CM2 : L’Italie aux XVe et XVIe
1183 : Paix de Constance
Le contrôle de l’Italie échappe à l’empereur germanique.
Éclatement en une multitude de principautés, de seigneuries et de communes.
Nord : Royaume d’Italie, morcelé en petites unités territoriales.
Centre : États pontificaux, mais de nombreuses unités vont progressivement prendre
leur indépendance.
Sud : Royaume de Naples, sont aussi comtes de Provence et d’Anjou. XIVe, Sicile
passe sous contrôle de l’Aragon.
Unités : Cité état, avec petits états voisins qui se sont liés à la cité souveraine. Ces
cités profitent du délitement impérial, au XIIIe.
Frédérik Barberousse avait réussi à garder un peu d’unité.
Deux modèles politiques :
- Les républiques (ex : Venise), régimes oligarchiques soit formé de la bourgeoisie,
ou nobles, qui doivent leur richesse à leurs activités urbaines = patriarcat.
Communes indépendantes, maintiennent une illusion d’institution communales.
→ Principautés : pouvoir détenu par des familles dont les titres sont héréditaires ou
par des lignages nobles (ex.: royaume de Naples et de Sicile)
+ Communes d’abord indépendantes, passées sous la férule de chefs ambitieux,
familles princières peuvent être issues du milieu de la finance et du grand commerce
(pas d’interdiction de commerce pour nobles). Ces chefs et familles exercent un
pouvoir de type princier tout en maintenant l’illusion des institutions communales
(ex.: les Gonzague à Mantoue ; les Este à Ferrare)
Cas particulier des États pontificaux :
Monarchie élective, le pape a des pouvoirs régaliens, mais élu par le collège des
Cardinaux, pas de régime héréditaire.
Conflit avec le SERG sur les pouvoirs seigneuriaux, donc papes partent à Avignon
pour paix spirituelle. 1378, retour à Rome, leur pouvoir temporel a été concurrencé
par les familles locales.
Ex.: Montefeltro à Urbino ; Malatesta à Rimini
→ Rome ne redevient vraiment le centre du pouvoir pontifical qu’à partir de 1417
(Martin V)
Début XVe : Quelques États sont plus puissants que les autres :
- République de Venise
- Duché de Milan, dirigé par les Visconti (1277-1447), puis par les Sforza.
→ Entités territoriales qui ont toutes des velléités expansionnistes
Famille Sforza :
Francesco Sforza (1401-1466), exemple représentatif :
- Issu d’une famille de condottieri (chefs de guerre mercenaires) au service des
Visconti, puis République de Florence, puis des ducs d’Anjou à Naples.
- 1424 : Francesco reprend les fonctions de son père Muzio au service de Jeanne II de
Naples, puis à celui des Visconti à Milan.
- 1434 : Le pape Eugène IV le fait entrer à son service et lui permet de s’établir dans
une petite principauté des États pontificaux
- 1438 : il devient capitaine général de Venise et assure la défense de Vérone contre
les ducs de Milan
- 1440 : Venise et Florence forment une coalition pour contrer les ambitions des
Visconti. C’est Sforza qui prend la tête de cette armée et écrase celle des ducs
- 1441 : signature de la Paix de Crémone, grâce à laquelle Sforza épouse la fille du
duc de Milan + promesse de devenir son héritier. (Fille du duc de Milan passe pour
illégitime, mais ça reste important).
- 1447 : mort de Philippe Marie Visconti, Sforza fait partie des princes prétendants.
→ Les Milanais décident de fonder une république, dite « République ambrosienne »
(1447-1450) avant de faire appel à Sforza par crainte de voir les autres villes du
duché prendre leur indépendance.
- 22 mars 1450 : Sforza reçoit les insignes ducaux des mains des représentants du
pouvoir milanais car les Milanais ne veulent pas voir l’éclatement du duché de Milan
(autres villes veut faire comme la ville de Milan).
Les condottières. Capitaines, princes et mécènes en Italie (XIIIe-XVIe), S.
Cassagnes-Brouquet/B. Dourmec.
État de guerre permanent en Italie, nombreux mercenaires qui changent d’allégeance
pour élargir leur sphère d’influence.
Ce sont les lignages qui dominent les institutions, qui tentent parfois de les éteindre.
