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Université Paris-Saclay

LES FONCTIONS
DANS
L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

Amaury Freslon

2020 – 2021
TABLE DES MATIÈRES

Table des matières i

Introduction 1

1 Collège 5
1.1 Les programmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Une première approche des fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Fonctions linéaires et affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.1 Fonctions linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.2 Fonctions affines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

2 Seconde 19
2.1 Le programme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.2 Fonctions de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.3 Représenter algébriquement et graphiquement les fonctions . . . . . . . . . . . . 25
2.4 Variations et extrema . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

3 Première 35
3.1 Le programme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2 Dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.3 Variations et courbes représentatives des fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.4 Fonction exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

4 Terminale 55
4.1 Le programme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.2 Limites des fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
4.2.1 Les différents types de limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
4.2.2 Calculer une limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.3 Compléments sur la dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.3.1 Fonction composée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.3.2 Convexité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
4.4 Continuité des fonctions d’une variables réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.5 Fonction logarithme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.6 Fonctions sinus et cosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
4.7 Primitives, équations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
4.8 Calcul intégral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92

A Le secret de l’analyse réelle 99


A.1 Une démonstration presque complète . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
A.2 Bolzano & Weierstrass à la rescousse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
A.3 Le mot de la fin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
Table des matières

Annexes : programmes officiels 105

— ii —
INTRODUCTION

À propos de ce texte
Ce document a été rédigé pour servir de support à une série de cours sur les fonctions dans
le cadre du Master MEEF de l’Université Paris-Saclay. Support est ici à entendre au double sens
de notes sur lesquelles l’auteur s’est appuyé pour son cours, qui consistait en deux séances de
quatre heures, et de document pérenne distribué aux étudiants.
Précisons d’emblée que ce ne sont pas des notes de cours à destinations d’enseignants du
secondaire, ni à destination d’élèves du secondaire. Ce document ne prétend ni à l’exhaustivité
dans son contenu (le traitement algébrique des fonctions polynômes, par exemple, manque) ni
à l’adéquation parfaite avec la lettre ou l’esprit des programmes. Ce document est en fait lié au
cours pour lequel il a été rédigé, qui répondait à trois objectifs :

1) Offrir aux étudiants préparant le concours du CAPES un aperçu des programmes d’analyse
du lycée à travers la notion de fonction ;

2) Consolider leurs connaissances, notamment en ce qui concerne la cohérence logique des


résultats et les démonstrations ;

3) Commencer à préparer les épreuves orales en réfléchissant à l’organisation des résultats et


au choix des exercices.

Enseigner les fonctions


La notion de fonction est fondamentale non seulement en mathématiques, mais aussi dans
toutes leurs applications. Par exemple, tout phénomène évoluant dans le temps est décrit par
une fonction d’une variable réelle, généralement notée t. Voici quelques exemples :

• Physique : position, vitesse, énergie, température ;

• Biologie : concentration, population, corrélations ;

• Économie : prix, cours boursiers, coûts marginaux ;

Par conséquent, beaucoup d’élèves devront les utiliser dans leurs études supérieures voir dans leur
futur travail. Il s’agit d’un élément extrêmement important de la formation de l’enseignement
secondaire.
Toutefois, la notion de fonction et son utilisation relèvent d’un degré d’abstraction qui peut
être difficile à acquérir par les élèves. Pour cette raison, l’étude des fonctions au collège et au
lycée se fait de façon progressives suivant trois axes :

1) Appréhender la notion de fonction (à travers des définitions d’abord informelles et des


exemples),
Introduction

2) Acquérir un “répertoire” de fonctions importantes,

3) Développer des outils pour étudier les fonctions et en extraire des informations (dérivation
et intégration par exemple).

Ces trois axes ne s’abordent pas l’un après l’autre mais simultanément tout au long de la
scolarité. Et même plus : beaucoup d’élèves seront confrontés dans leurs études supérieures à
de nouveau types de fonctions (holomorphes, de plusieurs variables, variables aléatoires) qui
nécessiteront des notions plus abstraites et plus rigoureuses.
L’idée générale des programmes est, depuis longtemps maintenant, la progressivité. Cela
signifie que les notions seront introduites dans des cas particuliers, ou de façon intuitives sans leur
cadre formel. Avec le temps, certains notions deviendront plus précises tandis que de nouvelles
s’ajouteront. Il est néanmoins essentiel que l’enseignant, lui, maîtrise de bout en bout le cadre
formel et sache quelles sont les subtilités ou les abus que recèlent les définitions. D’une part parce
qu’il faut maîtriser une notion pour l’enseigner, fusse de façon imprécise et d’autre part parce
que les difficultés des élève proviennent parfois, sans qu’ils en soient conscient, des non-dits des
notions qui leurs sont proposés.
Nous commencerons donc par rappeler la définition mathématique rigoureuse d’une fonction,
même si elle ne sera pas utilisé dans la suite.
Définition. Une fonction f d’un ensemble A vers un ensemble B est une partie f ⊂ A × B
telle que pour tout a ∈ A, il existe au plus un b ∈ B tel que (a, b) ∈ f . On note généralement

f : A −→ B.

Profitons en pour faire quelques rappels de terminologie et de notations :

• On appelle A l’ensemble de départ de f ,

• On appelle B l’ensemble d’arrivée de f ,

• Étant donné a ∈ A, on note f (a) ∈ B l’unique élément tel que (a, f (a)) ∈ f et on l’appelle
l’image de a par f .

• Étant donné b ∈ B, on appelle antécédent de b par f tout élément a ∈ A tel que f (a) = b.

Il s’agit de définitions formelles et très générales et ce n’est bien sûr pas de cette façon que
les fonctions sont introduites dans le secondaire. On partira plutôt de l’idée que f associe à tout
élément a ∈ A un élément b ∈ B.
Remarque. On pourra remarquer que formellement, une fonction est en fait définie par son
graphe. Ainsi, le représentation graphique d’une fonction n’est pas un outil auxiliaire de la
théorie mais bien un aspect fondamental.
Si l’étude des fonctions est difficile, c’est en partie parce qu’elle nécessite de jongler en per-
manence entre toutes les incarnations possibles de ces objets, c’est-à-dire entre divers registres :

• Le registre numérique ;

• Le registre graphique ;

• Le registre schématique ;

• Le registre algébrique.

Ces différents registres devront être mobilisés les uns à la suite des autres ou simultanément
en fonction de la nature du problème à étudier. Indépendamment, il y a une autre distinction
important dans la façon dont on aborde les fonctions, c’est celle du point de vue, à savoir :

• Le point de vue ponctuel ;

• Le point de vue local ;

— 2 —
Introduction

• Le point de vue global.

Les programmes introduisent les fonctions via le point de vue ponctuel, mais lui associent im-
médiatement le point de vue global. Assez naturellement, le point de vue local n’apparaîtra que
plus tard, puisqu’il est le plus difficile à appréhender.

— 3 —
CHAPITRE 1
COLLÈGE

1.1 Les programmes


Au collège le cycle 4 (qui couvre les classes de 5e , 4e et 3e ) est composé en mathématiques
de cinq thèmes. Le second (Thème B) est intitulé : « Organisation et gestion des données, fonc-
tions. » En voici le détail :

Contenus

• Vocabulaire : variable, fonction, antécédent, image ;

• Différents modes de représentation d’une fonction (expression symbolique, tableau de va-


leurs, représentation graphique, programme de calcul) ;

• Notations f (x) et x 7→ f (x) ;

• Fonction linéaire, fonction affine.

Compétences associées

• Passer d’un mode de représentation d’une fonction à l’autre ;

• Déterminer, à partir d’un mode de représentation, l’image ou un antécédent d’un nombre


par une fonction ;

• Représenter graphiquement une fonction linéaire, une fonction affine ;

• Modéliser un phénomène continu par une fonction ;

• Modéliser une situation de proportionnalité à l’aide d’une fonction linéaire ;

• Résoudre des problèmes modélisés par des fonctions.

Plus précisément, on attend qu’à la fin de l’année scolaire un élève de 4e soit capable de

• Produire une expression littérale représentant la dépendance de deux grandeurs ;

• Représenter la dépendance de deux grandeurs par un graphique ;

• Utiliser un graphique représentant la dépendance de deux grandeurs pour lire et interpréter


différentes valeurs sur l’axe des abscisses ou l’axe des ordonnées ;

Et qu’un élève de 3e soit capable de

• Utiliser les notations et le vocabulaire fonctionnels ;

• Passer d’un mode de représentation d’une fonction à une autre ;


Chapitre 1. Collège

• Déterminer, à partir de n’importe quel mode de représentation, l’image d’un nombre ;

• Déterminer un antécédent à partir d’un tableau de valeurs ou d’une représentation gra-


phique ;

• Déterminer de manière algébrique un antécédent, dans des cas se ramenant à la résolution


d’une équation du premier degré ;

• Représenter graphiquement une fonction linéaire ou affine ;

• Interpréter les paramètres d’une fonction affine suivant l’allure de sa représentation gra-
phique ;

• Modéliser un phénomène continu par une fonction ;

• Modéliser une situation de proportionnalité à l’aide d’une fonction linéaire ;

• Résoudre des problèmes modélisés par des fonctions en utilisant un ou plusieurs modes de
représentation.

1.2 Une première approche des fonctions


Avant toute chose, il faudra introduire le mot “fonction” d’une façon qui permette à la fois
d’en saisir le concept et de s’en servir efficacement. Voici une définition possible de la notion de
fonction au collège :
Définition 1.1. Une fonction est un processus qui à un nombre fait correspondre un autre
nombre.
Si f est le nom d’une fonction, et x un nombre, alors le nombre auquel f fait correspondre
x est noté f (x).
On dit que f (x) est l’image de x et que x est un antécédent de f (x).
Remarque. À partir de ce moment s’engage un combat de longue haleine pour faire saisir la dif-
férence entre le fait qu’il n’y a qu’une seule image tandis qu’il peut y avoir plusieurs antécédente.
La confusion mène à des erreurs à tous les niveaux du secondaire (et même au-delà).
La notion de processus est bien sûr vague, et il est préférable de la faire manipuler avant
d’introduire cette définition. Voici un exemple d’exercice destiné à appréhender concrètement
l’idée de fonction comme définie ci-dessus :
Exercice 1.2.1. On considère un programme de calcul f qui fonctionne de la façon suivante :

i) Choisir un nombre ;

ii) Élever ce nombre au carré ;

iii) Retrancher 5 au résultat.

1) Vérifier qu’en choisissant le nombre 4, obtient à la fin le nombre 11.

2) On appelle antécédent par f le nombre de départ et image par f le nombre d’arrivée.


Dire, en justifiant la réponse, si les affirmations suivantes sont vraies ou fausses

(a) L’image de −2 par f est −1.


(b) Un antécédent de 20 par f est −5.
(c) Le nombre 20 n’a qu’un seul antécédent par f .

3) Quelle est l’image d’un nombre x quelconque par la fonction f ?

4) Le nombre −10 a-t-il un antécédent par f ?

— 6 —
1.2. Une première approche des fonctions

Correction. 1) Nous allons appliquer une par une les étapes du processus :

4 ⇝ 42 = 16 ⇝ 16 − 5 = 11.

Ainsi, le processus appliqué au nombre 4 mène bien au nombre 11 et la réponse est Vraie.

2) (a) Il nous faut suivre les étapes en partant de −2 :

−2 ⇝ (−2)2 = 4 ⇝ 4 − 5 = −1.

On obtient −1, ce qui veut dire que l’image de −2 par f est −1 et la réponse est
Vraie.
(b) Il nous faut suivre les étapes en partant de −5 :

−5 ⇝ (−5)2 = 25 ⇝ 25 − 5 = 20.

Obtient 20, ce qui veut dire que −5 est un antécédent de 20 et la réponse est Vraie.
(c) On peut observer, dans le calcul précédent, qu’à cause du carré on aurait trouvé le
même résultat en partant de 5 plutôt que de −5. Autrement dit, 5 est également un
antécédent de 20 par f et la réponse est Fausse.

3) Partant du nombre x, on commence par l’élever au carré, ce qui nous donne le nombre x2 .
Ensuite, on lui retranche 5, ce qui donne le nombre x2 − 5. Ainsi, l’image de x par f est
x2 − 5.

4) Cherchons un antécédent potentiel de −10 et notons le x. D’après la question précédente,


on devrait alors avoir x2 − 5 = −10, ce qui donne x2 = −5. Or un carré est toujours positif,
donc −10 n’a pas d’antécédent.

Remarque. L’exercice tel qu’il est présenté ci-dessus est certainement assez difficile pour des
élèves de collège et demande à être accompagné dans sa résolution. On pourrait par exemple
suggérer de faire un schéma pour mieux visualiser le processus de calcul.
Pour mieux saisir l’aspect algorithmique du problème, il peut être intéressant dans un exercice
comme celui-ci d’utiliser des outils numériques, par exemple :
• Un tableur (Excel, GeoGebra) pour calculer les images en utilisant une colonne pour
chaque étape du processus ;

• Un programme informatique (Scratch) dans lequel les étapes du processus apparaîtront


comme autant d’instructions ou de “boîtes”.
Cette approche permet de plus de faire un lien avec l’informatique. Attention toutefois ! En
informatique, une fonction est un nom générique désignant un sous-programme (et même des
fois abusivement un programme entier). En particulier, une fonction informatique peut avoir
plusieurs arguments (pouvant être eux-mêmes des fonctions) ou n’en avoir aucun.
Comme l’illustre l’exercice précédent, la définition de fonction comme processus fait la part
belle aux aspects algorithmique et calculatoire, mais laisse dans l’ombre l’aspect géométrique
pourtant important, notamment dans l’étude des fonctions linéaires et affines. Il faut donc la
compléter en introduisant la représentation graphique.
Définition 1.2. Soit f une fonction. Sa représentation graphique est la courbe constituée de
tous les points de coordonnées (x, f (x)).
Remarque. Encore une fois, la définition est volontairement vague. Elle n’est cependant pas sans
danger, en particulier à cause du terme “courbe”. Un élève curieux peut en effet assez facilement
parvenir à des questions embarrassantes, par exemple :
• Construire des fonctions dont la représentation graphique ne mérite pas le nom de courbe,
comme la fonction f qui renvoie 1 si le nombre x est négatif et 0 si le nombre x est positif
ou nul.

— 7 —
Chapitre 1. Collège

• Construire des fonctions dont la représentation graphique peut être appelée courbe mais
n’est pas lisse et ne correspond donc pas forcément au sens commun du mot “courbe”,
comme la fonction valeur absolue.

Ce problème se clarifiera en fait partiellement au lycée quand les notions de continuité et de


dérivabilité seront abordées.

La définition ci-dessus est intrinsèquement liée à la méthode de lecture graphique des images
et des antécédents. Voici un exemple d’exercice mettant en jeu ces notions :

— 8 —
1.2. Une première approche des fonctions

Exercice 1.2.2. On considère une fonction f dont la représentation graphique est donnée
ci-dessous :

1) Donner l’image de 2 par f .

2) Donner un antécédent de −1 par f .

Correction. 1) On procède par lecture graphique de la façon suivante (indiquée par les traits
bleus sur la figure) : on repère 2 sur l’axe des abscisses, puis on trace un trait vertical
jusqu’à la courbe. On lit ensuite l’ordonnée de ce point et on obtient 3.

2) On procède par lecture graphique de la façon suivante (indiquée par les traits rouges sur
la figure) : on repère −1 sur l’axe des ordonnées, puis on trace un trait horizontal jusqu’à
la courbe. On lit ensuite l’abscisse de l’un des points et on obtient par exemple 0.

— 9 —
Chapitre 1. Collège

L’intérêt d’un tel exercice est d’appuyer (par la correction) l’aspect “méthodique” de la
lecture graphique. Il met également en lumière, de façon très visuelle, la pluralité des antécédents.
On peut aussi être plus ambitieux et proposer des problèmes ouverts comme le suivant :
Exercice 1.2.3. On souhaite fabriquer des corbeilles en carton ouvertes à partir d’un carré
de 50 cm de côté en ôtant quatre carré de côté x à chaque coin du carton. Pour quelle valeur
de x le volume de la corbeille sera-t-il maximal ?

Correction. On exprimera toutes les longueurs en cm et les aires en cm2 . La base de la boîte
obtenue sera un carré de côté (50 − x) tandis que sa hauteur sera égale à x. Ainsi, le volume V
de la boîte en fonction de x est
V (x) = (50 − x)2 × x.
Il est impossible pour un élève de collège de trouver le maximum d’une telle fonction, ni même
de savoir ou de démontrer qu’un tel maximum existe. On peut cependant commencer par tracer
la représentation graphique de cette fonction, en remarquant qu’elle est définie pour 0 ⩽ x ⩽ 50 :

Une première difficulté ici est de trouver une échelle des axes rendant le graphique lisible (ce que
GeoGebra fait automatiquement avec la fonction recadrer). On observe alors qu’il semble y
avoir un maximum pour une valeur de x entre 15 et 20. On peut affiner ce résultat en cherchant
par balayage une approximation du maximum, disons, au mm près. En utilisant un tableur, on
trouve 16, 7 comme valeur approchée de x :
x 16 16, 1 16, 2 16, 3 16, 4 16, 5
V (x) 18496 18502, 28 18507, 53 18511, 75 18514, 94 18517, 13

x 16, 6 16, 7 16, 8 16, 9 17


V (x) 18518, 3 18518, 46 18517, 63 18515, 81 18513

À noter que ce problème répond également à l’objectif de modélisation par les fonctions.

1.3 Fonctions linéaires et affines


1.3.1 Fonctions linéaires
Au-delà de l’observation de fonctions données qui restent un peut mystérieuses, comme dans
les exercices précédents, le collège est aussi l’occasion de découvrir et d’étudier les premières
familles générales de fonctions. Cela commence avec les fonctions linéaires, pour une raison
évidente : le lien avec la notion de proportionnalité !

— 10 —
1.3. Fonctions linéaires et affines

Définition 1.3. Une fonction f est linéaire si l’image d’un nombre s’obtient en le multipliant
par un nombre fixé. Autrement dit, s’il existe un nombre a tel que pour tout x,

f (x) = a × x.

Le nombre a est appelé coefficient directeur de la fonction f .


Remarque. Les deux formulations de la définition sont utiles. La première donne l’idée de la
notion, mais l’expression « nombre fixé » peut manquer de clarté dans l’esprit des élèves. C’est
pourquoi il est important de la compléter par la reformulation qui est, elle, parfaitement rigou-
reuse.
Le lien mentionné avec la proportionnalité doit être mis en valeurs, par exemple sous la forme
de propriétés.

Propriété 1.4 Si f désigne une fonction linéaire de coefficient directeur a, alors tout
tableau de valeurs de f est un tableau de proportionnalité dont le coefficient de proportion-
nalité est a.

Démonstration. Par définition d’une fonction linéaire, la deuxième ligne d’un tableau de valeurs,
qui est la ligne des images, s’obtient en multipliant la première ligne par a. C’est donc bien un
tableau de proportionnalité. ■

Remarque. La réciproque est également vraie ! Si f est une fonction dont tout tableau de valeur
est un tableau de proportionnalité de même coefficient de proportionnalité a, alors f est une
fonction linéaire.
En plus des proportionnalités, les fonctions linéaires ont un lien fort avec la géométrie, via
leur représentation graphique. Ce point est essentiel car, une fois généralisé aux fonctions affines,
il est un outil important pour l’étude des droites dans le plan.

Théorème 1.5 Si f désigne une fonction linéaire, alors la représentation graphique de f


est une droite passant par l’origine et distincte de l’axe des ordonnées.
Réciproquement, si f est une fonction dont la représentation graphique est une droite
passant par l’origine distincte de l’axe des ordonnées, alors f est linéaire.

Démonstration. Considérons une fonction linéaire de coefficient directeur a et soit A le point du


plan de coordonnées (1, a). Comme a = f (1), le point A appartient à la représentation graphique
de f . Nous allons prouver que la représentation graphique de f est la droite (OA) (qui n’est
pas l’axe des ordonnées car A a une abscisse non-nulle). Notons que si cette démonstration est
hors programme, c’est en particulier parce qu’il n’est pas facile au collège de prouver que des
points sont alignés. Ceci est néanmoins faisable en exploitant des outils de trigonométrie et
de géométrie du plan. Pour cela, considérons un point M de la représentation graphique de f
distinct de O et de A. Ses coordonnées s’écrivent (x, f (x)). Il nous faut montrer que les points
O, A et M sont alignés. En notant H le point de coordonnées (1, 0) et K le point de coordonnées
(x, 0), on peut considérer les triangles OAH et OM K. Ils sont tous les deux rectangles (en H
et K respectivement).

— 11 —
Chapitre 1. Collège

La définition de la tangente d’un angle aigu donne alors

HA a ax f (x) KM
tan(AOH)
\ = = = = = = tan(M
\ OK)
OH 1 x x OK
Ainsi, les droites (OA) et (OM ) forment un même angle avec la droite (OH) = (OK). Elles sont
par conséquent parallèles. Comme elles ont de plus le point O en commun, elles sont confondues.
Par conséquent, les points O, A et M sont alignés.
Réciproquement, considérons une fonction f dont la représentation graphique est une droite
distincte de l’axe des ordonnées et soit A le point de la droite d’abscisse 1 (ce point existe parce
que la droite n’est pas l’axe des ordonnées). On note a l’ordonnée de A. Soit M un point de
la droite distinct de O et A. Ses coordonnées sont de la forme (x, f (x)). En utilisant les même
notations qu’au début de la preuve, on a que les droites (HA) et (KM ) sont parallèles car elles
sont toutes deux orthogonales à l’axe des abscisses. Par conséquent 1 , d’après le Théorème de
Thalès (en notant que comme la droite n’est pas l’axe des ordonnées, les points H et K sont
distincts de O),
x OK MK f (x)
= = = ,
1 OH AH a
d’où
f (x) = a × x.
Ainsi, f est une fonction affine de coefficient directeur a. ■

Remarque. La preuve n’est pas au programme. Elle est cependant intéressante puisqu’elle fait
intervenir le Théorème de Thalès et permet donc de montrer que les divisions usuelles des
mathématiques (algèbre/géométrie/analyse) sont d’ordre pédagogique mais que tout est en réa-
lité lié.
Même si la preuve n’est pas faite en cours, il est important de mentionner la façon de retrouver
le coefficient directeur à partir de la représentation graphique :

Propriété 1.6 Soit f une fonction linéaire et soit A un point de sa représentation gra-
phique distinct de l’origine. Si les coordonnées de A sont (x, y), alors le coefficient directeur
de f est
y
a= .
x
Autrement dit, c’est la pente de la droite.

Démonstration. Par définition, si (x, y) sont les coordonnées d’un point de la représentation
graphique de f , alors y = f (x). Si a est le coefficient directeur de f , on sait que f (x) = a × x,
1. Nous n’avons envisagé ici qu’un seule des configurations possibles des points O, A et M . Nous laissons au
lecteur le soin de vérifier que la preuve fonctionne également dans les autres cas.

— 12 —
1.3. Fonctions linéaires et affines

d’où (puisque x ̸= 0)
f (x) y
a= = .
x x

Voici un exemple d’exercice permettant de mettre en jeu les divers aspects des fonctions
linéaires :
Exercice 1.3.1. Collées sur une vitrine, de grandes affiches annoncent une réduction de 10%
sur toute une boutique.

1) Soit x le prix d’un produit en euros, exprimer le prix p(x) du même produit après le
réduction.

2) À l’aide d’un outil informatique, tracer la représentation graphique de la fonction p.

3) Une jupe coûtait 50 € avant la réduction. Combien coûte-t-elle après ?

4) Un pantalon coûte 27 € avec la réduction. Combien coûtait-il avant ?

Correction. 1) Réduire de 10%, c’est multiplier par 0, 9. Ainsi,

p(x) = 0, 9 × x

2) Voici un tracé obtenu avec GeoGebra :

3) On cherche l’image de 50 par la fonction p qui s’obtient donc en multipliant par 0, 9 :

p(50) = 50 × 0, 9 = 45.

Ainsi, la jupe coûte maintenant 45 euros.

4) On cherche un antécédent de 27 par p. Un tel nombre x doit vérifier

0, 9 × x = p(x) = 27,

donc
27
x= = 30.
0, 9
Ainsi, le pantalon coûtait initialement 30 euros.

Remarque. Cet exercice peut être l’occasion d’insister sur le fait que le calcul littéral permet
d’obtenir les résultats exacts, tandis qu’une simple lecture graphique ne donnera jamais qu’une
réponse approximative.

— 13 —
Chapitre 1. Collège

Remarque. Un point qui peut sembler anodin dans cet énoncé, mais qui est en fait important, est
que la fonction ne s’appelle pas f mais p. Ceci peut perturber les élèves, mais il est indispensable
de savoir jongler entre les notations et ce qu’elles représentent. Il est donc bon d’exposer les élèves
à diverses notations pour les fonctions dès le collège.

1.3.2 Fonctions affines

La notion de fonction linéaire se généralise à celle de fonction affine. Cette dernière n’est, en
soi, pas plus difficile que la première. Mais elle représente souvent un saut conceptuel important
pour les élèves.

Définition 1.7. Une fonction f est affine si l’image d’un nombre s’obtient en le multipliant par
un nombre fixé, puis en ajoutant un second nombre fixé. Autrement dit, s’il existe deux nombres
a et b tel que pour tout x,

f (x) = a × x + b.

Le nombre a est appelé coefficient directeur de la fonction f et le nombre b est appelé l’ordonnée
à l’origine de la fonction f .

Remarque. Cette définition est calquée sur celle de fonction linéaire, même si la version informelle
est moins claire dans ce cas. Donner les dénominations techniques de a et b n’est certes pas
nécessaire à ce stade, mais cela peut aider les élèves à deviner intuitivement le lien avec la
représentation graphique.

Les fonctions affines, dans la définition ci-dessus, généralisent les fonctions linéaires du point
de vue de l’expression formelle. Il est donc naturel de se demander comment elles les généralisent
du point de vue géométrique.

Théorème 1.8 Si f désigne une fonction affine, alors la représentation graphique de f


est une droite non parallèle à l’axe des ordonnées.
Réciproquement, si f est une fonction dont la représentation graphique est une droite
non parallèle à l’axe des ordonnées, alors f est affine.

Démonstration. La preuve est similaire à celle du cas affine. Considérons une fonction affine
de coefficient directeur a et d’ordonnée à l’origine B, soit A le point du plan de coordonnées
(1, a) et soit B le point du plan de coordonnées (0, b). Comme a = f (1) et b = f (0), les
points A et B appartiennent à la représentation graphique de f . Nous allons prouver que la
représentation graphique de f est la droite (BA), qui n’est pas parallèle à l’axe des ordonnées
puisque les points A et B ont des abscisses différentes. Pour cela, considérons un point M de
la représentation graphique de f distinct de A et de B. Ses coordonnées s’écrivent (x, f (x)). Il
nous faut montrer que les points B, A et M sont alignés. En notant H le point de coordonnées
(1, b) et K le point de coordonnées (x, b), on peut considérer les triangles BAH et BM K. Ils
sont tous les deux rectangles (en H et K respectivement).

— 14 —
1.3. Fonctions linéaires et affines

La définition de la tangente d’un angle aigu donne alors

HA a ax f (x) KM
tan(ABH)
\ = = = = = = tan(M
\ BK)
BH 1 x x BK
Ainsi, les droites (BA) et (BM ) forment un même angle avec la droite (BH) = (BK). Elles sont
par conséquent parallèles. Comme elles ont de plus le point B en commun, elles sont confondues.
Par conséquent, les points B, A et M sont alignés.
Réciproquement, considérons une fonction f dont la représentation graphique est une droite,
soit A le point de la droite d’abscisses 1 et soit B le point de la droite d’abscisse 0 (l’existence
de ces points provient du fait que la droite n’est pas parallèle à l’axe des ordonnées). On note
a l’ordonnée de A et b l’ordonnée de B. Soit M un point de la droite distinct de A et B.
Ses coordonnées sont de la forme (x, f (x)). En utilisant les même notations qu’au début de la
preuve, on a que les droites (HA) et (KM ) sont parallèles car elles sont toutes deux orthogonales
à la droite (BH) = (BK). Par conséquent 2 , d’après le Théorème de Thalès (en notant que
comme la droite n’est pas parallèle à l’axe des ordonnées, les points H et K sont distincts de
O),
x BK MK f (x) − b
= = = ,
1 BH AH a−b
d’où f (x) − b = (a − b) × x et finalement

f (x) = (a − b) × x + b.

Ainsi, f est une fonction affine de coefficient directeur a − b et d’ordonnée à l’origine b. ■

On remarquera que contrairement au cas des fonctions linéaires, il n’existe pas de critère
simple permettant de repérer une fonction affine à partir d’un tableau de valeurs. Il est cependant
possible, si l’on sait que la fonction est affine, de trouver le coefficient directeur et l’ordonnée à
l’origine à partir d’un tableau de valeurs.

Propriété 1.9 Si f est une fonction affine et si x1 et x2 sont deux nombres distincts,
alors le coefficient directeur a de f est donné par

f (x2 ) − f (x1 )
a=
x2 − x1

2. Nous n’avons encore une fois envisagé ici qu’un seule des configurations possibles des points B, A et M .
Nous laissons au lecteur le soin de vérifier que la preuve fonctionne également dans les autres cas.

— 15 —
Chapitre 1. Collège

et l’ordonnée à l’origine est donnée par

f (x2 ) − f (x1 )
b = f (x1 ) − a × x1 = f (x1 ) − x1 .
x2 − x1

Démonstration. Par définition, f (x) = a × x + b, donc

f (x2 ) − f (x1 ) (a × x2 + b) − (a × x1 + b)
=
x2 − x1 x2 − x1
a × x2 − a × x1
=
x2 − x1
a(x2 − x1 )
x2 − x1
= a.

De même,
f (x1 ) − a × x1 = (a × x1 + b) − a × x1 = b.

Remarque. Cette propriété est importante, parce qu’elle permet d’introduire sans le nommer le
taux d’accroissement, qui sera central dans l’étude de la notion de dérivée. Elle permet aussi de
comprendre pourquoi le coefficient directeur apparaissant dans le preuve du Théorème 1.8 est
b − a et non pas a.
À nouveau, les questions de prix offrent des possibilités d’exercices assez complets sur le
sujet. En voici un exemple :
Exercice 1.3.2. Dans un magasin, une cartouche d’encre coûte 15 e. La même cartouche
coûte 10e sur internet, mais avec des frais de livraison fixes de 40 e quelque soit le nombre
de cartouches achetées.

1) Compléter le tableau suivant (les prix sont exprimés en euros) :

Nombre de cartouches achetées 2 5 11 40


Prix à payer en magasin 75
Prix à payer sur internet 90

2) On note x le nombre de cartouches achetées.

(a) On note Pm (x) le prix de x cartouches achetées en magasin. Exprimer Pm (x) en


fonction de x.
(b) On note Pi (x) le prix de x cartouches achetées sur internet. Exprimer Pi (x) en
fonction de x.

3) Dans un repère orthogonal dont on choisira soigneusement les unités, tracer les droites
(d) et (d′ ) représentatives respectivement des fonctions x 7→ 15 × x et x 7→ 10 × x + 40.

4) En utilisant le graphique précédent,

(a) Déterminer le mode d’achat le plus avantageux pour un lot de 6 cartouches. On


laissera apparents les traits de construction.
(b) Déterminer le mode d’achat permettant d’obtenir le plus de cartouches pour 80 e.
On laissera apparents les traits de construction.

5) À partir de combien de cartouches le prix sur internet est-il inférieur au prix en magasin ?
Justifier la réponse.

— 16 —
1.3. Fonctions linéaires et affines

Correction. 1) Voici le tableau complété :

Nombre de cartouches achetées 2 5 11 40


Prix à payer en magasin 20 75 165 600
Prix à payer sur internet 60 90 150 440

2) (a) Chaque cartouche coûte 15 e, il suffit donc de multiplier x par 15, autrement dit

Pm (x) = 15 × x.

