0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
60 vues6 pages

Poésie en prose : Baudelaire et Rimbaud

Appunti Letteratura Francese

Transféré par

marigra72
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
60 vues6 pages

Poésie en prose : Baudelaire et Rimbaud

Appunti Letteratura Francese

Transféré par

marigra72
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

LETTERATURA FRANCESE 2 (A.A.

2019/20)
Le poème en prose: Baudelaire, Rimbaud, Lautréamont.
Baudelaire
CHARLES BAUDELAIRE: auteur du recueil poétique le plus important du XIXè siècle en
France: «Les Fleurs du mal» publié en 1857, à cause duquel il a subi un procès par
immoralité parce que certains poèmes étaient retenus scandaleux et il a été condamné à une
amende (≠ Flaubert, «Mme. Bovary»). Le recueil fonde, de quelque sorte la poésie moderne
et nous donne déjà lʼidée du poète comme quelquʼun qui est marginalisé, mis à lʼécart de la
société capitaliste et bourgeoise française de la moitié du XIXè siècle (2nd Empire), et qui nʼa
plus un rôle important dans la civilisation industrielle, mais seulement décoratif.
Politique des “correspondances” > dʼaprès le titre du 4è poème des «F.d.M.», qui sʼappèlle
Correspondances. Dans le poème B. fait des associations entre des images, des sons, des
éléments appartenant à la même sphère sensorielle, il sʼagit donc de la correspondance entre
les 5 sens de lʼêtre humain; “Les parfums, les couleurs, les sens se répondent”
(Correspondances) les sensations olfactives (parfums), visuelles (couleurs) et auditives
(sons) se répondent entre elles; cette correspondance des sens entre eux, sʼinscrit dans une
vision ésotérique, magique, selon laquelle tout se tient, tout est lié, dans lʼunivers et dans la
nature; en particulier les sensations peuvent être liées entre elles.
“La nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles”
nature = temple (église) > lʼart et la nature se répondent, tout se tient dans cette vision
ésotérique, occultiste, de lʼunivers. Cette idée de correspondances va avoir une grande
importance et application pratique dans la littérature française qui va suivre (fin du siècle
romans, poésies). ► Rimbaud, Voyelles. “A noir, E blanc, I rouge...” R. associe une couleur
à chaque voyelle en unissant, ici, les deux domaines principaux: le son et lʼimage. Cette
figure littéraire sʼappèlle synesthésie (union des sens). Chez B. cette notion de
correspondances concerne plus les textes en vers quʼen prose, qui sont plus pessimistes et
donc il y a moins de confiance en les correspondances, il y a moins de forme/force (?) dans
la correspondance. «F.d.M.» est un recueil de poèmes très structuré, divisé en 6 sections:
1) Spleen et Idéal: Couple dʼantonymes. Idéal = la beauté, la poésie, le monde idéal.
Spleen pour B. > la vie, existence quotidienne; à la lettre cʼest un organe physique, la rate
(milza), qui produit la bile noire, un excès de bile noire provoque un état dʼâme sombre,
noir, cʼest-à-dire la mélancolie (gr. “bile noire” mélan = noir, cholos = bile). Dans les
langues modernes “spleen” est un mot anglais emprunté par le français, comme syn. de
mélancolie. Pour B. spleen = mélancolie. Mélancolie dominée par Saturne; saturnien =
mélancolique. Le poète, marginalisé, est sujet au spleen dans son existence quotidienne.
2) Tableaux Parisiens: poèmes sur Paris, la grande ville.
3) Le Vin: cʼest la section sur lʼivresse et les stupéfiants comme une manière pour échapper
au spleen (voir Les Paradis Artificiels).
4) Fleurs du mal (même nom du titre sans lʼarticle): le contenu dominant cʼest lʼérotisme.
5) La Révolte: ce nʼest pas une révolte politique, mais plutôt une révolte religieuse, cʼest la
révolte contre Dieu.
6) La Mort: dernière section où le poète dit que cʼest vraiment la fin. Le Voyage (dernier
poème): le poète est tellement malheureux, quʼil envisage la mort comme solution.
“Enfer ou Ciel, quʼimporte? Au fond de lʼInconnu pour trouver du nouveau!”

