Fonctions MEEF
Fonctions MEEF
LES FONCTIONS
DANS
L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
Amaury Freslon
2020 – 2021
TABLE DES MATIÈRES
Introduction 1
1 Collège 5
1.1 Les programmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Une première approche des fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Fonctions linéaires et affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.1 Fonctions linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.2 Fonctions affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2 Seconde 19
2.1 Le programme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.2 Fonctions de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.3 Représenter algébriquement et graphiquement les fonctions . . . . . . . . . . . . 25
2.4 Variations et extrema . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3 Première 35
3.1 Le programme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2 Dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.3 Variations et courbes représentatives des fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.4 Fonction exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4 Terminale 55
4.1 Le programme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.2 Limites des fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
4.2.1 Les différents types de limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
4.2.2 Calculer une limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.3 Compléments sur la dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.3.1 Fonction composée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.3.2 Convexité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
4.4 Continuité des fonctions d’une variables réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.5 Fonction logarithme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.6 Fonctions sinus et cosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
4.7 Primitives, équations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
4.8 Calcul intégral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
— ii —
INTRODUCTION
À propos de ce texte
Ce document a été rédigé pour servir de support à une série de cours sur les fonctions dans
le cadre du Master MEEF de l’Université Paris-Saclay. Support est ici à entendre au double sens
de notes sur lesquelles l’auteur s’est appuyé pour son cours, qui consistait en deux séances de
quatre heures, et de document pérenne distribué aux étudiants.
Précisons d’emblée que ce ne sont pas des notes de cours à destinations d’enseignants du
secondaire, ni à destination d’élèves du secondaire. Ce document ne prétend ni à l’exhaustivité
dans son contenu (le traitement algébrique des fonctions polynômes, par exemple, manque) ni
à l’adéquation parfaite avec la lettre ou l’esprit des programmes. Ce document est en fait lié au
cours pour lequel il a été rédigé, qui répondait à trois objectifs :
1) Offrir aux étudiants préparant le concours du CAPES un aperçu des programmes d’analyse
du lycée à travers la notion de fonction ;
Par conséquent, beaucoup d’élèves devront les utiliser dans leurs études supérieures voir dans leur
futur travail. Il s’agit d’un élément extrêmement important de la formation de l’enseignement
secondaire.
Toutefois, la notion de fonction et son utilisation relèvent d’un degré d’abstraction qui peut
être difficile à acquérir par les élèves. Pour cette raison, l’étude des fonctions au collège et au
lycée se fait de façon progressives suivant trois axes :
3) Développer des outils pour étudier les fonctions et en extraire des informations (dérivation
et intégration par exemple).
Ces trois axes ne s’abordent pas l’un après l’autre mais simultanément tout au long de la
scolarité. Et même plus : beaucoup d’élèves seront confrontés dans leurs études supérieures à
de nouveau types de fonctions (holomorphes, de plusieurs variables, variables aléatoires) qui
nécessiteront des notions plus abstraites et plus rigoureuses.
L’idée générale des programmes est, depuis longtemps maintenant, la progressivité. Cela
signifie que les notions seront introduites dans des cas particuliers, ou de façon intuitives sans leur
cadre formel. Avec le temps, certains notions deviendront plus précises tandis que de nouvelles
s’ajouteront. Il est néanmoins essentiel que l’enseignant, lui, maîtrise de bout en bout le cadre
formel et sache quelles sont les subtilités ou les abus que recèlent les définitions. D’une part parce
qu’il faut maîtriser une notion pour l’enseigner, fusse de façon imprécise et d’autre part parce
que les difficultés des élève proviennent parfois, sans qu’ils en soient conscient, des non-dits des
notions qui leurs sont proposés.
Nous commencerons donc par rappeler la définition mathématique rigoureuse d’une fonction,
même si elle ne sera pas utilisé dans la suite.
Définition. Une fonction f d’un ensemble A vers un ensemble B est une partie f ⊂ A × B
telle que pour tout a ∈ A, il existe au plus un b ∈ B tel que (a, b) ∈ f . On note généralement
f : A −→ B.
• Étant donné a ∈ A, on note f (a) ∈ B l’unique élément tel que (a, f (a)) ∈ f et on l’appelle
l’image de a par f .
• Étant donné b ∈ B, on appelle antécédent de b par f tout élément a ∈ A tel que f (a) = b.
Il s’agit de définitions formelles et très générales et ce n’est bien sûr pas de cette façon que
les fonctions sont introduites dans le secondaire. On partira plutôt de l’idée que f associe à tout
élément a ∈ A un élément b ∈ B.
Remarque. On pourra remarquer que formellement, une fonction est en fait définie par son
graphe. Ainsi, le représentation graphique d’une fonction n’est pas un outil auxiliaire de la
théorie mais bien un aspect fondamental.
Si l’étude des fonctions est difficile, c’est en partie parce qu’elle nécessite de jongler en per-
manence entre toutes les incarnations possibles de ces objets, c’est-à-dire entre divers registres :
• Le registre numérique ;
• Le registre graphique ;
• Le registre schématique ;
• Le registre algébrique.
Ces différents registres devront être mobilisés les uns à la suite des autres ou simultanément
en fonction de la nature du problème à étudier. Indépendamment, il y a une autre distinction
important dans la façon dont on aborde les fonctions, c’est celle du point de vue, à savoir :
— 2 —
Introduction
Les programmes introduisent les fonctions via le point de vue ponctuel, mais lui associent im-
médiatement le point de vue global. Assez naturellement, le point de vue local n’apparaîtra que
plus tard, puisqu’il est le plus difficile à appréhender.
— 3 —
CHAPITRE 1
COLLÈGE
Contenus
Compétences associées
Plus précisément, on attend qu’à la fin de l’année scolaire un élève de 4e soit capable de
• Interpréter les paramètres d’une fonction affine suivant l’allure de sa représentation gra-
phique ;
• Résoudre des problèmes modélisés par des fonctions en utilisant un ou plusieurs modes de
représentation.
i) Choisir un nombre ;
— 6 —
1.2. Une première approche des fonctions
Correction. 1) Nous allons appliquer une par une les étapes du processus :
4 ⇝ 42 = 16 ⇝ 16 − 5 = 11.
Ainsi, le processus appliqué au nombre 4 mène bien au nombre 11 et la réponse est Vraie.
−2 ⇝ (−2)2 = 4 ⇝ 4 − 5 = −1.
On obtient −1, ce qui veut dire que l’image de −2 par f est −1 et la réponse est
Vraie.
(b) Il nous faut suivre les étapes en partant de −5 :
−5 ⇝ (−5)2 = 25 ⇝ 25 − 5 = 20.
Obtient 20, ce qui veut dire que −5 est un antécédent de 20 et la réponse est Vraie.
(c) On peut observer, dans le calcul précédent, qu’à cause du carré on aurait trouvé le
même résultat en partant de 5 plutôt que de −5. Autrement dit, 5 est également un
antécédent de 20 par f et la réponse est Fausse.
3) Partant du nombre x, on commence par l’élever au carré, ce qui nous donne le nombre x2 .
Ensuite, on lui retranche 5, ce qui donne le nombre x2 − 5. Ainsi, l’image de x par f est
x2 − 5.
Remarque. L’exercice tel qu’il est présenté ci-dessus est certainement assez difficile pour des
élèves de collège et demande à être accompagné dans sa résolution. On pourrait par exemple
suggérer de faire un schéma pour mieux visualiser le processus de calcul.
Pour mieux saisir l’aspect algorithmique du problème, il peut être intéressant dans un exercice
comme celui-ci d’utiliser des outils numériques, par exemple :
• Un tableur (Excel, GeoGebra) pour calculer les images en utilisant une colonne pour
chaque étape du processus ;
— 7 —
Chapitre 1. Collège
• Construire des fonctions dont la représentation graphique peut être appelée courbe mais
n’est pas lisse et ne correspond donc pas forcément au sens commun du mot “courbe”,
comme la fonction valeur absolue.
La définition ci-dessus est intrinsèquement liée à la méthode de lecture graphique des images
et des antécédents. Voici un exemple d’exercice mettant en jeu ces notions :
— 8 —
1.2. Une première approche des fonctions
Exercice 1.2.2. On considère une fonction f dont la représentation graphique est donnée
ci-dessous :
Correction. 1) On procède par lecture graphique de la façon suivante (indiquée par les traits
bleus sur la figure) : on repère 2 sur l’axe des abscisses, puis on trace un trait vertical
jusqu’à la courbe. On lit ensuite l’ordonnée de ce point et on obtient 3.
2) On procède par lecture graphique de la façon suivante (indiquée par les traits rouges sur
la figure) : on repère −1 sur l’axe des ordonnées, puis on trace un trait horizontal jusqu’à
la courbe. On lit ensuite l’abscisse de l’un des points et on obtient par exemple 0.
— 9 —
Chapitre 1. Collège
L’intérêt d’un tel exercice est d’appuyer (par la correction) l’aspect “méthodique” de la
lecture graphique. Il met également en lumière, de façon très visuelle, la pluralité des antécédents.
On peut aussi être plus ambitieux et proposer des problèmes ouverts comme le suivant :
Exercice 1.2.3. On souhaite fabriquer des corbeilles en carton ouvertes à partir d’un carré
de 50 cm de côté en ôtant quatre carré de côté x à chaque coin du carton. Pour quelle valeur
de x le volume de la corbeille sera-t-il maximal ?
Correction. On exprimera toutes les longueurs en cm et les aires en cm2 . La base de la boîte
obtenue sera un carré de côté (50 − x) tandis que sa hauteur sera égale à x. Ainsi, le volume V
de la boîte en fonction de x est
V (x) = (50 − x)2 × x.
Il est impossible pour un élève de collège de trouver le maximum d’une telle fonction, ni même
de savoir ou de démontrer qu’un tel maximum existe. On peut cependant commencer par tracer
la représentation graphique de cette fonction, en remarquant qu’elle est définie pour 0 ⩽ x ⩽ 50 :
Une première difficulté ici est de trouver une échelle des axes rendant le graphique lisible (ce que
GeoGebra fait automatiquement avec la fonction recadrer). On observe alors qu’il semble y
avoir un maximum pour une valeur de x entre 15 et 20. On peut affiner ce résultat en cherchant
par balayage une approximation du maximum, disons, au mm près. En utilisant un tableur, on
trouve 16, 7 comme valeur approchée de x :
x 16 16, 1 16, 2 16, 3 16, 4 16, 5
V (x) 18496 18502, 28 18507, 53 18511, 75 18514, 94 18517, 13
À noter que ce problème répond également à l’objectif de modélisation par les fonctions.
— 10 —
1.3. Fonctions linéaires et affines
Définition 1.3. Une fonction f est linéaire si l’image d’un nombre s’obtient en le multipliant
par un nombre fixé. Autrement dit, s’il existe un nombre a tel que pour tout x,
f (x) = a × x.
Propriété 1.4 Si f désigne une fonction linéaire de coefficient directeur a, alors tout
tableau de valeurs de f est un tableau de proportionnalité dont le coefficient de proportion-
nalité est a.
Démonstration. Par définition d’une fonction linéaire, la deuxième ligne d’un tableau de valeurs,
qui est la ligne des images, s’obtient en multipliant la première ligne par a. C’est donc bien un
tableau de proportionnalité. ■
Remarque. La réciproque est également vraie ! Si f est une fonction dont tout tableau de valeur
est un tableau de proportionnalité de même coefficient de proportionnalité a, alors f est une
fonction linéaire.
En plus des proportionnalités, les fonctions linéaires ont un lien fort avec la géométrie, via
leur représentation graphique. Ce point est essentiel car, une fois généralisé aux fonctions affines,
il est un outil important pour l’étude des droites dans le plan.
— 11 —
Chapitre 1. Collège
HA a ax f (x) KM
tan(AOH)
\ = = = = = = tan(M
\ OK)
OH 1 x x OK
Ainsi, les droites (OA) et (OM ) forment un même angle avec la droite (OH) = (OK). Elles sont
par conséquent parallèles. Comme elles ont de plus le point O en commun, elles sont confondues.
Par conséquent, les points O, A et M sont alignés.
Réciproquement, considérons une fonction f dont la représentation graphique est une droite
distincte de l’axe des ordonnées et soit A le point de la droite d’abscisse 1 (ce point existe parce
que la droite n’est pas l’axe des ordonnées). On note a l’ordonnée de A. Soit M un point de
la droite distinct de O et A. Ses coordonnées sont de la forme (x, f (x)). En utilisant les même
notations qu’au début de la preuve, on a que les droites (HA) et (KM ) sont parallèles car elles
sont toutes deux orthogonales à l’axe des abscisses. Par conséquent 1 , d’après le Théorème de
Thalès (en notant que comme la droite n’est pas l’axe des ordonnées, les points H et K sont
distincts de O),
x OK MK f (x)
= = = ,
1 OH AH a
d’où
f (x) = a × x.
Ainsi, f est une fonction affine de coefficient directeur a. ■
Remarque. La preuve n’est pas au programme. Elle est cependant intéressante puisqu’elle fait
intervenir le Théorème de Thalès et permet donc de montrer que les divisions usuelles des
mathématiques (algèbre/géométrie/analyse) sont d’ordre pédagogique mais que tout est en réa-
lité lié.
Même si la preuve n’est pas faite en cours, il est important de mentionner la façon de retrouver
le coefficient directeur à partir de la représentation graphique :
Propriété 1.6 Soit f une fonction linéaire et soit A un point de sa représentation gra-
phique distinct de l’origine. Si les coordonnées de A sont (x, y), alors le coefficient directeur
de f est
y
a= .
x
Autrement dit, c’est la pente de la droite.
Démonstration. Par définition, si (x, y) sont les coordonnées d’un point de la représentation
graphique de f , alors y = f (x). Si a est le coefficient directeur de f , on sait que f (x) = a × x,
1. Nous n’avons envisagé ici qu’un seule des configurations possibles des points O, A et M . Nous laissons au
lecteur le soin de vérifier que la preuve fonctionne également dans les autres cas.
— 12 —
1.3. Fonctions linéaires et affines
d’où (puisque x ̸= 0)
f (x) y
a= = .
x x
■
Voici un exemple d’exercice permettant de mettre en jeu les divers aspects des fonctions
linéaires :
Exercice 1.3.1. Collées sur une vitrine, de grandes affiches annoncent une réduction de 10%
sur toute une boutique.
1) Soit x le prix d’un produit en euros, exprimer le prix p(x) du même produit après le
réduction.
p(x) = 0, 9 × x
p(50) = 50 × 0, 9 = 45.
0, 9 × x = p(x) = 27,
donc
27
x= = 30.
0, 9
Ainsi, le pantalon coûtait initialement 30 euros.
■
Remarque. Cet exercice peut être l’occasion d’insister sur le fait que le calcul littéral permet
d’obtenir les résultats exacts, tandis qu’une simple lecture graphique ne donnera jamais qu’une
réponse approximative.
— 13 —
Chapitre 1. Collège
Remarque. Un point qui peut sembler anodin dans cet énoncé, mais qui est en fait important, est
que la fonction ne s’appelle pas f mais p. Ceci peut perturber les élèves, mais il est indispensable
de savoir jongler entre les notations et ce qu’elles représentent. Il est donc bon d’exposer les élèves
à diverses notations pour les fonctions dès le collège.
La notion de fonction linéaire se généralise à celle de fonction affine. Cette dernière n’est, en
soi, pas plus difficile que la première. Mais elle représente souvent un saut conceptuel important
pour les élèves.
Définition 1.7. Une fonction f est affine si l’image d’un nombre s’obtient en le multipliant par
un nombre fixé, puis en ajoutant un second nombre fixé. Autrement dit, s’il existe deux nombres
a et b tel que pour tout x,
f (x) = a × x + b.
Le nombre a est appelé coefficient directeur de la fonction f et le nombre b est appelé l’ordonnée
à l’origine de la fonction f .
Remarque. Cette définition est calquée sur celle de fonction linéaire, même si la version informelle
est moins claire dans ce cas. Donner les dénominations techniques de a et b n’est certes pas
nécessaire à ce stade, mais cela peut aider les élèves à deviner intuitivement le lien avec la
représentation graphique.
Les fonctions affines, dans la définition ci-dessus, généralisent les fonctions linéaires du point
de vue de l’expression formelle. Il est donc naturel de se demander comment elles les généralisent
du point de vue géométrique.