(b) Chaque cartouche coûte 10 e, il faut donc multiplier x par 10. Puis il faut ajouter
les 40 e de frais de livraison. Autrement dit,

Pi (x) = 10 × x + 40.

3) Voici la figure avec des axes pour lesquels une unité suivant l’axe des abscisses correspond
à vingt-cinq unités suivant l’axe des ordonnées :

4) (a) On part du point 6 sur l’axe des abscisses, puis on remonte jusq’aux droites pour lire
l’ordonnée des points d’intersection. On trouve 100 pour la droite représentative de Pi
et 90 pour celle de Pm . Par conséquent, il est plus intéressant d’acheter les cartouches
en magasin.

(b) On part du point 80 sur l’axe des ordonnées, puis on avance horizontalement jusqu’aux
droites pour lire l’abscisse des points d’intersection. On trouve 4 pour la droite re-
présentative de Pi et un nombre compris entre 5 et 6 pour celle de Pm . Ainsi, il vaut
mieux aller au magasin, où l’on pourra acheter cinq cartouche pour ce prix alors qu’on
n’en aurait que quatre sur internet.

— 17 —
Chapitre 1. Collège

5) Le nombre de cartouches à partir duquel il est plus intéressant d’acheter sur internet est
l’abscisse du point d’intersection des deux droites, c’est-à-dire 8. On peut d’ailleurs vérifier
que
Pm (8) = 120 = Pi (8).

On pourrait aussi envisager des exercices faisant apparaître les fonctions affines à partir de
problèmes géométriques.

— 18 —
CHAPITRE 2
SECONDE

2.1 Le programme
Le programme de mathématiques de seconde s’organise en cinq parties, dont l’une est en-
tièrement consacrée aux fonctions. Cette dernière se subdivise en trois sous-parties dont nous
suivrons l’ordre dans la suite.

(1) Se constituer un répertoire de fonctions de références : fonctions carré,


cube, racine carré et inverse.
Contenus

• Définition ;
• Courbe représentative ;

Capacités attendues

• Tableau de variation ;
• Savoir comparer f (a) et f (b) numériquement ou graphiquement ;
• Savoir résoudre algébriquement ou graphiquement l’équation f (x) = k et l’inéquation
f (x) < k.

(2) Représenter algébriquement et graphiquement les fonctions.


Contenus

• Fonction définie sur un intervalle ou une réunion finie d’intervalles ;


• Courbe représentative ;
• Notion de fonction paire et impaire ;

Capacités attendues

• Exploiter l’équation y = f (x) d’une courbe : appartenance, calcul de coordonnées ;


• Modéliser par des fonctions des situations issues des mathématiques ou d’autres dis-
ciplines ;
• Résoudre une équation du type f (x) = k ou une inéquation du type f (x) < k en
choisissant la méthode adaptée : graphique, algébrique ou logicielle.
• Résoudre graphiquement ou à l’aide d’un outil numérique l’équation f (x) = g(x) ou
l’inéquation f (x) < g(x).

(3) Étudier les variations et les extrema des fonctions.


Contenus
Chapitre 2. Seconde

• Croissance, décroissance, monotonie d’une fonction définie sur un intervalle et tableau


de variations ;

• Maximum, minimum d’une fonction sur un intervalle ;

• Variations des fonctions affines et interprétation du coefficient directeur comme taux


d’accroissement ;

• Variations des fonctions de référence.

Capacités attendues

• Relier représentation graphique et tableau de variations ;

• Déterminer graphiquement les extrema d’une fonction sur un intervalle ;

• Exploiter un outil numérique pour décrire les variations d’une fonction donnée par
une formule ;

• Relier sens de variation, signe et droite représentative d’une fonction affine.

Ces points ne sont pas du tout indépendants, bien au contraire ! Chaque notion ou outil doit
être appliqué à titre d’illustration aux fonctions de références, dont font également partie les
fonctions linéaires et affines vues au collège.

2.2 Fonctions de référence


Notons tout d’abord un point très important du point de vue conceptuel. Au collège, une
fonction était une procédure s’appliquant a priori à n’importe quel nombre. En Seconde, la
définition se précise puisque l’on va considérer des fonctions qui n’ont pas de sens pour tout réel.
On introduit donc la notion d’ensemble de définition. Le terme “ensemble” est ici à comprendre
au sens des “ensemble de nombres” introduits en Seconde.
Définition 2.1. L’ensemble de définition d’une fonction f est l’ensemble des nombres réels x
pour lesquels on peut calculer f (x).
Dans cette définition, l’expression « on peut calculer » doit être comprise de façon intuitive,
mais ne pose normalement pas de problème dans le cadre du lycée. On en profite pour introduire
la notation :

f : D → R,

où D est l’ensemble de définition de la fonction f .


Rien de mieux que des exemples pour illustrer une nouvelle notion. C’est donc le bon moment
pour introduire les nouvelles fonctions de référence.
Définition 2.2. On définit les nouvelles fonctions de référence suivantes :

• La fonction carrée est la fonction f : R → R définie par

f (x) = x2 .

Voici sa représentation graphique :

— 20 —
2.2. Fonctions de référence

• La fonction cube est la fonction f : R → R définie par

f (x) = x3 .

Voici sa représentation graphique :

• La fonction racine carrée est la fonction f : [0; +∞[→ R définie par


f (x) = x.

Voici sa représentation graphique :

— 21 —
Chapitre 2. Seconde

• La fonction inverse est la fonction f :] − ∞; 0[∪]0; +∞[ définie par


1
f (x) = .
x
Voici sa représentation graphique :

Les restrictions sur les ensembles de définition des fonctions racine carrée et inverse se jus-
tifient très bien algébriquement. Cette explication peut se compléter par l’observation de leurs
représentations graphiques. D’ailleurs, cette observation montre un similarité entre les courbes
représentatives des fonctions carré et racines carrées qui traduit l’idée qu’il s’agit d’opérations
inverses l’une de l’autre (c’est-à-dire que ce sont des fonctions réciproques).

Propriété 2.3 La courbe représentative de la fonction racine carrée est la symétrique


par rapport à la première bissectrice des axes de la courbe représentative de la fonction
carré sur R+ .

Démonstration. Soit M un point de la courbe représentative de la fonction carré sur R+ . Ses



coordonnées sont donc de la forme (x, x2 ) avec x ⩾ 0. En posant y = x, ces coordonnées

deviennent ( y, y). Le symétrique M ′ de M par rapport à la première bissectrice des axes a

donc pour coordonnées (y, y), qui appartient bien à la courbe représentative de la fonction
racine carrée.
Réciproquement, soit N est un point de la courbe représentative de la fonction racine carrée

de coordonnées (y, y avec y ⩾ 0. Alors en posant x = y 2 , le symétrique de N par rapport à

la première bissectrice des axes a pour coordonnées ( y, y) = (x, x2 ), qui appartient bien à la
courbe représentative de la fonction carré. ■

— 22 —
2.2. Fonctions de référence

Les propriétés de ces fonctions seront détaillées comme exemples des définitions générales,
mais rien n’empêche de les aborder par le biais d’exercices pour familiariser les élèves avec ces
objets. Par exemple :
Exercice 2.2.1. Soit f la fonction carré.

1) Pour deux nombres réels a et b, comparer f (a) et f (b).

2) Résoudre l’équation f (x) = k, où k est un nombre réel.

3) Résoudre l’inéquation f (x) < k, où k est un nombre réel.

Correction. 1) Telle quelle, la question peut être difficile pour des élèves de secondes. On
peut ajouter une indication suggérant de considérer la différence f (b) − f (a). En effet, on
a une identité remarquable

f (b) − f (a) = b2 − a2 = (b − a)(b + a).

On constate alors que f (b) ⩾ f (a) si et seulement si

• Soit b ⩾ −a et b ⩾ a, c’est-à-dire b ⩾ |a| ;


• Soit b ⩽ −a et b ⩽ a, c’est-à-dire b ⩽ −|a|.

Ces deux conditions ensembles peuvent s’écrire |b| ⩾ |a|.

2) Il faut distinguer suivant le signe de k :

• Si k < 0, comme tout carré est positif, il n’y a pas de solution ;


√ √
• Si k > 0, les solutions sont x = k et x = − k.

3) Il faut distinguer suivant le signe de k :

• Si k < 0, comme tout carré est positif, il n’y a pas de solution ;



• Si k > 0, il suit des deux √ √ questions que f (x) < k si |x| < | k|. Les solutions
première
sont donc l’intervalle ] − k; k[.

Remarque. Cet exercice est difficile, il ne faut donc pas hésiter à l’adapter ou à le développer.
Il est intéressant car il fait travailler beaucoup d’outils et de notions (identités remarquables,
valeur absolue, racine carrée).

— 23 —
Chapitre 2. Seconde

Le programme suggère également de comparer les fonctions de référence entre elles, no-
tamment via une démonstration 1 . Voici une possibilité pour inclure cet élément sous forme de
problème ouvert :
Exercice 2.2.2. On considère les trois fonctions f, g, h : R → R définie par

f (x) = x, g(x) = x2 et h(x) = x3 .

1) Déterminer graphiquement la position relative des courbes représentatives de ces fonc-


tions.

2) Démontrer le résultat précédent en utilisant les expressions des fonctions.

Correction. 1) Voici un graphique comprenant les courbes représentatives des trois fonctions :

On voit donc qu’il y a quatre possibilités :

• Si x ⩽ −1, alors h(x) ⩽ f (x) ⩽ g(x) ;


• Si −1 ⩽ x ⩽ 0, alors f (x) ⩽ h(x) ⩽ g(x) ;
• Si 0 ⩽ x ⩽ 1, alors h(x) ⩽ g(x) ⩽ f (x) ;
• Si 1 ⩽ x, alors f (x) ⩽ g(x) ⩽ h(x) ;

2) Commençons par comparer les fonctions f et g. On a

g(x) − f (x) = x2 − x = x(x − 1).

On peut établir un tableau de signes pour déterminer le signe de cette expression :

x −∞ 0 1 +∞

x − 0 + +

x−1 − − 0 +

x(x − 1) + 0 − 0 +

1. Le programme n’est pas limpide sur ce point, la démonstration est-elle exigée, recommandée, conseillée,
suggérée ? Elle n’est en tout cas pas exigible des élèves.

— 24 —
2.3. Représenter algébriquement et graphiquement les fonctions

Comparons maintenant f et h. On a

h(x) − f (x) = x3 − x = x(x2 − 1) = x(x − 1)(x + 1).

On peut établir un tableau de signes utilisant le précédent pour déterminer le signe de


cette expression :

x −∞ −1 0 1 +∞

x − − 0 + +

x(x − 1) + + 0 − 0 +

x+1 − 0 + + +
x(x −
+ 0 − 0 − 0 +
1)(x + 1)

Comparons enfin g et h. On a

h(x) − g(x) = x3 − x2 = x2 (x − 1).

Ici, pas besoin de tableau de signe puisque x2 est toujours positif. Ainsi, h(x) ⩾ g(x) si et
seulement si x ⩾ 1.

2.3 Représenter algébriquement et graphiquement les fonc-


tions
Dans cette section se trouvent les éléments du programme qui concernent l’étude des fonc-
tions, soit à partir de leur représentation graphique soit à partir de leur expression algébrique.
Il s’agit d’étendre progressivement les notions abordées au collège. Nous avons par exemple déjà
vu la notion d’ensemble de définition. On précise également l’idée de “courbe” avec la définition
suivante :
Définition 2.4. La courbe représentative d’une fonction f est la courbe d’équation y = f (x),
c’est-à-dire l’ensemble des points de coordonnées (x, f (x)). Cette courbe est souvent notée Cf .
Remarque. Cette définition n’apporte en soi rien pour les applications concrètes, mais permet
d’une part de relier directement la notion de courbe à celle de fonction (c’est par exemple ainsi
que sera défini dans le supérieur un arc paramétré, qui est une notion rigoureuse de courbe) et
elle introduit l’équation y = f (x) en toute généralité. Elle suggère de plus directement l’approche
graphique pour l’étude de telles équations.
Nous avons déjà vu dans le cas des fonctions de référence qu’il était possible de résoudre des
équations et des inéquations à l’aide de la représentation graphique. Pour aller plus loin dans
cette direction, on peut introduire les notions de fonction paire ou impaire.
Définition 2.5. Une fonction f est paire si pour tout x dans son ensemble de définition, −x
est aussi dans son ensemble de définition et

f (−x) = f (x).

Une fonction f est impaire si pour tout x dans son ensemble de définition, −x est aussi dans
son ensemble de définition et
f (−x) = −f (x).
Une telle définition doit s’accompagner de son interprétation graphique :

— 25 —
Chapitre 2. Seconde

Propriété 2.6 Considérons une fonction f . Alors,

1) f est paire si et seulement si la courbe représentative de f est symétrique par rapport


à l’axe des ordonnées ;

2) f est impaire si et seulement si la courbe représentative de f est symétrique par


rapport à l’origine.

Démonstration. 1) Notons σ la symétrie par rapport à l’axe des ordonnées, et rappelons


que si M est un point de coordonnées (x, y), alors son image σ(M ) a pour coordonnées
(−x, y). Supposons f paire et considérons un point M de coordonnées (x, f (x)) de sa courbe
représentative Cf . Comme f (−x) = f (x), le point de coordonnées (−x, f (x)) appartient
également à Cf . Or, il s’agit de σ(M ). Ainsi, Cf est symétrique par rapport à l’axe des
ordonnées.
Réciproquement, supposons que Cf est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées. Si x
est dans l’ensemble de définition de f , alors le point M de coordonnées (x, f (x)) appartient
à Cf . Il en est donc de même du point σ(M ) de coordonnées (−x, f (x)). Par conséquent,
−x appartient au domaine de définition de f et f (−x) = f (x).

2) Notons s la symétrie de centre l’origine, et rappelons que si M est un point de coordonnées


(x, y), alors son image s(M ) a pour coordonnées (−x, −y). Supposons f impaire et consi-
dérons un point M de coordonnées (x, f (x)) appartenant à Cf . Comme f (−x) = −f (x), le
point de coordonnées (−x, −f (x)) appartient également à Cf . Or, il s’agit de s(M ). Ainsi,
Cf est symétrique par rapport à l’origine.
Réciproquement, supposons que Cf est symétrique par rapport à l’origine. Si x est dans
l’ensemble de définition de f , alors le point M de coordonnées (x, f (x)) appartient à Cf .
Il en est donc de même du point s(M ) de coordonnées (−x, −f (x)). Par conséquent, −x
appartient au domaine de définition de f et f (−x) = −f (x).

Remarque. Encore une fois, cette propriété illustre les interactions entre les fonctions et d’autres
chapitres du programme comme la géométrie du plan (symétrie axiale et symétrie centrale).
À titre d’exemples, les fonctions de références sont bien sûr à considérer. Cela peut se faire
sous la forme d’un exercice, qui sera aussi l’occasion d’insister sur l’importance de l’ensemble de
définition.
Exercice 2.3.1. Déterminer, parmi les fonctions de référence, lesquelles sont paires et les-
quelles sont impaires.

Correction. Traitons les fonctions de référence dans l’ordre de leur définition.

• La fonction carrée est définie pour tout nombre x. De plus,

(−x)2 = x2 ,

donc c’est une fonction paire.

• La fonction cube est définie pour tout nombre x. De plus,

(−x)3 = −x3 ,

donc c’est une fonction impaire.

• La fonction racine carrée n’est définie que pour x positif. En particulier, si x est dans
l’ensemble de définition alors −x n’y est pas. Par conséquent, cette fonction n’est ni paire
ni impaire.

— 26 —
2.3. Représenter algébriquement et graphiquement les fonctions

• La fonction inverse est définie pour tout nombre non-nul. En particulier, si x est dans
l’ensemble de définition alors −x également. De plus,

1 1
=− ,
−x x

donc c’est une fonction impaire.

Au-delà de ce bagage théorique, les capacités attendues en seconde concernent surtout la


résolution d’équations et d’inéquations à l’aide de fonctions, soit graphiquement soit en utilisant
d’un logiciel. Il est en fait difficile (et au fond probablement peut souhaitable) de tenter de
formaliser toutes les méthodes de résolution. Il vaut mieux travailler sur des exemples. Voici
donc simplement quelques éléments de réflexion :

• Les équations de la forme f (x) = k peuvent se résoudre explicitement quand f est une des
fonctions de référence, comme dans l’exercice 2.2.1. Il est important de le faire remarquer
aux élèves qui peuvent être tentés de croire que la méthode graphique est la seule méthode
disponible.

• Dans le même ordre d’idée, on peut facilement produire des situations où la méthode
graphique ne permet pas d’obtenir la solution exacte alors que le calcul direct le peut (par
exemple x2 = 2).

• Les inéquations peuvent être résolues explicitement quand elles font intervenir des fonctions
de référence ou quand elles se ramènent à une forme factorisée qui permet d’établir un
tableau de signe (comme dans l’exercice 2.2.2).

• La recherche algorithmique de solution approchée est l’occasion d’aborder la méthode par


dichotomie. Cela permet d’un part de faire le lien avec l’outil informatique, d’autre part
de faire sentir la valeur “théorique” de cette méthode : c’est avec elle qu’on démontre le
Théorème des Valeurs Intermédiaires (voir Théorème 4.25) ! Il ne faut cependant
pas oublier la méthode par balayage, qui a aussi son intérêt.

Voici un exemple de recherche de solution approchée par dichotomie :

Exercice 2.3.2. On considère la fonction f : R → R définie par

f (x) = x3 + x + 1.

1) À l’aide de la courbe représentative de f ,expliquer pourquoi f ne s’annule qu’une seule


fois en un point noté α. Déterminer graphiquement un entier n tel que n < α < n + 1.

2) En utilisant un programme, obtenir une valeur approchée à 0, 01 près de α.

Correction. 1) Voici la représentation graphique de f obtenue avec GeoGebra :

— 27 —
Chapitre 2. Seconde

On observe sur cette représentation que f est croissante et qu’elle coupe exactement une
fois l’axe des abscisses. Ceci signifie que f ne s’annule qu’une seule fois. On observe éga-
lement que −1 < α < 0.

2) Nous appliquons un algorithme de recherche par dichotomie, en partant des points −1 et


0. Voici par exemple l’algorithme en Python :

1 def f ( x ) :
2 return x∗∗3+x+1
3 A=−1
4 B=0
5 E=0.01
6 while B−A>=E :
7 C=(A+B) / 2 .
8 i f f (A) ∗ f (C)<=0 :
9 B=C
10 e l s e :A=C
11 a l p h a=round (A, 2 )
12 print ( a l p h a )

2.4 Variations et extrema


Cette troisième partie du programme constitue en un sens (avec la notion de parité) la pre-
mière approche globale des fonctions, par opposition à l’approche ponctuelle du calcul d’images
et d’antécédents. Nous allons commencer par le sens de variation, qui nécessite une remarque
préliminaire très importante : cette notion n’a de sens ici que pour une fonction définie sur un
intervalle ! Cette subtilité est souvent source de difficulté et de confusion pour les élèves. La
fonction inverse peut être un exemple utile pour faire comprendre le problème.
Définition 2.7. Une fonction f définie sur un intervalle I est dite
• Croissante sur I si quels que soient deux réels x et y dans I tels que x < y, on a f (x) ⩽ f (y) ;

• Décroissante sur I si quels que soient deux réels x et y dans I tels que x < y, on a
f (x) ⩾ f (y) ;

• Monotone sur I si elle est soit croissante sur I, soit décroissante sur I.

— 28 —
2.4. Variations et extrema

Il est bien sûr essentiel de donner des exemples aussi bien de fonctions monotones que de
fonctions non-monotones. Les fonctions de référence sont pour cela parfaitement adaptées.
Exercice 2.4.1. Pour chacune des fonctions suivantes, dire sur quels intervalles elle est mo-
notone :

1) La fonction carré ;

2) La fonction racine carrée ;

3) La fonction inverse.

4) On considère deux réels a et b,

(a) Montrer que


b3 − a3 = (b − a)(b2 + ab + a2 ).

(b) En déduire les variations de la fonction cube. On pourra distinguer suivant que a et
b sont ou non de même signe.

Correction. 1) Notons f la fonction carré. Nous avons vu dans l’exercice 2.2.1 que f (b) ⩾ f (a)
si et seulement si |b| ⩾ |a|. En particulier, si a et b sont positifs, alors cela signifie que pour
b ⩾ a, f (b) ⩾ f (a). Ainsi, f est croissante sur [0; +∞[. Si maintenant a et b sont négatifs,
alors |b| ⩾ |a| signifies b ⩽ a. Ainsi, f est décroissante sur ] − ∞; 0].

2) Notons g la fonction racine carrée. Soient a et b des réels positifs. Alors,


√ √ √ √
√ √ ( b − a)( b + a) b−a
g(b) − g(a) = b − a = √ √ =√ √ ⩾ 0.
b+ a b+ a

Ainsi, la fonction racine carrée est croissante sur [0; +∞[.

3) Notons h la fonction inverse. Soient a et b des réels de même signe strict, de sorte que
ab > 0, et tels que b ⩾ a. Alors,
1 1 a−b
h(b) − h(a) = − = ⩽ 0.
b a ab
Ainsi, la fonction inverse est décroissante à la fois sur ] − ∞; 0[ et sur ]0; +∞[.

4) (a) Il suffit de développer et de réduire le membre de droite :

(b − a)(b2 + ab + a2 ) = b3 + ab2 + ba2 − ab2 − a2 b − a3 = b3 − a3 .

(b) Notons k la fonction cube et soient a et b deux réels tels que a < b. Si a et b sont de
même signe, alors ab ⩾ 0, donc

b3 − a3 = (b − a)(b2 + ab + a2 ) ⩾ 0

donc k(b) ⩾ k(a). Si a et b sont de signes différents, alors a ⩽ 0 donc k(a) = a3 ⩽ 0


tandis que b ⩾ 0 donc k(b) = b3 ⩾ 0. Ainsi, on a encore k(b) ⩾ k(a). En conclusion,
la fonction k est croissante sur R.

Les fonctions affines sont aussi des fonctions de référence et leur sens de variation s’interprète
facilement à l’aide de leur coefficient directeur. Pour le prouver, il est pratique d’introduire le
lien avec le taux d’accroissement. Rappelons qu’un taux d’accroissement d’une fonction f est
une quantité de la forme
f (b) − f (a)
.
b−a

— 29 —
Chapitre 2. Seconde

Propriété 2.8 Soit f une fonction définie sur un intervalle I. Alors, f est croissante
si et seulement si tous ses taux d’accroissements sont positifs et elle est décroissante si et
seulement si tous ses taux d’accroissement sont négatifs.

Démonstration. Supposons f croissante. Si a < b, alors f (a) ⩽ f (b) donc

f (b) − f (a)
⩾ 0.
b−a
De même, si a > b, alors f (a) ⩾ f (b) donc le taux d’accroissement est également positif.
Réciproquement, supposons que tous les taux d’accroissement de f sont positifs. Alors, quels
que soient a et b dans I tels que a < b,

f (b) − f (a)
f (b) − f (a) = (b − a) ⩾0
b−a
donc f est croissante.
Supposons f décroissante. Si a < b, alors f (a) ⩾ f (b) donc

f (b) − f (a)
⩽ 0.
b−a
De même, si a > b, alors f (a) ⩽ f (b) donc le taux d’accroissement est également négatif.
Réciproquement, supposons que tous les taux d’accroissement de f sont négatifs. Alors, quels
que soient a et b dans I tels que a < b,

f (b) − f (a)
f (b) − f (a) = (b − a) ⩽0
b−a
donc f est décroissante. ■

Nous pouvons maintenant en déduire le cas des fonctions affines :

Propriété 2.9 Soit f : R → R une fonction affine, définie par f (x) = a × x + b. Alors,

• f est croissante si et seulement si a ⩾ 0 ;

• f est décroissante si et seulement si a ⩽ 0 ;

• f est constante si et seulement si a = 0.

Démonstration. Nous avons déjà démontré que tous les taux d’accroissement de f sont égaux
au coefficient directeur a. Le résultat suit donc de la Propriété 2.8. ■

Pour résumer les variations d’une fonction, on introduit le tableau de variations, qui sera
un outil essentiel dans l’étude des fonctions. Plutôt qu’une définition abstraite, cette notion
s’assimile par des exemples, à commencer par les fonctions de références 2 :

• Le tableau de variations de la fonction carré est :

x −∞ 0 +∞

+∞ +∞
x2
0

2. Nous incluons ici les limites, bien qu’elles ne soient pas vues en seconde, afin d’avoir un tableau de variations
complet pour mémoire.

— 30 —
2.4. Variations et extrema

• Le tableau de variations de la fonction cube est :

x −∞ +∞

+∞
x3
−∞

• Le tableau de variations de la fonction racine carrée est

x 0 +∞

+∞

x
0

• Le tableau de variations de la fonction inverse est

x −∞ 0 +∞

0 +∞
1
x
−∞ 0

Le tableau de variations permet de faire “apparaître” assez naturellement les extrema locaux
d’une fonction, et donc de motiver leur définition :
Définition 2.10. Soit f une fonction définie sur un intervalle I.

• On dit que f admet un maximum en un nombre a de I si pour tout nombre x de I,

f (x) ⩽ f (a);

• On dit que f admet un minimum en un nombre a de I si pour tout nombre x de I,

f (x) ⩾ f (a);

• On dit que f admet un extremum en un nombre a de I si elle admet soit un maximum,


soit un minimum en a.

Les fonctions de référence fournissent des exemples de choix pour illustrer cette définition.
Exercice 2.4.2. Déterminer les extrema des fonctions suivantes :

1) La fonction carré sur [−2; 2] ;

2) La fonction cube sur [−2; 2] ;

3) La fonction racine carrée sur [0; 4] ;

4) La fonction inverse sur [−2; −1[ ;

Correction. Nous allons utiliser les tableaux de variations des fonctions de référence établis
précédemment.

— 31 —
Chapitre 2. Seconde

1) La fonction carrée a un minimum en 0 sur [−2; 2] et un maximum en −2 et en 2.

2) La fonction cube a un minimum en −2 et un maximum en 2 sur [−2; 2].

3) La fonction racine carrée a un minimum en 0 et un maximum en 4 sur [0; 4].

4) La fonction inverse a un maximum en −2 et pas de minimum sur ] − 2; −1[.

En l’absence de l’outil de dérivation, il est en général impossible de déterminer les extrema


d’une fonction. On pourra cependant chercher à les approcher à l’aide de l’outil informatique.
Voici un exemple sous forme de problème ouvert.
Exercice 2.4.3. On considère la fonction f : [0; 2, 5] → R définie par

f (x) = 4x3 − 20x2 + 25x.

Déterminer une valeur approchée de l’abscisse α de son maximum avec une précision de 0, 01.
En déduire une approximation du maximum.

Démonstration. Commençons par tracer la courbe représentative de f à l’aide de GeoGebra :

On observe alors que l’abscisse α du maximum se trouve entre 0, 6 et 1. Pour obtenir une approxi-
mation de α, nous allons maintenant procéder par balayage 3 . Voici un exemple de programme
en Python pour cela :

1 def f ( x ) :
2 return 4∗ x ∗∗3 − 20∗ x ∗∗2 + 25∗ x
3 def max:
4 a l p h a =0.6
5 x =0.6
6 while x <1:
7 x=x +0.01
8 i f f ( x)> f ( a l p h a ) :
9 a l p h a=x
10 return a l p h a

3. On pourrait aussi procéder par dichotomie, mais cela nous permet de changer un peu.

— 32 —
2.4. Variations et extrema

En l’utilisant, on obtient l’approximation α ≈ 0, 33, ce qui mène à l’approximation du maxi-


mum 4 f (α) ≈ 4, 04. ■

Voici un autre exemple très intéressant où une conjecture peut être démontrée rigoureusement
grâce à une identité remarquable.
Exercice 2.4.4 (La piscine de Saint-Malo). Au bord d’une plage de Saint-Malo a été construite
une bordure en pierres afin de délimiter une piscine de mer de forme rectangulaire. La bordure
en pierre n’a été construite que sur trois cotés car il existait déjà une délimitation naturelle :
la plage. On sait que la superficie de cette piscine est de 3200 m2 . On cherche les valeur x et
y des cotés pour lesquelles la longueur de la bordure sera minimale. Voici une figure :

y y

La mer

1) Exprimer la superficie S de la piscine en fonction de x et y.

2) Exprimer la longueur P de la bordure en pierre en fonction de x et y, puis en fonction


de x seul.

3) Représenter graphiquement P et formuler une conjecture concernant ses extrema.

4) On considère la fonction f : [0; +∞[→ R définie par


6400
f (x) = x + − 160.
x
Montrer que pour tout x > 0, on a

(x − 80)2
f (x) = .
x

5) En déduire un preuve de la conjecture précédente.

Correction. 1) La superficie de la piscine est

S = x × y.

2) D’après la figure, la bordure consiste en un côté de longueur x et deux côtés de longueur


y, d’où
P = x + 2y.
De plus, d’après la première question,

S 3200
y= = ,
x x
donc
6400
P (x) = x + .
x
4. Remarquons que le terme approximation est ici trompeur, car rien ne garantit que f (α) approche le maxi-
mum à 0, 01 près par exemple.

— 33 —
Chapitre 2. Seconde

3) En traçant la courbe représentative de la fonction P , ici avec GeoGebra, on s’aperçoit


qu’elle admet un minimum en x = 80 :

La valeur correspondante de P est alors 160.

4) On réduit au même dénominateur :

x2 + 6400 − 160x (x − 80)2


f (x) = = .
x x

5) Comme un carré est toujours positif et que x lui-même, désignant une longueur, est positif,
la fonction f est à valeurs positives. Autrement dit, pour tout x,

P (x) − 160 = f (x) ⩾ 0,

ce qui s’écrit également P (x) ⩾ 160. Ceci signifie que le minimum de la fonction P est au
moins égal à 160. Or, P (80) = 160, donc c’est bien le minimum.

— 34 —
CHAPITRE 3
PREMIÈRE

En classe de Première, les fonctions deviennent omniprésentes. Elles dépassent le cadre de


la partie analyse pour intervenir à la fois en probabilités (variables aléatoires) et en algèbre
(fonctions polynômes, suites vues comme fonctions de N dans R). Dans ce document, nous
nous restreindrons, pour des raisons de temps et de place, à ce qui est explicitement étiqueté
comme appartenant à la partie “analyse”.

3.1 Le programme
Le programme d’analyse de Première se divise en trois points :

1) Dérivation.
Contenus
Point de vue local

• Taux de variation, sécante à la courbe représentative d’une fonction en un point


donné ;
• Nombre dérivé d’une fonction en un point, notation f ′ (a) ;
• Tangente à la courbe représentative d’une fonction en un point, pente, équation.

Point de vue global

• Fonction dérivable sur un intervalle, fonction dérivée ;


• Fonctions dérivées des fonctions carré, cube, racine carrée et inverse ;
• Opérations sur les fonctions dérivables ;
• Dérivée de la fonction x 7→ xn pour n ∈ N ;
• Fonction valeur absolue : courbe représentative, étude de la dérivabilité en 0.

Capacités attendues

• Calculer un taux de variation et la pente d’une sécante ;


• Interpréter le nombre dérivée ;
• Déterminer graphiquement un nombre dérivé par la pente de la tangente, construire
la tangente ;
• Déterminer l’équation de la tangente en un point ;
• Dans des cas simples, calculer le nombre dérivée à partir de la définition ou calculer
la dérivée en utilisant les opérations sur les fonctions dérivables.

2) Variations et courbes représentatives des fonctions.


Contenus
Chapitre 3. Première

• Lien entre le sens de variation d’une fonction dérivable et le signe de sa fonction


dérivée et caractérisation des fonctions constantes ;
• Nombre dérivé en un extremum, tangente à la courbe représentative.

Capacités attendues

• Étudier les variations d’une fonction, déterminer les extrema ;


• Résoudre un problème d’optimisation ;
• Exploiter les variations d’une fonction pour établir une inégalité, étudier la position
relative de deux courbes ;
• Étudier, en lien avec la dérivation, une fonction polynôme du second degré : variations,
extrema, allure de la courbe.