1
B. après «Les Fleurs du mal» “invente” le poème en prose, sans rimes ni vers; à vrai dire il
y a des antécédents > Milton: poème épique, Ballades nordiques (en origine en vers),
lʼoriginalité de B. consiste dans le fait que ce sont des petits poèmes, cʼest-à-dire des textes
autosuffisants, en prose, mais qui ont quelque chose de poétique; il “invente” le genre du
texte court (breve), autonome, en prose. Pendant les dernières années de sa vie B. projette un
recueil de poèmes en prose qui sera publié posthume en 1869 (B. meurt en 1867) parce quʼil
nʼaura pas le temps de le préparer lui-même pour lʼimpression; cʼest pour cela quʼon hésite
entre deux titres «Le Spleen de Paris» ou «Petits Poèmes en Prose» (sous-titre). À vrai dire,
dans les revues, B. utilise les 2 titres «Le Spleen de Paris» et «Petits Poèmes en Prose».
Lʼédition originale porte le titre «Petits Poèmes en Prose» mais B. avait utilisé aussi le titre
«Le Spleen de Paris». Dans ce titre il manque Idéal; dans les «F.d.M.» la 1è section a les
deux pôles, +/-, Spleen et Idéal; là il ne reste que le Spleen, cela parce que Paris nʼest pas +,
Paris est une ville qui provoque le spleen.
«Petits Poèmes en Prose»
Il sʼagit de 50 textes ou tables (il sont numérotés), mais seulement 5 poèmes sont inédits,
cʼest-à-dire que les autres 45 poèmes, avant dʼêtre réunis dans le volume, avaient été publiés
dans des revues, et cela à partir de 1857, lʼannée des «F.d.M.». Dans ce recueil il y a une
sorte de préface qui est très importante pour introduire lʼetude et lʼanalyse de «P.e.P»; cʼest
une dédicace à un ami poète, et cela nous confirme que «S.d.P» a une structure moins
rigoureuse que «F.d.M.», on a de la difficulté à trouver un ordre cohérent, logique,
thématique (dans la table des textes il nʼy a pas de sections), ni chronologique (les poèmes
plus anciens ne se trouvent pas au début), cʼest recto - verso, double face.
«À ARSÈNE HOUSSAYE»
Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, quʼil nʼa
ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue, alternativement et
réciproquement. Considérez, je vous prie, quelles admirables commodités cette combinaison nous
offre à tous, à vous, à moi et au lecteur. Nous pouvons couper où nous voulons, moi ma rêverie,
vous le manuscrit, le lecteur sa lecture; car je ne suspends pas la volonté rétive de celui-ci au fil
interminable dʼune intrigue superflue. Enlevez une vertèbre, et les deux morceaux de cette tortueuse
fantaisie se rejoindront sans peine. Hachez-la en nombreux fragments, et vous verrez que chacun
peut exister à part. Dans lʼespérance que quelques-uns de ces tronçons seront assez vivants pour
vous plaire et vous amuser, jʼose vous dédier le serpent tout entier. Jʼai une petite confession à vous
faire. Cʼest en feuilletant, pour la vingtième fois au moins, le fameux Gaspard de la Nuit,
dʼAloysius Bertrand (un livre connu de vous, de moi et de quelques-uns de nos amis, nʼa-t-il pas
tous les droits à être appelé fameux?) que lʼidée mʼest venue de tenter quelque chose dʼanalogue, et
dʼappliquer à la description de la vie moderne, ou plutôt dʼune vie moderne et plus abstraite, le
procédé quʼil avait appliqué à la peinture de la vie ancienne, si étrangement pittoresque. Quel est
celui de nous qui nʼa pas, dans ses jours dʼambition, rêvé le miracle dʼune prose poétique, musicale
sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour sʼadapter aux mouvements lyriques de
lʼâme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience? Cʼest surtout de la
fréquentation des villes énormes, cʼest du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet
idéal obsédant. Vous-même, mon cher ami, nʼavez-vous pas tenté de traduire en une chanson le cri
strident du Vitrier, et dʼexprimer dans une prose lyrique toutes les désolantes suggestions que ce cri
envoie jusquʼaux mansardes, à travers les plus hautes brumes de la rue? Mais, pour dire le vrai, je
crains que ma jalousie ne mʼait pas porté bonheur. Sitôt que jʼeus commencé le travail, je
mʼaperçus que non seulement je restais bien loin de mon mystérieux et brillant modèle, mais encore
que je faisais quelque chose (si cela peut sʼappeler quelque chose) de singulièrement différent,
accident dont tout autre que moi sʼenorgueillirait sans doute, mais qui ne peut quʼhumilier
profondément un esprit qui regarde comme le plus grand honneur du poète dʼaccomplir juste ce
quʼil a projeté de faire. Votre bien affectionné, C. B.
2
Arsène Houssaye: poète de lʼépoque, que B. connaissait. Ce texte est le principal
commentaire de lʼauteur sur «S.d.P»./«P.e.P.», où il nous dit un peu ce quʼil voulait faire.
- 1er niveau > Structure
Tout dʼabord il parle de lʼabsence de structure du recueil.
“Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage qui nʼa ni queue ni tête.”
Tête et queue: sans un début ni une fin. Par la suite B. précise: “ tout, au contraire, y est à la
fois tête et queue, alternativement et réciproquement.” Cela veut dire quʼon peut commencer
où on veut, et sʼinterrompre quand on veut, lʼauteur nous autorise. “ Nous pouvons couper où
nous voulons, moi ma rêverie, vous le manuscrit, le lecteur sa lecture.” “Je ne suspends pas la
volonté rétive de celui-ci au fil interminable dʼune intrigue superflue.” Il nʼy a pas dʼintrigue à
suivre comme dans un roman, et je nʼoblige pas le lecteur, qui nʼa trop envie (“rétive” >
riluttante, restia), à suivre une “intrigue superflue”.
Rêverie: (fantasticheria) Rousseau > “Les rêveries du promeneur solitaire”.
Action de rêver éveillés, imagination du poète, sa pensée libre, son écriture qui est une
rêverie; que ce soit un poème en prose ou en vers, écrire cʼest rêver.
“Enlevez une vertèbre, et les deux morceaux de cette tortueuse fantaisie se rejoindront sans peine.”
Vertèbre: Image de la vertèbre. “Vertébral” > qui tient, résiste, se referme sur soi - même.
Fantaisie: ce nʼest pas lʼimagination (fantasia), mais plutôt un caprice (capriccio fantasioso).
Nous sommes toujours dans le champ sémantique du rêve et de la poésie, avec une nuance
de “caprice”, de quelque chose dʼimprévu, et “tortueux”, qui nʼest pas linéaire (> serpent).
“Hachez-la en nombreux fragments, et vous verrez que chacun peut exister à part.”
Tout texte est indépendant.
“Dans lʼespérance que quelques-uns de ces tronçons seront assez vivants pour vous plaire et vous
amuser, jʼose vous dédier le serpent tout entier.”
Le livre est comme un serpent, on peut couper le serpent et il reste vivant, cʼest une image
pour dire que la structure du livre est un organisme qui est fait dʼunités autonomes.
“Jʼai une petite confession à vous faire. Cʼest en feuilletant, pour la vingtième fois au moins, le
fameux Gaspard de la Nuit, dʼAloysius Bertrand [...] que lʼidée mʼest venue de tenter quelque chose
dʼanalogue, et dʼappliquer à la description de la vie moderne, ou plutôt dʼune vie moderne et plus
abstraite, le procédé quʼil avait appliqué à la peinture de la vie ancienne, si étrangement
pittoresque.”
Il avoue sa source (confession): «Gaspard de la Nuit», un receuil dʼAloysius Bertrand
auteur “mineur” du romantisme français, publié en 1842, et composé de textes courts en
prose, avec une certaine typologie poétique p.ex. allitérations, reprise des phonèmes (quʼon
trouve aussi dans la prose, non seulement dans la poésie), un certain rythme avec des
répétitions de mots ou de phrases. On peut considérer «G.d.l.N.» comme le modèle
principal, direct, de «S.d.P/«P.e.P.» mais avec des différences que B. souligne dʼailleurs.
A.B. sʼoccupe de la “vie ancienne”, cʼest à dire le Moyen Age, «G.d.l.N» est une œuvre
dans goût romantique du médiévalisme. Le romantisme exploite le M.A. en tant que source
dʼécriture nationale, chrétienne, etc. qui revient aussi comme décor (ambientazione) du
roman historique, ou dans le récit poétique. Le pittoresque domine chez A.B. tandis que lui
B. veut se distinguer de son modèle (analogue), et il va parler du Paris moderne mais non
pas de manière réaliste, sinon dʼaprès son point de vue, plus abstrait et point pittoresque, et
en effet dans «P.e.P.» il y a un certain réalisme, mais en même temps il reste toujours
lʼimagination, la rêverie.

