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Cours Electricité

Électricité l'essentiel 1ere, Tle et Pré année

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Université de Douala

Diagnostic et Maintenance des


Institut Universitaire de Technologie

Composants Mécaniques
UE IUTMTIN 14
Electricité - Electronique

EC MTI 141

ELECTRICITE
(Circuits Electriques et Traitement de Signal)

NIVEAU 1
Parcours-type : Mention Technologie Informatique
et Numérique

EQUIPE PEDAGOGIQUE
Prof. Dr.-Ing. MOUKENGUE IMANO Adolphe
Dr. MOUZONG, Dr. TCHAMDJIO,
MM. KOLOKO, NYATTE, TOUKAP, EMATA,
SANDJANG, MELINGUI

2024/2025

1
UE IUTMTIN 14
------

EC MTIN 141

ELECTRICITE

Niveau 1
Mention Technologie Informatique et Numérique

Prof. Dr.-Ing. MOUKENGUE IMANO Adolphe


Tél : 699845755, E-mail : moukengueimano@[Link]

Equipe pédagogique :
Dr. MOUZONG, Dr. TCHAMDJIO,
MM. KOLOKO, NYATTE, TOUKAP, EMATA, SANDJANG, MELINGUI

0
MTI 141 : Electricité DUREE : 45 heures

Le cours est composé de deux parties :

Circuits électriques

 Lois et théorèmes généraux en régime continu ;


 Circuits électriques en régimes variable et sinusoïdal
Traitement de signal

 Signaux périodiques ;
 Développement en série de Fourier ;
 Quadripôles en régime sinusoïdal.

OBJECTIFS GENERAUX

 Maîtrise les principes de base des lois de l’électrocinétique et les outils de calcul nécessaire
à l’étude des circuits en courant continu et courant alternatif.
 Comprendre la théorie du signal et la description mathématique des signaux.

OBJECTIFS SPECIFIQUES

 Maîtriser les définitions et principes fondamentaux de l’électrocinétique ;


 Application des lois et méthodes d’études des circuits électrique en courant continu.
 Savoir appliquer les méthodes de calculs de circuits en régime alternatif sinusoïdal ;
 Savoir calculer des circuits monophasés, triphasés équilibrés et déséquilibrés.
 Savoir distinguer les signaux périodiques analogiques et les signaux numériques.
 Maitriser les opérations de base des signaux et savoir combiner les différents signaux.
 Savoir utiliser les séries de Fourrier.
 Comprendre les méthodes d’études des quadripôles en régime sinusoïdal.

1
Fiches de progression

Le cours va se dérouler en séances ou leçons (sur la base des séquences) suivant le prcessus ci-
après :
1- Présentation de l’objet de la séance de cours :
2- Rappels de la séance de cours précédente :
3- Questions pratiques sur l’assimilation du cours :
 le rythme du CM est-il convenable ?
 les explications sont-elles assez, ou insuffisantes ?
 les support interactifs utilisés sont-ils suffisamment illustratifs ?
4- Proposer :
 les exercices sous forme de devoir à faire à la maison ;
 les exercice de compréhension et d’application durant le CM pour mieux illustrer
le cours ?

SEQUENCES THEMES DEVELOPPES DUREE

1- Définitions et principes fondamentaux CM : 3h


SEQUENCE 1 : 2- Les dipôles électriques linéaires
LOIS ET THEOREMES TD : 2h
3- Méthodes d’étude des circuits
GENERAUX EN REGIME TP : 3h
CONTINU
TPE :2h

1- Caractéristiques d’une grandeur alternative CM : 3h


SEQUENCE 2 : sinusoïdale
TD : 1h
REGIME ALTERNATIF 2- Systèmes de distribution monophasé
MONOPHASE 3- La loi d'Ohm en alternatif TP : 2h
4- Puissance en régime alternatif sinusoïdal TPE :1,5h

1- Introduction aux circuits triphasés CM : 2h


SEQUENCE 3 : 2- Systèmes triphasés équilibrés TD : 1h
REGIME ALTERNATIF 3- Systèmes triphasés déséquilibrés
TRIPHASE TP : 1h
TPE :1h

1- Généralités sur les signaux CM : 3h


SEQUENCE 4 : 2- Concepts de signaux périodiques TD : 3h
SIGNAUX 3- Quelques signaux analogiques classiques
PERIODIQUES 4- Opérations sur les signaux TP : 0h
TPE :0h

1- Introduction CM : 3h
SEQUENCE 5 : 2- Définition TD : 2h
DEVELOPPEMENT EN 3- Séries de Fourier des fonctions paires ou impaires
SERIE DE FOURIER 4- Séries de Fourier des fonctions de période TP : 0h
quelconque TPE :1h

2
1- Définition
2- La fonction de transfert CM : 3h
SEQUENCE 6 : 3- Le diagramme de Bode TD : 4h
QUADRIPOLES EN 4- Les représentations asymptotiques et les courbes
REGIME SINUSOÏDAL réelles TP : 2h
5- Le diagramme de Nyquist TPE :1,5h
6- Le diagramme de Black

3
Sources documentaires

1- Electricité Générale : analyse et synthèse des circuits, Tahar Neffati, Dunod, 2008.
2- Principes de l’Electrotechnique, Max Marty, Daniel Dixneuf et Delphine Garcia Gilbert,
Dunod Paris, 2005.
3- Précis d’électrotechnique, Christophe Palermo, Dunod Paris, 2012.
4- Aide-mémoire - Traitement du signal, Francis Cottet, Dunod Paris, 2017.
5- Théorie et traitement du signal, Messaoud Benidir, Dunod Paris, 2004.

4
Table des matières
Fiches de progression ........................................................................................................................ 2
Sources documentaires ...................................................................................................................... 4
Introduction générale ......................................................................................................................... 8
PARTIE 1 : Circuits électriques ........................................................................................................ 9
Chapitre 1 : Lois et théorèmes généraux en régime continu ........................................................... 10
1.1. Définitions et principes fondamentaux ................................................................................. 10
1.1.1. Courant électrique .......................................................................................................... 10
[Link]. Définition du courant électrique .............................................................................. 10
[Link]. La loi des nœuds ...................................................................................................... 10
1.1.2. Tension électrique ou différence de potentiel ................................................................ 10
[Link]. Définition de la tension............................................................................................ 10
[Link]. Loi des mailles ......................................................................................................... 11
1.1.3. Dipôles électriques ......................................................................................................... 11
[Link]. Définition d’un dipôle ............................................................................................. 11
[Link]. Conventions de signe appliquées aux dipôles électriques ....................................... 12
1.2. Les dipôles électriques linéaires ........................................................................................... 12
1.2.1. Définition d’un dipôle linéaire ....................................................................................... 12
1.2.2. Résistances électriques ................................................................................................... 13
[Link]. Comportement d’une résistance électrique.............................................................. 13
[Link]. Lois d’association des résistances électriques ......................................................... 13
1.2.3. Condensateurs ................................................................................................................ 14
[Link]. Comportement d’un condensateur ........................................................................... 14
[Link]. Lois d’association des condensateurs ...................................................................... 15
1.2.4. Bobines ........................................................................................................................... 15
[Link]. Comportement d’une bobine ................................................................................... 15
[Link]. Lois d’association des bobines ................................................................................ 16
1.2.5. Source de tension ........................................................................................................... 17
[Link]. Définition d’une source de tension .......................................................................... 17
[Link]. Loi d’association des sources de tension ................................................................. 18
1.2.6. Sources de courant ......................................................................................................... 18
[Link]. Définition d’une source de courant ......................................................................... 18
[Link]. Loi d’association des sources de courant ................................................................ 19
1.3. Méthodes d’étude des circuits ............................................................................................... 20
1.3.1. Diviseurs de tension et de courant.................................................................................. 20
[Link]. Diviseur de tension .................................................................................................. 20
[Link]. Diviseur de courant .................................................................................................. 20
1.3.2. Théorèmes de Thévenin et de Norton ............................................................................ 21
[Link]. Théorème de Thévenin ............................................................................................ 21
[Link]. Théorème de Norton ................................................................................................ 22
[Link]. Conversion entre les générateurs de Thévenin et Norton ........................................ 22
1.3.3. Théorème de Millman .................................................................................................... 23
1.3.4. Loi de Pouillet ................................................................................................................ 24
1.3.5. Théorème de superposition ............................................................................................ 25
[Link]. Superposition des tensions....................................................................................... 25
[Link]. Superposition des courants ...................................................................................... 26
1.3.6. Dualité ............................................................................................................................ 26
[Link]. Définition ................................................................................................................. 26
[Link]. Circuit dual .............................................................................................................. 27

5
Chapitre 2 : Circuits électriques en régimes variable et sinusoïdal ................................................. 28
2.1. Caractéristiques des circuits à courant alternatif .................................................................. 28
2.1.1. Caractéristiques d’une grandeur variable périodique ..................................................... 28
[Link]. Période d’une grandeur variable périodique ............................................................ 28
[Link]. Amplitude d’une grandeur variable périodique ....................................................... 28
[Link]. Valeur moyenne d’une grandeur variable périodique ............................................. 29
[Link]. Valeur efficace d’une grandeur variable périodique ............................................... 29
2.1.2. Caractéristiques d’une grandeur alternative sinusoïdale ................................................ 30
[Link]. Fréquence................................................................................................................. 31
[Link]. Fréquence angulaire ou pulsation ............................................................................ 31
[Link]. Valeurs moyenne et efficace.................................................................................... 31
[Link]. Déphasage entre deux grandeurs alternatives sinusoïdales ..................................... 32
2.1.3. Représentation de Fresnel d’une grandeur alternative sinusoïdale ................................ 33
[Link]. Vecteurs de Fresnel et nombres complexes ............................................................. 33
[Link]. Représentation complexe d’une grandeur alternative sinusoïdale........................... 33
2.2. Circuits monophasés ............................................................................................................. 35
2.2.1. Systèmes de distribution monophasé ............................................................................. 35
2.2.2. La loi d'Ohm en alternatif............................................................................................... 35
[Link]. Impédance et admittance d’un récepteur ................................................................. 35
[Link]. Récepteur purement résistif ..................................................................................... 36
[Link]. Récepteur purement inductif ................................................................................... 36
[Link]. Récepteur purement capacitif .................................................................................. 37
2.2.3. Puissance en régime alternatif sinusoïdal ....................................................................... 38
[Link]. La puissance instantanée ......................................................................................... 38
[Link]. La puissance moyenne et facteur de puissance ....................................................... 39
[Link]. La puissance réactive et puissance apparente .......................................................... 39
2.3. Circuits triphasés ................................................................................................................... 40
2.3.1. Introduction aux circuits triphasés ................................................................................. 40
2.3.2. Définition ....................................................................................................................... 40
2.3.3. Représentation des systèmes triphasés ........................................................................... 42
2.3.4. Systèmes triphasés équilibrés ......................................................................................... 43
[Link]. Récepteur triphasé couplé en étoile ......................................................................... 43
[Link]. Récepteur triphasé couplé en triangle ...................................................................... 44
[Link]. Puissances appelées par le récepteur triphasé équilibré .......................................... 45
2.3.5. Systèmes triphasés déséquilibrés ................................................................................... 46
[Link]. Récepteur triphasé couplé en étoile sans neutre ...................................................... 46
[Link]. Récepteur triphasé couplé en étoile avec neutre ...................................................... 47
[Link]. Puissance appelée par le récepteur triphasé déséquilibré ........................................ 48
PARTIE 2 : Traitement de signal .................................................................................................... 49
Chapitre 3 : Signaux périodiques..................................................................................................... 50
3.1. Généralités sur les signaux.................................................................................................... 50
3.1.1. Définition ....................................................................................................................... 50
3.1.2. Différence entre signal analogique et signal numérique ................................................ 50
3.1.3. Classification des signaux .............................................................................................. 50
[Link]. Classification phénoménologique............................................................................ 50
[Link]. Classification morphologique .................................................................................. 50
[Link]. Classification énergétique........................................................................................ 51
[Link]. Classification spectrale ............................................................................................ 51
3.2. Concepts de signaux périodiques .......................................................................................... 51
3.2.1. Forme complexe ............................................................................................................. 52

6
3.2.2. Combinaison de signaux périodiques ............................................................................. 53
3.3. Quelques signaux analogiques classiques ............................................................................. 54
3.3.1. Fonction échelon ............................................................................................................ 54
3.3.2. Fonction rampe ............................................................................................................... 55
3.3.3. Fonction signe ................................................................................................................ 55
3.3.4. Fonction impulsion ......................................................................................................... 56
3.3.5. Fonction porte ................................................................................................................ 57
3.3.6. Fonction triangulaire ...................................................................................................... 57
3.3.7. Fonction Sinus cardinal .................................................................................................. 58
3.4. Opérations sur les signaux .................................................................................................... 58
3.4.1. Inversion temporelle ....................................................................................................... 59
3.4.2. Echelonnage temporel .................................................................................................... 59
3.4.3. Décalage temporel .......................................................................................................... 60
Chapitre 4 : Développement en série de Fourier ............................................................................. 61
4.1. Introduction ........................................................................................................................... 61
4.2. Définition .............................................................................................................................. 61
4.2.1. Détermination des coefficients de la série au moyen des formules de Fourier .............. 61
4.2.2. Conditions suffisantes pour qu’une fonction soit développable en série de Fourier...... 63
4.3. Séries de Fourier des fonctions paires ou impaires ............................................................... 63
4.3.1. Fonction paire : série de Fourier cosinus ....................................................................... 63
4.3.2. Fonction impaire : série de Fourier sinus ....................................................................... 64
4.4. Séries de Fourier des fonctions de période quelconque ........................................................ 65
Chapitre 5 : Quadripôles en régime sinusoïdal ................................................................................ 66
5.1. Définition .............................................................................................................................. 66
5.2. La fonction de transfert ......................................................................................................... 66
5.2.1. Définition ....................................................................................................................... 66
5.2.2. Module et argument de la fonction de transfert ............................................................. 66
5.3. Le diagramme de Bode ......................................................................................................... 67
5.3.1. Définition ....................................................................................................................... 67
5.3.2. Principes du tracé des diagrammes de Bode .................................................................. 67
5.3.2. Le gain ............................................................................................................................ 68
5.3.3. Intérêt des diagrammes de Bode .................................................................................... 69
5.4. Les représentations asymptotiques et les courbes réelles ..................................................... 70
5.4.1. Approche méthodique des tracés de Bode ..................................................................... 70
5.4.2. Système du 1er ordre ....................................................................................................... 71
5.4.3. Amplification constante ou gain pur .............................................................................. 72
5.4.4. Intégrateur pur ................................................................................................................ 73
5.4.5. Dérivateur pur ................................................................................................................ 74
5.4.6. Système du second ordre ................................................................................................ 75
[Link]. Systèmes amortis (m>1) .......................................................................................... 75
[Link]. Systèmes sous-amortis (m<1) .................................................................................. 77
5.5. Le diagramme de Nyquist ..................................................................................................... 79
5.5.1. Définition ....................................................................................................................... 79
5.5.2. Principe de tracé du diagramme ..................................................................................... 79
5.6. Le diagramme de Black ........................................................................................................ 80
5.6.1. Définition ....................................................................................................................... 80
5.6.2. Principe de tracé du diagramme ..................................................................................... 80

7
Introduction générale
Le cours d’électricité permet à un étudiant du domaine des sciences de l’ingénieur d’acquérir des
notions de bases nécessaires pour suivre les enseignements du domaine génie électrique et aussi de
traitement de signal. Dans le cadre de ce cours, nous allons aborder dans un ordre logique relative
à leur interdépendance les deux parties suivantes :
- les circuits électriques
- le traitement de signal.