Démonstration. La preuve est similaire à celle du cas affine. Considérons une fonction affine
de coefficient directeur a et d’ordonnée à l’origine B, soit A le point du plan de coordonnées
(1, a) et soit B le point du plan de coordonnées (0, b). Comme a = f (1) et b = f (0), les
points A et B appartiennent à la représentation graphique de f . Nous allons prouver que la
représentation graphique de f est la droite (BA), qui n’est pas parallèle à l’axe des ordonnées
puisque les points A et B ont des abscisses différentes. Pour cela, considérons un point M de
la représentation graphique de f distinct de A et de B. Ses coordonnées s’écrivent (x, f (x)). Il
nous faut montrer que les points B, A et M sont alignés. En notant H le point de coordonnées
(1, b) et K le point de coordonnées (x, b), on peut considérer les triangles BAH et BM K. Ils
sont tous les deux rectangles (en H et K respectivement).
— 14 —
1.3. Fonctions linéaires et affines
HA a ax f (x) KM
tan(ABH)
\ = = = = = = tan(M
\ BK)
BH 1 x x BK
Ainsi, les droites (BA) et (BM ) forment un même angle avec la droite (BH) = (BK). Elles sont
par conséquent parallèles. Comme elles ont de plus le point B en commun, elles sont confondues.
Par conséquent, les points B, A et M sont alignés.
Réciproquement, considérons une fonction f dont la représentation graphique est une droite,
soit A le point de la droite d’abscisses 1 et soit B le point de la droite d’abscisse 0 (l’existence
de ces points provient du fait que la droite n’est pas parallèle à l’axe des ordonnées). On note
a l’ordonnée de A et b l’ordonnée de B. Soit M un point de la droite distinct de A et B.
Ses coordonnées sont de la forme (x, f (x)). En utilisant les même notations qu’au début de la
preuve, on a que les droites (HA) et (KM ) sont parallèles car elles sont toutes deux orthogonales
à la droite (BH) = (BK). Par conséquent 2 , d’après le Théorème de Thalès (en notant que
comme la droite n’est pas parallèle à l’axe des ordonnées, les points H et K sont distincts de
O),
x BK MK f (x) − b
= = = ,
1 BH AH a−b
d’où f (x) − b = (a − b) × x et finalement
f (x) = (a − b) × x + b.
On remarquera que contrairement au cas des fonctions linéaires, il n’existe pas de critère
simple permettant de repérer une fonction affine à partir d’un tableau de valeurs. Il est cependant
possible, si l’on sait que la fonction est affine, de trouver le coefficient directeur et l’ordonnée à
l’origine à partir d’un tableau de valeurs.
Propriété 1.9 Si f est une fonction affine et si x1 et x2 sont deux nombres distincts,
alors le coefficient directeur a de f est donné par
f (x2 ) − f (x1 )
a=
x2 − x1
2. Nous n’avons encore une fois envisagé ici qu’un seule des configurations possibles des points B, A et M .
Nous laissons au lecteur le soin de vérifier que la preuve fonctionne également dans les autres cas.
— 15 —
Chapitre 1. Collège
f (x2 ) − f (x1 )
b = f (x1 ) − a × x1 = f (x1 ) − x1 .
x2 − x1
f (x2 ) − f (x1 ) (a × x2 + b) − (a × x1 + b)
=
x2 − x1 x2 − x1
a × x2 − a × x1
=
x2 − x1
a(x2 − x1 )
x2 − x1
= a.
De même,
f (x1 ) − a × x1 = (a × x1 + b) − a × x1 = b.
Remarque. Cette propriété est importante, parce qu’elle permet d’introduire sans le nommer le
taux d’accroissement, qui sera central dans l’étude de la notion de dérivée. Elle permet aussi de
comprendre pourquoi le coefficient directeur apparaissant dans le preuve du Théorème 1.8 est
b − a et non pas a.
À nouveau, les questions de prix offrent des possibilités d’exercices assez complets sur le
sujet. En voici un exemple :
Exercice 1.3.2. Dans un magasin, une cartouche d’encre coûte 15 e. La même cartouche
coûte 10e sur internet, mais avec des frais de livraison fixes de 40 e quelque soit le nombre
de cartouches achetées.
3) Dans un repère orthogonal dont on choisira soigneusement les unités, tracer les droites
(d) et (d′ ) représentatives respectivement des fonctions x 7→ 15 × x et x 7→ 10 × x + 40.
5) À partir de combien de cartouches le prix sur internet est-il inférieur au prix en magasin ?
Justifier la réponse.
— 16 —
1.3. Fonctions linéaires et affines
2) (a) Chaque cartouche coûte 15 e, il suffit donc de multiplier x par 15, autrement dit
Pm (x) = 15 × x.
(b) Chaque cartouche coûte 10 e, il faut donc multiplier x par 10. Puis il faut ajouter
les 40 e de frais de livraison. Autrement dit,
Pi (x) = 10 × x + 40.
3) Voici la figure avec des axes pour lesquels une unité suivant l’axe des abscisses correspond
à vingt-cinq unités suivant l’axe des ordonnées :
4) (a) On part du point 6 sur l’axe des abscisses, puis on remonte jusq’aux droites pour lire
l’ordonnée des points d’intersection. On trouve 100 pour la droite représentative de Pi
et 90 pour celle de Pm . Par conséquent, il est plus intéressant d’acheter les cartouches
en magasin.
(b) On part du point 80 sur l’axe des ordonnées, puis on avance horizontalement jusqu’aux
droites pour lire l’abscisse des points d’intersection. On trouve 4 pour la droite re-
présentative de Pi et un nombre compris entre 5 et 6 pour celle de Pm . Ainsi, il vaut
mieux aller au magasin, où l’on pourra acheter cinq cartouche pour ce prix alors qu’on
n’en aurait que quatre sur internet.
— 17 —
Chapitre 1. Collège
5) Le nombre de cartouches à partir duquel il est plus intéressant d’acheter sur internet est
l’abscisse du point d’intersection des deux droites, c’est-à-dire 8. On peut d’ailleurs vérifier
que
Pm (8) = 120 = Pi (8).
■
On pourrait aussi envisager des exercices faisant apparaître les fonctions affines à partir de
problèmes géométriques.
— 18 —
CHAPITRE 2
SECONDE
2.1 Le programme
Le programme de mathématiques de seconde s’organise en cinq parties, dont l’une est en-
tièrement consacrée aux fonctions. Cette dernière se subdivise en trois sous-parties dont nous
suivrons l’ordre dans la suite.
• Définition ;
• Courbe représentative ;
Capacités attendues
• Tableau de variation ;
• Savoir comparer f (a) et f (b) numériquement ou graphiquement ;
• Savoir résoudre algébriquement ou graphiquement l’équation f (x) = k et l’inéquation
f (x) < k.
Capacités attendues
Capacités attendues
• Exploiter un outil numérique pour décrire les variations d’une fonction donnée par
une formule ;
Ces points ne sont pas du tout indépendants, bien au contraire ! Chaque notion ou outil doit
être appliqué à titre d’illustration aux fonctions de références, dont font également partie les
fonctions linéaires et affines vues au collège.
f : D → R,
f (x) = x2 .
— 20 —
2.2. Fonctions de référence
f (x) = x3 .
√
f (x) = x.
— 21 —
Chapitre 2. Seconde
Les restrictions sur les ensembles de définition des fonctions racine carrée et inverse se jus-
tifient très bien algébriquement. Cette explication peut se compléter par l’observation de leurs
représentations graphiques. D’ailleurs, cette observation montre un similarité entre les courbes
représentatives des fonctions carré et racines carrées qui traduit l’idée qu’il s’agit d’opérations
inverses l’une de l’autre (c’est-à-dire que ce sont des fonctions réciproques).
— 22 —
2.2. Fonctions de référence
Les propriétés de ces fonctions seront détaillées comme exemples des définitions générales,
mais rien n’empêche de les aborder par le biais d’exercices pour familiariser les élèves avec ces
objets. Par exemple :
Exercice 2.2.1. Soit f la fonction carré.
Correction. 1) Telle quelle, la question peut être difficile pour des élèves de secondes. On
peut ajouter une indication suggérant de considérer la différence f (b) − f (a). En effet, on
a une identité remarquable
Remarque. Cet exercice est difficile, il ne faut donc pas hésiter à l’adapter ou à le développer.
Il est intéressant car il fait travailler beaucoup d’outils et de notions (identités remarquables,
valeur absolue, racine carrée).
— 23 —
Chapitre 2. Seconde
Le programme suggère également de comparer les fonctions de référence entre elles, no-
tamment via une démonstration 1 . Voici une possibilité pour inclure cet élément sous forme de
problème ouvert :
Exercice 2.2.2. On considère les trois fonctions f, g, h : R → R définie par
Correction. 1) Voici un graphique comprenant les courbes représentatives des trois fonctions :
x −∞ 0 1 +∞
x − 0 + +
x−1 − − 0 +
x(x − 1) + 0 − 0 +
1. Le programme n’est pas limpide sur ce point, la démonstration est-elle exigée, recommandée, conseillée,
suggérée ? Elle n’est en tout cas pas exigible des élèves.
— 24 —
2.3. Représenter algébriquement et graphiquement les fonctions
Comparons maintenant f et h. On a
x −∞ −1 0 1 +∞
x − − 0 + +
x(x − 1) + + 0 − 0 +
x+1 − 0 + + +
x(x −
+ 0 − 0 − 0 +
1)(x + 1)
Comparons enfin g et h. On a
Ici, pas besoin de tableau de signe puisque x2 est toujours positif. Ainsi, h(x) ⩾ g(x) si et
seulement si x ⩾ 1.
■
f (−x) = f (x).
Une fonction f est impaire si pour tout x dans son ensemble de définition, −x est aussi dans
son ensemble de définition et
f (−x) = −f (x).
Une telle définition doit s’accompagner de son interprétation graphique :
— 25 —
Chapitre 2. Seconde
Remarque. Encore une fois, cette propriété illustre les interactions entre les fonctions et d’autres
chapitres du programme comme la géométrie du plan (symétrie axiale et symétrie centrale).
À titre d’exemples, les fonctions de références sont bien sûr à considérer. Cela peut se faire
sous la forme d’un exercice, qui sera aussi l’occasion d’insister sur l’importance de l’ensemble de
définition.
Exercice 2.3.1. Déterminer, parmi les fonctions de référence, lesquelles sont paires et les-
quelles sont impaires.
(−x)2 = x2 ,
(−x)3 = −x3 ,
• La fonction racine carrée n’est définie que pour x positif. En particulier, si x est dans
l’ensemble de définition alors −x n’y est pas. Par conséquent, cette fonction n’est ni paire
ni impaire.
— 26 —
2.3. Représenter algébriquement et graphiquement les fonctions
• La fonction inverse est définie pour tout nombre non-nul. En particulier, si x est dans
l’ensemble de définition alors −x également. De plus,
1 1
=− ,
−x x
• Les équations de la forme f (x) = k peuvent se résoudre explicitement quand f est une des
fonctions de référence, comme dans l’exercice 2.2.1. Il est important de le faire remarquer
aux élèves qui peuvent être tentés de croire que la méthode graphique est la seule méthode
disponible.
• Dans le même ordre d’idée, on peut facilement produire des situations où la méthode
graphique ne permet pas d’obtenir la solution exacte alors que le calcul direct le peut (par
exemple x2 = 2).
• Les inéquations peuvent être résolues explicitement quand elles font intervenir des fonctions
de référence ou quand elles se ramènent à une forme factorisée qui permet d’établir un
tableau de signe (comme dans l’exercice 2.2.2).
f (x) = x3 + x + 1.
— 27 —
Chapitre 2. Seconde
On observe sur cette représentation que f est croissante et qu’elle coupe exactement une
fois l’axe des abscisses. Ceci signifie que f ne s’annule qu’une seule fois. On observe éga-
lement que −1 < α < 0.
1 def f ( x ) :
2 return x∗∗3+x+1
3 A=−1
4 B=0
5 E=0.01
6 while B−A>=E :
7 C=(A+B) / 2 .
8 i f f (A) ∗ f (C)<=0 :
9 B=C
10 e l s e :A=C
11 a l p h a=round (A, 2 )
12 print ( a l p h a )
• Décroissante sur I si quels que soient deux réels x et y dans I tels que x < y, on a
f (x) ⩾ f (y) ;
• Monotone sur I si elle est soit croissante sur I, soit décroissante sur I.
— 28 —
2.4. Variations et extrema
Il est bien sûr essentiel de donner des exemples aussi bien de fonctions monotones que de
fonctions non-monotones. Les fonctions de référence sont pour cela parfaitement adaptées.
Exercice 2.4.1. Pour chacune des fonctions suivantes, dire sur quels intervalles elle est mo-
notone :
1) La fonction carré ;
3) La fonction inverse.
(b) En déduire les variations de la fonction cube. On pourra distinguer suivant que a et
b sont ou non de même signe.
Correction. 1) Notons f la fonction carré. Nous avons vu dans l’exercice 2.2.1 que f (b) ⩾ f (a)
si et seulement si |b| ⩾ |a|. En particulier, si a et b sont positifs, alors cela signifie que pour
b ⩾ a, f (b) ⩾ f (a). Ainsi, f est croissante sur [0; +∞[. Si maintenant a et b sont négatifs,
alors |b| ⩾ |a| signifies b ⩽ a. Ainsi, f est décroissante sur ] − ∞; 0].
3) Notons h la fonction inverse. Soient a et b des réels de même signe strict, de sorte que
ab > 0, et tels que b ⩾ a. Alors,
1 1 a−b
h(b) − h(a) = − = ⩽ 0.
b a ab
Ainsi, la fonction inverse est décroissante à la fois sur ] − ∞; 0[ et sur ]0; +∞[.
(b) Notons k la fonction cube et soient a et b deux réels tels que a < b. Si a et b sont de
même signe, alors ab ⩾ 0, donc
b3 − a3 = (b − a)(b2 + ab + a2 ) ⩾ 0
Les fonctions affines sont aussi des fonctions de référence et leur sens de variation s’interprète
facilement à l’aide de leur coefficient directeur. Pour le prouver, il est pratique d’introduire le
lien avec le taux d’accroissement. Rappelons qu’un taux d’accroissement d’une fonction f est
une quantité de la forme
f (b) − f (a)
.
b−a
— 29 —
Chapitre 2. Seconde
Propriété 2.8 Soit f une fonction définie sur un intervalle I. Alors, f est croissante
si et seulement si tous ses taux d’accroissements sont positifs et elle est décroissante si et
seulement si tous ses taux d’accroissement sont négatifs.
f (b) − f (a)
⩾ 0.
b−a
De même, si a > b, alors f (a) ⩾ f (b) donc le taux d’accroissement est également positif.
Réciproquement, supposons que tous les taux d’accroissement de f sont positifs. Alors, quels
que soient a et b dans I tels que a < b,
f (b) − f (a)
f (b) − f (a) = (b − a) ⩾0
b−a
donc f est croissante.
Supposons f décroissante. Si a < b, alors f (a) ⩾ f (b) donc
f (b) − f (a)
⩽ 0.
b−a
De même, si a > b, alors f (a) ⩽ f (b) donc le taux d’accroissement est également négatif.
Réciproquement, supposons que tous les taux d’accroissement de f sont négatifs. Alors, quels
que soient a et b dans I tels que a < b,
f (b) − f (a)
f (b) − f (a) = (b − a) ⩽0
b−a
donc f est décroissante. ■
Propriété 2.9 Soit f : R → R une fonction affine, définie par f (x) = a × x + b. Alors,
Démonstration. Nous avons déjà démontré que tous les taux d’accroissement de f sont égaux
au coefficient directeur a. Le résultat suit donc de la Propriété 2.8. ■
Pour résumer les variations d’une fonction, on introduit le tableau de variations, qui sera
un outil essentiel dans l’étude des fonctions. Plutôt qu’une définition abstraite, cette notion
s’assimile par des exemples, à commencer par les fonctions de références 2 :
x −∞ 0 +∞
+∞ +∞
x2
0
2. Nous incluons ici les limites, bien qu’elles ne soient pas vues en seconde, afin d’avoir un tableau de variations
complet pour mémoire.
— 30 —
2.4. Variations et extrema
x −∞ +∞
+∞
x3
−∞
x 0 +∞
+∞
√
x
0
x −∞ 0 +∞
0 +∞
1
x
−∞ 0
Le tableau de variations permet de faire “apparaître” assez naturellement les extrema locaux
d’une fonction, et donc de motiver leur définition :
Définition 2.10. Soit f une fonction définie sur un intervalle I.
f (x) ⩽ f (a);
f (x) ⩾ f (a);
Les fonctions de référence fournissent des exemples de choix pour illustrer cette définition.
Exercice 2.4.2. Déterminer les extrema des fonctions suivantes :
Correction. Nous allons utiliser les tableaux de variations des fonctions de référence établis
précédemment.
— 31 —
Chapitre 2. Seconde
Déterminer une valeur approchée de l’abscisse α de son maximum avec une précision de 0, 01.
En déduire une approximation du maximum.
