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Analyse linéaire des Obsèques de la Lionne

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Les obsèques de la Lionne : commentaire linéaire (réforme 2020)

Voici un commentaire linéaire (ou une analyse linéaire sur Les Obsèques de la Lionne ). Vous allez pouvoir
vous aidez de cette introduction détaillée, et du commentaire fait ligne par [Link] pouvez évidemment
rajouter votre propre réflexion et nous en faire part dans les commentaires. L’analyse linéaire est à faire avant
de construire le commentaire composé. Elle vous permet de trouver vos parties et Thème du texte pour construire votre
plan.

INTRODUCTION: Jean de la Fontaine, fabuliste français, occupait une place paradoxale au siècle de Louis XIV. Étant un
courtisan, il critiquait et peignait dans ses apologues, les défauts et les vices de ses contemporains. Loin de n’être destinés
qu’aux enfants, les fables mettent en scène des animaux dont le comportement a pour but de plaire et d’instruire le lecteur: « Je
me sers d’animaux pour instruire les hommes ». Les obsèques de la lionne illustre la vie à la Cour(la figure centrale du Roi, la
comédie de la Cour). Les obsèques de la Lionne présente une situation particulière, le deuil officiel qui permet de montrer le
rapport entre le Monarque et sa Cour.

Lire le texte à haute voix pour l’oral du bac


conseil lecture : marquez bien les diérèses, ayez une bonne tonalité et lisez d’une manière énergétique. Entraînez vous à
l’avance et à haute voix afin de ne pas donner l’impression à l’examinateur que vous découvrez le texte pour la 1ère fois.
diérèse: nom féminin
1. Phonétique. Prononciation dissociant un groupe vocalique en deux syllabes (opposé à synérèse).« Plier» se
prononce avec une diérèse.
PROBLEMATIQUE
I) Les obsèques de la Lionne
v1: La femme du Lion mourut
-La mort de la lionne est annoncée brutalement à travers le Passé simple. -Le lion occupe une place centrale dans le vers ce qui
montre son importance. On a une Majuscule à « Lion ».-Fantaisie du mélange : « femme »/ » »Lion »= La Fontaine a choisit
d’utiliser « La femme du Lion » au lieu de Lionne. Li/on On a une diérèse qui coupe le mot en deux. Cela montre aussi que le
cœur du Lion est brisé en deux à cause de la douleur. Vers en octosyllabes
v2:Aussitôt chacun accourut
-On a un empressement des courtisans qui est montré à travers l’utilisation du passé simple (action accomplie, ponctuelle à la
différence de l’imparfait qui exprime la durée).- « Aussitôt » est un adverbe qui met du rythme à cet empressement-On a un
empressement de « chacun »(mouvement spontané). L’action individuelle va converger vers une action de groupe. -Le vers est
rythmé, vif et rapide: trois mots – assonance en « a »
RAPPEL: assonance: Répétition de voyelles et allitération: Répétition de consonnes
v3: Pour s’acquitter envers le Prince
-s’acquitter : Se rendre quitte d’une obligation, d’une dette (envers le roi). C’est un comportement quelque peu hypocrite.
-Diversification des appellations du roi : « Prince », « Lion » . « Diversité, c’est ma devise » ( La Fontaine)
v4 et 5: De certains compliments de consolation /Qui sont surcroît d’affliction.
-consolati/on (diérèse) ; afflicti/on (diérèse) . Relation entre consolation et affliction(= Immense tristesse, chagrin, souffrance,
accablement) . En effet, si les courtisans rendent leur condoléances au roi pour la mort de la reine, ils vont lui faire plus de mal
que de bien. Si vous y réfléchissez de plus près, les condoléances vont refaire surgir les pensées douloureuses liées à la mort
du proche.
v.6 à 10: Il fit avertir sa Province /Que les obsèques se feraient/Un tel jour, en tel lieu ; ses Prévôts y seraient/Pour régler la
cérémonie,/Et pour placer la compagnie.
On a une mise en place des Obsèques avec l’ordre donné par le roi . « fit »: passé simple qui reflète une action rapide et
immédiate. La province (=état ) montre le territoire sur lequel le roi exerce son pouvoir . Répétition du mot « tel » car La
Fontaine raconte l’ordre donné par le roi en détail. Prévôt : Nom d’officier dans les ordres militaires sous l’ancien régime qui
s’occupe de la cérémonie. Discours indirect libre. Le roi donne des ordres afin de réaliser les Obsèques— il y a des verbes
d’action à l’infinitif : » avertir »(v.6), »régler « (v.9), « placer »(v.10).
v.11: Jugez si chacun s’y trouva
.- le roi donne un ordre à l’impératif . Ainsi chaque courtisan est obligé d’assister aux obsèques. On peut donc voir que le roi
Lion possède beaucoup de pouvoir et qu’il est puissant. « Trouva » : passé simple