La première partie est subdivisée en deux chapitres, tandis que la deuxième partie est subdivisée en
trois chapitres.

Les lois et théorèmes généraux en régime continu sont développées dans une discipline appelée
’’électrocinétique’’. Ce premier chapitre du cours traite des définitions et des principes
fondamentaux de l’électrocinétique. En effet, pour l’étude des circuits électriques ou électroniques
dans le domaine du génie électrique, il est fastidieux et surtout pas nécessaire de mémoriser les
formules ou expressions relatives au fonctionnement des circuits. Cependant, en se limitant à la
compréhension et à la maîtrise
- des conventions,
- des règles,
- des lois
on peut retrouver facilement ces formules ou expressions par simple calcul.

Le second chapitre de ce cours traite des circuits électriques en régimes variable et sinusoïdal. En
effet, les appareils électroniques, de même que les appareils électriques de faible puissance ou à
usage domestique sont d’habitude alimentés en courant alternatif. D’un autre côté les équipements
industriels sont généralement alimentés en triphasé, et le réseau public d’alimentation en énergie est
d’origine triphasé. Ainsi, le raccordement au réseau de distribution d’énergie électrique de ces
équipements, avec ou sans neutre, se fait en tenant compte du type de couplage pratiqué au niveau
des récepteurs, qui forment les circuits triphasés. Ces circuits peuvent alors fonctionner en
déséquilibré ou pas, sachant que réellement le fonctionnement équilibré n’est autre qu’une
considération.

Le troisième chapitre présente les principes de base des signaux, comme par exemple les définitions
de période, phase, ainsi qu’une introduction aux systèmes. Les concepts de signaux et systèmes
discrets sont aussi abordés, de même que les signaux communs analogiques et discrets.

L’intérêt des séries de Fourier apparaît en traitement de signal quand on cherche à résoudre les
équations différentielles linéaires du second ordre associées aux systèmes. Dans le quatrième
chapitre, il est fait allusion à l’utilisation du développement en série de Fourier d’une fonction
périodique pour calculer la somme d’une série numérique.

Le cinquième chapitre traire des systèmes fonctionnant avec une entrée servant d'alimentation et
une sortie servant de charge, et du point de vue câblage le comportement des systèmes à deux entrées
et deux sorties. Ici on se limitera à la présentation des outils d’étude de ces dispositifs de liaison qui
assure la transmission ou la transformation d'une information.

8
PARTIE 1 : Circuits électriques
 Lois et théorèmes généraux en régime continu ;
 Circuits électriques en régimes variable et sinusoïdal.

9
Chapitre 1 : Lois et théorèmes généraux en régime continu
1.1. Définitions et principes fondamentaux
1.1.1. Courant électrique
[Link]. Définition du courant électrique
Un courant électrique est une circulation dans le temps de porteurs de charges électriques,
généralement des électrons, au sein d'un matériau conducteur. Cette circulation est imposée par
l'action de la force de Lorentz, vue au chapitre précédent. L'intensité du courant électrique est la
grandeur qui quantifie le débit de charges électriques en un point du circuit, et est exprimée par :
= (1.1)
On peut ainsi définir l'intensité du courant électrique, comme étant la quantité d'électricité qui
traverse la section d’un conducteur par unité de temps. L'unité d'intensité du courant est l'ampère
(symbole: A). Un ampère correspond à un débit de charges électriques de 1 coulomb par seconde
soit au passage de 6,24 x 1018 électrons par seconde.
L’intensité du courant électrique est une grandeur algébrique, donc le signe est relatif à l’orientation
du circuit et à l’application d’une certaine convention de signes.

[Link]. La loi des nœuds


La loi des nœuds est aussi appelée la première loi de Kirchhoff, du nom du physicien allemand
Gustav Kirchhoff. D’après Kirchhoff :

La somme des intensités des courants qui entrent par un nœud est égale à la somme des intensités
des courants qui sortent du même nœud, ou encore la somme algébrique des intensités des courants
orientés vers un nœud est nulle.

La loi des nœuds s’écrit de la manière suivante :


= +1 pour un courant entrant dans le nœud
=0 avec (1.2)
= −1 pour un courant sortant du nœud

Un exemple illustratif de la loi de nœuds est donné à la Figure 1.1.

I1 + I3 + I4 = I2 + I5 + I6
Figure 1.1 : exemple illustratif de la loi des nœuds

1.1.2. Tension électrique ou différence de potentiel


[Link]. Définition de la tension
La tension électrique est définie comme étant la circulation d’un champ électrique E⃗ le long d'un
circuit électrique de longueur élémentaire ⃗ mesurée en volt (symbole : V) entre deux points de
ce circuit. Par définition, on écrit (voir cours d’électrostatique) :
u = E⃗ ∙ ⃗ (1.3)
10
La tension électrique est une grandeur algébrique, donc le signe est relatif à l’orientation du circuit
et à l’application d’une certaine convention de signes. Conventionnellement (Figure 1.2), on
représente la tension u = V − V entre les points A et B du circuit par une flèche dirigée vers le
point A (la première des deux lettres A et B).

Figure 1.2 : orientation de la tension électrique

N.B. : Nous considérons ici un régime stationnaire des champs électrique et magnétiques. Cette
considération peut aussi s’élargir aux régimes quasi stationnaires et à condition que les variations
de flux magnétique à travers les circuits soient négligeables,

[Link]. Loi des mailles


La loi des mailles est aussi l’une des lois de Kirchhoff qui expriment la conservation de l'énergie
électrique et de la charge électrique dans un circuit électrique. Elle est le plus souvent appelée la
deuxième loi de Kirchhoff. D’après Kirchhoff :

La somme algébrique des différences de potentiel ou des tensions le long d’une maille, obtenue en
parcourant la maille dans un sens donné, est constamment nulle.

La loi des mailles s’écrit de la manière suivante :


= +1 si est orienté dans le sens choisi
=0 avec (1.4)
= −1 si est orienté en sens inverse
Un exemple illustratif de la loi de mailles est donné à la Figure 1.3.

– U1 + U2 – U3 + U4 – U5 = 0
Figure 1.3 : exemple illustratif de la loi des mailles

1.1.3. Dipôles électriques


[Link]. Définition d’un dipôle
Le dipôle électrique est un composant électrique ou un élément d'un circuit électrique comportant
deux bornes. Généralement, le dipôle électrique impose une relation entre la tension u à ses bornes
et l'intensité du courant i qui le traverse. La fonction f liant u à i : u = f(i) imposée par le dipôle est
appelée caractéristique du dipôle, on classe les dipôles selon cette caractéristique.
On distingue en général deux sortes de dipôles :
 les générateurs qui peuvent produire du courant électrique : dipôles actifs
 les récepteurs qui reçoivent le courant électrique : dipôles passifs.

11
[Link]. Conventions de signe appliquées aux dipôles électriques
Dans un circuit simple composé d’un actif et d’un dipôle passif, compte tenu du fait que la même
tension règne aux bornes des deux éléments, et que le même courant circule dans tout le circuit, on
note que du côté du dipôle actif (générateur), courant et tension sont représentés par des flèches
dirigées dans le même sens, alors que du côté du dipôle passif (récepteur), elles sont dirigées en
sens contraires (voir illustration à la Figure 1.4).

Figure 1.4 : dipôle actif et dipôle passif dans un circuit

On distingue deux types de conventions :


 Convention récepteur : le courant et la tension sont fléchés en sens inverse, comme illustré
à la Figure 1.5. Cela permet d'obtenir deux grandeurs positives pour des dipôles s'opposant
à la circulation du courant.

Figure 1.5 : illustration de la convention récepteur

 Convention générateur : le courant et la tension sont fléchés dans le même sens, comme
illustré à la Figure 1.6. Cela permet d'obtenir deux grandeurs positives pour des dipôles
favorisant la circulation du courant.

Figure 3.6 : illustration de la convention générateur

La puissance instantanée mise en jeu par un dipôle est :


= (1.5)
Cette puissance correspond à la puissance consommée lorsque u et i sont fléchés selon la
convention récepteur et à la puissance fournie lorsqu'ils sont fléchés avec la convention générateur.

1.2. Les dipôles électriques linéaires


1.2.1. Définition d’un dipôle linéaire
Un dipôle linéaire est un est un composant électrique ou un élément d'un circuit électrique dont
l’intensité de courant i qui le traverse et la tension u à ses deux bornes sont liés par une fonction
différentielle à coefficients constants :

+ + . .. + = + + + . .. + (1.6)

, et c sont des constantes. Un dipôle linéaire présente une caractéristique linéaire.

12
1.2.2. Résistances électriques
[Link]. Comportement d’une résistance électrique
A partir de la caractéristique générale d’un dipôle donnée à travers l’équation (1.6), le comportement
d’une résistance électrique peut être exprimé par la relation

= = , (1.7)

conformément à la Figure 1.7. La constante R est appelée résistance, et son unité est le ohm
(symbole: ). Son inverse est G la conductance exprimée en Siemens (symbole : S) :
= = (1.8)

Figure 1.7 : résistance électrique

Puissance consommée par une résistance ou dissipée dans une résistance est donnée par
l’expression:
= = (1.9)

Cette puissance est positive à chaque instant, puisque la résistance est un élément dissipatif.

[Link]. Lois d’association des résistances électriques


Les résistances peuvent être associées :
 En série : les résistances sont en série lorsqu’elles appartiennent à la même branche, et qu’il
n’y a pas de nœuds entre elles (Figure 1.8). Dans une association en série, la résistance
équivalente est plus élevée que celles des résistances utilisées dans l’association.

1 1
é = = = (1.10)
é

R =R +R +R +R
Figure 1.8 : exemple illustratif de l’association en série des résistances

 En parallèle : les résistances sont en parallèle lorsqu’elles sont raccordées à deux mêmes
nœuds du circuit (Figure 1.9). Dans une association en parallèle, la résistance équivalente
est plus petite que celles des résistances utilisées dans l’association.
1 1
= = é = (1.11)
é

13
1 1 1 1 1
= + + +
R R R R R
Figure 1.9 : exemple illustratif de l’association en parallèle des résistances

1.2.3. Condensateurs
[Link]. Comportement d’un condensateur
A partir de la caractéristique générale d’un dipôle donnée à travers l’équation (1.6), le comportement
d’un condensateur peut être exprimé par la relation

= = , (1.12)

conformément à la Figure 1.10. La constante C est appelée capacité du condensateur. Son unité est
le farad (symbole: F), et 1 F = 1Ω . On sait aussi que pour un condensateur

= ⇒ = = (1.13)

Figure 1.10 : condensateur

L'équation (1.12) montre que la tension aux bornes du condensateur ne peut pas subir de
discontinuité, cela correspondrait en effet à un courant d'intensité infinie, donc à une puissance
infinie.
La puissance consommée par un condensateur peut être déterminée, en utilisant la relation
mathématique suivante :
= + = 2 (1.14)
on obtient la relation :
1
= (1.15)
2

La puissance instantanée consommée par un condensateur est liée à la variation du carré de la


tension à ses bornes : si celui-ci augmente, le condensateur consomme de la puissance. Mais si le
carré de la tension à ses bornes diminue alors le condensateur fourni de la puissance au reste du
circuit.

14
[Link]. Lois d’association des condensateurs
Comme tout dipôle linéaire, les condensateurs peuvent être associés :
 En série : les condensateurs sont en série lorsqu’ils appartiennent à la même branche, et qu’il
n’y a pas de nœuds entre eux (Figure 1.11). Dans une association en série, la capacité
équivalente est plus petite que celles des condensateurs utilisés dans l’association.

1 1
= (1.16)
é

1 1 1 1 1
= + + +
C C C C C
Figure 1.11 : exemple illustratif de l’association en série des condensateurs

 En parallèle : les condensateurs sont en parallèle lorsqu’ils sont raccordés à deux mêmes
nœuds du circuit (Figure 1.12). Dans une association en parallèle, la capacité équivalente est
plus élevée que celles des condensateurs utilisés dans l’association.

é = (1.17)

C =C +C +C +C
Figure 1.12 : exemple illustratif de l’association en parallèle des condensateurs

1.2.4. Bobines
[Link]. Comportement d’une bobine
A partir de la caractéristique générale d’un dipôle donnée à travers l’équation (3.6), le comportement
d’une inductance peut être exprimé par la relation

= = (1.18)

conformément à la Figure 1.13. La constante L est appelée inductance de la bobine. Son unité est le
henry (symbole: H), et 1 H = 1 Ω . L’équation (3.18) vient aussi de l'expression du flux du champ
magnétique et de la loi de Faraday:
Φ
Φ= = = (1.19)

15
Figure 1.13 : bobine

L'équation (1.18) montre que l'intensité du courant traversant une inductance ne peut pas subir de
discontinuité, cela correspondrait en effet à une tension infinie à ses bornes, donc à une puissance
infinie.
La puissance consommée par une bobine est donnée par l’expression :

= = (1.20)

En utilisant la même transformation mathématique que pour le condensateur, on obtient finalement


la relation :
1
= (1.21)
2

La puissance instantanée consommée par une bobine est liée à la variation du carré de l'intensité qui
la traverse : si celui-ci augmente, la bobine consomme de la puissance.

[Link]. Lois d’association des bobines


Comme tout dipôle linéaire, les bobines peuvent aussi être associées :
 En série : les bobines sont en série lorsqu’elles appartiennent à la même branche, et qu’il
n’y a pas de nœuds entre elles (Figure 1.14). Dans une association en série, l’inductance
équivalente est plus élevée que celles des bobines utilisées dans l’association.

é = (1.22)

L = L +L +L +L
Figure 1.14 : exemple illustratif de l’association en série des bobines

 En parallèle : les bobines sont en parallèle lorsqu’elles sont raccordés à deux mêmes nœuds
du circuit (Figure 1.15).

1 1 1 1 1
= + + +
L L L L L
Figure 1.15 : exemple illustratif de l’association en parallèle des bobines

16
Dans une association en parallèle, l’inductance équivalente est plus petite que celles des bobines
utilisées dans l’association.
1 1
= (1.23)
é

1.2.5. Source de tension


[Link]. Définition d’une source de tension
Une source idéale de tension est un dipôle actif qui délivre une tension e constante et l’impose à un
éventuel dipôle passif (récepteur) qui présente donc à ses bornes la même tension e = u. Par
conséquent, le courant i qui va apparaitre dans la source idéale de tension dépend du récepteur.
Arrêter ou supprimer une source de tension dans un circuit équivaut à remplacer cette source par un
court-circuit.
Dans une source de tension le courant sort toujours par la borne + (ou du potentiel le plus élevé) et
y revient toujours par la borne – (ou potentiel le moins élevé). On peut aussi utiliser l’une ou l’autre
des deux symboles de la Figure 1.16.

Figure 1.16 : sources idéales de tension utilisée comme f.é.m.

Dans la Figure 1.16, la flèche symbolisant la force électromotrice (f.é.m.) ou la tension e aux bornes
de la source est dirigée vers le potentiel le plus élevé. Conformément à la convention générateur, le
courant i sera aussi orienté, au sortir la source, par une flèche dirigée vers le potentiel le plus élevé.
La puissance p fournie par une source idéale de tension, par application de la convention générateur
s’écrit :
= = (1.24)

Cette puissance doit rester inférieure à une valeur maximale imposée par le constructeur, il s'ensuit
qu'il existe une valeur maximale du courant que peut débiter cette source de tension.
Dans un circuit électrique à plusieurs sources de tension, une source idéale de tension peut être une
force contre électromotrice (f.c.é.m.). Dans ce cas, la tension et le courant sont fléchés comme
illustré à la Figure 1.17. On applique la convention récepteur.