Restent soumises au pouvoir princier.
1454 : Paix de Lodi entre Venise, Florence, Les États du pape, duc de Milan et le roi
de Naples.
→ Objectif : mettre fin à l’état de guerre constant qui règne en Italie
→ Entérine la domination de ces cinq grands pouvoirs
Milan et Venise, les + riches.
MAIS compétition qui reste importante entre eux
+ Existence de communes et de petites principautés qui s’estiment lésées et qui
regardent avec intérêt du côté du royaume de France où le roi sort victorieux de la
guerre de Cent Ans, son autorité est indiscutable.
1442 : Royaume de Naples, là où y a moins de problèmes. Mais tombe sous les mains
de la famille royale d’Aragon (possédait déjà la Sardaigne et la Sicile), famille
d’Anjou est chassée mais liée à la famille royale française (René d’Anjou, descendant
de Jean II). Après mort de René d’Anjou (1480), pouvoir passe à Louis XI puis
Charles VIII.
Peuvent tourner leur regard vers le royaume de Naples, affrontement avec SERG.
1494-1559 : affrontements contre SERG et autres états italiens, tournant dans
l’histoire de la péninsule.
24 février 1525 : Défaite troupes françaises à Pavie, fin des revendications
Mai 1527 : Sac de Rome par Charles Quint, choc car plus grand centre intellectuel et
artistique, ça met un stop à ce rayonnement culturel.
3 août 1529 : Paix de Cambrai/Paix des Dames
Charles Quint : roi de Naples, de Sicile et de Sardaigne. Protectorat sur les États
pontificaux.
1535 : il a le duché de Milan. Tous les princes italiens sont ses clients (sauf Venise).
Nouvelle carte :
Elargissement des
Duché de Parme pour le fils du Pape Paul Farnèse (??), fils illégitime.
Grand duché de Florence en 1569, fin de la période du cours.
Epoque qui a redessiné les jeux de pouvoirs, la carte et sur le plan culturel les guerres
d’Italie ont permis le contact entre Rome et la France, notamment avec le sac de
Rome.
I) Le cas de Florence
Ville installée dans un creux, entourée de collines. Architecture de la ville en rapport
avec le mode de vie. Cathédrale, pas loin du centre.
Emprise de la ville sur le paysage environnant.
Ville enfermée dans des murailles. Entre 60 et 80 000 habitants au XIVe. L’espace
intra muros n’est surement pas aussi garni que l’image du diapo ne le montre.
On avait des courtines, des petits potagers à l’arrière des maisons.
Vasari, Siège de Florence par Charles Quint. Représentation plus symbolique que
réaliste.
Ville organisée en deux centres : La cathédrale (baptistère Saint-Jean), et pôle
communal, institutions de la ville autour du palais de la seigneurie, pas loin l’un de
l’autre.
Banquiers florentins très réputés. Industrie du drap et de la laine, grandes
corporations à Florence, ainsi que commerce international.
Depuis milieu XIIIe, on utilise la monnaie, le florin. Très tôt, marchands florentins
réputés pour leur système d’échange et le raffinement de leur système comptal
complexe.
Corporations regroupées en 7 « arti maggiori », orfèvres, juges, apothicaires, etc.
14 « Arti Minori », moins prestigieux comme forgeron, etc.
Seuls les Arti peuvent être représentants municipaux.
Chaque corporation a son saint patron, donc elles doivent participer aux différentes
fêtes religieuses, elles participent à la vie religieuse, entretiennent les monuments.
Construisent des hôpitaux : Pour loger les visiteurs, les malades.
Fonctions municipales : pas de nobles, ce sont des commerçants, etc. Ce sont les
notables bourgeois de la ville, exercent le pouvoir, similaire à Venise. Souvent des
familles, qui règnent ensemble ou non.
Choix réduits d’hommes éligibles.
Mandats de courte réduit pour éviter la corruption et qu’ils fassent main basse sur le
pouvoir.
Services administratifs gérés par des hommes non éligibles, des petites mains
assurant la continuité de l’administration.
Mais intenses rivalités entre familles éligibles
Expérience de la tyrannie au début du XIVe, donc florentins ne veulent pas d’un
système monarchique.
Mais le pouvoir tend à perdre son caractère républicain. On finit par avoir que
quelques familles.