II) Deuil de la Lionne

v.12 : Le Prince aux cris s’abandonna,


On a la marque du deuil. Le lion si puissant devient faible. « Cris« : marque du pluriel ~le Lion poussa plusieurs cris de
désespoir. « s’abandonna » : signe de faiblesse. La tristesse touche le moral et va affecter le corps .tonalité pathétique.
v.13 : Et tout son antre en résonna:
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« antre« : grotte qui renvoie à l’animalité. C’est la tanière d’une bête sauvage et féroce. Paradoxe : Lion ressemble à un
homme dans le comportement ( pleure la mort de sa femme, organise des obsèques,…) mais il reste un animal , au fond , car il
vit dans une tanière. On peut dire que les animaux portent le masque des hommes (=personnification ) et jouent une comédie :
» Une ample comédie à cent actes divers et dont la scène est l’Univers « (La Fontaine). « résonna » : l’antre est vide, le Lion
cris très fort, l’antre est gigantesque du fait de sa puissance.
v.14: Les Lions n’ont point d’autre temple
« L’antre » devient un « temple ». Donc, pour eux, le Lion est un idole. Mélange de la croyance, de la religion , qui sont
propres aux humains, avec le monde animal. C’est la Fantaisie de la Fontaine. De plus, on pourrait croire que La Fontaine
mélange aussi la fable avec la réalité :Le roi Louis XIV = Le Lion et Versailles = « antre » et « temple »
v.15-v.16 : On entendit à son exemple/
Rugir en leurs patois Messieurs les Courtisans
« exemple« : le Lion , quoi qu’il fasse , est imité par les Courtisans. On a plusieurs mots contraires au v.16. « rugir » :un son
propre aux animaux . Par contre, ce sont les « Messieurs les Courtisans » qui rugissent = satire de la Cour par la Fontaine.
Les courtisans parlent et ne rugissent pas. Patois (=dialecte): dévalorisant pour les courtisans. La Fontaine fait un clin d’œil au
lecteur, à propos de la situation de la Cour au temps de Louis XIV. « Messieurs les courtisans » : fausse déférence . Mélange
monde animal et humain= Fantaisie de la Fontaine.

