Année universitaire 2016/2017.
U.E. 2P021
TD no 10 Forces magnétiques
Éléments de correction
Johannes Braathen (LPTHE), Cédric Enesa (LKB), Andrea Mogini (LPNHE)
Exercice IV. Interaction entre deux moments magnétiques
On considère deux aimants droits 1 et 2 de centres de symétrie O1 et O2 situés à une distance
d = O1 O2 l’un de l’autre et de moments dipolaires magnétiques respectifs m ~ 1 et m
~ 2 . L’aimant 1 est
fixe, l’aimant 2 peut tourner autour de O2 .
Déterminer la force qu’exerce l’aimant 1 sur l’aimant 2 dans le cas (1) (cf figure de l’énoncé).
L’expression de la force subie par le dipôle m ~ 1 est
~ 2 à cause du champ B
~= m
−−−→ ~
F ~ 2 · grad B 1.
~ 2 étant rigide, on a la simplification supplémentaire
Le dipôle m
~=−
F
−−→
grad (m ~ 1 ).
~2 · B
Nous souhaitons calculer cette force dans la situation (1) et pour cela nous allons devoir
utiliser la dépendance spatiale de m ~ 2 – i.e. le centre de gravité du dipôle m ~ 2 n’est plus fixé
– avant de calculer le gradient et de l’évaluer dans la situation (1).
Remarque: de la même façon, lorsque l’on veut calculer la dérivée d’une fonction réelle f en 0
(c’est-à-dire f 0 (0)), on dérive f (x) pour obtenir f 0 (x) puis on prend x = 0, et non l’inverse!
Avec l’expression de B ~ 1 (M) donnée dans l’énoncé,
µ0 3(m1 u~y · ~er )~ er − m1 u ~y
!
m ~ 1 =m2 u
~2 · B ~x ·
4π r3
µ0 m1 m2 h i
= 3( ~
u y · ~
e r u
)~ x · ~
e r − ~
u x · ~
u y
4πr3
3µ0 m1 m2 sin2 θ cos φ sin φ
m ~1 =
~2 · B ,
4πr3
en utilisant
~er = sin θ cos φ~ ux + sin θ sin φ~ u y + cos θ~ uz .
Ensuite on calcule le gradient en utilisant la formule (12) du poly de TD, et on trouve
−−−→ 9µ0 m1 m2 sin2 θ cos φ sin φ 6µ0 m1 m2 cos θ sin θ cos φ sin φ
grad (m ~
~ 2 · B1 ) = − ~er + ~eθ
4πr4 4πr4
3µ0 m1 m2 sin θ(cos2 φ − sin2 φ)
+ ~eφ .
4πr4
1
Sachant l’on veut connaître la force subie par m ~ 2 lorsque le dipôle se trouve en O2 , il suffit
de prendre φ = 0 et θ = π/2. La seule composante non nulle du gradient est alors selon
~eφ et on a
−−−→ 3µ0 m1 m2
grad (m ~ 1) =
~2 · B ~eφ (O2 )
4πr4
~ y d’où finallement,
or en O2 , ~eφ (O2 ) = u
3µ0 m1 m2
~=
F ~ y.
u
4πr4
Exercice V. Rail de Laplace
On considère un rail de Laplace sur une pente α. Les rails font un angle θ entre eux (mais ne se
rejoignent pas). Le champ B ~ est supposé vertical et uniforme. On suppose qu’on laisse glisser sans
vitesse initiale une tige conductrice de masse M. On néglige les frottements.
1. Quelle va être l’influence de la force de Laplace sur le mouvement de la barre ?
Remarque : pour tout cet exercice on se place dans le référentiel terrestre supposé galiléen.
On rappelle que la force de Laplace subie par un élément infinitésimal dl ~ de la barre,
parcourue par un courant I est
dF ~ ×B
~L = Idl ~
On voit donc que la projection de la force de Laplace sur l’axe x, le long de la pente, tend
à faire monter la barre, et à s’opposer à son poids.
2. Exprimer la composante de cette force sur l’axe de déplacement, en fonction de la position x
repérée par rapport au point O.
