.
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Devoir Surveillé N◦ 2
Ensembles-Applications
Nombres Réels
Durée : 4 heures
Jeudi 12 Novembre 2021
Exercice 1
Pour (𝑥, 𝑦) ∈ (ℝ+ )2 , on pose
𝑑1 (𝑥, 𝑦) = |𝑥 − 𝑦|
et
| 𝑥 𝑦 |
𝑑2 (𝑥, 𝑦) = | − |
|𝑥 + 1 𝑦 + 1|
1. Prouver que
∀(𝑥, 𝑦) ∈ (ℝ+ )2 , 𝑑2 (𝑥, 𝑦) = 0 ⟺ 𝑥 = 𝑦
2. Justifier que
∀(𝑥, 𝑦, 𝑧) ∈ (ℝ+ )3 𝑑2 (𝑥, 𝑧) ≤ 𝑑2 (𝑥, 𝑦) + 𝑑2 (𝑦, 𝑧)
3. Prouver que
∀(𝑥, 𝑦) ∈ (ℝ+ )2 , 𝑑2 (𝑥, 𝑦) ≤ 𝑑1 (𝑥, 𝑦)
4. Existe-t-il un réel λ tel que
∀(𝑥, 𝑦) ∈ (ℝ+ )2 , 𝑑1 (𝑥, 𝑦) ≤ λ𝑑2 (𝑥, 𝑦)
Exercice 2
1
.
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Problème 1
Soit E un ensemble non vide, pour toute partie A de E, on considère la fonction 1A définie par :
1A : E → {0, 1}
1 si x ∈ A
x 7→
0 si x ∈ /A
Cette fonction 1A est appelée fonction caractéristique de A. On notera dans la suite du problème Ā = CE A le
complémentaire de A dans E.
1. Tracer la fonction 1A dans le cas particulier où E = R et A = [−4, −1] ∪ [1, 5].
2. Expliciter les fonctions 1E et 1∅ .
3. Démontrer les formules suivantes avec A et B des parties de E :
(a) 12A = 1A .
(b) A ⊂ B ⇔ 1A ≤ 1B .
(c) A = B ⇔ 1A = 1B .
(d) 1Ā = 1 − 1A .
(e) 1A∩B = 1A 1B .
(f) 1A∪B = 1A + 1B − 1A 1B .
(g) 1A\B = 1A (1 − 1B ).
On rappelle que deux fonctions sont égales si et seulement si elles coı̈ncident en tous les éléments de E.
4. On définit la différence symétrique de deux parties A et B de E par : A∆B = (A ∪ B) \ (B ∩ A).
(a) Montrer que : A∆B = (A \ B) ∪ (B \ A).
(b) Préciser A∆E et A∆∅.
(c) Vérifier que A∆B = (A ∩ B̄) ∪ (Ā ∩ B). Comparer A∆B et Ā∆B̄.
(d) Montrer que 1A∆B = (1A − 1B )2 .
(e) Soit A, B, C trois sous-ensembles de E, en utilisant la propriété démontrée à la question précédente et les
questions 3.(a) et 3.(c), montrer que (A∆B)∆C = A∆(B∆C).
5. On considère l’application suivante :
Γ : P(E) → F(E, {0, 1})
A 7→ 1A
Montrer que Γ est une bijection.
6. Soit F un deuxième ensemble, B une partie de F et f : E → F une application. Montrer que :
1f −1 (B) = 1B ◦ f
.
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Problème 2
L’objectif de ce problème est d’étudier quelques bijections mettant en jeu l’ensemble N. La plupart des questions
peuvent être traitées séparément.
1. Donner deux bijections de N vers N∗ .
2. Montrer que l’application f suivante est une bijection entre N et Z :
f: N → Z
n
si n est pair
n →
7 2
−n + 1 si n est impair
2
3. On considère l’application g suivante :
g: N2 → N
(k, n) 7→ 2k (2n + 1) − 1
(a) Montrer que tout nombre entier non nul s’écrit sous la forme 2k (2n + 1) où n et k sont des entiers naturels.
(b) Soit m ∈ N, montrer que m admet un antécédent par g.