On observe alors que l’abscisse α du maximum se trouve entre 0, 6 et 1. Pour obtenir une approxi-
mation de α, nous allons maintenant procéder par balayage 3 . Voici un exemple de programme
en Python pour cela :
1 def f ( x ) :
2 return 4∗ x ∗∗3 − 20∗ x ∗∗2 + 25∗ x
3 def max:
4 a l p h a =0.6
5 x =0.6
6 while x <1:
7 x=x +0.01
8 i f f ( x)> f ( a l p h a ) :
9 a l p h a=x
10 return a l p h a
3. On pourrait aussi procéder par dichotomie, mais cela nous permet de changer un peu.
— 32 —
2.4. Variations et extrema
Voici un autre exemple très intéressant où une conjecture peut être démontrée rigoureusement
grâce à une identité remarquable.
Exercice 2.4.4 (La piscine de Saint-Malo). Au bord d’une plage de Saint-Malo a été construite
une bordure en pierres afin de délimiter une piscine de mer de forme rectangulaire. La bordure
en pierre n’a été construite que sur trois cotés car il existait déjà une délimitation naturelle :
la plage. On sait que la superficie de cette piscine est de 3200 m2 . On cherche les valeur x et
y des cotés pour lesquelles la longueur de la bordure sera minimale. Voici une figure :
y y
La mer
(x − 80)2
f (x) = .
x
S = x × y.
S 3200
y= = ,
x x
donc
6400
P (x) = x + .
x
4. Remarquons que le terme approximation est ici trompeur, car rien ne garantit que f (α) approche le maxi-
mum à 0, 01 près par exemple.
— 33 —
Chapitre 2. Seconde
5) Comme un carré est toujours positif et que x lui-même, désignant une longueur, est positif,
la fonction f est à valeurs positives. Autrement dit, pour tout x,
ce qui s’écrit également P (x) ⩾ 160. Ceci signifie que le minimum de la fonction P est au
moins égal à 160. Or, P (80) = 160, donc c’est bien le minimum.
■
— 34 —
CHAPITRE 3
PREMIÈRE
3.1 Le programme
Le programme d’analyse de Première se divise en trois points :
1) Dérivation.
Contenus
Point de vue local
Capacités attendues
Capacités attendues
3) Fonction exponentielle.
Contenus
Capacités attendues
3.2 Dérivation
La dérivation est sans conteste la nouveauté la plus difficile du programme d’analyse en
classe de Première. Ceci est en grande partie dû à deux facteurs :
• L’absence de notion précise de limite, qui empêche à la fois de poser des définitions rigou-
reuses et de démontrer des résultats ;
Puisqu’il faut donc s’en remettre au « feeling », la meilleurs solution est d’utiliser la représenta-
tion graphique.
L’idée centrale sera donc le lien entre nombre dérivé en un point et pente de la tangente à la
courbe représentative. Or pour calculer la pente d’une droite, il faut en connaître deux points,
et nous n’en avons qu’un ! Nous pouvons alors essayer de regarder la pente d’une droite “très
proche”, par exemple d’une sécante à la courbe.
Définition 3.1. Soit I un intervalle et soit f : I → R une fonction. Si a et b sont deux points
de I, alors la droite passant par les points de coordonnées (a, f (a)) et (b, f (b)) est appelé une
sécante à la courbe représentative de f .
Cette définition doit bien évidemment s’accompagner d’une illustration :
— 36 —
3.2. Dérivation
En pratique, nous allons considérer deux point très proches, de sorte que la pente de la
sécante soit “proche” de la pente de la tangente. On considérera donc la sécante correspondant
aux points a et a + h pour h “petit”. La pente de cette sécante est alors une quantité importante
pour l’étude de la fonction f , ce qui justifie qu’on lui donne un nom :
Définition 3.2. Soit I un intervalle ouvert, soit f : I → R une fonction et soit a un point de
I. La pente de la sécante à la courbe représentative de f correspondant à a et a + h est appelée
taux d’accroissement et est égale à
f (a + h) − f (a)
T = .
h
Remarque. Cette définition manque de rigueur en ce qu’elle occulte le problème de l’existence
même de f (a + h). En effet, celle-ci n’est garanti que pour h suffisamment petit et uniquement
à condition que a soit à l’intérieur de l’intervalle de définition et pas au bord.
Avec tous ces outils en main, nous pouvons donner une idée intuitive de la dérivabilité : s’il
existe une droite dont les sécantes se rapprochent quand h devient petit, alors cette droite doit
être la tangente à la courbe représentative. Voici un exemple, pour la fonction
x3
f : x 7→ +x
3
avec a = 1 et h variant par pas de 0, 1 de 1 à 0, les sécantes successives sont en pointillés.
En conséquence, le taux d’accroissement devrait lui s’approcher d’un nombre qui sera la pente
de la tangente, ce qu’on peut observer ici en le calculant :
h 1 0, 9 0, 8 0, 7 0, 6 0, 5 0, 4 0, 3 0, 2 0, 1
T 1, 33 1, 27 1, 21 1, 16 1, 12 1, 08 1, 05 1, 03 1, 01 1
— 37 —
Chapitre 3. Première
On observe que le taux d’accroissement tend vers 1 (la dernière entrée étant égale à un à cause
d’un arrondi à deux décimales). Forts de l’intuition acquise, il est à présent possible d’introduire
les notions fondamentales de la dérivation.
Définition 3.3. Soit I un intervalle ouvert. On dit qu’une fonction f : I → R est dérivable en
un point a de I s’il existe un nombre f ′ (a) dont le taux d’accroissement s’approche de plus en
plus quand h devient de plus en plus petit. Le nombre f ′ (a) est appelé nombre dérivé de f en a.
La droite de pente f ′ (a) passant par le point de coordonnées (a, f (a)) est appelée tangente
à la courbe représentative de f en a.
Remarque. La notion de limite n’est pas explicitement au programme de Première, mais sera vue
en Terminale. Nous renvoyons donc à la Définition 4.6 pour une possible définition rigoureuse
du nombre dérivé.
Le calcul d’une équation de la tangente est l’occasion de réactiver les connaissances des
années précédentes sur les droites et les fonctions affines.
Démonstration. On sait qu’étant donné un nombre réel et un point du plan, il existe une unique
droite de pente ce nombre réel et passant par ce point. Or, la droite d’équation
y = f (a) + f ′ (a)(x − a)
est de pente f ′ (a) et passe par le point de coordonnées (a, f (a)) puisque
S’il peut être utile de faire quelques calculs concrets de nombre dérivé pour se familiariser
avec la notion, cela doit rester extrêmement simple dans la mesure où les calculs de limite sont
faits de façon intuitive.
Exercice 3.2.1. On considère la fonction f : R → R définie par
f (x) = 2x2 + 4x − 6.
Correction. 1) On calcule
2) La quantité 16 + 2h devient aussi proche de 16 que l’on veut si on prend h très petit. Par
conséquent, elle tend vers 16 quand h tend vers 0. Ceci signifie que f est dérivable en 4 et
que
f ′ (4) = 16.
■
Cette approche locale du nombre dérivée est importante puisqu’elle sera la clef du lien entre
signe de la dérivée et sens de variation de la fonction. Cependant, du point de vue du calcul,
c’est l’approche globale qui est la plus performante.
— 38 —
3.2. Dérivation
Définition 3.5. Soit I un intervalle ouvert et soit f : I → R une fonction. Elle est dite dérivable
si elle est dérivable en tout point de son ensemble de définition. Sinon, on appelle ensemble de
dérivabilité de f l’ensemble des points de son intervalle de définition auxquels elle est dérivable.
La fonction
f ′ : x 7→ f ′ (x)
est appelée fonction dérivée de f .
Comme toujours, on illustrera en priorité la notion à l’aide des fonctions de référence :
x 7→ 2x.
x 7→ 3x2 .
4) La fonction racine carrée est dérivable sur ]0; +∞[ et sa dérivée est donnée par
1
x 7→ √ .
2 x
5) La fonction inverse est dérivable sur ] − ∞; 0[ et sur ]0; +∞[ et sa dérivée est donnée
par
1
x 7→ − 2 .
x
— 39 —
Chapitre 3. Première
On en déduit que √ √
a+h− a 1
=√ √ .
h a+h+ a
1 √ 1
La quantité √
a+h+ a
devient aussi proche de √
2 a
que l’on veut si on prend h très petit.
1
Par conséquent, elle tend vers √
2 a
quand h tend vers 0. Ceci signifie que la fonction
1
racine carrée est dérivable en a et que son nombre dérivé est √
2 a
. Remarquons que ce
raisonnement ne fonctionne pas si a = 0.
1 1 a − (a + h) h
− = =− .
a+h a a(a + h) a(a + h)
On en déduit que
1 1
a+h − a 1
=− .
h a(a + h)
1
La quantité − a(a+h) devient aussi proche de − a12 que l’on veut si on prend h très petit. Par
conséquent, elle tend vers − a12 quand h tend vers 0. Ceci signifie que la fonction inverse
est dérivable en a et que son nombre dérivé est − a12 .
■
Remarque. Il peut être intéressant de transformer tout ou partie de cette propriété en exercice,
à condition d’ajouter des indications ou des questions intermédiaires pour certaines fonctions.
Remarque. Ces exemples, tout en permettant de faire explicitement les calculs, illustrent plu-
sieurs subtilités de la dérivation, notamment le fait que l’ensemble de dérivation peut être stric-
tement plus petit que l’ensemble de définition (fonction racine carrée). On pourra aussi faire
remarquer que les quatre exemples se ramènent à une même formule : (xα )′ = αxα−1 .
Pour aller plus loin, il n’est pas nécessaire d’établir une longue liste de cas particuliers, mais
plutôt de savoir calculer la dérivée d’une fonction en la décomposant en plusieurs morceaux plus
simples. C’est ce que permettent de faire les opérations dont parle le programme :
Propriété 3.7 Soient f et g des fonctions définies sur un même intervalle ouvert sur
lequel elles sont dérivables, alors
1) f + g est dérivable et
(f + g)′ = f ′ + g ′
2) f × g est dérivable et
(f × g)′ = f ′ × g + f × g ′
1
3) Si g ne s’annule pas, alors g est dérivable et
′
1 −g ′
= .
g g2
f
4) Si g ne s’annule pas, alors g est dérivable et
′
f f ′ × g − g′ × f
= .
g g2
5) Si a et b sont des nombres réels fixés, alors la fonction k : x 7→ f (ax + b) est dérivable
et
k ′ (x) = af ′ (ax + b).
— 40 —
3.2. Dérivation
Démonstration. Ces résultats devraient découler des opérations sur les limites. Celles-ci n’étant
pas encore introduites, nous utiliserons sans justification le fait que la somme de deux quantités
tend vers la somme des limites et que leur produit tend vers le produit des limites.
1) On a
(f + g)(a + h) − (f + g)(a) f (a + h) − f (a) g(a + h) − g(a)
= + ,
h h h
d’où le résultat.
2) On a
3) On a
1 1
g(a+h) − g(a) g(a) − g(a + h) g(a + h) − g(a) −1
= = × ,
h hg(a)g(a + h) h g(a)g(a + h)
d’où le résultat.
5) On a
À ce stade, ces notions se prêtent essentiellement à des exercices d’application directe par le
calcul de dérivées de sommes, de produits et de quotients de fonctions de références. En voici
un exemple parmi une infinité :
Exercice 3.2.2. Déterminer l’ensemble de définition et l’ensemble de dérivabilité de chacune
des fonctions suivantes et donner sa dérivée.
1 √
1) f : x 7→ 5x3 − +3 x;
x
2) g : x 7→ (x2 + 1)(x3 − 2x) ;
2x + 1
3) h : x 7→ .
x+1
Correction. 1) La fonction f est définie sur R∗ est y est dérivable comme somme de fonctions
dérivables. De plus, la propriété des sommes de fonctions dérivables donne :
1 3
f ′ (x) = 15x2 + 2
+ √ .
x 2 x
2) La fonction g est définie sur R et y est dérivable comme produit de fonctions dérivables.
De plus, la propriété des produits de fonctions dérivables donne :
— 41 —
Chapitre 3. Première
3) La fonction h est définie sur R \ {−1} et y est dérivable comme quotient de fonctions
dérivables dont le dénominateur ne s’annule pas. De plus, la propriété des quotients de
fonctions dérivables donne :
2(x + 1) − (2x + 1) 1
h′ (x) = = .
(x + 1)2 (x + 1)2
Le répertoire des fonctions de référence s’enrichit en première des fonctions polynômes, qui
sont traitées dans la partie d’algèbre du programme. Par la propriété concernant la somme de
deux fonctions dérivables, il suffit pour savoir dériver un polynôme de savoir dériver les fonctions
puissance.
Propriété 3.8 Pour tout entier naturel n ⩾ 1, la fonction xn est dérivable de dérivée
x 7→ nxn−1 .
Démonstration. Il est possible de prouver ce résultat “à la main” comme pour le cas des fonctions
carré et cube, en utilisant la factorisation :
On peut aussi proposer une démonstration par récurrence “intuitive”, c’est-à-dire sans la forma-
liser puisque la récurrence ne sera abordée qu’en Terminale. En effet, en écrivant xn+1 = x × xn
et en admettant que le résultat est vrai pour xn , on voit que
Pour conclure cette partie, le programme demande de traiter en détail l’un des cas les plus
simples de fonction non-dérivable en un point, à savoir la fonction valeur absolue. Celle-ci se
prête bien à un traitement sous forme d’exercice.
Exercice 3.2.3. On considère la fonction f : R 7→ R définie par f (x) = |x|.
(a) Calculer
f (x + h) − f (x)
.
h
(b) En déduire la valeur de f ′ (x).
Correction. 1) La valeur absolue |x| d’un nombre réel x est égale à x si x est positif et à −x
si x est négatif.
— 42 —
3.2. Dérivation
x
2) (a) L’inégalité |h| < 2 peut s’écrire
x x
− <h<
2 2
f (x + h) − f (x) x+h−x h
= = = 1.
h h h
(b) D’après la question précédente, le taux d’accroissement est égal à 1 dès que h est
assez petit. Par conséquent, f est dérivable en x et son nombre dérivé vaut f ′ (x) = 1.
D’après ce qui précède, le taux d’accroissement est égal à −1 dès que h est assez petit. Par
conséquent, f est dérivable en x et son nombre dérivé vaut f ′ (x) = −1.
ϵ
4) En s’inspirant de ce qui précède, il suffit de prendre h1 = 2 et h2 = − 2ϵ .
5) La question précédente montre que pour des h aussi petit qu’on veut, il y a des taux d’ac-
croissement en 0 égaux à 1 et d’autres égaux à −1. Par conséquent, le taux d’accroissement
n’a pas de limite quand h tend vers 0. Autrement dit, f n’est pas dérivable en 0.
■
Un dessin est bien sûr nécessaire pour comprendre d’où vient le défaut de dérivabilité en 0 :
— 43 —
Chapitre 3. Première
Propriété 3.9 Soit f :]a; b[→ R une fonction dérivable. Si f a un extremum en un point
c de ]a; b[, alors
f ′ (c) = 0.
Démonstration. Supposons que f a un maximum au point c. Alors, pour tout h > 0, f (c) ⩾
f (c + h) donc
f (c + h) − f (c)
⩽ 0.
h
Par conséquent, la limite de cette quantité, qui n’est autre que f ′ (c), est un nombre négatif. De
même, pour tout h < 0, f (c) ⩾ f (c + h) donc
f (c + h) − f (c)
⩾ 0.
h
Par conséquent, la limite de cette quantité, qui n’est autre que f ′ (c), est un nombre positif.
Ainsi, f ′ (c) doit être à la fois positif et négatif, c’est donc qu’il est nul. ■
Remarque. Il est important d’insister sur le fait que l’annulation de la dérivée est une condition
nécessaire d’existence d’un extremum, mais pas une condition suffisante.
Les fonctions carré et cube fournissent de bons exemples élémentaires pour illustrer ce résul-
tat (on pourra aussi regarder l’Exercice 3.3.3) :
Exercice 3.3.1. Déterminer les éventuels extrema des fonctions carré et cube sur R.
Correction. Notons f la fonction carré. Alors, f ′ (x) = 2x ne s’annule qu’en 0. Ainsi, le seul
extremum possible de f est 0 = f (0). Comme
f (x) = x2 ⩾ 0
Remarque. L’intérêt de l’exercice est bien évidemment de mettre en lumière le fait que l’annu-
lation de la dérivée est une condition nécessaire mais non suffisante d’existence d’un extremum.
Le second résultat important de cette partie du programme relie la dérivée au sens de varia-
tion.
