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Propriétés des applications et bijections

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Applications

Léo Gayral

Questions de Cours.
— Soient f : E → F et g : F → G. Si g ◦f est injective (resp. surjective), que peut-on
dire sur f (resp. g) ?
— Soient f : E → F et g : F → G deux bijections. Que peut-on dire sur g ◦ f ?
— Soient f : E → F et A, B ⊂ F . Que peut-on dire sur f −1 (A ∩ B) et f −1 (A ∪ B) ?

Exercice 1.
Soit f : X → Y . Montrer que f est injective si et seulement si :

∀A, B ⊂ X, B ⊂ A ⇒ f (A\B) = f (A)\f (B) .

Correction 1.
Rappelons ici la définition d’injectivité : ∀x, x0 ∈ X, f (x) = f (x0 ) ⇒ x = x0 .
Pour montrer le sens direct, considérons donc A = B t C ⊂ X, et montrons que f (C) =
f (A)\f (B). Si on considère y ∈ f (A) et x ∈ A un antécédent, comme f (x) ∈ / f (B)
alors nécessairement x ∈ / B d’où x ∈ C, y ∈ f (C). Réciproquement, si x ∈ C, on a
f (x) ∈ f (C) ⊂ f (A). Si f (x) ∈ f (B), alors on a x0 ∈ B tel que f (x) = f (x0 ), mais par
injectivité, x = x0 ∈ B ∩ C = ∅. On a donc f (x) ∈ / f (B), d’où f (x) ∈ f (A)\f (B), d’où
l’égalité ensembliste voulue.
Pour montrer le sens indirect, considérons x, x0 ∈ X tels que f (x) = f (x0 ). Supposons
x 6= x0 , et définissons alors A = {x, x0 } et B = {x}. On a B ⊂ A donc {f (x0 )} =
f ({x0 }) = f (A\B) = f (A)\f (B) = {f (x)} \ {f (x0 )} = ∅. Un singleton ne pouvant en
aucun cas être vide, on en déduit x = x0 , donc f est bien injective.

Exercice 2.
Soient X, Y, Z des ensembles à au moins deux éléments chacun. Étant donnée f : X → Y ,
on définit F : Z Y → Z X telle que F (g) = g ◦ f . A quelle condition F est-elle injective,
surjective ?

Correction 2.
L’application F est en quelque sorte l’application duale de f , et nous allons montrer que
les propriétés d’injectivité et de surjectivité sont échangées.
On veut une condition pour avoir F injective. F doit pouvoir discriminer g 6= g 0 quel-
conques. Pour y 0 ∈ Y et z, z 0 ∈ Z quelconques, on pose g constante égale à z, et g 0 qui
coïncide avec g sauf en y où elle vaut z 0 . Si y ∈
/ f (X), alors pour tout x ∈ X, on a

1
f (x) 6= y donc g(f (x)) = g 0 (f (x)) = z, donc F (g) = F (g 0 ). Autrement dit, si f n’est pas
surjective, alors F n’est pas injective.
Supposons a contrario f surjective. Dans ce cas, pour toutes fonctions g 6= g 0 ∈ Z Y , on a
en particulier y ∈ Y tel que g(y) 6= g 0 (y). Par surjectivité de f , on a x tel que f (x) = y,
et donc F (g)(x) 6= F (g 0 ) (x), d’où F (g) 6= F (g 0 ). F est bien injective.
Le raisonnement est analogue pour f injective ⇔ F surjective. En effet, si f est injective,
on peut directement identifier X à un sous-ensemble de Y , et F à l’opérateur de restriction
des applications à un sous-ensemble, surjectif. Si f n’est pas injective, alors on a x 6= x0 ∈
X tels que f (x) = f (x0 ). Dans ce cas, pour toute application g ∈ Z Y on a F (g)(x) =
F (g) (x0 ), ce qui ne permet pas d’atteindre tout Z X , donc F n’est pas surjective.

Exercice 3.
Déterminer une bijection entre N et Z, puis entre R et R+ .

Correction 3.
En ce qui concerne le premier point, une bijection naturelle consiste à envoyer les nombres
pairs sur les entiers positifs, et les impairs sur les négatifs. Plus précisément, considérons
l’application 
 N → Z
ϕ: 2k 7→ k
2k − 1 7→ −k

où la convention d’écriture 2k − 1 vise à faire correspondre 1 ∈ N à k = 1 de sorte que


ϕ(1) = −1, qu’on n’envoie pas deux entiers sur 0 ∈ Z. Ainsi, k ∈ N admet pour unique
antécédent par ϕ l’entier 2k, tandis que l’entier −k < 0 admet pour unique antécédent
2k − 1, d’où la bijection.
En ce qui concerne le second point, commençons par remarquer que exp : R → R+∗
réalise une bijection monotone. Il nous suffit donc de trouver une bijection f : R+∗ → R+
puis d’en déduire une bijection g = f ◦ exp : R → R+ . Remarquons désormais que
R+∗ \N∗ = R+ \N. On peut donc prolonger la bijection k 7→ k − 1 définie sur N∗ par
l’identité pour obtenir la bijection f désirée, et conclure la preuve.