Figure 1.17 : source idéale de tension utilisée comme f.c.é.m.

17
[Link]. Loi d’association des sources de tension
Plusieurs sources de tension peuvent être branchées en série si l'on relie le pôle + d’une source au
pôle – de la source suivante. Ainsi, les tensions s'ajoutent :

é = (1.25)

Un exemple illustratif de la loi de d’association des sources de tension est donné à la Figure 1.18.

e =e +e +e +e
Figure 1.18 : exemple illustratif de l’association en série des sources de tension

Si on fait un branchement série mais en reliant les pôles +, par exemple pour k = 2 (voir Figure
1.19), on dit que les deux sources de tension sont branchées en opposition : dans ce cas, la source
qui a la tension la plus faible est traversée en inverse.

e =e −e
Figure 1.19 : exemple illustratif de deux sources de tension branchées en opposition

Il est interdit de placer en parallèle plusieurs sources de tensions délivrant des tensions différentes.
Le courant de circulation serait en effet infini.

1.2.6. Sources de courant


[Link]. Définition d’une source de courant
Une source idéale de courant est un dipôle actif, qui impose un courant constant à un éventuel
dipôle passif (récepteur) qui sera parcouru par un courant = . Par conséquent, la tension u qui
va alors apparaître aux bornes de la source de courant dépend du récepteur. On peut aussi utiliser
l’une ou l’autre des deux symboles de la Figure 1.20.

Figure 1.20 : sources idéales de courant

Le courant est aussi appelé courant de court-circuit, car une source de courant ne peut pas être
insérée dans une branche de circuit ouvert.

18
Arrêter ou supprimer une source de courant dans un circuit équivaut à ouvrir le circuit à ce niveau
de la source.
La puissance p fournie par une source idéale de courant, par application de la convention générateur
s’écrit :
= = (1.26)

Dans un circuit électrique à plusieurs sources de tension/courant, une source idéale de courant peut
être un récepteur qui appelle un courant rigoureusement constant (c’est le cas des récepteurs
inductifs). Dans ce cas, la tension et le courant sont fléchés comme illustré à la Figure 1.21. On
applique la convention récepteur.

Figure 1.21 : récepteur comme source idéale de courant

[Link]. Loi d’association des sources de courant


Plusieurs sources de courant peuvent être branchées en parallèle si l'on relie tous les pôles + au
même nœud et tous les pôles – aussi sur un même nœud. Ainsi, les intensités des courants s'ajoutent :

é = (1.27)

Un exemple illustratif de la loi d’association des sources de courant est donné à la Figure 1.22. Il
est interdit de placer en série plusieurs sources de courant délivrant des courants différents.

= + + +
Figure 1.22 : exemple illustratif de l’association en parallèle des sources de courant

19
1.3. Méthodes d’étude des circuits
1.3.1. Diviseurs de tension et de courant
[Link]. Diviseur de tension
En pratique, un diviseur de tension est un montage électronique simple qui permet de diviser une
tension d'entrée pour obtenir une tension de sortie. On rencontre les ponts diviseurs de tension dans
les voltmètres. Un exemple illustratif de diviseur de tension est donné à la Figure 1.23.

=
+ + +
Figure 1.23 : exemple illustratif de pont diviseur de tension résistif

La loi de diviseur de tension dit que lorsque plusieurs résistances sont en série (Figure 1.23), la
tension aux bornes de l'une d'entre elle peut être déterminée par la relation :

= (1.28)

Un pont diviseur de tension est généralement utilisé pour conditionner un signal dans un montage
électronique.
En plus des diviseurs de tension résistifs, il existe également en pratique (en haute tension) des
diviseurs capacitifs de tension alternative constitués de deux condensateurs (voir Figure 1.24).
Cependant, ces diviseurs de tension ne sont pas utilisés en courant continu, car 'ils ne permettent
pas de diviser une tension continue. Dans le cas d'un diviseur de tension capacitif donné à la Figure
1.24, pour des tensions alternatives, le rapport de conversion vaut :

= (1.29)
+

Figure 1.24 : pont diviseur capacitif de tension alternative

[Link]. Diviseur de courant


En pratique, un diviseur de courant est un montage électronique simple permettant d'obtenir un
courant proportionnel à un autre courant. On rencontre les ponts diviseurs de courant dans les
ampèremètres.
20
La loi de diviseur de tension dit que lorsque plusieurs résistances sont en parallèle, le courant qui
traverse l'une d'entre elle peut être calculé par la relation :

= (1.30)

avec Gi = 1/Ri.
La loi de diviseur de courant permet généralement de calculer l'intensité du courant dans une
résistance lorsque celle-ci fait partie d'un ensemble de résistances en parallèle et lorsque l'on connaît
le courant total qui alimente cet ensemble, et vice versa.
Un exemple illustratif de diviseur de courant est donné à la Figure 1.25.

=
+ + +
Figure 1.25 : exemple illustratif de pont diviseur de courant résistif

1.3.2. Théorèmes de Thévenin et de Norton


Tout réseau linéaire actif présentant des connexions de sortie A, B comme le montre la Figure 1.26
peut être remplacée par un unique générateur équivalent de Thévenin ou de Norton.

Figure 1.26 : exemple de circuit vu entre deux bornes A et B

Quand on étudie un dipôle particulier d'un réseau, les théorèmes de Thévenin et de Norton sont très
efficaces car elles permettent de remplacer un circuit complexe par un circuit élémentaire dans
lequel les calculs sont immédiats.

[Link]. Théorème de Thévenin


Le théorème de Thévenin, du nom de l’ingénieur français Léon Charles Thévenin, est très utile pour
déterminer l’intensité du courant circulant dans la branche d’un réseau lorsque l’on souhaite éviter
la mise en équation complète du réseau. D’après Thévenin :

Un réseau électrique linéaire vu de deux points est équivalent à un générateur de tension parfait
(Figure 1.27) dont la force électromotrice ETh est égale à la différence de potentiels à vide entre ces
deux points, en série avec une résistance RTh égale à celle que l'on mesure entre les deux points
lorsque les générateurs indépendants sont remplacés parleurs résistances internes.
21
µ
Figure 1.27 : générateur équivalent de Thévenin

Si le réseau actif linéaire de la Figure 3.26 alimente par les bornes A et B une charge, la charge en
question doit au préalable être débranchée pour permettre la détermination des paramètres ETh et
RTh. du générateur de la Figure 1.27.

[Link]. Théorème de Norton


Le théorème de Norton, du nom de l’ingénieur Edward Lawry Norton, est la transformation duale
du théorème de Thévenin. Il est adapté pour déterminer le modèle équivalent d'un ensemble de
branches en parallèle. D’après Norton :

Un réseau électrique linéaire vu de deux points est équivalent à un générateur de courant parfait
dont l’intensité IN du générateur est égale au courant de court-circuit entre ces deux points, en
parallèle avec une résistance RN égale à celle que l'on mesure entre les deux points lorsque les
générateurs indépendants sont remplacés parleurs résistances internes.

Figure 1.28: générateur équivalent de Norton

Si le réseau actif linéaire de la Figure 1.26 alimente par les bornes A et B une charge, la charge en
question doit au préalable être débranchée pour permettre la détermination des paramètres IN et RN
du générateur de la Figure 1.28.

[Link]. Conversion entre les générateurs de Thévenin et Norton


Il est possible de passer directement d'un générateur équivalent de Thévenin à un celui de Norton et
inversement, à l'aide des relations suivantes :

1°) de Thévenin à Norton :


=
(1.31)
=
2°) de Norton à Thévenin :
=
(1.32)
=
22
Lorsqu'on cherche le générateur équivalent d'un réseau actif linéaire on doit aussi appliquer les deux
règles suivantes (voir Figure 1.29) :
 Tous les dipôles en parallèle avec une source de tension idéale peuvent être enlevés : en effet
le générateur idéal de tension impose la tension à ses bornes quels que soient les dipôles
reliés à ces mêmes bornes. Si ce n'était pas le cas, ce ne serait pas un générateur idéal de
tension.
 Tous les dipôles en série avec une source de courant idéale peuvent être enlevés : le
générateur idéal de courant impose le courant qui le traverse quels que soient les dipôles en
série avec lui.

Figure 1.29: illustration des règles à appliquer

1.3.3. Théorème de Millman


Le théorème de Milman, du nom de l'électronicien américain Jacob Millman, permet de trouver la
différence de potentiel entre deux nœuds connectant plusieurs branches en parallèle. Chaque
branche étant théoriquement constituée d’une source idéale de tension en série avec un élément
linéaire, ou encore d’une source idéale de courant en parallèle avec un élément linéaire. C’est une
forme particulière de la loi des nœuds où l’on exprime la différence de potentiel du nœud A par
rapport au nœud B:

∑ +∑ ∑ +∑
U = = (1.33)
∑ 1

= +1 si ou orientés vers A
avec
= −1 si ou orientés vers B

L’équation (1.33) est le théorème de Millman élargie aux sources de courant. Sinon, plus
généralement d’après Millman, et conformément à la Figure 1.30 :

Dans un réseau électrique de branches en parallèle, comprenant chacune un générateur de tension


parfait en série avec un élément linéaire, la tension aux bornes des branches est égale à la somme
des forces électromotrices respectivement multipliées par l'admittance de la branche, le tout divisé
par la somme des admittances.

23
∑ ∑
U = = (1.34)
∑ 1

Figure 1.30: illustration du théorème de Millman

Dans le cas particulier d'un réseau électrique composé de résistances, à titre d’exemple, la tension
U mesurée entre les deux nœuds dans le schéma donné à la Figure 1.31 est :

E E E
R +R −R +I
U= (1.34)
1 1 1 1
R +R +R +R

Figure 1.31: exemple illustratif du théorème de Millman

1.3.4. Loi de Pouillet


La loi de Pouillet, du nom du physicien français Claude Pouillet, permet de calculer l'intensité du
courant dans un circuit série en maille simple composé de dipôles actifs linéaires et de conducteurs
purement résistifs. Elle est complémentaire de la loi d'Ohm.
Pour une maille ne comportant que des sources de tension Ek et des résistances Ri parcourues par la
même le même courant d’intensité I :

∑ = +1 si orientée dans le sens de I


= avec (1.35)
∑ = −1 si orientée dans le sens contraire de I

Considérons, à titre d’illustration, une maille unique (Figure 1.32) comportant deux sources de
tensions E1 et E2 avec leurs résistances internes r1 et r2, des résistances R1 et R2.

24
Figure 1.32: illustration de la loi de Pouillet

L’intensité du courant qui circule dans la maille de la Figure 1.31 est :


= (1.36)
+ +

1.3.5. Théorème de superposition


Le théorème de superposition est fondamental, et il permet d'étudier des circuits comportant
plusieurs générateurs de tension ou/et de courant en considérant l'influence de chaque
générateur indépendamment des autres.
Avec le théorème de superposition, on peut calculer le potentiel d’un nœud du circuit le l’intensité
de courant dans une branche, en faisant la somme des potentiels ou des intensités de courants
obtenus lorsqu'on rend passif toutes les sources indépendantes sauf une. Ceci, nous amène à
distinguer deux types de superposition : la superposition des courants et la superposition des
tensions.

[Link]. Superposition des tensions


Enoncé du théorème : La tension entre deux points d'un circuit électrique linéaire comportant
plusieurs sources d'énergie est égale à la somme des tensions obtenues entre ces deux points lorsque
chaque source agit seule.

Considérons, à titre illustratif du théorème de superposition des tensions, un circuit (Figure 1.33)
composé de deux générateurs montés en parallèle et constitués chacun d’une f.é.m. E et d’une
résistance interne r. On veut connaître la tension aux bornes des deux générateurs en parallèle.

Figure 1.33: illustration du théorème de superposition de tensions

Dans l'exemple de la Figure 1.33, on va commencer par éteindre la f.é.m. E2 en la remplaçant par
un « court-circuit », et faire le calcul de la tension U avec E1 seul. En appliquant le diviseur de
tension, on a :

25
= (1.37)
+

Pour avoir maintenant la contribution de la f.é.m. E2, on fait la même chose en éteignant la f.é.m.
E1 et en la remplaçant par un « court-circuit » :
= (1.38)
+

La solution totale U est égale à la somme des deux solutions précédemment trouvées :

+
= + = + = (1.39)
+ + +

[Link]. Superposition des courants


Enoncé du théorème : Le courant dans une branche d'un circuit électrique linéaire comportant
plusieurs sources d'énergie est égal à la somme des intensités des courants dans cette branche
lorsque chaque source agit seule.

Reconsidérons, à titre illustratif du théorème de superposition des courants, l’exemple donné à la


Figure 1.32 sur l’illustration de la loi de Pouillet.
Ici, nous allons commencer par éteindre la f.é.m. E2 en la remplaçant par un « court-circuit », et
faire le calcul de l’intensité I du courant avec E1 seul. On a :

= (1.40)
+ +

Pour avoir maintenant la contribution de la f.é.m. E2, on fait la même chose en éteignant la f.é.m.
E1 et en la remplaçant par un « court-circuit » :
=− (1.41)
+ +

La solution totale I est égale à la somme des deux solutions précédemment trouvées :


= + = − = (1.39)
+ + + + + +

On retrouve l’équation 1.36.

1.3.6. Dualité
[Link]. Définition
Soit un dipôle D imposant entre u et i la relation :
u = fA(i)

Le dipôle Dd est le dual du dipôle D s’il impose l'équation :


i = fA(u), c’est-à-dire u = (i)
Le Tableau 1.1 illustre quelques exemples pratiques dualité dans les circuits électriques.

26
Tableau 1.1 : exemple de dualité

[Link]. Circuit dual


Le dual d'un circuit est un autre circuit dans lequel toutes les tensions auront à chaque instant la
valeur des courants du circuit d'origine et réciproquement.
Pour illustrer la détermination du dual d'un circuit, on considère l’exemple de la Figure 1.34. La
méthode appliquée est la suivante :
 On place un point dans chaque maille du circuit. Chaque point correspondra à un nœud dual
de cette maille dans le circuit dual.
 On place un point à l'extérieur du réseau.
 On relie ensuite ces points en passant sur les dipôles existants.
 Le circuit dual est constitué en plaçant l'élément dual de l'élément qui apparaît entre deux
points du circuit source, entre les deux nœuds correspondants du circuit dual.
 L'orientation du circuit dual est obtenue en écrivant les équations de nœuds de ce circuit qui
sont duales des équations de mailles du circuit source.

Figure 1.34: illustration de la dualité d’un circuit électrique

L’intérêt de la dualité dans les circuits électriques peut se résume en quelques termes :
 Toutes les lois reliant les intensités dans un circuit sont applicables aux tensions dans le
circuit dual et réciproquement.
 Par exemples la formule du diviseur de courant peut être déduite par dualité de la formule
du diviseur de tension.

27
Chapitre 2 : Circuits électriques en régimes variable et sinusoïdal
2.1. Caractéristiques des circuits à courant alternatif
2.1.1. Caractéristiques d’une grandeur variable périodique
[Link]. Période d’une grandeur variable périodique

Une grandeur périodique est une grandeur qui vérifie la relation f(t)=f(t+nT), où n est un nombre
entier et T la période mesurée en unité de temps. La période représente le temps que la fonction met
à se répéter. La Figure 2.1 présente une fonction périodique en forme de dents de scie, de période
T.

