Les Épreuves: Hapitre
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Les épreuves
Sommaire
Vocabulaire
Les épreuves de vocabulaire sont présentes depuis Terman dans les batteries
d’efficience intellectuelle. Divers auteurs ont justifié leur présence, pour des
raisons différentes.
Pour Spearman et à sa suite Raven, nous l’avons vu, une épreuve de
vocabulaire est une très bonne représentante de la seconde composante de g,
l’aptitude reproductive qu’il considère être en interaction avec cette autre
composante, l’aptitude éductive. Rappelons que « la première est l’aptitude
à inférer des relations pertinentes sur des données nouvelles, la seconde
l’aptitude à retrouver ce qui est déjà disponible des connaissances acquises ».
Cette partition des aptitudes a quelque chose à voir avec celle qui oppose
l’intelligence fluide à l’intelligence cristallisée selon Cattell. Logiquement,
les épreuves de vocabulaire sont rapportées au facteur Gc (intelligence
cristallisée) dans le modèle hiérarchique de l’intelligence de Cattell, Horn et
Carroll.
Pour Zazzo (1966), « Vocabulaire » est une bonne épreuve de dévelop-
pement, qui peut être de bonne sensibilité génétique. Son intégration dans
son échelle d’intelligence, la NEMI reprise de Binet et Simon, améliore
l’ensemble de l’échelle car, plus et mieux qu’une autre, elle contribue à
distinguer les performances des sujets selon les âges. Elle est logiquement
celle qui offre la meilleure corrélation avec l’ensemble de l’échelle. C’est à
notre sens par ce type d’épreuve que le projet de la NEMI se distingue le plus
sûrement du projet initial de Binet et Simon. L’épreuve de vocabulaire pose
par principe de construction l’équivalence quant aux processus mentaux
impliqués dans cette forme d’intelligence le long des âges. Une épreuve de
Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
vocabulaire peut donc s’appliquer à tous les âges, tandis que l’option prise par
Binet et Simon consistait à sélectionner les épreuves les plus représentatives
d’un âge donné. Il y avait bien une courte épreuve de vocabulaire dans le
Binet et Simon, mais elle concernait un âge et un type de mots (les mots
familiers).
Les épreuves de vocabulaire occupent une place importante dans la batterie,
elles apparaissent sous deux formes différentes selon l’âge d’administration :
vocabulaire dénomination et vocabulaire définition.
Vocabulaire dénomination consiste simplement pour l’enfant à nommer
ce qu’il voit. Ce qu’il voit est une image, le test est constitué de trente-sept
items représentant donc trente-sept objets, végétaux et animaux. Vocabulaire
112 Les épreuves
définition consiste à dire ce qu’un mot énoncé signifie. Le test est constitué
de trente-quatre items de difficulté progressive.
La différence est évidente entre la forme dénomination et la forme
définition, selon la question adressée à l’enfant. Support imagé présent
ou absent, recours à un mot ou à une explication, nécessitant un travail
mental de conceptualisation... Aussi le manuel précise-t-il ces différences
et la nature des décalages que l’on peut trouver entre elles quand elles
sont appliquées au même enfant. Elles sont, pour Perron-Borelli, liées pour
une part au fait que Vocabulaire dénomination s’applique à des objets
concrets, tandis que Vocabulaire définition s’applique en partie à des objets
ou des notions abstraits. Les différences seraient dues, d’autre part, au
fait d’une activité mentale de catégorisation nécessaire dans l’épreuve de
vocabulaire définition, tandis que cette activité mentale n’est pas requise
dans « dénomination ». La présentation de 1975 précise que « l’épreuve de
dénomination d’images exige simplement que l’enfant trouve le nom d’un
objet bien précis, concrètement évoqué par l’image, ce qui implique une
activité assez élémentaire, ponctuelle, et qui suit de très près un schéma de
conditionnement de type stimulus-réponse. Au contraire, dans l’épreuve
de dénomination, il s’agit d’une véritable démarche catégorielle [...] la
définition suppose que l’objet ou la notion proposé soit situé dans un cadre
catégoriel, soit par l’inclusion dans une classe plus large, soit par l’évocation
d’un caractère essentiel qui le spécifie » (1975, p. 225).