Exercice 4.
Soit f : Z × N∗ → Q définie par f (p, q) = p + 1q . f est-elle injective, surjective ?

Correction 4.
Commençons par remarquer que, si q ≥ 2, alors 1q ∈]0, 1[ est la partie décimale de f (p, q).
Sinon, si q = 1, alors f (p, q) = p + 1 ∈ Z. En conséquence, si f (u, v) = f (p, q) ∈ Z alors
q = v = 1 donc p = u. Si f (u, v) = f (p, q) ∈ / Z, alors ils ont la même partie décimale,
donc 1q = v1 , d’où p = u. Autrement dit, f est injective.
En revanche, on n’atteindra jamais la partie décimale 23 . En effet, si p + 1q = 23 , alors
3pq + 3 = 2q. On a donc 2q qui est multiple de 3, donc q = 3q 0 l’est. Il en découle
3pq 0 + 1 = 2q 0 , donc q 0 (2 − 3p) = 1 dans Z. Nécessairement, q 0 = 1 ∈ N, et alors
/ Z, ce qui est une contradiction. En conséquence, f n’est pas surjective.
p = 13 ∈

2
Exercice 5.
Soit f : E → E telle que f ◦ f ◦ f = f . Montrer que f injective ssi f surjective.

Correction 5.
Supposons que f est injective. Dans ce cas, f (E) = f (f ◦f (E)). Par injectivité de f , on en
déduit que E = f ◦ f (E) ⊂ f (E), d’où f (E) = E, surjectivité. Alternativement, toujours
si f est injective, alors pour tout x ∈ E on a f (f ◦ f (x)) = f (x) donc f ◦ f (x) = x. f est
une involution, donc une bijection.
Réciproquement, si f est surjective, alors pour tout y ∈ E, il existe x ∈ E tel que
f (x) = y. On a alors f ◦ f (y) = f ◦ f ◦ f (x) = f (x) = y, donc f est à nouveau une
involution, une bijection.

Exercice 6.
Soit f : E → F une application. On considère S = {X ⊂ E, X = f ← (f (X))}. Pour
A ⊂ E, montrer que f ← (f (A)) ∈ S. Si B ⊂ f (E), montrer que f (f ← (B)) = B. Soient
ϕ : S → P(f (E)) et ψ : P(f (E)) → S, définies via ϕ(A) = f (A) et ψ(B) = f ← (B). En
déduire que ϕ et ψ sont inverses l’une de l’autre.

Correction 6.
Considérons X = f ← (f (A)). De façon générale, si X ⊂ E, on a l’inclusion X ⊂ f ← (f (X))
car si x ∈ X alors c’est un antécédent de f (x) ∈ f (X). Pour montrer l’autre inclusion,
considérons z ∈ f ← (f (X)). On a par définition f (z) ∈ f (X) donc x ∈ X tel que f (z) =
f (x). En outre, x ∈ f ← (f (A)) donc par définition, f (x) ∈ f (A) d’où z ∈ f ← (f (A)) = X.
Considérons B = f (f ← (B)). De façon générale, si B ⊂ F , on a l’inclusion f (f ← (B)) ⊂
B, car si y ∈ f (f ← (Y )) alors on a x ∈ f ← (B) tel que f (x) = y d’où y ∈ Y par définition.
Pour montrer l’autre inclusion, considérons y ∈ B ⊂ f (E), de sorte qu’il existe un
antécédent x ∈ E à y, pour lequel f (x) = y. On a donc x ∈ f ← (B) d’où y ∈ f (f ← (B)).
Commençons par justifier que ces applications sont bien définies. Si X ∈ S, alors f (X) ⊂
f (E) donc ϕ est bien définie. Si Y ∈ P(f (E)), alors d’après ce qui précède, Y = f (f ← (Y ))
d’où f ← (Y ) = f ← (f [f ← (Y )]) ∈ S, ψ est bien définie. En outre, on a prouvé que ψ ◦ ϕ =
IdS et ϕ ◦ ψ = IdP(f (E)) , ces applications sont bien inverses l’une de l’autre.

Exercice 7.
Soit E un ensemble. Soit A ⊂ E, on définit la fonction indicatrice χA ∈ {0, 1}E par
χA (x) = 1 si x ∈ A et 0 sinon. Pour f ∈ {0, 1}E , montrer qu’il existe A ⊂ E tel que
f = χA . En déduire une bijection entre P(E) et {0, 1}E . Soient f, g ∈ {0, 1}E . Montrer
que f × g, 1 − f , f + g − f g et (f − g)2 sont aussi dans E → {0, 1}. Via la bijection
précédente, quel sens ensembliste peut-on donner à chacune des opérations précédentes ?