III) Intervention directe de La Fontaine critiquant la Cour

v.17-18: Je définis la cour un pays où les gens/ Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
« je »: La Fontaine/ narrateur intervient dans la Fable. « Définis « : présent de vérité générale+ verbe didactique. Il va nous
donner une définition de la Cour qui n’est pas valorisante mais qui est dépréciative. Il va en profiter pour faire la satire de la
Cour. « Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,« : antithèse (=opposition ) qui marque l’hypocrisie des courtisans. On a
aussi un chiasme : prêts à tout / à tout indifférents
Au fil du vers on a une gradation
v.19-18 : Sont ce qu’il plaît au Prince, ou s’ils ne peuvent l’être/Tâchent au moins de le paraître,
« être » = montre la sincérité et « paraître« =montre l’hypocrisie car ils font semblant. Ils ne dévoilent pas leurs vrais
sentiments. Ils jouent la comédie en portant le masque de l’hypocrisie. » Une ample comédie à cent actes divers et dont la
scène est l’Univers « (La Fontaine)
v.21:Peuple caméléon, peuple singe du maître
»Caméléon » = se camoufle comme les courtisans qui camouflent leurs vrais sentiments du fait de l’hypocrisie. »Singe »:
animal rusé comme les courtisans qui adoptent plusieurs stratégies pour flatter le roi. « Peuple « : répétition
v.22-23: On dirait qu’un esprit anime mille corps ;/C’est bien là que les gens sont de simples ressorts.
« esprit anime mille corps »: référence à Descartes qui disait que les animaux ressemblaient à des machines, à des automates
sans âme. « simples ressorts » : les gens ne possèdent pas d’âmes et sont que des pantins guidés par l’hypocrisie.
vous pouvez, à l’oral, faire référence au Canard de Vaucanson v.24: Pour revenir à notre affaire
La Fontaine met fin à son intervention.
IV) Le récit du Cerf
v.25 : Le Cerf ne pleura point, comment eût-il pu faire ?
césure à l’hémistiche qui coupe l’alexandrin (12 syllabes ) en deux . On a donc : 6syllabes/6syllabes = alexandrin ( 12
syllabes) Le Cerf : un autre animal. Jusqu’à présent on a eut une diversité d’animaux dans la fable ( singe, caméléon, Lion,
cerf ) « Diversité, c’est ma devise » ( La Fontaine)
v.26-v.27: Cette mort le vengeait ; la Reine avait jadis/Etranglé sa femme et son fils.
L’enjambement marque la cruauté. « Jadis « : conte de fée. Mélange homme-animal . »étranglé« : atténuation de la cruelle
réalité. En réalité la reine n’a pas étranglé la femme du cerf et son fils = elle a tué la famille du cerf
V.28-29: Bref il ne pleura point. Un flatteur l’alla dire,/Et soutint qu’il l’avait vu rire.
« Bref« : vitesse, maîtrise du rythme. Les fables sont agréables car le rythme est maîtrisé par la Fontaine. Ce mot va laisser
place à l’action. On a une dénonciation des courtisans par la Fontaine car ils ne sont pas que des flatteurs mais aussi des
menteurs.
v.30-31: La colère du Roi, comme dit Salomon,/Est terrible, et surtout celle du roi Lion :
Salomon : roi . Anthropomorphisme avec » Roi Lion » ( roi = homme ; Lion = animal ) . Colère terrible du Lion: insistance
sur la brutalité et la violence du roi.
v.32: Mais ce Cerf n’avait pas accoutumé de lire.
Mais : conjonction de coordination marquant une opposition entre le Lion et le « Cerf ». Le Cerf n’est pas habitué à être
hypocrite. Il est sincère et pas rusé comme les courtisans. Donc il ne prolifère pas des flatteries au roi comme s’il les lisait d’un
livre. Cerf= sincère Vs courtisans = hypocrite
v.33: Le Monarque lui dit: « Chétif hôte des bois
« Monarque « : Jean de la Fontaine diversifie les appellations « Diversité, c’est ma devise » ( La Fontaine) . « dit »: verbe
introducteur ou verbe de parole. Le discours direct donne de la vivacité à la fable et la rend plaisante ( en latin : « Placere et

