RÉSUMÉ
Une agitation fébrile* gagne tous les habitants de Dar Chouafa ainsi que
ceux des quartiers voisins à l'occasion de Achoura. Les femmes se procurent(se
doter) de belles robes et les enfants exhibent* fièrement leurs nouveaux
vêtements. Le Msid devenu agréable et accueillant respire la propreté. Les rues
bondées de foules(regroupement de personnes) excitées sont encombrées de
toutes sortes de jouets et d'accessoires pour célébrer la fête.
Pour préparer son fils à l'évènement, Maâlem Abdeslem l’emmène chez
le coiffeur. Dans la boutique de ce dernier, Sidi Mohammed enregistre les
conversations qui se déroulent* entre les personnes en présence et qui lui
inspirent un profond dégoût. Rien à voir avec les merveilleuses histoires de
Abdellah l'épicier.
Les femmes de « la maison de la voyante » organisent une cérémonie
tapageuse* où les bruits des tambourins se mêlent* confusément aux chants
improvisés*. L'ambiance festive* qui règne dans les lieux emplit le jeune garçon
d'une immense joie qui lui va droit au cœur.
• fébrile : محموم
• exhibent : يظهرون
• bondées : مكتظة – مزدحمة
• se déroulent : تجري
• tapageuse : صاخبة
• se mêlent : تختلط
• improvisés : مرتجلة
•
festive : احتفالية
-UN DOCUMENT ETHNOGRAPHIQUE
1-1 LA SOCIETÉ TRADITIONNELLE
1-1-1- LE RELIGIEUX ET LE SOCIAL
Ce chapitre, entièrement consacré à Achoura, peut-être considéré comme
un précieux document ethnographique qui décrit les mœurs* et l'imaginaire* de
la société marocaine traditionnelle. La fête célébrée le 10 moharrem selon le
calendrier musulman est une occasion où le social se mêle au religieux dans une
atmosphère de joie et de solidarité au grand bonheur des enfants, principaux
«bénéficiaires» de l’évènement. Le narrateur décrit tout cela dans un style sobre
en exploitant les souvenirs enfouis au fin fond de sa mémoire.
• mœurs : العادات والتقاليد
• l'imaginaire : المخيال
• sobre : معتدل – متزن
• enfouis : مخفي- مدفون
1-1-2-LES MÉTIERS
Les petits métiers, dont certains sont étroitement liés à la fête de Achoura
(vente de tambourins, de jouets et de tissu) font toute la richesse de la société
traditionnelle marocaine. Après avoir passé en revue différentes figures
représentatives de ces professions stables ou occasionnelles (fqih, caissière du
hammam, masseuse, épicier, commerçants de la kissaria,...) le narrateur s'attarde
sur le métier de coiffeur en développant les occupations de Si Abderrahmane. Le
coiffeur traditionnel ne se contente pas de couper les cheveux de ses clients; il
organise aussi les fêtes, exécute des opérations chirurgicale (circoncision) et
prescrit des remèdes à ses patients.
Le lieu étroit où travaille Si Abderrahmane est aussi un espace d'échange
qui favorise la communication entre le coiffeur et ses clients. Les conversations
emmaillées d'anecdotes et de plaisanteries portent sur différents sujets comme
les relations sociales, les problèmes familiaux, l'éducation, etc,. Le discours de
Si Abderrahmane que Sidi Mohammed ne trouve pas à son goût, révèle l'image
peu flatteuse que les adultes se font des jeunes.