(c) Montrer que g est injective.
(d) En déduire que g est une bijection.
4. Démontrer qu’il existe une bijection entre Np et N où p est un entier non nul. On pourra raisonner par récurrence
et utiliser l’application g définie à la question précédente. On ne cherchera pas à donner une formule explicite
pour cette bijection.
5. Donner une bijection entre N et Q. On n’ambitionnera pas de donner une démonstration rigoureuse ou une
formule explicite mais une description détaillée suffira.
6. Soit h ∈ F(N, N) une application injective. On suppose de plus que : ∀n ∈ N, h(n) ≤ n, montrer que h est
l’identité.
.
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Problème 1
Partie I
Soit H un sous-groupe, non trivial, de pR, `q. On note H` “ H X R˚` . Pour tout a dans R,
on note aZ “ tka, k P Zu.
1. Justifier l’existence de inf H` . On note – “ inf H` .
2. On suppose que – ° 0.
(a) Si – R H` , justifier l’existence de h1 P H tel que – † h1 † 2–. En déduire que
– P H` .
(b) Pour tout x P R, justifier l’existence de m P Z tel que m– § x † pm ` 1q–.
(c) Démontrer que H “ –Z.
3. On suppose que – “ 0. Démontrer que H est dense dans R. Donner un exemple de sous-
groupe dense de pR, `q.
4. Quels sont les sous-groupes de R ?
5. Soient pa, bq P R2 . On pose G “ aZ ` bZ “ tua ` vb, pu, vq P Zu.
(a) Montrer que G est un sous-groupe de pR, `q.
1
(b) Pour a “ 1{3 et b “ 1{7, démontrer que – • , où – “ inf G X R˚` , et justifier qu’il
21
1
existe pu, vq P Z2 tel que 3u ` 7v “ 1. En déduire que G “ Z.
21
a
(c) Démontrer que G est discret (de la forme –Z, avec – P R) si, et seulement si, est
b
rationnel.
Partie II
Soient A un ensemble dense dans R et f une fonction continue sur R à valeurs dans R.
1. Démontrer que f pAq est dense dans Im pf q.
2. En déduire que l’ensemble tsinpnq, n P Nu est dense dans r´1, 1s.
Partie III
Soit f une fonction périodique et non constante sur R. On note :
G “ tT P R, f px ` T q “ f pxq, @x P Ru.
L’ensemble G est l’ensemble des périodes de f . On dit que f possède une période fondamentale
lorsque G X R` possède un minimum.
1. Montrer que G est une groupe pour l’addition usuelle.
2. On suppose que f est continue sur R. Démontrer que f est constante sur G. En déduire
que f possède une période fondamentale.
3. Donner un exemple de fonction périodique sur R qui ne possède pas de période fondamen-
tale.
i
F
nn
i
.
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Problème 1
1. Par définition, on a :
1A : R → {0,
1}
1 si x ∈ [−4, −1] ∪ [1, 5]
x 7→
0 sinon
D’où le graphique suivant :
2. Par définition, pour tout x ∈ E, 1E (x) = 1, ainsi :
1E est la fonction constante égale à 1
D’autre part, pour tout x ∈ E, 1∅ (x) = 0 :
1∅ est la fonction constante égale à 0
3. (a) Soit A ⊂ E, la fonction 1A ne prend que les valeurs 0 ou 1. Ainsi pour tout x ∈ E, 1A (x)2 = 1A (x), ce qui
permet de dire que :
12A = 1A
(b) On peut traiter cette questions à l’aide d’un tableau récapitulatif, prenons A et B deux parties de E et x
un élément de E :
x ∈ A x ∈ B 1A (x) 1B (x)
cas 1 oui oui 1 1
cas 2 oui non 1 0
cas 3 non oui 0 1
cas 4 non non 0 0
On a :
A ⊂ B ⇔ on se trouve dans les cas 1, 3 ou 4 ⇔ 1A ≤ 1B
A ⊂ B ⇔ 1A ≤ 1B
Il y a bien entendu d’autres façon de rédiger cette question sans l’aide de ce tableau et en traitant les
différents cas possibles.