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Docere « = plaire et instruire) . C’est le lion qui débute la discussion. Ceci montre sa puissance. « Chetif « : dévalorisation qui
montre la faiblesse du cerf par rapport au lion. Remarque: Le cerf est herbivore et doit craindre le Lion qui est carnivore.
Rapport hiérarchique.
v.34: Tu ris, tu ne suis pas ces gémissantes voix.
Le lion lui reproche de ne pas pleurer la mort de la Lionne . « Ces gémissantes voix » : les pleurs des courtisans.
v.35-36: Nous n’appliquerons point sur tes membres profanes/Nos sacrés ongles ; venez Loups,
Chiasme : membres profanes / sacrés ongles. Le lion n’a pas d’ongles mais il a des griffes = anthropomorphisation .
« Venez »: ordre donné par le Lion. « Loups »: serviteurs du Lion/ signe de violence/ autre animal qui intervient dans la
fable(=diversité).
v.37-38: Vengez la Reine, immolez tous
Ce traître à ses augustes mânes.
-ordres (verbes à l’impératif) montrant la puissance du roi : » vengez », » immolez » .verbes violents et cruels . Immoler :
tuer, sacrifier. Mânes : âmes des ancêtres, lié à la religion romaine . auguste: adjectif qualifiant ce qui est imposant, impérial,
royal . À l’origine , Auguste est le fils adoptif de César.
Le lion veut condamner à mort le cerf . Au yeux du Lion, le cerf est « chétif » et c’est un « traître ».
v.39-40: Le Cerf reprit alors : Sire, le temps de pleurs/Est passé ; la douleur est ici superflue.
le discours direct : rend le texte vivant. On a une dramatisation qui se fait par la parole. Il y a une parade du cerf qui passe
par la parole: il va essayer de se défendre pour ne pas être condamné à mort. Place importante de l’art oratoire + éloquence .
« Sire« : signe de respect envers le roi . Rejet du v.39 à 40 .
V.41: Votre digne moitié couchée entre des fleurs,
» votre » : vouvoiement. » Digne » : Le Cerf parle comme les courtisans et qualifie la lionne comme digne. Il y a une Ironie
subtile car le cerf sait bien que la Lionne n’est pas digne car elle a tué sa famille. Il emploie donc le mot digne pour faire de
l’ironie. « Moitié « : la lionne.
« Votre digne moitié / couchée entre des fleurs, » césure à hémistiche .rythme binaire qui dessine le corps de la lionne
couchée entre les fleurs. On a une image visuelle, un tableau qui se dessine dans la fable.
v.42-43: Tout près d’ici m’est apparue ;/ Et je l’ai d’abord reconnue.
« Tout près d’ici »: il y a une contradiction car la lionne est morte donc elle est loin. Indication spatiale qui donne un effet de
vérité. « apparue « : religieux. Le Cerf est élu par la lionne qui est morte. Octosyllabe .Ruse du cerf : Le Cerf veut rendre le
lion jaloux en lui disant qu’il a eut le privilège de la voir.
v44 à 48 .
• il y a une mise en abyme car on a un discours direct dans du discours direct . En effet, on a le cerf qui parle et dans le
discours du cerf la lionne prend la parole.
• Le Cerf fait parler la lionne qui est morte: prosopopée ( c’est une figure de rhétorique) . Cette prosopopée va donner
une valeur véridique au mensonge du cerf.
• En faisant revivre la lionne morte à travers le discours, le Cerf joue avec la superstition pour faire duper le lion et
échapper à la peine de mort. En effet Jean de La Fontaine pense que la superstition est le vice des courtisans.
• Il y a des éléments religieux grecques , païennes. Or, au temps de Jean de la Fontaine, les lecteurs étaient chrétiens.
• « Garde« : empêche que. « Convoi« : les personnes qui marchent derrière le cercueil
• « Ami« : la lionne appelle le cerf « ami » donc c’est une appellation amicale. Puisque la lionne appelle le Cerf ami , le
lion doit aussi lui faire confiance ( =Ruse) .
• Allitération en (M) et assonance en (A) .
v.49:Qu’on se mit à crier : Miracle, apothéose !
Jean de La Fontaine critique la société du 17e siècle . Ici il y a l’impossibilité du lion de punir le cerf car les courtisans le
croient. Les courtisans croient aux paroles du cerf.
v.50: Le Cerf eut un présent, bien loin d’être puni.
Le cerf a réussi à travers sa ruse et son éloquence à duper le roi et a même avoir un cadeau (=un présent). Le pouvoir de la
parole prend une place importante au cœur de la société du 17e siècle.
V) la morale explicite de la fable
V51-54: Amusez les Rois par des songes, Flattez-les, payez-les d’agréables mensonges, Quelque indignation dont leur
coeur soit rempli, Ils goberont l’appât, vous serez leur ami.
Le Lion est comparé à un poisson qui gobe l’appât. Jean de La Fontaine donne des conseils aux courtisans pour ne pas être
puni par le roi . Il faut flatter et mentir au roi. remarque: Le Cerf reflète l’image de Jean de La Fontaine qui est une proie
royale .
*Documents à mettre en relation avec cette fable ( pour l’oral du bac de français):
Vous pouvez faire ressortir l’anthropomorphisation qui est glissée dans la fable:
Charles Lebrun ( 1619-1690) , Trois têtes d’hommes en relation avec le Lion, 1690, dessin, musée du Louvre.
Pablo Picasso (1881-1973), Minotaure et Jument, 1936, gouache et encre de chine, musée Picasso, Paris