3) Fonction exponentielle.
Contenus

• Définition de la fonction exponentielle via l’équation différentielle f ′ = f ;


• Propriétés de l’exponentielle : exp(x) exp(y) = exp(x + y), nombre e et notation ex ;
• Pour tout réel a, la suite (ean )n∈N est géométrique ;
• Signe, sens de variation et courbe représentative de la fonction exponentielle.

Capacités attendues

• Transformer une expression en utilisant les propriétés algébriques de la fonction ex-


ponentielle ;
• Pour une valeur numérique strictement positive de k, représenter graphiquement les
fonctions t 7→ e−kt et t 7→ ekt ;
• Modéliser une situation par une croissance ou une décroissance exponentielle.

3.2 Dérivation
La dérivation est sans conteste la nouveauté la plus difficile du programme d’analyse en
classe de Première. Ceci est en grande partie dû à deux facteurs :

• L’absence de notion précise de limite, qui empêche à la fois de poser des définitions rigou-
reuses et de démontrer des résultats ;

• L’absence de motivation aisément explicable pour l’introduction du nombre dérivé, autre


que « Vous verrez plus tard, ça sera utile ».

Puisqu’il faut donc s’en remettre au « feeling », la meilleurs solution est d’utiliser la représenta-
tion graphique.
L’idée centrale sera donc le lien entre nombre dérivé en un point et pente de la tangente à la
courbe représentative. Or pour calculer la pente d’une droite, il faut en connaître deux points,
et nous n’en avons qu’un ! Nous pouvons alors essayer de regarder la pente d’une droite “très
proche”, par exemple d’une sécante à la courbe.
Définition 3.1. Soit I un intervalle et soit f : I → R une fonction. Si a et b sont deux points
de I, alors la droite passant par les points de coordonnées (a, f (a)) et (b, f (b)) est appelé une
sécante à la courbe représentative de f .
Cette définition doit bien évidemment s’accompagner d’une illustration :

— 36 —
3.2. Dérivation

En pratique, nous allons considérer deux point très proches, de sorte que la pente de la
sécante soit “proche” de la pente de la tangente. On considérera donc la sécante correspondant
aux points a et a + h pour h “petit”. La pente de cette sécante est alors une quantité importante
pour l’étude de la fonction f , ce qui justifie qu’on lui donne un nom :
Définition 3.2. Soit I un intervalle ouvert, soit f : I → R une fonction et soit a un point de
I. La pente de la sécante à la courbe représentative de f correspondant à a et a + h est appelée
taux d’accroissement et est égale à

f (a + h) − f (a)
T = .
h
Remarque. Cette définition manque de rigueur en ce qu’elle occulte le problème de l’existence
même de f (a + h). En effet, celle-ci n’est garanti que pour h suffisamment petit et uniquement
à condition que a soit à l’intérieur de l’intervalle de définition et pas au bord.
Avec tous ces outils en main, nous pouvons donner une idée intuitive de la dérivabilité : s’il
existe une droite dont les sécantes se rapprochent quand h devient petit, alors cette droite doit
être la tangente à la courbe représentative. Voici un exemple, pour la fonction

x3
f : x 7→ +x
3
avec a = 1 et h variant par pas de 0, 1 de 1 à 0, les sécantes successives sont en pointillés.

En conséquence, le taux d’accroissement devrait lui s’approcher d’un nombre qui sera la pente
de la tangente, ce qu’on peut observer ici en le calculant :

h 1 0, 9 0, 8 0, 7 0, 6 0, 5 0, 4 0, 3 0, 2 0, 1
T 1, 33 1, 27 1, 21 1, 16 1, 12 1, 08 1, 05 1, 03 1, 01 1

— 37 —
Chapitre 3. Première

On observe que le taux d’accroissement tend vers 1 (la dernière entrée étant égale à un à cause
d’un arrondi à deux décimales). Forts de l’intuition acquise, il est à présent possible d’introduire
les notions fondamentales de la dérivation.
Définition 3.3. Soit I un intervalle ouvert. On dit qu’une fonction f : I → R est dérivable en
un point a de I s’il existe un nombre f ′ (a) dont le taux d’accroissement s’approche de plus en
plus quand h devient de plus en plus petit. Le nombre f ′ (a) est appelé nombre dérivé de f en a.
La droite de pente f ′ (a) passant par le point de coordonnées (a, f (a)) est appelée tangente
à la courbe représentative de f en a.
Remarque. La notion de limite n’est pas explicitement au programme de Première, mais sera vue
en Terminale. Nous renvoyons donc à la Définition 4.6 pour une possible définition rigoureuse
du nombre dérivé.
Le calcul d’une équation de la tangente est l’occasion de réactiver les connaissances des
années précédentes sur les droites et les fonctions affines.

Propriété 3.4 Soit I un intervalle ouvert et f : I → R une fonction dérivable en un


point a de I. Alors, la tangente à la courbe représentative de f en a a pour équation

y = f (a) + f ′ (a)(x − a).

Démonstration. On sait qu’étant donné un nombre réel et un point du plan, il existe une unique
droite de pente ce nombre réel et passant par ce point. Or, la droite d’équation

y = f (a) + f ′ (a)(x − a)

est de pente f ′ (a) et passe par le point de coordonnées (a, f (a)) puisque

f (a) + f ′ (a)(a − a) = f (a).

C’est donc bien la tangente à la courbe représentative de f en a. ■

S’il peut être utile de faire quelques calculs concrets de nombre dérivé pour se familiariser
avec la notion, cela doit rester extrêmement simple dans la mesure où les calculs de limite sont
faits de façon intuitive.
Exercice 3.2.1. On considère la fonction f : R → R définie par

f (x) = 2x2 + 4x − 6.

1) Pour un réel h, calculer le taux d’accroissement entre 4 et 4 + h.

2) En déduire que f est dérivable en 4 et calculer son nombre dérivé.

Correction. 1) On calcule

f (4 + h) − f (4) 2(16 + 8h + h2 ) + 16 + 4h − 6 − 42 16h + 2h2


= = = 16 + 2h.
h h h

2) La quantité 16 + 2h devient aussi proche de 16 que l’on veut si on prend h très petit. Par
conséquent, elle tend vers 16 quand h tend vers 0. Ceci signifie que f est dérivable en 4 et
que
f ′ (4) = 16.

Cette approche locale du nombre dérivée est importante puisqu’elle sera la clef du lien entre
signe de la dérivée et sens de variation de la fonction. Cependant, du point de vue du calcul,
c’est l’approche globale qui est la plus performante.

— 38 —
3.2. Dérivation

Définition 3.5. Soit I un intervalle ouvert et soit f : I → R une fonction. Elle est dite dérivable
si elle est dérivable en tout point de son ensemble de définition. Sinon, on appelle ensemble de
dérivabilité de f l’ensemble des points de son intervalle de définition auxquels elle est dérivable.
La fonction
f ′ : x 7→ f ′ (x)
est appelée fonction dérivée de f .
Comme toujours, on illustrera en priorité la notion à l’aide des fonctions de référence :

Propriété 3.6 1) La fonction affine x 7→ λx + µ est dérivable et sa dérivée est donnée


par
x 7→ λ.

2) La fonction carré est dérivable sur R et sa dérivée est donnée par

x 7→ 2x.

3) La fonction cube est dérivable sur R et sa dérivée est donnée par

x 7→ 3x2 .

4) La fonction racine carrée est dérivable sur ]0; +∞[ et sa dérivée est donnée par
1
x 7→ √ .
2 x

5) La fonction inverse est dérivable sur ] − ∞; 0[ et sur ]0; +∞[ et sa dérivée est donnée
par
1
x 7→ − 2 .
x

Démonstration. 1) Pour un réel donné a, on calcule


λ(a + h) + µ − (λa + µ) λh
= = λ.
h h
Cette quantité étant constante, elle converge vers λ. Ceci signifie que la fonction est déri-
vable en a est que son nombre dérivé est λ.
2) Pour un réel donné a, on calcule
(a + h)2 − a2 a2 + 2ah + h2 − a2 2ah + h2
= = = 2a + h.
h h h
La quantité 2a + h devient aussi proche de 2a que l’on veut si on prend h très petit. Par
conséquent, elle tend vers 2a quand h tend vers 0. Ceci signifie que la fonction carré est
dérivable en a et que son nombre dérivé est 2a.
3) Pour un réel donné a, on calcule
(a + h)3 − a3 a3 + 3a2 h + 3ah2 + h3 − a3 3a2 h + 3ah2 + h3
= = = 3a2 + 3ah + h2 .
h h h
La quantité 3a2 + 3ah + h2 devient aussi proche de 3a2 que l’on veut si on prend h très
petit. Par conséquent, elle tend vers 3a2 quand h tend vers 0. Ceci signifie que la fonction
cube est dérivable en a et que son nombre dérivé est 3a2 .
4) Pour un réel strictement positif donné a, calculons d’abord
√ √ √ √
√ √ ( a + h − a)( a + h + a) a+h−a h
a+h− a= √ √ =√ √ =√ √ .
a+h+ a a+h+ a a+h+ a

— 39 —
Chapitre 3. Première

On en déduit que √ √
a+h− a 1
=√ √ .
h a+h+ a
1 √ 1
La quantité √
a+h+ a
devient aussi proche de √
2 a
que l’on veut si on prend h très petit.
1
Par conséquent, elle tend vers √
2 a
quand h tend vers 0. Ceci signifie que la fonction
1
racine carrée est dérivable en a et que son nombre dérivé est √
2 a
. Remarquons que ce
raisonnement ne fonctionne pas si a = 0.

5) Pour un réel non-nul a, calculons d’abord

1 1 a − (a + h) h
− = =− .
a+h a a(a + h) a(a + h)

On en déduit que
1 1
a+h − a 1
=− .
h a(a + h)
1
La quantité − a(a+h) devient aussi proche de − a12 que l’on veut si on prend h très petit. Par
conséquent, elle tend vers − a12 quand h tend vers 0. Ceci signifie que la fonction inverse
est dérivable en a et que son nombre dérivé est − a12 .

Remarque. Il peut être intéressant de transformer tout ou partie de cette propriété en exercice,
à condition d’ajouter des indications ou des questions intermédiaires pour certaines fonctions.
Remarque. Ces exemples, tout en permettant de faire explicitement les calculs, illustrent plu-
sieurs subtilités de la dérivation, notamment le fait que l’ensemble de dérivation peut être stric-
tement plus petit que l’ensemble de définition (fonction racine carrée). On pourra aussi faire
remarquer que les quatre exemples se ramènent à une même formule : (xα )′ = αxα−1 .
Pour aller plus loin, il n’est pas nécessaire d’établir une longue liste de cas particuliers, mais
plutôt de savoir calculer la dérivée d’une fonction en la décomposant en plusieurs morceaux plus
simples. C’est ce que permettent de faire les opérations dont parle le programme :

Propriété 3.7 Soient f et g des fonctions définies sur un même intervalle ouvert sur
lequel elles sont dérivables, alors

1) f + g est dérivable et
(f + g)′ = f ′ + g ′

2) f × g est dérivable et
(f × g)′ = f ′ × g + f × g ′
1
3) Si g ne s’annule pas, alors g est dérivable et
 ′
1 −g ′
= .
g g2

f
4) Si g ne s’annule pas, alors g est dérivable et
 ′
f f ′ × g − g′ × f
= .
g g2

5) Si a et b sont des nombres réels fixés, alors la fonction k : x 7→ f (ax + b) est dérivable
et
k ′ (x) = af ′ (ax + b).

— 40 —
3.2. Dérivation

Démonstration. Ces résultats devraient découler des opérations sur les limites. Celles-ci n’étant
pas encore introduites, nous utiliserons sans justification le fait que la somme de deux quantités
tend vers la somme des limites et que leur produit tend vers le produit des limites.

1) On a
(f + g)(a + h) − (f + g)(a) f (a + h) − f (a) g(a + h) − g(a)
= + ,
h h h
d’où le résultat.

2) On a

(f × g)(a + h) − (f × g)(a) (f (a + h)g(a + h) − f (a)g(a + h) + f (a)g(a + h) − f (a)g(a)


=
h h
f (a + h) − f (a) g(a + h) − g(a)
= g(a + h) + f (a),
h h
d’où le résultat puisque g(a + h) tend vers g(a) quand h tend vers 0 1 .

3) On a
1 1
g(a+h) − g(a) g(a) − g(a + h) g(a + h) − g(a) −1
= = × ,
h hg(a)g(a + h) h g(a)g(a + h)
d’où le résultat.

4) Ce résultat découle immédiatement des deux précédents.

5) On a

k(x + h) − k(x) f (ax + b + ah) − f (ax + b) f (ax + b + ah) − f (ax + b)


= =a× .
h h ah
la dernière fraction tend vers f ′ (ax + b) quand ah tend vers 0, donc également quand h
tend vers 0, d’où le résultat.

À ce stade, ces notions se prêtent essentiellement à des exercices d’application directe par le
calcul de dérivées de sommes, de produits et de quotients de fonctions de références. En voici
un exemple parmi une infinité :
Exercice 3.2.2. Déterminer l’ensemble de définition et l’ensemble de dérivabilité de chacune
des fonctions suivantes et donner sa dérivée.
1 √
1) f : x 7→ 5x3 − +3 x;
x
2) g : x 7→ (x2 + 1)(x3 − 2x) ;
2x + 1
3) h : x 7→ .
x+1

Correction. 1) La fonction f est définie sur R∗ est y est dérivable comme somme de fonctions
dérivables. De plus, la propriété des sommes de fonctions dérivables donne :
1 3
f ′ (x) = 15x2 + 2
+ √ .
x 2 x

2) La fonction g est définie sur R et y est dérivable comme produit de fonctions dérivables.
De plus, la propriété des produits de fonctions dérivables donne :

g ′ (x) = 2x(x3 − 2x) + (x2 + 1)(3x2 − 2) = 5x4 − 3x2 − 2.


1. Notons que nous admettons ici implicitement que toute fonction dérivable est continue.

— 41 —
Chapitre 3. Première

3) La fonction h est définie sur R \ {−1} et y est dérivable comme quotient de fonctions
dérivables dont le dénominateur ne s’annule pas. De plus, la propriété des quotients de
fonctions dérivables donne :
2(x + 1) − (2x + 1) 1
h′ (x) = = .
(x + 1)2 (x + 1)2

Le répertoire des fonctions de référence s’enrichit en première des fonctions polynômes, qui
sont traitées dans la partie d’algèbre du programme. Par la propriété concernant la somme de
deux fonctions dérivables, il suffit pour savoir dériver un polynôme de savoir dériver les fonctions
puissance.

Propriété 3.8 Pour tout entier naturel n ⩾ 1, la fonction xn est dérivable de dérivée

x 7→ nxn−1 .

Démonstration. Il est possible de prouver ce résultat “à la main” comme pour le cas des fonctions
carré et cube, en utilisant la factorisation :

an − bn = (a − b)(an−1 + an−2 b + · · · + abn−2 + bn−1 ).

On peut aussi proposer une démonstration par récurrence “intuitive”, c’est-à-dire sans la forma-
liser puisque la récurrence ne sera abordée qu’en Terminale. En effet, en écrivant xn+1 = x × xn
et en admettant que le résultat est vrai pour xn , on voit que

(xn+1 )′ = x′ × xn + x × (xn )′ = xn + (n − 1)xn = nxn .

Pour conclure cette partie, le programme demande de traiter en détail l’un des cas les plus
simples de fonction non-dérivable en un point, à savoir la fonction valeur absolue. Celle-ci se
prête bien à un traitement sous forme d’exercice.
Exercice 3.2.3. On considère la fonction f : R 7→ R définie par f (x) = |x|.

1) Rappeler la définition de la valeur absolue d’un nombre réel.

2) Soit x > 0, et h un réel tel que |h| < x2 .

(a) Calculer
f (x + h) − f (x)
.
h
(b) En déduire la valeur de f ′ (x).

3) Calculer de même f ′ (x) pour x < 0.

4) Soit ϵ > 0, trouver deux réels h1 , h2 tels que

• |h1 | < ϵ et |h2 | < ϵ,


f (x + h1 ) − f (x) f (x + h2 ) − f (x)
• = 1 et = −1.
h1 h2
5) En déduire que f n’est pas dérivable en 0.

Correction. 1) La valeur absolue |x| d’un nombre réel x est égale à x si x est positif et à −x
si x est négatif.

— 42 —
3.2. Dérivation

x
2) (a) L’inégalité |h| < 2 peut s’écrire

x x
− <h<
2 2

d’où l’on tire


x 3x
<x+h< .
2 2
Comme x > 0, on en déduit que x + h > 0 et donc que

f (x + h) − f (x) x+h−x h
= = = 1.
h h h

(b) D’après la question précédente, le taux d’accroissement est égal à 1 dès que h est
assez petit. Par conséquent, f est dérivable en x et son nombre dérivé vaut f ′ (x) = 1.

3) Considérons |h| < x2 . Alors,


x x
− <h<
2 2
d’où l’on tire
x 3x
<x+h< .
2 2
Comme x < 0, on en déduit que x + h < 0 et donc que

f (x + h) − f (x) −(x + h) − (−x) −h


= = = −1.
h h h

D’après ce qui précède, le taux d’accroissement est égal à −1 dès que h est assez petit. Par
conséquent, f est dérivable en x et son nombre dérivé vaut f ′ (x) = −1.

ϵ
4) En s’inspirant de ce qui précède, il suffit de prendre h1 = 2 et h2 = − 2ϵ .

5) La question précédente montre que pour des h aussi petit qu’on veut, il y a des taux d’ac-
croissement en 0 égaux à 1 et d’autres égaux à −1. Par conséquent, le taux d’accroissement
n’a pas de limite quand h tend vers 0. Autrement dit, f n’est pas dérivable en 0.

Un dessin est bien sûr nécessaire pour comprendre d’où vient le défaut de dérivabilité en 0 :

— 43 —
Chapitre 3. Première

3.3 Variations et courbes représentatives des fonctions


L’intérêt de la dérivation réside dans son utilisation pour l’étude globale des fonctions, no-
tamment leur sens de variation et leurs extrema. Il ne faut pas masquer le caractère surprenant
de ce phénomène : une propriété locale (le nombre dérivé) permet d’obtenir des informations
globales (sens de variation, extrema). C’est là l’un des plus grands miracles de l’analyse !
Les démonstrations de ces deux résultats fondamentaux sont hors programme. La condition
nécessaire pour les extrema ne nécessitant pourtant que des outils du programme de Première,
nous la donnerons donc à titre indicatif.
Contrairement à ce que suggère le programme dans l’ordre de sa rédaction, il faut commencer
par étudier les extrema. La preuve du résultat est tout à fait élémentaire et faisable en classe.

Propriété 3.9 Soit f :]a; b[→ R une fonction dérivable. Si f a un extremum en un point
c de ]a; b[, alors
f ′ (c) = 0.

Démonstration. Supposons que f a un maximum au point c. Alors, pour tout h > 0, f (c) ⩾
f (c + h) donc
f (c + h) − f (c)
⩽ 0.
h
Par conséquent, la limite de cette quantité, qui n’est autre que f ′ (c), est un nombre négatif. De
même, pour tout h < 0, f (c) ⩾ f (c + h) donc

f (c + h) − f (c)
⩾ 0.
h
Par conséquent, la limite de cette quantité, qui n’est autre que f ′ (c), est un nombre positif.
Ainsi, f ′ (c) doit être à la fois positif et négatif, c’est donc qu’il est nul. ■

Remarque. Il est important d’insister sur le fait que l’annulation de la dérivée est une condition
nécessaire d’existence d’un extremum, mais pas une condition suffisante.
Les fonctions carré et cube fournissent de bons exemples élémentaires pour illustrer ce résul-
tat (on pourra aussi regarder l’Exercice 3.3.3) :
Exercice 3.3.1. Déterminer les éventuels extrema des fonctions carré et cube sur R.

Correction. Notons f la fonction carré. Alors, f ′ (x) = 2x ne s’annule qu’en 0. Ainsi, le seul
extremum possible de f est 0 = f (0). Comme

f (x) = x2 ⩾ 0

pour tout réel x, il s’agit bien d’un minimum.


Notons g la fonction cube. Alors, f ′ (x) = 3x2 ne s’annule qu’en 0. Ainsi, le seul extremum
possible de f est 0 = f (0). Or, f (−1) = −1 < 0 et f (1) = 1 > 0 donc 0 n’est pas un extremum.
Ainsi, la fonction cube n’a pas d’extremum sur R. ■

Remarque. L’intérêt de l’exercice est bien évidemment de mettre en lumière le fait que l’annu-
lation de la dérivée est une condition nécessaire mais non suffisante d’existence d’un extremum.
Le second résultat important de cette partie du programme relie la dérivée au sens de varia-
tion.

Théorème 3.10 Soit f une fonction dérivable sur un intervalle ]a; b[. Alors,

• f est croissante si et seulement si f ′ (x) ⩾ 0 pour tout x de ]a; b[ ;

• f est décroissante si et seulement si f ′ (x) ⩽ 0 pour tout x de ]a; b[.

— 44 —
3.3. Variations et courbes représentatives des fonctions

Démonstration. Commençons par le sens direct, qui est démontrable en classe. Si f est crois-
sante, alors tous ses taux d’accroissements sont positifs d’après la Propriété 2.8. Comme le
nombre dérivé est une limite de taux d’accroissements, il suit que f ′ (x) ⩾ 0 pour tout x. Le
même argument donne bien sûr, mutatis mutandis, le cas où f est décroissante.
Intéressons nous maintenant au sens réciproque. Si la preuve de ce résultat est hors pro-
gramme, c’est parce qu’elle repose sur le Théorème des accroissements finis. En effet,
d’après ce dernier, si f est dérivable sur ]a; b[ et continue sur [a; b], alors il existe c ∈]a; b[ tel que

f (b) − f (a)
= f ′ (c).
b−a

Par conséquent, si la dérivée de f est de signe constant, les taux d’accroissement le sont aussi,
d’où le résultat par la Proposition 2.8. ■

Remarque. Détaillons un peu plus les liens avec le programme. Le Théorème des accrois-
sements finis est une conséquence immédiate du Théorème de Rolle. Ce dernier est facile
à démontrer à partir de la Propriété 3.9, à condition de savoir que toute fonction continue
sur un segment admet un extremum. C’est donc l’absence de la notion de continuité, pourtant
logiquement antérieure à celle de dérivabilité, qui force d’admettre ce résultat et surtout nous
prive du Théorème des accroissements finis qui est bien plus utile et nous fera encore
défaut (voir par exemple la Section 4.3.2 du programme de Terminale sur la convexité).
À l’aide du Théorème 3.10, il est possible de caractériser les fonctions de dérivée nulle :

Propriété 3.11 Soit f une fonction dérivable sur un intervalle ]a; b[. Alors, f est constante
si et seulement si pour tout x de ]a; b[, f ′ (x) = 0.

Démonstration. Remarquons que pour démontrer que la dérivée d’une fonction constante s’an-
nule, le Théorème 3.10 n’est pas nécessaire. C’est même l’inverse, puisque ce résultat est utilisé
dans la preuve du Théorème de Rolle, sur lequel repose la preuve du Théorème 1.8 ! De ce
point de vue, l’ordre du programme est encore une fois trompeur. De fait, si f est une fonction
constante, il suffit de calculer le taux d’accroissement en un point x :

f (x + h) − f (x)
T = =0
h

puisque f (x + h) = f (x). La limite de cette quantité est 0 d’où le résultat.


Réciproquement, si f est une fonction de dérivée identiquement nulle, alors elle est à la fois
croissante et décroissante d’après le Théorème 3.10. Donc, pour tous x et y dans ]a; b[ tels que
x < y,

f (x) ⩽ f (y) ⩽ f (x).

Autrement dit, f est constante. ■

Les exercices sur le sujet sont pléthore : il suffit de définir une fonction à l’aide de sommes
et de produits de fonctions de référence et de la faire étudier aux élèves. Mais tant qu’à faire,
on peut essayer de choisir une fonction obtenue à partir d’un problème concret. En voici un
exemple :

— 45 —
Chapitre 3. Première

Exercice 3.3.2. Un industriel souhaite fabriquer des boîtes de 1 L, c’est-à-dire 1 dm3 , en


forme de parallélépipède rectangle dont la base est un carré de côté x et dont la hauteur est h.
Son but est d’économiser les matériaux de fabrication en produisant une boîte dont la surface
est la plus petite possible. Toutes les longueurs sont comprises en dm.

1) Justifier que
1
h= .
x2
2) En déduire que l’aire totale de la boîte est
4
f (x) = 2x2 + .
x

3) Étudier la fonction f et tracer son tableau de variations.

4) En déduire la plus petite aire possible de la boîte.

Correction. 1) Le volume de la boîte est donné par V = h × x2 . Le résultat suit donc du fait
que la boîte est de volume 1.
2) La boîte possède deux faces carrées d’aire x2 et quatre faces rectangulaires d’aire h × x,
d’où
x 4
f (x) = 2x2 + 4h × x = 2x2 + 4 2 = 2x2 + .
x x
3) Calculons la dérivée de f :
4 4(x3 − 1)
f ′ (x) = 4x −
= .
x2 x2
Comme x2 > 0, cette expression est du signe de x3 − 1. Or, on sait que la fonction x3 est
croissante sur R et que 13 = 1. Par conséquent, x3 − 1 ⩽ 0 pour x ⩽ 1 et x3 − 1 ⩾ 0 pour
x ⩾ 1. On en déduit le tableau de variations de f :

x 0 1 +∞

+∞ +∞
f (x)
f (1)

4) D’après la question précédente, l’aire minimale de la boîte est


f (1) = 2 + 4 = 6 dm2
Voici à titre indicatif l’allure de la fonction f :

— 46 —
3.3. Variations et courbes représentatives des fonctions

Le programme suggère également d’utiliser les résultats sur la dérivation pour décrire les
solutions d’un trinôme. Cela peut par exemple se faire sous forme d’exercice.
Exercice 3.3.3. On considère trois réels a, b et c avec a non nul, ainsi que la fonction f :
R → R définie par
f (x) = ax2 + bx + c.

1) En fonction du signe de a, dresser le tableau de variations de f .

2) En déduire la valeur de l’unique extremum de f .

3) À l’aide des questions précédentes, montrer que si

∆ = b2 − 4ac < 0,

alors f ne s’annule jamais.

4) Montrer de même que si ∆ = 0, alors f ne s’annule qu’une seule fois et dire pour quelle
valeur de x.

5) Que se passe-t-il si ∆ > 0 ?

Correction. 1) Calculons la dérivée de f :

f ′ (x) = 2ax + b.

Cette quantité s’annule si x = − 2ab


. De plus, si a > 0, alors f ′ (x) ⩽ 0 pour x < − 2a
b
et
′ b
f (x) ⩾ 0 pour x > − 2a , d’où le tableau de variations :

b
x −∞ − 2a +∞

+∞ +∞
f (x)  
b
f − 2a

Enfin, si a < 0, alors f ′ (x) ⩾ 0 pour x < − 2a


b
et f ′ (x) ⩽ 0 pour x > − 2a
b
, d’où le tableau
de variations :

b
x −∞ − 2a +∞
 
b
f − 2a
f (x)
−∞ −∞

b
2) Dans les deux cas, on observe que l’extremum est atteint en x = − 2a et a donc pour valeur

b b 2 b
     
f − =a − +b× − +c
2a 2a 2a
ab2 b2
= 2− +c
4a 2a
ab2 − 2ab2 + 4a2 c
=
4a2
2
−b + 4ac
= .
4a

— 47 —
Chapitre 3. Première

3) Supposons ∆ < 0. Si a > 0, alors son minimum vaut


−∆
>0
4a
donc d’après le tableau de variations, f est tout le temps strictement positive. En parti-
culier, elle ne s’annule pas. De même, si a < 0, alors son minimum vaut
−∆
<0
4a
donc d’après le tableau de variations, f est tout le temps strictement négative. En parti-
culier, elle ne s’annule pas.
4) Si ∆ = 0, alors l’extremum de f vaut 0, donc f s’annule exactement une fois. De plus, elle
b
s’annule au point x = − 2a .
5) Si ∆ > 0, le tableau de variations suggère que f s’annule deux fois. Pour le prouver
cependant, il faudrait le Théorème des valeurs intermédiaires, qui ne sera vu qu’en
Terminale.

3.4 Fonction exponentielle


L’introduction de la fonction exponentielle comme solution d’une équation différentielle pos-
sède une certaine cohérence avec le développement de la dérivation. Cependant, la preuve de
l’existence de l’exponentielle est très difficile (mais pas impossible) au niveau du lycée. C’est
pourquoi elle sera admise, bien qu’il soit important de tenter de convaincre l’auditoire du bien
fondé de cette assertion !
Rappelons comment on peut essayer d’approcher une solution de l’équation différentielle
y ′ = y à l’aide de la méthode d’Euler. On part de l’égalité
f (a + h) − f (a)
 
f (a + h) = f (a) + hf ′ (a) + h − f ′ (a)
h
et en remarquant que le terme entre parenthèses tend vers 0 quand h tend vers 0 par définition
de la dérivabilité, on voit que peut faire l’approximation
f (a + h) ≈ f (a) + hf ′ (a).
Cette approximation sera bien sûr d’autant meilleure que h est petit.
Étant donné maintenant un réel x, nous allons diviser l’intervalle [0; x] en petits morceaux
de taille h et approcher sur chaque intervalle de la forme [kh; (k + 1)h] la solution f recherchée
par une droite de pente f ′ (kh). Dans notre cas, on a f ′ = f et f (0) = 1. Nous partons donc du
point (0, 1) et utilisons une droite de pente f (0) = 1, ce qui nous donne au point d’abscisse h
l’ordonnée 1 + h. De même, en partant du point (h, 1 + h) on utilise la droite de pente h pour
obtenir au point d’abscisse 2h l’ordonnée
(1 + h) + h(1 + h) = 1 + 2h + h2 = (1 + h)2 .
En continuant ainsi, on obtient pour le point d’abscisse kh une ordonnée égale à (1 + h)k . Si
maintenant, pour un entier naturel n, on pose h = nx , on obtient une approximation de f (x)
donnée par
x n
 
un (x) = 1 + .
n
Il est possible de montrer que cette suite converge 2 et que la limite est une fonction déri-
vable 3 égale à sa propre dérivée. Ces preuves sont cependant difficiles et hors du programme.
Ce qui n’empêche pas d’essayer de visualiser le résultat graphiquement. Voici par exemple l’ap-
proximation de la fonction exponentielle entre 0 et 1 pour n = 10 :
2. Ceci se fait habituellement en montrant qu’elle est adjacente à la suite de terme général un (−x)−1 .
3. Ici les choses deviennent subtiles.

— 48 —
3.4. Fonction exponentielle

Ainsi que quelques valeurs de la suite un (x) :

x 1 5 10 20 100
un (x) 2 2, 49 2, 59 2, 65 2, 7

Une fois les élèves convaincus que cette méthode justifie l’existence d’une solution à l’équation
différentielle y ′ = y, il ne reste plus qu’à l’affirmer.

Théorème 3.12 Il existe une unique fonction f : R → R telle que f (0) = 1 et pour tout
réel x,
f ′ (x) = f (x).
Cette fonction est appelée fonction exponentielle et notée exp.

Démonstration. L’existence comme l’unicité sont admises. Cependant, l’unicité est tout à fait
démontrable avec les outils de Première, voici comment. Il faut commencer par montrer qu’une
telle fonction f ne s’annule jamais. Pour cela, posons

h : x 7→ f (x) × f (−x).

La fonction h : R → R est dérivable comme produit de fonctions dérivables, et

h′ (x) = f ′ (x) × f (−x) + f (x) × (−f ′ (−x)) = f ′ (x) × f (−x) − f (x) × f ′ (−x).