Figure 2.1 : illustration d’une grandeur périodique

[Link]. Amplitude d’une grandeur variable périodique

L’amplitude d’une grandeur périodique est souvent définie comme étant la valeur maximale de cette
fonction ou la valeur crête. La Figure 2.2 présente la valeur crêt ou amplitude A d’une grandeur
périodique de période T.

Figure 2.2 : valeur crête d’une grandeur

Une grandeur périodique peut présenter une valeur maximale et une valeur minimale comme
présenté à la Figure 2.3. On peut alors définir la valeur crête à crête de la fonction, qui n’est autre
que l’écart maximal d’amplitude atteint durant une période.

Figure 2.3 : valeur crête-à-crête d’une grandeur


28
[Link]. Valeur moyenne d’une grandeur variable périodique

La valeur moyenne d’une grandeur périodique de période T est définie par :

1
= ( ) (2.1)

La Figure 2.4 montre la représentation de cette valeur moyenne pour une fonction périodique, en
forme de dents de scie, de période T.

Figure 2.4 : valeur moyenne d’une grandeur

En électrotechnique, la valeur moyenne d’un courant électrique est liée à sa propriété chimique,
c’est-à-dire la quantité de charges électriques transportées pendant un temps par le courant
électrique, qu’il soit variable ou continu.
Considérons que I̅ le courant continu (courant constant) qui a permis de transporter pendant un
intervalle temps ∆t = t2 − t1 une quantité de charges Q : Q = I∙̅ ∆t
Considérons aussi que i(t) le courant variable qui a permis de transporter pendant un temps
élémentaire dt une quantité élémentaire de charges dQ. Avec i(t) = dQ/dt, on peut écrire que la
quantité de charges Q transportée par un courant variable i(t) à partir d’un instant t1 jusqu’à un
instant t2 :

= ( ) (2.2)

Q est ici la même quantité de charges transportée par un courant continu I̅ pendant la même durée :

(̅ − )= ( ) (2.3)

On alors
1
̅= ( ) (2.4)

Si i(t) est périodique de période T, on écrit :
1
̅= ( ) (2.5)

[Link]. Valeur efficace d’une grandeur variable périodique


La valeur efficace d’une grandeur périodique de période T est définie par :
29
1
= ( ) (2.7)

Dans certaines littératures ou applications, la valeur efficace est souvent notée rms (Root Mean
Square = valeur moyenne quadratique. La valeur efficace est toujours positive !

En électrotechnique, la valeur efficace d’un courant électrique est liée à sa propriété calorifique,
c’est-à-dire l’énergie dissipée sous forme de chaleur dans une résistance électrique pendant un
temps par le courant électrique, qu’il soit variable ou continu.
Considérons que I le courant continu (courant constant) qui a permis de dissiper pendant un
intervalle temps ∆t = t2 − t1 l’énergie W sous de chaleur dans une résistance électrique R : W = R∙I2
∙∆t
Considérons aussi que i(t) le courant variable qui a permis de dissiper pendant un temps élémentaire
dt une énergie dW sous forme de chaleur dans une résistance électrique R. Avec R∙i2(t) = dW/dt, on
peut écrire que l’énergie totale dissipée sous forme de chaleur dans une résistance électrique R par
un courant variable i(t) à partir d’un instant t1 jusqu’à un instant t2 :

= ∙ ( ) (2.8)

W est ici la même énergie dissipée dans la résistance R par un courant continu I pendant la même
durée :

∙ ( − )= ∙ ( ) (2.9)

On alors

1 1
= ( ) ⇒ = ( ) (2.10)
− −

Si i(t) est périodique de période T, on écrit :

1
= ( ) (2.11)

2.1.2. Caractéristiques d’une grandeur alternative sinusoïdale


Une grandeur alternative est une grandeur bidirectionnel et périodique dont la valeur moyenne sur
une période est nulle. La Figure 2.5 montre un courant alternatif, où les deux aires hachurées
(positive et négative) sont égales.

30
Figure 2.5 : exemple illustratif d’un courant alternatif

Une grandeur alternative sinusoïdale est une grandeur dont les valeurs changent de signes à
intervalles de temps réguliers (voir Figure 2.6). Tout signal sinusoïdal possède une période T. Cette
période T se mesure en seconde.

2
( )= sin + (2.12)

Figure 2.6 : illustration d’une grandeur alternative sinusoïdale

[Link]. Fréquence
Un courant alternatif est caractérisé par sa fréquence, mesurée en hertz (Hz). La fréquence
correspond au nombre de période du signal en une seconde (une oscillation = une période). Un
courant alternatif de 50 Hz effectue cinquante oscillations par seconde, c'est-à-dire qu'il change cent
fois de sens par seconde.
Par définition, la fréquence est le nombre de cycle par unité de temps f =1/T.

2
( )= sin + = Asin(2 + ) (2.13)

[Link]. Fréquence angulaire ou pulsation


La pulsation ω est la vitesse angulaire du courant ou de la tension produit. On l'exprime en
radians/seconde. Elle dépend de la fréquence du signal f ou de sa période :

2
( )= sin + = Asin(2 + ) = Asin( + ) (2.14)

[Link]. Valeurs moyenne et efficace


On considère la fonction x(t) donnée à la Figure 2.6.

31
Valeur moyenne : La valeur moyenne de la tension ou du courant alternatif sur un cycle de l'onde
sinusoïdale est nulle.

Valeur efficace : La valeur efficace est la valeur continue équivalente de l'onde sinusoïdale. Elle
est égale à l’amplitude du signal divisée par √2.

[Link]. Déphasage entre deux grandeurs alternatives sinusoïdales


On considère deux grandeurs sinusoïdales de même fréquence (Figure 2.7) : u(t) et i(t) :

( ) = √2 sin( + )
( ) = √2 sin( + )

Figure 2.7 : deux grandeurs alternatives sinusoïdales déphasées de φ=+π/2

Le comptage du déphasage entre u(t) et i(t) respecte une convention donnée. Si on considère la
convention illustrée à travers la Figure 2.8 (et appliquée à la Figure 2.6), le déphasage s’écrit :
= / = −
On dit alors que / est le déphasage de la tension u(t) par rapport au courant i(t).

Figure 2.8 : diagramme de déphasage entre deux grandeurs alternatives sinusoïdales

En électrotechnique et dans les systèmes d’alimentation électrique, la tension u(t) est considérée
comme une grandeur de référence par rapport au courant i(t), qui lui est imposé par la consommation
(ou les par récepteurs). Ainsi, on a normalement
= 0 et = −
et on écrit

32
( ) = √2 sin( )
( ) = √2 sin( − )

On dit alors que est le déphasage du courant i(t) sur la tension u(t). Par ailleurs, on considère
toujours la valeur principale du déphasage comprise entre –π et π, et :
  0 : le courant est en retard par rapport à la tension.
  0 : le courant est en avance par rapport à la tension.

2.1.3. Représentation de Fresnel d’une grandeur alternative sinusoïdale


[Link]. Vecteurs de Fresnel et nombres complexes
Le phaseur est un moyen simple de représenter des tensions et courants sinusoïdaux. Cette méthode
a été proposée par Charles Proteus Steinmetz et est basée sur la relation d’Euler (Figure 2.9) :

= + = = cos + sin

Figure 2.9 : représentation d’un vecteur de Fresnel

[Link]. Représentation complexe d’une grandeur alternative sinusoïdale


Rappel de la formule d’Euler :

Soit une fonction sinusoïdale

x(t) est la partie réelle de la valeur instantanée complexe :

La représentation graphique de la partie imaginaire d’un complexe est donnée à la Figure 2.10.

33
Figure 2.10 : représentation d’une grandeur sinusoïdale

Le phaseur ou vecteur de Fresnel :


Considérons une grandeur sinusoïdale x(t) :

Dans un circuit électrique linéaire en régime sinusoïdal permanent, tous les courants et les tensions
ont la même pulsation ω. Le terme exp(jωt) est donc commun à toutes les grandeurs (courants et
tensions) du circuit. Généralement, toute grandeur physique sinusoïdale peut être caractérisée
uniquement par son amplitude (valeur efficace) √2X et sa phase θ. En particulier, une tension ou
un courant sinusoïdal est caractérisée par sa valeur efficace X et sa phase θ. Le phaseur ou le vecteur
de Fresnel de x(t), peut donc prendre la forme :

= e

Diagramme des phaseurs ou de Fresnel :


Considérons une tension u(t) et un courant i(t), toutes deux sinusoïdale :

La représentation graphique de ces deux grandeurs est donnée à la Figure 2.11.

Figure 2.11 : représentation de Fresnel de la tension et du courant.

34
2.2. Circuits monophasés
2.2.1. Systèmes de distribution monophasé
Le monophasé est un système de distribution d’énergie électrique (Figure 2.12), où la tension et le
courant varient de manière alternative sinusoïdale. La distribution monophasée se fait généralement
à l’aide de deux fils : la phase et le neutre. Cependant, il est à noter qu’un récepteur monophasé ne
sait pas faire la différence entre la phase et le neutre. Car, il peut aussi être spécifiquement alimenté
en diphasé (avec deux phases), comme dans le cas des récepteurs de type monophasé dans les
systèmes industriels.

Figure 2.12 : illustration d’un système monophasé

Au Cameroun, pour les clients ENEO abonnés ’’domestique’’, l’alimentation en monophasé est
disponible au niveau des ’’prises de courant’’ des installations domestiques en trois fils (Figure
2.13) :
 la phase,
 le neutre et
 la terre.

Figure 2.13 : ’’prise de courant’’ domestique

Au Cameroun, la distribution monophasé domestique faite par ENEO est :


 tension : V = 220–230 volts ,
 fréquence : f = 50Hz

Il est à noter que le fils de terre est un conducteur de protection équipotentielles des personnes, il
n’est donc pas un conducteur actif comme le fil de phase et le fil de neutre.

2.2.2. La loi d'Ohm en alternatif


[Link]. Impédance et admittance d’un récepteur
Soit un récepteur monophasé représenté à travers le dipôle D donné à la Figure 2.14.

Figure 2.14 : dipôle représentant un récepteur monophasé

35
L’impédance complexe du dipôle de la Figure 2.14 en régime permanent sinusoïdal s’écrit :

De même, l’admittance complexe de ce dipôle en régime permanent sinusoïdal s’écrit :

Applications :
Considérons :

[Link]. Récepteur purement résistif


Considérons le schéma de la Figure 15a, où R une résistance (récepteur résistif = ) de valeur
non nulle, et
( ) = √2sin( + )
( ) = √2sin( + )
D’après la loi d’Ohm :
√2sin( + )
( )= ( ) ⇒ ( )=
On en déduit que le courant et la tension sont en phase, comme illustré à la Figure 15b :
= ⇒ = − =0

a b
Figure 2.15 : Circuit purement résistif
a : récepteur résistif ; b : diagramme de Fresnel correspondant

[Link]. Récepteur purement inductif


Considérons le schéma de la Figure 16a, où L l’inductance d’une bobine (récepteur inductif =
) de valeur non nulle, et
( ) = √2sin( + )
( ) = √2sin( + )

36
a b
Figure 2.16 : Circuit purement inductif
a : récepteur inductif ; b : diagramme de Fresnel correspondant

D’après la loi d’Ohm :


( )
( )= = √2cos( + )= √2sin + +
2
⇔ =
Sachant aussi que
( )
( ) = √2sin( + ) ⇔ =

= = ( )
= = cos + sin =
2 2
La loi d’Ohm s’écrit :
= =
On en déduit que la tension est en quadrature avant avec le courant, comme illustré à la Figure 16b :
= − =
2

On remarque, qu’une bobine parfaite (résistance interne R = 0) parcourue par un courant continu se
comporte comme un court-circuit (Z = 0), car ω = 0.
= est appelée réactance inductive. Elle est mesurée en Ω.

[Link]. Récepteur purement capacitif


Considérons le schéma de la Figure 17a, où C est la capacité d’un condensateur (récepteur capacitif
= ) de valeur non nulle, et
( ) = √2sin( + )
( ) = √2sin( + )
D’après la loi d’Ohm :
( )
( )= = √2cos( + )= √2sin + +
2
⇔ =
Sachant aussi que
( )
( ) = √2sin( + ) ⇔ =
( )
1 1 1
= = = = =
cos 2 + sin 2

37
a b
Figure 2.17 : Circuit purement capacitif
a : récepteur capacitif ; b : diagramme de Fresnel correspondant

La loi d’Ohm s’écrit :


= =−
On en déduit que la tension est en quadrature arrière avec le courant, comme illustré à la Figure
17b :
= − =−
2

On remarque, qu’un condensateur parfait (conductance interne G→∞) alimenté par une tension
continue se comporte comme un circuit ouvert (Z→∞) car ω = 0.
= 1/ est appelée réactance capacitive. Elle est mesurée en Ω.

2.2.3. Puissance en régime alternatif sinusoïdal


[Link]. La puissance instantanée
Soit un dipôle D donné à la Figure 2.18.

Figure 2.18 : dipôle en convention récepteur (système français)

La tension aux bornes de ce dipôle est :


( ) = √2 ( + )
et le courant circulant dans ce dipôle est :
( ) = √2 ( + )

Si l’on prend la convention récepteur, la puissance instantanée reçue par le dipôle D est :
( )= ( )( )
On a alors, pour un signal sinusoïdal :
( ) = √2 ( + ) ∙ √2 ( + ) = 2 ( + ) ( + )

Remarque : La définition ( ) = ( ) ( ) est toujours valable, même pour des signaux non
périodiques.
Remarque : La convention choisie pour orienter u et i est la convention des récepteurs.
On peut alors dire que :
38
 p(t) > 0 si le dipôle reçoit effectivement de l’énergie du reste du circuit ;
 p(t) < 0 si le dipôle donne de l’énergie au reste du circuit.

[Link]. La puissance moyenne et facteur de puissance


Expression de la puissance moyenne ou puissance active:
Dans le cas d’un signal sinusoïdal, la puissance instantanée reçue est exprimée par la relation :
( ) = 2 cos( + )cos( + ) = cos(2 + + ) + cos( − )

Le premier terme cos(2 + + ) est la partie variable dans le temps de la puissance, et le


second terme cos( − ) la partie constante.
La puissance moyenne est :
1 1
= ( ) = cos(2 + + ) + cos( − )

= cos(2 + + ) + cos( − ) = 0+ cos( − )

en notant = − le déphasage entre la tension et le courant dans le dipôle.


La puissance moyenne est donc :
= cos

cos est égal au facteur de puissance (il n’est pas par définition le facteur de puissance !).

Expressions du cos :
En notations complexes :
= et =
Sachant que :
= ∙
il vient
( )
= = = = +
donc le cos s’écrit :
cos = =
√ +

Autres expressions de la puissance moyenne ou puissance active:


La puissance moyenne peut aussi s’écrire :
= cos =
On peut montrer de même que :
=
G étant la partie réelle de l’admittance, et l’admittance étant l’inverse de l’impédance.

[Link]. La puissance réactive et puissance apparente


Expression de la puissance réactive :

39
La puissance réactive est puissance consommée ou produite respectivement par un récepteur
inductif ou capacitif :
= sin
= sin =
= tg
On peut montrer de même que :
=

B étant la partie imaginaire de l’admittance, et l’admittance étant l’inverse de l’impédance.