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Commentaires littéraire et linéaire, les obsèques de la
lionne, La Fontaine. L'écrit et l'oral (étude linéaire et question de grammaire)EAF 2021
Commentaire littéraire, les obsèques de la lionne, livre VIII = l'écrit de l'épreuve anticipée de français 2021
- Lecture de la fable
- Les obsèques de la lionne
- Livre VIII des Fables
- La fable entre tradition et innovation
Réécriture de La Fontaine
La Fontaine, dans ses Fables, se conforme à l’idéal artistique du classicisme : plaire et instruire. C’est ce que l’on peut voir
dans « Les Obsèques de la Lionne » qui mêle une critique féroce de la Cour et du despotisme à un art consommé de la
narration.
Mise en situation
-17e siècle, sous le règne de Louis XIV, le régime est une monarchie absolue de droit divin. Jean de La Fontaine (1621-1695)
écrit 2 recueils de 6 livres chacun, le seconde livre dont il est ici question, parait entre 1678 et 1695. -Les Obsèques de la
Lionne viennent de ce livre, et sont inspirés d’une fable d’Abstémius, du recueil d’une centaine de fables Hécatomythion,
écrits vers la fin du 14e siècle, sous la renaissance-
Dans cette fable très classique, La Fontaine mêle différents registres : humour, sarcasme, colère, c’est une satire acerbe des
courtisans et du roi.
Plan du commentaire littéraire
« Les Obsèques de la Lionne »
1. Un schéma classique
2. Les interventions du narrateur
3. L’attitude du roi
4. Les courtisans
La reprise de « peuple » traduit la colère, l’indignation de La Fontaine.
5. Le discours du cerf
6. Une tonalité satirique
7. Les innovations de La Fontaine
1. Un schéma classique
Ce schéma est le suivant :
– un récit aux étapes bien marquées, suivi d’une morale ;
– les 16 premiers vers plantent avec vivacité le décor – vers 39-49 : réplique, au style
(octosyllabes, sauf vers 44 et 8, succession de passés direct, du cerf, dans
simples, nombreux enjambements) : la mort de la laquelle est enchâssée la
prosopopée de la lionne. On
lionne, l’annonce des obsèques, le chagrin de commande
notera l’habileté de la construction
de la cour ; polyphonique ;
– le vers 17 interrompt le récit à la faveur d’un « je » – la chute, brève (2 vers et demi),
qui marque l’intervention du fabuliste. Celui-ci se lance est marquée par le
dans une série de considérations au présent de vérité retour au récit entrecoupé des cris
générale sur les travers de la cour et des courtisans ; de la cour : le cerf a
– le vers 24 met fin à cette digression de façon brutale renversé la situation à son profit,
(vers 24, 25) : La Fontaine reprend son récit, mené à l’effet de son discours
la troisième personne jusqu’au vers 32 pour évoquer est immédiat (« à peine »).
l’attitude du cerf et la dénonciation dont il est l’objet
de la part d’un « flatteur » ;
– s’ensuit (vers 33 à 39) une nouvelle étape du récit, avec
la tirade du lion rapportée au discours direct : le drame
se met en place, le lion prononce la condamnation du
cerf et appelle au lynchage : les 3 octosyllabes ponctués
de 3 impératifs qui terminent son discours contribuent
à dramatiser le récit ;

