CM4 : Les créations majeures du Quattrocento florentin :
l’architecture religieuse de Brunelleschi
Il se voit confier des innovations majeures au XVe, à commencer par l’Hopital des
Innocents, lié à la corporation des métiers de la soie, conçu pour accueillir les enfants
abandonnés. Hopitaux en général sont fait pour accueillir les malades et les visiteurs
comme les pèlerins. Accueillir des enfants abandonnés, encore jamais fait.
Brunelleschi peut pleinement s’exprimer. Hopital ex nihilo.
Portique, avec couloir. Pleins d’espaces verts, espaces ouverts, pour aérer.
Il a focalisé son attention sur le portique d’entrée, et a laissé d’autres artisans la
charge du reste des bâtiments plus utilitaires.
Ce portique d’entrée se présente comme une logia, une longue arcature. Passage
couvert, voûté, permet de précéder et longer la façade de l’édifice qui est rejeté à
l’arrière-plan.
Hopital de Lastra a Signa, 1411, même plan : portique qui précède la façade, mais
moins organisé que le portique de Brunelleschi.
À Florence, Brunelleschi reprend et adapte différentes innovations, notamment avec
son voyage à Rome.
Son portique se compose d’une succession d’arcade en plein cintre, surmontés de
l’entablement (longue ligne horizontale, jusqu’aux fenêtres). Large espace qui barre
la façade, derrière chaque arcade voute avec ogives qui tombent (y a un nom je crois).
Travée : espace entre deux colonnes/supports. Toutes les travées ont la même forme
longueur, etc. Sur toute la longueur de la façade.
Tous ces éléments reprennent des motifs dérivés de l’antiquité romaine, observés par
Brunelleschi à Rome. Même dessins, courbures, avec des églises médiévales, comme
l’église des Saint Apôtres à Florence, chapiteaux identiques.
Dans les années 1420, on est convaincu à Florence mais aussi en Italie, que l’église
des Saints Apôtres, on est persuadé qu’elle date du IVe, paléo chrétienne, de l’époque
de Constantin, alors qu’elle date du Xe. Elle apparaît comme une référence antique,
prestigieuse et donc recevable.
Avant on n’accordaient pas trop d’importance à l’équilibre des proportions, mais là
on a une impression de légèreté, etc.
Portique apparaît comme une solution très novatrice. Les observateurs contemporains
louent la grande innovation de ce portique, en font le modèle du nouvel humanisme
qui se développe.
À part l’emploi des ordres architecturaux, Brunelleschi s’inspire d’autres édifices
toscan.
Ex : église San Miniato. Même succession d’arcatures. Brunelleschi passe de 2D à
3D.
Il ne cherche pas à faire exclusivement des réfs antique, ce qui lui importe c’est
l’équilibre des proportions : couleurs : gris foncé pour colonnes et pied des arcades,
qui vient souligner l’ossature, et enduit gris clair/blanc pour le reste des murs. Les
médaillons en terre cuite avec des enfants représentés sont des ajouts antérieurs, pas
par Brunelleschi.
D’autres chantiers religieux confiés à Brunelleschi :
église San Lorenzo, entreprise dans les mêmes années que le portique et le dôme de
la cathédrale (1420s). San Lorenzo est l’église paroissiale des Médicis. Importante
dans l’art florentin et dans l’histoire des Médicis. Tous les membres de cette famille
sont inhumés dans cette église.
Pas seulement une église paroissiale, mais monastique, car intégrée dans un
monastère bénédictin. Reprend le schéma d’une autre église, Santa Croche (?), plan
en croix latine, se termine par un chœur carré et édifice est entouré par des petites
chapelles latérales, qui enveloppent le cœur de l’édifice. Ces chapelles s’expliquent
par la fonction monastique : les moines dominicains sont nombreux, et doivent
effectuer un certain nombre de rituels chrétiens.
Donc services funéraires car ordre mendiants populaires, donc beaucoup de
personnalité veulent se faire enterrer, et en échange d’un don et de leur enterrement
les moines doivent prier pour eux lors de l’anniversaire de leur mort.