3
- 2è niveau > Prose
“Quel est celui de nous qui nʼa pas, dans ses jours dʼambition, rêvé le miracle dʼune prose
poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour sʼadapter aux
mouvements lyriques de lʼâme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience?”
Ce nʼest pas une prose qui ressemble à la poésie par la rime, mais une prose “souple”,
élastique, flexible, pas raide, et “heurtée” (frammentata), irrégulière; ce nʼest pas pour
vouloir faire de la provocation mais pour “sʼadapter aux mouvements lyriques de lʼâme”
(moti dellʼanimo) les états dʼâme poétiques, “aux ondulations de la rêverie” à lʼimagination
en général, “aux soubresauts de la conscience” Ici B. parle de la prose, donc de la phrase, du
syntagme, du style, pas fluide (scorrevole), mais fragmenté, et ça cʼest important, cʼest la
modernité de B. (1869), cʼest provocant; dire quʼil utilisait ces attributs, “souple” et
“heurtée” surtout, cʼest assez nouveau pour son époque; “heurtée” cʼest un adjectif fort, la
poésie normalement cʼest la mélodie, lʼharmonie, tandis que lá cʼest la rupture.
Le dernier élément important, capital, du point de vue du contenu, non plus de la forme,
cʼest la VILLE, qui est dans le titre «Le Spleen de Paris» et pas nʼimporte quelle ville mais
la métropole, la “grande ville”, Paris, qui fait naître lʼidée du poème en prose.
“Cʼest surtout de la fréquentation des villes énormes, cʼest du croisement de leurs innombrables
rapports que naît cet idéal obsédant.”
Obsédant (ossessivo, perché ossessiona).
Fréquentation, villes énormes, croisement: vivre, connaître, des “villes énormes”; cʼest
lʼidée de la grande ville où lʼon rencontre et on croise beaucoup de gens. Paris au XIXè est
une ville très peuplée avec une société bourgeoise, industrielle, etc. La poésie inspirée par
Paris, qui parle de lʼurbanité, doit avoir une forme moderne qui va être le poème en prose,
et aussi des thèmes modernes comme la vie dans lʼécran de la ville.
Vous-même, mon cher ami, nʼavez-vous pas tenté de traduire en une chanson le cri strident
du Vitrier, et dʼexprimer dans une prose lyrique toutes les désolantes suggestions que ce cri envoie
jusquʼaux mansardes, à travers les plus hautes brumes de la rue?
B. essaye de faire une poésie métropolitaine. “cri du Vitrier”: anti - poétique. A.H. a écrit un
poème en prose, une poésie urbaine, cʼest “La chanson du vitrier”.
Mais, pour dire le vrai, je crains que ma jalousie ne mʼait pas porté bonheur. Sitôt que jʼeus
commencé le travail, je mʼaperçus que non seulement je restais bien loin de mon mystérieux et
brillant modèle, mais encore que je faisais quelque chose (si cela peut sʼappeler quelque chose) de
singulièrement différent, accident dont tout autre que moi sʼenorgueillirait sans doute, mais qui ne
peut quʼhumilier profondément un esprit qui regarde comme le plus grand honneur du poète
dʼaccomplir juste ce quʼil a projeté de faire. Votre bien affectionné, C. B.
La dernière partie de la dédicace est un peu conventionnelle, B. dit quʼil ne sait pas sʼil est
arrivé à faire ce quʼil voulait vraiment faire, et quʼil se sent inférieur à son “brillant modèle”
Aloysius Bertrand, modèle principal du poème en prose.
Importance de la ville: titre: “Spleen de Paris”, plusieurs poèmes se déroulant dans la rue,
et en général dans la ville. Les poèmes développent le thème de la
rencontre et du hasard, une rencontre fortuite que seul la grande
ville permet.