Théorème 3.10 Soit f une fonction dérivable sur un intervalle ]a; b[. Alors,
— 44 —
3.3. Variations et courbes représentatives des fonctions
Démonstration. Commençons par le sens direct, qui est démontrable en classe. Si f est crois-
sante, alors tous ses taux d’accroissements sont positifs d’après la Propriété 2.8. Comme le
nombre dérivé est une limite de taux d’accroissements, il suit que f ′ (x) ⩾ 0 pour tout x. Le
même argument donne bien sûr, mutatis mutandis, le cas où f est décroissante.
Intéressons nous maintenant au sens réciproque. Si la preuve de ce résultat est hors pro-
gramme, c’est parce qu’elle repose sur le Théorème des accroissements finis. En effet,
d’après ce dernier, si f est dérivable sur ]a; b[ et continue sur [a; b], alors il existe c ∈]a; b[ tel que
f (b) − f (a)
= f ′ (c).
b−a
Par conséquent, si la dérivée de f est de signe constant, les taux d’accroissement le sont aussi,
d’où le résultat par la Proposition 2.8. ■
Remarque. Détaillons un peu plus les liens avec le programme. Le Théorème des accrois-
sements finis est une conséquence immédiate du Théorème de Rolle. Ce dernier est facile
à démontrer à partir de la Propriété 3.9, à condition de savoir que toute fonction continue
sur un segment admet un extremum. C’est donc l’absence de la notion de continuité, pourtant
logiquement antérieure à celle de dérivabilité, qui force d’admettre ce résultat et surtout nous
prive du Théorème des accroissements finis qui est bien plus utile et nous fera encore
défaut (voir par exemple la Section 4.3.2 du programme de Terminale sur la convexité).
À l’aide du Théorème 3.10, il est possible de caractériser les fonctions de dérivée nulle :
Propriété 3.11 Soit f une fonction dérivable sur un intervalle ]a; b[. Alors, f est constante
si et seulement si pour tout x de ]a; b[, f ′ (x) = 0.
Démonstration. Remarquons que pour démontrer que la dérivée d’une fonction constante s’an-
nule, le Théorème 3.10 n’est pas nécessaire. C’est même l’inverse, puisque ce résultat est utilisé
dans la preuve du Théorème de Rolle, sur lequel repose la preuve du Théorème 1.8 ! De ce
point de vue, l’ordre du programme est encore une fois trompeur. De fait, si f est une fonction
constante, il suffit de calculer le taux d’accroissement en un point x :
f (x + h) − f (x)
T = =0
h
Les exercices sur le sujet sont pléthore : il suffit de définir une fonction à l’aide de sommes
et de produits de fonctions de référence et de la faire étudier aux élèves. Mais tant qu’à faire,
on peut essayer de choisir une fonction obtenue à partir d’un problème concret. En voici un
exemple :
— 45 —
Chapitre 3. Première
1) Justifier que
1
h= .
x2
2) En déduire que l’aire totale de la boîte est
4
f (x) = 2x2 + .
x
Correction. 1) Le volume de la boîte est donné par V = h × x2 . Le résultat suit donc du fait
que la boîte est de volume 1.
2) La boîte possède deux faces carrées d’aire x2 et quatre faces rectangulaires d’aire h × x,
d’où
x 4
f (x) = 2x2 + 4h × x = 2x2 + 4 2 = 2x2 + .
x x
3) Calculons la dérivée de f :
4 4(x3 − 1)
f ′ (x) = 4x −
= .
x2 x2
Comme x2 > 0, cette expression est du signe de x3 − 1. Or, on sait que la fonction x3 est
croissante sur R et que 13 = 1. Par conséquent, x3 − 1 ⩽ 0 pour x ⩽ 1 et x3 − 1 ⩾ 0 pour
x ⩾ 1. On en déduit le tableau de variations de f :
x 0 1 +∞
+∞ +∞
f (x)
f (1)
— 46 —
3.3. Variations et courbes représentatives des fonctions
Le programme suggère également d’utiliser les résultats sur la dérivation pour décrire les
solutions d’un trinôme. Cela peut par exemple se faire sous forme d’exercice.
Exercice 3.3.3. On considère trois réels a, b et c avec a non nul, ainsi que la fonction f :
R → R définie par
f (x) = ax2 + bx + c.
∆ = b2 − 4ac < 0,
4) Montrer de même que si ∆ = 0, alors f ne s’annule qu’une seule fois et dire pour quelle
valeur de x.
f ′ (x) = 2ax + b.
b
x −∞ − 2a +∞
+∞ +∞
f (x)
b
f − 2a
b
x −∞ − 2a +∞
b
f − 2a
f (x)
−∞ −∞
b
2) Dans les deux cas, on observe que l’extremum est atteint en x = − 2a et a donc pour valeur
b b 2 b
f − =a − +b× − +c
2a 2a 2a
ab2 b2
= 2− +c
4a 2a
ab2 − 2ab2 + 4a2 c
=
4a2
2
−b + 4ac
= .
4a
— 47 —
Chapitre 3. Première
— 48 —
3.4. Fonction exponentielle
x 1 5 10 20 100
un (x) 2 2, 49 2, 59 2, 65 2, 7
Une fois les élèves convaincus que cette méthode justifie l’existence d’une solution à l’équation
différentielle y ′ = y, il ne reste plus qu’à l’affirmer.
Théorème 3.12 Il existe une unique fonction f : R → R telle que f (0) = 1 et pour tout
réel x,
f ′ (x) = f (x).
Cette fonction est appelée fonction exponentielle et notée exp.
Démonstration. L’existence comme l’unicité sont admises. Cependant, l’unicité est tout à fait
démontrable avec les outils de Première, voici comment. Il faut commencer par montrer qu’une
telle fonction f ne s’annule jamais. Pour cela, posons
h : x 7→ f (x) × f (−x).
h′ (x) = f ′ (x) × f (−x) + f (x) × (−f ′ (−x)) = f ′ (x) × f (−x) − f (x) × f ′ (−x).
La preuve de l’unicité est intéressante parce qu’elle montre comment exploiter la définition
de la fonction exponentielle pour en déduire des propriétés (comme le fait qu’elle ne s’annule
pas par exemple). Ceci sera à nouveau illustré par l’énonce suivant.
— 49 —
Chapitre 3. Première
1) exp(x) > 0 ;
3) exp(x) exp(−x) = 1 ;
exp(x + y)
h : x 7→ ,
exp(y)
qui est bien définie parce que exp(y) ̸= 0. La fonction h est dérivable sur R et
exp′ (x + y) exp(x + y)
h′ (x) = = = h(x).
exp(y) exp(y)
exp(x + y)
exp(x) = ,
exp(y)
donc la suite (exp(na))n∈N est une suite géométrique de raison exp(a). En considérant le cas
encore plus particulier où a = 1, on a pour tout entier n,
exp(n) = exp(1)n .
exp(x) = ex .
Remarque. On peut faire remarquer que, par la Propriété 3.7, la dérivée de x 7→ eax est la
fonction x 7→ aeax . Par conséquent, la même preuve que pour le Théorème 3.12 montre que
x 7→ eax est l’unique fonction telle que f ′ = af et f (0) = 1.
Pour conclure, la fonction exponentielle doit rejoindre le répertoire des fonctions de référence,
il faut donc l’étudier et donner ses variations.
— 50 —
3.4. Fonction exponentielle
Démonstration. Nous avons déjà vu que exp est strictement positive. Comme c’est aussi la déri-
vée de la fonction exponentielle, on en déduit qu’elle est croissante sur R d’après le Théorème 3.10.
Si de plus il existait x < y tels que ex = ey , alors pour tout x < z < y, on aurait
ex ⩽ ez ⩽ ey = ex
x −∞ +∞
+∞
ex
0
— 51 —
Chapitre 3. Première
Exercice 3.4.1. La vasopressine est une hormone favorisant la réabsorption de l’eau par
l’organisme. Le taux de vasopressine dans le sang est considéré comme normal s’il est inférieur
à 2, 5 µg/mL. Cette hormone est sécrétée dès que le volume sanguin diminue. En particulier, il
y a production de vasopressine suite à une hémorragie. On utilisera dans la suite la modélisation
suivante :
t
f (t) = 3te− 4 + 2,
où f (t) désigne le taux de vasopressine dans le sang (en µg/mL) au bout d’un temps t (en
minutes) après le début d’une hémorragie.
2) Justifier que la fonction f est dérivable sur ]0; +∞[ et montrer que
3 t
f ′ (t) = (4 − t)e− 4 .
4
3) (a) Étudier les variations de la fonction f et dresser son tableau de variations (en
incluant la limite en +∞).
(b) À quel instant le taux de vasopressine dans le sang est-il maximal ? Donner alors
une approximation de ce taux à 10−2 près.
Cette valeur est strictement supérieure à 2, 5, donc le taux de vasopressine est anor-
mal.
(c) On a
1 1 t 1 t
12 × t + 2 = 12 × t + 2 = 12 × × t + 2 = 3te− 4 .
e4 4e 4 4 e4
t t
4
lim f (t) = 2.
t→+∞
— 52 —
3.4. Fonction exponentielle
t 0 4 +∞
f (4)
f (t)
2 2
f (4) ≈ 6, 42.
— 53 —
CHAPITRE 4
TERMINALE
4.1 Le programme
Le programme de Terminale concernant les fonction est riche. Pour simplifier, nous omettrons
la partie concernant les suites. Rappelons qu’il y a, en plus de la spécialité mathématiques,
deux options concernant les mathématiques en classe de Terminale. L’option “Mathématiques
complémentaires” ne comporte pas de contenu concernant les fonctions distinct de celui de
spécialité, mais va plus loin sur certains points en donnant des idées de démonstrations et en
considérant des exemples plus poussés. Quant à l’option “Mathématiques expertes”, elle ne
comporte pas d’analyse. Nous nous contenterons donc de parcourir le programme de spécialité.
Capacités attendues
• Déterminer dans des cas simples la limite d’une fonction en utilisant les limites
usuelles, les croissances comparées, les opérations sur les limites, des majorations,
minorations, encadrements ou la factorisation du terme prépondérant ;
• Faire un lien entre asymptote parallèle à un axe et limite.
Capacités attendues
• Calculer la dérivée, étudier les limites et dresser le tableau de variations d’une fonction
construite simplement à partir des fonctions de référence ;
• Démontrer des inégalités en utilisant la convexité d’une fonction ;
• Esquisser l’allure de la courbe représentative de f à partir des tableaux de variations
de f , f ′ ou f ′′ ;
• Lire sur une représentation graphique de f , f ′ ou f ′′ les intervalles où f est convexe,
concave ou ses points d’inflexion.
• Fonction continue en un point, sur un intervalle, toute fonction dérivable est continue ;
• Image d’une suite convergente par une fonction continue ;
• Théorème des valeurs intermédiaires, cas des fonctions continues strictement mono-
tones.
Capacités attendues
4) Fonction logarithme.
Contenus
Compétences attendues
Capacités attendues
— 56 —
4.2. Limites des fonctions
Compétences associées
7) Calcul intégral.
Contenus
• Définition de l’intégrale d’une fonction continue positive sur un segment comme aire
Z b
sous la courbe et notation f (x)dx ;
a
• Lien avec les primitives de F ;
• Toute fonction continue sur un segment admet des primitives ;
• Définition de l’intégrale d’une fonction continue quelconque par les primitives ;
• Linéarité, positivité, relation de Chasles ;
• Valeur moyenne d’une fonction ;
• Intégration par parties.
Capacités attendues
Comme nous le verrons, l’année de Terminale est l’occasion d’introduire enfin tous les outils
nécessaires à l’étude des fonctions d’une variable réelle. Grâce à cela, il sera possible de donner
des démonstrations de la plupart des résultats admis les années précédentes.
• On dit que f (x) tend vers +∞ quand x tend vers +∞ si f peut prendre des valeurs positives
arbitrairement grandes quand x est grand. Plus précisément, si pour tout M > 0, il existe
b ⩾ a tel que f (x) ⩾ M pour tout x ⩾ b. On note alors
— 57 —
Chapitre 4. Terminale
• On dit que f (x) tend vers −∞ quand x tend vers +∞ si f peut prendre des valeurs
négatives arbitrairement grandes quand x est grand. Plus précisément, si pour tout M < 0,
il existe b ⩾ a tel que f (x) ⩽ M pour tout x ⩾ b. On note alors
• On dit que g(x) tend vers +∞ quand x tend vers −∞ si f peut prendre des valeurs
arbitrairement grandes quand x prend de grandes valeurs négatives. Plus précisément, si
pour tout M > 0, il existe b ⩽ a tel que f (x) ⩾ M pour tout x ⩽ b. On note alors
• On dit que f (x) tend vers −∞ quand x tend vers −∞ si f peut prendre des valeurs
négatives arbitrairement grandes quand x prend de grandes valeurs négatives. Plus préci-
sément, si pour tout M < 0, il existe b ⩽ a tel que f (x) ⩽ M pour tout x ⩽ b. On note
alors
lim f (x) = −∞.
x→−∞
Remarque. La définition précise à l’aide des intervalles n’est pas vraiment exigible. Rien n’em-
pêche cependant de la donner. D’une part pour que les élèves comprennent que la définition
n’est pas une “arnaque”, ce qui est souvent le cas quand on utilise des expressions du type “ar-
bitrairement grand” ou “aussi grand qu’on veut”. D’autre part parce que cela permet de traiter
rigoureusement quelques exercices simples (voir ci-dessous) plutôt que de tout admettre.
Les fonctions de référence permettent, comme toujours, d’illustrer la notion :
Exercice 4.2.1. Démontrer les assertions suivantes :
1) lim x2 = +∞ et lim x2 = +∞ ;
x→+∞ x→−∞
2) lim x3 = +∞ et lim x3 = −∞ ;
x→+∞ x→−∞
√
3) lim x = +∞ ;
x→+∞
4) lim ex = +∞.
x→+∞
√
Correction. 1) Fixons M > √ 0. Alors, pour tout x ⩾ M , x2 ⩾ M , d’où la première limite.
De plus, pour tout x ⩽ − M , x2 ⩾ M , d’où la seconde limite.
√
2) Fixons M > 0. Alors, pour √ tout x ⩾ 3 M , x3 ⩾ M , d’où la première limite. De plus, si
M < 0, alors pour tout x ⩽ 3 M , x3 ⩽ M , d’où la seconde limite.
√
3) Soit M > 0. Alors, pour tout x ⩾ M 2 , x ⩾ L, d’où le résultat.
L’absence de la fonction inverse dans l’exercice précédent peut permettre de susciter l’inter-
rogation des élèves et de les mener à deviner qu’il doit exister d’autres notions de limite. C’est
alors le moment de les introduire.
— 58 —
4.2. Limites des fonctions
Définition 4.2 (Limite finie à l’infini). Soit f une fonction définie sur un intervalle [a; +∞[.
On dit que f tend vers un réel ℓ quand x tend vers +∞ si f (x) se rapproche arbitrairement près
de ℓ quand x prend de grandes valeurs positives. Plus précisément, si pour tout ϵ > 0, il existe
b ⩾ a tel que f (x) ∈]ℓ − ϵ; ℓ + ϵ[ quand x ⩾ b. On note alors
lim f (x) = ℓ.
x→+∞
Soit f une fonction définie sur un intervalle ] − ∞, a]. On dit que f tend vers un réel ℓ quand
x tend vers −∞ si f (x) se rapproche arbitrairement près de ℓ quand x prend de grandes valeurs
négatives. Plus précisément, si pour tout ϵ > 0, il existe b ⩽ a tel que f (x) ∈]ℓ − ϵ; ℓ + ϵ[ quand
x ⩽ b. On note alors
lim f (x) = ℓ.
x→−∞
Remarque. Ici, la définition avec des ϵ est moins limpide que dans le cas des limites infinies.
Nous la donnons tout de même pour montrer qu’il est possible d’être rigoureux en Terminale.
Il est maintenant possible de traiter la fonction inverse.
Exercice 4.2.2. Montrer que
1 1
1) lim = 0 et lim = 0;
x→−∞ x x→+∞ x
2) lim ex = 0.
x→−∞
1
−ϵ < < 0 < ϵ,
x
1
−ϵ < 0 < < ϵ,
x
1
−ϵ < 0 < e−x = < ϵ.
ex
d’où le résultat.
■
Cet exercice est l’occasion d’interpréter graphiquement le résultat pour commencer à intro-
duire le vocabulaire des asymptotes.
Définition 4.3. On dit que la courbe représentative de f admet une asymptote horizontale
d’équation y = ℓ si f tend vers ℓ quand x tend vers +∞ ou quand x tend vers −∞.
La fonction inverse fournit un exemple de choix avec l’axe des abscisses comme asymptote
oblique :
— 59 —
Chapitre 4. Terminale
Remarque. Il peut être bon de faire remarquer qu’une asymptote horizontale n’est pas toujours
une droite « dont la courbe s’approche sans jamais l’atteindre », comme on le croit parfois.