.
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(c) On utilise la question précédente, soient A et B deux parties de E :
A = B ⇔ A ⊂ B et B ⊂ A ⇔ 1A ≤ 1B et 1B ≤ 1A ⇔ 1A = 1B
A = B ⇔ 1A = 1B
(d) Là aussi un tableau résumant les différents cas fait l’affaire. Soient A et B deux parties de E et x ∈ E :
x ∈ A x ∈ Ā 1A (x) 1Ā (x)
oui non 1 0
non oui 0 1
Il est clair que : ∀x ∈ E, 1Ā (x) = 1 − 1A (x).
1Ā = 1 − 1A
(e) On emploie la même méthode avec A et B deux parties de E et x ∈ E :
x ∈ A x ∈ B x ∈ A ∩ B 1A (x) 1B (x) 1A (x) × 1B (x) 1A∩B (x)
oui oui oui 1 1 1 1
oui non non 1 0 0 0
non oui non 0 1 0 0
non non non 0 0 0 0
On constate que : ∀x ∈ E, 1A (x)1B (x) = 1A∩B (x), ainsi :
1A 1B = 1A∩B
(f) Voici le tableau correspondant à la situation avec A et B deux parties de E et x ∈ E :
x ∈ A x ∈ B x ∈ A ∪ B 1A (x) 1B (x) 1A (x) + 1B (x) − 1A (x) × 1B (x) 1A∪B (x)
oui oui oui 1 1 1+1−1=1 1
oui non oui 1 0 1+0−0=1 1
non oui oui 0 1 0+1−0=1 1
non non non 0 0 0+0−0=0 0
Ce qui démontre que :
1A + 1B − 1A 1B = 1A∪B
(g) On a vu dans le cours que pour toutes parties X et Y de E, on a X \ Y = X ∩ Y . Considérons A et B
deux parties de E, on a :
1A\B = 1A∩B̄ = 1A 1B̄ = 1A (1 − 1B )
Ceci en utilisant les formules démontrées aux questions 3.(d) et 3.(e).
1A\B = 1A (1 − 1B )
.
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4. (a) On a :
A∆B = (A ∪ B) \ (B ∩ A)
= (A ∪ B) ∩ (B ∩ A)
= (A ∪ B) ∩ (B̄ ∪ Ā)
= [A ∩ (B̄ ∪ Ā)] ∪ [B ∩ (B̄ ∪ Ā)] en distribuant
= [(A ∩ B̄) ∪ (A ∩ Ā)] ∪ [(B ∩ B̄) ∪ (B ∩ Ā)] or A ∩ Ā = ∅ et B ∩ B̄ = ∅
= (A ∩ B̄) ∪ (B ∩ Ā)
= (A \ B) ∪ (B \ A)
Ce qui démontre que :
∀(A, B) ∈ P(E)2 , A∆B = (A \ B) ∪ (B \ A)
(b) Soit A une partie de E, en utilisant la définition, on a :
A∆E = (A ∪ E) \ (A ∩ E) = E \ A = Ā
et :
A∆∅ = (A ∪ ∅) \ (A ∩ ∅) = A \ ∅ = A
∀A ∈ P(E), A∆E = Ā et A∆∅ = A
(c) La formule A∆B = (A ∩ B̄) ∪ (B ∩ Ā) a été démontrée au cours de la question 4.(a). En utilisant cette
égalité, on a pour toutes parties A etB de E :
¯ ) ∪ (B̄ ∩ ) = (Ā ∩ B) ∪ (B̄ ∩ A) = A∆B
Ā∆B̄ = (Ā ∩ B̄
∀(A, B) ∈ P(E)2 , Ā∆B̄ = A∆B
(d) On va utiliser les différents résultats de la question 3. :
1A∆B = 1(A∪B)\(A∩B) définition de la différence symétrique
= (1A∪B )(1 − 1A∩B ) avec 3.(g)
= (1A + 1B − 1A 1B )(1 − 1A 1B ) en utilisant 3.(e) et 3.(f)
= 1A + 1B − 1A 1B − 1A 1A 1B − 1B 1A 1B + 1A 1B 1A 1B en développant
= 1A + 1B − 2 × 1A 1B en utilisant 3.(a)
= (1A − 1B )2
Ce qui démontre que :
∀(A, B) ∈ P(E)2 , 1A∆B = (1A − 1B )2
(e) Soient A, B et C trois parties de E. D’après la question 3.(c) deux ensembles sont égaux si et seulement
si leurs fonctions caractéristiques sont égales, il s’agit donc de montrer que 1(A∆B)∆C = 1A∆(B∆C) . Pour
cela, on va bien entendu se servir de la formule démontrée à la question précédente :
1A∆B∆C = (1(A∆B) − 1C )2
2
= (1A − 1B )2 − 1C
= (12A + 12B − 21A 1B − 1C )2
= (1A + 1B − 21A 1B − 1C )2
= 12A + 12B + 412A 12B + 12C + 21A 1B − 41A 1A 1B − 41B 1A 1B − 21A 1C − 21B 1C + 41A 1B 1C
= 1A + 1B + 1C − 21A 1B − 21A 1C − 21B 1C + 41A 1B 1C
.
