Four A Arc
Four A Arc
I.1. INTRODUCTION
Le four à arc d’aciérie est un outil de fusion destiné à fondre un métal primaire qui est, en
général, de la ferraille, mais qui peut être de la fonte (solide ou liquide) ou encore des
minerais pré-réduits. C’est au début du XXème siècle que sont apparus les premiers fours à arcs
industriels.
La fusion des ferrailles au four électrique a été rendue possible par l’invention du four à arc
par le Français Paul Louis Héroult (1863-1914), la première application industrielle a eu lieu
le 9 octobre 1900. Le procédé permet d’élaborer des aciers de qualité. Initialement, le four
Héroult comportait deux électrodes reliées chacune à une bornes d’une génératrices à courant
continue ou alternatif. Assez rapidement, il a été équipé de trois électrodes relies a un réseau
triphasés.
A cette époque, il existe un autre type de four à arc, aussi très répondu pour la fusion de
l’acier ; le four de Girode ce four comportait une seul électrode de voûte, relié à une des
bornes d’une génératrice, et plusieurs électrodes de sole en acier, reliées ensemble à l’autre
borne.
La capacité de ces fours était de l’ordre de quelques tonnes à quelques dizaines de tonnes.
Depuis cette époque, bien que reposant sur les mêmes principes de base, les fours à arcs ont
connus un développement important aussi bien du point de vue technologique que du point de
vue capacité de production.
En effet, la capacité des fours modernes avoisine les 200 tonnes avec une consommation
énergétique comprise entre 400 et 500 kWh/t. Les grands fours industriels représentent une
part importante de la consommation d’énergie électrique dans le domaine industriel.
Selon certaines études prospectives, la filière électrique devrait continuer à croître pour
couvrir, environ 50 % de la production d’acier dans le monde.
I.2.2. Propriétés
L’arc électrique, dont la forme caractéristique est au mouvement de l’air ascendant est dit arc
voltaïque. Il est lumineux, instable et dégage de la chaleur. On peut en premier approximation
assimiler un arc électrique à une résistance variable. Alors que, si « I » le courant de l’arc, la
tension s’exprime, par la relation usuelle.
Ua=Ra . I ( I . 1)
La courbe caractéristique de l’arc Ua=f (I) est donnée par la figure suivante, pour des valeurs
croissantes de la longueur d’arc.
Figure III.1 : La courbe « Ua=f (I) »
I.3. Conditions de fonctionnement d’un four à arc
I.3.1. Composition du four à arc
Le four à arc est un système électrothermique utilisant l’énergie fournie par un arc électrique
pour chauffer une charge. Il existe plusieurs types de fours à arcs, le type le plus utilisé est le
four dit de Héroult (ou encore four à arc sur charge), du nom de l’inventeur de ce procédé à la
fin du XIXème siècle. Dans ce type de four, l’arc s’établit entre les électrodes (raccordées au
réseau de puissance) et la charge à chauffer.
Le four à arc se compose d’une cuve garnie réfractaire et l’énergie nécessaire est fournie par
des arcs électriques jaillissant entre des électrodes en graphites et la charge.
L’alimentation électrique.
L’enceinte du four proprement dite capable de contenir d’abord des ferrailles fondre,
de densité relativement faible (donc nécessité d’un grand volume disponible), puis
l’acier liquide porte à des températures de 1600 à 1700°C (donc nécessité d’un
revêtement intérieur du cuve à l’aide de réfractaires), notamment au fond de cuve (sol
réfractaire).
Les installations annexes, telle que le système d’aspiration et traitement des fumés et
les systèmes d’additions.
Pour une tension donnée, le seul moyen efficace de faire varier la puissance de l’arc est donc
d’agir sur sa longueur. Du point de vue électrique, ce four peut être représenté par la figure I.2
[5,9].
Figure III.2 : Schéma de principe du four à arc
La figure suivante présente une vue du four à arc le plus utilisé actuellement dans les aciéries
électriques.
L’exploitant doit conduire les opérations de façon à obtenir un produit convenable dans le
minimum de temps sans provoquer une usure excessive des réfractaires ou des électrodes. Il
faut pour cela pouvoir régler le débit de chaleur dans une zone étendue, en général ce débit
devra décroître pendant tout le cycle d’une opération.