Changement stylistique à San Lorenzo : Brunelleschi emprunte un vocabulaire
antique, on passe d’une voûte d’ogive à un plafond plat. Tout est décalqué sur
l’architecture antique.
Détails assez inusité en architecture : fragments d’entablement sur les chapiteaux,
jamais utilisé, mais on retrouve là. Donne une impression d’élévation plus haute,
mais effet uniquement visuel et décoratif.
Chaque travée contient une coupole, comme au portique de l’Hopital des Innocents.
On éradique le style médiéval, gothique. Brunelleschi veut uniformiser tout le
répertoire dans l’église, un seul style de chapiteau, corinthien, le même style de
moulure et d’arcs.
Il met en place une organisation rigoureuse, harmonieuse, équilibré et symétrique.
Reproduit à différentes échelles, nef = 4x la croisée du transept. Même largeur de
modules. Si croisée divisée par 2 = taille d’une travée, bas côtés = 1/4 de la croisée,
etc. Tout est conçu autour d’un rapport mathématique entre les différents espaces.
Élévation : différents niveaux (étages c’est le terme pour les bâtiments civils).
Étagement pyramidal des espaces. Chaque élément répond à autre chose : colonnes
répondes aux pilastres des bas cotés, et au fond des chapelles on retrouve le même
motif de pilastres en version réduite.
Motifs antiques correspondent très bien à cette rationalisation mathématique. On
utilise pas n’importe quel ordre dans n’importe quel proportion et circonstance.
Toutes les parties en gris foncé sont réalisées avec la pietra serena, pierre symbolique
du Quattrocento florentin, utilisée par Brunelleschi pour tout ce qui relève de
l’ossature : voute, arc, support, etc. Permet de guider le regard, souligner les
différents volumes et les parties.
Très différent de ce qu’on avait l’habitude de voir à Florence : muralité, recouvert de
peintures ou mosaïques, décors figuratifs qui disparaissent chez Brunelleschi pour ne
laisser s’exprimer que l’architecture.
Partagé par d’autres, à un moment où sculpteurs et peintres travaillent sur le recours à
la perspective.
Perspective : s’appuie sur les lignes de fuite, convergentes. Le recours à la
perspective permet de rendre le tout réaliste, rationnel et donc mathématique.
Les monuments sont vus avant les peintures, mais recherches de Brunelleschi dans un
processus bien plus large, dans toutes les formes de l’art.
Ex : Peinture de Masaccio, Sainte Trinié, et sculpture en bas relief, Le banquet
d’Hérode, de Donatello.
Masaccio et Donatello, compères de Brunelleschi avec qui il est parti à Rome étudier
les œuvres de l’Antiquité romaine.
Conceptualisation de l’espace, point capital dans l’évolution de l’art en Italie, pas
propre à Florence.
Le retour à l’antique (terme qu’on donne à la Renaissance italienne) possible
uniquement parce qu’il a été le résultat de la recherche de rationalisation et de
mathématisation des œuvres, les œuvres antiques s’y prêtent bien. On retrouve
ailleurs qu’à Florence, et n’émane pas que de Brunelleschi.
Ex : église de Badia Fiesolana, 1459-66. Même conception de l’espace que celle de
Brunelleschi, même si moins impressionnant. Uniformisation des formes, importance
du jeu de lumière, aussi pour San Lorenzo, glisse sur les surfaces claires et s’arrête
sur surface sombre.
Ex : Prato, église de Santa Maria delle Carceri, vers 1485, par Giuliano da Sangallo,
famille d’architectes connus. Il est l’un des architectes favoris de Laurent de Médicis.
Il opte pour un édifice de petite dimension, plan centré. Croix avec 4 branches de
même taille.
L’intérieur ressemble à du Brunelleschi, même motif de pilastre, chapiteau
corinthien. Coupole à pendentif, zone triangulaire qui permet de placer du plan carré
de la croisée au plan rond du dôme.
Différence : motif bleu qui fait le tour de l’église.
L’église a connu de nombreuses modifications, on ne sait pas quelle part Brunelleschi
a joué dedans.
San Lorenzo : Ancienne sacristie, sur le côté du chœur. Prévue dès l’origine,
construite entre 1421 et 28, entièrement financée par Médicis, construite comme un
autre édifice qui est greffé.