Etude linéaire des obsèques de la lionne = épreuve orale du bac de


français 2021 Pour faire une étude linéaire des obsèques de la lionne, La Fontaine, vous pouvez garder le même plan
que pour le commentaire littéraire.
Un plan classique :
– v. 1 à 11 : situation initiale (mort de la Lionne et convocation des sujets pour ses obsèques) ;
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– v. 12 à 16 : deuil général de la Cour ;
– v. 17 à 23 : intervention du fabuliste pour une critique de la Cour ;
– v. 24 à 28 : réaction du Cerf ;
– v. 29 à 38 : délation et colère du Lion (discours direct) ;
– v. 39 à 49 : réponse du Cerf (discours direct) ;
– v. 49-51 : conclusion du récit ;
– v. 52 à 55 : morale
Le récit se trouve des vers 1 à 52 :
il se décompose lui-même :
v. 1 à 16 : présentation du décor : présence d’octosyllabes, successions d’imparfaits et de passés simples, et enjambements.
On assiste aux obsèques et on ressent le chagrin du roi.
v. 17 à 23 : il y a interruption du récit en faveur du « je » du fabuliste : il permet la mise en place de considération de vérité
générale qui concernent les traces des courtisans.
v. 24 à 32 : reprise du récit, évocation de l’attitude du Cerf
v. 33 à 38 : tirade du Lion au discours direct → vivacité, plaisance, et accentuation du drame émotionnel du Lion.
v. 39 à 49 : réplique au discours direct du Cerf : il s’agit d’une réplique enchâssée reprenant ce que dirait la Lionne si elle était
encore de ce monde : figure de style de la prosopopée.
v. 49 à 52 : chute très brève, avec un changement brutal de situation. L’effet du Cerf est immédiat : v. 49 : « À peine on eut ouï
la chose, | Qu’on se mit à crier : « Miracle, Apothéose ! » | Le cerf eut un présent, bien loin d’être puni. »
La morale se trouve elle placée des vers 53 à 55.
Exemple d'un commentaire linéaire des obsèques de la lionne
vers 1 à 16 : premier acte de la comédie
vers 17 à 23 : parenthèse et intervention du narrateur
vers 24 à 38 : coup de théâtre, deuxième acte
vers 39 à 51 : deuxième coup de théâtre, troisième acte
vers 52 à la fin : moralité
Les obsèques de la Lionne ANALYSE

Introduction
La Fontaine a commencé à écrire sous le règne de Louis XIV. Cette fable est tirée du second recueil, publié en
1694. L'une de ses protectrices était la marginale Mme de la Sablière. C'est par les contes, puis par les fables, sur le
tard, que La Fontaine a connu la gloire. Le second recueil est dédicacé à Mme de Montespan. Les fables de ce recueil
sont plus philosophiques, plus longues que celles du premier. Les fables sont liées les unes aux autres de façon
fantaisiste : livre 7 => politique. livre 8 => philosophique. La Fontaine est quelqu'un de poétique qui aime
beaucoup la solitude ; il n'invente pas le sujet de ses fables (sauf pour une vingtaine), il les adapte.
Question possible à l'oral : En quoi cette fable est-elle construite comme une pièce de théâtre ?
Analyse linéaire de la fable: Les axes étudiés ici sont la satire et l'art du fabuliste. Ici la fable est divisée en 5 parties :
vers 1 à 16 : premier acte de la comédie
vers 17 à 23 : parenthèse et intervention du narrateur
vers 24 à 38 : coup de théâtre, deuxième acte
vers 39 à 51 : deuxième coup de théâtre, troisième acte
vers 52 à la fin : moralité
L'art du fabuliste : il a construit sa fable comme une pièce de théâtre. La moralité est tout au long de la fable, le récit
est riche en pensées.
I) Le premier acte
1) Scène d'exposition : "la femme du lion mourut" ( v.1) > économie des mots : art du fabuliste > ambiguïté entre
les animaux et les humains : satire
2) 2ème scène (v.2 à 5) : les condoléances. /. Plus longue que la scène 1 > excès des courtisans serviles
"s'acquitter" (v.3) > le verbe montre le devoir > aspect hypocrite des courtisans /« De certains compliments de
consolation" (v.4) > périphrase, c'est plus majestueux, solennel/« Qui sont surcroît d'affliction" (v. 5 ) > passage au
présent de vérité générale > vérité satirique (le roi est victime de sa propre étiquette)
3) 3ème scène (v.6 à 10) : préparation de la cérémonie
Tout au long de cette scène, on est dans le monde des humains. "prévôts" (v.8) > contrôlent si tout le monde est là
"régler" (v.9) > cérémonie pleine de faste. Au cours de cette cérémonie, le roi va vérifier sa puissance et les
courtisans vont se faire valoir, c'est un test de leur influence auprès du roi.
"Un tel jour, en tel lieu; ses prévôts y seraient" (v.8) > alexandrin > par ce rythme solennel, on a l'impression
d'entendre le roi parler. Pour laisser l'ambiguïté, le rendez vous n'est pas précisé.
4) 4ème scène (v.11 à 16) : la cérémonie
"Jugez si chacun s'y trouva" (v.11) > nouvelle intervention du narrateur, complicité avec le lecteur. Il souligne en