A une tension donnée et à une valeur de self donnée correspond une puissance maximum qu’il
est possible de dissiper dans l’arc qui augmente avec la tension et en raison inverse de la
valeur de la self. Lorsque la puissance optimale est atteinte pour une tension donnée (cosφ =
0,8 environ) le seul moyen d’augmenter le débit de chaleur c’est de faire croître la tension
secondaire.
On a intérêt à ne recourir à la bobine de self que momentanément pour réduire la valeur des
appels de courant lorsque ces derniers sont plus particulièrement à craindre au début de la
fusion par exemple, où des chutes de blocs de ferrailles sur les électrodes risquent de
provoquer des déclenchements par court-circuit, à coups de courant que la rapidité des
réglages automatiques ne peuvent que difficilement éviter.
1. Chargement
Le chargement doit être réalisé le plus rapidement possible pour limiter le refroidissement du
creuset par le rayonnement des parois.
Nous verrons un peu plus loin que les pertes par chargement en cas de chargement
automatique sont loin d’être négligeables.
La tendance actuelle est d’utiliser des fours à chargement rapide, la durée du chargement ne
demandant que quelques minutes est indépendante de la capacité du four. A titre indicatif et
de comparaison, la durée du chargement à la main dans des fours de différentes capacités
varie de 35 mn pour une tonne à 105 mn pour un four de 25 tonnes, le temps nécessaire aux
réparations n’étant pas compris.
2. Fusion
Le four étant chargé, le transformateur est mis sous tension et les trois électrodes sont
descendues sur la ferraille. Les arcs s’allument entre l’extrémité des électrodes en graphite et
la charge. Le métal fond rapidement sous l’action de la chaleur dégagée par l’arc et les
électrodes descendent lentement jusqu’au moment où sous les arcs s’est formé un bain de
métal fondu.
A partir de cet instant les arcs travaillent à l’intérieur du puits creusé à travers la charge, leur
rayonnement fait ruisseler le métal et la charge s’affaisse peu à peu sur le sol.
La quantité de bain augmente et noie à peu près complètement à un moment donné, les
ferrailles non fondues. Les électrodes remontent au fur et à mesure que le volume du bain
augmente.
Alors commence la dernière période de la fusion, le rayonnement des arcs n’est plus limité
par la charge, la surface du bain sous les électrodes est relativement grande, toute la scorie qui
s’est formée au fur et à mesure de la fusion du bain empêche cependant un rayonnement trop
intensif vers la voûte. La fusion proprement dite peut donc se diviser en trois périodes bien
caractérisées nécessitant les conditions d’exploitation bien distinctes :
1ère Période : Amorçage et début de la fusion
Les arcs creusent des puits dans la charge froide. Les électrodes descendent lentement au fond
de ces puits, puis commencent à remonter.
La ferraille en s’éboulant dans ces puits provoque des à-coups de courant assez importants.
C’est dans cette période que les déclenchements par court-circuit sont de ce fait, le plus à
craindre.
La fusion est une opération physique qui peut être écourtée en augmentant la puissance
absorbée par le four.
On a intérêt évidemment à la conduire aussi vite que possible. Mais l’économie réalisée par
l’augmentation de production qui en résulte est souvent contrebalancée en partie par une
consommation plus grande de réfractaire. La tendance actuelle est cependant de fondre aussi
vite que possible.
3. Affinage
En période d’affinage le métal est complètement fondu, le métallurgiste conduit la scorie en
faisant des additions plus ou moins grandes de chaux et spath dans le procédé basique, de
sable et d’un peu de chaux dans le procédé acide, suivant l’allure des réactions.
En fin d’opération, lorsque le métal est chimiquement au point, il est en général nécessaire de
modifier sa composition par des additions de « Fe-Mn », « Fe-Si » ou autres éléments.
L’affinage est donc une opération où l’arc travaille continuellement sur une scorie et peut
rayonner librement. La puissance doit être réglée suivant les réactions ou suivant le
refroidissement du bain par les additions.
La tension doit être assez faible pour avoir des arcs courts et protéger la voûte, la demande
d’énergie est beaucoup moins importante que pendant la fusion. Pendant toute la période
d’affinage, la surface du bain peut être considérée comme sensiblement plane. Avec une
régulation en ordre de marche, il n’y a aucune chance de mise en contact du bain avec les
électrodes, donc peu de pointes de courant importantes à craindre.