Peut-être l’effet « pensée catégorielle » est-il ainsi surestimé dans
l’épreuve Vocabulaire définition ?
Nous ne retrouvons pas dans l’analyse factorielle à trois facteurs dont
les résultats sont publiés dans le manuel (1996, p. 193) l’importance de
ce facteur sur la performance dans l’épreuve de Vocabulaire définition. Le
groupe des épreuves verbales est resserré sur les caractéristiques communes,
seule Conceptualisation est détachée de ce groupe. Si l’on considère, pour
Vocabulaire, le seul groupe des enfants de 8 ans-9 ans, nous constatons
que le poids du deuxième facteur, « Pensée catégorielle » est le même que
pour la population générale, et le même que pour le groupe d’enfants
plus jeunes, 4 ans-5 ans, auquel a été administrée l’épreuve Vocabulaire
dénomination. Dans tous les cas, Vocabulaire est l’épreuve verbale par
excellence : la saturation par le facteur « verbal » est supérieure à .80. Par
ailleurs, la matrice des intercorrélations entre épreuve ne distingue par
davantage Vocabulaire définition du point de vue de sa parenté avec les
tâches catégorielles : les corrélations sont de même niveau entre les autres
épreuves verbales et les épreuves catégorielles.
Les échelles différentielles d’efficiences intellectuelles (EDEI-R) 113
Il convient sans doute, pour saisir ce qui est en jeu, de revenir à l’expérimen-
tation première dans l’ouvrage de Misès (1975). Les épreuves de vocabulaire
figurent comme « épreuves supplémentaires » dans l’expérimentation menée
auprès d’enfants déficients. Rappelons quelques-unes des conclusions :
• Aux quatre groupes de sujets, les deux formes de Vocabulaire sont
administrées, dénomination et définition. Rappelons que les quatre
groupes sont constitués par A, des psychoses à expression déficitaire ; B, des
dysharmonies évolutives de structure psychotique ; C, des dysharmonies
non psychotiques ; D, des enfants de classe de perfectionnement (QI à la
NEMI entre 55 et 80) ;
• Les résultats obtenus dans les diverses épreuves des EDEI distinguent
les quatre groupes, et s’ordonnent sur des profils quasiment parallèles,
excepté pour l’épreuve de compréhension sociale de niveau inférieur dans
les deux groupes psychotiques ;
• Les épreuves de vocabulaire permettent de distinguer deux profils
parallèles pour les dysharmonies, psychotiques et non psychotiques. Ils
font apparaître une efficience dans le test de Vocabulaire définition très
clairement inférieur à Vocabulaire dénomination. Les auteurs remarquent
que la moyenne obtenue par ces deux groupes dans cette épreuve est
remarquablement proche de la moyenne obtenue pour l’épreuve de
conceptualisation :
Vocabulaire dénomination
l’enfant n’a pas nommé l’objet parce qu’il ne sait pas son nom. En revanche,
des objets peuvent entraîner des réponses trop larges par lesquelles l’enfant
nomme une catégorie supérieure et non la catégorie de base. En ce cas, une
demande de précision peut avoir un effet positif.
Avec des enfants insécurisés par la rencontre seul face à un adulte,
Vocabulaire dénomination constitue une bonne mise en train.
Vocabulaire définition
Compréhension verbale
chacun qu’il en prenne la mesure avant d’émettre des jugements sur leur
bien-fondé. S’agissant des questions posées aux plus petits, la partition des
tâches parentales entre les parents relève d’ailleurs d’une autre nécessité, qui
est celle de l’âge, de pouvoir répartir les choses selon leur caractéristique
maman ou papa, quoi qu’il en soit de la réalité de ces choses.
Les questions relèvent de savoir-faire sociaux différents : il peut s’agir de
savoirs de type pratique sur les conduites adaptées, ou plus précisément
sociales. Dans ce dernier cas, divers niveaux d’intuition sociale des relations
sont sollicités selon la progression dans l’échelle :
• repérage de sa place dans l’ordre des générations ;
• questions centrées sur l’enfant ;
• questions relevant de la soumission à une règle extérieure contraignante
mais nécessaire (donc du point de vue du développement du jugement
moral, du stade de l’hétéronomie) ;
• mais ici la règle est sacrée parce que c’est une règle de survie ;
• et progressivement questions faisant appel à la capacité à ressentir autrui
et ses émotions.