Comme f ′ = f , on obtient finalement h′ (x) = 0 pour tout x. D’après la Propriété 3.11, on


peut donc affirmer que la fonction h est constante. Comme de plus h(0) = f (0)2 = 1, h ne
s’annule jamais. Par conséquent, f ne s’annule jamais non plus.
Considérons maintenant deux fonctions f et g telles que f ′ = f , g ′ = g et f (0) = 1 = g(0).
Alors, g ne s’annule pas donc on peut considérer la fonction k = fg . Elle est dérivable comme
quotient de fonctions dérivables, et
f ′ (x) × g(x) − f (x) × g ′ (x) f (x) × g(x) − f (x) × g(x)
k ′ (x) = = = 0.
g(x)2 g(x)2
Ainsi, k est constante et comme k(0) = 1, on a k(x) = 1 pour tout x. Il suit que pour tout x,
f (x)
= 1,
g(x)
c’est-à-dire f (x) = g(x), ce qu’il fallait démontrer. ■

La preuve de l’unicité est intéressante parce qu’elle montre comment exploiter la définition
de la fonction exponentielle pour en déduire des propriétés (comme le fait qu’elle ne s’annule
pas par exemple). Ceci sera à nouveau illustré par l’énonce suivant.

— 49 —
Chapitre 3. Première

Propriété 3.13 Soient x et y deux nombres réels, alors

1) exp(x) > 0 ;

2) exp(x + y) = exp(x) exp(y) ;

3) exp(x) exp(−x) = 1 ;

Démonstration. 1) Ce résultat est admis, parce que sa preuve provient de la continuité de la


fonction exp. En effet, exp étant dérivable sur R, elle est continue. Comme elle ne s’annule
pas, le Théorème des valeurs intermédiaires assure qu’elle est de signe constant.
Comme
exp(0) = 1 > 0,
la fonction exp n’a que des valeurs strictement positives.

2) Fixons y et considérons la fonction

exp(x + y)
h : x 7→ ,
exp(y)

qui est bien définie parce que exp(y) ̸= 0. La fonction h est dérivable sur R et

exp′ (x + y) exp(x + y)
h′ (x) = = = h(x).
exp(y) exp(y)

Comme de plus h(0) = 1, h = exp par unicité de la fonction exponentielle. Ainsi,

exp(x + y)
exp(x) = ,
exp(y)

ce qu’il fallait démontrer.

3) Ceci suit de la propriété précédente en se rappelant que exp(0) = 1.


En particulier, pour un réel a fixé, on a

exp((n + 1)a) = exp(a) exp(na),

donc la suite (exp(na))n∈N est une suite géométrique de raison exp(a). En considérant le cas
encore plus particulier où a = 1, on a pour tout entier n,

exp(n) = exp(1)n .

Ceci motive l’introduction d’une nouvelle notation pour la fonction exponentielle :


Définition 3.14. On pose e = exp(1) et on note, pour tout nombre x,

exp(x) = ex .

Remarque. On peut faire remarquer que, par la Propriété 3.7, la dérivée de x 7→ eax est la
fonction x 7→ aeax . Par conséquent, la même preuve que pour le Théorème 3.12 montre que
x 7→ eax est l’unique fonction telle que f ′ = af et f (0) = 1.
Pour conclure, la fonction exponentielle doit rejoindre le répertoire des fonctions de référence,
il faut donc l’étudier et donner ses variations.

Propriété 3.15 La fonction exponentielle est strictement croissante sur R.

— 50 —
3.4. Fonction exponentielle

Démonstration. Nous avons déjà vu que exp est strictement positive. Comme c’est aussi la déri-
vée de la fonction exponentielle, on en déduit qu’elle est croissante sur R d’après le Théorème 3.10.
Si de plus il existait x < y tels que ex = ey , alors pour tout x < z < y, on aurait

ex ⩽ ez ⩽ ey = ex

par croissance de l’exponentielle, donc ez = ex . Ainsi, la fonction exponentielle serait constante


sur ]x; y[. Mais alors, sa dérivée devrait être nulle par la Propriété 3.11, ce qui est impossible.
Ainsi, l’exponentielle est strictement croissante sur R. ■

Ceci nous permet de donner son tableau de variations :

x −∞ +∞

+∞
ex
0

ainsi que de tracer la courbe représentative de la fonction exponentielle :

Pour conclure, voici un exemple de problème faisant intervenir la fonction exponentielle.

— 51 —
Chapitre 3. Première

Exercice 3.4.1. La vasopressine est une hormone favorisant la réabsorption de l’eau par
l’organisme. Le taux de vasopressine dans le sang est considéré comme normal s’il est inférieur
à 2, 5 µg/mL. Cette hormone est sécrétée dès que le volume sanguin diminue. En particulier, il
y a production de vasopressine suite à une hémorragie. On utilisera dans la suite la modélisation
suivante :
t
f (t) = 3te− 4 + 2,
où f (t) désigne le taux de vasopressine dans le sang (en µg/mL) au bout d’un temps t (en
minutes) après le début d’une hémorragie.

1) (a) Quel est le taux à t = 0 ?


(b) Justifier que douze secondes après une hémorragie, le taux de vasopressine dans le
sang n’est pas normal.
(c) Montrer que pour tout réel t > 0, on a
1
f (t) = 12 × t + 2.
e4
t
4

2) Justifier que la fonction f est dérivable sur ]0; +∞[ et montrer que
3 t
f ′ (t) = (4 − t)e− 4 .
4

3) (a) Étudier les variations de la fonction f et dresser son tableau de variations (en
incluant la limite en +∞).
(b) À quel instant le taux de vasopressine dans le sang est-il maximal ? Donner alors
une approximation de ce taux à 10−2 près.

Correction. 1) (a) Un calcul immédiat donne f (0) = 2.


(b) Douze secondes correspondent à un cinquième de minute, donc il faut calculer

f (0, 2) = 0, 6e−0,05 + 2 ≈ 2, 57.

Cette valeur est strictement supérieure à 2, 5, donc le taux de vasopressine est anor-
mal.
(c) On a
1 1 t 1 t
12 × t + 2 = 12 × t + 2 = 12 × × t + 2 = 3te− 4 .
e4 4e 4 4 e4
t t
4

2) La fonction f est dérivable comme produit et somme de fonctions dérivables. De plus,


t t t 3 t
f ′ (t) = 3e− 4 − × 3te− 4 = (4 − t) e− 4 .
4 4
3) (a) L’expression précédente montre, comme la fonction exponentielle est à valeurs stric-
tement positives, que la fonction f ′ est du signe de 4 − t. Ainsi, elle est croissante sur
[0; 4] puis décroissante sur [4; +∞[. De plus, f est la composée de la fonction
1
12 × ex +2
x
x
avec la fonction t 7→ 4t . Comme ex tend vers +∞ quand x tend vers +∞, son inverse
tend vers 0 et par composition des limites on en déduit que

lim f (t) = 2.
t→+∞

Nous pouvons donc maintenant donner le tableau de variations de f :

— 52 —
3.4. Fonction exponentielle

t 0 4 +∞

f (4)
f (t)
2 2

(b) D’après le tableau de variations, la fonction f atteint son maximum en t = 4. L’énoncé


ne précisant pas de méthode pour obtenir une valeur approchée, nous pouvons nous
contenter de calculer la valeur à la calculatrice, ce qui donne

f (4) ≈ 6, 42.

— 53 —
CHAPITRE 4
TERMINALE

4.1 Le programme
Le programme de Terminale concernant les fonction est riche. Pour simplifier, nous omettrons
la partie concernant les suites. Rappelons qu’il y a, en plus de la spécialité mathématiques,
deux options concernant les mathématiques en classe de Terminale. L’option “Mathématiques
complémentaires” ne comporte pas de contenu concernant les fonctions distinct de celui de
spécialité, mais va plus loin sur certains points en donnant des idées de démonstrations et en
considérant des exemples plus poussés. Quant à l’option “Mathématiques expertes”, elle ne
comporte pas d’analyse. Nous nous contenterons donc de parcourir le programme de spécialité.

1) Limites des fonctions.


Contenus

• Limite finie ou infinie d’une fonction en ±∞ ou en un point, asymptote parallèle à


un axe de coordonnées ;
• Limites des fonctions de référence ;
• Limites et comparaison ;
• Opérations sur les limites.

Capacités attendues

• Déterminer dans des cas simples la limite d’une fonction en utilisant les limites
usuelles, les croissances comparées, les opérations sur les limites, des majorations,
minorations, encadrements ou la factorisation du terme prépondérant ;
• Faire un lien entre asymptote parallèle à un axe et limite.

2) Compléments sur la dérivation.


Contenus

• Composée de deux fonctions, dérivée ;


• Dérivée seconde d’une fonction ;
• Fonction convexe sur un intervalle : position relative de la courbe et des sécantes,
équivalence avec la position par rapport aux tangentes, la croissance de f ′ et la
positivité de f ′′ ;
• Point d’inflexion.

Capacités attendues

• Calculer la dérivée d’une fonction donnée ;


Chapitre 4. Terminale

• Calculer la dérivée, étudier les limites et dresser le tableau de variations d’une fonction
construite simplement à partir des fonctions de référence ;
• Démontrer des inégalités en utilisant la convexité d’une fonction ;
• Esquisser l’allure de la courbe représentative de f à partir des tableaux de variations
de f , f ′ ou f ′′ ;
• Lire sur une représentation graphique de f , f ′ ou f ′′ les intervalles où f est convexe,
concave ou ses points d’inflexion.

3) Continuité des fonctions d’une variable réelle.


Contenus

• Fonction continue en un point, sur un intervalle, toute fonction dérivable est continue ;
• Image d’une suite convergente par une fonction continue ;
• Théorème des valeurs intermédiaires, cas des fonctions continues strictement mono-
tones.

Capacités attendues

• Étudier les solutions d’une équation f (x) = k, existence, unicité, encadrement ;


• Pour une fonction f continue d’un intervalle dans lui-même, étudier une suite de la
forme un+1 = f (un ).

4) Fonction logarithme.
Contenus

• Fonction logarithme construite comme réciproque de la fonction exponentielle ;


• Propriétés algébriques du logarithme ;
• Limites en 0 et en +∞, variations et courbe représentative ;
• Croissance comparée avec x 7→ xn .

Compétences attendues

• Utiliser l’équation fonctionnelle du logarithme pour transformer une écriture, résoudre


une équation ou une inéquation ;
• Dans le cadre d’une résolution de problème, utiliser les propriétés des fonctions loga-
rithme et exponentielle.

5) Fonctions sinus et cosinus.


Contenus

• Fonctions trigonométriques sinus et cosinus : dérivées, variations, courbes représen-


tatives.

Capacités attendues

• Résoudre une équation de la forme cos(x) = a ou une inéquation de la forme cos(x) ⩽


a sur [−π; π] ;
• Dans le cadre de la résolution d’un problème, étudier une fonction simple définie à
partir de fonctions trigonométriques.

6) Primitives, équations différentielles.


Contenus

• Équation différentielle y ′ = f , notion de primitive d’une fonction continue sur un


intervalle, différence de deux primitives d’une même fonction ;
• Primitives des fonctions de référence ;

— 56 —
4.2. Limites des fonctions

• Équation différentielle y ′ = ay, équation différentielle y ′ = ay + b.

Compétences associées

• Calculer une primitive en utilisant des fonctions de référence et des fonctions de la


forme v × (u′ ◦ v) ;
• Pour une équation différentielle y ′ = ay + b (avec a ̸= 0), déterminer une solution
particulière constante et en déduire toutes les solutions.

7) Calcul intégral.
Contenus

• Définition de l’intégrale d’une fonction continue positive sur un segment comme aire
Z b
sous la courbe et notation f (x)dx ;
a
• Lien avec les primitives de F ;
• Toute fonction continue sur un segment admet des primitives ;
• Définition de l’intégrale d’une fonction continue quelconque par les primitives ;
• Linéarité, positivité, relation de Chasles ;
• Valeur moyenne d’une fonction ;
• Intégration par parties.

Capacités attendues

• Estimer graphiquement ou encadrer une intégrale, une valeur moyenne ;


• Calculer une intégrale à l’aide d’une primitive ou d’une intégration par parties ;
• Majorer ou minorer une intégrale à partir d’une majoration ou d’une minoration de
fonction ;
• Calculer l’aire délimitée par deux courbes ;
• Étudier une suite d’intégrales ;
• Interpréter une intégrale dans des contextes issus d’autres disciplines.

Comme nous le verrons, l’année de Terminale est l’occasion d’introduire enfin tous les outils
nécessaires à l’étude des fonctions d’une variable réelle. Grâce à cela, il sera possible de donner
des démonstrations de la plupart des résultats admis les années précédentes.

4.2 Limites des fonctions


La notion la plus fondamentale de l’analyse est celle de limite. C’est une notion difficile à
saisir, aussi est-il important de l’introduire progressivement et avec force exemples pour l’illus-
trer.

4.2.1 Les différents types de limite


On pourra par exemple commencer par les limites à l’infini, pour lesquelles la notion a déjà
été introduite dans le cadre des suites.
Définition 4.1 (Limite infinie à l’infini). Soit f une fonction définie sur un intervalle de la
forme [a; +∞[.

• On dit que f (x) tend vers +∞ quand x tend vers +∞ si f peut prendre des valeurs positives
arbitrairement grandes quand x est grand. Plus précisément, si pour tout M > 0, il existe
b ⩾ a tel que f (x) ⩾ M pour tout x ⩾ b. On note alors

lim f (x) = +∞.


x→+∞

— 57 —
Chapitre 4. Terminale

• On dit que f (x) tend vers −∞ quand x tend vers +∞ si f peut prendre des valeurs
négatives arbitrairement grandes quand x est grand. Plus précisément, si pour tout M < 0,
il existe b ⩾ a tel que f (x) ⩽ M pour tout x ⩾ b. On note alors

lim f (x) = −∞.


x→+∞

Soit g une fonction définie sur un intervalle de la forme ] − ∞; b[.

• On dit que g(x) tend vers +∞ quand x tend vers −∞ si f peut prendre des valeurs
arbitrairement grandes quand x prend de grandes valeurs négatives. Plus précisément, si
pour tout M > 0, il existe b ⩽ a tel que f (x) ⩾ M pour tout x ⩽ b. On note alors

lim f (x) = +∞.


x→−∞

• On dit que f (x) tend vers −∞ quand x tend vers −∞ si f peut prendre des valeurs
négatives arbitrairement grandes quand x prend de grandes valeurs négatives. Plus préci-
sément, si pour tout M < 0, il existe b ⩽ a tel que f (x) ⩽ M pour tout x ⩽ b. On note
alors
lim f (x) = −∞.
x→−∞

Remarque. La définition précise à l’aide des intervalles n’est pas vraiment exigible. Rien n’em-
pêche cependant de la donner. D’une part pour que les élèves comprennent que la définition
n’est pas une “arnaque”, ce qui est souvent le cas quand on utilise des expressions du type “ar-
bitrairement grand” ou “aussi grand qu’on veut”. D’autre part parce que cela permet de traiter
rigoureusement quelques exercices simples (voir ci-dessous) plutôt que de tout admettre.
Les fonctions de référence permettent, comme toujours, d’illustrer la notion :
Exercice 4.2.1. Démontrer les assertions suivantes :

1) lim x2 = +∞ et lim x2 = +∞ ;
x→+∞ x→−∞

2) lim x3 = +∞ et lim x3 = −∞ ;
x→+∞ x→−∞

3) lim x = +∞ ;
x→+∞

4) lim ex = +∞.
x→+∞


Correction. 1) Fixons M > √ 0. Alors, pour tout x ⩾ M , x2 ⩾ M , d’où la première limite.
De plus, pour tout x ⩽ − M , x2 ⩾ M , d’où la seconde limite.

2) Fixons M > 0. Alors, pour √ tout x ⩾ 3 M , x3 ⩾ M , d’où la première limite. De plus, si
M < 0, alors pour tout x ⩽ 3 M , x3 ⩽ M , d’où la seconde limite.

3) Soit M > 0. Alors, pour tout x ⩾ M 2 , x ⩾ L, d’où le résultat.

4) Posons f (x) = ex − x. Alors,


f ′ (x) = ex − 1.
Comme la fonction exponentielle est croissante et que e0 = 1, on voit que f ′ (x) ⩾ 0 pour
tout x ⩾ 0. Ainsi, pour tout x ⩾ 0, ex ⩾ x. En particulier, étant donné M > 0, ex ⩾ M
pour tout x ⩾ M , d’où le résultat.

L’absence de la fonction inverse dans l’exercice précédent peut permettre de susciter l’inter-
rogation des élèves et de les mener à deviner qu’il doit exister d’autres notions de limite. C’est
alors le moment de les introduire.

— 58 —
4.2. Limites des fonctions

Définition 4.2 (Limite finie à l’infini). Soit f une fonction définie sur un intervalle [a; +∞[.
On dit que f tend vers un réel ℓ quand x tend vers +∞ si f (x) se rapproche arbitrairement près
de ℓ quand x prend de grandes valeurs positives. Plus précisément, si pour tout ϵ > 0, il existe
b ⩾ a tel que f (x) ∈]ℓ − ϵ; ℓ + ϵ[ quand x ⩾ b. On note alors

lim f (x) = ℓ.
x→+∞

Soit f une fonction définie sur un intervalle ] − ∞, a]. On dit que f tend vers un réel ℓ quand
x tend vers −∞ si f (x) se rapproche arbitrairement près de ℓ quand x prend de grandes valeurs
négatives. Plus précisément, si pour tout ϵ > 0, il existe b ⩽ a tel que f (x) ∈]ℓ − ϵ; ℓ + ϵ[ quand
x ⩽ b. On note alors
lim f (x) = ℓ.
x→−∞

Remarque. Ici, la définition avec des ϵ est moins limpide que dans le cas des limites infinies.
Nous la donnons tout de même pour montrer qu’il est possible d’être rigoureux en Terminale.
Il est maintenant possible de traiter la fonction inverse.
Exercice 4.2.2. Montrer que
1 1
1) lim = 0 et lim = 0;
x→−∞ x x→+∞ x
2) lim ex = 0.
x→−∞

Correction. 1) Soit ϵ > 0. Alors, pour x ⩽ − 1ϵ , on a

1
−ϵ < < 0 < ϵ,
x

d’où le premier résultat. De même, pour x ⩾ 1ϵ , on a

1
−ϵ < 0 < < ϵ,
x

d’où le second résultat.


1
2) Soit ϵ > 0. Comme l’exponentielle tend vers +∞ en +∞, il existe M > 0 tel que ex > ϵ
dès que x > M . Mais alors, en utilisant le fait que e−x = e1x , on a

1
−ϵ < 0 < e−x = < ϵ.
ex

Par conséquent, dès que x < −M , −x > M donc

−ϵ < e−(−x) = ex < ϵ,

d’où le résultat.

Cet exercice est l’occasion d’interpréter graphiquement le résultat pour commencer à intro-
duire le vocabulaire des asymptotes.
Définition 4.3. On dit que la courbe représentative de f admet une asymptote horizontale
d’équation y = ℓ si f tend vers ℓ quand x tend vers +∞ ou quand x tend vers −∞.
La fonction inverse fournit un exemple de choix avec l’axe des abscisses comme asymptote
oblique :

— 59 —
Chapitre 4. Terminale

Remarque. Il peut être bon de faire remarquer qu’une asymptote horizontale n’est pas toujours
une droite « dont la courbe s’approche sans jamais l’atteindre », comme on le croit parfois.
L’exemple suivant le montre bien : il suffit de considérer la courbe représentative de la fonction
f :]0; +∞[→ R définie par
sin(x)
f (x) = .
x
On montre en utilisant le Théorème des gendarmes (voir le Propriété 4.10) que f tend
vers 0 en +∞, et donc que la courbe représentative Cf de f admet une asymptote horizontale
d’équation y = 0. Cependant, on voit que Cf coupe son asymptote une infinité de fois :

Reste le problème de comprendre, par exemple, le comportement de la fonction inverse autour


de 0, qui nécessite une notion différente de limite.
Définition 4.4 (Limite infinie en un point). Soit f une fonction définie sur un intervalle ]a; b[.
• On dit que f tend vers +∞ quand x tend vers a par valeurs supérieures si f (x) prend
des valeurs positives arbitrairement grandes quand x s’approche de a. Plus précisément,
si pour tout M > 0, il existe c ∈]a; b[ tel que f (x) > M pour tout x ∈]a; c[. On note alors
lim f (x) = +∞.
x→a+

• On dit que f tend vers −∞ quand x tend vers a par valeurs supérieures si f (x) prend
des valeurs négatives arbitrairement grandes quand x s’approche de a. Plus précisément,
si pour tout M < 0, il existe c ∈]a; b[ tel que f (x) < M pour tout x ∈]a; c[. On note alors
lim f (x) = −∞.
x→a+

— 60 —
4.2. Limites des fonctions

• On dit que f tend vers +∞ quand x tend vers b par valeurs inférieures si f (x) prend
des valeurs positives arbitrairement grandes quand x s’approche de b. Plus précisément, si
pour tout M > 0, il existe c ∈]a; b[ tel que f (x) > M pour tout x ∈]c; b[. On note alors

lim f (x) = +∞.


x→b−

• On dit que f tend vers −∞ quand x tend vers b par valeurs inférieures si f (x) prend des
valeurs négatives arbitrairement grandes quand x s’approche de a. Plus précisément, si
pour tout M < 0, il existe c ∈]a; b[ tel que f (x) < M pour tout x ∈]c; b[. On note alors

lim f (x) = −∞.


x→b−

Nous pouvons ainsi compléter l’étude des limites des fonctions de référence :
Exercice 4.2.3. Montrer que
1 1
lim = −∞ et lim = +∞.
x→0− x x→0 x
+

Démonstration. Soit M < 0. Alors si x ∈ [− M


1
; 0[,
1
< M,
x
1
d’où le premier résultat. De même, si M > 0 et x ∈]0; M [, alors
1
> M,
x
d’où le second résultat. ■

Là encore, la visualisation graphique du résultat suggère la notion d’asymptote verticale.


Définition 4.5. On dit que la courbe représentative de f admet une asymptote verticale d’équa-
tion x = a si f tend vers +∞ ou vers −∞ quand x tend vers a par valeurs supérieures ou
inférieures.
La fonction inverse fournit à nouveau le cas d’école, l’axe des ordonnées étant asymptote
verticale :

Pour terminer la définition des limites, il reste à traiter le cas d’une limite finie en un
point. C’est le plus compliqué à écrire, et celui sur lequel les calculs ne porteront jamais. C’est
néanmoins en un sens le plus important puisqu’il permet de définir la notion de continuité.

— 61 —
Chapitre 4. Terminale

Définition 4.6. Soit f :]a; b[→ R une fonction et soit ℓ un nombre réel.

• On dit que f tend vers ℓ quand x tend vers a par valeurs supérieures si f (x) est arbitrai-
rement proche de ℓ quand x s’approche de a. Plus précisément, si pour tout ϵ > 0, il existe
c ∈]a; b[ tel que f (x) ∈]ℓ − ϵ; ℓ + ϵ[ dès que x ∈]a; c[. On note alors

lim f (x) = ℓ.
x→a+

• On dit que f tend vers ℓ quand x tend vers b par valeurs inférieures si f (x) est arbitraire-
ment proche de ℓ quand x s’approche de b. Plus précisément, si pour tout ϵ > 0, il existe
c ∈]a; b[ tel que f (x) ∈]ℓ − ϵ; ℓ + ϵ[ dès que x ∈]c; b[. On note alors

lim f (x) = ℓ.
x→b−

• Si c ∈]a; b[, on dit que f a pour limite ℓ quand x tend vers c si f a pour limite ℓ quand x
tend vers c à la fois par valeurs supérieures et par valeurs inférieures. On note alors

lim f (x) = ℓ.
x→c

À ce stade, il est difficile de donner des exercices puisque les élèves ne sont pas censés calculer
des limites directement à partir de la définition. Les exemples des fonctions de référence suffiront
pour cela. Par ailleurs, maintenant que nous disposons de la notion de limite, il est possible de
compléter les tableaux de variations des fonctions, ce que nous avions déjà fait par anticipation.

4.2.2 Calculer une limite


Pour calculer la limite d’une fonction donnée explicitement, il existe plusieurs méthodes.
Celles-ci sont données à la façon d’un catalogue, et sans démonstration en l’absence d’une dé-
finition rigoureuse de la limite. Nous donnerons tout de même des éléments de preuve utilisant
la définition avec des intervalles.

Propriété 4.7 (Opérations sur les limites) Soient f et g deux fonctions définies sur un
même intervalle I et soit a un point de I, ou bien ±∞. On suppose que f et g tendent
respectivement vers ℓ et ℓ′ quand x tend vers a, où ℓ et ℓ′ peuvent être des nombres réels
ou ±∞. Alors,

1) f + g tend vers ℓ + ℓ′ , avec les conventions suivantes :

fini + (+∞) = +∞
fini + (−∞) = −∞
(+∞) + (+∞) = +∞
(−∞) + (−∞) = −∞.

2) f × g tend vers ℓ × ℓ′ , avec les conventions suivantes :

fini × (+∞) = sgn ∞


fini × (−∞) = −sgn ∞
(+∞) × (+∞) = +∞
(−∞) × (−∞) = +∞
(+∞) × (−∞) = −∞,

où “sgn” désigne le signe de la limite finie.

— 62 —
4.2. Limites des fonctions

1 1
3) Si g ne s’annule pas, alors g tend vers ℓ′ , avec les conventions suivantes :

1 1 1 1
= 0; = 0 ; + = +∞ ; − = −∞,
+∞ −∞ 0 0
où 0+ signifie que f (x) est positif quand x est proche de 0 et 0− signifie que f (x) est
négatif quand x est proche de 0.
f ℓ
4) Si g ne s’annule pas, alors g tend vers ℓ′ avec les conventions précédentes.

Dans tous les cas qui ne sont pas mentionnés dans les conventions ci-dessus, le résultat
dépend de la situation (il peut même ne pas y avoir de limite du tout) et l’on dit qu’on a
une forme indéterminée.

Démonstration. La preuve de ces résultats ne présente en fait aucune difficulté. Elle est par
contre fastidieuse à cause des nombreux cas possibles. Nous laisserons donc au lecteur le soin de
les rédiger en détails s’il en ressent la nécessité. ■

Il est également parfois utile de composer deux limites. Comme la notion de composée n’a
pas encore été introduite, nous utiliserons directement la définition.

Propriété 4.8 (Limite d’une composée) Soit f et g deux fonctions. Si f (x) tend vers ℓ
quand x tend vers a et si g(x) tend vers ℓ′ quand x tend vers ℓ, alors g(f (x)) tend vers ℓ′
quand x tend vers a.

Démonstration. Encore une fois, le résultat est naturel et la preuve consiste essentiellement à
recopier les définitions des différents types de limite. Toutefois, la distinction des cas en rendrait
la rédaction fastidieuse. ■

Dans la Propriété 4.7 apparaissent des formes indéterminées. Il est important d’insister
sur le fait que ce terme ne signifie pas qu’on ne peut pas savoir quel est le résultat mais simple-
ment qu’on ne peut pas savoir sans calcul supplémentaire quel est le résultat. En fait, une
même forme indéterminée peut donner plusieurs résultats différents selon la situation. Voici un
exemple :
Exercice 4.2.4. On considère les deux fonctions f, g : R → R définies par f (x) = x et
g(x) = x2 .

1) Donner les limites en +∞ de f et g.

2) Calculer les limites en +∞ des fonctions suivantes :

f g f
; ;
g f f

Correction. 1) On sait, car ce sont des fonctions de référence, que f (x) et g(x) tendent vers
+∞ quand x tend vers +∞.

2) On a
f 1
lim = lim = 0,
x→+∞ g x→+∞ x

g
lim = lim x = +∞,
x→+∞ f x→+∞

f
lim = lim 1 = 1.
x→+∞ f x→+∞

— 63 —
Chapitre 4. Terminale

La levée de l’indétermination se fait en général en factorisant le terme dominant ... mais


encore faut-il savoir lequel c’est ! Pour cela, on utilisera les croissances comparées. Pour l’instant,
nous n’avons que la fonction exponentielle à comparer :

Théorème 4.9 (Croissance comparée avec la fonction exponentielle) La fonction expo-


nentielle croît plus vite en +∞ que toute puissance. Autrement dit, pour tout entier naturel
n,
ex
lim n = +∞.
x→+∞ x

De même, la fonction exponentielle décroît plus vite en −∞ que toute puissance. Autrement
dit, pour tout entier naturel n,
lim xn ex = 0.
x→−∞

Démonstration. Notons que la démonstration de ce résultat est mentionnée dans le programme.


L’idée de la preuve sera de comparer la fonction qui nous intéresse à une fonction plus simple.
Ceci peut se faire par récurrence avec l’hypothèse de récurrence
xn+1
Hn : ex ⩾ pour tout x ⩾ 0.
(n + 1)!
Nous avons déjà démontré H0 puisque nous avons vu dans l’exercice 4.2.1 que ex ⩾ x + 1 ⩾ x.
Supposons Hn démontrée et posons
xn+2
g(x) = ex − .
(n + 2)!
Alors,
xn+1
g ′ (x) = ex −
(n + 1)!
qui est positif pour x ⩾ 0 d’après Hn . Ainsi, g est croissante et comme g(0) = 1, on a bien le
résultat.
Maintenant, quelque soit M > 0, pour x ⩾ ((n + 1)!M ) on a
ex x
n
⩾ ⩾ M,
x (n + 1)!
d’où le résultat. ■

Au-delà de ces résultats, on peut tenter de comparer l’expression de f à celle de fonctions


dont la limite est connue. On dispose pour cela d’un résultat bien utile :

Théorème 4.10 (Théorèmes de comparaison) Soient f , g et h des fonctions définies


sur un même intervalle I, et soit a un point de I.

1) Si lim g = +∞ et g ⩽ f , alors lim f = +∞ ;


x→a x→a

2) Si lim h = −∞ et f ⩽ h, alors lim f = −∞ ;


x→a x→a

3) Si lim g = ℓ = lim h et g ⩽ f ⩽ h, alors lim f = ℓ.


x→a x→a x→a

La dernière propriété ci-dessus est souvent appelée Théorème des gendarmes.

Démonstration. Afin de ne pas avoir à distinguer si les limites sont par valeurs inférieures ou
supérieures à chaque fois, nous utiliserons un vocabulaire plus lâche pour la preuve.
1) Soit M > 0. On sait que pour x suffisamment proche de a, g(x) ⩾ M , donc pour x
suffisamment proche de a,
f (x) ⩾ g(x) ⩾ M,
ce qu’il fallait démontrer.

— 64 —
4.3. Compléments sur la dérivation

2) Soit M < 0. On sait que pour x suffisamment proche de a, g(x) ⩽ M , donc pour x
suffisamment proche de a,
f (x) ⩽ g(x) ⩽ M,
ce qu’il fallait démontrer.

3) Soit ϵ > 0. Pour x suffisamment proche de a, on a g(x) ∈]ℓ − ϵ; ℓ + ϵ[ et de même pour


h(x). En particulier,
ℓ − ϵ ⩽ g(x) ⩽ f (x) ⩽ h(x) ⩽ ℓ + ϵ
donc pour x suffisamment proche de a, f (x) ∈]ℓ − ϵ; ℓ + ϵ[, ce qu’il fallait démontrer.

Voici à titre d’illustration un exercice utilisant ce résultat :


Exercice 4.2.5. Pour un réel x, on note E(x) sa partie entière, c’est-à-dire l’unique nombre
entier tel que
E(x) ⩽ x < E(x) + 1.

1) Montrer que pour tout réel x,


x − 1 < E(x) ⩽ x.

2) En déduire que
E(x)
lim = 1.
x→+∞ x
3) Calculer
1
 
lim xE .
x→0+ x

Correction. 1) On sait déjà par définition de la partie entière que E(x) ⩽ x. De plus, en
soustrayant 1 aux deux membres de l’inégalité x < E(x) + 1, on obtient x − 1 < E(x), ce
qui conclut la preuve.

2) D’après la question précédente,

1 x−1 E(x) x
1− = < ⩽ = 1.
x x x x
Comme les deux extrémités de l’inégalité tendent vers 1 quand x tend vers +∞, il en est
de même pour le terme du milieu par le Théorème des gendarmes 4.10.