Médicis sont aussi des humanistes.
Se montrent sous un jour humaniste.
Sympathie de la population florentine, ex : Côme l’Ancien, fils de Giovanni di Bicci,
élu gonfalonier (celui en charge de la justice florentine).
1434 : Come l’Ancien revient à Florence après avoir été banni car idées trop
novatrices. Il a a voyagé dans l’Europe pour faire prospérer la fortune familiale.
Homme bien intégré, connu et réputé, il connaît les institutions florentines, sait que
un pouvoir détenu par un seul homme est très mal perçu, il évite de mettre en avant
son autorité ou son ambition. Il va utiliser sa richesse pour limiter l’influence de ses
adversaires. Il est banquier, donc il augmente les intérêts pour amener ses ennemis à
la ruine.
Pouvoirs se concentrent entre les mains de Côme et de ses héritiers.
Côme épouse… et son fils Pierre le Goutteux, mariera sa fille à un autre oligarque
florentin, Bernard Urchelai (???).
Cette politique matrimoniale sert à renforcer les Médicis.
Laurent le Magnifique fait comme Côme l’Ancien : Jamais ne met en avant son
pouvoir personnel, dit le faire pour la ville de Florence.
Qu’est-ce qu’un prince au XVe ?
Princeps = celui qui détient le pouvoir.
Les princes territoriaux reprennent de + en + cette notion (ex : Bretagne, Bourgogne).
Miroir des princes deviennent populaires.
Protection des Eglises du royaume : principe d’abord au roi, se généralise aux princes
de la fin du MA et moderne.
On se montre en majesté, donc mise en scène du pouvoir.
Ça leur prend un siècle pour s’extraire de cette gange de la république florentine pour
prendre un titre princier.
En attendant, pouvoir princier sans le nom, politique de mécénat.
Mécénat, plusieurs motivations :
- Prestige de celui qui finance
- Montrer sa piété (pas les Médicis)
- Se poser en protecteur des arts et des lettres (goût marqué pour ce qui est beau)
- Faire des placements financiers
On reconnaît les individus de génie (Le Prince de Machiavel).
Donc mise en scène du pouvoir princier. Affiche ses pouvoirs financiers, politiques.
Développement des arts : orfèvreries, mobilier, architecture, etc.
Mais le pouvoir des Médicis n’est absolument pas assuré :
Nouvelle république, sous l’autorité d’un républicain, Savonarole, allié du roi de
France, puis de Piero Soderini, élu à vie.
Période de repli de Florence sur soi. Toute les commandes princières sont en nette
diminution.
En même temps, Rome redevient l’épicentre de la création artistique. Passé antique
riche. Pape Jules II (1503-1513), l’un des plus grand moment, tous les plus grands
artistes sont là.
Projets de Bramante pour la reconstruction de Saint-Pierre de Rome.
Antonio da Sangallo, construction du palais Farnèse.
Michel-Ange.
Mal vu par Florence.
Retour des Médicis, avec les espagnols, Jean de Médicis, cardinal élu pape et devient
Léon X. Aubaine pour le pouvoir familial.
Vasari, L’entrée de Léon X à Florence, 1550. Il se sert des récits de l’arrivée à
l’époque.
Acclamé, restaure le grand système Médicis.
Autre Pape : Jules → Clément VII, donc encore de l’influence.
Révolte populaire après les violences des troupes de Charles Quint. Restauration de la
République de Savonarole mais tient pas, 3 ans après…
6 juillet 1531 : Charles Quint proclame Alexandre de Médicis « chef » d ela
République, système successoral héréditaire.
27 avril 1532 : Alexandre est fait « prince », « duc de la République florentine ».
C’est un cousin d’Alexandre, Côme Ier, qui fait évoluer le pouvoir républicain vers
un pouvoir autoritaire. Pouvoir autoritaire, presque absolutiste.
Communes du Grand-Duché de Toscane (1560) surveillées par un conseil de 9
magistrats.
Installation d’une véritable cour princière (1543), service dédié à la personne du duc
qui ne cesse de croître.
Système reste stable entre les Médicis jusqu’en 1737.
Les Médicis sont indissociables des Médicis.
Cadre parfait entre art et pouvoir, développement en même temps du courant de la
Renaissance.