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D’autre part :
1A∆(B∆C) = (1A − 1B∆C )2
2
= 1A − (1B − 1C )
= (1A − 12B − 12C + 21B 1C )2
= (1A − 1B − 1C + 21B 1C )2
= 12A + 12B + 12C + 412B 12C − 21A 1B − 21A 1C + 41A 1B 1C + 21B 1C − 412B 1C − 41B 12C
= 1A + 1B + 1C − 21A 1B − 21A 1C − 21B 1C + 41A 1B 1C
Dans ces calculs, on a utilisé systématiquement que 12A = 1A , 12B = 1B et 12C = 1C .
On a bien 1(A∆B)∆C = 1A∆(B∆C) et par suite :
La différence symétrique est associative
Cette question illustre l’importance de la la fonction caractéristique qui permet de démontrer une propriété
sur les ensembles juste par un calcul algébrique.
5. Démontrons la surjectivité de Γ puis son injectivité.
I Soit f ∈ F(E, {0, 1}), trouvons-lui un antécédent par Γ. On pose A = f −1 ({1}), c’est bien une partie de E
et on a pour tout x ∈ E :
Γ(A)(x) = 1 ⇔ 1A (x) = 1 ⇔ x ∈ A ⇔ x ∈ f −1 ({1}) ⇔ f (x) = 1
Les assertions soulignées montrent que 1A = f puisque 1A et f sont à valeurs dans {0, 1}.
On a trouvé un antécédent à f par Γ, c’est A.
I Prenons A et B deux parties de E et supposons que Γ(A) = Γ(B), c’est-à-dire que 1A = 1B et d’après la
question 3.(c) cela donne A = B. Ce qui démontre que f est injective.
Γ est une bijection
6. I Soit B une partie de F . Soit x ∈ f −1 (B), on a f (x) ∈ B. Ainsi dans ce cas 1f −1 (B) (x) = 1 et 1B ◦ f (x) =
1B (f (x)) = 1.
I Soit x ∈/ f −1 (B), on a f (x) ∈
/ B. Ainsi dans ce cas 1f −1 (B) (x) = 0 et 1B ◦ f (x) = 1B (f (x)) = 0.
Dans les deux cas, les fonctions 1f −1 (B) et 1B ◦ f coı̈ncident
1f −1 (B) = 1B ◦ f
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Problème 1
1. La bijection la plus simple entre N et N∗ est :
ϕ1 : N → N∗
n 7→ n + 1
Pour démontrer que ϕ est une bijection, on pourrait démontrer qu’elle est injective et surjective ou, plus
simplement, donner sa bijection réciproque :
ψ1 : N∗ → N
n 7→ n − 1
On a bien ϕ1 ◦ ψ1 = IdN∗ et ψ1 ◦ ϕ1 = IdN .