Lorsque l’opérateur veut travailler le laitier il utilisera des tensions plus élevées pour avoir des
arcs d’une certaine longueur que lorsqu’il voudra travailler le bain où il utilisera des tensions
faibles pour avoir des arcs courts.
L’alimentation de ces types des fours peut être continue ou alternative, monophasé, biphasé
ou triphasés. Généralement les fours de grande puissance sont triphasés.
→ Applications
Les fours à arc libre, dont la capacité s’échelonne entre 100 KVA et 500 KVA environ, sont
surtout utilisés pour l’élaboration de métaux (fonte alliage, bronze, etc.,...) qui ne peuvent être
obtenus dans des conditions économiquement satisfaisantes avec les autres types de fours.
Jusqu’à une époque récente, les fours à arc sur charge étaient utilisés pour l’élaboration
d’aciers spéciaux, mais depuis 1950, des travaux menés par sidérurgies et des électriciens ont
permis des accroissements considérables des puissances.
Ces fours, dites à ultra haute puissance ou productivité « U.H.P » peuvent fournir des dizaines
de mégawatts ; ils sont alimentés à partir du réseau haute tension et permettent la production
économique d’acier ordinaire à une cadence rapide.
I.4.2. Four à arc d’après leur nature d’alimentation
1. Four alimenté en courant alternatif
Le four électrique de fusion type Héroult est triphasé. Il est constitué essentiellement d’une
cuve garnie de réfractaires, basculante pour la coulée et le dégraissage, et destinée à recevoir
la charge métallique qui est fondue au moyen de trois électrodes verticales en graphite.
Contrairement ce qui ce passe pour une résistance linéaire solide ou liquide, la tension d’arc
diminue quand le courant augmente ; un arc pour aurait une caractéristique hyperbolique.
En fait, le système possède toujours une impédance linéaire dont la caractéristique est
représentée par la droite II.
Le métal fond par attaque directe des arcs qui creusent des puits dans la charge métallique
solide. Lorsque ces puits sont fermés, les arcs travaillent sur un bain liquide dont le volume
augmente en cours de la fusion. Le four se compose des éléments suivants :
La cuve
Le berceau de basculement
La voûte
A.1. La cuve du four à arc
La cuve en tôle d’acier renforcée par des nervures est revêtue intérieurement d’un garnissage
réfractaire. Cette cuve est composée de deux parties ; le fond ou « solide » et la virole, sur
nombreux fours, cette virole est amovible et il existe une virole de recharge, on gagne un
temps précieux, le four pouvant continuer à être utilisé pendant la réfection du garnissage
réfractaire. La technique de garnissage a connu une évolution importante vers les années 1975
par l’apparition des viroles composées de panneaux refroidis par circulation d’eau (water-
jackets) en lieu et place de la tôle revêtue de réfractaire. Deux ouvertures sont prévues dans la
cuve pour la porte de dégraissage et le bec de coulée.
En avant, pour la coulée, avec un angle suffisant pour que le four se vide bien.
En arrière, pour le décrassage.
Le basculement est assuré par des vérins hydrauliques, dont la course limite celui-ci.
A.3. La voûte
La voûte ou couvercle du four, est réalisée en briques réfractaires maintenues par un anneau
de voûte. Elle est percée de trois trous destinés au passage des électrodes ; un quatrième trou
sert à l’aspiration des fumés qui sont filtrées qui avant d’être rejetées dans l’atmosphère.
Comme pour la virole, la voûte peut aussi être fermée d’éléments à circulation d’eau. Dans ce
cas, seul la partie centrale autour des électrodes reste constituée de réfractaires.
Autrefois, les fours à courant continu de grande puissance étaient équipés d’un système de
trois électrodes alimentés chacune par un redresseur spécifique. Aujourd’hui, le système
mono-électrode, alimenté par un ou plusieurs redresseurs en parallèle ou en série, équipé la
grande majorité des fours à courant continue.