L’exemple suivant le montre bien : il suffit de considérer la courbe représentative de la fonction
f :]0; +∞[→ R définie par
sin(x)
f (x) = .
x
On montre en utilisant le Théorème des gendarmes (voir le Propriété 4.10) que f tend
vers 0 en +∞, et donc que la courbe représentative Cf de f admet une asymptote horizontale
d’équation y = 0. Cependant, on voit que Cf coupe son asymptote une infinité de fois :
• On dit que f tend vers −∞ quand x tend vers a par valeurs supérieures si f (x) prend
des valeurs négatives arbitrairement grandes quand x s’approche de a. Plus précisément,
si pour tout M < 0, il existe c ∈]a; b[ tel que f (x) < M pour tout x ∈]a; c[. On note alors
lim f (x) = −∞.
x→a+
— 60 —
4.2. Limites des fonctions
• On dit que f tend vers +∞ quand x tend vers b par valeurs inférieures si f (x) prend
des valeurs positives arbitrairement grandes quand x s’approche de b. Plus précisément, si
pour tout M > 0, il existe c ∈]a; b[ tel que f (x) > M pour tout x ∈]c; b[. On note alors
• On dit que f tend vers −∞ quand x tend vers b par valeurs inférieures si f (x) prend des
valeurs négatives arbitrairement grandes quand x s’approche de a. Plus précisément, si
pour tout M < 0, il existe c ∈]a; b[ tel que f (x) < M pour tout x ∈]c; b[. On note alors
Nous pouvons ainsi compléter l’étude des limites des fonctions de référence :
Exercice 4.2.3. Montrer que
1 1
lim = −∞ et lim = +∞.
x→0− x x→0 x
+
Pour terminer la définition des limites, il reste à traiter le cas d’une limite finie en un
point. C’est le plus compliqué à écrire, et celui sur lequel les calculs ne porteront jamais. C’est
néanmoins en un sens le plus important puisqu’il permet de définir la notion de continuité.
— 61 —
Chapitre 4. Terminale
Définition 4.6. Soit f :]a; b[→ R une fonction et soit ℓ un nombre réel.
• On dit que f tend vers ℓ quand x tend vers a par valeurs supérieures si f (x) est arbitrai-
rement proche de ℓ quand x s’approche de a. Plus précisément, si pour tout ϵ > 0, il existe
c ∈]a; b[ tel que f (x) ∈]ℓ − ϵ; ℓ + ϵ[ dès que x ∈]a; c[. On note alors
lim f (x) = ℓ.
x→a+
• On dit que f tend vers ℓ quand x tend vers b par valeurs inférieures si f (x) est arbitraire-
ment proche de ℓ quand x s’approche de b. Plus précisément, si pour tout ϵ > 0, il existe
c ∈]a; b[ tel que f (x) ∈]ℓ − ϵ; ℓ + ϵ[ dès que x ∈]c; b[. On note alors
lim f (x) = ℓ.
x→b−
• Si c ∈]a; b[, on dit que f a pour limite ℓ quand x tend vers c si f a pour limite ℓ quand x
tend vers c à la fois par valeurs supérieures et par valeurs inférieures. On note alors
lim f (x) = ℓ.
x→c
À ce stade, il est difficile de donner des exercices puisque les élèves ne sont pas censés calculer
des limites directement à partir de la définition. Les exemples des fonctions de référence suffiront
pour cela. Par ailleurs, maintenant que nous disposons de la notion de limite, il est possible de
compléter les tableaux de variations des fonctions, ce que nous avions déjà fait par anticipation.
Propriété 4.7 (Opérations sur les limites) Soient f et g deux fonctions définies sur un
même intervalle I et soit a un point de I, ou bien ±∞. On suppose que f et g tendent
respectivement vers ℓ et ℓ′ quand x tend vers a, où ℓ et ℓ′ peuvent être des nombres réels
ou ±∞. Alors,
fini + (+∞) = +∞
fini + (−∞) = −∞
(+∞) + (+∞) = +∞
(−∞) + (−∞) = −∞.
— 62 —
4.2. Limites des fonctions
1 1
3) Si g ne s’annule pas, alors g tend vers ℓ′ , avec les conventions suivantes :
1 1 1 1
= 0; = 0 ; + = +∞ ; − = −∞,
+∞ −∞ 0 0
où 0+ signifie que f (x) est positif quand x est proche de 0 et 0− signifie que f (x) est
négatif quand x est proche de 0.
f ℓ
4) Si g ne s’annule pas, alors g tend vers ℓ′ avec les conventions précédentes.
Dans tous les cas qui ne sont pas mentionnés dans les conventions ci-dessus, le résultat
dépend de la situation (il peut même ne pas y avoir de limite du tout) et l’on dit qu’on a
une forme indéterminée.
Démonstration. La preuve de ces résultats ne présente en fait aucune difficulté. Elle est par
contre fastidieuse à cause des nombreux cas possibles. Nous laisserons donc au lecteur le soin de
les rédiger en détails s’il en ressent la nécessité. ■
Il est également parfois utile de composer deux limites. Comme la notion de composée n’a
pas encore été introduite, nous utiliserons directement la définition.
Propriété 4.8 (Limite d’une composée) Soit f et g deux fonctions. Si f (x) tend vers ℓ
quand x tend vers a et si g(x) tend vers ℓ′ quand x tend vers ℓ, alors g(f (x)) tend vers ℓ′
quand x tend vers a.
Démonstration. Encore une fois, le résultat est naturel et la preuve consiste essentiellement à
recopier les définitions des différents types de limite. Toutefois, la distinction des cas en rendrait
la rédaction fastidieuse. ■
Dans la Propriété 4.7 apparaissent des formes indéterminées. Il est important d’insister
sur le fait que ce terme ne signifie pas qu’on ne peut pas savoir quel est le résultat mais simple-
ment qu’on ne peut pas savoir sans calcul supplémentaire quel est le résultat. En fait, une
même forme indéterminée peut donner plusieurs résultats différents selon la situation. Voici un
exemple :
Exercice 4.2.4. On considère les deux fonctions f, g : R → R définies par f (x) = x et
g(x) = x2 .
f g f
; ;
g f f
Correction. 1) On sait, car ce sont des fonctions de référence, que f (x) et g(x) tendent vers
+∞ quand x tend vers +∞.
2) On a
f 1
lim = lim = 0,
x→+∞ g x→+∞ x
g
lim = lim x = +∞,
x→+∞ f x→+∞
f
lim = lim 1 = 1.
x→+∞ f x→+∞
— 63 —
Chapitre 4. Terminale
De même, la fonction exponentielle décroît plus vite en −∞ que toute puissance. Autrement
dit, pour tout entier naturel n,
lim xn ex = 0.
x→−∞
Démonstration. Afin de ne pas avoir à distinguer si les limites sont par valeurs inférieures ou
supérieures à chaque fois, nous utiliserons un vocabulaire plus lâche pour la preuve.
1) Soit M > 0. On sait que pour x suffisamment proche de a, g(x) ⩾ M , donc pour x
suffisamment proche de a,
f (x) ⩾ g(x) ⩾ M,
ce qu’il fallait démontrer.
— 64 —
4.3. Compléments sur la dérivation
2) Soit M < 0. On sait que pour x suffisamment proche de a, g(x) ⩽ M , donc pour x
suffisamment proche de a,
f (x) ⩽ g(x) ⩽ M,
ce qu’il fallait démontrer.
2) En déduire que
E(x)
lim = 1.
x→+∞ x
3) Calculer
1
lim xE .
x→0+ x
Correction. 1) On sait déjà par définition de la partie entière que E(x) ⩽ x. De plus, en
soustrayant 1 aux deux membres de l’inégalité x < E(x) + 1, on obtient x − 1 < E(x), ce
qui conclut la preuve.
1 x−1 E(x) x
1− = < ⩽ = 1.
x x x x
Comme les deux extrémités de l’inégalité tendent vers 1 quand x tend vers +∞, il en est
de même pour le terme du milieu par le Théorème des gendarmes 4.10.
3) On peut écrire
1 1 1
xE = 1 E .
x x
x
Comme x1 tend vers +∞ quand x tend vers 0 par valeurs supérieures, on en déduit par
composition des limites que
1
lim xE = 1.
x→0 + x
■
— 65 —
Chapitre 4. Terminale
Définition 4.11. Soit f : I → R une fonction et soit g : J → R une autre fonction. Si pour
tout x de I, f (x) est dans J, alors on définit une fonction g ◦ f : I → R par
Propriété 4.12 Soient f et g deux fonctions dérivables telles que leur composée est bien
définie. Alors, g ◦ f est dérivable et
Pour cela, posons k = f (a + h) − f (a). Comme f est dérivable, elle est continue 1 , donc k tend
vers 0 quand h tend vers 0. De plus,
g(f (a + h)) − g(f (a)) g(f (a) + k) − g(f (a)) g(f (a) + k) − g(f (a)) k
= = .
h h k h
tandis que
k f (a + h) − f (a)
lim = lim = f ′ (a).
h→0 h h→0 h
La limite d’un produit étant le produit des limites quand les deux limites sont finies (Propriété
4.7), on a le résultat. ■
Il est facile d’imaginer des fonctions sur lesquels faire s’entraîner les élèves, en combinant
toutes les fonctions de référence. Nous laissons ce soin au lecteur.
4.3.2 Convexité
1. Nous anticipons ici légèrement sur le chapitre suivant (voir la Propriété 4.22)
— 66 —
4.3. Compléments sur la dérivation
Si cette définition est visuelle, elle difficile à exploiter en l’état. Il faut donc la réinterpréter
de façon calculatoire :
Propriété 4.14 Une fonction est convexe si et seulement si pour tous a, b dans I et tout
0 < λ < 1,
f (λa + (1 − λ)b) ⩽ λf (a) + (1 − λ)f (b).
Démonstration. Posons
c = λa + (1 − λ)b,
qui est un point de l’intervalle ]a; b[. Alors, λf (a)+(1−λ)f (b) est l’ordonnée du point du segment
passant par les points de coordonnées (a, f (a)) et (b, f (b)) et d’abscisse c. Comme ce segment
est une sécante, il est au-dessus de la courbe représentative de f , d’où l’inégalité.
Réciproquement, si cette inégalité est vérifiée pour tous a et b, alors le même raisonnement
montre que la courbe représentative de f est en-dessous de toutes ses sécantes, donc que f est
convexe. ■
C’est la Propriété 4.14 qui est cruciale pour les applications. Elle n’est cependant pas plus
facile à vérifier que la définition graphique. Heureusement, la dérivation fournit l’outil adéquate
pour caractériser la convexité. L’important est de bien insister sur le fait qu’il faut une hypothèse
en plus sur la fonction considérée 2 : la dérivabilité !
Théorème 4.15 Soit f une fonction définie sur un intervalle et dérivable. Alors,
La preuve de ce résultat est admise, pour plusieurs raisons. La principale est qu’elle nécessite
le Théorème des accroissements finis. La seconde est qu’il faut également utiliser une autre
caractérisation de la convexité, appelée inégalité des pentes. Comme elle n’est pas plus difficile
que les autres, on peut envisager de la donner en exercice.
2. Rappelons qu’une fonction convexe est automatiquement continue et dérivable à droite et à gauche en tout
point. Cela se démontre aisément en utilisant la propriété de l’Exercice 4.3.1
— 67 —
Chapitre 4. Terminale
f (x) − f (a)
ga (x) =
x−a
1) Comparer ga (x) et gx (a).
Correction. 1) On a
f (x) − f (a) f (a) − f (x)
ga (x) = = = gx (a).
x−a a−x
y−x
2) (a) Posons λ = y−a . C’est un nombre compris entre 0 et 1 par hypothèse, et
y−x x−a ya − xa + xy − ya
λa + (1 − λ)y = a+ y= = x.
y−a y−a y−a
Le résultat suit donc de la convexité de f .
(b) Le raisonnement est le même qu’à la question précédente, excepté qu’il faut cette fois
poser λ = y−x
y−a .
3) Soit x < y. Supposons que a < x. Alors, d’après une question précédente,
f (x) f (a)
ga (x) = −
x−a x−a
f (y) y−x f (a)
⩽ + f (a) −
y − a (y − a)(x − a) x−a
f (y) y − x − (y − a)
= + f (a)
y−a (y − a)(x − a)
f (y) f (a)
= −
y−a y−a
= ga (y).
f (y) − f (x)
f ′ (x) ⩽ .
y−x
— 68 —
4.3. Compléments sur la dérivation
Exercice 4.3.2. Pour les fonctions carré, cube, racine carrée et inverse, dire sur quels inter-
valles elles sont convexes.
Correction. Commençons par la fonction carré. Elle est deux fois dérivable et sa dérivée seconde
est x 7→ 2, qui est positive. Ainsi, la fonction carré est convexe sur R.
De même, la fonction racine carrée est deux fois dérivable sur ]0; +∞[ et sa dérivée seconde
est
−1
x 7→ √ 3 ,
4 x2
qui est négative. Ainsi, la fonction racine carrée est concave sur ]0; +∞[.
La fonction cube est deux fois dérivable et sa dérivée seconde est x 7→ 6x, qui est positive
sur [0; +∞[ et négative sur ] − ∞; 0]. Ainsi, la fonction cube est convexe sur [0; +∞[ et concave
sur ] − ∞; 0].
La fonction inverse est deux fois dérivable et sa dérivée seconde est
2
x 7→ 3 ,
x
qui est positive sur ]0; +∞[ et négative sur ] − ∞; 0[. Ainsi, la fonction inverse est convexe sur
]0; +∞[ et négative sur ] − ∞; 0[. ■
— 69 —
Chapitre 4. Terminale
Cet exercice met en lumière, dans le cas de la fonction cube, le point où la convexité se
change en concavité.
Définition 4.18. Soit f : [a; b] → R une fonction. S’il existe a < c < b tel que
• f est convexe sur [a; c] et concave sur [c; b] ;
• Ou bien f est concave sur [a; c] et convexe sur [c; b]
alors f est appelé point d’inflexion de f .
L’une des applications classiques des fonctions convexes est la démonstrations d’inégalités
entre différents types de moyennes. En voici un échantillon sous forme d’exercice, incluant en
particulier l’inégalité arithmético-géométrique explicitement mentionnée dans le programme.
On remarque que H2 est vraie par convexité de la fonction exponentielle. Supposons main-
tenant Hn vraie pour un n ⩾ 2. Alors,
x1 + · · · + xn+1 n x1 + · · · + xn xn+1
= + = λy + (1 − λ)xn+1
n+1 n+1 n n+1
n
avec λ = n+1 et y = x1 + · · · + xn . Par convexité de la fonction exponentielle, on a alors
x1 +···+xn+1 n y exn+1
e n+1 ⩽ e + .1
n+1 n+1
et il suffit d’appliquer Hn au premier terme de la somme pour conclure.
2) Il faut ici admettre que pour tout nombre réel positif a, il existe un réel x tel que a = ex .
En posant alors ai = exi pour tout i, on a alors
a1 · · · an e x1 + · · · + e xn
=
n n
x1 +···+xn
⩾e n
1
= (ex1 · · · exn ) n
1
= (a1 · · · an ) n
— 70 —
4.4. Continuité des fonctions d’une variables réelle
Propriété 4.20 Soient f et g deux fonctions continues définies sur un même intervalle
I. Alors,
1) f + g est continue ;
2) f × g est continue ;
1
3) Si g ne s’annule pas, alors g est continue ;
f
4) Si g ne s’annule pas, alors g est continue.
1 1 1
3) lim = = ;
x→a g(x) limx→a g(x) g(a)
4) Ce point est une combinaison des deux précédents.
■
— 71 —
Chapitre 4. Terminale
On peut à l’aide de ce résultat vérifier que certains des fonctions usuelles sont continues :
les fonctions polynômes (y compris carré et cube), les fonctions affines et la fonction inverse.
Pour la fonction exponentielle et la fonction racine carrée, les choses sont plus délicates. On peut
(contre toute logique cela dit) s’appuyer sur le résultat suivant :
Démonstration. Considérons un nombre ϵ > 0. On veut montrer que pour h suffisamment petit,
f (a + h) et dans ]f (a) − ϵ; f (a) + ϵ[. Ce qu’on sait, c’est que pour h suffisamment petit,
f (a + h) − f (a)
f ′ (a) − ϵ < < f ′ (a) + ϵ,
h
En multipliant par h, on obtient alors
Comme a est fixé, les deux membres extrêmes de l’inégalité sont des fonctions continues de h
(par la Propriété 4.20) et donc tendent vers 0 quand h tend vers 0. D’après le Théorème des
gendarmes, il suit que f (a+h)−f (a) tend également vers 0 quand h tend vers 0. En particulier,
pour h suffisamment petit cette quantité est plus petite que ϵ, ce qu’il fallait démontrer. ■
Tout ceci nous donne les moyens de montrer qu’une fonction est continue et en particulier
les fonctions de référence.