Voici une autre bijection :
∗
ϕ2 : N → N
n+1 si n∈
/ {0, 1}
n 7→ 2 si n=0
1 si n=1
Sa bijection réciproque est :
ψ2 : N∗ → N
n−1 si n∈
/ {1, 2}
n 7→ 0 si n=2
1 si n=1
N est en bijection avec N∗
2. Il est ici moins facile de trouver directement la bijection réciproque de f . Montrons qu’elle est injective puis
surjective. Dans la démonstration, on va utiliser que n est pair si et seulement si f (n) ≥ 0 et n est impair si et
seulement si f (n) < 0.
I Injectivité. Soient n et n0 deux entiers naturels tels que f (n) = f (n0 ), démontrons que n = n0 . Étant donné
que f (n) = f (n0 ), d’après la remarque préliminaire, il est nécessaire que n et n0 aient la même parité.
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n n0
• Si n et n0 sont pairs alors f (n) = f (n0 ) ⇔ = ⇔ n = n0 .
2 2
n+1 n0 + 1
• Si n et n0 sont impairs alors f (n) = f (n0 ) ⇔ − =− ⇔ n = n0 .
2 2
Ce qui démontre que f est injective.
I Surjectivité. Soit n ∈ Z, trouvons-lui un antécédent par f .
• Si n ≥ 0, on f (2n) = n ainsi 2n est un antécédent de n par f .
(−1 − 2n) + 1
• Si n < 0, on a f (−1 − 2n) = − = n ainsi −1 − 2n est un antécédent de n par f .
2
Remarquons que cet antécédent est bien un entier naturel car n < 0 donc n ≤ −1 puisque n est un entier et
par suite −1 − 2n ≥ 0.
Ainsi f est une bijection et aussi surprenant que cela puisse paraı̂tre :
N est en bijection avec Z
Au cours de cette question, on a d’ailleurs trouvé la bijection réciproque de f , c’est :
f −1 : Z → N
2n si n≥0
n 7→
−1 − 2n si n ≤ −1
3. (a) Soit m ∈ N∗ , tentons de l’écrire sous la forme demandée.
I Si m = 1, on a : 1 = 20 (2 × 0 + 1) ainsi choisir k = 0 et n = 0 convient.
I Si m ≥ 2, on a déjà vu en cours que m peut s’écrire comme un produit de facteurs premiers. C’est-à-dire
qu’il existe des nombres premiers impairs p1 , p2 ,..., pr et des entiers naturels k, a1 , a2 ,..., ar avec r ∈ N
tels que :
m = 2k pa11 pa22 ...par r
Notons que k peut être éventuellement nul dans le cas où m est un entier impair. Le produit pa11 pa22 ...par r
est un entier impair puisque les nombres premiers mis en jeu sont impairs donc il existe n ∈ N tel que
pa11 pa22 ...par r = 2n + 1. Finalement, on a bien m = 2k (2n + 1).
∀m ∈ N∗ , ∃(n, k) ∈ N2 , m = 2k (2n + 1)
Vous pouvez, en guise d’exercice, démontrer ce résultat par récurrence forte.
(b) Soit m ∈ N trouvons-lui un antécédent par g. On a m + 1 ∈ N∗ on peut donc appliquer le résultat de la
question précédente à m + 1, il existe (k, n) ∈ N2 tels que m + 1 = 2k (2n + 1) ou encore m = 2k (2n + 1) − 1.
C’est-à-dire g(k, n) = m.
g est surjective
(c) Donnons-nous (k, k 0 , n, n0 ) ∈ N4 et supposons que g(k, n) = g(k 0 , n0 ), c’est-à-dire :
0
2k (2n + 1) = 2k (2n0 + 1) (F)
Considérons plusieurs cas :
0 0
I si k > k 0 , on divise l’égalité par 2k ce qui donne 2k−k (2n + 1) = 2n0 + 1. Ceci est absurde puisque le
membre de gauche est pair et le membre de droite est impair.
0
I si k 0 > k, on divise l’égalité par 2k ce qui donne 2n + 1 = 2k −k (2n0 + 1). Ceci est absurde puisque le
membre de gauche est impair et le membre de droite est pair.
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Nécessairement k = k 0 et en divisant l’égalité (F) par 2k , on obtient 2n + 1 = 2n0 + 1 d’où n = n0 .