Correction 7.
Soit A = f ← ({1}). On constate que x ∈ A si et seulement si f (x) = 1, donc f = χA . On
en déduit que l’application injective A 7→ χA est en fait surjective, donc bijective.
Pour montrer que les combinaisons de f et g considérées se comportent bien, il suffit de
vérifier que c’est le cas en tout point. Autrement dit, il suffit de vérifier qu’on obtient
toujours 0 ou 1 en remplaçant f et g par 0 ou 1.

3
Ainsi, 0 × 0 = 0 × 1 = 1 × 0 = 0 et 1 × 1 = 1, donc f × g : E → {0, 1} également.
Cette application correspond à l’intersection d’ensembles, puisque [f × g] (x) = 1 – x
appartient à l’ensemble décrit – si et seulement si f (x) = 1 et g(x) = 1 – x appartient
aux ensembles associées à f et g.
1 − f inverse 0 et 1, donc 1 − f : E → {0, 1}. De façon ensembliste, cette opération est
le passage au complémentaire dans E.
0+0−0×0 = 0 et 1+0−1×0 = 0+1−0×1 = 1+1−1×1 = 1, donc f +g−f g : E → {0, 1}
est bien définie. Cette opération correspond à l’union d’ensembles.
Enfin, (0 − 0)2 = (1 − 1)2 = 0 et (1 − 0)2 = (0 − 1)2 = 1, donc (f − g)2 : E → {0, 1} est
bien définie. Cette opération correspond à la différence symétrique.

Exercice 8.
Soit σ : N → N une injection. Montrer que S = {n ∈ N, σ(n) ≥ n} est infini.

Correction 8.
Comme σ(0) ∈ N, on a σ(0) ≥ 0 donc 0 ∈ S. Supposons que S est fini. Dans ce cas
{σ(n), n ∈ S} est fini, non vide, donc admet un maximum m.
Considérons la restriction de σ à l’intervalle d’entiers M = J0, mK. Montrons que σ(M ) ⊂
M . D’une part, si k ∈ M ∩S, alors naturellement σ(k) ≤ m par maximalité de m. D’autre
part, si k ∈ M \S, alors σ(k) < k. Dans tous les cas, σ(k) ∈ M . M s’injecte dans M par
ϕ, on a donc une bijection par égalité des cardinaux.
Dans ce cas, considérons k = m + 1. Si on avait k ∈ S, on aurait σ(k) ≥ k > m, ce qui
contredit la définition de m. On a donc k ∈/ S, et donc σ(k) < k, autrement dit σ(k) ∈ M ,
ce qui brise l’injectivité de σ. En conséquence, S doit être infini.

Exercice 9.
Soient f : A → B ⊂ A injective, C0 = A\B et Cn+1 = f (Cn ). Montrer que, pour i 6= j,
on a Ci ∩ Cj = ∅, puis en déduire une bijection h : A → B.
Soient maintenant f : A → B et g : B → A injectives. Montrer qu’il existe une bijection
de A → B. En utilisant ce résultat, montrer que N et N2 sont en bijection.

Correction 9.
Par symétrie de l’intersection, on peut sans perte de généralité supposer i < j. Montrons
alors ce premier point par récurrence sur l’indice i ∈ N. Initialement, C0 ∩ B = ∅ par
définition, et pour tout j ∈ N, on a Cj+1 = f (Cj ) ⊂ B d’où C0 ∩ Cj+1 = ∅. Supposons
le résultat vrai pour i ∈ N, de sorte que pour tout j > i on a Ci ∩ Cj = ∅. Alors, pour
tout j + 1 > i + 1, on a par injectivité de f l’égalité Ci+1 ∩ Cj+1 = f (Ci ) ∩ f (Cj ) =
f (Ci ∩ Cj ) = f (∅) = ∅, d’où le résultat.
Pour obtenir une bijection h, considérons l’ensemble C = Ci = C0 t C 0 . f injecte Ci
F
i∈N
dans Ci+1 , atteint tous les élements par définition de l’ensemble image, donc f réalise une
bijection entre Ci et Ci+1 . On en déduit que f se restreint en la bijection f˜ : C → C 0 . En
outre, A\C = (A\C0 ) \C 0 = B\C 0 , donc en prolongeant f˜ par l’identité sur cet ensemble,
on obtient enfin la bijection h : A → B désirée.

4
Soit B 0 = g(B) ⊂ A. Par définition, g : B → B̃ réalise une bijection. On a alors l’injection
g ◦ f : A → B̃ ⊂ A, qui induit une bijection h̃ : A → B̃ d’après ce qui précède. On en
déduit donc la bijection h = g −1 ◦ h̃ : A → B par composition.
En particulier, i 7→ (i, 0) donne une injection naturelle de N → N2 . D’autre part, par
unicité de la décomposition en facteurs premiers, (i, j) 7→ 2i 3j est une injection de N2 →
N. On déduit de ces résultats l’existence d’une bijection entre N et N2 .

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