Dans la dernière partie de l’ouvrage, intitulée « problèmes et
politiques de gestion des milieux », Jean Louis Vassallucci,
ancien responsable de l’Observatoire de l’Environnement
Littoral et Marin pour la Région Nord-Pas-de-Calais, enrichit la
réflexion à partir de son expérience de gestionnaire. Les problèmes
sont nombreux : qualité des eaux, pollution générale, évolution
de la pression foncière, évolution du trait de côte, développement
du tourisme. Ils témoignent d’une pression anthropique globalement
croissante. Les mesures proposées visent partiellement à réduire,
au moins localement, cette pression. C’est la multiplicité des
problèmes et des procédures qui a entraîné la mise en place d’un
organisme unitaire, l’Observatoire de l’Environnement Littoral
et Marin.
Jean-Paul Pascal apporte le regard d’un gestionnaire, élu local
engagé politiquement dans le mouvement « Génération Écolo-
gie ». À partir de trois exemples (gestion des cours d’eau, de la
forêt, des déchets), il souligne les antagonismes de perception
entre les différentes catégories d’usagers, de décideurs et
d’aménageurs. La diversité des perceptions et des intérêts interdit
une gestion purement technicienne au service d’un intérêt général
bien défini.
Le parc national des Cévennes est le seul parc national français
qui n’ait pas contourné les problèmes liés aux implantations
humaines permanentes par un découpage ad hoc des espaces
protégés. Gestionnaire à la direction du parc, Capucine Crosnier
a donc été confrontée au difficile exercice de se fixer un triple
objectif de protection de la « nature », de protection des agroéco-
systèmes existants et de développement humain. À travers l’his-
toire, souvent complexe, de la gestion de cette situation, c’est
toute une réflexion sur la finalité de la protection de notre envi-
ronnement qu’elle nous propose.
Ce n’est pas un hasard si les conclusions de Frank Cézilly et
Jean-Paul Taris se recoupent largement avec celles de Bernard
Picon : travaillant à la station biologique de la Tour du Valat, au
cœur de la Camargue, ils montrent à partir de leur expérience
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Impact de l’homme sur les milieux naturels 1996
locale comme à travers une recension de travaux mondiaux,
qu’il n’y a pas d’incompatibilité radicale entre une certaine
anthropisation des zones humides et la protection d’oiseaux
d’eau emblématiques, comme par exemple le flamant rose. Non
seulement des compromis peuvent être trouvés entre les objectifs
de protection de la biodiversité et ceux du développement
agricole et industriel, mais des aménagements spécifiques
peuvent favoriser des espèces rares.