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même temps la toute puissance du roi. "Le prince aux cris s'abandona" (v.12) > Le lion s'abandonne aux cris de la
douleur devant tout le monde : c'est un acteur > satire. "Et tout son antre en résonna" (v.13) > retour au monde
animalier car la satire allait trop loin "Rugir en leur patois messieurs les courtisans" (v.16) > vers très ironique le
"patois" montre le manque d'éducation et fait référence aux hommes alors que "rugir" est le propre des animaux.
II) Intervention du narrateur
7 vers qui coupent complètement le récit. La Fontaine a besoin de s'expliquer tout de suite et de crier son
indignation. Il utilise un alexandrin, mais qui n'est pas ironique du tout.
v.18 > caractère changeant des animaux montré par le chiasme et par une antithèse ou un oxymore. On note que
le mot "indifférent" est à la rime, et le caractère hypocrite des courtisans est souligné par le fait que "être" et
"paraître" sont aussi à la rime. v.21 > retour aux animaux > La Fontaine assimile les courtisans à des animaux >
insulte
"caméléon" dénote l'esprit changeant des courtisans "singes" l'esprit flatteur v.22 > on remarque une antithèse
("un"/"mille") et une hyperbole (« mille") v.23 > les ressorts sont les courtisans, pas les animaux (référence à la
théorie de Descartes). C'est une moralité vibrante
III) Le deuxième acte
1) scène 1 : coup de théâtre
"le cerf ne pleura point." > on remarquera qu'il y a un point à l’hémistiche. v.26 > présence du narrateur
omniscient qui arrête une fois de plus son récit pour nous expliquer pourquoi. v.27 > octosyllabe pour mettre en
valeur le mot "étrangler" > satire
2) scène 2 : Les conséquences
v.28 > "flatteur" > satire de la cours. v.29 > mise en valeur par un octosyllabe de l'excès et de la calomnie
On remarque que "dire" (v.28) rime avec "rire" (v.29)
3) scène 3 : la colère du roi
v.31 > la virgule met le mot "terrible" en valeur, ce qui souligne la cruauté du roi. Opposition entre Salomon et le
roi > nouvelle pique de satire. Un nouveau retour aux animaux (v.31/32) feutre la satire
4) scène 4 : discours du roi, au style direct > satire du roi. Le mépris est marqué par un langage majestueux.
L'excès du lion est marqué par l'utilisation d'un vocabulaire religieux. Le roi aime le mensonge : "tu ris" >
disproportion entre faute et sentence. La colère du roi est montrée par une ponctuation saccadée
IV) Troisième acte
"Digne moitié" > sens ambigu. Le passage à l'octosyllabe imite le chuchotement de la confidence. »Ami" souligne
qu'il pleuré; d'autre part la lionne va être déifiée
1) scène 1
Cérémonie d'apothéose pour la reine > c'est flatteur pour le lion car il risque d'être divinisé aussi. Le fait que le
discours de la lionne soit entièrement en alexandrins souligne la majesté de la lionne et l'hypocrisie du cerf.
"champ"/"charmes" > allitération pleine de douceur, de chaleur; on a tout un ensemble de sonorités extrêmement
douces. v.46 > voir la feuille pour l’accentuation/ v.47 > allitérations en [s] et sons naseaux. On note des accents
très symétriques. / v.49 > coquetterie de la reine. Le cerf justifie pourquoi il a attendu pour révéler le secret.
2) scène 2
v.50 > le changement très rapide de comportement des courtisans >> cela renforce l'idée que La Fontaine
exposait déjà aux vers 21, 22, 23 : la satire des courtisans. Ce changement permet de faire du deuil de la reine
une fête joyeuse la célébrant./ Le cerf, quant à lui est récompensé de son mensonge (v.51) >> satire des courtisans
juxtaposition d'un mot chrétien à un mot païen : "Miracle" et « Apothéose" / Les courtisans s'empressent de flatter
le roi; c'est aussi pour eux un soulagement de ne plus avoir à pleurer >> satire
3) scène 3
v.51 > le dénouement / Le cerf, quant à lui est récompensé de son mensonge (v.51) >> satire des courtisans.
V) La seconde moralité
La moralité dénonce l'hypocrisie des courtisans mais surtout la vanité et la naïveté des rois :
"Flattez-les, payez-les d'agréables mensonges,
Quelque indignation dont leur coeur soit rempli,
Ils goberont l'appât ; vous serez leur ami" >> du moment que le mensonge plaît au roi, ce dernier y croira.
La Fontaine s'adresse à nous, il donne des impératifs, il remet en cause avec beaucoup d'audace la toute
puissance royale >> les rois sont esclaves de la flatterie >> satire
Conclusion En conclusion, dans la fable Les obsèques de la lionne La Fontaine a accordé une grande place à la
satire de la cour et du roi, tout en hésitant pas à prendre la parole lui-même et à railler le "peuple singe du maître"
et le maître aussi.
BAREME