Les puissances mises en jeu dans les fours à arc étant relativement importantes, ils nécessitent
donc des convertisseurs à courants élevés ; on utilise généralement la mise en parallèle de
deux ponts triphasés à thyristors, raccordés à un transformateur à double enroulement. Les
enroulements secondaires de se transformateur sont alors couplés en étoile et triangle de
manière à obtenir un redresseur dodécaphasé à indice de pulsation p=12.
Lorsque l’on place, par exemple, un compensateur statique en parallèle avec le four, on agit
sur la perturbation après qu’elle a été créée. Ce système appartient à la première catégorie. En
revanche, la seconde catégorie consiste à installer une réactance en série avec le four pour
éviter l’apparition de la perturbation en agissant directement sur la stabilité des arcs.
Pour réduire les perturbations de type flicker produites par les fours à arc, différentes
solutions techniques existent et peuvent être appliquées soit aux fours à courant alternatif, soit
aux fours à courant continu, soit aux deux types de fours (tableau I.1).
Tableau I.1 : Différentes techniques de compensation du flicker
réduire les perturbations est donc, lorsque cela est possible, de raccorder le four en un point
du réseau présentant une puissance de court-circuit supérieure. Dans ce cas, l’amplitude des
fluctuations de tension est divisée par le rapport :
Scc ← Après Augmentation
K= ( I . .. .. )
S cc ← Avant Augmentation
Cette opération peut être obtenue par le tirage d’une ligne complémentaire ou le raccordement
sur un réseau de puissance de court-circuit supérieure :
S ccn
PST99% =K ST ( I . . .. .)
S ccf
Par conséquent, pour augmenter cette réactance totale, une solution consiste à insérer une
réactance additionnelle en série avec l’alimentation du four. Dans ce cas, le rapport de
réduction escompté peut être déduit de la relation (IV.1).
Mais, il ne faut pas oublier qu’en augmentant cette réactance, on augmente aussi la chute de
tension induite et, par conséquent, la puissance disponible dans le four s’en trouve réduite. En
fait, le dimensionnement de la réactance série est un compromis entre les perturbations
générées et la productivité du four.
Les réactances saturables : Dans le cas des réactances saturables, le niveau de réduction
de flicker est variable en fonction du niveau de saturation induit par la commande en
courant continu. Sur les installations en service actuellement, le niveau de réduction
maximal atteint 50 %. Mais la remarque précédente pour la réactance linéaire s’applique
aussi à la réactance saturable. En effet, en réduisant le niveau de flicker par limitation
du courant, la tension d’arc est plus faible et les arcs plus courts. Le revers de la
médaille est que, dans ce cas, la puissance transmise à la ferraille est aussi réduite et,
pour une même capacité de cuve, le temps de fusion est plus long.
Peut être estimé par la formule suivante (pour la plage usuelle de SSVC / Sf < 2) :
S SVC
Rcomp=1+0 ,75 (I .. . .. )
Sf
Avec :
Cette règle de dimensionnement des compensateurs repose en fait sur un nombre limité
d’expérimentations. En effet, des mesures de flicker ont été effectuées sur des fours équipés
de compensateurs statiques et une droite de régression a été tracée entre les différents points
de mesure.
Cette méthode ne tient pas compte des particularités éventuelles des différents compensateurs
(type de régulation, constructeurs etc.), ni des caractéristiques précises des différents
composants de l’alimentation (longueur des lignes ou des câbles, tension de court-circuit des
transformateurs, etc.).
Toutefois, les condensateurs sont sensibles aux surcharges en tension, en courant et aux
harmoniques. Leur dimensionnement, notamment en tension fondamentale, doit en tenir
compte.
En effet, la mise en parallèle d’une batterie de condensateurs avec un réseau industriel fait
apparaître une résonance dont la fréquence est fonction à la fois de l’impédance du réseau (ou
de la puissance de court-circuit) et de la puissance de la batterie de condensateurs.
Des fréquences de résonance élevées sont souhaitables dans la mesure où, à ces fréquences,
les courants harmoniques injectés sont d’amplitudes plus faibles. Pour parvenir à un tel
résultat, la puissance des condensateurs raccordés sur un jeu de barres où sont connectés des
équipements générateurs de courants harmoniques ne doit pas être trop importante vis-à-vis
de la puissance de court-circuit au point de raccordement des condensateurs.