Corollaire 4.23. Les fonctions affines sont continues, ainsi que les fonctions carré, cube, racine
carrée, inverse et exponentielle.
Démonstration. Nous savons que ces fonctions sont dérivables par la Propriété 3.6 et la défi-
nition de la fonction exponentielle, le résultat suit donc de la Propriété 4.22. ■
Reste à savoir à quoi la continuité peut bien servir. Dans le cadre du programme, elle a deux
utilités. La première est l’étude des suites définies par une récurrence de la forme un+1 = f (un ).
La continuité de f permet d’étudier la limite de telles suites, grâce au résultat suivant :
Propriété 4.24 Soit I un intervalle, soit f : I → R une fonction continue et soit (un )n∈N
une suite qui converge vers un point a de I. Alors,
Démonstration. Fixons ϵ > 0. On veut montrer que pour n assez grand, f (un ) est dans ]f (a) −
ϵ; f (a) + ϵ[. Or on sait, parce que f est continue, que pour h assez petit, f (a + h) est dans
]f (a) − ϵ; f (a) + ϵ[. Comme la suite converge vers a, on sait également que pour n assez grand,
un est très proche de a. En particulier, on peut rendre un − a aussi petit qu’on veut en prenant
n assez grand. Mais alors, en posant h = un − a on a que pour n assez grand,
d’où le résultat. ■
— 72 —
4.4. Continuité des fonctions d’une variables réelle
Remarque. La réciproque de ce résultat est également vraie : si l’image par f de toute suite
convergente est une suite convergeant vers l’image de la limite, alors f est continue. C’est ce
qu’on appelle la caractérisation séquentielle de la continuité.
Voici un exemple d’application de cette propriété.
√
Exercice 4.4.1. On considère la fonction f : [0; +∞[→ R définie par f (x) = 1 + x. Pour
un réel a, on définit une suite en posant u0 = a et un+1 = f (un ).
2) Montrer que l’équation f (x) = x possède une unique solution sur [0; +∞[, qu’on notera
α.
4) On pose g(x) = f (x) − x. Justifier que g est continue et déterminer ses variations.
6) Que se passe-t-il si a = 2 ?
Hn : « un ∈ [0; α] ».
— 73 —
Chapitre 4. Terminale
d’où
√
1+ 5
ℓ= .
2
1) On pose a0 = a et b0 = b ;
an + bn an + bn
2) Si f ⩽ k, alors on pose an+1 = et bn+1 = bn ;
2 2
an + bn an + bn
3) Si f ⩾ k, alors on pose an+1 = an et bn+1 = .
2 2
Par définition, la suite (an )n∈N est croissante tandis que la suite (bn )n∈N est décroissante. De
plus, la première suite est majorée par b tandis que la seconde est minorée par a. Ainsi, elles
convergent toutes les deux vers des limites que nous noterons respectivement ℓ et ℓ′ . Pour
conclure, remarquons (cela se montre aisément par récurrence) que pour tout entier naturel n,
b−a
0 < bn − an < .
2n
Comme le membre de droite tend vers 0, le Théorème des gendarmes (pour les suites)
implique que bn − an tend vers 0. Or, nous savons déjà que cette suite tend vers ℓ − ℓ′ , d’où il
suit que ℓ = ℓ′ . Nous pouvons maintenant porter le coup de grâce : par la Propriété 4.24,
Ce résultat aura deux applications, l’une pratique et l’autre théorique. L’application pratique
est la recherche de solution d’une équation de la forme f (x) = 0 (ou plus généralement g(x) = k,
mais on se ramène en général à un second membre nul). Voici un exemple d’exercice sur ce sujet :
— 74 —
4.4. Continuité des fonctions d’une variables réelle
x −10 −1 5 +∞
508 +∞
g(x)
−950 400
2) Donner un encadrement de cette (ou ces) solution(s) avec une amplitude de 0, 01.
Correction. 1) On voit sur le tableau de variations que g(−10) < 0 tandis que g(−1) > 0.
Comme la fonction g est continue car c’est une fonction polynôme, le Théorème des
valeurs intermédiaires 4.25 assure que g s’annule au moins une fois sur l’intervalle
[−10; −1]. Comme de plus g est strictement monotone que [−10; −1], elle s’y annule exac-
tement une fois 3 .
Enfin, d’après le tableau de variations, g ne prend que des valeurs strictement positives
sur l’intervalle [−1; ∞[, donc ne s’y annule pas. Ainsi, g s’annule exactement une fois.
1 def g ( x ) :
2 return x∗∗3−6∗x∗x−15∗x+500
3 A=−10
4 B=1
5 E=0.01
6 while B−A>=E :
7 C=(A+B) / 2 .
8 i f f (A) ∗ g (C)<=0 :
9 B=C
10 e l s e :A=C
11 a l p h a=round (A, 2 )
12 print ( a l p h a )
Remarque. On pourrait également reprendre l’Exercice 2.3.2 en rendant la résolution plus ri-
goureuse.
L’application théorique concerne les fonctions strictement monotones et sera nécessaire pour
définir la fonction logarithme.
f ◦ g(x) = x et g ◦ f (x) = x.
3. Nous anticipons ici d’une certaine façon sur la Propriété 4.26 ci-après.
— 75 —
Chapitre 4. Terminale
Démonstration. Notons J l’ensemble de tous les réels y tels qu’il existe x pour lequel y = f (x).
Si y1 = f (x1 ) et y2 = f (x2 ) sont deux éléments de J avec y1 < y2 et si y3 ∈]y1 ; y2 [, considérons
la fonction
h : x 7→ f (x) − y3 .
Alors, h est continue, h(x1 ) < 0 et h(x2 ) > 0 dont par le Théorème des valeurs intermé-
diaires, il existe x3 ∈]x1 ; x2 [ tel que h(x3 ) = 0, c’est-à-dire tel que f (x3 ) = y3 . Ceci montre que
J est un intervalle.
Considérons maintenant un élément y ∈ J et supposons qu’il existe x et x′ distincts dans I
tels que
f (x) = y = f (x′ ).
On peut supposer sans perte de généralité que x < x′ , mais alors si f est strictement croissante
on doit avoir f (x) < f (x′ ) et si f est strictement décroissante on doit avoir f (x) > f (x′ ). Dans
les deux cas, on a une contradiction, ce qui signifie qu’il existe un unique x dans I tel que
y = f (x).
Nous pouvons donc maintenant définir une fonction g : J → R en posant g(y) = x, où x est
l’unique élément de I tel que f (x) = y. Par définition, on a bien g ◦ f (x) = x. De plus, pour
y ∈ J de la forme y = f (x),
f ◦ g(y) = f ◦ g(f (x)) = f (x).
■
Remarque. L’énoncé omet volontairement le mot-clef “bijective”, qui est la notion sous-jacente
à ce résultat mais qui est hors-programme.
Propriété 4.27 Pour tout réel strictement positif y, il existe un unique réel x tel que
y = ex .
h(x) = ex − y.
Alors, h est continue, h(b − 1) < − y2 < 0 et h(a + 1) > y > 0, donc d’après le Théorème des
valeurs intermédiaires, il existe x ∈ [b − 1; a + 1] tel que h(x) = 0, c’est-à-dire telle que
ex = y. ■
Définition 4.28. La fonction qui a y > 0 associe l’unique x tel que y = ex est appelée fonction
logarithme et notée
∗
ln : R+ → R.
— 76 —
4.5. Fonction logarithme
Comme dans le cas des fonctions carré et racine carrée vu en Seconde (voir Propriété 2.3),
on peut observer que le graphe de la fonction logarithme se déduit graphiquement de celui de la
fonction exponentielle.
L’un des intérêts de la fonction logarithme réside dans ses propriétés vis-à-vis de l’addition,
qui découlent immédiatement des propriétés correspondantes de la fonction exponentielle.
2) ln(1) = 0 ;
1
3) ln = − ln(b) ;
b
a
4) ln = ln(a) − ln(b) ;
b
√ 1
5) ln( a) = ln(a).
2
Démonstration. Toutes ces propriétés découlent de la première, qui se déduit elle-même aisément
des propriétés de la fonction exponentielle.
1) Écrivons a = ex et b = ey . Alors, par la Propriété 3.13,
ab = ex ey = ex+y ,
donc
ln(ab) = ln ex+y = x + y = ln(a) + ln(b).
— 77 —
Chapitre 4. Terminale
2) On a
ln(1) = ln(1 × 1) = ln(1) + ln(1) = 2 ln(1),
d’où ln(1) = 0.
3) On a
1 1
ln(b) + ln = ln b × = ln(1) = 0,
b b
d’où le résultat.
5) On a
√ √ √ q √
2 ln( a) = ln( a) + ln( a) = ln( (a) × a) = ln(a),
d’où le résultat.
L’autre propriété importante de la fonction logarithme est son lien avec la fonction inverse,
qui est utile pour le calcul d’intégrales.
Démonstration. La dérivabilité est admise dans le programme. Pourtant, elle peut se faire sim-
plement en utilisant la dérivabilité de l’exponentielle et permet d’obtenir en même temps l’ex-
pression de la dérivée. Nous allons donc en donner une démonstration 4 .
Commençons par montrer la dérivabilité en 1. Il faut pour cela considérer le taux d’accrois-
sement
ln(1 + h) − ln(1) ln(1 + h)
= .
h h
En posant k = ln(1 + h), cette expression devient
k k−0
= k .
ek −1 e −1
Ceci est l’inverse du taux d’accroissement de la fonction exponentielle en 0 et converge donc vers
1
=1
exp′ (0)
quand k tend vers 0 (et donc également quant h tend vers 0 par composition des limites). Soit
maintenant a > 0, alors
ln(a + h) − ln(a) ln a+h
a 1
h
11
h
= = ln 1 + = h
ln 1 + .
h h h a aa a
— 78 —
4.5. Fonction logarithme
Cependant, pour que ce calcul soit licite il faut déjà savoir (ou admettre) que la fonction ln est
dérivable.
Remarque. On peut déduire de ce résultat et de la Propriété 4.22 que la fonction logarithme
est continue, ce qui n’était pas évident sur la définition !
Maintenant que nous connaissons la dérivée de la fonction logarithme, nous pouvons étudier
ses variations.
Propriété 4.32 ∗.
La fonction logarithme est strictement croissante sur R+
1
ln′ (x) = > 0.
x
■
Propriété 4.33 On a
Démonstration. Soit M > 0. La fonction logarithme étant croissante, on a pour tout x > eM ,
ln(x) > ln eM > M,
Comme eM tend vers 0 quand M tend vers −∞, ceci donne le second résultat. ■
x 0 +∞
+∞
ln(x)
−∞
Il nous reste pour conclure à comparer la croissance du logarithme à celle des fonctions
polynomiales.
Propriété 4.34 (Croissances comparées) La fonction ln croît moins vite +∞ que toute
puissance. Autrement dit, pour tout entier naturel n on a
ln(x)
lim = 0 et lim xn ln(x) = 0.
x→+∞ xn x→0+
— 79 —
Chapitre 4. Terminale
Démonstration. Nous allons d’abord considérer le cas n = 1. Commençons par remarquer que
la fonction logarithme est deux fois dérivable et que
1
ln′′ (x) = − < 0.
x2
Par conséquent, ln est une fonction concave, c’est-à-dire que − ln est une fonction convexe. Il
suit que la courbe représentative de la fonction ln est en-dessous de toutes ses tangentes par le
Théorème 4.15. En particulier, une équation de la tangente en 1 étant y = x − 1, on a pour
tout x > 0
ln(x) ⩽ x − 1.
Cette inégalité permet d’obtenir une autre majoration de la façon suivante :
1 √ √
ln(x) = 2 ln(x) = 2 ln( x) ⩽ 2( x − 1).
2
Nous pouvons maintenant en déduire que pour x ⩾ 1,
ln(x) 2 2
0⩽ ⩽√ − .
x x x
Comme le membre de droite tend vers 0, on peut conclure par le Théorème des gendarmes
4.10. Si maintenant n est un entier naturel quelconque,
1) Calculer f (p0 ).
3) À partir d’un niveau sonore de 120 dB, on ressent une douleur. Déterminer la pression
p correspondant à ce niveau sonore.
4) Démontrer que le niveau sonore augmente de 20 quand la pression est multipliée par 10.
Correction. 1) On calcule
20 20
f (p0 ) = ln(50000 × 20 × 10−6 ) = ln(1) = 0.
ln(10) ln(10)
— 80 —
4.6. Fonctions sinus et cosinus
3) On a
20
f (10 × p) = ln(10 × 50000 × p)
ln(10)
20 20
= ln(10) + ln(50000 × p)
ln(10) ln(10)
= 20 + f (p).
4) On a
20
f (100 × p) = ln(100 × 50000 × p)
ln(10)
20 20
= ln(100) + ln(50000 × p)
ln(10) ln(10)
= 40 + f (p).
■
Ainsi définie, il n’est pas clair que ces fonctions soient continues, et encore moins dérivables.
C’est pourtant le cas. Avant de le prouver, on peut remarquer quelques propriétés qui se déduisent
immédiatement de la définition.
5. C’est-à-dire l’unique point du cercle de centre O et de rayon 1 définissant une longueur d’arc (dans le sens
direct) égale à x modulo 2π.
— 81 —
Chapitre 4. Terminale
Propriété 4.36 1) Les fonctions cosinus et sinus sont 2π-périodiques, c’est-à-dire que
pour tout réel x,
Passons maintenant à la dérivabilité, qui est l’un des résultats les plus importants de ce
chapitre.
Théorème 4.37 Les fonctions cos et sin sont dérivables sur R. De plus,
Démonstration. La preuve est hors programme et pourtant accessible à des élèves de Terminale.
Commençons par regarder la dérivabilité en 0 de la fonction sinus. Il nous faut calculer
sin(x)
lim .
x→0 x
— 82 —
4.6. Fonctions sinus et cosinus
— 83 —
Chapitre 4. Terminale
Ajoutons qu’une fois connues les limites de sin(x)/x et de (cos(x) − 1)/x, il est possible de
lever de nombreuses indéterminations dans les calculs de limite. Voici un exemple d’exercice de
ce type.
cos(t) − 1
lim .
t→0 t2
√
4) On considère la fonction f : [0; +∞[→ R définie par f (x) = cos( x). Est-elle dérivable
en 0 ?
Solution. 1) On a
t t
cos(t) = cos +
2 2
2 2
t t
= cos − sin .
2 2
3) On écrit
cos(t) − 1 sin(t/2)2
= −2
t2 t2
−1 sin(t/2)2
=
2 (t/2)2
2
−1 sin(t/2)
= .
2 t/2
En faisant le changement de variable u = t/2, on a alors
2
cos(t) − 1 −1 sin(u) −1
lim = lim = .
t→0 t2 2 u→0 u 2
— 84 —
4.6. Fonctions sinus et cosinus
Dans le langage mathématique du supérieur, une quantité qui tend vers 0 quand elle est divisée
par t2 est dite négligeable devant t2 et se note o(t2 ). On peut donc écrire
t2
cos(t) = 1 − + o(t2 ).
2
Autrement dit, nous avons établi de développement limité de la fonction cosinus à l’ordre 2 en
0.
Forts de ce résultat, il est possible de donner les tableaux de variations des fonctions trigo-
nométriques, en prenant bien sûr soin de se restreindre à l’intervalle [0; 2π] par périodicité.
x 0 π 2π
1 1
cos(x)
−1
Démonstration. Les variations des fonctions suivent du Théorème 4.37 ainsi que des inégalités
suivantes, qui se vérifient graphiquement :
π 3π
• cos(x) ⩾ 0 pour x ∈ 0; ∪ ; 2π ;
2 2
π 3π
• cos(x) ⩽ 0 pour x ∈ ; .
2 2
Le programme demande que les élèves soient capables d’étudier des fonctions définies simple-
ment à partir des fonctions trigonométriques. L’exemple le plus simple dans cet ordre idée est la
fonction tangente, d’ailleurs explicitement mentionnée comme approfondissement possible. On
peut donc envisager de faire d’une pierre deux coups en la traitant en exercice.
— 85 —
Chapitre 4. Terminale
Exercice 4.6.2. Soit x un réel qui n’est pas de la forme k π2 avec k un entier impair et soit
M le point correspondant du cercle trigonométrique. On note T le point d’intersection de la
droite (OM ) avec la tangente au cercle trigonométrique au point (1, 0) (voir figure ci-dessous).
L’ordonnée du point T est noté tan(x) et appelée tangente de x.