Expression de la puissance apparente :


La puissance apparente est une puissance complexe d’un récepteur alternatif :
= + = (cos + sin )
avec
= = +

2.3. Circuits triphasés


2.3.1. Introduction aux circuits triphasés
Au Cameroun, ENEO fait la distribution de l’énergie électrique en triphasé. C’est-à-dire que les
clients ou usager sont alimentés à travers un système d’alimentation triphasé, comme présenté à la
Figure 1.19 Dans les quartiers ou dans les industries, l’alimentation se fait toujours en triphasé.
Cependant, dans les quartiers, plusieurs clients ou usagers normaux d’ENEO sont alimentés à
travers des compteurs à deux-fils (système monophasé), tandis que les autres sont alimentés à
travers des compteurs à quatre-fils (système triphasé). Plusieurs clients alimentés par exemple en
monophasé (compteur à deux-fils) forment en fait un système de récepteur triphasé.

Figure 2.19 : illustration d’un système triphasé

2.3.2. Définition
On dit que trois tensions simples ou composées, fonctions sinusoïdales de temps, forment un
système triphasé si elles:
 ont même pulsation ou fréquence,
 s'expriment sous la forme:
40
1°) pour un système triphasé de tensions simples ou étoilées (Figure 2.20) :
v1  V1 2 sin t
v 2  V2 2 sin t  s  2 3
v3  V3 2 sin t  s  4 3
2°) pour un système triphasé de tensions composées (tensions de ligne, à l'extérieur du
récepteur ou du générateur) :
u12  U 12 2 sin t   
u 23  U 23 2 sin t    s  2 3
u 31  U 31 2 sin t    s  4 3
 est considéré comme étant un angle de déphasage fixe et constant entre les systèmes triphasés
équilibrés de tensions simples et tensions composées. s (Sens du Système) est un paramètre, qui
indique le sens dans lequel le système triphasé tourne. Le système ne pouvant tourner que dans deux
sens différents, s ne peut prendre que comme valeurs +1 et -1. Ceci est aussi valable pour le système
triphasé de courants :
i1  I1 2 sin t   
i2  I 2 2 sin t    s  2 3
i3  I 3 2 sin t    s  4 3

On dit qu'un système triphasé de tensions ou courants est équilibré, lorsque les trois tensions ou
courants qui le composent ont en plus même valeur efficace. Dans le cas contraire, le système est
dit déséquilibré. En général, un système triphasé équilibré est un groupement de trois systèmes
monophasés identiques.

Figure 2.20: Chronogramme des trois tensions sinusoïdales du système triphasé

On peut remarquer, à partir de la Figure 2.21, que les tensions simples (ou étoilés) v1, v2 et v3 peuvent
aussi être définies comme étant les différences de potentiel entre les fils de ligne (phases) et un
neutre réel ou fictif. Quant aux tensions composées u12, u23 et u31, différences de potentiel entre fils
de ligne (phases), elles peuvent être exprimées à partir des tensions simples :
u12 = v1 – v2
u23 = v2 – v3
u31 = v3 – v1

41
i1
u12
v1
Générateur i2 Récepteur
triphasé
u23 u31
ou v2
i3
Alimentation
v3
iN

Figure 2.21: Ligne électrique triphasée avec un générateur en amont et un récepteur en aval

2.3.3. Représentation des systèmes triphasés


Une tension sinusoïdale est généralement représentée à l'aide d'une fonction sinus dans son
expression trigonométrique. Par exemple : v  V 2 sin t

On sait, que l'expression complexe d'une tension alternative se laisse déduire à partir de l'expression
trigonométrique de celle-ci. Ainsi, on considère que l'expression trigonométrique est la partie réelle
de l'expression complexe. Ceci est vrai, si et seulement si, la fonction sinus de l'expression
trigonométrique est transformée en une fonction cosinus : v  V 2 cost   0 

Le système triphasé de tensions simples peut alors s'exprimer sous la forme :


v1  V1 2 cost   0 
v 2  V2 2 cost   0  s  2 3
v3  V3 2 cost   0  s  4 3
Les expressions complexes correspondantes sont :
v1  V1 2e j t  0   V 1 2e jt
v 2  V2 2e j t  0  s2 3   V 2 2e jt
v 3  V3 2e j t  0  s4 3   V 3 2e jt

V1, V2 et V3 sont des vecteurs de Fresnel correspondants aux valeurs efficaces des tensions simples
du système triphasé. Les modules V1, V2 et V3 de ces vecteurs ne sont autres que les valeurs
efficaces des tensions correspondantes. Les expressions qui lient les valeurs efficaces à leurs
vecteurs de Fresnel sont :
V 1  V1e  j 0
V 2  V2 e  j 0  s2 3 
V 3  V3 e  j  0  s4 3

Dans le cas des systèmes triphasés équilibrés, on peut introduire un opérateur complexe a, qui
permet de simplifier l'écriture des expressions des vecteurs de Fresnel correspondants. Ceci nous
permet éventuellement de distinguer 2 systèmes triphasés :
1°) Le système triphasé équilibré direct (Figure 2.22A)
V1 = V
V2 = a2V
V3 = aV

2°) Le système triphasé équilibré inverse (Figure 2.22B)


V1 = V
42
V2 = aV
V3 = a2V

Avec V = V1 = V2 = V3.

Figure 2.22: Représentation des systèmes triphasés équilibrés direct (A) et inverse (B) de tensions
dans le plan de Fresnel

a est donc un complexe de module 1 et de la forme:


1 3
a  e j 2 3    j
2 2
Il présente les propriétés suivantes :
1°) a  e j 2 3  e  j 4 3 5°) a   a 2 (le conjugué de a)
2  j 2 3 j 4 3
2°) a  e e 6°) a 3  1
3°)  a  e  j 3 7°) 1  a  a 2  0
4°)  a 2  a 1 2  e j 3

2.3.4. Systèmes triphasés équilibrés


Le système triphasé équilibré de grandeurs physiques le plus utilisé est le système triphasé de
tensions. NONATREL/ENEO a l'obligation de produire et distribuer un système triphasé équilibré
de tensions. En réalité, les valeurs efficaces des trois tensions simples du réseau de distribution ne
sont pas égales. Cependant, on considère que le système est équilibré, quand la différence entre les
valeurs efficaces des trois tensions ne dépasse pas une certaine valeur fixée au préalable par les
normes en vigueur. Il est à noter qu'un éventuel déséquilibre du système triphasé de tensions est le
plus souvent causé par les chutes de tension engendrées par le déséquilibre au niveau du système
triphasé de courants. Ce dernier est caractérisé par le déséquilibre au niveau des récepteurs, ce qui
peut aussi correspondre dans l'installation électrique à un mélange de récepteurs monophasés et
triphasés. Dans ce paragraphe, nous allons simplement nous limiter à l'étude des récepteurs ou
groupes de récepteurs triphasés équilibrés alimentés par une ligne de distribution équilibrée en
tension.

[Link]. Récepteur triphasé couplé en étoile


On considère un récepteur triphasé composé uniquement d’impédances identiques Z. La Figure 2.23
présente deux dispositions schématiques différentes des trois dipôles couplés en étoile (Y) les plus
utilisés. En appliquant la convention récepteur et si le récepteur est alimenté à partir d’une ligne
triphasée équilibrée, on retiendra en s’aidant de la Figure 2.23 que :
 Chaque dipôle est directement parcouru par le courant en ligne correspondant :
J1 = I1 , J2 = I2 et J3 = I3
J1, J2 et J3 sont des courants dans les dipôles.
43
 Chaque dipôle est soumis à la tension simple correspondante de la ligne d’alimentation du
récepteur, puisque le point étoile 0 du récepteur triphasé est au même potentiel que le fil
neutre de la ligne d’alimentation :
V1 = V’1 + V0 V’1 = Z J1
V2 = V’2 + V0 V’2 = Z J2
avec
V3 = V’3 + V0 V’3 = Z J3

sachant que pour une ligne triphasée équilibrée V1 + V2 + V3 = 0 et I1 + I2 + I3 = 0

V1 + V2 + V3 = V’1 + V0 + V’2 + V0 + V’3 + V0 = (V’1 + V’2 + V’3) +3V0 = 0


 V’1 + V’2 + V’3 = -3V0
 ZJ1 + ZJ2 + ZJ3 = -3V0 avec J1 = I1 , J2 = I2 et J3 = I3
 ZI1 + ZI2 + ZI3 = -3V0
 Z(I1 + I2 + I3) = -3V0 et si Z  0
 0 = -3V0  V0 = 0
 V1 = V’1 , V2 = V’2 et V3 = V’3

V’1, V’2 et V’3 sont des tensions aux bornes des trois dipôles couplés en étoile.

 Les courants forment un système triphasé équilibré, déphasé d’un angle  du système de
tensions simples de la ligne d’alimentation. Les deux systèmes triphasés présentent en plus
un même ordre de succession de phases.  correspond à l’angle , l’argument de l’impédance
complexe Z des dipôles. On note : V = ZI
avec I = J

 Avec ou sans fil neutre le fonctionnement d’un montage étoile équilibré est le même,
puisque le courant dans le fil neutre (dans le cas où il est connecté) est nul. Si le fil neutre N
est relié au point étoile 0 du récepteur triphasé :
I1 + I2 + I3 = J1 + J2 + J3 = -IN = 0
L1 I1
V’1
I1 J1 Z
L1
Z
U12 V1 V’2 U12 V’ 1
Z U23
L2 I2 J2 0
V’ 2 J2 J1
U23
U23 V’3 Z Z
V2 J3
L3 I3 J3
L2 I2 Z
V’ 3
V3 V0 U23
IN I3
N L3
Figure 2.23: Récepteur triphasé couplé en étoile

[Link]. Récepteur triphasé couplé en triangle


On considère trois récepteurs monophasés identiques composés chacun uniquement d’une
impédance interne Z, comme dans le cas du couplage étoile précédent. La Figure 22.24 présente

44
deux dispositions schématiques différentes des trois dipôles identiques couplés en triangle () les
plus utilisés :
 Chaque dipôle est directement soumis à une tension entre phases de la ligne d’alimentation :
V’1 = U12 , V’2 = U23 et V’3 = U31
V’1, V’2 et V’3 sont des tensions aux bornes des dipôles.

 Les courants J1, J2 et J3 à l’intérieur du récepteur triphasé forment un système triphasé


équilibré de même ordre de succession de phases que les systèmes de tensions simples et
composées de la ligne d’alimentation du récepteur triphasé. Par conséquent, les deux
systèmes triphasés (I1 , I2 , I3) de courants en ligne et (J1 , J2 , J3) de courants internes au
récepteur ont même ordre de succession de phases :

I1 = J1 – J3 = J(1 – a)
I2 = J2 – J1 = J(a2 – 1) = J(1 – a)a2 = a2I1
I3 = J3 – J2 = J(a – a2) = J(1 – a)a = aI1

Il est à remarquer que I = J(1 – a). L’argument du terme complexe (1 – a), qui est de -30° (ou 30°
absolue), caractérise le déphasage entre les systèmes triphasés de courants en ligne et de courants
internes du récepteur.
L1 I1 V’ 3
V’1
Z J1
L1 I1 J1
J3
U23 V’ 1 Z
U12 V1 V’2 Z U12
I2 J2 Z
L2 Z
U23
U23 V2 V’3 Z J2
I3 J3 I2 V’ 2
L3 L2
V3 U23
L3 I3
N
Figure 2.24: Récepteur triphasé couplé en triangle

 On peut retenir, que la relation entre les valeurs efficaces des intensités I du courant en ligne
et J du courant interne est : I = 3J
Puisque I = J(1 – a), alors :

[Link]. Puissances appelées par le récepteur triphasé équilibré


Quel que soit le couplage (étoile ou triangle) d’un récepteur triphasé, on étudie toujours les
grandeurs caractéristiques de la ligne qui alimente ce récepteur. Il s’agit principalement des
grandeurs réellement mesurables comme les courants en ligne I, les tensions simples V, les tensions
composées U de la ligne et le déphasage . L’angle  est le déphasage du courant dans chaque phase
45
du récepteur par rapport à la tension simple correspondante. Il est à retenir que la mesure directe
des grandeurs internes au récepteur triphasé est dans la plupart des cas impossible. Les puissances
apparente, active et réactive appelées par le récepteur triphasé sont les sommes des puissances
actives et réactives transmises par trois lignes monophasées ayant en commun le fil neutre :

P = P1 + P2 + P3 = V1I1cos1 + V2I2cos2 + V3I3cos3


Q = Q1 + Q2 + Q3 = V1I1sin1 + V2I2sin2 + V3I3sin3
S = (P2 + Q2)1/2 = ((P1 + P2 + P3)2 + (Q1 + Q2 + Q3)2)1/2  S1 + S2 + S3 = V1I1 + V2I2 + V3I3

La puissance apparente en triphasé est une puissance complexe. Par conséquent, elle est somme des
puissances apparentes complexes transmises par trois lignes monophasés :
S = P + jQ = S1 + S2 + S3 = (P1 + jQ1) + (P2 + jQ2) + (P3 + jQ3) = (P1 + P2 + P3) + j(Q1 + Q2 + Q3)

Les puissances active et réactive vues dans le récepteur s’expriment sous la forme :
P = P1 + P2 + P3 = V’1J1cos1 + V’2J2cos2 + V’3J3cos3
Q = Q1 + Q2 + Q3 = V’1J1sin1 + V’2J2sin2 + V’3J3sin3

Si le récepteur triphasé équilibré est alimenté à travers une ligne équilibrée (en tensions), les
puissances apparente, active et réactive s’expriment de la même façon dans les cas de couplages
étoile et triangle :
P = 3V’Jcos = 3 UIcos
Q = 3V’Jsin = 3 UIsin
S = 3V’J = 3 UI
Avec :
 = 1 = 2 = 3 Récepteur en étoile : Récepteur en triangle :
V’ = V’1 = V’2 = V’3 J = I = I1 = I2 = I3 J = I/ 3 = I1/ 3 = I2/ 3 = I3/ 3
J = J1 = J2 = J3 V’ = V = V1 = V2 = V3 = U/ 3 V’ = U = U12 = U23 = U31
P = 3P1 = 3P2 = 3P3
Q = 3Q1 = 3Q2 = 3Q3
S = 3S1 = 3S2 = 3S3

2.3.5. Systèmes triphasés déséquilibrés


Le déséquilibre du système triphasé de tensions est généralement engendré par un déséquilibre du
système de courants dans le cas d'une distribution d'énergie électrique. La répartition déséquilibrée
des récepteurs monophasés sur une distribution triphasée (le plus souvent 4 fils) chez les usagers,
la coupure d'une phase ou le court-circuit dans une phase d'un récepteur triphasé sont souvent à
l'origine du déséquilibre du système triphasé des courants en ligne. Dans ce paragraphe, nous nous
limitons à l'étude des récepteurs ou groupes de récepteurs triphasés déséquilibrés alimentés par une
ligne de distribution équilibrée en tensions. Les conditions de fonctionnement du système triphasé
à étudier peuvent se résumer sous la forme :
 Au moins l’une des trois impédances internes Z1, Z2 et Z3 du récepteur triphasé est différente
des autres ;
 Les tensions simples V1, V2 et V3 de la ligne d’alimentation forment un système triphasé
équilibré.