On peut rappeler que la fréquence de résonance (fo) est calculée en fonction de la puissance
de court-circuit du réseau « Scc » et de la puissance réactive des condensateurs « Q » par la
relation :
f 0 =50
√ S cc
Q
( I . .. .. )
Pour faire face aux perturbations de type harmonique produites par les fours à arc, différentes
solutions techniques existent et peuvent être appliquées soit aux fours à courant alternatif, soit
aux fours à courant continu, soit aux deux types de fours (tableau I .2) [9].
Cette faible impédance est obtenue en associant des éléments capacitifs « C » et inductifs « L
», de manière à obtenir une résonance série accordée sur le ou les rangs harmoniques qui
doivent être éliminés.
Une connaissance précise des rangs harmoniques devant être filtrés et des atténuations
requises est donc nécessaire à la réalisation d’un filtre. Une telle étude est généralement
menée à l’aide de logiciels de simulation. De plus, il convient de ne pas négliger les inter-
harmoniques qui peuvent parfois présenter une amplitude supérieure aux harmoniques
caractéristiques.
Enfin, l’électronique de puissance, de plus en plus présente dans les installations industrielles,
est souvent pilotée par une boucle d’automatisme. On demande à ces régulations d’être
toujours plus rapides et on augmente donc les fréquences.
Des courants inter-harmoniques sont ainsi créés par les convertisseurs de fours à courant
continu ou par les valves à thyristors des compensateurs statiques.
Tout le problème du filtrage réside dans le fait si le filtre présente une impédance nulle et
donc court-circuite les courants harmoniques à sa fréquence d’accord, il peut entrer en
résonance avec le réseau à une autre fréquence.
L’impédance du circuit vue du jeu de barres auquel est relié le réseau devient alors
théoriquement infinie avec les conséquences d’amplification que cela comporte. Le problème
majeur résulte de l'antirésonance, ou résonance parallèle, produite par l’ensemble de la
batterie et du réseau amont, ce dernier étant le plus souvent inductif.
Pour chaque cas d’alimentation, il convient d’analyser correctement, en respectant les règles
de l’art, les différents aspects du problème avant de choisir une solution dont la pertinence
dépend de l’expérience et de la sagacité du concepteur.
Dans le tableau I.3 on résume les différentes méthodes du filtrage et leurs principes et
caractéristiques.
Tableau I.3 : Différents type du filtrage
Le Tableau I.4 présente une vue d’ensemble sur les principaux phénomènes perturbateurs,
avec mention de quelques mesures préventives ou curatives.
Tableau I.4 : Solutions des équipements spécifiques pour les différents types de
perturbations
CHAPITRE II
Crée depuis 1927, l’ACP (Atelier central de Panda) fixait son objectif à la
fabrication des pièces de rechange de la Gécamines. Cet atelier a connu son essor lors de la
seconde guerre mondiale.
Le four que nous allons décrire est un four du type HEROULT. C’est un four qui
est utilisé pour la fusion et l’affinage des aciers et fontes. Il a un arc surchargé c’est-à-dire
l’arc jaillit entre 3 électrodes verticales suspendues et la charge à fondre. Ce four comprend :
Ci-dessous, est représentée une vue des câbles souples d’alimentation du four (figure II.3).
Figure II.4
Porte de visite du four
1. Cuve
2. Voute
3. Electrodes
4. Porte de coulée
5. Porte de visite
6. Socle
7. Garnissage
8. Murs latéraux
I.2.1 Socle
C’est la partie inférieure du four, elle est montée de deux lits en brique de
magnésie calcinée et d’une couche de magnésie damée.
I.2.2 Parois
Comme le four Stein fut installé pour la fusion des métaux, son garnissage
est toujours réalisé en réfractaires basiques.
I.2.3 Garnissage
I.2.5 Voûte
La voute est la partie supérieure du four. Elle est percée de trois ouvertures
circulaires pour le passage des électrodes.
Aussi en acier, la voute du four Stein est réalisée en briques dites chromites
(±25% de Cr2O3), en briques de magnésie (±50% de MgO) et très faiblement en silice (SiO2) et
en oxyde ferrique (Fe2O3).