On définit la longueur de la barre dans laquelle circule un courant, en fonction de la position
le long de l’axe x comme l(x). On a alors simplement
l(x) = 2x tan θ
On intègre ensuite la force de Laplace infinitésimale sur toute la longueur l(x) de barre
dans laquelle circule un courant et on obtient la composante de F~L selon ~ex
~L (x) = −2 cos α tan θ IB0 x ~ex
F
3. Quelle est l’équation du mouvement de la tige?
Pour décrire le mouvement de la barre, l’autre force que F ~L à prendre en compte est son
poids, dont la projection sur l’axe x est Mg sin α ~ex . On applique le PFD à la barre et on
projette la relation ainsi obtenue sur l’axe x, d’où l’équation du mouvement
d2 x
M = Mg sin α − 2IB0 x tan θ cos α
dt2
4. En déduire son mouvement, et en particulier sa fréquence d’oscillation.
2
On reconnaît l’équation d’un oscillateur harmonique, de pulsation
r
2IB0 tan θ cos α
ω=
M
et donc de fréquence r
ω 2IB0 tan θ cos α
f = =
2π 2π2 M
Exercice VI. Oscillation d’une aiguille aimantée dans un champ magné-
tique
On considère un aimant de section carrée et de masse M, dans un champ magnétique uniforme
~ = B0 u
B ~x . On note m
~ son moment magnétique. L’aimant attaché au point O peut tourner dans le
plan de la figure autour d’un axe, choisit suivant u ~z afin de s’affranchir de l’effet du poids.
1. Donner l’expression du couple exercé par le champ magnétique sur l’aimant et l’expression
de l’énergie potentielle d’intéraction entre l’aimant et le champ magnétique.
Avec le systéme de coordonnées cartésiennes donné sur le schéma, et l’angle θ définit entre
~ et m,
B ~ on a
~ = B0 u
B ~x
~ = m(cos θ~
m ux + sin θ~
uy)
On en déduit le couple subit par l’aimant
~≡m
Γ ~ = −mB0 sin θ~
~ ×B uz
et l’énergie potentielle d’intéraction entre le dipôle et le champ
~ = −mB0 cos θ
~ ·B
EP ≡ −m
2. Quelles sont les positions déquilibre de l’aimant ? Y a-t-il une position d’équilibre stable ?
Les positions d’équilibre correspondent aux extrema de l’énergie potentielle EP ∝ − cos θ
donc on a deux positions d’équilibre :
• θ = 0 pour laquelle l’énergie est minimale (⇔ minimum absolu de EP ici) et qui est
donc une position d’équilibre stable
• θ = π pour laquelle l’énergie est maximale (⇔ maximum absolu de EP ici) et qui est
donc une position d’équilibre instable
+a
2 2
3. Le moment d’inertie de l’aimant est I = M L 12 où L est la longueur de l’aimant et a sa longueur.
Montrer que si l’on écarte l’aimant de sa position d’équilibre stable, il va commencer à osciller
autour de celle-ci. On prendra pour angle initial θ0 1.
3
L’énoncé stipule que l’on astreint l’aimant à tourner uniquement selon l’axe z, par consé-
quent on peut écrire son moment cinétique ~L comme ~L ≡ Iω ~ = I dθ ~
dt uz , avec I le moment
d’inertie. L’équivalent du PFD pour les moments est
d~L ~
=Γ
dt
et en projettant cette relation sur l’axe z on obtient
d2 θ
I = −mB0 sin θ ≈ −mB0 θ
dt2 θ1
On reconnaît l’équation d’un oscillateur harmonique. L’aimant oscille autour de la position
d’équilibre stable θ = 0 et la solution générale pour θ est de la forme
r
mB0
θ(t) = θ0 cos t + ϕ
I
4. Quelle est la période des oscillations ?
q q
mB0
Les oscillations ont une pulsation ω = I d’où une période ∆t = 2π I
mB0
5. On fait l’expérience avec un aimant de moment magnétique m = 8.55 A·m2 . On mesure une fré-
quence d’oscillation de 4 Hz. En déduire la composante horizontale B0 du champ magnétique.
On pourra prendre masse M = 10 g, L = 4 cm et a = 5 mm.
4π2 I f 2
B0 = ' 10−4 T
m