3) On peut écrire
1 1 1
   
xE = 1 E .
x x
x
Comme x1 tend vers +∞ quand x tend vers 0 par valeurs supérieures, on en déduit par
composition des limites que
1
 
lim xE = 1.
x→0 + x

4.3 Compléments sur la dérivation


4.3.1 Fonction composée
En classe de Terminale, l’étude de la dérivation est complétée par la formule qui permet
de retrouver la plupart des dérivées enseignées en première. Ceci nécessite l’introduction d’une
nouvelle opération sur les fonctions : la composition.

— 65 —
Chapitre 4. Terminale

Définition 4.11. Soit f : I → R une fonction et soit g : J → R une autre fonction. Si pour
tout x de I, f (x) est dans J, alors on définit une fonction g ◦ f : I → R par

(g ◦ f )(x) = g(f (x)).

Elle est appelée composée de g et f .


Le seul résultat concernant cette définition est le suivant, qui est crucial à la fois pour
de nombreux calculs de dérivées mais aussi pour le calcul intégral, puisque c’est l’origine de
l’intégration par parties (voir Propriété 4.51) :

Propriété 4.12 Soient f et g deux fonctions dérivables telles que leur composée est bien
définie. Alors, g ◦ f est dérivable et

(g ◦ f )′ (x) = f ′ (x) × g ′ ◦ f (x).

Démonstration. Nous devons déterminer la limite quand h tend vers 0 de

g(f (a + h)) − g(f (a))


.
h

Pour cela, posons k = f (a + h) − f (a). Comme f est dérivable, elle est continue 1 , donc k tend
vers 0 quand h tend vers 0. De plus,

g(f (a + h)) − g(f (a)) g(f (a) + k) − g(f (a)) g(f (a) + k) − g(f (a)) k
= = .
h h k h

Par composition des limites (Propriété 4.8),

g(f (a) + k) − g(f (a)) g(f (a) + h) − g(f (a))


lim = lim = g ′ (f (a)),
h→0 k h→0 h

tandis que
k f (a + h) − f (a)
lim = lim = f ′ (a).
h→0 h h→0 h
La limite d’un produit étant le produit des limites quand les deux limites sont finies (Propriété
4.7), on a le résultat. ■

Il est facile d’imaginer des fonctions sur lesquels faire s’entraîner les élèves, en combinant
toutes les fonctions de référence. Nous laissons ce soin au lecteur.

4.3.2 Convexité

Le reste du programme concernant la dérivation ne consiste pas en de nouvelles notions,


mais en l’application des outils disponibles à une propriétés très importante des fonctions : la
convexité. Le programme demande explicitement d’aborder la convexité par sa caractérisation
géométrique. Rappelons pour cela qu’une sécante à une courbe est un segment reliant deux
points de la courbe.
Définition 4.13. Soit f une fonction définie sur un intervalle I. On dit que f est convexe si la
courbe représentative de f est au-dessus de toutes ses sécantes.
La fonction carré donne un bon exemple pour visualiser la situation :

1. Nous anticipons ici légèrement sur le chapitre suivant (voir la Propriété 4.22)

— 66 —
4.3. Compléments sur la dérivation

Si cette définition est visuelle, elle difficile à exploiter en l’état. Il faut donc la réinterpréter
de façon calculatoire :

Propriété 4.14 Une fonction est convexe si et seulement si pour tous a, b dans I et tout
0 < λ < 1,
f (λa + (1 − λ)b) ⩽ λf (a) + (1 − λ)f (b).

Démonstration. Posons
c = λa + (1 − λ)b,

qui est un point de l’intervalle ]a; b[. Alors, λf (a)+(1−λ)f (b) est l’ordonnée du point du segment
passant par les points de coordonnées (a, f (a)) et (b, f (b)) et d’abscisse c. Comme ce segment
est une sécante, il est au-dessus de la courbe représentative de f , d’où l’inégalité.
Réciproquement, si cette inégalité est vérifiée pour tous a et b, alors le même raisonnement
montre que la courbe représentative de f est en-dessous de toutes ses sécantes, donc que f est
convexe. ■

C’est la Propriété 4.14 qui est cruciale pour les applications. Elle n’est cependant pas plus
facile à vérifier que la définition graphique. Heureusement, la dérivation fournit l’outil adéquate
pour caractériser la convexité. L’important est de bien insister sur le fait qu’il faut une hypothèse
en plus sur la fonction considérée 2 : la dérivabilité !

Théorème 4.15 Soit f une fonction définie sur un intervalle et dérivable. Alors,

1) f est convexe si et seulement si sa fonction dérivée f ′ est croissante ;

2) f est convexe si et seulement si sa courbe représentative est au-dessus de toutes ses


tangentes ;

3) Si f ′ est dérivable, alors f est convexe si et seulement si la dérivée (f ′ )′ de f ′ est


positive.

La preuve de ce résultat est admise, pour plusieurs raisons. La principale est qu’elle nécessite
le Théorème des accroissements finis. La seconde est qu’il faut également utiliser une autre
caractérisation de la convexité, appelée inégalité des pentes. Comme elle n’est pas plus difficile
que les autres, on peut envisager de la donner en exercice.

2. Rappelons qu’une fonction convexe est automatiquement continue et dérivable à droite et à gauche en tout
point. Cela se démontre aisément en utilisant la propriété de l’Exercice 4.3.1

— 67 —
Chapitre 4. Terminale

Exercice 4.3.1. Soit I un intervalle et soit f : I → R une fonction. Pour un point a de I,


on définit une fonction ga : I → R par

f (x) − f (a)
ga (x) =
x−a
1) Comparer ga (x) et gx (a).

2) On suppose que f est convexe.

(a) Soient a < x < y, montrer que


x−a y−x
f (x) ⩽ f (y) + f (a).
y−a y−a

(b) Soient maintenant x < a < y, montrer de même que


a−x y−x
f (x) ⩽ f (y) + f (a).
y−a y−a

3) En déduire que ga est une fonction croissante.

Correction. 1) On a
f (x) − f (a) f (a) − f (x)
ga (x) = = = gx (a).
x−a a−x
y−x
2) (a) Posons λ = y−a . C’est un nombre compris entre 0 et 1 par hypothèse, et

y−x x−a ya − xa + xy − ya
λa + (1 − λ)y = a+ y= = x.
y−a y−a y−a
Le résultat suit donc de la convexité de f .
(b) Le raisonnement est le même qu’à la question précédente, excepté qu’il faut cette fois
poser λ = y−x
y−a .

3) Soit x < y. Supposons que a < x. Alors, d’après une question précédente,

f (x) f (a)
ga (x) = −
x−a x−a
f (y) y−x f (a)
⩽ + f (a) −
y − a (y − a)(x − a) x−a
f (y) y − x − (y − a)
= + f (a)
y−a (y − a)(x − a)
f (y) f (a)
= −
y−a y−a
= ga (y).

On procède de même dans les cas x < a < y et x < y < a.


Démonstration du Théorème 4.15. Si f est une fonction convexe et dérivable, considérons


deux points x et y de I tels que x < y. Alors, pour tout a ∈]x; y[, l’inégalité gx (a) < gx (y) donne

f (a) − f (x) f (y) − f (x)


⩽ .
a−x y−x
Le membre de gauche converge vers f ′ (x) quand a tend vers x, d’où

f (y) − f (x)
f ′ (x) ⩽ .
y−x

— 68 —
4.3. Compléments sur la dérivation

De même, l’inégalité gx (y) = gy (x) ⩽ gy (a) donne


f (x) − f (y) f (a) − f (y)
⩽ .
x−y a−y
Le membre de droite converge vers f ′ (y) quand a tend vers y, d’où
f (y) − f (x) f (x) − f (y)
= ⩽ f ′ (y)
y−x x−y
et on conclut donc que f ′ est croissante.
Réciproquement, supposons f ′ croissante et considérons deux points a et b de I avec a < b.
Soit λ ∈]0; 1[ et c = λa + (1 − λ)b. Alors, d’après le Théorème des accroissements finis, il
existe α ∈]a; c[ et β ∈]c; b[ tels que
f (c) − f (a) f (b) − f (c)
= f ′ (α) et = f ′ (β).
c−a b−c
Par croissance de f ′ , f ′ (α) ⩽ f ′ (β), donc
f (c) − f (a) f (b) − f (c)
⩽ .
c−a b−c
En multipliant par c − a (qui est non-nul) et en agençant les termes, cette inégalité devient
b−c c−a
f (c) ⩽ f (a) + f (b) = λf (a) + (1 − λ)f (b).
b−a b−a
D’après la Propriété 4.14, ceci implique que f est convexe, ce qu’il fallait démontrer.
L’équivalence du second et du troisième point est, quant à elle, très simple. En effet, si f ′
est dérivable, alors elle est croissante si et seulement si sa dérivée est positive. ■

La dernière caractérisation est l’occasion d’introduire un peu de vocabulaire concernant la


dérivée seconde.
Définition 4.16. Soit I un intervalle et soit f : I → R une fonction dérivable. Si la fonction
dérivée f ′ est elle-même dérivable, on dit que f est deux fois dérivable et on note f ′′ la dérivée
de f ′ , appelée dérivée seconde de f .
Grâce à ce critère, on peut en particulier traiter le cas des fonctions de référence. Profitons
de l’occasion pour introduire la notion de concavité.
Définition 4.17. Soit f une fonction définie sur un intervalle I. On dit que f est concave si la
courbe représentative de f est en-dessous de toutes ses tangentes. De façon équivalente, f est
concave si et seulement si −f est convexe.

Exercice 4.3.2. Pour les fonctions carré, cube, racine carrée et inverse, dire sur quels inter-
valles elles sont convexes.

Correction. Commençons par la fonction carré. Elle est deux fois dérivable et sa dérivée seconde
est x 7→ 2, qui est positive. Ainsi, la fonction carré est convexe sur R.
De même, la fonction racine carrée est deux fois dérivable sur ]0; +∞[ et sa dérivée seconde
est
−1
x 7→ √ 3 ,
4 x2
qui est négative. Ainsi, la fonction racine carrée est concave sur ]0; +∞[.
La fonction cube est deux fois dérivable et sa dérivée seconde est x 7→ 6x, qui est positive
sur [0; +∞[ et négative sur ] − ∞; 0]. Ainsi, la fonction cube est convexe sur [0; +∞[ et concave
sur ] − ∞; 0].
La fonction inverse est deux fois dérivable et sa dérivée seconde est
2
x 7→ 3 ,
x
qui est positive sur ]0; +∞[ et négative sur ] − ∞; 0[. Ainsi, la fonction inverse est convexe sur
]0; +∞[ et négative sur ] − ∞; 0[. ■

— 69 —
Chapitre 4. Terminale

Cet exercice met en lumière, dans le cas de la fonction cube, le point où la convexité se
change en concavité.
Définition 4.18. Soit f : [a; b] → R une fonction. S’il existe a < c < b tel que
• f est convexe sur [a; c] et concave sur [c; b] ;
• Ou bien f est concave sur [a; c] et convexe sur [c; b]
alors f est appelé point d’inflexion de f .
L’une des applications classiques des fonctions convexes est la démonstrations d’inégalités
entre différents types de moyennes. En voici un échantillon sous forme d’exercice, incluant en
particulier l’inégalité arithmético-géométrique explicitement mentionnée dans le programme.

Exercice 4.3.3. 1) On se fixe des nombres réels x1 , · · · , xn .

(a) Justifier que


x1 +···+xn ex1 + · · · + exn
e n ⩽ .
n
(b) En déduire l’inégalité arithmético-géométrique : pour tous nombres réels positifs
a1 , · · · , an ,
1 a1 + · · · + an
(a1 · · · an ) n ⩽ .
n
(c) En déduire les inégalités suivants :
• a3 + b3 + c3 ⩾ 3abc ;
• (a + b + c)3 ⩾ 27abc ;
1
• Pour tout entier naturel n, (n!) n ⩽ 2 .
n+1

Correction. 1) On peut procéder par récurrence sur n avec l’hypothèse de récurrence

Hn : « L’inégalité est vraie pour n réels. »

On remarque que H2 est vraie par convexité de la fonction exponentielle. Supposons main-
tenant Hn vraie pour un n ⩾ 2. Alors,
x1 + · · · + xn+1 n x1 + · · · + xn xn+1
= + = λy + (1 − λ)xn+1
n+1 n+1 n n+1
n
avec λ = n+1 et y = x1 + · · · + xn . Par convexité de la fonction exponentielle, on a alors
x1 +···+xn+1 n y exn+1
e n+1 ⩽ e + .1
n+1 n+1
et il suffit d’appliquer Hn au premier terme de la somme pour conclure.
2) Il faut ici admettre que pour tout nombre réel positif a, il existe un réel x tel que a = ex .
En posant alors ai = exi pour tout i, on a alors
a1 · · · an e x1 + · · · + e xn
=
n n
x1 +···+xn
⩾e n

1
= (ex1 · · · exn ) n
1
= (a1 · · · an ) n

3) (a) D’après la question précédente appliquée à a3 , b3 et c3 , on a


a3 + b3 + c3 1
⩾ (a3 b3 c3 ) 3 = abc
3
d’où le résultat en multipliant par 3.

— 70 —
4.4. Continuité des fonctions d’une variables réelle

(b) L’inégalité arithmético-géométrique donne


a+b+c 1
⩾ (abc) 3 ,
3

ce qui en multipliant par 3 donne a + b + c ⩾ 3 3 abc. Le résultat suit en élevant au
cube.
(c) En posant ai = i et en appliquant l’inégalité arithémtico-géométrique, on obtient
1 1 + ··· + n
(n!) n ⩽ .
n
On conclut alors grâce à l’égalité
n(n + 1)
1 + ··· + n = .
2

4.4 Continuité des fonctions d'une variables réelle


Le programme de Terminale introduit tous les outils fondamentaux de l’analyse, ce qui
permet d’éclairer (à défaut d’avoir pu les démontrer sur le moment) les concepts et résultats vus
les année précédentes. L’un de ces outils, central pour le moins, est la notion de continuité.
Définition 4.19. Soit I un intervalle de R. Une fonction f : I → R est dite continue en un
point a de I si
lim f (x) = f (a).
x→a
Si f est continue en tout point de I, alors elle est dite continue sur I.
Comme la dérivabilité, la continuité est important parce qu’elle permet de dire des choses
sur la fonction. Encore faut-il cependant savoir que la fonction qu’on étudie est continue. Pour
cela, on utilisera les même opérations que sur les limites, ce qui est logique puisque la définition
de la continuité repose sur celle de limite.

Propriété 4.20 Soient f et g deux fonctions continues définies sur un même intervalle
I. Alors,

1) f + g est continue ;

2) f × g est continue ;
1
3) Si g ne s’annule pas, alors g est continue ;
f
4) Si g ne s’annule pas, alors g est continue.

Démonstration. Il suffit d’appliquer la Propriété 4.7 dans chaque cas :


1) lim (f + g)(x) = lim f (x) + lim g(x) = f (a) + g(a) = (f + g)(a) ;
x→a x→a x→a
   
2) lim (f × g)(x) = lim f (x) × lim g(x) = f (a) × g(a) = (f × g)(a) ;
x→a x→a x→a

1 1 1
3) lim = = ;
x→a g(x) limx→a g(x) g(a)
4) Ce point est une combinaison des deux précédents.

Il ne faut pas oublier d’inclure également le cas d’une composée :

— 71 —
Chapitre 4. Terminale

Propriété 4.21 Soient I et J deux intervalles et soient f : I → R et g : J → R deux


fonctions continues telles que la composée g ◦ f existe. Alors g ◦ f est continue.

Démonstration. D’après la Propriété 4.8,


 
lim (g ◦ f )(x) = lim (g ◦ f )(x) = g lim f (x) = g(f (a)) = g ◦ f (a).
x→a x→a x→a

On peut à l’aide de ce résultat vérifier que certains des fonctions usuelles sont continues :
les fonctions polynômes (y compris carré et cube), les fonctions affines et la fonction inverse.
Pour la fonction exponentielle et la fonction racine carrée, les choses sont plus délicates. On peut
(contre toute logique cela dit) s’appuyer sur le résultat suivant :

Propriété 4.22 Soit I un intervalle, soit f : I → R une fonction et a un point de I. Si


f est dérivable en a, alors f est continue en a.

Démonstration. Considérons un nombre ϵ > 0. On veut montrer que pour h suffisamment petit,
f (a + h) et dans ]f (a) − ϵ; f (a) + ϵ[. Ce qu’on sait, c’est que pour h suffisamment petit,
f (a + h) − f (a)
f ′ (a) − ϵ < < f ′ (a) + ϵ,
h
En multipliant par h, on obtient alors

hf ′ (a) − ϵh < f (a + h) − f (a) < hf ′ (a) + ϵh.

Comme a est fixé, les deux membres extrêmes de l’inégalité sont des fonctions continues de h
(par la Propriété 4.20) et donc tendent vers 0 quand h tend vers 0. D’après le Théorème des
gendarmes, il suit que f (a+h)−f (a) tend également vers 0 quand h tend vers 0. En particulier,
pour h suffisamment petit cette quantité est plus petite que ϵ, ce qu’il fallait démontrer. ■

Tout ceci nous donne les moyens de montrer qu’une fonction est continue et en particulier
les fonctions de référence.
Corollaire 4.23. Les fonctions affines sont continues, ainsi que les fonctions carré, cube, racine
carrée, inverse et exponentielle.
Démonstration. Nous savons que ces fonctions sont dérivables par la Propriété 3.6 et la défi-
nition de la fonction exponentielle, le résultat suit donc de la Propriété 4.22. ■

Reste à savoir à quoi la continuité peut bien servir. Dans le cadre du programme, elle a deux
utilités. La première est l’étude des suites définies par une récurrence de la forme un+1 = f (un ).
La continuité de f permet d’étudier la limite de telles suites, grâce au résultat suivant :

Propriété 4.24 Soit I un intervalle, soit f : I → R une fonction continue et soit (un )n∈N
une suite qui converge vers un point a de I. Alors,

lim f (un ) = f (a).


n→+∞

Démonstration. Fixons ϵ > 0. On veut montrer que pour n assez grand, f (un ) est dans ]f (a) −
ϵ; f (a) + ϵ[. Or on sait, parce que f est continue, que pour h assez petit, f (a + h) est dans
]f (a) − ϵ; f (a) + ϵ[. Comme la suite converge vers a, on sait également que pour n assez grand,
un est très proche de a. En particulier, on peut rendre un − a aussi petit qu’on veut en prenant
n assez grand. Mais alors, en posant h = un − a on a que pour n assez grand,

f (a) − ϵ < f (un ) = f (a + h) < f (a) + ϵ,

d’où le résultat. ■

— 72 —
4.4. Continuité des fonctions d’une variables réelle

Remarque. La réciproque de ce résultat est également vraie : si l’image par f de toute suite
convergente est une suite convergeant vers l’image de la limite, alors f est continue. C’est ce
qu’on appelle la caractérisation séquentielle de la continuité.
Voici un exemple d’application de cette propriété.

Exercice 4.4.1. On considère la fonction f : [0; +∞[→ R définie par f (x) = 1 + x. Pour
un réel a, on définit une suite en posant u0 = a et un+1 = f (un ).

1) Étudier les variations de f .

2) Montrer que l’équation f (x) = x possède une unique solution sur [0; +∞[, qu’on notera
α.

3) Montrer que si a ∈ [0; α], alors un ∈ [0; α] pour tout n ∈ N.

4) On pose g(x) = f (x) − x. Justifier que g est continue et déterminer ses variations.

5) Pour a = 1, montrer que la suite (un )n∈N converge et déterminer sa limite.

6) Que se passe-t-il si a = 2 ?

Correction. 1) La fonction f est dérivable comme composée de fonctions dérivables et sa


dérivée est
1
f ′ (x) = √ ⩾ 0.
2 1+x
Par conséquent, f est croissante sur [0; +∞[.
2) Si f (x) = x, alors en élevant au carré 1+x = x2 , c’est-à-dire x2 −x−1 = 0. Le discriminant
de ce trinôme est ∆ = 1 + 4 = 5 et les racines sont donc

1± 5
.
2
Seule la solution avec un signe + est dans [0; +∞[, c’est donc l’unique solution de l’équation
f (x) = x.
3) Nous allons procéder par récurrence avec l’hypothèse de récurrence

Hn : « un ∈ [0; α] ».

Par hypothèse, H0 est vraie. Supposons maintenant Hn vraie. Alors, 0 ⩽ un ⩽ α et comme


f est croissante,
0 ⩽ 1 = f (0) ⩽ f (un ) = un+1 ⩽ f (α) = α.
Donc Hn+1 est vraie.
4) La fonction g est une fonction continue et dérivable comme somme de fonctions dérivables,
et √
′ 1 1−2 1+x
g (x) = √ −1= √ .
2 1+x 2 1+x
Pour x ⩾ 0, cette quantité est toujours négative, donc g est décroissante sur [0; +∞[.
5) Comme 1 < α, on sait par une question précédente que un ∈ [0; α] pour tout n ∈ N. Par
ailleurs, nous avons vu que g est décroissante sur [0; +∞[. Elle ne s’annule qu’en α, donc
elle est positive sur [0; α] et négative sur [α; +∞[. En particulier, on a pour tout n ∈ N,
un+1 − un = f (un ) − un = g(un ) ⩾ 0,
ce qui signifie que la suite (un )n∈N est croissante. Comme elle est majorée par α, elle
converge. Notons ℓ sa limite. Alors, comme f est continue, on a
f (ℓ) = lim f (un ) = lim un+1 = ℓ,
n→+∞ n→+∞

— 73 —
Chapitre 4. Terminale

d’où

1+ 5
ℓ= .
2

6) En procédant comme pour les questions précédentes, on montre que si a ⩾ α, alors un ⩾ α


pour tout n ∈ N. Ceci entraîne que la suite (un )n∈N est décroissante et comme elle est
minorée, elle converge. La limite est la même que précédemment puisqu’elle doit, pour les
mêmes raisons, vérifier l’équation f (ℓ) = ℓ.

La seconde application est l’inénarrable Théorème des valeurs intermédiaires :

Théorème 4.25 (Théorème des valeurs intermédiaires) Soit f : [a; b] → R une


fonction continue et soit k un nombre réel compris entre f (a) et f (b). Alors, il existe c ∈ [a; b]
tel que f (c) = k.

Démonstration. La démonstration n’est pas exigible, mais le programme propose de l’explorer


pour approfondir ce chapitre. Comme elle accessible avec les notions de Terminale et permet
d’utiliser les propriétés des suites, nous la donnons.
Supposons pour simplifier que f (a) < k < f (b), le cas où l’inégalité est inversée se traitant
de la même manière, mutatis mutandis. Nous allons construire deux suites (an )n∈N et (bn )n∈N
par dichotomie de la façon suivante :

1) On pose a0 = a et b0 = b ;

an + bn an + bn
 
2) Si f ⩽ k, alors on pose an+1 = et bn+1 = bn ;
2 2

an + bn an + bn
 
3) Si f ⩾ k, alors on pose an+1 = an et bn+1 = .
2 2

Par définition, la suite (an )n∈N est croissante tandis que la suite (bn )n∈N est décroissante. De
plus, la première suite est majorée par b tandis que la seconde est minorée par a. Ainsi, elles
convergent toutes les deux vers des limites que nous noterons respectivement ℓ et ℓ′ . Pour
conclure, remarquons (cela se montre aisément par récurrence) que pour tout entier naturel n,

b−a
0 < bn − an < .
2n

Comme le membre de droite tend vers 0, le Théorème des gendarmes (pour les suites)
implique que bn − an tend vers 0. Or, nous savons déjà que cette suite tend vers ℓ − ℓ′ , d’où il
suit que ℓ = ℓ′ . Nous pouvons maintenant porter le coup de grâce : par la Propriété 4.24,

f (ℓ) = lim f (an ) ⩽ k et f (ℓ) = f (ℓ′ ) = lim f (bn ) ⩾ k


n→+∞ n→+∞

donc f (ℓ) = k, ce qu’il fallait démontrer.


Dans le second cas, on considère la fonction x 7→ −f (x), qui vérifie la première condition
avec −k à la place de k, et le résultat s’en déduit immédiatement. ■

Ce résultat aura deux applications, l’une pratique et l’autre théorique. L’application pratique
est la recherche de solution d’une équation de la forme f (x) = 0 (ou plus généralement g(x) = k,
mais on se ramène en général à un second membre nul). Voici un exemple d’exercice sur ce sujet :

— 74 —
4.4. Continuité des fonctions d’une variables réelle

Exercice 4.4.2. On considère la fonction g définie sur [−10; +∞[ par

g(x) = x3 − 6x2 − 15x + 500.

On donne son tableau de variations :

x −10 −1 5 +∞

508 +∞
g(x)
−950 400

1) Déterminer le nombre de solutions de l’équation g(x) = 0 sur [−10; +∞[.

2) Donner un encadrement de cette (ou ces) solution(s) avec une amplitude de 0, 01.

Correction. 1) On voit sur le tableau de variations que g(−10) < 0 tandis que g(−1) > 0.
Comme la fonction g est continue car c’est une fonction polynôme, le Théorème des
valeurs intermédiaires 4.25 assure que g s’annule au moins une fois sur l’intervalle
[−10; −1]. Comme de plus g est strictement monotone que [−10; −1], elle s’y annule exac-
tement une fois 3 .
Enfin, d’après le tableau de variations, g ne prend que des valeurs strictement positives
sur l’intervalle [−1; ∞[, donc ne s’y annule pas. Ainsi, g s’annule exactement une fois.

2) On peut procéder par dichotomie en utilisant le programme suivant sur Python :

1 def g ( x ) :
2 return x∗∗3−6∗x∗x−15∗x+500
3 A=−10
4 B=1
5 E=0.01
6 while B−A>=E :
7 C=(A+B) / 2 .
8 i f f (A) ∗ g (C)<=0 :
9 B=C
10 e l s e :A=C
11 a l p h a=round (A, 2 )
12 print ( a l p h a )

Remarque. On pourrait également reprendre l’Exercice 2.3.2 en rendant la résolution plus ri-
goureuse.
L’application théorique concerne les fonctions strictement monotones et sera nécessaire pour
définir la fonction logarithme.

Propriété 4.26 Soit I un intervalle de R et f : I → R une fonction continue strictement


monotone. Alors, il existe un intervalle J de R et une fonction g : J → R telle que f ◦ g et
g ◦ f existent toutes deux et pour tout x de I et tout y de J,

f ◦ g(x) = x et g ◦ f (x) = x.

3. Nous anticipons ici d’une certaine façon sur la Propriété 4.26 ci-après.

— 75 —
Chapitre 4. Terminale

Démonstration. Notons J l’ensemble de tous les réels y tels qu’il existe x pour lequel y = f (x).
Si y1 = f (x1 ) et y2 = f (x2 ) sont deux éléments de J avec y1 < y2 et si y3 ∈]y1 ; y2 [, considérons
la fonction
h : x 7→ f (x) − y3 .
Alors, h est continue, h(x1 ) < 0 et h(x2 ) > 0 dont par le Théorème des valeurs intermé-
diaires, il existe x3 ∈]x1 ; x2 [ tel que h(x3 ) = 0, c’est-à-dire tel que f (x3 ) = y3 . Ceci montre que
J est un intervalle.
Considérons maintenant un élément y ∈ J et supposons qu’il existe x et x′ distincts dans I
tels que
f (x) = y = f (x′ ).
On peut supposer sans perte de généralité que x < x′ , mais alors si f est strictement croissante
on doit avoir f (x) < f (x′ ) et si f est strictement décroissante on doit avoir f (x) > f (x′ ). Dans
les deux cas, on a une contradiction, ce qui signifie qu’il existe un unique x dans I tel que
y = f (x).
Nous pouvons donc maintenant définir une fonction g : J → R en posant g(y) = x, où x est
l’unique élément de I tel que f (x) = y. Par définition, on a bien g ◦ f (x) = x. De plus, pour
y ∈ J de la forme y = f (x),
f ◦ g(y) = f ◦ g(f (x)) = f (x).

Remarque. L’énoncé omet volontairement le mot-clef “bijective”, qui est la notion sous-jacente
à ce résultat mais qui est hors-programme.

4.5 Fonction logarithme


L’année de Terminale est l’occasion d’enrichir encore le répertoire des fonctions de référence,
en particulier en introduisant la fonction logarithme. On pourrait la définir via l’intégration,
mais le programme suggère de traiter le calcul intégral après la fonction logarithme et impose
explicitement d’introduire le logarithme comme réciproque de l’exponentielle. Nous suivrons
donc cet ordre.

Propriété 4.27 Pour tout réel strictement positif y, il existe un unique réel x tel que

y = ex .

Démonstration. La fonction exponentielle est strictement croissante et continue, donc par la


Propriété 4.26, il existe une fonction f : J → R, où J est l’ensemble de réels de la forme
ex . Il nous suffit donc de montrer que J = R+∗ , ce qui se fait en appliquant judicieusement le

Théorème des valeurs intermédiaires.


On sait déjà que ex est strictement positif pour tout x. Considérons maintenant un réel
y > 0. Comme la fonction exponentielle tend vers +∞ en +∞, il existe a > 0 tel que ex > 2y
dès que x > a. De même, comme la fonction exponentielle tend vers 0 en −∞, il existe b < 0 tel
que ex < y2 dès que x < b. Considérons maintenant la fonction h : [b − 1; a + 1] → R définie par

h(x) = ex − y.

Alors, h est continue, h(b − 1) < − y2 < 0 et h(a + 1) > y > 0, donc d’après le Théorème des
valeurs intermédiaires, il existe x ∈ [b − 1; a + 1] tel que h(x) = 0, c’est-à-dire telle que
ex = y. ■

Définition 4.28. La fonction qui a y > 0 associe l’unique x tel que y = ex est appelée fonction
logarithme et notée

ln : R+ → R.

— 76 —
4.5. Fonction logarithme

Comme dans le cas des fonctions carré et racine carrée vu en Seconde (voir Propriété 2.3),
on peut observer que le graphe de la fonction logarithme se déduit graphiquement de celui de la
fonction exponentielle.

Propriété 4.29 La courbe représentative de la fonction logarithme est la symétrique


par rapport à la première bissectrice des axes de la courbe représentative de la fonction
exponentielle.

Démonstration. Soit M un point de la courbe représentative de la fonction exp. Ses coordonnées


sont donc de la forme (x, ex ). En posant y = ex , ces coordonnées deviennent (ln(y), y). Le
symétrique M ′ de M par rapport à la première bissectrice des axes a donc pour coordonnées
(y, ln(y)), qui appartient bien à la courbe représentative de la fonction ln.
Réciproquement, soit N est un point de la courbe représentative de la fonction ln de coor-
données (y, ln(y)) avec y > 0. Alors en posant x = ey , le symétrique de N par rapport à la
première bissectrice des axes a pour coordonnées (ln(y), y) = (x, ex ), qui appartient bien à la
courbe représentative de la fonction exp. ■

L’un des intérêts de la fonction logarithme réside dans ses propriétés vis-à-vis de l’addition,
qui découlent immédiatement des propriétés correspondantes de la fonction exponentielle.

Propriété 4.30 Pour tous réels strictement positifs a et b, on a

1) ln(ab) = ln(a) + ln(b) ;

2) ln(1) = 0 ;
1
 
3) ln = − ln(b) ;
b
a
 
4) ln = ln(a) − ln(b) ;
b
√ 1
5) ln( a) = ln(a).
2

Démonstration. Toutes ces propriétés découlent de la première, qui se déduit elle-même aisément
des propriétés de la fonction exponentielle.
1) Écrivons a = ex et b = ey . Alors, par la Propriété 3.13,
ab = ex ey = ex+y ,
donc  
ln(ab) = ln ex+y = x + y = ln(a) + ln(b).

— 77 —
Chapitre 4. Terminale

2) On a
ln(1) = ln(1 × 1) = ln(1) + ln(1) = 2 ln(1),
d’où ln(1) = 0.

3) On a
1 1
   
ln(b) + ln = ln b × = ln(1) = 0,
b b
d’où le résultat.

4) C’est une combinaison de la première et de la troisième propriété.