Finalement (k, n) = (k 0 , n0 ).
g est injective
(d) La fonction g est surjective d’après la question 3.(b) et injective d’après la question 3.(c).
g est une bijection de N2 dans N
4. Considérons l’hypothèse de récurrence suivante valable pour p ∈ N∗ :
Hp : ”il existe une bijection entre Np et N”
I Initialisation. Pour p = 1, le résultat est évident puisque pour la bijection en question on peut choisir l’identité.
Remarquons d’ailleurs que la question 3. démontre que H2 est vraie.
I Hérédité. Fixons p ∈ N∗ et supposons avoir trouvé une bijection ϕp entre Np et N et démontrons qu’il existe
une bijection entre Np+1 et N. On pose :
ϕp+1 : Np+1 → N
(n1 , n2 , ..., np+1 ) 7→ g(ϕp (n1 , ..., np ), np+1 )
Il reste à démontrer que ϕp+1 est bien une bijection.
Injectivité. Supposons que ϕp+1 (n1 , n2 , ..., np+1 ) = ϕp+1 (n01 , n02 , ..., n0p+1 ) avec (ni )1≤i≤p+1 ∈ Np+1 et
(n0i )1≤i≤p+1 ∈ Np+1 . On a :
g(ϕp (n1 , ..., np ), np+1 ) = g(ϕp (n01 , ..., n0p ), n0p+1 )
L’application g est injective, ainsi l’égalité précédente implique que : ϕp (n1 , ..., np ) = ϕp (n01 , ..., n0p ) et
np+1 = n0p+1 . De plus, par hypothèse de récurrence, ϕp est injective donc n1 = n01 , n2 = n02 ,..., np = n0p .
Finalement :
∀i ∈ J1, p + 1K, ni = n0i
Ce qui démontre l’injectivité.
Surjectivité. Soit m ∈ N, trouvons-lui un antécédent par ϕp+1 . Déjà, on sait, d’après la question 3. que
g est surjective, c’est-à-dire qu’il existe (k, n) ∈ N2 tels que g(k, n) = m. D’autre part ϕp est surjective donc il
existe (n1 , ..., np ) ∈ Np tels que ϕp (n1 , ..., np ) = k. On a :
ϕp+1 (n1 , n2 , ..., np , n) = g(ϕp (n1 , ..., np ), n) = g(k, n) = m
L’application ϕp+1 est bien surjective.
Finalement l’application ϕp+1 est une bijection de Np+1 dans N, ce qui démontre que Hp+1 est vraie et achève
la récurrence.
∀p ∈ N∗ , Np est en bijection avec N
5. Trouver une bijection entre N et Q revient à trouver une façon de compter les éléments de Q. Le schéma suivant
explique comment faire :
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p
Le point de coordonnées (p, q) correspond au rationnel où (p, q) ∈ Z × N. On numérote les points comme
q
indiqué sur le dessin, on saute les rationnels que l’on a déjà pris en compte. Ainsi on définit ϕ : N → Q
1
une bijection. Par exemple ϕ(10) = car 10 correspond au point de coordonnées (1, 3) sur le dessin. Le point
3
3 1
(3, 3), par exemple, n’a pas de numéro (c’est-à-dire d’antécédent par ϕ) car = que l’on a déjà compté
3 1
précédemment. Ceci explique que ϕ est injective, une même fraction n’ayant pas deux numéros. La fonction ϕ
p
est bien surjective puisque si r ∈ Q avec r = et p et q premiers entre eux, le point de coordonnées (p, q) aura
q
un numéro.
N est en bijection avec Q
Un ensemble qui est en bijection avec N est dit dénombrable, puisque grâce à cette bijection on peut compter les
éléments de l’ensemble en question. Le mathématicien allemand Georg Cantor (1845-1918) a démontré que R
n’est pas dénombrable. Vous trouverez sur internet des explications sur sa démonstration appelée ”diagonale de
Cantor”.