Classifications
L’aide apportée en cours d’épreuve n’est à première vue pas très importante.
À la différence de l’épreuve « Analyse catégorielle », le praticien n’indique
Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
pas l’erreur et ne la corrige pas, mais il est présent et attentif, et c’est déjà
beaucoup dans un bureau où l’on n’est que deux. Il veille en particulier
(en évitant de regarder la bonne image) à ce que l’enfant ne glisse pas
trop rapidement sur les inducteurs pour se précipiter sur la première image
susceptible d’être unie à l’un des inducteurs.
Afin de favoriser la bonne disposition de l’enfant vis-à-vis de l’épreuve,
un premier item d’exemple est présenté. À défaut d’une réussite de l’enfant,
la bonne image est indiquée, non sans avoir suscité les bonnes réactions
de sa part. Pour ce faire, on peut aller selon le manuel, jusqu’à suggérer
que la bonne réponse est celle qui répond à la question « Elles vont bien
ensemble parce que toutes les trois servent à... » laissant entendre comme
pour l’épreuve de conceptualisation que la bonne réponse correspond à
120 Les épreuves
un mot, qui désigne une classe. Le même scénario peut être suivi pour le
premier item. Cette forme d’aide, qui suggère pourquoi ça va ensemble est
limitée aux deux premiers items.
Par la suite elle peut prendre une autre forme et conduire le praticien à
accompagner la présentation des pages, en cas de trop grande précipitation
de l’enfant. Il ne s’agit pas — surtout pas — de nommer les objets inducteurs,
mais de trouver l’art et la manière de présenter la page de telle sorte que son
attention soit mobilisée sur la tâche.
Il n’y a pas de gêne à notre sens à ce que l’épreuve soit d’abord une
épreuve d’attention : il suffit d’en prendre note alors et de considérer —
avec attention — jusqu’où la mobilisation de l’enfant par le praticien doit
aller pour qu’il veuille bien considérer la tâche à remplir. Il n’est pas interdit
par exemple, au sens du test et de son concepteur, de demander l’attention
de l’enfant avant de lui présenter la page : « Tu es prêt ? » C’est parfois
nécessaire avec les jeunes enfants.
Dans cet ordre d’idées, si la consigne au bout de quelques essais expéditifs
est escamotée, il est utile de la rappeler, de remobiliser le sujet sur ce qui lui
est demandé.
L’attention que le praticien porte à la manière dont l’enfant s’acquitte de
l’épreuve, ce qu’il regarde, ce qu’il évite, ses tentatives de remédiation en
cours d’épreuve sont une composante essentielle de celle-ci. D’abord parce
qu’il est vrai que l’attention de l’enfant est requise, mais aussi parce que le
regard du praticien peut avoir une certaine pesée sur le cours des pensées de
l’enfant. Nous avons vu ci-dessus que la catégorisation n’est pas une donnée
génétique qui éclot comme une fleur quand elle veut, mais qu’elle est le
produit des processus de développement et d’apprentissage/enseignement,
dès la famille et avant l’école. Penser dans le cadre catégoriel pour une part
non négligeable revient à prendre en compte le contexte dans lequel on
réfléchit et à s’y conformer si c’est possible.
L’attitude de l’enfant vis-à-vis de la tâche et son évolution en cours
d’épreuve sont, de ce point de vue, intéressantes à retenir pour apprécier les
réponses à leur juste valeur.
Analyse catégorielle
Pendant l’épreuve préliminaire, l’enfant est invité à placer les vingt-sept pièces
Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
elle est masquée par l’enfant qui s’empresse de reprendre les pièces très
vite pour les faire disparaître à sa vue, après avoir soigneusement évité de
les regarder, totalement quand les items d’aide successifs ne déclenchent
à la longue aucun intérêt particulier chez lui.
• Est-elle mise à profit, au sens où l’enfant modifie pour l’item suivant, ou
à deux items de là, une procédure erronée ?
