DM écrit 1, corrigé.
Exercice 1. Montrer que la formule
Z
1 φ(x)
vp (φ) = lim dx, pour tout φ ∈ S(R),
x →0 +
|x|> x
définit un élément de S 0 (R). Calculer sa transformée de Fourier.
Solution. Soit φ ∈ S(R). Soit ψ(x) := φ(x)−φ(0)
x . On voit que ψ est une fonction continue et kψkL∞ ≤
0 ∞
kφ kL . Fixons une fonction paire χ ∈ C0 (R) telle que kχkL∞ = 1, χ(x) = 1 si |x| ≤ 1 et χ(x) = 0
∞
si |x| ≥ 2. Écrivons
φ(x) = χ(x)(φ(0) + xψ(x)) + (1 − χ(x))φ(x).
Comme ψ est une fonction paire, on obtient
Z Z
1
lim χ(x)(φ(0) + xψ(x)) dx = χ(x)ψ(x) dx.
→0+ |x|> x R
Aussi,
Z Z
1 1
lim (1 − χ(x))φ(x) dx = (1 − χ(x))φ(x) dx,
→0+ |x|> x |x|≥1 x
R φ(x)
donc lim→0+ |x|> x dx existe et
Z
φ(x)
lim dx ≤ 4kψkL∞ + kφkL∞ ≤ kφkL∞ + 4kφ0 kL∞ ≤ 5p1 (φ).
→0+ |x|> x
La linéarité est évidente.
Notons u := vp(1/x) ∈ S 0 (R) et v := xu (multiplication de u par la fonction x, ce qui est bien
défini car cette dernière appartient à la classe T (R)). Pour φ ∈ S(R), on obtient
Z Z
xφ(x)
v(φ) = (xu)(φ) = u(xφ) = lim dx = φ(x) dx.
→0+ |x|> x R
(Autrement dit, v peut être identifiée à la fonction constante 1).
Il en résulte que vb ∈ S 0 (R) est donnée par
Z Z
vb(ψ) = v(ψ) =
b ψ(x) dx =
b ψ(x)e
b 2πix·0
dx = (F −1 ψ)(0)
b = ψ(0),
R R
donc vb = δ0 . En utilisant la Proposition 1.21 (ii), on peut écrire
u)0 = −2πiF(xu) = −2πib
(b v = −2πiδ0 .
On se sert du résultat suivant.
R Rx
Lemme 1. Si φ ∈ S(R), R φ(x) dx = 0 et on pose ψ(x) := −∞ φ(y) dy, alors ψ ∈ S(R).
R
Admettons
R x le lemme et finissons la démonstration. Soit φ ∈ S(R) qui vérifie R φ(x) dx = 0, et
ψ(x) := −∞ φ(y) dy. Alors ψ 0 = φ, ce qui implique
Z 0 Z
0 0
u b(ψ ) = −(b
b(φ) = u u) (ψ) = 2πiψ(0) = 2πi φ(y) dy = −πi sgn(y)φ(y) dy,
−∞ R
R
où la dernière égalité vient du fait que R φ dx = 0.
1
R
Mais φ 7→ φ(y) dy est une fonctionnelle continue sur S(R), donc l’analyse fonctionnelle abstraite
(ou un argument direct) montre qu’il existe A ∈ C tel que
Z Z
b(φ) = A φ(y) dy − πi sgn(y)φ(y) dy,
u pour tout φ ∈ S(R).
R R
En prenant φ une fonction symétrique d’intégrale 6= 0, on voit que A = 0, donc u
b = −πi sgn.
Afin de démontrer le lemme, il suffit d’estimer kxα ψ(x)kL∞ pour α ≥ 0. Si x ≤ 0, on écrit
Z x Z x
α α
|x ψ(x)| ≤ (−x) |φ(y)| dy ≤ |y α φ(y)| dy,
−∞ −∞
R
ce Rqui est borné si φ ∈ S(R). Si x ≥ 0, c’est la même preuve, parce que φ(y) dy donne ψ(x) =
∞
− x φ(y) dy.
Remarque 1. Il est également possible de résoudre l’exercice en utilisant les théorèmes de Fubini
et de convergence dominée.
Exercice 2. Dans cet exercice, on examine des distributions tempérées qui “ne dépendent pas de
certaines variables”.
(i) Soit v ∈ S 0 (Rd−1 ). Montrer que la formule
Z
(1) u(φ) = v φ(·, xd ) dxd , pour tout φ ∈ S(Rd ),
R
définit une distribution tempérée u ∈ S 0 (Rd ). Montrer que ∂xd u = 0 au sens des distributions.