[Link]. Récepteur triphasé couplé en étoile sans neutre


On considère un récepteur triphasé composé uniquement de trois impédances non identiques Z1, Z2
et Z3, montées en étoile, comme présenté sur la Figure 2.25. Quand le fil neutre N n’est pas relié au
46
point étoile 0 du récepteur, les tensions simples V’1, V’2 et V’3 dans le récepteur triphasé forment
un système triphasé déséquilibré. Ce qui veut dire que le point neutre 0 se trouve à un potentiel V0
 0, par rapport au fil de neutre N de la ligne, tel que:
V’1 = V1 – V0
V’2 = V2 – V0
V’3 = V3 – V0
V0 est calculée en utilisant Millmann :
V V V
Z +Z +Z
V =
1 1 1
Z +Z +Z
A travers la Figure 2.26, on peut aussi constater que le point N n’est pas confondu au point 0, comme
dans le cas d’un récepteur triphasé équilibré. Cependant :
I1 + I2 + I3 = J1 + J2 + J3 = 0

V’ 1
I1 J1 Z1
L1
U12 V1 V’ 2
Z2
L2 I2 J2 0
U23
U23 V2 V’ 3 Z
3
L3 I3 J3

V3 V0
IN
N
Figure 2.25: Récepteur triphasé couplé en étoile
L1

V1
V’1
U12 U31
V’0 N
0
V3
V’2 V2
V’3
L2 U23 L3

Figure 2.26 : Tensions dans un récepteur triphasé couplé en étoile

[Link]. Récepteur triphasé couplé en étoile avec neutre


Dès que le fil neutre N de la ligne est relié au point étoile 0 du récepteur, on a V0 = 0, et par
conséquent :
V1 = V’1 , V2 = V’2 et V3 = V’3

Le système de tensions simples dans le récepteur se synchronise à celui des tensions simples de la
ligne d’alimentation, et un courant IN circule dans le fil neutre N de la ligne :
I1 + I2 + I3 = J1 + J2 + J3 = -IN

47
Les trois courants appelés par le récepteur triphasé forment un système triphasé déséquilibré de
même ordre de succession de phase que le système triphasé de tensions simples de la ligne
d’alimentation. On peut écrire :
V V V
I = , I = , I =
Z Z Z
Il existe une relation entre le courant dans le neutre quand fil neutre est connecté, et la tension V
quand le fil neutre est déconnecté :
V
−I =

avec
1 1 1 1
= + +
Zé Z Z Z
Il est à noter que le signe négatif devant le courant I , dépend du sens d’orientation de ce courant
dans le fil neutre. Ici, nous avons considéré le sens donné à la Figure 21.16.

[Link]. Puissance appelée par le récepteur triphasé déséquilibré


En fonctionnement déséquilibré quel que soit le couplage (étoile ou triangle), le récepteur triphasé
devra être décomposé en trois récepteurs monophasés, qui seront étudiés séparément. Ainsi donc,
les puissances apparente, active et réactive appelées par le récepteur triphasé sont les sommes des
puissances actives et réactives transmises par trois lignes monophasées différentes :

P = P1 + P2 + P3 = V1I1cos1 + V2I2cos2 + V3I3cos3


Q = Q1 + Q2 + Q3 = V1I1sin1 + V2I2sin2 + V3I3sin3
S = (P2 + Q2)1/2

48
PARTIE 2 : Traitement de signal
 Signaux périodiques ;
 Développement en série de Fourier ;
 Quadripôles en régime sinusoïdal.

49
Chapitre 3 : Signaux périodiques
3.1. Généralités sur les signaux
3.1.1. Définition
Un signal est la représentation physique de l’information, qu’il convoie de sa source à sa destination.
C’est une expression d’un phénomène qui peut être mesurable par un appareil de mesure. Bien que
la plupart des signaux soient des grandeurs électriques (généralement courant, tension, champ, …)
la théorie du signal reste valable quelle que soit la nature physique du signal.
On distingue principalement deux types de signaux : Analogique et Numérique. Les signaux sont
utilisés pour transporter des informations d’un appareil à un autre. Le signal analogique est une onde
continue au cours d’une période donnée. Le signal numérique est discret par nature.

3.1.2. Différence entre signal analogique et signal numérique


La différence clé entre les signaux analogiques et numériques est que le signal analogique est
représenté par les ondes sinusoïdales alors que le signal numérique est représenté par des ondes
carrées. Ceci veut aussi dire que la plage d’un signal analogique n’est pas fixe alors que la plage du
signal numérique est finie et varie entre 0 et 1.
Un signal analogique peut subir à la distorsion en réponse au bruit, mais un signal numérique a une
immunité en réponse au bruit, par conséquent, il est rarement confronté à une distorsion.
Un signal analogique transmet des données sous la forme d’une onde, tandis qu’un signal numérique
transmet les données sous la forme binaire, c’est-à-dire sous la forme de bits.
Le meilleur exemple du signal analogique est la voix humaine, et le meilleur exemple du signal
numérique est la transmission de données dans un ordinateur.

3.1.3. Classification des signaux


Les signaux peuvent généralement être classés selon leur :
 phénoménologie ;
 morphologie ;
 énergie ;
 spectre .

[Link]. Classification phénoménologique


On met ainsi en évidence le type d’évolution du signal. Il peut être à caractère prédéterminé ou il a
un comportement non prévisible.
Un signal déterministe est un signal dont l’évolution en fonction du temps peut être parfaitement
prédite par un modèle mathématique approprié.
Au contraire, la plupart des signaux d’origine physique ont un caractère non reproductible. Les
signaux porteurs d’information (signaux de parole, d’image,…) présentent une certaine
imprévisibilité, il seront modélisés par des signaux aléatoires.

[Link]. Classification morphologique


Selon que le signal x(t) ou la variable t est continu ou discret ( tk = kT ) on distingue quatre types de
signaux :
 Le signal à amplitude et temps continus appelé couramment signal analogique.
 Le signal à amplitude discret et temps continu appelé signal quantifié.

50
 Le signal à amplitude continue et temps discret appelé signal échantillonné.
 Le signal à amplitude discret et temps discret appelé signal numérique.

[Link]. Classification énergétique


On distingue ici les signaux satisfaisant à une condition d’énergie finie à ceux présentant une
puissance moyenne finie et une énergie infinie.
On appellera énergie d’un signal x(t) la quantité :

= | ( )| (3.1)

et puissance moyenne de x(t) la quantité :

/
1
= | ( )| (3.2)
/

La première catégorie comprend les signaux de type transitoire qu’ils soient déterministes ou
aléatoires (exemple une impulsion carré ou gaussienne) et la deuxième catégorie englobe les
signaux de type permanent, périodique, déterministe et les signaux aléatoires permanents.

[Link]. Classification spectrale


L'analyse spectrale d'un signal (ou la répartition énergétique en fonction de la fréquence ) conduit à
une classification :
 Signaux de basses fréquences.
 Signaux de hautes fréquences.
 Signaux à bande étroite.
 Signaux à large bande.
La largeur de bande B d'un signal est le domaine principal des fréquences occupé par son spectre.
Elle est définie par la relation : f2  f1 avec 0 ≤ f1 < f2, où f1 et f2 sont des fréquences caractéristiques
dénotant respectivement les limites inférieure et supérieure prises en compte.

3.2. Concepts de signaux périodiques


Le sinus est la meilleure fonction mathématique à utiliser pour représenter des signaux, parce que
tout signal périodique peut être décomposé en une somme de sinusoïdes. Ce signal peut représenter
n’importe quoi : la tension dans une résistance, l’accélération d’un corps en mouvement, la voix,
etc. Dans le cadre de ce cours, la source du signal n’est pas importante : on regarde les signaux en
général, sans s’attarder à leur origine.
Soit un sinusoïde quelconque x(t), qui varie selon le temps, et donne par l’équation
suivante :
( ) = cos( − ) (3.3)

où A est l’amplitude maximale de la sinusoïde, est la pulsation (rad/s), et est


l’angle de déphasage. La Figure 3.1 montre cette sinusoïde, tracée en fonction du temps, avec un
déphasage nul ( = 0).

51
Figure 3.1 : Sinusoïde

Une caractéristique d’une onde sinusoïdale est qu’elle se répète à tous les 2π radians (ou 360°).
D’une autre façon, on peut dire que cos( ) = 1 pour = 2 où n = 1, 2, ….
La période T est le temps nécessaire pour faire un cycle, où = 2 . On obtient donc l’expression
suivante bien connue :
2 1
= = (3.4)

Maintenant, on peut ajouter un déphasage a l’onde et obtenir :

( )= cos( + ) (3.5)

et on retrace cette deuxième onde (avec un déphasage = −45°) à la Figure 3.2. La courbe en
rouge dans la Figure 3.2 est celle ayant un déphasage.

Figure 3.2 : Graphe de x(t) en fonction du temps ayant un déphasage de -45°

3.2.1. Forme complexe


La forme complexe peut être utilisée pour représenter les signaux sinusoïdaux. La forme générale
pour représenter le signal de l’équation 3.5 est :

( )
( )= (3.6)

où on utilise la relation d’Euler pour changer d’une forme à l’autre.

52
La forme exponentielle est souvent plus utile lors de calculs mathématique impliquant les signaux.
On peut aussi utiliser un cercle pour représenter les nombres complexes, comme à la Figure 3.3. Le
cercle est de rayon 1, et l’axe horizontal représente la partie réelle, et l’axe vertical représente la
partie imaginaire.

Figure 3.3 : Représentation des nombres complexes

3.2.2. Combinaison de signaux périodiques


La période commune T d’une combinaison de sinusoïdes est la plus courte durée pendant laquelle
chaque sinusoïde complète un nombre entier de cycles. C’est le plus petit commun multiple (PPCM)
des périodes individuelles. La fréquence fondamentale f1 est l’inverse de la période commune T et
est égale au plus grand diviseur commun des fréquences. On peut seulement trouver une période
commune si le rapport entre les périodes est un nombre rationnel.
Considérons par exemple un signal périodique de la forme :

2 1 1 1
( ) = 2 sin + 4 cos + 4 cos − (3.7)
3 2 3 3

La pulsation de la première sinusoïde est


2
=
3
La période est donc :
2
= =3
La pulsation de la deuxième sinusoïde est
1
=
2
La période est donc :
2
= =4
La pulsation de la deuxième sinusoïde est
1
=
3
La période est donc :
2
= =6

Le plus petit commun multiple (PPCM) des périodes individuelles 3π, 4π et 6π est 12π.
53
3.3. Quelques signaux analogiques classiques
On présente ici quelques signaux analogiques classiques, qui apparaissent souvent en génie
électrique, et qui servent à approximer des signaux plus complexes.

3.3.1. Fonction échelon


La fonction échelon est une fonction très utilisée. C’est la fonction où il y a une discontinuité à
l’origine. Par exemple, lorsqu’on allume une source de tension DC, il y a un changement instantané
de la tension ; c’est une fonction échelon. La Figure 3.4 illustre la fonction échelon. Elle est 0 pour
t < 0, et 1 pour t > 0.
Soit une fonction échelon représentée par u(t). On peut multiplier cette fonction par une constante
K quelconque pour obtenir un échelon d’amplitude voulue. La définition mathématique de la
fonction échelon est :
( )= 0 <0
(3.8)
>0
Si K = 1, on appelle ceci la fonction saut unitaire.

Figure 3.4 : Fonction échelon

La fonction échelon n’est pas définie à t = 0. Dans des situations où il est nécessaire de définir la
transition entre 0 et 0 , on suppose qu’elle est linéaire, et que la valeur à t = 0 est ( ) = 0,5 .

Figure 3.5 : Impulsion de durée fixe

Une discontinuité peut avoir lieu à un endroit autre que t = 0. Dans ce cas, pour un échelon qui se
produit à l’instant t = a, on utilise la notation ( − ). Donc,
54
( − )= 0 <
(3.9)
>

Une application de la fonction échelon est qu’elle permet d’écrire mathématiquement l’expression
d’une fonction qui est différente de 0 pour une période fixe. Une application très commune en génie
électrique est une impulsion de durée fixe, comme à la Figure 3.5.

Dans ce cas, on peut écrire la fonction comme ( ) = ( − 1) − ( − 3). On peut considérer


ceci comme un échelon qu’on “allume” à l’instant t = 1 puis un deuxième échelon négatif à l’instant
t = 3 qui permet “d’éteindre” le premier échelon.

3.3.2. Fonction rampe


Mathématiquement, on exprime la fonction rampe, abrégée couramment par r(t) comme suit :
0 <0
( )= (3.10)
≥0

La fonction rampe peut se définir à partir de la fonction saut unité (échelon) :


( )= ∙ ( ) (3.11)

La Figure 3.6 montre la fonction rampe. L’exemple simple d’une fonction rampe est le déplacement
imposé à vitesse constante.

Figure 3.6 : Fonction rampe

3.3.3. Fonction signe


La fonction signe ressemble à la fonction échelon, sauf que la valeur pour t < 0 est −1 au lieu de 0.
La Figure 3.7 montre la fonction signe. L’abréviation la plus courante est sgn.

Figure 3.7 : Graphe de la fonction signe


55
On peut écrire la fonction signe en fonction de l’échelon selon l’équation suivante :

( ) = ( ) − (− ) (3.12)

Autrement, la fonction échelon peut être exprimée en fonction de la fonction signe :

( ) = 0,5 + 0,5 ( ) (3.13)

3.3.4. Fonction impulsion


Des impulsions sont des signaux avec des durées très courtes. Ces impulsions peuvent se produire
lors d’une commutation, ou lorsque des circuits sont commandés par des sources impulsionnelles.
Il existe plusieurs façons de représenter une impulsion ; on utilisera ici l’approche d’un signal
triangulaire, comme présenté à la Figure 3.8. On peut remarquer que le triangle est symétrique par
rapport à l’origine, et que la valeur maximale est 1/ . Pour obtenir une vraie impulsion, il faudra
que ⟶ 0.

Figure 3.8 : Impulsion représentée par un triangle

Lorsque ⟶ 0, on retrouve trois caractéristiques importantes : ´


1) L’amplitude approche l’infini.
2) La durée du pulse se rapproche de 0.
3) La surface du triangle est constante et égale à 1.

On utilise la notation δ(t) pour représenter une impulsion. Mathématiquement, la fonction impulsion
appelée aussi fonction de Dirac est défini par :

( ) =1
(3.14)
( )=0 ≠0

Si l’impulsion se produit à un instant t = a, on écrit ( − ).


Une propriété intéressante de la fonction impulsion est qu’elle permet décrire :

( ) ( − ) = ( ) (3.15)

si ( ) est continue au point t = a. En d’autres mots, l’impulsion élimine la fonction pour toutes les
autres valeurs que celle ou l’impulsion est présente.

56
Figure 3.9 : Impulsion de Dirac

La Figure 3.9 illustre un exemple classique de représentation d’une impulsion de Dirac par une
flèche verticale qui indique son amplitude, pour une fonction donnée

(5 + 3) ( − 2) (3.16)
En application de l’équation 3.15, on obtient :
(5 + 3) ( − 2) = 5 + 3| = 5(2) + 3 = 13

3.3.5. Fonction porte


La fonction porte est une impulsion carrée centré a l’origine, comme illustré à la Figure 3.10.

Figure 3.10 : Fonction porte rect(t)

Mathématiquement, on exprime la fonction porte, abrégée couramment par rect comme suit :

1 | | < /2
( / )= = ( + /2) − ( − /2) (3.17)
0 | | > /2

3.3.6. Fonction triangulaire


La fonction triangulaire est un triangle équilatéral centré à l’origine, comme illustré à la Figure 3.11.
L’abréviation la plus courante est tri.