• L’appréciation de l’effet de notre aide se situe, on le conçoit, entre les
extrêmes. Pour nous, l’enjeu, même avec un enfant opposant, n’est pas de
noter « opposant ++ » en marge de notre protocole. L’enjeu est d’apprécier
le moment, et les efforts de mobilisation que nous devons faire pour que
cède l’opposition de l’enfant, même quand elle ne cède que pour un court
instant. Ce jeu n’est possible qu’à considérer la fonction nécessaire de
124 Les épreuves
L’épreuve terminale
cours de l’échange.
Adaptation pratique
L’échelle d’adaptation pratique occupe une place particulière dans les EDEI.
L’analyse factorielle à trois facteurs indique qu’elle n’est peu saturée par le
facteur « verbal/global », et peu saturée également par le facteur « catégoriel »
(Perron-Borelli, Perron, 1996, p. 193).
On peut cependant penser qu’adaptation pratique est assez proche des
épreuves « organisation perceptive » du WISC-III : le matériel doit être
manipulé, organisé, réuni pour le rendre semblable à un modèle présenté
(cubes) ou évoqué (assemblages d’objets).
Elle s’en distingue au moins par une particularité notable : s’attardant sur
le fait que l’échelle « Adaptation pratique » s’avère relativement moins fidèle
que les autres, l’auteur suggère « une certaine fragilité de cette épreuve aux
désorganisations émotionnelles » qui provoquent « énervement, abandon »
(Perron-Borelli, p. 185) et qui minorent par là les indices de fidélité interne.
Pour les auteurs, il s’agit d’une épreuve d’adaptation. Elle évalue
l’intelligence au sens adaptatif, celle qui est mobilisée pour apprécier les
éléments complexes d’une réalité problématique, qui s’oppose à un but.
Le sujet, dans une épreuve de ce type est relativement libre de ses
stratégies. Selon Perron-Borelli, Il progresse en direction du but grâce
à l’insight — défini comme « organisation et réorganisation globale des
données perceptives » — qu’il mélange ou non à la méthode des essais
et erreurs. Les paramètres de réussite sont divers et peuvent utiliser des
ressources multiples qui entreraient dans l’acception du terme « intelligence
pratique » : évaluer sans précipitation, regarder les objets avant de les
empoigner, mettre ensemble ceux qui vont ensemble — et il y en a beaucoup
dans ce cas, comme nous allons le voir. Planifier l’approche (procéder par
le centre ou par le contour), changer en cours de route dès que les objets
résistent, faire vite : autant de conditions à la réussite, variant d’un sujet à
l’autre. Au bout, le sujet qui réussit le mieux est celui qui allie l’insight et la
vitesse pour éprouver immédiatement l’hypothèse née dans son esprit.
L’épreuve est introduite par un item d’essai. Le sujet est invité à le résoudre,
nous l’y aidons s’il n’y parvient pas seul.
Il en est ainsi pour les trois premiers items de l’épreuve. Nous les menons
jusqu’à la limite du temps, nous encourageons le sujet à reprendre s’il
s’interrompt ou se lasse, et nous l’aidons à résoudre ou le faisons sous ses
yeux en décomposant s’il n’y parvient pas.
Par la suite, nous n’intervenons plus, mais le ton est donné. Nous
l’encourageons à reprendre s’il s’arrête, éventuellement même si nécessaire
en lui disant qu’il peut en essayer un autre. Nous ne sommes pas indifférents
à sa progression, nous sommes présents, et notre regard accompagne son geste.
L’étayage est patent tout au long de l’épreuve. Il est même des situations
dans lesquels l’enfant se précipite pour nous aider à ranger sur la plaque
de présentation les pièces qu’il vient d’utiliser, à mettre l’élastique... Ce
qu’il résout ne relève pas de la coopération, mais la présence et l’aide par la
présence seule ont leur importance.
Adaptation pratique est une épreuve dont les items de difficulté progressive
sont chronométrés. Le temps limite est suffisant pour un nombre conséquent
d’essais et d’erreurs, si le sujet n’est pas particulièrement lent à la tâche.
