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La Societe

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LA SOCIETE

I. NOTIONS A MAITRISER

La société définit cet entité selon laquelle les individus sont soudés entre eux et se
trouvent dans un rapport plus ou moins fort d'interdépendance. Elle s'organise en différents
sous-groupes qui entretiennent ensemble des relations plus ou moins pacifiées.

On peut imaginer un état de pré-société ou asocial qui serait caractérisé par un humain
abandonné à lui-même, sans lien avec les autres, tentant autant que faire se peut, de conserver
sa vie et d'éviter les dangers. Cette fiction de philosophe s'appelle l'état de nature. Il s'agit
ensuite de réfléchir au lien qu'il pourrait y avoir entre cet état initial et la formation de la
société où les individus sortent de l'isolement et sont unis autour d'un accord plus ou moins
tacite (plus ou moins choisi).

Est-ce que la société est le prolongement d'un état de nature qui caractérisé l'humain
dans son individualité ? Ou la société est-elle une rupture avec l'état de nature ? Autrement
dit, il faut de demander s'il est dans la nature de l'humain de s'unir en société ou si c'est une
nécessité extérieure à lui qui le pousse à s'associer. C'est toute la question de la continuité
entre nature et culture ou la rupture entre les deux. La culture est-elle le prolongement de la
nature ? Ou la culture est-elle une force contre-nature ?
La société organise les relations humaines et se déclinent en plusieurs communautés d'intérêts
qui vont défendre leur vision du vivre ensemble. Les conflits qui peuvent naître des désaccords
dans les différentes visions demanderont à être régulés. C'est de cette façon que naît l'Etat. Il
va produire des règles de régulation collective qui vont s'imposer à l'ensemble de la société
avec cet objectif de l'organiser selon un objectif bien précis (en faveur de certains, en faveur
de tous...). Le passage de l'état de nature à l'état civil est aussi marqué par une définition du
rapport qu'entretiennent différences et inégalités. Les différences naturelles (la taille, le poids,
la force, les capacités cognitives...) peuvent se transformer en inégalités dans l'état civil.
Certaines aptitudes naturelles seront favorisées par rapport à d'autres. Le contrat social,
l'accord des membres de la société civile pour s'unir autour d'un certain nombre de règles,
devra statuer sur la place de ces différences. Il pourra le faire selon les principes de la justice,
de l'égalité, de la tolérance ou encore de la liberté.

Dans une société, les systèmes d'échange sont complexes et vont conditionner la bonne
entente entre les individus et entre les groupes. Les relations sont marquées par des système
d'échange matériel (économique), symbolique (traditions, croyances, rituels) et de parenté
(règles des unions). Le maintien de ces relations par un jeu de don et de contre-don est
essentiel. C'est une façon de créer du brassage et de ne pas faire s'isoler des parties du corps
social. Les sociétés sont de plusieurs types, certaines ont des solidarités dites mécaniques, ce
qui signifie que les individus sont caractérisés par des similitudes, ils ont les mêmes croyances,
les mêmes rites, les mêmes valeurs et modes de pensée et c'est ce qui crée l'unité. Dans les
sociétés à solidarité organique, les individus et les sous-groupes sont spécialisés dans des
fonctions sociales et leur unité tient à leur interdépendance et leur complémentarité. Chacun a
besoin des autres comme les organes qui ne peuvent pas fonctionner indépendamment dans
un corps.
II. LES AUTEURS A CONNAITRE

Aristote, La politique

Pour le philosophe, il y a une tendance naturelle de l'humain à former des sociétés. Il est un
animal dont la caractéristique principale est de former des sociétés et d'organiser des
échanges. C'est en ce sens qu'Aristote définit l'humain comme un animal politique. La société
ne va donc pas contre la nature, elle en est son expression même.

Rousseau, Essai sur les origines et les fondements des inégalités parmi les hommes

L'homme dans l'état de nature, qui précède la formation de la société civile, est seul. La règle
qui régit cet état de nature est la loi du plus fort. Il peut donc s'imposer tant qu'il n'a pas trouvé
plus fort que lui. Il est parfaitement libre mais sa vie y est constamment en danger. C'est avec
l'apparition de la propriété qui correspond au premier qui a dit « ceci est à moi » et la nécessité
de protéger cette propriété que naît le premier contrat social et que les individus choisissent
de former une société. Dans un deuxième temps, les hommes entre eux opteront pour le bon
contrat social : celui qui garantit la volonté générale et protègent les différences d'une inégalité
de traitement.