5) On a
√ √ √ q √
2 ln( a) = ln( a) + ln( a) = ln( (a) × a) = ln(a),
d’où le résultat.

L’autre propriété importante de la fonction logarithme est son lien avec la fonction inverse,
qui est utile pour le calcul d’intégrales.

Théorème ∗ et sa dérivée est donnée


4.31 La fonction logarithme est dérivable sur R+
par
1
ln′ (x) = .
x

Démonstration. La dérivabilité est admise dans le programme. Pourtant, elle peut se faire sim-
plement en utilisant la dérivabilité de l’exponentielle et permet d’obtenir en même temps l’ex-
pression de la dérivée. Nous allons donc en donner une démonstration 4 .
Commençons par montrer la dérivabilité en 1. Il faut pour cela considérer le taux d’accrois-
sement
ln(1 + h) − ln(1) ln(1 + h)
= .
h h
En posant k = ln(1 + h), cette expression devient

k k−0
= k .
ek −1 e −1
Ceci est l’inverse du taux d’accroissement de la fonction exponentielle en 0 et converge donc vers

1
=1
exp′ (0)

quand k tend vers 0 (et donc également quant h tend vers 0 par composition des limites). Soit
maintenant a > 0, alors
 
ln(a + h) − ln(a) ln a+h
a 1

h

11

h

= = ln 1 + = h
ln 1 + .
h h h a aa a

En posant k = ha , ceci devient


1 ln(1 + k)
a k
qui converge d’après ce qui précède vers a1 , ce qu’il fallait démontrer. ■
4. C’est en fait un résultat général pour les fonctions réciproques, mais nous nous restreindrons au cas de la
fonction logarithme pour plus de simplicité

— 78 —
4.5. Fonction logarithme

Remarque. On peut également déduire la dérivée de la fonction ln de celle de la fonction exp en


remarquant que exp ◦ ln(x) = x, donc que

ln′ (x) × exp ◦ ln(x) = 1.

Cependant, pour que ce calcul soit licite il faut déjà savoir (ou admettre) que la fonction ln est
dérivable.
Remarque. On peut déduire de ce résultat et de la Propriété 4.22 que la fonction logarithme
est continue, ce qui n’était pas évident sur la définition !
Maintenant que nous connaissons la dérivée de la fonction logarithme, nous pouvons étudier
ses variations.

Propriété 4.32 ∗.
La fonction logarithme est strictement croissante sur R+

Démonstration. Il suffit de remarquer que pour x > 0,

1
ln′ (x) = > 0.
x

Pour compléter le tableau de variations, il ne manque que les limites :

Propriété 4.33 On a

lim ln(x) = +∞ et lim ln(x) = −∞.


x→+∞ x→0+

Démonstration. Soit M > 0. La fonction logarithme étant croissante, on a pour tout x > eM ,
 
ln(x) > ln eM > M,

d’où le premier résultat. Si maintenant M < 0, on a pour tout x < eM ,


 
ln(x) < ln eM < M.

Comme eM tend vers 0 quand M tend vers −∞, ceci donne le second résultat. ■

Il est maintenant possible de dresser le tableau de variations complet :

x 0 +∞

+∞
ln(x)
−∞

Il nous reste pour conclure à comparer la croissance du logarithme à celle des fonctions
polynomiales.

Propriété 4.34 (Croissances comparées) La fonction ln croît moins vite +∞ que toute
puissance. Autrement dit, pour tout entier naturel n on a

ln(x)
lim = 0 et lim xn ln(x) = 0.
x→+∞ xn x→0+

— 79 —
Chapitre 4. Terminale

Démonstration. Nous allons d’abord considérer le cas n = 1. Commençons par remarquer que
la fonction logarithme est deux fois dérivable et que
1
ln′′ (x) = − < 0.
x2
Par conséquent, ln est une fonction concave, c’est-à-dire que − ln est une fonction convexe. Il
suit que la courbe représentative de la fonction ln est en-dessous de toutes ses tangentes par le
Théorème 4.15. En particulier, une équation de la tangente en 1 étant y = x − 1, on a pour
tout x > 0
ln(x) ⩽ x − 1.
Cette inégalité permet d’obtenir une autre majoration de la façon suivante :
1 √ √
ln(x) = 2 ln(x) = 2 ln( x) ⩽ 2( x − 1).
2
Nous pouvons maintenant en déduire que pour x ⩾ 1,

ln(x) 2 2
0⩽ ⩽√ − .
x x x

Comme le membre de droite tend vers 0, on peut conclure par le Théorème des gendarmes
4.10. Si maintenant n est un entier naturel quelconque,

ln(x) 1 n ln(x) 1 ln(xn )


lim = lim = lim =0
x→+∞ xn x→+∞ n xn x→+∞ n xn

par composition des limites. De même,


1 1 1
  
n
lim x ln(x) = lim − ln =0
x→0+ x→0+ 1n n xn
x

par composition des limites. ■

Nous concluons avec un exemple d’exercice faisant intervenir la fonction logarithme.


Exercice 4.5.1. Le son se manifeste par des variations de pression de l’air. L’unité de mesure
de la pression de l’air est le Pascal (noté Pa). La pression de l’air s’exerce sur le tympan de
l’oreille humaine. Pour une pression supérieure ou égale à 20 × 10−6 Pa s’exerçant sur son
tympan, l’oreille humaine perçoit un son dont le niveau se mesure en décibels (notés dB). On
note p0 = 20 × 10−6 . Pour une pression de p Pa s’exerçant sur le tympan, avec p ⩾ p0 , le
niveau sonore perçu est égal à
20
f (p) = ln(50000 × p) dB.
ln(10)

1) Calculer f (p0 ).

2) Quel est le niveau sonore perçu pour une pression de 2 Pa ? de 0, 2 Pa ? de 0, 02 Pa ?

3) À partir d’un niveau sonore de 120 dB, on ressent une douleur. Déterminer la pression
p correspondant à ce niveau sonore.

4) Démontrer que le niveau sonore augmente de 20 quand la pression est multipliée par 10.

5) Pour p ⩾ p0 , exprimer f (100p) en fonction de f (p).

Correction. 1) On calcule

20 20
f (p0 ) = ln(50000 × 20 × 10−6 ) = ln(1) = 0.
ln(10) ln(10)

— 80 —
4.6. Fonctions sinus et cosinus

2) Pour une pression de 2 Pa, on a


20
f (p) = ln(100000) = 100 dB.
ln(10)
Pour une pression de 0, 2 Pa, on a
20
f (p) = ln(10000) = 80 dB.
ln(10)
Pour une pression de 0, 02 Pa, on a
20
f (p) = ln(1000) = 60 dB.
ln(10)

3) On a
20
f (10 × p) = ln(10 × 50000 × p)
ln(10)
20 20
= ln(10) + ln(50000 × p)
ln(10) ln(10)
= 20 + f (p).

4) On a
20
f (100 × p) = ln(100 × 50000 × p)
ln(10)
20 20
= ln(100) + ln(50000 × p)
ln(10) ln(10)
= 40 + f (p).

4.6 Fonctions sinus et cosinus


Le répertoire des fonctions de référence est complété, après la fonction logarithme, par les
fonctions sinus et cosinus. La définition de ces fonctions se fait graphiquement à l’aide du cercle
trigonométrique.
Définition 4.35. Soit x un réel et soit M le point du cercle trigonométrique associé 5 à x. On
définit le cosinus de x comme étant l’abscisse du point M et le sinus de x comme étant l’ordonnée
du point M . On note ces nombres cos(x) et sin(x).

Ainsi définie, il n’est pas clair que ces fonctions soient continues, et encore moins dérivables.
C’est pourtant le cas. Avant de le prouver, on peut remarquer quelques propriétés qui se déduisent
immédiatement de la définition.
5. C’est-à-dire l’unique point du cercle de centre O et de rayon 1 définissant une longueur d’arc (dans le sens
direct) égale à x modulo 2π.

— 81 —
Chapitre 4. Terminale

Propriété 4.36 1) Les fonctions cosinus et sinus sont 2π-périodiques, c’est-à-dire que
pour tout réel x,

cos(x + 2π) = cos(x) & sin(x + 2π) = sin(x).

2) La fonction cosinus est paire.

3) La fonction sinus est impaire.

Démonstration. 1) Par définition, les réels x et x + 2π définissent le même point du cercle


trigonométrique. Ainsi leur cosinus et leur sinus sont les mêmes.

2) Le point du cercle trigonométrique correspondant à −x s’obtient à partir du point corres-


pondant à x par réflexion par rapport à l’axe des abscisses. Comme cette transformation
ne change pas l’abscisse des points, les cosinus de ces deux nombres sont les mêmes.

3) Le point du cercle trigonométrique correspondant à −x s’obtient à partir du point corres-


pondant à x par réflexion par rapport à l’axe des abscisses. Comme cette transformation
change l’ordonnée des points en leur opposée, les sinus de ces deux nombres sont opposés.
Ces deux propriétés se comprennent et se retiennent mieux visuellement :

Passons maintenant à la dérivabilité, qui est l’un des résultats les plus importants de ce
chapitre.

Théorème 4.37 Les fonctions cos et sin sont dérivables sur R. De plus,

cos′ = − sin & sin′ = cos .

Démonstration. La preuve est hors programme et pourtant accessible à des élèves de Terminale.
Commençons par regarder la dérivabilité en 0 de la fonction sinus. Il nous faut calculer

sin(x)
lim .
x→0 x

Pour comprendre la situation, faisons un dessin :

— 82 —
4.6. Fonctions sinus et cosinus

On observe sur cette figure 6 qu’on a l’encadrement, pour 0 < x < π2 ,


sin(x)
sin(x) ⩽ x ⩽ .
cos(x)
Il suit en divisant par sin(x) (qui est non-nul pour x ∈]0; π2 [) que
x 1
1⩽ ⩽ ,
sin(x) cos(x)
et en inversant on obtient finalement
sin(x)
cos(x) ⩽ ⩽ 1.
x
En admettant que le cosinus tend vers 1 quand x tend vers 0 (ce qui se constate encore une fois
bien graphiquement), on conclut que sin est dérivable en 0 et que
sin′ (0) = 1 = cos(0).
Nous pouvons maintenant utiliser ce résultat pour montrer que la fonction cosinus est elle
aussi dérivable en 0. En effet, on sait que
x x
   
cos(x) = cos 2 = 1 − 2 sin2 .
2 2
Par opération sur les fonctions dérivables, on en déduit que cos est dérivable en 0 et que
1 0 0
   
cos′ (0) = −2 × 2 × sin′ sin = 0 = − sin(0).
2 2 2
La dérivabilité des fonctions cosinus et sinus en tout point suit maintenant par une petite
manipulation trigonométrique. En effet, pour tout a dans R,
sin(a + h) − sin(a) sin(a) cos(h) + cos(a) sin(h) − sin(a)
=
h h
cos(h) − 1 sin(h)
= sin(a) + cos(a)
h h
et cette quantité a pour limite, d’après les calculs précédents, cos(a). De même,
cos(a + h) − cos(a) cos(a) cos(h) − sin(a) sin(h) − cos(a)
=
h h
cos(h) − 1 sin(h)
= cos(a) − sin(a)
h h
et cette quantité a pour limite, d’après les calculs précédents, − sin(a). ■
6. Cette observation peut être admise en classe de Terminale. Pour démontrer la première inégalité, il suffit
de remarquer que l’arc de cercle reliant A à B (en rouge) est de longueur x tandis que le segment [AB], qui est
le plus court chemin de A à B, est l’hypoténuse du triangle AHB, donc de longueur supérieure à AH = sin(x).
Pour montrer la seconde inégalité, on peut par exemple comparer l’aire du secteur angulaire délimité par A et B,
qui vaut x2 , à celle du triangle OM B, qui vaut 2sin(x)
cos(x)
.

— 83 —
Chapitre 4. Terminale

Ajoutons qu’une fois connues les limites de sin(x)/x et de (cos(x) − 1)/x, il est possible de
lever de nombreuses indéterminations dans les calculs de limite. Voici un exemple d’exercice de
ce type.

Exercice 4.6.1. 1) Pour t ∈ R, exprimer cos(t) en fonction de cos(t/2)2 et sin(t/2)2 .

2) En déduire que pour tout t ∈ R,


 2
t
cos(t) − 1 = −2 sin .
2

3) En utilisant le résultat précédent, calculer

cos(t) − 1
lim .
t→0 t2

4) On considère la fonction f : [0; +∞[→ R définie par f (x) = cos( x). Est-elle dérivable
en 0 ?

Solution. 1) On a
t t
 
cos(t) = cos +
2 2
 2  2
t t
= cos − sin .
2 2

2) En utilisant le fait que 1 = cos(t/2)2 + sin(t/2)2 , on trouve


 2  2  2  2
t t t t
cos(t) − 1 = cos − sin − cos − sin
2 2 2 2
 2
t
= −2 sin .
2

3) On écrit

cos(t) − 1 sin(t/2)2
= −2
t2 t2
−1 sin(t/2)2
=
2 (t/2)2
2
−1 sin(t/2)

= .
2 t/2
En faisant le changement de variable u = t/2, on a alors
2
cos(t) − 1 −1 sin(u) −1

lim = lim = .
t→0 t2 2 u→0 u 2

4) Par définition, f est dérivable en 0 si la quantité



f (x) − f (0) cos( x) − 1
=
x−0 x

admet une limite quand x tend vers 0. Or, en faisant le changement de variable t = x
on obtient √
cos( x) − 1 cos(t) − 1 −1
lim = lim = .
x→0 x t→0 t2 2
Ainsi, f est dérivable en 0.

— 84 —
4.6. Fonctions sinus et cosinus

Remarque. La troisième question de l’exercice précédent peut se reformuler de la façon suivante :


!!
1 t2
lim cos(t) − 1 − = 0.
t→0 t2 2

Dans le langage mathématique du supérieur, une quantité qui tend vers 0 quand elle est divisée
par t2 est dite négligeable devant t2 et se note o(t2 ). On peut donc écrire

t2
cos(t) = 1 − + o(t2 ).
2

Autrement dit, nous avons établi de développement limité de la fonction cosinus à l’ordre 2 en
0.
Forts de ce résultat, il est possible de donner les tableaux de variations des fonctions trigo-
nométriques, en prenant bien sûr soin de se restreindre à l’intervalle [0; 2π] par périodicité.

Propriété 4.38 Le tableau de variations de la fonction cosinus est

x 0 π 2π

1 1
cos(x)
−1

Le tableau de variations de la fonction sinus est


π 3π
x 0 2π
2 2
1 0
sin(x)
0 −1

Démonstration. Les variations des fonctions suivent du Théorème 4.37 ainsi que des inégalités
suivantes, qui se vérifient graphiquement :

• sin(x) ⩾ 0 pour x ∈ [0; π] ;

• sin(x) ⩽ 0 pour x ∈ [π; 2π] ;

π 3π
   
• cos(x) ⩾ 0 pour x ∈ 0; ∪ ; 2π ;
2 2

π 3π
 
• cos(x) ⩽ 0 pour x ∈ ; .
2 2

Le programme demande que les élèves soient capables d’étudier des fonctions définies simple-
ment à partir des fonctions trigonométriques. L’exemple le plus simple dans cet ordre idée est la
fonction tangente, d’ailleurs explicitement mentionnée comme approfondissement possible. On
peut donc envisager de faire d’une pierre deux coups en la traitant en exercice.

— 85 —
Chapitre 4. Terminale

Exercice 4.6.2. Soit x un réel qui n’est pas de la forme k π2 avec k un entier impair et soit
M le point correspondant du cercle trigonométrique. On note T le point d’intersection de la
droite (OM ) avec la tangente au cercle trigonométrique au point (1, 0) (voir figure ci-dessous).
L’ordonnée du point T est noté tan(x) et appelée tangente de x.

1) Montrer que
sin(x)
tan(x) = .
cos(x)

2) La fonction tan est-elle paire ? Est-elle impaire ?


π π
 
3) Étudier les variations de la fonction tan sur l’intervalle − ; .
2 2
π
4) Déterminer la limite de tan(x) quand x tend vers .
2
π
5) En déduire la limite de tan(x) quand x tend vers − et dresser le tableau de variations
2
de la fonction tan.

6) Étudier la convexité de la fonction tangente puis tracer l’allure de sa courbe représenta-


tive.

Correction. 1) Utilisons la figure ci-dessous :

Les droites (AK) et (BH) sont parallèles car elles sont toutes deux perpendiculaires à
l’axe des abscisses. On peut donc appliquer le Théorème de Thalès pour obtenir

BH BH AK sin(x)
BH = = = = .
1 OH OK cos(x)

2) Comme la fonction sinus est impaire et la fonction cosinus paire, on a

sin(−x) − sin(x)
tan(−x) = = = − tan(x).
cos(−x) cos(x)

Ainsi, la fonction tangente est impaire.

3) On calcule

sin′ (x) cos(x) − sin(x) cos′ (x) cos(x)2 + sin(x)2


tan′ (x) = 2
= = 1 + tan(x)2 .
cos(x) cos(x)2

En particulier, ce nombre est toujours strictement positif, donc la fonction tangente est
strictement croissante.

— 86 —
4.6. Fonctions sinus et cosinus

4) Quand x tend vers π2 , sin(x) tend vers 1 tandis que cos(x) tend vers 0 par valeurs positives,
donc tan(x) tend vers +∞.

5) Par imparité de la fonction tangente, sa limite en − π2 est égale à −∞. Nous pouvons donc
maintenant donner son tableau de variations :

π π
x −
2 2
+∞
tan(x)
−∞

6) Comme la fonction tangente est croissante et à valeurs positives sur [0; π2 [, il en est de
même pour la fonction tan2 (car la fonction carré est croissante sur [0; +∞[). Donc tan′
est croissante et tan est convexe sur [0; π2 [.

De même, la fonction tangente est croissante et à valeurs négatives sur ] − π2 , 0] donc la


fonction tan2 est cette fois décroissante, ce qui signifie que tan est concave sur cet intervalle.
Par conséquent, il y a un point d’inflexion en 0.

Les fonctions trigonométriques sont particulièrement utiles en géométrie. Voici un exemple


de fonctions les faisant intervenir.

— 87 —
Chapitre 4. Terminale

Exercice 4.6.3. On considère le trapèze isocèle ABCD ci-dessous, où AD = AB = BC = 1.


On note x la mesure commune, en radians, des angles ADC
\ et BCD.
\

1) Exprimer la hauteur h du trapèze en fonction de x.

2) Démontrer que l’aire A du trapèze est donnée, pour x ∈ 0; π2 , par


 

A(x) = sin(x)(1 + cos(x)).

3) Montrer que
A′ (x) = 2 cos(x)2 + cos(x) − 1.

4) Factoriser le trinôme 2X 2 + X − 1 et en déduire le signe de A′ (x).

5) Dresser le tableau de variations de A et en déduire la valeur de x pour laquelle l’aire du


trapèze est maximale.

Correction. 1) En se plaçant dans le triangle rectangle ADH, on a

h = AH = sin(x) × AD = sin(x).

2) On peut calculer l’aire du trapèze en additionnant l’aire des deux triangles rectangles
ADH et BCK, qui sont chacune égale à

AH × DH cos(x) sin(x)
= ,
2 2
et l’aire du rectangle ABKH, qui est égale à

AB × KH = h = sin(x).

Ainsi, on a

cos(x) sin(x)
A(x) = 2 × + sin(x) = cos(x) sin(x) + sin(x) = sin(x)(1 + cos(x)).
2

3) Il suffit de dériver

A′ (x) = cos(x)(1 + cos(x)) + sin(x) × (− sin(x))


= cos(x) + cos(x)2 − sin(x)2
= cos(x) + cos(x)2 − (1 − cos(x)2 )
= 2 cos(x)2 + cos(x) − 1.

4) Le discriminant du trinôme est ∆ = 1 + 4 × 2 = 9. Les racines sont donc

−1 + 3 1 −1 − 3
= & = −1.
4 2 4

— 88 —
4.7. Primitives, équations différentielles

Ainsi,
1
 
2X 2 + X − 1 = 2 X − (X + 1)
2
= (2X − 1)(X + 1).

Par conséquent,
A′ (x) = (2 cos(x) − 1)(cos(x) + 1).
Comme cos(x) + 1 est toujours positif, A′ (x) est du signe de 2 cos(x) − 1. Sur l’intervalle
[0; π2 ], cette dernière expression est positive pour x ∈ [0; π4 ] et négative pour x ∈ [ π4 ; π2 [.
Le tableau de variations de A suit de la question précédente :
π π
x 0
4 2
√  √ 
2 2
2 1+ 2
A(x)
0 1

On constate sur le tableau de variations que la fonction A a pour maximum


√ √ ! √
2 2 2+2
1+ = .
2 2 4

et que ce dernier est atteint en x = π4 . ■

4.7 Primitives, équations différentielles


En plus des compléments sur la dérivation, le programme de Terminale aborde la question de
l’opération réciproque, c’est-à-dire la recherche de primitive. Pour cela, le programme propose de
voir le problème du calcul de primitive comme un cas particulier d’équation différentielle. Cette
dernière notion servira donc de fil conducteur, via une définition intuitive comme la suivante :
Définition 4.39. Une équation différentielle est une équation dont l’inconnue est une fonction,
notée en général y, et qui fait intervenir les dérivées de y.
Le premier exemple, à la fois simple et extrêmement général, est celui de l’équation

y ′ = f.

Ici, f : I → R est une fonction continue sur un intervalle I et on cherche donc une fonction y
dont la dérivée est f . Ce problème motive l’introduction d’un vocabulaire approprié.
Définition 4.40. On appelle primitive de f toute solution de l’équation différentielle y ′ = f .
Autrement dit, toute fonction dont la dérivée est égale à f .
Une équation contient toujours implicitement deux questions, celle de l’existence et celle de
l’unicité. Il est possible de les énoncer ensemble ou séparément. Le programme semble suggérer
une séparation, mais comme la preuve de l’existence est de toute façon impossible tant que
l’intégration n’a pas été traitée, nous les donnerons ensemble.

Théorème 4.41 Soit I un intervalle de R et soit f : I → R une fonction continue. Alors,


f admet au moins une primitive. De plus, si F et G sont deux primitives de f , alors elles
diffèrent d’une constante.

Démonstration. L’existence est admise pour l’instant, elle sera démontrée (dans le cas d’une fonc-
tion à valeurs positives) à l’aide de l’intégrale (voir le Théorème fondamental de l’analyse
4.47). Quant à l’unicité, remarquons que si F et G sont deux primitives de f , alors

(F − G)′ = F ′ − G′ = f − f = 0.

— 89 —
Chapitre 4. Terminale

Or, on sait par la Propriété 3.11 qu’une fonction dont la dérivée est nulle est constante, d’où
le résultat. ■

Une fois n’est pas coutume, il est bon d’illustrer toute cela à l’aide des fonctions de référence

Propriété 4.42 1) Pour un entier naturel n, les primitives de x 7→ xn sont les fonc-
tions
1
x 7→ xn+1 + C,
n+1
où C est un nombre réel.

2) Les primitives de la fonction inverse sont les fonctions

x 7→ ln(x) + C,

où C est un nombre réel.

3) Les primitives de la fonction racine carrée sont les fonctions


2√ 3
x 7→ x + C,
3
où C est un nombre réel.

4) Les primitives de la fonction exponentielle sont les fonctions

x 7→ ex + C,

où C est un nombre réel.

5) Les primitives de la fonction cosinus sont les fonctions

x 7→ sin(x) + C,

où C est un nombre réel.

6) Les primitives de la fonction sinus sont les fonctions

x 7→ − cos(x) + C,

où C est un nombre réel.

Démonstration. Il suffit dans chaque cas de dériver la fonction de l’énoncé et de vérifier que cela
donne bien le résultat annoncé. Nous laissons cette vérification au lecteur. ■

Pour poursuivre vers les équations différentielles proprement dites, il faut maintenant consi-
dérer l’égalité y ′ = ay. Or cette équation différentielle a déjà été résolue, sans le dire, en classe
de première !

Propriété 4.43 Soit a un réel non-nul. Alors, les solutions de l’équation différentielle

y ′ = ay

sont les fonctions


x 7→ Ceax ,
où C est un nombre réel.

Démonstration. Le fait que les fonctions de l’énoncé vérifient bien l’équation différentielle est
immédiat. De plus, la même preuve que pour le Théorème 3.12 montre que si g est une fonction

— 90 —
4.7. Primitives, équations différentielles

dérivable telle que g ′ = ag, alors la fonction

x 7→ g(x)e−ax

est une fonction constante. Ainsi, les fonctions de l’énoncé sont bien toutes les solutions. ■

Une fois ce rappel effectué, on peut donc aborder l’ajout d’un terme constant. Cela ne modifie
cependant pas beaucoup la réponse :

Théorème 4.44 Soit a un réel non-nul et b un réel quelconque. Alors, les solutions de
l’équation différentielle
y ′ = ay + b
sont les fonctions
b
x 7→ Ceax − ,
a
où C est un nombre réel.

Démonstration. Soit f une solution de l’équation différentielle et considérons la fonction g =


f + ab . Alors,
′
b

g′ = f +
a
= f′
= af + b
b
 
=a f+
a
= ag,

donc par la Propriété 4.43, il existe un réel C tel que g(x) = Ceax , d’où le résultat. ■

De nombreuses situations issues de la physique ou de la chimie fournissent des exercices sur


les équations différentielles, qui feront en plus intervenir les fonctions exponentielle et logarithme.
Exercice 4.7.1. Le Carbone 14 (noté C 14 ) est un isotope radioactif du Carbone qui est uti-
lisé pour la datation des restes organiques. Lorsqu’un organisme meurt, le C 14 se désintègre
progressivement en Carbone 12 (noté C 12 ) non-radioactif. Lors de cette désintégration, l’échan-
tillon perd, par unité de temps, une proportion constante d’atomes. Autrement dit, si on note
N (t) le nombre d’atomes de C 14 dans un organisme à l’instant t après sa mort, alors à l’instant
t + h la proportion vérifie
N (t + h)
= 1 − λh,
N (t)
où λ est une constante de la nature.

1) Montrer que la fonction N vérifie l’équation différentielle y ′ = −λy.

2) En notant N0 le nombre d’atomes au moment de la mort de l’organisme, exprimer N (t)


en fonction de t.

3) Le Carbone 14 a un temps de demi-vie de 5730 ans. Cela signifie qu’au bout de ce temps,
le nombre d’atomes a été divisé par 2. En déduire la valeur de λ en année−1 .

4) Quelle pourcentage de Carbone 14 reste-t-il au bout de 70000 ans ?

Correction. 1) L’équation de l’énoncé peut s’écrire

N (t + h) − N (t)
= −λh
N (t)

— 91 —
Chapitre 4. Terminale

ce qui donne, pour h non nul,

N (t + h) − N (t)
= −λN (t).
h
Le membre de gauche tend vers N ′ (t) quand h tend vers 0 tandis que le membre de droite
ne dépend pas de h. On obtient ainsi l’équation différentielle.

2) On sait que les solutions de l’équation différentielle y ′ = −λy sont les fonctions x 7→ Ce−λx .
La valeur en 0 d’une telle solution est C, d’où

N (t) = N0 e−λt .

N0
3) On sait que N (5730) = , d’où en divisant par N0
2
1
e−5730λ = .
2
En prenant le logarithme de cette expression il vient −5730λ = − ln(2), ce qui donne
finalement 7
ln(2)
λ= ≈ 0, 00012 année−1 = 1, 2.10−4 année−1 .
5730
4) La proportion de Carbone 14 au bout de 70000 ans sera de

N (70000)
= e−70000λ ≈ 0, 00021
N0
soit 0, 021%.

4.8 Calcul intégral


Le dernier point du programme de Terminale concernant les fonctions que nous allons consi-
dérer est le calcul intégral. Celui-ci présente des difficultés conceptuelles liées à l’absence de
construction de l’intégrale de Riemann. En effet, celle-ci nécessite des outils trop poussés pour
le lycée (la notion de continuité uniforme notamment) mais en son absence, nous en sommes
réduits à définir l’intégrale en termes d’aire sous la courbe de la façon suivante :
Définition 4.45. Soit f : [a; b] → R une fonction continue et positive. On appelle intégrale de
f entre a et b et on note
Z b
f (x)dx
a
l’aire comprise entre la courbe représentative de f , l’axe des abscisses, la droite d’équation x = a
et la droite d’équation x = b.
Cette définition appelle de nombreux commentaires. Tout d’abord, l’interprétation graphique
nécessite de se restreindre aux fonctions positives. Ensuite, l’intérêt d’introduire un tel concept
est difficile à expliquer à ce stade. Le lien avec la théorie des probabilités permet peut-être
d’interpréter l’intégrale comme une « sorte de somme » (voir la notion de valeur moyenne dans
le Théorème 4.53 ci-dessous).
Mais le plus gros problème de cette définition, c’est la question suivante qu’un élève curieux
ou pointilleux pourrait poser : pourquoi f doit-elle être continue ? Nous voyons à cela deux
réponses :

• La première réponse est qu’elle n’a pas besoin de l’être, et que même dans le cadre de l’inté-
grale de Riemann la continuité par morceaux suffit (et est nécessaire pour la construction).
7. Dans la mesure où la donnée en années comporte cinq chiffres, seuls les cinq premiers chiffres après la virgule
seront significatifs dans la réponse.

— 92 —
4.8. Calcul intégral

• La seconde réponse est que la question met en lumière le fait que notre définition de
l’intégrale est pipée : comment définir l’aire d’une partie du plan ? Nous semblons suggérer
que cela est possible et naturel, alors qu’il existe des parties du plan pour laquelle la notion
d’aire n’a pas de sens 8 .
La conclusion de la discussion précédente est donc qu’il faut avec humilité admettre que nous
ne travaillerons qu’avec des notions floues et mal définies, mais que tout cela peut prendre un
sens rigoureux avec du travail et de l’abstraction. Mais même en admettant que notre notion
d’intégrale a un sens, elle est inutile si nous ne savons pas la calculer, sauf dans le cas d’une
fonction constante :

Propriété 4.46 Si f est une fonction constante sur [a; b] égale à C, alors
Z b
f (x)dx = (b − a) × C.
a

Démonstration. La région dont l’intégrale donne l’aire est un rectangle de côtés (b − a) et C,


d’où le résultat. ■

Remarque. Ce résultat n’est pas tout à fait anodin, puisque c’est par lui qu’on définit l’intégrale
rigoureusement. Rappelons simplement en effet que toute fonction continue peut être approchée
uniformément par des fonctions constantes par morceaux. De plus, l’intégrale de ces fonctions
constantes par morceaux converge vers une valeur que l’on définit comme étant l’intégrale de f .
C’est ici que va se faire le lien miraculeux avec les primitives, souvent appelé, et pour cause,
Théorème fondamental de l’analyse :

Théorème 4.47 (Théorème fondamental de l’analyse) Soit f : [a; b] → R une


fonction continue positive. Alors la fonction F : [a; b] → R définie par
Z x
F (x) = f (t)dt
a

est une primitive de f .

Démonstration. La preuve de ce résultat est admise car elle n’est pas faisable avec notre défi-
nition de l’intégrale. Nous en donnons néanmoins une démonstration en indiquant le seul point
problématique.
Il nous faut calculer la limite, pour x ∈]a; b[, de
F (x + h) − F (x)
.
h
Pour cela, remarquons d’abord que, par additivité des aires 9 ,
Z x+h Z x Z x+h Z x+h
F (x + h) = f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt = F (x) + f (t)dt,
a a x x

de sorte que le taux d’accroissement peut s’écrire


Z x+h
1
f (t)dt.
h x

On souhaite montrer que cette quantité converge quand h tend vers 0 vers
Z x+h
1
f (x) = f (x)dt
h x

8. Nous entendons par là qu’il existe, sous réserve de l’axiome du choix, des parties de R2 qui ne sont pas
mesurables pour la mesure de Lebesgue.
9. Nous voulons ici parler de l’idée intuitive selon laquelle l’aire d’une région formée de deux parties qui ne se
recoupent que sur un segment est égale à la somme des aires des parties.