Deux chapelles plutôt que deux petites pièces qui permettent de conserver les
espèces, hostie, vin de messe ou se changer, c’est-à-dire le rôle d’une sacristie, donc
pas vraiment une sacristie.
Donc géométrisation de l’espace que ce qui est conçu dans l’église proprement dite.
Coupe : 3 zones, se superposent, et répondent à un calcul mathématique. Chacune de
ces zones correspond à la moitié du carré, donc vrai cube.
Chaque rayon de la coupole qui couvre le cube est égal à la moitié de la largeur du
mur.
Objectif : créer une lisibilité des différends espaces, harmonie visuelle pour ne pas
gêner la vue. Plutôt gris clair.
Moyen d’accentuer la monumentalité des espaces. Dans l’esprit des florentins et de
leurs artistes, cette monumentalité est un signe de romanité. L’architecte conserve des
jeux de couleurs, auquel la population florentine est très attachée.
Autre exemple d’architecture : Santa Croce, Chapelle Pazzi, Florence : même
principes, mais plus développé/raffiné. Le plan est plus complexe : espace central
carré mais flanqué par 2 ailes rectangulaires, espace central ouvre sur un plan carré.
L’ensemble est précédé par une logia (portique), ce qui permet de dessiner un axe
centra, partant du centre du portique, on passe au centre sous la coupole puis on
arrive dans le chœur. Plan plus sophistiqué.
Caissons, repris des monuments antiques. Élévation à l’intérieur du batiment reprend
la sacristie de San Lorenzo.
Chapelle Pazzi est un chantier très long, entrepris par Brunelleschi en 1429, achevé
en 1469. Grande coupole construite après mort de Brunelleschi.
Période de paiement gardé par les moines de chapelle de Pazzi. Au bout d’un
moment, Brunelleschi disparaît des comptes, ce qui correspondrait à sa deuxième
visite de Rome.
Donatello se trouvait à Rome pour des fouilles, car souvent grandes familles
collectionnent des œuvres antiques, donc envoient des artistes et des employés pour
creuser. On leur fait ramener ensuite dans les cours princières. Les papes aussi en
raffolent. La plupart de ces collections sont le fond des musées romains.
Campagnes de fouilles au XVe/XVIe, mais artistes font fouilles aussi pour étudier les
œuvres, s’en inspirer.
1433-1434 : Donatello à Rome. Vasari laisse entendre qu’il n’était pas seul, donc
Brunelleschi l’accompagnait, ça correspond à l’interruption des paiements à
Brunelleschi pour la chapelle de Pazzi.
De retour, se lance dans la construction de Santa Maria degli angeli en 1434, mais
abandonne 3 ans plus tard. S’inspire du temple dit de Minerva Medica. Ça n’aboutit
pas, mais aurait tendance à démontrer qu’au début des 1430s Brunelleschi est
retourné à Rome, il s’en inspire.
Santa Maria degli angeli : Telle qu’on la voit aujourd'hui, elle correspond à une
transformation presque intégrale dans les 1930s.
Là où on voit l’influence romaine, c’est dans un autre chantier religieux par
Brunelleschi, en 1434, l’église Santo Spirito, c’est le max de romanité. Elle existait
déjà mais détruite, donc projet de reconstruction, validé en 1434 après présentation de
Brunelleschi, avec une petite maquette.
Mort de Brunelleschi, la construction est à peine engagée, tellement le chantier est
colossal. Il faut attendre 1482 pour que le chantier soit abouti, mais on respecte les
directives de Brunelleschi.
Les proportions sont encore mieux maîtrisées qu’à San Lorenzo : Proportions en
terme de hauteur, proportions identique des deux niveaux d’élévation. Manifestation
de sa volonté de se frotter aux monuments antiques, à l’époque paléo chrétienne.
Ces sanctuaires sont encore debout au XVe, même si ils ont connus des
modifications, au XVe quand les artistes se rendent à Rome elles sont encore bien
visibles.
Peinture de Fouquet sur le couronnement de Charlemagne, au XVe, à la basilique
Saint pierre.
