du coup il déborde sur les côtés.
5 kHz ne correspond à aucune fréquence présente dans le spectre numérique, qui sont toutes des multiples de ∆f , et
du coup il déborde sur les côtés.
5 kHz ne correspond à aucune fréquence présente dans le spectre numérique, qui sont toutes des multiples de ∆f , et
du coup il déborde sur les côtés.
toto Espace 10
Interprétation :
si Ta = N0 T0 , alors ∆f = 1/N0 T0 = f0 /N0 . Ainsi, toutes les harmoniques qui ont pour fréquence fn = nf0 se
retrouvent dans les fréquences du spectre numérique puisque fn = nN0 ∆f avec nN0 un entier.
si Ta = N0 T0 , alors ∆f = 1/N0 T0 = f0 /N0 . Ainsi, toutes les harmoniques qui ont pour fréquence fn = nf0 se
retrouvent dans les fréquences du spectre numérique puisque fn = nN0 ∆f avec nN0 un entier.
si Ta = N0 T0 , alors ∆f = 1/N0 T0 = f0 /N0 . Ainsi, toutes les harmoniques qui ont pour fréquence fn = nf0 se
retrouvent dans les fréquences du spectre numérique puisque fn = nN0 ∆f avec nN0 un entier.
toto Espace 11
Le calcul du spectre par un logiciel type LatisPro inclut une étape de sélection automatique de périodes, ce qui
permet de minimiser les phénomènes de fuite spectrale.
8 8
7 7
6 6
5 5
u (V)
u (V)
4 4
3 3
2 2
1 1
0 0
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0
t (ms) t (ms)
Figure 5 – Deux exemples de numérisation d’une même tension. Le signal analogique est représenté en trait plein
bleu, le signal numérisé par les points verts. Dans les deux cas la période d’échantillonnage est de 0,1 ms. Sur la figure
de gauche le pas de quantification vaut 1 V alors qu’il vaut 0,5 V sur la figure de droite.
Le pas de quantification est déterminé par le calibre et la résolution de l’acquisition. Ces deux paramètres sont
généralement indépendants l’un de l’autre.
▷ Le calibre C donne la gamme de valeurs ±C que le signal numérisé est susceptible de prendre. Il doit être supérieur
à la valeur maximale du signal analogique, sans quoi le signal numérisé fait apparaître un phénomène de saturation.
La valeur 2C, c’est-à-dire la largeur de l’intervalle de valeurs permises, est la tension de pleine échelle du CAN.
▷ La résolution N indique le nombre de bits sur lequel le signal numérisé est codé : 2N valeurs sont possibles dans
l’intervalle [−C, +C], ou autrement dit cet intervalle est divisé en 2N − 1 intervalles de largeur identique.
2C C
⇝ pas de quantification : p = ≃ N −1
2N −1 2
2C C
p= N ≃ N −1
2 −1 2
toto Espace 13
Exemples : La résolution d’un CD audio est de 16 bits. Celle d’un pixel d’un appareil numérique
reflex (un pixel correspond à une couleur) est de 14 ou 16 bits, mais si elle est comprimée au format
jpeg la résolution n’est plus que 8 bits.