1) Montrer que
sin(x)
tan(x) = .
cos(x)
Les droites (AK) et (BH) sont parallèles car elles sont toutes deux perpendiculaires à
l’axe des abscisses. On peut donc appliquer le Théorème de Thalès pour obtenir
BH BH AK sin(x)
BH = = = = .
1 OH OK cos(x)
sin(−x) − sin(x)
tan(−x) = = = − tan(x).
cos(−x) cos(x)
3) On calcule
En particulier, ce nombre est toujours strictement positif, donc la fonction tangente est
strictement croissante.
— 86 —
4.6. Fonctions sinus et cosinus
4) Quand x tend vers π2 , sin(x) tend vers 1 tandis que cos(x) tend vers 0 par valeurs positives,
donc tan(x) tend vers +∞.
5) Par imparité de la fonction tangente, sa limite en − π2 est égale à −∞. Nous pouvons donc
maintenant donner son tableau de variations :
π π
x −
2 2
+∞
tan(x)
−∞
6) Comme la fonction tangente est croissante et à valeurs positives sur [0; π2 [, il en est de
même pour la fonction tan2 (car la fonction carré est croissante sur [0; +∞[). Donc tan′
est croissante et tan est convexe sur [0; π2 [.
— 87 —
Chapitre 4. Terminale
3) Montrer que
A′ (x) = 2 cos(x)2 + cos(x) − 1.
h = AH = sin(x) × AD = sin(x).
2) On peut calculer l’aire du trapèze en additionnant l’aire des deux triangles rectangles
ADH et BCK, qui sont chacune égale à
AH × DH cos(x) sin(x)
= ,
2 2
et l’aire du rectangle ABKH, qui est égale à
AB × KH = h = sin(x).
Ainsi, on a
cos(x) sin(x)
A(x) = 2 × + sin(x) = cos(x) sin(x) + sin(x) = sin(x)(1 + cos(x)).
2
3) Il suffit de dériver
−1 + 3 1 −1 − 3
= & = −1.
4 2 4
— 88 —
4.7. Primitives, équations différentielles
Ainsi,
1
2X 2 + X − 1 = 2 X − (X + 1)
2
= (2X − 1)(X + 1).
Par conséquent,
A′ (x) = (2 cos(x) − 1)(cos(x) + 1).
Comme cos(x) + 1 est toujours positif, A′ (x) est du signe de 2 cos(x) − 1. Sur l’intervalle
[0; π2 ], cette dernière expression est positive pour x ∈ [0; π4 ] et négative pour x ∈ [ π4 ; π2 [.
Le tableau de variations de A suit de la question précédente :
π π
x 0
4 2
√ √
2 2
2 1+ 2
A(x)
0 1
y ′ = f.
Ici, f : I → R est une fonction continue sur un intervalle I et on cherche donc une fonction y
dont la dérivée est f . Ce problème motive l’introduction d’un vocabulaire approprié.
Définition 4.40. On appelle primitive de f toute solution de l’équation différentielle y ′ = f .
Autrement dit, toute fonction dont la dérivée est égale à f .
Une équation contient toujours implicitement deux questions, celle de l’existence et celle de
l’unicité. Il est possible de les énoncer ensemble ou séparément. Le programme semble suggérer
une séparation, mais comme la preuve de l’existence est de toute façon impossible tant que
l’intégration n’a pas été traitée, nous les donnerons ensemble.
Démonstration. L’existence est admise pour l’instant, elle sera démontrée (dans le cas d’une fonc-
tion à valeurs positives) à l’aide de l’intégrale (voir le Théorème fondamental de l’analyse
4.47). Quant à l’unicité, remarquons que si F et G sont deux primitives de f , alors
(F − G)′ = F ′ − G′ = f − f = 0.
— 89 —
Chapitre 4. Terminale
Or, on sait par la Propriété 3.11 qu’une fonction dont la dérivée est nulle est constante, d’où
le résultat. ■
Une fois n’est pas coutume, il est bon d’illustrer toute cela à l’aide des fonctions de référence
Propriété 4.42 1) Pour un entier naturel n, les primitives de x 7→ xn sont les fonc-
tions
1
x 7→ xn+1 + C,
n+1
où C est un nombre réel.
x 7→ ln(x) + C,
x 7→ ex + C,
x 7→ sin(x) + C,
x 7→ − cos(x) + C,
Démonstration. Il suffit dans chaque cas de dériver la fonction de l’énoncé et de vérifier que cela
donne bien le résultat annoncé. Nous laissons cette vérification au lecteur. ■
Pour poursuivre vers les équations différentielles proprement dites, il faut maintenant consi-
dérer l’égalité y ′ = ay. Or cette équation différentielle a déjà été résolue, sans le dire, en classe
de première !
Propriété 4.43 Soit a un réel non-nul. Alors, les solutions de l’équation différentielle
y ′ = ay
Démonstration. Le fait que les fonctions de l’énoncé vérifient bien l’équation différentielle est
immédiat. De plus, la même preuve que pour le Théorème 3.12 montre que si g est une fonction
— 90 —
4.7. Primitives, équations différentielles
x 7→ g(x)e−ax
est une fonction constante. Ainsi, les fonctions de l’énoncé sont bien toutes les solutions. ■
Une fois ce rappel effectué, on peut donc aborder l’ajout d’un terme constant. Cela ne modifie
cependant pas beaucoup la réponse :
Théorème 4.44 Soit a un réel non-nul et b un réel quelconque. Alors, les solutions de
l’équation différentielle
y ′ = ay + b
sont les fonctions
b
x 7→ Ceax − ,
a
où C est un nombre réel.
donc par la Propriété 4.43, il existe un réel C tel que g(x) = Ceax , d’où le résultat. ■
3) Le Carbone 14 a un temps de demi-vie de 5730 ans. Cela signifie qu’au bout de ce temps,
le nombre d’atomes a été divisé par 2. En déduire la valeur de λ en année−1 .
N (t + h) − N (t)
= −λh
N (t)
— 91 —
Chapitre 4. Terminale
N (t + h) − N (t)
= −λN (t).
h
Le membre de gauche tend vers N ′ (t) quand h tend vers 0 tandis que le membre de droite
ne dépend pas de h. On obtient ainsi l’équation différentielle.
2) On sait que les solutions de l’équation différentielle y ′ = −λy sont les fonctions x 7→ Ce−λx .
La valeur en 0 d’une telle solution est C, d’où
N (t) = N0 e−λt .
N0
3) On sait que N (5730) = , d’où en divisant par N0
2
1
e−5730λ = .
2
En prenant le logarithme de cette expression il vient −5730λ = − ln(2), ce qui donne
finalement 7
ln(2)
λ= ≈ 0, 00012 année−1 = 1, 2.10−4 année−1 .
5730
4) La proportion de Carbone 14 au bout de 70000 ans sera de
N (70000)
= e−70000λ ≈ 0, 00021
N0
soit 0, 021%.
■
• La première réponse est qu’elle n’a pas besoin de l’être, et que même dans le cadre de l’inté-
grale de Riemann la continuité par morceaux suffit (et est nécessaire pour la construction).
7. Dans la mesure où la donnée en années comporte cinq chiffres, seuls les cinq premiers chiffres après la virgule
seront significatifs dans la réponse.
— 92 —
4.8. Calcul intégral
• La seconde réponse est que la question met en lumière le fait que notre définition de
l’intégrale est pipée : comment définir l’aire d’une partie du plan ? Nous semblons suggérer
que cela est possible et naturel, alors qu’il existe des parties du plan pour laquelle la notion
d’aire n’a pas de sens 8 .
La conclusion de la discussion précédente est donc qu’il faut avec humilité admettre que nous
ne travaillerons qu’avec des notions floues et mal définies, mais que tout cela peut prendre un
sens rigoureux avec du travail et de l’abstraction. Mais même en admettant que notre notion
d’intégrale a un sens, elle est inutile si nous ne savons pas la calculer, sauf dans le cas d’une
fonction constante :
Propriété 4.46 Si f est une fonction constante sur [a; b] égale à C, alors
Z b
f (x)dx = (b − a) × C.
a
Remarque. Ce résultat n’est pas tout à fait anodin, puisque c’est par lui qu’on définit l’intégrale
rigoureusement. Rappelons simplement en effet que toute fonction continue peut être approchée
uniformément par des fonctions constantes par morceaux. De plus, l’intégrale de ces fonctions
constantes par morceaux converge vers une valeur que l’on définit comme étant l’intégrale de f .
C’est ici que va se faire le lien miraculeux avec les primitives, souvent appelé, et pour cause,
Théorème fondamental de l’analyse :
Démonstration. La preuve de ce résultat est admise car elle n’est pas faisable avec notre défi-
nition de l’intégrale. Nous en donnons néanmoins une démonstration en indiquant le seul point
problématique.
Il nous faut calculer la limite, pour x ∈]a; b[, de
F (x + h) − F (x)
.
h
Pour cela, remarquons d’abord que, par additivité des aires 9 ,
Z x+h Z x Z x+h Z x+h
F (x + h) = f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt = F (x) + f (t)dt,
a a x x
On souhaite montrer que cette quantité converge quand h tend vers 0 vers
Z x+h
1
f (x) = f (x)dt
h x
8. Nous entendons par là qu’il existe, sous réserve de l’axiome du choix, des parties de R2 qui ne sont pas
mesurables pour la mesure de Lebesgue.
9. Nous voulons ici parler de l’idée intuitive selon laquelle l’aire d’une région formée de deux parties qui ne se
recoupent que sur un segment est égale à la somme des aires des parties.
— 93 —
Chapitre 4. Terminale
(on fera ici attention au fait qu’on intègre la fonction constante égale à f (x)). Ainsi, nous
pourrons conclure si nous montrons que
Z x+h Z x+h
1 1
f (t)dt − f (x)dt
h x h x
tend vers 0. Soit ϵ > 0. Pour t suffisamment proche de x, f (t) ∈]f (x) − ϵ; f (x) + ϵ[. Autrement
dit, pour t suffisamment proche de x,
Ici, il faut admettre qu’avec une vraie définition, l’intégrale de la fonction g aura un sens même
si elle n’est pas nécessairement à valeurs positives, et que
Z x+h Z x+h Z x+h
−ϵh = −ϵdt ⩽ g(t)dt ⩽ ϵdt = ϵh.
x x x
Il suit alors, en admettant le croissance de l’intégrale que nous démontrerons a posteriori dans
la Proposition 4.50, que
1 x+h
Z
g(t)dt ∈] − ϵ; ϵ[,
h x
ce qui conclut la preuve.
Notons qu’on peut conduire une preuve rigoureuse si on suppose de plus que f est monotone.
En effet, dans ce cas la fonction g est positive donc son intégrale a un sens. De plus, le raison-
nement précédent donne 0 ⩽ g(t) ⩽ ϵ pour tout t ∈ [x; x + h], donc la courbe représentative de
g est au-dessus de la droite d’équation y = 0 et en dessous de la droite d’équation y = ϵ. Ceci
conduit naturellement à l’inégalité d’aires
Z x+h
0⩽ g(t)dt ⩽ ϵh.
x
Nous pouvons maintenant utiliser ce résultat pour calculer l’intégrale d’une fonction continue
positive :
Propriété 4.48 Soit f : [a; b] → R une fonction continue et positive et soit F une
primitive de f . Alors,
Z b
f (x)dx = F (b) − F (a).
a
Démonstration. Si F est la primitive donnée par le Théorème 4.47, alors par définition
Z b
f (x)dx = F (b)
a
= F (b) − 0
= F (b) − F (a).
Si G est une autre primitive de F , on sait qu’il existe un réel C tel que G = F + C. Donc,
Tout ceci suggère une définition alternative de l’intégrale via les primitives, dont nous avons
déjà admis l’existence :
— 94 —
4.8. Calcul intégral
Définition 4.49. Soit f : [a; b] → R une fonction continue et soit F une primitive de f . On
pose
Z b
f (x)dx = F (b) − F (a)
a
= [F ]ba .
Remarque. Notons que cette définition n’est pas parfaitement rigoureuse puisqu’il faudrait mon-
trer d’abord que la quantité que nous définissons ne dépend pas du choix de la primitive, ce qui
se fait comme dans la preuve de la Propriété 4.48 ci-dessus.
Notre définition de l’intégrale a le mérite de rendre évidentes ses propriétés principales :
3) Soit F une primitive de f . Comme par hypothèse F ′ = f est positive, F est croissante,
d’où Z b
f (x)dx = F (b) − F (a) ⩾ 0.
a
— 95 —
Chapitre 4. Terminale
Toutes ces propriétés permettent de simplifier le calcul d’intégrales, mais ne permettent par
exemple pas de gérer des intégrales de produit de fonctions de référence. Pour cela, le seul outil
disponible est l’intégration par parties.
Pour conclure, le programme demande d’aborder la notion de valeur moyenne d’une fonction.
Définition 4.52. Soit f : [a; b] → R une fonction continue. La valeur moyenne de f est la
quantité
Z b
1
f (t)dt.
b−a a
Remarque. On peut motiver cette définition en faisant remarquer que la valeur moyenne de f
est la valeur de l’unique fonction constante qui a la même intégrale que f sur [a; b].
La valeur moyenne est intéressante pour son interprétation probabiliste, dont nous ne parle-
rons pas. Mentionnons toutefois, bien qu’elle ne soit pas explicitement au programme, l’inégalité
de la moyenne.
m ⩽ f (x) ⩽ M.
Alors,
Z b
1
m⩽ f (x)dx ⩽ M.
b−a a
— 96 —
4.8. Calcul intégral
2) En déduire que un ⩽ e
2 pour tout n ∈ N.
x2 − 2x + 1 ⩾ 0
2) On a
" #n
e−2x
Z n
2x+1
un ⩽ e dx = e −
0 2 0
e(1 − e−2n )
= .
2
e
Le dernier terme tend vers 2 quand n tend vers +∞, d’où le résultat.
4) D’après les questions précédentes, la suite (un )n∈N est croissante et majorée, donc elle
converge.
■
— 97 —
ANNEXE A
LE SECRET DE L’ANALYSE RÉELLE
• Parce qu’il nous semble qu’un enseignant doit maîtriser ce résultat tant il est central, bien
que caché, dans le programme d’analyse du lycée ;
• Parce que si cet énoncé n’est pas au programme, c’est qu’il repose in fine sur la difficulté
fondamentale de l’analyse réelle (gardons le suspens jusqu’à la Section A.3) et qu’il est
bon d’en avoir conscience.
L’utilité essentielle de la dérivation est de nous donner des informations sur une fonction,
et c’est l’objet du Théorème des accroissement finis de décrire ce lien de façon précise.
Cependant, la démonstration de ce théorème se base généralement sur un cas particulier, le
Théorème de Rolle. Celui-ci étant d’un énoncé plus simple, il peut permettre de mieux
comprendre ce qui se joue. Nous allons donc le donner.
Démonstration. La fonction f étant continue sur le segment [a; b], elle est bornée et atteint ses
bornes d’après le Théorème des bornes atteintes (voir Théorème A.5 ci-dessous). Notons
M le maximum de f et m le minimum de f . Il existe donc des points c1 , c2 ∈ [a; b] tels que
f (c1 ) = M et f (c2 ) = m. Nous allons distinguer deux situations :
• Si m < M , alors f (c1 ) ̸= f (c2 ) donc au moins un des deux nombres c1 ou c2 est distinct de
a et b. Supposons qu’il s’agisse de c1 . Comme f est alors dérivable en c1 ∈]a; b[ et qu’elle
y a un maximum, f ′ (c1 ) = 0 d’après la Proposition 3.9 et le résultat est prouvé. On
procède de même s’il s’agit de c2 .
• Si m = M , alors f est constante. Par conséquent, sa dérivée est nulle (voir Proposition
3.6) sur tout ]a; b[ donc n’importe quel point de cet intervalle convient.
Remarque. La grande difficulté de la preuve est évidemment cachée dans l’utilisation du Théo-
rème des bornes atteintes, qui affirme que si f : [a; b] → R est continue, alors elle admet
Annexe A. Le secret de l’analyse réelle
Théorème A.2 (Théorème des accroissements finis) Soit f : [a; b] → R une fonc-
tion continue et dérivable sur ]a; b[. Alors, il existe c ∈]a; b[ tel que
f (b) − f (a)
f ′ (c) = .
b−a
Démonstration. L’idée est de retrancher à f une fonction linéaire de sorte que les valeurs aux
extrémités de l’intervalle de définition deviennent égales. Cherchons donc une fonction de la
forme
g : x 7→ f (x) − λx.
On souhaite que g(a) = g(b), c’est-à-dire que
ce qui donne
f (b) − f (a)
λ= .
b−a
Maintenant, le Théorème de Rolle appliqué à la fonction g donne l’existence d’un c ∈]a; b[
tel que g ′ (c) = 0. Or,
f (b) − f (a)
g ′ (x) = f ′ (x) − ,
b−a
d’où le résultat. ■
Une autre façon d’exprimer ce résultat, c’est que tous les taux d’accroissements de f sont
égaux à des valeurs de la dérivée, d’où le nom.