I.2.7.1 Electrodes
b) Electrodes en graphite
Le procédé de fabrication est le même que celui des électrodes en carbone
amorphe ; cependant après la cuisson, elles sont imprégnées de brai, puis chargées dans des
fours de graphitisation, où elles sont traitées à la température d’environ 2200°C pendant 4 à
6 jours suivi d’un froid lent de 3 à 4 semaines. Cette dernière opération transforme le
carbone amorphe en graphite. On adopte en général des diamètres ne dépassant pas 60 Cm.
Les électrodes utilisées sur le four Stein de la fonderie de l’ACP sont des électrodes en
graphite, car elles présentent de nombreux avantages, à savoir :
Du fait de leur usure, on les raboute au fur et à mesure les unes sur les
autres à l’aide des raccords appelés « Nipples biconiques » en graphite qui se vissent aux
extrémités des deux électrodes.
(2)
DEJUSSIEU P.C. Encyclopédie de l’électricité Tome II. Paris 5eéd. 1971 p688
(3)
Document MTN/ACP, installation des fours à arc.
Ce sont des barres en cuivre de forme circulaire qui laissent passer le courant des
câbles souples vers les électrodes.
Longueur : 2,10 m ;
Distance entre deux potences : 45 cm
Ce sont des conducteurs en cuivre de faibles sections, mais groupés en nombre de dix
par phase pour obtenir une grande section en vue d’assurer le passage de grands courants.
Longueur : 5,80 m;
Distance entre phase : 20 cm
I.2.7.4 Transformateur
La liaison entre le four et son équipement électrique est réalisée par des câbles
souples en cuivre. Ces câbles doivent permettre les mouvements de la voute pour le
chargement, la coulée et le décrassage. Par les barres omnibus, les conducteurs flexibles et
les pinces d’électrodes, le courant est conduit aux extrémités des électrodes où il jaillit sous
forme d’arc.
- Type : ACES ;
- Numéro : 47649,3r ;
- Tension nominale primaire : 6,6Kv ;
- Tension de court-circuit : 5,8% ;
- Tension nominale secondaire : 208v ;
- Puissance nominale : 2000KVA ;
- Courant nominal primaire : 175A ;
- Courant nominal secondaire : 5550A ;
- Fréquence : 50 Hz ;
I.2.7.4.1 Type de refroidissement du transformateur
De ce qui précède, nous pouvons dire que le transformateur du four à arc fonctionne
en court-circuit.
Cette bobine est insérée dans le circuit d’alimentation du four pour assurer le
maintien d’arcs électriques qui jaillissent lors des mouvements des électrodes. Elle limite les
pointes de courant de court-circuit produit pendant le fonctionnement du four.
Du point de vue électrique, le circuit du four à arc peut être représenté par le schéma
ci-dessous. (figure II.7)
Figure II.7 Schéma d’alimentation du four
Légende
Q1 : sectionneur
Q2 : disjoncteur
TI (HT) : transformateur d’intensité (haute tension)
L : bobine de self
T : transformateur du four (A,B,C,X,Y,Z : bornes du transformateur)
TI(BT) : transformateur d’intensité (basse tension)
C : câble reliant les électrodes au transformateur (les shunts)
E : électrodes
Cu : la cuve
T.P (HT) : transformateur de potentiel (haute tension)
TP (BT) : transformateur de potentiel (basse tension)
Lorsque les branches de la figure ci-dessus sont parcourues par un courant, les
tensions Ua, Ur, Ul seront représentés par la figure II.9 ci-dessous :
La chute de tension dans l’arc est liée au courant de l’arc ainsi qu’à la longueur de
l’arc.
Elle est définie par la réaction Ua = ƒ (I, l) pour laquelle Ua est la tension aux bornes
de l’arc et I, le courant de l’arc et l la longueur de ce dernier.
Pour des valeurs croissantes de la longueur de l’arc L, trois zones sont remarquables,
à savoir :
a) La zone des arcs silencieux ou Ua décroit lorsque I augmente. Dans cette zone, la
relation empirique qui caractérise l’arc est :
C+ ⅆ l
⋃ a=a+b ⋅l+ ( II .1 )
I
A, b, c, d sont des constantes qui dépendent de la nature des électrodes et du milieu
qui les entoure.
b) La zone dite des arcs sifflants. Dans cette zone Ua est indépendante de I et ne
dépend que de la longueur l. l’arc émet un sifflement lorsque le courant I
augmente et la tension Ua diminue brusquement puis se maintient constante.
c) La zone instable dite intermédiaire à l’arc, parce qu’elle passe de façon subite de
l’état silencieux à la transition.