1505 : début des travaux de la basilique Saint Pierre. Destruction totale de la
basilique constantinienne, et en rebâtit une nouvelle.
Quand Brunelleschi se rend à Rome, il profite d’un édifice de l’époque paléo
chrétienne, et d’autres bâtiments de l’Antiquité tardive.
Sainte Marie Majeure et Sainte Sabine, témoignage de l’architecture paléo
chrétienne.
Ces monuments influencent la perception de Brunelleschi.
Brunelleschi a marqué pendant longtemps la conception des édifices florentins,
notamment dans leur édifice intérieur.
Sacristie de l’église Santo Spirito : plan octogonal qui donne sur une abside en plan
carré. Tous les détails de l’intérieur sont empruntés à Brunelleschi. Petits détails
originaux : double pilastres, fausses fenêtres qui en fait reprennent les fene^tres à
l’étage du portique de l’Hôpital des Innocents.
Les seules exentricité de Brunelleschi par rapport aux originaux c’est les chapiteaux,
il préfère l’ordre corinthien, motifs végétaux, plus de liberté, au sein d’un édifice
construit de manière très sévère. Les architectes se rendent compte qu’il existe une
grande variété de chapiteaux, bien plus que les ordres des chapiteaux présentés, en
font un usage illimité. Moins visible chez les bâtiments religieux que dans bâtiments
civils.
Les créations majeures du Quattrocento florentin :
l’architecture civil
Palais de la Seigneurie : aspect fortifié, beffroi sur un des angles qui permet de sonner
l’alarme ou convocation d’urgence. La plupart des palais florentins construits au
Quattrocento sont inspirés du palais de la Seigneurie, c’est LA référence dans
l’architecture civile.
Cour centrale pas tout à fait carré, permet l’éclairage et aération des différents
endroits du palais. La majorité des palais florentins reprennent ce schéma.
Palais Davanzati, fin XIVe, reprend pareil, organisation en rectangle avec cour
centrale et cour centrale.
RDC utilisé pour les boutiques car grandes familles sont marchandes, pièces de
stockage et boutique au rdc, accès clients et matériaux.
Le premier étage est appelé piano nobile, niveau où vit le propriétaire des lieux,
appartements et lieu de réception. Deuxième étage pour autres membres de la famille.
Dernier étage, logia ouverte, pour profiter de la fraicheur du soir, tandis que l’avant
dernier étage, constructions mal isolées (juste en dessous des toits), reservé aux
serviteurs.
Organisation typique du palais florentin à la fin du XIVe.
Hérité de l’antiquité romaine : Ostie, on trouve les insulae, immeubles antiques,
organisés selon le même schéma.
Première moitié du XVe, solutions proposées par architectes, enthousiasme des
familles marchandes, celle qui ont les moyens de se faire construire des palais.
La plupart des commandes d’architecture religieuse relève d’un financement
collectif, décision collégiale de la part de la ville. Architecte mis en concurrence avec
d’autres dans les chantiers qui relèvent d’un choix collégial.
Mais architecture palatiale relève des familles qui commandent et paient l’architecte
de leur choix. 1430s : la position de la famille Médicis a évolué, Côme l’ancien et sa
famille est expulsé en 1433. Cet exil forcé a eu pour conséquence à Florence une telle
fuite des capitaux (clients partent) que un mois plus tard les corporations florentines
se retrouvent forcées de revenir sur leur décision, et Côme l’ancien revient en tant
que simple citoyen en 1434. Il comprend qu’il ne faut pas être trop frontal, préfère
recommander ses proches pour les postes de pouvoir, s’approche des corporations
mineurs, etc = crée un grand réseau clientéliste. Prend officieusement le contrôle
économique et politique de la ville.
Autres familles désengagées de la vie communale, ne peuvent plus dépenser leurs
ressources dans le fonctionnement de la ville, dépensent dans leurs demeures
personnelles.
Conséquence : 1434-1440s, entraîne sur le plan politique, un affaiblissement
politique de la cité, mais foison de palais qui commencent à être construits.