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DS Nov 2020 : 1er essai d’une analyse vers un commentaire composé Oui Non Points
« Les obsèques de la lionne de La fontaine. (2 B Vers le commentaire composé)

Présence d’une introduction /5


• 1. Amorce
• 2. Présentation de l'oeuvre + 3. Présentation de l’extrait
• 4. Annonce de la problématique
• 5. Annonce du plan

Présence d'une conclusion /4


- J'ai bien présenté la conclusion (alinéa, un seul paragraphe, 7-10 l.
- J'ai mis un mot de liaison pour annoncer la conclusion
- J'ai fait le bilan de chaque partie du commentaire
- J'ai proposé une ouverture pertinente
- J'ai rapidement expliqué le lien entre mon ouverture et le texte étudié
- Dire que c’est une satire/ironie/fable. + La Fontaine/ narrateur intervient dans la Fable /4
- Morale
- Dialogue et personnification des animaux + convaincre
- rapport entre le Monarque et sa Cour.
DEVELOPPEMENT /5
-J'ai fait un alinéa au début de chaque paragraphe
-J'ai bien mis un mot de liaison au début de chaque paragraphe
-J'ai annoncé l'idée de la grande partie au début du 1er§ de la partie ‘
-J'ai annonce l'idée de la sous-partie au début du § qui la développe
-J'ai fait au moins trois analyses dans chaque paragraphe
-J'ai mis des mots de liaison entre mes phrases (en outre, de surcroît,)
-J’ai cité les passages du texte que j'étudie et j'ai indiqué la ligne
-J'ai fait une micro-conclusion à la fin de mon paragraphe
-J'ai sauté 1Ligne entre chaque ss-partie et 2lignes entre les gdes parties
-Chaque sous-partie fait environ 10-15 lignes
-J'ai fait une transition entre les grandes parties

Présentation + orthographe grammaire conjugaison+ Niveau de langue - /2

TOTAL. / 20

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