La figure I.10 représente les trois zones.
Figure I.10 Courbe caractéristique de la sidérurgie 2 (élaboration de l’acier)
Va ⋅ I Ua
ɳ= =ɳ= (II.3)
E⋅ I U
• la chute de tension aux bornes de l’arc est représentée par le schéma du circuit
suivant (figure II.11) :
Figure II.11 Schéma de principe donnant la chute de tension aux bornes de l’arc.
La chute de tension Ua aux bornes de l’arc jaillissant dans l’air entre deux électrodes
est donnée par la relation :
Ua = E – RI (II.4)
OA-2= OB2+BA2 U2
= (X.I)2 + E2
Or E=Va+RI
U2= (X I)2 + (Ua + RI)2
U2= X2I2 + Ua2 +2UaRI + R2I2 (II.5)
2 X 2 I 2 +2 U a
∂Ua
∂I [(
+ 2 RI
∂U a
∂I )]
+ ⋃ aR +2 R 2 I =0 (II.6)
2 2 ∂Ua ∂U a 2
2 X I +2 U a + 2 RI +U aR+2 R I =0 (II.7)
∂I ∂I
Divisons toute cette équation par 2, et nous obtiendrons :
2 ∂ Ua ∂U a 2
X I +U a + RI +Ua R+ R I =0 (II.8)
∂I ∂I
2 ∂U a
X I +(U a+ RI )( + R)=0 (II.9)
∂I
( U a+ RI )( ∂U a
∂I )
+ R =−X 2I (II.10)
I.4.4 Point de fonctionnement
Dans le cas du four à arc d’aciérie, le point de fonctionnement doit être choisi aux
environs du point Am (point de diagramme de RIECKE). Il permet en pratique une tenue
convenable des réfractaires tout en conservant une stabilité avec un rendement et un cos φ
favorable. Sur le diagramme de RIECKE, le cosφ est généralement compris entre 0,87 et 0,93.
Les électrodes sont d’abord abaissées manuellement jusqu’à atteindre un niveau qui
est le plus proche de la charge, pour qu’il y est jaillissement de l’arc initial, la descente des
électrodes se fait automatiquement.
Pour permettre à l’arc d’avoir l’énergie nécessaire pour percer la charge, on choisira
un voltage intermédiaire qui donnera un long arc, le tiers de l’énergie disponible du
transformateur, lorsque la charge est percée, les électrodes sont blindées par des fragments
froids qui l’entourent d’où, une grande consommation d’énergie. La descente des électrodes
maintenue jusqu’à ce qu’elles se trouvent enfouies dans la charge.
Pour atteindre un niveau de voltage moindre, il faudra alors soulever les électrodes
(afin d’amener l’arc à la valeur zéro).
On choisira une valeur de voltage pour atteindre les deux tiers (2/3) de la puissance
du transformateur afin d’agrandir au préalable les trous percés par les électrodes.
Les courts circuits et les ruptures se suivent sans interruption. On insère alors une
bobine selfique à plusieurs spires du circuit du réseau afin de réguler les courants de courts
circuits (Icc).
Le bain, étant déjà réalisé, on enlèvera la bobine dans le circuit et, réduire la tension
de l’arc pour limiter la destruction des briques réfractaires.
I.6 REGULATEUR ELECTRIQUE DU FOUR STEIN
I.6.2 Fonctionnement
La génératrice est alors excitée en sens inverse et il y aura montée des électrodes qui
provoqueront une diminution du courant et une augmentation de la tension d’arc.
Lorsque la tension d’arc et le courant d’arc auront une valeur ou des valeurs qui
feront que la valeur d’excitation de la génératrice soit nulle, il se produit alors une
stabilisation et le moteur d’électrode s’arrête. Et, pour arrêter la marche du four, il suffit
d’ouvrir l’interrupteur. Alors, le régulateur répond aussi à la loi :
Ua – r/a – g = 0 (II.11)