4
1er poème: LʼÉtranger (1862)
Ce nʼest pas le poème plus ancien, il a quelque chose dʼénigmatique, B. a voulu le mettre
comme premier parce que il représente la situation du poète, il introduit le ton du recueil. Le
poème est écrit en prose, comprend 12 vers et constitue un dialogue (interrogation) entre
deux personnes.
‒ Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? Ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère?
‒ Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
‒ Tes amis?
‒ Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
‒ Ta patrie?
‒ J’ignore sous quelle latitude elle est située.
‒ La beauté?
‒ Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
‒ L’or?
‒ Je le hais comme vous haïssez Dieu.
‒ Eh! Qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
‒ Jʼaime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages!
“Je lʼaimerais volontiers déesse et immortelle”: si elle était immortelle, mais elle ne lʼest
pas. > Thème typique de B. La beauté est une valeur très positive, mais hélas mortelle.
Il y a deux personnages: 1) un interrogateur qui pose des questions,
2) un étranger qui répond.
► 2 aspects de la même personne, interrogateur = côté philosophe, moraliste, matérialiste(or)
pas poète.
lʼétranger = le poète, le moi poétique.
Cʼest comme si lʼauteur se dédoublait, parce que ce nʼest pas un dialogue réaliste, il nʼy a
pas de didascalies, il nʼy a rien, on peut tout imaginer.