Ex : Palais Médicis. Côme de Médicis à Brunelleschi de prendre en charge la
construction d’un palais. Il fait une maquette mais refusée par Côme l’ancien, car
affiche trop le prestige de la famille, là où il veut faire profil bas. L’auteur anonyme
de la vie de Brunelleschi nous dit qu’il s’en va en fureur en disant de ne jamais faire
de palais pour Côme.
Palais Médicis fait par Michelozzo Michelozzi, 1396-1472, qui construit rapidement,
entre 1444-1459.
Chapelle intérieure du palais inauguré en 1459, fin des travaux, ou au moins les plus
gros.
Mais grandes transformation entre temps, ne subsiste que la façade, 3 étages qui se
termine par une corniche. L’organisation général reprend celle des palais :
RDC pour boutiques, piano nobile pour salles de réception et appartements de Côme,
3e étage pour appartements du reste. Façade beaucoup plus symétrique, basée comme
les monuments religieux sur un module mathématique.
RDC : même type de bossage rustique que celui du palais de la seigneurie, permet
d’asseoir le socle du palais, ombres marquées entre les pierres, jeux de reliefs
marqués, plus fort, et permet d’asseoir la puissance du palais. Ça impose le respect.
Et comme c’est espace commercial, aspect défensif.
Séparation par un entablement avec le piano nobile : Fenêtres du 1er étage, pas la
même travée que celle du rdc, pas le même rythme, donc petit raté, manque de
symétrie. Pareil au 2e étage.
Dessin des fenêtres pareil que celles du palais de la seigneurie, fenêtres géminées, ou
jumelles. La citation est directe.
Plus on monte dans les étages, plus le traitement du bossage évolue : de rustique au
rdc, au 1er il y a encore des arêtes mais moins marquées, face de la pierre est plus
lisse, on appelle ça un appareil à refends, c’est-à-dire cette pierre relativement lisse
avec des arêtes plus creusées, assez pour créer un jeu d’ombre et de lumière.
2e : appareil totalement lisse, relief plus du tout marqué. Lumière glisse dessus.
Allège l’édifice plus on va en hauteur, et donc sentiment que la façade est beaucoup
plus haute qu’elle ne l’est, illusion d’optique.
Mais interrompu par cette corniche qui clôture la façade et semble écraser le palais.
Cette corniche, on la retrouve dans tous les palais florentins, on reprend celle des
bâtiments romains, sauf que eux mettent des colonnes en dessous, mais pas là, timide
introduction à l’antique.
Humanisme hérité de l’Antiquité romaine.
Intérieur du palais :
La cour intérieure, ou cortile (prononcer cortilet), est bordée par un portique, plus
raffiné que l’extérieur, plus à la vue de tous donc liberté décorative. Portique fait le
tour de la cour. Comme à l’extérieur, 1er étage avec fenêtres, 2e étage même type de
logia que dans le palais Davanzati.
Pas vraiment de symétrie, pas les mêmes proportions pour les ailes du portique
entourant le cortile.
Pas de symétrie à partir de l’axe principal.
Michelozzi a essayé de reproduire le même dessin que le portique de l’Hopital des
Innocents, mais il a oublié que le portique est longiligne, alors que là c’est un carré
donc il arrive pas à traiter les angles, donc les fenêtres au dessus des travées aux
angles se touchent presque, et l’endroit le plus solide (colonne), repose sur une simple
colonne, donne une cour qui a l’air bancale, frêle. Mais ça choque pas car on est
admiratif par le travail de Brunelleschi.
Ce palais M2dicis est perçu d’emblée comme un modèle révolutionnaire et innovant,
surtout transition rugueux/lisse en façade et constraste intérieur/extérieur, malgré ses
défauts.
Contraste rugueux extérieur et raffinement intérieur est repris dans les palais
florentins.
Palais Pazzi :
1458-69. On retrouve exactement les mêmes solutions que Palais médicis, surtout à
l’intérieur, cortile, même contraste de couleur.
Intérieur presque à l’identique, sauf que les médaillons orignalement dans
l’établement sont rejetés dans les coinçons (?), mais détail minime.
Palais Strozzi :
Vue aérienne (vue rare car plus tourisme qu’histoire de l’art), nous permet de voir
que c’est des structures imposantes dans la vieille ville de Florence.