57
Figure 3.11 : Fonction triangulaire tri(t)

Mathématiquement, on exprime la fonction tri comme suit :

1−| | | |<
( / )= (3.18)
0 | |>

On peut l'écrire aussi :


( )= ( )∙ ( ) (3.19)

3.3.7. Fonction Sinus cardinal


Le sinus cardinal est une fonction qui apparaît souvent en télécommunications. La définition du
sinus cardinal est la suivante :
sin( )
( )=
On obtient le graphe de la Figure 3.12. La superficie sous le est égale à la superficie du triangle
rouge, de même (0) = 1.

Figure 3.12 : Fonction sinus cardinal sinc(t)

3.4. Opérations sur les signaux


On distingue quelques opérations classiques sur les signaux, comme le décalage temporel ou
l’échelonnage. Ces opérations sont utiles lors de l’application de la série de Fourier, ou les
différentes transformées (Laplace, Fourier, z).

58
3.4.1. Inversion temporelle
L’inversion temporelle est simplement l’opération de faire une image miroir d’un signal autour de
l’origine. Mathématiquement, le nouveau signal x1(t) est obtenu à partir du signal original x(t) :

( ) = ( )| = (− ) (3.20)

Un exemple d’inversion temporelle est donné à la Figure 3.13.

Figure 3.13 : Inversion temporelle

3.4.2. Echelonnage temporel


Une autre opération importante est l’échelonnage temporel : ceci permet d’étirer ou comprimer un
signal dans le temps. Mathématiquement, on écrit :
( ) = ( )| = ( ) (3.21)

Figure 3.14 : Echelonnage temporel

59
où a est une constante réelle. Un exemple d’échelonnage temporel est donné à la Figure 3.14.

3.4.3. Décalage temporel


Le décalage temporel est l’action d’avancer ou retarder un signal dans le temps. Mathématiquement,
un signal décalé x(t − t0) s’écrit :
( ) = ( )| = ( − ) (3.22)

où t0 est une constante réelle. Un exemple de décalage temporel est donné à la Figure 3.15.

Figure 3.15 : Décalage temporel

60
Chapitre 4 : Développement en série de Fourier
4.1. Introduction
Un signal périodique de fréquence f et de forme quelconque peut être obtenu en ajoutant à une
sinusoïde de fréquence f (fondamentale), des sinusoïdes dont les fréquences sont des multiples
entiers de f. Ces signaux ont des amplitudes et des positions de phase appropriées.
De même, on peut décomposer toute onde récurrente en une somme de sinusoïdes (fondamentale et
harmoniques).
On peut aussi se poser la question suivante : étant donnée une fonction périodique, comment l’écrire
sous la forme d’une somme de termes correspondant aux différents harmoniques ? En général, il est
nécessaire pour cela d’écrire tous les harmoniques, c’est-à-dire une série infinie de termes. Cette
série est appelée série de Fourier.
Développer une fonction en série de Fourier revient à la décomposer en ses différents harmoniques.
Au-delà du problème de la décomposition, la théorie des séries de Fourier établit une
correspondance entre la fonction périodique et les coefficients de Fourier. De ce fait, l'analyse de
Fourier peut être considérée comme une nouvelle façon de décrire les fonctions périodiques.
Les séries de Fourier se rencontrent dans la décomposition de signaux périodiques, dans l'étude des
courants électriques, des ondes cérébrales, dans la synthèse sonore, le traitement d'images, etc.

4.2. Définition
On appelle série trigonométrique une série de la forme :

+ ( cos + sin ) (4.1)


2

Les constantes a0, an et bn (n = 1, 2 . . . ) sont les coefficients de la série trigonométrique. Si la série


donnée à travers l’équation 4.1 converge, sa somme est une fonction périodique f(x) de période 2π:

( )= ( −2 ) (4.2)

Comme indiqué dans l’introduction, on se pose le problème suivant : étant une fonction périodique
f(x) de période 2π, on se demande pour quelles conditions imposées à f(x) il existe une série
trigonométrique convergeant vers f(x).

4.2.1. Détermination des coefficients de la série au moyen des formules de Fourier


On suppose que la fonction f(x), périodique et de période 2π, peut être représentée par une série
trigonométrique convergeant vers f(x) dans l’intervalle (−π, π), c’est-`a-dire que l’on peut écrire :

( )= + ( cos + sin ). (4.3)


2

La série donnée par l’équation 4.1 (qui figure au second membre de l’équation 4.3) est appelée série
de Fourier de f(x). Les coefficients an et bn sont les coefficients de Fourier de f(x).

a) Calcul de a0
On suppose que la série 4.1 (second membre de l’équation 4.3) peut être intégrée terme à terme.
C’est par exemple le cas si la série numérique formée avec les coefficients de la série
61
trigonométrique converge absolument, c’est-`a-dire si la série numérique positive suivante
converge:
+| |+| |+⋯ +| |+| |+⋯ (4.4)
2

La série 4.1 est alors majorable et peut être intégrée terme à terme. On en déduit l’égalité

( ) = , (4.5)

qui fournit une expression de a0 :


1
= ( ) (4.6)

b) Calcul des autres coefficients de Fourier


Pour obtenir les autres coefficients de la série, on calcule d’abord les intégrales auxiliaires suivantes,
dans lesquelles n et k sont des entiers strictement positifs :

0, ≠
cos cos =
, = ,

cos sin = 0, (4.7)

0, ≠
sin sin =
, = ,

Pour déterminer ak pour k > 0 donné, on multiplie les deux membres de l’équation 4.3 par cos :

( ) cos = cos + ( cos cos + sin cos ). (4.8)


2

La série du second membre est majorable et peut donc être intégrée terme à terme.
On obtient ainsi l’égalité

( ) cos = , (4.9)

qui fournit une expression de ak :


1
= ( ) cos . (4.10)

De même, en multipliant les deux membres de l’équation 4.3 par sin et en intégrant sur x, on
obtient l’égalité

( ) sin = , (4.11)

62
d’où l’on déduit une expression de bk :
1
= ( ) sin . (4.12)

4.2.2. Conditions suffisantes pour qu’une fonction soit développable en série de


Fourier
Quelles sont les propriétés que doit posséder la fonction f(x) pour que sa série de Fourier converge
et que sa somme soit égale aux valeurs de la fonction aux points considérés ?
Nous allons énoncer un théorème donnant des conditions suffisantes pour que la fonction f(x) soit
représentable par une série de Fourier. Les fonctions considérées sont monotones par morceaux et
bornées sur l’intervalle considéré, donc ne possèdent que des points de discontinuité de première
espèce, c’est à dire avec une limite `a droite et une limite `a gauche. On a le théorème : Si la fonction
périodique f(x) de période 2π est monotone par morceaux et bornée sur le segment (−π, π), sa série
de Fourier converge en tous les points. La somme de la série obtenue s(x) est égale à la valeur de la
fonction f(x) aux points de continuité.
Aux points de discontinuité de f(x), la somme de la série est égale à la moyenne arithmétique des
limites de la fonction à gauche et à droite, c’est-`a-dire que, si c’est un point de discontinuité de f(x),
on a :
( − 0) + ( + 0)
( )| = . (4.13)
2

Ce théorème montre que la classe des fonctions représentables par des séries de Fourier est assez
large.

4.3. Séries de Fourier des fonctions paires ou impaires


On considère une fonction f(x) définie sur l’intervalle (−π, π). Cette fonction est paire si :

( ) = (− ). (4.14)
Elle est impaire si :
( ) = − ( ). (4.15)

Toute fonction peut être écrite comme la somme d’une fonction paire et d’une fonction impaire.
Les intégrales sur des intervalles symétriques de fonctions de parié définie peuvent être simplifiées.
On a en effet, si f est paire,

( ) =2 ( ) . (4.16)

et, si f est impaire :

( ) = 0. (4.17)

4.3.1. Fonction paire : série de Fourier cosinus


Si f(x) est paire, ( ) sin est impaire et ( ) cos est paire. Par suite, on a :

63
1 2
= ( ) = ( ) , (4.18)

1 2
= ( ) cos = ( ) cos , (4.19)

1 2
= ( ) sin = ( ) sin =0 (4.20)

Le développement en série de Fourier d’une fonction paire ne contient que des cosinus. On dit alors
que l’on a une série de Fourier cosinus.

Exemple de signal paire : signal triangulaire


La tension triangulaire ( ) de la Figure 4.1 peut se décomposer en séries de Fourier sous la forme
:

Figure 4.1 : signal triangulaire

C'est une fonction paire. Par conséquent, le développement en séries de Fourier ne comprend pas
de termes en sinus. On remarque que les harmoniques sont de rang impair (de la forme n = 2p + 1)
et que les coefficients an diminuent comme 1/n2.

4.3.2. Fonction impaire : série de Fourier sinus


Si f(x) est impaire, ( ) sin est paire et ( ) cos est impaire. Par suite, on a :

1 2
= ( ) = ( ) , (4.21)

1 2
= ( ) cos = ( ) cos = 0, (4.22)

1 2
= ( ) sin = ( ) sin (4.23)

64
Le développement en série de Fourier d’une fonction impaire ne contient que des sinus. On dit alors
que l’on a une série de Fourier sinus.

Exemple de signal impaire : signal carré


La tension créneau (ou tension carrée) ( ) de la Figure 4.2 peut se décomposer en séries de Fourier
sous la forme :

Figure 4.2 : signal carré

C'est une fonction impaire. Par conséquent, le développement en séries de Fourier ne comprend pas
de termes en cosinus. On remarque que les harmoniques sont de rang impair (de la forme n = 2p +
1) et que les coefficients bn diminuent comme 1/n.

4.4. Séries de Fourier des fonctions de période quelconque


Soit f(x) une fonction périodique de période 2ℓ (éventuellement différente de 2π). On cherche à la
développer en série de Fourier. Pour cela, on effectue le changement de variable x = (ℓ/π)u. La
fonction f(x) =f((ℓ/π)u) est une fonction périodique de u de période 2π que l’on peut développer en
série de Fourier :

= + ( cos + sin ) . (4.24)
2

Les coefficients de la série sont donnés par les formules :



1 ℓ 1
= = ( ) , (4.25)



1 ℓ 1
= cos = ( ) cos , (4.26)
ℓ ℓ


1 ℓ 1
= sin = ( ) sin . (4.27)
ℓ ℓ

Les équations 4.25 à 4.27 permettent d’obtenir les coefficients de Fourier d’une fonction périodique
de période 2ℓ.
Les remarques sur la possibilité de calculer les coefficients de Fourier en intégrant sur un segment
arbitraire de longueur égale `a la période et de simplifier le calcul des coefficients lorsque la fonction
est paire ou impaire, restent valables pour une fonction de période quelconque.

65
Chapitre 5 : Quadripôles en régime sinusoïdal
5.1. Définition
Un quadripôle est un circuit électrique relié à l'extérieur par quatre bornes : deux en entrée et deux
en sortie. L'étude d'un quadripôle en régime permanent continu est possible, mais présente peu
d'intérêt ; il est plus intéressant d'alimenter le quadripôle en régime sinusoïdal et d'étudier son
comportement en fonction de la fréquence. Afin de simplifier, nous n'étudierons ici que des
quadripôles passifs, c'est-à-dire ne contenant pas de source d'énergie.
Si l'on envoie une tension sinusoïdale sur l'entrée d'un quadripôle, celui-ci va fournir une tension
sinusoïdale de même fréquence à sa sortie (même chose pour un courant, mais nous utiliserons des
tensions dans ce qui suit, pour simplifier les explications). Par contre, les deux signaux ne seront
pas forcément en phase et n'ont pas la même amplitude. Décrire le comportement du filtre demande
d'étudier deux paramètres :
 le déphasage entre entrée et sortie ;
 le rapport entre amplitude d'entrée et de sortie.
L’analyse fréquentielle d’un quadripôle se fait en régime sinusoïdal pur, essentiellement avec le
calcul complexe.
Il existe de nombreuses façons de représenter la réponse fréquentielle d’un système :
 Diagrammes de Bode ;
 Diagrammes de Nyquist ;
 Diagrammes de Black.

5.2. La fonction de transfert


5.2.1. Définition
On peut calculer le rapport entre la tension d'entrée V et la tension de sortie V d’un quadripôle
(Figure 5.1). Celui-ci s'appelle la fonction de transfert, bien que le terme transmittance soit aussi
très utilisé, et se note :
V
T( ) = (5.1)
V

Elle est aussi appelée transmittance complexe, transmittance isochrone ou amplification. Elle n’a
pas d’unité. Retenir aussi que
V = T( ) ∙ V (5.2)

Figure 5.1 : Quadripôle

La transmittance d'un quadripôle n'est évidemment pas la même selon la fréquence, ce qui traduit
le fait que certaines fréquences sont atténuées et d'autres amplifiées.

5.2.2. Module et argument de la fonction de transfert


Le module de la fonction de transfert, ou admittance, est le rapport des valeurs efficaces et
s’écrivent :

66
V V √2 V
T( ) =T= = = (5.3)
V V √2 V
Ceci signifie par exemple que si
V
T= =5,
V
alors
V = 5V

A partir du module, le rôle du quadripôle peut être définit :


 si T  1 : le quadripôle amplifie ;
 si T < 1 : le quadripôle atténue.

L’argument de la fonction de transfert, ou admittance, est le déphasage de la tension de sortie V par


rapport à la tension d’entrée V et s’écrit :

V
arg = arg V − arg V =φ −φ = (5.3)
V

5.3. Le diagramme de Bode


5.3.1. Définition
Le diagramme de Bode est la représentation graphique :
 du gain (ou amplitude) en décibels (dB). Sa valeur est calculée à partir de 20 log T( ) .
 de l’argument, ou la phase en degré, donnée par arg T( ) = .
Ceci en fonction f ou ω = 2πf en échelle logarithmique. On note aussi que « log » est le logarithme
décimal.

5.3.2. Principes du tracé des diagrammes de Bode


L’échelle des abscisses du diagramme de Bode est logarithmique. Cela permet de représenter le
gain et la phase sur une grande plage de fréquence (voir Figure 5.2).

Figure 5.2 : Papier log pour tracé du gain et de la phase.

67
Dans la Figure 5.2, « log » est le logarithme décimal, c’est la fonction inverse de « 10x » :
 100 = 1 donc log 1 = 0 ;
 101 = 10 donc log 10 = 1 ;
 102 = 100 donc log 102 = 2 ;
 103 = 1000 donc log 103 = 3 ;
 etc. …

Le tracé d’un diagramme de Bode commence par le tracé des courbes asymptotiques. En principe,
on étudie le comportement du gain (G) et la phase (φ ) lorsque la fréquence ( ou ) tend vers 0 et
lorsque a fréquence ( ou ) tend vers +∞. On complète ensuite par le tracé réel en marquant
quelques points aux environs des jonctions entre les courbes asymptotiques.
Le diagramme de Bode est un moyen de représenter la réponse en fréquence d'un système,
notamment électronique. La Figure 5.3 illustre un exemple.

Figure 5.3 : Diagramme de Bode du filtre passe-bas passif d'ordre 1. En pointillés rouges,
l'approximation linéaire.
5.3.2. Le gain
On distingue :
 le gain « absolu » ou gain du système qui est le module T( ) de la fonction de transfert
T( ) ;
 le gain en décibel ou gain du quadripôle qui est la valeur G = 20 log T( ) = 20 log T ;
 le gain en puissance d’un quadripôle exprimé en Bels (B) et défini par
P
G = log (5.4)
P
 le gain en puissance d’un quadripôle exprimé en décibel (dB) et défini par
P
G = 10 log (5.5)
P
 le gain en tension (ou encore en courant) d’un quadripôle exprimé en décibel (dB) et défini
par
, ,
G = 10 log = 20 log (5.6)
, ,

68

, , : puissance et tension maximale à l'entrée du quadripôle ;
, , : puissance et tension maximale à la sortie du quadripôle ;
T : fonction de transfert du quadripôle.