“nuages”: tout ce qui sʼoppose au quotidien, à la ville aussi, évasion. Grand thème poétique
mais B. ne le développe pas, le poème termine sur cette image de merveilleux nuages, cʼest
très synthétique.
Titre: LʼÉtranger. En tant que poète il est étranger (estraneo) dans la ville, la société,
lʼhistoire, (lʼactualité, sa période historique) etc. Dans cette dimension de lʼimagination, la
poésie, lʼécriture, nous sommes tous des étrangers. Cʼest le thème moderne de lʼétranger,
dans un sens qui nʼest pas forcément littéral, mais dans le sens de lʼextranéité, dans un sens
psychologique, étranger à soi-même, comme chez Camus dans son roman “LʼÉtranger” .
«Je ne suis pas sûr, je nʼai pas choisi consciemment et intentionnellement le titre du roman
“LʼÉtranger” en pensant consciemment au texte de Baudelaire, mais il est possible quʼil y
ait eu une réminiscence involontaire.»

05/11/19

Explosion
Un éclat de rire (lo scoppiare delle risate): le rire est une explosion, et a quelque chose de
sinistre, le rire est satanique ≠ Molière: le comique est vital. On rit parce quʼon se sent
supérieurs par rapport à lʼobjet qui nous donne du rire: on rit de quelque chose qui ne va
pas, dʼun défaut > tomber de la chaise. SADISME. cʼest lié aussi au thème de la misère et
pauvreté, de la classe sociale.
5
Un Plaisant, Assommons les Pauvres (Accoppiamo > -Accoppare- i poveri) Le texte a été
refusé car retenu malséant (sconveniente) titre provocant Ironie et émotion, sensibilité de B.
Comme > combat B. se sent poussé à agir. (prouver: dimostrare) Or > beefteack Tout à
coup > (forces = beaucoup de) conseils Critique du socialisme de PROUDHON, de la
bienséance. Il y a dans tout le texte une certaine ironie mais à lʼépoque on ne plaisantait pas
sur ce genre dʼargument, le texte de B. a été pris à la lettre. La provocation de B. veut être
une stimulation. Le joujou du pauvre Ici il y a un coup de théâtre final et de lʼironie comme
toujours. Égalité sociale.

20/11/19

Correspondances
Poème de 14 vers ça rappelle le sonnet qui a 14 parties. Le vers français a une longueur de
12 syllabes - vers avec césure à la moitié du vers, cʼest lʼalexandrin.
Structure /Rimes > forme fixe : 2 quatrains e 2 tercets (due strofe di quartine e due di terzine
4 e 3 versi) Le quatrain présente le sujet qui vient complété dans le tercet. La rime > forme
fixe dans le quatrain la rime est abba: rime embrassée / rima incrociata.

aabb: rime PLATE / rima baciata


abab: rime CROISÉE / rima alternata

En général Les 2 quatrains ont des rimes homophones mais pas ici même si B. est très
observant de la métrique. Correspondances est un poème libertin.
Rimbaud fait encore autre chose: les 2 quatrains ont la rime embrassée mais avec une
inversion dans le deuxième quatrain. La rime dans les tercets en général est libre.

PIL|IERS / FAMIL|IERS
Sujet du poème: correspondances entre les différents sens, synesthésie, union entre les
sensations. Le titre a des aspects ésotériques et chrétiens à la fois > homme = microcosme
monde = macrocosme les 2 se correspondent. Lʼhomme est lʼimage de Dieu.
Poème Manifeste de la poésie moderne, symboliste, quʼa influencé Rimbaud poète voyant,
Verlaine, Lʼhermétisme italien etc.
«La nature est un temple où il y a des piliers vivants»: les arbres sont comparés aux piliers
dʼune église. Thème de la décadence, comparaison art et nature, la nature imite lʼart selon B.
pas le contraire.
Sens: ouïe, vue, odorat > couleurs et sons = arts (peinture et musique) et littérature (poésie)
«Parfums frais comme des chairs dʼenfants» synesthésie odorat / toucher
«Doux comme les hautbois (oboe)» gout et ouïe
«Verts comme les prairies» vue
«esprit et sens» Sens spirituels > sens religieux, et sens matériels > la raison (mente umana)
→ Unité entre les sens.

Vous aimerez peut-être aussi