Cette particularité, ajoutée à un nombre conséquent d’items, fait de
l’épreuve d’adaptation pratique un test suffisamment long pour laisser
le temps au sujet d’apprendre d’un item sur l’autre quelque stratégie
d’assemblage, payante ou non. Il apprend aussi à ne pas se précipiter trop
Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
vite sur la dernière stratégie employée qui peut être erronée sur l’item actuel.
Il apprend à procéder par le contour avec les petites pièces, mais aussi à
alterner la stratégie quand cela ne fonctionne pas.
Les moments fugaces qui indiquent l’effet d’un apprentissage en cours
d’épreuve sont du plus grand intérêt, mais plus encore la capacité à changer,
à ne pas s’entêter sur une procédure qui a été bonne une fois mais qui peut
être fausse la fois suivante.
➤ L’organisation spatiale
gestes et son énergie. Généralement, les enfants restent assis pour effectuer
les encastrements, mais certains se lèvent et mettent tout leur corps en
scène dans l’opération. La palette des comportements est très large, et selon
l’enfant, implique différemment le corps, c’est une évidence. Nous n’en
ferons pas ici la description exhaustive, mais nous arrêterons sur ce qui
mobilise le corps, à notre sens dans la réalité du matériel.
La représentation que l’enfant peut avoir de chaque pièce, de ses
dimensions relatives entre dans la qualité de sa réponse. Mais le geste
singulier qui consiste à placer un élément n’existe pas seul et anticipe
quelque chose de plus large dans lequel l’élément s’insère, le geste est plus
ou moins confusément porté par une représentation du but final.
Les assemblages ont vocation à construire un objet carré entrant dans
un cadre. L’organisation de base sur laquelle les pas sont réglés est donnée
par une structure orthogonale de départ, disposée devant l’enfant comme
pourrait l’être une feuille de dessin. Au départ, le cadre se voit donc selon
des lignes verticales et horizontales se coupant à angles droits.
Les trois premiers items, 0, 1 et 2, confirment la structure, ils utilisent
des rectangles. Fait important, ils présentent un axe médian, support d’une
asymétrie entre la gauche et la droite, qui coupe le carré en deux selon la
verticale. L’item suivant que nous ne pouvons décrire ici confirme l’appel à
l’image du corps phallique du début de l’épreuve. Puis l’axe médian s’ouvre
— item 3 — et libère totalement deux côtés symétriques dans l’item 4, séparés
par un espace central. La structure de base est encore confirmée dans l’item
5, avec deux côtés symétriques mais inversés et une pièce centrale en deux
parties complémentaires. Les items suivants laissent une plus grande place
au contour, le centre n’étant plus occupé que par une pièce : la construction,
pour les items 6, 7, 8 et 9 se fait par le contour qui respecte encore la symétrie
de pièces opposées deux à deux par rapport à la pièce centrale. Dans les trois
derniers items, l’accolement de deux pièces, d’abord strictement identiques,
puis progressivement différenciées assure la représentation de l’axe central.
➤ L’image du corps
Pour tous les items sans exception, c’est l’accolement de deux pièces qui
peuvent être saisies ensemble par les deux mains, réalisant sur les pièces ce
qui se joue sur l’axe vertébral du côté de l’enfant par l’utilisation simultanée
des deux mains, qui libère l’organisation de base. Les enfants en font un
usage qui diffère de l’un à l’autre, mais on peut lire, dans leur façon de
réunir ou de ne pas réunir, quelque chose de la manière parfois douloureuse
par laquelle se réalise l’unité de soi à soi.
Disons-le autrement : nous demandons à l’enfant de réunir des pièces, de
mettre ensemble. Sur un certain plan, réunir les pièces éparses d’un ensemble
désuni renvoie à réunir les morceaux d’un corps. Comme le mouvement
qui réunit passe par le corps de l’enfant, il est incité à réunir l’objet comme
il sait se réunir : les mouvements qui mettent ensemble dans l’épreuve
reproduisent les mouvements régressifs de l’auto-érotisme du tout-petit, qui
se réunit en joignant ses mains, ou l’une à l’autre toute autre partie du corps.
La structure des items qui posent un axe médian incite à ce mouvement.
Utiliser les deux mains pour mettre ensemble des pièces qui vont ensemble,
Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.