A partir du gain du quadripôle, on peut obtenir la fonction de transfert de ce quadripôle :

T = 10 (5.7)

Dans le tracé du gain s’il y a :


 amplification, G > 0 dB ;
 atténuation, G < 0 dB.

Unité de mesure : le bel


Le bel est une unité sans dimension (symbole B) utilisée pour exprimer la comparaison de deux
grandeurs, en général deux puissances, le nombre de bels étant égal au logarithme décimal de leur
rapport. On utilise surtout le décibel [dB], dixième partie du bel.
Si les grandeurs sont des tensions ou des courants électriques, le nombre de décibels est égal à 20
fois le logarithme du rapport. En effet, cela permet de conserver la même valeur pour les gains en
puissance, en tension et en courant.

Exemple : pour une même résistance R à laquelle on applique une tension U1 produisant un courant
I1 puis une tension U2 produisant un courant I2. On calcule le gain en courant à partir du gain en
puissance
P I
G = 10 log = 10 log = 10 log = 20 log
P I
ou encore, le gain en tension à partir du gain en puissance

P U
G = 10 log = 10 log = 10 log = 20 log
P U

Le décibel est habituellement utilisé comme unité de de mesure de la tension. Les décibelmètres
mesurent des tensions en dBm, la valeur affichée correspond habituellement à

V
V = 20 log (5.8)
0,775

Exemple : la tension 0,775 V correspond à la tension appliquée à une résistance de 600 Ω qui dissipe
une puissance de 1 mW. Cette impédance correspond à l’impédance des lignes téléphoniques.

5.3.3. Intérêt des diagrammes de Bode


Les diagrammes de Bode ont initialement été conçus par le Dr. Henrik Wayne Bode lorsqu'il
travaillait pour Bell Labs dans les années 1930. Ils sont les plus utilisés pour analyser la stabilité
des systèmes de contrôle, par exemple lors de la conception et l'analyse de boucles retour
d'alimentations. L'avantage de l'utilisation des diagrammes de Bode est qu'ils fournissent une
manière simple et commune de décrire la réponse en fréquence d'un système linéaire invariant dans
le temps.
69
Dans son principe, on utilise la propriété mathématique de la fonction logarithme qui transforme
une multiplication en addition : log (AB) = log A + log B. Pour les arguments des nombres
complexes, c’est pareil : arg (AB) = arg A + arg B
Considérons une mise en cascade de n quadripôles donné à la Figure 5.4. Si les quadripôles en
cascade sont adaptés, alors :
 la représentation du gain s’obtient en faisant la somme des représentations des gains
G =G +G +G + ⋯+ G (5.9)

 et la représentation de la phase s’obtient en faisant la somme des représentations des


phases
= φ + φ + φ + ⋯+ φ (5.10)

Figure 5.4 : mise en cascade de n quadripôles.

La règle ci-dessus pour réaliser facilement des diagrammes de Bode s’obtient à partir la propriété
mathématique de la fonction logarithme citée plus haut, à savoir, à partir de la Figure 5.5 :
 pour le gain :
V V V V V
T= = ∙ ∙ ∙ …∙ = T ∙ T ∙ T ∙ …∙ T ⇒ T = T ∙ T ∙ T ∙ …∙ T
V V V V V
ainsi
G = 20 log T = 20 log(T ∙ T ∙ T ∙ … ∙ T )
= 20 log T ∙ 20 log T ∙ 20log T ∙ … ∙ 20log T
=G +G +G + ⋯+ G

 pour la phase :
= arg T = arg T ∙ T ∙ T ∙ … ∙ T = arg T + arg T + arg T + ⋯ + arg T
= φ + φ + φ + ⋯+ φ

5.4. Les représentations asymptotiques et les courbes réelles


5.4.1. Approche méthodique des tracés de Bode
Une fonction de transfert peut s’écrire comme étant le produit de plusieurs fonctions de transfert
simples (1er ordre, 2nd ordre, intégrateur pur, dérivateur pur).
Le tracé asymptotique de n’importe quelle fonction de transfert pourra alors se faire en utilisant la
superposition des effets de chacune des fonctions de transfert simples. En effet :
log T ( ) ∙ T ( ) = log T ( ) + log T ( )
arg{T ( ) ∙ T ( )} = arg{T ( )} + arg{T ( )}
Le tracé asymptotique de T( ) = T ( ) ∙ T ( ) ∙ … ∙ T ( ) s’obtient alors en sommant les tracés de
chacune des fonctions T( ).

Généralement, pour les fonctions simples :


 Un terme constant correspond à une asymptote horizontale et une phase = 0°.
 Un terme en 1/ correspond à une asymptote de 20 dB/décade et une phase = −90°.
 Un terme en correspond à une asymptote de +20 dB/décade et une phase = +90°.

70
 La présence d’une puissance sur multiplie les effets par la puissance sur le diagramme de
Bode.

5.4.2. Système du 1er ordre


La fonction de transfert dans le domaine symbolique s’écrit

K
T( ) = (5.11)
1+

Elle s’écrira donc comme suit avec la variable complexe :

K
T( )= (5.12)
1+

Le principe est de commencer par mener une étude asymptotique, qui consistera à tracer l’allure
générale des courbes par l’étude des limites, puis les tracés seront affinés.

a) Etude du gain
Le gain GdB est défini par
K
G = 20 log T( ) = 20 log = 20 log K − 20 log 1+( )
1+

 On commence par tracer l’asymptote horizontale à 20 log K.


 A la pulsation de coupure, on trace l’asymptote 20 dB/décade.
 On affine le tracé réel, sachant qu’à la pulsation de coupure le point se situe 3 dB sous
l’intersection des asymptotes.

Figure 5.5 : tracé du gain d’un système de 1er ordre.

Tracé (Figure 5.5) :


 Pour τω → 0 : G ≈ 20 log K ⇒ Asymptote horizontale
 Pour τω →+∞ : G ≈ 20 log K − 20 log ⇒ Asymptote de pente 20 dB/décade
71
 Pour τω = 1 : G = 20 log K − 10 log 2 = 20 log K − 3 ⇒ intersection des 2 asymptotes
 On notera que ω =1/τ est la pulsation de coupure de la fonction de transfert.

b) Etude de la phase
La phase  est définie par
K
= arg T( ) = arg = arg{K} − arg{1 + }=0− ( )
1+

 On commence par tracer les 2 asymptotes = 0° et = −90°.


 A la pulsation de coupure, on trace le segment vertical joignant les 2 asymptotes.
 On affine le tracé réel, sachant qu’à la pulsation de coupure la phase vaut = −45°.

Tracé (Figure 5.6) :


 Pour τω → 0 : ≈ 0° ⇒ Asymptote horizontale d’ordonnée 0°
 Pour τω →+∞ : ≈ −90° ⇒ Asymptote horizontale d’ordonnée 90°
 Pour τω = 1 : = − 1 = −45°

Figure 5.6 : tracé de la phase d’un système de 1er ordre.

5.4.3. Amplification constante ou gain pur


Le gain pur est défini par la fonction de transfert sous forme canonique :

T( ) = K (5.13)
soit en notation complexe (Figure 5.7)
T( )=K (5.14)

a) Etude du gain
Le gain GdB est défini par
G = 20 log T( ) = 20 log K constant

72
b) Etude de la phase
La phase  est définie par
= arg T( ) = arg{K} = 0° constant si K > 0

Remarque : = −180° si K < 0

Figure 5.7 : tracé du gain et de la phase d’une amplification constante.

5.4.4. Intégrateur pur


Le gain pur est défini par la fonction de transfert sous forme canonique :

K
T( ) = (5.15)
soit en notation complexe (Figure 5.8)
K
T( )= (5.16)

a) Etude du gain
Le gain GdB est défini par
K
G = 20 log T( ) = 20 log = 20 log K − 20 log ⇒ pente 20 dB/décade
G = 20 log K pour ω =1 rads−1 (ou G = 0 pour ω = K )

b) Etude de la phase
La phase  est définie par
K
= arg T( ) = arg = atan − arctan( ) = −90° constant

73
Figure 5.8 : tracé du gain et de la phase d’un intégrateur pur.

5.4.5. Dérivateur pur


Le gain pur est défini par la fonction de transfert sous forme canonique :

T( ) = Kp (5.17)
soit en notation complexe (Figure 5.9)
T( )= K (5.18)
a) Etude du gain
Le gain GdB est défini par
G = 20 log T( ) = 20 log| K | = 20 log K + 20 log ⇒ pente + 20 dB/décade
−1
G = 20 log K pour ω =1 rads (ou G = 0 pour ω = 1/K )

b) Etude de la phase
La phase  est définie par
= arg T( ) = arg{ K } = atan( ) = +90° constant

74
Figure 5.9 : tracé du gain et de la phase d’un dérivateur pur.

5.4.6. Système du second ordre


La fonction de transfert dans le domaine symbolique s’écrit

K
T( ) = (5.19)
2 1
1+ +

Elle s’écrira donc comme suit avec la variable complexe :

K
T( )= (5.20)
2
1− +

Comme dans le cas de l’étude indicielle, il va falloir distinguer les systèmes amortis (régime
apériodique) des systèmes non amortis (régime pseudo-sinusoïdal).

[Link]. Systèmes amortis (m>1)


Dans le cas des systèmes amortis, les 2 pôles de la fonction de transfert sont réels. Cette dernière
peut alors s’écrire sous la forme :
K
T( ) = (5.21)
(1 + )(1 + )
avec
1 1
= ∙
et on suppose aussi > .
75
a) Etude du gain
Le gain GdB est défini par
K
G = 20 log T( ) = 20 log
(1 + )(1 + )
= 20 log K − 10 log(1 + ( ) ) − 10 log(1 + ( ) )

Tracé (Figure 5.10) :


 Pour ω → 0 : G ≈ 20 log K ⇒ Asymptote horizontale
 Pour ω →+∞ :
K
G ≈ 20 log K − 20 log − 20 log = 20 log − 40 log
⇒ Asymptote de pente 40 dB/décade
Ces 2 asymptotes se coupent en
1 1
= ∙
pulsation propre du système.
 Pour
1 1
< < ∶ G ≈ 20 log K − 20 log ⇒ Asymptote de pente − 20 dB/décade

Figure 5.10 : tracé du gain d’un système de 2nd ordre amorti.

b) Etude de la phase
La phase  est définie par
K
= arg T( ) = arg = arg{K} − arg{1 + } − arg{1 + }
(1 + )(1 + )

Tracé (Figure 5.11) :


 Pour ω → 0 : ≈ 0° ⇒ Asymptote horizontale 0°
 Pour ω →+∞ : ≈ −180° ⇒ Asymptote horizontale 180°
 Pour
1 1
< < ∶ = −90° ⇒ Asymptote horizontale 90°

76
Figure 5.11 : tracé de la phase d’un système de 2nd ordre amorti.

[Link]. Systèmes sous-amortis (m<1)


Les pôles de la fonction de transfert sont complexes conjugués :

− ± 1− (5.22)

Il n’existe alors qu’une pulsation de coupure.

a) Etude du gain
Le gain GdB est défini par
4
G = 20 log K − 10 log 1− + (5.23)

Tracé (Figure 5.12) :


 Pour ω → 0 : G ≈ 20 log K ⇒ Asymptote horizontale
 Pour ω →+∞ :
G ≈ 20 log K − 40 log ⇒ Asymptote de pente 40 dB/décade

Il est à remarquer que les 2 asymptotes se coupent en .

Figure 5.12 : tracé du gain d’un système de 2nd ordre sous-amorti.


77
Phénomène de résonnance (Figure 5.13) : On montre que si < √2/2, il existe une valeur de
pulsation pour laquelle la valeur du gain est maximale :

K
= 1− ⇒ ( )=
2 √1 −

On appellera « facteur de résonance » le rapport

K
= = (5.24)
K 2 √1 −

Figure 5.13 : tracé du gain d’un système de 2nd ordre sous-amorti, phénomène de résonnance.

b) Etude de la phase
La phase  est définie par
2
= arg{K} − arg 1− + 2 = atan ⎛ ⎞ (5.25)
1−
⎝ ⎠

Figure 5.14 : tracé de la phase d’un système de 2nd ordre sous-amorti.

78
Tracé (Figure 5.14) :
 Pour ω → 0 : ≈ 0° ⇒ Asymptote horizontale 0°
 Pour ω →+∞ : ≈ −180° ⇒ Asymptote horizontale 180°
 Pour = : = −90°

5.5. Le diagramme de Nyquist


5.5.1. Définition
Le diagramme de Nyquist d’un système est la représentation paramétrée en ω de la fonction de
transfert T( ) où on fait correspondre à T( ) un point
 d’abscisse égale à la partie réelle de T( ) : Re T( ) , et
 d’ordonnée égale à la partie imaginaire de T( ) : Im T( ) .

À chaque valeur de ω correspond un point du diagramme. On dit que la courbe est paramétrée en
ω. Il faut repérer sur la courbe quelques valeurs particulières ou remarquables de ω et le sens des ω
croissants.
Le diagramme de Nyquist est l'une des méthodes classiques d'évaluation de la stabilité d'un système
linéaire.

5.5.2. Principe de tracé du diagramme


On représente Im T( ) en fonction de Re T( ) pour ∈ ]−∞, +∞[, dans le plan complexe.
La distance d’un point à l’origine est donnée par T( ) et l’angle par rapport à l’axe réel par
arg T( ) .

a) Propriétés
 Le diagramme est symétrique par rapport à l’axe réel car T(− ) = T( )∗ : on fait le tracé de
la courbe pour ∈ ]0, ∞[, et on obtient l’autre partie par symétrie.
 Les points éloignés de l’origine correspondent à des gains élevés alors que les points proches de
l’origine correspondent à des gains faibles : pour les systèmes ayant plus de pôles que de zéros,
la courbe tend vers zéro quand → ∞.
 Lorsque le système a un pôle en 0, T( ) → ∞ quand → 0.

b) Exemple de tracé : filtre passe-bas du 1er ordre (Figure 5.15)


1
T( )=
1+

79
Figure 5.15 : tracé du diagramme de Nyquist pour un filtre passe-bas du 1er ordre.

5.6. Le diagramme de Black


5.6.1. Définition
Le diagramme de Black d’un système est la représentation paramétrée en ω de la fonction de
transfert T( ) où on fait correspondre à T( ) un point
 d’abscisse égale à l’argument de T( ) : = arg T( ) , et
 d’ordonnée égale au gain de T( ) : G = 20 log T( ) .

5.6.2. Principe de tracé du diagramme


On représente G = 20 log T( ) en fonction de = arg T( ) pour ∈ ]−∞, +∞[. Le tracé
est symétrique par rapport à l’axe vertical (généralement tracé pour  > 0).
C’est en effet une combinaison des 2 diagrammes de Bode sur un seul diagramme gradué en valeurs
de . Il est à préciser que la dépendance de  non explicite (comme pour le diagramme de Nyquist).

Exemple de tracé : système du 1er ordre (Figure 5.16)

K
T( )=
1+

Figure 5.16 : tracé du diagramme de Black pour un système du 1er ordre.

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