— 93 —
Chapitre 4. Terminale

(on fera ici attention au fait qu’on intègre la fonction constante égale à f (x)). Ainsi, nous
pourrons conclure si nous montrons que
Z x+h Z x+h
1 1
f (t)dt − f (x)dt
h x h x

tend vers 0. Soit ϵ > 0. Pour t suffisamment proche de x, f (t) ∈]f (x) − ϵ; f (x) + ϵ[. Autrement
dit, pour t suffisamment proche de x,

g(t) = f (t) − f (x) ∈] − ϵ; ϵ[.

Ici, il faut admettre qu’avec une vraie définition, l’intégrale de la fonction g aura un sens même
si elle n’est pas nécessairement à valeurs positives, et que
Z x+h Z x+h Z x+h
−ϵh = −ϵdt ⩽ g(t)dt ⩽ ϵdt = ϵh.
x x x

Il suit alors, en admettant le croissance de l’intégrale que nous démontrerons a posteriori dans
la Proposition 4.50, que
1 x+h
Z
g(t)dt ∈] − ϵ; ϵ[,
h x
ce qui conclut la preuve.
Notons qu’on peut conduire une preuve rigoureuse si on suppose de plus que f est monotone.
En effet, dans ce cas la fonction g est positive donc son intégrale a un sens. De plus, le raison-
nement précédent donne 0 ⩽ g(t) ⩽ ϵ pour tout t ∈ [x; x + h], donc la courbe représentative de
g est au-dessus de la droite d’équation y = 0 et en dessous de la droite d’équation y = ϵ. Ceci
conduit naturellement à l’inégalité d’aires
Z x+h
0⩽ g(t)dt ⩽ ϵh.
x

Nous pouvons maintenant utiliser ce résultat pour calculer l’intégrale d’une fonction continue
positive :

Propriété 4.48 Soit f : [a; b] → R une fonction continue et positive et soit F une
primitive de f . Alors,
Z b
f (x)dx = F (b) − F (a).
a

Démonstration. Si F est la primitive donnée par le Théorème 4.47, alors par définition
Z b
f (x)dx = F (b)
a
= F (b) − 0
= F (b) − F (a).

Si G est une autre primitive de F , on sait qu’il existe un réel C tel que G = F + C. Donc,

G(b) − G(a) = (F (b) + C) − (F (a) + C)


= F (b) − F (a)
Z b
= f (x)dx.
a

Tout ceci suggère une définition alternative de l’intégrale via les primitives, dont nous avons
déjà admis l’existence :

— 94 —
4.8. Calcul intégral

Définition 4.49. Soit f : [a; b] → R une fonction continue et soit F une primitive de f . On
pose
Z b
f (x)dx = F (b) − F (a)
a
= [F ]ba .

Remarque. Notons que cette définition n’est pas parfaitement rigoureuse puisqu’il faudrait mon-
trer d’abord que la quantité que nous définissons ne dépend pas du choix de la primitive, ce qui
se fait comme dans la preuve de la Propriété 4.48 ci-dessus.
Notre définition de l’intégrale a le mérite de rendre évidentes ses propriétés principales :

Propriété 4.50 Soient f, g : [a; b] → R des fonctions continues. Alors,


Z b Z b Z b
1) f (x) + g(x)dx = f (x)dx + g(x)dx ;
a a a
Z b Z b
2) Pour tout réel λ, λf (x)dx = λ f (x)dx ;
a a

3) Si f (x) ⩾ 0 pour tout x ∈ [a; b], alors


Z b
f (x)dx ⩾ 0;
a

4) Si f (x) ⩾ g(x) pour tout x ∈ [a; b], alors


Z b Z b
f (x)dx ⩾ g(x)dx;
a a

5) Si c ∈ [a; b], alors


Z b Z c Z b
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx.
a a c

Cette dernière propriété est appelée Relation de Chasles.

Démonstration. 1) Si F est une primitive de f et G est une primitive de g, alors F + G est


une primitive de f + g, d’où
Z b
f (x) + g(x)dx = (F + G)(b) − (F + G)(a)
a
= (F (b) − F (a)) + (G(b) − G(a))
Z b Z b
= g(x)dx + g(x)dx.
a a

2) Si F est une primitive de f , alors λF est une primitive de λf , d’où


Z b
λf (x)dx = λF (b) − λF (a)
a
= λ(F (b) − F (a))
Z b
=λ f (x)dx.
a

3) Soit F une primitive de f . Comme par hypothèse F ′ = f est positive, F est croissante,
d’où Z b
f (x)dx = F (b) − F (a) ⩾ 0.
a

— 95 —
Chapitre 4. Terminale

4) Il suffit d’appliquer le point précédent à la fonction f − g, qui est positive.

5) Soit F une primitive de f . Alors,


Z c Z b
f (x)dx + f (x)dx = (F (c) − F (a)) + (F (b) − F (c))
a c
= F (b) − F (a)
Z b
= f (x)dx.
a

Toutes ces propriétés permettent de simplifier le calcul d’intégrales, mais ne permettent par
exemple pas de gérer des intégrales de produit de fonctions de référence. Pour cela, le seul outil
disponible est l’intégration par parties.

Propriété 4.51 (Intégration par parties) Soient u et v deux fonctions dérivables


sur un intervalle ]a; b[. Alors,
Z b Z b

u (x) × v(x)dx = [u × v]ba − u(x) × v ′ (x)dx.
a a

Démonstration. Posons f = u × v. Alors, f ′ (x) = u′ (x) × v(x) + u(x) × v ′ (x), donc


Z b
[f ]ba = f ′ (x)dx
a
Z b Z b
= u′ (x)v(x)dx + u(x)v ′ (x)dx.
a a

Pour conclure, le programme demande d’aborder la notion de valeur moyenne d’une fonction.
Définition 4.52. Soit f : [a; b] → R une fonction continue. La valeur moyenne de f est la
quantité
Z b
1
f (t)dt.
b−a a
Remarque. On peut motiver cette définition en faisant remarquer que la valeur moyenne de f
est la valeur de l’unique fonction constante qui a la même intégrale que f sur [a; b].
La valeur moyenne est intéressante pour son interprétation probabiliste, dont nous ne parle-
rons pas. Mentionnons toutefois, bien qu’elle ne soit pas explicitement au programme, l’inégalité
de la moyenne.

Théorème 4.53 (Inégalité de la moyenne) Soit f : [a; b] → R une fonction continue.


On suppose qu’il existe des réels m et M tels que pour tout x ∈ [a; b],

m ⩽ f (x) ⩽ M.

Alors,
Z b
1
m⩽ f (x)dx ⩽ M.
b−a a

Démonstration. Soit h la fonction constante égale à m. Alors h ⩽ f , donc par la Propriété


4.50,
Z b Z b
(b − a)m = h(x)dx ⩽ f (x)dx
a a
et la première inégalité suit en divisant par b − a.

— 96 —
4.8. Calcul intégral

Soit g la fonction constante égale à M . Alors g ⩾ f , donc par la Propriété 4.50,


Z b Z b
(b − a)M = g(x)dx ⩾ f (x)dx
a a

et la seconde inégalité suit en divisant par (b − a). ■

Voici un exemple d’exercice sur les intégrales.


Exercice 4.8.1. On considère la suite (un )n∈N définie pour tout entier n par
Z n
2
un = e−x dx.
0

1) Montrer que pour tout réel x, −x2 ⩽ −2x + 1.

2) En déduire que un ⩽ e
2 pour tout n ∈ N.

3) Étudier les variations de la suite (un )n∈N .

4) Conclure que la suite (un )n∈N converge.

Correction. 1) Pour tout réel x, (x − 1)2 ⩾ 0, donc

x2 − 2x + 1 ⩾ 0

et l’inégalité demandée suit immédiatement.

2) On a
" #n
e−2x
Z n
2x+1
un ⩽ e dx = e −
0 2 0
e(1 − e−2n )
= .
2
e
Le dernier terme tend vers 2 quand n tend vers +∞, d’où le résultat.

3) Comparons deux termes consécutifs :


Z n+1 Z n
−x2 2
un+1 − un = e dx − e−x dx
0 0
Z n+1
−x2
= e dx.
n
2
Comme e−x > 0, son intégrale est positive donc la suite (un )n∈N est croissante.

4) D’après les questions précédentes, la suite (un )n∈N est croissante et majorée, donc elle
converge.

— 97 —
ANNEXE A
LE SECRET DE L’ANALYSE RÉELLE

A.1 Une démonstration presque complète


Plusieurs fois dans ce texte nous nous sommes heurtés à une difficulté insurmontable dans le
cadre des programmes du secondaire : la nécessité d’utiliser le Théorème des accroissements
finis pour démontrer des résultats impliquant la dérivations. Nous avons souhaité donner ici un
énoncé et une démonstration complète de ce résultat, pour plusieurs raisons :

• Pour la culture et la satisfaction intellectuelle du lecteur ;

• Parce qu’il nous semble qu’un enseignant doit maîtriser ce résultat tant il est central, bien
que caché, dans le programme d’analyse du lycée ;

• Parce que si cet énoncé n’est pas au programme, c’est qu’il repose in fine sur la difficulté
fondamentale de l’analyse réelle (gardons le suspens jusqu’à la Section A.3) et qu’il est
bon d’en avoir conscience.

L’utilité essentielle de la dérivation est de nous donner des informations sur une fonction,
et c’est l’objet du Théorème des accroissement finis de décrire ce lien de façon précise.
Cependant, la démonstration de ce théorème se base généralement sur un cas particulier, le
Théorème de Rolle. Celui-ci étant d’un énoncé plus simple, il peut permettre de mieux
comprendre ce qui se joue. Nous allons donc le donner.

Théorème A.1 (Théorème de Rolle) Soit f : [a; b] → R une fonction continue et


dérivable sur ]a; b[. Si f (a) = f (b), alors il existe c ∈]a; b[ tel que f ′ (c) = 0.

Démonstration. La fonction f étant continue sur le segment [a; b], elle est bornée et atteint ses
bornes d’après le Théorème des bornes atteintes (voir Théorème A.5 ci-dessous). Notons
M le maximum de f et m le minimum de f . Il existe donc des points c1 , c2 ∈ [a; b] tels que
f (c1 ) = M et f (c2 ) = m. Nous allons distinguer deux situations :

• Si m < M , alors f (c1 ) ̸= f (c2 ) donc au moins un des deux nombres c1 ou c2 est distinct de
a et b. Supposons qu’il s’agisse de c1 . Comme f est alors dérivable en c1 ∈]a; b[ et qu’elle
y a un maximum, f ′ (c1 ) = 0 d’après la Proposition 3.9 et le résultat est prouvé. On
procède de même s’il s’agit de c2 .

• Si m = M , alors f est constante. Par conséquent, sa dérivée est nulle (voir Proposition
3.6) sur tout ]a; b[ donc n’importe quel point de cet intervalle convient.

Remarque. La grande difficulté de la preuve est évidemment cachée dans l’utilisation du Théo-
rème des bornes atteintes, qui affirme que si f : [a; b] → R est continue, alors elle admet
Annexe A. Le secret de l’analyse réelle

un maximum et un minimum (voir Théorème A.5 ci-dessous pour une démonstration). Ce


théorème lui-même repose de façon cruciale sur le Théorème de Bolzano-Weierstrass :
toute suite réelle bornée possède une sous-suite convergente. On voit donc qu’en dernière ana-
lyse, c’est la topologie de R (le fait que les segments sont des parties compactes) qui permet
d’obtenir ces résultats. Il y a donc une difficulté conceptuelle qui est difficilement saisissable par
des élèves de lycée, ce qui peut expliquer qu’on évite. Nous verrons cependant à la Section A.3
que le problème est encore plus profond.
Une fois ce résultat établi, on peut aisément obtenir la forme générale.

Théorème A.2 (Théorème des accroissements finis) Soit f : [a; b] → R une fonc-
tion continue et dérivable sur ]a; b[. Alors, il existe c ∈]a; b[ tel que

f (b) − f (a)
f ′ (c) = .
b−a

Démonstration. L’idée est de retrancher à f une fonction linéaire de sorte que les valeurs aux
extrémités de l’intervalle de définition deviennent égales. Cherchons donc une fonction de la
forme
g : x 7→ f (x) − λx.
On souhaite que g(a) = g(b), c’est-à-dire que

f (a) − λa = f (b) − λb,

ce qui donne
f (b) − f (a)
λ= .
b−a
Maintenant, le Théorème de Rolle appliqué à la fonction g donne l’existence d’un c ∈]a; b[
tel que g ′ (c) = 0. Or,
f (b) − f (a)
g ′ (x) = f ′ (x) − ,
b−a
d’où le résultat. ■

Une autre façon d’exprimer ce résultat, c’est que tous les taux d’accroissements de f sont
égaux à des valeurs de la dérivée, d’où le nom.

A.2 Bolzano & Weierstrass à la rescousse


Comme nous l’avons mentionné ci-dessus, la démonstration du Théorème de Rolle uti-
lise une propriété fondamentale de l’ensemble R des nombres réels, à savoir le fait que toute
suite bornée admet une sous-suite convergente. Ce résultat peut apparaître comme une sorte de
boîte noire de l’analyse réelle, ce qui expliquerait qu’on l’évite soigneusement dans le secondaire.
Il n’en est en fait rien, et la démonstration utilise des idées qui sont exploitées dans les pro-
grammes, par exemple pour la démonstration du Théorème des valeurs intermédiaires
ou ses applications algorithmiques. Toutefois, l’énoncé et la preuve nécessitent d’introduire la
notion de sous-suite, ce que nous allons faire.
Définition A.3. Soit (un )n∈N une suite. Une sous-suite (ou suite extraite) est une suite de la
forme (uϕ(n) )n∈N , où ϕ : N → N est une fonction strictement croissante.

Théorème A.4 (Théorème de Bolzano-Weierstrass) Soit (un )n∈N une suite réelle
bornée. Alors, il existe une sous-suite (uϕ(n) )n∈N qui converge.

Démonstration. La suite étant bornée, il existe des réels a < b tels que pour tout n ∈ N,
un ∈ [a; b]. Nous allons maintenant construire par récurrence trois suites (an )n∈N , (bn )n∈N et
(ϕ(n))n∈N telles que

— 100 —
A.2. Bolzano & Weierstrass à la rescousse

i) (an )n∈N est croissante et majorée, (bn )n∈N est décroissante et minorée et

|an − bn | = 2−n |a − b|;

ii) L’intervalle [an ; bn ] contient une infinité de termes de la suite (un )n∈N ;

iii) ϕ(n + 1) > ϕ(n) pour tout n ∈ N ;

iv) uϕ(n) ∈ [an ; bn ].

Pour commencer, on pose a0 = a, b0 = b et ϕ(0) = 0. Supposons maintenant les suites


définies jusqu’à un rang n ⩾ 0 et posons
an + bn
cn = .
2
On dispose maintenant de deux intervalles [an ; cn ] et [cn ; bn ] et comme [an ; bn ] contient une
infinité de termes de la suite (un )n∈N , l’un au mois des deux demi-intervalles contient aussi une
infinité de termes de cette suite. Si c’est le premier, on pose an+1 = cn et bn+1 = bn , sinon on
pose an+1 = an et bn+1 = cn . Ainsi, les deux premières conditions sont vérifiées. Soit maintenant
ϕ(n + 1) un entier strictement plus grand que ϕ(n) et tel que uϕ(n+1) ∈ [an+1 ; bn+1 ]. Un tel entier
existe car l’intervalle contient une infinité de termes de la suite, et les deux dernière propriétés
sont alors vérifiées.
Maintenant, par le Théorème de convergence monotone (voir Théorème A.8 ci-
dessous), les suites (an )n∈N et (bn )n∈N convergent vers des limites que nous noterons respecti-
vement ℓ et ℓ′ . Mais comme |an − bn | tend à la fois vers 0 (par la première propriété) et vers
|ℓ − ℓ′ | par opérations sur les limites, on a ℓ = ℓ′ . Or la suite (uϕ(n) )n∈N est une sous-suite de
(un )n∈N (car ϕ est strictement croissante) et on a pour tout n ∈ N

an ⩽ uϕ(n) ⩽ bn .

Par le Théorème des gendarmes 1 (pour les suites), on conclut que la sous-suite converge
vers ℓ, ce qu’il fallait démontrer. ■

Remarque. La démonstration précédente présente deux difficultés. La première est la subtilité


du raisonnement par récurrence, qui requiert une rédaction précautionneuse pour permettre le
passage du rang n au rang n + 1. Joint au fait que la manipulation de la notion d’infini peut
être délicate pour des élèves de lycée, ceci justifie en partie l’omission de ce résultat au lycée. La
seconde difficulté est l’utilisation du Théorème de convergence monotone pour les suites.
En effet, celui-ci est admis au lycée car il repose sur la propriété de la borne supérieure. Nous
touchons là au véritable cœur du problème, mais nous y reviendrons.
Armés de ce résultat, nous pouvons enfin démontrer le Théorème des bornes atteintes
qui, rappelons-le, est l’ingrédient manquant de notre preuve du Théorème des accroisse-
ments finis. Toute la difficulté vient de l’utilisation de la notion de borne supérieure d’une
partie de R. Nous allons pour l’instant le faire sans plus de commentaire et y reviendrons dans
la dernière section.

Théorème A.5 (Théorème des bornes atteintes) Soit f : [a; b] → R une fonction
continue. Alors, f est bornée et atteint ses bornes.

Démonstration. Soit M la borne supérieur de l’ensemble {f (x) | x ∈ [a; b]}. Par définition
de la borne supérieure, il existe une suite (xn )n∈N d’éléments de [a; b] telle que f (xn ) → M .
Or, d’après le Théorème de Bolzano-Weierstrass, il existe une sous-suite (xϕ(n) )n∈N qui
converge vers une limite x. Comme pour tout n ∈ N on a

a ⩽ xϕ(n) ⩽ b,
1. Celui-ci se démontre pour les suites comme pour les fonctions dans le Théorème 4.10.

— 101 —
Annexe A. Le secret de l’analyse réelle

on obtient par passage à la limite dans les inégalités larges

a ⩽ x ⩽ b.

Nous pouvons maintenant utiliser la continuité de f , et plus spécifiquement la Propriété 4.24,


pour conclure que f (xϕ(n) ) → f (x). Ainsi, nous avons trouvé un élément x ∈ [a; b] tel que
f (x) = M . Ceci prouve deux choses :
• M n’est pas égal à +∞, donc f est majorée ;

• f (x) = M donc la borne supérieure M est atteinte.


Le même raisonnement en partant de la borne inférieure complète la démonstration. ■

A.3 Le mot de la fin


Nous sommes presque parvenus à prouver tous les théorèmes fondamentaux de l’analyse
réelle, et ce en finalement peu de pages. Même si certaines des preuves sont plus délicates
que celles habituellement faites au lycée, l’ensemble pourrait paraître abordable avec des élèves
motivés. Toutefois, il reste une zone d’ombre à éclaircir. En effet, dans la démonstration du
Théorème A.5, nous avons considéré la borne supérieure d’une partie de R. Rappelons ce que
nous entendons par là.
Définition A.6. • Un majorant d’un ensemble A de nombres réels est un nombre réel M
plus grand que tous les éléments de A ;

• S’il existe un majorant plus petit que tous les autres majorants, on l’appelle borne supé-
rieure de A et on le note sup(A). Si A n’a pas de majorant, on pose sup(A) = +∞ ;

• Un minorant d’un ensemble A de nombres réels est un nombre réel m plus petit que tous
les éléments de A ;

• S’il existe un minorant plus grand que tous les autres minorants, on l’appelle borne infé-
rieure de A et on le note inf(A). Si A n’a pas de minorant, on pose inf(A) = −∞.
L’élément manquant pour compléter nos démonstrations est donc l’énoncé suivant, d’une
simplicité trompeuse :

Théorème A.7 (Théorème de la borne supérieure) Soit A un ensemble non-vide


de nombres réels. Alors, A admet une borne supérieure et une borne inférieure.

Et la démonstration ? C’est là que le bât blesse ! Pour démontrer un tel résultat, il va d’abord
falloir savoir précisément ce qu’est R en tant qu’ensemble. Autrement dit, il faut une construction
ensembliste de R. Ces constructions existent, bien sûr, mais n’ont rien d’évident. Et même une
fois qu’une telle construction est réalisée, démontrer le théorème ci-dessus n’est pas une mince
affaire.
Nous sommes donc arrivés à l’aporie de notre quête du secret de l’analyse réelle, à savoir la
théorie des ensembles. Aller plus loin nous conduirait dans les méandres de la logique mathéma-
tiques qui, quoique fascinantes, nous porteraient très loin de notre sujet. Nous nous arrêterons
donc au bord de ce nouveau monde en gardant simplement à l’esprit qu’un univers infini se
cache derrière la propriété fondamentale de l’ensemble R des nombres réels sur laquelle toute
l’analyse est construite.
Remarque. Pour saisir l’aspect non-trivial du Théorème de la borne supérieure, on peut
observer qu’il n’est pas valable pour tous les sous-ensembles de R. Par exemple l’ensemble des
nombres rationnels x tels que x2 ⩽ 2 n’admet pas de borne supérieure dans Q.
Pour conclure, remarquons que l’autre résultat admis dans la preuve du Théorème de
Bolzano-Weierstrass, à savoir le Théorème de convergence monotone, peut être dé-
montré à l’aide du Théorème de la borne supérieure.

— 102 —
A.3. Le mot de la fin

Théorème A.8 (Théorème de convergence monotone) Soit (un )n∈N une suite
monotone et bornée. Alors, elle converge.

Démonstration. Supposons la suite croissante et considérons l’ensemble A des termes de la suite.


C’est une partie de R non-vide, donc elle admet une borne supérieure. Comme de plus la suite
est majorée, la borne supérieure est finie et nous la noterons M . Soit maintenant ϵ > 0 et
considérons l’intervalle [M − ϵ; M ]. S’il n’y avait aucun terme de la suite dans cet intervalle,
alors on aurait
un < M − ϵ
pour tout n ∈ N. En particulier, M − ϵ/2 serait alors un majorant de (un )n∈N plus petit que
M , ce qui contredit la définition de la borne supérieure. Ainsi, il existe n0 tel que

un0 ∈ [M − ϵ; M ].

Comme la suite est croissante, on a alors pour tout n ⩾ n0 que

un ⩾ un0 ⩾ M − ϵ,

donc un ∈ [M − ϵ; M ]. Nous avons donc prouvé que (un )n∈N converge vers M . La preuve pour
une suite décroissante est similaire. ■

Rappelons pour conclure que nous avons utilisé dans la démonstration du Théorème des
bornes atteintes A.5 une propriété de la borne supérieure qu’il nous faut, pour être complet,
démonter.

Propriété A.9 (Caractérisation séquentielle de la borne supérieure/inférieure) Soit A


une partie non-vide bornée de R et soit M sa borne supérieure. Alors, il existe une suite
(un )n∈N d’élements de A qui converge vers M . Un résultat analogue est valable pour la
borne inférieure.

Démonstration. Soit n ∈ N un entier strictement positif. Alors, il existe au moins un élément de


A dans l’intervalle [M − 1/n, M ]. En effet, comme M est un majorant de A, on aurait sinon que
x ⩽ M − 1/n pour tout x ∈ A. Ceci signifierai que M − 1/n est un majorant de A strictement
inférieur à M , contredisant la définition de la borne supérieure. Notons donc un un tel élément
de A. Alors, on a par construction pour tout entier n strictement positif
1
M− ⩽ un ⩽ M
n
donc par le Théorème des gendarmes, la suite (un )n∈N converge vers M . La preuve pour la
borne inférieure est similaire. ■

Remarque. Le résultat peu bien sûr être étendu au cas où A n’est pas borné en construisant alors
une suite qui tend vers +∞. De plus, ce résultat admet une réciproque : si M est un majorant
de A et qu’il existe une suite d’élements de A qui converge vers M , alors M = sup(A). Nous
laissons au lecteur le soin de démontrer cette assertion, qui justifie le vocable de “critère”.

— 103 —
ANNEXES : PROGRAMMES OFFICIELS

Nous joignons à ce document, en guise de complément, les parties des programmes officiels
traitant des fonctions.
Programme de Seconde
Approfondissements possibles
 Démontrer que les hauteurs d’un triangle sont concourantes.
1
 Expression de l’aire d’un triangle : ab sinC .
2
 Formule d’Al-Kashi.
 Le point de concours des médiatrices est le centre du cercle circonscrit.

 Représenter et caractériser les droites du plan


Au cycle 4, les élèves ont rencontré les équations de droite pour représenter les fonctions
affines. En seconde, ils étendent l’étude à la forme générale des équations de droite.
Dans cette section, le plan est muni d’un repère orthonormé.
Contenus
 Vecteur directeur d’une droite.
 Équation de droite : équation cartésienne, équation réduite.
 Pente (ou coefficient directeur) d’une droite non parallèle à l’axe des ordonnées.
Capacités attendues
 Déterminer une équation de droite à partir de deux points, un point et un vecteur
directeur ou un point et la pente.
 Déterminer la pente ou un vecteur directeur d’une droite donnée par une équation ou
une représentation graphique.
 Tracer une droite connaissant son équation cartésienne ou réduite.
 Établir que trois points sont alignés ou non.
 Déterminer si deux droites sont parallèles ou sécantes.
 Résoudre un système de deux équations linéaires à deux inconnues, déterminer le
point d’intersection de deux droites sécantes.
Démonstration
 En utilisant le déterminant, établir la forme générale d’une équation de droite.
Exemples d’algorithme
 Étudier l’alignement de trois points dans le plan.
 Déterminer une équation de droite passant par deux points donnés.
Approfondissements possibles
 Ensemble des points équidistants d’un point et de l’axe des abscisses.
 Représentation, sur des exemples, de parties du plan décrites par des inégalités sur
les coordonnées.

Fonctions
 Objectifs
Au cycle 4, les élèves ont découvert progressivement la notion de fonction, manipulé
différents modes de représentation : expression algébrique, tableau de valeurs,
représentation graphique, programmes de calcul. Ils connaissent le vocabulaire de base :
variable, fonction, antécédent, image et la notation ƒ(x). Selon le mode de représentation
choisi, ils déterminent une image ou des antécédents d’un nombre par une fonction. Ils ont
étudié les fonctions linéaires, les fonctions affines et leur représentation graphique.
En seconde, les objectifs sont les suivants :
 consolider la notion de fonction, comme exprimant la dépendance d’une variable par
rapport à une autre ;

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 exploiter divers registres, notamment le registre algébrique et le registre graphique ;
 étendre la panoplie des fonctions de référence ;
 étudier les notions liées aux variations et aux extremums des fonctions.
Les fonctions définies sur un intervalle de ℝ permettent de modéliser des phénomènes
continus. On peut confronter les élèves à des exemples de fonctions définies sur ℕ pour
modéliser des phénomènes discrets. La notation u(n) est alors utilisée.
La modélisation d’une dépendance par une fonction apparaît dans des domaines très
variés : géométrie dans le plan ou dans l’espace, biologie, économie, physique, sciences
sociales. La modélisation de phénomènes dépendant du temps, la variable étant alors notée
t est mise en évidence
Les outils numériques sont mis à profit :
 un logiciel de géométrie dynamique, pour la représentation graphique et l’utilisation
de curseurs ;
 Python, le tableur ou la calculatrice, pour mettre en évidence l’aspect de programme
de calcul.
Dans un premier temps, les élèves découvrent, manipulent et verbalisent certaines
propriétés (parité, monotonie sur un intervalle…) sur les fonctions de référence. Ces
propriétés se généralisent peu à peu aux fonctions quelconques. Leur maîtrise est un objectif
de fin d’année. Leur formalisation est l’occasion d’un travail sur les quantificateurs.

 Histoire des mathématiques


On peut évoquer la très lente élaboration de la notion de fonction, depuis l’Antiquité jusqu’à
la codification actuelle par Dirichlet, en mettant en évidence quelques étapes importantes :
Newton, Leibniz, Euler. On souligne alors l’importance de la notation algébrique.

 Se constituer un répertoire de fonctions de référence


Les élèves doivent se constituer un répertoire d’images mentales des courbes
représentatives des fonctions de référence, sur lesquelles s’appuyer lors de l’étude des
propriétés des fonctions.
Contenus
 Fonctions carré, inverse, racine carrée, cube : définitions et courbes représentatives.
Capacités attendues
 Pour deux nombres a et b donnés et une fonction de référence ƒ, comparer ƒ(a) et
ƒ(b) numériquement ou graphiquement.
 Pour les fonctions affines, carré, inverse, racine carrée et cube, résoudre
graphiquement ou algébriquement une équation ou une inéquation du type ƒ(x) = k,
ƒ(x) < k.
Démonstration
 Étudier la position relative des courbes d’équation y = x, y = x2, y = x3, pour x ⩾ 0.

 Représenter algébriquement et graphiquement les fonctions


Contenus
 Fonction à valeurs réelles définie sur un intervalle ou une réunion finie d’intervalles de
ℝ.
 Courbe représentative : la courbe d’équation y = ƒ(x) est l’ensemble des points du
plan dont les coordonnées (x,y) vérifient y = ƒ(x).
 Fonction paire, impaire. Traduction géométrique.

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Capacités attendues
 Exploiter l’équation y = ƒ(x) d’une courbe : appartenance, calcul de coordonnées.
 Modéliser par des fonctions des situations issues des mathématiques, des autres
disciplines.
 Résoudre une équation ou une inéquation du type ƒ(x) = k, ƒ(x) < k, en choisissant
une méthode adaptée : graphique, algébrique, logicielle.
 Résoudre une équation, une inéquation produit ou quotient, à l’aide d’un tableau de
signes.
 Résoudre, graphiquement ou à l’aide d’un outil numérique, une équation ou
inéquation du type ƒ(x) = g(x), ƒ(x) < g(x).
Approfondissement possible
 Étudier la parité d’une fonction dans des cas simples.

 Étudier les variations et les extremums d’une fonction


Contenus
 Croissance, décroissance, monotonie d’une fonction définie sur un intervalle. Tableau
de variations.
 Maximum, minimum d’une fonction sur un intervalle.
 Pour une fonction affine, interprétation du coefficient directeur comme taux
d’accroissement, variations selon son signe.
 Variations des fonctions carré, inverse, racine carrée, cube.
Capacités attendues
 Relier représentation graphique et tableau de variations.
 Déterminer graphiquement les extremums d’une fonction sur un intervalle.
 Exploiter un logiciel de géométrie dynamique ou de calcul formel, la calculatrice ou
Python pour décrire les variations d’une fonction donnée par une formule.
 Relier sens de variation, signe et droite représentative d’une fonction affine.
Démonstration
 Variations des fonctions carré, inverse, racine carrée.
Exemples d’algorithme
 Pour une fonction dont le tableau de variations est donné, algorithmes
d’approximation numérique d’un extremum (balayage, dichotomie).
 Algorithme de calcul approché de longueur d’une portion de courbe représentative de
fonction.
Approfondissement possible
 Relier les courbes représentatives de la fonction racine carrée et de la fonction carré
sur ℝ+.

Statistiques et probabilités
 Objectifs
En matière d’information chiffrée, les élèves ont travaillé au cycle 4 effectifs, fréquences,
proportions, pourcentages, coefficient de proportionnalité, taux d’évolution, coefficient
multiplicateur. L’objectif est de consolider et de prolonger ce travail par l’étude de situations
multiplicatives : proportion de proportion, évolutions successives ou réciproques. Les élèves
doivent distinguer si un pourcentage exprime une proportion ou une évolution.