À l’extérieur, même système que palais Médicis mais avec correction, pour obtenir
symétrie parfaite. Même volonté de dégrader progressivement les surfaces, plus subtil
ici. Bossage (ou dossage ?) beaucoup moins rustique que celui du palais Médicis.
Différence se fait beaucoup moins nette et plus subtile donc raffinée.
L’architecte installe aussi une corniche au sommet, qui vient coiffer comme un
couvercle la partie supérieure du palais. Semble moins imposante que celle du palais
Médicis bien qu’elle soit bien avancée, prouesse technique pour l’architecte qui prend
inspiration de l’entablement du Forum de Nerva.
Écart entre la rusticité de l’extérieur et raffinement de l’intérieur. Mais le problème
des angles n’est toujours pas traité, l’angle ne se matérialise pas particulièrement et
donc a un impact sur les autres étages.
Ce n’est pas le seul modèle de palais construit à cette période.
Palais Rucellai, qu’on doit à Alberti, à qui on doit beaucoup d’ouvrages
d’architecture/peinture, l’un des premiers artistes florentins à regrouper architecture
et peinture sous la notion « d’art du dessin ».
Construit un palais pour la famille Rucellai, solutions assez différentes des suiveurs
du palais Médicis. Modèle peu suivi alors qu’il est plus novateur et plus inspiré de
l’Antiquité.
Palais commencé vers 1455, aux alentours du Palais Médicis. Contrairement, palais
Rucellai se distingue par une rythmique différente, tentative cohérente d’appliquer les
ordres d’architecture :
2 porches sur façade principal, rythme plus dynamique pour les travées (AABAAB).
Au dessus des porches, les fenêtres sont légèrement plus larges et hautes que les
autres, accentuent l’importance de ces 2 travées particulière. Ces 2 fenêtres sont les
seules surmontées par le blason de la famille.
Variations entre étages ne sont pas obtenus par le traitement d’étage : pierre à refond
(?), même pour tous, pas de jeu d’ombre et lumière car même épaisseur. Séparé par
un entablement beaucoup plus marqué et large, avec une corniche et une zone plane
recouverte de motifs sculptés. Entablement guide le regard et vient fixer au sol la
composition.
Et à ça répond la verticalité des pilastres, qu’on retrouve dans les constructions
antiques comme le Colisée.
Au rdc, Alberti utilise l’ordre toscan : ordre simple, utilisé pour les bâtiments usuels,
massifs, dans l’Antiquité, donc correspond à un rdc.
1er étage, étage noble, on a un ordre corinthien orné. Mais le motif central à l’image
n’as pas d’existence dans l’ordre corinthien original, donc version améliorée.
2e étage : corinthien classique, pas de motifs supplémentaires, marque un non respect
des règles de l’architecture classique : plus on monte, plus l’ordre se complexifie. Pas
une méconnaissance d’Alberti, lui permet de marquer l’importance du 1er étage,
noble, où réside le chef de famille.
Utilisation de ces ordres réglementés après, au XVe les architectes ont des difficultés
de compréhension des ordres antiques, donc se permettent des improvisations. Ils ont
compris que les Anciens…
XVe : relative liberté dans l’utilisation de ces ordres.
Encorbellement, en dessous de la corniche, est massive aussi. Corniche est
systématique dans les palais florentins : protège la façade du soleil et donc de la
chaleur.
Alberti fait le choix de respecter les ordres en adaptant la largeur des encorbellement
à chaque…
Décide de surplomber la corniche d’un larmier : permet de guider les eaux de pluies
hors du toit.
Donc on a presque l’impression qu’il y a deux corniches : encorbellement, et
deuxième corniche sur la première qui vient surplomber l’ensemble.
Cette corniche il la reprend du Colisée.
Il produit une architecture plus novatrice, raisonnée et influencée par l’Antiquité que
le chantier quasi contemporain des M2dicis. Pourtant, pas de reprise de ce modèle, le
palais Médicis est populaire. Peut-être que cette organisation presque rigide de la
façade offrait moins de libertés et très chargée.