Théorème A.4 (Théorème de Bolzano-Weierstrass) Soit (un )n∈N une suite réelle
bornée. Alors, il existe une sous-suite (uϕ(n) )n∈N qui converge.
Démonstration. La suite étant bornée, il existe des réels a < b tels que pour tout n ∈ N,
un ∈ [a; b]. Nous allons maintenant construire par récurrence trois suites (an )n∈N , (bn )n∈N et
(ϕ(n))n∈N telles que
— 100 —
A.2. Bolzano & Weierstrass à la rescousse
i) (an )n∈N est croissante et majorée, (bn )n∈N est décroissante et minorée et
ii) L’intervalle [an ; bn ] contient une infinité de termes de la suite (un )n∈N ;
an ⩽ uϕ(n) ⩽ bn .
Par le Théorème des gendarmes 1 (pour les suites), on conclut que la sous-suite converge
vers ℓ, ce qu’il fallait démontrer. ■
Théorème A.5 (Théorème des bornes atteintes) Soit f : [a; b] → R une fonction
continue. Alors, f est bornée et atteint ses bornes.
Démonstration. Soit M la borne supérieur de l’ensemble {f (x) | x ∈ [a; b]}. Par définition
de la borne supérieure, il existe une suite (xn )n∈N d’éléments de [a; b] telle que f (xn ) → M .
Or, d’après le Théorème de Bolzano-Weierstrass, il existe une sous-suite (xϕ(n) )n∈N qui
converge vers une limite x. Comme pour tout n ∈ N on a
a ⩽ xϕ(n) ⩽ b,
1. Celui-ci se démontre pour les suites comme pour les fonctions dans le Théorème 4.10.
— 101 —
Annexe A. Le secret de l’analyse réelle
a ⩽ x ⩽ b.
• S’il existe un majorant plus petit que tous les autres majorants, on l’appelle borne supé-
rieure de A et on le note sup(A). Si A n’a pas de majorant, on pose sup(A) = +∞ ;
• Un minorant d’un ensemble A de nombres réels est un nombre réel m plus petit que tous
les éléments de A ;
• S’il existe un minorant plus grand que tous les autres minorants, on l’appelle borne infé-
rieure de A et on le note inf(A). Si A n’a pas de minorant, on pose inf(A) = −∞.
L’élément manquant pour compléter nos démonstrations est donc l’énoncé suivant, d’une
simplicité trompeuse :
Et la démonstration ? C’est là que le bât blesse ! Pour démontrer un tel résultat, il va d’abord
falloir savoir précisément ce qu’est R en tant qu’ensemble. Autrement dit, il faut une construction
ensembliste de R. Ces constructions existent, bien sûr, mais n’ont rien d’évident. Et même une
fois qu’une telle construction est réalisée, démontrer le théorème ci-dessus n’est pas une mince
affaire.
Nous sommes donc arrivés à l’aporie de notre quête du secret de l’analyse réelle, à savoir la
théorie des ensembles. Aller plus loin nous conduirait dans les méandres de la logique mathéma-
tiques qui, quoique fascinantes, nous porteraient très loin de notre sujet. Nous nous arrêterons
donc au bord de ce nouveau monde en gardant simplement à l’esprit qu’un univers infini se
cache derrière la propriété fondamentale de l’ensemble R des nombres réels sur laquelle toute
l’analyse est construite.
Remarque. Pour saisir l’aspect non-trivial du Théorème de la borne supérieure, on peut
observer qu’il n’est pas valable pour tous les sous-ensembles de R. Par exemple l’ensemble des
nombres rationnels x tels que x2 ⩽ 2 n’admet pas de borne supérieure dans Q.
Pour conclure, remarquons que l’autre résultat admis dans la preuve du Théorème de
Bolzano-Weierstrass, à savoir le Théorème de convergence monotone, peut être dé-
montré à l’aide du Théorème de la borne supérieure.
— 102 —
A.3. Le mot de la fin
Théorème A.8 (Théorème de convergence monotone) Soit (un )n∈N une suite
monotone et bornée. Alors, elle converge.
un0 ∈ [M − ϵ; M ].
un ⩾ un0 ⩾ M − ϵ,
donc un ∈ [M − ϵ; M ]. Nous avons donc prouvé que (un )n∈N converge vers M . La preuve pour
une suite décroissante est similaire. ■
Rappelons pour conclure que nous avons utilisé dans la démonstration du Théorème des
bornes atteintes A.5 une propriété de la borne supérieure qu’il nous faut, pour être complet,
démonter.
Remarque. Le résultat peu bien sûr être étendu au cas où A n’est pas borné en construisant alors
une suite qui tend vers +∞. De plus, ce résultat admet une réciproque : si M est un majorant
de A et qu’il existe une suite d’élements de A qui converge vers M , alors M = sup(A). Nous
laissons au lecteur le soin de démontrer cette assertion, qui justifie le vocable de “critère”.
— 103 —
ANNEXES : PROGRAMMES OFFICIELS
Nous joignons à ce document, en guise de complément, les parties des programmes officiels
traitant des fonctions.
Programme de Seconde
Approfondissements possibles
Démontrer que les hauteurs d’un triangle sont concourantes.
1
Expression de l’aire d’un triangle : ab sinC .
2
Formule d’Al-Kashi.
Le point de concours des médiatrices est le centre du cercle circonscrit.
Fonctions
Objectifs
Au cycle 4, les élèves ont découvert progressivement la notion de fonction, manipulé
différents modes de représentation : expression algébrique, tableau de valeurs,
représentation graphique, programmes de calcul. Ils connaissent le vocabulaire de base :
variable, fonction, antécédent, image et la notation ƒ(x). Selon le mode de représentation
choisi, ils déterminent une image ou des antécédents d’un nombre par une fonction. Ils ont
étudié les fonctions linéaires, les fonctions affines et leur représentation graphique.
En seconde, les objectifs sont les suivants :
consolider la notion de fonction, comme exprimant la dépendance d’une variable par
rapport à une autre ;
Statistiques et probabilités
Objectifs
En matière d’information chiffrée, les élèves ont travaillé au cycle 4 effectifs, fréquences,
proportions, pourcentages, coefficient de proportionnalité, taux d’évolution, coefficient
multiplicateur. L’objectif est de consolider et de prolonger ce travail par l’étude de situations
multiplicatives : proportion de proportion, évolutions successives ou réciproques. Les élèves
doivent distinguer si un pourcentage exprime une proportion ou une évolution.
Dérivation
Contenus
Fonction exponentielle
Contenus
Définition de la fonction exponentielle, comme unique fonction dérivable sur ℝ
vérifiant ƒ’ = ƒ et ƒ(0) = 1. L’existence et l’unicité sont admises. Notation exp(x).
Pour tous réels x et y, exp(x + y) = exp(x) exp(y) et exp(x) exp(-x) = 1. Nombre e.
Notation ex.
Pour tout réel a, la suite (ena) est une suite géométrique.
Signe, sens de variation et courbe représentative de la fonction exponentielle.
Capacités attendues
Transformer une expression en utilisant les propriétés algébriques de la fonction
exponentielle.
Pour une valeur numérique strictement positive de k, représenter graphiquement les
fonctions t ↦ e-kt et t ↦ ekt.
Modéliser une situation par une croissance, une décroissance exponentielle (par
exemple évolution d’un capital à taux fixe, décroissance radioactive).
Exemple d’algorithme
Construction de l’exponentielle par la méthode d’Euler. Détermination d’une valeur
1
approchée de e à l’aide de la suite ((1 )n ) .
n
Approfondissements possibles
Unicité d’une fonction ƒ dérivable sur ℝ telle que ƒ’ = ƒ et ƒ(0) = 1.
Pour tous réels x et y, exp(x + y) = exp(x) exp(y).
La fonction exponentielle est strictement positive et croissante.
Fonctions trigonométriques
Contenus
Cercle trigonométrique. Longueur d’arc. Radian.
Enroulement de la droite sur le cercle trigonométrique. Image d’un nombre réel.
Cosinus et sinus d’un nombre réel. Lien avec le sinus et le cosinus dans un triangle
rectangle. Valeurs remarquables.
Fonctions cosinus et sinus. Parité, périodicité. Courbes représentatives.
Géométrie
Objectifs
L’étude de la géométrie plane menée au collège et en seconde a familiarisé les élèves à la
géométrie de configuration, au calcul vectoriel et à la géométrie repérée.
En première, on poursuit l’étude de la géométrie plane en introduisant de nouveaux outils.
L’enseignement est organisé autour des objectifs suivants :
donner de nouveaux outils efficaces en vue de la résolution de problèmes
géométriques, du point de vue métrique (produit scalaire) ;
enrichir la géométrie repérée de manière à pouvoir traiter des problèmes faisant
intervenir l’orthogonalité.
Les élèves doivent conserver une pratique du calcul vectoriel en géométrie non repérée.
Analyse
Objectifs
L’analyse est une part centrale des mathématiques et, comme outil de modélisation et de
calcul, elle joue un rôle essentiel dans l’étude de phénomènes issus des autres disciplines.
Les buts essentiels du programme de la classe terminale sont de donner aux élèves une
bonne intuition des notions fondamentales : convergence, limites, dérivées, intégrales et une
solide pratique des calculs afférents.
Les difficultés de mise en forme des concepts sont évoquées, sans constituer le but central
de l’enseignement. Le programme s’articule autour des notions de suite et de fonction. Ces
deux notions sont intimement liées et le dialogue discret-continu mérite d’être évoqué
régulièrement.
En classe de première, l’étude des suites est abordée sous un angle essentiellement
algébrique. En classe terminale, on commence l’étude de la convergence.
La notion de limite est présentée de manière intuitive, en s’appuyant notamment sur la vision
géométrique et sur l’écriture décimale. On explicite ensuite les définitions mais la maîtrise
complète du formalisme n’est pas un attendu.
Suites
Contenus
La suite (un) tend vers + ∞ si tout intervalle de la forme [A;+∞[ contient toutes les
valeurs un à partir d'un certain rang. Cas des suites croissantes non majorées. Suite
tendant vers – ∞.
La suite (un) converge vers le nombre réel 𝓁 si tout intervalle ouvert contenant 𝓁
contient toutes les valeurs un à partir d'un certain rang.
Limites et comparaison. Théorèmes des gendarmes.
Opérations sur les limites.
Comportement d’une suite géométrique (qn) où q est un nombre réel.
Théorème admis : toute suite croissante majorée (ou décroissante minorée)
converge.
Capacités attendues
Établir la convergence d’une suite, ou sa divergence vers + ∞ ou – ∞.
Raisonner par récurrence pour établir une propriété d’une suite.
Étudier des phénomènes d’évolution modélisables par une suite.
Démonstrations
Toute suite croissante non majorée tend vers + ∞.
Limite de (qn), après démonstration par récurrence de l’inégalité de Bernoulli.
Divergence vers + ∞ d’une suite minorée par une suite divergeant vers + ∞.
Limite en + ∞ et en – ∞ de la fonction exponentielle.
Exemples d’algorithme
Recherche de seuils.
1 5
Recherche de valeurs approchées de π, e, 2, , ln(2), etc.
2
Approfondissements possibles
Propriétés et utilisation des suites adjacentes.
Exemples de suites vérifiant une relation de récurrence linéaire d’ordre 2 à
coefficients constants.
Exemples d’application de la méthode de Newton. Étude de la convergence de la
méthode de Héron.
Fonction logarithme
La fonction logarithme népérien est introduite comme fonction réciproque de la fonction
exponentielle étudiée en classe de première. Les élèves s’appuient sur les images mentales
des courbes représentatives des fonctions exponentielle et logarithme.
Contenus
Fonction logarithme népérien, notée ln, construite comme réciproque de la fonction
exponentielle.
Propriétés algébriques du logarithme.
Fonction dérivée du logarithme, variations.
Limites en 0 et en + ∞, courbe représentative. Lien entre les courbes représentatives
des fonctions logarithme népérien et exponentielle.
Croissance comparée du logarithme népérien et de x ↦ x n en 0 et en + ∞.
Capacités attendues
Utiliser l’équation fonctionnelle de l’exponentielle ou du logarithme pour transformer
une écriture, résoudre une équation, une inéquation.
Dans le cadre d’une résolution de problème, utiliser les propriétés des fonctions
exponentielle et logarithme.
Démonstration
Calcul de la fonction dérivée de la fonction logarithme népérien, la dérivabilité étant
admise.
Limite en 0 de x ↦ x ln(x).
Exemple d’algorithme
Algorithme de Briggs pour le calcul du logarithme.
Calcul intégral
La définition de l’intégrale s’appuie sur la notion intuitive d’aire rencontrée au collège. Les
élèves développent une vision graphique de l’intégrale et maîtrisent le calcul approché, en
liaison avec la méthode des rectangles et le calcul exact par les primitives.
On met en regard les écritures a ƒ( x) dx et ni 1 ƒ( xi ) xi .
b
Contenus
Définition de l’intégrale d'une fonction continue positive définie sur un segment [a,b],
comme aire sous la courbe représentative de ƒ. Notation a ƒ( x) dx .
b
Théorème : si ƒ est une fonction continue positive sur [a,b], alors la fonction Fa définie
sur [a,b] par Fa ( x ) a ƒ(t ) dt est la primitive de ƒ qui s’annule en a.
x
Sous les hypothèses du théorème, relation ab ƒ( x) dx = F(b) - F(a) où F est une
primitive quelconque de ƒ. Notation F ( x )ab .
Théorème : toute fonction continue sur un intervalle admet des primitives.
Définition par les primitives de ab ƒ( x) dx lorsque ƒ est une fonction continue de signe
quelconque sur un intervalle contenant a et b.
Linéarité, positivité et intégration des inégalités. Relation de Chasles.
Valeur moyenne d’une fonction.
Intégration par parties.
Capacités attendues
Estimer graphiquement ou encadrer une intégrale, une valeur moyenne.
Calculer une intégrale à l’aide d’une primitive, à l’aide d’une intégration par parties.
Majorer (minorer) une intégrale à partir d'une majoration (minoration) d'une fonction
par une autre fonction.
Calculer l’aire entre deux courbes.
Étudier une suite d’intégrales, vérifiant éventuellement une relation de récurrence.
Interpréter une intégrale, une valeur moyenne dans un contexte issu d’une autre
discipline.
Démonstrations
Pour une fonction positive croissante ƒ sur [a,b], la fonction x a ƒ(t ) dt est une
x
Probabilités
Objectifs
Dans cette partie, on diversifie et on approfondit les modèles probabilistes rencontrés, en
exploitant des situations où interviennent les probabilités conditionnelles, l’indépendance, les
variables aléatoires. Un axe majeur est l’étude de la succession d’un nombre quelconque
d’épreuves aléatoires indépendantes.
Le schéma de Bernoulli est fondamental : succession de n épreuves identiques
indépendantes à deux issues. L’univers est formalisé par {0,1} n (ou {a,b} n) mais il importe
d’exploiter la représentation à l’aide d’arbres, et de conserver l’intuition des situations
concrètes familières : tirage avec remise dans une urne de Bernoulli, lancers de pièce, etc.
L’indépendance des expériences se traduit par la propriété multiplicative : la probabilité
d’une liste de résultats est égale au produit des probabilités des résultats.
On l’introduit en s’appuyant sur le programme de la classe de première, avant d’enrichir cette
approche par de nouveaux outils. Une première étape est la traduction du schéma de
Bernoulli en termes de variables aléatoires, ce qui conduit à introduire la notion de variables
aléatoires indépendantes, l’indépendance étant prise ici au sens d’indépendance mutuelle.
Les deux premiers indicateurs relatifs à une variable aléatoire, l’espérance et la variance, ont
été introduits en classe de première. On en approfondit l’étude dans le cadre des variables
aléatoires finies. La linéarité de l’espérance donne un outil très puissant permettant de
déterminer l’espérance d’une variable aléatoire sans avoir à en déterminer la loi. L’additivité
de la variance pour les variables indépendantes est présentée dans le cadre de la
succession d’épreuves indépendantes. Elle permet d’établir l’expression de la variance de la
moyenne d’un échantillon d’une variable aléatoire.
Dans la troisième section, l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev explicite le rôle de la variance
comme indicateur de dispersion. Tous ces outils se conjuguent pour établir l’inégalité de
concentration pour la moyenne d’un échantillon d’une variable aléatoire, qui justifie
l’apparition du facteur 1 / n en théorie de l’estimation, aperçue expérimentalement en
classe de seconde, et permet d’aboutir à la démonstration de la loi des grands nombres.