(ii) Supposons que v ∈ S 0 (Rd−1 ) est en fait une fonction continue bornée, et soit u ∈ S 0 (Rd ) donnée
par (1). Montrer qu’alors u est une fonction continue bornée et l’écrire explicitement.
(iii) Soit u ∈ S 0 (Rd ) une distribution telle que ∂xd u = 0. Montrer qu’il existe une distribution
v ∈ S 0 (Rd−1 ) telle que (1) est vrai.
(iv) Soit l ∈ {1, 2, . . . , d}. Trouver et justifier une caractérisation similaire des distributions u ∈
S 0 (Rd ) telles que
∂xd−l+1 u = . . . = ∂xd u = 0.
R
Solution. (i) On voit, en considérant les semi-normes pN , que l’application φ 7→ φ(·, xd ) dxd est
continue S(Rd ) → S(Rd−1 ). Cela implique que u est la composition de deux applications linéaires
continues S(Rd ) → S(Rd−1 ) → C, ce qui prouve que c’est une distribution tempérée.
Pour tout φ ∈ S(Rd ) on a
∂xd u(φ) = −u(∂xd φ) = v(0) = 0,
parce que R ∂xd φ(x0 , xd ) dxd = 0 pour tout x0 ∈ Rd−1 .
R
(ii) Si v peut être identifiée à une fonction bornée continue ve, alors pour tout φ ∈ S(Rd ) on peut
écrire
Z Z Z Z
0 0 0
u(φ) = v φ(·, xd ) dxd = ve(x ) φ(x , xd ) dxd dx = u
e(x)φ(x) dx,
R Rd−1 R Rd
où u
e(x) = ue(x0 , xd ) = ve(x0 ). On a donc que u peut être identifiée à la fonction bornée continue
e(x0 , xd ) =
donnée par u ve(x0 ). R
(iii) Soit χ une fonction lisse à support compact, telle que R χ(xd ) dxd = 1. On définit, pour tout
e 0 , xd ) := ψ(x0 )χ(xd ), et on pose
ψ ∈ S(Rd−1 ), φ(x
v(ψ) := u(φ).
e
L’application associant φe à ψ est continue S(Rd−1 ) → S(Rd ), donc cette formule définit bien un
élément de S 0 (Rd−1 ).
On vérifie que (1) est vrai pour tout φ ∈ S(Rd ). Soit ψ(x0 ) := R φ(x0 , xd ) dxd , et φ(x
e 0 , xd ) :=
R
ψ(x0 )χ(xd ). Alors R (φ(x0 , xd ) − φ(x
e 0 , xd )) dxd = 0, donc u(φ) = u(φ).
R
e Mais u(φ)e = v(ψ).
(iv) On montre que la condition nécessaire et suffisante est qu’il existe v ∈ S 0 (Rd−l ) tel que
Z
(2) u(φ) = v φ(·, xd−l+1 , . . . xd ) dxd−l+1 . . . dxd , pour tout φ ∈ S(Rd ).
R
La preuve de la suffisance est la même que dans le cas l = 1.
Pour montrer la nécessité, on procède par récurrence par rapport à l. Soit l > 1. On sait qu’il
existe w ∈ S(Rd−1 ) tel que
Z
(3) u(φ) = w φ(·, xd ) dxd , pour tout φ ∈ S(Rd ).
R
Il faut montrer que ∂xj w = 0 pour j ∈ {d − l + 1, . . . , d − 1}, ce qui nous permettra d’utiliser
l’hypothèse de récurrence.
e 0 , xd ) := ψ(x0 )χ(xd ), autrement dit φe = ψ ⊗ χ, de sorte que w(ψ) = u(φ).
Soit ψ ∈ S(Rd−1 ) et φ(x e
0
On a (∂xj ψ(x ))χ(xd ) = ∂xj φ(x 0
e , xd ), donc
(∂xj w)(ψ) = −w(∂xj ψ) = −u((∂xj ψ) ⊗ χ) = −u(∂xj (φ))
e = (∂x u)(φ)
j
e = 0,
ce qui prouve que ∂xj w = 0. Par l’hypothèse de récurrence, il existe v ∈ S 0 (Rd−l ) tel que
Z
w(ψ) = v ψ(·, xd−l+1 , . . . xd−1 ) dxd−l+1 . . . dxd−1 , pour tout ψ ∈ S(Rd−1 ),
R
donc (3) donne (2).