6. C’est l’occasion d’utiliser une récurrence forte. On considère l’hypothèse suivante valable pour n ∈ N :
Hn : ”h(n) = n”
I Initialisation. Par hypothèse h est à valeurs dans N et h(0) ≤ 0. Ceci implique que h(0) = 0, c’est-à-dire que
H0 est vraie.
I Hérédité. Fixons un entier n ∈ N et supposons que pour tout k ∈ J0, nK, on a h(k) = k. Démontrons que
h(n + 1) = n + 1. Par hypothèse, on a h(n + 1) ≤ n + 1 or pour tout k ∈ J1, nK, k possède un antécédent par h
et comme h est injective, on ne peut avoir h(n + 1) = k. Ainsi, on a h(n + 1) = n = 1. Ceci démontre que Hn+1
est vraie et achève la récurrence.
On conclut grâce au principe de récurrence que :
h est l’identité de N dans N
.
Problèmes Corrigés Prof. Mamouni
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Problème 3 Partie I
1. Comme H ‰ t0u, il existe x P H, avec x ‰ 0. Si x ° 0, alors x P H` , sinon, ´x ° 0 et
´x P H, car H est un groupe, puis ´x P H` . Dans les deux cas, H` ‰ H. De plus, H`
est minorée par 0, donc, d’après la propriété de la borne supérieure dans R, inf H` existe.
2. On suppose que – ° 0.
(a) D’après la propriété de la borne supérieure, il existe h1 P H` tel que – § h1 † 2–.
De plus, si – R H` , alors a † h1 . De même, il existe h2 P H` tel que – † h2 † h1 ,
d’où 0 † h1 ´ h2 † –. De plus, comme H est un groupe, on a h2 ´ h1 P H. Ainsi
h2 ´ h1 P H` , avec h2 ´ h1 † –, ce qui contredit la définition de –. Donc – P H`
(c’est un minimum).
(b) Il suffit de prendre m “ tx{–u.
(c) D’après la question 2.a, – P H. De plus, H est un sous-groupe, donc –Z Ä H. Soit
x P H. D’après la question précédente, il existe m P Z tel que 0 § x ´ m– † –.
Comme x ´ m– P H, car m– P H, il vient x ´ m– “ 0 (sinon cela contredirait la
définition de –). Ainsi, x “ m– P –Z, puis H Ä –Z. En conclusion, H “ –Z.
3. Soient x et y dans R, avec x † y. Comme – “ 0 et 0 R H` , la propriété de la borne
supérieure assure l’existence de h P H` tel que 0 † h † y ´ x. Pour m “ tx{hu, on a
x † pm ` 1qh et mh § x, d’où x † mh ` h § x ` h † y. Enfin, on a bien pm ` 1qh P H
compris entre x et y. Ainsi, H est dense dans R. Q est un sous-groupe dense de R.
4. Les sous-groupes de R sont de la forme –Z, avec – P R, ou dense dans R.
5. (a) Pour u “ v “ 0, on a 0 P G, et, pour tout pu, v, w, tq P Z4 , on a pua ` vbq ´ pwa ` tbq “
pu ´ wqa ` pv ´ tqb P G.
u v 7u ` 3v 1
(b) Pour pu, vq P Z, ` “ et |7u ` 3v| • 1, d’où – • . Le théorème de
3 7 21 21
1 1 2 1
Bézout donne 7 ˆ 1 ´ 3 ˆ 2 “ 1, d’où “ ´ . Ainsi, “ min G X R˚` , puis
21 3 7 21
1
G “ Z.
21
a p
(c) On suppose que “ , avec pp, qq PP Z ˆ N˚ tel que p ^ q “ 1. D’après le théorème
b q
de Bézout, il existe pu, vq P Z2 tel que pu ` qv “ 1. Par conséquent, 1 P pZ ` qZ, puis
pZ ` qZ “ Z. On a alors :
a p b b
aZ ` bZ “ bp Z ` Zq “ bp Z ` Zq “ ppZ ` qZq “ Z.
b q q q
Réciproquement, si aZ ` bZ “ cZ, avec c P R. En particulier, a et b sont dans cZ,
a u
d’où a “ cu et b “ cv, avec pu, vq P Z2 . Ainsi “ est un nombre rationnel.
b v