Kant, Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique

Pour l'auteur, il y a une tension interne à l'humain : il est à la fois enclin à former des sociétés
pour y développer ses dispositions naturelles mais il est aussi insociable par nature dans la
recherche de son intérêt propre, différent de l'intérêt de l'autre. Il appelle ce phénomène
« l'insociable sociabilité » C'est cette tension qui va le conduire à s'associer et à trouver un état
d'équilibre. C'est dans cette opposition entre le désir de s'associer et la volonté de régler ses
affaires seul que l'humain développe tout son potentiel et que la dynamique sociale se nourrit.

Durkheim, Les règles de la méthode sociologique

Pour le sociologue, la société a une existence propre, indépendamment des individus qui la
constituent. La société n'est pas le fruit d'une somme d'individus qui ont passé un contrat
entre eux et qui choisissent la forme de leur union. C'est une entité qui les dépasse et organise
leurs comportements. On peut donc étudier les faits sociaux comme des choses, qui ne sont
pas produites par des consciences, mais qui sont réglées par des mécanismes indépendants.
Ces mécanismes peuvent être décrits par des lois, c'est le travail du sociologue de les mettre
en évidence. Les faits sociaux sont le résultat d'une activité contraignante de la société sur les
individus. Les individus sont conditionnés à agir de telle ou telle façon sans en avoir
nécessairement conscience.

Mauss, Essai sur le don

Le don est au cœur de l'échange qui unit les différents membres d'un groupe, les différentes
parties d'une société ou les différentes sociétés entre elles. Derrière cet acte apparemment
gratuit, se joue le ciment de la vie collective. C'est grâce aux dons que les échanges sont
possibles et que la paix peut être maintenue. Mauss analyse le phénomène du don/contre-
don : lorsque quelque chose a été offert en don, l'attente du contre-don est une période de
paix. Ces dons ne sont pas seulement matériels ou économiques, ce sont aussi des échanges
symboliques.

Lévi Strauss, Les structures élémentaires de la parenté


On peut trouver des règles générales qui structurent toute forme de société. C'est le cas du
tabou de l'inceste selon l'ethnologue. En effet, on peut remarquer que toutes les sociétés, sans
exception, sanctionnent les relations sexuelles familiales, ou internes au groupe restreint. A ce
principe de tabou de l'inceste, s'associe une règle d'exogamie (aller à l'extérieur du groupe)
selon laquelle les membres d'un groupe s'unissent aux membres d'un autre groupe. C'est
d'ailleurs ce qui favorise les relations de paix entre les différents groupes.

III. CITATIONS

Aristote, La politique

« La cité est au nombre des réalités qui existent naturellement, et l'homme est par nature un
animal politique. »

Cicéron, Traité des devoirs

« De toutes les sociétés, il n'en est pas de plus belle et de plus solide que celle d'honnêtes gens
entre lesquels la ressemblance des caractères produit l'amitié. »

Locke, Second traité du gouvernement civil

« Là seulement se trouve une société politique, où chacun de ses membres s'est dépouillé de
son pouvoir naturel, et l'a remis entre les mains de la société afin qu'elle en dispose dans
toutes sortes de causes, qui n'empêchent point d'appeler toujours aux lois établies par elle. »

Durkheim, Les règles de la méthode sociologique


« Si nous disons que la vie sociale est naturelle, ce n'est pas que nous en trouvions la source
dans la nature de l'individu ; c'est qu'elle dérive directement de l'être collectif qui est, par lui-
même, une nature sui generis (en propre, en elle-même). »

« La société suppose une organisation consciente de soi qui n'est autre chose qu'une
classification. Cette organisation de la société se communique naturellement à l'espace qu'elle
occupe. »

Mauss, Essai sur le don

« Ce ne sont pas des individus, ce sont des collectivités qui s'obligent mutuellement échangent
et contractent ; les personnes présentes au contrat sont donc des personnes morales. »

Lévi Strauss, Les structures élémentaires de la parenté

« Partout où la règle se manifeste, nous savons avec certitude être à l'étage de la culture. »

IV. LES COUPLES DE NOTION QUI PEUVENT SERVIR A


CONSTRUIRE LES PROBLEMATIQUES

Individu / société

Nature / culture

Société / Etat
Société / communauté

Egalité / différence

Echange économiques / échanges symboliques

Société à solidarité mécanique / société à solidarité organique

V. SUJETS POSSIBLES

La société est-elle un obstacle à la liberté de l'individu ?

L'homme est-il un loup pour l'homme ?

Une société juste est-elle possible ?

Les échanges sont-ils une garantie de la paix sociale ?

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