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Programme de Première
Analyse
 Objectifs
Deux points fondamentaux du programme de première sont ici étudiés : le concept de
dérivée, avec ses applications à l’étude des fonctions, et la fonction exponentielle.
L’étude de la dérivation distingue le point de vue local (nombre dérivé) et le point de vue
global (fonction dérivée). Les fonctions étudiées sont toutes régulières et le nombre dérivé
est introduit à partir de la perception intuitive de la limite du taux de variation. On n’en donne
pas de définition formelle, mais on s’appuie sur :
 des représentations graphiques fournies par les outils logiciels (calculatrice, tableur,
logiciel de géométrie dynamique) ;
 le calcul algébrique du taux de variation dans des cas qui s’y prêtent : fonctions du
second degré, fonction inverse ;
 le calcul numérique d’expressions ƒ(a + h) - ƒ(a), où h prend des valeurs proches de
0, faisant apparaître une approximation linéaire, par exemple avec a = 1 et ƒ étant
une des fonctions carré, inverse, racine carrée.
Il est intéressant d’exploiter ces divers registres dans l’étude d’un même nombre dérivé.
Taux de variation et nombre dérivé gagnent à être illustrés dans des contextes variés :
 en géométrie, ils représentent la pente d’une sécante et la pente d’une tangente ;
 en cinématique, on peut interpréter un taux de variation comme une vitesse moyenne
et un nombre dérivé comme une vitesse instantanée ;
 dans un cadre économique, le nombre dérivé est relié au coût marginal.
Compte tenu de son importance en mathématiques et dans de nombreux champs
disciplinaires, et de ses interactions avec le concept de dérivée, le programme prévoit
l’étude de la fonction exponentielle. On donnera des exemples d’utilisation dans les autres
disciplines (calculs d’intérêts, dilution d’une solution, décroissance radioactive). En liaison
avec les suites géométriques, c’est aussi l’occasion de proposer des modélisations discrètes
ou continues de phénomènes d’évolution.
Les fonctions trigonométriques font l’objet d’une première approche, d’un point de vue
principalement graphique, en lien avec les autres disciplines scientifiques. C’est aussi
l’occasion de rencontrer la notion de fonction périodique, également utile dans les sciences
sociales (variations saisonnières).
y
En liaison avec les autres disciplines, on peut signaler et utiliser la notation pour un taux
x
dy dy
de variation et pour une dérivée ; si y = ƒ(x), on peut ainsi écrire  ƒ' (x) , en adaptant
dx dx
selon le contexte : x = ƒ(t), q = ƒ(t)…

 Histoire des mathématiques


Le calcul différentiel s’est imposé par sa capacité à donner des solutions simples à des
problèmes nombreux d’origines variées (cinématique, mécanique, géométrie, optimisation).
Le développement d’un calcul des variations chez Leibniz et Newton se fonde sur
l’hypothèse que les phénomènes naturels évoluent linéairement quand on leur applique des
petites variations. Leurs approches partent de notions intuitives mais floues d’infiniment petit.
Ce n’est que très progressivement que les notions de limites et de différentielles, qui en
fondent l’exposé actuel, ont été clarifiées au XIXe siècle.
La notation exponentielle et les fonctions exponentielles apparaissent vers la fin du XVIIe
siècle, procédant d’une volonté de traiter des phénomènes de croissance comparables à

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ceux des intérêts composés. La modélisation de ces situations fait naturellement apparaître
la caractérisation de la fonction exponentielle comme seule fonction vérifiant l'équation
différentielle y’ = y et la condition initiale y(0) = 1.
La trigonométrie a été utilisée chez les Anciens dans des problèmes de natures diverses
(géométrie, géographie, astronomie). Elle est à l'époque fondée sur la fonction corde, d'un
maniement bien moins facile que les fonctions sinus et cosinus de la présentation actuelle.

 Dérivation
Contenus

Point de vue local


 Taux de variation. Sécantes à la courbe représentative d’une fonction en un point
donné.
 Nombre dérivé d’une fonction en un point, comme limite du taux de variation.
Notation ƒ’(a).
 Tangente à la courbe représentative d’une fonction en un point, comme « limite des
sécantes ». Pente. Équation : la tangente à la courbe représentative de ƒ au point
d’abscisse a est la droite d’équation y = ƒ(a) + ƒ’(a)(x - a).

Point de vue global


 Fonction dérivable sur un intervalle. Fonction dérivée.
 Fonction dérivée des fonctions carré, cube, inverse, racine carrée.
 Opérations sur les fonctions dérivables : somme, produit, inverse, quotient, fonction
dérivée de x ↦ g(ax + b)
 Pour n dans ℤ, fonction dérivée de la fonction x ↦ xn.
 Fonction valeur absolue : courbe représentative, étude de la dérivabilité en 0.
Capacités attendues
 Calculer un taux de variation, la pente d’une sécante.
 Interpréter le nombre dérivé en contexte : pente d’une tangente, vitesse instantanée,
coût marginal…
 Déterminer graphiquement un nombre dérivé par la pente de la tangente. Construire
la tangente en un point à une courbe représentative connaissant le nombre dérivé.
 Déterminer l’équation de la tangente en un point à la courbe représentative d’une
fonction.
 À partir de la définition, calculer le nombre dérivé en un point ou la fonction dérivée
de la fonction carré, de la fonction inverse.
 Dans des cas simples, calculer une fonction dérivée en utilisant les propriétés des
opérations sur les fonctions dérivables.
Démonstrations
 Équation de la tangente en un point à une courbe représentative.
 La fonction racine carrée n’est pas dérivable en 0.
 Fonction dérivée de la fonction carrée, de la fonction inverse.
 Fonction dérivée d’un produit.
Exemple d’algorithme
 Écrire la liste des coefficients directeurs des sécantes pour un pas donné.

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 Variations et courbes représentatives des fonctions
Contenus
 Lien entre le sens de variation d’une fonction dérivable sur un intervalle et signe de
sa fonction dérivée ; caractérisation des fonctions constantes.
 Nombre dérivé en un extremum, tangente à la courbe représentative.
Capacités attendues
 Étudier les variations d’une fonction. Déterminer les extremums.
 Résoudre un problème d’optimisation.
 Exploiter les variations d’une fonction pour établir une inégalité. Étudier la position
relative de deux courbes représentatives.
 Étudier, en lien avec la dérivation, une fonction polynôme du second degré :
variations, extremum, allure selon le signe du coefficient de x2.
Exemple d’algorithme
 Méthode de Newton, en se limitant à des cas favorables.

 Fonction exponentielle
Contenus
 Définition de la fonction exponentielle, comme unique fonction dérivable sur ℝ
vérifiant ƒ’ = ƒ et ƒ(0) = 1. L’existence et l’unicité sont admises. Notation exp(x).
 Pour tous réels x et y, exp(x + y) = exp(x) exp(y) et exp(x) exp(-x) = 1. Nombre e.
Notation ex.
 Pour tout réel a, la suite (ena) est une suite géométrique.
 Signe, sens de variation et courbe représentative de la fonction exponentielle.
Capacités attendues
 Transformer une expression en utilisant les propriétés algébriques de la fonction
exponentielle.
 Pour une valeur numérique strictement positive de k, représenter graphiquement les
fonctions t ↦ e-kt et t ↦ ekt.
 Modéliser une situation par une croissance, une décroissance exponentielle (par
exemple évolution d’un capital à taux fixe, décroissance radioactive).
Exemple d’algorithme
 Construction de l’exponentielle par la méthode d’Euler. Détermination d’une valeur
1
approchée de e à l’aide de la suite ((1  )n ) .
n
Approfondissements possibles
 Unicité d’une fonction ƒ dérivable sur ℝ telle que ƒ’ = ƒ et ƒ(0) = 1.
 Pour tous réels x et y, exp(x + y) = exp(x) exp(y).
 La fonction exponentielle est strictement positive et croissante.

 Fonctions trigonométriques
Contenus
 Cercle trigonométrique. Longueur d’arc. Radian.
 Enroulement de la droite sur le cercle trigonométrique. Image d’un nombre réel.
 Cosinus et sinus d’un nombre réel. Lien avec le sinus et le cosinus dans un triangle
rectangle. Valeurs remarquables.
 Fonctions cosinus et sinus. Parité, périodicité. Courbes représentatives.

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Capacités attendues
 Placer un point sur le cercle trigonométrique.
 Lier la représentation graphique des fonctions cosinus et sinus et le cercle
trigonométrique.
 Traduire graphiquement la parité et la périodicité des fonctions trigonométriques.
 Par lecture du cercle trigonométrique, déterminer, pour des valeurs remarquables
de x, les cosinus et sinus d’angles associés à x.
Démonstration
π π π
 Calcul de sin , cos , sin .
4 3 3
Exemple d’algorithme
 Approximation de π par la méthode d’Archimède.

Géométrie
 Objectifs
L’étude de la géométrie plane menée au collège et en seconde a familiarisé les élèves à la
géométrie de configuration, au calcul vectoriel et à la géométrie repérée.
En première, on poursuit l’étude de la géométrie plane en introduisant de nouveaux outils.
L’enseignement est organisé autour des objectifs suivants :
 donner de nouveaux outils efficaces en vue de la résolution de problèmes
géométriques, du point de vue métrique (produit scalaire) ;
 enrichir la géométrie repérée de manière à pouvoir traiter des problèmes faisant
intervenir l’orthogonalité.
Les élèves doivent conserver une pratique du calcul vectoriel en géométrie non repérée.

 Histoire des mathématiques


La notion de vecteur était implicite en mécanique depuis Galilée mais a mis longtemps à
prendre sa forme actuelle. On observe un lien entre analyse et géométrie en étudiant la
façon dont la notion de vecteur apparait chez Leibniz au cours de ses recherches sur
l’élaboration d’un calcul des variations. Le XIXe siècle voit l’élaboration conjointe de ce qui
deviendra le produit scalaire et de la notion de travail en physique.
Le calcul vectoriel et le produit scalaire permettent une approche de la géométrie différente
de celle des Anciens, sans doute puissante, avec l’avantage de combiner vision géométrique
et calcul.
Les cercles font partie des plus vieux objets mathématiques. La caractérisation du cercle de
diamètre AB comme ensemble des points M tels que le triangle AMB soit rectangle en M
semble remonter à Thalès. Mais ce n'est qu'au XVIIe siècle que Descartes élabore la
méthode des coordonnées et écrit l'équation d’un cercle en repère orthonormé.

 Calcul vectoriel et produit scalaire


Contenus
 Produit scalaire à partir de la projection orthogonale et de la formule avec le cosinus.
Caractérisation de l’orthogonalité.
 Bilinéarité, symétrie. En base orthonormée, expression du produit scalaire et de la
norme, critère d’orthogonalité.
 2
 Développement de u  v . Formule d’Al-Kashi.
 Transformation de l’expression MA  MB .

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Programme de Terminale
 Représentations paramétriques et équations cartésiennes
L’objectif de cette section est de montrer comment la donnée d’un repère, qu’on supposera
orthonormé, permet d’établir un lien entre la géométrie de l’espace et les calculs algébriques
dans ℝ3. L’objectif majeur est une bonne maîtrise des représentations paramétriques de
droites et des équations de plans.
Contenus
 Représentation paramétrique d’une droite.
 Équation cartésienne d’un plan.
Capacités attendues
 Déterminer une représentation paramétrique d’une droite. Reconnaître une droite
donnée par une représentation paramétrique.
 Déterminer l’équation cartésienne d’un plan dont on connaît un vecteur normal et un
point. Reconnaître un plan donné par une équation cartésienne et préciser un vecteur
normal à ce plan.
 Déterminer les coordonnées du projeté orthogonal d’un point sur un plan donné par
une équation cartésienne, ou sur une droite donnée par un point et un vecteur
directeur.
 Dans un cadre géométrique repéré, traduire par un système d’équations linéaires des
problèmes de types suivants : décider si trois vecteurs forment une base, déterminer
les coordonnées d’un vecteur dans une base, étudier une configuration dans l’espace
(alignement, colinéarité, parallélisme, coplanarité, intersection et orthogonalité de
droites ou de plans), etc. Dans des cas simples, résoudre le système obtenu et
interpréter géométriquement les solutions.
Démonstration

 Équation cartésienne du plan normal au vecteur n et passant par le point A.
Approfondissements possibles
 Déterminer l’intersection de deux plans.
 Déterminer un vecteur orthogonal à deux vecteurs non colinéaires.
 Équation d’une sphère dont on connaît le centre et le rayon.
 Intersection d’une sphère et d’une droite.

Analyse
 Objectifs
L’analyse est une part centrale des mathématiques et, comme outil de modélisation et de
calcul, elle joue un rôle essentiel dans l’étude de phénomènes issus des autres disciplines.
Les buts essentiels du programme de la classe terminale sont de donner aux élèves une
bonne intuition des notions fondamentales : convergence, limites, dérivées, intégrales et une
solide pratique des calculs afférents.
Les difficultés de mise en forme des concepts sont évoquées, sans constituer le but central
de l’enseignement. Le programme s’articule autour des notions de suite et de fonction. Ces
deux notions sont intimement liées et le dialogue discret-continu mérite d’être évoqué
régulièrement.
En classe de première, l’étude des suites est abordée sous un angle essentiellement
algébrique. En classe terminale, on commence l’étude de la convergence.
La notion de limite est présentée de manière intuitive, en s’appuyant notamment sur la vision
géométrique et sur l’écriture décimale. On explicite ensuite les définitions mais la maîtrise
complète du formalisme n’est pas un attendu.

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Les objectifs sont plutôt d’installer une pratique solide des aspects opératoires
(détermination de limites) et d’introduire la problématique des théorèmes d’existence,
notamment la convergence d’une suite croissante majorée.
Lors de l’étude d’une suite, on distingue les aspects globaux des aspects asymptotiques. Les
élèves doivent disposer d’un répertoire d’exemples suffisamment riche pour éviter les
confusions entre propriétés.
Les suites interagissent avec les autres parties du programme. Outre leurs interventions en
analyse, de nombreux problèmes de probabilités conduisent naturellement à étudier un
modèle probabiliste dépendant d’un entier n.
En classe terminale, le thème des fonctions s’enrichit avec la notion de fonction convexe,
l’étude des fonctions trigonométrique, l’introduction du logarithme et un travail autour des
notions de limite et de continuité.
Le travail sur les limites, de même nature que celui mené sur les suites, combine
présentation intuitive et pratique d’exemples élémentaires. À travers le théorème des valeurs
intermédiaires, l’étude de la continuité permet de préciser les arguments assurant qu’une
équation du type ƒ(x) = k a des solutions.
Le dernier volet du programme d'analyse porte sur les équations différentielles et le calcul
intégral.
On introduit d'abord la notion de primitive d'une fonction continue ƒ, que l'on présente
comme « problème inverse » de celui de la dérivation ou, de façon équivalente, comme
résolution de l'équation différentielle y’ = ƒ. On étudie ensuite les équations différentielles
linéaires de la forme y’ = ay + b, d'importance fondamentale pour des questions de
modélisation.
L’intégrale est introduite à partir de la notion intuitive d’aire, sur laquelle on ne soulève
aucune difficulté théorique. On fait ensuite le lien avec la notion de primitive, et on présente
la technique d’intégration par parties, qui enrichit considérablement les calculs possibles.
La méthode des rectangles fournit des encadrements pertinents de sommes pour lesquelles
on ne dispose pas de formule exacte ; c’est l’occasion de faire dialoguer simultanément
analyse et géométrie, discret et continu.

 Histoire des mathématiques


Le calcul infinitésimal, qui contient les fonctions usuelles, le calcul différentiel et intégral ont
historiquement précédé la notion de limite qui en donnera des fondements rigoureux.
On trouve des anticipations du calcul intégral chez Archimède (longueur du cercle,
quadrature de la parabole, cubature des solides), Liu-Hui (volume d'un cylindre), Ibn al-
Haytham (volume d’un paraboloïde) puis, bien plus tard, chez Grégoire de Saint-Vincent
(méthode d’exhaustion) ou encore chez Galilée ou Cavalieri (méthode des indivisibles).
Les procédés par lesquels les mathématiciens ont construit et tabulé le logarithme et les
fonctions trigonométriques illustrent les liens entre discret et continu et fournissent une
source féconde d'activités. On peut mentionner les méthodes de Ptolémée et d’Al Kashi, la
méthode de Briggs ou l’utilisation de développements en série. Ces travaux, dont certains
ont été anticipés hors d’Europe, par exemple en Inde par l’école du Kerala, indiquent une
perception intuitive claire des questions de convergence.
Le calcul différentiel s'est développé de concert avec la physique mathématique au XVIIe
siècle. Parmi les initiateurs, Fermat, Huygens, Pascal et Barrow reconnaissent que le
problème des aires (le calcul intégral) est le problème inverse de celui des tangentes (la
dérivation) ; ce thème peut être abordé à partir des travaux sur la quadrature de l'hyperbole.
Les travaux de Newton et Leibniz révèlent deux visions et deux pratiques différentes du
calcul infinitésimal. La justification de telles méthodes nécessitait une mise au point de la
notion de limite. Des fondations solides sont proposées dans le Cours d'Analyse de Cauchy

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(1821, 1823), qui définit précisément la notion de limites et en fait le point de départ de
l'analyse. Parallèlement, les résolutions d’équations différentielles, provenant de la
mécanique ou des mathématiques elles-mêmes, se structurent notamment en lien avec les
séries (Newton, Euler, D'Alembert, Lagrange, Cauchy, Clairaut, Riccati) et illustrent là encore
les ponts entre le discret et le continu.

 Suites
Contenus
 La suite (un) tend vers + ∞ si tout intervalle de la forme [A;+∞[ contient toutes les
valeurs un à partir d'un certain rang. Cas des suites croissantes non majorées. Suite
tendant vers – ∞.
 La suite (un) converge vers le nombre réel 𝓁 si tout intervalle ouvert contenant 𝓁
contient toutes les valeurs un à partir d'un certain rang.
 Limites et comparaison. Théorèmes des gendarmes.
 Opérations sur les limites.
 Comportement d’une suite géométrique (qn) où q est un nombre réel.
 Théorème admis : toute suite croissante majorée (ou décroissante minorée)
converge.
Capacités attendues
 Établir la convergence d’une suite, ou sa divergence vers + ∞ ou – ∞.
 Raisonner par récurrence pour établir une propriété d’une suite.
 Étudier des phénomènes d’évolution modélisables par une suite.
Démonstrations
 Toute suite croissante non majorée tend vers + ∞.
 Limite de (qn), après démonstration par récurrence de l’inégalité de Bernoulli.
 Divergence vers + ∞ d’une suite minorée par une suite divergeant vers + ∞.
 Limite en + ∞ et en – ∞ de la fonction exponentielle.
Exemples d’algorithme
 Recherche de seuils.
1 5
 Recherche de valeurs approchées de π, e, 2, , ln(2), etc.
2
Approfondissements possibles
 Propriétés et utilisation des suites adjacentes.
 Exemples de suites vérifiant une relation de récurrence linéaire d’ordre 2 à
coefficients constants.
 Exemples d’application de la méthode de Newton. Étude de la convergence de la
méthode de Héron.

 Limites des fonctions


Les opérations sur les limites sont admises. L’utilisation de la composition des limites se fait
en contexte.
Contenus
 Limite finie ou infinie d'une fonction en + ∞, en – ∞, en un point. Asymptote parallèle
à un axe de coordonnées.
 Limites faisant intervenir les fonctions de référence étudiées en classe de première :
puissances entières, racine carrée, fonction exponentielle.
 Limites et comparaison.

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 Opérations sur les limites.
Capacités attendues
 Déterminer dans des cas simples la limite d’une suite ou d’une fonction en un point,
en ± ∞, en utilisant les limites usuelles, les croissances comparées, les opérations
sur les limites, des majorations, minorations ou encadrements, la factorisation du
terme prépondérant dans une somme.
 Faire le lien entre l’existence d’une asymptote parallèle à un axe et celle de la limite
correspondante.
Démonstration
 Croissance comparée de x ↦ x n et exp en + ∞.
Approfondissements possibles
 Asymptotes obliques. Branches infinies.

 Compléments sur la dérivation


L’étude de la dérivation, commencée en classe de première, est étendue par l’étude de la
dérivée d’une fonction composée et l’introduction de la dérivée seconde.
L’étude des fonctions convexes permet de réinvestir et d’enrichir le travail entamé en classe
de première sur les dérivées. Elles donnent l’occasion de raisonner en diversifiant les
registres : représentations graphiques, tableaux de variations, expressions symboliques.
Contenus
 Composée de deux fonctions, notation v ○ u. Relation (v ○ u)’ = (v’ ○ u) × u’ pour la
dérivée de la composée de deux fonctions dérivables.
 Dérivée seconde d’une fonction.
 Fonction convexe sur un intervalle : définition par la position relative de la courbe
représentative et des sécantes. Pour une fonction deux fois dérivable, équivalence
admise avec la position par rapport aux tangentes, la croissance de ƒ’, la positivité de
ƒ’’.
 Point d’inflexion.
Capacités attendues
 Calculer la dérivée d’une fonction donnée par une formule simple mettant en jeu
opérations algébriques et composition.
 Calculer la fonction dérivée, déterminer les limites et étudier les variations d'une
fonction construite simplement à partir des fonctions de référence.
 Démontrer des inégalités en utilisant la convexité d’une fonction.
 Esquisser l’allure de la courbe représentative d’une fonction ƒ à partir de la donnée
de tableaux de variations de ƒ, de ƒ’ ou de ƒ’’.
 Lire sur une représentation graphique de ƒ, de ƒ’ ou de ƒ’’ les intervalles où ƒ est
convexe, concave, et les points d’inflexion. Dans le cadre de la résolution de
problème, étudier et utiliser la convexité d’une fonction.
Démonstration
 Si ƒ’’ est positive, alors la courbe représentative de ƒ est au-dessus de ses
tangentes.
Approfondissements possibles
 Courbe de Lorenz.
 Dérivée n-ième d’une fonction.
 Inégalité arithmético-géométrique.

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 Continuité des fonctions d’une variable réelle
La justification de la continuité ou de la dérivabilité d’une fonction sur un intervalle n’est pas
un objectif du programme. Hormis pour la fonction exponentielle, l’étude de la réciproque
d’une fonction continue n’est pas au programme.
Contenus
 Fonction continue en un point (définition par les limites), sur un intervalle. Toute
fonction dérivable est continue.
 Image d’une suite convergente par une fonction continue.
 Théorème des valeurs intermédiaires. Cas des fonctions continues strictement
monotones.
Capacités attendues
 Étudier les solutions d’une équation du type ƒ(x) = k : existence, unicité,
encadrement.
 Pour une fonction continue ƒ d’un intervalle dans lui-même, étudier une suite définie
par une relation de récurrence un+1 = ƒ(un).
Exemples d’algorithme
 Méthode de dichotomie.
 Méthode de Newton, méthode de la sécante.
Approfondissements possibles
 Démonstration par dichotomie du théorème des valeurs intermédiaires.
 Fonctions continues de ℝ dans ℝ telles que ƒ(x + y) = ƒ(x) + ƒ(y) pour tous réels x, y.
 Prolongement par continuité.

 Fonction logarithme
La fonction logarithme népérien est introduite comme fonction réciproque de la fonction
exponentielle étudiée en classe de première. Les élèves s’appuient sur les images mentales
des courbes représentatives des fonctions exponentielle et logarithme.
Contenus
 Fonction logarithme népérien, notée ln, construite comme réciproque de la fonction
exponentielle.
 Propriétés algébriques du logarithme.
 Fonction dérivée du logarithme, variations.
 Limites en 0 et en + ∞, courbe représentative. Lien entre les courbes représentatives
des fonctions logarithme népérien et exponentielle.
 Croissance comparée du logarithme népérien et de x ↦ x n en 0 et en + ∞.
Capacités attendues
 Utiliser l’équation fonctionnelle de l’exponentielle ou du logarithme pour transformer
une écriture, résoudre une équation, une inéquation.
 Dans le cadre d’une résolution de problème, utiliser les propriétés des fonctions
exponentielle et logarithme.
Démonstration
 Calcul de la fonction dérivée de la fonction logarithme népérien, la dérivabilité étant
admise.
 Limite en 0 de x ↦ x ln(x).
Exemple d’algorithme
 Algorithme de Briggs pour le calcul du logarithme.

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Approfondissements possibles
 Pour α dans ℝ, fonction x ↦ xα.
n
 x
 Pour x dans ℝ, limite de 1   .
 n

 Fonctions sinus et cosinus


Contenus
 Fonctions trigonométriques sinus et cosinus : dérivées, variations, courbes
représentatives.
Capacités attendues
 Résoudre une équation du type cos(x) = a, une inéquation de la forme cos(x) ⩽ a sur
[-π,π].
 Dans le cadre de la résolution de problème, notamment géométrique, étudier une
fonction simple définie à partir de fonctions trigonométriques, pour déterminer des
variations, un optimum.
Approfondissement possible
 Fonction tangente.

 Primitives, équations différentielles


Cette section introduit la notion d’équation différentielle sur des cas simples. Les élèves
découvrent en situation le concept d’équation dont l’inconnue est une fonction. L’équation
y’ = ƒ est l’occasion de définir la notion de primitive. Par définition, la recherche d’une
primitive est l’opération inverse de la dérivation, ce qui permet de traiter les cas usuels par
lecture inverse du tableau des dérivées. Il est utile d’admettre ici que toute fonction continue
sur un intervalle admet des primitives, résultat qui est démontré dans la section sur le calcul
intégral. On note aussi que, pour certaines fonctions, on ne dispose pas de primitive
explicite.
L’équation y’ = ay + b est l’occasion de réinvestir les propriétés de la fonction exponentielle.
Lorsque b = 0, on remarque que la somme de deux solutions et le produit d’une solution par
une constante sont encore solutions.
Pour travailler le concept d’équation différentielle, on peut donner d’autres exemples
d’équations différentielles, dont on peut donner des solutions sans en faire de résolution
complète : y’ = y2, y’’ + 2y = 0. Aucune connaissance n’est exigible sur ces exemples.
Contenus
 Équation différentielle y’ = ƒ. Notion de primitive d’une fonction continue sur un
intervalle. Deux primitives d’une même fonction continue sur un intervalle diffèrent
d’une constante.
1
 Primitives des fonctions de référence : x ↦ xn pour n ∈ ℤ, x  , exponentielle,
x
sinus, cosinus.
 Équation différentielle y’ = ay, où a est un nombre réel ; allure des courbes. Équation
différentielle y’ = ay + b.
Capacités attendues
 Calculer une primitive en utilisant les primitives de référence et les fonctions de la
forme (v’ ○ u) × u’.
 Pour une équation différentielle y’ = ay + b (a ≠ 0) : déterminer une solution
particulière constante ; utiliser cette solution pour déterminer toutes les solutions.

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 Pour une équation différentielle y’ = ay + ƒ : à partir de la donnée d’une solution
particulière, déterminer toutes les solutions.
Démonstrations
 Deux primitives d’une même fonction continue sur un intervalle diffèrent d’une
constante.
 Résolution de l’équation différentielle y’ = ay où a est un nombre réel.
Approfondissements possibles
 Autres exemples d’équations différentielles, éventuellement en lien avec une
modélisation, par exemple l’équation logistique.
Exemple d’algorithme
 Résolution par la méthode d’Euler de y’ = ƒ, de y’ = ay + b.

 Calcul intégral
La définition de l’intégrale s’appuie sur la notion intuitive d’aire rencontrée au collège. Les
élèves développent une vision graphique de l’intégrale et maîtrisent le calcul approché, en
liaison avec la méthode des rectangles et le calcul exact par les primitives.
On met en regard les écritures a ƒ( x) dx et ni 1 ƒ( xi ) xi .
b

Contenus
 Définition de l’intégrale d'une fonction continue positive définie sur un segment [a,b],
comme aire sous la courbe représentative de ƒ. Notation a ƒ( x) dx .
b

 Théorème : si ƒ est une fonction continue positive sur [a,b], alors la fonction Fa définie
sur [a,b] par Fa ( x )  a ƒ(t ) dt est la primitive de ƒ qui s’annule en a.
x

 Sous les hypothèses du théorème, relation ab ƒ( x) dx = F(b) - F(a) où F est une
primitive quelconque de ƒ. Notation F ( x )ab .
 Théorème : toute fonction continue sur un intervalle admet des primitives.
 Définition par les primitives de ab ƒ( x) dx lorsque ƒ est une fonction continue de signe
quelconque sur un intervalle contenant a et b.
 Linéarité, positivité et intégration des inégalités. Relation de Chasles.
 Valeur moyenne d’une fonction.
 Intégration par parties.
Capacités attendues
 Estimer graphiquement ou encadrer une intégrale, une valeur moyenne.
 Calculer une intégrale à l’aide d’une primitive, à l’aide d’une intégration par parties.
 Majorer (minorer) une intégrale à partir d'une majoration (minoration) d'une fonction
par une autre fonction.
 Calculer l’aire entre deux courbes.
 Étudier une suite d’intégrales, vérifiant éventuellement une relation de récurrence.
 Interpréter une intégrale, une valeur moyenne dans un contexte issu d’une autre
discipline.
Démonstrations
 Pour une fonction positive croissante ƒ sur [a,b], la fonction x  a ƒ(t ) dt est une
x

primitive de ƒ. Pour toute primitive F d ƒ, relation a ƒ( x) dx = F(b) - F(a).


b

 Intégration par parties.

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Approfondissements possibles
 Approximation d'une aire par l'utilisation de suites adjacentes.
1
 Encadrement de H n  nk 1 par des intégrales.
k
Exemples d’algorithme
 Méthodes des rectangles, des milieux, des trapèzes.
 Méthode de Monte-Carlo.
 Algorithme de Brouncker pour le calcul de ln(2).

Probabilités
 Objectifs
Dans cette partie, on diversifie et on approfondit les modèles probabilistes rencontrés, en
exploitant des situations où interviennent les probabilités conditionnelles, l’indépendance, les
variables aléatoires. Un axe majeur est l’étude de la succession d’un nombre quelconque
d’épreuves aléatoires indépendantes.
Le schéma de Bernoulli est fondamental : succession de n épreuves identiques
indépendantes à deux issues. L’univers est formalisé par {0,1} n (ou {a,b} n) mais il importe
d’exploiter la représentation à l’aide d’arbres, et de conserver l’intuition des situations
concrètes familières : tirage avec remise dans une urne de Bernoulli, lancers de pièce, etc.
L’indépendance des expériences se traduit par la propriété multiplicative : la probabilité
d’une liste de résultats est égale au produit des probabilités des résultats.
On l’introduit en s’appuyant sur le programme de la classe de première, avant d’enrichir cette
approche par de nouveaux outils. Une première étape est la traduction du schéma de
Bernoulli en termes de variables aléatoires, ce qui conduit à introduire la notion de variables
aléatoires indépendantes, l’indépendance étant prise ici au sens d’indépendance mutuelle.
Les deux premiers indicateurs relatifs à une variable aléatoire, l’espérance et la variance, ont
été introduits en classe de première. On en approfondit l’étude dans le cadre des variables
aléatoires finies. La linéarité de l’espérance donne un outil très puissant permettant de
déterminer l’espérance d’une variable aléatoire sans avoir à en déterminer la loi. L’additivité
de la variance pour les variables indépendantes est présentée dans le cadre de la
succession d’épreuves indépendantes. Elle permet d’établir l’expression de la variance de la
moyenne d’un échantillon d’une variable aléatoire.
Dans la troisième section, l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev explicite le rôle de la variance
comme indicateur de dispersion. Tous ces outils se conjuguent pour établir l’inégalité de
concentration pour la moyenne d’un échantillon d’une variable aléatoire, qui justifie
l’apparition du facteur 1 / n en théorie de l’estimation, aperçue expérimentalement en
classe de seconde, et permet d’aboutir à la démonstration de la loi des grands nombres.

 Histoire des mathématiques


La parution de l’Ars Conjectandi de Jacques Bernoulli (1713), reprenant notamment
d’anciens travaux de Huygens, marque une rupture dans l'histoire des probabilités. On y
trouve la première étude de la distribution binomiale, introduite dans le cadre d'un tirage sans
remise pour un modèle d'urne.
Un résultat majeur de cet ouvrage est son « théorème d’or », la loi des grands nombres, qui
relie fréquences et probabilité, valide le principe de l'échantillonnage et est le premier
exemple de « théorème limite » en théorie des probabilités. Le mathématicien français
Bienaymé (en 1853, publication en 1867) et le mathématicien russe Tchebychev (en 1867)
démontrent l’inégalité qui porte leur nom, en parlant de fréquences d’échantillons plutôt que

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